Eruvin 53a - Étendre la ville, et la langue qui garde la Torah

Eruvin 53a

Sougya : La michna achève la mesure du tehoum : ponts et nefachot habités, on sort la mesure en face d'eux, puis on rend la ville carrée pour gagner les angles. Rav et Shmouel lisent me'abberin avec un ayin ou avec un alef, puis appliquent le même geste à Makhpela, Amrafel et le roi nouveau d'Égypte.

Rabbi Yo'hanan raconte ce qu'il a appris chez Rabbi Ochaya Beribbi, compare le cœur des premiers à l'ouverture de l'Oulam, et la Guemara explique pourquoi la Torah des gens de Yehuda s'est maintenue : langue précise et siman, un seul maître, traité dévoilé.

Mesurer le tehoum : saillie, fil, puis tablette carrée Michna. Rachi : les deux angles reçoivent la même longueur. ville saillie en face fil 2000 amot depuis le fil Pont ou nefech habite à un angle. On compte une saillie en face, à l'autre angle. Le tehoum part du fil, pas du mur court. angles Tablette carrée Rond : 2000 au milieu, moins vers les côtés. Carre : 2000 aussi vers les angles gagnés. Largeur = la ville. Longueur = 2000. Tossefot : "habitation" vise les ponts. La nefech est déjà une demeure de gardien. L'Aroukh : nefech = tsioun, le monument.
Saillie, fil en face, 2000 amot. Tablette carrée : les angles sont gagnés.
Rav et Shmouel : un mot, deux lectures La Guemara aligne quatre disputes sur le même geste. Le mot Une lecture L'autre lecture me'abberin alef ou ayin Alef : ever, membre par membre. Ayin : comme une femme enceinte. Makhpela Deux maisons, l'une dans l'autre. Maison et étage au-dessus. Amrafel Nom : Nimrod. Il a dit, il a fait tomber. Nom : Amrafel. Il a fait se révolter. Roi nouveau Nouveau au sens propre. Le verset dit "nouveau". Décrets renouvelés. On n'écrit pas : il mourut.
Rav et Shmouel sur me'abberin, Makhpela, Amrafel, le roi nouveau.
Pourquoi la Torah de Yehuda s'est maintenue Trois réponses. La Galil fait l'inverse, et la Torah ne tient pas. Première formule, ecartee : être exigeant sur la langue. La chose ne dépend pas de la kapida. Qui parle Yehuda Galil Rav, corrige langue et siman Langue exacte. On leur pose un siman. Langue non exacte. Pas de siman. Suite un seul maître Ils apprennent d'un seul rav. Plusieurs maîtres, langues mélangées. Ravina dévoiler le traité Ils dévoilent la masekhta. Ils ne la dévoilent pas.
Yehuda et Galil : siman, un seul maître, traité dévoilé.
1
וּגְשָׁרִים וּנְפָשׁוֹת שֶׁיֵּשׁ בָּהֶן בֵּית דִּירָה — מוֹצִיאִין אֶת הַמִּדָּה כְּנֶגְדָּן. וְעוֹשִׂין אוֹתָהּ כְּמִין טַבְלָא מְרֻובַּעַת, כְּדֵי שֶׁיְּהֵא נִשְׂכָּר אֶת הַזָּוִיּוֹת.

Et des ponts et des nefachot dans lesquels il y a une maison d'habitation : on sort la mesure en face d'eux. Et on la fait comme une tablette carrée, afin qu'on gagne les angles.

📜 Rachi (3)
אוֹ גְּשָׁרִים אוֹ נְפָשׁוֹת כְּעֵין שֶׁעוֹשִׂין עַל הַקֶּבֶר:
Ou des ponts, ou des nefachot : du genre de ce qu'on fait sur la tombe.
מוֹצִיאִין אֶת הַמִּדָּה כְּנֶגְדָּן אִם בְּלִיטוֹת הַלָּלוּ אֵצֶל קֶרֶן מִזְרָחִית צְפוֹנִית רוֹאִין כְּאִילּוּ יֵשׁ בְּלִיטָה אַחֶרֶת כְּנֶגְדָּהּ בְּקֶרֶן מִזְרָחִית דְּרוֹמִית וְחוּט מָתוּחַ מִזּוֹ לְזוֹ וּמוֹדֵד מִן הַחוּט וְלַחוּץ כְּדֵי שֶׁיְּהֵא הַתְּחוּם שָׁוֶה לִשְׁתֵּי קְרָנוֹת וְלֹא יְהֵא כָּאן קָצָר וְכָאן אָרֹוךְ:
On sort la mesure en face d'eux. Si ces saillies sont près de l'angle est-nord, on voit comme s'il y avait une autre saillie en face d'elle, à l'angle est-sud. Un fil est tendu de l'une à l'autre, et on mesure depuis le fil vers l'extérieur, afin que le tehoum soit égal pour les deux angles, et qu'il n'y ait pas ici court et la long.
וְעוֹשִׂין אוֹתָן אֶת הַתְּחוּמִין מְרֻובָּעִין כְּדֵי שֶׁיְּהֵא אַלְפַּיִם לִצְדָדִין כִּבְאֶמְצַע וְלֹא עֲגֻולִּין שֶׁיְּהֵא לָהֶן אַלְפַּיִם בְּאֶמְצָעָן וּבִצְדָדִין הֵן מִתְמַעֲטִין כְּדֶרֶךְ כָּל עָגוֹל וּבְעִיר מְרֻובַּעַת עָסְקִינַן שֶׁאֵין בָּהּ אֶלָּא אַלְפַּיִם עַל אַלְפַּיִם דְּהָווּ נָמֵי תְּחוּמִין מְרֻובָּעִים וְאִם אֵינָהּ מְרֻובַּעַת כְּגוֹן שֶׁהִיא יְתֵירָה עַל אַלְפַּיִם לְאָורְכָהּ אוֹ פְּחוּתָה מֵאַלְפַּיִם לָא הָווּ מְרֻובָּעִין דִּתְחוּמִין מְרֻובָּעִין לָאו דַּווְקָא שֶׁיְּהֵא אָרְכָּן כְּרָחְבָּן שֶׁהֲרֵי רָחְבָּן לְמִידַּת הָעִיר הִיא אִם קְטַנָּה אִם גְּדוֹלָה וְאָרְכָּן אַלְפַּיִם אֶלָּא מְרֻובָּעִין דְּקָתָנֵי לִמְעוּטֵי עֲגֻולִּין כְּדֵי שֶׁיְּהֵא נִשְׂכָּר אֶת הַזָּוִיּוֹת:
Et on les fait : les tehoumim, carrés, afin qu'il y ait deux mille vers les côtés comme au milieu, et non ronds, auquel cas ils auraient deux mille en leur milieu et sur les côtés ils diminueraient, à la manière de tout rond. Nous traitons d'une ville carrée qui n'a que deux mille sur deux mille, de sorte que les tehoumim aussi sont carrés. Si elle n'est pas carrée, par exemple si elle dépasse deux mille en longueur, ou si elle est inférieure à deux mille, les tehoumim ne sont pas carrés. Car "tehoumim carrés" ne vise pas le cas précis où leur longueur égale leur largeur : leur largeur suit la mesure de là ville, qu'elle soit petite ou grande, et leur longueur est de deux mille. "Carres", dans l'enseignement, vient exclure les ronds, afin qu'on gagne les angles.
🗂️ Tossefot (1)
וּגְשָׁרִים וּנְפָשׁוֹת שֶׁיֵּשׁ בָּהֶן בֵּית דִּירָה הָא דְּקָתָנֵי שֶׁיֵּשׁ לָהֶן בֵּית דִּירָה לָא קָאֵי אַנְּפָשׁוֹת כִּדְמוֹכַח בַּבָּרַיְיתָא דִּנְפָשׁוֹת גּוּפֵיהּ סְתָמָא לְדִירַת שׁוֹמֵר קֶבֶר עֲבִיד הִלְכָּךְ אַף ע"ג דְּלָא דָּייַר בָּהּ דִּירָה הִיא דְּנֶפֶשׁ בִּנְיָן שֶׁעַל הַקֶּבֶר כִּדְפֵ"ה בַּגְּמָרָא אֶלָּא אַגְּשָׁרִים קָאֵי דְּגֶשֶׁר וְקֶבֶר וּבֵית הַכְּנֶסֶת וְכָל הָנְהוּ דְּקָתָנֵי בגמ' בַּבָּרַיְיתָא שֶׁיֵּשׁ לָהֶם בֵּית דִּירָה לָאו לְבֵית דִּירָה עֲבִיד וְאִי לֵית בֵּיהּ בֵּית דִּירָה לָאו דִּירָה הוּא בֶּעָרוּךְ מְפָרֵשׁ נֶפֶשׁ צִיּוּן כִּדְאָמְרִינַן בִּירוּשַׁלְמִי אָמַר רַשְׁבָּ"ג אֵין עוֹשִׂין נְפָשׁוֹת לְצַדִּיקֵי' אֶלָּא דִּבְרֵיהֶם הֵם זִכְרוֹנָם וְכֵן הֵבִיא מפ"ב דִּשְׁקָלִים (דַּף ו:):
Et des ponts et des nefachot dans lesquels il y a une maison d'habitation. Ce qu'on enseigne, "qui ont une maison d'habitation", ne porte pas sur les nefachot, comme le prouve la beraita : la nefech elle-même, sans précision, est faite pour la demeure du gardien de tombe. Même s'il n'y habite pas, c'est une demeure, car la nefech est le bâtiment sur la tombe, comme l'explique Rachi dans la Guemara. Cela porté sur les ponts. Un pont, une tombe, une synagogue, et tous ceux que la Guemara enseigne dans la beraita "qui ont une maison d'habitation", ne sont pas faits pour une demeure. S'il n'y a pas de maison d'habitation, il n'y a pas de demeure. L'Aroukh explique nefech comme tsioun, comme on dit dans le Yerushalmi : Rabban Shimon ben Gamliel a dit : on ne fait pas de nefachot pour les justes, leurs paroles sont leur souvenir. Il cite aussi le chapitre 2 de Shekalim (6b).
⚖️ Rosh (1)
כֵּיצַד מְעַבְּרִין אֶת הֶעָרִים. בַּיִת נִכְנָס בַּיִת יוֹצֵא. פִּגּוּם נִכְנָס פִּגּוּם יוֹצֵא. הָיוּ שָׁם גְּדוּדִיּוֹת גְּבוֹהוֹת עֲשָׂרָה טְפָחִים גְּשָׁרִים וּנְפָשׁוֹת שֶׁיֵּשׁ בָּהֶן בֵּית דִּירָה מוֹצִיאִין אֶת הַמִּדָּה כְּנֶגְדָּן וְעוֹשִׂין אוֹתָן כְּמִין טַבְלָא מְרֻובַּעַת כְּדֵי שֶׁיְּהֵא נִשְׂכָּר אֶת הַזָּוִיּוֹת:
Comment étend-on les villes ? Une maison en retrait, une maison en saillie. Une ruine en retrait, une ruine en saillie. S'il y avait la des tas hauts de dix tefahim, des ponts et des nefachot dans lesquels il y a une maison d'habitation, on sort la mesure en face d'eux, et on les fait comme une tablette carrée, afin qu'on gagne les angles.
💡 Explication

Fin de la michna sur l'ibour de la ville, l'extension du tehoum de Chabbat. Un pont ou une nefech (bâtiment sur une tombe) qui sert d'habitation compte comme une saillie. On aligne la mesure en face, d'un angle à l'autre, pour que les deux côtés aient la même longueur.

Ensuite on rend le tehoum comme une tablette carrée. Un cercle de deux mille amot laisse les angles en retrait. Le carré les donne.

Tossefot : "maison d'habitation" qualifie les ponts. La nefech, elle, est déjà comptée comme demeure du gardien, même vide. Rachi précise : "carré" exclut le rond. La largeur suit la ville, la longueur reste deux mille.

🖼️ Schéma
Mesurer le tehoum : saillie, fil, puis tablette carrée Michna. Rachi : les deux angles reçoivent la même longueur. ville saillie en face fil 2000 amot depuis le fil Pont ou nefech habite à un angle. On compte une saillie en face, à l'autre angle. Le tehoum part du fil, pas du mur court. angles Tablette carrée Rond : 2000 au milieu, moins vers les côtés. Carre : 2000 aussi vers les angles gagnés. Largeur = la ville. Longueur = 2000. Tossefot : "habitation" vise les ponts. La nefech est déjà une demeure de gardien. L'Aroukh : nefech = tsioun, le monument.
Saillie reelle, saillie comptée en face, fil, puis 2000 amot. Le carré gagne les angles que le rond perd.
2
גְּמ׳ רַב וּשְׁמוּאֵל: חַד תָּנֵי ״מְעַבְּרִין״ וְחַד תָּנֵי ״מְאַבְּרִין״.

Guemara. Rav et Shmouel : l'un enseigne "me'abberin" (ayin), et l'un enseigne "me'abberin" (alef).

📜 Rachi (1)
גְּמ' חַד תָּנֵי מְאַבְּרִין בְּאֶלֶף:
Guemara. L'un enseigne me'abberin : avec un alef.
💡 Explication

La michna dit me'abberin. Rav et Shmouel ne lisent pas la même lettre. L'un a un ayin (מעברין), l'un a un alef (מאברין). Rachi ne glose ici que la lecture avec alef.

3
מַאן דְּתָנֵי ״מְאַבְּרִין״ — אֵבֶר אֵבֶר, וּמַאן דְּתָנֵי ״מְעַבְּרִין״ — כְּאִשָּׁה עֻובָּרָה.

Celui qui enseigne "me'abberin" (alef) : membre par membre. Et celui qui enseigne "me'abberin" (ayin) : comme une femme enceinte.

📜 Rachi (1)
אֵבֶר אֵבֶר שֶׁמּוֹסִיפִין לָהּ אֵבָרִים שֶׁאִם יֵשׁ אֵבֶר שֶׁיּוֹצֵא מִן הָעִיר בְּקֶרֶן מִזְרָחִית דְּרוֹמִית רוֹאִין כְּאִילּוּ אֵבֶר גַּם בְּקֶרֶן מִזְרָחִית צְפוֹנִית וּמוֹדְדִין מִשָּׁם:
Membre par membre : on lui ajoute des membres. S'il y a un membre qui sort de la ville à l'angle est-sud, on voit comme s'il y avait aussi un membre à l'angle est-nord, et on mesure de là.
💡 Explication

Alef : ever, le membre. On ajoute à la ville chaque saillie, et on lui fait un vis-à-vis à l'angle opposé, puis on mesure depuis la.

Ayin : ubbera, la femme enceinte. Le ventre dépasse. Les saillies de la ville entrent dans le tehoum comme ce ventre.

4
מְעָרַת הַמַּכְפֵּלָה, רַב וּשְׁמוּאֵל, חַד אָמַר: שְׁנֵי בָּתִּים זֶה לִפְנִים מִזֶּה, וְחַד אָמַר: בַּיִת וַעֲלִיָּיה עַל גַּבָּיו.

La grotte de la Makhpela. Rav et Shmouel : l'un dit : deux maisons, l'une à l'intérieur de l'autre.

Et l'un dit : une maison et un étage au-dessus.

📜 Rachi (3)
מְעָרַת הַמַּכְפֵּלָה מִשּׁוּם דִּפְלִיגִי בְּמַשְׁמָעוּת לְשׁוֹן מַכְפֵּלָה נְקַט לָהּ הָכָא מִשּׁוּם דִּפְלִיגִי נָמֵי בְּלִישָּׁנָא דְּמַתְנִיתִין וְכֵן בְּאַמְרָפֶל וְכֵן בְּמֶלֶךְ חָדָשׁ:
La grotte de la Makhpela. Parce qu'ils divergent sur le sens du mot makhpela, il la cite ici, puisqu'ils divergent aussi sur la langue de la michna, et de même pour Amrafel, et de même pour le roi nouveau.
שְׁנֵי בָּתִּים הָיוּ בָּהּ זֶה לִפְנִים מִזֶּה:
Deux maisons : il y en avait, l'une à l'intérieur de l'autre.
בַּיִת וַעֲלִיָּה הָוֵי כְּפוּלָה בִּשְׁתֵּי תִּקְרוֹת אֲבָל שְׁנֵי בָּתִּים לֹא שַׁיָּיךְ בְּהוּ לְשׁוֹן כְּפוּלָה:
Une maison et un étage : elle est double par deux plafonds. Pour deux maisons, la langue "double" ne s'applique pas.
💡 Explication

Autre dispute de Rav et Shmouel sur un mot. Makhpela veut dire double. Soit deux pièces en enfilade, soit une pièce et un étage, donc deux plafonds.

