Eruvin 36a : Hazaka, erouv douteux, et l'heure où l'erouv s'acquiert

Eruvin 36a

Sougya : Rava lève la contradiction de Rabbi Meir : la nuit, deux hazakot allègent ; pour la terouma de la michna, une seule hazaka ne suffit pas face aux témoins. Rabbi Yossi, rigoureux sur un doute d'immersion et souple sur l'erouv, reçoit trois réponses : l'impureté a un fondement dans la Tora, l'avis souple est celui d'Avtolmos, ou la hazaka de l'impur ne va que vers la rigueur.

Une baraita distingue le doute sur l'heure, qui laisse l'erouv valable, et le doute dès l'origine. Deux pains, le pur où qu'il soit, ne font pas un repas apte tant qu'il fait jour.

Un pain houlin aujourd'hui et hekdesh demain reste houlin au crépuscule ; l'inverse reste consacré. La cruche de tevoul yom enseigne que la fin du jour acquiert l'erouv.

Le fil de la page Suite de 35b. Chaque réponse ouvre le cas suivant. 1. Rava sur Rabbi Meir La nuit : deux hazakot pour alléger. La terouma : une seule. 2. Rabbi Yossi contre Rabbi Yossi Trois issues : fondement de la Tora, maître, ou hazaka. 3. Baraita : quel erouv douteux est valable Doute sur l'heure : oui. Doute dès le dépôt : non. 4. Deux pains, le pur où qu'il soit Les deux avis exigent un repas apte tant qu'il fait jour. 5. Houlin aujourd'hui, hekdesh demain Un doute ne fait ni descendre ni partir la sainteté. 6. Cruche de tevoul yom La teroumat maasser est dite pour la nuit. L'erouv, lui, se joue à la fin du vendredi. Rava : la fin du jour acquiert l'erouv.
De la hazaka de Rabbi Meir jusqu'à la cruche de tevoul yom : six temps de la page.
Rabbi Yossi contre Rabbi Yossi Doute d'immersion : impur. Erouv douteux : valable. Trois issues. Rav Houna bar Hinana L'impureté a un fondement dans la Tora. Les Sages étendent la rigueur au doute rabbinique. Les tehoumin, pour Rabbi Yossi, sont rabbiniques. Ceci, le sien Le doute d'immersion reste le sien : il est rigoureux, même au rang rabbinique. La michna est d'Avtolmos, au nom de cinq Anciens. Rava : la hazaka L'homme était impur. Une hazaka, vers la rigueur. Dans la michna, maison contre terouma. Loi rabbinique : on va vers l'allègement. Le mikvé de Rava n'a jamais été mesuré. Aucune hazaka de validité ne le tient pour complet.
Trois issues entre le doute d'immersion, où Rabbi Yossi est rigoureux, et l'erouv douteux, qu'il rapporte comme valable.
Quel erouv douteux tient L'état déjà là au crépuscule décide. Doute sur l'heure Pure au dépôt, devenue impure ensuite. Houlin en état, puis mélange. Valable La hazaka tient jusqu'après la nuit. Doute dès l'origine Deux tas, l'un pur, l'autre impur. On ignore lequel a été déposé. Invalide Aucune hazaka de validité. Deux pains : le pur, où qu'il soit Les deux sont au bout du tehoum. Aucun n'est mangeable avant la nuit. Invalide Rabbi Meir et Rabbi Yossi. Pain déclaré Aujourd'hui houlin, demain hekdesh. Aujourd'hui hekdesh, demain houlin. Valable, puis invalide La sainteté ne descend pas. Elle ne part pas. Un doute ne crée pas un état, et n'efface pas l'état déjà là.
Doute sur l'heure : erouv valable. Doute dès l'origine, ou deux pains indistincts : invalide. Le pain déclaré suit l'état que le doute ne change pas.
1
רָבָא אָמַר: הָתָם תְּרֵי חֶזְקֵי לְקֻולָּא, וְהָכָא חֲדָא חֲזָקָה לְקֻולָּא.

Rava a dit : là-bas, deux hazakot (présomptions) pour alléger ; ici, une seule hazaka pour alléger.

📜 Rachi (3)
רָבָא אָמַר גַּבֵּי נָגַע בְּאֶחָד נָמֵי אֲפִילּוּ יֵשׁ שְׁנֵי כִּיתֵּי עֵדִים חֲלוּקוֹת אַחַת אוֹמֶרֶת קֹודֶם שֶׁנָּגַע בּוֹ מֵת וְאַחַת אוֹמֶרֶת עַכְשָׁיו מֵת הָוֵי נָמֵי ר"מ מְטַהֵר וַאֲפִילּוּ הָכֵי לָא תִּיקְשֵׁי:
Au sujet de celui qui a touché quelqu'un, là aussi : même s'il y a deux groupes de témoins opposés, l'un disant qu'il est mort avant qu'il le touche, l'autre disant qu'il est mort maintenant, Rabbi Meir déclare encore pur. Même ainsi, il n'y a pas de difficulté.
הָתָם תְּרֵי חֲזָקֵי נִינְהוּ לְטַהֵר וּמִשּׁוּם הָכִי אָזְלִינַן לְקֻולָּא דְּאוֹקֵי תְּרֵי לְבַהֲדֵי תְּרֵי וְהַעֲמֵד מֵת עַל חֶזְקָתוֹ רִאשׁוֹנָה כָּל הַלַּיְלָה וְחַי הֲוָה וְעוֹד הַעֲמֵד נוֹגֵעַ עַל חֶזְקָתוֹ רִאשׁוֹנָה וְטָהוֹר הָיָה:
Pour déclarer pur. C'est pourquoi nous allons vers l'allègement : on place deux face à deux, on établit le mort sur sa hazaka première, toute la nuit il était vivant, et l'on établit encore celui qui a touché sur sa hazaka première : il était pur.
הָכָא בְּמַתְנִיתִין חֲדָא חֲזָקָה הוּא דְּאִיכָּא לְמֵימַר הַעֲמֵד תְּרוּמָה עַל חֶזְקָתָהּ וּמִשּׁוּם חֲדָא חֲזָקָה לָא מַרְעִינַן סָהֲדֵי הִלְכָּךְ אָזְלִינַן לְחוּמְרָא:
Dans notre michna. Il y a une seule hazaka à dire : établis la terouma sur sa hazaka. À cause d'une seule hazaka, nous n'affaiblissons pas les témoins. C'est pourquoi nous allons vers la rigueur.
💡 Explication

Rava reprend la fin de 35b. Là-bas, un homme a touché quelqu'un la nuit, et on le trouve mort le matin. Ici, la terouma de la michna, devant deux groupes de témoins.

Même avec deux groupes opposés, Rabbi Meir déclare pur. Les témoins s'annulent, et il reste deux hazakot pour alléger : l'homme était vivant, et celui qui l'a touché était pur. Pour la terouma, une seule hazaka, la pureté du dépôt. Une seule hazaka n'affaiblit pas les témoins : il va vers la rigueur.

