Berakhot 64a — Forcer l'heure où s'effacer devant elle, les formules de congé, et la paix qui achève le traité

Berakhot 64a

Sougya : Le folio achève d'abord le compte des enfants d'Oved-Edom commencé au folio précédent, puis ouvre une série de paroles de Rabbi Avin HaLevi. La première pose une règle de conduite : qui force l'heure, l'heure le force ; qui s'efface devant l'heure, l'heure s'efface devant lui.

La guemara l'illustre par le choix entre Rabba et Rav Yossef à la tête de la yechiva : Erets Israël répond que Sinaï passe avant celui qui arrache des montagnes, et Rav Yossef refuse pourtant la charge à cause d'une annonce des astrologues chaldéens ; il régnera finalement deux ans et demi, après les vingt-deux ans de Rabba. Viennent ensuite quatre autres paroles du même maître : Yaacov comme maître de la poutre qui doit prier pour ses fils, le repas partagé avec un talmid 'hakham comparé à l'éclat de la Chekhina, et les deux formules de congé, lekh le-chalom pour un vivant et lekh be-chalom pour un mort.

Le traité se ferme sur trois énoncés enchaînés par le même verset des Psaumes : celui qui passe de la synagogue au beit hamidrach reçoit la face de la Chekhina, les talmidei hakhamim n'ont de repos ni en ce monde ni dans le monde à venir, et ils augmentent la paix dans le monde.

Forcer l'heure, où s'effacer devant elle Dohéak et hachaa : forcer l'heure Règle : l'heure le force à son tour. Exemple de Rachi : Avchalom, qui voulut régner par la force. Résultat : il partit et fut pendu. Il perdit la chose même qu'il voulait prendre. Nidhé mipnei hachaa : s'effacer Règle : l'heure s'efface devant lui. Exemple de la guemara : Rav Yossef, désigné premier et qui refuse. Résultat : Rabba règne vingt-deux ans, puis Rav Yossef deux ans et demi. La question envoyée en Erets Israël Sinaï (Rav Yossef, qui connaît à fond les baraitot) ou celui qui arrache des montagnes (Rabba, aiguisé dans le pilpoul) : lequel passe le premier ? Réponse : Sinaï passe le premier Motif : tous ont besoin du maître du blé. Ce qui fait reculer Rav Yossef Les Chaldéens : tu régneras deux ans. Il craint de les épuiser tout de suite.
La règle de Rabbi Avin HaLevi et son illustration : la décision d'Erets Israël donnait la charge à Rav Yossef, et il l'a laissée passer.
Les deux formules de congé : le-chalom et be-chalom À un vivant : lekh le-chalom Littéralement : va vers la paix. Preuve : Yitro dit ainsi à Moche. Moche monta et réussit. Ben Ich Haï : la formule promet la paix au but, donc aussi l'arrivée au but. À un mort : lekh be-chalom Littéralement : va dans la paix. Preuve : et toi, tu viendras vers tes pères be-chalom. Rachi : il s'agit de ceux qui accompagnent le cercueil puis s'en retournent. Le contre-exemple : David à Avchalom Il lui dit lekh be-chalom, la formule réservée au mort ; Avchalom partit et fut pendu. Le motif proposé par le Ben Ich Haï Be-chalom laisse entendre que le trajet seul sera paisible ; le-chalom vise le lieu où l'on arrive. Pour un mort, le trajet est achevé.
Deux prépositions, deux destinataires. La difficulté de David sur Avchalom occupe toute la glose du Ben Ich Haï.
La dernière colonne : cinq paroles d'un maître, puis trois énoncés sur la paix Rabbi Avin HaLevi — cinq paroles enchaînées 1. Qui force l'heure, l'heure le force. 2. Le D.ieu de Yaacov : le maître de la poutre entre dans son épaisseur, donc Yaacov prie pour ses fils. 3. Le repas où se trouve un talmid 'hakham vaut l'éclat de la Chekhina. 4 et 5. Lekh le-chalom à un vivant, lekh be-chalom à un mort. Rabbi Levi bar Hiya De la synagogue au beit hamidrach, et il étudie : il reçoit la face de la Chekhina. Verset : ils vont de force en force. Rav Les talmidei hakhamim n'ont de repos ni en ce monde ni dans le monde à venir. Même verset, lu comme une marche sans fin. Rabbi Hanina Les talmidei hakhamim augmentent la paix dans le monde. Al tikri banayikh ela bonayikh. La clôture du traité Cinq versets de paix se suivent, et le dernier mot du traité Berakhot est chalom.
Le même verset des Psaumes sert deux fois de suite, puis la série de versets de paix ferme la massekhet.
1
שֶׁנֶּאֱמַר: ״פָּעַלְתִּי הַשְּׁמִינִי״, וּכְתִיב ״כִּי בָּרְכוּ אֱ-לֹהִים״. ״כָּל אֵלֶּה מִבְּנֵי עֹבֵד אֱדֹם הֵמָּה וּבְנֵיהֶם וַאֲחֵיהֶם אִישׁ חַיִל בַּכֹּחַ לַעֲבֹדָה שִׁשִּׁים וּשְׁנַיִם לְעֹבֵד אֱדֹם״.

car il est dit : Péoulétaï le huitième, et il est écrit : car D.ieu l'avait béni. Tous ceux-là étaient des fils d'Oved-Edom, eux, leurs fils et leurs frères, hommes vaillants par la force pour le service : soixante-deux à Oved-Edom.

📜 Rachi (1)
שֶׁנֶּאֱמַר פְּעֻלְּתַי הַשְּׁמִינִי בְּנֵי עוֹבֵד אֱדוֹם קָא חֲשִׁיב בְּדִבְרֵי הַיָּמִים וְקָא חֲשִׁיב תְּמָנְיָא וְהִיא תְּשִׁיעִית כָּל אַחַת יָלְדָה שִׁשָּׁה הֵם חֲמִשִּׁים וְאַרְבַּע הוֹסִיף עֲלֵיהֶם שְׁמוֹנָה בָּנִים הָרִאשׁוֹנִים הֲרֵי שִׁשִּׁים וּשְׁנַיִם לְעֹובֵד אֱדֹום:
L'Écriture énumère les fils d'Oved-Edom dans les Chroniques et en compte huit ; et elle [l'épouse d'Oved-Edom] est la neuvième. Chacune a enfanté six, ce qui fait cinquante-quatre ; on y ajoute les huit premiers fils, et l'on a bien soixante-deux pour Oved-Edom.
💡 Explication

Le folio précédent affirmait que la bénédiction reçue par Oved-Edom consista en ce que ses neuf femmes enfantèrent chacune six fils. Ce segment produit le compte chiffré qui vérifie l'affirmation, à partir de deux versets des Chroniques.

Le calcul de Rachi : huit fils sont nommés, la neuvième femme étant celle d'Oved-Edom lui-même ; neuf fois six font cinquante-quatre, auxquels s'ajoutent les huit premiers fils, soit les soixante-deux du verset. Le chiffre du texte confirme donc la lecture aggadique.

2
אָמַר רַבִּי אָבִין הַלֵּוִי: כָּל הַדּוֹחֵק אֶת הַשָּׁעָה — שָׁעָה דּוֹחַקְתּוֹ. וְכָל הַנִּדְחֶה מִפְּנֵי הַשָּׁעָה — שָׁעָה נִדַּחַת מִפָּנָיו.

Rabbi Avin HaLevi a dit : quiconque force l'heure, l'heure le force ; et quiconque s'efface devant l'heure, l'heure s'efface devant lui.

📜 Rachi (1)
הַדּוֹחֵק אֶת הַשָּׁעָה כְּגוֹן אַבְשָׁלוֹם שֶׁבִּקֵּשׁ לִמְלֹוךְ בַּחֲזָקָה:
Celui qui force l'heure : par exemple Avchalom, qui voulut régner par la force.
💡 Explication

La chaa (l'heure, le moment favorable) est traitée comme une puissance à laquelle on peut se soumettre ou que l'on peut brusquer. La règle est énoncée sous forme de mesure pour mesure, avec le même verbe employé dans les deux sens.

Rachi donne aussitôt le cas négatif : Avchalom a voulu prendre la royauté avant son heure, et l'a perdue. La guemara donnera ensuite le cas positif, celui de Rav Yossef.

3
מִדְּרַבָּה וְרַב יוֹסֵף. דְּרַב יוֹסֵף סִינַי וְרַבָּה עוֹקֵר הָרִים, אִצְטְרִיכָא לְהוּ שַׁעְתָּא. שָׁלְחוּ לְהָתָם: סִינַי וְעוֹקֵר הָרִים, אֵיזֶה מֵהֶם קוֹדֵם? שְׁלַחוּ לְהוּ: סִינַי קוֹדֵם, שֶׁהַכֹּל צְרִיכִין לְמָרֵי חִטַּיָּא. אַף עַל פִּי כֵּן לֹא קִבֵּל עָלָיו רַב יוֹסֵף, דְּאָמְרִי לֵיהּ כַּלְדָּאֵי: מִלֶּכֶת תַּרְתֵּין שְׁנִין.

On le déduit de Rabba et de Rav Yossef. Car Rav Yossef était Sinaï et Rabba arrachait des montagnes, et l'heure vint où l'on eut besoin d'eux.

Ils envoyèrent demander là-bas [en Erets Israël] : Sinaï et celui qui arrache des montagnes, lequel des deux passe le premier ? Ils leur répondirent : Sinaï passe le premier, car tous ont besoin du maître du blé.

Malgré cela, Rav Yossef n'accepta pas la charge, car les astrologues chaldéens lui avaient dit : tu régneras deux ans.

📜 Rachi (6)
אִצְטְרִיכָא לְהוּ שַׁעְתָּא לִהְיוֹת אֶחָד מֵהֶם רֹאשׁ יְשִׁיבָה. אִצְטְרִיכָא לְהוּ גָּרְסִי' הֻוצְרְכוּ לָהֶם חֲכָמִים:
L'heure vint où l'on eut besoin d'eux : pour que l'un des deux devienne chef de la yechiva. On lit itstrikha lehou : les sages eurent besoin d'eux.
סִינַי הָיוּ קוֹרִין לְרַב יוֹסֵף שֶׁהָיָה בָּקִי בַּבָּרָיְיתוֹת הַרְבֵּה:
Sinaï : on appelait ainsi Rav Yossef, qui connaissait à fond de nombreuses baraitot.
עוֹקֵר הָרִים לְרַבָּה בַּר נַחְמָנִי שֶׁהָיָה מְחֻודָּד יוֹתֵר בְּפִלְפּוּל:
Celui qui arrache des montagnes : c'est Rabba bar Nahmani, qui était plus aiguisé dans le pilpoul.
לְמָרֵי חִטַּיָּא לְמִי שֶׁקִּבֵּץ תְּבוּאָה לִמְכֹּור כְּלוֹמַר לְמִי שֶׁקִּבֵּץ שְׁמוּעוֹת:
Au maître du blé : celui qui a amassé du grain pour le vendre, c'est-à-dire celui qui a amassé des traditions reçues.
דְּאָמְרִי לֵיהּ כַּלְדָּאֵי לְרַב יוֹסֵף:
Les Chaldéens lui avaient dit : à Rav Yossef.
מִלֶּכֶת תַּרְתֵּין שְׁנִין אָמַר אִם אֶמְלוֹךְ תְּחִלָּה אָמוּת לְסוֹף שְׁנָתַיִם וְנִדְחָה מִפְּנֵי הַשָּׁעָה וְלֹא אָבָה לִמְלֹוךְ וְהַשָּׁעָה עָמְדָה לוֹ שֶׁלֹּא הִפְסִיד שְׁנוֹתָיו בְּכָךְ:
Tu régneras deux ans : il se dit que s'il régnait le premier, il mourrait au bout de deux ans. Il s'effaça donc devant l'heure et ne voulut pas régner ; et l'heure se tint à ses côtés, de sorte qu'il n'y perdit rien de ses années.
💡 Explication

Deux surnoms d'école se font face. Sinaï désigne celui dont la mémoire porte les enseignements reçus ; oker harim, celui qui arrache des montagnes, désigne la force dialectique. La question envoyée en Erets Israël porte sur la préséance pour la direction de la yechiva.

