Eruvin 2a — La kora du mavoi : vingt amot de haut, dix de large, et la porte du Heikhal

Eruvin 2a

Sougya : La michna ouvre le traité sur le mavoi, ruelle fermée de trois côtés dont une extrémité débouche sur le domaine public. Le transport y est permis de la Torah ; les rabbins exigent une kora ou un lehi pour qu'on ne confonde pas cette ruelle avec la rue.

Si la kora dépasse vingt amot, les Sages demandent de l'abaisser, et Rabbi Yehouda en dispense. Si l'entrée dépasse dix amot, on la réduit, sauf lorsqu'elle a une tsourat ha-petah.

La Guemara compare d'abord cette formulation à celle de la soucca, puis rattache la mesure de vingt amot à l'ouverture du Heikhal selon les Sages, et à celle de l'Oulam selon Rabbi Yehouda. Le folio s'achève sur l'échange des noms Michkan et Mikdach, qui fait passer une loi du Tabernacle au Temple.

Le mavoi : trois murs, une entrée, deux mesures kora (poutre) mavoi ruelle fermée bout fermé reshut ha-rabim plan : un seul bout ouvert 20 amot kora coupe de l'entrée Hauteur de la kora Plus de 20 amot : on abaisse. Rabbi Yehouda : dispense. Largeur de l'entrée Plus de 10 amot : on réduit. Tsourat ha-petah : on garde. Statut du transport Torah : permis dans le mavoi. Rabbins : lehi ou kora, hekker.
Le mavoi débouche d'un seul côté sur le domaine public. La kora marque l'entrée : vingt amot de haut, dix de large.
D'où vient le plafond de vingt amot ? Question Les Sages Rabbi Yehouda Source de la mesuré Ouverture du Heikhal le Sanctuaire Ouverture de l'Oulam le vestibule, devant le Heikhal Mesures 20 amot de haut 10 amot de large 40 amot de haut 20 amot de large Lecture de Vayikra 3, 2 petah Ohel Moed Kedouchot distinctes. Le verset vise le Heikhal. Un petah suit ses mesures. Une seule kedoucha. Le verset vise les deux. Le grand petah reste un petah. Autre lecture du verset fondu petah oulam ha-bayit La Maison ouverte sur l'Oulam : le Heikhal. Le petah reste celui de vingt amot. L'ouverture de l'Oulam est elle-même un petah. Quarante amot restent dans la mesure d'une entrée. Kora au-dessus de 20 amot On l'abaisse. yema'et On n'est pas tenu. eino tsarikh
Sages et Rabbi Yehouda lisent le même verset. L'un prend la porte du Heikhal, l'autre celle de l'Oulam.
Pourquoi la soucca est dite passoule, et le mavoi corrige Première réponse Soucca, de-oraita La mesure vient de la Torah. On enseigne : passoule. Mavoi, de-rabbanan L'interdit lui-même est rabbinique. On enseigne le geste : on diminue. Rachi : le mot passoul convient quand la mesure est ancienne. Ici, les Sages commencent le sujet. Autre réponse Une loi de la Torah aussi peut s'enseigner par un remède. Soucca : cas nombreux Trois cloisons, dix amot, ombre. Un mot, passoule, les rassemble. Mavoi : peu de cas On peut dire le remède lui-même. Règle citée : enseigner à l'élève par la voie courte (Pesahim 3b).
Deux réponses à la même question de formulation. La seconde est une alternative, pas un complément.
1
מָבוֹי שֶׁהוּא גָּבוֹהַּ לְמַעְלָה מֵעֶשְׂרִים אַמָּה — יְמַעֵט. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אֵינוֹ צָרִיךְ.

Un mavoi qui est haut de plus de vingt amot : on le diminue. Rabbi Yehouda dit : on n'est pas tenu de le diminuer.

📜 Rachi (2)
מַתְנֵי' מָבוֹי שֶׁהוּא גָבוֹהַּ שֶׁהִנִּיחוּ אֶת הַקּוֹרָה לְמַעְלָה מֵעֶשְׂרִים אַמָּה וְקוֹרָה זוֹ לְהַתִּיר לְטַלְטֵל לְתוֹכָהּ בָּאָה דְּמִדְּאוֹרַיְיתָּא אִיתְּסַר הוֹצָאַת רה"ר בְּשַׁבָּת וּמַה הִיא רה"ר סְרַטְיָא וּפְלַטְיָא גְּדוֹלָה כְּדַאֲמָרָן בְּפֶרֶק יְצִיאוֹת הַשַּׁבָּת (שַׁבָּת דַּף ו:) שֶׁדּוֹמִין לְדִגְלֵי מִדְבָּר דְּכָל מִילֵּי דְּשַׁבָּת מִמִּשְׁכָּן גָּמְרִינַן וַעֲגָלוֹת שֶׁל לְוִיִּם בְּרֹוחַב י"ו אַמָּה אָזְלִי כְּדַאֲמָרָן בְּהַזּוֹרֵק (שָׁם ד' צט.) הִלְכָּךְ לָא הָוֵי רה"ר בְּצִיר מי"ו אַמָּה רֹוחַב וּמְפֻולָּשׁ מְשַׁנֵּי רָאשִׁין אֲבָל מָבוֹי קָצָר הוּא וְאֵינוֹ רָחָב י"ו אַמָּה וְאִי נָמֵי רָחָב הוּא אֵינוֹ מְפֻולָּשׁ אֶלָּא רֹאשׁוֹ אֶחָד פָּתוּחַ לִרה"ר וְרֹאשׁוֹ אֶחָד סָתוּם דְּאִי הֲוָה מְפֻולָּשׁ לָא הָוֵי מִשְׁתְּרֵי בְּקוֹרָה כִּדְאָמְרִינַן בַּגְּמָרָא וְכֵיוָן דְּלָאו רה"ר הוּא שָׁרִי לְטִלְטוּלֵי בֵּיהּ מִן הַתּוֹרָה בְּלִי שׁוּם תִּיקּוּן וְרַבָּנָן גְּזוּר עָלֶיהָ מִשּׁוּם דְּאָתֵי לְאִיחַלּוֹפֵי ברה"ר וְשֶׁרִיוָּה בְּתַקַּנְתָּא דְּלֶחִי אוֹ קוֹרָה דְּלֶיהֱוֵי הֶיכֵּירָא דְּלָא לַיְּתֵי לְמִישְׁרֵי רה"ר גְּמוּרָה:
Michna. Un mavoi qui est haut : on a placé la kora à plus de vingt amot. Cette kora vient permettre d'y transporter. Car de la Torah, sortir un objet vers le reshut ha-rabim est interdit le Chabbat. Qu'est-ce que le reshut ha-rabim ? Une sartaya (grand-route) et une grande platya (place), comme nous le disons au chapitre Yetsiot ha-Chabbat (Chabbat 6b), semblables aux camps du désert. Toutes les règles du Chabbat s'apprennent du Michkan, et les chars des Leviim avançaient sur une largeur de seize amot, comme nous le disons dans Ha-Zorek (Chabbat 99a). Dès lors, en dessous de seize amot de large, et sans ouverture de part en part aux deux extrémités, il n'y a pas de reshut ha-rabim. Or un mavoi est étroit : il n'atteint pas seize amot. Même s'il est large, il n'est pas mefoulash : un bout s'ouvre sur le reshut ha-rabim, l'autre est fermé. S'il était mefoulash, une kora ne suffirait pas à le permettre, comme la Guemara le dira. Puisqu'il n'est pas un reshut ha-rabim, le transport y est permis de la Torah, sans aucun aménagement. Les rabbins ont décrété à son sujet, parce qu'on risquerait de le confondre avec un reshut ha-rabim. Ils l'ont permis par l'institution d'un lehi ou d'une kora, afin qu'il y ait un hekker, et qu'on n'en vienne pas à permettre un véritable reshut ha-rabim.
יְמַעֵט יַשְׁפִּיל וְטַעְמָא מְפָרֵשׁ בַּגְּמָרָא:
On le diminue : on l'abaisse. La raison est expliquée dans la Guemara.
🗂️ Tossefot (1)
מַתְנֵי' מָבוֹי שֶׁהוּא גָּבוֹהַּ מֵעֶשְׂרִים אַמָּה יְמַעֵט הִקְשָׁה מָהָרִ"י מאורלינ"ש דַּהֲוָה לֵיהּ לְאַשְׁמוֹעִינַן הֶכְשֵׁר מָבוֹי בְּרֵישָׁא שֶׁהוּא בְּלֶחִי וְקוֹרָה וְאִם הִנִּיחַ לְמַעְלָה מֵעֶשְׂרִים יְמַעֵט וְתֵירֵץ דְּתַנָּא נִיחָא לֵיהּ לְהַתְחִיל בְּהַאי לִישָּׁנָא כְּמוֹ שֶׁמַּתְחֶלֶת מַתְנִיתִין דְּסֻוכָּה וּלְהָכִי פָּרִיךְ שַׁפִּיר טְפֵי בַּגְּמָרָא מַאי שְׁנָא גַּבֵּי סֻוכָּה דְּתָנֵי פְּסוּלָה:
Michna. Un mavoi haut de plus de vingt amot, on le diminue. Le Mahari d'Orléans a objecté : le tana aurait dû nous enseigner d'abord la validation du mavoi, qui se fait par un lehi et une kora, puis ajouter : si on l'a placée à plus de vingt, on diminue. Il répond que le tana préfère ouvrir par cette formulation, comme s'ouvre la michna de Soukka. C'est pour cela que l'objection de la Guemara porte d'autant mieux : quelle différence y a-t-il pour la soucca, où l'on enseigne passoule ?
💡 Explication