🖼️ Schéma
Deux hazakot, ou une seule Rava. Les groupes de témoins s'annulent. On compte ensuite les hazakot. Là-bas : la nuit Il a touché quelqu'un. Même deux groupes opposés : mort avant le contact, ou mort maintenant. Hazaka 1 : il était vivant. Hazaka 2 : le toucheur était pur. Rabbi Meir déclare pur. Ici : la terouma Deux groupes : impure tant qu'il fait jour, ou après la nuit. Une hazaka : déposée, elle était pure. Une hazaka n'affaiblit pas les témoins. Rigueur. Place deux face à deux, puis la hazaka. Deux hazakot pour alléger tiennent. Une seule ne sort pas les témoins.
La nuit, deux hazakot restent après l'annulation des témoins. Pour la terouma, une seule : Rabbi Meir est rigoureux.
2
קַשְׁיָא דְּרַבִּי יוֹסֵי אַדְּרַבִּי יוֹסֵי!

Difficulté de Rabbi Yossi contre Rabbi Yossi.

📜 Rachi (1)
קַשְׁיָא דְּר' יוֹסֵי דְּבָרַייְתָא דְּקָתָנֵי בְּסָפֵק טֶבֶל וּבְסָפֵק לֹא טָבַל וּבְטֻומְאָה דְּרַבָּנָן אָכַל אֳוכָלִין כּוּ' וְרַבִּי יוֹסֵי מְטַמֵּא וּמַתְנִי' קָתָנֵי סְפֵק עֵירוּב כָּשֵׁר וַאֲפִילּוּ תְּחוּמִין דְּרַבָּנָן תִּיקְשֵׁי:
Cela vient de la baraita : doute s'il s'est immergé, doute s'il ne s'est pas immergé, et pour une impureté rabbinique, il a mangé des aliments, et la suite, et Rabbi Yossi déclare impur. Notre michna enseigne : un erouv douteux est valable. Même si les tehoumin (limites de Chabbat) sont rabbiniques, il y a difficulté.
💡 Explication

La difficulté change de personne. Dans la baraita de 35b, Rabbi Yossi déclare impur un doute d'immersion, même pour une impureté rabbinique. Dans notre michna, un erouv douteux est valable. Si les tehoumin sont rabbiniques, les deux enseignements se contredisent.

3
אָמַר רַב הוּנָא בַּר חִינָּנָא: שָׁאנֵי טֻומְאָה, הוֹאִיל וְיֵשׁ לָהּ עִיקָּר מִן הַתּוֹרָה. שַׁבָּת נָמֵי דְּאוֹרָייְתָא הִיא? קָסָבַר רַבִּי יוֹסֵי: תְּחוּמִין דְּרַבָּנָן.

Rav Houna bar Hinana a dit : l'impureté est différente, puisqu'elle a un fondement dans la Tora. Chabbat aussi est de la Tora ?

Rabbi Yossi tient : les tehoumin sont rabbiniques.

📜 Rachi (3)
הוֹאִיל וְיֵשׁ לָהּ עִיקָּר מִן הַתּוֹרָה דְּיֵשׁ טֻומְאָה מִן הַתּוֹרָה וְיֵשׁ לְהַחְמִיר בִּסְפֵק טְבִילָתָהּ לְהָכִי אַחְמוּר רַבָּנָן אַף בִּסְפֵק טְבִילַת טֻומְאָה דְּרַבָּנָן דְּלָא לַיְּתֵי לְזִלְזוּלֵי בִּסְפֵק טְבִילַת טֻומְאָה דְּאוֹרָיְיתָא:
Il y a une impureté de la Tora, et l'on est rigoureux sur le doute de son immersion. C'est pourquoi les Sages ont été rigoureux même sur le doute d'immersion d'une impureté rabbinique, afin qu'on n'en vienne pas à traiter à la légère le doute d'immersion d'une impureté de la Tora.
שַׁבָּת נָמֵי דְּאוֹרָיְיתָא הִיא אַתְּחוּמִין פָּרִיךְ לְמֵימַר דִּתְחוּמִין דְּאוֹרָייְתָא וְכַר' עֲקִיבָא בְּמַס' סוֹטָה (דַּף ל:):
L'objection porte sur les tehoumin : dire que les tehoumin sont de la Tora, comme Rabbi Akiva dans le traité Sota (30b).
וּמְשַׁנֵּי קָסָבַר רַבִּי יוֹסֵי תְּחוּמִין דְּרַבָּנַן וּמִשּׁוּם דְּלָא לֵיתוּ לְזִלְזוּלֵי בִּשְׁאָר סְפֵיקוֹת דִּמְלֶאכֶת שַׁבָּת לֵיכָּא לְמִיגְזַר דְּלָא דָּמוּ מְלָאכוֹת לִתְחוּמִין אֲבָל טֻומְאוֹת דָּמוּ לַהֲדָדֵי:
Et parce qu'on n'en viendrait pas à traiter à la légère les autres doutes des travaux de Chabbat, il n'y a pas à décréter : les travaux ne ressemblent pas aux tehoumin. Les impuretés, elles, se ressemblent.
💡 Explication

Rav Houna bar Hinana : l'impureté a un fondement dans la Tora. Les Sages ont étendu la rigueur au doute d'immersion d'une impureté rabbinique, pour garder le sérieux du doute d'une impureté de la Tora.

Objection : Chabbat est de la Tora. Rachi vise les tehoumin, loi de la Tora pour Rabbi Akiva (Sota 30b). Réponse : pour Rabbi Yossi, les tehoumin sont rabbiniques. On ne décrète pas à partir des travaux de Chabbat : un travail ne ressemble pas à un tehoum. Les impuretés se ressemblent entre elles.

4
וְאִיבָּעֵית אֵימָא: הָא דִּידֵיהּ, הָא דְּרַבֵּיהּ. דַּיְקָא נָמֵי, דְּקָתָנֵי: אָמַר רַבִּי יוֹסֵי: אַבְטוּלְמוֹס הֵעִיד מִשּׁוּם חֲמִשָּׁה זְקֵנִים שֶׁסְּפֵק עֵירוּב כָּשֵׁר — שְׁמַע מִינָּה.

Et si tu veux, dis : ceci est le sien, cela est celui de son maître. C'est précis aussi, car on enseigne : Rabbi Yossi a dit : Avtolmos a témoigné au nom de cinq Anciens qu'un erouv douteux est valable.

Apprends-en.

📜 Rachi (1)
דִּידֵיהּ מַחְמִיר אֲפִילּוּ בְּסָפֵק דְּרַבָּנָן וּמַתְנִיתִין דְּרַבֵּיהּ אַבְטוּלְמוֹס הִיא:
Il est rigoureux même dans un doute rabbinique. Et notre michna est celle de son maître : c'est Avtolmos.
💡 Explication

Autre issue. L'avis rigoureux sur le doute d'immersion est le sien. L'erouv douteux valable, dans la michna, est l'avis de son maître.

Le texte le marque. Rabbi Yossi rapporte : Avtolmos a témoigné au nom de cinq Anciens. Chema mina : on conclut ainsi.

5
רָבָא אָמַר, הָתָם הַייְנוּ טַעְמָא דְּרַבִּי יוֹסֵי: הַעֲמֵד טָמֵא עַל חֶזְקָתוֹ, וְאֵימָא לֹא טָבַל.

