Eruvin 43a - Bateau en marche, bateau à l'arrêt, tehoumin au-dessus de dix

Eruvin 43a

Sougya : Rabbi Zeira achève : les cloisons du bateau sont faites pour repousser l'eau, elles ne font pas du bateau quatre amot. Rabba : en marche, tout le monde permet d'en parcourir le tout ; la divergence porte sur le bateau à l'arrêt.

La michna, par le mot ils ont voulu et par le modèle du dir et du sahar, et la baraïta de Hanania, le soir, fixent ce partage : Rabban Gamliel pour le bateau, Rabbi Akiva pour le dir et le sahar. Rav Hanania demande s'il y a des tehoumin au-dessus de dix.

Le pilier large de quatre suit le sol. Le pilier étroit, le saut et le bateau restent ouverts.

Pelandarsin et le port se lisent dans le rakak, eau de moins de dix. Les sept enseignements partis de Soura le matin et arrivés à Poumbedita le soir ne prouvent rien sur Eliyahou : ce peut être Yosef le ched, qui ne garde pas le Chabbat.

Bateau en marche, bateau à l'arrêt Rabba répond à Rabbi Zeira. La michna et la baraïta de Hanania lisent le même partage. En marche À l'arrêt Tout le monde est d'accord. Même Rabbi Akiva permet. Raison de Rabbi Zeira : le bateau le prend et le repose sans cesse. Le mot ils ont voulu est une houmera : peur d'un arrêt soudain, sans qu'ils s'en aperçoivent. La divergence est ici. Les quatre amot se fixent. Rabban Gamliel permet : air des cloisons. Rabbi Yehochoua et Rabbi Akiva : quatre amot seulement. Rabbi Zeira : ces cloisons ne font que retenir l'eau. Le mot halakha implique une divergence. Rav Achi la place sur l'arrêt. Baraïta de Hanania Tout le jour, ils discutent. Le soir, Rabbi Yehochoua tranche : bateau, comme Rabban Gamliel. Dir et sahar comme Rabbi Akiva. Rachi : l'arrêt du bateau suit le même côté. La marche, elle, reste permise. Tossefot : dans les interdits, on tient comme Rav, y compris pour le dir et le sahar.
En marche, accord pour parcourir tout le bateau. À l'arrêt, Rabban Gamliel et Rabbi Akiva divergent. La baraïta du soir nomme la halakha.
Où se pose la question des tehoumin au-dessus de dix ? Rav Hanania. Dix et quatre se comptent en tefahim. Pilier large Pilier étroit Saut, ou bateau Haut de dix. Large de quatre. Comme une terre épaisse. La marche y est une marche. Tu n'as pas à demander. L'interdit des tehoumin s'y applique. On ne passe pas d'un bout à l'autre. Haut de dix. Large de moins de quatre. L'usage est mal commode. Est-ce encore une marche ? C'est ici que tu demandes. Même question pour un passage qui ne porte pas le pied à l'aise. Il avance par un saut, dans l'air, au-dessus de dix. Autre version : le bateau, qu'en est-il ? Un bateau ordinaire marche au-dessus de dix et ne se pose pas. Il ressemble au saut. Rachi : et pourtant, interdit. Le Roch rapporte la question de Rabbi Hanina sur les mêmes cas. Elle n'a pas été tranchée. On agit selon la rigueur.
Pilier large de quatre : comme le sol. La question de Rav Hanania vise le pilier étroit, le saut, et le bateau.
Trois preuves, trois réponses Chaque viens et écoute vise les tehoumin au-dessus de dix. La page écarte les trois. Preuve Si les tehoumin montent Réponse Pelandarsin Rav Hochaya Ils ont voulu être stricts. Donc l'interdit existe au-dessus de dix. Sinon, pourquoi cette houmera ? Rakak. Eau de moins de dix. Le bateau reste dans la zone des tehoumin. Le port après la nuit Descendre dépend d'avoir été dans le tehoum avant la nuit. Sans tehoumin en haut, la réponse ne changerait rien. Rava : rakak. Même fait, même eau peu profonde. La question du port redevient utile. Sept chemata Soura, Poumbedita Le matin devant Rav Hisda. Le soir devant Rava. Si c'est Eliyahou, il garde le Chabbat et passe au-dessus de dix. Peut-être Yosef le ched. Il ne garde pas le Chabbat. Son trajet ne prouve rien sur l'interdit.
Pelandarsin et le port se résolvent par le rakak. Les sept enseignements peuvent venir de Yosef le ched.
1
לְהַבְרִיחַ מַיִם עֲשׂוּיוֹת.

faites pour repousser l'eau.

📜 Rachi (1)
לְהַבְרִיחַ מַיִם עֲשׂוּיוֹת וְלָא חֲשִׁיבִי מְחִיצּוֹת לַעֲשׂוֹת סְפִינָה כֻּולָּהּ כְּאַרְבַּע אַמּוֹת:
Elles ne comptent pas comme cloisons, au point de faire de tout le bateau l'équivalent de quatre amot.
💡 Explication

Fin de la phrase ouverte au daf précédent. Rabbi Zeira refuse la raison de Rabba : des cloisons faites pour repousser l'eau ne donnent pas au bateau le statut de quatre amot.

2
וְרַבָּה, מַאי טַעְמָא לָא אָמַר כְּרַבִּי זֵירָא? בִּמְהַלֶּכֶת — כֻּולֵּי עָלְמָא לָא פְלִיגִי. כִּי פְּלִיגִי בְּשֶׁעָמְדָה.

Et Rabba, quelle est la raison pour laquelle il n'a pas dit comme Rabbi Zeira ? Lorsque le bateau est en marche, tout le monde est d'accord.

Lorsqu'ils divergent, c'est lorsqu'il est à l'arrêt.

📜 Rachi (2)
אָמַר לָךְ בִּמְהַלֶּכֶת דְּאִיכָּא לְמֵימַר הַאי טַעְמָא דִּסְפִינָה נוֹטַלְתּוֹ אֲפִילּוּ ר"ע מוֹדֵי דְּשָׁרֵי:
Il te répond : lorsqu'il est en marche. Il y a lieu de dire cette raison, que le bateau le prend. Même Rabbi Akiva convient que c'est permis.
כִּי פְּלִיגִי בְּשֶׁעָמְדָה וּבִשְׁעַת עֲמִידָתָהּ קָנוּ לְהוּ ד' אִמּוֹתֵיהֶן (וּלְלִישָּׁנֵי בָּתְרָאֵי עַל שְׁעַת עֲמִידָה נֶחְלְקוּ) וְאַפֵּ"ה שָׁרֵי ר"ג מִשּׁוּם אֲוִיר מְחִיצּוֹת:
Ils divergent lorsqu'il est à l'arrêt. Et au moment où il s'arrête, leurs quatre amot leur sont acquis. (Selon les dernières formulations, c'est sur le moment de l'arrêt qu'ils ont divergé.) Et malgré cela, Rabban Gamliel permet, à cause de l'air des cloisons.
🗂️ Tossefot (1)
כִּי פְּלִיגִי בְּשֶׁעָמְדָה הַשְׁתָּא הָדַר בֵּיהּ מִמַּאי דְּקָאָמְרִינַן אִיכָּא בֵּינַייְהוּ שֶׁנִּפְחֲתוּ דָּופְנֵי הַסְּפִינָה וְקוֹפֵץ דְּהַשְׁתָּא לְרַבָּה נָמֵי מְהַלֵּךְ אֶת כֻּולָּהּ דְּמוֹדֶה רַבָּה לְרַבִּי זֵירָא בִּמְהַלֶּכֶת וא"ת דְּהָכָא לֵית לֵיהּ לְרַבָּה אַלִּיבָּא דִּשְׁמוּאֵל דִּמְחִיצּוֹת לְהַבְרִיחַ מַיִם עֲשׂוּיוֹת וּבְפֶרֶק כָּל גַּגּוֹת (לְקַמָּן עֵירוּבִין דַּף צ.) קָאָמַר שְׁמוּאֵל בִּסְפִינָה אֵין מְטַלְטְלִין בָּהּ אֶלָּא בְּד' אַמּוֹת מִשּׁוּם דִּמְחִיצּוֹת לְהַבְרִיחַ מַיִם עֲשׂוּיוֹת וְי"ל דְּהָתָם בִּיתֵירוֹת מִבֵּית סָאתַיִם וּמִטַּעַם לְהַבְרִיחַ מַיִם עֲשׂוּיוֹת לָא חֲשִׁיבָא כְּמֻוקֶּפֶת לְדִירָה וְהָכָא בְּפָחוֹת מִבֵּית סָאתַיִם דְּלָא בָּעֵינַן מֻוקֶּפֶת לְדִירָה אִי נָמֵי הָדַר בֵּיהּ כִּדְאָמְרִינַן הָתָם:
Maintenant, il se rétracte de ce que nous disions : il y a entre eux le cas où les parois du bateau ont été rompues, et celui qui saute. Car maintenant, selon Rabba aussi, on parcourt le tout, puisque Rabba convient avec Rabbi Zeira pour le bateau en marche. Et si tu dis : ici, Rabba, selon l'avis de Chemouel, ne tient pas que les cloisons sont faites pour repousser l'eau. Or au chapitre Kol Gagot (plus loin, Erouvin 90a), Chemouel dit : dans un bateau, on n'y porte que dans les quatre amot, parce que les cloisons sont faites pour repousser l'eau. On peut répondre : là-bas, c'est au-delà d'un beit se'atayim (surface de deux se'a). Et parce qu'elles sont faites pour repousser l'eau, l'enceinte ne compte pas comme faite pour l'habitation (moukefet le-dira). Ici, c'est en dessous d'un beit se'atayim, ou l'on n'exige pas qu'elle soit faite pour l'habitation. Ou encore : il s'est rétracté, comme nous le disons là-bas.
💡 Explication