Le mavoi est une ruelle fermée de trois côtés, dont un bout débouche sur le reshut ha-rabim (domaine public). Rachi en fixe le statut. Un domaine public de la Torah a au moins seize amot de large et il est mefoulash, ouvert aux deux bouts, à la mesure des chars des Leviim dans le désert. Le mavoi reste en deçà de cette définition : la Torah y permet le transport. Les rabbins l'ont soumis à un lehi (poteau) ou à une kora (poutre), comme hekker (signe visible), pour qu'on ne confonde pas la ruelle avec la rue.

La michna dit ce mavoi haut de plus de vingt amot. Rachi lit qu'on a posé la kora au-dessus de cette hauteur. Les Sages demandent de l'abaisser. Rabbi Yehouda, le tana, en dispense. La Guemara donnera la raison, et elle demandera aussi pourquoi la michna dit ici le remède, alors que la michna de Soukka dit passoule.

2
וְהָרָחָב מֵעֶשֶׂר אַמּוֹת יְמַעֵט. וְאִם יֵשׁ לוֹ צוּרַת הַפֶּתַח, אַף עַל פִּי שֶׁהוּא רָחָב מֵעֶשֶׂר אַמּוֹת אֵין צָרִיךְ לְמַעֵט.

Et s'il est large de plus de dix amot, on le diminue. S'il a une tsourat ha-petah, même lorsqu'il est large de plus de dix amot, on n'est pas tenu de diminuer.

📜 Rachi (2)
וְהָרָחָב מֵעֶשֶׂר אַמּוֹת יְמַעֵט דְּזֶהוּ שִׁיעוּר רֹוחַב סְתָם פְּתָחִים וּטְפֵי מֵהָכִי לָא מִיקְּרוּ פֶּתַח אֶלָּא פִּרְצָה וַאֲנַן בָּעֵינַן פֶּתַח וְצָרִיךְ לִנְעֹוץ קָנִים לְמַעֵט רֹוחַב כְּנִיסָתָהּ וּלְהַעֲמִידָהּ עַל עֶשֶׂר אוֹ עַל פָּחוֹת:
Et celui qui est large de plus de dix amot, on le diminue. Telle est la largeur des ouvertures ordinaires. Au-delà, on parle d'une peretsa (brèche), et nous avons besoin d'un petah (entrée). Il faut donc planter des roseaux pour réduire la largeur de l'entrée et la ramener à dix amot, ou à moins.
צוּרַת הַפֶּתַח לֶחִי מִיכָּן וְלֶחִי מִיכָּן קוֹרָה (ס"א וְקָנֶה) עַל גַּבֵּיהֶן:
Tsourat ha-petah : un lehi d'un côté, un lehi de l'autre, et une kora par-dessus. Une autre leçon dit : un kane (roseau) par-dessus.
⚖️ Rosh (1)
מָבוֹי שֶׁהוּא גָּבוֹהַּ מֵעֶשְׂרִים אַמָּה יְמַעֵט רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר אֵין צָרִיךְ וְהָרָחָב מֵעֶשֶׂר אַמּוֹת יְמַעֵט וְאִם יֵשׁ לוֹ צוּרַת הַפֶּתַח אע"פ שֶׁהוּא רָחָב מֵעֶשֶׂר אַמּוֹת אֵינוֹ צָרִיךְ לְמַעֵט. וְהָכִי הִלְכְתָא ואע"ג דְּאָמַר בַּגְּמָרָא ע"ב מַתְנֵי רַב יְהוּדָה לְחִיָּיא בַּר רַב קַמֵּיהּ דְּרַב אֵין צָרִיךְ לְמַעֵט וא"ל אִיתְנְייֵהּ צָרִיךְ לְמַעֵט לָא קי"ל כְּוָותֵיהּ אֶלָּא כִּסְתָם מַתְנֵי'. דְּרַב לְטַעְמֵיהּ דְּאָמַר רַבָּנָן מִפִּתְחוֹ שֶׁל הֵיכָל יָלְפִי וּלְכָךְ אָמַר דְּצָרִיךְ לְמַעֵט דְּהָא הֵיכָל צ"ה הוּא דַּהֲוָה לֵיהּ וְאַפֵּ"ה י' אַמּוֹת הוּא דַּהֲוָה לֵיהּ. וַאֲנַן קַיְימָא לַן כְּאָמוֹרָאֵי בָּתְרָאֵי דְּאָמְרִי דִּנְקַט פִּתְחוֹ שֶׁל הֵיכָל לְסִימָן בְּעָלְמָא הִלְכָּךְ מְהַנְּיָא צ"ה כִּסְתָם מַתְנֵי':
Un mavoi haut de plus de vingt amot, on le diminue. Rabbi Yehouda dit : on n'est pas tenu. Celui qui est large de plus de dix amot, on le diminue. S'il a une tsourat ha-petah, même large de plus de dix amot, on n'est pas tenu de diminuer. Telle est la halakha. La Guemara, au verso, rapporte que Rav Yehouda récitait devant Hiyya bar Rav, en présence de Rav : on n'est pas tenu de diminuer, et que Rav lui dit : enseigne-le ainsi, on est tenu de diminuer. Nous ne tenons pas comme Rav. Nous tenons comme la michna anonyme. Rav reste cohérent avec lui-même : il dit que les rabbins apprennent la mesure de l'ouverture du Heikhal, et c'est pourquoi il exige de diminuer. Le Heikhal avait bien une tsourat ha-petah, et il n'avait pourtant que dix amot. Nous tenons comme les amoraim postérieurs : Rav n'a cité l'ouverture du Heikhal que comme un siman (repère). Dès lors la tsourat ha-petah est efficace, conformément à la michna anonyme.
💡 Explication

Deuxième mesure de la michna : la largeur. Au-delà de dix amot, l'ouverture est une peretsa (brèche). On la ramène à dix, ou en dessous, en plantant des roseaux. La tsourat ha-petah change le statut : deux poteaux et une traverse dessinent une porte, et la largeur peut dépasser dix amot.

