Chagigah 27a — Le revêtement des mizbehot, la table qui expie, et les deux kal vahomer qui closent le traité

Chagigah 27a

Sougya : Le folio achève la réponse ouverte à la fin de 26b : la table du Mikdach reste un ustensile de bois malgré son revêtement d'or, puisque l'Écriture l'appelle bois dans la vision de Ye'hezkel. Ce verset commence par le mot mizbeah et se termine par le mot chouhan, ce qui donne lieu à l'enseignement de Rabbi Yo'hanan et de Rech Lakich : au temps du Mikdach le mizbeah procurait l'expiation, aujourd'hui c'est la table de l'homme qui la procure, par l'accueil des hôtes.

La guemara revient ensuite à la michna et donne les versets qui assimilent les deux mizbehot au sol, puis examine la position des Sages, qui invoquaient le revêtement : selon une première lecture il faut corriger la michna et les Sages déclarent les mizbehot susceptibles d'impureté, selon une seconde ils répondent à Rabbi Eliezer que le revêtement s'annule et que le détour par le sol est superflu. Le traité se termine sur deux enseignements d'aggada bâtis en kal vahomer : Rabbi Elazar déduit de la salamandre que le feu du Guehinom n'a pas de prise sur les talmidei hakhamim, et Rech Lakich déduit du mizbeah d'or qu'il n'en a pas davantage sur les fauteurs d'Israël, remplis de mitsvot comme une grenade.

Pourquoi les deux mizbehot échappent-ils à la tevila ? Michna : tous les ustensiles du Mikdach exigent la tevila, à l'exception du mizbeah d'or et du mizbeah de cuivre Rabbi Eliezer : ils sont comme le sol Mizbeah de cuivre : un mizbeah de terre (Chemot 20, 21) Mizbeah d'or : hekech la menora et les mizbehot (Bamidbar 3, 31) Les Sages : parce qu'ils sont revêtus Objection de la guemara : un revêtement de métal devrait au contraire les rendre susceptibles d'impureté Première lecture : corriger la michna Lis : et les Sages les déclarent susceptibles d'impureté, parce qu'ils sont revêtus Mahloket frontale : le revêtement l'emporte sur le bois Seconde lecture : garder la michna Les Sages répondent à Rabbi Eliezer : pourquoi invoquer le sol ? Le revêtement s'annule devant le corps de bois Accord sur le résultat, désaccord sur la raison Nafka mina : le revêtement fait-il le statut de l'ustensile ?
Les deux raisons de la michna pour excepter les mizbehot, et les deux lectures de la position des Sages.
Du mizbeah à la table : un verset qui change de mot en chemin Ye'hezkel 41, 22 : le mizbeah de bois, haut de trois coudées ... et ses parois de bois ; et il me dit : voici la table qui est devant Hachem. Il ouvre par mizbeah et il ferme par chouhan. Lecture halakhique L'Écriture appelle la table bois, alors même qu'elle est revêtue d'or : elle reste un keli ets Lecture d'aggada Rabbi Yo'hanan et Rech Lakich : le mizbeah et la table tiennent le même rôle d'expiation Mikdach debout Le mizbeah procure l'expiation à l'homme Aujourd'hui La table de l'homme expie, par l'accueil des hôtes Rachi : hakhnassat orhim. Tossefot : grande est la force de la bouchée partagée (Sanhédrin 103b).
Le verset de Yehezkel lu deux fois : comme règle d'impureté pour la table, et comme enseignement sur l'expiation.
Les deux kal vahomer qui closent le traité Rabbi Abahou au nom de Rabbi Elazar Rech Lakich Le cas léger : la salamandre Une créature née du feu, selon Rachi après sept années de feu continu. Qui s'enduit de son sang, le feu l'épargne. Le cas léger : le mizbeah d'or Du bois couvert d'une épaisseur de dinar d'or, rien de plus ; des années de feu sans dommage. Le cas lourd : les talmidei hakhamim Leur corps tout entier est feu : Mes paroles ne sont-elles pas comme le feu (Yirmeyahou 23, 29) Le cas lourd : les fauteurs d'Israël Remplis de mitsvot comme une grenade : lis rekanin chebakh, les vides parmi toi (Chir Hachirim 4, 3) Le feu du Guehinom n'a pas de prise sur eux Le feu du Guehinom n'a pas de prise sur eux Structure commune : un objet résiste au feu par une qualité extérieure, l'homme y résiste par ce qui le constitue.
Les deux kal vahomer d'aggada sur lesquels s'achève le traité Haguiga.
1
דְּרַחֲמָנָא קַרְיֵיהּ ״עֵץ״, דִּכְתִיב: ״הַמִּזְבֵּחַ עֵץ שָׁלֹשׁ אַמּוֹת גָּבֹוהַּ וְאָרְכּוֹ שְׁתַּיִם אַמּוֹת וּמִקְצֹעוֹתָיו לוֹ וְאָרְכּוֹ וְקִירֹותָיו עֵץ וַיְדַבֵּר אֵלַי זֶה הַשֻּׁלְחָן אֲשֶׁר לִפְנֵי ה׳״.

— parce que le Miséricordieux l'a appelée « bois », ainsi qu'il est écrit : « Le mizbeah de bois, haut de trois coudées, et sa longueur de deux coudées, et ses angles lui appartiennent, et sa longueur et ses parois sont de bois ; et il me dit : voici la table qui est devant Hachem » (Ye'hezkel 41, 22).

📜 Rachi (1)
רַחֲמָנָא קַרְיֵיהּ עֵץ אַף כְּשֶׁהוּא מְצֻופֶּה:
Le Miséricordieux l'a appelée bois : même lorsqu'elle est revêtue.
💡 Explication

Ce segment achève la réponse ouverte à la fin de 26b. La difficulté était la suivante : la table du Mikdach est un corps de bois entièrement revêtu d'or, et la règle générale veut que le statut d'un ustensile suive son tsipouy (revêtement) ; elle serait alors un ustensile de métal, susceptible d'impureté sans qu'on ait besoin de dire qu'on la soulevait.

La réponse tient à un verset : dans la vision du Mikdach futur, Ye'hezkel appelle « bois » cet objet revêtu. La table conserve donc son identité de keli ets (ustensile de bois). Comme elle demeure à sa place dans le Hekhal, elle serait un keli ets asouy lenahat, un ustensile de bois destiné à demeurer en place, qui ne reçoit pas l'impureté. Le seul motif qui l'y expose reste celui donné en 26b : on la soulevait chargée du le'hem hapanim pour la montrer aux pèlerins.

🖼️ Schéma
La table du Mikdach : bois ou métal ? Un corps de bois de chittim, entièrement revêtu d'or Règle générale : le statut de l'ustensile suit son revêtement Mais l'Écriture l'appelle bois (Ye'hezkel 41, 22) Elle demeure donc un keli ets, un ustensile de bois Et c'est un keli ets asouy lenahat, fait pour demeurer en place À ce titre, il resterait hors d'atteinte de l'impureté Sauf qu'on la soulevait chargée du le'hem hapanim pour la montrer aux pèlerins (26b) Elle reçoit l'impureté, et exige la tevila
Le trajet du raisonnement sur la table : le revêtement, le verset, l'asouy lenahat, et le soulèvement devant les pèlerins.
2
פָּתַח בַּמִּזְבֵּחַ וְסִייֵּם בַּשֻּׁלְחָן! רַבִּי יוֹחָנָן וְרֵישׁ לָקִישׁ דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: בִּזְמַן שֶׁבֵּית הַמִּקְדָּשׁ קַייָּם — מִזְבֵּחַ מְכַפֵּר עַל אָדָם, עַכְשָׁיו — שֻׁלְחָנוֹ שֶׁל אָדָם מְכַפֵּר עָלָיו.