La réponse tranche pour Sinaï, avec une image de marché : on va chez le mari hittaya, le propriétaire du blé, parce que la marchandise est chez lui. Sans le fonds transmis, l'analyse n'a pas de matière.

Le refus de Rav Yossef fournit l'illustration attendue de la règle. Il tient une annonce des kaldaei (les astrologues chaldéens) lui promettant deux ans de direction, et il préfère ne pas consommer ces deux ans tout de suite.

🖼️ Schéma
Sinaï et celui qui arrache des montagnes : deux formes de savoir Sinaï — Rav Yossef Il connaît à fond les baraitot : le stock des traditions reçues. Image de la guemara : le maître du blé, celui chez qui tout le monde vient acheter. Oker harim — Rabba Il est plus aiguisé dans le pilpoul : la puissance d'analyse. Il déplace les difficultés, mais il faut d'abord posséder la matière. Tranchée d'Erets Israël : Sinaï passe le premier Motif : tous ont besoin du maître du blé. La transmission du fonds précède l'art de le discuter. Rav Yossef ne se prévaut pourtant pas de cette réponse : c'est là que se vérifie la règle de Rabbi Avin HaLevi.
Les deux titres, la réponse d'Erets Israël, et le refus de Rav Yossef.
4
מְלַךְ רַבָּה עֶשְׂרִין וְתַרְתֵּין שְׁנִין, מְלַךְ רַב יוֹסֵף תַּרְתֵּין שְׁנִין וּפַלְגָא.

Rabba régna vingt-deux ans ; Rav Yossef régna deux ans et demi.

💡 Explication

Le chiffre vérifie la seconde moitié de la règle. Rav Yossef n'a rien perdu : il a reçu les deux années annoncées, et une demi-année de plus, après les vingt-deux ans de Rabba. L'heure s'est effacée devant celui qui s'était effacé devant elle.

5
כֹּל הָנָךְ שְׁנֵי דִּמְלַךְ רַבָּה, אֲפִילּוּ אֻומָּנָא לְבֵיתֵיהּ לָא קְרָא.

Toutes ces années où Rabba régna, [Rav Yossef] n'appela même pas le saigneur à sa maison.

📜 Rachi (1)
אֻומָּנָא לְבֵיתֵיהּ לָא קְרָא לֹא נָהַג כָּל אוֹתָן הַשָּׁנִים שׁוּם צַד שְׂרָרָה וּכְשֶׁהָיָה צָרִיךְ לְהַקִּיז דָּם הָיָה הוֹלֵךְ לְבֵית הָרוֹפֵא וְלֹא הָיָה שׁוֹלֵחַ לָבֹא אֵלָיו:
Il n'appela pas le saigneur chez lui : durant toutes ces années il n'exerça aucune forme d'autorité ; quand il avait besoin d'une saignée, il se rendait chez le médecin et n'envoyait pas le chercher.
🪔 Ben Yehoyada (1)
כֹּל הָנָךְ שְׁנֵי דִּמְלַךְ רַבָּה אֲפִלּוּ אֻומָּנָא לְבֵיתֵיהּ לָא קְרָא. לְפִי פֵּירוּשׁ רָשִׁ"י זַ"ל צ"ל כִּי מִפְּנֵי שֶׁבְּאוֹתוֹ הַיָּמִים הָיוּ מוֹצִיאִין כָּל הַדָּם בְּהַקָּזָה, וְצָרִיךְ לָזֶה חָכָם גָּדוֹל שֶׁמֵּבִין הֵיטֵב בִּמְלָאכָה זוֹ, לְכָךְ הָיוּ הָאֻומָּנִים הָאֵלֶּה מוּעָטִין וְהַנְּקָזִין רַבִּים הֵם, עַל כֵּן מֻוכְרָח שֶׁכָּל הָרוֹצֶה לְהַקִּיז הוּא יֵלֵךְ לְבֵית הָאֻומָּן, וְרַק שַׂר וְגָדוֹל יָבֹא הָאֻומָּן לְבֵיתוֹ וְלֹא יֵלֵךְ הוּא, וְרַב יוֹסֵף לֹא נָהַג אֲפִילּוּ בִּשְׂרָרָה כָּזוֹ אֶלָּא הָיָה הוֹלֵךְ לְבֵית הָאֻומָּן לְהַקִּיז, וְרָצָה לְכַבֵּד אֶת רַבָּה בָּזֶה שֶׁהָיוּ הָעוֹלָם אוֹמְרִים דְּרַב יוֹסֵף גָּדוֹל בַּתּוֹרָה מֵרַבָּה וְהָא דְּמֶלֶךְ רַבָּה מִשּׁוּם דְּאָמְרִי כַּלְדָּאֵי הָכִי, וְלָכֵן ר"י דָּחָה עַצְמוֹ לְטוֹבָתוֹ עַל כֵּן בִּזְמַן רַבָּה לֹא נָהַג ר"י אֲפִילּוּ בִּשְׂרָרָה דְּאָז מוּכָח מִזֶּה דְּהוּא מַחְשִׁיב עַצְמוֹ קָטָן מַרְבֶּה בַּתּוֹרָה, וְלָכֵן נָהַג כִּשְׁאָר חֲכָמִים פְּשׁוּטִים דְּאָזְלִי לְבֵית הָאֻומָּן, וְהָא דְּסוֹף מֶלֶךְ ר"י תְּרֵין וּפֶלֶא וְכַלְדָּאֵי אָמְרִי תְּרֵין, נִרְאֶה הוֹסִיף חֲצִי שָׁנָה בִּגְדוֹלָה בְּשָׂכָר שֶׁנִּדְחָה מִפְּנֵי הַשָּׁעָה, אִי נָמֵי הַכַּלְדָּאֵי לֹא חָשְׁבוּ הַחֵצִי שָׁנָה כֵּיוָן דְּלָא בָּאוּ לִכְלַל שָׁנָה.
Toutes ces années où Rabba régna, il n'appela même pas le saigneur à sa maison. Selon l'explication de Rachi, il faut dire ceci : en ces jours-là on retirait tout le sang par la saignée, ce qui exigeait un homme de grand savoir, connaissant bien ce métier ; aussi ces praticiens étaient-ils peu nombreux et ceux qui se faisaient saigner nombreux. Il en résultait nécessairement que quiconque voulait se faire saigner devait aller chez le praticien, et que seul un dignitaire ou un grand voyait le praticien venir chez lui sans avoir à se déplacer. Or Rav Yossef n'exerça même pas une autorité de ce genre : il allait lui-même chez le praticien pour se faire saigner. Il voulait par là honorer Rabba, car le monde disait que Rav Yossef était plus grand que Rabba en Torah et que si Rabba régnait, c'était à cause de ce qu'avaient annoncé les Chaldéens, Rav Yossef s'étant effacé pour son propre bien. C'est pourquoi, du temps de Rabba, Rav Yossef n'exerça pas la moindre autorité, car cela prouvait qu'il se tenait lui-même pour plus petit que Rabba en Torah ; il se conduisit donc comme les autres sages ordinaires, qui vont chez le praticien. Quant au fait qu'à la fin Rav Yossef régna deux ans et demi alors que les Chaldéens avaient dit deux ans, il semble qu'une demi-année de grandeur lui fut ajoutée en salaire de ce qu'il s'était effacé devant l'heure ; où bien les Chaldéens n'ont pas compté cette demi-année, puisqu'elle ne formait pas une année entière.
💡 Explication

La guemara mesure l'effacement de Rav Yossef à un détail domestique. L'ouman est le saigneur ; faire venir chez soi un praticien rare relevait déjà d'un privilège de rang. Rav Yossef s'en est privé pendant vingt-deux ans.

Le Ben Ich Haï explique pourquoi ce détail est probant : la démarche chez le praticien était la conduite ordinaire, et l'inverse la marque d'un dignitaire. En s'y tenant, Rav Yossef signifiait publiquement qu'il se plaçait au-dessous de Rabba. Il ajoute une lecture de la demi-année supplémentaire, comprise comme un salaire.

6
וְאָמַר רַבִּי אָבִין הַלֵּוִי: מַאי דִכְתִיב ״יַעַנְךָ ה׳ בְּיוֹם צָרָה יְשַׂגֶּבְךָ שֵׁם אֱ-לֹהֵי יַעֲקֹב״, אֱ-לֹהֵי יַעֲקֹב וְלֹא אֱ-לֹהֵי אַבְרָהָם וְיִצְחָק? מִכָּאן לְבַעַל הַקּוֹרָה שֶׁיִּכָּנֵס בְּעָבְיָהּ שֶׁל קוֹרָה.

Et Rabbi Avin HaLevi a dit : que signifie ce qui est écrit : Que ה' te réponde au jour de détresse, que le nom du D.ieu de Yaacov te mette en hauteur ? Le D.ieu de Yaacov, et non le D.ieu d'Avraham et de Yits'hak ?

De là on apprend que le maître de la poutre doit entrer dans l'épaisseur de la poutre.