Rachi : la Guemara place ici cette dispute parce que le geste est le même que pour la michna, et il en sera de même pour Amrafel et pour le roi nouveau.

🖼️ Schéma
Makhpela : que veut dire "double" ? Deux maisons, l'une dans l'autre Maison, et étage au-dessus dehors dedans étage maison Rachi : deux plafonds, cela s'appelle double. Deux maisons, le mot ne s'y pose pas.
Deux lectures de Makhpela : enfilade, ou maison et étage.
5
בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּאָמַר זֶה עַל גַּב זֶה — הַיְינוּ ״מַכְפֵּלָה״. אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר שְׁנֵי בָּתִּים זֶה לִפְנִים מִזֶּה, מַאי ״מַכְפֵּלָה״?

Soit, selon celui qui dit l'une au-dessus de l'autre : voila "makhpela". Mais selon celui qui dit deux maisons, l'une à l'intérieur de l'autre, que signifie "makhpela" ?

🪔 Ben Yehoyada (1)
אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר : שְׁנֵי בָּתִּים זֶה לִפְנִים מִזֶּה , מַאי 'מַכְפֵּלָה'?. פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י 'בִּשְׁנֵי בָּתִּים לֹא שַׁייָּךְ הָיָה לָשׁוֹן כְּפוּלָה'. וְקָשֶׁה אַמַּאי לֹא שַׁייָּךְ דְּהָא כְּמוֹ שֶׁתֹּאמַר כְּפוּלָה בִּשְׁתֵּי תִּקְרוֹת כֵּן תֹּאמַר כְּפוּלָה בִּשְׁתֵּי מְחִיצּוֹת, דְּהַפְּנִימִית יֵשׁ לָהּ מְחִיצָּה שֶׁלָּהּ וְגַם מְחִיצָּה שֶׁל הַחִיצוֹנָה? וְעוֹד קָשֶׁה מַאי מְתָרֵץ לֵיהּ שֶׁכְּפוּלָה בְּזוּגוֹת וַהֲלֹא אַבְרָהָם אָבִינוּ ע"ה קָרָא לָהּ מַכְפֵּלָה לִפְנֵי בְּנֵי חֵת, וְאִם הוּא יָדַע בְּרוּחַ הַקֹּודֶשׁ שֶׁתִּהְיֶה כְּפוּלָה בְּזוּגוֹת מְנָא יָדְעִי בְּנֵי חֵת דְּקָרָא לָהּ קַמַּיְיהוּ מְעָרַת הַמַּכְפֵּלָה? וְאִי אֶפְשָׁר לוֹמַר שֶׁגִּילָּה לָהֶם סוֹד זֶה שֶׁתִּהְיֶה כְּפוּלָה בְּזוּגוֹת! וְעוֹד מִלְּשׁוֹן (בְּרֵאשִׁית כג, ט) 'וְיִתֶּן לִי אֶת מְעָרַת הַמַּכְפֵּלָה אֲשֶׁר לוֹ' מַשְׁמַע שֶׁהָיְתָה יְדוּעָה אֶצְלָם בְּשֵׁם זֶה. וְנִרְאֶה לִי בס"ד כַּוָּנַת הַגְּמָרָא לְהַקְשׁוֹת עַל מַה שֶׁאֲנַחְנוּ קוֹרִין עַתָּה ' מְעָרַת הַמַּכְפֵּלָה ' דְּבִשְׁלָמָא לְמָאֵן דְּאָמַר זוֹ עַל גַּבֵּי זוֹ הוּא חִידּוּשׁ דְּלָא נִמְצָא עַתָּה כָּזֹאת ב' מְעָרוֹת זוֹ עַל גַּבֵּי זוֹ, אַךְ לְמָאֵן דְּאָמַר זוֹ לִפְנִים מִזּוֹ אֵין זֶה חִידּוּשׁ כְּדֵי שֶׁתִּהְיֶה נִקְרֵאת מְעָרַת הָאָבוֹת לְבַדָּהּ בּוֹ, דְּכַמָּה מְעָרוֹת אִיכָּא בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל שֶׁהֵם מְעָרָה לִפְנִים מִמְּעָרָה. וּמְעָרָה שֶׁנִּטְמַן בָּהּ דָּוִד הַמֶּלֶךְ ע"ה מִפְּנֵי שָׁאוּל הָיְתָה כֵּן. גַּם מְעָרַת רַבִּי עֲקִיבָא נַמֵּי הִיא כָּךְ, וְכֵן מְעָרַת רַבִּי חַיָּיא וּבָנָיו, וְכֵן מְעָרַת אַבַּיֵּי וְרָבָא, וְעוֹד יֵשׁ כָּזֹאת, וּמָה חִידּוּשׁ זֶה בְּאוֹתָהּ מְעָרָה שֶׁתִּהְיֶה נִקְרֵאת מַכְפֵּלָה? וּמְשַׁנֵּי שֶׁאֲנַחְנוּ קוֹרִין אוֹתָהּ מַכְפֵּלָה מִשּׁוּם דִּכְפוּלָה בְּזוּגוֹת . וְעַל אַבְרָהָם אָבִינוּ ע"ה שֶׁקָּרְאָה מְעָרַת הַמַּכְפֵּלָה לִפְנֵי בְּנֵי חֵת אֵין לְהַקְשׁוֹת מָה חִידּוּשׁ זֶה שֶׁקְּרָאָהּ עַל שֵׁם כִּפְלוֹתָהּ, דְּאִין הָכִי נָמֵי אֵין זֶה חִידּוּשׁ וְהַרְבֵּה מְעָרוֹת הֵם כָּךְ, אַךְ הוּא הֻוכְרַח לְפָרֵשׁ הַמַּכְפֵּלָה כְּדֵי לְבָרֵר מִקָּחוֹ, שֶׁלֹּא יֹאמְרוּ לוֹ אַחַר כָּךְ אֶת הַחִיצוֹנָה דַּוְקָא מָכַרְנוּ אִם הָיָה אוֹמֵר סְתָם אֶת הַמְּעָרָה אֲשֶׁר בִּקְצֵה שָׂדֵהוּ, וְלָכֵן הֻוכְרַח לְפָרֵשׁ הַמַּכְפֵּלָה לְבָרֵר שֶׁהוּא קָנֶה הַפְּנִימִית שֶׁהִיא הַכְּפוּלָה. וְהִנֵּה נִרְאֶה יוֹתֵר לוֹמַר דְּרַב וּשְׁמוּאֵל שְׁנֵיהֶם דִּבְרֵיהֶם אֱמֶת וְהָא וְהָא אִיכָּא, שֶׁיֵּשׁ שְׁתֵּי מְעָרוֹת זוֹ עַל גַּבֵּי זוֹ וּבַתַּחְתּוֹנָה יֵשׁ מְעָרָה אַחֶרֶת לִפְנִים מִמֶּנָּה, וּפֶתַח הַתַּחְתּוֹנָה אֵינוֹ מְכֻווָּן כְּנֶגֶד פֶּתַח הָעֶלְיוֹנָה אֶלָּא הוּא טָמוּן בַּקַּרְקַע הָעֶלְיוֹנָה בְּצַד אֶחָד, וְכַאֲשֶׁר הִכְנִיסוּ אֶת הַזּוּגוֹת לְתוֹכָהּ יָרְדוּ תְּחִלָּה לַקַּרְקַע הָעֶלְיוֹנָה, וּמִשָּׁם יָרְדוּ לַתַּחְתּוֹנָה דֶּרֶךְ הַפֶּתַח שֶׁלָּהּ, וְאַחַר שֶׁיָּרְדוּ לַקַּרְקַע הַתַּחְתּוֹנָה נִכְנְסוּ לִמְעָרָה ב' הַפְּנִימִית שֶׁפִּתְחָהּ פָּתוּחַ בַּתַּחְתּוֹנָה וְקָבְרוּ הַזּוּגוֹת בַּפְּנִימִית, אַךְ וַדַּאי הַמָּקוֹם עָמֹוק עָמֹוק מְאֹד. וְאַל תִּתְמַהּ אֵיךְ הָיוּ יְכוֹלִים הַחַיִּים לִיכָּנֵס בְּמָקוֹם עָמֹוק כָּזֶה וְלִסְבֹּול אֲוִיר הַפְּנִימִית, כִּי וַדַּאי בְּדֶרֶךְ נֵס הָיָה כָּל זֶה, וְשָׂרָה אַבְרָהָם לְבַדּוֹ הִכְנִיסָהּ, וְכֵן אֶת רִבְקָה יִצְחָק לְבַדּוֹ הִכְנִיסָהּ, וְכֵן אֶת אַבְרָהָם יִצְחָק לְבַדּוֹ הִכְנִיסוֹ, וְאֶת יִצְחָק יַעֲקֹב לְבַדּוֹ הִכְנִיסוֹ, וְכֵן אֶת לֵאָה יַעֲקֹב לְבַדּוֹ הִכְנִיסָהּ, כְּמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר (בְּרֵאשִׁית מט, לא) 'וְשָׁמָּה קָבַרְתִּי אֶת לֵאָה' וְאֶת יַעֲקֹב יוֹסֵף הִכְנִיסוּ וְאֶחָיו עִמּוֹ וְכֻולָּם בְּנֵס נִכְנְסוּ וְיָצְאוּ. אוֹ יִתָּכֵן הָיָה לָהֶם סַמָּנִים שֶׁיֵּשׁ בָּהֶם רֵיחַ טוֹב וּבָהֶם אוֹ בֶּעָשָׁן שֶׁלָּהֶם נִכְנְסוּ וְיָצְאוּ. וְשָׁטַח הַמְּעָרָה אֵין אֲנַחְנוּ יוֹדְעִים כַּמָּה, וְהַצִּיּוֹנִים שֶׁיֵּשׁ עַתָּה בָּעֶלְיוֹנָה אֵלּוּ עֲשָׂאוּם הַגּוֹיִם לְפִי דַּעְתָּם, וְהַחוֹמָה מֵחֲמַת שֶׁאֲבָנֶיהָ גְּדוֹלִים מְאֹד נִרְאֶה שֶׁהִיא בִּנְיַן יִשְׂרָאֵל קַדְמוֹנִים, אַךְ אֵין מִכָּאן הוֹכָחָה עַל שֶׁטַח הַפְּנִימִית, כִּי אֶפְשָׁר עָשׂוּ הַחוֹמָה כְּפִי שֶׁטַח הָעֶלְיוֹנָה דַּוְקָא, וְסֵדֶר קְבוּרָתָם מְבֹואָר בַּזֹּוהַר הַקָּדוֹשׁ שְׁנֵי אוֹפַנִּים וּבָרוּךְ הַיּוֹדֵעַ. וְדַע כִּי מַה שֶׁתִּשְׁמַע שֶׁבִּזְמַן הַמִּלְחָמָה וְהַמָּצוֹר קָפְצוּ גּוֹיִם וְהִפִּילוּ עַצְמָם תּוֹךְ הַמְּעָרָה הָעֶלְיוֹנָה, הִנֵּה קַרְקַע הָעֶלְיוֹנָה אֵין נִיכָּר בָּהּ שׁוּם דָּבָר, וּבְוַדַּאי אֵלּוּ תֶּכֶף וּמִיָּד נַעֲשׂוּ עָפָר, אוֹ נְטָלוּם הַשֵּׁדִים וּזְרָקוּם לְתוֹךְ הַיָּם, כִּי אִי אֶפְשָׁר שֶׁתִּשָּׁאֵר נִבְלָתָם שָׁם רֶגַע וְזֶה פָּשׁוּט, אַף עַל פִּי שֶׁבַּקַּרְקַע הָעֶלְיוֹנָה אֵין שָׁם שׁוּם דָּבָר, וְאֵינוֹ נִרְאֶה שָׁם כְּלוּם כִּי אִם רַק יֵשׁ שָׁם פֶּתַח לַתַּחְתּוֹנָה, עִם כָּל זֶה הַמָּקוֹם מְקֻודָּשׁ וְלֹא יִתָּכֵן שֶׁנִּשְׁאֲרָה נִבְלַת הַגּוֹיִם שֶׁנָּפְלוּ שָׁם רֶגַע אֶחָד, וְעַל זֶה נֶאֱמַר (תְּהִלִּים לז, י) וְעוֹד מְעַט וְאֵין רָשָׁע וְהִתְבּוֹנַנְתָּ עַל מְקוֹמוֹ וְאֵינֶנּוּ וַעֲנָוִים יִירְשׁוּ אֶרֶץ וְכוּ', וְכֵן אָמַר בְּקֹהֶלֶת (קֹהֶלֶת ח, י) וּבְכֵן רָאִיתִי רְשָׁעִים קְבֻרִים וָבָאוּ וּמִמְּקוֹם קָדוֹשׁ יְהַלֵּכוּ וְיִשְׁתַּכְּחוּ בָעִיר אֲשֶׁר כֵּן עָשׂוּ גַּם זֶה הָבֶל וְאֵין לְהַאֲרִיךְ עוֹד בָּזֶה וְהַמֵּבִין יָבִין.
Selon celui qui dit : deux maisons, l'une à l'intérieur de l'autre, que signifie "makhpela" ? Rachi explique : pour deux maisons, la langue "double" ne s'appliquait pas. Difficulté : pourquoi ne s'applique-t-elle pas ? De même qu'on dit double par deux plafonds, on dit double par deux cloisons : l'intérieure a sa cloison, et aussi la cloison de l'extérieure. Autre difficulté : que resout-il par "elle est double en couples" ? Avraham notre père, paix sur lui, l'a appelée makhpela devant les fils de Het. S'il savait par l'esprit saint qu'elle serait double en couples, d'où les fils de Het le savaient-ils, puisqu'il l'a appelée devant eux "grotte de la Makhpela" ? On ne peut pas dire qu'il leur a révélé ce sod, qu'elle serait double en couples. De plus, la langue du verset (Bereshit 23, 9), "qu'il me donne la grotte de la Makhpela qui est à lui", indique qu'elle était connue chez eux sous ce nom. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que l'intention de la Guemara est d'objecter sur le nom que nous donnons maintenant, "grotte de la Makhpela". Selon celui qui dit l'une au-dessus de l'autre, c'est un 'hidouch : on ne trouve pas maintenant deux grottes ainsi, l'une au-dessus de l'autre. Selon celui qui dit l'une à l'intérieur de l'autre, il n'y a pas de 'hidouch qui ferait qu'elle seule soit appelée la grotte des pères : il y a en terre d'Israël plusieurs grottes qui sont une grotte à l'intérieur d'une grotte. La grotte où le roi David, paix sur lui, s'est caché devant Shaoul était ainsi. La grotte de Rabbi Akiva aussi est ainsi, et la grotte de Rabbi Hiya et de ses fils, et la grotte d'Abaye et de Rava, et il y en a encore de cette sorte. Quel 'hidouch y a-t-il dans cette grotte pour qu'elle soit appelée makhpela ? On répond : nous l'appelons makhpela parce qu'elle est double en couples. Sur Avraham notre père, paix sur lui, qui l'a appelée grotte de la Makhpela devant les fils de Het, on n'objecte pas en demandant quel 'hidouch il y a à l'appeler du nom de son doublement. Il n'y a pas de 'hidouch, et beaucoup de grottes sont ainsi. Il a été obligé de préciser "la makhpela" pour clarifier son achat, afin qu'on ne lui dise pas ensuite : nous ne t'avons vendu que l'extérieure, s'il avait dit sans précision "la grotte qui est au bout de son champ". Il a donc été obligé de préciser "la makhpela", pour établir qu'il achetait l'intérieure, qui est la double. Il paraît mieux de dire que Rav et Shmouel ont tous deux dit vrai, et que les deux existent : il y a deux grottes l'une au-dessus de l'autre, et dans l'inférieure il y a une autre grotte à l'intérieur d'elle. L'ouverture de l'inférieure n'est pas alignée en face de l'ouverture de la supérieure : elle est cachée dans le sol de la supérieure, sur un côté. Quand on y a fait entrer les couples, on est d'abord descendu au sol de la supérieure, de là on est descendu à l'inférieure par son ouverture, et après être descendu au sol de l'inférieure on est entré dans la seconde grotte, l'intérieure, dont l'ouverture donne sur l'inférieure, et l'on a enterré les couples dans l'intérieure. Le lieu est certes très profond. Ne t'étonne pas que les vivants aient pu entrer dans un lieu aussi profond et supporter l'air de l'intérieure : tout cela s'est fait par miracle. Sara, Avraham seul l'a fait entrer. Rivka, Its'hak seul l'a fait entrer. Avraham, Its'hak seul l'a fait entrer. Its'hak, Yaakov seul l'a fait entrer. Lea, Yaakov seul l'a fait entrer, comme il est dit (Bereshit 49, 31) : "et là j'ai enterré Lea". Yaakov, Yossef l'a fait entrer, et ses freres avec lui. Tous sont entrés et sortis par miracle. Ou bien il se peut qu'ils aient eu des sammanim (aromates) d'odeur bonne, et qu'avec eux, ou avec leur fumée, ils soient entrés et sortis. Nous ne savons pas quelle est la surface de la grotte. Les tsiounim (repères) qui sont maintenant sur la supérieure, les nations les ont faits selon leur avis. Le mur, parce que ses pierres sont très grandes, paraît être une construction d'Israël anciens. Il n'y a pas de là une preuve sur la surface de l'intérieure : ils ont pu faire le mur selon la surface de la supérieure seulement. L'ordre de leur enterrement est exposé dans le Zohar ha-kadoch de deux manières, et béni soit Celui qui sait. Sache ceci : ce que tu entendras, qu'au temps de la guerre et du siège des gens des nations ont sauté et se sont jetés dans la grotte supérieure. Sur le sol de la supérieure on ne distingue rien. Ceux-là sont aussitot devenus poussière, ou les shedim (démons) les ont pris et jetés dans la mer. Leur cadavre ne peut pas rester là un instant, et c'est simple. Même si sur le sol de la supérieure il n'y a rien, et qu'on n'y voit rien sinon une ouverture vers l'inférieure, le lieu reste saint, et le cadavre des gens des nations qui y sont tombes ne peut pas y rester un seul instant. Là-dessus il est dit (Tehilim 37, 10) : "encore un peu, et le méchant n'est plus ; tu regarderas sa place, et il n'est pas ; les humbles hériteront la terre", etc. Et il dit dans Kohelet (Kohelet 8, 10) : "et ainsi j'ai vu des méchants enterrés, et ils sont venus, et du lieu saint ils s'en vont, et ils sont oubliés dans la ville où ils ont ainsi agi ; cela aussi est vanité". Il n'y a pas à allonger davantage, et celui qui comprend comprendra.
💡 Explication

L'étage sur la maison rend le mot double évident : deux niveaux. Deux pièces en enfilade, le mot demande une autre raison. La suite la donne.

