Eruvin 41b - Achever le jeûne, et celui qu'on a sorti du tehoum

Eruvin 41b

Sougya : La page ferme la sougya du 9 Av un vendredi. Rabba a interrogé Rav Yehouda et Rav Houna sans réponse : c'était avant qu'ils entendent Rav.

Ensuite Mar Zoutra expose au nom de Rav Houna : on jeûne et on complète. Le chapitre Bekhol me'arvin s'achève.

La michna suivante : celui que des non-Juifs ou un roua'h ra'a ont fait sortir du tehoum n'a que quatre amot, sauf si on le ramène. Dans une ville close, un dir, un sahar ou un bateau, Rabban Gamliel et Rabbi Elazar ben Azarya lui donnent tout l'espace ; Rabbi Yehochoua et Rabbi Akiva, quatre amot.

Chemouel traite celui qui est sorti de son gré. Rabba permet de quitter les quatre amot pour la dignité des créatures.

Rav Pappa : des fruits revenus, même de propos délibéré, n'ont pas perdu leur place, car ils sont contraints.

Pourquoi le silence, puis un psak ? Suite de 41a. Rav Yehouda et Rav Houna, élèves de Rav. Rabba interroge Rav Yehouda, puis Rav Houna. Aucune réponse. Cela date d'avant qu'ils entendent Rav. Si le silence voulait dire : pas de psak, Mar Zoutra ne pourrait pas citer Rav Houna. Or il expose : on jeûne et on complète, veille de Chabbat. Avant : la question. Après avoir entendu Rav : le psak. Même découpage pour Rav Yehouda. Halakha retenue : on jeûne et on complète. Puis : Hadran. Fin du chapitre Bekhol me'arvin.
La question de Rabba est antérieure à l'enseignement de Rav. Le psak de Rav Houna, rapporté par Mar Zoutra, vient après.
Où marche-t-il, hors de son tehoum ? Michna Mi che-hotziouhou. Tehoum : limite de deux mille amot. Sorti par des non-Juifs ou par un roua'h ra'a (esprit mauvais). Il n'a que quatre amot à partir de là où il est. Ils le ramènent dans le tehoum. Comme s'il n'était pas sorti. Toute la ville : quatre amot. Au-dehors : deux mille amot de chaque côté. Rachi. Ville close, dir, sahar, ou bateau (mêmes cloisons). Rabban Gamliel et Rabbi Elazar ben Azarya : il parcourt tout. L'enceinte vaut quatre amot. Rabbi Yehochoua et Rabbi Akiva : quatre amot seulement. Dans le bateau de Pelandarsin, ils ont tenu cette mesure pour eux. Port après la nuit : Rabban Gamliel avait vu qu'ils étaient dans le tehoum avant la nuit. On descend.
Quatre situations de la michna : sortie forcée, retour, enceinte close, et le port vu avant la nuit.
Sortie et retour : quatre cas Rav Nahman au nom de Chemouel. Le cas neuf est la ligne du bas, à gauche. Ramené par des non-Juifs Revient de son gré Sorti par des non-Juifs Comme s'il n'était pas sorti. Michna, cas lié : sortie forcée et retour forcé. Quatre amot. Diyuk : seuls ceux qui l'ont ramène lui rendent son tehoum. Sorti de son gré Quatre amot. Chemouel. Le retour forcé ne rend pas le tehoum. Quatre amot. À plus forte raison. Roch, au nom de Chemouel. Lecture écartée, le-tzedadin : un retour par des non-Juifs rendrait le tehoum même après une sortie voulue.
Chemouel : sorti de son gré puis ramène par des non-Juifs, il n'a que quatre amot. La lecture par cas distincts est écartée.
1
דְּאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ אַכֻּולְּהוּ — הָא בָּעֵי מִינֵּיהּ רַבָּה מֵרַב יְהוּדָה וְלָא פְּשַׁט לֵיהּ!

Car si tu penses que c'est pour tous les cas : or Rabba l'a demandé à Rav Yehouda, et il ne lui a pas tranché !

📜 Rachi (2)
דְּאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ אַכֻּולְּהוּ אֲמָרָהּ רַב יְהוּדָה:
Si tu penses, pour tous les cas : c'est Rav Yehouda qui l'a dit.
הָא בָּעֵי מִינֵּיהּ רַבָּה מֵרַב יְהוּדָה כִּדְאָמְרִינַן לְעֵיל אֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַב יְהוּדָה וְלָא הֲוָה בִּידֵיהּ:
Or Rabba l'a demandé à Rav Yehouda : comme nous disons plus haut, il vint devant Rav Yehouda, et celui-ci n'avait pas la réponse en main.
💡 Explication

Suite directe de 41a. L'enseignement les Sages disent : on jeûne et on complète a été limité à 'Hanouka et à Pourim. La preuve avancée ici : s'il visait tous les cas, y compris le 9 Av un vendredi, Rabba n'aurait pas quitté Rav Yehouda sans psak.

2
וּלְטַעְמִיךְ, הָא דְּדָרֵשׁ מָר זוּטְרָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב הוּנָא: הֲלָכָה, מִתְעַנֶּה וּמַשְׁלִים. הָא בְּעָא מִינֵּיהּ רַבָּה מֵרַב הוּנָא וְלָא פְּשַׁט לֵיהּ?!

Et selon ton raisonnement : ce que Mar Zoutra a exposé au nom de Rav Houna, la halakha est qu'on jeûne et qu'on complète. Or Rabba l'a demandé à Rav Houna, et il ne lui a pas tranché ?!

📜 Rachi (2)
מִתְעַנֶּה וּמַשְׁלִים בְּעֶרֶב שַׁבָּת:
On jeûne et on complète : la veille de Chabbat.
הָא בָּעֵי רַבָּה מֵרַב הוּנָא לְעֵיל וְלֹא פָּשַׁט לֵיהּ:
Or Rabba [l'a demandé] à Rav Houna : plus haut, et il ne lui a pas tranché.
🗂️ Tossefot (1)
וְהִלְכְתָא מִתְעַנֶּה וּמַשְׁלִים פֵּירוּשׁ אִם יִרְצֶה לְהַשְׁלִים דְּשָׁרֵי לְהַשְׁלִים דְּבָעֲיָא הוּא אִי שָׁרִי לְהַשְׁלִים אִי לֹא: [וּמוֹרִי אָמַר לִי בְּשֵׁם ה"ר יְדִידְיָהּ דַּאֲפִילּוּ ר' יוֹסִי ל"פ אֶלָּא דְּיָכוֹל לְהַשְׁלִים מִיהוּ גַּם ר' יוֹסֵי מוֹדֶה אִי אֵינוֹ רוֹצֶה לְהַשְׁלִים הָרְשׁוּת בְּיָדוֹ וְר' יְהוּדָה אָמַר אָסוּר לְהַשְׁלִים וְאֵין נ"ל מִדְּקָאָמַר ר'. יוֹסֵי אִי אַתָּה מוֹדֶה לִי בְּט' בְּאָב שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּאֶחָד בַּשַּׁבָּת שֶׁהוּא מַתְחִיל מבע"י וְהָתָם ע"כ דְּחַיָּיב קָאָמַר דֻּומְיָא דְּהָכִי ע"ש דְּחַייָּב לְהַשְׁלִים קָאָמַר] [רש"ל בְּשֵׁם תּוֹס' שאנ"ץ]:
Et la halakha est : on jeûne et on complète. Explication : s'il veut compléter, il est permis de compléter, car la question est de savoir s'il est permis de compléter ou non. [Et mon maître m'a dit au nom de Rabbi Yedidya : même Rabbi Yossi ne diverge que sur ceci, qu'il peut compléter ; toutefois Rabbi Yossi convient aussi que, s'il ne veut pas compléter, le choix est à lui. Et Rabbi Yehouda dit qu'il est interdit de compléter. Et cela ne me paraît pas, puisque Rabbi Yossi dit : ne m'accordes-tu pas, pour le 9 Av qui tombe un dimanche, qu'il commence tant qu'il fait encore jour ? Et là, il parle forcément d'une obligation. De même ici, la veille de Chabbat, il parle d'une obligation de compléter.] [Le Rachal, au nom des Tossefot Chantz.]
💡 Explication

L'objection retourne l'argument. Mar Zoutra cite bien un psak de Rav Houna : on jeûne et on complète. Or Rabba l'avait aussi interrogé sans recevoir de réponse. Le silence d'un maître, à un moment donné, n'empêche donc pas un psak ultérieur.

Tossefot lisent le psak comme une permission de compléter si l'on veut. La glose du Rachal, au nom des Tossefot Chantz, y voit une obligation, sur le modèle du 9 Av un dimanche, où Rabbi Yossi parle d'un début de jeûne tant qu'il fait jour.

3
אֶלָּא: הָא — מִקַּמֵּי דְּשָׁמְעָה, וְהָא — לְבָתַר דְּשַׁמְּעָהּ, הָכָא נָמֵי: הָא — מִקַּמֵּי דְּשָׁמְעָה, הָא — לְבָתַר דְּשָׁמְעָה.

Dis plutôt : ceci, avant qu'il l'entende, et ceci, après qu'il l'entende. Ici de même : ceci, avant qu'il l'entende, ceci, après qu'il l'entende.

📜 Rachi (4)
לְבָתַר דְּשַׁמְּעָהּ רַב הוּנָא מֵרַב לְהַאי אֲבָל חֲכָמִים אוֹמְרִים הֲדַר אַגְּמָרֵיהּ לְמַר זוּטְרָא וּמִקַּמֵּיהּ דְּלִישְׁמְעֵיהּ בְּעָא רַבָּה מִינֵּיהּ וְלֹא פָּשַׁט לֵיהּ:
Après qu'il l'entende : Rav Houna, de Rav, cet enseignement mais les Sages disent. Il le redit ensuite à Mar Zoutra. Et avant qu'il l'entende, Rabba le lui demanda, et il ne lui trancha pas.
הָכָא נָמֵי דְּרַב יְהוּדָה לָא תִּיקְשֵׁי:
Ici de même : pour Rav Yehouda, il n'y a pas de difficulté.
הָא מִקַּמֵּי דְּשָׁמְעָה מֵרַב:
Ceci, avant qu'il l'entende : de Rav.
הָא לְבָתַר דְּשַׁמְּעָהּ רַב הוּנָא וְרַב יְהוּדָה תַּלְמִידֵי דְּרַב הָווּ:
Ceci, après qu'il l'entende : Rav Houna et Rav Yehouda étaient des élèves de Rav.
💡 Explication

Même découpage pour les deux maîtres. Avant d'avoir entendu Rav, ni Rav Houna ni Rav Yehouda ne tranchent devant Rabba. Après, ils rapportent : on jeûne et on complète. Les deux sont élevés de Rav. Rachi rattache l'enseignement entendu à la formule mais les Sages disent.

🖼️ Schéma
Pourquoi le silence, puis un psak ? Suite de 41a. Rav Yehouda et Rav Houna, élèves de Rav. Rabba interroge Rav Yehouda, puis Rav Houna. Aucune réponse. Cela date d'avant qu'ils entendent Rav. Si le silence voulait dire : pas de psak, Mar Zoutra ne pourrait pas citer Rav Houna. Or il expose : on jeûne et on complète, veille de Chabbat. Avant : la question. Après avoir entendu Rav : le psak. Même découpage pour Rav Yehouda. Halakha retenue : on jeûne et on complète. Puis : Hadran. Fin du chapitre Bekhol me'arvin.
La question et le psak ne sont pas du même moment : avant, puis après avoir entendu Rav.
4
דָּרֵשׁ מָר זוּטְרָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב הוּנָא: הֲלָכָה, מִתְעַנִּין וּמַשְׁלִימִין.

Mar Zoutra a exposé au nom de Rav Houna : la halakha est qu'on jeûne et qu'on complète.

💡 Explication

La Guemara reprend à part la formule citée en passant. Ici le verbe est au pluriel : ils jeûnent et ils complètent. Rachi, sur la formule au singulier, fixe le cas : la veille de Chabbat.