Rabba réserve la raison de Rabbi Zeira au bateau en marche : le bateau le déplace, et la même Rabbi Akiva permet d'en parcourir le tout. La divergence avec Rabban Gamliel ne vise que l'arrêt. À l'arrêt, les quatre amot se fixent. Rabban Gamliel permet encore, par l'air des cloisons.

Tossefot : la différence pratique du daf précédent, parois rompues ou saut d'un bateau à l'autre, est retirée pour la marche. En marche, Rabba convient avec Rabbi Zeira. La parole de Chemouel à Erouvin 90a, cloisons faites pour l'eau, vise un bateau plus grand qu'un beit se'atayim, ou il faut une enceinte faite pour l'habitation. En dessous de cette mesure, on ne l'exige pas.

3
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: מַתְנִיתִין נָמֵי דַּיְקָא דְּבִמְהַלֶּכֶת לָא פְּלִיגִי. מִמַּאי? מִדְּקָתָנֵי: מַעֲשֶׂה שֶׁבָּאוּ מִפְּלַנְדַּרְסִין וְהִפְלִיגָה סְפִינָתָם בַּיָּם. רַבָּן גַּמְלִיאֵל וְרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה הָלְכוּ אֶת כֻּולָּהּ, וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ וְרַבִּי עֲקִיבָא לֹא זָזוּ מֵאַרְבַּע אַמּוֹת, שֶׁרָצוּ לְהַחֲמִיר עַל עַצְמָן.

Rav Nahman bar Yitshak dit : la michna aussi est précise, en ce que, pour le bateau en marche, ils ne divergent pas. D'où ?

De ce qu'elle enseigne : Il arriva qu'ils venaient de Pelandarsin, et leur bateau prit le large en mer. Rabban Gamliel et Rabbi Elazar ben Azarya en parcoururent le tout.

Rabbi Yehochoua et Rabbi Akiva ne bougèrent pas de quatre amot, car ils voulaient être stricts envers eux-mêmes.

💡 Explication

Rav Nahman bar Yitshak lit la michna du voyage depuis Pelandarsin. Le bateau a pris le large : il est en marche. Ceux qui restent dans quatre amot le font parce qu'ils voulaient être stricts.

4
אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא בִּמְהַלֶּכֶת לָא פְּלִיגִי — הַיְינוּ דְקָתָנֵי ״רָצוּ״, דִּילְמָא עָמְדָה.

Cela se tient, si tu dis que, pour le bateau en marche, ils ne divergent pas : c'est pour cela que le texte enseigne ils ont voulu. Peut-être s'est-il arrêté.

📜 Rachi (1)
הַייְנוּ דְקָתָנֵי רָצוּ לְהַחְמִיר דְּמַשְׁמַע דְּשָׁרֵי אֲפִילּוּ לְרַבִּי עֲקִיבָא אַלְמָא כִּי אָסְרִי לָאו בִּמְהַלֶּכֶת אָסְרִי לכ"ע וְאִינְהוּ הוּא דְּאַחְמוּר אַנַּפְשַׁיְיהוּ דְּדִלְמָא עָמְדָה פִּתְאוֹם וְלָאו אַדַּעְתָּן:
C'est pour cela que le texte enseigne : ils ont voulu être stricts. Le sens est que c'est permis, même selon Rabbi Akiva. Donc, lorsqu'ils interdisent, ils n'interdisent pas, pour tout le monde, le bateau en marche. Eux ont été stricts pour eux-mêmes, de peur qu'il s'arrête soudain, à leur insu.
💡 Explication

Le mot ils ont voulu marque une houmera. Selon Rabbi Akiva lui-même, la marche du bateau est permise. La crainte : un arrêt soudain, sans qu'ils le sachent. Les quatre amot se fixeraient alors.

5
אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ פְּלִיגִי, הַאי ״רָצוּ לְהַחְמִיר״ — אִיסּוּרָא הוּא!

Mais si tu dis qu'ils divergent, ce ils ont voulu être stricts, c'est un interdit.

📜 Rachi (1)
אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ בְּשֶׁעָמְדָה דִּבְרֵי הַכֹּל אָסוּר דִּמְחִיצּוֹת לָא חֲשִׁיבֵי וּבִמְהַלֶּכֶת הוּא דִּפְלִיגִי מַאי רָצוּ הָא לְר' עֲקִיבָא וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֵּין מְהַלֶּכֶת בֵּין עָמְדָה אִיסּוּרָא הוּא:
Mais si tu dis : à l'arrêt, c'est interdit selon tout le monde, car les cloisons ne comptent pas ; et c'est en marche qu'ils divergent. Que vient faire ils ont voulu ? Pour Rabbi Akiva et Rabbi Yehochoua, bateau en marche ou bateau à l'arrêt, c'est un interdit.
🗂️ Tossefot (1)
הַאי רָצוּ אִיסּוּרָא הוּא וְרַבִּי זֵירָא לֹא חָשׁ לְאוֹתָהּ קֻושְׁיָא וּמְפָרֵשׁ שֶׁרָצוּ לְהַחֲמִיר עַל עַצְמָן כִּשְׁמַעְתַּייְהוּ אִי נָמֵי הָיָה סוֹבֵר ר' זֵירָא דְּאֵין תְּחוּמִין לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה וְרָצוּ מִשּׁוּם שֶׁמָּא תְּהַלֵּךְ בִּרְקָק כִּדְאָמְרִינַן בְּסָמוּךְ:
Ce ils ont voulu est un interdit. Et Rabbi Zeira ne s'est pas arrêté à cette difficulté. Il explique : ils ont voulu être stricts envers eux-mêmes, selon leur tradition. Ou encore : Rabbi Zeira tenait qu'il n'y a pas de tehoumin au-dessus de dix, et ils ont voulu [être stricts] de peur que le bateau aille dans le rakak, comme nous le disons tout à l'heure.
💡 Explication

Si la divergence portait déjà sur la marche, Rabbi Yehochoua et Rabbi Akiva seraient dans un interdit. La michna ne parlerait pas d'une volonté d'être strict.

Tossefot : Rabbi Zeira laisse cette difficulté. Soit ils ont été stricts selon leur propre tradition. Soit, s'il n'y a pas de tehoumin au-dessus de dix, leur houmera vise seulement le rakak.