Rava a dit : là-bas, voici la raison de Rabbi Yossi : établis l'impur sur sa hazaka, et dis qu'il ne s'est pas immergé.

📜 Rachi (1)
הַעֲמֵד טָמֵא עַל חֶזְקָתוֹ כּוּלֵּיהּ חֲזָקָה לְחוּמְרָא אִיכָּא לְקֻולָּא לֵיכָּא אֲבָל מַתְנִיתִין אִיכָּא חֲזָקָה לְקֻולָּא וּלְחוּמְרָא הַעֲמֵד אָדָם עַל חֶזְקַת תְּחוּם בֵּיתוֹ וְאָמַר לֹא עֵירֵב הַעֲמֵד תְּרוּמָה עַל חֶזְקָתָהּ וְעֵירֵב וּבִדְרַבָּנָן לְקֻולָּא אָזְלִינַן:
Toute la hazaka va vers la rigueur ; vers l'allègement, il n'y en a pas. Dans notre michna, il y a une hazaka vers l'allègement et une hazaka vers la rigueur : établis l'homme sur la hazaka du tehoum de sa maison, et dis qu'il n'a pas fait d'erouv ; établis la terouma sur sa hazaka, et il a fait l'erouv. Et dans une loi rabbinique, nous allons vers l'allègement.
💡 Explication

Rava laisse les deux textes à Rabbi Yossi. Dans le doute d'immersion, l'homme était impur. Sa hazaka le maintient ainsi : il ne s'est pas immergé. Cette hazaka ne va que vers la rigueur.

Dans la michna, deux hazakot se font face. Le tehoum de sa maison : il n'a pas fait d'erouv. La terouma était pure : il a fait l'erouv. Pour une loi rabbinique, on suit l'allègement.

🖼️ Schéma
Où va la hazaka de Rabbi Yossi Rava. Là-bas, la rigueur seule. Dans la michna, deux hazakot. Doute d'immersion L'homme était impur. Établis-le sur sa hazaka : il ne s'est pas immergé. Vers l'allègement, aucune hazaka. Rabbi Yossi : impur. Michna de l'erouv Hazaka de la maison : il n'a pas fait d'erouv. Hazaka de la terouma : elle était pure, erouv fait. Loi rabbinique : on va vers l'allègement. Les deux hazakot se font face. Au rang rabbinique, Rabbi Yossi allège.
L'impur n'a qu'une hazaka, vers la rigueur. La michna en a deux ; au rang rabbinique, on allège.
6
אַדְּרַבָּה הַעֲמֵד מִקְוֶה עַל חֶזְקָתוֹ, וְאֵימָא לֹא חָסֵר! בְּמִקְוֶה שֶׁלֹּא נִמְדַּד.

Au contraire : établis le mikvé sur sa hazaka, et dis qu'il n'a pas manqué. Dans un mikvé qui n'a pas été mesuré.

📜 Rachi (1)
שֶׁלֹּא נִמְדְּדָה מִתְּחִילָּתָהּ וְלֹא עָמְדָה בְּחֶזְקַת כַּשְׁרוּת:
Depuis le début, et il ne s'est jamais tenu dans une hazaka de validité.
🗂️ Tossefot (2)
אַדְּרַבָּה הַעֲמֵד מִקְוֶה עַל חֶזְקָתוֹ הֲוָה מָצֵי לְשַׁנּוּיֵי הֲרֵי חָסֵר לְפָנֶיךָ כִּדְאָמַר פַּר' קַמָּא דְנִדָּה (דַּף ב.) אֶלָּא דְּלָא מַיְירֵי הָכָא בְּמִקְוֶה שֶׁנִּמְדַּד וְנִמְצָא חָסֵר:
On aurait pu répondre : le voici en manque devant toi, comme on le dit au premier chapitre de Nida (2a). Seulement, ici, on ne traite pas d'un mikvé qui a été mesuré et qu'on a trouvé en manque.
בְּמִקְוֶה שֶׁלֹּא נִמְדַּד וא"ת וְהָא רַבִּי יוֹסֵי מְטַמֵּא אֲפִילּוּ טְהָרוֹת אִם נָגַע בָּהֶן דִּלְעִנְיַן דְּאָמְרִינַן לֵיהּ זִיל טְבֹול אֲפִילּוּ ר"מ מוֹדֶה כִּדְאָמְרִינַן גַּבֵּי סְפֵק טֻומְאָה בִּרְשׁוּת הָרַבִּים וא"כ אַדְּרַבָּה נֵימָא אוֹקֵי טְהָרוֹת עַל חֶזְקָתָן וי"ל דְּבִסְפֵיקָא דְּרַבָּנָן כִּי הָכָא לָא אָמְרִינַן זִיל טְבֹול לְרַבִּי מֵאִיר וּפְלִיגִי אַגַּבְרָא אִי בָּעֵי טְבִילָה אֲבָל טְהָרוֹת מוֹדֶה רַבִּי יוֹסֵי דְּלָא מְטַמְּאִינַן וְכֵן אִיתָא בְּמַסֶּכֶת מִקְוָאוֹת (פ"ב מִשְׁנָה ב) דְּקָתָנֵי וְרַבִּי יוֹסֵי מְטַמֵּא שֶׁסָּפֵק לִיטָּמֵא טָמֵא לְטַמֵּא אֲחֵרִים טָהוֹר:
Et si tu dis : Rabbi Yossi déclare impures même les taharot (choses pures) s'il les a touchées. Car là où on lui dit d'aller s'immerger, Rabbi Meir lui-même est d'accord, comme on le dit pour un doute d'impureté dans le reshut harabim (domaine public). Dès lors, au contraire, disons : établis les taharot sur leur hazaka. On répond : dans un doute rabbinique comme ici, selon Rabbi Meir, on ne dit pas d'aller s'immerger. Ils divergent sur l'homme : a-t-il besoin d'une immersion ? Pour les taharot, Rabbi Yossi convient qu'on ne les déclare pas impures. Il en est ainsi dans le traité Mikvaot (chapitre 2, michna 2), qui enseigne : et Rabbi Yossi déclare impur, car un doute pour devenir impur est impur, et pour rendre autrui impur, c'est pur.
💡 Explication

Objection. Le mikvé a, lui aussi, une hazaka : il était valable, disons qu'il n'a pas manqué. Réponse : ce mikvé n'a jamais été mesuré. Il n'a pas de hazaka de validité.

Tossefot. La réponse de Nida 2a, le manque est devant nous, vise un mikvé mesuré puis trouvé en manque. Le débat de Rabbi Meir et de Rabbi Yossi, dans un doute rabbinique, porte sur l'homme. Les taharot qu'il a touchées restent pures, même pour Rabbi Yossi. Mikvaot 2:2 : doute d'être rendu impur, impur ; doute de rendre autrui impur, pur.