5
הַדְרָן עֲלָךְ בַּכֹּל מְעָרְבִין

Nous reviendrons à toi, Bekhol me'arvin.

💡 Explication

Hadran : formule de clôture du chapitre. Bekhol me'arvin, avec tout on peut faire un erouv. Le chapitre suivant, Mi che-hotziouhou, commence au segment suivant.

6
מַתְנִי׳ מִי שֶׁהוֹצִיאוּהוּ נָכְרִים, אוֹ רוּחַ רָעָה — אֵין לוֹ אֶלָּא אַרְבַּע אַמּוֹת.

Michna. Celui que des non-Juifs ont fait sortir, ou un roua'h ra'a : il n'a que quatre amot.

📜 Rachi (2)
מַתְנִי' מִי שֶׁהוֹצִיאוּהוּ נָכְרִים חוּץ לַתְּחוּם:
Michna. Celui que des non-Juifs ont fait sortir : hors du tehoum.
אוֹ רוּחַ רָעָה שֶׁנִּכְנַס בּוֹ שֵׁד וְנִטְרְפָה דַּעְתּוֹ וְיָצָא חוּץ לַתְּחוּם וְאַחַר כָּךְ נִשְׁתַּפָּה וַהֲרֵי הוּא חוּץ לַתְּחוּם:
Ou un roua'h ra'a : un ched est entré en lui, son esprit s'est troublé, il est sorti hors du tehoum, puis il a repris ses esprits, et le voici hors du tehoum.
🗂️ Tossefot (1)
מַתְנֵי' מִי שֶׁהוֹצִיאוּהוּ. עַל דַּעְתּוֹ וְעַל דַּעַת קוֹנוֹ ואע"ג דְּאִיכָּא נָמֵי כְּשָׁפִים שֶׁמַּכְחִישִׁין פָּמַלְיָא שֶׁל מַעְלָה נִרְאֶה דְּהָוֵי בִּכְלַל רוּחַ רָעָה וְיֵצֶר הָרַע אע"ג דְּמַשְׁמַע בְּפֶ' וְאֵלּוּ מְגַלְּחִין (מו"ק ד' יז.) דִּפְעָמִים שֶׁיִּצְרוֹ מִתְגַּבֵּר עָלָיו וְאֵינוֹ יָכוֹל לְכוֹפוֹ מ"מ אָדָם יָכוֹל לִיזָּהֵר שֶׁלֹּא יָבֹא לִידֵי כָּךְ:
Michna, celui qu'on a fait sortir. Contre sa volonté et contre la volonté de son Créateur. Bien qu'il y ait aussi des sorcelleries qui démentent la cour céleste, il apparaît que cela entre dans le roua'h ra'a. Et le yetser ha-ra : bien qu'il ressorte du chapitre Vé-elou megalhin (Moed Katan 17a) que parfois son penchant l'emporte sur lui et qu'il ne peut le contraindre, un homme peut toutefois prendre garde de ne pas en arriver là.
💡 Explication

Nouvelle michna. Deux causes de sortie hors du tehoum malgré soi : des non-Juifs, ou un roua'h ra'a. Rachi : un ched, l'esprit se trouble, puis il revient à lui, déjà dehors. La mesure qui lui reste : quatre amot.

Tossefot rattachent la formule de la baraïta, contre sa volonté et celle de son Créateur. Les sorcelleries entrent dans le roua'h ra'a. Le yetser ha-ra reste un terrain où l'homme peut encore se garder.

7
הֶחֱזִירוּהוּ — כְּאִילּוּ לֹא יָצָא.

S'ils l'ont ramène : c'est comme s'il n'était pas sorti.

📜 Rachi (2)
הֶחֱזִירוּהוּ לְתוֹךְ הַתְּחוּם:
S'ils l'ont ramène : à l'intérieur du tehoum.
כְּאִילּוּ לֹא יָצָא וַהֲרֵי כָּל הָעִיר לוֹ כְּד' אַמּוֹת כְּבַתְּחִילָּה וְחוּצָה לָהּ אַלְפַּיִם אַמָּה לְכָל רוּחַ:
Comme s'il n'était pas sorti : toute la ville est pour lui comme quatre amot, comme au début, et au-dehors deux mille amot de chaque côté.
💡 Explication

Le retour forcé annule la sortie forcée. Il retrouve la chevitah d'origine : la ville compte comme quatre amot, puis deux mille amot au-delà, dans chaque direction.

8
הוֹלִיכוּהוּ לְעִיר אַחֶרֶת, נְתָנוּהוּ בְּדִיר אוֹ בְּסַהַר, רַבָּן גַּמְלִיאֵל וְרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה אוֹמְרִים: מְהַלֵּךְ אֶת כֻּולָּהּ. רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ וְרַבִּי עֲקִיבָא אוֹמְרִים: אֵין לוֹ אֶלָּא אַרְבַּע אַמּוֹת.

S'ils l'ont conduit dans une autre ville, ou placé dans un dir ou un sahar, Rabban Gamliel et Rabbi Elazar ben Azarya disent : il parcourt le tout. Rabbi Yehochoua et Rabbi Akiva disent : il n'a que quatre amot.