Il a commencé par le mizbeah et il a terminé par la table ! Rabbi Yo'hanan et Rech Lakich l'ont dit tous deux : au temps où le Beit HaMikdach est debout, le mizbeah procure l'expiation à l'homme ; maintenant, c'est la table de l'homme qui lui procure l'expiation.

📜 Rachi (1)
שֻׁולְחָנוֹ מְכַפֵּר עָלָיו בְּהַכְנָסַת אוֹרְחִין:
Sa table lui procure l'expiation : par l'accueil des hôtes.
🗂️ Tossefot (1)
שֻׁלְחָנוֹ שֶׁל אָדָם מְכַפֵּר. דְּגָדוֹל כֹּחַ הַלְּגִימָא כִּדְאִיתָא בְּהַגָּדַת חֵלֶק (סַנְהֶדְרִין דַּף קג:):
La table de l'homme procure l'expiation. Car grande est la force de la bouchée de pain que l'on partage, comme il est rapporté dans l'aggada du chapitre Helek (Sanhédrin 103b).
🪔 Ben Yehoyada (1)
עכשיו שאין המזבח קים, שלחנו של אדם מכפר עליו. נראה לי 'שלחן' [388] בגימטריא 'יכפר כמזבח' [387] עם הכולל גם 'אשם' ראשי תיבות ש לחן א דם מ כפר. ונראה לי אדנ־י שמעה אדנ־י סלחה אדנ־י הקשיבה (דניאל ט, יט) 'שמעה' ראשי תיבות ש לחן מ כפר ע ל ה אדם והכי קאמר: אדנ־י הבט בזכות זה אף על פי שאין לנו מזבח עתה שמע־ה ש לחן מ כפר ע ל ה אדם ולכן אדנ־י סלחה אף על פי שאין לנו מזבח. גם נרמז באותיות שלחן אימתי מכפר דוקא אם אומרים עליו דברי תורה דכתיב בה אילת אהבים ויעלת חן (משלי ה, יט) וזהו שלחן חלק האותיות לשתים וקרי ביה 'של חן' רוצה לומר יהיה השלחן של חן זה חשיב שלחן לכפר.
« Maintenant que le mizbeah n'est plus debout, la table de l'homme lui procure l'expiation. » Il me semble que choulhan, la table (388), vaut en guematria yekhaper kamizbeah, il expie comme le mizbeah (387), avec le kolel. De même achame, le sacrifice de culpabilité, se lit dans les initiales de Choulhan Adam Mekhaper, la table de l'homme expie. Il me semble encore, à propos du verset (Daniel 9, 19) « Ado-nay, écoute ; Ado-nay, pardonne ; Ado-nay, sois attentif », que chema, écoute, forme les initiales de Choulhan Mekhaper Al Haadam, la table expie pour l'homme. Voici donc ce qu'il dit : Ado-nay, regarde ce mérite, bien que nous n'ayons plus de mizbeah à présent — chema, la table expie pour l'homme — et c'est pourquoi, Ado-nay, pardonne, bien que nous n'ayons plus de mizbeah. Les lettres du mot choulhan indiquent aussi à quelle condition la table expie : précisément lorsqu'on dit sur elle des paroles de Torah, dont il est écrit (Michlei 5, 19) « biche des amours, gazelle de grâce [hen] ». Partage les lettres de choulhan en deux et lis chel hen, de la grâce : la table qui porte cette grâce-là compte comme une table qui expie.
💡 Explication

La guemara relève une étrangeté du verset qu'elle vient de citer : il s'ouvre sur le mot mizbeah et se referme sur le mot chouhan, la table, pour désigner un seul et même objet. Rabbi Yo'hanan et Rech Lakich lisent ce glissement comme un enseignement : les deux mots tiennent la même fonction.

Le mizbeah procurait l'expiation par les korbanot. Depuis la destruction, la table de l'homme remplit ce rôle — Rachi précise : par la hakhnassat orhim, l'accueil des hôtes. Tossefot renvoie à l'aggada du chapitre Helek sur la force de la bouchée de pain que l'on partage.

🖼️ Schéma
Du mizbeah à la table : un verset qui change de mot en chemin Ye'hezkel 41, 22 : le mizbeah de bois, haut de trois coudées ... et ses parois de bois ; et il me dit : voici la table qui est devant Hachem. Il ouvre par mizbeah et il ferme par chouhan. Lecture halakhique L'Écriture appelle la table bois, alors même qu'elle est revêtue d'or : elle reste un keli ets Lecture d'aggada Rabbi Yo'hanan et Rech Lakich : le mizbeah et la table tiennent le même rôle d'expiation Mikdach debout Le mizbeah procure l'expiation à l'homme Aujourd'hui La table de l'homme expie, par l'accueil des hôtes Rachi : hakhnassat orhim. Tossefot : grande est la force de la bouchée partagée (Sanhédrin 103b).
Le verset de Ye'hezkel lu sur ses deux registres : la règle d'impureté et l'enseignement sur l'expiation.
3
כָּל הַכֵּלִים שֶׁבַּמִּקְדָּשׁ יֵשׁ לָהֶם שְׁנִיִּים כּוּ׳. מִזְבַּח הַנְּחֹושֶׁת, דִּכְתִיב: ״מִזְבַּח אֲדָמָה תַּעֲשֶׂה לִּי״. מִזְבַּח הַזָּהָב, דִּכְתִיב: ״הַמְּנוֹרָה וְהַמִּזְבְּחוֹת״ — אִיתַּקּוּשׁ מִזְבְּחוֹת זֶה לָזֶה.

« Tous les ustensiles qui se trouvaient dans le Mikdach avaient des seconds », etc. Le mizbeah de cuivre, ainsi qu'il est écrit : « Tu me feras un mizbeah de terre » (Chemot 20, 21).

Le mizbeah d'or, ainsi qu'il est écrit : « la menora et les mizbehot » (Bamidbar 3, 31) — les mizbehot ont été rapprochés l'un de l'autre par un hekech.

📜 Rachi (1)
הָכִי גָּרְסִינַן מִזְבַּח הַנְּחֹושֶׁת דִּכְתִיב מִזְבַּח אֲדָמָה הַכָּתוּב קְרָאוֹ אֲדָמָה לַמִּזְבֵּחַ שֶׁמַּעֲלִין עָלָיו הָעוֹלוֹת וְהַשְּׁלָמִים וְהַיְינוּ מִזְבַּח הַנְּחֹשֶׁת:
Voici la leçon : le mizbeah de cuivre, ainsi qu'il est écrit « un mizbeah de terre ». L'Écriture a appelé terre le mizbeah sur lequel on fait monter les olot et les chelamim, c'est-à-dire le mizbeah de cuivre.
🗂️ Tossefot (1)
מִזְבַּח אֲדָמָה תַּעֲשֶׂה לִּי. וְכִי מוֹקְמִי לָהּ בִּזְבָחִים פֶּרֶק קָדְשֵׁי קָדָשִׁים (זְבָחִים דַּף נח. וְשָׁם) גַּבֵּי מִזְבַּח אֲבָנִים לְהַאי קְרָא דְּמִזְבַּח אֲדָמָה אָמַר הָר"ר אֶלְחָנָן דְּקָאֵי לְתַרְוַיְיהוּ וּלְמוֹרִי נִרְאֶה לְפִי שֶׁהָיָה מִזְבֵּחַ שֶׁל מֹשֶׁה בִּמְקוֹם מִזְבֵּחַ שֶׁל אֲבָנִים שֶׁל בֵּית עוֹלָמִים וְכִי הַאי גַּווְנָא דָּרֵישׁ הָתָם (דַּף נט.) כִּי מִזְבַּח הַנְּחֹשֶׁת אֲשֶׁר לִפְנֵי ה' קָטֹן מֵהָכִיל וּדְרֵישׁ לֵיהּ מִזְבַּח אֲבָנִים בִּמְקוֹם מִזְבֵּחַ דִּנְחֹושֶׁת:
« Tu me feras un mizbeah de terre. » Or, dans Zevahim, au chapitre Kodchei Kodachim (Zevahim 58a et là-bas), on applique ce verset du mizbeah de terre au mizbeah de pierres. Le Rav Elhanan a dit qu'il vaut pour les deux. Et selon mon maître, il faut dire que le mizbeah de Moche tenait la place du mizbeah de pierres du Beit haolamim ; on trouve là-bas (59a) une exégèse du même genre : « car le mizbeah de cuivre qui était devant Hachem était trop petit pour contenir » (Melakhim I 8, 64), d'où l'on tire que le mizbeah de pierres tient la place du mizbeah de cuivre.
💡 Explication

La guemara revient à la michna et fournit les sources de Rabbi Eliezer. Pour le mizbeah de cuivre, le verset est direct : l'Écriture l'appelle « mizbeah de terre », et la terre, le sol, ne reçoit pas l'impureté.