Le Ben Yehouada reprend la difficulté de Rachi, puis lit la question sur le nom que nous donnons maintenant à la grotte, et propose que les deux descriptions de Rav et Shmouel soient vraies ensemble : un niveau sur l'autre, et dans l'inférieur une grotte plus interne.

6
שֶׁכְּפוּלָה בְּזוּגוֹת. ״מַמְרֵא קִרְיַת אַרְבַּע״, אָמַר רַבִּי יִצְחָק, קִרְיַת הָאַרְבַּע זוּגוֹת: אָדָם וְחַוָּה, אַבְרָהָם וְשָׂרָה, יִצְחָק וְרִבְקָה, יַעֲקֹב וְלֵאָה.

Parce qu'elle est double en couples. "Mamre, Kiryat Arba".

Rabbi Its'hak a dit : la ville des quatre couples : Adam et Hava, Avraham et Sara, Its'hak et Rivka, Yaakov et Lea.

📜 Rachi (1)
שֶׁכְּפוּלָה בְּזוּגוֹת שֶׁנִּקְבְּרוּ כֻּולָּן אִישׁ וְאִשְׁתּוֹ דְּהַייְנוּ זוּג זוּג דִּכְתִיב (בְּרֵאשִׁית מ״ט:ל״א) שָׁמָּה קָבְרוּ אֶת אַבְרָהָם וְאֵת שָׂרָה וְגוֹ':
Parce qu'elle est double en couples : tous ont été enterrés, un homme et sa femme, c'est-à-dire couple par couple, comme il est écrit (Bereshit 49, 31) : là ils ont enterré Avraham et Sara, etc.
💡 Explication

Makhpela : double en couples, un homme et sa femme. Rachi cite Bereshit 49, 31.

Kiryat Arba, la ville des quatre : Rabbi Its'hak compte les quatre couples enterrés là. Lea est nommée, Rachel a été enterrée sur le chemin.

7
״וַיְהִי בִּימֵי אַמְרָפֶל״, רַב וּשְׁמוּאֵל, חַד אָמַר: נִמְרוֹד שְׁמוֹ. וְלָמָּה נִקְרָא שְׁמוֹ אַמְרָפֶל? שֶׁאָמַר וְהִפִּיל לְאַבְרָהָם אָבִינוּ בְּתוֹךְ כִּבְשַׁן הָאֵשׁ, וְחַד אָמַר: אַמְרָפֶל שְׁמוֹ, וְלָמָּה נִקְרָא שְׁמוֹ נִמְרֹוד? שֶׁהִמְרִיד אֶת כָּל הָעוֹלָם כֻּולּוֹ עָלָיו בְּמַלְכוּתוֹ.

"Et ce fut aux jours d'Amrafel". Rav et Shmouel : l'un dit : son nom est Nimrod.

Et pourquoi son nom a-t-il été appelé Amrafel ? Parce qu'il a dit et a fait tomber Avraham notre père dans la fournaise de feu.

Et l'un dit : son nom est Amrafel. Et pourquoi son nom a-t-il été appelé Nimrod ?

Parce qu'il a fait se révolter le monde entier contre Lui, dans sa royauté.

📜 Rachi (1)
עָלָיו כְּלַפֵּי מַעְלָה אֶלָּא שֶׁכִּינּוּ חֲכָמִים בִּלְשׁוֹנָם:
Contre Lui : vers le Haut. Les sages ont employe un langage detourne.
🪔 Ben Yehoyada (2)
שֶׁאָמַר וְהִפִּיל אֶת אַבְרָהָם אָבִינוּ לְתוֹךְ כִּבְשַׁן הָאֵשׁ. י"ל לְמַאי הֻוצְרַךְ לְפָרֵשׁ רֶמֶז שֶׁאָמַר וּמַה בָּא לְלַמְּדֵינוּ בָּזֶה? וְנִרְאֶה לִי בס"ד בָּזֶה לָמַדְנוּ עוֹד פֶּלֶא הַנֵּס שֶׁנַּעֲשָׂה לְאַבְרָהָם אָבִינוּ מִצַּד אַחֵר, כִּי יָדוּעַ שֶׁנִּמְרוֹד הָיָה מְכַשֵּׁף גָּדוֹל, וּמִסְּתָמָא עָשָׂה וְאָמַר כַּמָּה לְחָשִׁים בִּשְׁמוֹת טֻומְאָה כְּשֶׁהִפִּיל אֶת אַבְרָהָם אָבִינוּ לְכִבְשַׁן הָאֵשׁ כְּדֵי שֶׁיִּשְׁלֹוט בּוֹ הָאֵשׁ, וְלֹא הוֹעִיל כִּי מִכֻּולָּם הִצִּילוֹ הַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ, וְזֶה שֶׁכָּתַב שֶׁאָמַר וְהִפִּיל אֶת אַבְרָהָם לְלַמְּדֵינוּ רְבוּתָא שֶׁל נֵס שֶׁעָשָׂה הַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ לְאַבְרָהָם אָבִינוּ, כִּי אוֹתוֹ רָשָׁע אָמַר כַּמָּה לְחָשִׁים בִּשְׁמוֹת טֻומְאָה לְהַפִּיל אֶת אַבְרָהָם אָבִינוּ כְּדֵי שֶׁיִּשְׁלֹוט בּוֹ הָאֵשׁ וְלֹא שָׁלַט בּוֹ. אוֹ יוּבָן בס"ד דְּאִיתָא בְּתַנָּא דְּבֵי אֵלִיָּהוּ שֶׁעָשָׂה נִמְרוֹד וִיכּוּחַ עִם אַבְרָהָם אָבִינוּ ע"ה, וְהֵסִית אוֹתוֹ בְּכַמָּה דְּבָרִים לִמְשֹׁוךְ לִבּוֹ לַעֲבֹוד עֲבוֹדָה זָרָה קֹודֶם שֶׁהִפִּילוֹ לְכִבְשַׁן הָאֵשׁ, וּכְשֶׁרָאָה שֶׁלֹּא הוֹעִילוּ דְּבָרָיו עִמּוֹ אָז אָמַר שֶׁיַּשְׁלִיכוּ לְכִבְשַׁן הָאֵשׁ שֶׁהוּא עוֹבֵד לָאֵשׁ, וְאִם יֵשׁ יְכֹולֶת לֶאֱלוֹהַּ שֶׁלְּךָ יָבֹא וְיַצִּילֶךָ ע"ש. וְלָזֶה אָמַר שֶׁאָמַר וְהִפִּיל פֵּירוּשׁ אָמַר תְּחִילָּה דְּבָרִים שֶׁל הֲסָתָה וְאַחַר כָּךְ הִפִּיל. וְהִנֵּה מִלְּבַד הַנִּטְרִיקוֹן דַּעֲבִיד הַגְּמָרָא בְּשֵׁם אַמְרָפֶל נִרְאֶה לִי בס"ד טַעַם נָכוֹן בְּשֵׁם אַמְרָפֶל שֶׁנִּקְרָא בּוֹ נִמְרוֹד, וְהוּא דְּנִמְרוֹד עָשָׂה עַצְמוֹ אֱלוֹהַּ וּפַעַם בְּאַחְדוּתוֹ יִתְבָּרֵךְ הָרְמוּזָה בְּאוֹת אָלֶ"ף שֶׁהוּא מִסְפָּר אֶחָד, וּלְפִי הַפְּגָם שֶׁלּוֹ אֵינוֹ נִקְרָא הָאָלֶף בְּמִילּוֹאוֹ בִּשְׁלֹשָׁה אוֹתִיּוֹת, אֶלָּא מִסְתַּלֵּק מִמֶּנּוּ אוֹת הָרִאשׁוֹנָה שֶׁהִיא א' וְנִשְׁאַר רַק אוֹתִיּוֹת פָּל. וּלְכָךְ נִקְרָא אַמְרָפֶל חִלֵּק הַתֵּיבָה לִשְׁתַּיִם וּקְרֵי בָּהּ ' אָמַר פָּל '. וְעוֹד נִרְאֶה לִי בס"ד לִרְמֹוז אַמְרָפֶל אוֹתִיּוֹת ' מַר אָפֵל ' שֶׁהָיָה מַר וְאָפֵל שֶׁהֶחְשִׁיךְ עֵינֵי הַבְּרִיּוֹת בִּמְרִירוּת אֲשֶׁר מֵירַר אוֹתָם לַעֲבֹוד עֲבוֹדָה זָרָה.
Il a dit et a fait tomber Avraham notre père dans la fournaise de feu. On peut demander : pourquoi a-t-il fallu expliquer l'allusion de "il a dit", et qu'est-il venu nous enseigner par la ? Il me semble, avec l'aide du Ciel : nous apprenons par là encore une merveille du miracle fait à Avraham notre père, d'un autre côté. On sait que Nimrod était un grand sorcier. Vraisemblablement, il a fait et dit plusieurs lahashim (formules) avec des noms d'impureté quand il a fait tomber Avraham notre père dans la fournaise, afin que le feu le domine. Cela n'a servi à rien : de tous, Hachem l'a sauve. C'est ce qu'il a écrit, "il a dit et a fait tomber Avraham" : pour nous enseigner la force du miracle que Hachem a fait à Avraham notre père. Ce méchant a dit plusieurs lahashim avec des noms d'impureté pour faire tomber Avraham notre père, afin que le feu le domine, et le feu ne l'a pas domine. Ou bien on peut comprendre, avec l'aide du Ciel : il est rapporté dans le Tanna de-bei Eliyahou que Nimrod a fait un debat avec Avraham notre père, paix sur lui, et l'a incité par plusieurs choses à tirer son cœur vers l'avoda zara, avant de le faire tomber dans la fournaise. Quand il a vu que ses paroles n'avaient pas d'effet sur lui, il a dit alors qu'on le jette dans la fournaise de feu, lui qui sert le feu, et : s'il y a une capacité à ton D.ieu, qu'Il vienne et te sauve. Voir là-bas. C'est pour cela qu'il a dit "il a dit et a fait tomber" : il a d'abord dit des paroles d'incitation, et ensuite il a fait tomber. Outre le notarikon que fait la Guemara sur le nom Amrafel, il me semble, avec l'aide du Ciel, une raison juste au nom Amrafel par lequel Nimrod a été appelé. Nimrod s'est donné le statut de D.ieu et a porté atteinte à l'unité de Hachem, béni soit-Il, allusionnée par la lettre alef, dont le nombre est un. Selon son atteinte, l'alef n'est pas appelé dans son remplissage en trois lettres : la première lettre, qui est alef, se retire de lui, et il ne reste que les lettres pe-lamed. C'est pourquoi il est appelé Amrafel : on coupe le mot en deux, et on lit "amar pal". Il me semble encore, avec l'aide du Ciel, une allusion : Amrafel a les lettres "mar afel". Il était amer et obscur : il a obscurci les yeux des créatures par l'amertume avec laquelle il les a rendus amers pour servir l'avoda zara.
"וַיְהִי בִּימֵי אַמְרָפֶל" (בְּרֵאשִׁית יד, א) רַב וּשְׁמוּאֵל, חַד אָמַר: 'נִמְרוֹד' שְׁמוֹ. קָשֶׁה הֲוָה לִי לְהַשַּׁ"ס לִמְנַקַּט פְּלֻוגְתַּייְהוּ עַל פָּסוּק הָאָמוּר קֹודֶם זֶה בְּפָרָשַׁת נֹחַ, דִּכְתִיב (בְּרֵאשִׁית י, ח) וְכוּשׁ יָלַד אֶת נִמְרֹד? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּוַדַּאי מַאן דְּאָמַר ' נִמְרוֹד שְׁמוֹ ' הוּא רַב , כֵּיוָן דְּנָקֵיט מִילְּתֵיהּ בָּרִאשׁוֹנָה וְהוּא נִזְכַּר קֹודֶם שְׁמוּאֵל, וּמֵאַחַר דְּרַב הוּא דְּאָמַר נִמְרוֹד שְׁמוֹ וַדַּאי הוּא אָמַר הַאי מִילְּתָא עַל פָּסוּק זֶה שֶׁל 'וַיְהִי בִּימֵי אַמְרָפֶל' דְּקָא מַשְׁמָע לָן חִידּוּשׁ זֶה דְּאֵין אַמְרָפֶל שְׁמוֹ אֶלָּא נִמְרוֹד שְׁמוֹ, וּשְׁמוּאֵל פְּלִיג עָלֶיהָ וְאָמַר לֹא כִי אֶלָּא ' אַמְרָפֶל שְׁמוֹ ' וְכִדְנָקֵיט הַאי קְרָא, וּמַה שֶׁנִּקְרָא נִמְרוֹד בִּקְרָא אַחַרְיַנָא הוּא עַל אֲשֶׁר הִמְרִיד אֶת כָּל הָעוֹלָם. בְּרַם עֲדַיִין י"ל מַאי נָפְקָא מִינָּה בְּהַאי פְּלוּגְתָּא דִּפְלִיגִי רַבָּנָן אִם הָיָה עִיקַּר שְׁמוֹ נִמְרוֹד אוֹ עִיקַּר שְׁמוֹ אַמְרָפֶל? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּנָפְקָא מִינָּהּ אִם אֶחָד אָמַר עַל חֲבֵירוֹ: זֶה כְּנִמְרוֹד! אָז לְמָאֵן דְּאָמַר נִמְרוֹד שֵׁם הַלֵּידָה אֵין זֶה בִּזָּיוֹן וְאֵינוֹ יָכוֹל לְתָבְעוֹ בַּדִּין, כִּי יֹאמַר כִּוַּנְתִּי לוֹמַר שֶׁהוּא גִּיבּוֹר כְּנִמְרוֹד, אֲבָל אִם נֶאֱמַר אַמְרָפֶל שֵׁם הַלֵּידָה וְאַחַר כָּךְ נִקְרָא נִמְרוֹד עַל עֹוצֶם רִשְׁעָתוֹ שֶׁהִמְרִיד אֶת הָעוֹלָם וְכוּ' אָז חֲשִׁיב זֶה בִּזָּיוֹן בְּמַה שֶׁאָמַר 'זֶה כְּנִמְרוֹד'. וְלָכֵן תִּמְצָא בַּפָּסוּק (בְּרֵאשִׁית י, ט) עַל כֵּן יֵאָמַר כְּנִמְרֹד גִּבּוֹר צַיִד לִפְנֵי ה', פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י זַ"ל בַּחֻומָּשׁ עַל כָּל אָדָם מַרְשִׁיעַ בְּעַזּוּת פָּנִים יוֹדֵע רִבּוֹנוֹ וּמִתְכַּוֵּין לִמְרֹוד בּוֹ יֵאָמֵר זֶה כְּנִמְרֹוד גִּבּוֹר צַיִד עַד כָּאן לְשׁוֹנוֹ. הִנֵּה רָשׁ " י זַ"ל אָזֵיל בָּתַר מַאן דְּאָמַר ' אַמְרָפֶל שְׁמוֹ ' וְנִמְרוֹד הוּא מוֹרֶה עַל רִשְׁעָתוֹ, וְלָכֵן אִם אָמַר עַל אֶחָד 'זֶה כְּנִמְרוֹד' הֲרֵי זֶה בִּזָּיוֹן, אַךְ אֻונְקְלוֹס תִּרְגֵּם פָּסוּק הַנִּזְכָּר הוּא הֲוָה גְּבַר תַּקִּיף קֳדָם ה' עַל כֵּן יִתְאַמֵּר כְּנִמְרֹד גְּבַר תַּקִּיף קֳדָם ה' עַד כָּאן, וְהוּא אָזֵיל בָּתַר מַאן דְּאָמַר ' נִמְרוֹד שְׁמוֹ ' וְשֵׁם אַמְרָפֶל הוּא שֵׁם רִשְׁעָתוֹ, וְלָכֵן אִם אָמַר זֶה כְּנִמְרוֹד אֵין זֶה בִּזָּיוֹן, כִּי יֹאמַר כַּוָּנָתוֹ לוֹמַר הֲוָה גְּבַר תַּקִּיף כְּנִמְרֹד.
"Et ce fut aux jours d'Amrafel" (Bereshit 14, 1). Rav et Shmouel, l'un dit : son nom est Nimrod. Difficulté : le Talmud aurait dû placer leur dispute sur le verset dit avant cela, dans la paracha Noah, où il est écrit (Bereshit 10, 8) : "et Koush engendra Nimrod". Il me semble, avec l'aide du Ciel : celui qui dit "son nom est Nimrod" est Rav, puisqu'il place sa parole en premier, et il est mentionné avant Shmouel. Puisque c'est Rav qui dit "son nom est Nimrod", il a dit cette parole sur ce verset "et ce fut aux jours d'Amrafel", pour nous faire entendre ce 'hidouch : son nom est Nimrod. Shmouel diverge de lui et dit : son nom est Amrafel, comme ce verset le prend. Ce qu'il est appelé Nimrod dans l'autre verset vient de ce qu'il a fait se révolter le monde entier. On peut encore dire : quelle nafka mina (conséquence pratique) y a-t-il dans cette dispute, si son nom principal était Nimrod ou si son nom principal était Amrafel ? Il me semble, avec l'aide du Ciel : la nafka mina est si quelqu'un a dit de son prochain : "celui-ci est comme Nimrod". Selon celui qui dit que Nimrod est le nom de naissance, il n'y a pas d'affront, et il ne peut pas le poursuivre en justice. Il dira : mon intention était de dire qu'il est un guerrier comme Nimrod. Si l'on dit qu'Amrafel est le nom de naissance, et qu'ensuite il a été appelé Nimrod à cause de l'ampleur de sa méchanceté, ayant fait se révolter le monde, alors cela compte comme un affront, du fait qu'il a dit "celui-ci est comme Nimrod". Tu trouves donc dans le verset (Bereshit 10, 9) : "c'est pourquoi on dira : comme Nimrod, preux chasseur devant ה'". Rachi zal a explique dans le Houmash : sur tout homme qui fait le mal avec effronterie, qui connaît son Maître et a l'intention de se révolter contre Lui, on dira : celui-ci est comme Nimrod, preux chasseur. Fin de citation. Rachi zal suit celui qui dit "son nom est Amrafel", et Nimrod indique sa méchanceté. Si l'on dit de quelqu'un "celui-ci est comme Nimrod", c'est un affront. Onkelos a traduit le verset mentionné : il était un homme fort devant ה', c'est pourquoi on dira : comme Nimrod, homme fort devant ה'. Fin. Il suit celui qui dit "son nom est Nimrod", et le nom Amrafel est le nom de sa méchanceté. Si l'on dit "celui-ci est comme Nimrod", il n'y a pas d'affront : il dira que son intention était de dire qu'il était un homme fort comme Nimrod.
💡 Explication