6
אָמַר רַב אַשִּׁי: מַתְנִיתִין נָמֵי דַּיְקָא, דְּקָתָנֵי: סְפִינָה, דֻּומְיָא דְּדִיר וְסַהַר. מַה דִּיר וְסַהַר — דִּקְבִיעִי, אַף סְפִינָה נָמֵי דִּקְבִיעָא.

Rav Achi dit : la michna aussi est précise, car elle enseigne le bateau sur le modèle du dir et du sahar. De même que le dir et le sahar sont fixes, de même le bateau dont il s'agit est fixe.

📜 Rachi (1)
דַּיְקָא נָמֵי דִּבְעָמְדָה פְּלִיגִי:
Elle est précise aussi : ils divergent lorsqu'il est à l'arrêt.
💡 Explication

Deuxième lecture, par Rav Achi. La michna aligne le bateau sur le dir et le sahar, qui ne bougent pas. Le cas disputé est donc le bateau fixe, à l'arrêt.

7
אֲמַר לֵיהּ רַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרָבָא לְרַב אָשֵׁי: הִלְכְתָא כְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל בִּסְפִינָה, הִלְכְתָא מִכְּלָל דִּפְלִיגִי!

Rav Aha, fils de Rava, dit à Rav Achi : La halakha est comme Rabban Gamliel pour le bateau. Halakha implique qu'ils divergent.

📜 Rachi (1)
מִכְּלָל דִּפְלִיגִי בִּסְפִינָה בִּתְמִיהַּ וְהָא רָצוּ קָתָנֵי וּמְנָא לְהוּ לְרַב וּשְׁמוּאֵל דִּפְלִיגִי בִּסְפִינָה:
Cela implique qu'ils divergent : au sujet du bateau, sur le ton de l'étonnement. Or le texte enseigne ils ont voulu. Et d'où Rav et Chemouel tiennent-ils qu'on diverge au sujet du bateau ?
💡 Explication

Le mot halakha, dans la parole de Rav et de Chemouel au daf précédent, suppose un débat réel. Le mot ils ont voulu semblait dire le contraire. Rav Aha demande d'où vient la divergence.

8
אִין, וְהָתַנְיָא חֲנַנְיָא (בֶּן אֲחִי רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ) אוֹמֵר: כָּל אוֹתוֹ הַיּוֹם יָשְׁבוּ וְדָנוּ בִּדְבַר הֲלָכָה, אֶמֶשׁ הִכְרִיעַ אֲחִי אַבָּא הֲלָכָה כְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל בִּסְפִינָה, וַהֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא בְּדִיר וְסַהַר.

Oui. Et on enseigne une baraïta : Hanania (fils du frère de Rabbi Yehochoua) dit : Tout ce jour-là, ils siégèrent et discutèrent d'une question de halakha.

Le soir, le frère de mon père trancha : la halakha est comme Rabban Gamliel pour le bateau, et la halakha est comme Rabbi Akiva pour le dir et le sahar.