Pour le mizbeah d'or, il n'existe pas de verset propre. La guemara passe par un hekech (rapprochement exégétique) : un verset de Bamidbar mentionne « la menora et les mizbehot » au pluriel, ce qui met les deux mizbehot sur le même plan. Ce qui vaut pour celui de cuivre vaut donc pour celui d'or.

4
וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: מִפְּנֵי שֶׁהֵן מְצֻופִּין. אַדְּרַבָּה: כֵּיוָן דִּמְצֻופִּין נִינְהוּ — מִיטַּמְּאוֹ! אֵימָא, וַחֲכָמִים: מְטַמְּאִין, מִפְּנֵי שֶׁהֵן מְצֻופִּין.

« Et les Sages disent : parce qu'ils sont revêtus. » Au contraire : puisqu'ils sont revêtus, ils devraient recevoir l'impureté ! Dis plutôt : et les Sages les déclarent susceptibles d'impureté, parce qu'ils sont revêtus.

📜 Rachi (1)
אַדְּרַבָּה מִשּׁוּם דִּמְצֻופִּין נִינְהוּ נִטְמְאוּ דְּאִי לָאו מְצֻופֶּה יֵשׁ לָהֶם לְטַהֲרָם מִשּׁוּם כְּלִי עֵץ הֶעָשׂוּי לְנַחַת:
Au contraire, puisqu'ils sont revêtus ils devraient devenir impurs : car s'ils n'étaient pas revêtus, il y aurait lieu de les tenir pour purs au titre d'un keli ets asouy lenahat, un ustensile de bois destiné à demeurer en place.
🪔 Ben Yehoyada (1)
תַּלְמִידֵי חֲכָמִים שֶׁגּוּפָן אֵשׁ. יֵשׁ לְהָבִין מֵהֵיכָא מַשְׁמַע שֶׁגּוּפָן אֵשׁ דְּבִקְרָא מְפֹורָשׁ עַל דִבְרֵי תוֹרָה דִּכְתִיב (יִרְמְיָה כג, כט) הֲלוֹא כֹה דְבָרִי כָּאֵשׁ? וְעַיֵּין מָהַרְשָׁ"א זַ"ל. וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּהַדִּיבּוּר שֶׁל הַתּוֹרָה שֶׁהָאָדָם מוֹצִיא מִפִּיו בַּחֲמִשָּׁה מוֹצָאוֹת הַפֶּה הִנֵּה הוּא יוֹצֵא מִכֹּחַ הַגּוּף שֶׁלּוֹ וְנִמְצָא זֶה הַדִּבּוּר וְהַקּוֹל וְהַהֶבֶל שֶׁל דִבְרֵי תוֹרָה הוּא גּוּפוֹ שֶׁל הָאָדָם וְכֵיוָן דְּדִבְרֵי תּוֹרָה קְרָאָם אֵשׁ נִמְצָא גּוּפוֹ שֶׁל אָדָם נַעֲשֶׂה אֵשׁ שֶׁיֵּשׁ לוֹ דִּין אֵשׁ. וְנִרְאֶה לִי בס"ד הַכָּתוּב (תְּהִלִּים קב, יד) אַתָּה תָקוּם תְּרַחֵם צִיּוֹן, 'תָּקוּם' רָאשֵׁי תֵּיבוֹת ת קַח ק ל ו חֹומֶר מ סָלָמַנְדְּרָא וּבָזֶה תְּרַחֵם צִיּוֹן הוּא תַּלְמִיד חָכָם הַמְצֻוייָּן בַּהֲלָכָה עַל דֶּרֶךְ שֶׁאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל (בְּרָכוֹת ח.) אֹהֵב ה' שַׁעֲרֵי צִיּוֹן (תְּהִלִּים פז, ב) . וּלְדַעַת רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ שֶׁיֵּשׁ קַל וָחֹומֶר מִמִּזְבַּח הַזָּהָב בָּזֶה יוּבָן רֶמֶז הַכָּתוּב ( תְּהִלִּים מד, כז) קוֹמָה עֶזְרָתָה לָנוּ, 'קוֹמָה' רָאשֵׁי תֵּיבוֹת ק ל ו חֹומֶר מ מִזְבַּח ה זָהָב הוּא יִהְיֶה עֶזְרָתָה לָנוּ. וְהִנֵּה מָהַרְשָׁ"א זַ"ל נִרְגָּשׁ מֵאֱלִישָׁע אַחַר שֶׁעָלָה עָשָׁן מִקִּבְרוֹ וְהָיָה אוֹר שֶׁל גֵּיהִנָּם שׁוֹלֵט בּוֹ עַיֵּין שָׁם. וְנִרְאֶה לִי בס"ד בָּעֳונָשִׁים שֶׁל גֵּיהִנָּם יֵשׁ כַּמָּה מִינִים שֶׁיֵּשׁ מְדוֹרוֹת שֶׁהֵם אֵשׁ בּוֹעֲרָה בָּהֶם תָּמִיד וְיֵשׁ מְדוֹרִים שֶׁאֵין בָּהֶם אֵשׁ אֶלָּא הֵם מְלֵאִים עָשָׁן וְנִידּוֹנִין שָׁם בַּעֲשַׁן בִּלְבַד וְיֵשׁ מְדוֹרִים מְלֵאִים שֶׁלֶג וּבָרָד וְנִידּוֹנִין בָּהֶם וְכָאן יָלֵיף עַל אֵשׁ דַּוְקָא אַךְ אַחֵר נִידּוֹן בִּמְדוֹרִים שֶׁיֵּשׁ בָּהֶם עָשָׁן בִּלְבַד וּלְכָךְ אָמַר 'מָתַי יָמוּת וְיַעֲלֶה עָשָׁן מִקִּבְרוֹ' וְלֹא אָמַר יַעֲלֶה אֵשׁ לֶהָבָה. וּמַה שֶׁאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן (לְעֵיל בְּדַף טו:) 'רְבוּתָא לְמִקָּלָא רַבֵּיהּ בְּנוּרָא' הִנֵּה תַּלְמוּדָא דִּידַן לָא גָּרֵיס בְּנוּרָא וְרַק בְּעֵין יַעֲקֹב גָּרֵיס בְּנוּרָא וּלְגִרְסָתֵנוּ 'לְמִקָּלָא רַבֵּיהּ' הַייְנוּ בַּעֲשַׁן וַאֲפִילּוּ לְגָרֵס דְּגָרְסִי 'בְּנוּרָא' הִנֵּה רַבִּי יוֹחָנָן קָאָמַר הָכִי וְהַאי מֵימְרָא דְּתַלְמִידֵי חֲכָמִים אֵין אוּר גֵּיהִנָּם שׁוֹלֶטֶת בָּהֶם רַבִּי אֶלְעָזָר קָאָמַר לוֹ וְאֶפְשָׁר דְּרַבִּי יוֹחָנָן לֵית לֵיהּ הַאי קַל וָחֹומֶר דְּהָכָא וְלָכֵן חָשַׁב דְּאַחַר נִידּוֹן בָּאֵשׁ מַמָּשׁ. וְעוֹד נִרְאֶה לִי בס"ד מַה שֶׁאָמַר אֵין אוּר גֵּיהִנָּם שׁוֹלֶטֶת הַייְנוּ אֵינָהּ שׁוֹלֶטֶת לַעֲשׂוֹתוֹ אֵפֶר דְּיָדוּעַ הָרְשָׁעִים נִשְׂרָפִים וְנַעֲשִׂים אֵפֶר וְאַחַר כָּךְ חוֹזֵר זֶה הָאֵפֶר לִהְיוֹת גּוּף שָׁלֵם וְתִכָּנֵס בּוֹ הַנֶּפֶשׁ וְחוֹזֵר וְנִשְׂרָף וְכֵן עַל זֶה הַדֶּרֶךְ לֹא יִשְׁבֹּותוּ וְכָאן קָאָמַר אֵין שׁוֹלֶטֶת לַעֲשׂוֹתוֹ אֵפֶר כְּדֵי שֶׁיַּחֲזֹור וְיִהְיֶה גּוּף אֶלָּא יִשָּׁאֵר כְּמוֹ שֶׁהוּא וְרַק נִכְוֶוה בָּאֵשׁ וּמִצְטַעֵר שִׁיעוּר כְּוִיָּה. וְדַע דִּמְפֹורָשׁ בִּסְפָרִים זֶה הַגּוּף שֶׁנִּקְבַּר בַּקֶּבֶר וְנַעֲשָׂה עָפָר וְנִשְׁאַר מִמֶּנּוּ רַק עֶצֶם אֶחָד בִּלְבַד בִּשְׁבִיל הַתְּחִיָּה אֵין זֶה נִשְׂרָף בְּגֵיהִנָּם אֶלָּא מִן עֲפָרוֹ יִתְהַוֶּוה גּוּף חָדָשׁ שֶׁתִּתְלַבֵּשׁ בּוֹ הַנֶּפֶשׁ וְיִהְיוּ נִידּוֹנִים שְׁנֵיהֶם בְּגֵיהִנָּם וּכְמוֹ שֶׁכָּתַב מהר"א הַכֹּהֵן זַ"ל.