📜 Rachi (3)
הוֹלִיכוּהוּ לְעִיר אַחֶרֶת וַהֲרֵי הִיא. מֻוקֶּפֶת מְחִיצּוֹת:
S'ils l'ont conduit dans une autre ville : et voici qu'elle est entourée de cloisons.
אוֹ שֶׁנְּתָנוּהוּ בַּדִּיר אוֹ בְּסַהַר שֶׁהֵן מֻוקָּפִין וְהֶיקֵּיפַן גָּדוֹל:
Ou qu'ils l'ont placé dans un dir ou un sahar : ils sont clos, et leur clôture est grande.
מְהַלֵּךְ אֶת כֻּולָּהּ דְּהוֹאִיל וּמֻוקֶּפֶת מְחִיצּוֹת הֲרֵי הִיא כְּד' אַמּוֹת:
Il parcourt le tout : puisqu'elle est entourée de cloisons, elle vaut quatre amot.
⚖️ Rosh (1)
מִי שֶׁהוֹצִיאוּהוּ נָכְרִים אוֹ רוּחַ רָעָה אֵין לוֹ אֶלָּא ד' אַמּוֹת. הֶחְזִירוּהוּ כְּאִילּוּ לֹא יָצָא הוֹלִיכוּהוּ לְעִיר אַחֶרֶת נְתָנוּהוּ בְּדִיר אוֹ בְּסַהַר ר"ג ור"א בֶּן עֲזַרְיָה אוֹמְרִים מְהַלֵּךְ אֶת כֻּולָּהּ. רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ וְרַבִּי עֲקִיבָא אוֹמְרִים אֵין לוֹ אֶלָּא אַרְבַּע אַמּוֹת. מַעֲשֶׂה וּבָאוּ מִפְּלַנְדַּרְסִין וְהִפְלִיגָה סְפִינָתָן בַּיָּם. רַבָּן גַּמְלִיאֵל וְר' אֶלְעָזָר הָלְכוּ אֶת כֻּולָּהּ. רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ וְר' עֲקִיבָא לֹא זָזוּ מֵאַרְבַּע אַמּוֹת שֶׁרָצוּ לְהַחֲמִיר עַל עַצְמָם: אָמַר רַב נַחְמָן אָמַר שְׁמוּאֵל יָצָא לְדַעַת אַף עַל פִּי שֶׁהֶחֱזִירוּהוּ נָכְרִים אֵין לוֹ אֶלָּא ד' אַמּוֹת. וכ"ש אִם יָצָא לְדַעַת וְחָזַר לְדַעַת שֶׁאֵין לוֹ אֶלָּא ד' אַמּוֹת. וְכָתַב רַבֵּינוּ מֵאִיר זַ"ל דְּכָל הָעִיר הִיא לוֹ כְּד' אַמּוֹת וּמְהַלֵּךְ אֶת כֻּולָּהּ כֵּיוָן שֶׁשָּׁבַת בָּהּ בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת. וּמְדַקְדֵּק מֵהָא דְּקָאָמַר תְּנֵינָא הוֹצִיאוּהוּ נָכְרִים וְהֶחֱזִירוּהוּ הוּא כְּאִילּוּ לֹא יָצָא אֲבָל יָצָא לְדַעַת וְהֶחְזִירוּהוּ נָכְרִים לֹא מ"ד לִצְדָדִין קָתָנֵי וְכוּ'. וְאִם תֹּאמַר דְּאֵין כָּל הָעִיר לוֹ כְּד' אַמּוֹת הֲוָה לֵיהּ לְשַׁנּוּיֵי דְּאִיצְטְרִיךְ לֵיהּ לִשְׁמוּאֵל לְאַשְׁמוֹעִינַן דְּיָצָא לְדַעַת וְהֶחֱזִירוּהוּ נָכְרִים לְעִירוֹ דְּאֵין לוֹ אֶלָּא אַרְבַּע אַמּוֹת בָּעִיר וְאִי מִמַּתְנִיתִין הֲוָה אֲמִינָא הוֹצִיאוּהוּ נָכְרִים וְהֶחְזִירוּהוּ הוּא דִּכְאִילּוּ לֹא יָצָא וְיֵשׁ לוֹ כָּל הָעִיר כֻּולָּהּ וְאַלְפַּיִם אַמָּה לְכָל רוּחַ הָא יָצָא לְדַעַת וְחָזַר לְדַעַת אֵין לוֹ אַלְפַּיִם אַמָּה לְכָל רוּחַ מִיהוּ כָּל הָעִיר כֻּולָּהּ שֶׁלּוֹ דְּכֻולָּהּ כְּד' אַמּוֹת וּלְהָכִי אִיצְטְרִיךְ שְׁמוּאֵל לְאַשְׁמוֹעִינַן דְּאֵין לוֹ אֶלָּא אַרְבַּע אַמּוֹת בְּעִירוֹ. וּמִדְּלָא מְשַׁנֵּי הָכִי שְׁמַע מִינָּה דְּכָל כה"ג יֵשׁ לוֹ כָּל הָעִיר כֻּולָּהּ. וּלְהָכִי פָּרִיךְ שַׁפִּיר אִי הָכִי מַאי קמ"ל שְׁמוּאֵל אִי הָא קמ"ל שֶׁהוּא מַפְסִיד אַלְפַּיִם אַמָּה לְכָל רוּחַ מִדִּיּוּקָא דְּמַתְנִי' שָׁמְעִינַן לָהּ וְאֵין לִדְחוֹת וְלוֹמַר לְעוֹלָם אֵין לוֹ אֶלָּא ד' אַמּוֹת בְּעִירוֹ וְהָא דְּלָא מְשַׁנֵּי הָכִי מִשּׁוּם דְּהָא נָמֵי מִמַּתְנִי' שָׁמְעִינַן לָהּ דְּכֵיוָן דְּדָיְיקִינַן דְּהֶחֱזִירוּהוּ נָכְרִים הוּא דִּכְאִילּוּ לֹא יָצָא הָא יָצָא לְדַעַת וְחָזַר לְדַעַת לֹא וְכֵיוָן דְּהִפְסִיד תְּחֻומּוֹ חָשְׁבִינַן לֵיהּ כְּאִילּוּ לֹא שָׁבַת בְּכָאן א"כ גַּם הָעִיר לֹא תְּהֵא לוֹ כְּד' אַמּוֹת. זֶה אֵינִי שֶׁהֲרֵי בִּסְפִינָה מוֹדֶה שְׁמוּאֵל שֶׁהֲלָכָה כר"ג דִּמְהַלֵּךְ אֶת כֻּולָּהּ הוֹאִיל וְשָׁבַת בִּמְחִיצוֹתֶיהָ ואעפ"כ אֵין לוֹ חוּצָה לָהּ אַלְפַּיִם אַמָּה לְכָל רוּחַ וא"כ הָכָא נָמֵי אִי לָא דְּאַשְׁמוֹעִינַן שְׁמוּאֵל הֵ"א הָכִי בְּיָצָא לְדַעַת וְחָזַר לְדַעַת. וּנְהִי דְּיֵשׁ לְחַלֵּק בֵּין סְפִינָה וּבֵין יָצָא לְדַעַת וְחָזַר לְדַעַת מ"מ לָא ה"ל לְאַקְשׁוֹיֵי מַאי קמ"ל דְּהָא מִדִּיּוּקָא דְּמַתְנִי' לָא שָׁמְעִינַן לָהּ: בָּעֵי מִינֵּיהּ מֵרַבָּה הֻוצְרַךְ לִנְקָבָיו מַהוּ. א"ל גָּדוֹל כְּבוֹד הַבְּרִיּוֹת שֶׁדּוֹחֶה אֶת לֹא תַעֲשֶׂה שֶׁבַּתּוֹרָה. כָּתַב ה"ר יְהוּדָה בַּרְצְלוֹנִי זַ"ל בְּשֵׁם רַבֵּינוּ חֲנַנְאֵל זַ"ל דְּהָא דְּהֻוצְרַךְ לִנְקָבָיו כְּגוֹן הַשְׁתָּנַת מַיִם וְהוֹצָאַת רֵיעִי. וְכָתַב ה"ר יְהוּדָה בַּרְצְלוֹנִי זַ"ל וְאָנוּ לַעֲנִיּוּת דַּעְתֵּנוּ לָא מִיתְחֲזֵי לָן דְּהָוֵי בִּכְלַל הֻוצְרַךְ לִנְקָבָיו הַשְׁתָּנַת מַיִם אֶלָּא הוֹצָאַת רֵיעִי בִּלְחוּד. דְּהָא אָמַר בִּבְכוֹרוֹת בפ"ז דַּף מד: מַשְׁתִּינִין מַיִם בִּפְנֵי רַבִּים. הִלְכָּךְ לֵיכָּא לְמֵימַר הָכָא גָּדוֹל כְּבוֹד הַבְּרִיּוֹת. וא"ת דְּאִיכָּא כְּבוֹד הַבְּרִיּוֹת מִפְּנֵי כְּבוֹד עַצְמוֹ דִּבְתוֹךְ אַרְבַּע אַמּוֹת דִּיהַבוּ לֵיהּ רַבָּנַן אֵינוֹ יָכוֹל לְטָנְפָן בְּהוֹצָאַת מַיִם. הָכָא נָמֵי לֵיכָּא כְּבוֹד הַבְּרִיּוֹת דְּאֵין כָּל כָּךְ טִינּוּף בִּקְטַנִּים מִפְּנֵי שֶׁנִּבְלָעִין בִּמְקוֹמָן. אֲבָל בִּגְדוֹלִים דְּאֵין נִבְלָעִין וְיֵשׁ בָּהֶן רֵיחַ וַדַּאי אִיכָּא כְּבוֹד הַבְּרִיּוֹת שֶׁאִי אֶפְשָׁר לוֹ לְטַנֵּף אוֹתָן אַרְבַּע אַמּוֹת בִּגְדוֹלִים. הִלְכָּךְ לָא בְּרִיר לָן הַאי מִילְּתָא אִי הָוֵי הַשְׁתָּנַת מַיִם בִּכְלַל הַאי הֻוצְרַךְ לִנְקָבָיו. ואת"ל דְּהָוֵי בִּכְלָל אֶפְשָׁר דְּהָוֵי טַעְמָא מִשּׁוּם דִבְרֵי תוֹרָה דְּכֵיוָן דְּאִישָּׁתִין לֵיהּ בְּתוֹךְ ד' אַמּוֹת אָסוּר לֵיהּ לַעֲסֹוק בְּדִבְרֵי תּוֹרָה בְּהַהוּא דֻּוכְתָּא כָּל זְמַן שֶׁרִישּׁוּמוֹ נִיכָּר. וְחָזֵי לָן תְּשׁוּבָה לְרַב הַאי גָּאוֹן זַ"ל בְּהַאי עִנְיָינָא וּמִתְחֲזֵי לָן מִינָּהּ דְּהַאי כְּבוֹד הַבְּרִיּוֹת מִפְּנֵי בְּנֵי אָדָם שֶׁרוֹאִין אוֹתוֹ הוּא וְלֹא מִשּׁוּם כָּבוֹד עַצְמוֹ הוּא. כִּי כָּתוּב בִּתְשׁוּבָתוֹ מִיהוּ אִם הֻוצְרַךְ לִנְקָבָיו וְיֵשׁ שָׁם בְּנֵי אָדָם שֶׁהוּא מִתְבַּייֵּשׁ לִפְנֵיהֶם יֵשׁ לוֹ לָצֵאת מֵאוֹתָן ד' אַמּוֹת עַד מָקוֹם שֶׁהוּא יוֹשֵׁב בַּסֵּתֶר אוֹ יְחִידִי וְעוֹשֶׂה צְרָכָיו כִּי כְּבוֹד הַבְּרִיּוֹת דּוֹחֶה אֶת הַדָּבָר הַזֶּה. ע"כ דִּבְרֵי הָרַב בַּרְצְלוֹנִי זַ"ל. וְכֵן נִרְאֶה לִי דְּהֻוצְרַךְ לִנְקָבָיו הָוֵי דַּוְקָא לִגְדוֹלִים דְּהָכִי מוּכָח בְּכוּלֵּי גְּמָרָא. אָמְרִי נְהַרְדָּעֵי אִם פִּיקֵּחַ הוּא עָיֵיל לִתְחוּמֵיהּ וְכֵיוָן דְּעָל עָל. פֵּירוּשׁ אִם פִּיקֵּחַ הוּא כְּשֶׁהוּא יוֹצֵא חוּץ לד' אַמּוֹתָיו לְבַקֵּשׁ לוֹ מָקוֹם צָנוּעַ לַעֲשׂוֹת צְרָכָיו יֵלֵךְ לוֹ לְצַד תְּחֻומּוֹ וְלֹא לִשְׁאָר רוּחוֹת. וְאִם לֹא מָצָא מָקוֹם צָנוּעַ עַד שֶׁנִּכְנַס לַתְּחוּם חוֹזֵר לְדִין תְּחֻומּוֹ הָרִאשׁוֹן דְּכֵיוָן דְּבִרְשׁוּת נִכְנַס אֲבָל מָצָא מָקוֹם צָנוּעַ קֹודֶם שֶׁנִּכְנַס לִתְחֻומּוֹ אֵין לוֹ רְשׁוּת לֵילֵךְ יוֹתֵר. אֶלָּא יַעֲשֶׂה שָׁם צְרָכָיו וְאַחַר שֶׁיַּעֲשֶׂה צְרָכָיו יֵשׁ לוֹ רְשׁוּת לְהִתְרַחֵק מִשָּׁם עַד שֶׁיִּכְלֶה הָרֵיחַ. כִּי אֵין זֶה כְּבוֹד הַבְּרִיּוֹת שֶׁיֵּשֵׁב כָּל הַיּוֹם בְּמָקוֹם מְטֻונָּף. וּבְאוֹתוֹ מָקוֹם שֶׁכָּלָה הָרֵיחַ קָנָה אַרְבַּע אַמּוֹת חֲדָשׁוֹת. וּכְשֶׁהוּא הוֹלֵךְ לְהִתְרַחֵק מִן הָרֵיחַ אִם בְּאוֹתוֹ הַהִילּוּךְ נִכְנַס לִתְחֻומּוֹ לְפִי שֶׁבִּרְשׁוּת הוּא הוֹלֵךְ חָזַר לְדִין תְּחֻומּוֹ:
Celui que des non-Juifs ou un roua'h ra'a ont fait sortir n'a que quatre amot. S'ils l'ont ramené, c'est comme s'il n'était pas sorti. S'ils l'ont conduit dans une autre ville, ou placé dans un dir ou un sahar, Rabban Gamliel et Rabbi Elazar ben Azarya disent : il parcourt le tout. Rabbi Yehochoua et Rabbi Akiva disent : il n'a que quatre amot. Un fait : ils vinrent de Pelandarsin et leur bateau prit le large. Rabban Gamliel et Rabbi Elazar parcoururent le tout. Rabbi Yehochoua et Rabbi Akiva ne bougèrent pas de quatre amot, car ils voulurent être stricts pour eux-mêmes. Rav Nahman a dit au nom de Chemouel : s'il est sorti de son gré, même si des non-Juifs l'ont ramené, il n'a que quatre amot. À plus forte raison, s'il est sorti de son gré et revenu de son gré, il n'a que quatre amot. Rabbeinou Meir zal a écrit que toute la ville est pour lui comme quatre amot et qu'il la parcourt tout entière, puisqu'il y a fait résidence au bein ha-chemachot. Il le déduit de ce que [la Guemara] dit : nous l'avons enseigné, c'est lorsqu'on l'a fait sortir et que des non-Juifs l'ont ramené qu'il est comme s'il n'était pas sorti, mais s'il est sorti de son gré et que des non-Juifs l'ont ramené, non ; que dirais-tu, elle enseigne par cas distincts, etc. Et si tu dis que toute la ville ne lui vaut pas quatre amot, [la Guemara] aurait dû répondre que Chemouel avait besoin de nous apprendre ceci : s'il est sorti de son gré et que des non-Juifs l'ont ramené dans sa ville, il n'a que quatre amot dans la ville. Car, de la michna, j'aurais dit : c'est lorsqu'on l'a fait sortir et qu'on l'a ramené qu'il est comme s'il n'était pas sorti, et il a toute la ville et deux mille amot de chaque côté ; mais s'il est sorti de son gré et revenu de son gré, il n'a pas deux mille amot de chaque côté, et toutefois toute la ville est à lui, car elle vaut tout entière quatre amot. C'est pour cela que Chemouel aurait eu besoin d'apprendre qu'il n'a que quatre amot dans sa ville. Et puisqu'elle ne répond pas ainsi, apprends-en que, dans tout cas de ce genre, il a toute la ville. C'est pourquoi elle objecte à juste titre : s'il en est ainsi, que nous apprend Chemouel ? Si c'est ceci qu'il nous apprend, qu'il perd deux mille amot de chaque côté, on l'entend déjà du diyuk de la michna. Et l'on n'écarte pas [l'argument] en disant : en vérité il n'a que quatre amot dans sa ville, et si elle ne répond pas ainsi, c'est qu'on entend aussi cela de la michna. Car, puisque nous précisons que c'est lorsqu'ils l'ont ramené qu'il est comme s'il n'était pas sorti, alors s'il est sorti de son gré et revenu de son gré, non ; et puisqu'il a perdu son tehoum, nous le comptons comme s'il n'avait pas fait résidence ici ; dès lors la ville non plus ne lui vaudrait pas quatre amot. Je ne retiens pas cela. Car, pour le bateau, Chemouel convient que la halakha est comme Rabban Gamliel : il parcourt le tout, puisqu'il a fait résidence dans ses cloisons, et il n'a pourtant pas, au-dehors, deux mille amot de chaque côté. S'il en est ainsi, ici aussi, si Chemouel ne nous l'avait pas appris, j'aurais dit la même chose de celui qui est sorti de son gré et revenu de son gré. Et l'on accorde qu'on peut distinguer le bateau et celui qui est sorti de son gré puis revenu de son gré ; il n'avait tout de même pas à objecter qu'est-ce que cela nous apprend, car du diyuk de la michna on ne l'entend pas. On a demandé à Rabba : s'il a eu besoin de se soulager, qu'en est-il ? Il lui a dit : grande est la dignité des créatures, qui repousse un interdit de la Torah. Rabbi Yehouda de Barcelone zal a écrit au nom de Rabbeinou Hananel zal que il a eu besoin de se soulager vise par exemple uriner et évacuer. Et Rabbi Yehouda de Barcelone zal a écrit : et nous, dans la pauvreté de notre entendement, il ne nous apparaît pas qu'uriner entre dans il a eu besoin de se soulager, mais seulement évacuer. Car il est dit dans Bekhorot, chapitre 7, page 44b : on urine en présence du public. On ne peut donc pas dire ici : grande est la dignité des créatures. Et si tu dis qu'il y a dignité des créatures du fait de sa propre dignité, car dans les quatre amot que les Sages lui ont données il ne peut les souiller en urinant : là aussi, cette dignité des créatures manque, car l'urine souille peu, étant absorbée sur place. Mais pour les matières, qui ne sont pas absorbées et qui ont une odeur, il y a certes dignité des créatures : il lui est impossible de souiller ces quatre amot avec elles. Dès lors, la chose ne nous est pas claire : uriner entre-t-il dans ce il a eu besoin de se soulager ? Et si tu dis que cela y entre, il est possible que la raison tienne aux paroles de Torah : dès qu'il a urine dans les quatre amot, il lui est interdit de s'occuper de paroles de Torah en cet endroit tant que la trace en est visible. Une réponse de Rav Haï Gaon zal sur ce sujet nous est parvenue, et il nous en apparaît que cette dignité des créatures tient aux gens qui le voient. Elle ne tient pas à sa dignité propre. Car il est écrit dans sa réponse : toutefois, s'il a eu besoin de se soulager et qu'il y a là des gens devant qui il a honte, il peut sortir de ces quatre amot jusqu'à un endroit où il s'assied à l'écart, ou seul, et il fait ses besoins, car la dignité des créatures repousse cette chose. Fin des paroles du Rav de Barcelone zal. Et il me paraît de même que il a eu besoin de se soulager ne vise que les matières, car ainsi cela est prouvé dans toute la Guemara. Les gens de Nehardea ont dit : s'il est avisé, il entre dans son tehoum, et une fois entré, il est entré. Explication : s'il est avisé, quand il sort au-delà de ses quatre amot pour chercher un endroit discret où faire ses besoins, qu'il aille du côté de son tehoum, et non vers les autres directions. Et s'il n'a pas trouvé d'endroit discret avant d'entrer dans le tehoum, il revient au statut de son premier tehoum, puisqu'il est entré avec permission. Mais s'il a trouvé un endroit discret avant d'entrer dans son tehoum, il n'a pas permission d'aller plus loin. Il fait la ses besoins. Après les avoir faits, il a permission de s'éloigner de là jusqu'à ce que l'odeur cesse. Rester assis tout le jour dans un endroit souillé ne relève pas de la dignité des créatures. À l'endroit où l'odeur cesse, il acquiert quatre amot nouvelles. Et quand il va s'éloigner de l'odeur, si dans cette marche il entre dans son tehoum, puisqu'il marche avec permission, il revient au statut de son tehoum.
💡 Explication