📜 Rachi (1)
שֶׁיֹּאחַז בְּעֹובִי הַקּוֹרָה אִם בָּא לְטַלְטְלָהּ מִמָּקוֹם לְמָקוֹם לְתִתָּהּ בַּבִּנְיָן כְּלוֹמַר יַעֲקֹב שֶׁכָּל הַבָּנִים שֶׁלּוֹ וְטָרַח בְּגִידּוּלָם יְבַקֵּשׁ עֲלֵיהֶם רַחֲמִים:
Qu'il saisisse la poutre par son épaisseur : s'il vient à la déplacer d'un lieu à un autre pour la poser dans la construction. C'est-à-dire : Yaacov, dont tous ces fils sont issus et qui a peiné à les élever, qu'il demande miséricorde pour eux.
🪔 Ben Yehoyada (1)
מִכָּאן לְבַעַל הַקּוֹרָה שֶׁיִּכָּנֵס בְּעָבְיָהּ שֶׁל קוֹרָה. יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת לָמָּה קָרֵי לְיַעֲקֹב אָבִינוּ ע"ה בַּעַל הַקּוֹרָה טְפֵי מֵאֲבוֹתֵינוּ אַבְרָהָם וְיִצְחָק? וְעוֹד לָמָּה עָשׂוּ הַמָּשָׁל בְּקוֹרָה וְלֹא בְּמַשּׂוֹי אַחֵר? וְעוֹד מָה עִנְיַן אוֹמְרָם שֶׁיִּכָּנֵס בְּעָובְיָהּ וַהֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר שֶׁיִּשָּׂא הַקּוֹרָה? וְנִרְאֶה לִי בס"ד כִּי יַעֲקֹב אָבִינוּ ע"ה אֲחִיזָתוֹ בְּתִפְאֶרֶת שֶׁהוּא קַו הָאֶמְצָעִי הַנִּקְרָא גּוּפָא, אֲבָל אַבְרָהָם וְיִצְחָק אֲחִיזָתָם בְּחֶסֶד וּגְבוּרָה הַנִּקְרָאִים יָדַיִם, כמ"ש בַּזֹּוהַר הַקָּדוֹשׁ חֶסֶד דְּרוּעָא יַמִּינָא גְּבוּרָה דְּרוּעָא שְׂמָאלָא תִּפְאֶרֶת גּוּפָא. נִמְצָא הַתִּפְאֶרֶת הִיא דֻּוגְמַת הַקּוֹרָה שֶׁסּוֹמְכִין עָלֶיהָ עֵצִים מִכָּאן וּמִכָּאן וְלָכֵן קָרוּ לְיַעֲקֹב אָבִינוּ ע"ה בַּעַל הַקּוֹרָה, ומ"ש שֶׁיִּכָּנֵס בְּעֻובָּה שֶׁל קוֹרָה הִנֵּה הָעֹובִי הוּא רֶמֶז עַל הַמִּילּוּי, כִּי מִילּוּי הָאוֹת הוּא עֳובִי הָאוֹת, וְהִנֵּה אוֹתִיּוֹת קוֹרָה בְּמִילּוֹאָם כָּזֶה ק ו"ף ו י"ו ר י"ש הַ" ה [417] הַמִּילּוּי לְבַדּוֹ עוֹלֶה מִסְפַּר זַיִת [417] , וְיָדוּעַ שֶׁאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל יִשְׂרָאֵל נִמְשְׁלוּ לְזַיִת מַה זַיִת בֵּין בָּסְוָותָא בֵּין בְּקַייְטָא לָא אִתְאֲבִידוּ טַרְפּוּי, כֵּן יִשְׂרָאֵל אֲפִילּוּ קְטַנִּים שֶׁבָּהֶם אֵין לָהֶם בִּיטּוּל לֹא בָּעוֹלָם הַזֶּה וְלֹא בָּעוֹלָם הַבָּא, וְלָזֶה אָמַר עַל יַעֲקֹב אָבִינוּ ע"ה הוּא יִכָּנֵס בְּעָובְיָהּ שֶׁל קוֹרָה הָרוֹמֵז לְיִשְׂרָאֵל, כְּלוֹמַר זְכוּתוֹ יַעֲמוֹד לָהֶם מִפְּנֵי שֶׁאִם יַעֲמוֹד זְכוּת אַבְרָהָם וְיִצְחָק בְּעֵת צָרָה יִהְיֶה לָזֶה תּוֹבְעִין אֲחֵרִים שֶׁהֵם עֵשָׂו וְיִשְׁמָעֵאל לְכָךְ נֶאֱמַר עַל עֵת צָרָה (תְּהִלִּים ב' ב') יְשַׂגֶּבְךָ שֵׁם אֱ-לֹהֵי יַעֲקֹב.
De là on apprend que le maître de la poutre doit entrer dans l'épaisseur de la poutre. Il y a lieu de demander : pourquoi appeler Yaacov notre père le maître de la poutre plutôt qu'Avraham et Yits'hak nos pères ? Ensuite, pourquoi avoir pris l'image d'une poutre et non d'une autre charge ? Enfin, que veut dire qu'il entre dans son épaisseur, alors qu'il aurait fallu dire qu'il porte la poutre ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, que Yaacov notre père a sa prise dans le tiferet, qui est la ligne médiane appelée le corps, tandis qu'Avraham et Yits'hak ont leur prise dans le 'hessed et la guevoura, appelés les bras, comme il est écrit dans le saint Zohar : le 'hessed est le bras droit, la guevoura le bras gauche, le tiferet le corps. Il se trouve donc que le tiferet est à l'image de la poutre sur laquelle on appuie des bois de part et d'autre, et c'est pourquoi on a appelé Yaacov notre père le maître de la poutre. Quant à l'expression qu'il entre dans l'épaisseur de la poutre : l'épaisseur fait allusion au milouy (l'épellation pleine d'une lettre), car le milouy de la lettre en est l'épaisseur. Or les lettres de kora (poutre) prises dans leur milouy, kouf épelé kouf-vav-fé, vav épelé vav-youd-vav, rech épelé rech-youd-chin et hé épelé hé-hé, donnent, pour les seules lettres du milouy, le nombre 417, qui est celui de zayit (l'olive). Et l'on sait que nos maîtres ont dit : Israël est comparé à l'olivier ; de même que l'olivier ne perd ses feuilles ni en hiver ni en été, ainsi Israël, même les plus petits d'entre eux, n'a pas d'anéantissement, ni en ce monde ni dans le monde à venir. C'est pourquoi il a été dit de Yaacov notre père qu'il entre dans l'épaisseur de la poutre, laquelle fait allusion à Israël : autrement dit, que son mérite tienne pour eux. Car si le mérite d'Avraham et de Yits'hak se levait au temps de la détresse, d'autres viendraient réclamer leur part, à savoir Essav et Yichmael ; c'est pourquoi il est dit à propos du temps de détresse : que le nom du D.ieu de Yaacov te mette en hauteur.
💡 Explication

La question part d'une anomalie du verset : le secours du jour de détresse est rattaché au seul D.ieu de Yaacov. La réponse est une maxime de métier, baal hakora, le propriétaire de la poutre, doit se placer du côté épais.

Rachi donne le sens direct : celui qui a fait la construction en porte la part lourde. Yaacov, dont les douze tribus sortent entièrement, est celui à qui revient de prier pour eux au moment du danger.

Le Ben Ich Haï ajoute deux raisons à l'image. Yaacov correspond au tiferet, la colonne centrale appelée le corps, qui soutient de part et d'autre comme une poutre. Et le milouy du mot kora vaut zayit : le mérite de Yaacov couvre Israël sans qu'Essav ou Yichmael puissent y réclamer une part.

🖼️ Schéma
Pourquoi le D.ieu de Yaacov, et non celui d'Avraham et de Yits'hak Le verset ne nomme qu'un seul patriarche au jour de détresse. La guemara en tire une règle de conduite. Règle : le maître de la poutre entre dans son épaisseur, c'est-à-dire prend la partie lourde de la charge. Lecture de Rachi : le bâtisseur Celui qui pose la poutre dans la construction la saisit par le gros bout. Application : Yaacov a engendré et élevé tous les fils, donc c'est à lui de demander miséricorde pour eux. Lecture du Ben Ich Haï : le sod Avraham et Yits'hak : 'hessed et guevoura, appelés les bras. Yaacov : tiferet, le corps. La poutre est ce sur quoi on appuie les bois des deux côtés, donc le corps central. Milouy de kora = 417 = zayit, l'olivier d'Israël.
Deux voies pour la même image : la charge que porte le propriétaire, et la place de Yaacov au centre.
7
וְאָמַר רַבִּי אָבִין הַלֵּוִי: כָּל הַנֶּהֱנֶה מִסְּעוּדָה שֶׁתַּלְמִיד חָכָם שָׁרוּי בְּתוֹכָהּ, כְּאִילּוּ נֶהֱנֶה מִזִּיו שְׁכִינָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיָּבֹא אַהֲרֹן וְכֹל זִקְנֵי יִשְׂרָאֵל לֶאֱכָל לֶחֶם עִם חֹתֵן מֹשֶׁה לִפְנֵי הָאֱ-לֹהִים״, וְכִי לִפְנֵי אֱ-לֹהִים אָכְלוּ? וַהֲלֹא לִפְנֵי מֹשֶׁה אָכְלוּ!

Et Rabbi Avin HaLevi a dit : quiconque tire profit d'un repas au sein duquel se trouve un talmid 'hakham, c'est comme s'il tirait profit de l'éclat de la Chekhina, car il est dit : Aharon et tous les anciens d'Israël vinrent manger le pain avec le beau-père de Moche devant D.ieu. Or, ont-ils mangé devant D.ieu ?

N'ont-ils pas mangé devant Moche !

