Sougya : La page ouvre sur la baraïta invoquée pour Chemouel. On mesure les deux mille amot depuis l'erouv ; la mesure s'arrête au milieu d'une ville.
On porte dans toute la ville, sans franchir le tehoum à pied. La Guemara demande si ce port est un jet.
Rav Houna répond : une traction (meshikha), de l'extérieur vers l'intérieur. Il limite ensuite à la moitié d'une cour.
Rav Nahman : au bord du toit, Rav Houna accorde le jet dans toute la maison, car le toit frappe et marque la limite. Rav Houna fils de Rav Natan aligne Chemouel et Rav Houna sur la michna du dir et du sahar ; la Guemara écarte le rapprochement.
Halakha : Rav comme Rabban Gamliel pour le dir, le sahar et le bateau ; Chemouel, pour le bateau seul. Rabba : chevita dans l'air des cloisons avant le jour.
Rabbi Zeira : le bateau déplace l'homme d'un bout de quatre amot à l'autre.
Il mesurait en avançant, et sa mesure s'acheva au milieu de la ville : il est permis de porter dans toute la ville, à condition qu'il ne franchisse pas le tehoum de ses pieds. Que signifie porter ?
Est-ce par jet ?
Baraïta citée pour Chemouel. Depuis l'erouv, on mesure deux mille amot. La mesure tombe au milieu d'une ville dont l'erouv unit le tout, ou un jour de fête, où la ville vaut quatre amot. On porte partout. Les pieds restent en deçà de la ligne : il n'y a pas fixé sa chevita, la ville ne lui vaut pas quatre amot.
La question presse Rav Houna. Si le port au-delà de la ligne est un jet, on ne décrète pas de peur qu'il suive son objet. Le Roch reprend d'abord le psak des fruits revenus, puis la vallée close, puis dir, sahar et bateau. La seconde glose traite des objets du non-Juif et de la ville entourée, à propos des béliers de Mavrakhta.
Rav Houna a dit : non, par traction (meshikha).
Meshikha : on tire l'objet de hors des deux mille vers soi. Tant qu'il est dehors, il n'est pas encore le sien ; une fois rentré, on ne le ressort pas. La gezera de Rav Houna vise le geste qui éloigne l'objet.
Tossefot : vers l'extérieur, port habituel et jet restent limités, cloison ouverte en plein vers l'interdit. La traction, en sens inverse, parcourt toute la ville.
Rav Houna a dit : il mesurait en avançant, et sa mesure s'acheva au milieu d'une cour : il n'a que la moitié de la cour.
Rachi lit : pour marcher, la moitié de la cour qui est dans les deux mille. Tossefot Chantz hésitent : le mot de la Guemara est porter. Si c'est le port, la cour déjà close pour les autres n'est pas une brèche vers un lieu interdit. Si c'est la marche, l'enseignement reste utile : on décrète moins dans une cour que le cas ne le suggérerait.
C'est évident ! Dis : il a la moitié de la cour.
L'interdit au-delà des deux mille va de soi. On relit Rav Houna : il enseigne la permission de la moitié intérieure, marche ordinaire dans le tehoum.
Ceci aussi est évident ? On aurait pu dire : craignons qu'il en vienne à porter dans toute la cour.
Il nous l'apprend.
La permission de la moitié intérieure paraît évidente. Réponse : on aurait pu faire une gezera, de peur qu'il porte dans toute la cour. Rav Houna enseigne qu'on ne la fait pas.
La longue glose, autre leçon, sépare la cour, déjà une avant le jour, de la vallée entourée le Chabbat. La-bas, l'au-delà des deux mille n'a jamais été permis à personne : brèche en plein vers un lieu interdit, et le port tombe même dans les deux mille. Dans la cour, seule la moitié extérieure est interdite au jet.
Rav Nahman a dit : Houna m'accorde ceci. Il mesurait en avançant et sa mesure s'acheva au bord du toit : il est permis de porter dans toute la maison.
