Eruvin 43b - Vin du nazir, chefoferet, cloison d'hommes

Eruvin 43b

Sougya : La baraïta du nazir pour le jour où vient ben David se poursuit : le vin est permis le Chabbat et le Yom Tov, interdit en semaine. La Guemara demande si cette permission prouve des tehoumin au-dessus de dix.

Eliyahou précède ben David ; il ne vient pas la veille du Chabbat, à cause du torah ; ben David, lui, peut venir. Le dimanche ne tranche pas : le tanna doute, et il tient le-humra.

Conclusion : le vœu est fait le jour même du Chabbat ou du Yom Tov ; ce jour-là seulement, le vin est permis. La page passe à la chefoferet de Rabban Gamliel, puis à la mesure d'un vallon, d'un palmier et de l'ombre d'une tombe.

Nehemia, absorbé par l'enseignement, sort du tehoum. Rav Nahman : une cloison d'hommes, et il entre.

Rav Hisda demande si la question est la halakha de Rabban Gamliel, lorsque les hommes suffisent.

Quel jour le nazir de ben David boit-il du vin ? Conclusion du daf. Le tehoum en question est au-dessus de dix tefahim. Jour du vœu Chabbat ou Yom Tov. Vin permis. Ben David ne vient pas ce jour-là. La nezirut ne prend pas. Dès le lendemain Vin interdit. Ben David a pu venir au grand tribunal. La nezirut peut avoir pris. Chabbat suivant Vin interdit aussi. Une nezirut déjà prise ne tombe pas avec le Chabbat. S'il y a des tehoumin au-dessus de dix, ben David ne vient pas un Chabbat depuis dehors. D'où la permission de la baraïta, en première lecture. S'il n'y a pas de tehoumin, le verset reste. Eliyahou vient avant le jour de Hachem. Il n'est pas venu hier : ben David ne vient pas aujourd'hui. Chaque jour serait permis ? Il a pu arriver au grand tribunal sans être su. Sauf erev Chabbat et erev fête : promesse, à cause du torah. Ben David, lui, peut venir. Dimanche Si Eliyahou ne vient pas le Chabbat, le vin serait permis. Le tanna doute. Il interdit, le-humra. On ne tire pas une permission.
Le vin n'est permis que le Chabbat ou le Yom Tov du voeu. Le dimanche ne prouve pas l'absence de tehoumin : doute, et le-humra.
Trois mesures à partir de la chefoferet Tube de Rabban Gamliel, règle sur deux mille coudées. Vallon Palmier Tombe Portée du tube, d'abord à plat, sur la terre. Puis au bord du vallon. On vise le fond. On recule le long du bord jusqu'à perdre le point. Profondeur + recul = portée du tube. Exemple : 70 + 30 = 100. On ne monte pas dans l'arbre. Taille de l'homme. Ombre de l'homme. Ombre du palmier. Même heure, même rapport. Soleil haut : ombre courte. Soleil bas : ombre longue. D'où la hauteur. 4e heure du jour. Soleil chaud, ombre fraîche. Un roseau montre où penche l'ombre. On allonge la pente de ce côté. À cette heure, pas d'ombre. La bête ne s'y pose pas. Rachi : un tube long voit moins loin, un tube court voit plus loin. La chefoferet de Rabban Gamliel est réglée : deux mille coudées, en mer comme sur terre.
Chefoferet : vallon par soustraction, palmier par le rapport des ombres, tombe par la pente à la quatrième heure.
Nehemia hors du tehoum : cloison d'hommes Rav Nahman à Rav Hisda. La page ouvre la question, elle ne la ferme pas. Tehoum ville, dedans Hommes en rangées deux cloisons Nehemia dehors, en détresse Il marche entre les hommes, comme dans un dir ou un sahar, et il entre. Si les hommes suffisent jusqu'au tehoum, la question de Rav Hisda : la halakha est-elle comme Rabban Gamliel ? Cloisons où il n'a pas fait chevita de jour. Rachi, autre cas. Les hommes s'arrêtent à deux coudées du tehoum. Tossefot : un second tour, après le premier, serait déjà le-daat, donc interdit. Le Roch : la cloison ne vaut que chelo le-daat, sortie sans le savoir, et hommes qui la font sans le savoir. La suite des récits est dans le Roch.
Cloison d'hommes pour ramener Nehemia. Question ouverte : halakha comme Rabban Gamliel, ou hommes qui s'arrêtent à deux coudées.
1
וְאָסוּר לִשְׁתּוֹת יַיִן כָּל יְמוֹת הַחוֹל.

Et il est interdit de boire du vin tous les jours de semaine.

