Berakhot 46b — Hatov vehametiv chez l'endeuillé, le point de retour après l'interruption du zimmun, et les usages du repas : disposition des lits, premières et dernières eaux, préséance

Berakhot 46b

Sougya : La première moitié du daf achève la démonstration ouverte au verso : hatov vehametiv relève d'une institution rabbinique. Deux arguments la ferment.

Le premier tient à la forme des bénédictions : elle ouvre par barouh alors qu'elle suit bone Yerouchalayim, donc elle ne se rattache pas au corps du birkat hamazon. Le second est de Rav Nahman bar Yits'hak : on la supprime dans la maison de l'endeuillé, ce qu'une obligation toranique ne permettrait pas.

La Guemara corrige la baraita citée, puis rapporte la formule que Mar Zoutra prononça chez Rav Achi, qui joint la bénédiction du bien à l'acceptation du jugement. Vient ensuite le point laissé en suspens : celui qui a interrompu son repas pour permettre le zimmun, à quel endroit reprend-il sa bénédiction ?

La halakha tranche pour le lieu de l'interruption. La seconde moitié quitte la halakha du birkat hamazon pour les usages de la table.

Le Reich Galouta oppose à Rav Chechet la science des Perses en matière de repas : ordre des lits selon que les convives sont deux ou trois, ordre du lavage avant et après le repas. Rav Chechet répond par une baraita qui corrige l'usage perse sur un point et qui rattache la préséance du lavage final à la désignation de celui qui bénira.

Le daf s'achève sur le récit de Rav tremblant devant Rabbi, puis sur la baraita des lieux où l'on ne cède pas le pas.

Les deux moitiés du daf A. Hatov vehametiv est-elle d'ordre toranique ? Elle ouvre par barouh bien qu'elle suive bone Yerouchalayim Rav Nahman bar Yits'hak on la supprime dans la maison de l'endeuillé Correction de la baraita puis formule de Mar Zoutra chez Rav Achi Conclusion institution rabbinique B. Le repas : ordre des places et ordre du lavage Lehekhan hozer : le point de reprise après l'interruption halakha : lieu de l'arrêt Disposition des lits deux lits, trois lits usage perse contre baraita Mayim rishonim : on part du plus grand Mayim aharonim : voir le schéma du lavage final Qui bénit et où l'on cède le pas à autrui Rav devant Rabbi
Le daf se lit en deux temps : la fin de la démonstration sur hatov vehametiv, puis les usages de la table.
La disposition des lits : usage perse et baraita Le convive est étendu sur le côté gauche ; le haut du schéma est le côté de sa tête (lemaala), le bas le côté de ses pieds (lemata). Deux lits Usage perse 2e (lemaala) Le plus grand Pour lui parler, le grand doit se redresser. Baraita Le plus grand 2e (lemata) Le grand lui parle sans quitter sa position. Trois lits Usage perse et baraita se rejoignent 2e (lemaala) Le plus grand 3e (lemata) Le grand parle avec le troisième sans se redresser. Le seul point de divergence porte sur le cas de deux lits Objection de Rav Chechet : placé au-dessus, le second oblige le plus grand à se redresser pour lui parler. Réponse du Reich Galouta : les Perses se font signe de la main (bemahog), donc la parole n'exige pas de se redresser. Rachi sur la baraita à trois : mieux vaut que le grand se redresse plutôt que d'abaisser le second sous un plus petit que lui.
Ordre des lits selon le Reich Galouta et selon la baraita de Rav Chechet ; la divergence ne porte que sur le cas de deux lits.
Les dernières eaux : par qui commence-t-on, et qui bénit ? Jusqu'à cinq convives 1 2 3 4 5 le plus grand On commence par le plus grand : la table lui est reprise aussitôt, et il n'attend pas les autres. Il se lave le premier, donc il bénit. Au-delà de cinq (la baraita dit cent) 1 2 3 4 5 . . . . . . . . . . 99 100 le plus petit 1er temps : du plus petit vers le cinquième 2e temps : on reprend par le plus grand Motif donné par Rachi : il serait déshonorant d'ôter la table du grand et de le laisser attendre desœuvre. Règle commune : la bénédiction revient à l'endroit où reviennent les dernières eaux — celui qui se lave le premier parmi les cinq derniers bénit.
Le lavage des dernières eaux et la désignation de celui qui récite le birkat hamazon.
1
וְיֵשׁ מֵהֶן שֶׁחוֹתֵם בָּהֶן בְּ״בָּרוּךְ״ וְאֵין פּוֹתֵחַ בְּ״בָּרוּךְ״. וְ״הַטּוֹב וְהַמֵּטִיב״ פּוֹתֵחַ בְּ״בָּרוּךְ״ וְאֵין חוֹתֵם בְּ״בָּרוּךְ״. מִכְּלָל דִּבְרָכָה בִּפְנֵי עַצְמָהּ הִיא.

Et il en est parmi elles que l'on conclut par « barouh » sans les ouvrir par « barouh ». Or hatov vehametiv s'ouvre par « barouh » et ne se conclut pas par « barouh ».

On en déduit qu'elle constitue une bénédiction à part entière.

📜 Rachi (2)
וְיֵשׁ מֵהֶם חוֹתָם וְלֹא פּוֹתֵחַ כְּגוֹן בְּרָכָה הַסְּמוּכָה לַחֲבֶרְתָּהּ שֶׁהֲרֵי כְּבָר פָּתַח בִּבְרָכָה רִאשׁוֹנָה וּבְרָכָה אַחֲרוֹנָה שֶׁבִּקְרִיאַת שְׁמַע אֱמֶת וְיַצִּיב אֱמֶת וֶאֱמוּנָה שאע"פ שק"ש מַפְסִיק בֵּינְתַיִם אַבְּרָכוֹת דִּלְפָנֶיהָ סְמוּכָה וְהָוְיָא לָהּ סְמוּכָה לַחֲבֶרְתָּהּ:
Par exemple une bénédiction juxtaposée à celle qui la précède, puisqu'il a déjà ouvert par la première bénédiction ; ainsi la dernière bénédiction du Chema, émet veyatsiv et émet veemouna : bien que le Chema s'interpose entre elles, elle se rattache aux bénédictions qui le précèdent et se trouve donc juxtaposée à sa compagne.
הַטּוֹב וְהַמֵּטִיב וְכוּ' דְּלָאו סְמוּכָה לַחֲבֶרְתָּהּ הִיא שֶׁאֵינָהּ מְבָרֶכֶת הַמָּזוֹן אֶלָּא עַל קְבוּרַת הֲרוּגֵי בֵּיתָר תִּקְּנוּהָ:
Elle n'est pas juxtaposée à sa compagne, car elle ne fait pas partie du birkat hamazon : on l'a instituée lors de la mise en terre des tués de Beitar.
🗂️ Tossefot (1)
וְהַטּוֹב וְהַמֵּטִיב וא"ת וְאַמַּאי פּוֹתַחַת בְּבָרוּךְ וַהֲלֹא סְמוּכָה לַחֲבֶרְתָּהּ הִיא וְיֵשׁ לוֹמַר דְּנִתְקְנָה בִּפְנֵי עַצְמָהּ (הִיא) בִּשְׁבִיל הֲרוּגֵי בֵּיתָר וא"ת אַמַּאי אֵינָהּ חוֹתֶמֶת בְּבָרוּךְ וְי"ל מִשּׁוּם דִּקְצָרָה הִיא רַק שֶׁתִּקְּנוּ לְאַחַר כָּךְ שָׁלֹשׁ מַלְכֻיוֹת וְשָׁלֹשׁ גְּמוּלוֹת וְשָׁלֹשׁ הֲטָבוֹת וְנֶאֱמָן אַתָּה שֶׁל בִּרְכַּת הַהַפְטָרָה הוּא מִן הַבְּרָכָה הָעֶלְיוֹנָה וּלְכָךְ הוּא נִכְתַּב גָּדוֹל שֶׁבַּיָּמִים הָרִאשׁוֹנִים הָיוּ רְגִילִין לַעֲמֹוד כָּל הַקָּהָל וְלוֹמַר בְּקוֹל רָם נֶאֱמָן אַתָּה וְכוּ' כְּשֶׁהָיָה הַתִּינוֹק מַגִּיעַ שָׁם:
Si tu demandes : pourquoi s'ouvre-t-elle par barouh, alors qu'elle est juxtaposée à sa compagne ? On peut répondre qu'elle a été instituée pour elle-même, à cause des tués de Beitar. Et si tu demandes : pourquoi ne se conclut-elle pas par barouh ? On peut répondre qu'elle est courte, et que l'on y a institué par la suite seulement les trois mentions de royauté, les trois de rétribution et les trois de bienfaits. Quant à neeman ata de la bénédiction de la haftara, il appartient à la bénédiction qui le précède, et c'est pourquoi il est écrit en grands caractères : aux temps anciens, toute l'assemblée avait coutume de se lever et de dire à voix haute neeman ata, etc., lorsque l'enfant y parvenait.
💡 Explication

Fin de la baraita citée au verso. La règle de forme est la suivante : une berakha hasmoukha lahaverta, bénédiction juxtaposée à celle qui la précède, prolonge la précédente et n'ouvre donc pas par barouh ; elle se contente d'une clôture par barouh. Rachi en donne l'exemple d'émet veyatsiv, qui se rattache aux bénédictions d'avant le Chema malgré le Chema lui-même.

L'argument porte sur hatov vehametiv, qui suit bone Yerouchalayim et devrait donc entrer dans cette catégorie. Or elle ouvre par barouh. On en conclut qu'elle forme un corps distinct, institué après coup, lors de la mise en terre des tués de Beitar. Les Tossefot complètent en expliquant l'absence de clôture par sa brièveté initiale.

2
וְאָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: תֵּדַע דְּ״הַטּוֹב וְהַמֵּטִיב״ לָאו דְּאוֹרָייְתָא — שֶׁהֲרֵי עוֹקְרִין אוֹתָהּ בְּבֵית הָאֵבֶל. כִּדְתַנְיָא: מָה הֵם אוֹמְרִים בְּבֵית הָאֵבֶל? — ״בָּרוּךְ הַטּוֹב וְהַמֵּטִיב״. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: ״בָּרוּךְ דַּיַּין הָאֱמֶת״.

Et Rav Nahman bar Yits'hak a dit : sache que hatov vehametiv n'est pas d'ordre toranique, car on la supprime dans la maison de l'endeuillé. Ainsi qu'il a été enseigné : que disent-ils dans la maison de l'endeuillé ? — « Barouh hatov vehametiv ».

Rabbi Akiva dit : « Barouh dayan haemet ».

📜 Rachi (1)
שֶׁהֲרֵי עוֹקְרִים אוֹתָהּ בְּבֵית הָאָבֵל אַלִּיבָּא דר"ע:
Selon l'avis de Rabbi Akiva.
💡 Explication

Second argument, d'un autre ordre que le précédent. Il ne porte plus sur la forme de la bénédiction mais sur son sort dans un cas donné : chez l'endeuillé, elle disparaît. Une obligation deoraita ne se supprime pas selon les circonstances ; sa suppression révèle donc une institution des Sages.

Rachi précise que l'argument tient selon Rabbi Akiva, qui remplace hatov vehametiv par dayan haemet. Le premier tana de la baraita, lui, maintient hatov vehametiv chez l'endeuillé, et la Guemara va le corriger au segment suivant.