🪔 Ben Yehoyada (1)
כָּל הַנֶּהֱנֶה מִסְּעוּדָה שֶׁתַּלְמִיד חָכָם שָׁרוּי בְּתוֹכָהּ כְּאִלּוּ נֶהֱנֶה מִזִּיו הַשְּׁכִינָה. נִרְאֶה לִי בס"ד שֶׁלֹּא נִתְּנָה אֲכִילָה וּשְׁתִיָּה לָאָדָם אֶלָּא בַּעֲבוּר הַבֵּירוּר שֶׁיְּבָרֵר נְצוּצוֹת קְדוֹשָׁה מֵהֶם, וְכָל בֵּירוּר נְצוּצוֹת קְדֻושָּׁה הוּא שַׁייָּךְ לַמַּלְכוּת שה"ס שֵׁם אֲדֹנָי כַּנּוֹדָע, וְיָדוּעַ מ"ש בַּזֹּוהַר הַקָּדוֹשׁ פָּרָשַׁת תְּרוּמָה עַל פָּסוּק (יְשַׁעְיָהוּ ס' כא) וְעַמֵּךְ כֻּלָּם צַדִּיקִים לְעוֹלָם יִירְשׁוּ אָרֶץ, שֶׁהַיְּסוֹד נִקְרָא צַדִּיק וְהוּא מֻושְׁפָּע בַּמַּלְכוּת כִּי הִיא מֶרְכָּבָה אֵלָיו, וְיִשְׂרָאֵל הַצַּדִּיקִים כַּאֲשֶׁר מַשְׁפִּיעִים בַּמַּלְכוּת הֵם נַעֲשִׂים בִּמְקוֹם הַיְּסוֹד שֶׁהֵם נֶחְשָׁבִים לָאָרֶץ הָעֶלְיוֹנָה שֶׁהִיא הַמַּלְכוּת, כִּדְמוּת צַדִּיק הָעֶלְיוֹן שֶׁהוּא הַיְּסוֹד כֵּיוָן שֶׁמַּשְׁפִּיעִים אֵלֶיהָ עַיֵּין שָׁם. וְעַייֵּן בְּשַׁעַר מַאַמְרֵי רַשְׁבִּ"י מ"ש רַבֵּינוּ הָאֲרִ"י זַ"ל בָּזֶה יע"ש. נִמְצָא לְפִי זֶה כַּאֲשֶׁר מְבָרְרִים הַצַּדִּיקִים נְצוּצוֹת קְדֻושָּׁה וּמַעֲלִים אוֹתָם לַמַּלְכוּת אֲשֶׁר בָּזֶה הֵם מַשְׁפִּיעִים בָּהּ נַעֲשׂוּ הֵם בִּמְקוֹם הַיְּסוֹד, וְלָכֵן כָּל אֶחָד מֵהֶם נִקְרָא בְּשֵׁם צַדִּיק שֶׁהוּא כִּינּוּי לַיְּסוֹד, וְלָזֶה אָמַר (מִשְׁלֵי י, כה) וְצַדִּיק יְסוֹד עוֹלָם. וּבָזֶה מוּבָן בס"ד הַטַּעַם שֶׁנִּקְרְאוּ הָאֲכִילָה וּשְׁתִיָּה בְּשֵׁם סְעוּדָה, כִּי שֵׁם זֶה הוּא כּוֹלֵל אֲכִילָה וּשְׁתִיָּה, וְהוּא כִּי בַּאֲכִילָה וּשְׁתִיָּה עוֹשֶׂה הַצַּדִּיק בֵּירוּר נְצוּצוֹת קְדֻושָּׁה וּמַעֲלֶה אוֹתוֹ לַמַּלְכוּת שֶׁהִיא סוֹד שֵׁם אֲדֹנָי וּמַשְׁפִּיעַ בָּהּ, וְעַל יְדֵי כֵּן יִהְיֶה הוּא בִּמְקוֹם יְסוֹד וְנִקְרָא יְסוֹד עוֹלָם וְנִרְמָז בְּאוֹתִיּוֹת ס עוֹד ה , כִּי רֹאשׁ וְסוֹף הוּא ס"ה [65] מִסְפַּר שֵׁם אדנ"י [65] שֶׁהוּא הַמַּלְכוּת וּבָאֶמְצַע יֵשׁ אוֹתִיּוֹת עוֹד [ס עוֹד ה] שֶׁהוּא הַיְּסוֹד, שֶׁאִם תַּעֲשֶׂה מִן אוֹת עַיִ"ן אוֹתִיּוֹת יוּ"ד וְסֶמֶךְ יִהְיֶה אוֹתִיּוֹת יְסוֹד, כְּלוֹמַר הַצַּדִּיק בַּאֲכִילָה וּשְׁתִיָּה נַעֲשֶׂה דֻּוגְמַת יְסוֹד לַמַּלְכוּת שֶׁהוּא שֵׁם אֲדֹנָי, וְהִנֵּה הֲתַלְמִידֵי חֲכָמִים שֶׁהוּא צַדִּיק וּבַעַל תּוֹרָה וַדַּאי עוֹשֶׂה בַּאֲכִילָה וּשְׁתִיָּה בֵּירוּר גָּדוֹל וּמַעֲלֵהוּ לַמַּלְכוּת שֶׁהִיא שֵׁם אֲדֹנָי, וְנִמְצָא הֲתַלְמִידֵי חֲכָמִים הוּא שָׁרוּי בְּתוֹךְ אוֹתִיּוֹת סְעוּדָה מַמָּשׁ, כִּי תּוֹךְ סְעוּדָה יֵשׁ עוֹד שֶׁהוּא רוֹמֵז עַל הַצַּדִּיק הַמְבָרֵר שֶׁהוּא דֻּוגְמַת הַיְּסוֹד וְנִקְרָא יְסוֹד. וז"ש כָּל הַנֶּהֱנֶה מִסְּעוּדָה שת"ח שָׁרוּי בְּתוֹכָהּ אָמַר בְּתוֹכָהּ דַּיְיקָא, לִרְמֹוז עַל הַבֵּירוּר שֶׁעוֹשֶׂה שֶׁאָז הוּא נִרְמָז עי"כ בְּאוֹתִיּוֹת שֶׁהֵם תּוֹךְ סְעוּדָה, כְּאִלּוּ נֶהֱנֶה מִזִּיו הַשְּׁכִינָה, כִּי בֵּירוּרִים אֵלּוּ הֵם נִקְרָאִים זִיו הַשְּׁכִינָה שֶׁהִיא הַמַּלְכוּת שֶׁעָלוּ וְנִתְגַּלּוּ בַּסְּעוּדָה הַהִיא עַל יְדֵי הֶחָכָם שֶׁעָסַק בָּהּ בַּתּוֹרָה וּבֵירַךְ הַבְּרָכוֹת כָּרָאוּי וְכִיוֵּן מַה שֶׁצָּרִיךְ לְכַוֵּין.
Quiconque tire profit d'un repas au sein duquel se trouve un talmid 'hakham, c'est comme s'il tirait profit de l'éclat de la Chekhina. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que le manger et le boire n'ont été donnés à l'homme qu'en vue du berour (le tri, l'extraction) des étincelles de sainteté qu'il en tire ; et tout berour d'étincelles de sainteté relève de la malkhout, qui est le secret du nom Ado-nay, comme on le sait. Et l'on connaît ce qui est écrit dans le saint Zohar, parachat Terouma, sur le verset : et ton peuple, tous des justes, hériteront à jamais la terre. Le yessod y est appelé tsadik, et il répand son influx dans la malkhout, qui est son char ; et les justes d'Israël, lorsqu'ils répandent leur influx dans la malkhout, se tiennent à la place du yessod, car ils sont comptés comme la terre supérieure, qui est la malkhout, à l'image du juste d'en haut, qui est le yessod, puisqu'ils répandent en elle ; vois-le là-bas. Et vois dans le Chaar Maamarei Rachbi ce qu'en a écrit notre maître le Ari. Il ressort de là que lorsque les justes trient les étincelles de sainteté et les élèvent vers la malkhout, ce par quoi ils répandent en elle, ils se tiennent à la place du yessod ; c'est pourquoi chacun d'eux est appelé du nom de tsadik, qui désigne le yessod, et c'est ce qui est dit : le juste est le fondement du monde. Par là se comprend, avec l'aide du Ciel, la raison pour laquelle le manger et le boire sont appelés seouda, nom qui les englobe l'un et l'autre. Car dans le manger et le boire le juste opère le berour des étincelles de sainteté et les élève vers la malkhout, qui est le secret du nom Ado-nay, et il répand en elle ; par là il se tient à la place du yessod et il est appelé fondement du monde. Cela est indiqué dans les lettres du mot seouda, lues samekh-oud-hé : la première et la dernière lettre font samekh-hé, 65, nombre du nom Ado-nay, qui est la malkhout ; et au milieu se trouvent les lettres oud, qui sont le yessod, car si l'on fait de la lettre ayin les lettres youd et samekh, on obtient les lettres de yessod. Autrement dit, le juste, par le manger et le boire, devient à l'image du yessod pour la malkhout, qui est le nom Ado-nay. Or le talmid 'hakham, qui est juste et maître de Torah, opère certainement dans son manger et son boire un grand berour et l'élève vers la malkhout, qui est le nom Ado-nay ; il se trouve ainsi que le talmid 'hakham réside véritablement à l'intérieur des lettres de seouda, car à l'intérieur de seouda il y a oud, qui fait allusion au juste opérant le berour, à l'image du yessod et appelé yessod. C'est ce que dit la guemara : quiconque tire profit d'un repas au sein duquel un talmid 'hakham réside. Elle dit en son sein de façon précise, pour faire allusion au berour qu'il opère, par lequel il se trouve désigné dans les lettres qui sont à l'intérieur de seouda. Comme s'il tirait profit de l'éclat de la Chekhina : car ces berourim sont appelés éclat de la Chekhina, qui est la malkhout, et ils sont montés et se sont révélés dans ce repas grâce au sage qui s'y est occupé de Torah, a dit les bénédictions comme il convient et a dirigé son intention vers ce qu'il fallait.
💡 Explication

Le verset de l'Exode décrit le repas offert à Yitro. La guemara relève son expression : ils mangèrent devant D.ieu., alors que la scène se passait devant Moche. La difficulté tient donc à un seul mot du verset.

Le Ben Ich Haï rattache l'énoncé au berour, le tri des étincelles de sainteté contenues dans la nourriture, et lit le mot seouda comme un assemblage : les lettres extrêmes valent 65, comme le nom qui désigne la malkhout, et les lettres du milieu se transforment en yessod. Le sage assis à table devient ainsi, littéralement, celui qui réside au dedans du mot.

8
אֶלָּא לוֹמַר לָךְ כָּל הַנֶּהֱנֶה מִסְּעוּדָה שֶׁתַּלְמִיד חָכָם שָׁרוּי בְּתוֹכָהּ — כְּאִילּוּ נֶהֱנֶה מִזִּיו שְׁכִינָה.

Mais c'est pour t'enseigner que quiconque tire profit d'un repas au sein duquel se trouve un talmid 'hakham, c'est comme s'il tirait profit de l'éclat de la Chekhina.

💡 Explication

La réponse conserve le mot du verset et en tire la règle. La présence du sage à table fait que le repas se tient devant D.ieu. ; le verset se lit alors sans difficulté.

9
וְאָמַר רַבִּי אָבִין הַלֵּוִי: הַנִּפְטָר מֵחֲבֵרוֹ אַל יֹאמַר לוֹ ״לֵךְ בְּשָׁלוֹם״, אֶלָּא ״לֵךְ לְשָׁלוֹם״, שֶׁהֲרֵי יִתְרוֹ שֶׁאָמַר לוֹ לְמֹשֶׁה ״לֵךְ לְשָׁלוֹם״, עָלָה וְהִצְלִיחַ. דָּוִד שֶׁאָמַר לוֹ לְאַבְשָׁלוֹם ״לֵךְ בְּשָׁלוֹם״, הָלַךְ וְנִתְלָה.

Et Rabbi Avin HaLevi a dit : celui qui prend congé de son prochain ne doit pas lui dire lekh be-chalom (va dans la paix), mais lekh le-chalom (va vers la paix). Car voici : Yitro, qui dit à Moche lekh le-chalom, celui-ci monta et réussit ; David, qui dit à Avchalom lekh be-chalom, celui-ci partit et fut pendu.