📜 Rachi (1)
וְאָסוּר כָּל יְמוֹת הַחֹול דִּילְמָא אָתֵי:
De peur qu'il vienne.
🗂️ Tossefot (1)
וְאָסוּר לִשְׁתּוֹת יַיִן כָּל יְמֵי הַחֹול וא"ת מַאי שְׁנָא דְּלָא אָסְרִינַן כֹּהֵן לִשְׁתּוֹת לְעוֹלָם יַיִן כִּדְאָמְרִינַן בְּסַנְהֶדְרִין (ד' כב:) אֲבָל מָה אֶעֱשֶׂה שֶׁתַּקָּנָתוֹ קַלְקָלָתוֹ פִּי' שֶׁעָבְרוּ כַּמָּה שָׁנִים שֶׁלֹּא נִבְנָה הַבַּיִת וְאַמַּאי לָא חָיְישִׁינַן לְבֶן דָּוִד כִּי הָכָא וְי"ל דְּהָתָם לֵיכָּא אִיסּוּרָא דְּאֶפְשָׁר בְּכֹהֵן אַחֵר אוֹ יִישַׁן מְעַט אֲבָל הָכָא אִי אָתֵי עוֹבֵר עַל נְזִירוּתוֹ ובפ"ק דְּבֵיצָה (ד' ה:) נָמֵי אָמְרִינַן חָייְשִׁינַן לְשֶׁמָּא יִבְנֶה ור"ת מְפָרֵשׁ בַּיּוֹם שֶׁבֶּן דָּוִד בָּא שֶׁרָאוּי לָבֹא וְהַשְׁתָּא לָא קַשְׁיָא מִידִי וְנִיחָא נָמֵי מַה שֶׁמַּקְּשִׁינַן אַמַּאי אָסוּר וַהֲלֹא מָשִׁיחַ בֶּן יוֹסֵף יֵשׁ לוֹ לָבֹא תְּחִילָּה וַעֲדַייִן לֹא בָּא אֲבָל קָשֶׁה הַאי דְּפָרֵיךְ בְּסָמוּךְ בְּחוֹל נָמֵי לִשְׁתְּרֵי דְּהָא לָא אֲתָא אֵלִיָּהוּ מֵאֶתְמוֹל מ"מ הָיָה רָאוּי לָבֹא י"ל דִּלְפִי הַמַּסְּקָנָא פָּרִיךְ דְּמוֹקְמִינַן דְּקָאֵי בְּשַׁבָּת וְקָנָדַר מִשּׁוּם הָכִי פָּרִיךְ בְּחוֹל לִשְׁתְּרֵי יוֹם שֶׁנָּדַר בּוֹ שֶׁאֵינוֹ רָאוּי לָבֹא בְּאוֹתוֹ יוֹם הוֹאִיל וְלָא אֲתָא אֵלִיָּהוּ מֵאֶתְמוֹל:
Et si tu dis : quelle différence y a-t-il, que nous n'interdisions pas à un kohen de boire du vin pour toujours, comme nous disons à Sanhédrin 22b : mais que ferai-je, son remède est sa perte ? Explication : de nombreuses années ont passé sans que la Maison soit reconstruite. Et pourquoi ne craint-on pas ben David, comme ici ? On peut dire : là-bas, il n'y a pas d'interdit, car c'est possible par un autre kohen, ou bien il dort un peu. Mais ici, s'il vient, il transgresse sa nezirut. Et au premier chapitre de Beitsa 5b aussi, nous disons : nous craignons, de peur qu'elle soit reconstruite. Et Rabbeinou Tam explique : le jour où vient ben David, c'est un jour où il est apte à venir. Et maintenant, rien ne reste difficile. Et cela sied aussi à ce que nous objectons : pourquoi est-ce interdit, alors que Machia'h ben Yossef doit venir d'abord, et il n'est pas encore venu. Mais celle-ci est difficile, l'objection de tout à l'heure : en semaine aussi, que ce soit permis, puisque Eliyahou n'est pas venu la veille. Malgré tout, il était apte à venir. On peut dire : il objecte selon la conclusion, où nous établissons qu'il se tenait un Chabbat et qu'il a voué. C'est pourquoi il objecte : en semaine, que ce soit permis. Le jour où il a voué est un jour où il n'est pas apte à venir ce jour-là, puisque Eliyahou n'est pas venu la veille.
💡 Explication

Suite de la baraïta ouverte au daf précédent. Qui a voué la nezirut pour le jour où vient ben David boit du vin le Chabbat et le Yom Tov. En semaine, le vin est interdit : ben David a pu déjà venir.

Tossefot : un kohen peut boire du vin, un autre kohen sert, ou un court sommeil dissipe le vin. Ici, s'il vient, l'homme transgresse son vœu. Rabbeinou Tam lit le jour du vœu comme un jour où ben David est apte à venir.

2
אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא יֵשׁ תְּחוּמִין — הַיְינוּ דִּבְשַׁבָּתוֹת וּבְיָמִים טוֹבִים מֻותָּר. אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ אֵין תְּחוּמִין, בְּשַׁבָּתוֹת וּבְיָמִים טוֹבִים אַמַּאי מֻותָּר?

Cela se tient, si tu dis qu'il y a des tehoumin : c'est pour cela que, le Chabbat et les jours de fête, c'est permis. Mais si tu dis qu'il n'y a pas de tehoumin, le Chabbat et les jours de fête, pourquoi est-ce permis ?

💡 Explication

Le tehoum visé ici est celui d'au-dessus de dix tefahim, question du daf précédent. S'il y a des tehoumin en hauteur, ben David ne vient pas un Chabbat depuis l'extérieur : le vin est permis. Sans tehoumin en hauteur, la permission du Chabbat et du Yom Tov demande une autre raison.

3
שָׁאנֵי הָתָם, דְּאָמַר קְרָא: ״הִנֵּה אָנֹכִי שֹׁלֵחַ לָכֶם אֵת אֵלִיָּה הַנָּבִיא וְגוֹ׳״, וְהָא לָא אֲתָא אֵלִיָּהוּ מֵאֶתְמוֹל.