Rav Nahman trouve un cas où Rav Houna lui-même permet le jet au-delà des pieds. La mesure s'arrête au bord du toit ; la maison est au-delà. Le mur vers la cour a cédé, la couverture reste. Rachi : cette ouverture donne sur la cour, lieu permis, et le toit sert de signe.
Quelle est la raison ? Puisque le toit de la maison frappe (hovetet).
Hovetet : le bord du toit est traité comme s'il descendait et fermait, à l'endroit précis où les deux mille s'achèvent. Le signe est visible. On ne craint plus qu'il suive l'objet au-delà.
Rav Houna fils de Rav Natan a dit : c'est comme une discussion de tannaim. On l'a mené dans une autre ville, et on l'a placé dans un dir (parc à bétail) ou un sahar (enclos).
Rabban Gamliel et Rabbi Elazar ben Azarya disent : il parcourt le tout. Rabbi Yehochoua et Rabbi Akiva disent : il n'a que quatre amot.
La michna du début du chapitre : déposé dans un dir ou un sahar, espace clos. Rabban Gamliel et Rabbi Elazar ben Azarya : il circule partout. Rabbi Yehochoua et Rabbi Akiva : quatre amot. Rav Houna fils de Rav Natan y lit la même question que Chemouel et Rav Houna : décrète-t-on de peur qu'il suive son objet ?
Tossefot : Chemouel, plus loin, ne suit Rabban Gamliel que pour le bateau. La Guemara aurait pu répondre ou-le-taamekh. Le rapprochement peut donc être proposé.
Est-ce que Rabban Gamliel et Rabbi Elazar ben Azarya, qui disent : il parcourt le tout, ne décrètent pas la marche dans le dir et le sahar à cause de la marche dans la vallée ?
Lecture proposée. Ne pas limiter la marche du clos à quatre amot, alors que la vallée ouverte y oblige, c'est refuser une gezera de marche à cause d'une marche. Les cloisons, et la contrainte de la sortie, font du dir et du sahar un autre cas.
Et puisqu'ils ne décrètent pas la marche à cause de la marche, ils ne décrètent pas le port à cause de la marche.
Du plus lourd au plus léger. S'ils ne décrètent pas une marche à cause d'une autre marche, ils ne décrètent pas le jet hors des deux mille à cause de la marche. C'est l'avis de Rav Nahman, au nom de Chemouel.
Rachi laisse deux lectures. Soit, pour la vallée entourée le Chabbat, ils ne suivent pas Rav Nahman en tout, et ils le suivent au moins sur l'absence de gezera. Soit ils le suivent aussi là-bas, et la permission du dir tient à la contrainte.
Et Rabbi Yehochoua et Rabbi Akiva, qui disent : il n'a que quatre amot, décrètent la marche dans le dir et le sahar à cause de la marche dans la vallée. Et puisqu'ils décrètent la marche à cause de la marche, ils décrètent aussi le port à cause de la marche.
L'autre côté du rapprochement. Quatre amot dans le clos, c'est une gezera de marche à cause de la vallée. À plus forte raison, gezera du jet à cause de la marche. C'est le sens de Rav Houna.
D'où le tires-tu ? Peut-être, lorsque Rabban Gamliel et Rabbi Elazar ben Azarya ne décrètent pas la marche dans le sahar et le dir à cause de la marche dans la vallée, ces paroles ne visent que là-bas, car ce sont deux lieux.
Premier rejet. Deux endroits différents : clos d'un côté, terrain nu de l'autre. On ne décrète pas dans l'un de peur d'une confusion avec l'autre. Rien n'est encore dit du jet dans un seul et même lieu.
Mais le port à cause de la marche, là où c'est un seul lieu, eux aussi décréteraient : un décret, de peur qu'il se laisse entraîner après son objet.