Le Roch fixe la halakha sur la michna anonyme : la tsourat ha-petah suffit. Rav, au verso, voulait qu'on enseigne l'inverse, parce qu'il tire la mesure de la porte du Heikhal, laquelle avait une forme de porte et restait large de dix amot. Les amoraim postérieurs lisent cette porte comme un simple siman, un repère chiffre, et la tsourat ha-petah garde son effet.

🖼️ Schéma
Largeur de l'entrée : brèche, ou forme de porte Plus de dix amot, sans forme peretsa On plante des roseaux. On ramène à dix amot, ou moins. Tsourat ha-petah lehi lehi kora Même au-delà de dix amot, on ne diminue pas.
Sans forme de porte, le trop-large est une brèche. Deux lehi et une kora dessinent un petah.
3
גְּמ׳ תְּנַן הָתָם: סֻוכָּה שֶׁהִיא גְּבוֹהָה לְמַעְלָה מֵעֶשְׂרִים אַמָּה פְּסוּלָה, וְרַבִּי יְהוּדָה מַכְשִׁיר. מַאי שְׁנָא גַּבֵּי סֻוכָּה דְּתָנֵי ״פְּסוּלָה״ וְגַבֵּי מָבוֹי תָּנֵי תַּקַּנְתָּא?

Guemara. Nous avons appris là-bas : une soucca haute de plus de vingt amot est passoule, et Rabbi Yehouda la déclare valable.

Quelle différence y a-t-il pour la soucca, où l'on enseigne passoule, et pour le mavoi, où l'on enseigne un remède ?

📜 Rachi (1)
גְּמ' דְּתָנֵי תַּקַּנְתָּא דְּתָנֵי יְמַעֵט וְלֹא תַּנָּא פָּסוּל:
Guemara. Qui enseigne un remède : on enseigne ' on diminue ', et l'on n'enseigne pas passoul.
💡 Explication

La Guemara quitte un instant le mavoi pour la michna de Soukka (Soukka 2a). Les deux textes parlent d'une hauteur de plus de vingt amot, et Rabbi Yehouda est indulgent dans les deux. La formulation diffère. Là-bas, le tana dit passoule. Ici, il dit le geste qui répare : on diminue. La question est de style, et elle va faire apparaître le statut de chaque loi, Torah ou institution rabbinique.

4
סֻוכָּה דְּאוֹרָייְתָא, תָּנֵי ״פְּסוּלָה״. מָבוֹי דְּרַבָּנָן, תָּנֵי תַּקַּנְתָּא.

La soucca relève de la Torah : on enseigne passoule. Le mavoi relève des rabbins : on enseigne un remède.

📜 Rachi (3)
סֻוכָּה דְּטַעֲמָא דִּידָּה דְּאוֹרָייְתָא כִּדְאָמְרִי' הָתָם מִלְּמַעַן יֵדְעוּ דּוֹרוֹתֵיכֶם:
Soucca : sa raison relève de la Torah, comme on le dit là-bas, à partir du verset ' afin que vos générations sachent '.
תָּנֵי פְּסוּלָה הוֹאִיל וּכְבָר מֵימוֹת מֹשֶׁה נִיתְּנָה מִדָּה זוֹ וּבָאוּ חֲכָמִים לְפָרֵשׁ לְךָ שֶׁאִם לֹא עָשָׂה כֵּן פְּסוּלָה שַׁיָּיךְ לְמִיתְנֵי בָּהּ לְשׁוֹן פַּסְלוּת ואע"ג דִּמְהַנְּיָא בָּהּ תַּקַּנְתָּא כָּל כַּמָּה דְּלָא מְתַקֵּן לָהּ אִיקַּרְיָא פְּסוּלָה:
On enseigne passoule. Cette mesure a été donnée dès les jours de Moché, et les Sages viennent t'expliquer que, si l'on n'a pas fait ainsi, elle est passoule. Le langage de l'invalidité a donc sa place. Un remède y est efficace ; tant qu'on ne l'a pas appliqué, elle porte le nom de passoule.
מָבוֹי דְּכָל עִיקָּרֵיהּ דְּרַבָּנָן הוּא לֹא שַׁיָּיךְ לְמֵימַר בֵּיהּ לְשׁוֹן פַּסְלוּת שֶׁהֲרֵי כָּאן הִתְחִילוּ לְהַרְאוֹתְךָ עִסְקֵי מָבוֹי וְתוֹרוֹתָיו וּמַאי פָּסוּל שַׁיָּיךְ לְמֵימַר אַכַּתִּי לֹא הוֹדִיעוּךָ רַבָּנָן שִׁיעוּרֵיהּ בְּהָכִי דְּלִיתְנֵי אִם לֹא עָשָׂה כֵּן פָּסוּל:
Mavoi. Tout son fondement est rabbinique : le langage de l'invalidité n'y a pas sa place. C'est ici que les Sages commencent à te montrer les règles du mavoi. Ils ne t'ont pas encore fait connaître cette mesure, de sorte qu'on puisse enseigner : si l'on n'a pas fait ainsi, c'est passoul.
🗂️ Tossefot (1)
סֻוכָּה דְּאוֹרָייְתָא תָּנֵי פְּסוּלָה פרש"י דְּשַׁיָּיךְ לְמִיתְנֵי בָּהּ לְשׁוֹן פָּסוּל הוֹאִיל וּמִיְּמוֹת מֹשֶׁה נִיתְּנָה מִדָּה זוֹ [אַף עַל גַּב דְּבִדְאוֹרָיְיתָא שַׁייָּךְ נָמֵי תַּקַּנְתָּא] וְלִישָּׁנָא דְּאִיבָּעֵית אֵימָא בִּדְאוֹרָייְתָא נָמֵי תָּנֵי תַּקַּנְתָּא לָא אָתֵי שַׁפִּיר לְפֵירוּשׁוֹ כִּי גַּם לְלָשׁוֹן רִאשׁוֹן תָּנֵי בִּדְאוֹרָיְיתָא תַּקַּנְתָּא וְלָא קָאָמַר אֶלָּא דְּשַׁייָּךְ לְמִתְנֵי בָּהּ לְשׁוֹן פְּסוּלָה לְכָךְ נִרְאֶה לְפָרֵשׁ סֻוכָּה דְּאוֹרָייְתָא תָּנֵי פְּסוּלָה דִּלְשׁוֹן יְמַעֵט מַשְׁמַע חוּמְרָא בְּעָלְמָא וְאָתֵי לְמִיטְעֵי וְלוֹמַר דְּדַווְקָא לְכַתְּחִלָּה אֲבָל בְּדִיעֲבַד שַׁפִּיר דָּמֵי אֲבָל בְּמָבוֹי דְּרַבָּנָן אֵין לָחוּשׁ וְהָא דְּאָמְרִינַן בְּפֶ' בַּמֶּה מַדְלִיקִין (שַׁבָּת ד' כב.) נֵר חֲנֻוכָּה שֶׁהִנִּיחָהּ לְמַעְלָה מֵעֶשְׂרִים אַמָּה פְּסוּלָה כְּסֻוכָּה וּכְמָבוֹי ואע"ג דְּנֵר חֲנֻוכָּה הָוֵי דְּרַבָּנָן נְקַט פְּסוּלָה אַגַּב סֻוכָּה דְּבָתְרֵיהּ א"נ הָתָם לָא מָצֵי לְמִיתְנֵי יְמַעֵט דַּהֲוָה מַשְׁמַע כְּמוֹ שֶׁהִיא דּוֹלֶקֶת יְמַעֵט וְזֶה אֵינוֹ דַּאֲפִילּוּ לָמֶ"ד הַנָּחָה עוֹשָׂה מִצְוָה צָרִיךְ לְכַבּוֹתָהּ וּלְהַדְלִיקָהּ שֶׁלֹּא יֹאמַר הָרוֹאֶה לְצָרְכּוֹ הוּא דְּאַדְלְקַהּ כִּדְאָמְרִינַן הָתָם גַּבֵּי הִדְלִיקָהּ מִבִּפְנִים וְהִנִּיחָהּ מִבַּחוּץ:
La soucca relève de la Torah, on enseigne passoule. Rachi explique que le langage de passoul a sa place, puisque cette mesure a été donnée dès les jours de Moché, bien qu'un remède ait aussi sa place pour une règle de la Torah. Or la formule ' et si tu veux, dis : même pour une règle de la Torah on enseigne un remède ' s'accorde mal avec son explication. Déjà selon la première réponse, on enseigne un remède pour une règle de la Torah. Rachi n'a dit que ceci : il convient d'employer le mot passoule. Il paraît donc juste d'expliquer autrement. ' On diminue ' laisse entendre une simple houmera (rigueur). On risquerait de croire que la règle ne vise que le-khatehila (à l'origine), et que be-diavad (après coup) la soucca reste valable. Pour un mavoi d'institution rabbinique, cette crainte tombe. Quant à ce que nous disons au chapitre Bame madlikin (Chabbat 22a), une lampe de 'Hanouka placée à plus de vingt amot est passoule, comme une soucca et comme un mavoi : la lampe de 'Hanouka relève des rabbins, et l'on a dit passoule par accompagnement de la soucca qui vient ensuite. Autre réponse : là-bas, on ne peut pas enseigner ' on diminue '. Cela laisserait entendre qu'on l'abaisse pendant qu'elle brûle. Même selon l'avis pour qui la pose accomplit la mitsva, il faut l'éteindre et la rallumer, afin que celui qui voit ne dise pas qu'on l'a allumée pour son propre usage. C'est ce que nous disons là-bas de celui qui l'a allumée à l'intérieur et posée à l'extérieur.
💡 Explication