Les deux lisent Amrafel et Nimrod comme un seul homme. La dispute porte sur le nom principal.

Amrafel : amar (il a dit) et hipil (il a fait tomber) Avraham dans la fournaise. Nimrod : himrid, il a fait se révolter. Rachi : "contre Lui" vise le Haut. Les sages ont adouci la formule.

8
״וַיָּקָם מֶלֶךְ חָדָשׁ עַל מִצְרָיִם״, רַב וּשְׁמוּאֵל, חַד אָמַר: חָדָשׁ מַמָּשׁ, וְחַד אָמַר: שֶׁנִּתְחַדְּשׁוּ גְּזֵירוֹתָיו.

"Un roi nouveau se leva sur l'Égypte". Rav et Shmouel : l'un dit : nouveau au sens propre.

Et l'un dit : ses décrets furent renouvelés.

🪔 Ben Yehoyada (1)
חַד אָמַר: חֹדֶשׁ מַמָּשׁ. מַקְשִׁים מָה חִידֵּשׁ מַאן דְּאָמַר זֶה עַל הַכָּתוּב דְּהָא גַּם הַכָּתוּב קוֹרְאוֹ חָדָשׁ? וְנִרְאֶה לִי בס"ד מִי שֶׁהוּא מֶלֶךְ בֶּן מֶלֶךְ כְּשֶׁמּוֹלֵךְ אַחַר מוֹת אָבִיו אֵין הַמַּלְכוּת אֶצְלוֹ חֲדָשָׁה מַמָּשׁ, יַעַן כִּי גַּם בְּחַיֵּי אָבִיו הָיְתָה הַמַּלְכוּת נִקְרֵאת עַל שְׁמוֹ שֶׁקּוֹרִין אוֹתוֹ יוֹרֵשׁ הָעֶצֶר, וְיֵשׁ לוֹ שֵׁם מְיֻוחָד בַּעֲבוּר זֶה, מַה שֶׁאֵין כֵּן אִם אֵינוֹ בֶּן מֶלֶךְ, כְּשֶׁמּוֹלֵךְ הִנֵּה הַמַּלְכוּת אֶצְלוֹ חֲדָשָׁה מַמָּשׁ, כִּי קֹודֶם שֶׁמָּלַךְ לֹא הָיָה לוֹ שׁוּם מַגָּע בַּמַּלְכוּת לָא מִינַּהּ וְלָא מִקְצָתַהּ, וְלָכֵן מַאן דְּאָמַר זֶה בָּא לְחַדֵּשׁ עַל הַכָּתוּב חָדָשׁ מַמָּשׁ שֶׁלֹּא הָיָה בֶּן מֶלֶךְ דְּאָז הַמַּלְכוּת הִיא אֶצְלוֹ חֲדָשָׁה מַמָּשׁ. אוֹ יוּבָן בס"ד הַכַּוָּנָה דִּסְבִירָא לֵיהּ מִקֹּודֶם לֹא הָיָה לְמִצְרַיִם מֶלֶךְ גָּמוּר כִּשְׁאָר מְלָכִים, אֶלָּא הָיְתָה ריפובלי"ק כְּמוֹ שֶׁיֵּשׁ עַתָּה בַּמַּלְכוּת אמריכא"ן וּבְמַלְכוּת פראנס"ה, וְהָרֹאשׁ שֶׁל ריפובלי"ק הָיָה נִקְרָא פַּרְעֹה, וְאַחַר כָּךְ קֹודֶם שֶׁשִּׁעְבְּדוּ בְּיִשְׂרָאֵל שִׁינּוּ תַּכְסִיס שֶׁלָּהֶם וּמִינּוּ עֲלֵיהֶם מֶלֶךְ וְלָזֶה אָמַר 'חָדָשׁ מַמָּשׁ' וְאַף עַל גַּב דִּכְתִיב בְּפָרָשַׁת וַיֵּשֶׁב בְּעִנְיַן שַׂר הַמַּשְׁקִים וְשַׂר הָאוֹפִים (בְּרֵאשִׁית מ, א) חָטְאוּ לַאֲדֹנֵיהֶם לְמֶלֶךְ מִצְרַיִם, לֹא הָיָה עֲדַיִין מֶלֶךְ מַמָּשׁ אֶלָּא הָיוּ ריפובלי"ק, וּלְהָרֹאשׁ קָרֵי לֵיהּ מֶלֶךְ מִצְרַיִם בְּלָשׁוֹן מֻושְׁאָל שֶׁדִּינוֹ כְּמֶלֶךְ. וַעֲדַייִן יֵשׁ לְהָבִין בְּמַאֲמָר זֶה מַאי נָפְקָא מִינָּה בְּהַאי פְּלוּגְתָּא רַב וּשְׁמוּאֵל, אִם נֹאמַר 'חָדָשׁ מַמָּשׁ' אוֹ נֶאֱמַר 'נִתְחַדְּשׁוּ גְּזֵרוֹתָיו'? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּנָפְקָא מִינָּהּ לְעִנְיַן דִּינָא בְּעָלְמָא, דִּכְתִיב (דְּבָרִים כ, ה) מִי הָאִישׁ אֲשֶׁר בָּנָה בַיִת חָדָשׁ וְלֹא חֲנָכוֹ יֵלֵךְ וְיָשֹׁב לְבֵיתוֹ, וּמָצִינוּ בַּמִּשְׁנָה דְּסוֹטָה (מִשְׁנָה סוֹטָה ח, ג) דְּרַבִּי יְהוּדָה סְבִירָא לֵיהּ הַבּוֹנֶה בַּיִת עַל מְכוֹנוֹ, דְּהַייְנוּ שֶׁסְּתָרוֹ וְחָזַר וּבְנָאוֹ אֵינוֹ חוֹזֵר דְּחָדָשׁ מַמָּשׁ בָּעֵינַן, וְהָרַמְבַּ"ם זַ"ל לֹא פָּסַק דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה לַהֲלָכָה, וְכָתַב בְּפֵירוּשׁ הַמִּשְׁנָיוֹת שֶׁאֵין הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה, אֶלָּא גַּם סָתַר בֵּיתוֹ וְחָזַר וּבְנָאוֹ חוֹזֵר, דִּסְבִירָא לֵיהּ דְּתַנָּא קַמָּא פְּלִיג עַל רַבִּי יְהוּדָה בָּזֶה. וְהָשְׁתָּא לְפִי זֶה מִפְּלֻוגְתָּא דְּרַב וּשְׁמוּאֵל הָכָא בְּתֵיבַת מֶלֶךְ חָדָשׁ יָצָא נַפְקוּתָא לְעִנְיַן דִּינָא בְּדִין בַּיִת חָדָשׁ הַנִּזְכָּר, דִּלְמַאן דְּאָמַר 'חָדָשׁ מַמָּשׁ' סְבִירָא לֵיהּ כְּרַבִּי יְהוּדָה דְּבָעֵינַן חָדָשׁ מַמָּשׁ, אֲבָל סְתָרוֹ וְחָזַר וּבְנָאוֹ שֶׁחִידֵּשׁ בִּנְייָנוֹ אֵינוֹ חוֹזֵר, וּלְמַאן דְּאָמַר חָדָשׁ 'שֶׁנִּתְחַדְּשׁוּ גְּזֵרוֹתָיו' סְבִירָא לֵיהּ כְּתַנָּא קַמָּא דְּחִידֵּשׁ בִּנְייָנוֹ וְאֵינוֹ חָדָשׁ מַמָּשׁ הֲרֵי זֶה חוֹזֵר. וְרָאִיתִי לְהָרַב מִשְׁנֶה לַמֶּלֶךְ זַ"ל (בְּהִלְכוֹת מְלָכִים פ"ח, ה"ח) שֶׁכָּתַב, מ"ש רַבֵּינוּ דְּאֵין הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה, לֹא יָדַעְתִּי מְנָא לֵיהּ דְּתַנָּא קַמָּא חוֹלֵק בָּזֶה? וּבַגְּמָרָא הֵבִיאוּ עַל דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה אֵלּוּ: 'תְּנָא אִם הוֹסִיף דְּמוּס אֶחָד חוֹזֵר' וְאִם לֹא הָיָה כְּרַבִּי יְהוּדָה לָא הָווּ מְפָרְשִׁי דְּבָרָיו! וּבַיְּרוּשַׁלְמִי שָׁקְלוּ וְטָרוּ אִם סָדוּ בְּסִיד אוֹ שֶׁפָּתַח בּוֹ חַלּוֹנוֹת וְכוּ' וְכָל זֶה אַלִּיבָּא דְּרַבִּי יְהוּדָה, עַד כָּאן לְשׁוֹנוֹ, ע"ש. וְעַל פִּי הַדְּבָרִים הַנִּזְכָּרִים שֶׁכָּתַבְתִּי בס"ד דְּהַאי פְּלֻוגְתָּא דְּמֶלֶךְ חָדָשׁ תַּלְיָא בְּהַאי פְּלֻוגְתָּא דְּבַיִת חָדָשׁ נִרְאֶה לִי בס"ד לְתָרֵץ הֶעָרַת הַגָּאוֹן מִשְׁנֶה לַמֶּלֶךְ זַ"ל הַנִּזְכָּר בְּדֶרֶךְ חָרִיף, וְהוּא דְּהָרַמְבַּ"ם זַ"ל סְבִירָא לֵיהּ מַאן דְּאָמַר חָדָשׁ מַמָּשׁ שׁוּם דְּנָקֵיט הַשַּׁ"ס לְהַאי מִלְּתָא דְּחָדָשׁ מַמָּשׁ בַּתְּחִלָּה, וְכֵן רַב נִזְכַּר קֹודֶם שְׁמוּאֵל, וּמֵאַחַר דְּקַיְימָא לָן 'הֲלָכָה כְּרַב בְּאִיסּוּרֵי וְכִשְׁמוּאֵל בְּדִינֵי' וְדִין זֶה דַּחֲזָרַת עוֹרְכֵי הַמִּלְחָמָה הוּא בִּכְלַל דִּינֵי וְאֵינוֹ בִּכְלַל אִיסּוּרֵי, כִּי הוּא בְּחֵלֶק הַמִּשְׁפָּטִים, לָכֵן פָּסַק הָרַמְבַּ"ם זַ"ל בְּדִין בַּיִת חָדָשׁ דְּלָאו כְּרַבִּי יְהוּדָה, מִשּׁוּם דְּהָרַמְבַּ"ם אָזֵיל בָּתַר סְבָרַת שְׁמוּאֵל דְּהִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ בְּדִינֵי, דְּהוּא סָבַר אֵין מַשְׁמָעוּת חָדָשׁ הוּא'חדשׁ מַמָּשׁ' אֶלָּא 'נִתְחַדְּשׁוּ גְּזֵרוֹתָיו' נָמֵי קָרֵי לֵיהּ חָדָשׁ, וְהוּא הַדִּין הָכָא בְּבַיִת חָדָשׁ אֵינוֹ צָרִיךְ חָדָשׁ מַמָּשׁ אֶלָּא גַּם אִם חִידֵּשׁ בִּנְייָנוֹ הֲרֵי זֶה חוֹזֵר דְּקָרֵינַן בֵּיהּ בַּיִת חָדָשׁ. וְדַע דְּאִיתָא בְּבֵיצָה (בֵּיצָה דַּף י:) רַבִּי יוֹחָנָן וְרַבִּי אֶלְעָזָר חַד אָמַר בִּשְׁנֵי כִיסִין מַחְלֹוקֶת, אֲבָל בְּכִיס אֶחָד דִּבְרֵי הַכֹּל חֻולִּין, וְחַד אָמַר בְּכִיס אֶחָד מַחְלֹוקֶת וְכוּ', וְכָתַב הַגָּאוֹן הָרַדְבָ"ז בְּהִלְכוֹת מַעֲשֵׂר שֵׁנִי וְנֶטַע רְבָעִי פֶּרֶק שִׁשִּׁי, פָּסַק רַבֵּינוּ כְּמַאן דְּאָמַר בִּשְׁנֵי כִּיסִים מַחֲלֹוקֶת דִּסְתָמָא דְּמִילְּתָא כֵּיוָן שֶׁהַתַּלְמוּד הִקְדִּימוּ, דִּבְרֵי רַבִּי יוֹחָנָן הֵם עַיֵּין שָׁם. וּבְחִדּוּשַׁי בס"ד לְמַסֶּכֶת מְגִילָּה בְּדַף כ"ז ע"א, דְּקָאָמַר תִּסְתַּייֵּם דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי הוּא דְּאָמַר מָקוֹם שֶׁמְּגַדְּלִין בּוֹ תּוֹרָה, דְּאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי בֵּית הַכְּנֶסֶת מֻותָּר לַעֲשׂוֹתוֹ בֵּית מִדְרָשׁ שְׁמַע מִינָּה, שָׁם הֶעָרוֹתַי בְּדִבְרֵי הָרַדְבָ"ז ממ"ש בְּמוֹעֵד קָטָן (מוֹעֵד קָטָן ג.) הַחוֹרֵשׁ בַּשְּׁבִיעִית רַבִּי יוֹחָנָן וְרַבִּי אֶלְעָזָר חַד אָמַר לוֹקֶה, וְחַד אָמַר אֵינוֹ לוֹקֶה, וּפָסַק הָרַמְבַּ"ם כְּמַאן דְּאָמַר אֵינוֹ לוֹקֶה, וְיָדוּעַ הוּא דְּרַבִּי יוֹחָנָן וְרַבִּי אֶלְעָזָר הֲלָכָה כְּרַבִּי יוֹחָנָן, וְגַם שָׁם יָשַׁבְתִּי הֶעָרָה זוֹ. מִיהוּ אֲפִילּוּ אִם נֹאמַר כָּל הֵיכָא, דְּנָקֵיט תַּלְמוּדָא חַד אָמַר וְחַד אָמַר מְסַפְּקָא לֵיהּ מַאן אָמַר הָא וּמַאן אָמַר הָא, עִם כָּל זֶה מֻוכְרָח לִמְנַקֵּט בְּעִנְיָן דִּידַן בְּדִין עוֹרְכֵי הַמִּלְחָמָה לַהֲלָכָה עַל פִּי סְבָרַת הַמַּאן דְּאָמַר 'נִתְחַדְּשׁוּ גְּזֵרוֹתָיו' יַעַן כִּי לִסְבָרַת הָאוֹמֵר נִתְחַדְּשׁוּ גְּזֵרוֹתָיו נָפֵיק מִינֵּיהּ קֻולָּא לְפָטְרוֹ שֶׁיּוּכַל לַחֲזֹור, וְלָכֵן אַף עַל גַּב דְּהַשַּׁ"ס מְסַפְּקָא לֵיהּ מִי הוּא בַּעַל סְבָרָא זוֹ רַב אוֹ שְׁמוּאֵל, סְבִירָא לֵיהּ לְהָרַמְבַּ"ם דְּמָצֵי לְמֵימַר זֶה הַחוֹזֵר דִּשְׁמוּאֵל הוּא, דְּאָמַר נִתְחַדְּשׁוּ גְּזֵרוֹתָיו נָמֵי חָדָשׁ קָרוּ לֵיהּ, וּלְכָךְ פָּסַק דְּאֵין הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה דִּסְבִירָא לֵיהּ דְּחוֹזֵר. וְכַיּוֹצֵא בְּדָבָר זֶה מַמָּשׁ כָּתַב הַגָּאוֹן מָהָרִ"י קַרְקוֹס זַ"ל בְּהִלְכוֹת שְׁמִיטָּה וְיוֹבֵל דִּין ב' וְזַ"ל, פָּסַק רַבֵּינוּ כְּמַאן דְּאָמַר אֵינוֹ לוֹקֶה, כֵּיוָן דְּלָא סִייְּמוּ מַאן אָמַר לוֹקֶה וּמַאן אָמַר אֵינוֹ לוֹקֶה אֵין לִלְקוֹת מִסָּפֵק עַד כָּאן לְשׁוֹנוֹ, וְכֵן כָּאן אוֹמֵר זֶה הַחוֹזֵר דִּשְׁמוּאֵל הוּא דְּאָמַר נִתְחַדְּשׁוּ גְּזֵרוֹתָיו נִקְרָא חָדָשׁ, וּלְדִידֵיהּ אֵין אֲנִי חַיָּיב לַחֲזֹור דְּלָא בָּעֵינַן חָדָשׁ מַמָּשׁ, וְהָא דִּידַן עֲדִיפָה דְּתַלְמוּדָא מַזְכִּיר אֶת רַב קַמֵּי שְׁמוּאֵל וְנָקֵיט חַד אָמַר חָדָשׁ מַמָּשׁ בְּרֵישָׁא. וְשׁוּב רָאִיתִי לְהַגָּאוֹן חִידָ"א זַ"ל (בְּחַיִּים שָׁאַל ח"א דַּף ק' מ"ג) שֶׁהֵעִיר עַל הַגָּאוֹן מִשְׁנֶה לַמֶּלֶךְ זַ"ל דְּלָא זָכַר שַׂר דְּבַתּוֹסֶפְתָּא פ"ז דְּסוֹטָה מְפֹורָשׁ לְהֶדְיָא דְּהוּא פְּלֻוגְתָּא דְּתַנָּא קַמָּא וְרַבִּי יְהוּדָה ע"ש. בְּרַם אֲנָא עֲבַדָא קַשְׁיָא לִי לְמַאן דְּאָמַר דְּגַם אִם נִתְחַדְּשׁוּ גְּזֵרוֹתָיו נִקְרָא מֶלֶךְ חָדָשׁ, אִם כֵּן לָמָּה מַחֲזִיר גְּרוּשָׁתוֹ אֵינוֹ חוֹזֵר, מִשּׁוּם דִּכְתִיב (דְּבָרִים כֹּד, ה) כִּי יִקַּח אִישׁ אִשָּׁה חֲדָשָׁה, וַהֲלֹא גַּם זוֹ נִקְרֵאת חֲדָשָׁה 'שֶׁחִידֵּשׁ לְקוּחֶיהָ' דְּהָא לָשׁוֹן חָדָשׁ אֵינוֹ מַשְׁמַע חָדָשׁ מַמָּשׁ! וּבִשְׁלָמָא עַל דִּין נָפַל בֵּיתוֹ וְחָזַר וּבְנָאוֹ דְּחוֹזֵר לְתַנָּא קַמָּא לֵיכָּא לְאַקְשׁוּיֵי מִמַּחֲזִיר גְּרוּשָׁתוֹ, דְּהָתָם שָׁאנֵי דְּאֵין נִיכָּר חִידּוּשׁ בְּגוּף הָאִשָּׁה, אֲבָל נָפַל וְחָזַר וּבְנָאוֹ הַחִידּוּשׁ נִיכָּר בַּבַּיִת, וכמ"ש הָרַב חַסְדֵי דָּוִד זַ"ל בַּתּוֹסֶפְתָּא דְּסוֹטָה, אַךְ אַהָא אִיכָּא קֻושְׁיָא חֲזָקָה דְּחִידּוּשׁ גְּזֵירוֹת אֵינוֹ נִיכָּר בְּגוּף הַמֶּלֶךְ וְעִם כָּל זֶה קָרֵי לֵיהּ מֶלֶךְ חָדָשׁ? וְנִרְאֶה לִי בס"ד כִּי שֵׁם מֶלֶךְ אֵינוֹ שֵׁם הָעֶצֶם וְהַגּוּף שֶׁלּוֹ, אֶלָּא הוּא שֵׁם הַמַּמְלָכָה שֶׁלּוֹ וּמַמְלַכְתּוֹ הִיא הַפּוֹעֶלֶת כָּל גְּזֵרוֹתָיו, וּלְהָכִי בַּעֲבוּר חִידּוּשׁ גְּזֵרוֹתָיו נִקְרָא מֶלֶךְ חָדָשׁ, כִּי הַחִידּוּשׁ נִיכָּר בְּגוּף מַמְלַכְתּוֹ שֶׁעוֹשֶׂה בָּהּ גְּזֵרוֹת חֲדָשׁוֹת בְּפֹועַל, וְדוֹמֶה לָזֶה בַּיִת חָדָשׁ, דְּשֵׁם בַּיִת נֶאֱמַר עַל הַבִּנְיָן, דְּאִם אֵין בִּנְיָן אֵינוֹ נִקְרָא בַּיִת אֶלָּא קַרְקַע בְּעָלְמָא, וְכֵיוָן דְּנָפַל וּבְנָאוֹ נִיכָּר בּוֹ חִידּוּשׁ הַבִּנְיָן, מַה שֶׁאֵין כֵּן מַחֲזִיר גְּרוּשָׁתוֹ אֵין נִיכָּר הַחִידּוּשׁ אַף עַל פִּי שֶׁעוֹשֶׂה לִקּוּחִין חֲדָשִׁים.