Là-bas, c'est différent, car le verset dit : Voici que j'envoie vers vous Eliyahou le prophète, etc. Et voici qu'Eliyahou n'est pas venu la veille.

📜 Rachi (1)
לִפְנֵי בָּא יוֹם ה' לִפְנֵי בִּיאַת בֶּן דָּוִד יָבֹא אֵלִיָּהוּ לְבָשָׂר:
Avant la venue de ben David, Eliyahou viendra annoncer.
💡 Explication

Malakhi 3. Eliyahou est envoyé avant le jour de Hachem. Rachi : il vient annoncer ben David. Il n'est pas venu la veille : ben David ne vient pas aujourd'hui, et le vin du Chabbat se comprend même sans tehoumin en hauteur.

4
אִי הָכִי, בְּחוֹל כֹּל יוֹמָא וְיוֹמָא נָמֵי לִישְׁתְּרֵי, דְּהָא לָא אֲתָא אֵלִיָּהוּ מֵאֶתְמוֹל? אֶלָּא אָמְרִינַן: לְבֵית דִּין הַגָּדוֹל אֲתָא. הָכָא נָמֵי לֵימָא: לְבֵית דִּין הַגָּדוֹל אֲתָא?

S'il en est ainsi, en semaine, chaque jour aussi, que ce soit permis, puisque Eliyahou n'est pas venu la veille ! En fait, nous disons : il est venu au grand tribunal.

Ici aussi, dira-t-on : il est venu au grand tribunal ?

💡 Explication

Si l'absence d'Eliyahou la veille suffisait, aucun jour de semaine ne serait interdit. On répond : il a pu arriver au beit din ha-gadol (grand tribunal) sans que cela se sache. La même réponse vaudrait pour la veille du Chabbat.

5
כְּבָר מֻובְטָח לָהֶן לְיִשְׂרָאֵל שֶׁאֵין אֵלִיָּהוּ בָּא לֹא בְּעַרְבֵי שַׁבָּתוֹת וְלֹא בְּעַרְבֵי יָמִים טוֹבִים, מִפְּנֵי הַטֹּורַח.

Il est déjà promis à Israël qu'Eliyahou ne vient ni les veilles de Chabbat ni les veilles de jours de fête, à cause du torah.

📜 Rachi (1)
מִפְּנֵי הַטֹּורַח שֶׁמַּנִּיחִין צָרְכֵי שַׁבָּת וְהוֹלְכִין לְהַקְבִּיל פָּנָיו:
Ils laissent les besoins du Chabbat et s'en vont au-devant de lui pour l'accueillir.
💡 Explication

Promesse connue : Eliyahou ne vient pas erev Chabbat ni erev Yom Tov. Le torah est le dérangement : on quitterait les préparatifs pour aller à sa rencontre. Donc, la veille, il n'est pas arrivé au grand tribunal.

6
קָא סָלְקָא דַּעְתָּךְ מִדְּאֵלִיָּהוּ לָא אֲתָא, מָשִׁיחַ נָמֵי לָא אָתֵי, בְּמַעֲלֵי שַׁבְּתָא לִישְׁתְּרֵי! אֵלִיָּהוּ לָא אָתֵי, מָשִׁיחַ אָתֵי. דְּכֵיוָן דְּאָתֵי מְשִׁיחָא — הַכֹּל עֲבָדִים הֵן לְיִשְׂרָאֵל.

Il te vient à l'esprit : puisque Eliyahou ne vient pas, Machia'h non plus ne vient pas ; la veille du Chabbat, que ce soit permis ! Eliyahou ne vient pas ; Machia'h vient.

Car dès que Machia'h vient, tous sont des esclaves pour Israël.