Première réponse. La soucca est une mitsva de la Torah : le mot passoule nomme une soucca qui ne remplit pas la mitsva. Le mavoi n'a d'interdit que d'institution rabbinique : la michna enseigne directement la takana, le geste qui répare.

Rachi précise le registre des mots. La mesure de la soucca est ancienne, donnée dès les jours de Moché ; tant que le remède n'est pas fait, le nom d'invalidité reste juste. Pour le mavoi, les Sages ouvrent le sujet : ils n'ont pas encore posé une mesure dont on pourrait dire qu'elle invalide.

Tossefot lit la formule ' on diminue ' autrement. Elle sonne comme une rigueur de départ, et un élève pourrait conclure qu'après coup la soucca resterait valable. Ce malentendu est grave pour une loi de la Torah. Pour un mavoi rabbinique, la michna peut dire le remède. La lampe de 'Hanouka, elle aussi rabbinique, est dite passoule dans Chabbat parce qu'elle y est citée à la suite de la soucca, ou bien parce que ' on diminue ' voudrait dire qu'on abaisse une lampe encore allumée.

5
וְאִיבָּעֵית אֵימָא: דְּאוֹרָייְתָא נָמֵי תָּנֵי תַּקַּנְתָּא. אֶלָּא, סֻוכָּה דִּנְפִישִׁין מִילֵּיהּ — פָּסֵיק וְתָנֵי ״פְּסוּלָה״. מָבוֹי דְּלָא נְפִישִׁי מִילֵּיהּ — תָּנֵי תַּקַּנְתָּא.

Et si tu veux, dis : même pour une règle de la Torah, on enseigne un remède. Seulement, la soucca, dont les cas sont nombreux, on tranche et l'on enseigne passoule.

Le mavoi, dont les cas sont peu nombreux, on enseigne un remède.

📜 Rachi (3)
דְּאוֹרָייְתָא נָמֵי תָּנֵי תַּקַּנְתָּא בְּעָלְמָא בְּמִילֵּי אַחֲרֵינִי:
Même pour une règle de la Torah on enseigne un remède : en général, dans d'autres matières.
דִּנְפִישִׁי מִילֵּיהּ דְּקָתָנֵי הָתָם וְשֶׁאֵין לָהּ שָׁלֹשׁ דְּפָנוֹת וְשֶׁאֵינָהּ גְּבוֹהָה עֲשָׂרָה וְשֶׁחַמָּתָהּ מְרֻובָּה מִצִּילָּתָהּ:
Dont les cas sont nombreux : car on enseigne là-bas celle qui n'a pas trois cloisons, celle qui n'est pas haute de dix, et celle dont le soleil dépasse l'ombre.
פָּסֵיק וְתָנֵי פְּסוּלָה דְּהַשְׁתָּא מָצֵי כָּייֵל וְתָנֵי לְהוּ כּוּלְּהוּ כַּחֲדָא דְּאִי הֲוָה תָּנֵי תַּקַּנְתָּא לָא הֲוָה מָצֵי לְעָרוֹבִינְהוּ וּלְמִתְנִינְהוּ דִּבְשָׁאיֶן לָהּ שָׁלֹשׁ דְּפָנוֹת בָּעֵי לְמִיתְנֵי יַעֲשֶׂה לָהּ דֹּופֶן וּבְשֶׁאֵינָהּ גְּבוֹהָה בָּעֵי לְמִיתְנֵי יַגְבִּיהַּ וּבְשֶׁחַמָּתָהּ מְרֻובָּה מִצִּילָּתָהּ יוֹסִיף עַל סְכָכָהּ וְאָמַר מַר לְעוֹלָם יִשְׁנֶה אָדָם לְתַלְמִידוֹ דֶּרֶךְ קְצָרָה (פְּסָחִים ד' ג:):
On tranche et l'on enseigne passoule. Il peut dès lors les rassembler et les enseigner toutes d'un seul mot. S'il enseignait un remède, il ne pourrait pas les mélanger. Pour celle qui n'a pas trois cloisons, il faudrait dire : qu'on lui fasse une cloison. Pour celle qui n'est pas assez haute : qu'on l'élève. Pour celle dont le soleil dépasse l'ombre : qu'on ajoute à son sekhakh. Et le maître a dit : que l'on enseigne toujours à son élève par la voie courte (Pesahim 3b).
💡 Explication

Deuxième réponse, en alternative. Le choix du mot passoule tient au nombre des cas. La michna de Soukka aligne plusieurs défauts : moins de trois cloisons, moins de dix amot, soleil plus abondant que l'ombre. Chaque défaut a son remède. Un seul mot les couvre tous, et l'enseignement reste court, selon la règle rapportée à Pesahim 3b.