🖼️ Schéma
Le mikvé de l'objection Au contraire : tiens le mikvé pour complet. Réponse : il n'a pas de hazaka. Objection Établis le mikvé sur sa hazaka. Dis qu'il n'a pas manqué. L'homme serait pur. Réponse Mikvé jamais mesuré. Il ne s'est jamais tenu dans une hazaka de validité. L'impur reste impur. Tossefot : le manque devant nous vise un mikvé mesuré, puis trouvé en manque.
L'objection rend le mikvé complet par hazaka. La Guemara parle d'un mikvé qui n'a jamais été mesuré.
7
תַּנְיָא: כֵּיצַד אָמַר רַבִּי יוֹסֵי סְפֵק עֵירוּב כָּשֵׁר? עֵירֵב בִּתְרוּמָה, סָפֵק מִבְּעוֹד יוֹם נִטְמֵאת סָפֵק מִשֶּׁחָשֵׁיכָה נִטְמֵאת; וְכֵן בְּפֵירוֹת, סָפֵק מִבְּעוֹד יוֹם נִתַּקְּנוּ סָפֵק מִשֶּׁחָשֵׁיכָה נִתַּקְּנוּ — זֶה הוּא סָפֵק עֵירוּב כָּשֵׁר.

Une baraita enseigne : comment Rabbi Yossi a-t-il dit qu'un erouv douteux est valable ? Il a fait l'erouv avec de la terouma, doute si elle est devenue impure tant qu'il fait jour, doute si elle est devenue impure après la nuit ; et de même pour des fruits, doute s'ils ont été mis en état tant qu'il fait jour, doute s'ils ont été mis en état après la nuit.

Voilà un erouv douteux valable.

📜 Rachi (5)
עֵירֵב בִּתְרוּמָה טְהוֹרָה וְנִטְמֵאת מִשֶּׁהִנִּיחָהּ שָׁם:
Elle était pure, et elle est devenue impure après qu'il l'a déposée là.
סָפֵק מִבְּעוֹד יוֹם נִטְמֵאת סָפֵק מִשֶּׁחָשֵׁיכָה נִטְמֵאת אָמְרִינַן אוֹקְמֵיהּ בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת אַחֶזְקַת' קַמַּיְיתָא וּטְהוֹרָה הֲוַאי וְהַשְׁתָּא מִשֶּׁחָשֵׁיכָה הוּא דְּאִיטַּמִּי:
Nous disons : établis-la au crépuscule sur sa hazaka première, elle était pure, et c'est maintenant, après la nuit, qu'elle est devenue impure.
וְכֵן בְּפֵירוֹת שֶׁל טֶבֶל:
Des fruits de tevel (produits dont les prélèvements n'ont pas été faits).
סָפֵק מִבְּעוֹד יוֹם נִתַּקְּנוּ לְאַחַר שֶׁהִנִּיחָן שָׁם:
Après qu'il les a déposés là.
סָפֵק מִשֶּׁחָשֵׁיכָה נִתְקְנוּ וְלֹא קָנָה עֵירוּב כְּדִתְנַן בְּמָתְנֵי' אֲבָל לֹא בְּטֶבֶל וּלְקַמָּן פָּרִיךְ בְּהַאי מָה חֶזְקַת כַּשְׁרוּת אִיכָּא דְּמַכְשַׁר רַבִּי יוֹסֵי דְּהָא אִיכָּא לְמֵימַר הַעֲמֵד טֶבֶל עַל חֶזְקָתוֹ:
Et il n'a pas acquis l'erouv, comme notre michna l'enseigne : mais non avec du tevel. Et plus loin on objecte : dans ce cas, quelle hazaka de validité y a-t-il, pour que Rabbi Yossi déclare valable ? Car on peut dire : établis le tevel sur sa hazaka.
💡 Explication

La baraita décrit le sefek erouv que Rabbi Yossi tient pour valable. Le doute porte sur l'heure. La terouma était pure au dépôt, puis elle est devenue impure : de jour, ou après la nuit ? Les fruits de tevel ont été mis en état : de jour, ou après la nuit ?

On maintient l'état du départ pendant le crépuscule (bein hashmashot). La terouma était encore pure : l'erouv a pris. Rachi annonce l'objection sur les fruits : leur état du départ est le tevel, et le tevel ne sert pas d'erouv.

8
אֲבָל עֵירֵב בִּתְרוּמָה, סָפֵק טְהוֹרָה סָפֵק טְמֵאָה; וְכֵן בְּפֵירוֹת, סָפֵק נִתַּקְּנוּ סָפֵק לֹא נִתַּקְּנוּ — אֵין זֶה סְפֵק עֵירוּב כָּשֵׁר.

Mais s'il a fait l'erouv avec de la terouma, doute si elle est pure, doute si elle est impure ; et de même pour des fruits, doute s'ils ont été mis en état, doute s'ils ne l'ont pas été : ceci n'est pas un erouv douteux valable.

📜 Rachi (1)
סָפֵק טְמֵאָה סָפֵק טְהוֹרָה דְּקֹודֶם שֶׁהִנִּיחָה שָׁם נוֹלַד לָהּ סָפֵק וְלֹא הָיָה שָׁם חֶזְקַת הֶכְשֵׁר עֵירוּב מֵעוֹלָם:
Car, avant qu'il la dépose là, le doute est né pour elle, et il n'y a jamais eu de hazaka de validité de l'erouv.
🗂️ Tossefot (1)
אֲבָל עֵירַב בִּתְרוּמָה סָפֵק טְמֵאָה סָפֵק טְהוֹרָה כְּגוֹן שֶׁהָיוּ ב' צִיבּוּרִין לְפָנָיו אֶחָד הָיָה תְּרוּמָה טְמֵאָה וְאֶחָד הָיָה תְּרוּמָה טְהוֹרָה וְעֵירֵב בְּאֶחָד מֵהֶן דְּלֵיכָּא חֲזָקָה כְּלָל:
Par exemple, deux tas étaient devant lui, l'un de terouma impure et l'autre de terouma pure, et il a fait l'erouv avec l'un d'eux : il n'y a aucune hazaka.
💡 Explication

Second cas, que Rabbi Yossi ne tient pas pour cet erouv valable. Le doute existe dès le dépôt. On ignore si cette terouma a été pure, et si ces fruits ont été mis en état. Aucune hazaka de validité de l'erouv ne précède le doute.

Tossefot : deux tas, l'un pur, l'autre impur. Il fait l'erouv avec l'un d'eux, sans savoir lequel.

🖼️ Schéma
Doute sur l'heure, doute dès l'origine Baraita. Rabbi Yossi ne valide que le premier. Sefek erouv valable Terouma pure au dépôt, puis devenue impure. Fruits mis en état après coup. Doute : de jour, ou après la nuit ? La hazaka tient l'état du départ pendant le crépuscule. Pas ce sefek-là Doute si elle est pure ou impure, dès le départ. Deux tas devant lui. Il prend l'un des deux. Aucune hazaka de validité de l'erouv. Le doute né avant le dépôt n'a pas d'état valable à maintenir.
Doute sur l'heure : la hazaka du dépôt tient au crépuscule. Doute dès l'origine : aucune hazaka de validité.
9
מַאי שְׁנָא תְּרוּמָה — דְּאָמַר הַעֲמֵד תְּרוּמָה עַל חֶזְקָתָהּ, וְאֵימָא טְהוֹרָה הִיא; פֵּירוֹת נָמֵי — הַעֲמֵד טֶבֶל עַל חֶזְקָתוֹ, וְאֵימָא לֹא נִתְקְנוּ!