« Les talmidei hakhamim, dont le corps est feu. » Il y a lieu de comprendre d'où l'on tire que leur corps est feu, alors que le verset (Yirmeyahou 23, 29) « Mes paroles ne sont-elles pas comme le feu » parle explicitement des paroles de Torah. Vois le MaHaRCha, de mémoire bénie. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que la parole de Torah que l'homme fait sortir de sa bouche par les cinq lieux d'articulation sort de la force de son corps ; cette parole, cette voix et ce souffle de Torah sont donc le corps même de l'homme. Et puisque les paroles de Torah ont été appelées feu, il se trouve que le corps de l'homme devient feu et relève du statut du feu. Il me semble encore, avec l'aide du Ciel, que le verset (Tehilim 102, 14) « Toi, Tu Te lèveras, Tu auras pitié de Tsion » contient une allusion : takoum, Tu Te lèveras, forme les initiales de Tikah Kal vahomer Missalamandra, prends un kal vahomer depuis la salamandre ; par cela « Tu auras pitié de Tsion », c'est-à-dire du talmid 'hakham distingué dans la halakha, à la manière de ce que nos maîtres, de mémoire bénie, ont dit (Berakhot 8a) sur « Hachem aime les portes de Tsion » (Tehilim 87, 2). Et selon l'avis de Rabbi Chimon ben Lakich, qui tire un kal vahomer du mizbeah d'or, on comprend l'allusion du verset (Tehilim 44, 27) « lève-Toi, sois notre secours » : kouma, lève-Toi, forme les initiales de Kal vahomer MiMizbeah HaZahav, un kal vahomer depuis le mizbeah d'or — et c'est lui qui sera notre secours. Le MaHaRCha, de mémoire bénie, s'est trouvé gêné par le cas d'Elicha Aher, dont une fumée monta de la tombe, ce qui montre que le feu du Guehinom avait prise sur lui ; vois là-bas. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que les châtiments du Guehinom sont de plusieurs sortes : il y a des demeures où un feu brûle en permanence, il y a des demeures sans feu, remplies de fumée, où l'on est jugé par la fumée seule, et il y a des demeures remplies de neige et de grêle où l'on est jugé de même. Ici, l'enseignement porte précisément sur le feu, tandis qu'Aher était jugé dans les demeures où il n'y a que de la fumée. C'est pourquoi il fut dit « quand donc mourra-t-il et montera-t-il une fumée de sa tombe », et non « montera-t-il une flamme de feu ». Quant à ce que dit Rabbi Yo'hanan (plus haut, 15b) « quelle grandeur y a-t-il à brûler son maître par le feu », notre talmoud ne lit pas « par le feu » : seul le Ein Yaakov porte cette leçon. Selon notre leçon, « brûler son maître » vise la fumée ; et même pour ceux qui lisent « par le feu », c'est Rabbi Yo'hanan qui parle ainsi, alors que l'énoncé selon lequel le feu du Guehinom n'a pas de prise sur les talmidei hakhamim est de Rabbi Elazar. Il se peut que Rabbi Yo'hanan n'admette pas le kal vahomer d'ici, et qu'il ait donc pensé qu'Aher était jugé par un feu véritable. Il me semble encore, avec l'aide du Ciel, que dire que le feu du Guehinom n'a pas de prise signifie qu'il n'a pas prise pour les réduire en cendres. On sait en effet que les rechaim sont brûlés et réduits en cendres, puis que ces cendres redeviennent un corps entier dans lequel entre la nechama, qui brûle de nouveau, et ainsi de suite sans repos. Ici, il dit que le feu n'a pas prise pour les réduire en cendres afin qu'un corps se reforme : l'homme demeure tel qu'il est, et il est seulement brûlé par le feu et souffre la douleur d'une brûlure. Sache encore qu'il est explicite dans les livres que le corps enseveli dans la tombe, devenu poussière, dont il ne reste qu'un seul os en vue de la résurrection, celui-là ne brûle pas dans le Guehinom : c'est de sa poussière que se forme un corps nouveau, dont la nechama se revêt, et tous deux sont jugés dans le Guehinom, comme l'a écrit le MaHaRA HaCohen, de mémoire bénie.
💡 Explication

La michna semblait présenter deux raisons parallèles pour la même conclusion : Rabbi Eliezer les tient pour purs parce qu'ils sont comme le sol, les Sages parce qu'ils sont revêtus. La guemara refuse cette lecture : un revêtement de métal devrait faire des mizbehot des ustensiles de métal, donc les exposer à l'impureté. Le mot tsipouy ne peut pas servir d'argument de pureté.

Première solution : corriger la lecture de la michna par ima (dis plutôt). Les Sages ne donnent pas une autre raison de la même conclusion, ils soutiennent la conclusion inverse — les mizbehot reçoivent l'impureté, et précisément à cause de leur revêtement. La michna devient ainsi une mahloket frontale sur le statut des mizbehot.

🖼️ Schéma
Que veulent dire les Sages par parce qu'ils sont revêtus ? Difficulté : un revêtement de métal rend impur Invoqué comme raison de pureté, le mot ne tient pas Lichna kama : ima, corrige Lis : et les Sages les déclarent susceptibles d'impureté, parce qu'ils sont revêtus Le revêtement fait le statut Lichna batra : veivait ema Les Sages interrogent Rabbi Eliezer : ton détour par le sol suppose que le revêtement les rendrait impurs Or il s'annule devant le bois Résultat : les mizbehot sont susceptibles d'impureté pour les Sages, purs pour Rabbi Eliezer Résultat : les deux tiennent les mizbehot pour purs, et discutent de la raison Rachi : sans revêtement, un keli ets asouy lenahat serait pur de toute façon.
Les deux manières de comprendre les mots des Sages, et ce qui change dans chacune.
5
וְאִיבָּעֵית אֵימָא: רַבָּנַן לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר קָאָמְרִי: מַאי דַּעְתָּיךְ, מִשּׁוּם דִּמְצֻופִּין —

Et si tu veux, dis : les Sages s'adressaient à Rabbi Eliezer. Quel est ton raisonnement ?