Le mavoi, dans cette michna, se répare par un même geste, on diminue. La michna peut donc dire le remède.

6
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: חֲכָמִים לֹא לְמָדוּהָ אֶלָּא מִפִּתְחוֹ שֶׁל הֵיכָל, וְרַבִּי יְהוּדָה לֹא לְמָדָהּ אֶלָּא מִפִּתְחוֹ שֶׁל אוּלָם.

Rav Yehouda dit au nom de Rav : les Sages ne l'ont apprise que de l'ouverture du Heikhal, et Rabbi Yehouda ne l'a apprise que de l'ouverture de l'Oulam.

💡 Explication

Ici commence la source de la mesure. Rav Yehouda est l'amora, élève de Rav. Il rapporte au nom de Rav d'où les tanaim tirent le plafond de vingt amot. Les Sages prennent l'ouverture du Heikhal. Rabbi Yehouda, le tana de la michna, prend l'ouverture de l'Oulam, le vestibule qui précède le Heikhal. Le pronom ' l' ' vise la mesure : à partir de quelle hauteur une ouverture cesse d'être un petah.

7
דִּתְנַן: פִּתְחוֹ שֶׁל הֵיכָל גָּבְהוֹ עֶשְׂרִים אַמָּה וְרָחְבּוֹ עֶשֶׂר אַמּוֹת, וְשֶׁל אוּלָם גָּבְהוֹ אַרְבָּעִים אַמָּה וְרָחְבּוֹ עֶשְׂרִים אַמּוֹת.

Car nous avons appris dans une michna : l'ouverture du Heikhal a vingt amot de haut et dix amot de large, et celle de l'Oulam a quarante amot de haut et vingt amot de large.

💡 Explication

La michna citée est celle des mesures du Temple. La porte du Heikhal fait vingt sur dix. La porte de l'Oulam fait quarante sur vingt. Pour les Sages, une kora plus haute que la porte du Heikhal sort de la catégorie du petah. Pour Rabbi Yehouda, la porte de l'Oulam montre qu'une ouverture de quarante amot porte encore ce nom.

8
וּשְׁנֵיהֶן מִקְרָא אֶחָד דָּרְשׁוּ: ״וּשְׁחָטוֹ פֶּתַח אֹהֶל מוֹעֵד״, דְּרַבָּנָן סָבְרִי: קְדֻושַּׁת הֵיכָל לְחוּד וּקְדֻושַּׁת אוּלָם לְחוּד. וְכִי כְּתִיב ״פֶּתַח אֹהֶל מוֹעֵד״ — אַהֵיכָל כְּתִיב.

Et tous deux ont interprété un même verset : ' Ils l'égorgeront à l'entrée de la Tente d'assignation. ' Les rabbins estiment : la kedoucha du Heikhal est à part, et la kedoucha de l'Oulam est à part. Et lorsque est écrit ' l'entrée de la Tente d'assignation ', c'est au sujet du Heikhal que c'est écrit.

📜 Rachi (2)
אֹהֶל מוֹעֵד הוּא הַהֵיכָל שֶׁשָּׁם הָיָה נָתוּן מִזְבַּח הַזָּהָב וְהַשֻּׁלְחָן וְהַמְנוֹרָה וּבְכוּלְּהוּ כְּתִיב אֹהֶל מוֹעֵד:
Ohel Moed : c'est le Heikhal. C'est là que se trouvaient l'autel d'or, la table et la menora, et pour chacun il est écrit Ohel Moed.
רַבָּנַן סָבְרִי קְדֻושַּׁת אוּלָם לָאו כִּקְדֻושַּׁת הֵיכָל וְכָל עֲבוֹדוֹת הָאֲמוּרוֹת בַּהֵיכָל אִי הֲוָה עֲבִיד לְהוּ בָּאוּלָם שֶׁלְּפָנָיו לָא מִיתַּכְשְׁרִי הִלְכָּךְ: לָא מִיקְּרֵי אֹהֶל מוֹעֵד וְלָא אַשְׁכְּחַן קְרָא דְּלִיקְּרֵי לְפֶתַח דִּילֵיהּ פֶּתַח:
Les rabbins estiment : la kedoucha de l'Oulam n'a pas le rang de la kedoucha du Heikhal. Toutes les avodot dites pour le Heikhal, si on les accomplissait dans l'Oulam qui est devant, seraient invalides. Dès lors l'Oulam ne porte pas le nom d'Ohel Moed, et aucun verset n'appelle son ouverture un petah.
💡 Explication

Le verset est Vayikra 3, 2 : la chehita du sacrifice se fait au petah Ohel Moed, l'entrée de la Tente d'assignation. Dans le Temple, l'Ohel Moed correspond au Heikhal, là où se tiennent l'autel d'or, la table et la menora.

Pour les Sages, Heikhal et Oulam ont deux kedouchot distinctes. Une avoda du Heikhal accomplie dans l'Oulam serait invalide. Le verset ne peut donc viser que la porte du Heikhal, haute de vingt amot. C'est cette porte qui définit le mot petah.

9
וְרַבִּי יְהוּדָה סָבַר: הֵיכָל וְאוּלָם קְדֻושָּׁה אַחַת הִיא. וְכִי כְּתִיב: ״פֶּתַח אֹהֶל מוֹעֵד״ — אַתַּרְוַייְהוּ הוּא דִּכְתִיב.

Et Rabbi Yehouda estime : le Heikhal et l'Oulam sont une seule kedoucha. Et lorsque est écrit ' l'entrée de la Tente d'assignation ', c'est au sujet des deux que c'est écrit.

💡 Explication

Rabbi Yehouda refuse de séparer les deux espaces. Heikhal et Oulam forment une seule kedoucha. Le verset ' petah Ohel Moed ' les vise ensemble. La porte de l'Oulam, haute de quarante amot, est donc elle aussi un petah. Une kora placée au-dessus de vingt amot reste dans la mesure d'une entrée, et l'on n'est pas tenu de l'abaisser.

10
וְאִיבָּעֵית אֵימָא: לְרַבִּי יְהוּדָה נָמֵי קְדֻושַּׁת אוּלָם לְחוּד וּקְדֻושַּׁת הֵיכָל לְחוּד. וְהָכָא הַייְנוּ טַעְמָא דְּרַבִּי יְהוּדָה — דִּכְתִיב: ״אֶל פֶּתַח אוּלָם הַבַּיִת״.

Et si tu veux, dis : même pour Rabbi Yehouda, la kedoucha de l'Oulam est à part et la kedoucha du Heikhal est à part. Et ici, voici la raison de Rabbi Yehouda : car il est écrit ' vers l'entrée de l'Oulam de la Maison '.