📜 Rachi (1)
עֲבָדִים הֵן וְאֵין לְיִשְׂרָאֵל טֹורַח דְּאִיכָּא דְּטָרַח לְהוּ:
Et Israël n'a pas de torah : il y a qui peine pour eux.
🪔 Ben Yehoyada (1)
אֵלִיָּהוּ לָא אָתֵי, מָשִׁיחַ אָתֵי? דְּכֵיוָן דְּאָתֵי מְשִׁיחָא, עֲבָדִים רַבִּים הֵן לְיִשְׂרָאֵל. נִרְאֶה לִי בס"ד הַטַּעַם עַל פִּי מַה שֶׁאָמַר רַבֵּינוּ הָאֲרִ"י זַ"ל בַּפָּסוּק (יְשַׁעְיָהוּ נב, ג) 'וְלֹא בְּכֶסֶף תִּגָּאֵלוּ' דִּגְאֻולַּת יִשְׂרָאֵל מִמִּצְרַיִם הָיְתָה עַל פִּי מִדַּת הַחֶסֶד שֶׁהוּא סוֹד הַכֶּסֶף, אַךְ גְּאֻולָּה הָעֲתִידָה לִהְיוֹת בב"א [בִּמְהֵרָה בְּיָמֵינוּ אָמֵן] תִּהְיֶה עַל פִּי מִדַּת הַגְּבוּרָה שֶׁהוּא סוֹד יִצְחָק עַיֵּין שָׁם. וְיָדוּעַ בְּסוֹד הַבְּרָכָה שֶׁבֵּירַךְ יִצְחָק אָבִינוּ ע"ה אֶת יַעֲקֹב אָבִינוּ ע"ה (בְּרֵאשִׁית כז, כח) 'וְיִתֶּן לְךָ הָאֱ-לֹהִים מִטַּל הַשָּׁמָיִם' שֶׁהִיא עֶשְׂרֵה בְּרָכוֹת כְּנֶגֶד עֲשָׂרָה סְפִירוֹת, וּבִרְכַּת 'יַעַבְדוּךְ עַמִּים' כְּנֶגֶד סְפִירַת הַגְּבוּרָה וְכַנִּזְכָּר בְּסִידּוּר רַבֵּינוּ הָרָשָׁ"שׁ זַ"ל בְּכַוָּנוֹת פָּסוּק הַנִּזְכָּר יְעֻוייַּן שָׁם. וְלָכֵן כֵּיוָן דְּאָתֵי מְשִׁיחָא עַל פִּי מִדַּת הַגְּבוּרָה אָז תִּתְקַיֵּים תֶּיכֶף וּמִיָּד בִּרְכַּת 'יַעַבְדוּךְ עַמִּים' שֶׁהִיא כְּנֶגֶד הַגְּבוּרָה. וְנִרְאֶה לִי בס"ד מַה שֶׁאָמַר עֲבָדִים הֵם לְיִשְׂרָאֵל תֵּיבַת 'הֵם' נִרְאֶה לְשׁוֹן יֶתֶר? אַךְ יוּבָן הַכַּוָּנָה עֲבָדִים מִצַּד עַצְמָם בִּרְצוֹנָם וְלֹא מֵחֲמַת הִכְרִיחַ, וְלָכֵן תֵּכֶף בְּיוֹם רִאשׁוֹן בָּאִים לְשַׁמֵּשׁ וְכָל זֶה בְּקַץ שֶׁל בְּעִתָּהּ (יְשַׁעְיָה ס, כב).
Eliyahou ne vient pas, Machia'h vient ? Car dès que Machia'h vient, ils sont de nombreux esclaves pour Israël. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que la raison suit ce qu'a dit notre maître le Ari zal sur le verset (Yeshaya 52, 3), vous ne serez pas rachetés par de l'argent : la délivrance d'Israël hors d'Égypte s'est faite selon la mida de 'hessed, qui est le sod de l'argent ; la délivrance à venir, bientôt de nos jours, amen, se fera selon la mida de gevoura, qui est le sod de Yitshak, voir là-bas. Et l'on connaît, dans le sod de la berakha par laquelle Yitshak notre père, que son souvenir soit en bénédiction, a béni Yaakov notre père, que son souvenir soit en bénédiction (Bereshit 27, 28), Que D.ieu te donne de la rosée des cieux : ce sont dix berakhot en face des dix sefirot, et la berakha des peuples te serviront est en face de la sefira de gevoura, comme il est mentionné dans le sidour de notre maître le Rachach zal, dans les kavvanot du verset cité, voir là-bas. Dès lors, puisque Machia'h vient selon la mida de gevoura, la berakha des peuples te serviront, qui est en face de la gevoura, s'accomplit aussitôt. Et il me semble, avec l'aide du Ciel, au sujet de ce qu'il dit ils sont des esclaves pour Israël : le mot ils à l'air d'un mot de trop. On comprend l'intention ainsi : des esclaves de leur propre chef, par leur volonté, et sans la contrainte. C'est pourquoi, dès le premier jour, ils viennent servir. Et tout cela dans le kets de be-ita (Yeshaya 60, 22).
💡 Explication

Hava amina : pas d'Eliyahou la veille, donc pas de Machia'h, donc vin permis erev Chabbat. La Guemara sépare les deux. Eliyahou ne vient pas, à cause du torah. Machia'h vient : des son arrivée, tous sont avadim pour Israël.

Rachi : quelqu'un peine à leur place, les préparatifs du Chabbat se font. Le Ben Yehoyada lit cette servitude dans la berakha de gevoura, des peuples te serviront, et dans le mot ils : de leur propre volonté.

7
בְּחַד בְּשַׁבָּא לִישְׁתְּרֵי? לִפְשׁוֹט מִינַּהּ דְּאֵין תְּחוּמִין, דְּאִי יֵשׁ תְּחוּמִין — בְּחַד בְּשַׁבָּא לִישְׁתְּרֵי, דְּלָא אֲתָא אֵלִיָּהוּ בְּשַׁבָּת?!

Le dimanche, que ce soit permis ? Que l'on tranche de là qu'il n'y a pas de tehoumin.

Car s'il y a des tehoumin, le dimanche devrait être permis, puisque Eliyahou n'est pas venu le Chabbat !