📜 Rachi (6)
אִין וְהָתַנְיָא בְּנִיחוּתָא וּפְלִיגִי בְּשֶׁעָמְדָה וְהָא דְּקָתָנֵי רָצוּ אַמְּהַלֶּכֶת:
Oui, et on enseigne : sur le ton de l'acquiescement. Ils divergent lorsque le bateau est à l'arrêt. Et ce que le texte enseigne, ils ont voulu, vise le bateau en marche.
רַבִּי חֲנַנְיָא בֶּן אֲחִי רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ:
Rabbi Hanania, fils du frère de Rabbi Yehochoua.
(הֲלָכָה כְּר"ג בִּסְפִינָה כְּעֵין סְפִינָתוֹ שֶׁהָיְתָה מְהַלֶּכֶת דְּלָא חָייְשִׁינַן לְשֶׁמָּא עָמְדָה וּמִיהוּ אֲפִילּוּ בְּשֶׁעָמְדָה פְּלִיג רַבָּן גַּמְלִיאֵל דֻּומְיָא דְּדִיר וְסַהַר וְאֵין הֲלָכָה כְּמוֹתוֹ אֶלָּא בִּמְהַלֶּכֶת אֲבָל עָמְדָה דְּהַיְינוּ דִּיר וְסַהַר הֲלָכָה כְּר' עֲקִיבָא):
La halakha est comme Rabban Gamliel pour le bateau : à la manière de son bateau, qui était en marche. Nous ne craignons pas un arrêt. Toutefois, même à l'arrêt, Rabban Gamliel diverge, sur le modèle du dir et du sahar. Et la halakha n'est comme lui que pour la marche. Pour l'arrêt, qui revient au dir et au sahar, la halakha est comme Rabbi Akiva.
כָּל אוֹתוֹ הַיּוֹם שֶׁהָיוּ בַּסְּפִינָה:
Tout ce jour-là : pendant qu'ils étaient dans le bateau.
אֲחִי אַבָּא רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ:
Le frère de mon père : Rabbi Yehochoua.
אֶמֶשׁ לְעָרֵב:
Le soir : vers le soir.
🗂️ Tossefot (1)
הֲלָכָה כְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל בִּסְפִינָה פָּסַק רַשְׁבָּ"ם דְּמֻותָּר לִיכָּנֵס בִּסְפִינָה מבע"י בְּעֶרֶב שַׁבָּת אֲפִילּוּ שֶׁהַסְּפִינָה הוֹלֶכֶת חוּץ לַתְּחוּם בְּשַׁבָּת דִּסְפִינָה מִמֵּילָא אָזְלָא וְאִיהוּ לָא מִידֵּי עֲבִיד וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יֵצֵא חוּץ לַסְּפִינָה וְהַסְּפִינָה כֻּולָּהּ כְּאַרְבַּע אַמּוֹת וְהָא דְּתַנְיָא סוֹף פ"ק דְּשַׁבָּת (דַּף יט.) אֵין מַפְלִיגִין בִּסְפִינָה פָּחוֹת מִשְּׁלֹשָׁה יָמִים אָתְיָא כב"ש דְּלָא שָׁרוּ לַעֲשׂוֹת מְלָאכָה בְּעֶרֶב שַׁבָּת אֶלָּא בִּכְדֵי שֶׁיַּעֲשׂוּ מִבְּעוֹד יוֹם אֲבָל לב"ה דְּשָׁרוּ עִם הַשֶּׁמֶשׁ אע"פ שֶׁהַמְּלָאכָה נַעֲשֵׂית בְּשַׁבָּת שָׁרִי לִיכָּנֵס ואע"ג דִּבְהָהִיא בָּרַייְתָא פְּלִיגִי רַבִּי וְרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אַלִּיבָּא דב"ש פְּלִיגִי וְכֵן מַשְׁמַע בִּירוּשַׁלְמִי דְּהַךְ בָּרַייְתָא כב"ש דְּקָתָנֵי אֵין מַפְלִיגִין לַיָּם הַגָּדוֹל לֹא בַּחֲמִישִׁי וְלֹא בְּעֶרֶב שַׁבָּת ב"ש אוֹמְרִים אַפֵּי' בָּרְבִיעִי וב"ה מַתִּירִין מַשְׁמַע דְּשָׁרֵי אַפֵּי' בְּעֶרֶב שַׁבָּת וְקָאֵי את"ק דְּאִי אַבֵּית שַׁמַּאי הַיְינוּ ת"ק וְעוֹד פָּסַק רַשְׁבָּ"ם שָׁאפֵי' בְּשַׁבָּת שָׁרִי לִיכָּנֵס כֵּיוָן דְּלָאו מִידֵּי קָא עָבֵיד אַךְ אֵין לוֹ אֶלָּא אַרְבַּע אַמּוֹת כֵּיוָן דְּלֹא שָׁבַת בַּאֲוִיר מְחִיצּוֹת מִבְּעוֹד יוֹם ואע"ג דב"ה לָא שָׁרוּ אֶלָּא עִם הַשַּׁמָּשׁ אֲבָל בְּשַׁבָּת לֹא הַייְנוּ מִשּׁוּם דְּדָמֵי לַאֲמִירָה דְּנָכְרִי שְׁבוּת וְאֵין נִרְאֶה דִּבְפֶרֶק תּוֹלִין (שַׁבָּת דַּף קלט:) מַשְׁמַע דְּאָסוּר גַּבֵּי הַהוּא צוּרְבָּא מֵרַבָּנַן דְּאָזֵיל וְנָייֵם בְּמַבָּרָא וַעֲבַר לְאִידָךְ גִּיסָא וְסָיַיר פִּירֵי וְאָמַר לְמֵינַם קָא מִיכַּווְּנָא וְשָׁרִי מִשּׁוּם דְּהַעֲרָמָה דְּרַבָּנָן הוּא וְצֻורְבָּא מֵרַבָּנַן לָא אָתֵי לְמִיעְבַּד לְכַתְּחִילָּה מַשְׁמַע דְּאָסוּר לְכַתְּחִילָּה וַאֲפִילּוּ לְתוֹךְ הַתְּחוּם מִדְּאֵין מַזְכִּיר שֵׁם יְצִיאָתוֹ חוּץ לַתְּחוּם וּמַשְׁמַע דְּסַיֵּיר פֵּירֵי לֵית בּוֹ אִיסּוּרָא דְּאַפֵּי' בְּשָׂכָר שָׁרִי כִּדְאָמְרִינַן (שָׁם ד' קנא.) שְׁמֹור לִי פֵּירוֹתַי שֶׁבִּתְחֻומְּךָ וַאֲנִי אֶשְׁמֹור פֵּירוֹתֶיךָ שֶׁבִּתְחוּמִי וְטַעַם שֶׁאָסוּר לִיכָּנֵס בִּסְפִינָה אוֹמֵר ריצב"א מִשּׁוּם דְּדָמֵי לְשָׁט בַּנָּהָר וְאָסוּר גְּזֵירָה שֶׁמָּא יַעֲשֶׂה חָבִית שֶׁל שַׁייָּטִין אִי נָמֵי שֶׁמָּא יַנְהִיג הַסְּפִינָה וְהָוֵי כְּמוֹלִיכָהּ אַרְבַּע אַמּוֹת בְּכַרְמְלִית וריצב"א מְדַקְדֵּק נָמֵי מִיְּרוּשַׁלְמִי שֶׁהֵבֵאתִי שֶׁאָסוּר לִיכָּנֵס בִּסְפִינָה בְּשַׁבָּת מִדְּלָא קָאָמַר ת"ק לֹא בַּשַּׁבָּת וְלֹא בְּעֶרֶב שַׁבָּת דַּהֲוָה מַשְׁמַע דב"ה מַתִּירִין אֲפִילּוּ בְּשַׁבָּת כִּי הֵיכִי דִּנְקַט וְלֹא בְּעֶרֶב שַׁבָּת מִשּׁוּם ב"ה ואור"י דְּאוֹתָן בְּנֵי אָדָם שֶׁמַּדְלִיקִין נֵרוֹת בִּסְפִינָה בְּעֶרֶב שַׁבָּת וְאוֹכְלִין שָׁם וְסוֹמְכִין עַל כָּךְ לְהַפְלִיג בִּסְפִינָה בְּשַׁבָּת לָא שַׁפִּיר עָבְדִי דְּסוֹף סוֹף הֵם מַפְלִיגִין בְּשַׁבָּת וּמַה שֶׁפֵּירֵשׁ רַשְׁבָּ"ם שֶׁמִּי שֶׁנִּכְנַס בִּסְפִינָה בְּשַׁבָּת אֵין לוֹ אֶלָּא אַרְבַּע אַמּוֹת אֵין נִרְאֶה דְּקַיְימָא לָן כְּרַב דְּאָמַר אֲפִילּוּ דִּיר וְסַהַר דְּלֹא שָׁבַת בַּאֲוִיר מְחִיצּוֹת הֲלָכָה כְּר"ג מִדְּפָרִיךְ לְקַמָּן (עֵירוּבִין ד' מד.) בִּפְשִׁיטוּת גַּבֵּי נְחֶמְיָה בֶּן חֲנִילַאי פְּשִׁיטָא דִּבְלָא מָלוּ גַּבְרֵי עָסְקִינַן דְּאִי בִּדְמָלוּ מַאי תִּיבְּעֵי וְהָאָמַר רַב הֲלָכָה כר"ג בְּדִיר וְסַהַר וּלְקַמָּן (עֵירוּבִין ד' מז:) נָמֵי גַּבֵּי הָנְהוּ דִּכְרֵי דַּאֲתוֹ לִמְבָרַכְתָּא דְּחָשְׁבִינַן כָּל הָעִיר כְּאַרְבַּע אַמּוֹת הַייְנוּ כְּרַב אע"ג דְּרַב חֲנַנְאֵל פְּסִיק כִּשְׁמוּאֵל וְהֵבִיא רְאָיָה מֵחֲנַנְיָה דְּאָמַר אֶמֶשׁ הִכְרִיעַ (בֵּן) אֲחִי אַבָּא כו' אֵין הֲלָכָה כֵּן דְּהָא אָמְרִינַן בְּשַׁבָּת פֶּרֶק כִּירָה (שַׁבָּת ד' מ.) הַכְרָעָה דְּבָרַיְיתָא לָאו הַכְרָעָה הִיא וְעוֹד דַּאֲחִי אַבָּא רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ וְהַחוֹלֵק אֵינוֹ יָכוֹל לְהַכְרִיעַ וְכֵן פָּסַק רַב אִלְפָּס דְּקַיְימָא לַן כְּרַב בְּאִיסּוּרֵי וְעוֹד רָצָה רַשְׁבָּ"ם לְהַתִּיר לִיכָּנֵס בְּקָרוֹן בְּשַׁבָּת וְנָכְרִי מוֹלִיכוֹ חוּץ לַתְּחוּם וְחָזַר בּוֹ מִשּׁוּם שֶׁמָּא יִפְגְּעוּ בּוֹ לִיסְטִים אוֹ שֶׁמָּא יִשְׁכַּח וְיֵרֵד וְאֵין לוֹ אֶלָּא אַרְבַּע אַמּוֹת וְאוֹמֵר רִ"י דַּאֲפִילּוּ לִיכָּנֵס בּוֹ בְּעֶרֶב שַׁבָּת אָסוּר דְּדַוְקָא בִּסְפִינָה שָׁרִי לִיכָּנֵס בְּעֶרֶב שַׁבָּת אֲבָל הָכָא כֵּיוָן דְּאֶפְשָׁר לוֹ לֵירֵד אָסוּר מִיהוּ בִּסְפִינָה אֵין לוֹ לְהַחְמִיר אֲפִילּוּ נִזְדַּמֵּן לוֹ יְבֵשָׁה שֶׁיָּכוֹל לֵירֵד לָא פְלוּג רַבָּנַן בִּסְפִינָה וְעוֹד אִם בְּהֵמָה מַנְהִיג בְּקָרוֹן פְּשִׁיטָא דְּאָסוּר לְהִשְׁתַּמֵּשׁ בְּבַעֲלֵי חַיִּים שֶׁמָּא יַחְתֹּוךְ זְמוֹרָה:
Le Rachbam a tranché : il est permis de monter dans un bateau tant qu'il fait jour, la veille de Chabbat, même si le bateau va hors du tehoum le Chabbat. Car le bateau avance de lui-même, et lui ne fait rien. À condition qu'il ne sorte pas hors du bateau : tout le bateau compte comme quatre amot. Et ce qu'enseigne une baraïta à la fin du premier chapitre de Chabbat (19a) : on ne prend pas le large en bateau moins de trois jours avant, suit Beit Chammaï, qui ne permettent un travail la veille de Chabbat que s'il peut être achevé tant qu'il fait jour. Mais selon Beit Hillel, qui permettent avec le soleil, bien que le travail s'accomplisse le Chabbat, il est permis de monter. Et bien que, dans cette baraïta, Rabbi et Rabban Chimon ben Gamliel divergent, ils divergent selon l'avis de Beit Chammaï. Le Yerouchalmi indique de même que cette baraïta suit Beit Chammaï. On y enseigne : on ne prend pas le large vers la grande mer, ni le jeudi ni la veille de Chabbat. Beit Chammaï disent : même le mercredi. Beit Hillel permettent. Il en ressort que c'est permis même la veille de Chabbat. Et cela porte sur le premier tanna. Si cela portait sur Beit Chammaï, on retrouverait le premier tanna. En outre, le Rachbam a tranché : même le Chabbat, il est permis de monter, puisqu'il ne fait rien. Seulement, il n'a que quatre amot, puisqu'il n'a pas fixé sa chevita dans l'air des cloisons tant qu'il fait jour. Et bien que Beit Hillel ne permettent qu'avec le soleil, et non le Chabbat : cela tient à la ressemblance avec une parole adressée à un non-Juif, qui est un chevout (interdit rabbinique). Et cela ne tient pas. Car au chapitre Tole (Chabbat 139b), l'interdit ressort, au sujet de ce jeune savant qui allait, s'endormait dans le bac, passait de l'autre bord et inspectait des fruits, et disait : mon intention était de dormir. On le permet, parce que la ruse (ha'arama) porte sur du rabbinique, et un jeune savant n'en viendra pas à le faire dès l'abord (lekhathila). Il en ressort que dès l'abord c'est interdit, même à l'intérieur du tehoum, puisque le passage ne mentionne pas sa sortie hors du tehoum. Et il en ressort que l'inspection des fruits ne comporte pas d'interdit : même contre salaire c'est permis, comme on le dit là-bas (Chabbat 151a) : garde mes fruits qui sont dans ton tehoum, et je garderai tes fruits qui sont dans mon tehoum. Et la raison de l'interdit de monter dans un bateau, le Ritsba la dit ainsi : cela ressemble à qui flotte sur le fleuve, et c'est interdit, décret (gezera) de peur qu'il fasse un tonneau de nage (havit chel chayatin). Ou encore, de peur qu'il conduise le bateau : ce serait le mener quatre amot dans un karmelit. Le Ritsba tire aussi, du Yerouchalmi cité, qu'il est interdit de monter dans un bateau le Chabbat. Le premier tanna ne dit pas : ni le Chabbat, ni la veille de Chabbat. Cette formule aurait indiqué que Beit Hillel permettent même le Chabbat, de la même façon qu'il a dit ni la veille de Chabbat à cause de Beit Hillel. Et le Ri dit : ces gens qui allument des lampes dans le bateau la veille de Chabbat, y mangent, et s'appuient là-dessus pour prendre le large le Chabbat, n'agissent pas comme il faut. Car en fin de compte ils prennent le large le Chabbat. Et ce qu'a expliqué le Rachbam, que celui qui monte dans un bateau le Chabbat n'a que quatre amot, ne tient pas. Car nous tenons comme Rav, qui a dit : même pour le dir et le sahar, là où il n'a pas fixé sa chevita dans l'air des cloisons, la halakha est comme Rabban Gamliel. De ce que, plus loin (Erouvin 44a), on objecte simplement au sujet de Nehemia ben Hanilaï : il est évident que nous traitons du cas où les hommes ne suffisent pas (belo milu gavrei). Car s'ils suffisaient, quelle question y aurait-il ? Or Rav a dit : la halakha est comme Rabban Gamliel pour le dir et le sahar. Et plus loin aussi (Erouvin 47b), au sujet de ces béliers venus à Mavrakhta, où l'on compte toute la ville comme quatre amot : c'est selon Rav. Bien que Rav Hananel tranche comme Chemouel, et apporte une preuve de Hanania qui a dit : le soir à tranché (le fils du) frère de mon père, etc. La halakha ne va pas ainsi. Car nous disons à Chabbat, chapitre Kira (Chabbat 40a) : une décision (hakhra'a) dans une baraïta n'est pas une décision. Et encore : le frère de mon père, c'est Rabbi Yehochoua, et celui qui est partie à la divergence ne peut pas trancher. Et ainsi a tranché le Rav Alfas : nous tenons comme Rav dans les interdits. Et encore, le Rachbam voulait permettre de monter dans un chariot le Chabbat, un non-Juif le menant hors du tehoum. Il s'est ravisé : de peur que des brigands le rencontrent, ou de peur qu'il oublie et descende, auquel cas il n'a que quatre amot. Et le Ri dit : même y monter la veille de Chabbat est interdit. Car c'est le bateau, précisément, où il est permis de monter la veille de Chabbat. Ici, puisqu'il peut descendre, c'est interdit. Toutefois, pour le bateau, il n'y a pas lieu d'être strict, même si une terre ferme se présente où il peut descendre : les Sages n'ont pas distingué à l'intérieur du bateau. Et encore : si une bête mène le chariot, l'interdit est évident. Il est interdit de se servir d'êtres vivants, de peur de couper un sarment.
💡 Explication