🪔 Ben Yehoyada (1)
אַל יֹאמַר לוֹ לֵךְ בְּשָׁלוֹם, אֶלָּא לֵךְ לְשָׁלוֹם. מַקְשִׁים אִם כֵּן אֵיךְ אָמַר דָּוִד הַמֶּלֶךְ ע"ה לְאַבְשָׁלוֹם לֵךְ בְּשָׁלוֹם וְכִי חָס וְחָלִילָה דָּוִד הַמֶּלֶךְ ע"ה לֹא יָדַע לְדַיֵּיק לִישָּׁנָא? וְנִרְאֶה לִי בס"ד כִּי דָּוִד הַמֶּלֶךְ ע"ה הָיָה מִתְכַּוֵּין בְּדָבָר זֶה עַל אוֹתִיּוֹת בְּשָׁלוֹם שֶׁיֵּשׁ בִּשְׁמוֹ שֶׁל אַבְשָׁלוֹם, דְּיָדוּעַ אוֹתִיּוֹת שֵׁם הָאָדָם הֵם צִינּוֹרוֹת הַשֶּׁפַע שֶׁלּוֹ, כמ"ש הָרַב עַרְבֵי נַחַל זַ"ל בְּסוֹד הַפָּסוּק נֶפֶשׁ חַיָּה הוּא שְׁמוֹ, וְדָוִד הַמֶּלֶךְ ע"ה נִתְכַּוֵּון לְטוֹבָתוֹ לְעוֹרֵר לוֹ אוֹתִיּוֹת בְּשָׁלוֹם שֶׁבִּשְּׂמוֹ שֶׁיִּהְיוּ מוֹרִיקִין לוֹ שֶׁפַע, אַךְ כֵּיוָן דְּנָפֵיק כְּהַאי לִישָּׁנָא מִפֻּומֵּיהּ דְּדָוִד מַלְכָּא פָּעַל הַדִּיבּוּר הַזֶּה לְרָעָתוֹ שֶׁל אַבְשָׁלוֹם כְּפִי מִשְׁפַּט הַלָּשׁוֹן הַזֶּה בְּעָלְמָא, וּלְכָךְ סוֹפוֹ נִתְלָה שֶׁלֹּא הִצְלִיחַ בְּמַחְשַׁבְתּוֹ הָרָעָה שֶׁחָשַׁב עַל אָבִיו. אִי נָמֵי נִרְאֶה לִי בס"ד כֵּיוָן דְּאַבְשָׁלוֹם הָיְתָה מַחְשַׁבְתּוֹ בַּהֲלִיכָה זוֹ לְהָרַע לְאָבִיו, וְאָבִיו לֹא יָדַע וּלְפִי תֻּומּוֹ בָּא לְבָרְכוֹ, לְכָךְ מִן הַשָּׁמַיִם שְׁמוֹ בְּפִיו שֶׁל דָּוִד הַמֶּלֶךְ ע"ה הַבְּרָכָה בְּלָשׁוֹן זֶה שֶׁהוּא לְרָעֹת אַבְשָׁלוֹם בע"כ, וְהָוֵי כִּשְׁגָגָה הַיּוֹצְאָהּ מִפִּי הַשַּׁלִּיט שֶׁאָמַר כֵּן שֶׁלֹּא בְּמִתְכַּוֵּין, יַעַן שֶׁאַבְשָׁלוֹם הָיָה רָאוּי לִקְלָלָה וְלֹא לִבְרָכָה מִפְּנֵי שֶׁמִּתְכַּוֵּין לֵילֵךְ לִמְרֹוד בְּאָבִיו וּלְהָרְגוֹ, וְדִבּוּר זֶה שֶׁל אַבְשָׁלוֹם שֶׁיָּצָא מִפִּי אֲדוֹנֵינוּ דָּוִד הַמֶּלֶךְ ע"ה מִיָּדוֹ שֶׁל אַבְשָׁלוֹם הָיָה לוֹ, כִּי הִנֵּה שְׁמוֹ מוֹרֶה שֶׁיִּהְיֶה לוֹ שָׁלוֹם עִם אָבִיו שֶׁנִּקְרָא אַבְשָׁלוֹם שֵׁם מֻורְכָּב מִשְּׁתֵּי תֵּיבוֹת שֶׁהֵם אָב שָׁלוֹם , אַךְ בֶּאֱמֶת הוּא לְבָבוֹ לֹא כֵן יַחְשֹׁוב וּבָחַר בְּפֵירוּד וּבְשִׂנְאָה עִם אָבִיו, לְפִיכָךְ נִסְתַּלֵּק מִשְּׁמוֹ אוֹת אָלֶ"ף הַמּוֹרֶה עַל אַחְדוּת וְאַהֲבָה וְנִשְׁאַר בִּשְׁמוֹ אוֹתִיּוֹת בְּשָׁלוֹם , וְלָכֵן דָּוִד הַמֶּלֶךְ ע"ה לְפִי תֻּומּוֹ אָמַר לוֹ לֵךְ בְּשָׁלוֹם, לוֹמַר שֶׁאֵין לְךָ אוֹת אֶלֶף, וְהוּא לֹא הִרְגִּישׁ בָּזֶה אֶלָּא מִן הַשָּׁמַיִם כָּךְ שָׂמוּ לוֹ בְּפִיו לוֹמַר בְּשָׁלוֹם הַמּוֹרֶה עַל חֶסְרוֹן הָאָלֶף. בְּרַם מַקְשִׁים הָעוֹלָם וְהָא כְּתִיב (בְּרֵאשִׁית כח, כא) וְשַׁבְתִּי בְשָׁלוֹם אֶל בֵּית אָבִי? וְנִרְאֶה לִי דְּאֵין זוֹ קוּשְׁיָא כְּלָל דְּהָא דְּקָפְדִי רַבָּנָן עַל הָאוֹמֵר לֵךְ בְּשָׁלוֹם הַיְינוּ טַעְמָא, מִשּׁוּם דְּמַשְׁמַע מִזֶּה דַּוְקָא הַהֲלִיכָה תִּהְיֶה בְּשָׁלוֹם אֲבָל בִּיאָתוֹ וִישִׁיבָתוֹ בְּמָחוֹז חֶפְצוֹ לֹא תִּהְיֶה בְּשָׁלוֹם, לְכָךְ לָא מְעַלֵּי הַאי לִישָּׁנָא, מַה שֶׁאֵין כֵּן אִם א"ל לֵךְ לְשָׁלוֹם שֶׁהוּא רְצוֹנוֹ לוֹמַר שֶׁיֵּלֵךְ לִמְקוֹם הַשָּׁלוֹם, כְּלוֹמַר שֶׁיִּמְצָא שָׁלוֹם בְּמָקוֹם שֶׁהוּא בָּא בּוֹ, וְאֵין לְדַייֵּק מִזֶּה שֶׁהֲלִיכָתוֹ לֹא תִּהְיֶה בְּשָׁלוֹם, שֶׁאִם הֲלִיכָתוֹ לֹא תִּהְיֶה בְּשָׁלוֹם שֶׁיָּמוּת אוֹ יֵהָרֵג אוֹ יִנָּזֵק אִם כֵּן לֹא יַגִּיעַ לִמְחוֹז חֶפְצוֹ שֶׁשָּׁם יִרְאֶה הַשָּׁלוֹם, וְאִם כֵּן מֻוכְרָח לוֹמַר כֵּיוָן שֶׁמִּתְבָּרֵךְ שֶׁיֵּלֵךְ אֵצֶל הַשָּׁלוֹם וַדַּאי לֹא יָמוּת בַּדֶּרֶךְ אֶלָּא יַגִּיעַ אֵצֶל הַשָּׁלוֹם, וְלָכֵן יַעֲקֹב אָבִינוּ ע"ה כֵּיוָן דְּאָמַר וְשַׁבְתִּי בְשָׁלוֹם אֶל בֵּית אָבִי לֵיכָּא לְדִיּוּקֵי שֶׁבְּדֶרֶךְ דַּוְקָא יִמְצָא שָׁלוֹם, כֵּיוָן שֶׁאָמַר וְשַׁבְתִּי אֶל בֵּית אָבִי הַדָּבָר מוּבָן שֶׁיִּמָּצֵא הַשָּׁלוֹם בְּבֵית אָבִיו שֶׁהוּא מְקוֹם חֲנִיתוֹ, ומ"ש (תְּהִלִּים כט, יא) ה' יְבָרֵךְ אֶת עַמּוֹ בַשָּׁלוֹם, אֵין בָּזֶה דִּיּוּק לִגְרִיעוּתָא כְּמוֹ שֶׁיֵּשׁ בְּאוֹמְרוֹ לֵךְ לְשָׁלוֹם, אֶלָּא הַכַּוָּנָה שֶׁיְּבָרְכֵם בִּבְרָכָה שֶׁל הַשָּׁלוֹם, וכמ"ש יְבָרֶכְךָ בְּבָנִים יְבָרֶכְךָ בְּמָמוֹן וְכַיּוֹצֵא.
Qu'il ne lui dise pas lekh be-chalom, mais lekh le-chalom. On objecte : s'il en est ainsi, comment David le roi a-t-il dit à Avchalom lekh be-chalom ? Se peut-il, à D.ieu ne plaise, que David le roi n'ait pas su peser son expression ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, que David le roi visait par là les lettres be-chalom qui se trouvent dans le nom d'Avchalom. Car on sait que les lettres du nom d'un homme sont les canaux de son influx, comme l'a écrit le maître du Arvei Nahal dans le secret du verset : tout être vivant, tel est son nom. David le roi visait donc son bien, en éveillant pour lui les lettres be-chalom de son nom afin qu'elles lui versent l'influx. Mais dès lors qu'une telle formule sortait de la bouche du roi David, cette parole agit au détriment d'Avchalom, selon le sens ordinaire de cette expression ; c'est pourquoi il finit pendu et ne réussit pas dans le dessein mauvais qu'il avait formé contre son père. Ou bien il me semble, avec l'aide du Ciel : puisque la pensée d'Avchalom, dans ce départ, était de nuire à son père, et que son père l'ignorait et venait le bénir en toute simplicité, le Ciel mit dans la bouche de David le roi une bénédiction formulée de manière à tourner malgré lui au détriment d'Avchalom ; c'est comme une erreur échappée de la bouche du souverain, car il parla ainsi sans le vouloir, Avchalom méritant la malédiction et non la bénédiction, puisqu'il partait dans l'intention de se rebeller contre son père et de le tuer. Et cette parole prononcée sur Avchalom par la bouche de notre maître David le roi lui venait de sa propre main. Car son nom indiquait qu'il aurait la paix avec son père, Avchalom étant un nom composé de deux mots, av (père) et chalom (paix) ; mais en vérité son cœur ne pensait pas ainsi, et il choisit la séparation et la haine envers son père. C'est pourquoi la lettre alef, qui marque l'unité et l'amour, se retira de son nom, et il resta dans son nom les lettres be-chalom. Aussi David le roi, en toute simplicité, lui dit lekh be-chalom, comme pour dire : tu n'as plus la lettre alef. Lui-même ne s'en aperçut pas ; c'est le Ciel qui mit ainsi dans sa bouche de dire be-chalom, ce qui marque le manque de l'alef. Cependant on objecte communément : n'est-il pas écrit [chez Yaacov] : et je reviendrai be-chalom à la maison de mon père ? Il me semble que ce n'est là aucune difficulté. Car la raison pour laquelle les sages tiennent rigueur à celui qui dit lekh be-chalom est celle-ci : cette formule laisse entendre que le trajet seul se fera dans la paix, tandis que l'arrivée et le séjour au lieu voulu ne se feront pas dans la paix, et l'expression est donc malheureuse. Il en va autrement lorsqu'on dit lekh le-chalom, où l'on veut dire qu'il aille vers le lieu de la paix, c'est-à-dire qu'il trouve la paix à l'endroit où il se rend ; et l'on ne peut en déduire que son trajet ne se fera pas dans la paix, car si son trajet ne se faisait pas dans la paix, s'il devait mourir, être tué ou subir un dommage, il n'atteindrait pas le lieu où il doit voir la paix. Il faut donc dire que, puisqu'il est béni d'aller auprès de la paix, il ne mourra certainement pas en chemin, mais parviendra auprès de la paix. Aussi, quand Yaacov notre père dit : et je reviendrai be-chalom à la maison de mon père, il n'y a pas lieu de déduire que c'est en chemin seulement qu'il trouvera la paix ; puisqu'il dit et je reviendrai à la maison de mon père, on comprend qu'il trouvera la paix dans la maison de son père, qui est le lieu de son étape. Et quant au verset : ה' bénira son peuple be-chalom, il n'y a pas là de déduction défavorable comme il y en a dans lekh le-chalom ; l'intention est qu'Il les bénisse de la bénédiction de la paix, comme on dit : qu'Il te bénisse par des enfants, qu'Il te bénisse par la fortune, et ainsi de suite.
💡 Explication

La règle tient à une seule lettre : la préposition be- (dans) ou le- (vers). Les deux preuves sont scripturaires et opposées, l'une pour la formule recommandée, l'autre pour la formule à éviter.

Le Ben Ich Haï consacre sa glose à la difficulté que soulève le cas de David : un roi de cette stature aurait-il mal choisi son expression ? Il propose deux voies. Selon la première, David visait les lettres be-chalom contenues dans le nom d'Avchalom, pour ouvrir à son fils les canaux de son propre nom. Selon la seconde, le Ciel lui mit la formule dans la bouche à l'insu de David, parce qu'Avchalom partait pour se révolter.

Il donne enfin la raison de fond : be-chalom limite la paix au trajet, tandis que le-chalom promet la paix au terme, ce qui suppose que l'on y arrive. La difficulté du verset de Yaacov, où revenir be-chalom vise expressément la maison paternelle, tombe par là même.

10
וְאָמַר רַבִּי אָבִין הַלֵּוִי: הַנִּפְטָר מִן הַמֵּת אַל יֹאמַר לוֹ ״לֵךְ לְשָׁלוֹם״, אֶלָּא ״לֵךְ בְּשָׁלוֹם״, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאַתָּה תָּבוֹא אֶל אֲבֹתֶיךָ בְּשָׁלוֹם״.

Et Rabbi Avin HaLevi a dit : celui qui prend congé d'un mort ne doit pas lui dire lekh le-chalom, mais lekh be-chalom, car il est dit : et toi, tu viendras vers tes pères be-chalom.

📜 Rachi (1)
הַנִּפְטָר מִן הַמֵּת כְּשֶׁהָיוּ מוֹלִיכִים אֲרוֹנוֹת מִמָּקוֹם לְמָקוֹם לִקְבוּרָה הָיוּ מְלַוִּים אוֹתוֹ מֵעִיר לְעִיר וְחוֹזְרִים אֵלּוּ וַאֲחֵרִים מַלְוִים אוֹתוֹ מִשָּׁם וָהָלְאָה וְהַחוֹזְרִים קָרֵי נִפְטָרִים נוֹטְלִין רְשׁוּת לְהִפָּטֵר מִמֶּנּוּ:
Celui qui prend congé d'un mort : lorsqu'on transportait les cercueils d'un lieu à un autre pour l'ensevelissement, on l'accompagnait d'une ville à la suivante puis l'on s'en retournait, et d'autres l'accompagnaient plus loin. Ceux qui s'en retournent sont appelés niftarim : ils prennent congé en demandant la permission de se séparer de lui.
💡 Explication

La règle s'inverse pour le mort, et la preuve vient de la promesse faite à Avraham. Rachi décrit la situation concrète : le convoi funéraire passait de ville en ville, et chaque groupe d'accompagnateurs prenait congé du défunt avant de revenir.

La raison ressort de la glose précédente du Ben Ich Haï : le-chalom promet la paix à l'arrivée, ce qui suppose un trajet encore à parcourir ; pour celui dont la marche est achevée, la formule qui convient est be-chalom.