🗂️ Tossefot (1)
דִּכְתִיב אֶל פֶּתַח אוּלָם הַבַּיִת זֶה הַפָּסוּק אֵינוֹ בְּשׁוּם מָקוֹם ואור"י דְּמָצִינוּ דִּכְתִיב (יְחֶזְקֵאל מ׳:ז׳) אוּלָם הַבַּיִת וּבִקְרָא אַחַרְיַנָא (שָׁם מז) כְּתִיב פֶּתַח הַבַּיִת וְהָוֵי כְּאִלּוּ נִכְתַּב בְּהֶדְיָא בְּחַד קְרָא פֶּתַח אוּלָם הַבַּיִת וְקָאָמְרִי רַבָּנָן אִי כְּתַב פֶּתַח אוּלָם כִּדְקָאָמְרַתְּ פִּי' שֶׁלֹּא הָיָה כָּתוּב בְּשׁוּם מָקוֹם אוּלָם הַבַּיִת:
Car il est écrit ' vers l'entrée de l'Oulam de la Maison '. Ce verset ne se trouve en aucun endroit. Le Ri dit : nous trouvons écrit (Ye'hezkel 40, 7) ' Oulam de la Maison ', et dans un autre verset (même chapitre, verset 47) il est écrit ' entrée de la Maison '. C'est donc comme si ' entrée de l'Oulam de la Maison ' avait été écrit explicitement dans un seul verset. Et les rabbins disent : s'il avait écrit ' entrée de l'Oulam ', comme tu le dis. Explication : cela suppose que ' Oulam de la Maison ' n'aurait été écrit en aucun endroit.
💡 Explication

Autre construction, qui laisse à Rabbi Yehouda la séparation des kedouchot. Sa preuve devient un verset où l'ouverture de l'Oulam est appelée petah : ' vers l'entrée de l'Oulam de la Maison '. Si l'Oulam a un petah, une grande ouverture garde ce nom.

Tossefot signale que cette phrase ne figure dans aucun verset tel quel. Le Ri la reconstruit en rapprochant deux expressions de Ye'hezkel : ' Oulam de la Maison ' et ' entrée de la Maison '. Le segment suivant donne la relecture des Sages.

11
וְרַבָּנָן: אִי הֲוָה כְּתַב ״אֶל פֶּתַח אוּלָם״ — כִּדְקָאָמְרַתְּ. הַשְׁתָּא דִּכְתִיב ״אֶל פֶּתַח אוּלָם הַבַּיִת״ — הַבַּיִת הַפָּתוּחַ לָאוּלָם.

Et les rabbins : s'il avait écrit ' vers l'entrée de l'Oulam ', ce serait comme tu dis. Maintenant qu'il est écrit ' vers l'entrée de l'Oulam de la Maison ', il s'agit de la Maison qui s'ouvre sur l'Oulam.

📜 Rachi (2)
אֶל פֶּתַח אוּלָם אַלְמָא פִּיתְחָא אִקְרֵי:
Vers l'entrée de l'Oulam : on voit donc qu'elle est appelée ouverture.
הַבַּיִת הַפָּתוּחַ לָאוּלָם וְהוּא הֵיכָל:
La Maison qui s'ouvre sur l'Oulam : c'est le Heikhal.
💡 Explication

Les Sages acceptent le raisonnement si le verset disait seulement ' entrée de l'Oulam '. Le texte dit ' entrée de l'Oulam de la Maison '. Ils lisent ha-bayit comme la Maison ouverte sur l'Oulam, c'est-à-dire le Heikhal. Le petah vise reste celui du Heikhal, et la mesure demeure vingt amot.

🖼️ Schéma
Deux lectures de ' entrée de l'Oulam de la Maison ' el petah oulam ha-bayit Rabbi Yehouda L'ouverture de l'Oulam est un petah. Quarante amot restent une entrée. La kora haute est recevable. Les Sages La Maison ouverte sur l'Oulam, c'est le Heikhal. Le petah reste celui de vingt amot.
Le mot ha-bayit décide qui est l'entrée : l'Oulam pour Rabbi Yehouda, le Heikhal pour les Sages.
12
וְהָא כִּי כְּתִיב הַאי, בַּמִּשְׁכָּן כְּתִיב!

Mais celui-ci, lorsqu'il est écrit, c'est au sujet du Michkan qu'il est écrit !

📜 Rachi (1)
וְהָא כִּי כְּתִיב פֶּתַח אֹהֶל מוֹעֵד בַּמִּשְׁכָּן שֶׁהָיָה בַּמִּדְבָּר כְּתִיב וְשָׁם לֹא הָיָה אוּלָם וּפֶתַח הֵיכָל י' אַמּוֹת הוּא דְּגָבוֹהַּ שֶׁהַקְּרָשִׁים לֹא הָיוּ אֶלָּא עֲשָׂרָה אַמּוֹת גָּובְהָן:
Mais lorsqu'il est écrit : ' entrée de l'Ohel Moed ' est écrit au sujet du Michkan qui était dans le désert. Là, il n'y avait pas d'Oulam. L'ouverture du Heikhal n'avait que dix amot de haut, car les planches n'avaient que dix amot de hauteur.
💡 Explication

L'objection vise le fondement même. Le verset ' petah Ohel Moed ' parle du Michkan du désert. Là, les planches font dix amot, il n'y a pas d'Oulam, et l'on ne peut pas y lire les portes du Heikhal et de l'Oulam du Temple. La réponse va montrer que les noms Michkan et Mikdach s'échangent.

13
אַשְׁכְּחַן מִשְׁכָּן דְּאִיקְּרִי מִקְדָּשׁ, וּמִקְדָּשׁ דְּאִיקְרֵי מִשְׁכָּן. דְּאִי לָא תֵּימָא הָכִי, הָא דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: שְׁלָמִים שֶׁשְּׁחָטָן קֹודֶם פְּתִיחַת דַּלְתוֹת הַהֵיכָל — פְּסוּלִין, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּשְׁחָטוֹ פֶּתַח אֹהֶל מוֹעֵד״ — בִּזְמַן שֶׁפְּתוּחִין וְלֹא בִּזְמַן שֶׁהֵן נְעוּלִים, וְהָא כִּי כְתִיב הָהִיא, בַּמִּשְׁכָּן כְּתִיב! אֶלָּא, אַשְׁכְּחַן מִקְדָּשׁ דְּאִיקְּרִי מִשְׁכָּן וּמִשְׁכָּן דְּאִיקְּרִי מִקְדָּשׁ.

Nous trouvons un Michkan qui est appelé Mikdach, et un Mikdach qui est appelé Michkan. Car si tu ne dis pas ainsi, comment comprendre ce que Rav Yehouda dit au nom de Chmouel : des chelamim que l'on a abattus avant l'ouverture des portes du Heikhal sont passoulim, puisqu'il est dit ' Ils l'égorgeront à l'entrée de la Tente d'assignation ', c'est-à-dire au temps où elles sont ouvertes, et non au temps où elles sont verrouillées ?

Or celui-là, lorsqu'il est écrit, c'est au sujet du Michkan qu'il est écrit ! Donc nous trouvons bien un Mikdach appelé Michkan, et un Michkan appelé Mikdach.