Rav Achi accorde la divergence. La baraïta de Hanania la raconte : discussion tout le jour, décision le soir. Rabbi Yehochoua tranche : Rabban Gamliel pour le bateau, Rabbi Akiva pour le dir et le sahar.

Rachi lit ils ont voulu sur la marche. La halakha comme Rabban Gamliel ne vise que le bateau en marche. À l'arrêt, on suit Rabbi Akiva, comme pour le dir et le sahar.

Tossefot rapportent le Rachbam : monter la veille de Chabbat est permis, le bateau avançant de lui-même. Monter le Chabbat même est disputé. Le Ri et le Ritsba retiennent l'interdit dès l'abord, sur le modèle de qui flotte sur le fleuve. Dans les interdits, on tient comme Rav. Une hakhra'a de baraïta ne tranche pas, et Rabbi Yehochoua, partie au débat, ne décide pas contre lui-même.

9
בָּעֵי רַב חֲנַנְיָא: יֵשׁ תְּחוּמִין לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה, אוֹ אֵין תְּחוּמִין לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה?

Rav Hanania a posé une question : y a-t-il des tehoumin au-dessus de dix, ou n'y a-t-il pas de tehoumin au-dessus de dix ?

📜 Rachi (1)
יֵשׁ תְּחוּמִין אִיסּוּר תְּחוּמִין לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה כְּדִמְפָרֵשׁ וְאָזֵיל:
Il y a des tehoumin : l'interdit des tehoumin au-dessus de dix, comme la suite l'explique.
💡 Explication

Nouvelle question. Dix : dix tefahim au-dessus du sol. En dessous, l'interdit des tehoumin (les deux mille amot du Chabbat) a sa place. Rav Hanania demande s'il a encore sa place au-dessus.

10
עַמּוּד גָּבוֹהַּ עֲשָׂרָה וְרָחָב אַרְבָּעָה, לָא תִּיבָּעֵי לָךְ — דְּאַרְעָא סַמֵּיכְתָּא הִיא.

Un pilier haut de dix et large de quatre : tu n'as pas à le demander, car c'est une terre épaisse.

📜 Rachi (1)
בְּעַמּוּד גָּבוֹהַּ עֲשָׂרָה וְרָחָב אַרְבָּעָה וְנִכְנַס רֹאשׁוֹ אֶחָד לְתוֹךְ הַתְּחוּם לָא תִּיבָּעֵי לָךְ דְּאִיסּוּר תְּחוּמִין נוֹהֵג בּוֹ וְלֹא יַעֲלֶה עַל רֹאשׁוֹ שֶׁבְּתוֹךְ הַתְּחוּם וְיֵצֵא לְרֹאשׁוֹ אַחֵר דְּהָא חֲזִי לְהִילּוּךְ וְהִילּוּךְ מְעַלְּיָא הוּא:
Un pilier haut de dix et large de quatre, dont une extrémité entre dans le tehoum : tu n'as pas à le demander. L'interdit des tehoumin s'y applique. Il ne montera pas sur l'extrémité qui est dans le tehoum pour sortir vers l'autre extrémité. Car il est propre à la marche, et c'est une marche véritable.
💡 Explication

Terre épaisse (ar'a semikhta) : le pilier a le statut du sol. Quatre tefahim de large suffisent pour une marche. On ne gagne pas, par ce pilier, le côté hors du tehoum.