🖼️ Schéma
Que dit-on dans la maison de l'endeuillé ? Premier tana Barouh hatov vehametiv Lecture première : il dit hatov vehametiv et non dayan haemet. Rabbi Akiva Barouh dayan haemet Hatov vehametiv est écartée : c'est la base de la preuve de Rav Nahman bar Yits'hak. Objection de la Guemara sur le premier tana Hatov vehametiv oui, dayan haemet non ? Correction : hatov vehametiv aussi. Ce que Rav Nahman bar Yits'hak en tire Une obligation toranique ne se supprime pas ; hatov vehametiv relève donc d'une institution des Sages.
Les deux avis de la baraita sur la bénédiction récitée chez l'endeuillé, et la preuve que Rav Nahman bar Yits'hak en tire.
3
״הַטּוֹב וְהַמֵּטִיב״ — אִין, ״דַּייָּן אֱמֶת״ — לֹא?! אֶלָּא אֵימָא אַף ״הַטּוֹב וְהַמֵּטִיב״.

Hatov vehametiv, oui, et dayan émet, non ?! Dis plutôt : hatov vehametiv aussi.

💡 Explication

Objection sur la formulation du premier tana. Prise au pied de la lettre, elle signifierait que chez l'endeuillé on dit hatov vehametiv à l'exclusion de dayan haemet, ce qui est intenable : le jour d'un deuil, la bénédiction du jugement s'impose d'elle-même.

La Guemara corrige donc la leçon par un af, « aussi » : le premier tana ajoute hatov vehametiv à dayan haemet, tandis que Rabbi Akiva s'en tient à dayan haemet seul. La différence entre les deux avis devient ainsi une question d'ajout, et la preuve de Rav Nahman bar Yits'hak tient toujours selon Rabbi Akiva.

4
מָר זוּטְרָא אִיקְּלַע לְבֵי רַב אָשֵׁי, אִיתְּרָע בֵּיהּ מִלְּתָא, פָּתַח וּבָרֵיךְ: ״הַטּוֹב וְהַמֵּטִיב, אֵל אֱמֶת, דַּייַּן אֱמֶת, שׁוֹפֵט בְּצֶדֶק, לוֹקֵחַ בְּמִשְׁפָּט, וְשַׁלִּיט בְּעוֹלָמוֹ לַעֲשׂוֹת בּוֹ כִּרְצוֹנוֹ, כִּי כָל דְּרָכָיו מִשְׁפָּט, שֶׁהַכֹּל שֶׁלּוֹ וַאֲנַחְנוּ עַמּוֹ וַעֲבָדָיו, וּבַכֹּל אֲנַחְנוּ חַיָּיבִים לְהוֹדוֹת לוֹ וּלְבָרְכוֹ, גּוֹדֵר פְּרָצוֹת בְּיִשְׂרָאֵל הוּא יִגְדֹּור אֶת הַפִּרְצָה הַזֹּאת בְּיִשְׂרָאֵל לְחַיִּים״.

Mar Zoutra se trouva chez Rav Achi ; un malheur y survint. Il ouvrit et bénit : « hatov vehametiv, D.ieu de vérité, Juge de vérité, qui juge avec justice, qui prend selon le droit, qui gouverne Son monde pour y agir selon Sa volonté, car toutes Ses voies sont droit ; car tout est à Lui, et nous sommes Son peuple et Ses serviteurs, et en toute chose nous sommes tenus de Le remercier et de Le bénir ; Lui qui répare les brèches en Israël, qu'Il répare cette brèche-ci en Israël, pour la vie ».

🗂️ Tossefot (1)
מָר זוּטְרָא אִיקְּלַע לְבֵי רַב אָשֵׁי אִיתְּרַע בֵּיהּ מִילְּתָא וּכְוָותֵיהּ קַייְמָא לַן וְהָכֵי מְבָרְכִין בא"י אמ"ה הָאֵל הַטּוֹב וְהַמֵּטִיב אֵל אֱמֶת דַּייַּן אֱמֶת שׁוֹפֵט בְּצֶדֶק וְלוֹקֵחַ בְּמִשְׁפָּט וְשַׁלִּיט בְּמַעֲשָׂיו וַאֲנַחְנוּ עֲבָדָיו וְעַמּוֹ וּבְכָל אֲנַחְנוּ חַיָּיבִין לְהוֹדוֹת לוֹ וּלְבָרְכוֹ גּוֹדֵר פְּרָצוֹת בְּיִשְׂרָאֵל הוּא יִגְדֹּור פִּרְצָה זֹאת מֵעָלֵינוּ וּמֵעַל הָאָבֵל שֶׁבְּתוֹכֵנוּ לְחַיִּים וּלְשָׁלוֹם הָרַחֲמָן הוּא יִמְלֹוךְ עָלֵינוּ לְעוֹלָם וָעֶד וְגוֹ' וּפֵירֵשׁ בה"ג דְּאֵין לוֹמַר בְּמִשְׁפָּט דְּקַייְמָא לָן בְּפָ' בַּמֶּה בְּהֵמָה יוֹצְאָהּ (שַׁבָּת דַּף נה:) דְּיֵשׁ מִיתָה בְּלֹא חֵטְא וְיֵשׁ יִסּוּרִין בְּלֹא עָוֹן וּמִיהוּ בְּכָךְ אֵין לִמְחֲקוּ:
Et la halakha suit son avis. Voici la formule de la bénédiction : Béni sois-Tu, Hachem notre D.ieu, Roi de l'univers, le D.ieu bon et qui fait le bien, D.ieu de vérité, Juge de vérité, qui juge avec justice et qui prend selon le droit, qui gouverne Ses œuvres ; nous sommes Ses serviteurs et Son peuple, et en toute chose nous sommes tenus de Le remercier et de Le bénir ; Lui qui répare les brèches en Israël, qu'Il répare cette brèche-ci de dessus nous et de dessus l'endeuillé qui est parmi nous, pour la vie et pour la paix ; le Miséricordieux, qu'Il règne sur nous à tout jamais, etc. Le Behag a expliqué qu'il ne faut pas dire « bemichpat », car nous tranchons au chapitre Bame behema yotsa (Chabbat 55b) qu'il y a mort sans faute et souffrances sans péché ; toutefois, cela ne suffit pas à le rayer.
💡 Explication

Illustration pratique de la correction précédente. Mar Zoutra prononce une formule unique qui joint les deux registres : l'ouverture par hatov vehametiv et la reconnaissance du jugement, dayan haemet. La formule se poursuit par une acceptation du droit divin, puis par une demande, que la brèche ouverte dans la famille se referme.

Les Tossefot rapportent la version en usage et une discussion sur les mots veloke'ah bemichpat, « qui prend selon le droit » : le Behag les écarte, puisque le traité Chabbat admet une mort sans faute préalable. Les Tossefot conservent malgré tout la formule.

5
לְהֵיכָן הוּא חוֹזֵר? רַב זְבִיד מִשְּׁמֵיהּ דְּאַבָּיֵי אָמַר: חוֹזֵר לָרֹאשׁ, וְרַבָּנַן אָמְרִי לַמָּקוֹם שֶׁפָּסַק, וְהִלְכְתָא לַמָּקוֹם שֶׁפָּסַק.

À quel endroit revient-il ? Rav Zevid, au nom d'Abaye, dit : il revient au début.

Et les Rabbanan disent : à l'endroit où il s'est arrêté. Et la halakha suit : à l'endroit où il s'est arrêté.