L'un dit : nouveau au sens propre. On objecte : qu'a innové celui qui dit cela sur le verset, puisque le verset aussi l'appelle nouveau ? Il me semble, avec l'aide du Ciel : celui qui est roi fils de roi, quand il règne après la mort de son père, la royauté n'est pas chez lui nouvelle au sens propre. Déjà du vivant de son père, la royauté était appelée de son nom : on l'appelle l'héritier du trône, et il a un nom particulier à cause de cela. Il en va autrement s'il n'est pas fils de roi : quand il règne, la royauté est chez lui nouvelle au sens propre, car avant de régner il n'avait aucun contact avec la royauté, ni d'elle ni d'une part d'elle. Celui qui dit cela vient donc innover sur le verset : nouveau au sens propre, il n'était pas fils de roi, et alors la royauté est chez lui nouvelle au sens propre. Ou bien on peut comprendre, avec l'aide du Ciel : l'intention est qu'il tient qu'auparavant l'Égypte n'avait pas un roi complet comme les autres rois. C'était une république, comme il y a maintenant dans le royaume des Américains et dans le royaume de France. Le chef de la république s'appelait Pharaon. Ensuite, avant qu'ils asservissent Israël, ils ont changé leur tactique et ont nommé sur eux un roi. C'est pour cela qu'il a dit "nouveau au sens propre". Et bien qu'il soit écrit dans la paracha Vayechev, au sujet de l'échanson et du panetier (Bereshit 40, 1), "ils ont fauté envers leur maître, le roi d'Égypte", il n'y avait pas encore un roi au sens propre : ils étaient une république, et au chef on applique "roi d'Égypte" dans un langage emprunté, car son statut est comme un roi. Il reste à comprendre dans cette parole : quelle nafka mina y a-t-il dans cette dispute de Rav et Shmouel, selon qu'on dit "nouveau au sens propre" ou "ses décrets furent renouvelés" ? Il me semble, avec l'aide du Ciel : la nafka mina concerne la loi en général. Il est écrit (Devarim 20, 5) : "quel est l'homme qui a bâti une maison neuve et ne l'a pas inaugurée ? Qu'il aille et retourne chez lui". On trouve dans la michna de Sota (michna Sota 8, 3) que Rabbi Yehouda tient : celui qui bâtit une maison sur son emplacement, c'est-à-dire qu'il l'a démolie et l'a reconstruite, ne retourne pas, car il nous faut du nouveau au sens propre. Le Rambam zal n'a pas tranché les paroles de Rabbi Yehouda comme halakha. Il a écrit dans le commentaire des michnayot que la halakha ne suit pas Rabbi Yehouda : même s'il a démoli sa maison et l'a reconstruite, il retourne. Il tient que le tanna kamma diverge de Rabbi Yehouda sur ce point. Dès lors, de la dispute de Rav et Shmouel ici, sur le mot "roi nouveau", sort une nafka mina pour la loi de la maison neuve mentionnée. Selon celui qui dit "nouveau au sens propre", il tient comme Rabbi Yehouda : il nous faut du nouveau au sens propre. S'il l'a démoli et reconstruit, ce qui renouvelle sa construction, il ne retourne pas. Selon celui qui dit "nouveau" au sens de "ses décrets furent renouvelés", il tient comme le tanna kamma : s'il a renouvelé sa construction sans que ce soit nouveau au sens propre, il retourne. J'ai vu que le rav Mishne la-Melekh zal (Hilkhot Melakhim, chapitre 8, halakha 8) a écrit : ce que notre maître a dit, que la halakha ne suit pas Rabbi Yehouda, je ne sais d'où il tient que le tanna kamma diverge sur ce point. Dans la Guemara, on a rapporté sur ces paroles de Rabbi Yehouda : "un tanna enseigne : s'il a ajouté une rangée, il retourne". S'il n'était pas selon Rabbi Yehouda, on n'expliquerait pas ses paroles. Et dans le Yerushalmi on discute s'il l'a enduit de chaux, ou s'il y a ouvert des fenêtres, et le reste, et tout cela selon Rabbi Yehouda. Fin de citation. Voir là-bas. Selon les paroles que j'ai écrites, avec l'aide du Ciel, que cette dispute du roi nouveau dépend de cette dispute de la maison neuve, il me semble, avec l'aide du Ciel, de résoudre la remarqué du gaon Mishne la-Melekh zal par une voie aiguë. Le Rambam zal tient que celui qui dit "nouveau au sens propre" est Rav, puisque le Talmud place cette parole "nouveau au sens propre" en premier, et Rav est mentionné avant Shmouel. Puisque nous tenons "la halakha suit Rav dans les issourim (interdits), et Shmouel dans les dinim (lois civiles)", et que cette loi du retour de ceux qui sont appelés à la guerre entre dans les dinim et n'entre pas dans les issourim, car elle est dans la part des mishpatim (lois), le Rambam zal a tranché, pour la loi de la maison neuve, autrement que Rabbi Yehouda. Le Rambam suit l'avis de Shmouel, la halakha etant selon lui dans les dinim. Celui-ci tient que le sens de "nouveau" laisse aussi le nom de nouveau à "ses décrets furent renouvelés". Il en est de même ici pour la maison neuve : on n'a pas besoin de nouveau au sens propre. Même s'il a renouvelé sa construction, il retourne, et on lit sur lui "maison neuve". Sache qu'il est rapporté dans Beitsa (Beitsa 10b) : Rabbi Yo'hanan et Rabbi Elazar, l'un dit : la dispute porte sur deux bourses, mais pour une seule bourse tout le monde dit houlin (profane). Et l'un dit : la dispute porte sur une seule bourse, et la suite. Le gaon le Radbaz a écrit, dans Hilkhot Maaser Sheni et Neta Revai, chapitre six : notre maître a tranché comme celui qui dit que la dispute porte sur deux bourses, car le simple est que, puisque le Talmud l'a mis en premier, ce sont les paroles de Rabbi Yo'hanan. Voir là-bas. Dans mes hidoushim, avec l'aide du Ciel, sur le traité Meguila 27a, où l'on dit : il est établi que c'est Rabbi Yehoshoua ben Levi qui a dit "un lieu où l'on fait grandir la Torah", car Rabbi Yehoshoua ben Levi a dit : une synagogue, il est permis d'en faire une maison d'étude, on l'apprend de là. Là, j'ai fait des remarques sur les paroles du Radbaz, à partir de ce qui est écrit dans Moed Katan (Moed Katan 3a) : celui qui laboure la septième année, Rabbi Yo'hanan et Rabbi Elazar, l'un dit : il reçoit des coups, et l'un dit : il ne reçoit pas de coups. Le Rambam a tranché comme celui qui dit qu'il ne reçoit pas de coups. On sait que, entre Rabbi Yo'hanan et Rabbi Elazar, la halakha suit Rabbi Yo'hanan. Là aussi j'ai résolu cette remarque. Toutefois, même si l'on dit que partout où le Talmud place "l'un a dit" et "l'un a dit", il doute qui a dit ceci et qui a dit cela, on est force, dans notre sujet, pour la loi de ceux qui sont appelés à la guerre, de trancher selon l'avis de celui qui dit "ses décrets furent renouvelés". Selon cet avis, il en sort une koula (allègement) pour l'exempter, afin qu'il puisse retourner. Même si le Talmud doute qui est l'auteur de cet avis, Rav ou Shmouel, le Rambam tient qu'on peut dire que celui qui retourne correspond à Shmouel, qui a dit : "ses décrets furent renouvelés" aussi, on l'appelle nouveau. Il a donc tranché que la halakha ne suit pas Rabbi Yehouda, car il tient qu'on retourne. Chose semblable, exactement, a écrit le gaon Mahari Korkos zal dans Hilkhot Shemita ve-Yovel, loi 2, et voici ses mots : notre maître a tranché comme celui qui dit qu'il ne reçoit pas de coups, puisque l'on n'a pas conclu qui dit qu'il reçoit des coups et qui dit qu'il n'en reçoit pas, on ne frappe pas dans le doute. Fin de citation. De même ici, on dit que celui qui retourne correspond à Shmouel, qui a dit que "ses décrets furent renouvelés" est appelé nouveau, et selon lui, oui, on doit retourner, puisque nous n'avons pas besoin de nouveau au sens propre. Notre cas est plus fort : le Talmud mentionne Rav avant Shmouel, et place "l'un a dit : nouveau au sens propre" en tete. J'ai vu ensuite que le gaon Hida zal ('Hayim Shaal, partie 1, page 100, signe 3) a remarqué sur le gaon Mishne la-Melekh zal qu'il n'a pas rappelé que, dans la Tossefta, chapitre 7 de Sota, il est explicite que c'est une dispute du tanna kamma et de Rabbi Yehouda. Voir là-bas. Toutefois, moi le serviteur, une difficulté m'est venue. Selon celui qui dit que, même si ses décrets furent renouvelés, on l'appelle roi nouveau, pourquoi celui qui reprend sa divorcée ne retourne-t-il pas ? Parce qu'il est écrit (Devarim 24, 5) : "quand un homme prend une femme neuve". Celle-ci aussi serait appelée neuve, "car il a renouvelé ses kiddoushin (acquisition)", puisque la langue "nouveau" ne signifie pas nouveau au sens propre. Pour la loi "sa maison est tombée et il l'a reconstruite, il retourne" selon le tanna kamma, on n'objecte pas depuis celui qui reprend sa divorcée. Là, le renouvellement ne se voit pas dans le corps de la femme. Quand elle est tombée et qu'il l'a reconstruite, le renouvellement se voit dans la maison, comme l'a écrit le rav Hasdei David zal sur la Tossefta de Sota. Ici, il y a une forte difficulté : le renouvellement des décrets ne se voit pas dans le corps du roi, et on l'appelle pourtant roi nouveau. Il me semble, avec l'aide du Ciel : le nom "roi" n'est pas le nom de son essence et de son corps. C'est le nom de sa royauté, et sa royauté est ce qui produit tous ses décrets. À cause du renouvellement de ses décrets, on l'appelle roi nouveau, car le renouvellement se voit dans le corps de sa royauté, où il fait en acte des décrets nouveaux. Il en est de même pour la maison neuve : le nom "maison" se dit de la construction. Sans construction, on l'appelle un simple terrain. Puisqu'elle est tombée et qu'il l'a reconstruite, le renouvellement de la construction s'y voit. Chez celui qui reprend sa divorcée, le renouvellement ne se voit pas, même s'il fait de nouveaux kiddoushin.
💡 Explication