🖼️ Schéma
Le pilier large se lit comme le sol sol dans le tehoum hors du tehoum pilier haut 10, large 4 marche véritable Une extrémité est dans le tehoum. On ne gagne pas l'autre bout en marchant dessus.
Le pilier enjambe la limite. Large de quatre, il se marche comme le sol.
11
כִּי תִּיבָּעֵי לָךְ, בְּעַמּוּד גָּבוֹהַּ עֲשָׂרָה וְאֵינוֹ רָחָב אַרְבָּעָה. אִי נָמֵי, דְּקָאֲזִיל בִּקְפִיצָה.

Là où tu as à demander : un pilier haut de dix, qui n'est pas large de quatre. Ou encore, lorsqu'il avance par un saut.

📜 Rachi (2)
וְאֵין רָחָב ד' דְּלָא נִיחָא תַּשְׁמִישְׁתֵּיהּ:
Et il n'est pas large de quatre : son usage n'est pas aisé.
בִּקְפִיצָה בְּשֵׁם מִי הָוֵי הִילּוּךְ אִי לָא. סְתָם סְפִינָה לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה מְהַלֶּכֶת וְאֵינָהּ נָחָה וְדָמֵי לִקְפִיצָה בָּאֲוִיר וְאַפֵּ"ה אָסוּר:
Par un saut : cela porte-t-il le nom de marche, ou non ? Un bateau ordinaire marche au-dessus de dix et ne se pose pas. Il ressemble à un saut dans l'air. Et malgré cela, c'est interdit.
💡 Explication

Deux cas ouverts. Le pilier étroit : on s'y tient mal, la marche n'est plus évidente. Le saut : le corps passe dans l'air, au-dessus de dix. Rachi rapproche le bateau ordinaire, qui ne se pose pas, de ce saut, et rappelle que l'interdit à pourtant été dit.

12
לִישָּׁנָא אַחְרִינָא: בִּסְפִינָה, מַאי?

Autre version : pour un bateau, qu'en est-il ?

💡 Explication

Deuxième formulation de la question. Elle vise le bateau directement : il circule au-dessus de dix, au-dessus du fond.

13
אָמַר רַב הוֹשַׁעְיָא, תָּא שְׁמַע: מַעֲשֶׂה שֶׁבָּאוּ מִפְּלַנְדַּרְסִין וְהִפְלִיגָה סְפִינָתָם בַּיָּם וְכוּ׳, אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא יֵשׁ תְּחוּמִין — מִשּׁוּם הָכִי רָצוּ. אֶלָּא, אִי אָמְרַתְּ אֵין תְּחוּמִין — אַמַּאי רָצוּ?!

Rav Hochaya dit : Viens et écoute. Il arriva qu'ils venaient de Pelandarsin, et leur bateau prit le large en mer, etc.

Cela se tient, si tu dis qu'il y a des tehoumin : c'est pour cela qu'ils ont voulu. Mais si tu dis qu'il n'y a pas de tehoumin : pourquoi ont-ils voulu ?

📜 Rachi (1)
אַמַּאי רָצוּ הָא אֵין בּוֹ שׁוּם אִיסּוּר אַפֵּי' עָמְדָה:
Pourquoi ont-ils voulu : il n'y a là aucun interdit, même s'il s'arrête.
💡 Explication

Première preuve, tirée du même fait de Pelandarsin. La houmera n'a de sens que si l'interdit des tehoumin atteint le bateau, au-dessus de dix. Rachi : même l'arrêt du bateau, là-haut, resterait sans interdit.

14
כִּדְאָמַר רָבָא — בִּמְהַלֶּכֶת בִּרְקָק, הָכָא נָמֵי — בִּמְהַלֶּכֶת בִּרְקָק.

Comme l'a dit Rava : lorsqu'il avance dans le rakak. Ici de même : lorsqu'il avance dans le rakak.

📜 Rachi (1)
בִּרְקָק פָּחוֹת מֵעֲשָׂרָה רְקָק בְּלַעַ"ז גרבל"א:
Dans le rakak : moins de dix. Rakak, en laaz : gravelle.
💡 Explication

La réponse attend la formule de Rava, dite plus bas sur le port. Rakak : eau dont le fond est à moins de dix tefahim. Le bateau reste dans la zone où les tehoumin s'appliquent. La houmera ne prouve plus rien sur l'espace au-dessus de dix.

🖼️ Schéma
Rakak : le fond reste à moins de dix dix tefahim depuis le fond eau profonde rakak, gravelle fond Dans le rakak, les tehoumin s'appliquent. La houmera de la michna se comprend.
Au-dessus de la ligne, l'eau est profonde. Dans le rakak, le fond est à moins de dix.
15
תָּא שְׁמַע: פַּעַם אַחַת לֹא נִכְנְסוּ לַנָּמָל עַד שֶׁחָשֵׁיכָה וְכוּ׳. אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא יֵשׁ תְּחוּמִין — שַׁפִּיר, אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ אֵין תְּחוּמִין — כִּי לֹא הָיִינוּ בְּתוֹךְ הַתְּחוּם, מַאי הָוֵי!

Viens et écoute : Une fois, ils n'entrèrent au port qu'une fois la nuit venue, etc. Cela se tient, si tu dis qu'il y a des tehoumin.

Mais si tu dis qu'il n'y a pas de tehoumin : si nous n'étions pas dans le tehoum, qu'est-ce que cela ferait ?

⚖️ Rosh (1)
מַתְנֵי' פַּעַם אַחַת לֹא נִכְנְסוּ לַנָּמָל עַד שֶׁחָשֵׁיכָה אָמְרוּ לוֹ לר"ג מֶה אָנוּ לֵירֵד אָמַר לָהֶם מֻותָּרִים אַתֶּם שֶׁכְּבָר הָיִיתִי מִסְתַּכֵּל וְהָיִינוּ בְּתוֹךְ הַתְּחוּם עַד שֶׁלֹּא חָשֵׁיכָה:
Michna : Une fois, ils n'entrèrent au port qu'une fois la nuit venue. Ils dirent à Rabban Gamliel : qu'en est-il pour nous, de descendre ? Il leur dit : il vous est permis, car j'observais déjà, et nous étions dans le tehoum avant que la nuit vienne.
💡 Explication

Deuxième preuve, le fait du port. Descendre dépend de la réponse de Rabban Gamliel : étaient-ils dans le tehoum avant la nuit ? Si l'interdit s'arrêtait à dix tefahim, être hors du tehoum ne changerait rien à la descente.

Le Roch cite ici la michna en clair : il leur est permis, car il avait déjà regardé, et ils étaient dans le tehoum avant la nuit.

16
אָמַר רָבָא: בִּמְהַלֶּכֶת בִּרְקָק.

Rava dit : lorsqu'il avance dans le rakak.

💡 Explication

Rava ramène le port au même rakak. L'eau a moins de dix tefahim de fond. Savoir s'ils étaient dans le tehoum redevient la question décisive.

17
תָּא שְׁמַע: הָנֵי שָׁב שְׁמַעְתָּא דְּאִיתְאַמְרָן בְּצַפְרָא בְּשַׁבְּתָא קַמֵּיהּ דְּרַב חִסְדָּא בְּסוּרָא, בַּהֲדֵי פַּנְיָא בְּשַׁבְּתָא קַמֵּיהּ דְּרָבָא בְּפֻומְבְּדִיתָא.

Viens et écoute : ces sept enseignements qui furent dits le matin du Chabbat devant Rav Hisda à Soura, et vers le soir du Chabbat devant Rava à Poumbedita.

💡 Explication

Troisième preuve. Sept chemata (enseignements) font, le même Chabbat, le trajet de Soura à Poumbedita. La suite demande qui les a portés.