11
אָמַר רַבִּי לֵוִי בַּר חִייָּא: הַיּוֹצֵא מִבֵּית הַכְּנֶסֶת וְנִכְנָס לְבֵית הַמִּדְרָשׁ וְעוֹסֵק בַּתּוֹרָה — זוֹכֶה וּמְקַבֵּל פְּנֵי שְׁכִינָה, שֶׁנֶּאֱמַר ״יֵלְכוּ מֵחַיִל אֶל חָיִל יֵרָאֶה אֶל אֱ-לֹהִים בְּצִיּוֹן״.

Rabbi Levi bar 'Hiya a dit : celui qui sort de la synagogue et entre au beit hamidrach pour s'occuper de Torah mérite de recevoir la face de la Chekhina, car il est dit : ils vont de force en force, chacun paraît devant D.ieu à Tsion.

🪔 Ben Yehoyada (1)
הַיּוֹצֵא מִבֵּית הַכְּנֶסֶת וְנִכְנָס לְבֵית הַמִּדְרָשׁ וְעוֹסֵק בַּתּוֹרָה. יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת לְמַאי הֻוצְרַךְ לְפָרֵשׁ וְלוֹמַר וְעוֹסֵק בַּתּוֹרָה? וְנִרְאֶה לִי יֵשׁ בָּא לְבֵית הַמִּדְרָשׁ לִשְׁמֹועַ דַּוְקָא וְהוּא יוֹשֵׁב וְדוֹמֵם, וּבִיאָתוֹ שָׁם מִצְוַת אֲנָשִׁים מְלֻומָּדָה שֶׁכָּךְ הִנְהִיגוּ אוֹתוֹ אֲבוֹתָיו לָבֹא לִקְבִיעוּת דִבְרֵי תוֹרָה בְּבֵית הַמִּדְרָשׁ כָּל יוֹם אַחַר הַתְּפִלָּה, וְלָכֵן אֵינוֹ מַטֶּה אָזְנָיו לְכָל ד"ת אֶלָּא עֵינָיו תְּחַזֵּנָּה כֹּה וָכֹה וְצוֹפֶה עַל הַיּוֹשְׁבִים וְעַל הַהוֹלְכִים וּבָאִים, הִנֵּה זֶה אֵין לוֹ חֵלֶק בְּמַעֲלָה זוֹ דְּקָתָנֵי הָכָא אֶלָּא רַק מִי שֶׁיּוֹצֵא מִבֵּית הַכְּנֶסֶת שֶׁעֲדַיִין לֹא אָכַל פַּת שַׁחֲרִית, וּבָא לְבֵית הַמִּדְרָשׁ מָקוֹם שֶׁקּוֹבְעִין עֵת לַתּוֹרָה בְּכָל יוֹם וְעוֹסֵק בַּתּוֹרָה עֵסֶק מַמָּשׁ בְּכָרֵס רְעֵבָה, שֶׁנִּמְצָא זֶה נִצְטַעֵר עַל דִּבְרֵי תוֹרָה הֲרֵי זֶה זוֹכֶה וּמְקַבֵּל פְּנֵי שְׁכִינָה, שֶׁאוֹתוֹ לִמּוּד שֶׁלָּמְדוּ בִּיגִיעָה בְּכָרֵס רְעֵבָה, נַעֲשֶׂה אוֹרוֹת שָׂרְפִי קֹודֶשׁ וּמִתְעַטֵּר בָּהֶם בָּעוֹלָם הַבָּא, כמ"ש רַבֵּינוּ הָאֲרִ"י זַ"ל עַל מַאֲמַר צַדִּיקִים יוֹשְׁבִים וְעַטְרוֹתֵיהֶם בְּרָאשֵׁיהֶם שֶׁהֵם אוֹרוֹת שֶׁנִּבְרְאוּ מִלִּימּוּד תּוֹרָה, וְלָזֶה אָמַר מְקַבֵּל רְצוֹנוֹ לוֹמַר שֶׁיְּקַבֵּל עֲטָרוֹת שֶׁהֵם אוֹרוֹת שָׂרְפִי קֹודֶשׁ הַנִּבְרָאִים מד"ת שֶׁלָּמַד עַל יְדֵי צַעַר וִיגִיעָה. וְהָא דְּאָמַר זוֹכֶה וּמְקַבֵּל הַכַּוָּנָה שֶׁהוּא זוֹכֶה מִכּוֹחוֹ וּמֵעַצְמוֹ שֶׁאֵינוֹ נִצְרָךְ לְקַבֵּל כֹּחַ מִצַּדִּיק זוּלָתוֹ, כִּי יָדוּעַ שֶׁיֵּשׁ צַדִּיק אֲשֶׁר אוֹרוֹת עַטְרוֹת לִימּוּדוֹ וּמִצְוֹתָיו חַלָּשִׁים וְהֵם בְּמַדְרֵגַת אַסְפַּקְלַרְיָא שֶׁאֵינָהּ מְאִירָה, וְרַק יָאִירוּ מִן הֶאָרַת אוֹרוֹת צַדִּיקִים גְּדוֹלִים כְּדֶרֶךְ הַלְּבָנָה שֶׁהִיא חֲשׁוּבָה וּמְקַבֶּלֶת אוֹרָה מִן הַשֶּׁמֶשׁ, לָזֶה אָמַר כָּאן הִנֵּה אִישׁ כָּזֶה זוֹכֶה וּמְקַבֵּל, זוֹכֶה מֵעַצְמוֹ וְלֹא עַל יְדֵי סִיּוּעַ וְכֹחַ זוּלָתוֹ, וְעַל זֶה הֵבִיא הַכָּתוּב (תְּהִלִּים פד, ח) יֵלְכוּ מֵחַיִל אֶל חָיִל יֵרָאֶה אֶל אֱ-לֹהִים בְּצִיּוֹן, יֵרָאֶה מֵעַצְמוֹ וְלֹא עַל יְדֵי זוּלָתוֹ, וְהָא דְּקָרֵי לְבֵית הַכְּנֶסֶת ובהמ"ד בְּשֵׁם חַיִל, מִפְּנֵי שֶׁשָּׁם נִבְרָא חֵיל מַלְאָכִים מִתְּפִלָּה וְתוֹרָה. וְעוֹד נִרְאֶה לִי בס"ד בְּעִנְיָן זֶה שֶׁאָמַר זוֹכֶה וּמְקַבֵּל פְּנֵי שְׁכִינָה, שֶׁיֵּשׁ בָּזֶה מִדָּה כְּנֶגֶד מִדָּה, וְהוּא בְּאָמְרוֹ בַּגְּמָרָא יֵשׁ צַדִּיקִים שֶׁזּוֹכִין לֵישֵׁב בִּפְנֵי שְׁכִינָה דְּהַייְנוּ בְּשׁוּרָה הָעֶלְיוֹנָה, וְיֵשׁ צַדִּיקִים שֶׁיּוֹשְׁבִין אַחַר כַּמָּה שׁוּרוֹת, שֶׁאֵין רוֹאִין פְּנֵי שְׁכִינָה, אֶלָּא פְּנֵיהֶם כְּנֶגֶד שׁוּרוֹת הַצַּדִּיקִים שֶׁקּוֹדְמִין לָהֶם, וְהִנֵּה כָּאן כֵּיוָן שֶׁיָּצָא הָאָדָם מִבֵּית הַכְּנֶסֶת שֶׁכְּבָר הִתְפַּלֵּל שֶׁאָז מֻותָּר לוֹ לֶאֱכֹול, וְהוּא אֵינוֹ הוֹלֵךְ לְבֵיתוֹ לֶאֱכֹול מְזוֹן הַגּוּף אֶלָּא הוֹלֵךְ לְבֵית הַמִּדְרָשׁ לַעֲסֹוק בַּתּוֹרָה שֶׁהִיא מְזוֹן הַנֶּפֶשׁ, שֶׁגַּם הַתּוֹרָה נִקְרֵאת לֶחֶם כַּעֲבֹור שֶׁהִיא מְזוֹן הַנֶּפֶשׁ, וְלָכֵן בְּשָׂכָר שֶׁהוּא מַקְדִּים מְזוֹן הַנֶּפֶשׁ עַל מְזוֹן הַגּוּף כֵּן בָּעוֹלָם הַבָּא יַעֲשׂוּ לוֹ קְדִימָה, שֶׁיִּהְיֶה מֻוקְדָּם לֵישֵׁב בְּשׂוֹרוֹת הָעֶלְיוֹנוֹת הָרוֹאִין פְּנֵי שְׁכִינָה, וְלֹא יֵשֵׁב בְּשׁוּרוֹת הָאַחֲרוֹנוֹת שֶׁאֵין רוֹאִין פְּנֵי שְׁכִינָה, שֶׁאַף עַל פִּי שֶׁהוּא מִדּוֹרוֹת הָאַחֲרוֹנִים יִזְכֶּה לֵישֵׁב עִם דּוֹרוֹת הַקַּדְמוֹנִים שֶׁרוֹאִין פְּנֵי שְׁכִינָה, וְעַיֵּין מ"ש בס"ד עוֹד בְּמַאֲמָר זֶה בְּסוֹף מ"ק.
Celui qui sort de la synagogue et entre au beit hamidrach et s'occupe de Torah. Il y a lieu de demander : pourquoi a-t-il fallu préciser et s'occupe de Torah ? Il me semble qu'il en est qui viennent au beit hamidrach seulement pour écouter, et qui restent assis, silencieux ; leur venue y est une pratique apprise par habitude, leurs pères les ayant accoutumés à venir chaque jour, après la prière, au rendez-vous fixé pour les paroles de Torah. Aussi ne tendent-ils l'oreille à aucune parole de Torah : leurs yeux regardent de-ci de-là, observant ceux qui sont assis, ceux qui vont et ceux qui viennent. Celui-là n'a pas de part au mérite énoncé ici. Seul l'a celui qui sort de la synagogue sans avoir encore mangé le pain du matin, vient au beit hamidrach, lieu où l'on fixe chaque jour un temps pour la Torah, et s'y occupe de Torah d'une occupation réelle, le ventre vide : celui-là s'est donné de la peine pour les paroles de Torah, et il mérite de recevoir la face de la Chekhina. Car l'étude apprise dans l'effort, le ventre vide, devient des lumières de serafim de sainteté dont il se couronne dans le monde à venir, comme l'a écrit notre maître le Ari sur la parole : les justes sont assis, leurs couronnes sur la tête, qui sont des lumières créées par l'étude de la Torah. C'est pourquoi il est dit qu'il reçoit : il veut dire qu'il recevra des couronnes, lumières de serafim de sainteté créées par les paroles de Torah qu'il a apprises dans la souffrance et l'effort. Et si la guemara dit qu'il mérite et reçoit, l'intention est qu'il mérite par sa propre force, sans avoir besoin de recevoir la force d'un autre juste. Car on sait qu'il est des justes dont les lumières des couronnes de leur étude et de leurs mitsvot sont faibles et se tiennent au degré d'un miroir qui n'éclaire pas : elles ne brillent que de l'éclat des lumières des grands justes, à la manière de la lune, qui est importante et reçoit sa lumière du soleil. Ici donc il est dit qu'un tel homme mérite et reçoit : il mérite de lui-même et non par l'aide et la force d'autrui. Et sur cela il apporte le verset : ils vont de force en force, chacun paraît devant D.ieu à Tsion, il paraît de lui-même et non par autrui. Quant à l'appellation de hayil (force, rempart) donnée à la synagogue et au beit hamidrach, elle vient de ce qu'il s'y crée une armée d'anges par la prière et la Torah. Et il me semble encore, avec l'aide du Ciel, dans cette parole qui dit qu'il mérite et reçoit la face de la Chekhina, qu'il y a là mesure pour mesure. Car il est dit dans la guemara qu'il est des justes qui méritent de siéger devant la Chekhina, c'est-à-dire au premier rang, et des justes qui siègent après plusieurs rangs et ne voient pas la face de la Chekhina, leur visage étant tourné vers les rangs des justes qui les précèdent. Or ici, puisque l'homme est sorti de la synagogue après avoir prié, moment où il lui est permis de manger, et qu'au lieu d'aller chez lui prendre la nourriture du corps il va au beit hamidrach s'occuper de Torah, qui est la nourriture de l'âme, la Torah étant elle aussi appelée pain parce qu'elle est la nourriture de l'âme, en salaire de ce qu'il fait passer la nourriture de l'âme avant celle du corps on lui fera de même une préséance dans le monde à venir : il sera placé en avant, pour siéger dans les rangs supérieurs qui voient la face de la Chekhina, et il ne siégera pas dans les derniers rangs qui ne la voient pas ; bien qu'il soit des dernières générations, il méritera de siéger avec les générations anciennes qui voient la face de la Chekhina. Et vois ce que j'ai encore écrit, avec l'aide du Ciel, sur cette parole à la fin de Moed Katan.
💡 Explication

Le verset des Psaumes décrit une marche de hayil en hayil, un mot qui désigne la force et le rempart. L'énoncé l'applique à un enchaînement de lieux : la synagogue d'abord, le beit hamidrach ensuite, sans arrêt intermédiaire.