Parce qu'ils sont revêtus —

📜 Rachi (2)
מַאי דַּעְתָּיךְ דִּילַּפְתָּ טַעְמָא מִדִּקְרִינְהוּ אֲדָמָה הָא לָאו הָכִי טְמֵאִין אע"ג דְּעִשּׂוּיַן לְנַחַת:
Quel est ton raisonnement : puisque tu tires la raison de ce que l'Écriture les a appelés terre, c'est donc que sans cela ils seraient impurs, bien qu'ils soient faits pour demeurer en place.
מִפְּנֵי שֶׁהֵן מְצֻופִּין וּבָעֵי לְמֵימַר שֶׁהַצִּיפּוּי מְבַטְּלָן וְהָוֵי לְהוּ כִּכְלֵי מַתָּכוֹת:
Parce qu'ils sont revêtus : il veut dire que le revêtement les annule, et qu'ils deviennent comme des ustensiles de métal.
🗂️ Tossefot (1)
וְאִיבָּעֵית אֵימָא רַבָּנַן לר"א כו'. וְקָשֶׁה לָמָּה לִי הַשֻּׁלְחָן הַטָּהוֹר מִכְּלָל שֶׁהָיָה טָמֵא תִּיפּוֹק לֵיהּ מִשּׁוּם צִיפּוּי דְּאַף בַּמִּזְבְּחוֹת נָמֵי הֲוָה מְטַמֵּא [ר"א] מִשּׁוּם צִיפּוּי אִי לָאו טַעְמָא דִּכְקַרְקַע נִינְהוּ לְלִישָּׁנָא בָּתְרָא אע"פ דְּרַחֲמָנָא קְרִינְהוּ עֵץ אִם כֵּן הַשֻּׁלְחָן נָמֵי טָמֵא אע"ג דְּאִיקְרֵי עֵץ מִשּׁוּם צִיפּוּי וּלְלִישָּׁנָא קַמָּא דְּמוּקֵי לָהּ כְּרַבָּנָן דִּמְטַמֵּא וְלֹא בָּטֵל הַצִּיפּוּי לְגַבֵּי עֵץ וְתֵירֵץ הָר"ר אֶלְחָנָן דְּאִיצְטְרִיךְ שַׁפִּיר קְרָא דְּהַשֻּׁלְחָן דְּאַף בַּמִּזְבְּחוֹת נָמֵי לָא יָדְעִינַן לֵיהּ שֶׁיִּהְיֶה בָּטֵל לְגַבֵּי הַצִּיפּוּי אֶלָּא מִשּׁוּם דְּיָלֵיף מִשֻּׁלְחָן דְּאַף עַל גַּב דְּמִיקְּרֵי עֵץ הַתּוֹרָה טִמְּאַתּוּ מִשּׁוּם צִיפּוּי וְרַבָּנָן דְּאָמְרִי מְבַטֵּיל בְּטִיל צִיפּוּי לְגַבַּייְהוּ אָמְרִי מִדְּאִיצְטְרִיךְ לְרַבּוֹיֵי שֻׁלְחָן דְּהָא מִסְּבָרָא טָמֵא מִשּׁוּם צִיפּוּי אֶלָּא וַדַּאי לְאַשְׁמוֹעִינַן דאע"ג שֶׁיֵּשׁ לוֹ צִיפּוּי צָרִיךְ קְרָא לְרַבּוּיֵי דִּמְקַבֵּל טֻומְאָה וְאִי לָאו הָרִבּוּי הַצִּיפּוּי בָּטֵל א"כ מִמֵּילָא גַּבֵּי מִזְבֵּחַ דְּלֵיכָּא רִבּוּי הַצִּפּוּי בָּטֵל לְלִישָּׁנָא בָּתְרָא:
« Et si tu veux, dis : les Sages s'adressaient à Rabbi Eliezer », etc. Il y a une difficulté : pourquoi avoir besoin du verset « la table pure », dont on déduit qu'elle pouvait donc devenir impure ? Qu'on le tire donc du revêtement, puisque pour les mizbehot aussi Rabbi Eliezer les aurait déclarés impurs à cause du revêtement s'il n'y avait pas eu la raison de leur assimilation au sol, selon la seconde lecture, et cela bien que le Miséricordieux les ait appelés bois. Si tel est le cas, la table aussi serait impure à cause de son revêtement, bien qu'elle soit appelée bois ; et cela vaut aussi pour la première lecture, qui l'établit selon les Sages, lesquels la déclarent impure et tiennent que le revêtement ne s'annule pas devant le bois. Le Rav Elhanan a répondu que le verset de la table est bel et bien nécessaire : car pour les mizbehot non plus nous ne saurions pas que le bois s'annule devant le revêtement, sinon parce qu'on le tire de la table, au sujet de laquelle la Torah a enseigné qu'elle reçoit l'impureté à cause de son revêtement, bien qu'elle soit appelée bois. Et les Sages, qui disent que le revêtement s'annule bel et bien devant eux, raisonnent ainsi : du moment qu'il a fallu un verset pour inclure la table, alors que par le seul raisonnement elle serait impure à cause de son revêtement, c'est assurément pour nous enseigner que même lorsqu'un objet porte un revêtement il faut un verset pour l'inclure comme recevant l'impureté ; sans cet ajout, le revêtement s'annule. Il en résulte d'office que pour le mizbeah, où il n'y a pas d'ajout de ce genre, le revêtement s'annule, selon la seconde lecture.
💡 Explication

Seconde solution, introduite par veivaït ema (et si tu veux, dis). On garde le texte de la michna tel quel, et l'on entend les mots des Sages comme une question adressée à Rabbi Eliezer.

Le raisonnement des Sages part d'un constat : si Rabbi Eliezer avait besoin d'invoquer l'assimilation au sol, c'est qu'à ses yeux les mizbehot seraient autrement susceptibles d'impureté — et cela malgré leur qualité d'asouy lenahat. La seule raison possible tient au revêtement de métal, qui en ferait des ustensiles de métal. Les Sages contestent précisément ce point, et leur réponse occupe le segment suivant.

6
מִיבְטָל בָּטֵיל צִפּוּיָין גַּבַּיְיהוּ.

— leur revêtement s'annule bel et bien devant eux.

📜 Rachi (1)
מִיבְטָל בְּטִיל צִיפּוּייָן לְגַבַּיְיהוּ דְּרַחֲמָנָא קְרָא עֵץ לְכוּלְּהוּ וּבְלָאו הַאי קְרָא נָמֵי לָא מְקַבְּלֵי טוֹמֵא':
Leur revêtement s'annule bel et bien devant eux : car le Miséricordieux les a tous appelés bois, et même sans ce verset ils ne recevraient pas l'impureté.
💡 Explication

La réponse des Sages tient en trois mots araméens : mivtal batil, il s'annule bel et bien. Le revêtement de métal ne compte pas face au corps de bois ; les mizbehot demeurent des ustensiles de bois destinés à demeurer en place, et ils sont purs pour cette raison seule.

Rachi ajoute la source : le verset de Ye'hezkel appelle « bois » tous ces objets revêtus, et c'est ce qui autorise à négliger le revêtement. Selon cette lecture, la michna oppose deux explications d'un même résultat, et le détour de Rabbi Eliezer par le sol devient superflu.