18
מַאן אַמְרִינְהוּ? לָאו אֵלִיָּהוּ אַמְרִינְהוּ? אַלְמָא אֵין תְּחוּמִין לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה! לֹא, דִּלְמָא יוֹסֵף שֵׁידָא אַמְרִינְהוּ.

Qui les a dits ? N'est-ce pas Eliyahou qui les a dits ?

Il en ressort qu'il n'y a pas de tehoumin au-dessus de dix. Non.

Peut-être Yosef le ched les a-t-il dits.

📜 Rachi (1)
יוֹסֵף שֵׁידָא דְּלָא מִינְּטַר שַׁבְּתָא:
Yosef le ched : qui ne garde pas le Chabbat.
⚖️ Rosh (1)
פָּסַק רַשְׁבָּ"ם דְּמֻותָּר לִיכָּנֵס בִּסְפִינָה מִבְּעוֹד יוֹם אע"פ שֶׁהוֹלֶכֶת בְּשַׁבָּת מִחוּץ לַתְּחוּם. דִּסְפִינָה מִמֵּילָא אָזְלָא וְאִיהוּ לָא מִידִי עֲבִיד וּבְשַׁבָּת נָמֵי מֻותָּר לִיכָּנֵס בָּהּ דְּלָאו מִידִי עֲבִיד בִּכְנִיסָתוֹ לְתוֹכָהּ. וְהָא דְּאָמְרִינַן בְּפֶרֶק קַמָּא דְּשַׁבָּת דַּף יט. אֵין מַפְלִיגִין בִּסְפִינָה פָּחוֹת מִשְּׁלֹשָׁה יָמִים קֹודֶם הַשַּׁבָּת אָתְיָא כְּבֵית שַׁמַּאי דְּלָא שָׁרוּ לְהַתְחִיל מְלָאכָה מֵעֶרֶב שַׁבָּת אֶלָּא כְּדֵי שֶׁתֵּיעָשֶׂה מִבְּעוֹד יוֹם. אֲבָל בֵּית הִלֵּל דְּשָׁרוּ עִם הַשַּׁמָּשׁ שָׁרוּ אֲפִילּוּ לִיכָּנֵס בָּהּ בְּשַׁבָּת דְּהָא לָא עֲבִיד מִידִי בִּכְנִיסָתוֹ וְכִי תּוּ הֲדַר מַמְטְיָא לֵיהּ חוּץ לַתְּחוּם לָאו מִידִי עֲבִיד. וְאֵין נִרְאֶה לִי דְּבָרָיו בָּזֶה דע"כ ל"פ ב"ש וב"ה אֶלָּא בִּדְבָרִים שֶׁאָסוּר לַעֲשׂוֹתָן בְּשַׁבָּת דְּבֵית הִלֵּל שָׁרוּ עִם חֲשֵׁכָה וּבֵית שַׁמַּאי בָּעוּ שֶׁתֵּיעָשֶׂה מְלָאכָה מִבְּעוֹד יוֹם. אֲבָל אִי שָׁרִי לִיכָּנֵס בִּסְפִינָה בְּשַׁבָּת בְּהָא לֹא שַׁיָּיךְ פְּלֻוגְתַּייְהוּ בע"ש. וּבִירוּשַׁלְמִי מַשְׁמַע דְּלָא כְּוָותֵיהּ דְּגֵר' בִּירוּשַׁלְמִי פֶּרֶק קַמָּא דְּשַׁבָּת פִּיסְקָא א' אֵין מַפְלִיגִין בִּסְפִינָה לֹא בע"ש וְלֹא בַּחֲמִישִׁי בְּשַׁבָּת. בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים אַף בָּרְבִיעִי. וּבֵית הִלֵּל מַתִּירִין. וְהָא דְּמַתִּירִין ב"ה הַיְינוּ אַף בע"ש דְּאִי בָּרְבִיעִי דַּוְקָא שָׁרוּ א"כ הַייְנוּ ת"ק. וּמַשְׁמַע דַּוְקָא בע"ש אֲבָל בְּשַׁבָּת לֹא. ובכה"ג אִיכָּא גַּבֵּי שׁוֹלֵחַ אִגְּרוֹת בְּיַד נָכְרִים וּבְשַׁבָּת פֶּרֶק תּוֹלִין (שַׁבָּת דַּף קלט:) מַשְׁמַע דְּאָסוּר לִיכָּנֵס בִּסְפִינָה אֲפִילּוּ בְּתוֹךְ הַתְּחוּם גַּבֵּי הַהוּא מֵרַבָּנָן דְּאָזֵיל וְנָייֵם בְּמַבָּרָא וַעֲבַר לְאִידָךְ גִּיסָא וְסַיַּיר פֵּירֵי. וַאֲמַר לְמֵינַם קְמִיכוֹינָא וְשָׁרֵי הָתָם מִשּׁוּם דְּהַעֲרָמָה הָוֵי בִּדְרַבָּנָן וְצֻורְבָּא מֵרַבָּנַן לָא אָתֵי לְמִעְבַּד לְכַתְּחִלָּה. אַלְמָא לְכַתְּחִלָּה אָסוּר לֵילֵךְ בִּסְפִינָה אֲפִילּוּ תּוֹךְ הַתְּחוּם. מִדְּלָא מִדְּכַר הָתָם יְצִיאָה חוּץ לַתְּחוּם. וְאֶפְשָׁר מִשּׁוּם הָכִי גָּזְרוּ לְפִי שֶׁדּוֹמֶה לְשָׁט בַּנָּהָר שֶׁאָסְרוּ חֲכָמִים גְּזֵירָה שֶׁמָּא יַעֲשֶׂה חָבִית שֶׁל שַׁייָּטִין. אוֹ שֶׁמָּא יַנְהִיג הַסְּפִינָה ד' אַמּוֹת בְּכַרְמְלִית. וְיֵשׁ שֶׁנּוֹהֲגִין שֶׁמְּתַקְּנִין סְעֻודָּתָן בִּסְפִינָה מֵעֶרֶב שַׁבָּת וּמַדְלִיקִין בָּהּ נֵרוֹת לִקְנוֹת שָׁם שְׁבִיתָה וְסוֹמְכִין עַל זֶה לִיכָּנֵס בָּהּ בְּשַׁבָּת וּלְהַפְלִיג וְאֵין בָּזֶה תּוֹעֶלֶת שֶׁל כְּלוּם דְּכֵיוָן דְּאֵין הַסְּפִינָה זָזָה מִשָּׁם עַד לְמָחָר וְאָז הֵם נִכְנָסִין בָּהּ הֲרֵי הֵן מַפְלִיגִין בִּסְפִינָה בְּשַׁבָּת. וּלְעִנְיַן קִנְיַן שְׁבִיתָה כְּדֵי לְהַלֵּךְ אֶת כֻּולָּהּ דְּסָבְרִי אִינְהוּ דְּאָסוּר לָא מְהַנֵּי מִידִי דְּמַה קְנִיַּית שְׁבִיתָה שַׁייָּךְ בִּסְפִינָה מֵאַחַר שֶׁנּוֹסַעַת מִשָּׁם וְהוֹלֶכֶת חוּץ לַתְּחוּם וְעוֹד הָיָה אוֹמֵר רַשְׁבָּ"ם זַ"ל דַּאֲפִילּוּ הָיָה הֲיִשְׂרָאֵל יוֹשֵׁב בְּקָרוֹן בְּשַׁבָּת שֶׁהַנָּכְרִי מוֹלִיכוֹ חוּץ לַתְּחוּם לֵיכָּא שׁוּם אִיסּוּרָא בָּזֶה. אֶלָּא שֶׁהָיָה אוֹסְרוֹ מִטַּעַם אַחֵר שֶׁמָּא יִפְגְּעוּ בּוֹ לִיסְטִים אוֹ שֶׁמָּא יִשְׁכַּח וְיֵרֵד מִן הַקָּרוֹן וְאֵין לוֹ אֶלָּא אַרְבַּע אַמּוֹת. וּמִיהוּ נִרְאֶה דְּאִיכָּא אִיסּוּרָא כֵּיוָן דִּבְהֵמָה מַנְהֶגֶת אֶת הַקָּרוֹן דְּאָסוּר לְהִשְׁתַּמֵּשׁ בְּבַעֲלֵי חַיִּים וְגַבֵּי כִּלְאַיִם תְּנַן פ"ח מ"ג הַיּוֹשֵׁב בַּקָּרוֹן סוֹפֵג חֵת הַחֲרָבֵעִים כְּאִילּוּ רוֹכֵב עַל הַבְּהֵמָה: בָּעֵי רַבִּי חֲנִינָא יֵשׁ תְּחוּמִין לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה אוֹ אֵין תְּחוּמִין לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה. עַמּוּד גָּבוֹהַּ עֲשָׂרָה וְרָחָב ד' לָא תִּבָּעֵי לָךְ דִּכְאַרְעָא סַמֵּיכְתָּא דָּמֵי. כִּי תִּיבָּעֵי לָךְ גָּבוֹהַּ עֲשָׂרָה וְאֵינוֹ רָחָב ד' אִי נָמֵי דְּאָזֵיל בִּקְפִיצָה וְלָא אִפְּשִׁיטָא וְעָבְדִינַן לְחוּמְרָא:
Le Rachbam a tranché : il est permis de monter dans un bateau tant qu'il fait jour, bien que le Chabbat il aille hors du tehoum. Car le bateau avance de lui-même, et lui ne fait rien. Le Chabbat aussi, il est permis d'y monter, car il ne fait rien par son entrée. Et ce que nous disons au premier chapitre de Chabbat, 19a : on ne prend pas le large en bateau moins de trois jours avant le Chabbat, suit Beit Chammaï, qui ne permettent de commencer un travail dès la veille de Chabbat que pour qu'il soit achevé tant qu'il fait jour. Mais Beit Hillel, qui permettent avec le soleil, permettent même d'y monter le Chabbat, car il ne fait rien en y entrant ; et lorsque ensuite le bateau le mène hors du tehoum, il ne fait rien. Et ses paroles, sur ce point, ne tiennent pas à mes yeux. Car, à coup sûr, Beit Chammaï et Beit Hillel ne divergent que sur des actes interdits le Chabbat : Beit Hillel permettent à la nuit, Beit Chammaï exigent que le travail soit achevé tant qu'il fait jour. Mais si monter dans un bateau le Chabbat est permis, leur divergence de la veille de Chabbat n'a pas sa place en cela. Et le Yerouchalmi va autrement que lui. Car on lit dans le Yerouchalmi, premier chapitre de Chabbat, pisqa 1 : on ne prend pas le large en bateau, ni la veille de Chabbat ni le jeudi. Beit Chammaï disent : même le mercredi. Et Beit Hillel permettent. Et ce que Beit Hillel permettent comprend aussi la veille de Chabbat. Car s'ils ne permettaient que le mercredi, on retrouverait le premier tanna. Et il en ressort : la veille de Chabbat seulement ; le Chabbat, non. Et il en va de même pour celui qui envoie des lettres par des non-Juifs. Et à Chabbat, chapitre Tole (Chabbat 139b), il ressort qu'il est interdit de monter dans un bateau même à l'intérieur du tehoum, au sujet de ce maître qui allait, s'endormait dans le bac, passait de l'autre bord et inspectait des fruits. Il dit : mon intention était de dormir. Et on le permet là-bas, parce que la ruse (ha'arama) est d'ordre rabbinique, et un jeune savant n'en viendra pas à agir ainsi dès l'abord. Donc, dès l'abord, il est interdit d'aller en bateau, même dans le tehoum, puisque le passage ne mentionne pas une sortie hors du tehoum. Et il est possible que le décret ait été posé pour cela : cela ressemble à qui flotte sur le fleuve, que les Sages ont interdit, décret de peur qu'il fasse un tonneau de nage (havit chel chayatin). Ou de peur qu'il conduise le bateau quatre amot dans un karmelit. Et certains ont pour usage de préparer leur repas dans le bateau dès la veille de Chabbat, et d'y allumer des lampes, afin d'y acquérir une chevita, et ils s'appuient là-dessus pour y monter le Chabbat et prendre le large. Il n'y a en cela aucune utilité. Car le bateau ne bouge pas de là jusqu'au lendemain, et c'est alors qu'ils y montent : les voici qui prennent le large en bateau le Chabbat. Et quant à l'acquisition d'une chevita pour en parcourir le tout, eux qui tiennent l'interdit : cela n'apporte rien. Quelle acquisition de chevita a sa place dans un bateau, dès lors qu'il part de là et va hors du tehoum ? Et encore, le Rachbam zal disait : même si l'Israélite est assis le Chabbat dans un chariot que le non-Juif mène hors du tehoum, il n'y a là aucun interdit. Seulement, il l'interdisait pour une autre raison : de peur que des brigands le rencontrent, ou de peur qu'il oublie et descende du chariot, et il n'a que quatre amot. Toutefois, il paraît qu'il y a un interdit, puisqu'une bête mène le chariot : il est interdit de se servir d'êtres vivants. Et au sujet des kilayim (mélanges d'espèces), la michna enseigne, chapitre 8, michna 3 : celui qui est assis dans le chariot encourt les quarante, comme s'il chevauchait la bête. Rabbi Hanina a demandé : y a-t-il des tehoumin au-dessus de dix, ou n'y a-t-il pas de tehoumin au-dessus de dix ? Un pilier haut de dix et large de quatre, tu n'as pas à le demander : il est comme une terre épaisse. Quand tu as à demander : haut de dix, et il n'est pas large de quatre. Ou encore, lorsqu'il avance par un saut. Et la question n'a pas été tranchée. Nous agissons selon la rigueur.
💡 Explication