Dans la vallée, marcher hors des deux mille et jeter hors des deux mille, c'est le même endroit. Rabban Gamliel pourrait donc maintenir la gezera chema yimashekh, de peur qu'il suive son objet. Le rapprochement avec Chemouel ne sort plus de la michna.
Et Rabbi Yehochoua et Rabbi Akiva aussi : d'où sait-on que c'est parce qu'ils décrètent ? Peut-être parce qu'ils tiennent : lorsque nous disons que toute la maison compte comme quatre amot, ces paroles visent le cas où il a fixé sa chevita dans l'air des cloisons avant le jour.
Second rejet, de l'autre côté. Quatre amot dans le dir peuvent tenir à la règle de la maison, pas à une gezera sur le jet. Toute la maison vaut quatre amot si la chevita a été fixée dans l'air des cloisons tant qu'il fait jour.
Mais là où il n'a pas fixé sa chevita dans l'air des cloisons avant le jour : non.
Sans chevita d'avant le jour dans les cloisons, le dir ne vaut pas quatre amot : la marche s'arrête à quatre. Rachi : le jet dans tout le clos peut rester permis. Rien n'est tranché sur la gezera de Rav Houna.
Tossefot : dans un bateau, la chevita est bien prise dans des cloisons avant le jour, et la discussion demeure. Réponse : ces cloisons sont faites pour retenir l'eau, pas comme cloisons d'habitation.
Rav a dit : la halakha est comme Rabban Gamliel pour le dir, le sahar et le bateau. Et Chemouel a dit : la halakha est comme Rabban Gamliel pour le bateau ; pour le dir et le sahar, non.
Le psak se sépare. Rav : on parcourt le dir, le sahar et le bateau, comme Rabban Gamliel. Chemouel : le bateau seulement. Dans le dir et le sahar, quatre amot, comme Rabbi Akiva.
En tout cas, tous tiennent : la halakha est comme Rabban Gamliel pour le bateau. Quelle est la raison ?
Rabba a dit : puisqu'il a fixé sa chevita dans l'air des cloisons avant le jour.
Il est monté avant le Chabbat. Les parois étaient déjà là. Toute la coque vaut quatre amot, et il la parcourt.
Rabbi Zeira a dit : puisque le bateau le prend au début des quatre et le dépose à la fin des quatre.
Rabbi Zeira ne s'appuie pas sur les cloisons. Le bateau ne laisse aucune série de quatre amot en place.
Rachi donne trois lectures. La principale, au nom de son oncle Rabbi Chimon : à chaque pas, avant que le pied se pose, le bateau le sort malgré lui. Il est comme celui qu'un non-Juif dépose dans de nouvelles quatre amot, et cela se répète. La lecture où il marcherait à contre-sens du bateau laisse sans réponse le retour vers l'autre bout : la michna ne distingue pas le sens de la marche.
Quelle différence entre eux ? Il y a entre eux : les parois du bateau ont été rompues.
Ou encore : celui qui saute d'un bateau à un bateau.
Deux nafka minot. Parois rompues : plus de cloisons d'avant le jour, la raison de Rabba tombe, le déplacement de Rabbi Zeira demeure. Saut vers un autre bateau : pas de chevita dans ces parois. Rabba interdit d'y marcher. Rabbi Zeira permet.
Et Rabbi Zeira, quelle est la raison pour laquelle il n'a pas dit comme Rabba ? Il te répondrait : des cloisons,
La phrase s'arrête sur cloisons. La suite est au daf suivant. La raison de Rabba permettrait le bateau même à l'arrêt, haamada.
Tossefot : la question se pose entre Rabba et Rabbi Zeira, parce qu'ils séparent le dir et le sahar du bateau. Elle ne se pose pas entre Rabbi Yehochoua et Rabbi Akiva, qui donnent quatre amot en tout lieu hors du tehoum, sans cette distinction. Plus haut, Tossefot ont déjà le sens des cloisons du bateau : elles sont faites pour retenir l'eau.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).