En quoi la terouma est-elle différente, qu'on dise : établis la terouma sur sa hazaka, et dis qu'elle est pure ? Les fruits aussi : établis le tevel sur sa hazaka, et dis qu'ils n'ont pas été mis en état.

📜 Rachi (2)
מַאי שְׁנָא תְּרוּמָה דְּרֵישָׁא סָפֵק מִבְּעוֹד יוֹם נִיטְמָא סָפֵק מִשֶּׁחֲשֵׁיכָה דְּמַכְשַׁר ר' יוֹסֵי מִשּׁוּם חֲזָקָה קַמַּיְיתָא:
Du premier membre : doute si elle est devenue impure tant qu'il fait jour, doute après la nuit, que Rabbi Yossi déclare valable à cause de la hazaka première.
פֵּירוֹת סָפֵק מִבְּעוֹד יוֹם נִתַּקְּנוּ סָפֵק מִשֶּׁחָשֵׁיכָה נוֹקְמִינְהוּ נָמֵי אַחֲזָקָה קַמַּיְיתָא דְּטֶבֶל הָווּ וְלִיפְסֹול:
Doute s'ils ont été mis en état tant qu'il fait jour, doute après la nuit : établissons-les aussi sur la hazaka première, ils étaient tevel, et que l'erouv soit invalide.
💡 Explication

La hazaka du départ joue des deux côtés. Pour la terouma, elle était pure : on la tient pour pure au crépuscule, et Rabbi Yossi valide. Pour les fruits, ils étaient tevel : la même hazaka les tiendrait pour non mis en état, et l'erouv serait invalide.

10
לָא תֵּימָא: סָפֵק מִבְּעוֹד יוֹם נִתַּקְּנוּ, אֶלָּא אֵימָא: סָפֵק מִבְּעוֹד יוֹם נִדְמְעוּ, סָפֵק מִשֶּׁחָשֵׁיכָה נִדְמְעוּ.

Ne dis pas : doute s'ils ont été mis en état tant qu'il fait jour. Dis : doute s'ils ont été mélangés tant qu'il fait jour, doute s'ils ont été mélangés après la nuit.

📜 Rachi (1)
נִדְמְעוּ חֻולִּין הָווּ מֵעִיקָּרָא מְתֻוקָּנִין וְנָפְלָה בָּהֶן תְּרוּמָה וְנִדְמְעוּ וְהַאי תַּנָּא סָבַר לַהּ כְּסוּמָכוֹס דְּאָמַר (לְעֵיל עֵירוּבִין דַּף כו:) אֵין מְעָרְבִין לְיִשְׂרָאֵל בִּתְרוּמָה הִלְכָּךְ אִם מבע"י נִדְמְעוּ אע"ג דַּחֲזֵי לַכֹּהֲנִים אֵין עֵירוּבוֹ עֵירוּב ל"א נִדְמְעוּ שֶׁנָּפַל לְתוֹכָן טֶבֶל דְּלָא חֲזִי אֲפִילּוּ לְכֹהֵן:
C'étaient au départ des houlin (aliments ordinaires) déjà mis en état. De la terouma y est tombée, et ils ont été mélangés. Ce tanna tient comme Soumakhos, qui a dit (plus haut, Eruvin 26b) : on ne fait pas d'erouv pour un Israël avec de la terouma. Donc, s'ils ont été mélangés tant qu'il fait jour, même s'ils conviennent à des kohanim, son erouv n'est pas un erouv. Autre version : ils ont été mélangés parce que du tevel est tombé dedans, et cela ne convient même pas à un kohen.
🗂️ Tossefot (1)
סָפֵק נִדְמְעוּ נִרְאֶה כְּפֵ"ה בְּלָשׁוֹן שֵׁנִי נִדְמְעוּ טֶבֶל בְּחֻולִּין וְלֹא כִּסְתָם דִּימּוּעַ שבהש"ס אֲבָל לָשׁוֹן רִאשׁוֹן שֶׁפֵּירֵשׁ נִדְמְעוּ תְּרוּמָה בְּחֻולִּין וְאָתְיָא כְּסוּמָכוֹס אֵין נִרְאֶה דְּהָא קָתָנֵי בַּבָּרַיְיתָא דִּמְעָרְבִין בִּתְרוּמָה וְדֹוחַק לוֹמַר דְּמַייְרֵי בִּתְרוּמָה לְכֹהֵן:
Cela paraît comme le commentaire de Rachi, dans la seconde version : du tevel s'est mélangé à des houlin, et non comme le dimoua (mélange de terouma) habituel du Talmud. La première version, mélange de terouma dans des houlin, qui suit Soumakhos, ne paraît pas juste : la baraita enseigne qu'on fait l'erouv avec de la terouma, et l'on est réduit à dire qu'il s'agit de terouma pour un kohen.
💡 Explication

La Guemara corrige la formule. On quitte le doute sur la mise en état des fruits. On lit un dimoua : un mélange arrivé ensuite. Doute : de jour, ou après la nuit ? L'état du départ est alors un aliment déjà apte.

Rachi donne deux lectures. Première : de la terouma tombe dans des houlin, et ce tanna suit Soumakhos, pas d'erouv de terouma pour un Israël. Seconde : du tevel tombe dans les houlin, impropre même à un kohen. Tossefot retient la seconde : la baraita parle elle-même d'un erouv fait avec de la terouma.

🖼️ Schéma
Corriger les fruits : nidme'ou La hazaka de tevel invaliderait. On lit un mélange survenu ensuite. Formule à quitter Doute s'ils ont été mis en état de jour, ou après la nuit. Hazaka : ils étaient tevel. L'erouv tomberait. Formule retenue Doute s'ils ont été mélangés de jour, ou après la nuit. Hazaka : houlin en état. L'erouv tient. Tossefot retient : du tevel est tombé dans les houlin. Le dimoua de terouma suivrait Soumakhos.
Mis en état : la hazaka de tevel invalide. Mélangés ensuite : la hazaka de houlin aptes maintient l'erouv.
11
בְּעָא רַב שְׁמוּאֵל בַּר רַב יִצְחָק מֵרַב הוּנָא: הָיוּ לְפָנָיו שְׁתֵּי כִכָּרוֹת, אַחַת טְמֵאָה וְאַחַת טְהוֹרָה, וְאָמַר: עָירְבוּ לִי בַּטְּהוֹרָה בְּכָל מָקוֹם שֶׁהִיא, מַהוּ?

Rav Chemouel bar Rav Its'hak a demandé à Rav Houna : deux pains étaient devant lui, l'un impur et l'autre pur, et il a dit : faites-moi l'erouv avec le pur, où qu'il soit. Qu'en est-il ?

