Sougya : Rabbi Zeira achève : les cloisons du bateau sont faites pour repousser l'eau, elles ne font pas du bateau quatre amot. Rabba : en marche, tout le monde permet d'en parcourir le tout ; la divergence porte sur le bateau à l'arrêt.
La michna, par le mot ils ont voulu et par le modèle du dir et du sahar, et la baraïta de Hanania, le soir, fixent ce partage : Rabban Gamliel pour le bateau, Rabbi Akiva pour le dir et le sahar. Rav Hanania demande s'il y a des tehoumin au-dessus de dix.
Le pilier large de quatre suit le sol. Le pilier étroit, le saut et le bateau restent ouverts.
Pelandarsin et le port se lisent dans le rakak, eau de moins de dix. Les sept enseignements partis de Soura le matin et arrivés à Poumbedita le soir ne prouvent rien sur Eliyahou : ce peut être Yosef le ched, qui ne garde pas le Chabbat.
faites pour repousser l'eau.
Fin de la phrase ouverte au daf précédent. Rabbi Zeira refuse la raison de Rabba : des cloisons faites pour repousser l'eau ne donnent pas au bateau le statut de quatre amot.
Et Rabba, quelle est la raison pour laquelle il n'a pas dit comme Rabbi Zeira ? Lorsque le bateau est en marche, tout le monde est d'accord.
Lorsqu'ils divergent, c'est lorsqu'il est à l'arrêt.
Rabba réserve la raison de Rabbi Zeira au bateau en marche : le bateau le déplace, et la même Rabbi Akiva permet d'en parcourir le tout. La divergence avec Rabban Gamliel ne vise que l'arrêt. À l'arrêt, les quatre amot se fixent. Rabban Gamliel permet encore, par l'air des cloisons.
Tossefot : la différence pratique du daf précédent, parois rompues ou saut d'un bateau à l'autre, est retirée pour la marche. En marche, Rabba convient avec Rabbi Zeira. La parole de Chemouel à Erouvin 90a, cloisons faites pour l'eau, vise un bateau plus grand qu'un beit se'atayim, ou il faut une enceinte faite pour l'habitation. En dessous de cette mesure, on ne l'exige pas.
Rav Nahman bar Yitshak dit : la michna aussi est précise, en ce que, pour le bateau en marche, ils ne divergent pas. D'où ?
De ce qu'elle enseigne : Il arriva qu'ils venaient de Pelandarsin, et leur bateau prit le large en mer. Rabban Gamliel et Rabbi Elazar ben Azarya en parcoururent le tout.
Rabbi Yehochoua et Rabbi Akiva ne bougèrent pas de quatre amot, car ils voulaient être stricts envers eux-mêmes.
Rav Nahman bar Yitshak lit la michna du voyage depuis Pelandarsin. Le bateau a pris le large : il est en marche. Ceux qui restent dans quatre amot le font parce qu'ils voulaient être stricts.
Cela se tient, si tu dis que, pour le bateau en marche, ils ne divergent pas : c'est pour cela que le texte enseigne ils ont voulu. Peut-être s'est-il arrêté.
Le mot ils ont voulu marque une houmera. Selon Rabbi Akiva lui-même, la marche du bateau est permise. La crainte : un arrêt soudain, sans qu'ils le sachent. Les quatre amot se fixeraient alors.
Mais si tu dis qu'ils divergent, ce ils ont voulu être stricts, c'est un interdit.
Si la divergence portait déjà sur la marche, Rabbi Yehochoua et Rabbi Akiva seraient dans un interdit. La michna ne parlerait pas d'une volonté d'être strict.
Tossefot : Rabbi Zeira laisse cette difficulté. Soit ils ont été stricts selon leur propre tradition. Soit, s'il n'y a pas de tehoumin au-dessus de dix, leur houmera vise seulement le rakak.
Rav Achi dit : la michna aussi est précise, car elle enseigne le bateau sur le modèle du dir et du sahar. De même que le dir et le sahar sont fixes, de même le bateau dont il s'agit est fixe.
Deuxième lecture, par Rav Achi. La michna aligne le bateau sur le dir et le sahar, qui ne bougent pas. Le cas disputé est donc le bateau fixe, à l'arrêt.
Rav Aha, fils de Rava, dit à Rav Achi : La halakha est comme Rabban Gamliel pour le bateau. Halakha implique qu'ils divergent.
Le mot halakha, dans la parole de Rav et de Chemouel au daf précédent, suppose un débat réel. Le mot ils ont voulu semblait dire le contraire. Rav Aha demande d'où vient la divergence.
Oui. Et on enseigne une baraïta : Hanania (fils du frère de Rabbi Yehochoua) dit : Tout ce jour-là, ils siégèrent et discutèrent d'une question de halakha.
Le soir, le frère de mon père trancha : la halakha est comme Rabban Gamliel pour le bateau, et la halakha est comme Rabbi Akiva pour le dir et le sahar.
Rav Achi accorde la divergence. La baraïta de Hanania la raconte : discussion tout le jour, décision le soir. Rabbi Yehochoua tranche : Rabban Gamliel pour le bateau, Rabbi Akiva pour le dir et le sahar.
Rachi lit ils ont voulu sur la marche. La halakha comme Rabban Gamliel ne vise que le bateau en marche. À l'arrêt, on suit Rabbi Akiva, comme pour le dir et le sahar.