7
אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: תַּלְמִידֵי חֲכָמִים אֵין אוּר שֶׁל גֵּיהִנָּם שׁוֹלֶטֶת בָּהֶן, קַל וָחֹומֶר מִסָּלָמַנְדְּרָא: וּמַה סָלָמַנְדְּרָא שֶׁתּוֹלֶדֶת אֵשׁ הִיא — הַסָּךְ מִדָּמָהּ אֵין אוּר שׁוֹלֶטֶת בּוֹ, תַּלְמִידֵי חֲכָמִים שֶׁכָּל גּוּפָן אֵשׁ, דִּכְתִיב: ״הֲלוֹא כֹה דְבָרִי כָּאֵשׁ נְאֻם ה׳״ — עַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה.

Rabbi Abahou a dit au nom de Rabbi Elazar : le feu du Guéhinom n'a pas de prise sur les talmidei hakhamim, par un kal vahomer tiré de la salamandre. Si la salamandre, qui n'est qu'un produit du feu, protège du feu celui qui s'enduit de son sang, les talmidei hakhamim, dont le corps tout entier est feu, ainsi qu'il est écrit « Mes paroles ne sont-elles pas comme le feu, dit Hachem » (Yirmeyahou 23, 29), à combien plus forte raison.

📜 Rachi (1)
סָלָמַנְדְּרָא חַיָּה הַנִּבְרֵאת מִן הָאוֹר כְּשֶׁבּוֹעֲרִין אֵשׁ בְּמָקוֹם אֶחָד שֶׁבַע שָׁנִים תָּמִיד בְּלִי הֶפְסֵק:
Salamandra : un animal créé à partir du feu, lorsqu'on fait brûler un feu au même endroit pendant sept années, en permanence et sans interruption.
🗂️ Tossefot (1)
סָלָמַנְדְּרָא. הַחֹלֶד וְהָעַכְבָּר תִּרְגְּמָם יְהוֹנָתָן כַּרְכּוּשְׁתָּא וְסָלָמַנְדְּרָא. עָרוּךְ:
Salamandra. La belette et la souris, Yonatan les traduit karkoushta et salamandra. Aroukh.
🪔 Ben Yehoyada (1)
תלמידי חכמים אין אור של גיהנם שולטת בהן. קל־וחמר מסלמנדרא. מקשים אם כן יהיו התלמידי חכמים הולכים על האש ולא ישרפו כיון דיליף מסלמנדרא? ונראה לי דדם הסלמנדרא הוא גשמי יוכל להדבק בגוף הגשמי ויגין עליו מן האש אבל התורה רוחנית אינה נדבקת בגוף שהוא גשמי כדי שתגין עליו אבל על הנפש שהיא רוחנית תדבק ותגין עליה מן האש. ועוד נראה לי בס"ד כיון שחטא אדם הראשון נעשה בגוף האדם זוהמת הנחש והיא חוצצת בין הגוף ובין אור התורה הקדוש כשיהיה מלביש את הגוף אך כנגד דם הסלמנדרא אינו חוצץ כי מין במינו אינו חוצץ ולכן תמצא שיש חכמים שגופם נטהר מן זוהמת הנחש גם בעודם בחיים ולכך היו בעודם בחיים נוגעים באש ואינם נכוים וכמו רבי זירא. ואל תתמה על רבי חנינא בן תרדיון שנשרף באש כי ענין עשרה הרוגי מלכות היה מפלאות תמים דעים ויש טעם כמוס בדבר.
« Le feu du Guéhinom n'a pas de prise sur les talmidei hakhamim, par un kal vahomer tiré de la salamandre. » On objecte : s'il en est ainsi, les talmidei hakhamim devraient marcher sur le feu sans brûler, puisqu'on le tire de la salamandre. Il me semble que le sang de la salamandre est matériel et peut adhérer au corps matériel pour le protéger du feu, tandis que la Torah, qui est spirituelle, n'adhère pas au corps, qui est matériel, de manière à le protéger ; elle adhère à la nechama, qui est spirituelle, et la protège du feu. Il me semble encore, avec l'aide du Ciel, que depuis la faute d'Adam HaRichon la zohama du serpent s'est formée dans le corps de l'homme, et qu'elle fait écran entre le corps et la lumière sainte de la Torah lorsque celle-ci vient revêtir le corps ; face au sang de la salamandre, en revanche, elle ne fait pas écran, car une chose ne fait pas écran à ce qui est de son espèce. Tu trouveras ainsi des sages dont le corps s'est purifié de la zohama du serpent de leur vivant même, et qui touchaient le feu sans se brûler, comme Rabbi Zéra. Et ne t'étonne pas de Rabbi Hanina ben Teradyon, qui fut brûlé par le feu : l'affaire des dix martyrs du royaume relevait des merveilles de Celui dont la connaissance est parfaite, et il y a là une raison cachée.
💡 Explication

La guemara passe à l'aggada, dans le prolongement du thème du revêtement et du feu. Le kal vahomer (raisonnement à fortiori) part d'un cas léger et conclut à un cas lourd. Ici le cas léger est la salamandra : selon Rachi, une créature engendrée par un feu entretenu sept années sans interruption. Son sang, applique sur le corps, protège du feu.

Le cas lourd : les talmidei hakhamim. La salamandre est seulement issue du feu, tandis que la Torah — comparée au feu par Yirmeyahou — devient la substance même de celui qui l'étudie. Si une protection extérieure suffit dans le premier cas, une qualité constitutive doit suffire à plus forte raison dans le second.

🖼️ Schéma
Les deux kal vahomer qui closent le traité Rabbi Abahou au nom de Rabbi Elazar Rech Lakich Le cas léger : la salamandre Une créature née du feu, selon Rachi après sept années de feu continu. Qui s'enduit de son sang, le feu l'épargne. Le cas léger : le mizbeah d'or Du bois couvert d'une épaisseur de dinar d'or, rien de plus ; des années de feu sans dommage. Le cas lourd : les talmidei hakhamim Leur corps tout entier est feu : Mes paroles ne sont-elles pas comme le feu (Yirmeyahou 23, 29) Le cas lourd : les fauteurs d'Israël Remplis de mitsvot comme une grenade : lis rekanin chebakh, les vides parmi toi (Chir Hachirim 4, 3) Le feu du Guéhinom n'a pas de prise sur eux Le feu du Guéhinom n'a pas de prise sur eux Structure commune : un objet résiste au feu par une qualité extérieure, l'homme y résiste par ce qui le constitue.
Les deux kal vahomer du folio, posés côté à côté : même structure, deux termes de comparaison différents.
8
אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: אֵין אוּר שֶׁל גֵּיהִנָּם שׁוֹלֶטֶת בְּפוֹשְׁעֵי יִשְׂרָאֵל, קַל וָחֹומֶר מִמִּזְבַּח הַזָּהָב: מַה מִזְבַּח הַזָּהָב שֶׁאֵין עָלָיו אֶלָּא כְּעֹובִי דִּינַר זָהָב — כַּמָּה שָׁנִים אֵין הָאוּר שׁוֹלֶטֶת בּוֹ, פּוֹשְׁעֵי יִשְׂרָאֵל שֶׁמְּלֵאִין מִצְוֹת כְּרִמּוֹן, דִּכְתִיב: ״כְּפֶלַח הָרִמּוֹן רַקְתָּךְ״, אַל תִּקְרֵי ״רַקְתָּךְ״, אֶלָּא: רַקָּנִין שֶׁבָּךְ — עַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה.

Rech Lakich a dit : le feu du Guéhinom n'a pas de prise sur les fauteurs d'Israël, par un kal vahomer tiré du mizbeah d'or. Si le mizbeah d'or, qui ne porte sur lui qu'une épaisseur de dinar d'or, a résisté des années durant sans que le feu ait prise sur lui, les fauteurs d'Israël, qui sont remplis de mitsvot comme une grenade, ainsi qu'il est écrit « comme un quartier de grenade est ta tempe [rakatékh] » (Chir Hachirim 4, 3) — ne lis pas rakatékh, mais rekanin chebakh, les vides parmi toi — à combien plus forte raison.