Troisième cas : on le dépose dans un espace clos, ville murée, dir (parc à bétail) ou sahar (enclos). Rabban Gamliel et Rabbi Elazar ben Azarya : les cloisons font de tout l'espace l'équivalent de quatre amot, il circule partout. Rabbi Yehochoua et Rabbi Akiva : quatre amot à partir du point où on l'a posé.

Le Roch reprend la michna, le psak de Chemouel, puis la question des besoins naturels : uriner ou seulement évacuer, d'après Rabbi Yehouda de Barcelone, Rav Haï Gaon, et la marche du pikeah vers son tehoum.

🖼️ Schéma
Où marche-t-il, hors de son tehoum ? Michna Mi che-hotziouhou. Tehoum : limite de deux mille amot. Sorti par des non-Juifs ou par un roua'h ra'a (esprit mauvais). Il n'a que quatre amot à partir de là où il est. Ils le ramènent dans le tehoum. Comme s'il n'était pas sorti. Toute la ville : quatre amot. Au-dehors : deux mille amot de chaque côté. Rachi. Ville close, dir, sahar, ou bateau (mêmes cloisons). Rabban Gamliel et Rabbi Elazar ben Azarya : il parcourt tout. L'enceinte vaut quatre amot. Rabbi Yehochoua et Rabbi Akiva : quatre amot seulement. Dans le bateau de Pelandarsin, ils ont tenu cette mesure pour eux. Port après la nuit : Rabban Gamliel avait vu qu'ils étaient dans le tehoum avant la nuit. On descend.
Sortie forcée, retour, et mahloket sur l'enceinte close.
9
מַעֲשֶׂה שֶׁבָּאוּ מִפְּלַנְדַּרְסִין, וְהִפְלִיגָה סְפִינָתָם בַּיָּם. רַבָּן גַּמְלִיאֵל וְרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה הָלְכוּ אֶת כֻּולָּהּ, רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ וְרַבִּי עֲקִיבָא לֹא זָזוּ מֵאַרְבַּע אַמּוֹת, שֶׁרָצוּ לְהַחֲמִיר עַל עַצְמָן.

Un fait : ils vinrent de Pelandarsin, et leur bateau prit le large. Rabban Gamliel et Rabbi Elazar ben Azarya parcoururent le tout.

Rabbi Yehochoua et Rabbi Akiva ne bougèrent pas de quatre amot, car ils voulurent être stricts pour eux-mêmes.

📜 Rachi (4)
מִפְּלַנְדַּרְסִין שֵׁם מָקוֹם:
Pelandarsin : nom d'un lieu.
וְהִפְלִיגָה כְּשֶׁהִיא מִתְרַחֵק' מִשְּׂפַת הַיָּם וְנִכְנֶסֶת לָאֶמְצָעִי קָרֵי לֵיהּ הַפְלָגָה וּלְשׁוֹן לַעַ"ז הוּא שֶׁקּוֹרִין לִשְׁלוּלִית הַיָּם פיל"ג:
Et il prit le large : quand il s'éloigne du bord de la mer et gagne le milieu, on appelle cela haflaga. C'est une langue étrangère : on appelle le chenal de la mer pilag.
הָלְכוּ אֶת כֻּולָּהּ הָיוּ מְהַלְּכִין בְּכָל הַסְּפִינָה דאע"פ שֶׁהַסְּפִינָה הוֹלֶכֶת בְּשַׁבָּת וְיָצְאוּ חוּץ לַתְּחוּם הָווּ כְּמִי שֶׁיָּצָא חוּץ לַתְּחוּם וְנִיתַּן בַּדִּיר אוֹ בְּסַהַר שֶׁהַסְּפִינָה מְחִיצוֹת לָהּ:
Ils parcoururent le tout : ils marchaient dans tout le bateau. Bien que le bateau avance le Chabbat et qu'ils soient sortis hors du tehoum, ils sont comme quelqu'un sorti hors du tehoum et placé dans un dir ou un sahar, car le bateau a des cloisons.
שֶׁרָצוּ לְהַחְמִיר בַּגְּמָרָא מְפָרֵשׁ:
Car ils voulurent être stricts : la Guemara l'explique.
💡 Explication

Le bateau a des cloisons, comme le dir et le sahar. Rabban Gamliel et Rabbi Elazar ben Azarya appliquent leur avis et parcourent le navire. Rabbi Yehochoua et Rabbi Akiva restent dans quatre amot. La michna dit qu'ils ont voulu être stricts pour eux-mêmes : la Guemara reviendra sur cette formule.

10
פַּעַם אַחַת לֹא נִכְנְסוּ לַנָּמָל עַד שֶׁחָשֵׁיכָה, אָמְרוּ לוֹ לְרַבָּן גַּמְלִיאֵל: מֶה אָנוּ לֵירֵד?

Une fois, ils n'entrèrent au port qu'une fois la nuit venue. Ils dirent à Rabban Gamliel : qu'en est-il pour nous, de descendre ?

📜 Rachi (2)
לַנָּמֵל פורט"ו בְּלַעַ"ז שֶׁשָּׁם הַסְּפִינוֹת יוֹצְאוֹת מִן הַיָּם לִשְׂפָתוֹ:
Au port : porto dans la langue étrangère, là où les bateaux quittent la mer pour son rivage.
מֶה אָנוּ לֵירֵד מִן הַסְּפִינָה לְתוֹךְ הָעִיר כְּלוֹמַר בָּאנוּ מִחוּץ לַתְּחוּם מִשֶּׁחָשֵׁיכָה:
Qu'en est-il pour nous, de descendre : du bateau dans la ville. C'est-à-dire : nous sommes arrivés de hors du tehoum après la nuit.
💡 Explication

Autre épisode, le même voyage. Le bateau n'atteint le namel (port) qu'après la tombée de la nuit. Descendre en ville pose la question du tehoum : ont-ils acquis leur résidence dans la ville au bein ha-chemachot ?

11
אָמַר לָהֶם: מֻותָּרִים אַתֶּם, שֶׁכְּבָר הָיִיתִי מִסְתַּכֵּל וְהָיִינוּ בְּתוֹךְ הַתְּחוּם עַד שֶׁלֹּא חָשֵׁיכָה.

Il leur dit : vous êtes permis, car je regardais déjà, et nous étions dans le tehoum avant que la nuit tombe.

💡 Explication

Rabban Gamliel avait surveillé la côte. Au bein ha-chemachot, le bateau était déjà dans le tehoum de la ville. La chévitah est acquise là. Descendre ensuite est permis.

12
גְּמ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: שְׁלֹשָׁה דְּבָרִים מַעֲבִירִין אֶת הָאָדָם עַל דַּעְתּוֹ וְעַל דַּעַת קוֹנוֹ, אֵלּוּ הֵן: נָכְרִים, וְרוּחַ רָעָה, וְדִקְדּוּקֵי עֲנִיּוּת.

Guemara. Les Sages ont enseigné : trois choses font passer l'homme outre sa volonté et outre la volonté de son Créateur.

Les voici : des non-Juifs, un roua'h ra'a, et les rigueurs de la pauvreté.

🪔 Ben Yehoyada (1)
שְׁלֹשָׁה דְּבָרִים מַעֲבִירִין אֶת הָאָדָם עַל דַּעְתּוֹ וְעַל דַּעַת קוֹנוֹ, וְאֵלּוּ הֵן: עוֹבְדֵי כּוֹכָבִים, וְרוּחַ רָעָה, וְדִקְדּוּקֵי עֲנִיּוּת. לְמַאי נָפְקָא מִינֵּיהּ? לְמִיבְעֵי עֲלַיְהוּ רַחֲמֵי. קָשֶׁה וְכִי שְׁאָר מִינֵי יִסּוּרִין אַף עַל פִּי שֶׁהֵם קַלִּים וּפְחוּתִים מֵאֵלּוּ אֵינָם כְּדַאי לְמִיבְעֵי רַחֲמֵי עֲלַיְהוּ? וְנִרְאֶה לִי בס"ד הַכַּוָּנָה דְּאֵלּוּ צָרִיךְ לְבַקֵּשׁ עֲלֵיהֶם רַחֲמִים קֹודֶם בּוֹאָם, שֶׁיִּתְפַּלֵּל הָאָדָם תָּמִיד שֶׁלֹּא יָבֹא לִידֵי יִסּוּרִין כָּאֵלֶּה, יַעַן דְּאַחַר בִּיאָתָם וּשְׁלִיטָתָם בּוֹ קָשֶׁה לְהִתְפַּלֵּל, כֵּיוָן דְּמַעֲבִירִין אֶת הָאָדָם עַל דַּעְתּוֹ וְעַל דַּעַת קוֹנוֹ. אִי נָמֵי הַכַּוָּנָה לְמִיבְעֵי רַחֲמֵי בְּכָל זְמַן וְעִידַּן וַאֲפִילּוּ בְּשַׁבָּת וְיוֹם טוֹב, דְּעַל אֵלּוּ אֵין אוֹמְרִים 'שַׁבָּת הִיא מִלִּזְעֹק' כְּמוֹ שֶׁאוֹמְרִים בִּשְׁאָר יִסּוּרִין וְחוֹלְאִים.
Trois choses font passer l'homme outre sa volonté et outre la volonté de son Créateur, et les voici : des adorateurs des astres, un roua'h ra'a, et les rigueurs de la pauvreté. Quelle est la conséquence pratique ? Demander rahamim pour eux. Difficulté : les autres sortes de souffrances, bien qu'elles soient légères et moindres que celles-ci, mériteraient-elles moins qu'on demande rahamim pour elles ? Et il me paraît, avec l'aide du Ciel, que l'intention est celle-ci : pour celles-là, il faut demander rahamim avant qu'elles arrivent, que l'homme prie toujours de ne pas en venir à de telles souffrances, parce qu'après leur arrivée et leur prise sur lui, il est difficile de prier, puisqu'elles font passer l'homme outre sa volonté et outre la volonté de son Créateur. Ou bien l'intention est de demander rahamim en tout temps et en toute heure, même Chabbat et Yom Tov : pour celles-là, on ne dit pas c'est Chabbat, on s'abstient de crier, comme on le dit pour les autres souffrances et maladies.
💡 Explication

La baraïta explique les deux premiers cas de la michna, et en ajoute un troisième : dikdoukei aniyout, les rigueurs de la pauvreté. Ces trois choses font agir l'homme outre sa da'at et outre la da'at de son Créateur.