Shemot 1, 8. Nouveau au sens propre : un autre roi. Ses décrets furent renouvelés : le même roi, avec des gezerot nouvelles.

Le Ben Yehouada tire de là une nafka mina sur la maison neuve qui exempte de la guerre (Devarim 20) : reconstruction sur place, ou bâtiment vraiment nouveau.

9
מַאן דְּאָמַר חָדָשׁ מַמָּשׁ — דִּכְתִיב ״חָדָשׁ״, וּמַאן דְּאָמַר שֶׁנִּתְחַדְּשׁוּ גְּזֵירוֹתָיו — מִדְּלָא כְּתִיב ״וַיָּמָת וְיִמְלוֹךְ״.

Celui qui dit nouveau au sens propre : parce qu'il est écrit "nouveau". Et celui qui dit que ses décrets furent renouvelés : du fait qu'il n'est pas écrit "il mourut, et il régna".

📜 Rachi (1)
מִדְּלָא כְּתִיב וַיָּמָת זֶה וְיִמְלוֹךְ פְּלוֹנִי תַּחְתָּיו:
Du fait qu'il n'est pas écrit : celui-ci mourut, et untel régna à sa place.
💡 Explication

Preuve du sens propre : le verset dit 'hadach. Preuve de l'autre avis : pour les rois d'Edom, le texte écrit qu'un roi mourut et qu'un autre régna à sa place. Ici, cette formule manque. Rachi complète : "untel régna à sa place".

10
וּלְמַאן דְּאָמַר שֶׁנִּתְחַדְּשׁוּ גְּזֵירוֹתָיו, הָא כְתִיב ״אֲשֶׁר לֹא יָדַע אֶת יוֹסֵף״? מַאי ״אֲשֶׁר לֹא יָדַע אֶת יוֹסֵף״ — דַּהֲוָה דָּמֵי כְּמַאן דְּלָא יָדַע לֵיהּ לְיוֹסֵף כְּלָל.

Et selon celui qui dit que ses décrets furent renouvelés, voici qu'il est écrit "qui ne connaissait pas Yossef" ? Que signifie "qui ne connaissait pas Yossef" ?

Il se comportait comme quelqu'un qui ne connaissait pas du tout Yossef.

💡 Explication

Si c'est le même roi, comment "il ne connaissait pas Yossef" ? Réponse : il a agi comme quelqu'un qui ne le connaissait pas. Le verset décrit la conduite, pas une ignorance de fait.

11
(סִימָן: שְׁמוֹנֶה עֶשְׂרֵה וּשְׁנֵים עָשָׂר לָמַדְנוּ בְּדָוִד וַיִּבֶן.)

(Signe : dix-huit, et douze, nous avons appris, chez David, et il comprendra.)

💡 Explication

Siman, signe mnémonique des paroles qui suivent. Dix-huit jours, douze disciples, ce qui a été appris, David qui dévoile le traité, et le mot "il comprendra".

12
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: שְׁמוֹנָה עָשָׂר יָמִים גִּידַּלְתִּי אֵצֶל רַבִּי אוֹשַׁעְיָא בְּרִיבִּי וְלֹא לָמַדְתִּי מִמֶּנּוּ אֶלָּא דָּבָר אֶחָד בְּמִשְׁנָתֵינוּ: כֵּיצַד מְאַבְּרִין אֶת הֶעָרִים — בְּאֶלֶף.

Rabbi Yo'hanan a dit : dix-huit jours j'ai grandi chez Rabbi Ochaya Beribbi, et je n'ai appris de lui qu'une seule chose dans notre michna : comment étend-on les villes, "me'abberin", avec un alef.

📜 Rachi (1)
אוֹשַׁעְיָא בְּרִיבִי אָדָם גָּדוֹל בְּדוֹרוֹ וְכָל הֵיכִי דְּקָרֵי בְּרִיבִי הָכִי פֵּירוּשׁוֹ:
Ochaya Beribbi : un homme grand dans sa génération. Et partout où l'on dit Beribbi, tel est le sens.
🗂️ Tossefot (1)
לֹא לָמַדְתִּי מִמֶּנּוּ כּוּ' וְהָא דְאָמַר בְּפֶרֶק הַבָּא עַל יְבִמְתּוֹ (יְבָמוֹת דַּף נז.) בָּעֵי מִינֵּיהּ רַבִּי יוֹחָנָן מֵרַבִּי אוֹשַׁעְיָא פְּצוּעַ דַּכָּא כֹּהֵן כו' לֹא בְּאוֹתָן י"ח יָמִים הָיָה:
Je n'ai rien appris de lui, etc. Et ce qu'on dit au chapitre "celui qui vient sur sa yevama" (Yevamot 57a) : Rabbi Yo'hanan a demandé à Rabbi Ochaya au sujet d'un petsoua daka kohen, etc. Ce n'était pas pendant ces dix-huit jours.
💡 Explication

Beribbi : grand de sa génération, glose Rachi. En dix-huit jours, une seule halakha de notre michna : la lecture alef de me'abberin.

Tossefot : une autre question de Rabbi Yo'hanan à Rabbi Ochaya, sur le petsoua daka kohen, se place hors de ces dix-huit jours.

13
אֵינִי?! וְהָאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן שְׁנֵים עָשָׂר תַּלְמִידִים הָיוּ לוֹ לְרַבִּי אוֹשַׁעְיָא בְּרִיבִּי, וּשְׁמוֹנָה עָשָׂר יָמִים גִּידַּלְתִּי בֵּינֵיהֶן, וְלָמַדְתִּי לֵב כָּל אֶחָד וְאֶחָד, וְחָכְמַת כָּל אֶחָד וְאֶחָד?

Est-ce ainsi ?! Rabbi Yo'hanan n'a-t-il pas dit : Rabbi Ochaya Beribbi avait douze disciples, et dix-huit jours j'ai grandi parmi eux, et j'ai appris le cœur de chacun et la sagesse de chacun ?

📜 Rachi (2)
לֵב כָּל אֶחָד וְאֶחָד כַּמָּה הָיָה מְחֻודָּד כְּלוֹמַר בְּכֻולָּן הִכַּרְתִּי מָה חֲרִיפוּת יֵשׁ מִזֶּה לָזֶה:
Le cœur de chacun : combien il était aiguise. C'est-a-dire : en tous, j'ai reconnu quelle acuité il y a de l'un à l'autre.
וְחָכְמַת כָּל אֶחָד וְאֶחָד כַּמָּה זֶה חָכָם מִזֶּה וְכַמָּה לָמַד יוֹתֵר מִמֶּנּוּ:
Et la sagesse de chacun : combien celui-ci est plus sage que celui-là, et combien il a appris de plus que lui.
💡 Explication

Objection : les mêmes dix-huit jours, Rabbi Yo'hanan dit avoir saisi le lev de chaque disciple, son acuité, et sa 'hokhma, ce qu'il sait de plus que l'autre. Comment n'avoir appris qu'une chose ?

14
לֵב כָּל אֶחָד וְאֶחָד וְחָכְמַת כָּל אֶחָד וְאֶחָד גְּמַר, גְּמָרָא — לֹא גָּמַר. אִיבָּעֵית אֵימָא: מִנַּיְיהוּ דִּידְהוּ — גָּמַר, מִינֵּיהּ דִּידֵיהּ — לֹא גָּמַר. וְאִיבָּעֵית אֵימָא: דָּבָר אֶחָד בְּמִשְׁנָתֵינוּ קָאָמַר.

Le cœur de chacun et la sagesse de chacun, il les a acquis. La guemara, il ne l'a pas acquise.

Si tu veux, dis : d'eux, il a acquis ; de lui, il n'a pas acquis. Et si tu veux, dis : il parlait d'une seule chose dans notre michna.

📜 Rachi (1)
אִיבָּעֵית אֵימָא בְּמִשְׁנָתֵינוּ לֹא לָמַד אֶלָּא דָּבָר אֶחָד אֲבָל בָּרָיְיתוֹת וּגְמָרוֹת גָּמַר טוּבָא:
Si tu veux, dis : dans notre michna il n'a appris qu'une chose, mais des beraitot et des guemarot, il en a acquis beaucoup.
💡 Explication

Trois réponses. Il a acquis les personnes, pas la guemara transmise. Ou bien : il a acquis des disciples, pas de Rabbi Ochaya. Ou bien : "une seule chose" vise notre michna seulement.

Rachi lit la troisième réponse : hors de la michna, beraitot et guemarot, il en a pris beaucoup.

15
וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כְּשֶׁהָיִינוּ לוֹמְדִין תּוֹרָה אֵצֶל רַבִּי אוֹשַׁעְיָא, הָיִינוּ יוֹשְׁבִין אַרְבָּעָה אַרְבָּעָה בְּאַמָּה. אָמַר רַבִּי: כְּשֶׁהָיִינוּ לוֹמְדִין תּוֹרָה אֵצֶל רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן שַׁמּוּעַ, הָיִינוּ יוֹשְׁבִין שִׁשָּׁה שִׁשָּׁה בְּאַמָּה.

Et Rabbi Yo'hanan a dit : quand nous apprenions la Torah chez Rabbi Ochaya, nous etions assis quatre par quatre dans une coudée. Rabbi a dit : quand nous apprenions la Torah chez Rabbi Elazar ben Chamoua, nous etions assis six par six dans une coudée.

📜 Rachi (1)
שִׁשָּׁה בָּאַמָּה שֶׁהָיִינוּ מִתְקָרְבִין לִשְׁמֹועַ מִפִּיו וְדוֹחֲקִין זֶה אֶת זֶה:
Six dans une coudée : nous nous rapprochions pour entendre de sa bouche, et nous nous pressions les uns les autres.
🪔 Ben Yehoyada (1)
אָמַר רַבִּי: כְּשֶׁהָיִיתִי לוֹמֵד תּוֹרָה אֵצֶל רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן שַׁמּוּעַ, הָיִינוּ יוֹשְׁבִים שִׁשָּׁה שִׁשָּׁה בְּאַמָּה. י"ל לָמָּה אֵצֶל ר' אֶלְעָזָר בֶּן שַׁמּוּעַ זָכוּ לְנֵס יוֹתֵר מִן אֵצֶל רַבִּי אוֹשַׁעְיָה בְּרַבִּי שֶׁהָיוּ יוֹשְׁבִים אַרְבָּעָה בְּאַמָּה? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּאֶפְשָׁר דְּאֵצֶל רַבִּי אוֹשַׁעְיָה הָיוּ לוֹמְדִים בְּאַרְבָּעָה סְדָרִים דַּוְקָא, וּכְמוֹ שֶׁהָיָה בִּימֵי רַב יְהוּדָה שֶׁלֹּא הָיָה לָהֶם יְכֹולֶת לִלְמֹוד בְּשִׁשָּׁה, וְכֵן מָצִינוּ בְּרַבִּי אֶלְעָזָר שֶׁאָמַר לְאֵלִיָּהוּ זָכוּר לַטּוֹב כְּשֶׁאָמַר לוֹ לָא תָּנֵי מַר סֵדֶר טְהָרוֹת? וְהֵשִׁיב לוֹ בְּאַרְבַּע לָא מָצֵינָא בְּשִׁשָּׁה מָצֵינָא. וְלָכֵן הָיוּ יוֹשְׁבִים אַרְבַּע בְּאַמָּה בְּדֶרֶךְ נֵס בִּזְכוּת לִימּוּדָם בְּאַרְבָּעָה סְדָרִים, אַךְ אֵצֶל רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן שַׁמּוּעַ הָיוּ לוֹמְדִים בְּשִׁשָּׁה סְדָרִים כַּאֲשֶׁר הָיוּ לוֹמְדִים בִּימֵי רָבָא, וּלְכָךְ זָכוּ לְנֵס יוֹתֵר שֶׁהָיוּ יוֹשְׁבִים שִׁשָּׁה בְּאַמָּה דִּכְתִיב (הוֹשֵׁעַ י, יב) קָצְרוֹ לְפִי חֶסֶד.
Rabbi a dit : quand j'apprenais la Torah chez Rabbi Elazar ben Chamoua, nous etions assis six par six dans une coudée. On peut demander : pourquoi, chez Rabbi Elazar ben Chamoua, ont-ils mérité un plus grand miracle que chez Rabbi Ochaya Beribbi, où ils étaient assis quatre par coudée ? Il me semble, avec l'aide du Ciel : il est possible que chez Rabbi Ochaya ils n'apprenaient que quatre sedarim, comme aux jours de Rav Yehouda, où ils n'avaient pas la capacité d'apprendre en six. On trouve aussi Rabbi Elazar qui a dit à Eliyahou, de mémoire bénie, quand celui-ci lui a dit : le maître n'enseigne-t-il pas l'ordre des Taharot ? Il a répondu : en quatre je ne peux pas, en six je peux. Ils étaient donc assis quatre par coudée, par miracle, au mérite de leur étude en quatre sedarim. Chez Rabbi Elazar ben Chamoua, ils apprenaient en six sedarim, comme on apprenait aux jours de Rava. Ils ont donc mérite un plus grand miracle : ils étaient assis six par coudée, comme il est écrit (Hoshea 10, 12) : "moissonnez selon le hesed".
💡 Explication

La foule tient dans une ama (coudée) : quatre chez Rabbi Ochaya, six chez Rabbi Elazar ben Chamoua. Rachi : on se presse pour entendre.

Rabbi ici est Rabbi Yehouda ha-Nassi. Le Ben Yehouada rattache quatre et six au nombre de sedarim étudiés.