📜 Rachi (2)
שְׁלָמִים שֶׁשְּׁחָטָן שַׁחֲרִית קֹודֶם פְּתִיחַת דַּלְתוֹת הַהֵיכָל פְּסוּלִין:
Des chelamim que l'on a abattus : le matin, avant l'ouverture des portes du Heikhal, ils sont passoulim.
הָא בַּמִּשְׁכָּן כְּתִיב וּבְבֵית עוֹלָמִים מְנָא לַן:
Celui-ci est écrit au sujet du Michkan : et pour la Maison permanente, d'où le tenons-nous ?
🗂️ Tossefot (2)
אַשְׁכְּחַן מִשְׁכָּן דְּאִיקְּרִי מִקְדָּשׁ וְנָפְקָא מִינָּהּ שֶׁאֵינוֹ דּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת וְשֶׁלֹּא יִכָּנֵס אָדָם שָׁם בְּאָבָק שֶׁעַל רַגְלָיו מַשְׁמַע דְּמִשְׁכָּן וּמִקְדָּשׁ גָּמְרִינַן מְהֻדְּדֵי וְכֵן בפ"ק דְּחֻולִּין (ד' כד.) גַּבֵּי מוּמִין שֶׁפְּסוּלִין בְּכֹהֲנִים וּלְוִיִּם בִּשְׁנַיִם דְּקָאָמַר יָכוֹל אַף בְּשִׁילֹה וּבֵית עוֹלָמִים כֵּן וְקָשֶׁה דבפ"ב דִּשְׁבוּעוֹת (ד' טז:) מַצְרִיךְ תְּרֵי קְרָאֵי דְּקָאָמַר דְּלִכְתּוֹב אִידִי וְאִידִי מִקְדָּשׁ וְכוּ' וְכֵן בְּסוֹטָה (ד' טז.) וּבְיוֹמָא (ד' מד.) וּבְכַמָּה דֻּוכְתֵי וְתֵירֵץ הר"ר נְתַנְאֵל דְּהָכָא לֹא צָרִיךְ קְרָא דְּעִיקַּר דְּרָשָׁה אֵינָהּ אֶלָּא עַל הַמִּקְדָּשׁ דְּבַמִּשְׁכָּן לֹא הָיוּ דְּלָתוֹת וְהַהִיא דְּחֻולִּין סְבָרָא הוּא אִם לֹא הָיָה הַפָּסוּק שֶׁיִּפָּסְלוּ אַף בְּשִׁילֹה הוֹאִיל וְאֵינוֹ תָּלוּי בִּקְדֻושַּׁת הַמִּשְׁכָּן:
Nous trouvons un Michkan appelé Mikdach. Il en sort une conséquence : cela ne repousse pas le Chabbat, et un homme n'entre pas là-bas avec la poussière de ses pieds. On entend donc que Michkan et Mikdach s'apprennent l'un de l'autre. De même, au premier chapitre de Houlin (24a), à propos des défauts qui invalident les cohanim et les leviim quant aux années, où l'on dit : j'aurais pu croire qu'il en va de même à Chilo et dans la Maison permanente. Difficulté : au deuxième chapitre de Chevouot (16b), on a besoin de deux versets, car on dit : que l'écriture emploie les deux fois le mot Mikdach, et de même à Sota (16a), à Yoma (44a), et en plusieurs endroits. Rabbenou Netanel répond : ici, aucun verset n'est requis, car le cœur de la deracha ne porte que sur le Mikdach, le Michkan n'ayant pas de portes. Le passage de Houlin est une sevara : sans le verset, ils seraient invalides même à Chilo, puisque la règle ne dépend pas de la kedoucha du Michkan.
שְׁלָמִים שֶׁשְּׁחָטָן קֹודֶם פְּתִיחַת דַּלְתוֹת הַהֵיכָל פְּסוּלִין וְאִם תֹּאמַר תִּיפּוֹק לֵיהּ דְּנִשְׁחֲטוּ קֹודֶם תָּמִיד שֶׁל שַׁחַר וְאָמְרִינַן הָעוֹלָה עוֹלָה רִאשׁוֹנָה דְּתָמִיד שֶׁל שַׁחַר נָמֵי בָּעֵי פְּתִיחַת דַּלְתוֹת הַהֵיכָל כְּדִתְנַן בְּתָמִיד נִשְׁחָט (פְּסָחִים ד' נח:) לֹא הָיָה תָּמִיד נִשְׁחָט עַד שֶׁהָיָה שׁוֹמֵעַ קוֹל שַׁעַר שֶׁנִּפְתַּח וי"ל דִּקְרָא דְּהָעוֹלֶה דַּוְוקָא בְּהַקְטָרָה אַייְרֵי וְלֹא בִּשְׁחִיטָה אִי נָמֵי לְמִצְוָה וְלֹא לְעַכֵּב כִּדְאָמַר בְּהֶדְיָא בְּהַתְּכֵלֶת (מְנָחוֹת ד' מט.) וְהָא דְּתַנְיָא בַּתּוֹסֶפְתָּא כָּל הַזְּבָחִים שֶׁהַקְּדִימָן לְתָמִיד שֶׁל שַׁחַר אוֹ עִיכְּבָן אַחַר תָּמִיד שֶׁל בֵּין הָעַרְבָּיִם פְּסוּלִין הַיְינוּ מִדְּרַבָּנָן אִי נָמֵי הָכָא אִיצְטְרִיךְ כְּשֶׁנִּפְתְּחוּ וְחָזְרוּ וְנִנְעֲלוּ:
Des chelamim abattus avant l'ouverture des portes du Heikhal sont passoulim. Si tu objectes : qu'on le tire déjà de ce qu'ils ont été abattus avant le tamid du matin, puisque nous disons que l'ola est la première offrande. Le tamid du matin exige lui aussi l'ouverture des portes du Heikhal, comme nous l'avons appris dans Tamid nishhat (Pesahim 58b) : on n'abattait le tamid qu'une fois entendu le bruit de la porte qui s'ouvrait. On peut répondre : le verset de l'ola ne parle que de la haktara (la combustion sur l'autel), et non de la chehita. Autre réponse : cet ordre vaut pour la mitsva, et il n'invalide pas, comme il est dit explicitement dans Ha-Tekhelet (Menahot 49a). Quant à la baraita de la Tossefta, tous les sacrifices qu'on a faits passer avant le tamid du matin, ou qu'on a retardés après le tamid de l'après-midi, sont passoulim : cela relève des rabbins. Autre réponse : le verset est nécessaire pour le cas où les portes ont été ouvertes, puis refermées.
🪔 Ben Yehoyada (1)
אַשְׁכְּחַן 'מִקְדָּשׁ' דְּאִיקְרֵי 'מִשְׁכָּן', ו'מִשְׁכָּן' דְּאִיקְרֵי 'מִקְדָּשׁ'. נִרְאֶה לִי בס"ד הַטַּעַם דְּ'מִקְדָּשׁ' נִקְרָא 'מִשְׁכָּן' לְהוֹרוֹת כִּי מִקְדָּשׁ רִאשׁוֹן יַעֲמוֹד ת"י [410] שָׁנִים כְּמִנְיַן מִשְׁכָּן [410] וְהַמִּשְׁכָּן נִקְרָא מִקְדָּשׁ לְהוֹרוֹת כִּי הַמִּשְׁכָּן מֻונָּח בְּתוֹךְ הַמִּקְדָּשׁ כִּי שָׁם נִגְנַז עַד לֶעָתִיד לָבֹא. אוֹ יוּבָן בס"ד הַטַּעַם דְּמִקְדָּשׁ נִקְרָא מִשְׁכָּן לְהוֹרוֹת דְּאִלּוּלֵי הַתִּיקּוּן שֶׁעָשָׂה מֹשֶׁה רַבֵּינוּ ע"ה בַּמִּשְׁכָּן לֹא הָיָה יָכוֹל שְׁלֹמֹה לַעֲשׂוֹת תִּיקּוּן שֶׁל הַמִּקְדָּשׁ וְלָכֵן תִּמְצָא דְּאוֹתִיּוֹת שְׁמוֹ שֶׁל מֹשֶׁה רַבֵּינוּ ע"ה יֶשְׁנָם בְּשֵׁם ש ל מַה וְהַמִּשְׁכָּן נִקְרָא מִקְדָּשׁ לְהוֹרוֹת כִּי הַתִּיקּוּן שֶׁנַּעֲשָׂה בַּמִּשְׁכָּן נִשְׁלַם בַּמִּקְדָּשׁ. וְעַייֵּן בְּסוֹד זְמַן הַמִּשְׁכָּן וּזְמַן הַמִּקְדָּשׁ בְּדִבְרֵי רַבֵּינוּ הָאֲרִ"י זַ"ל וְתִמְצָא נַחַת. וי"ל ' מְקַדֵּשׁ ' [444] עוֹלֶה מִסֵּפֶר טְחִינָה פָּנִים בְּפָנִים [444] אוֹ א " ל וּמִ " ה פָּנִים בְּפָנִים [444] . גַּם ' מְקַדֵּשׁ ' רָאשֵׁי תֵּיבוֹת ק יַמַּת מ לְכַוַּת ש לִימָה ד גּוֹלֶה וְהָבֵן.
Nous trouvons un Mikdach appelé Michkan, et un Michkan appelé Mikdach. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que le Mikdach est appelé Michkan pour enseigner que le premier Mikdach demeurera quatre cent dix ans, valeur du mot Michkan, quatre cent dix. Le Michkan est appelé Mikdach pour enseigner que le Michkan repose à l'intérieur du Mikdach : c'est là qu'il a été caché jusqu'au temps à venir. On peut aussi comprendre, avec l'aide du Ciel, que le Mikdach est appelé Michkan pour enseigner ceci : sans le tikoun qu'a accompli Moché notre maître, que la paix soit sur lui, dans le Michkan, Chelomo n'aurait pas pu accomplir le tikoun du Mikdach. Tu trouveras ainsi les lettres du nom de Moché notre maître, que la paix soit sur lui, dans le nom Chelomo. Et le Michkan est appelé Mikdach pour enseigner que le tikoun accompli dans le Michkan s'achève dans le Mikdach. Vois le sod de la durée du Michkan et de la durée du Mikdach dans les paroles de notre maître l'Ari, de mémoire bénie, et tu y trouveras satisfaction. On peut encore dire : Mikdach, compte 444, équivaut au compte de tehina panim be-fanim (broyage, face à face), 444, ou au compte du nom en Alef-Lamed et du nom en Mem-Hé, panim be-fanim, 444. Mikdach forme aussi les initiales de kayamout, malkhout, chelema, de-gola. Comprends.
💡 Explication