📜 Rachi (3)
לְהֵיכָן הוּא חוֹזֵר מִי שֶׁנִּצְטָרֵף לְזִימּוּן וַאֲמָרָן לְעֵיל אַלִּיבָּא דְּרַב שֵׁשֶׁת בִּרְכַּת זִימּוּן עַד הַזָּן וְהֻוצְרַךְ זֶה לִהְיוֹת מַפְסִיק אֲכִילָתוֹ עַד שֶׁיִּגְמֹור הַמְבָרֵךְ בִּרְכַּת הַזָּן וְחָזַר זֶה שֶׁהִפְסִיק לִשְׁנַיִם וְגָמַר סְעֻודָּתוֹ לְהֵיכָן הוּא חוֹזֵר לְבָרֵךְ לְאַחַר שֶׁיִּגְמֹור סְעֻודָּתוֹ:
Celui qui s'est joint au zimmun. Nous avons dit plus haut, selon Rav Chechet, que la bénédiction du zimmun va jusqu'à hazan, et celui-ci a dû interrompre son repas jusqu'à ce que celui qui bénit achève la bénédiction hazan. Cet homme qui s'est interrompu pour deux autres, une fois son repas terminé, à quel endroit revient-il pour bénir ?
חוֹזֵר לְרֹאשׁ לִתְחִלַּת הַזָּן שֶׁהֲרֵי נִתְחַיֵּיב בְּזִימּוּן שֶׁבַּתְּחִלָּה הֻוקְבַּע בַּג':
Au début de hazan, puisqu'il s'est rendu redevable du zimmun : le groupe s'est constitué à trois dès le départ.
לַמָּקוֹם שֶׁפָּסַק לְבִרְכַּת הָאָרֶץ כִּשְׁאָר יָחִיד:
À la bénédiction de la terre, comme tout individu.
🗂️ Tossefot (1)
לְהֵיכָן הוּא חוֹזֵר פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י דְּקָאֵי לְאֶחָד דִּפְסִיק לִשְׁנַיִם וּמַמְתִּין לַאֲחֵרִים עַד הַזָּן וְהֵיכָן חוֹזֵר לְאַחַר סְעֻודָּתוֹ רַבָּנָן אָמְרִי לַמָּקוֹם שֶׁפָּסַק וְהִלְכְתָא לַמָּקוֹם שֶׁפָּסַק וְתֵימַהּ דְּא"כ הֵיכִי הִלְכְתָא לַמָּקוֹם שֶׁפָּסַק אַחֲרֵי שֶׁאָכַל אַחַר כָּךְ פְּשִׁיטָא דְּיַחֲזֹור אֲפִילּוּ לְהַזָּן דְּהָא הַזָּן דְּאוֹרָייְתָא ע"כ צָרִיךְ לוֹמַר דְּקָאֵי אַהָא דְּאָמְרִינַן לְעֵיל דְּהַמְבָרֵךְ אוֹמֵר נְבָרֵךְ שֶׁאָכַלְנוּ מִשֶּׁלּוֹ וְהַמְסֻובִּין עוֹנִים בָּרוּךְ שֶׁאָכַלְנוּ מִשֶּׁלּוֹ וּבְטוּבוֹ חָיִינוּ לְהֵיכָן הוּא חוֹזֵר הַמְבָרֵךְ לְאַחַר שֶׁיַּעֲנוּ הַמְסֻובִּין חוֹזֵר לָרֹאשׁ שֶׁהַמְּבָרֵךְ חוֹזֵר וְאוֹמֵר נְבָרֵךְ שֶׁאָכַלְנוּ מִשֶּׁלּוֹ וּבְטוּבוֹ חָיִינוּ וְרַבָּנַן אָמְרִי לַמָּקוֹם שֶׁפָּסַק שֶׁאוֹמֵר בָּרוּךְ שֶׁאָכַלְנוּ מִשֶּׁלּוֹ וְכֵן הִלְכְתָא והר"מ מאייבר"א פֵּירֵשׁ דְּקָאֵי אַשְּׁלֹשָׁה שֶׁאָכְלוּ וְיָצָא אֶחָד מֵהֶם לַשּׁוּק קוֹרְאִים לוֹ וּמְזַמְּנִים עָלָיו וּלְעֵיל נָמֵי הָכֵי פֵּירוּשׁוֹ עַד הֵיכָן מְקוֹם זִימּוּן שֶׁצָּרִיךְ לְהוּ לְאוֹתוֹ אֶחָד דְּקָרוּ לֵיהּ וְעָנֵי עַד נְבָרֵךְ וּמִכָּאן וְאֵילָךְ יֵלֵךְ לְדַרְכּוֹ וְאֵינָם צְרִיכִים הָאֲחֵרִים עוֹד לְצֵירוּפוֹ וְהָכָא בָּעֵי לְאוֹתוֹ מִן הַשּׁוּק לְהֵיכָן הוּא חוֹזֵר לַמָּקוֹם שֶׁפָּסַק דְּהַייְנוּ לְמַר מֵהַזָּן וְאֵילָךְ וּלְמַר מִנְּבָרָךְ וְהַשְׁתָּא נִיחָא דְּלָא קָשֶׁה מֵהַזָּן שֶׁהֲרֵי לֹא סָפַר בֵּינְתַיִים:
Rachi a expliqué que cela porte sur celui qui s'interrompt pour deux autres et attend jusqu'à hazan ; à quel endroit revient-il après son repas ? Les Rabbanan disent : à l'endroit où il s'est arrêté, et la halakha suit : à l'endroit où il s'est arrêté. Cela fait difficulté, car s'il en est ainsi, comment la halakha pourrait-elle suivre « à l'endroit où il s'est arrêté » ? Puisqu'il a mangé ensuite, il est évident qu'il revient même à hazan, hazan étant d'ordre toranique. Il faut donc dire que cela porte sur ce que nous avons dit plus haut : celui qui bénit dit « nevarekh cheakhalnou michelo » et les convives répondent « barouh cheakhalnou michelo ouvetouvo hayinou ». À quel endroit revient celui qui bénit, après que les convives ont répondu ? Il revient au début, c'est-à-dire que celui qui bénit reprend et dit « nevarekh cheakhalnou michelo ouvetouvo hayinou » ; et les Rabbanan disent : à l'endroit où il s'est arrêté, en disant « barouh cheakhalnou michelo » ; et telle est la halakha. Rabbenou Meir d'Ivrea a expliqué que cela porte sur trois qui ont mangé ensemble et dont l'un est sorti au marché : on l'appelle et l'on fait le zimmun avec lui. Plus haut également, tel est le sens : jusqu'où s'étend le lieu du zimmun pour lequel on a besoin de cet homme, qu'on l'appelle et qu'il réponde ? Jusqu'à nevarekh ; à partir de là il s'en va à ses affaires, et les autres n'ont plus besoin de se joindre à lui. Ici, la question porte sur cet homme venu du marché : à quel endroit revient-il ? À l'endroit où il s'est arrêté, c'est-à-dire pour l'un à partir de hazan et pour l'autre à partir de nevarekh. Tout s'éclaire alors, et l'objection tirée de hazan tombe, puisqu'il n'a pas parlé dans l'intervalle.
⚖️ Rosh (1)
עַד הֵיכָן בִּרְכַּת זִימּוּן פירש"י שֶׁצְּרִיכִין לִהְיוֹת שְׁלֹשָׁה וּכְשֶׁהֵם שְׁנַיִם לֹא יֹאמְרוּהָ רַב נַחְמָן אָמַר עַד נְבָרֵךְ פֵּירוּשׁ עַד וְעַד בִּכְלָל רַב שֵׁשֶׁת אָמַר עַד בִּרְכַּת הַזָּן דְּגַם הִיא מִבִּרְכַּת הַזִּימּוּן וְקָשֶׁה לְפֵירוּשׁוֹ דקי"ל כְּרַב שֵׁשֶׁת בְּאִיסּוּרֵי וּלְדִידַן כָּל יָחִיד מְבָרֵךְ בִּרְכַּת הַזָּן וְעוֹד דִּבְכָל דֻּוכְתִּין תְּנַן שָׁלֹשׁ בְּרָכוֹת וְעוֹד לְקַמָּן (בְּרָכוֹת דַּף מח:) אָמְרִינַן וּבִרְכַּת זוֹ בִּרְכַּת הַזִּימּוּן אֱ-לֹהֶיךָ זוֹ בִּרְכַּת הַזָּן אַלְמָא בִּרְכַּת הַזָּן לָאו הַיְינוּ בִּרְכַּת הַזִּימּוּן וְנִרְאֶה לְפָרֵשׁ עַד הֵיכָן בִּרְכַּת הַזִּימּוּן אַדִּלְעֵיל קָאֵי דְּאָמְרִי' שְׁלֹשָׁה שֶׁאָכְלוּ אֶחָד מַפְסִיק לִשְׁנַיִם כְּלוֹמַר שֶׁמַּפְסִיק לְבָרֵךְ בִּרְכַּת זִימּוּן וְאַחַ"כּ יַחֲזֹור וְיֹאכַל וְקָאָמַר עַד הֵיכָן בִּרְכַּת זִימּוּן רַב נַחְמָן אוֹמֵר עַד נְבָרֵךְ וְאַחַ"כּ יַתְחִיל לֶאֱכֹול רַב שֵׁשֶׁת אוֹמֵר עַד הַזָּן וְהַזָּן בִּכְלָל מִשּׁוּם דִּנְבָרֵךְ אֵינָהּ בְּרָכָה הִלְכָּךְ מִסְתַּבֵּר שֶׁיַּפְסִיק אֲכִילָתוֹ בִּשְׁבִיל בְּרָכָה אַחַת כְּדֵי שֶׁיְּהֵא נִיכָּר שֶׁמְּזַמְּנִין עָלָיו וְלָאו מִשּׁוּם דְּחָשׁוּב בִּרְכַּת הַזָּן בִּרְכַּת הַזִּימּוּן דְּהָא כָּל יָחִיד נָמֵי אוֹמֵר הַזָּן אֶלָּא לְעִנְיָן זֶה שֶׁיַּפְסִיק עַד שֶׁיְּבָרְכוּ בְּרָכָה אַחַת לֵימָא כְּתַנָּאֵי דְּתָנֵי חֲדָא בִּרְכַּת הַמָּזוֹן שְׁתַּיִם וְשָׁלֹשׁ וְתַנְיָא אִידַּךְ שְׁלֹשָׁה וְאַרְבָּעָה וְאֶחָד מַפְסִיק לִשְׁנַיִם סַבְרוּהָ דלכ"ע הַטּוֹב וְהַמֵּטִיב לָאו דְּאוֹרָייְתָא מ"ד שְׁתַּיִם וְשָׁלֹשׁ קָסָבַר אֶחָד מַפְסִיק לִשְׁנַיִם עַד הַזָּן שְׁתַּיִם לְהַפְסָקָה שָׁלֹשׁ לִשְׁאָר יָחִיד מ"ד שָׁלֹשׁ וְאַרְבַּע קָסָבַר עַד נְבָרֵךְ שָׁלֹשׁ לְהַפְסָקָה וְאַרְבַּע לְבִרְכַּת הַמָּזוֹן עִם הַזִּימּוּן וְהַייְנוּ אַלִּיבָּא דמ"ד לְקַמָּן חוֹזֵר לַמָּקוֹם שֶׁפָּסַק וְלָמֶ"ד חוֹזֵר לְרֹאשׁ אַלִּיבָּא דְּרַב שֵׁשֶׁת מוֹקֵי לָהּ הָכִי שָׁלֹשׁ בְּפוֹעֲלִים וְאַרְבַּע בִּשְׁאָר אָדָם דְּהַטּוֹב וְהַמֵּטִיב דְּאוֹרָיְיתָא לָמֶ"ד שְׁתַּיִם וְשָׁלֹשׁ דְּהַטּוֹב וְהַמֵּטִיב לָאו דְּאוֹרָייְתָא שְׁתַּיִם בְּפוֹעֲלִים שָׁלֹשׁ בִּשְׁאָר אָדָם וּבִירוּשַׁלְמִי גָּרְסִינַן שְׁלֹשָׁה שֶׁאָכְלוּ כְּאֶחָד וּבִקֵּשׁ אֶחָד מֵהֶם לֵילֵךְ בֵּי רַב אָמְרִי יְבָרֵךְ בְּרָכָה רִאשׁוֹנָה וְיֵלֵךְ לוֹ וְאֵיזוֹהִי בְּרָכָה רִאשׁוֹנָה דְּבֵי רַב אָמְרִי בִּרְכַּת הַזִּימּוּן ר' זֵירָא בְּשֵׁם ר' יִרְמְיָה אָמַר הַזָּן אֶת הַכֹּל וְאֶפְשָׁר לְפָרֵשׁ זֶה בְּאֶחָד מַפְסִיק לִשְׁנַיִם שֶׁבִּקֵּשׁ אֶחָד מֵהֶם לָצֵאת מַפְסִיק לִשְׁנַיִם וְאַחַ"כּ יַחֲזֹור וְיִגְמֹור סְעֻודָּתוֹ וְקָשֶׁה לִי לְפֵירוּשׁ זֶה דְּלָא הֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר עַד הֵיכָן בִּרְכַּת הַזִּימּוּן בִּסְתָם כֵּיוָן דְּלָא קָאֵי אֶלָּא אַאֶחָד מַפְסִיק לִשְׁנַיִם וְעוֹד קָשֶׁה מַה שֶׁצָּרִיךְ לְפָרֵשׁ דְּהָנֵי בָּרָיְיתוֹת קָייְמִי אַאֶחָד מַפְסִיק לִשְׁנַיִם. וְרַב אִלְפָּס זַ"ל פֵּירֵשׁ בְּעִנְיָן אַחֵר עַל פִּי הַיְּרוּשַׁלְמִי וְעַל פִּי גִּירְסַת רֹוב הַסְּפָרִים שֶׁכָּתוּב בָּהֶן נֵימָא כְּתַנָּאֵי דְּתָנֵי חֲדָא שְׁנַיִם וּשְׁלֹשָׁה מְבָרְכִין בִּרְכַּת הַזִּימּוּן וְתַנְיָא אִידַּךְ שְׁלֹשָׁה וְאַרְבָּעָה וְהָכִי פֵּירוּשׁוֹ עַד הֵיכָן בִּרְכַּת הַזִּימּוּן כְּלוֹמַר שֶׁאִם אָכְלוּ שְׁלֹשָׁה וְהֻוצְרַךְ אֶחָד מֵהֶם לָצֵאת שֶׁיֵּשֵׁב עַד שֶׁיִּגְמְרוּ אוֹתָהּ בְּרָכָה רַב נַחְמָן אוֹמֵר עַד נְבָרֵךְ כְּלוֹמַר עַד שֶׁאָמַר בָּרוּךְ הוּא אֱ-לֹהֵינוּ שֶׁאָכַלְנוּ מִשֶּׁלּוֹ וּבְטוּבוֹ חָיִינוּ שֶׁזּוֹ הִיא בִּרְכַּת הַזִּימּוּן רַב שֵׁשֶׁת אָמַר עַד הַזָּן אֶת הַכֹּל נֵימָא כְּתַנָּאֵי דְּתָנֵי חֲדָא שְׁנַיִם וּשְׁלֹשָׁה מְבָרְכִין בִּרְכַּת הַזִּימּוּן וְתַנְיָא אִידַּךְ שְׁלֹשָׁה וְאַרְבָּעָה פִּי' שְׁנַיִם וּשְׁלֹשָׁה שֶׁאָכְלוּ וְאֵין אֶחָד מֵהֶם יוֹדֵעַ בִּרְכַּת הַמָּזוֹן כֻּולָּהּ בְּבִרְכוֹתֶיהָ אֶלָּא אֶחָד יוֹדֵעַ בְּרָכָה רִאשׁוֹנָה וְהַשֵּׁנִי יוֹדֵעַ הַשֵּׁנִית וְהַשְּׁלִישִׁי יוֹדֵעַ הַשְּׁלִישִׁית וְקָאָמַר דְּחַייָּבִין בְּבִרְכַּת הַמָּזוֹן לְפִי שֶׁכָּל אֶחָד מְבָרֵךְ בְּרָכָה שֶׁלּוֹ וְנִמְצֵאת בִּרְכַּת הַמָּזוֹן עוֹלֶה מִשְּׁנַיִם מֵהֶן אוֹ שְׁלֹשָׁה וְגָמְרִינַן מִינֵּיהּ דְּבִרְכַּת הַמָּזוֹן עִם בִּרְכַּת הַזִּימּוּן אֵינָהּ כִּי אִם שָׁלֹשׁ בְּרָכוֹת בִּלְבַד לְפִיכָךְ אֵינָהּ נֶחֱלֶקֶת אֶלָּא לִשְׁלֹשָׁה אֲנָשִׁים בִּלְבַד וּלְאִידָךְ בָּרַיְיתָא עִם בִּרְכַּת הַזִּימּוּן הֵן אַרְבַּע בְּרָכוֹת וקי"ל כר"נ דְּאָמַר עַד נְבָרֵךְ וְכֵן עַמָּא דְּבַר דְּכָל אֶחָד מְבָרֵךְ בִּרְכַּת הַזָּן אַלְמָא בִּרְכַּת הַזָּן אֵינָהּ בִּכְלַל בִּרְכַּת הַזִּימּוּן. לְהֵיכָן הוּא חוֹזֵר לפירש"י ולפר"י קָאֵי אַאֶחָד מַפְסִיק לִשְׁנַיִם ופירש"י מִיבְּעֵי לֵיהּ אַלִּיבָּא דְּרַב שֵׁשֶׁת דְּאָמַר בִּרְכַּת הַזִּימּוּן עַד הַזָּן וְהֻוצְרַךְ זֶה לְהַפְסִיק אֲכִילָתוֹ לְהֵיכָן הוּא חוֹזֵר לְבָרֵךְ רַב חִסְדָּא אוֹמֵר חוֹזֵר לְרֹאשׁ לִתְחִלַּת הַזָּן שֶׁהֲרֵי נִתְחַיֵּיב בְּזִימּוּן שֶׁהֲרֵי הֻוקְבַּע לִשְׁלֹשָׁה וְרַבָּנָן סָבְרִי לַמָּקוֹם שֶׁפָּסַק לְבִרְכַּת הָאָרֶץ כִּשְׁאָר יָחִיד מַה שֶׁפֵּירֵשׁ אַלִּיבָּא דְּרַב שֵׁשֶׁת וְלֹא פֵּירֵשׁ אַלִּיבָּא דְּרַב נַחְמָן מִשּׁוּם דְּמִסְתַּבֵּר דְּלָא מִחַיַּיב לוֹמַר נְבָרֵךְ אע"פ שֶׁכְּבָר נִתְחַיֵּיב בְּזִימּוּן דְּאֵינָהּ בְּרָכָה לְיָחִיד וְרַב אִלְפָּס זַ"ל פֵּירֵשׁ לְהֵיכָן הוּא חוֹזֵר אוֹתוֹ שֶׁהוּא אוֹמֵר נְבָרֵךְ שֶׁאָכַלְנוּ מִשֶּׁלּוֹ רַב זְבִיד מִשְּׁמֵיהּ דְּאַבָּיֵי אוֹמֵר חוֹזֵר לָרֹאשׁ וְאוֹמֵר נְבָרֵךְ שֶׁאָכַלְנוּ מִשֶּׁלּוֹ פַּעַם אַחֶרֶת וְרַבָּנַן אָמְרִי לַמָּקוֹם שֶׁפָּסַק וְאוֹמֵר בָּרוּךְ הוּא שֶׁאָכַלְנוּ מִשֶּׁלּוֹ וּבְטוּבוֹ חָיִינוּ אֲבָל אַאֶחָד הַמַּפְסִיק לִשְׁנַיִם לֵיכָּא לְמִיבְעֵי לְהֵיכָן הוּא חוֹזֵר דְּהָא אִיהוּ פְּסִיק לֵיהּ הִלְכְתָא כְּרַב נַחְמָן שֶׁאֵין מַפְסִיק כִּי אִם עַד נְבָרֵךְ וְרָאִיתִי כָּתוּב מִשּׁוּם רַב הַאי שֶׁאֶחָד הַמַּפְסִיק לִשְׁנַיִם צָרִיךְ לְבָרֵךְ הַמּוֹצִיא וְכֵן כָּתַב הָרָאָבָ"ד זַ"ל דְּכֵיוָן שֶׁהִפְסִיק יָצָא יְדֵי בְּרָכָה לְמַפְרֵעַ וְצָרִיךְ לִיטֹּול יָדָיו וְלִבְצֹועַ דַּהֲוָה לֵיהּ כִּבְנֵי חֲבוּרָה שֶׁעָקְרוּ רַגְלֵיהֶם לָצֵאת לִקְרַאת חָתָן בִּפְסָחִים דַּף קא: וּצְרִיכִין בְּרָכָה לְמַפְרֵעַ וּכְשֶׁחוֹזְרִים צְרִיכִין בְּרָכָה לְכַתְּחִלָּה וְעוֹד כֵּיוָן שֶׁהִפְסִיק אֲכִילָתוֹ בבהמ"ז מִיכַל וּבָרוֹכֵי בַּהֲדֵי הֲדָדֵי אִי אֶפְשָׁר נ"א וְעוֹד אֵיךְ יִתָּכֵן שֶׁיֹּאכַל בְּאֶמְצַע הַבְּרָכָה כִּי הַזִּימּוּן אַחַת מִן הַבְּרָכוֹת וְאֵיךְ יְבָרֵךְ בְּרָכָה אַחַת וְיֹאכַל וְאַחַ"כּ יַשְׁלִים הַבְּרָכוֹת. ונ"ל דְּלִישָּׁנָא דְּמַפְסִיק לָא מַשְׁמַע כְּדִבְרֵיהֶם זַ"ל דִּלְדִבְרֵיהֶם אֵין כָּאן הֶפְסֵק סְעוּדָה אֶלָּא סְעוּדָה אַחֶרֶת הִיא לְגַמְרֵי וְלָא דָּמֵי לִבְנֵי חֲבוּרָה שֶׁעָקְרוּ רַגְלֵיהֶם דְּהָכָא אֵינוֹ זָז מִמְּקוֹמוֹ גַּם אֵין כָּאן הֶיסַּח הַדַּעַת וְלָא דָּמֵי לְמֵיכַל וּבָרוֹכֵי בַּהֲדֵי הֲדָדֵי שֶׁהֲרֵי אֵינוֹ מְבָרֵךְ אֶלָּא מַפְסִיק סְעֻודָּתוֹ כְּדֵי שֶׁיְּזַמְּנוּ עָלָיו וְכֵן כָּתַב בה"ג הֵיכָא דְּבָעֵי לְמִיפַּק חַד מִינַּייְהוּ וּבָעֵי חַבְרֵיהּ לְמֶעְבַּד לִפְנִים מִשּׁוּרַת הַדִּין פָּסְקִין סְעוֹדְתַּייְהוּ וּמְזַמְּנִין עֲלֵיהֶם עַד הַזָּן וְגָמַר אִיהוּ בְּרָכָה כֻּולָּהּ וְנָפֵיק וְחוֹזְרִין וְאוֹכְלִין וְגוֹמְרִין סְעֻודָּתָן וּמְבָרְכִין אַלְמָא שֶׁאֵין צְרִיכִין לִיטֹּול יְדֵיהֶם וּלְבָרֵךְ הַמּוֹצִיא אֲבָל לְעִנְיַן חֲזָרָה לְהֵיכָן הוּא חוֹזֵר בָּזֶה לֹא דִּבֵּר בה"ג כִּי הוּא פֵּירֵשׁ לְהֵיכָן הוּא חוֹזֵר כְּמוֹ שֶׁפֵּירֵשׁ רַב אִלְפָּס זַ"ל דְּמַייְרֵי בְּאוֹתוֹ שֶׁאוֹמֵר בָּרוּךְ שֶׁאָכַלְנוּ מִשֶּׁלּוֹ וְאֶפְשָׁר דאע"ג שֶׁפֵּירֵשׁ דְּפָסְקִין סְעוֹדְתַּייְהוּ עַד הַזָּן מ"מ כֵּיוָן שֶׁאָכְלוּ אַחַ"כּ צְרִיכִים לְבָרֵךְ בִּרְכַּת הַזָּן דְּשָׁלֹשׁ בְּרָכוֹת דְּאוֹרָיְיתָא נִינְהוּ וְלֹא מִיסְתַּבֵּר שֶׁיֵּצְאוּ יְדֵי בִּרְכַּת הַזָּן בְּמַה שֶׁהִפְסִיקוּ לַשְּׁלִישִׁי בְּאֶמְצַע סְעֻודָּתָן וּכְדַאי לִסְמֹוךְ עַל רַב אִלְפָּס וְעַל ה"ג וְיָחִיד הַמַּפְסִיק לִשְׁנַיִם צָרִיךְ שֶׁיַּחֲזֹור לִתְחִלַּת בִּרְכַּת הַזָּן דִּנְהִי דְּיָצָא יְדֵי זִימּוּן בְּמַה שֶׁאָכַל בְּמַה שֶׁהִפְסִיק לָהֶם מ"מ שָׁלֹשׁ בְּרָכוֹת צָרִיךְ לְבָרֵךְ עַל מַה שֶּׁאָכַל אַחֲרֵיהֶן:
Jusqu'où s'étend la bénédiction du zimmun ? Rachi a expliqué qu'il s'agit de savoir jusqu'où il faut être trois, et qu'à deux on ne la dit pas. Rav Nahman dit : jusqu'à nevarekh, c'est-à-dire nevarekh inclus. Rav Chechet dit : jusqu'à la bénédiction hazan, car elle fait elle aussi partie de la bénédiction du zimmun. Cette explication fait difficulté : nous tranchons comme Rav Chechet en matière d'interdits, or chez nous chaque individu récite la bénédiction hazan. De plus, partout la michna enseigne trois bénédictions. De plus, nous disons plus loin (Berakhot 48b) : « ouverakhta », c'est la bénédiction du zimmun ; « Elokeikha », c'est la bénédiction hazan — d'où il ressort que la bénédiction hazan se distingue de la bénédiction du zimmun. Il semble donc qu'il faille expliquer ainsi : « jusqu'où s'étend la bénédiction du zimmun » se rapporte à ce qui précède, où l'on a dit que lorsque trois ont mangé, l'un s'interrompt pour deux, c'est-à-dire qu'il interrompt son repas pour réciter la bénédiction du zimmun, puis reprend et mange. On demande donc : jusqu'où s'étend la bénédiction du zimmun ? Rav Nahman dit : jusqu'à nevarekh, après quoi il recommence à manger. Rav Chechet dit : jusqu'à hazan, hazan inclus, parce que nevarekh ne constitue pas une bénédiction ; il est donc logique qu'il interrompe son repas pour une bénédiction entière, afin que l'on voie qu'on fait le zimmun sur lui. Le motif tient à cela seul, qu'il s'interrompe jusqu'à ce qu'ils aient récité une bénédiction, et non à ce que la bénédiction hazan compterait comme bénédiction du zimmun, puisque chaque individu dit lui aussi hazan. Disons que cela correspond à un différend de tanaim : une baraita enseigne « le birkat hamazon, deux et trois », et une autre enseigne « trois et quatre, et l'un s'interrompt pour deux ». Ils ont pensé que, pour tous, hatov vehametiv n'est pas d'ordre toranique. Celui qui dit « deux et trois » tient que celui qui s'interrompt pour deux va jusqu'à hazan : deux pour l'interruption, trois pour le reste, comme tout individu. Celui qui dit « trois et quatre » tient que c'est jusqu'à nevarekh : trois pour l'interruption, quatre pour le birkat hamazon avec le zimmun. Cela suit l'avis de celui qui dit plus loin qu'il revient à l'endroit où il s'est arrêté ; pour celui qui dit qu'il revient au début, selon Rav Chechet, on l'établit ainsi : trois pour les ouvriers et quatre pour les autres, hatov vehametiv étant d'ordre toranique ; et pour celui qui dit « deux et trois », hatov vehametiv n'étant pas d'ordre toranique : deux pour les ouvriers et trois pour les autres. Dans le Yerouchalmi, nous lisons : trois qui ont mangé ensemble et dont l'un a demandé à s'en aller — ceux de la maison de Rav disent : qu'il récite la première bénédiction et qu'il s'en aille. Et quelle est cette première bénédiction ? Ceux de la maison de Rav disent : la bénédiction du zimmun. Rabbi Zeira, au nom de Rabbi Yirmeya, dit : hazan et hakol. On peut rapporter cela au cas de celui qui s'interrompt pour deux : l'un d'eux a demandé à sortir, il s'interrompt pour les deux autres, puis reprend et achève son repas. Cette explication me fait difficulté, car on n'aurait pas dû dire « jusqu'où s'étend la bénédiction du zimmun » de manière absolue, puisque cela ne porte que sur celui qui s'interrompt pour deux. Elle fait encore difficulté en ce qu'elle oblige à expliquer que ces baraitot portent sur celui qui s'interrompt pour deux. Le Rif a expliqué la chose autrement, d'après le Yerouchalmi et d'après la leçon de la plupart des livres, où il est écrit : « disons que cela correspond à un différend de tanaim : une baraita enseigne, deux et trois récitent la bénédiction du zimmun, et une autre enseigne, trois et quatre ». Voici son sens : jusqu'où s'étend la bénédiction du zimmun, c'est-à-dire que si trois ont mangé et que l'un d'eux a besoin de sortir, il reste assis jusqu'à ce qu'ils achèvent cette bénédiction. Rav Nahman dit : jusqu'à nevarekh, c'est-à-dire jusqu'à ce qu'il ait dit « barouh Hou Elokeinou cheakhalnou michelo ouvetouvo hayinou », car telle est la bénédiction du zimmun. Rav Chechet dit : jusqu'à hazan et hakol. « Disons que cela correspond à un différend de tanaim : une baraita enseigne, deux et trois récitent la bénédiction du zimmun, et une autre enseigne, trois et quatre. » Explication : deux ou trois qui ont mangé, et aucun d'eux ne connaît le birkat hamazon en entier avec ses bénédictions ; l'un connaît la première bénédiction, le deuxième la seconde et le troisième la troisième. Il dit qu'ils sont tenus au birkat hamazon, puisque chacun récite sa bénédiction et que le birkat hamazon se trouve ainsi complété par deux d'entre eux ou par trois. Nous en apprenons que le birkat hamazon avec la bénédiction du zimmun ne compte que trois bénédictions ; il ne se partage donc qu'entre trois hommes. Et selon l'autre baraita, avec la bénédiction du zimmun elles font quatre bénédictions. Nous tranchons comme Rav Nahman, qui dit jusqu'à nevarekh, et telle est la pratique du peuple, puisque chacun récite la bénédiction hazan ; il en ressort que la bénédiction hazan n'entre pas dans la bénédiction du zimmun. « À quel endroit revient-il ? » Selon Rachi et selon le Ri, cela porte sur celui qui s'interrompt pour deux. Rachi a expliqué que la question se pose selon Rav Chechet, qui dit que la bénédiction du zimmun va jusqu'à hazan, et que celui-ci a dû interrompre son repas : à quel endroit revient-il pour bénir ? Rav Hisda dit : il revient au début, au commencement de hazan, puisqu'il s'est rendu redevable du zimmun, le groupe s'étant constitué à trois. Et les Rabbanan tiennent : à l'endroit où il s'est arrêté, à la bénédiction de la terre, comme tout individu. S'il a expliqué selon Rav Chechet et non selon Rav Nahman, c'est parce qu'il est logique qu'on ne l'oblige pas à dire nevarekh, bien qu'il se soit déjà rendu redevable du zimmun, puisque nevarekh ne constitue pas une bénédiction pour un individu. Le Rif a expliqué « à quel endroit revient-il » de celui qui dit « nevarekh cheakhalnou michelo » : Rav Zevid, au nom d'Abaye, dit qu'il revient au début et redit une seconde fois « nevarekh cheakhalnou michelo » ; et les Rabbanan disent : à l'endroit où il s'est arrêté, et il dit « barouh Hou cheakhalnou michelo ouvetouvo hayinou ». Mais au sujet de celui qui s'interrompt pour deux, il n'y a pas lieu de demander à quel endroit il revient, car la halakha a déjà tranché comme Rav Nahman : il ne s'interrompt que jusqu'à nevarekh. J'ai vu écrit au nom de Rav Haï que celui qui s'interrompt pour deux doit réciter hamotsi ; le Raavad a écrit de même, car puisqu'il s'est interrompu, il s'est acquitté rétroactivement de la bénédiction, et il doit se laver les mains et rompre le pain : il est comparable aux membres d'une compagnie qui se sont levés pour aller au-devant d'un marié (Pessahim 101b), lesquels ont besoin d'une bénédiction pour ce qui précède et, lorsqu'ils reviennent, d'une bénédiction pour ce qui suit. De plus, puisqu'il a interrompu son repas par le birkat hamazon, manger et bénir en même temps est impossible. Autre version : de plus, comment se pourrait-il qu'il mange au milieu de la bénédiction, le zimmun étant l'une des bénédictions ? Comment réciterait-il une bénédiction, mangerait-il, puis achèverait-il les bénédictions ? Il me semble que le terme « il s'interrompt » ne s'accorde pas avec leurs propos, car selon eux il n'y aurait ici aucune interruption de repas, mais un tout autre repas. Le cas ne ressemble pas à celui des membres d'une compagnie qui se sont levés, car ici il ne bouge pas de sa place, et il n'y a pas non plus de distraction de l'esprit. Il ne ressemble pas davantage à manger et bénir en même temps, puisqu'il ne récite pas la bénédiction : il interrompt seulement son repas afin que l'on fasse le zimmun sur lui. Le Behag a écrit de même : lorsque l'un d'eux a besoin de sortir et que ses compagnons veulent agir au-delà de la stricte ligne du droit, ils interrompent leur repas, on fait le zimmun pour eux jusqu'à hazan, celui-là achève toute la bénédiction et s'en va, tandis que les autres reprennent, mangent, achèvent leur repas et bénissent — d'où il ressort qu'ils n'ont pas besoin de se laver les mains ni de réciter hamotsi. Sur le retour en revanche — à quel endroit il revient — le Behag n'a rien dit, car il a expliqué « à quel endroit revient-il » comme le Rif, à savoir de celui qui dit « barouh cheakhalnou michelo ». Il est possible que, bien qu'il ait expliqué qu'ils interrompent leur repas jusqu'à hazan, ils doivent malgré tout, puisqu'ils ont mangé ensuite, réciter la bénédiction hazan, les trois bénédictions étant d'ordre toranique ; il n'est pas vraisemblable qu'ils se soient acquittés de la bénédiction hazan par l'interruption faite pour le troisième au milieu de leur repas. Il vaut de s'appuyer sur le Rif et sur le Behag : l'individu qui s'interrompt pour deux doit revenir au début de la bénédiction hazan, car même s'il s'est acquitté du zimmun pour ce qu'il avait mangé avant de s'interrompre pour eux, il doit malgré tout réciter les trois bénédictions sur ce qu'il a mangé après eux.
💡 Explication