📜 Rachi (1)
בְּחַד בְּשַׁבָּא לִשְׁתְּרֵי דְּוַדַּאי לָא אָתֵי מָשִׁיחַ הַיּוֹם דְּהָא אֶתְמוֹל בְּשַׁבָּת לָא אֲתָא אֵלִיָּהוּ וּמִדְּקָאָסַר לֵיהּ לִיפְשֹׁוט דְּחָייֵשׁ לְדִילְמָא אֲתָא אֵלִיָּהוּ וְאֵין תְּחוּמִין לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה: וּמִשָּׁנֵינַן מֵהָא לָא תִּיפְשֹׁוט דְּאֵין תְּחוּמִין דְּדִילְמָא סַפּוֹקֵי מְסַפְּקָא לֵיהּ לְהַאי תַּנָּא דְּדִילְמָא אֵין תְּחוּמִין ומש"ה אָסַר בְּחַד בְּשַׁבָּא וּלְחֻומְרָא אֲבָל מִפְּשַׁט לָא פְּשִׁיטָא לֵיהּ דְּתֵילַף הֶתֵּירָא מִינֵּיהּ:
Car à coup sûr Machia'h ne vient pas aujourd'hui, puisque hier, le Chabbat, Eliyahou n'est pas venu. Et puisqu'il le lui interdit, que l'on tranche : il craint, peut-être Eliyahou est venu, et il n'y a pas de tehoumin au-dessus de dix. Et nous répondons : de là, ne tranche pas qu'il n'y a pas de tehoumin. Car peut-être ce tanna est dans le doute, peut-être il n'y a pas de tehoumin, et c'est pourquoi il interdit le dimanche, par rigueur. Mais en décision simple, la chose ne lui est pas claire, au point d'en apprendre une permission.
🗂️ Tossefot (1)
דְּלָא אֲתָא אֵלִיָּהוּ בְּשַׁבָּת וא"ת וְדִלְמָא אָתֵי בְּעֶרֶב שַׁבָּת וִיבַשֵּׂר בְּשַׁבָּת וי"ל דִּקְרָא הִנְנִי שֹׁולֵחַ לָכֶם אֵת אֵלִיָּה הַנָּבִיא לִפְנֵי בָּא יוֹם ה' מַשְׁמַע בַּיּוֹם שֶׁבָּא יְבַשֵּׂר:
Qu'Eliyahou n'est pas venu le Chabbat. Et si tu dis : peut-être vient-il la veille du Chabbat, et il annonce le Chabbat ? On peut dire : le verset, Me voici, j'envoie vers vous Eliyahou le prophète, avant la venue du jour de Hachem, implique : le jour où il vient, il annonce.
💡 Explication

S'il y a des tehoumin au-dessus de dix, Eliyahou ne voyage pas le Chabbat. Il n'a pas annoncé : Machia'h ne vient pas le dimanche, le vin serait permis. La baraïta interdit pourtant la semaine. On voudrait en tirer qu'il n'y a pas de tehoumin en hauteur.

Rachi donne déjà la réponse : le tanna doute, il interdit le-humra, on n'en apprend pas une permission. Tossefot : Eliyahou n'annonce pas un autre jour que celui de sa venue. Le verset le place avant le jour de Hachem, le jour même.

8
הַאי תַּנָּא סַפּוֹקֵי מְסַפְּקָא לֵיהּ אִי יֵשׁ תְּחוּמִין אוֹ אֵין תְּחוּמִין, וּלְחוּמְרָא.

Ce tanna est dans le doute : y a-t-il des tehoumin, ou n'y en a-t-il pas. Et par rigueur.

🗂️ Tossefot (1)
הַאי תַּנָּא סַפּוֹקֵי מְסַפְּקָא לֵיהּ וְהַהִיא דִּתְנַן בְּפֶרֶק קַמָּא דִּפְסָחִים (ד' יג.) דְּקָאָמַר לִדְבָרֶיךָ אַף תְּלוּיוֹת לֹא יִשָּׂרְפוּ שֶׁמָּא יָבֹא אֵלִיָּהוּ וִיטַהֲרֵם אִיכָּא לְמֵימַר נָמֵי מְסַפְּקָא לֵיהּ וְהַהוּא שֶׁמֵּשִׁיב כְּבָר מֻובְטָח לָהֶם לְיִשְׂרָאֵל שֶׁאֵין אֵלִיָּהוּ בָּא בַּשַּׁבָּת וְלֹא בְּעֶרֶב שַׁבָּת וְלֹא בְּעֶרֶב יו"ט נִרְאֶה לִי דְּהָכִי פֵּירוּשׁוֹ כִּי הֵיכִי דְּלָא בָּא לֹא בְּעֶרֶב שַׁבָּת וְלֹא בְּעֶרֶב י"ט מִפְּנֵי הַטֹּורַח שֶׁל תִּקּוּן סְעוּדָה הָכִי נָמֵי בְּשַׁבָּת קֹודֶם אֲכִילָה מִפְּנֵי טֹורַח סְעוּדַת שַׁבָּת:
Ce tanna est dans le doute. Et celle que nous avons apprise au premier chapitre de Pesahim 13a, où l'on dit : selon tes paroles, même les telouyot (pièces en suspens), qu'on ne les brûle pas, de peur qu'Eliyahou vienne et les déclare pures. On peut dire aussi qu'il est dans le doute. Et celui qui répond : il est déjà promis à Israël qu'Eliyahou ne vient pas le Chabbat, ni la veille du Chabbat, ni la veille d'un Yom Tov. Il me semble que voici l'explication : de même qu'il ne vient ni la veille du Chabbat ni la veille d'un Yom Tov, à cause du torah de la préparation du repas, de même le Chabbat avant le repas, à cause du torah du repas de Chabbat.
💡 Explication

Le safek (doute) du tanna explique l'interdit du dimanche. On n'en fait pas une preuve qu'il n'y a pas de tehoumin.

Tossefot rapproche Pesahim 13a : les telouyot, hamets en suspens, que l'on ne brûle pas de peur qu'Eliyahou vienne les déclarer purs. La même promesse s'y lit, et Tossefot l'étend au Chabbat avant le repas, à cause du torah du repas.