📜 Rachi (1)
כְּעֹובִי דִּינַר זָהָב דָּבָר מוּעָט לֹא חָסֵר זְהָבָהּ דְּנַעֲשָׂה בּוֹ נֵס:
Comme l'épaisseur d'un dinar d'or : peu de chose, et pourtant son or ne diminuait pas, car un miracle s'accomplissait là.
🗂️ Tossefot (2)
פּוֹשְׁעֵי יִשְׂרָאֵל אֵין אוּר שֶׁל גֵּיהִנָּם כו'. נִרְאֶה לִי דְּלָאו בְּפוֹשְׁעֵי יִשְׂרָאֵל בְּגוּפָן דְּהָא אָמְרִינַן בְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה (דַּף יז.) פּוֹשְׁעֵי יִשְׂרָאֵל בְּגוּפָן גֵּיהִנָּם כָּלֶה וְהֵם אֵינָם כָּלִים אֶלָּא בְּפוֹשְׁעֵי קְצָת קָאָמַר וּמִשּׁוּם דְּמַסִּיק לְהוּ אַבְרָהָם לְכוּלְּהוּ חוּץ מִבּוֹעֲלֵי הַכּוּתִית (דְּמִבְּשָׁקַר לֵיהּ) עֲרַלְתִּיהָ כִּדְאָמַר בְּרֵישׁ עוֹשִׂין פַּסִּין (עֵירוּבִין דַּף יט.) וְכִי אָמְרִינַן בְּסוֹף הַזָּהָב (בּ"מ דַּף נח:) הַכֹּל יוֹרְדִין וְעוֹלִין חוּץ מִשְּׁלֹשָׁה לָאו בְּגֵיהִנָּם מַיְירֵי אֶלָּא בְּמָקוֹם אֶחָד לִידּוֹן הֵן יוֹרְדִין וְאַף הַנִּידּוֹן לְאַחַר שְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ עוֹלִין וְאֵין נִידּוֹנִין יוֹתֵר מִשָּׁנָה תְּמִימָה:
« Les fauteurs d'Israël, le feu du Guéhinom », etc. Il me semble qu'il ne s'agit pas des fauteurs d'Israël par leur corps, car nous disons dans Roch Hachana (17a) qu'à leur sujet le Guéhinom s'achève et qu'eux ne s'achèvent pas. Il parle donc de fauteurs d'une certaine sorte seulement. Et cela, parce qu'Avraham les fait tous remonter, à l'exception de ceux qui ont eu commerce avec une non-juive, chez qui l'orla se retrouve recouverte, comme il est dit au début de Ossin Passin (Erouvin 19a). Quant à ce que nous disons à la fin de HaZahav (Baba Metsia 58b), que tous descendent et remontent sauf trois, il ne s'agit pas là du Guéhinom : ils descendent en un seul lieu pour y être jugés, et même celui qui est jugé remonte au bout de douze mois, car on n'est pas jugé plus d'une année entière.
שֶׁאֵין בּוֹ אֶלָּא עֳובִי דִּינָר. בְּתַנְחוּמָא יֵשׁ שֶׁהָיָה מֹשֶׁה תָּמֵיהַּ עַל זֶה אִי אֶפְשָׁר שֶׁלֹּא יִשָּׂרֵף הָעֵץ וְאָמַר לוֹ הַמָּקוֹם כָּךְ דַּרְכִּי בְּאֵשׁ שֶׁל מַעֲלֶה אֵשׁ אֹוכְלָה אֵשׁ וְאֵינוֹ מְכַלֶּה כְּדִכְתִיב וְהַסְּנֶה אֵינֶנּוּ אוֹכֵל (שְׁמוֹת ג׳:ב׳):
« Qui ne porte sur lui qu'une épaisseur de dinar. » Il y a dans le Tan'houma que Moche s'en étonnait : il n'est pas possible que le bois ne brûle pas. Et l'Omniprésent lui dit : telle est Ma voie avec le feu d'en haut — un feu dévore un feu sans le consumer, ainsi qu'il est écrit « et le buisson n'était pas consumé » (Chemot 3, 2).
🪔 Ben Yehoyada (2)
פושעי ישראל, אין אור של גיהנם שולטת בהן, קל־וחמר ממזבח הזהב. כתב הגאון מהרי"ש [מורינו הרב יוסף שאול] ז"ל בדברי שאול, העולם מקשים דילמא סך מדמה של סלמנדרא על המזבח ולכך לא שלטה בו האש? ומתרצים כיון דסלמנדרא הוא טמא אין סכין המזבח דהיוצא מן הטמא טמא ולזה כיוונו התוספות שהביאו התרגום דסלמנדרא. וכתב דשאל אותו אחד על זה דהא המזבח אינו מקבל טומאה דהוה כלי עץ העשוי לנחת ותירץ לו דלא מבעיא ללישנא קמא אלא גם ללישנא בתרא דאמרי דמבטיל בטיל צפויין לגבייהו וכו' על כל פנים מאיס לגבוה שיסוכו בדבר טמא עיין שם. ולי אנא עבדא נראה דאין כאן קושיא דהא אמרינן באורח חיים סימן תקפ"ו גבי שופר אם צפהו זהב באורך השופר מבחוץ במקום שאין נוגע שם בשפתיו וגם לא הוסיף על ארכו אם נשתנה קולו מחמת הצפוי אסור משום דהוי קול שופר ודבר אחר עיין שם. ואם כן הכא נמי רחמנא אמר וצפית אתו זהב טהור (שמות כה, יא) זהב אמר רחמנא ולא זהב ודבר אחר ואם יש צורך בצפוי זה היה צריך לצוותו בפירוש על דבר זה. ועוד נראה לי בס"ד כיון דסלמנדרא היא בריה בעל חי לא מהני דמה אלא לבריה בעל חי כמוה ולא לעץ וכיוצא, תדע כיון דידעו בבית שני שהאויב ישרוף את ההיכל וכמו שאמרו רבן יוחנן בן זכאי להיכל למה אתה מבעית עצמך (יומא לט:) כבר ידענו שנתנבא עליך הנביא פתח לבנון דלתיך ותאכל אש בארזיך (זכריה יא, א) ואמאי לא סכו אותו בסלמנדרא כדי שלא תשלוט בו האש? אלא ודאי דם סלמנדרא אינו דוחה האש אלא רק מבשר בעלי חיים ולא מן העץ. ועוד נראה לי בס"ד דמזבח הפנים מביאים לו האש בכל יום במחתה ממזבח החיצון ושם היה אש של מעלה מעורב בו ובודאי דם סלמנדרא לא יוכל לדחות כח אש של מעלה שזה טבע וזה למעלה מן הטבע ואמרו בגמרא (יומא כא:) דאפילו בבית שני היה אש של מעלה ורק לא סייעה לאכול הקרבנות ועם כל זה לא יוכל דם של סלמנדרא לדחות כחה.
« Les fauteurs d'Israël, le feu du Guéhinom n'a pas de prise sur eux, par un kal vahomer tiré du mizbeah d'or. » Le Gaon notre maître le Rav Yossef Chaoul, de mémoire bénie, a écrit dans son Divrei Chaoul : on objecte communément que l'on enduisait peut-être le mizbeah du sang de la salamandre, et que c'est pour cela que le feu n'avait pas prise sur lui. On répond que la salamandre est impure, et que l'on n'enduit pas le mizbeah d'une telle substance, car ce qui sort d'un être impur est impur ; c'est à cela que visaient les Tossefot en citant le targoum du mot salamandra. Il écrit que quelqu'un lui objecta que le mizbeah ne reçoit pas l'impureté, puisqu'il est un ustensile de bois destiné à demeurer en place. Il lui répondit que la difficulté se pose non seulement selon la première lecture, mais aussi selon la seconde, qui dit que leur revêtement s'annule devant eux : en tout état de cause, il serait répugnant, à l'égard de ce qui est destiné au Ciel, de l'enduire d'une chose impure. Vois là-bas. Et à moi, le serviteur, il semble qu'il n'y a là aucune difficulté. Nous disons en effet dans le Orah Haim, chapitre 586, à propos du chofar : si on l'a revêtu d'or à l'extérieur sur sa longueur, à un endroit où les lèvres ne le touchent pas, et sans en augmenter la longueur, alors, si le son s'est modifié à cause du revêtement, cela est interdit, car il s'agit du son du chofar et d'une autre chose avec lui. Vois là-bas. Ici de même, le Miséricordieux a dit « tu le revêtiras d'or pur » (Chemot 25, 11) : de l'or, a dit le Miséricordieux, et non de l'or avec une autre chose ; et si un tel enduit avait été nécessaire, il aurait fallu l'ordonner expressément. Il me semble encore, avec l'aide du Ciel, que puisque la salamandre est une créature vivante, son sang ne protège qu'une créature vivante comme elle, et non du bois ni rien de semblable. Sache-le : au temps du second Beit HaMikdach on savait que l'ennemi brûlerait le Hekhal, comme Rabban Yo'hanan ben Zakaï le dit au Hekhal (Yoma 39b) : pourquoi t'effraies-tu toi-même ? Nous savons déjà que le prophète a prophétisé sur toi « ouvre, Levanon, tes portes, et que le feu dévore tes cèdres » (Zekharia 11, 1). Pourquoi donc ne l'a-t-on pas enduit de salamandre pour que le feu n'ait pas prise sur lui ? C'est bien là preuve que le sang de la salamandre repousse le feu pour la chair des êtres vivants seulement, et non pour le bois. Il me semble encore, avec l'aide du Ciel, qu'au mizbeah intérieur on apportait chaque jour le feu dans une pelle depuis le mizbeah extérieur, où le feu d'en haut se mêlait à lui ; et certainement le sang de la salamandre ne saurait repousser la force du feu d'en haut, l'un relevant de la nature et l'autre la dépassant. On dit dans la guemara (Yoma 21b) que même dans le second Beit HaMikdach le feu d'en haut était présent, sans toutefois aider à consumer les korbanot ; malgré cela, le sang de la salamandre ne pourrait en repousser la force.
פושעי ישראל , שמלאים מצוות כרמון. נראה לי בס"ד אותיות רמון במילואם כזה רי־ש מ־ם וא־ו נו־ן יהיה מאותיות המלוי צירוף ישאו־ן מ־ו וידוע מים בלשון מצרי הוא מו וכמו שכתב מהר"ם מלבים ז"ל בביאור התורה. וידוע ישראל מעלין מיין נוקבין מן בירורי ניצוצי קדושה שמבררים על ידי המצות ואלו הבירורין נקראים מים שהם מו בלשון מצרי וזהו ישאון מ־ו הנרמז בתוך אותיות רמון דאלו המים נושאין ומעלים אותם מתתא לעילא רמוזים בתוך רמון. ולזה אמר מלאים מצוות כרמון רוצה לומר כמלוי רמון שהוא ישאון מו. ועוד נראה לי בס"ד הא דנקיט רמון כי רמון בהפוך מרון שהוא לשון חירות כמו שאמרו רז"ל על מאמר עוברין לפניו כבני מרון (משנה ראש השנה א, ב) והאדם יהיה לו חירות מכח המצות. נמצא מזבח הפנימי שהוא עץ מצופה זהב הוא סימן טוב לישראל כי ממנו יוצא הוכחה טובה להם כדיליף הכא לכן עץ זהב הוא מספר סימן טוב כי עץ [160] גימטריא סימן [160] וזהב [17] גימטריא טוב [17] וידוע העץ הוא מצד החסד והזהב מצד הדין והרי כאן הדין עושה הגנה לעץ שדוחה דין של אש שלא ישלוט בעץ והאדם עץ השדה (דברים כ, יט) וזהב שהוא רמז למצות שהם תיקון העשיה שהיא דין מגינים על האדם. גם זהב רמז לתורה כמו שאמרו רז"ל על פסוק (בראשית ב, יב) וזהב הארץ ההוא טוב, שהיא תורת חיים .
« Les fauteurs d'Israël, qui sont remplis de mitsvot comme une grenade. » Il me semble, avec l'aide du Ciel, que si l'on écrit les lettres du mot rimon, la grenade, en toutes lettres — rech, mem, vav, noun — les lettres ajoutées par ce milouy forment la combinaison yissaoun mo. Or on sait que mo veut dire eau en langue d'Égypte, comme l'a écrit le Malbim, de mémoire bénie, dans son commentaire sur la Torah. On sait aussi qu'Israël fait monter les mayin noukvin par le tri des étincelles de sainteté qu'opèrent les mitsvot, et que ces tris sont appelés eaux, soit mo en langue d'Égypte : voilà yissaoun mo, ils porteront les eaux, allusion inscrite dans les lettres du mot rimon, car ces eaux portent et font monter d'en bas vers le haut. C'est pourquoi il dit : remplis de mitsvot comme une grenade, c'est-à-dire à la manière du milouy de rimon, qui donne yissaoun mo. Il me semble encore, avec l'aide du Ciel, que s'il prend précisément la grenade, c'est que rimon renversé donne maron, terme de liberté, comme nos maîtres, de mémoire bénie, l'ont dit sur l'énoncé « ils passent devant Lui comme des benei maron » (michna Roch Hachana 1, 2) : l'homme obtient la liberté par la force des mitsvot. Il se trouve ainsi que le mizbeah intérieur, qui est de bois revêtu d'or, constitue un bon signe pour Israël, car il en sort pour eux une bonne preuve, comme on le tire ici. Aussi ets zahav, le bois et l'or, vaut-il siman tov, un bon signe : ets (160) a la même guematria que siman (160), et zahav (17) la même que tov (17). On sait que le bois relève du 'hessed et l'or du din ; et voici que le din protège le bois, puisqu'il repousse le din du feu pour que celui-ci n'ait pas prise sur le bois — or « l'homme est l'arbre du champ » (Devarim 20, 19). L'or fait allusion aux mitsvot, qui sont le tikoun de la Assia, côté du din, et elles protègent l'homme. L'or fait aussi allusion à la Torah, comme nos maîtres, de mémoire bénie, l'ont dit sur le verset (Berechit 2, 12) « et l'or de ce pays-là est bon » : c'est la Torah de vie.
💡 Explication