📜 Rachi (1)
עָירְבוּ לִי בַּטְּהוֹרָה בְּכָל מָקוֹם שֶׁהִיא וְהִנִּיחוּם שְׁתֵּיהֶן יַחַד בְּסוֹף הַתְּחוּם וּבְכִכָּרוֹת שֶׁל תְּרוּמָה עָסְקִינַן דְּאִי בְּחֻולִּין חֻולִּין טְמֵאִין מֻותָּרִין הֵן דְּלָאו כָּל אָדָם אוֹכֵל חָולְיוֹ בְּטָהֳרָה:
Et on les a déposés tous les deux ensemble au bout du tehoum. Il s'agit de pains de terouma. S'il s'agissait de houlin, des houlin impurs sont permis : tout homme ne mange pas ses houlin en pureté.
💡 Explication

Rav Chemouel bar Rav Its'hak demande à Rav Houna. Deux pains de terouma, l'un pur, l'autre impur. Il dit : faites l'erouv avec le pur, où qu'il soit. Les deux sont déposés ensemble au bout du tehoum.

Rachi : ce sont des pains de terouma. Des houlin impurs restent mangeables, car tout homme ne mange pas ses houlin en état de pureté. Les deux pains seraient alors aptes.

12
תִּיבְּעֵי לְרַבִּי מֵאִיר, תִּיבְּעֵי לְרַבִּי יוֹסֵי. תִּיבְּעֵי לְרַבִּי מֵאִיר: עַד כָּאן לָא קָאָמַר רַבִּי מֵאִיר הָתָם — דְּלֵיכָּא טְהוֹרָה. הָכָא — הָא אִיכָּא טְהוֹרָה. אוֹ דִּילְמָא: אֲפִילּוּ לְרַבִּי יוֹסֵי, לָא קָאָמַר אֶלָּא הָתָם, דְּאִם אִיתָא דְּהִיא טְהוֹרָה — יָדַע לָהּ. אֲבָל הָכָא, הָא לָא יָדַע לַהּ?

La question se pose pour Rabbi Meir, la question se pose pour Rabbi Yossi. Pour Rabbi Meir : Rabbi Meir ne l'a dit, là-bas, que là où il n'y a pas de pure.

Ici, il y a une pure. Ou bien, même pour Rabbi Yossi : il ne l'a dit que là-bas, où, s'il est vrai qu'elle est pure, il la connaît.

Mais ici, il ne la connaît pas.

📜 Rachi (3)
דְּלֵיכָּא טְהוֹרָה וַדָּאִית דְּשֶׁמָּא מִבְּעוֹד יוֹם נִטְמֵאת:
Une pure certaine, car peut-être est-elle devenue impure tant qu'il fait jour.
אוֹ דִּילְמָא אֲפִילּוּ ר' יוֹסֵי לָא מַכְשַׁר בְּמָתְנֵי' אֶלָּא מִשּׁוּם דְּאִי טְהוֹרָה הִיא הָא יָדַע לָהּ הֵיכָא הִיא וְאֵיזוֹ הִיא סְעֻודָּתוֹ וּמִשּׁוּם סְפֵק טֻומְאָה לָא מִיפַּסְלָא דְּאָמַר אוֹקְמָא אַחֲזָקָה:
Il ne déclare valable, dans la michna, que parce que, si elle est pure, il sait où elle est et quel est son repas. Et à cause d'un doute d'impureté elle n'est pas invalidée, car il dit : établis-la sur sa hazaka.
אֲבָל הָכָא לָא יָדַע הֵי נִיהוּ סְעֻודָּתוֹ:
Lequel est son repas.
💡 Explication

La question vaut dans les deux sens. Rabbi Meir, rigoureux dans la michna, allégerait peut-être ici : là-bas, aucune terouma n'était pure à coup sûr ; ici, l'un des deux pains est pur.

Rabbi Yossi, souple dans la michna, serait peut-être rigoureux ici. Là-bas, si la terouma est pure, il sait quel est son repas. Ici, il ne désigne pas son pain.

13
אֲמַר לֵיהּ: בֵּין לְרַבִּי יוֹסֵי בֵּין לְרַבִּי מֵאִיר בָּעִינַן סְעוּדָה הָרְאוּיָה מִבְּעוֹד יוֹם — וְלֵיכָּא.

Il lui a dit : pour Rabbi Yossi comme pour Rabbi Meir, nous exigeons un repas apte tant qu'il fait jour, et il n'y en a pas.

📜 Rachi (1)
בָּעֵינַן סְעוּדָה הָרְאוּיָה מבע"י וְלֵיכָּא וְאֵין עֵירוּבוֹ כְּלוּם דַּאֲפִילּוּ חַמָּר גַּמָּל לָא הָוֵי דְּבִשְׁלָמָא מַתְנֵי' סְעוּדָה הָרְאוּיָה הֲוַאי וְהַשְׁתָּא הוּא דְּאִיתְיְלִיד בָּהּ סָפֵק:
Et son erouv n'est rien : même un hamar gamal (l'âne et le chameau, deux erouvin conditionnels), il ne l'est pas. Certes, dans la michna, le repas était apte, et c'est maintenant que le doute y est né.
💡 Explication

Rav Houna tranche pour les deux avis. L'erouv exige une seouda raouya, un repas apte, tant qu'il fait jour. Ici, aucun des deux pains ne se mange avant la nuit : on ignore lequel est pur.

Rachi : on n'atteint pas le hamar gamal, figure de deux erouvin conditionnels. Dans la michna, le repas était apte au dépôt. Le doute est né ensuite.

🖼️ Schéma
Deux pains au bout du tehoum Faites l'erouv avec le pur, où qu'il soit. Rav Houna : il n'y a pas de repas apte. Pain impur Terouma tame. On ne la mange pas. On ignore lequel c'est. Pain pur Terouma tahor. Il serait apte. On ne peut pas le désigner. Avant la nuit Aucun des deux n'est un repas apte. Même pas un hamar gamal. Dans la michna, le repas était apte au dépôt. Le doute est né ensuite.
Les deux pains sont au même lieu. Tant qu'il fait jour, aucun n'est un repas qu'on puisse manger.
14
בְּעָא מִינֵּיהּ רָבָא מֵרַב נַחְמָן: כִּכָּר זוֹ הַיּוֹם חוֹל וּלְמָחָר קֹדֶשׁ, וְאָמַר: עֵירְבוּ לִי בָּזֶה, מַהוּ? אֲמַר לֵיהּ: עֵירוּבוֹ עֵירוּב.

Rava a demandé à Rav Nahman : ce pain, aujourd'hui houlin, et demain consacré ; et il a dit : faites-moi l'erouv avec celui-ci. Qu'en est-il ?

Il lui a dit : son erouv est un erouv.