9
דְּקָאֵי אֵימַת דְּקָא נָדַר? אִילֵּימָא דְּקָאֵי בְּחוֹל — כֵּיוָן דְּחָל עֲלֵיהּ נְזִירוּת, הֵיכִי אָתְיָא שַׁבְּתָא וּמַפְקְעָא לֵיהּ?

Quand se tenait-il, au moment où il a voué ? Si tu dis qu'il se tenait en semaine : dès lors que la nezirut a pris sur lui, comment le Chabbat viendrait-il la faire tomber ?

📜 Rachi (1)
כֵּיוָן דְּחָל עֲלֵיהּ נְזִירוּת בע"ש וּמְסַפְּקָא דִּילְמָא אָתֵי מָשִׁיחַ הַיּוֹם לב"ד הַגָּדוֹל הֵיכִי מִישְׁתְּרֵי לִשְׁתּוֹת לְמָחָר בְּשַׁבָּת לֵיחוּשׁ דִּילְמָא אֲתָא לב"ד הַגָּדוֹל מֵאֶתְמוֹל:
La veille du Chabbat. Et il y a un doute : peut-être Machia'h vient aujourd'hui au grand tribunal. Comment lui serait-il permis de boire le lendemain, le Chabbat ? Il faut craindre : peut-être il est venu au grand tribunal la veille.
💡 Explication

Un vœu de nezirut qui a pris un jour de semaine ne tombe pas le Chabbat d'après. Rachi place le cas la veille du Chabbat : peut-être Machia'h est déjà au grand tribunal, et le lendemain l'homme est déjà nazir.

10
אֶלָּא דְּקָאֵי בְּשַׁבְּתָא וְקָא נָדַר, וּבְיוֹם טוֹב וְקָא נָדַר, וְהָהוּא יוֹמָא דְּשָׁרֵי לֵיהּ, מִיכֵּן וְאֵילָךְ — אֲסִיר לֵיהּ.

En fait : il se tenait un Chabbat et il a voué, et un jour de fête et il a voué. Ce jour-là lui est permis.

À partir de là, cela lui est interdit.

📜 Rachi (1)
דְּקָאֵי בְּשַׁבָּת וְקָא נָדַר ביו"ט וְקָא נָדַר כְּלוֹמַר כְּשֶׁקִּיבֵּל נֶדֶר זֶה הָיָה שַׁבָּת אוֹ יו"ט וְהַיְינוּ דְּקָתָנֵי מֻותָּר לִשְׁתּוֹת בְּשַׁבָּתוֹת וְיָמִים טוֹבִים אוֹתָהּ שַׁבָּת אוֹ אוֹתוֹ יו"ט שֶׁנָּדַר אֲבָל מִכָּאן וְאֵילָךְ אָסוּר וַאֲפִילּוּ בְּשַׁבָּת דִּילְמָא אֲתָא אֶתְמוֹל בֶּן דָּוִד וְחָל עָלֶיהָ נְזִירוּת:
C'est-à-dire : lorsqu'il a accepté ce vœu, c'était un Chabbat ou un Yom Tov. Et c'est ce qu'enseigne, il est permis de boire les Chabbat et les jours de fête : ce Chabbat-là, ou ce Yom Tov-là, où il a voué. Mais à partir de là, c'est interdit, même un Chabbat : peut-être ben David est venu la veille, et la nezirut a pris sur lui.
💡 Explication

Conclusion sur le vœu. Il est fait le Chabbat ou le Yom Tov même. Ce jour-là, ben David ne vient pas, la nezirut ne commence pas, le vin est permis.

Dès le lendemain, elle peut avoir pris. Elle demeure, y compris le Chabbat suivant. La baraïta, il est permis les Chabbat et les jours de fête, vise ce jour du vœu, comme le dit Rachi.

🖼️ Schéma
Quel jour le nazir de ben David boit-il du vin ? Conclusion du daf. Le tehoum en question est au-dessus de dix tefahim. Jour du vœu Chabbat ou Yom Tov. Vin permis. Ben David ne vient pas ce jour-là. La nezirut ne prend pas. Dès le lendemain Vin interdit. Ben David a pu venir au grand tribunal. La nezirut peut avoir pris. Chabbat suivant Vin interdit aussi. Une nezirut déjà prise ne tombe pas avec le Chabbat. S'il y a des tehoumin au-dessus de dix, ben David ne vient pas un Chabbat depuis dehors. D'où la permission de la baraïta, en première lecture. S'il n'y a pas de tehoumin, le verset reste. Eliyahou vient avant le jour de Hachem. Il n'est pas venu hier : ben David ne vient pas aujourd'hui. Chaque jour serait permis ? Il a pu arriver au grand tribunal sans être su. Sauf erev Chabbat et erev fête : promesse, à cause du torah. Ben David, lui, peut venir. Dimanche Si Eliyahou ne vient pas le Chabbat, le vin serait permis. Le tanna doute. Il interdit, le-humra. On ne tire pas une permission.
Trois temps : jour du vœu, lendemain, Chabbat suivant.
11
פַּעַם אַחַת לֹא נִכְנְסוּ לַנָּמָל וְכוּ׳.

Une fois, ils n'entrèrent pas au port, etc.