Reprise d'un point laissé ouvert au verso. Le cas suppose un convive qui arrête son repas pour permettre le zimmun à deux autres. Une fois ceux-ci servis, il reprend et finit de manger. La question porte sur son propre birkat hamazon : reprend-il au début, ou au point exact où il s'était arrêté ?

Rav Zevid, au nom d'Abaye, tient pour le retour au début : l'homme s'est rendu redevable du zimmun, donc de la bénédiction complète. Les Rabbanan tiennent pour le makom chepassak, le lieu de l'arrêt, et la halakha les suit.

Le sens exact de la question est lui-même discuté. Rachi la rapporte à celui qui s'est interrompu ; les Tossefot objectent que hazan étant toranique, on y revient de toute manière, et la rapportent à celui qui mène le zimmun. Rabbenou Meir d'Ivrea la rapporte à celui que l'on rappelle du marché. Le Roch expose ces lectures et tranche pour un retour au début de hazan.

🖼️ Schéma
Lehekhan hozer : de qui parle la question, et où reprend-il ? Rachi Celui qui interrompt son repas pour deux autres, selon Rav Chechet (zimmun jusqu'à hazan). Au début : au commencement de hazan (il doit le zimmun). Au lieu de l'arrêt : à birkat haarets, comme tout individu. Ri (Tossefot) et le Rif Celui qui mène le zimmun, après la réponse des convives. Objection à Rachi : hazan étant toranique, on y revient de toute façon. Au début : il redit nevarekh cheakhalnou michelo. Au lieu de l'arrêt : barouh cheakhalnou michelo. Rabbenou Meir d'Ivrea Celui des trois qui était sorti au marché et que l'on rappelle pour compter au zimmun. Il répond, puis s'en va. Il reprend au point atteint : après hazan pour l'un, après nevarekh pour l'autre. Halakha : lemakom chepassak — il reprend au lieu de son arrêt Rav Zevid, au nom d'Abaye, tenait pour le retour au début ; les Rabbanan l'emportent. Conclusion pratique du Roch : celui qui s'est interrompu pour deux n'a pas à relaver ses mains ni à redire hamotsi, mais il revient au début de hazan, car les trois bénédictions sont dues sur ce qu'il a mangé ensuite.
Les trois lectures de la question lehekhan hozer et la halakha retenue.
6
אֲמַר לֵיהּ רֵישׁ גָּלוּתָא לְרַב שֵׁשֶׁת: אַף עַל גַּב דְּרַבָּנַן קַשִּׁישֵׁי אַתּוּן, פָּרְסָאֵי בְּצָרְכֵי סְעוּדָה בְּקִיאִי מִינַּייְכוּ. בִּזְמַן שֶׁהֵן שְׁתֵּי מִטּוֹת, גָּדוֹל — מֵסֵב בְּרֹאשׁ, וְשֵׁנִי לוֹ — לְמַעְלָה הֵימֶנּוּ. וּבִזְמַן שֶׁהֵם שָׁלֹשׁ, גָּדוֹל — מֵסֵב בְּאֶמְצַע, שֵׁנִי לוֹ — לְמַעְלָה הֵימֶנּוּ, שְׁלִישִׁי לוֹ — לְמַטָּה הֵימֶנּוּ.

Le Reich Galouta dit à Rav Chechet : bien que vous soyez des Sages anciens, les Perses vous surpassent en science des usages du repas. Lorsqu'il y a deux lits, le plus grand s'étend en tête, et le second après lui au-dessus de lui.

Et lorsqu'il y en a trois, le plus grand s'étend au milieu, le second après lui au-dessus de lui, et le troisième après lui au-dessous de lui.