Rech Lakich bâtit le même raisonnement sur un autre terme de comparaison, tiré de la sougya qui précède. Le mizbeah d'or est un corps de bois couvert d'une pellicule d'or de l'épaisseur d'un dinar ; on y brûlait l'encens chaque jour, et le bois ne se consumait pas. Rachi souligne que l'or lui-même ne diminuait pas, ce qui tenait du miracle.

Le cas lourd vise les pocheï Israël, les fauteurs d'Israël. La preuve passe par une lecture du mot rakatékh, ta tempe : lis rekanin chebakh, les vides parmi toi. Même ceux que l'on tient pour vides sont remplis de mitsvot comme la grenade de ses grains. Tossefot restreint la portée de l'énoncé : il ne vise pas les fauteurs par le corps dont parle Roch Hachana 17a, mais une catégorie plus limitée.

9
הֲדַרַן עֲלָךְ חֹומֶר בַּקֹּודֶשׁ וּסְלִיקָא לַהּ מַסֶּכֶת חֲגִיגָה

Hadran alakh Homer BaKodech, et ainsi s'achève le traité Haguiga.

💡 Explication

Formule de clôture. Hadran alakh — nous reviendrons vers toi — s'adresse au chapitre qui vient de s'achever, le troisième, Homer BaKodech, plus rigoureux est le kodech. Vessalika la massekhet Haguiga marque la fin du traité tout entier.

✉ Signaler une erreur de traduction

Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).