Le Ben Ich Haï s'arrête sur les trois mots ve-ossek ba-Torah, qui semblent superflus. Ils excluent celui qui vient s'asseoir par habitude sans étudier, et désignent une étude réelle, faite à jeun, donc dans l'effort. Il lit ensuite le verbe zokhé comme une précision supplémentaire : le mérite est acquis par la force propre de l'homme, sans emprunt à un autre juste.

12
אָמַר רַבִּי חִייָּא בַּר אָשֵׁי אָמַר רַב: תַּלְמִידֵי חֲכָמִים אֵין לָהֶם מְנוּחָה לֹא בָּעוֹלָם הַזֶּה וְלֹא בָּעוֹלָם הַבָּא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״יֵלְכוּ מֵחַיִל אֶל חָיִל יֵרָאֶה אֶל אֱ-לֹהִים בְּצִיּוֹן״.

Rabbi 'Hiya bar Achi a dit au nom de Rav : les talmidei hakhamim n'ont pas de repos, ni en ce monde ni dans le monde à venir, car il est dit : ils vont de force en force, chacun paraît devant D.ieu à Tsion.

📜 Rachi (1)
אֵין לָהֶם מְנוּחָה מִיְּשִׁיבָה לִישִׁיבָה וּמִמִּדְרָשׁ לְמִדְרַשׁ:
Ils n'ont pas de repos : d'une yechiva à une autre, et d'un beit midrach à un autre.
🪔 Ben Yehoyada (1)
תַּלְמִידֵי חֲכָמִים אֵין לָהֶם מְנוּחָה לֹא בָּעוֹלָם הַזֶּה וְלֹא בָּעוֹלָם הַבָּא. נִרְאֶה לִי בס"ד סְמִיכוּת מַאֲמָר זֶה עִם מַאֲמַר תַּלְמִידֵי חֲכָמִים מַרְבִּים שָׁלוֹם בָּעוֹלָם, עַל פִּי מ"ש בְּסֵפֶר וַיְלַקֵּט יוֹסֵף בְּשֵׁם חַוּוֹת יָאִיר חָדָשׁ, שְׂכַר מִצְוֹת בְּהַאי עָלְמָא לֵיכָּא מִטַּעַם דְּאֵין שְׂכִירוּת מִשְׁתַּלֶּמֶת אֶלָּא לְבַסּוֹף, וְהָאָדָם בְּכָל חַיָּיו עוֹדֶנּוּ שָׂכִיר וְאַחַר שֶׁיָּמוּת נִשְׁלַם זְמַנּוֹ שֶׁנַּעֲשָׂה חָפְשִׁי מִן הַמִּצְוֹת אָז נוֹטֵל שְׂכָרוֹ. וְזֶה דַּוְקָא בְּמִצְוֹת אֲבָל שְׂכַר תּוֹרָה יֶשְׁנוֹ גַּם בָּעוֹלָם הַזֶּה, כִּי מִן הַמִּצְוֹת נַעֲשָׂה חָפְשִׁי אַחַר מִיתָה וְנִשְׁלְמָה פְּעֻולָּתוֹ אֲבָל מֵעֵסֶק הַתּוֹרָה אֵינוֹ חָפְשִׁי, שֶׁגַּם אַחַר מוֹתוֹ הַנֶּפֶשׁ תַּעֲסֹוק בַּתּוֹרָה לְמַעְלָה , וכמ"ש בַּגְּמָרָא תַּלְמִידֵי חֲכָמִים אֵין לָהֶם מְנוּחָה לֹא בָּעוֹלָם הַזֶּה וְלֹא בָּעוֹלָם הַבָּא. אִם כֵּן כֵּיוָן שֶׁאֵין לִפְעֻולָּה זֹאת סוֹף יֵשׁ לוֹ קַבָּלַת שָׂכָר עַל תּוֹרָה גַּם בָּעוֹלָם הַזֶּה עַד כָּאן דְּבָרָיו, יע"ש. וּבָזֶה פֵּרַשְׁתִּי בס"ד מ"ש בַּת קוֹל אוֹמֶרֶת כָּל הָעוֹלָם כֻּולּוֹ נִיזּוֹן בִּשְׁבִיל חֲנִינָה בְּנִי, וְהַייְנוּ בִּשְׁבִיל זְכוּת תּוֹרָתוֹ יֵשׁ לַתּוֹרָה שָׂכָר גַּם בָּעוֹלָם הַזֶּה, יַעַן כִּי חֲנִינָה בְּנִי אֵינוֹ רוֹצֶה שָׂכָר בָּעוֹלָם הַזֶּה כְּלָל שֶׁדַּי לוֹ בְּקַב חָרוּבִין וְהוּא חַיּוּת צִמְצוּם, וְלָכֵן כֵּיוָן שֶׁאֵינוֹ רוֹצֶה נִזּוֹנִין הָעוֹלָם בִּזְכוּת תּוֹרָתוֹ וּמִמֶּנּוּ לֹא יֶחְסַר כְּלוּם, אֶלָּא אַדְּרַבָּה יַרְוִיחַ שָׂכָר רַב מִן ג"ח זוֹ שֶׁזָּן אֶת הָעוֹלָם, וְלָזֶה אַחַר שֶׁאָמַר תַּלְמִידֵי חֲכָמִים אֵין לָהֶם מְנוּחָה לֹא בָּעוֹלָם הַזֶּה וְלֹא בָּעוֹלָם הַבָּא דְּבָזֶה יֵשׁ שָׂכָר מִן תּוֹרָתָם גַּם בָּעוֹלָם הַזֶּה אָז הֵבִיא מַאֲמַר תַּלְמִידֵי חֲכָמִים מַרְבִּים שָׁלוֹם בָּעוֹלָם, דְּהַיְינוּ הַשֶּׁפַע וְהַטּוֹבָה מְכוֹנָה בְּשֵׁם שָׁלוֹם שֶׁהָעוֹלָם נִזּוֹנִין בִּזְכוּתָם.
Les talmidei hakhamim n'ont pas de repos, ni en ce monde ni dans le monde à venir. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que le rapprochement de cette parole avec celle qui suit, les talmidei hakhamim augmentent la paix dans le monde, s'explique par ce qui est écrit dans le livre Vayalket Yossef au nom du Havot Yair Hadach : il n'y a pas de salaire des mitsvot en ce monde, parce que le salaire d'un salarié ne se paie qu'à la fin ; l'homme, tant qu'il vit, est encore un salarié, et c'est après sa mort, son temps achevé, lorsqu'il devient libre des mitsvot, qu'il reçoit son salaire. Cela vaut pour les mitsvot ; mais le salaire de la Torah existe aussi en ce monde, car des mitsvot on devient libre après la mort, l'ouvrage étant achevé, tandis que de l'étude de la Torah on ne devient pas libre : après sa mort aussi, l'âme s'occupe de Torah en haut, comme il est dit dans la guemara, les talmidei hakhamim n'ont pas de repos ni en ce monde ni dans le monde à venir. Si donc cet ouvrage n'a pas de fin, il y a réception d'un salaire pour la Torah en ce monde aussi ; ainsi ses paroles, vois-les là-bas. Par là j'ai expliqué, avec l'aide du Ciel, ce que dit la bat kol : le monde entier n'est nourri que grâce à Hanina mon fils. C'est-à-dire : grâce au mérite de sa Torah, la Torah portant un salaire en ce monde aussi ; et puisque Hanina mon fils ne veut aucun salaire en ce monde, se contentant d'un kav de caroubes, qui est une subsistance réduite au strict nécessaire, alors, comme il n'en veut pas, le monde est nourri par le mérite de sa Torah sans que rien ne lui manque ; au contraire, il gagne un grand salaire par cet acte de bonté qui nourrit le monde. C'est pourquoi, après avoir dit que les talmidei hakhamim n'ont pas de repos ni en ce monde ni dans le monde à venir, ce par quoi leur Torah porte salaire en ce monde aussi, la guemara apporte la parole : les talmidei hakhamim augmentent la paix dans le monde, c'est-à-dire que l'influx et le bien sont appelés du nom de paix, le monde étant nourri par leur mérite.
💡 Explication

Rav lit le même verset autrement que Rabbi Levi bar 'Hiya. La marche de force en force devient une progression sans terme, valable dans les deux mondes. Rachi la ramène au concret : le sage passe d'une yechiva à l'autre, d'un beit midrach à l'autre.

Le Ben Ich Haï en tire une conséquence sur le salaire. Une mitsva s'achève avec la vie, et son salaire se paie donc à la fin ; l'étude de la Torah continue après la mort, ce qui laisse place à une rétribution dès maintenant. C'est ce qui explique, selon lui, l'enchaînement avec l'énoncé suivant sur la paix, entendue comme l'abondance dont le monde est nourri.

13
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: תַּלְמִידֵי חֲכָמִים מַרְבִּים שָׁלוֹם בָּעוֹלָם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְכָל בָּנַיִךְ לִמּוּדֵי ה׳ וְרַב שְׁלוֹם בָּנָיִךְ״.

Rabbi Eleazar a dit au nom de Rabbi 'Hanina : les talmidei hakhamim augmentent la paix dans le monde, car il est dit : et tous tes fils seront disciples de ה', et grande sera la paix de tes fils.