Tossefot rapportent le Rachbam : monter la veille de Chabbat est permis, le bateau avançant de lui-même. Monter le Chabbat même est disputé. Le Ri et le Ritsba retiennent l'interdit dès l'abord, sur le modèle de qui flotte sur le fleuve. Dans les interdits, on tient comme Rav. Une hakhra'a de baraïta ne tranche pas, et Rabbi Yehochoua, partie au débat, ne décide pas contre lui-même.
Rav Hanania a posé une question : y a-t-il des tehoumin au-dessus de dix, ou n'y a-t-il pas de tehoumin au-dessus de dix ?
Nouvelle question. Dix : dix tefahim au-dessus du sol. En dessous, l'interdit des tehoumin (les deux mille amot du Chabbat) a sa place. Rav Hanania demande s'il a encore sa place au-dessus.
Un pilier haut de dix et large de quatre : tu n'as pas à le demander, car c'est une terre épaisse.
Terre épaisse (ar'a semikhta) : le pilier a le statut du sol. Quatre tefahim de large suffisent pour une marche. On ne gagne pas, par ce pilier, le côté hors du tehoum.
Là où tu as à demander : un pilier haut de dix, qui n'est pas large de quatre. Ou encore, lorsqu'il avance par un saut.
Deux cas ouverts. Le pilier étroit : on s'y tient mal, la marche n'est plus évidente. Le saut : le corps passe dans l'air, au-dessus de dix. Rachi rapproche le bateau ordinaire, qui ne se pose pas, de ce saut, et rappelle que l'interdit à pourtant été dit.
Autre version : pour un bateau, qu'en est-il ?
Deuxième formulation de la question. Elle vise le bateau directement : il circule au-dessus de dix, au-dessus du fond.
Rav Hochaya dit : Viens et écoute. Il arriva qu'ils venaient de Pelandarsin, et leur bateau prit le large en mer, etc.
Cela se tient, si tu dis qu'il y a des tehoumin : c'est pour cela qu'ils ont voulu. Mais si tu dis qu'il n'y a pas de tehoumin : pourquoi ont-ils voulu ?
Première preuve, tirée du même fait de Pelandarsin. La houmera n'a de sens que si l'interdit des tehoumin atteint le bateau, au-dessus de dix. Rachi : même l'arrêt du bateau, là-haut, resterait sans interdit.
Comme l'a dit Rava : lorsqu'il avance dans le rakak. Ici de même : lorsqu'il avance dans le rakak.
La réponse attend la formule de Rava, dite plus bas sur le port. Rakak : eau dont le fond est à moins de dix tefahim. Le bateau reste dans la zone où les tehoumin s'appliquent. La houmera ne prouve plus rien sur l'espace au-dessus de dix.
Viens et écoute : Une fois, ils n'entrèrent au port qu'une fois la nuit venue, etc. Cela se tient, si tu dis qu'il y a des tehoumin.
Mais si tu dis qu'il n'y a pas de tehoumin : si nous n'étions pas dans le tehoum, qu'est-ce que cela ferait ?
Deuxième preuve, le fait du port. Descendre dépend de la réponse de Rabban Gamliel : étaient-ils dans le tehoum avant la nuit ? Si l'interdit s'arrêtait à dix tefahim, être hors du tehoum ne changerait rien à la descente.
Le Roch cite ici la michna en clair : il leur est permis, car il avait déjà regardé, et ils étaient dans le tehoum avant la nuit.
Rava dit : lorsqu'il avance dans le rakak.
Rava ramène le port au même rakak. L'eau a moins de dix tefahim de fond. Savoir s'ils étaient dans le tehoum redevient la question décisive.
Viens et écoute : ces sept enseignements qui furent dits le matin du Chabbat devant Rav Hisda à Soura, et vers le soir du Chabbat devant Rava à Poumbedita.
Troisième preuve. Sept chemata (enseignements) font, le même Chabbat, le trajet de Soura à Poumbedita. La suite demande qui les a portés.
Qui les a dits ? N'est-ce pas Eliyahou qui les a dits ?
Il en ressort qu'il n'y a pas de tehoumin au-dessus de dix. Non.
Peut-être Yosef le ched les a-t-il dits.
Si le porteur est Eliyahou, il garde le Chabbat. Son passage, au-dessus de dix, supposerait que les tehoumin n'y sont pas. La Guemara écarte : Yosef le ched (un démon) ne garde pas le Chabbat. Son trajet ne renseigne pas sur l'interdit.
Le Roch, sur ce segment, reprend d'abord le psak du bateau : le Rachbam permet d'y monter tant qu'il fait jour, et même le Chabbat ; le Roch retient l'interdit le Chabbat, à partir du Yerouchalmi et du bac de Chabbat 139b. Il reprend ensuite la question des tehoumin au-dessus de dix : elle reste sans décision. On agit selon la rigueur.
Viens et écoute : Je serai nazir le jour où viendra le fils de David. Il est permis de boire du vin les Chabbat et les jours de fête,
Nouveau viens et écoute, encore sur les tehoumin. Le segment s'arrête au milieu de la baraïta. Celui qui s'est fait nazir (qui s'abstient de vin) pour le jour où vient le fils de David boit du vin le Chabbat et le jour de fête. Rachi : le Machia'h ne vient pas ces jours-là. La suite est au daf suivant.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).