16
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: רַבִּי אוֹשַׁעְיָא בְּרִיבִּי בְּדוֹרוֹ כְּרַבִּי מֵאִיר בְּדוֹרוֹ, מָה רַבִּי מֵאִיר בְּדוֹרוֹ לֹא יָכְלוּ חֲבֵרָיו לַעֲמֹוד עַל סוֹף דַּעְתּוֹ — אַף רַבִּי אוֹשַׁעְיָא לֹא יָכְלוּ חֲבֵרָיו לַעֲמֹוד עַל סוֹף דַּעְתּוֹ.

Rabbi Yo'hanan a dit : Rabbi Ochaya Beribbi, dans sa génération, est comme Rabbi Meir dans sa génération. De même que Rabbi Meir, dans sa génération, ses collègues ne pouvaient pas atteindre le fond de sa pensée, de même Rabbi Ochaya, ses collègues ne pouvaient pas atteindre le fond de sa pensée.

📜 Rachi (1)
ר"מ לֹא עָמְדוּ חֲבֵירָיו עַל סוֹף דַּעְתּוֹ כִּדְאָמְרִינַן בְּפֶרֶק קַמָּא (דַּף יג:) שֶׁהָיָה אֹומַר עַל טָמֵא טָהוֹר וּמַרְאֶה פָּנִים:
Rabbi Meir, ses collègues n'ont pas atteint le fond de sa pensée : comme on dit au premier chapitre (13b), il disait sur l'impur : pur, et il montrait un visage.
💡 Explication

Sof daato : le fond de la pensée. Les collègues de Rabbi Meir ne l'atteignaient pas. Rabbi Ochaya est place au même rang dans son temps.

Rachi renvoie à Eruvin 13b : Rabbi Meir déclarait tahor ce qui est tame, et donnait un panim, une raison qui tient.

17
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: לִבָּן שֶׁל רִאשׁוֹנִים כְּפִתְחוֹ שֶׁל אוּלָם, וְשֶׁל אַחֲרוֹנִים כְּפִתְחוֹ שֶׁל הֵיכָל, וְאָנוּ — כִּמְלֹא נֶקֶב מַחַט סִידְקִית.

Rabbi Yo'hanan a dit : le cœur des premiers est comme l'ouverture de l'Oulam, et celui des derniers comme l'ouverture du Heikhal, et nous, comme le plein du trou d'une aiguille sidkit.

📜 Rachi (2)
פֶּתַח אוּלָם רָחְבּוֹ כ' וְשֶׁל הֵיכָל י':
Ouverture de l'Oulam : sa largeur est de vingt, et celle du Heikhal de dix.
סִדְקִית מַחַט שֶׁתּוֹפְרִין בָּהּ סִדְקֵי בְּגָדִים וְהוּא דַּק בְּיוֹתֵר:
Sidkit : une aiguille avec laquelle on coud les déchirures des vêtements, et elle est très fine.
🪔 Ben Yehoyada (1)
לִבָּן שֶׁל רִאשׁוֹנִים כְּפִתְחוֹ שֶׁל אוּלָם וְשֶׁל אַחֲרוֹנִים כְּפִתְחוֹ שֶׁל הֵיכָל. נִרְאֶה לִי בס"ד שֶׁפַע הַחָכְמָה יִשְׁתַּלְשֵׁל מִן אוֹת יוּ"ד דְּשֶׁמָּא קַדִּישָׁא שֶׁהִיא סוֹד חָכְמָה, וְהַיּוֹ"ד [20] בְּמִילּוּאָה מִסְפָּרָהּ עֶשְׂרִים, וְלָכֵן זָכוּ כְּפִתְחוֹ שֶׁל אוּלָם דְּרָחְבּוֹ עֶשְׂרִים. אַךְ הָאַחֲרוֹנִים נִתְמַעֲטוּ וְהָיוּ יוֹנְקִים מִן הַמִּילּוּי בִּלְבַד שֶׁהוּא מִסְפַּר עֶשֶׂר, לְכָךְ זָכוּ כְּפִתְחוֹ שֶׁל הֵיכָל דְּרָחְבּוֹ עֲשָׂרָה. וְעוֹד נִרְאֶה לִי בס"ד אוּלָם [77] עוֹלֶה מִסֵּפֶר עֹז [77] וְהַתּוֹרָה נִקְרֵאת עז דִּכְתִיב (תְּהִלִּים כט, יא) ה' עֹז לְעַמּוֹ יִתֵּן, לָכֵן הָרִאשׁוֹנִים שֶׁזָּכוּ לִשְׁלֵימוּת הַתּוֹרָה הָיוּ כְּפִתְחוֹ שֶׁל אוּלָם שֶׁהוּא מִסֵּפֶר עז. גַּם אוּלָם אוֹתִיּוֹת ' לוֹ אֵם ' סוֹד הַבִּינָה כְּמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר (מִשְׁלֵי ב, ג) כִּי אִם לַבִּינָה תִקְרָא, אַךְ הָאַחֲרוֹנִים נִתְמַעֲטוּ וְלֹא הָיָה לָהֶם עֹז שָׁלֵם, כִּי הָאַחֲרוֹנִים לִפְנֵי הָרִאשׁוֹנִים יֹאמְרוּ לָהֶם 'הָס' דְּהָרִאשׁוֹנִים מְשַׁתְּקִים אוֹתָם לְרֹוב חָכְמָתָם עֲלֵיהֶם, לְכָךְ הָיוּ כְּפִתְחוֹ שֶׁל הֵיכָל [65] שֶׁהוּא מִסְפַּר הַס [65] וְהַיְינוּ דִּכְתִיב (חֲבַקּוּק ב, כ) 'וַה' בְּהֵיכַל קָדְשׁוֹ הַס מִפָּנָיו כָּל הָאָרֶץ' פֵּירוּשׁ וָהּ' מַשְׁפִּיעַ בְּמִידַּת הֵיכַל קָדְשׁוֹ וְלֹא כְּפִתְחוֹ שֶׁל אוּלָם, יַעַן כִּי הַס מִפָּנָיו כָּל הָאָרֶץ וְדוֹק.
Le cœur des premiers est comme l'ouverture de l'Oulam, et celui des derniers comme l'ouverture du Heikhal. Il me semble, avec l'aide du Ciel : l'abondance de la sagesse se déroule depuis la lettre yod du Nom saint, qui est le sod de la 'hokhma. Le yod, dans son remplissage, a pour nombre vingt. Ils ont donc mérite comme l'ouverture de l'Oulam, dont la largeur est vingt. Les derniers ont diminué : ils ne tiraient que du remplissage, dont le nombre est dix. Ils ont donc mérite comme l'ouverture du Heikhal, dont la largeur est dix. Il me semble encore, avec l'aide du Ciel : oulam, en nombre 77, monte au nombre de oz, 77, et la Torah est appelée oz, comme il est écrit (Tehilim 29, 11) : "ה' donnera oz à Son peuple". Les premiers, qui ont mérité la plénitude de la Torah, étaient comme l'ouverture de l'Oulam, qui est le nombre oz. Oulam a aussi les lettres "lo em", sod de la bina, comme il est dit (Mishlei 2, 3) : "si tu appelles la bina". Les derniers ont diminué et n'avaient pas un oz entier. Les derniers, devant les premiers, leur disent "has" : les premiers les font taire, tant leur sagesse est au-dessus d'eux. Ils étaient donc comme l'ouverture du Heikhal, en nombre 65, qui est le nombre de has, 65. C'est ce qui est écrit (Havakouk 2, 20) : "et ה' est dans le Heikhal de Sa sainteté, has devant Lui, toute la terre". Explication : ה' influe dans la mida du Heikhal de Sa sainteté, là où l'ouverture de l'Oulam ne s'applique plus, puisque has devant Lui, toute la terre. Et précise.
💡 Explication

Trois mesures du lev. L'Oulam (vestibule) : ouverture de vingt amot. Le Heikhal (sanctuaire) : dix. Nous : le chas d'une aiguille sidkit, celle qui reprend une déchirure, donc très fine.

🖼️ Schéma
Le cœur, mesure par une ouverture Oulam Premiers largeur 20 amot Heikhal Derniers largeur 10 amot Nous trou d'aiguille sidkit Une lecture : Akiva, puis Elazar ben Chamoua. L'autre : Elazar, puis Ochaya.
Oulam, vingt amot. Heikhal, dix. Nous : le trou de l'aiguille sidkit.
18
רִאשׁוֹנִים — רַבִּי עֲקִיבָא, אַחֲרוֹנִים — רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן שַׁמּוּעַ. אִיכָּא דְאָמְרִי: רִאשׁוֹנִים — רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן שַׁמּוּעַ, אַחֲרוֹנִים — רַבִּי אוֹשַׁעְיָא בְּרִיבִי. וְאָנוּ כִּמְלֹא נֶקֶב מַחַט סִידְקִית.

Les premiers : Rabbi Akiva. Les derniers : Rabbi Elazar ben Chamoua.

Il y en a qui disent : les premiers, Rabbi Elazar ben Chamoua ; les derniers, Rabbi Ochaya Beribbi. Et nous, comme le plein du trou d'une aiguille sidkit.

💡 Explication

Deux identifications. Première : Akiva, puis son élève Elazar ben Chamoua. Seconde : Elazar ben Chamoua, puis Ochaya Beribbi. Dans les deux, "nous" restons au trou de l'aiguille.

19
אָמַר אַבַּיֵּי: וַאֲנַן, כִּי סִיכְּתָא בְּגֻודָּא לִגְמָרָא. אָמַר רָבָא: וַאֲנַן, כִּי אֶצְבַּעְתָּא בְּקִירָא לִסְבָרָא. אָמַר רַב אַשִּׁי: אֲנַן, כִּי אֶצְבַּעְתָּא בְּבֵירָא לְשִׁכְחָה.

Abaye a dit : et nous, comme un piquet dans le mur, pour la guemara. Rava a dit : et nous, comme un doigt dans la cire, pour le sevara.

Rav Ashi a dit : nous, comme un doigt dans le puits, pour l'oubli.

📜 Rachi (3)
כְּסִיכְּתָא בְּגֻודָּא לַגְּמָרָא כְּיָתֵד שֶׁנּוֹעֲצִין אוֹתוֹ בַּכֹּותֶל בְּנֶקֶב צַר וְנִכְנָס בְּדֹוחַק כָּךְ אֵין יְכוֹלִין אָנוּ לְהָבִין מַה שֶׁאָנוּ שׁוֹמְעִין כִּי אִם מְעַט וּבְקֹושִׁי:
Comme un piquet dans le mur, pour la guemara : comme un piquet qu'on enfonce dans le mur par un trou etroit, et qui entre en forcant. Ainsi, nous ne pouvons comprendre ce que nous entendons que peu, et avec peine.
כְּאֶצְבַּע בְּקִירָא בְּשַׁעֲוָה קָשֶׁה שֶׁאֵין הָאֶצְבַּע יָכוֹל לִיכָּנֵס בְּתוֹכָהּ אֶלָּא מְדַבֵּק מְעַט:
Comme un doigt dans la cire : dans une cire dure, où le doigt ne peut entrer, il ne fait que coller un peu.
כְּאֶצְבַּע בַּבִּירָה לְשִׁכְחָה כְּשֵׁם שֶׁהָאֶצְבַּע נוֹחַ לִיכָּנֵס בְּפִי הַבּוֹר כָּךְ אָנוּ מְהִירִין לִשְׁכֹּוחַ:
Comme un doigt dans le puits, pour l'oubli : de même que le doigt entre aisément à l'ouverture du puits, ainsi nous sommes prompts a oublier.
🗂️ Tossefot (1)
כִּי אֶצְבְּעָתָא בְּבִירָא לְשִׁכְחָא ור"ח גָּרַס בְּבִיזְרֵי פֵּירֵשׁ כְּשׁוֹקֵעַ אֶצְבָּעוֹ בְּזֵרְעוֹנִים כְּמוֹ בְּחַרְדָּל וְכַיּוֹצֵא בּוֹ נִרְאֶה כְּמוֹ גֻּומָּא וּכְשֶׁמֵּסִיר אֶצְבָּעוֹ חוֹזֶרֶת וּמִתְמַלֵּאת הַגֻּומָּא מִיָּד כָּךְ אָנוּ כְּשֶׁאָנוּ מְסַייְּמִין הַמַּסֶּכְתָּא וּמַתְחִילִין הָאַחֶרֶת מִיָּד שׁוֹכְחִין הָרִאשׁוֹנָה:
Comme un doigt dans le puits, pour l'oubli. Et Rabbeinou Hananel a la version "be-bizrei". Il explique : comme celui qui enfonce son doigt dans des graines, comme la moutarde et ce qui y ressemble. Cela paraît comme un creux, et quand il retire son doigt le creux se remplit aussitot. Ainsi nous, quand nous achevons le traité et commençons l'autre, nous oublions aussitot le premier.
💡 Explication

Trois images du déclin. Sikhata be-guda : le piquet entre de force, c'est la guemara. Doigt dans la cire (kira) : le sevara ne s'enfonce pas, il colle à peine. Doigt dans le puits (bira) : l'oubli entre sans peine.

Tossefot cite la leçon de Rabbeinou Hananel, be-bizrei : le doigt dans les graines. Le creux se referme des qu'on passe au traité suivant.

🖼️ Schéma
Abaye, Rava, Rav Ashi : où l'étude peine Abaye Piquet dans le mur pour la guemara. Cela entre en forcant. Rava Doigt dans la cire pour le sevara. Cela colle à peine, peu en ressort. Rav Ashi Doigt dans le puits pour l'oubli. Cela entre tout de suite.
Guemara : piquet force. Sevara : doigt dans la cire. Oubli : doigt dans le puits.
20
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: בְּנֵי יְהוּדָה שֶׁהִקְפִּידוּ עַל לְשׁוֹנָם, נִתְקַיְּימָה תּוֹרָתָם בְּיָדָם. בְּנֵי גָּלִיל שֶׁלֹּא הִקְפִּידוּ עַל לְשׁוֹנָם, לֹא נִתְקַיְּימָה תּוֹרָתָם בְּיָדָם.

Rav Yehouda a dit que Rav a dit : les gens de Yehuda, qui étaient exigeants sur leur langue, leur Torah s'est maintenue dans leur main. Les gens de Galil, qui n'étaient pas exigeants sur leur langue, leur Torah ne s'est pas maintenue dans leur main.

📜 Rachi (1)
שֶׁהִקְפִּידוּ עַל לְשׁוֹנָם לְדַבֵּר בְּלָשׁוֹן צַח וְלֹא בְּלָשׁוֹן מְגֻונֶּה כִּדְאָמְרִינַן לְקַמָּן בִּבְנֵי גָּלִיל:
Qui étaient exigeants sur leur langue : pour parler dans une langue claire, et non dans une langue grossière, comme on le dit plus loin au sujet des gens de Galil.
💡 Explication

Kapida sur la langue : choisir une langue nette. Rachi renvoie aux exemples des Galiléens, plus loin sur la page suivante. La Torah tient dans la main de ceux qui parlent ainsi.

21
מִידִי בִּקְפִידָא תַּלְיָא מִילְּתָא? אֶלָּא: בְּנֵי יְהוּדָה דְּדָיְיקִי לִישָּׁנָא, וּמִתַּנְחִי לְהוּ סִימָנָא, נִתְקַייְּמָה תּוֹרָתָן בְּיָדָן. בְּנֵי גָּלִיל דְּלָא דָּיְיקִי לִישָּׁנָא, וְלָא מַתְנְחִי לְהוּ סִימָנָא, לֹא נִתְקַיְּימָה תּוֹרָתָן בְּיָדָם.

La chose dépend-elle donc de l'exigence ? Plutôt : les gens de Yehuda, qui précisent la langue et pour qui l'on pose un siman, leur Torah s'est maintenue dans leur main.

Les gens de Galil, qui ne précisent pas la langue et pour qui l'on ne pose pas de siman, leur Torah ne s'est pas maintenue dans leur main.

📜 Rachi (2)
דְּדָייְקִי לִישָּׁנָא לְחַזֵּר בְּאוֹתוֹ לָשׁוֹן שֶׁהָיוּ שׁוֹמְעִין מֵרַבָּן וע"י שֶׁהָיוּ שׁוֹמְעִין ע"פ שְׁמוּעָה אַחַר שְׁמוּעָה הָיוּ נוֹתְנִין בָּהֶן סִימָן זוֹ אַחַר זוֹ וּמִתּוֹךְ כָּךְ שֶׁהָיוּ מְדַקְדְּקִים בַּלָּשׁוֹן יוֹדְעִין לְהַנִּיחַ סִימָנִין נָאִין וְאֵינָן מִשְׁתַּכְּחִין מֵהֶן:
Qui précisent la langue : pour répéter dans la langue même qu'ils entendaient de leur maître. Et du fait qu'ils entendaient tradition après tradition, ils y plaçaient un signe, l'une après l'autre. Et parce qu'ils étaient précis dans la langue, ils savaient poser de beaux signes, et ceux-ci ne s'oublient pas d'eux.
וּמִתַּנְחִי וּמַנִּיחִין סִימָנִין:
Et l'on pose : et l'on place des signes.
💡 Explication

La Guemara refuse de faire dépendre la mémoire de la seule kapida. Le motif qui reste : dayek lashon, reprendre les mots du maître tels quels, et siman, le signe pose d'une tradition a la suivante.