🪔 Ben Yehoyada (1)
תַּלְמִידֵי חֲכָמִים מַרְבִּים שָׁלוֹם בָּעוֹלָם. נִרְאֶה לִי בס"ד עַל פִּי מ"ש בַּגְּמָרָא דְּתַעֲנִית (דַּף ז) אָמַר רַבִּי חֲנִינָה הַרְבֵּה תּוֹרָה לָמַדְתִּי מֵרַבּוֹתַי וּמֵחֲבֵירַי יוֹתֵר מֵרַבּוֹתַי וּמִתַּלְמִידַי יוֹתֵר מִכֻּולָּם ע"ש, נִמְצָא ע"י הַתַּלְמִידִים תִּתְרַבֶּה הַתּוֹרָה מְאֹד בָּעוֹלָם. וְיָדוּעַ שֶׁהַתּוֹרָה נִקְרֵאת שָׁלוֹם, שֶׁנֶּאֱמַר (מִשְׁלֵי ג, יז) דְּרָכֶיהָ דַרְכֵי נֹעַם וְכָל נְתִיבוֹתֶיהָ שָׁלוֹם, וז"ש תַּלְמִידֵי חֲכָמִים תַּלְמִידֵי דַּיְיקָא הֵם מַרְבִּים הַתּוֹרָה שֶׁנִּקְרֵאת שָׁלוֹם בָּעוֹלָם, וכמ"ש וּמִתַּלְמִידִי יוֹתֵר מִכֻּולָּם, וְלָזֶה דְּרֵישׁ אַל תִּקְרֵי בָּנַיִךְ אֶל בּוֹנֶיךָ, וְכָל מָקוֹם דְּאָמַר 'אַל תִּקְרֵי' דָּרְשִׁינַן לְתַרְוַוייְהוּ וְהָכִי קָאָמַר, וְרַב שְׁלוֹם בָּנֶיךָ הֵם הַחֲכָמִים הָרַבָּנִים רַבָּה תּוֹרָתָם הַנִּקְרֵאת שָׁלוֹם, עַל יְדֵי בָּנֶיךָ הֵם הַתַּלְמִידִים שֶׁנִּקְרָאִים בָּנִים, וּכְמוֹ שֶׁאָמַר עַל פָּסוּק (תְּהִלִּים לד, יב) לְכוּ בָנִים שִׁמְעוּ לִי יִרְאַת ה' אֲלַמֶּדְכֶם וְכֵן אָמַר (יְשַׁעְיָהוּ ח, יח) הִנֵּה אָנֹכִי וְהַיְלָדִים אֲשֶׁר נָתַן לִי ה', וְכוּ', שֶׁפֵּרְשׁוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל עַל הַתַּלְמִידִים, וְהֵבִיא בַּעַל הַמַּאֲמָר אַרְבָּעָה פְּסוּקִים שֶׁל שָׁלוֹם כְּנֶגֶד תּוֹרָה שבע"פ שֶׁיֵּשׁ בָּהּ ד' חֲלָקִים פַּרְדֵּ"ס, וְהֵבִיא אַחֲרֵיהֶם פָּסוּק אֲבַקְשָׁה טוֹב לְךָ כְּנֶגֶד תּוֹרָה שֶׁבִּכְתָב, דִּכְתִיב בָּהּ לֶקַח טוֹב נָתַתִּי לָכֶם דָּבָר הַנִּמְסָר מִיָּד לְיָד שֶׁהוּא סֵפֶר הַתּוֹרָה משא"כ תּוֹרָה שבע"פ אֵין בָּהּ מְסִירָה בַּיָּד, וְסוֹף הֵבִיא פָּסוּק ה' עֹז לְעַמּוֹ יִתֵּן שֶׁבּוֹ רְמוּזִים שְׁנֵיהֶם בְּתֵיבַת עז, עַיִ"ן תּוֹרָה שבע"פ שֶׁהִיא שִׁבְעִים פָּנִים, וְזַיִ"ן תּוֹרָה שֶׁבִּכְתָב שֶׁהִיא שִׁבְעָה סְפָרִים, כמ"ש (מִשְׁלֵי ט' א') חָצְבָה עַמּוּדֶיהָ שִׁבְעָה, שֶׁפָּסוּק וַיְהִי בְּנָסַע הוּא סֵפֶר בִּפְנֵי עַצְמוֹ. וּבְנִי יְדִידִי כה"ר יַעֲקֹב הי"ו פֵּירֵשׁ הַמַּאֲמָר ת"ח מַרְבִּים שָׁלוֹם בָּעוֹלָם, שֶׁכָּל זְמַן שֶׁיֵּשׁ עֲנָוָה אֵצֶל הַחֲכָמִים שֶׁכָּל אֶחָד רוֹאֶה עַצְמוֹ כְּתַלְמִיד לְגַבֵּי חֲבֵירוֹ לֹא יִהְיֶה קָטֵגוֹרְיָא וּמַחֲלֹוקֶת בֵּינֵיהֶם אֶלָּא שָׁלוֹם, מַה שֶׁאֵין כֵּן אִם כָּל אֶחָד יַחְשֹׁוב עַצְמוֹ שֶׁהוּא רַב עַל חֲבֵירוֹ מֻוכְרָח שֶׁיִּהְיֶה מַחֲלֹוקֶת בֵּינֵיהֶם וְכָל אֶחָד יָבֹא לִסְתּוֹר דִּבְרֵי חֲבֵירוֹ וְלֹא יִלְמְדוּ תּוֹרָה לִשְׁמָהּ, וְלָזֶה אָמַר תַּלְמִידֵי חֲכָמִים אוֹתָם שֶׁרוֹאִין עַצְמָן תָּמִיד בְּסוּג תַּלְמִידִים וְאַף עַל פִּי שֶׁהֵם חֲכָמִים גְּדוֹלִים הִנֵּה אֵלּוּ מַרְבִּין שָׁלוֹם בָּעוֹלָם, שֶׁלֹּא יִמְצָא מַחֲלֹוקֶת בֵּינֵיהֶם וּמִמֵּילָא יִהְיוּ לוֹמְדִים תּוֹרָה לִשְׁמָהּ אֲשֶׁר עַל יָדָהּ יִתְרַבֶּה הַשֶּׁפַע בָּעוֹלָם וְיִבְנֶה בְּטוֹבָה וּבְרָכָה עַד כָּאן דְּבָרָיו נר"ו וְעַיֵּין עוֹד מ"ש בס"ד בְּמַאֲמָר זֶה בְּסוֹף הַמַּסֶּכְתּוֹת כָּל הַכָּתוּב לְחַיִּים. סְלִיק מַסֶּכֶת בְּרָכוֹת
Les talmidei hakhamim augmentent la paix dans le monde. Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'on l'explique d'après ce qui est dit dans la guemara de Taanit (7a) : Rabbi Hanina a dit, j'ai appris beaucoup de Torah de mes maîtres, davantage de mes collègues que de mes maîtres, et de mes élèves plus que de tous ; vois-le là-bas. Il se trouve donc que c'est par les élèves que la Torah se multiplie beaucoup dans le monde. Et l'on sait que la Torah est appelée paix, ainsi qu'il est dit : ses voies sont des voies de douceur et tous ses sentiers sont paix. C'est ce que dit la guemara, talmidei hakhamim, talmidei de façon précise : ce sont eux qui multiplient la Torah, appelée paix, dans le monde, comme il est dit, et de mes élèves plus que de tous. C'est pourquoi on interprète : ne lis pas banayikh mais bonayikh ; et partout où il est dit al tikri, on interprète les deux lectures à la fois. Voici donc le sens : et grande sera la paix de tes fils, ce sont les sages, les maîtres, dont la Torah, appelée paix, se multiplie par tes fils, qui sont les élèves, eux aussi appelés des fils, comme il est dit, venez, mes fils, écoutez-moi, je vous enseignerai la crainte de ה', et comme il est dit, voici, moi et les enfants que ה' m'a donnés, versets que nos maîtres ont expliqués des élèves. Et l'auteur de cette parole a apporté quatre versets de paix, en face de la Torah orale, qui comporte quatre parties, le pardes ; puis il a apporté après eux le verset je rechercherai le bien pour toi, en face de la Torah écrite, dont il est écrit, je vous ai donné une bonne acquisition, une chose transmise de main en main, qui est le sefer Torah, à la différence de la Torah orale, qui ne comporte pas de transmission par la main. Et il a apporté pour finir le verset ה' donnera force à son peuple, où les deux sont indiquées dans le mot oz : le ayin pour la Torah orale, qui a soixante-dix faces, et le zayin pour la Torah écrite, qui compte sept livres, comme il est dit, elle a taillé ses sept colonnes, car le passage vayehi binsoa forme un livre à lui seul. Et mon fils bien-aimé, l'honorable Rabbi Yaacov, a expliqué cette parole, les talmidei hakhamim augmentent la paix dans le monde, ainsi : tant qu'il y a de l'humilité chez les sages, chacun se tenant pour un élève à l'égard de son collègue, il n'y aura entre eux ni accusation ni dispute, mais la paix ; tandis que si chacun se croit le maître de son collègue, la dispute est inévitable entre eux, chacun venant contredire les paroles de l'autre, et ils n'étudieront pas la Torah pour elle-même. C'est pourquoi il est dit talmidei hakhamim : ceux qui se voient toujours dans la catégorie des élèves, bien qu'ils soient de grands sages, ce sont eux qui augmentent la paix dans le monde, car il ne se trouvera pas de dispute entre eux, et dès lors ils étudieront la Torah pour elle-même, par quoi l'influx se multiplie dans le monde, et il sera bâti dans le bien et la bénédiction ; ainsi ses paroles. Et vois encore ce que j'ai écrit, avec l'aide du Ciel, sur cette parole à la fin des traités : que tout ce qui est écrit soit pour la vie. Fin du traité Berakhot.
💡 Explication

Le verset d'Isaie enchaîne deux membres : tous tes fils seront des disciples, et grande sera la paix de tes fils. L'énoncé en tire un lien de cause à effet entre l'étude répandue et la paix générale.

Le Ben Ich Haï lit talmidei comme un mot porteur en lui-même. Selon sa première voie, ce sont les élèves qui font croître la Torah, d'après la parole de Rabbi 'Hanina en Taanit. Selon la voie de son fils Rabbi Yaacov, l'expression désigne les sages qui continuent de se tenir pour des élèves, et c'est cette humilité qui écarte la dispute.

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אַל תִּקְרֵי ״בָּנֶיךָ״ אֶלָּא ״בּוֹנֶיךָ״. ״שָׁלוֹם רָב לְאֹהֲבֵי תוֹרָתֶךָ וְאֵין לָמוֹ מִכְשׁוֹל״. ״יְהִי שָׁלוֹם בְּחֵילֵךְ שַׁלְוָה בְּאַרְמְנוֹתָיִךְ״. ״לְמַעַן אַחַי וְרֵעָי אֲדַבְּרָה נָּא שָׁלוֹם בָּךְ. לְמַעַן בֵּית ה׳ אֱ-לֹהֵינוּ אֲבַקְשָׁה טוֹב לָךְ״. ״ה׳ עֹז לְעַמּוֹ יִתֵּן ה׳ יְבָרֵךְ אֶת עַמּוֹ בַשָּׁלוֹם״.

Ne lis pas banayikh (tes fils) mais bonayikh (tes bâtisseurs). Grande paix pour ceux qui aiment ta Torah, et pour eux point d'achoppement.

Que la paix soit dans tes remparts, la quiétude dans tes palais. Pour l'amour de mes frères et de mes compagnons, je dirai donc : paix en toi.

Pour l'amour de la maison de ה' notre D.ieu, je rechercherai le bien pour toi. ה' donnera force à son peuple, ה' bénira son peuple par la paix.

💡 Explication

Le derach joue sur les consonnes : les mêmes lettres se lisent banayikh (tes fils) ou bonayikh (tes bâtisseurs). Les sages sont ceux qui bâtissent la paix de leur génération.

Suit une chaîne de cinq versets où revient le mot chalom, empruntés aux Psaumes. Le Ben Ich Haï y voit une répartition : quatre versets pour les quatre niveaux de la Torah orale, un pour la Torah écrite, et le dernier qui réunit les deux dans le mot oz. Le traité Berakhot s'achève ainsi sur le mot chalom.

15
הַדְרָן עֲלָךְ הָרוֹאֶה וּסְלִיקָא לָהּ מַסֶּכֶת בְּרָכוֹת

Hadran alakh Haroé — nous reviendrons vers toi, chapitre Haroé — et le traité Berakhot est achevé.

📜 Rachi (1)
הַדְרָן עֲלָךְ הָרוֹאֶה וּסְלִיקָא לָהּ מַסֶּכֶת בְּרָכוֹת
Hadran alakh Haroé, et le traité Berakhot est achevé.
💡 Explication

Formule de clôture. Hadran alakh exprime le retour de l'étudiant vers ce qu'il vient d'apprendre, et Haroé est le nom du neuvième et dernier chapitre, d'après ses premiers mots.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).