📜 Rachi (5)
ה"ג אַף עַל גַּב דְּרַבָּנַן אַתּוּן פָּרְסָאֵי בְּצָרְכֵי סְעוּדָה בְּקִיאִי מִינַּייְכוּ:
Telle est la leçon : bien que vous soyez des Sages, les Perses vous surpassent en science des usages du repas.
בִּזְמַן שֶׁהֵן שְׁתֵּי מִטּוֹת רְגִילִין הָיוּ לֶאֱכֹול בַּהֲסִבָּה עַל צִדּוֹ הַשְּׂמָאלִית מֻוטֶּה וְרַגְלָיו לָאָרֶץ אִישׁ אִישׁ עַל מִטָּה אַחַת:
Ils avaient coutume de manger étendus, penchés sur le côté gauche, les pieds à terre, chacun sur un lit.
בִּזְמַן שֶׁהֵן שְׁנַיִם גָּדוֹל מֵסֵב בְּרֹאשׁ כְּלוֹמַר מֵסֵב תְּחִלָּה עַל מִטָּתוֹ:
C'est-à-dire qu'il s'étend le premier sur son lit.
וְשֵׁנִי לוֹ לְמַעְלָה הֵימֶנּוּ מִטַּת הַשֵּׁנִי לְצַד מְרַאֲשׁוֹתָיו שֶׁל גָּדוֹל:
Le lit du second se trouve du côté de la tête du plus grand.
וּבִזְמַן שֶׁהֵן שְׁלֹשָׁה גָּדוֹל מֵסֵב בָּאֶמְצַע שֵׁנִי לוֹ לְמַעְלָה הֵימֶנּוּ שְׁלִישִׁי לוֹ לְמַטָּה הֵימֶנּוּ לְצַד מַרְגְּלוֹתָיו:
Du côté de ses pieds.
🗂️ Tossefot (1)
בִּזְמַן שֶׁהֵן שְׁתֵּי מִטּוֹת גָּדוֹל מֵסֵב בָּרֹאשׁ שֵׁנִי לוֹ לְמַעְלָה הֵימֶנּוּ דְּהַייְנוּ כְּלַפֵּי רֹאשׁוֹ שֶׁמֵּסֵב עַל הַמִּטָּה דֶּרֶךְ שְׂמֹאל וּלְמַטָּה מִקְּרֵי דֶּרֶךְ מַרְגְּלוֹתָיו דְּהַייְנוּ מִיְּמִינוֹ וּבָזֶה מְדַקְדֵּק רַב שֵׁשֶׁת דְּאִם כֵּן בָּעֵי גָּדוֹל לְתָרוֹצֵי כְּפִשּׁוּטֶיהָ כְּשֶׁמְּדַבֵּר עִם הַשֵּׁנִי כֵּיוָן שֶׁהַשֵּׁנִי לְמַעְלָה הֵימֶנּוּ וּלְקַמָּן בְּמַתְנִיתָא גָּרַס גָּדוֹל מֵסֵב בְּרֹאשׁ הַשֵּׁנִי לְמַטָּה הֵימֶנּוּ וְזֶהוּ כְּלַפֵּי מַרְגְּלוֹתָיו וְהוּא מִיְּמִינוֹ וְאָז לָא מְתָרֵיץ וְיָתֵיב כִּי בָּעֵי לְאִשְׁתַּעוֹיֵי בַּהֲדֵי שֵׁנִי:
C'est-à-dire du côté de sa tête, puisqu'il s'étend sur le lit du côté gauche ; et « au-dessous » désigne le côté de ses pieds, soit à sa droite. C'est là-dessus que porte la remarque de Rav Chechet : s'il en est ainsi, le plus grand doit se redresser lorsqu'il parle avec le second, puisque le second est au-dessus de lui. Plus loin, dans la baraita, la leçon est : le plus grand s'étend en tête, le second au-dessous de lui, c'est-à-dire du côté de ses pieds, à sa droite ; alors il n'a pas à se redresser lorsqu'il veut parler avec le second.
💡 Explication

La sougya change de sujet et passe aux usages de la table. Le Reich Galouta, chef de la communauté de Babylonie, avance que les Perses connaissent mieux que les Sages le protocole du repas. Il décrit l'ordre des lits de banquet, sur lesquels on mangeait étendu sur le côté gauche.

Le vocabulaire est spatial : lemaala, au-dessus, désigne le côté de la tête du convive ; lemata, au-dessous, le côté de ses pieds. La question est de savoir où placer le deuxième personnage, et cette place décide de la commodité de la conversation.

🖼️ Schéma
La disposition des lits : usage perse et baraita Le convive est étendu sur le côté gauche ; le haut du schéma est le côté de sa tête (lemaala), le bas le côté de ses pieds (lemata). Deux lits Usage perse 2e (lemaala) Le plus grand Pour lui parler, le grand doit se redresser. Baraita Le plus grand 2e (lemata) Le grand lui parle sans quitter sa position. Trois lits Usage perse et baraita se rejoignent 2e (lemaala) Le plus grand 3e (lemata) Le grand parle avec le troisième sans se redresser. Le seul point de divergence porte sur le cas de deux lits Objection de Rav Chechet : place au-dessus, le second oblige le plus grand à se redresser pour lui parler. Réponse du Reich Galouta : les Perses se font signe de la main (bemahog), donc la parole n'exige pas de se redresser. Rachi sur la baraita à trois : mieux vaut que le grand se redresse plutôt que d'abaisser le second sous un plus petit que lui.
Ordre des lits selon le Reich Galouta et selon la baraita citée plus loin par Rav Chechet.
7
אֲמַר לֵיהּ, וְכִי בָּעֵי אִישְׁתַּעוֹיֵי בַּהֲדֵיהּ, מְתָרֵיץ תָּרוֹצֵי וְיָתֵיב וּמִשְׁתַּעֵי בַּהֲדֵיהּ?! אֲמַר לֵיהּ: שָׁאנֵי פַּרְסַאי, דְּמַחְוֵי לֵיהּ בְּמָחוֹג.

Il lui dit : et lorsqu'il veut lui parler, doit-il se redresser, s'asseoir, et alors seulement lui parler ?! Il lui dit : les Perses sont différents, car ils lui font signe de la main.

📜 Rachi (3)
א"ל רַב שֵׁשֶׁת לְרֵישׁ גָּלוּתָא:
Rav Chechet au Reich Galouta.
וְכִי בָּעֵי אִשְׁתַּעוֹיֵי מְתָרֵיץ תֵּרוּצַי וְיָתֵיב וְאִם רָצָה הַגָּדוֹל לְדַבֵּר עִם שֵׁנִי לוֹ צָרִיךְ הוּא לִזְקֹוף עַצְמוֹ מִמְּסִיבָּתוֹ לֵישֵׁב זָקוּף דְּכָל זְמַן שֶׁהוּא מֻוטֶּה אֵינוֹ יָכוֹל לְדַבֵּר עִמּוֹ לְפִי שֶׁהַשֵּׁנִי לוֹ אֲחוֹרֵי רֹאשׁוֹ שֶׁל גָּדוֹל הוּא וּפְנֵי הַגָּדוֹל מְסֻובִּין לְצַד אַחֵר וְטוֹב לוֹ שֶׁיֵּשֵׁב שֵׁנִי לוֹ לְמַטָּה הֵימֶנּוּ וְיִשְׁמַע דְּבָרָיו כְּשֶׁהוּא מֻוטֶּה:
Si le plus grand veut parler avec celui qui vient après lui, il doit se redresser de sa position étendue pour s'asseoir droit ; tant qu'il est étendu, il ne peut lui parler, car le second se trouve derrière la tête du plus grand, dont le visage est tourné de l'autre côté. Il vaudrait mieux pour lui que le second s'étende au-dessous de lui et entende ses paroles pendant qu'il est étendu.
בְּמָחוֹג מַרְאִים בִּידֵיהֶם וּבְאֶצְבְּעוֹתֶיהָ' בִּרְמִיזָה:
Ils font signe de la main et des doigts.
💡 Explication

Objection de Rav Chechet, tirée de l'usage. Le convive étendu sur le côté gauche a le visage tourné vers le bas de la table ; celui qui est placé du côté de sa tête se trouve donc dans son dos. Lui parler oblige à quitter la position étendue.

La réponse du Reich Galouta déplace la difficulté : chez les Perses la communication à table passe par le geste, bemahog, et la place du second ne gêne donc personne. L'échange laisse ouverte la question de l'usage juif, que Rav Chechet tranchera par une baraita.

8
מַיִם רִאשׁוֹנִים מֵהֵיכָן מַתְחִילִין? אָמַר לֵיהּ: מִן הַגָּדוֹל.

Les premières eaux, par qui commence-t-on ? Il lui dit : par le plus grand.

📜 Rachi (1)
מַיִם רִאשׁוֹנִים מֵהֵיכָן מַתְחִילִין רַב שֵׁשֶׁת קא"ל לְרֵישׁ גָּלוּתָא מֵהֵיכָן מַתְחִילִין פַּרְסִיִּים מַיִם רִאשׁוֹנִים:
Rav Chechet dit au Reich Galouta : par qui les Perses commencent-ils les premières eaux ?
💡 Explication

Second point du protocole : le lavage des mains. Les mayim rishonim sont ceux d'avant le repas. Rav Chechet interroge sur l'ordre suivi, et la réponse désigne le plus grand comme premier servi.

9
יֵשֵׁב גָּדוֹל וְיִשְׁמֹור יָדָיו עַד שֶׁנּוֹטְלִין כֻּולָּן? אֲמַר לֵיהּ: לְאַלְתַּר מַיְיתוּ תַּכָּא קַמֵּיהּ.

Le plus grand restera-t-il assis à garder ses mains jusqu'à ce que tous se soient lavés ? Il lui dit : on lui apporte aussitôt sa table.

📜 Rachi (1)
לְאַלְתַּר מַייְתוּ תַּכָּא קַמֵּיהּ שֻׁלְחָן שֶׁלּוֹ מְבִיאִין מִיָּד לְפָנָיו וְאוֹכֵל וְלִפְנֵי כָּל אֶחָד וְאֶחָד הָיוּ מְבִיאִין שֻׁלְחָן קָטָן:
On lui apporte aussitôt sa table et il mange ; devant chacun on apportait une petite table.
💡 Explication

Objection sur la conséquence pratique. Dès lors qu'il s'est lavé, le plus grand doit garder ses mains pures et rester inactif tant que les autres n'ont pas fini ; la préséance devient une gêne.

La réponse repose sur une donnée matérielle : chaque convive disposait d'une petite table individuelle, le takka. On apporte donc la sienne au plus grand dès qu'il s'est lavé, et il commence à manger sans attendre.

10
מַיִם אַחֲרוֹנִים מֵהֵיכָן מַתְחִילִין? אָמַר לֵיהּ: מִן הַקָּטָן.

Les dernières eaux, par qui commence-t-on ? Il lui dit : par le plus petit.

💡 Explication

Les mayim aharonim sont ceux d'après le repas, avant le birkat hamazon. L'ordre s'inverse : on commence par le plus petit. La raison en sera donnée au segment suivant.

11
וְגָדוֹל יָתֵיב וְיָדָיו מְזֹוהָמוֹת עַד שֶׁנּוֹטְלִין כֻּולָּן? אֲמַר לֵיהּ: לָא מְסַלְּקִי תַּכָּא מִקַּמֵּיהּ עַד דְּנִימְטֵי מַיָּא לְגַבֵּיהּ.

Et le plus grand restera assis les mains souillées jusqu'à ce que tous se soient lavés ? Il lui dit : on n'ôte pas la table de devant lui jusqu'à ce que l'eau lui parvienne.