🗂️ Tossefot (1)
מֻותָּרִין אַתֶּם שֶׁכְּבָר הָיִיתִי מִסְתַּכֵּל בִּשְׁפוֹפֶרֶת וְכוּ' אֲפִילּוּ לְרַבִּי מֵאִיר דְּאָמַר לְקַמָּן מִי שֶׁיָּשַׁב בַּדֶּרֶךְ וְעָמַד וַהֲרֵי הוּא סָמוּךְ לָעִיר אִם לֹא הָיְתָה כַּוָּונָתוֹ לְכָךְ לֹא יִכָּנֵס הָכָא מִתְכַּווְּנִים הָיוּ לִשְׁבּוֹת בָּעִיר וְהָיוּ סוֹמְכִין עַל שְׁפוֹפֶרֶת שֶׁל ר"ג:
Il vous est permis, car je regardais déjà par la chefoferet, etc. Même selon Rabbi Meir, qui dit plus loin : celui qui était assis en chemin, s'est levé, et le voici proche de la ville ; si telle n'était pas son intention, il n'entrera pas. Ici, ils avaient l'intention de faire le Chabbat dans la ville, et ils s'appuyaient sur la chefoferet de Rabban Gamliel.
💡 Explication

La Guemara cite la michna du port, déjà lue plus haut : ils arrivent de nuit, et Rabban Gamliel les autorise à descendre.

Tossefot : même selon Rabbi Meir, qui refuse l'entrée à qui se trouve près de la ville sans en avoir eu l'intention, ici ils voulaient faire le Chabbat en ville, et ils s'appuyaient sur la chefoferet.

12
תַּנָּא: שְׁפוֹפֶרֶת הָיְתָה לוֹ לְרַבָּן גַּמְלִיאֵל שֶׁהָיָה מַבִּיט וְצוֹפֶה בָּהּ אַלְפַּיִם אַמָּה בַּיַּבָּשָׁה, וּכְנֶגְדָּהּ אַלְפַּיִם בַּיָּם.

On a enseigné : Rabban Gamliel avait une chefoferet par laquelle il regardait et observait deux mille coudées sur la terre ferme, et en face d'elles deux mille en mer.

📜 Rachi (1)
שְׁפוֹפֶרֶת קָנֶה חָלוּל וּכְשֶׁהוּא אָרֹוךְ אֵין צוֹפִין בּוֹ לְמֵרָחוֹק וּכְשֶׁהוּא קָצָר צוֹפִין בּוֹ יוֹתֵר וְהָיְתָה שְׁפוֹפֶרֶת שֶׁל רַבָּן גַּמְלִיאֵל מְתֻוקֶּנֶת לְמִדַּת צְפִייַּת אַלְפַּיִם אוֹ בַּיָּם אוֹ בַּיַּבָּשָׁה:
Un roseau creux. Lorsqu'il est long, on n'observe pas par lui au loin. Lorsqu'il est court, on observe par lui davantage. La chefoferet de Rabban Gamliel était réglée sur la mesure de vue de deux mille, en mer ou sur la terre ferme.
💡 Explication

La chefoferet est un tube creux règle sur deux mille coudées, le tehoum, aussi bien sur terre qu'en mer. Rachi : plus le tube est long, moins on voit loin ; plus il est court, plus on voit loin.

13
הָרוֹצֶה לֵידַע כַּמָּה עָומְקוֹ שֶׁל גַּיְא, מֵבִיא שְׁפוֹפֶרֶת וּמַבִּיט בָּהּ, וְיֵדַע כַּמָּה עָומְקוֹ שֶׁל גַּיְא.

Celui qui veut savoir quelle est la profondeur d'un vallon apporte une chefoferet et regarde par elle, et il saura quelle est la profondeur du vallon.