Le Ben Yéhoiada répond à la question qui suit, la portée pratique. Deux lectures : prier avant que ces maux arrivent, parce qu'une fois là ils empêchent la prière ; ou prier même Chabbat et Yom Tov, là où, pour d'autres souffrances, on s'abstient de crier.

🖼️ Schéma
Trois listes, trois portées Font passer outre sa volonté et celle de son Créateur Non-Juifs Roua'h ra'a Rigueurs de pauvreté Portée : demander rahamim pour eux. Ne voient pas la face du Guehinom Rigueurs de pauvreté Maladie des intestins La réchoout Certains : femme mauvaise Portée : recevoir cela avec amour. Meurent en parlant Maladie des intestins Femme en couches Hidrokan Portée : préparer les linceuls (zévada, tachrikhin). Femme mauvaise : une opinion dit qu'il est mitsva de la renvoyer. L'autre : ketouba lourde, ou des enfants, et il ne peut pas.
Trois listes de la Guemara, et ce que chacune change dans la pratique.
13
לְמַאי נָפְקָא מִינַּהּ? לְמִיבְעֵי רַחֲמֵי עֲלַיְיהוּ.

Quelle est la conséquence pratique ? Demander rahamim pour eux.

💡 Explication

Nafka mina : ces trois cas appellent une demande de rahamim. Le Ben Yéhoiada, au segment précédent, précise le moment et le jour de cette demande.

14
שְׁלֹשָׁה אֵין רוֹאִין פְּנֵי גֵיהִנָּם, אֵלּוּ הֵן: דִּקְדּוּקֵי עֲנִיּוּת, וְחֹולִי מַעְייָן, וְהָרְשׁוּת. וְיֵשׁ אוֹמְרִים: אַף מִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ אִשָּׁה רָעָה.

Trois ne voient pas la face du Guehinom. Les voici : les rigueurs de la pauvreté, la maladie des intestins, et la réchoout.

Et certains disent : aussi celui qui a une femme mauvaise.

📜 Rachi (1)
גְּמ' וְהָרְשׁוּת מִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ נוֹשִׁין:
Guemara. Et la réchoout : celui qui a des créanciers.
🗂️ Tossefot (1)
הָרְשׁוּת פִּי' רַבֵּינוּ חֲנַנְאֵל עֹול מַלְכוּת עוֹבְדֵי כּוֹכָבִים כִּדְאָמַר בְּמַסֶּכֶת אָבוֹת (פ"ב מ"ג) הֱווּ זְהִירִין בִּרְשׁוּת וְרַשִׁ"י פֵּירֵשׁ נוֹשֶׁה:
La réchoout. Explication de Rabbeinou Hananel : le joug de la royauté des adorateurs des astres, comme il est dit dans le traité Avot (chapitre 2, michna 3) : soyez circonspects envers la réchoout. Et Rachi explique : un créancier.
💡 Explication

Deuxième liste. Ces souffrances tiennent lieu de Guehinom. Réchoout : Rachi, des créanciers ; Rabbeinou Hananel, le pouvoir, d'après Avot : soyez circonspects envers la réchoout. Une opinion ajoute la femme mauvaise.

15
וְאִידָךְ? אִשָּׁה רָעָה מִצְוָה לְגָרְשָׁהּ.

Et l'autre [avis] ? Une femme mauvaise, c'est une mitsva de la renvoyer.

💡 Explication

L'avis qui n'ajoute pas la femme mauvaise : on peut mettre fin à cette souffrance. La mitsva est de la renvoyer. Une peine dont on peut sortir ne compte pas dans la liste.

16
וְאִידָךְ? זִימְנִין דִּכְתֻובָּתָהּ מְרֻובָּה. אִי נָמֵי, אִית לֵיהּ בָּנִים מִינַּהּ, וְלָא מָצֵי מְגָרֵשׁ לַהּ.

Et l'autre [avis] ? Parfois sa ketouba est élevée.

Ou bien il a d'elle des enfants, et il ne peut pas la renvoyer.

💡 Explication

L'avis qui l'ajoute : le renvoi est parfois bloqué. Ketouba trop lourde à payer, ou des enfants qu'il ne peut élever seul. La souffrance reste, et elle compte.

17
לְמַאי נָפְקָא מִינַּהּ? לְקַבּוֹלֵי מֵאַהֲבָה.

Quelle est la conséquence pratique ? Les recevoir avec amour.

📜 Rachi (1)
לְקַבְּלִינְהוּ מֵאַהֲבָה דִּמְכַפְּרִי עָלֶיהָ:
Les recevoir avec amour : car ils expient pour lui.
💡 Explication

Nafka mina de la liste du Guehinom : kabbalah be-ahavah, recevoir ces peines avec amour. Rachi : elles expient.

18
שְׁלֹשָׁה מֵתִין כְּשֶׁהֵן מְסַפְּרִין, וְאֵלּוּ הֵן: חֹולִי מַעְייָן, וְחַיָּה, וְהַדְרוֹקָן.

Trois meurent alors qu'ils parlent. Les voici : la maladie des intestins, la femme en couches, et le hidrokan.

📜 Rachi (2)
כְּשֶׁהֵן מְסַפְּרִים אַפֵּי' יֵשׁ בָּהֶן חַיּוֹת הַרְבֵּה שֶׁמְּדַבְּרִים אעפ"כ מֵתִין פִּתְאוֹם:
Alors qu'ils parlent : même s'il y a en eux beaucoup de vitalité, au point qu'ils parlent, ils meurent pourtant soudain.
הִדְרוֹקָן חֹולִי הַפֶּה מושג"א:
Le hidrokan : maladie de la bouche, en langue étrangère mouchga.
💡 Explication

Troisième liste. La mort peut survenir en pleine parole, sans que la vitalité visible ait cessé. Haya : la femme en couches. Hidrokan : Rachi, une maladie de la bouche, le la'az mouchga.

19
לְמַאי נָפְקָא מִינַּהּ: לְמִשְׁמוּשֵׁי בְּהוּ זְוָודְתָא.

Quelle est la conséquence pratique : leur préparer une zévada.

📜 Rachi (1)
זְווָדְתָא לִזְמַן תַּכְרִיכִין:
Zévada : préparer des linceuls.
💡 Explication

Nafka mina : la zévada, le viatique du mort. Rachi : préparer les tachrikhin, les linceuls, parce que la mort peut être immédiate.

20
אָמַר רַב נַחְמָן אָמַר שְׁמוּאֵל: יָצָא לְדַעַת — אֵין לוֹ אֶלָּא אַרְבַּע אַמּוֹת. פְּשִׁיטָא, הַשְׁתָּא מִי שֶׁהוֹצִיאוּהוּ נָכְרִים אֵין לוֹ אֶלָּא אַרְבַּע אַמּוֹת, יָצָא לְדַעַת מִיבַּעְיָא?!

Rav Nahman a dit au nom de Chemouel : s'il est sorti de son gré, il n'a que quatre amot. C'est évident !

Maintenant que celui que des non-Juifs ont fait sortir n'a que quatre amot, celui qui est sorti de son gré, faut-il [le dire] ?!

💡 Explication

Retour à la michna. Première formulation de Chemouel : sortie le-da'at, de son gré, quatre amot. La Guemara la trouve trop évidente : la sortie forcée elle-même ne laisse que quatre amot.

21
אֶלָּא אֵימָא: חָזַר לְדַעַת — אֵין לוֹ אֶלָּא אַרְבַּע אַמּוֹת.

Dis plutôt : s'il est revenu de son gré, il n'a que quatre amot.

📜 Rachi (1)
חָזַר לְדַעַת מִי שֶׁהוֹצִיאוּהוּ נָכְרִים וְחָזַר לְדַעַת לְתוֹךְ הַתְּחוּם לָא הָוֵי כְּהֶחֱזִירוּהוּ דִּתְנַן בְּמָתְנֵי' כְּאִילּוּ לֹא יָצָא:
Revenu de son gré : celui que des non-Juifs ont fait sortir, et qui est revenu de son gré à l'intérieur du tehoum, n'est pas dans le cas ils l'ont ramené, que la michna enseigne : comme s'il n'était pas sorti.
💡 Explication

Deuxième lecture : on corrige sorti en revenu. Sortie forcée, puis retour voulu : le tehoum d'origine ne revient pas. Seul le retour par ceux qui l'avaient sorti, dans la michna, le rétablit.

22
הָא נָמֵי תְּנֵינָא: הֶחְזִירוּהוּ נָכְרִים כְּאִילּוּ לֹא יָצָא. הֶחְזִירוּהוּ הוּא דִּכְאִילּוּ לֹא יָצָא, אֲבָל הוֹצִיאוּהוּ נָכְרִים וְחָזַר לְדַעַת — אֵין לוֹ אֶלָּא אַרְבַּע אַמּוֹת!

Ceci aussi, nous l'avons enseigné : s'ils l'ont ramené, c'est comme s'il n'était pas sorti. C'est lorsqu'ils l'ont ramené qu'il est comme s'il n'était pas sorti ; mais s'ils l'ont fait sortir et qu'il est revenu de son gré, il n'a que quatre amot !

💡 Explication

Le diyuk de la michna donne déjà ce cas. Ils l'ont ramené est la condition du rétablissement. Un retour de son gré, après une sortie forcée, laisse les quatre amot.

23
אֶלָּא אֵימָא, יָצָא לְדַעַת וְהֶחְזִירוּהוּ נָכְרִים — אֵין לוֹ אֶלָּא אַרְבַּע אַמּוֹת.

Dis plutôt : s'il est sorti de son gré et que des non-Juifs l'ont ramené, il n'a que quatre amot.

💡 Explication

Troisième lecture, celle qui reste. On garde sorti de son gré, et on ajoute le retour par des non-Juifs. Même ramené de force, il n'a que quatre amot : la sortie voulue a fait perdre le tehoum.

24
הָא נָמֵי תְּנֵינָא: הוֹצִיאוּהוּ וְהֶחְזִירוּהוּ כְּאִילּוּ לֹא יָצָא. הוֹצִיאוּהוּ וְהֶחֱזִירוּהוּ — הוּא דִּכְאִילּוּ לֹא יָצָא, אֲבָל יָצָא לְדַעַת — לֹא!

Ceci aussi, nous l'avons enseigné : s'ils l'ont fait sortir et qu'ils l'ont ramené, c'est comme s'il n'était pas sorti. C'est lorsqu'ils l'ont fait sortir et qu'ils l'ont ramené qu'il est comme s'il n'était pas sorti ; mais s'il est sorti de son gré, non !

💡 Explication

Nouveau diyuk. La michna rétablit le tehoum quand les mêmes ont fait sortir et ont ramené. Une sortie de son gré, suivie d'un retour forcé, reste dehors de ce cas.