📜 Rachi (2)
כִּכָּר זוֹ כו' אָמַר עַל כִּכָּר אַחַת בע"ש הַיּוֹם יְהֵא חוֹל וּלְמָחָר יְהֵא קֹדֶשׁ וְעֵירֵב שְׁלוּחוֹ בָּהּ:
Il a dit, sur un pain, le vendredi : aujourd'hui il sera houlin, et demain il sera consacré. Et son envoyé a fait l'erouv avec lui.
מַהוּ הוֹאִיל וּבֵין הַשְּׁמָשׁוֹת סָפֵק הוּא חָיְישִׁינַן דִּילְמָא קֹודֶם קְנִיַּית עֵירוּב חָל עָלֶיהָ הֶקְדֵּשׁ וְאֵין מְעָרְבִין בְּהֶקְדֵּשׁ אוֹ לָא אָמְרִינַן הָכִי:
Puisque le crépuscule est un doute, craignons-nous qu'avant l'acquisition de l'erouv la consécration prenne effet sur lui, et l'on ne fait pas d'erouv avec de l'hekdesh (bien consacré) ? Ou bien ne le disons-nous pas ?
💡 Explication

Rava interroge Rav Nahman. Le vendredi, sur un pain : aujourd'hui houlin, demain hekdesh. Son envoyé en fait l'erouv.

Le bein hashmashot est un doute, fin du vendredi ou début de Chabbat. La consécration a-t-elle déjà pris avant que l'erouv s'acquière ? On ne fait pas d'erouv avec de l'hekdesh. Rav Nahman : son erouv est un erouv.

15
הַיּוֹם קֹדֶשׁ וּלְמָחָר חוֹל, וְאָמַר: עֵירְבוּ לִי בָּזֶה, מַהוּ? אֲמַר לֵיהּ: אֵין עֵירוּבוֹ עֵירוּב. מַאי שְׁנָא?

Aujourd'hui consacré, et demain houlin ; et il a dit : faites-moi l'erouv avec celui-ci. Qu'en est-il ?

Il lui a dit : son erouv n'est pas un erouv. Quelle différence ?

📜 Rachi (2)
הַיּוֹם תְּהֵא קוֹדֶשׁ וּלְמָחָר תְּהֵא חוֹל עַל מְעוֹת שֶׁיֵּשׁ לִי בַּבַּיִת מַהוּ מִי אָמְרִינַן כִּי מְטָא בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת נְפַק לֵיהּ מִקְּדֻושְׁתֵּיהּ וְקָנָה עֵירוּב אוֹ לָא:
Sur des pièces que j'ai à la maison. Qu'en est-il : disons-nous que, le crépuscule arrivé, il sort de sa sainteté et l'erouv est acquis, ou non ?
וּמַאי שְׁנָא הָא בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת סְפֵיקָא הוּא מַאי שְׁנָא הָכָא לְקֻולָּא וְהָכָא לְחוּמְרָא:
Or le crépuscule est un doute. Pourquoi ici vers l'allègement, et ici vers la rigueur ?
🗂️ Tossefot (1)
מַאי שְׁנָא וְאִם תֹּאמַר וְהָא רָבָא גּוּפֵיהּ קָאָמַר בְּסָמוּךְ זֹאת אוֹמֶרֶת סוֹף הַיּוֹם קוֹנֶה עֵירוּב וְאִם סוֹף הַיּוֹם קוֹנֶה עֵירוּב אָתְיָא דְּרַב נַחְמָן שַׁפִּיר וְאַמַּאי קָמִיבַּעְיָא לֵיהּ מַאי שְׁנָא וְיֵשׁ לוֹמַר דע"כ דְּרָבָא אִית לֵיהּ דִּתְחִלַּת הַיּוֹם קוֹנֶה עֵירוּב דְּהָא פְּסִיק בְּרֵישׁ בֵּיצָה (דַּף ד:) כְּרַב דְּאָמַר נוֹלְדָה בָּזֶה אֲסוּרָה בָּזֶה וְטַעֲמָא דְּרַב מִשּׁוּם הֲכָנָה וּמַאן דְּאִית לֵיהּ הֲכָנָה סָבַר תְּחִילַּת הַיּוֹם קוֹנֶה עֵירוּב כִּדְמוֹכַח בְּפִירְקִין (דַּף לח:) וְרָבָא דְּאָמַר זֹאת אוֹמֶרֶת סוֹף הַיּוֹם קוֹנֶה עֵירוּב אַלִּיבָּא דְּבָרַייְתָא קָאָמַר וְלֵיהּ לָא ס"ל:
Et si tu dis : or Rava lui-même dit tout à côté : cela enseigne que la fin du jour acquiert l'erouv. Et si la fin du jour acquiert l'erouv, l'avis de Rav Nahman se tient bien. Pourquoi donc lui demande-t-il : quelle différence ? On peut dire : Rava tient nécessairement que le début du jour acquiert l'erouv. Car il tranche au début de Beitsa (4b) comme Rav, qui a dit : né dans celui-ci, interdit dans celui-là. La raison de Rav est la hakhana (préparation du jour avant qu'il commence). Et celui qui tient la hakhana tient que le début du jour acquiert l'erouv, comme le montre notre chapitre (38b). Et Rava, quand il dit : cela enseigne que la fin du jour acquiert l'erouv, le dit selon la baraita, et lui-même ne le tient pas.
💡 Explication

Déclaration inverse : aujourd'hui hekdesh, demain houlin. Rachi : le rachat se fera sur des pièces qui sont à la maison. Rav Nahman : son erouv n'est pas un erouv. Rava demande la différence. Le crépuscule est un doute dans les deux déclarations.

Tossefot. Plus loin, Rava dira que la fin du jour acquiert l'erouv, et les deux réponses de Rav Nahman suivent alors le statut du vendredi. Pour son compte, Rava tient que le début du jour acquiert l'erouv : il tranche comme Rav au début de Beitsa (4b), à cause de la hakhana, et cet avis lie l'erouv au début du jour (38b). La formule sur la fin du jour, il la dit selon la baraita, sans la tenir.

16
אֲמַר לֵיהּ: לְכִי תֵּיכוּל עֲלֵיהּ כּוֹרָא דְמִלְחָא: הַיּוֹם חוֹל וּלְמָחָר קֹדֶשׁ — מִסְּפֵיקָא לָא נָחֲתָא לֵיהּ קְדֻושָּׁה. הַיּוֹם קֹדֶשׁ וּלְמָחָר חוֹל — מִסְּפֵיקָא לָא פָּקְעָא לֵיהּ קְדֻושְׁתֵּיהּ מִינֵּיהּ.

Il lui a dit : quand tu auras mangé là-dessus un kor de sel. Aujourd'hui houlin et demain consacré : par un doute, la sainteté ne descend pas sur lui.

Aujourd'hui consacré et demain houlin : par un doute, sa sainteté ne le quitte pas.

📜 Rachi (2)
לְכִי תֵּיכוֹל עֲלָהּ כּוֹרָא דְּמִילְחָא לִכְשֶׁתִּמְדֹּוד כּוּר שֶׁל מֶלַח עַל דָּבָר זֶה וְתִתְּנֵהוּ לִי אוֹמֵר לְךָ טַעְמוֹ:
Quand tu auras mesuré un kor de sel sur cette affaire et que tu me l'auras remis, je t'en dirai la raison.
הַיּוֹם חוֹל וּלְמָחָר קֹודֶשׁ וּבֵין הַשְּׁמָשׁוֹת דִּקְנִיַּית עֵירוּב סְפֵיקָא הוּא וּמִסְּפֵיקָא לָא תַּפְּקֵיהּ מִמִּילְּתֵיהּ קַמַּיְיתָא וְכֵן סֵיפָא:
Et le crépuscule, moment où l'erouv s'acquiert, est un doute. Par un doute, ne le sors pas de son état premier. Et de même le second membre.
💡 Explication

Rav Nahman ouvre par une formule : quand tu auras mangé là-dessus un kor de sel. Rachi lit : quand tu m'auras remis un kor de sel mesuré sur cette question, j'en dirai la raison. La raison vient aussitôt.