22
בְּנֵי יְהוּדָה גְּמַרוּ מֵחַד רַבָּה, נִתְקַייְּמָה תּוֹרָתָן בְּיָדָם. בְּנֵי גָלִיל דְּלָא גָּמְרִי מֵחַד רַבָּה, לֹא נִתְקַיְּימָה תּוֹרָתָן בְּיָדָם.

Les gens de Yehuda apprenaient d'un seul maître : leur Torah s'est maintenue dans leur main. Les gens de Galil, qui n'apprenaient pas d'un seul maître : leur Torah ne s'est pas maintenue dans leur main.

📜 Rachi (1)
לָא גָּמְרִי מֵחַד רַבָּה וְהָיוּ שׁוֹמְעִין מִזֶּה בְּלָשׁוֹן זֶה וּמִזֶּה בְּלָשׁוֹן אַחֵר אע"פ שֶׁשְּׁנֵיהֶם אֶחָד שִׁינּוּי לָשׁוֹן מְבַלְבְּלָן וּמְשַׁכְּחָן:
Ils n'apprenaient pas d'un seul maître : ils entendaient de celui-ci dans telle langue et de celui-là dans une autre langue. Bien que les deux disent la même chose, le changement de langue les embrouille et les fait oublier.
🗂️ Tossefot (1)
דְּגָמְרִי מֵחַד רַבָּה לַגְּמָרָא רַב אֶחָד עָדִיף שֶׁלֹּא יְבַלְבֵּל לְשׁוֹנָם יַחַד אֲבָל לְמִיסְבַּר אָמְרִינַן בְּפ"ק דע"ז (דַּף יט.) כָּל הַלּוֹמֵד תּוֹרָה לִפְנֵי רַב אֶחָד אֵינוֹ רוֹאֶה סִימַן בְּרָכָה לְעוֹלָם:
Qui apprenaient d'un seul maître. Pour la guemara, un seul maître est preferable, afin qu'il n'embrouille pas leur langue ensemble. Pour le sevara, on dit au premier chapitre d'Avoda Zara (19a) : quiconque apprend la Torah devant un seul maître ne voit jamais un signe de bénédiction.
💡 Explication

Deuxieme motif, sans nom d'amora : un seul rav. Rachi : deux formulations d'une même idée mélangent et font oublier.

Tossefot limite : cela vaut pour la guemara. Pour le sevara, Avoda Zara 19a dit qu'un seul maître ne laisse pas de siman berakha.

23
רָבִינָא אָמַר: בְּנֵי יְהוּדָה דְּגַלּוֹ מַסֶּכְתָּא, נִתְקַייְּמָה תּוֹרָתָן בְּיָדָם. בְּנֵי גָּלִיל דְּלָא גַּלּוֹ מַסֶּכְתָּא, לֹא נִתְקַיְּימָה תּוֹרָתָן בְּיָדָם.

Ravina a dit : les gens de Yehuda, qui dévoilaient le traité, leur Torah s'est maintenue dans leur main. Les gens de Galil, qui ne dévoilaient pas le traité, leur Torah ne s'est pas maintenue dans leur main.

📜 Rachi (1)
דִּגְלוֹ מַסֶּכְתָּא לָמְדוּ לַאֲחֵרִים כָּךְ שָׁמַעְתִּי. ל"א מְפָרְשִׁין שְׁמוּעוֹתֵיהֶן וּמְדַקְדְּקִים בְּטַעְמוֹ שֶׁל דָּבָר עַד שֶׁמִּתְיַישֵּׁב בְּלִבָּן:
Qui dévoilaient le traité : ils enseignaient à d'autres. Ainsi ai-je entendu. Une autre lecture : ils expliquent leurs traditions et précisent la raison de la chose, jusqu'à ce qu'elle se pose dans leur cœur.
💡 Explication

Gallei masekhta : dévoiler le traité. Rachi a deux lectures. Ils l'enseignent à d'autres. Ou ils dégagent le taam jusqu'à ce que la chose tienne dans le cœur.

24
דָּוִד גַּלִּי מַסֶּכְתָּא, שָׁאוּל לָא גַּלִּי מַסֶּכְתָּא. דָּוִד דְּגַלִּי מַסֶּכְתָּא, כְּתִיב בֵּיהּ: ״יְרֵאֶיךָ יִרְאוּנִי וְיִשְׂמְחוּ״. שָׁאוּל דְּלָא גַּלִּי מַסֶּכְתָּא, כְּתִיב בֵּיהּ: ״(אֶל כָּל) אֲשֶׁר יִפְנֶה

David dévoilait le traité, Shaoul ne dévoilait pas le traité. David, qui dévoilait le traité, il est écrit à son sujet : "ceux qui Te craignent me verront et se réjouiront".

Shaoul, qui ne dévoilait pas le traité, il est écrit à son sujet : "(vers tout) où il se tournait".

📜 Rachi (2)
יַרְאוּנִי וְיִשְׂמְחוּ לְפִי שֶׁשְּׁמוּעוֹתָיו מְכֻוָּונוֹת לְאִיסּוּר אִיסּוּר וּלְהֶיתֵּר הֶיתֵּר:
Ils me verront et se réjouiront : parce que ses traditions sont ajustées, pour l'interdit un interdit, et pour le permis un permis.
דָּוִד דְּגַלִּי מַסֶּכְתָּא כִּדְאָמַר בִּבְרָכוֹת (דַּף ד.) שֶׁהָיָה יָגֵעַ בַּתּוֹרָה וּמוֹרֶה הוֹרָאוֹת כִּדְאָמַר יָדַי מְלֻוכְלָכוֹת בְּדָם וְשַׁפִּיר וְשֶׁיַּלַּיָּא וְאוֹמֵר מְפִיבֹושֶׁת רַבִּי יָפֶה דַּנְתִּי יָפֶה זָכִיתִי כּוּ' וְאָמְרִינַן נָמֵי בְּמוֹעֵד קָטָן (דַּף טז.) עֲדִינוֹ הָעֶצְנִי יֹושֵׁב בְּשֶׁבֶת תַּחְכְּמוֹנִי זֶה דָּוִד כו':
David, qui dévoilait le traité : comme on dit dans Berakhot (4a), il peinait dans la Torah et rendait des decisions, comme on dit : mes mains sont souillées de sang, de placenta et d'arrière-faix, et il dit : Mefiboshet mon maître, j'ai bien jugé, j'ai bien acquitté, etc. Et on dit aussi dans Moed Katan (16a) : Adino ha-Etsni, qui siège au conseil, Tahkemoni, c'est David, etc.
🪔 Ben Yehoyada (1)
דָּוִד דְּגַלִּי מַסֶּכְתָּא, כְּתִיב בֵּיהּ: (תְּהִלִּים קיט, עַד) "יְרֵאֶיךָ יִרְאוּנִי וְיִשְׂמְחוּ". נִרְאֶה לִי בס"ד הַטַּעַם שֶׁיִּשְׂמְחוּ, כִּי חָכָם שֶׁאֵינוֹ מְכַוֵּין לַהֲלָכָה הִנֵּה הוּא נִכְשָׁל בְּדִבְרֵי תּוֹרָה, וְאָז הַחֲכָמִים הַיּוֹשְׁבִים בְּבֵית הַמִּדְרָשׁ מֻוכְרָחִים לְהָשִׁיב עַל דְּבָרָיו וּלְבָרֵר לוֹ מִכְשׁוֹלוֹ, וְאָז מֻוכְרָח שֶׁיִּתְבַּייֵּשׁ, וְהֵם מִצְטַעֲרִים עַל אֲשֶׁר הוּא מִתְבַּייֵּשׁ עַל יָדָם, מַה שֶׁאֵין כֵּן אִם הוּא תָּמִיד מְכַווֵּן לַהֲלָכָה וְאֵינוֹ נִכְשָׁל כְּלָל לֹא יָבֹא לִידֵי בִּיּוּשׁ עַל יְדֵי הַחֲכָמִים, וּלְכָךְ הֵם שְׂמֵחִים שֶׁאֵינוֹ מִתְבַּייֵּשׁ עַל יָדָם. וְהִנֵּה רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל אָמְרוּ בַּמִּדְרָשׁ פָּרָשַׁת אַחֲרֵי ד' כָּל הָרוֹאֶה אֶת דָּוִד הָיָה זוֹכֵר תַּלְמוּדוֹ ' לְכָךְ אָמַר יְרֵאֶיךָ יַרְאוּנִי וְיִשְׂמְחוּ. וְנִרְאֶה לִי בס"ד הַטַּעַם שֶׁכָּל דָּבָר שֶׁנַּעֲשָׂה בּוֹ נֵס יִהְיֶה בְּגוּפוֹ שֶׁל אוֹתוֹ דָּבָר רֹושֶׁם הַשְׁרָאַת שְׁכִינָה בִּתְמִידוּת. וְהִנֵּה בְּגוּפוֹ שֶׁל דָּוִד הַמֶּלֶךְ ע"ה נַעֲשָׂה נֵס שְׁלֹשָׁה פְּעָמִים. הָא' כְּשֶׁנּוֹלַד הָיָה גּוּפוֹ נָפַל וְחָיָה בְּנֵס, וְהַב' כְּשֶׁהָלַךְ לְהַכּוֹת אֶת גַּלִּית, הִלְבִּישׁוֹ שָׁאוּל הַמֶּלֶךְ ע"ה אֶת בְּגָדָיו וְעָלוּ לוֹ כַּשִּׁיעוּר בְּדֶרֶךְ נֵס, כִּי שָׁאוּל הַמֶּלֶךְ ע"ה הָיָה אָרֹוךְ הַרְבֵּה יוֹתֵר מִגּוּפוֹ שֶׁל דָּוִד הַמֶּלֶךְ ע"ה וּכְמוֹ שֶׁאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל, וְהַג' כְּשֶׁלָּבַשׁ עֲטֶרֶת מַלְכָּם הָיְתָה הוֹלַמְתּוֹ בְּנֵס. וְכֵיוָן שֶׁנַּעֲשׂוּ ג' פְּעָמִים נִסִּים בְּגוּפוֹ קָלַט גּוּפוֹ רֹושֶׁם הַשְׁרָאַת שְׁכִינָה בִּתְמִידוּת, לְכָךְ כָּל רוֹאֵהוּ זוֹכֵר תַּלְמוּדוֹ, כִּי רֹושֶׁם הַשְׁרָאַת שְׁכִינָה שֶׁבְּגוּפוֹ דּוֹחֶה כֹּחַ הַשִּׁכְחָה מִכָּל אָדָם אֲשֶׁר יִסְתַּכֵּל בּוֹ. וְהָא דְּנָקְטִי רַבָּנָן לָשׁוֹן זֶה 'דְּגַלִּי מַסֶּכְתָּא' נִרְאֶה לִי בס"ד כִּי מַסֶּכְתָּא אוֹתִיּוֹת ' אֶת מָסָךְ ' כִּי חֻולְשַׁת הַהַשָּׂגָה וְתִגְבֹּורֶת הַשִּׁכְחָה בָּאָה לָאָדָם מִצַּד מָסָךְ הַחוֹפֵף עָלָיו מִזֻּוהֲמַת הַנָּחָשׁ, וְדָוִד הַמֶּלֶךְ ע"ה בְּצִדְקָתוֹ הָיָה מְגַלֶּה אֶת מָסָךְ זֶה מֵעָלָיו, וְלָכֵן הָיָה מְכַוֵּין לַהֲלָכָה בְּרוּרָה וְלֹא הָיָה שׁוֹלֵט בּוֹ כֹּחַ שִׁכְחָה. וְנִרְאֶה לִי תּוֹרָה שֶׁבְּעַל פֶּה שֶׁהִיא הַנִּקְרֵאת מַסֶּכְתָּא כִּשְׁמוֹ שֶׁל דָּוִד הַמֶּלֶךְ ע"ה שֶׁיֵּשׁ בּוֹ שְׁנֵי דָּלֶתִין שֶׁהֵם אַרְבַּע וְאַרְבַּע כְּנֶגֶד ח' דַּרְגִין שֶׁיֵּשׁ בַּתּוֹרָה שֶׁבְּעַל פֶּה, שֶׁהֵם כָּשֵׁר פָּסוּל, טָמֵא וְטָהוֹר, חַיָּיב וְזַכַּאי, אָסוּר וּמֻותָּר, שֶׁהֵם אַרְבַּע וְאַרְבַּע וְאוֹת וָא"ו בֵּנְתַיִם רוֹמֵז לְשִׁשָּׁה סְדָרִים שֶׁל תּוֹרָה שֶׁבְּעַל פֶּה וְלָכֵן הָיָה מְגַלֵּי מַסֶּכְתָּא הָרְמוּזָה בִּשְׁמוֹ הַטּוֹב.
David, qui dévoilait le traité, il est écrit à son sujet (Tehilim 119, 74) : "ceux qui Te craignent me verront et se réjouiront". Il me semble, avec l'aide du Ciel, la raison de leur joie. Un sage qui ne vise pas la halakha trébuchera dans les paroles de Torah. Alors les sages assis dans la maison d'étude doivent répondre à ses paroles et lui clarifier son trébucher, et il devra avoir honte. Eux sont peines de ce qu'il a honte par eux. S'il vise toujours la halakha et ne trébuchera pas, il n'en viendra pas à la honte par les sages. Ils se réjouissent donc de ce qu'il n'a pas honte par eux. Nos maîtres ont dit dans le midrach, paracha Aharei, 4 : quiconque voyait David se rappelait son étude. C'est pourquoi il a dit : ceux qui Te craignent me verront et se réjouiront. Il me semble, avec l'aide du Ciel, la raison : toute chose en laquelle un miracle a été fait porte dans son corps une trace durable de la hashraat ha-Chekhina (residence de la Presence). Dans le corps du roi David, paix sur lui, un miracle a été fait trois fois. La première : quand il est ne, son corps était un nefel (enfant sans viabilite) et il a vécu par miracle. La deuxième : quand il est alle frapper Goliat, le roi Shaoul, paix sur lui, lui a fait revêtir ses vêtements, et ils lui sont allés à sa mesure par miracle, car le roi Shaoul, paix sur lui, était beaucoup plus long que le corps du roi David, paix sur lui, comme l'ont dit nos maîtres. La troisième : quand il a porté la couronne de leur roi, elle lui allait par miracle. Puisque des miracles ont été faits trois fois dans son corps, son corps a capté une trace durable de la hashraat ha-Chekhina. Quiconque le voit se rappelle donc son étude, car la trace de la hashraat ha-Chekhina qui est dans son corps repousse la force de l'oubli de tout homme qui le regarde. Ce que nos maîtres ont pris cette langue, "qui dévoilait la masekhta", il me semble, avec l'aide du Ciel : masekhta a les lettres "et masakh", car la faiblesse de la saisie et la force de l'oubli viennent à l'homme du côté du masakh (écran) qui le recouvre, issu de la souillure du serpent. Le roi David, paix sur lui, par sa justice, dévoilait cet écran de dessus lui. Il visait donc une halakha claire, et la force de l'oubli ne le dominait pas. Il me semble : la Torah orale, qui est appelée masekhta, est comme le nom du roi David, paix sur lui, où il y a deux dalet, qui sont quatre et quatre, en face des huit degrés qu'il y a dans la Torah orale : kasher et passoul, tame et tahor, hayav et zakaï, assour et moutar, qui sont quatre et quatre. La lettre vav au milieu fait allusion aux six sedarim de la Torah orale. Il dévoilait donc la masekhta allusionnée dans son nom bon.
💡 Explication

David dévoile : Tehilim 119, 74, ceux qui craignent Hachem le voient et se réjouissent. Rachi : ses shemouot tombent juste, issour comme issour, heter comme heter.

Shaoul ne dévoile pas. Le verset cite, "où il se tournait", est coupé à la fin de l'amud. Rachi renvoie à Berakhot 4a, les decisions de David sur le sang et les enveloppes, et à Moed Katan 16a, David assis a enseigner.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).