25
מַהוּ דְתֵימָא, לִצְדָדִין קָתָנֵי: מִי שֶׁהוֹצִיאוּהוּ נָכְרִים וְחָזַר לְדַעַת — אֵין לוֹ אֶלָּא אַרְבַּע אַמּוֹת, אֲבָל יָצָא לְדַעַת וְהֶחְזִירוּהוּ נָכְרִים — כְּאִילּוּ לֹא יָצָא, קָא מַשְׁמָע לַן.

C'est que tu aurais pu dire : elle enseigne par cas distincts. Celui que des non-Juifs ont fait sortir et qui est revenu de son gré n'a que quatre amot ; mais celui qui est sorti de son gré et que des non-Juifs ont ramené est comme s'il n'était pas sorti.

Il vient nous l'apprendre.

📜 Rachi (1)
מַהוּ דְתֵימָא מַתְנֵי' לִצְדָדִין קָתָנֵי וְהֶחֱזִירוּהוּ דְּסֵיפָא מִילְּתָא בְּאַפֵּי נַפְשָׁהּ הִיא וְלָאו אַהוֹצִיאֻוהוּ נָכְרִים קָאֵי וְהָכִי קָאָמַר מִי שֶׁהוֹצִיאוּהוּ נָכְרִים בֵּין כְּשֶׁהוּא עוֹמֵד בַּחוּץ בֵּין שֶׁחָזַר לְדַעַת אֵין לוֹ אֶלָּא ד' אַמּוֹת וּמִי שֶׁהָיָה חוּץ לַתְּחוּם וְהֶחֱזִירוּהוּ נָכְרִים בֵּין שֶׁהָיְתָה יְצִיאָתוֹ רִאשׁוֹנָה לְדַעַת בֵּין שֶׁלֹּא לְדַעַת אֶלָּא בְּאֹונֶס הָוֵי כְּאִילּוּ לֹא יָצָא:
Que dirais-tu. La michna enseigne par cas distincts, et ils l'ont ramené, à la fin, est une parole à part : cela ne se rapporte pas à celui que des non-Juifs ont fait sortir. Et voici ce qu'elle dit : celui que des non-Juifs ont fait sortir, qu'il se tienne dehors ou qu'il soit revenu de son gré, n'a que quatre amot ; et celui qui était hors du tehoum et que des non-Juifs ont ramené, que sa première sortie ait été de son gré ou sans son gré mais par contrainte, est comme s'il n'était pas sorti.
🗂️ Tossefot (1)
לִצְדָדִין קָתָנֵי אַחָזַר לְדַעַת לֹא רָצָה לְתָרֵץ כָּךְ לִצְדָדִין קָתָנֵי דְּסוֹף סוֹף אַהֶחֱזִירוּהוּ צ"ל לְעוֹלָם לִצְדָדִין קָתָנֵי (וְעוֹד) דְּנִיחָא לֵיהּ לְפָרֵשׁ שֶׁיִּתְקַיְּימוּ דִּבְרֵי רַב נַחְמָן הָרִאשׁוֹנִים:
Elle enseigne par cas distincts. Sur il est revenu de son gré, [la Guemara] n'a pas voulu répondre ainsi : elle enseigne par cas distincts. Car en fin de compte, sur ils l'ont ramené, il faut de toute façon dire qu'elle enseigne toujours par cas distincts. (Et encore) il lui convient d'expliquer de façon que les premières paroles de Rav Nahman se maintiennent.
💡 Explication

Sans Chemouel, on pourrait lire la michna le-tzedadin, en deux cas indépendants. Rachi : ils l'ont fait sortir laisserait toujours quatre amot, dehors ou revenu de son gré ; ils l'ont ramené serait une autre phrase : tout homme hors du tehoum que des non-Juifs ramènent retrouverait son tehoum, même si la sortie avait été voulue.

Ka machma lan : Chemouel enseigne que cette seconde branche ne tient pas. Sorti de son gré, puis ramené par eux : quatre amot. Tossefot : la Guemara réserve le-tzedadin à cette étape, pour garder les premiers mots de Rav Nahman, sorti de son gré.

🖼️ Schéma
Sortie et retour : quatre cas Rav Nahman au nom de Chemouel. Le cas neuf est la ligne du bas, à gauche. Ramené par des non-Juifs Revient de son gré Sorti par des non-Juifs Comme s'il n'était pas sorti. Michna, cas lié : sortie forcée et retour forcé. Quatre amot. Diyuk : seuls ceux qui l'ont ramené lui rendent son tehoum. Sorti de son gré Quatre amot. Chemouel. Le retour forcé ne rend pas le tehoum. Quatre amot. À plus forte raison. Roch, au nom de Chemouel. Lecture écartée, le-tzedadin : un retour par des non-Juifs rendrait le tehoum même après une sortie voulue.
Les quatre combinaisons. Chemouel tranche la case sortie voulue et retour forcé.
26
בָּעוּ מִינֵּיהּ מֵרַבָּה: הֻוצְרַךְ לִנְקָבָיו מַהוּ? אָמַר לָהֶם: גָּדוֹל כְּבוֹד הַבְּרִיּוֹת שֶׁדּוֹחֶה אֶת לֹא תַעֲשֶׂה שֶׁבַּתּוֹרָה.

Ils demandèrent à Rabba : s'il a eu besoin de se soulager, qu'en est-il ? Il leur dit : grande est la dignité des créatures, qui repousse un interdit de la Torah.

📜 Rachi (3)
קמ"ל ר"נ דְּסֵיפָא דְּמַתְנִי' אַרֵישָׁא מַהְדַּר:
Il nous l'apprend : Rav Nahman, la fin de la michna se rapporte à son début.
הֻוצְרַךְ לִנְקָבָיו זֶה שֶׁהוֹצִיאוּהוּ נָכְרִים מַהוּ לָצֵאת מד' אַמּוֹתָיו:
S'il a eu besoin de se soulager : celui que des non-Juifs ont fait sortir, qu'en est-il de sortir de ses quatre amot ?
אֶת לֹא תַעֲשֶׂה שֶׁבַּתּוֹרָה לָאו דְּלָא תָּסוּר (דְּבָרִים יז) וּתְחוּמִין נָמֵי דְּרַבָּנָן:
Un interdit de la Torah : l'interdit de lo tassour (Devarim 17). Et les tehoumim sont eux aussi rabbiniques.
💡 Explication

Première glose de Rachi clôt la discussion précédente : la fin de la michna, ils l'ont ramené, se rattache au début, ils l'ont fait sortir. Un seul cas, pas deux phrases séparées.

Puis la question à Rabba. L'homme bloqué dans ses quatre amot doit se soulager, et aucun endroit discret n'est là. Kevod ha-beriyot repousse un lo ta'asseh. Rachi : il s'agit de lo tassour, et les tehoumim eux-mêmes sont rabbiniques. Il peut donc sortir de ses quatre amot.

27
אָמְרִי נְהַרְדָּעֵי: אִי פִּיקֵּחַ הוּא עָייֵל לִתְחוּמָא, וְכֵיוָן דְּעָל — עַל.

Les gens de Nehardea ont dit : s'il est avisé, il entre dans son tehoum, et une fois entré, il est entré.

📜 Rachi (2)
אִי פִּיקֵּחַ הוּא הַאי דְּנִצְרַךְ לִנְקָבָיו וִיהַבוּ לֵיהּ רַבָּנָן רְשׁוּת לְמִיפַּק חוּץ לְאַרְבַּע אַמּוֹתָיו:
S'il est avisé : celui qui a eu besoin de se soulager, et à qui les Sages ont donné permission de sortir au-delà de ses quatre amot.
עָייֵל לִתְחוּמָא וְכֵיוָן דְּעָל עָל וּמֻותָּר כְּאִילּוּ לֹא יָצָא דְּהָא בִּרְשׁוּת עַל וְלָא גָּרַע מֵהֶחֱזִירוּהוּ:
Il entre dans le tehoum, et une fois entré, il est entré : et c'est permis, comme s'il n'était pas sorti, car il est entré avec permission, et il ne le cède en rien à ils l'ont ramené.
💡 Explication

Le pikeah utilise la permission. Il oriente sa sortie vers son tehoum d'origine. L'entrée se fait avec permission. Dès lors, il est comme celui que l'on a ramené : son tehoum premier lui revient. Le Roch, plus haut, détaille l'arrêt si un endroit discret se présente avant la limite, et les quatre amot nouvelles une fois l'odeur cessée.

🖼️ Schéma
S'il est avisé : rentrer dans son tehoum 1. Quatre amot. Besoin de se soulager. Kevod ha-beriyot permet de sortir. 2. Il va vers son tehoum, pas vers les autres côtés. Roch. 3. Il entre avec permission. Une fois entré, il est entré. 4. Statut du tehoum d'origine. Comme s'il n'était pas sorti. Rachi. Endroit discret trouvé avant le tehoum : il s'arrête. Après, il s'éloigne jusqu'à la fin de l'odeur, puis quatre amot nouvelles.
La permission de sortir sert à regagner le tehoum, si l'on marche de ce côté.
28
אָמַר רַב פָּפָּא: פֵּירוֹת שֶׁיָּצְאוּ חוּץ לַתְּחוּם וְחָזְרוּ, אֲפִילּוּ בְּמֵזִיד — לֹא הִפְסִידוּ אֶת מְקוֹמָן. מַאי טַעְמָא? אֲנוּסִין נִינְהוּ.

Rav Pappa a dit : des fruits sortis hors du tehoum et revenus, même de propos délibéré, n'ont pas perdu leur place. Quelle est la raison ?

Ils sont contraints.