📜 Rachi (1)
לָא מְסַלְּקֵי תכא מִקַּמֵּי גָּדוֹל עַד דְּמָשׁוּ כּוּלְּהוּ וּבְעוֹד שֶׁהוּא אוֹכֵל הָאֲחֵרִים נוֹטְלִין מַיִם אַחֲרוֹנִים:
De devant le plus grand, jusqu'à ce que tous se soient lavés ; et pendant qu'il mange, les autres prennent les dernières eaux.
💡 Explication

Objection symétrique de la précédente. Servi en dernier, le plus grand devrait attendre les mains sales, ce qui est une autre forme de gêne.

La réponse repose de nouveau sur la table individuelle : on la laisse devant lui, donc il continue de manger pendant que les autres se lavent. La préséance inversée ne lui coûte alors rien.

12
אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: אֲנָא מַתְנִיתָא יָדַעְנָא, דְּתַנְיָא: כֵּיצַד סֵדֶר הַסִּבָּה? — בִּזְמַן שֶׁהֵן שְׁתֵּי מִטּוֹת — גָּדוֹל מֵסֵב בְּרֹאשׁ, וְשֵׁנִי לוֹ לְמַטָּה הֵימֶנּוּ. בִּזְמַן שֶׁהֵן שָׁלֹשׁ מִטּוֹת — גָּדוֹל מֵסֵב בְּרֹאשׁ, שֵׁנִי לוֹ לְמַעְלָה הֵימֶנּוּ, שְׁלִישִׁי לוֹ לְמַטָּה הֵימֶנּוּ. מַיִם הָרִאשׁוֹנִים מַתְחִילִין מִן הַגָּדוֹל. מַיִם אַחֲרוֹנִים, בִּזְמַן שֶׁהֵם חֲמִשָּׁה — מַתְחִילִין מִן הַגָּדוֹל, וּבִזְמַן שֶׁהֵם מֵאָה — מַתְחִילִין מִן הַקָּטָן עַד שֶׁמַּגִּיעִים אֵצֶל חֲמִישִּׁי, וְחוֹזְרִין וּמַתְחִילִין מִן הַגָּדוֹל. וְלִמְקוֹם שֶׁמַּיִם אַחֲרוֹנִים חוֹזְרִין — לְשֵׁם בְּרָכָה חוֹזֶרֶת.

Rav Chechet dit : moi, je connais une baraita, car il a été enseigné : quel est l'ordre de la position étendue ? Lorsqu'il y a deux lits, le plus grand s'étend en tête, et le second après lui au-dessous de lui.

Lorsqu'il y a trois lits, le plus grand s'étend en tête, le second après lui au-dessus de lui, et le troisième après lui au-dessous de lui. Les premières eaux, on commence par le plus grand.

Les dernières eaux : lorsqu'ils sont cinq, on commence par le plus grand ; lorsqu'ils sont cent, on commence par le plus petit jusqu'à ce que l'on parvienne au cinquième, puis on reprend et l'on commence par le plus grand. Et à l'endroit où reviennent les dernières eaux, la bénédiction revient elle aussi.

📜 Rachi (6)
שֵׁנִי לוֹ לְמַטָּה הֵימֶנּוּ שֶׁאִם הֻוצְרַךְ גָּדוֹל לְסַפֵּר עִמּוֹ לֹא יְהֵא צָרִיךְ לִזְקֹוף:
Ainsi, si le plus grand a besoin de parler avec lui, il n'aura pas à se redresser.
וּבִזְמַן שֶׁהֵם ג' שֵׁנִי לוֹ לְמַעְלָה הֵימֶנּוּ וְאִם בָּא לְסַפֵּר מְסַפֵּר עִם הַשְּׁלִישִׁי לוֹ וְאִם בָּא לְסַפֵּר עִם הַשֵּׁנִי לוֹ טוֹב הוּא שֶׁיִּזְקֹוף וְאַל יַשְׁפִּיל אֶת הַשֵּׁנִי לוֹ לִפְנֵי קָטָן מִמֶּנּוּ שֶׁיְּהֵא הוּא לְמַטָּה וְקָטָן מִמֶּנּוּ לְמַעְלָה הֵימֶנּוּ:
Et s'il vient à parler, il parle avec le troisième ; et s'il vient à parler avec le second, mieux vaut qu'il se redresse plutôt que d'abaisser le second devant un plus petit que lui, en le plaçant au-dessous tandis qu'un plus petit serait au-dessus de lui.
מַתְחִילִין מִן הַגָּדוֹל וּלְאַלְתַּר מְעַיְּילִי תַּכָּא קַמֵּיהּ:
Et l'on introduit aussitôt la table devant lui.
וּבִזְמַן שֶׁהֵם מֵאָה לָאו דַּוְקָא דְּה"ה עֲשָׂרָה וּלְכֹל יוֹתֵר מַה' שֶׁגְּנַאי הוּא שֶׁיְּסַלְּקוּ הַשֻּׁלְחָן מִלִּפְנֵי הַגָּדוֹל כְּשֶׁיִּטּוֹל יָדָיו וְיַמְתִּין שָׁם יוֹשֵׁב וּבָטֵל עַד שֶׁיִּטְּלוּ כֻּלָּם לְפִיכָךְ כְּשֶׁהֵם יוֹתֵר מֵחֲמִשָּׁה מַתְחִילִין מִן הַקָּטָן הַיּוֹשֵׁב בַּסּוֹף וְאֵין מְסַלְּקִין שֻׁלְחָן מִלִּפְנֵי הַגָּדוֹל עַד שֶׁיַּגִּיעוּ הַמַּיִם לַחֲמִשָּׁה שֶׁאֶצְלוֹ:
Ce nombre n'est pas restrictif : il en va de même pour dix et pour tout nombre supérieur à cinq, car il serait déshonorant que l'on ôte la table de devant le plus grand dès qu'il s'est lavé les mains et qu'il demeure là assis et desœuvre jusqu'à ce que tous se soient lavés. C'est pourquoi, lorsqu'ils sont plus de cinq, on commence par le plus petit, assis au bout, et l'on n'ôte pas la table de devant le plus grand jusqu'à ce que les eaux parviennent aux cinq qui se trouvent auprès de lui.
וְחוֹזְרִים וּמַתְחִילִין מִן הַגָּדוֹל וְנוֹטְלִין שֻׁלְחָן מִלְּפָנָיו:
Et l'on ôte la table de devant lui.
לִמְקוֹם שָׁמַיִם אַחֲרוֹנִים חוֹזְרִים כְּשֶׁמַּגִּיעִים לַחֲמִשָּׁה אִם נָטַל הַגָּדוֹל הוּא מְבָרֵךְ וְאִם צִוָּה לְאַחֵר לִיטֹּול קֹודֶם לוֹ הוּא מְבָרֵךְ:
Lorsqu'ils parviennent aux cinq : si le plus grand s'est lavé, c'est lui qui bénit ; et s'il a ordonné à un autre de se laver avant lui, c'est celui-là qui bénit.
💡 Explication

Rav Chechet oppose une baraita à l'usage perse. Sur deux points elle rejoint le Reich Galouta, sur un point elle le corrige : à deux lits, le second se place lemata, au-dessous du plus grand, ce qui répond exactement à l'objection posée plus haut. À trois lits, en revanche, la baraita rejoint l'usage perse, et Rachi explique pourquoi : abaisser le second sous un plus petit que lui serait un affront plus lourd que l'inconfort du plus grand.

La baraita ajoute une règle de seuil pour les mayim aharonim. À cinq convives ou moins, on part du plus grand. Au-delà, on part du plus petit et l'on remonte jusqu'au cinquième, puis on reprend par le plus grand — de sorte que celui-ci n'attende jamais plus de quatre personnes.

La dernière phrase relie le lavage à la bénédiction : le point où les dernières eaux reviennent au plus grand est aussi celui où se décide qui récitera le birkat hamazon.

🖼️ Schéma
Les dernières eaux : par qui commence-t-on, et qui bénit ? Jusqu'à cinq convives 1 2 3 4 5 le plus grand On commence par le plus grand : la table lui est reprise aussitôt, et il n'attend pas les autres. Il se lave le premier, donc il bénit. Au-delà de cinq (la baraita dit cent) 1 2 3 4 5 . . . . . . . . . . 99 100 le plus petit 1er temps : du plus petit vers le cinquième 2e temps : on reprend par le plus grand Motif donné par Rachi : il serait déshonorant d'ôter la table du grand et de le laisser attendre desœuvre. Règle commune : la bénédiction revient à l'endroit où reviennent les dernières eaux — celui qui se lave le premier parmi les cinq derniers bénit.
Le seuil de cinq convives dans la baraita et le lien entre le lavage final et la désignation de celui qui bénit.
13
מְסַייַּע לֵיהּ לְרַב, דְּאָמַר רַבִּי חִייָּא בַּר אָשֵׁי אָמַר רַב: כָּל הַנּוֹטֵל יָדָיו בָּאַחֲרוֹנָה תְּחִלָּה — הוּא מְזֻומָּן לִבְרָכָה.

Cela appuie l'avis de Rav, car Rabbi Hiya bar Achi a dit au nom de Rav : quiconque se lave les mains le premier pour les dernières eaux est désigné pour la bénédiction.

📜 Rachi (1)
הַנּוֹטֵל יָדָיו בָּאַחֲרוֹנָה תְּחִלָּה אוֹתוֹ שֶׁנּוֹטֵל בִּתְחִלַּת הַחֲמִשָּׁה אַחֲרוֹנִים קוֹרֵא תְּחִלָּה בָּאַחֲרוֹנָה:
Celui qui se lave au commencement des cinq derniers est celui que l'on appelle « le premier pour les dernières eaux ».
💡 Explication

La dernière ligne de la baraita confirme une règle énoncée par Rav. Le premier à se laver pour les mayim aharonim est mezouman leberakha, désigné pour réciter le birkat hamazon.

Rachi précise la mesure : dans une assemblée nombreuse, il s'agit du premier des cinq derniers, c'est-à-dire du plus grand, celui par qui le lavage reprend après avoir remonté la table.

14
רַב וְרַבִּי חִייָּא הֲווֹ יָתְבִי בִּסְעוֹדְתָּא קַמֵּיהּ דְּרַבִּי, אֲמַר לֵיהּ רַבִּי לְרַב: קוּם, מֶשִׁי יָדְךָ. חַזְייֵהּ דְּקָא מְרַתֵּת. אֲמַר לֵיהּ: בַּר פַּחֲתֵי, ״עַייֵּן בְּבִרְכַּת מְזוֹנָא״ קָאָמַר לָךְ.

Rav et Rabbi Hiya étaient assis à un repas devant Rabbi. Rabbi dit à Rav : lève-toi, lave tes mains.

Rabbi Hiya le vit qui tremblait. Il lui dit : fils de nobles, il te dit « revois le birkat hamazon ».

💡 Explication

Illustration narrative de la règle précédente. Rav entend l'ordre de se laver comme un reproche : on l'invite à nettoyer des mains salies par une conduite malséante à table. D'où son tremblement.

Rabbi Hiya lui donne la lecture exacte : puisque le premier à se laver mène le birkat hamazon, l'ordre de Rabbi est un honneur, et il vaut avertissement — que Rav se prépare à bénir. L'appellatif bar pahtei, fils de nobles, marque la haute naissance de Rav.