Un doute ne fait pas entrer un état nouveau, et ne fait pas sortir de l'état déjà là. Aujourd'hui houlin, demain hekdesh : au crépuscule, la sainteté ne descend pas. Le pain reste houlin, l'erouv est valable. Aujourd'hui hekdesh, demain houlin : la sainteté ne quitte pas le pain. Il reste hekdesh, l'erouv est invalide.

🖼️ Schéma
Le doute ne change pas l'état Rav Nahman. Le crépuscule reste sur l'état du jour. Aujourd'hui houlin Demain hekdesh. Par un doute, la sainteté ne descend pas. Au crépuscule : houlin. On peut en faire l'erouv. Son erouv est un erouv. Aujourd'hui hekdesh Demain houlin, rachat sur des pièces qui sont à la maison. La sainteté ne part pas. Au crépuscule : hekdesh. Son erouv n'est pas un erouv. Même raison des deux côtés : on ne sort pas un objet de son état premier par un doute.
Houlin qui doit devenir hekdesh : la sainteté ne descend pas par doute. Hekdesh qui doit devenir houlin : elle ne part pas.
17
תְּנַן הָתָם: לָגִין טְבוּל יוֹם שֶׁמִּלְּאוֹ מִן הֶחָבִית שֶׁל מַעֲשֵׂר טֶבֶל, וְאָמַר: הֲרֵי זֶה תְּרוּמַת מַעֲשֵׂר לִכְשֶׁתֶּחֱשַׁךְ — דְּבָרָיו קַיָּימִין.

Nous avons appris là-bas : une cruche de tevoul yom (immergée le jour, pure à la nuit), qu'il a remplie depuis le tonneau de maasser (dîme) encore tevel, et il a dit : ceci sera teroumat maasser quand il fera nuit. Ses paroles tiennent.

📜 Rachi (2)
שֶׁל מַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן שֶׁהָיָה עֲדַייִן טֶבֶל שֶׁלֹּא הִפְרִישׁ הַלֵּוִי מִמֶּנָּה תְּרוּמַת מַעֲשֵׂר וַהֲרֵי הוּא בְּמִיתָה בְּעוֹדוֹ טֶבֶל וַאֲפִילּוּ לַכֹּהֲנִים וְלָא חֲזִי לְעֵירוּב וּלְגַבֵּי לָגִין טְבוּל יוֹם בְּעוֹדוֹ טֶבֶל לָא פְּסִיל דִּטְבוּל יוֹם מֻותָּר בִּנְגִיעָה לְחֻולִּין וּלְמַעֲשֵׂר ואע"ג דִּפְתִיכָא בֵּיהּ תְּרוּמָה שֶׁלֹּא הוּרְמָה וְאָמַר הֲרֵי זוֹ שֶׁבַּלָּגִין תְּרוּמַת מַעֲשֵׂר עַל הֶחָבִית לִכְשֶׁתֶּחְשַׁךְ וְיַעֲרִיב שִׁמְשׁוֹ שֶׁתְּהֵא כְּשֵׁרָה לִתְרוּמָה:
Maasser premier, qui était encore tevel : le lévite n'en avait pas prélevé la teroumat maasser. Tant qu'il est tevel, il est sous peine de mort, même pour les kohanim, et il ne convient pas à l'erouv. Pour la cruche de tevoul yom, tant que c'est du tevel, elle ne l'invalide pas : un tevoul yom peut toucher des houlin et du maasser, même si une terouma non prélevée y est mêlée. Et il a dit : ceci qui est dans la cruche sera teroumat maasser pour le tonneau, quand il fera nuit et que son soleil se couchera, afin qu'elle soit apte à la terouma.
דְּבָרָיו קַיָּימִין וְהַתְּרוּמָה טְהוֹרָה:
Et la terouma est pure.
💡 Explication

Michna citée d'ailleurs. Un tevoul yom n'est pleinement pur qu'à la nuit. Son contact invalide la terouma. Il laisse entiers le maasser et les houlin.

La cruche est remplie d'un tonneau de maasser rishon encore tevel : le lévite n'a pas prélevé la teroumat maasser, la part du kohen. Il dit : le contenu de la cruche le deviendra quand il fera nuit. À cette heure la cruche est pure, et la terouma le reste. Ses paroles tiennent.

18
וְאִם אָמַר: עֵירְבוּ לִי בָּזֶה — לֹא אָמַר כְּלוּם. אָמַר רָבָא זֹאת אוֹמֶרֶת: סוֹף הַיּוֹם קוֹנֶה עֵירוּב,

Et s'il a dit : faites-moi l'erouv avec ceci, il n'a rien dit. Rava a dit : cela enseigne que la fin du jour acquiert l'erouv.

📜 Rachi (3)
וְאִם אָמַר עָירְבוּ לִי בְּלָגִין זֶה לֹא אָמַר כְּלוּם הוֹאִיל וְכִי מְטָא בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת אַכַּתִּי טֶבֶל הֲוָה:
Puisque, le crépuscule arrivé, c'était encore du tevel.
סוֹף הַיּוֹם תְּחִילַּת בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת שֶׁהוּא סוֹף הַיּוֹם שֶׁל ע"ש:
Le début du crépuscule, qui est la fin du jour du vendredi.
קוֹנֶה עֵירוּב וְסוֹף הַיּוֹם אַכַּתִּי טֶבֶל הוּא:
Et à la fin du jour, c'est encore du tevel.
💡 Explication

S'il dit : faites l'erouv avec cette cruche, il n'a rien dit. Au crépuscule, le contenu est encore du tevel. La séparation n'est dite que pour la nuit. Le tevel ne sert pas d'erouv.

Rava en tire : la fin du jour acquiert l'erouv. Rachi : c'est le début du crépuscule, encore vendredi, et à cette heure c'est du tevel. Tossefot, plus haut : Rava énonce cela selon la baraita. Pour lui, le début du jour acquiert l'erouv.

🖼️ Schéma
La cruche, du jour à la nuit Teroumat maasser dite pour la nuit. Erouv acquis à la fin du vendredi. Tant qu'il fait jour Cruche tevoul yom. Maasser encore tevel. Le contact n'invalide pas le tevel. Pas encore d'erouv. Fin du jour Début du crépuscule. C'est encore du tevel. L'erouv devrait déjà être apte. Il ne l'est pas. Quand il fait nuit La cruche est pure. La teroumat maasser prend effet. Ses paroles tiennent pour la terouma. Rava : la fin du jour acquiert l'erouv. À cette heure, la cruche est encore du tevel.
De jour, tevel dans une cruche tevoul yom. À la fin du vendredi, l'erouv exigerait déjà un aliment apte. La terouma ne prend qu'à la nuit.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).