📜 Rachi (2)
פֵּירוֹת שֶׁיָּצְאוּ חוּץ לַתְּחוּם וְחָזְרוּ בְּיוֹם טוֹב לֹא הִפְסִידוּ מְקוֹמָן וְכָל הָעִיר לָהֶן כְּד' אַמּוֹת וְיֵשׁ לָהֶן לְכָל רוּחַ אַלְפַּיִם אַמָּה אִם יו"ט הוּא וְאִי שַׁבָּת מֻותָּרִין לַאֲכִילָה בַּמָּקוֹם שֶׁחָזְרוּ:
Des fruits sortis hors du tehoum et revenus : à Yom Tov ils n'ont pas perdu leur place, toute la ville est pour eux comme quatre amot, et ils ont de chaque côté deux mille amot si c'est Yom Tov. Et si c'est Chabbat, ils sont permis à la consommation à l'endroit où ils sont revenus.
אֲנוּסִים הָיוּ עַל יְדֵי הַמּוֹצִיאָן:
Ils étaient contraints : par celui qui les a sortis.
🗂️ Tossefot (1)
לֹא הִפְסִידוּ אֶת מְקוֹמָן אע"ג דְּהַבָּא מִחוּץ לַתְּחוּם אָסוּר לְמִי שֶׁנִּשְׁתַּלַּח לוֹ הָנֵי מִילֵּי הָתָם דְּאִיתֵיהּ חוּץ לַתְּחוּם אֲבָל הָכָא דְּהַשְׁתָּא הֵם בִּמְקוֹמָן שָׁרֵי אֲפִילּוּ לְהַאי דְּאַפְּקָא וְלָא דָּמֵי לִמְבַשֵּׁל בְּשַׁבָּת בְּמֵזִיד לֹא יֹאכַל דְּהָתָם הָוֵי אִיסּוּר דְּאוֹרָיְיתָא:
Ils n'ont pas perdu leur place. Bien que ce qui vient de hors du tehoum soit interdit à celui à qui on l'a envoyé, ces paroles valent là où la chose se trouve hors du tehoum. Mais ici, où ils sont maintenant à leur place, c'est permis même pour celui qui les a sortis. Et cela ne ressemble pas à celui qui cuit le Chabbat de propos délibéré et qui ne mangera pas : là, l'interdit est de la Torah.
⚖️ Rosh (1)
אָמַר רַב פָּפָּא פֵּירוֹת שֶׁיָּצְאוּ חוּץ לַתְּחוּם וְחָזְרוּ וַאֲפִילּוּ בְּמֵזִיד לֹא הִפְסִידוּ אֶת מְקוֹמָן מַאי טַעְמָא. אֲנוּסִין נִינְהוּ. וְהָכִי הִלְכְתָא. ואע"ג דְּמוּקִי מִילְּתֵיהּ דְּרַב פָּפָּא כְּתַנָּאֵי וְרַבִּי נְחֶמְיָה ור"א בֶּן יַעֲקֹב אוֹמְרִים לְעוֹלָם אֲסוּרִין עַד שֶׁיַּחְזְרוּ לִמְקוֹמָן שׁוֹגְגִין. וְרַב פָּפָּא סָבַר כְּתַנָּא קַמָּא דְּשָׁרֵי בְּשׁוֹגֵג שֶׁלֹּא בִּמְקוֹמָן וּבְמֵזִיד בִּמְקוֹמָן. וְרַבִּי נְחֶמְיָה וְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב לֹא שָׁרוּ עַד דְּאִיכָּא תַּרְתֵּי לְטֵיבוּתָא שֶׁיַּחְזְרוּ לִמְקוֹמָן שׁוֹגְגִין. ואע"ג דקי"ל מִשְׁנַת ר"א בֶּן יַעֲקֹב קַב וְנָקִי. בְּהָא לֵית הִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ כֵּיוָן דְּרַב פָּפָּא סָבַר כְּרַבָּנָן דְּשָׁרוּ בִּמְקוֹמָן בְּמֵזִיד. וְשֶׁמָּא זֹאת אֵינָהּ מִן הַמִּנְיָן ק"ב. כִּי כָּתַב ר"ח זַ"ל מִפִּי הַקַּבָּלָה דבק"ב דְּבָרִים הֲלָכָה כְּמוֹתוֹ וְתוּ לָא. מִיהוּ הָא דְּשָׁרוּ רַבָּנָן בְּשׁוֹגֵג שֶׁלֹּא בִּמְקוֹמָן דְּלָא אַשְׁכְּחַן דְּקָאֵי רַב פָּפָּא כְּוָותַן אֶפְשָׁר דִּבְהָא הִלְכְתָא כר"א בֶּן יַעֲקֹב דְּאָסַר: וּמִיהוּ גַּם בָּזֶה נִרְאֶה דְּאֵין הֲלָכָה כְּמוֹתוֹ דְּלָא מִסְתַּבֵּר שֶׁיְּהֵא הֲלָכָה כְּמוֹתוֹ בְּמִקְצָת דְּבָרָיו וּבְמִקְצָת אֵין הֲלָכָה. וְעוֹד דְּקַיְימָא לָן תְּחוּמִין דְּרַבָּנָן וַהֲלָכָה כְּדִבְרֵי הַמֵּיקֵל בְּעֵירוּב. וְעוֹד דְּקַייְמָא לָן דִּבְמֵזִיד בִּמְקוֹמוֹ שָׁרִי כְּרַב פָּפָּא כ"ש שׁוֹגֵג שֶׁלֹּא בִּמְקוֹמוֹ. דִּלְפוּם סֻוגְיָא דִּגְמָרָא נִרְאֶה דְּיוֹתֵר יֵשׁ לְהַחְמִיר בְּמֵזִיד בִּמְקוֹמוֹ מִבְּשׁוֹגֵג שֶׁלֹּא בִּמְקוֹמוֹ. מִדְּקָאָמַר בְּמֵזִיד בִּמְקוֹמָן דְּכֻולֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דְּאָסוּר וְהָכָא בְּשׁוֹגֵג שֶׁלֹּא בִּמְקוֹמָן קָמִיפַּלְגִי: בְּמֵזִיד שֶׁלֹּא בִּמְקוֹמָן אֲסוּרִין נִרְאֶה לִי אֲסוּרִין אֲפִילּוּ לְאַחַר שֶׁלֹּא הוֹצִיאָן. מִדְּקָתָנֵי בְּמֵזִיד לֹא יֹאכַל וּמַשְׁמַע לְכָל אָדָם. וְלָא דָּמֵי לָבֹא מִחוּץ לַתְּחוּם בִּשְׁבִיל יִשְׂרָאֵל זֶה שֶׁמֻּותָּר לְיִשְׂרָאֵל אַחֵר. דְּהָכָא אִיתְעֲבִיד בָּהֶן אִיסּוּרָא דְּיִשְׂרָאֵל הוֹצִיאָם: אָמַר רַב נַחְמָן אָמַר שְׁמוּאֵל הָיָה מְהַלֵּךְ בַּבִּקְעָה וְאֵינוֹ יוֹדֵעַ תְּחוּם שַׁבָּת מְהַלֵּךְ אַלְפַּיִם פְּסִיעוֹת בֵּינוֹנִית. וְזֶהוּ תְּחוּם שַׁבָּת. אָמַר רַב נַחְמָן אָמַר שְׁמוּאֵל שָׁבַת בְּבִקְעָה וְהִקִּיפוּהָ נָכְרִים מְחִיצָה בְּשַׁבָּת מְהַלֵּךְ בָּהּ אַלְפַּיִם אַמָּה וּמְטַלְטֵל בְּכֻולָּהּ עַל יְדֵי זְרִיקָה. וְדַוְקָא כְּשֶׁהִקִּיפוּהָ לְדִירָה פֵּי' רַשִׁ"י דְּאָתְיָא אַף לְרַבָּן גַּמְלִיאֵל דְּמוֹדֶה בָּהּ שֶׁאֵין כָּל הַהֶיקֵּף כְּאַרְבַּע אַמּוֹת מֵאַחַר שֶׁיֵּשׁ לוֹ אַלְפַּיִם אַמָּה. דְּדַוְקָא בְּהוֹצִיאוּהוּ נָכְרִים אַקִּילוּ גַּבֵּיהּ מִשּׁוּם דְּאֵין לוֹ אֶלָּא אַרְבַּע אַמּוֹת. וּבִירוּשַׁלְמִי פִּיסְקָא א' מוּקֵי מִילְּתֵיהּ דִּשְׁמוּאֵל כְּר' יְהוֹשֻׁעַ. וְרַב הוּנָא אָמַר מְהַלֵּךְ אַלְפַּיִם וּמְטַלְטֵל ד' אַמּוֹת אֲבָל בְּכֻולָּן עַל יְדֵי זְרִיקָה לֹא. שֶׁמָּא יִמָּשֵׁךְ אַחַר חֶפְצוֹ. בְּאַלְפַּיִם מִיהָא לְטַלְטֵל כִּי אוֹרְחֵיהּ. מִשּׁוּם דְּהָוֵי כִּמְחִיצָה שֶׁנִּפְרְצָה בִּמְלוֹאָהּ לְמָקוֹם הָאָסוּר לָהּ. תַּנְיָא כְּוָותֵיהּ דִּשְׁמוּאֵל הָיָה מוֹדֵד וּבָא וְכָלְתָה מִדָּתוֹ בַּחֲצִי הָעִיר מֻותָּר לְטַלְטֵל בְּכָל הָעִיר וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יַעֲבֹור אֶת הַתְּחוּם בְּרַגְלוֹ. וּבְמַאי מְטַלְטֵל. לָאו ע"י זְרִיקָה. פִּי' כֵּיוָן שֶׁאֵין לוֹ לַעֲבֹור אֶת הַתְּחוּם בְּרַגְלָיו שֶׁהוּא חֲצִי הָעִיר הֵיאַךְ יְטַלְטֵל בְּכָל הָעִיר כֻּולָּהּ אֶלָּא ע"י זְרִיקָה: נְתָנוּהוּ בְּדִיר וְסַהַר כו'. אָמַר רַב הֲלָכָה כְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל בְּדִיר וְסַהַר וּסְפִינָה. וּשְׁמוּאֵל אָמַר הֲלָכָה כְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל בִּסְפִינָה אֲבָל לֹא בְּדִיר וְסַהַר. קָא פָּסְקִי רַבְּוָותָא הִלְכְתָא כִּשְׁמוּאֵל. ואע"ג דקי"ל הִלְכְתָא כְּרַב בְּאִיסּוּרֵי הָכָא הִלְכְתָא כִּשְׁמוּאֵל מִשּׁוּם דְּתָנֵי' כְּוָותֵיהּ דְּתָנֵי' חֲנַנְיָא אוֹמֵר כָּל אוֹתוֹ הַיּוֹם יָשְׁבוּ וְדָנוּ בִּדְבַר הֲלָכָה לְאֶמֶשׁ הִכְרִיעַ אֲחִי אַבָּא בֵּינֵיהֶם וְאָמַר נִרְאִין דִּבְרֵי רַבָּן גַּמְלִיאֵל בִּסְפִינָה וְדִבְרֵי ר"ע בְּדִיר וְסַהַר. וַאֲנַן לָא סְבִירָא לָן הָכִי דְּמֵהַךְ בָּרַיְיתָא לָא גָּמְרִינַן אֶלָּא דְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל וְרַבִּי עֲקִיבָא פְּלִיגִי. אֲבָל סִיּוּעַ לְחַד מִינַּייְהוּ לָא גָּמְרִינַן מִינֵּיהּ. דְּקַייְמָא לָן ב"ב דַּף קַל: נִדָּה דַּף ז: אֵין לְמֵידִין הֲלָכָה לֹא מִפִּי הַמִּשְׁנָה וְלֹא מִפִּי הַגְּמָרָא. וְכִי תֵּימָא הַאי מַכְרִיעַ הוּא וְכָל מָקוֹם שֶׁשְּׁנַיִם חוֹלְקִים וְאֶחָד מַכְרִיעַ הֲלָכָה כְּדִבְרֵי הַמַּכְרִיעַ. הָא אָמְרִינַן עַל הַהִיא מֵימְרָא בְּפֶרֶק כִּירָה (שַׁבָּת דַּף מ.) הָנֵי מִילֵּי בְּמָתְנֵי' אֲבָל בַּבָּרַייְתָא לֹא. וְעוֹד הַאי אֲחִי אַבָּא שֶׁל ר' חֲנַנְיָא רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ הוּא וְהֵיאַךְ יְהֵא הוּא הַחוֹלֵק וְהוּא הַמַּכְרִיעַ. הִלְכָּךְ הָדְרִינַן לִכְלָלָא דִּידַן דְּהִלְכְתָא כְּרַב בְּאִיסּוּרֵי וְכִשְׁמוּאֵל בְּדִינֵי. וְעוֹד הָא אָמְרִינַן לְקַמָּן (עֵירוּבִין דַּף מד.) בְּעִנְיַן נְחֶמְיָה בְּרֵיהּ דְּרַב הוּנָא בַּר' חֲנִילַאי דְּאִי ס"ד בִּדְמָלוּ גַּבְרָא עָסְקִינַן מַאי תִּיבְּעֵי לֵיהּ הָא אָמַר רַב הֲלָכָה כר"ג בְּדִיר וְסַהַר וּבִסְפִינָה אַלְמָא דְּהִלְכְתָא כְּדִפְסִיק רַב וכ"כ הָרַב אִלְפָּס. וְכֵן לְקַמָּן (עֵירוּבִין דַּף מז:) גַּבֵּי הָנְהוּ דִּכְרֵי דַּאֲתוֹ לִמְבָרַכְתָּא מַשְׁמַע דְּכָל הָעִיר חֲשׁוּבָה כְּד' אַמּוֹת:
Rav Pappa a dit : des fruits sortis hors du tehoum et revenus, même de propos délibéré, n'ont pas perdu leur place. Quelle est la raison ? Ils sont contraints. Et ainsi est la halakha. Et bien que [la Guemara] établisse la parole de Rav Pappa selon des tannaim, et que Rabbi Nehemia et Rabbi Eliezer ben Yaakov disent : ils sont toujours interdits jusqu'à ce qu'ils reviennent à leur place par inadvertance. Rav Pappa pense comme le premier tanna, qui permet par inadvertance hors de leur place, et de propos délibéré à leur place. Rabbi Nehemia et Rabbi Eliezer ben Yaakov ne permettent que lorsqu'il y a deux éléments favorables : qu'ils reviennent à leur place par inadvertance. Et bien que nous tenions que la michna de Rabbi Eliezer ben Yaakov est un kav ve-naki, ici la halakha ne le suit pas, puisque Rav Pappa pense comme les Sages, qui permettent à leur place de propos délibéré. Et peut-être ceci ne fait-il pas partie du compte des cent deux. Car Rabbeinou Hananel zal a écrit, d'après la tradition, que dans cent deux choses la halakha est comme lui, et pas au-delà. Toutefois, ce que les Sages permettent par inadvertance hors de leur place, cas où nous ne trouvons pas que Rav Pappa se range avec eux : il est possible qu'ici la halakha soit comme Rabbi Eliezer ben Yaakov, qui interdit. Toutefois, ici aussi, il apparaît que la halakha ne le suit pas, car il n'est pas vraisemblable que la halakha le suive pour une partie de ses paroles et ne le suive pas pour une autre. Et encore, nous tenons que les tehoumim sont rabbiniques, et que la halakha suit celui qui est indulgent en matière d'erouv. Et encore, nous tenons que de propos délibéré à sa place c'est permis, comme Rav Pappa ; à plus forte raison par inadvertance hors de sa place. Car, selon la marche de la sougya, il y a davantage à être strict pour de propos délibéré à sa place que pour par inadvertance hors de sa place. De ce qu'elle dit : de propos délibéré à leur place, tous conviennent que c'est interdit, et ici ils divergent sur par inadvertance hors de leur place. De propos délibéré hors de leur place, ils sont interdits. Il me paraît qu'ils sont interdits même pour un autre, qui ne les a pas sortis. De ce que [la baraïta] enseigne : de propos délibéré, on ne mangera pas, ce qui s'entend de toute personne. Et cela ne ressemble pas à ce qui vient de hors du tehoum pour le compte de tel Juif, permis à un autre Juif. Car ici un interdit à été commis en eux : un Juif les a sortis. Rav Nahman a dit au nom de Chemouel : s'il marchait dans une vallée et ne connaît pas le tehoum de Chabbat, il marche deux mille pas moyens. Et c'est là le tehoum de Chabbat. Rav Nahman a dit au nom de Chemouel : s'il a fait résidence dans une vallée et que des non-Juifs l'ont entourée d'une cloison le Chabbat, il y marche deux mille amot et il déplace dans le tout par un jet. Et précisément lorsqu'ils l'ont entourée pour l'habitation. Rachi explique que cela vaut même selon Rabban Gamliel, qui en convient : tout le pourtour ne vaut pas quatre amot, puisqu'il a deux mille amot. Car c'est seulement pour celui que des non-Juifs ont fait sortir qu'ils ont été indulgents envers lui, parce qu'il n'a que quatre amot. Et dans le Yerouchalmi, pisqa 1, on établit la parole de Chemouel selon Rabbi Yehochoua. Et Rav Houna a dit : il marche deux mille et déplace quatre amot, mais dans le tout par un jet, non, de peur qu'il se laisse entraîner après son objet. Dans les deux mille, du moins, il déplace à sa manière. Parce que c'est comme une cloison ouverte sur toute sa largeur vers un endroit qui lui est interdit. Une baraïta a été enseignée dans le sens de Chemouel : il mesurait en avançant, et sa mesure s'acheva au milieu de la ville : il est permis de déplacer dans toute la ville, à condition de ne pas franchir le tehoum de son pied. Et par quoi déplace-t-il ? Par un jet. Explication : puisqu'il ne doit pas franchir de ses pieds le tehoum, qui est le milieu de la ville, comment déplacerait-il dans toute la ville ? Seulement par un jet. On l'a placé dans un dir et un sahar, etc. Rav a dit : la halakha est comme Rabban Gamliel pour le dir, le sahar et le bateau. Et Chemouel a dit : la halakha est comme Rabban Gamliel pour le bateau, mais pas pour le dir et le sahar. Les maîtres tranchent la halakha comme Chemouel. Et bien que nous tenions que la halakha est comme Rav dans les interdits, ici la halakha est comme Chemouel, parce qu'une baraïta a été enseignée dans son sens. Car une baraïta enseigne : Hanania dit, tout ce jour-là ils siégèrent et discutèrent d'une question de halakha ; le soir, le frère de mon père trancha entre eux et dit : les paroles de Rabban Gamliel paraissent [justes] pour le bateau, et les paroles de Rabbi Akiva pour le dir et le sahar. Et nous ne tenons pas ainsi. Car de cette baraïta nous apprenons seulement que Rabban Gamliel et Rabbi Akiva divergent. Un appui pour l'un d'eux, nous ne l'apprenons pas d'elle. Car nous tenons, Bava Batra 130b, Nidda 7b : on n'apprend pas une halakha ni de la bouche de la michna, ni de la bouche de la Guemara. Et si tu dis : celui-ci tranche, et partout où deux divergent et qu'un troisième tranche, la halakha suit les paroles de celui qui tranche. Or nous disons sur cette parole, au chapitre Kira (Chabbat 40a) : ces paroles valent dans une michna, mais dans une baraïta, non. Et encore, ce frère du père de Rabbi Hanania, c'est Rabbi Yehochoua : comment serait-il à la fois celui qui diverge et celui qui tranche ? Dès lors nous revenons à notre règle : la halakha est comme Rav dans les interdits, et comme Chemouel dans les dinim. Et encore, nous disons plus loin (Erouvin 44a), au sujet de Nehemia fils de Rav Houna beRabbi Hanilai : si tu penses que nous traitons d'un cas où les hommes suffisent (bedemlo gavra), quelle question lui resterait ? Or Rav a dit : la halakha est comme Rabban Gamliel pour le dir, le sahar et le bateau. On en apprend que la halakha est comme Rav a tranché. Et ainsi a écrit le Rav Alfas. Et de même plus loin (Erouvin 47b), au sujet de ces béliers venus à Mavrakhta, il ressort que toute la ville compte comme quatre amot.
💡 Explication