Si le porteur est Eliyahou, il garde le Chabbat. Son passage, au-dessus de dix, supposerait que les tehoumin n'y sont pas. La Guemara écarte : Yosef le ched (un démon) ne garde pas le Chabbat. Son trajet ne renseigne pas sur l'interdit.

Le Roch, sur ce segment, reprend d'abord le psak du bateau : le Rachbam permet d'y monter tant qu'il fait jour, et même le Chabbat ; le Roch retient l'interdit le Chabbat, à partir du Yerouchalmi et du bac de Chabbat 139b. Il reprend ensuite la question des tehoumin au-dessus de dix : elle reste sans décision. On agit selon la rigueur.

🖼️ Schéma
Qui a porté les sept enseignements ? Soura, le matin devant Rav Hisda Poumbedita, le soir devant Rava même Chabbat Eliyahou Il garde le Chabbat. S'il a fait le trajet au-dessus de dix, les tehoumin n'y sont pas. Yosef le ched Il ne garde pas le Chabbat. Son trajet reste possible même si l'interdit monte. La preuve tombe.
Soura le matin, Poumbedita le soir. Eliyahou garderait le Chabbat. Yosef le ched, non.
19
תָּא שְׁמַע: הֲרֵינִי נָזִיר בַּיּוֹם שֶׁבֶּן דָּוִד בָּא — מֻותָּר לִשְׁתּוֹת יַיִן בְּשַׁבָּתוֹת וּבְיָמִים טוֹבִים,

Viens et écoute : Je serai nazir le jour où viendra le fils de David. Il est permis de boire du vin les Chabbat et les jours de fête,

📜 Rachi (1)
בְּשַׁבָּתוֹת וי"ט דְּוַדַּאי לָא אָתֵי מָשִׁיחַ הָאִידָּנָא:
Les Chabbat et les jours de fête : car, à coup sûr, le Machia'h ne vient pas en ce moment.
💡 Explication

Nouveau viens et écoute, encore sur les tehoumin. Le segment s'arrête au milieu de la baraïta. Celui qui s'est fait nazir (qui s'abstient de vin) pour le jour où vient le fils de David boit du vin le Chabbat et le jour de fête. Rachi : le Machia'h ne vient pas ces jours-là. La suite est au daf suivant.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).