15
תָּנוּ רַבָּנַן: אֵין מְכַבְּדִין לֹא בִּדְרָכִים וְלֹא בִּגְשָׁרִים,

Nos maîtres ont enseigné : on ne cède pas le pas sur les routes ni sur les ponts,

📜 Rachi (2)
אֵין מְכַבְּדִין לוֹמַר הָיָה אַתָּה קוֹדֵם:
C'est-à-dire dire : passe le premier.
לֹא בַּדְּרָכִים הוֹלְכֵי דְּרָכִים לוֹמַר לַגָּדוֹל הֵימֶנּוּ לֵךְ לִפְנֵי:
Il s'agit de ceux qui font route, lorsqu'ils disent à plus grand qu'eux : marche devant moi.
🗂️ Tossefot (1)
אֵין מְכַבְּדִין וְכוּ' וא"ת הָא אָמְרִינַן בְּשַׁבָּת בְּפֶ' בַּמֶּה בְּהֵמָה (שַׁבָּת ד' נא:) לֵוִי וְרַב הוּנָא בַּר חִיָּיא הֲווֹ קָא אָזְלִי בְּאוֹרְחָא קַדְמֵהּ חֲמָרֵיהּ דְּרַב הוּנָא לְחַמְרָא דְּלֵוִי בָּעֵי רַב הוּנָא לְאַפּוֹקֵי מִדַּעְתֵּיהּ דְּלֵוִי כו' אַלְמָא מְכַבְּדִים בַּדְּרָכִים וי"ל כְּשֶׁיָּצְאוּ לַדֶּרֶךְ כְּאֶחָד מְכַבְּדִין בַּדְּרָכִים אֲבָל אִם כָּל אֶחָד יֵלֵךְ לְדַרְכּוֹ וּפָגְעוּ זֶה בָּזֶה וְאֵירַע לָהֶם דֶּרֶךְ לְמָקוֹם אֶחָד אֵין מְכַבְּדִים:
Si tu demandes : n'avons-nous pas dit dans Chabbat, chapitre Bame behema (51b), que Levi et Rav Houna bar Hiya faisaient route, que l'âne de Rav Houna passa devant celui de Levi, et que Rav Houna voulut sortir cela de l'esprit de Levi, etc. ? Il en ressort que l'on cède le pas sur les routes. On peut répondre : lorsqu'ils sont partis en chemin ensemble, on cède le pas sur les routes ; mais si chacun allait à ses affaires, qu'ils se sont rencontrés et qu'il leur est advenu de faire route vers un même lieu, on ne cède pas le pas.
⚖️ Rosh (2)
ת"ר מַהוּ אוֹמֵר בְּבֵית הָאָבֵל הַטּוֹב וְהַמֵּטִיב ר' עֲקִיבָא אוֹמֵר בָּרוּךְ דַּיַּין הָאֱמֶת ות"ק הַטּוֹב וְהַמֵּטִיב אִין דַּייַּן הָאֱמֶת לָא אֶלָּא אֵימָא אַף הַטּוֹב וְהַמֵּטִיב מָר זוּטְרָא אִיקְּלַע לְבֵי רַב אָשֵׁי אִיתְּרַע מִלְּתָא בִּבְרִיָּה פָּתַח וְאָמַר בָּרוּךְ אַתָּה ה' אֱ-לֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם הָאֵל הַחַי הַטּוֹב וְהַמֵּטִיב אֵל אֱמֶת דַּייַּן אֱמֶת שׁוֹפֵט צֶדֶק וְלוֹקֵחַ נְפָשׁוֹת בַּמִּשְׁפָּט שַׁלִּיט בְּעוֹלָמוֹ לַעֲשׂוֹת בּוֹ כִּרְצוֹנוֹ כִּי כָל דְּרָכָיו מִשְׁפָּט וַאֲנַחְנוּ עֲבָדָיו וְעַמּוֹ וּבַכֹּל אֲנַחְנוּ חַיָּיבִים לְהוֹדוֹת לוֹ וּלְבָרְכוֹ גּוֹדֵר פְּרָצוֹת יִשְׂרָאֵל הוּא יִגְדֹּור פִּרְצָה זֹאת מֵעָלֵינוּ וּמֵעַל הָאָבֵל הַזֶּה לְחַיִּים וּלְשָׁלוֹם הָרַחֲמָן הוּא יִמְלֹוךְ עָלֵינוּ לְעוֹלָם וָעֶד. בַּעַל ה"ג כָּתַב שֶׁאֵין לוֹמַר לוֹקֵחַ נְפָשׁוֹת בְּמִשְׁפָּט וְכֵן רַב אִלְפָּס לֹא כְּתָבוֹ בְּהִלְכוֹתָיו מִשּׁוּם דְּאָמְרִי' בְּשַׁבָּת פ' בַּמֶּה בְּהֵמָה (שַׁבָּת דַּף נה:) דְּיֵשׁ מִיתָה בְּלֹא חֵטְא וְיֵשׁ יִסּוּרִין בְּלֹא עָוֹן וְאֵין נִרְאֶה שֶׁאֵין לְמָחֲקוּ בְּכָךְ וְכֵן עַמָּא דְּבַר:
Nos maîtres ont enseigné : que dit-on dans la maison de l'endeuillé ? Hatov vehametiv. Rabbi Akiva dit : « Barouh dayan haemet ». Et pour le premier tana : hatov vehametiv oui, dayan haemet non ? Dis plutôt : hatov vehametiv aussi. Mar Zoutra se trouva chez Rav Achi ; un malheur survint pour son fils. Il ouvrit et dit : Béni sois-Tu, Hachem notre D.ieu, Roi de l'univers, le D.ieu vivant, bon et qui fait le bien, D.ieu de vérité, Juge de vérité, qui juge avec justice et qui prend les âmes selon le droit, qui gouverne Son monde pour y agir selon Sa volonté, car toutes Ses voies sont droit ; et nous sommes Ses serviteurs et Son peuple, et en toute chose nous sommes tenus de Le remercier et de Le bénir ; Lui qui répare les brèches d'Israël, qu'Il répare cette brèche-ci de dessus nous et de dessus cet endeuillé, pour la vie et pour la paix ; le Miséricordieux, qu'Il règne sur nous à tout jamais. Le Baal Halakhot Guedolot a écrit qu'il ne faut pas dire « qui prend les âmes selon le droit », et le Rif ne l'a pas non plus écrit dans ses lois, parce que nous disons dans Chabbat, chapitre Bame behema (55b), qu'il y a mort sans faute et souffrances sans péché. Cela ne paraît pas juste : il n'y a pas lieu de le rayer pour autant, et telle est la pratique du peuple.
ת"ר אֵין מְכַבְּדִין בַּדְּרָכִים וְלֹא בִּגְשָׁרִים וְלֹא בְּיָדַיִם מְזֹוהָמוֹת אֶלָּא בְּפֶתַח שֶׁרָאוּי לִמְזוּזָה אֵין מְכַבְּדִין בַּדְּרָכִים וא"ת הָא אָמְרִי' בְּשַׁבָּת פ' בַּמֶּה בְּהֵמָה (שַׁבָּת דַּף נא:) לֵוִי בְּרֵיהּ דְּרַב הוּנָא בַּר חִייָּא וְרַבָּה בַּר רַב הוּנָא הֲווֹ קָאָזְלִי בְּאוֹרְחָא קַדְמֵיהּ חַמְרֵיהּ דְּלֵוִי לְחַמְרֵיהּ דְּרַבָּה בַּר רַב הוּנָא בְּעָא לְאַפּוֹקֵי מִדַּעְתֵּיהּ דְּרַבָּה וְכוּ' אַלְמָא מַשְׁמַע שֶׁצָּרִיךְ לְכַבֵּד בַּדְּרָכִים וְאָמַר נָמֵי בְּפֶרֶק אָמַר לָהֶם הַמְמֻונֶּה (יוֹמָא דַּף לז.) וְכֵן מָצִינוּ בִּשְׁלֹשָׁה מַלְאָכִים שֶׁבָּאוּ אֵצֶל אַבְרָהָם מִיכָאֵל בָּאֶמְצַע וְגַבְרִיאֵל בִּימִינוֹ וּרְפָאֵל בִּשְׂמֹאלוֹ וי"ל אִם מִתְּחִלָּה נוֹעֲדוּ לָלֶכֶת יַחְדָּיו אָז מְכַבְּדִים אַף בַּדְּרָכִים אֲבָל אִם לֹא נִתְחַבְּרוּ יַחַד אֶלָּא פָּגְעוּ זֶה בָּזֶה וְהָיָה לָהֶם דֶּרֶךְ לִמְקַיֵּם אֶחָד אֵין צְרִיכִין לְכַבֵּד זֶה אֶת זֶה. וְלֹא בְּיָדַיִם מְזֹוהָמוֹת וְהָא דְּאָמְרִינַן לְעֵיל בִּזְמַן שֶׁהֵן חֲמִשָּׁה מַתְחִילִין מִן הַגָּדוֹל הַייְנוּ מִשּׁוּם כְּבוֹד הַבְּרָכָה אֲבָל לְאַחַר שֶׁרָחַץ הַגָּדוֹל אֵין צְרִיכִין לְכַבֵּד זֶה אֶת זֶה:
Nos maîtres ont enseigné : on ne cède pas le pas sur les routes, ni sur les ponts, ni avec des mains souillées, mais seulement à une porte qui mérite une mezouza. « On ne cède pas le pas sur les routes » : si tu demandes, n'avons-nous pas dit dans Chabbat, chapitre Bame behema (51b), que Levi fils de Rav Houna bar Hiya et Raba bar Rav Houna faisaient route, que l'âne de Levi passa devant celui de Raba bar Rav Houna et qu'il voulut sortir cela de l'esprit de Raba, etc. ? Il en ressort qu'il faut céder le pas sur les routes. On dit également, au chapitre Amar lahem hamemouneh (Yoma 37a) : ainsi trouvons-nous chez les trois anges venus auprès d'Avraham, Mikhael au milieu, Gavriel à sa droite et Refael à sa gauche. On peut répondre : s'ils se sont accordés dès le départ pour marcher ensemble, on cède le pas même sur les routes ; mais s'ils ne se sont pas joints et se sont seulement rencontrés, ayant chemin vers un même lieu, ils n'ont pas à se céder le pas l'un à l'autre. « Ni avec des mains souillées » : quant à ce que nous avons dit plus haut, que lorsqu'ils sont cinq on commence par le plus grand, cela tient à l'honneur de la bénédiction ; mais une fois que le plus grand s'est lavé, ils n'ont plus à se céder le pas les uns aux autres.
💡 Explication

Nouvelle baraita, qui prolonge la question de la préséance à table. La règle générale veut que l'on honore le plus grand en le laissant passer devant. Elle connaît des exceptions, et le daf s'interrompt sur les deux premières : les routes et les ponts.

Rachi définit le geste : dire à l'autre « passe le premier ». Les Tossefot opposent un récit de Chabbat 51b où l'on cède le pas en chemin, et distinguent : la déférence vaut entre compagnons de route partis ensemble, elle ne vaut pas entre gens qui se croisent par hasard. Le Roch reprend cette distinction, cite la suite de la baraita — mains souillées, porte digne d'une mezouza — et rattache la règle des cinq convives à l'honneur de la bénédiction.

🖼️ Schéma
Où cède-t-on le pas, et où ne le cède-t-on pas ? La baraita s'ouvre ici et se poursuit au recto suivant ; le Roch en donne la suite. On ne cède pas le pas sur les routes sur les ponts avec des mains souillées (Roch) Lieux où la déférence gêne le passage ou le repas. On cède le pas à une porte qui mérite une mezouza Lieu fixe, où l'ordre de passage se voit et où l'attente ne gêne personne. Distinction des Tossefot et du Roch : deux hommes partis ensemble se cèdent le pas même en chemin ; deux hommes qui se rencontrent par hasard et vont au même endroit n'ont pas à se céder le pas.
Les lieux où la déférence cède devant la commodité, et la distinction des Tossefot et du Roch.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).