La réponse pose que les deux noms s'échangent : on trouve un Michkan appelle Mikdach, et un Mikdach appelle Michkan. La preuve se fait par l'absurde, avec une halakha de Chmouel. Des chelamim abattus avant l'ouverture des portes du Heikhal sont passoulim. On le lit dans ' petah Ohel Moed ' : au temps où les portes sont petouhin (ouvertes). Ce verset parle du Michkan. S'il vaut pour le Temple, c'est que le Mikdach peut porter le nom de Michkan.

Tossefot demande pourquoi ce verset est nécessaire : l'ordre du tamid du matin semble déjà interdire un sacrifice qui le précède. Deux issues. Le verset ' l'ola est la première ' vise la combustion, ou bien il indique la mitsva sans invalider. Le cas où les portes ont été ouvertes puis refermées a, lui, besoin de la deracha de petah.

🖼️ Schéma
Chelamim et portes du Heikhal Portes ouvertes petouhin chelamim valables Portes verrouillées chelamim passoulim
Petah se lit au temps où les portes sont ouvertes. Avant l'ouverture, les chelamim sont passoulim.
14
בִּשְׁלָמָא מִקְדָּשׁ דְּאִיקְּרִי מִשְׁכָּן, דִּכְתִיב: ״וְנָתַתִּי (אֶת) מִשְׁכָּנִי בְּתוֹכְכֶם״. אֶלָּא מִשְׁכָּן דְּאִיקְּרִי מִקְדָּשׁ מְנָלַן? אִילֵּימָא מִדִּכְתִיב: ״וְנָשְׂאוּ הַקְּהָתִים נֹושְׂאֵי הַמִּקְדָּשׁ וְהֵקִימוּ אֶת הַמִּשְׁכָּן עַד בֹּואָם״ —

Soit pour un Mikdach appelé Michkan, puisqu'il est écrit : 'Je placerai Mon Michkan au milieu de vous.' Mais un Michkan appelé Mikdach, d'où le tenons-nous ? Si c'est de ce qui est écrit : 'Les Kehatites, porteurs du Mikdach, porteront, et ils dresseront le Michkan jusqu'à leur arrivée' --

📜 Rachi (1)
וְנָתַתִּי מִשְׁכָּנִי בְּתוֹכְכֶם וּכְשֶׁנֶּאֱמַר מִקְרָא זֶה כְּבָר הוּקַם הַמִּשְׁכָּן שֶׁהֲרֵי בְּתוֹרַת כֹּהֲנִים נִכְתַּב וְכָל אוֹתוֹ הַסֵּפֶר בְּאֹהֶל מוֹעֵד נֶאֱמַר כְּדִכְתִיב (וַיִּקְרָא א׳:א׳) וַיְדַבֵּר ה' אֵלָיו מֵאֹהֶל מוֹעֵד וְעַל אֵיזֶה מִשְׁכָּן הָיָה מַבְטִיחָן עוֹד אִם לֹא עַל הַמִּקְדָּשׁ:
Je placerai Mon Michkan au milieu de vous. Lorsque ce verset a été dit, le Michkan était déjà dressé : il figure dans Torat Kohanim, et tout ce livre a été dit dans l'Ohel Moed, comme il est écrit que la parole lui fut adressée depuis l'Ohel Moed (Vayikra 1, 1). Quel Michkan leur était encore promis, sinon le Mikdach ?
💡 Explication

La Guemara accorde un sens. Vayikra 26, 11, 'Je placerai Mon Michkan au milieu de vous', parle d'un Michkan encore à venir : le livre a été dit alors que le Michkan du désert était déjà dressé. Le mot Michkan y désigne donc le Mikdach. La particule את figure entre parenthèses dans le texte : elle marque le complément, et certaines leçons du verset la portent.

Le sens inverse reste à prouver : où le Michkan est-il appelle Mikdach ? La Guemara propose Bamidbar 10, 21, où les Kehatites sont 'porteurs du Mikdach' alors qu'ils portent les ustensiles du Michkan. Le folio s'arrête sur cette proposition. La suite, au verso, examine si ce verset suffit.

✉ Signaler une erreur de traduction

Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).