Les fruits n'ont pas de volonté. Sortis puis revenus, même be-mezid, ils gardent leur place : ils sont anoussin. Rachi sépare Yom Tov, où l'on peut porter : ville comme quatre amot, plus deux mille ; et Chabbat, où la question est de les manger la où ils sont revenus.

Tossefot : l'interdit de ce qui vient de hors du tehoum vise la chose encore dehors. Une fois revenue à sa place, même celui qui l'a sortie peut s'en servir. Cuire le Chabbat reste autre : interdit de la Torah.

Le Roch fixe la halakha comme Rav Pappa, puis enchaîne les psakim du chapitre : pas moyens dans la vallée, cloison dressée le Chabbat, et dir, sahar, bateau. Il rapporte d'abord l'usage de trancher comme Chemouel pour le bateau seul, puis revient à la règle Rav dans les interdits, appuyée sur Erouvin 44a et sur le Rif.

🖼️ Schéma
Fruits sortis du tehoum, puis revenus Rav Pappa Même revenus de propos délibéré : ils n'ont pas perdu leur place. Raison : anoussin, contraints par celui qui les sort. Rabbi Nehemia et Rabbi Eliezer ben Yaakov Toujours interdits, sauf retour à leur place par inadvertance. Diyuk : de propos délibéré, non. Réponse : discussion de tannaim. Baraïta : par inadvertance, on les mange ; de propos délibéré, on ne les mange pas.
Rav Pappa et l'objection de Rabbi Nehemia : le retour des fruits, mezid ou chogeg.
29
אֵיתִיבֵיהּ רַב יוֹסֵף בַּר שְׁמַעְיָה לְרַב פָּפָּא: רַבִּי נְחֶמְיָה וְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אוֹמְרִים: לְעוֹלָם אֲסוּרִין, עַד שֶׁיַּחְזְרוּ לִמְקוֹמָן שׁוֹגְגִין. בְּשׁוֹגֵג אִין, בְּמֵזִיד לָא!

Rav Yossef bar Chemaya objecta à Rav Pappa : Rabbi Nehemia et Rabbi Eliezer ben Yaakov disent : ils sont toujours interdits, jusqu'à ce qu'ils reviennent à leur place par inadvertance. Par inadvertance, oui ; de propos délibéré, non !

📜 Rachi (1)
אֲסוּרִין לָזוּז אוֹתָן מֵאַרְבַּע אִמּוֹתֵיהֶן וְלֹא לְאָוכְלָן אַפֵּי' חָזְרוּ אֶלָּא אִם כֵּן חָזְרוּ שׁוֹגְגִין אֲבָל מֵזִיד לֹא:
Interdits : à les déplacer de leurs quatre amot, et à ne pas les manger même s'ils sont revenus, sauf s'ils sont revenus par inadvertance ; de propos délibéré, non.
💡 Explication

L'objection demande deux conditions à la fois : retour à leur place et chogeg. Le diyuk refuse le retour be-mezid. Rachi : ni les déplacer hors de quatre amot, ni les manger.

30
תַּנָּאֵי הִיא, דְּתַנְיָא: פֵּירוֹת שֶׁיָּצְאוּ חוּץ לַתְּחוּם, בְּשׁוֹגֵג — יֹאכְלוּ, בְּמֵזִיד — לֹא יֹאכְלוּ.

C'est une discussion de tannaim. Car on a enseigné : des fruits sortis hors du tehoum, par inadvertance on les mange ; de propos délibéré on ne les mange pas.

📜 Rachi (2)
הָכִי גָּרְסִינַן תַּנָּאֵי הִיא דְּתַנְיָא פֵּירוֹת שֶׁיָּצְאוּ חוּץ לַתְּחוּם בְּשׁוֹגֵג יֵאָכֵלוּ וְלָא גָּרְסִינַן הָכָא וְחָזְרוּ:
Voici notre lecture : c'est une discussion de tannaim, car on a enseigné, des fruits sortis hors du tehoum, par inadvertance on les mange. Et nous ne lisons pas ici et ils sont revenus.
בְּשׁוֹגֵג יֹאכֵלוּ בְּמָקוֹם שֶׁהֵן שָׁם אִם יֵשׁ אָדָם שֶׁעֵירֵב לְאוֹתוֹ צַד אוֹ שֶׁהָיוּ בְּנֵי עִיר אַחֶרֶת סְמוּכִים לָהֶן:
Par inadvertance on les mange : à l'endroit où ils se trouvent, s'il y a quelqu'un qui a fait un erouv de ce côté, ou si les habitants d'une autre ville proche sont auprès d'eux.
🗂️ Tossefot (1)
בְּמֵזִיד לֹא יֹאכְלוּ מַשְׁמַע לְשׁוּם אָדָם לֹא יֹאכְלוּ וְאַף עַל גַּב דְּהַבָּא בִּשְׁבִיל יִשְׂרָאֵל זֶה מֻותָּר לְיִשְׂרָאֵל אַחֵר כֵּיוָן שֶׁנַּעֲשָׂה אִיסּוּר עַל יְדֵי יִשְׂרָאֵל הֶחְמִירוּ:
De propos délibéré on ne les mange pas. Cela implique : personne ne les mange. Et bien que ce qui vient pour le compte de tel Juif soit permis à un autre Juif, puisqu'un interdit à été fait par un Juif, ils ont été stricts.
💡 Explication

Tannaï hi : Rav Pappa suit un tanna, Rabbi Nehemia et Rabbi Eliezer ben Yaakov en suivent un autre. La baraïta citée parle de la sortie, pas du retour : Rachi retire les mots et ils sont revenus de la lecture. Chogeg : on mange les fruits là où ils sont, s'il existe un erouv de ce côté, ou une ville voisine dont les habitants sont auprès d'eux.

Tossefot : be-mezid, l'interdit vise toute personne. Ailleurs, un objet venu de hors du tehoum pour un Juif reste permis à un autre. Ici, un Juif a commis l'interdit, et l'on est strict.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).