📜 Rachi (1)
כַּמָּה עָומְקוֹ שֶׁל גֵּיא מֵבִיא שְׁפוֹפֶרֶת וּמַבִּיט בָּהּ בַּיַּבָּשָׁה וְיִמְדֹּוד כַּמָּה אַמּוֹת הוּא יָכוֹל לִצְפּוֹת בָּהּ וְאַחַ"כּ יֵלֵךְ עַל שְׂפַת הַגַּיְא וְיִצְפֶּה בָּהּ לְעָומְקוֹ וְיִתְרַחֵק לַאֲחוֹרָיו עַד שֶׁיַּבְחִין שֶׁבְּמָקוֹם שֶׁכָּלָה עָומְקוֹ שֶׁל גַּיְא שָׁם כָּלָה צְפִייַּת הַשְּׁפוֹפֶרֶת שֶׁאִם יִתְרַחֵק עוֹד מְעַט לֹא יִרְאֶה אֶת קַרְקָעִית הַגַּיְא וְיֵדַע שֶׁעָומְקוֹ שֶׁל גַּיְא וְהַרְחָקָתוֹ שֶׁנִּתְרַחֵק מִשְּׂפָתוֹ הָוֵי כְּמִדַּת צְפִיַּית הַשְּׁפוֹפֶרֶת:
Sur la terre ferme, et il mesure combien de coudées il peut observer par elle. Ensuite il ira sur le bord du vallon et observera par elle vers sa profondeur, et il s'éloignera vers l'arrière jusqu'à discerner qu'à l'endroit où cesse la profondeur du vallon, là cesse la vue de la chefoferet. Car s'il s'éloigne encore un peu, il ne verra pas le fond du vallon. Et il saura que la profondeur du vallon et l'éloignement dont il s'est éloigné de son bord font la mesure de la vue de la chefoferet.
🪔 Ben Yehoyada (1)
הָרוֹצֶה לֵידַע כַּמָּה עָמְקוֹ שֶׁל גַּיְא, מֵבִיא שְׁפוֹפֶרֶת וּמַבִּיט בָּהּ בַּיַּבָּשָׁה וְיֵדַע כַּמָּה עָמְקוֹ שֶׁל גַּיְא. עַיֵּין מַה שֶׁאָמַר רַשִׁ"י זַ"ל [כַּמָּה עָומְקוֹ שֶׁל גֵּיא מֵבִיא שְׁפוֹפֶרֶת וּמַבִּיט בָּהּ - בַּיַּבָּשָׁה וְיִמְדֹּוד כַּמָּה אַמּוֹת הוּא יָכוֹל לִצְפּוֹת בָּהּ וְאַחַ"כּ יֵלֵךְ עַל שְׂפַת הַגַּיְא וְיִצְפֶּה בָּהּ לְעָומְקוֹ וְיִתְרַחֵק לַאֲחוֹרָיו עַד שֶׁיַּבְחִין שֶׁבְּמָקוֹם שֶׁכָּלָה עָומְקוֹ שֶׁל גַּיְא שָׁם כָּלָה צְפִייַּת הַשְּׁפוֹפֶרֶת שֶׁאִם יִתְרַחֵק עוֹד מְעַט לֹא יִרְאֶה אֶת קַרְקָעִית הַגַּיְא וְיֵדַע שֶׁעָומְקוֹ שֶׁל גַּיְא וְהַרְחָקָתוֹ שֶׁנִּתְרַחֵק מִשְּׂפָתוֹ הָוֵי כְּמִדַּת צְפִיַּית הַשְּׁפוֹפֶרֶת] . וְהַגָּאוֹן תּוֹרַת חַיִּים זַ"ל תָּמַהּ עַל פֵּירוּשׁ רָשִׁ"י הֵיאַךְ יוּכַל לְהַבְחִין דָּבָר זֶה, שֶׁהֲרֵי כְּשֶׁמִּתְרַחֵק לַאֲחוֹרָיו אַרְבַּע וְחָמֵשׁ אַמּוֹת שׁוּב לֹא יִרְאֶה קַרְקָעִית הַגַּיְא, לֹא מִפְּנֵי הַמֶּרְחָק אֶלָּא לְפִי שֶׁשְּׂפַת הַגַּיְא מַפְסִיק בֵּינוֹ לְבֵין קַרְקָעִית הַגַּיְא עַד כָּאן דְּבָרָיו, וְהִנִּיחַ כָּל זֶה בְּקֻושְׁיָא עַייֵּן שָׁם. וְלִי אֲנָא עַבְדָּא נִרְאֶה לִי בס"ד כַּוָּנַת רַשִׁ"י זַ"ל בְּרוּרָה וּפֵירוּשׁוֹ הוּא מֻוכְרָח מְאֹד, דְּאֵין כַּוָּנַת רַשִׁ"י זַ"ל לוֹמַר שֶׁיַּחֲזֹור לַאֲחוֹרָיו דְּהַייְנוּ לְצַד הַיַּבָּשָׁה הַמִּתְרַחֶקֶת מִשְּׂפַת הַגַּיְא כְּמוֹ שֶׁמֵּבִין הַגָּאוֹן תּוֹרַת חַיִּים זַ"ל דְּזֶה לֹא יִתָּכֵן כְּלָל וּכְמוֹ שֶׁטָּעַן, אַךְ הַכַּוָּנָה הוּא אִם רָצָה לֵידַע עָמְקוֹ שֶׁל גַּיְא בְּדִקְדּוּק, וְאֵינוֹ יָכוֹל לִמְדֹּוד מְחִיצָתוֹ מִפְּנֵי הַגֹּובַהּ, יַעֲשֶׂה כָּךְ: יָבִיא שְׁפוֹפֶרֶת שֶׁיֵּשׁ בָּהּ לְצַפּוֹת בָּהּ יוֹתֵר מִשִּׁיעוּר עֹומֶק הַגַּיְא לְפִי אֹומֶד הַדַּעַת לִמְרֻובֵּה, בְּאֹופֶן שֶׁבָּרוּר לוֹ שִׁיעוּר צְפִייַּת הַשְּׁפוֹפֶרֶת יוֹתֵר מִשִּׁיעוּר עֹומֶק הַגַּיְא בְּוַדַּאי, וְיַעֲמוֹד עַל שְׂפַת הַגַּיְא בְּצַד אֶחָד מִצִּדְדֵי הַגַּיְא וְיַבִּיט בַּשְּׁפוֹפֶרֶת הַהִיא בְּקַרְקָעִית הַגַּיְא בִּנְקֻודַּת קַרְקָעִית הַגַּיְא אֲשֶׁר לִפְנֵי מַעֲמַד רַגְלָיו מַמָּשׁ, וְזוֹ הַנְּקֻודָּה תִּהְיֶה מַטְּרָתוֹ. וְיַתְחִיל לֵילֵךְ עַל אֹורֶךְ שְׂפַת הַגַּיְא לַאֲחוֹרָיו וְהַשְּׁפוֹפֶרֶת בְּיָדוֹ וְצוֹפֶה בָּהּ בְּאוֹתָהּ נְקֻודָּה אֲשֶׁר בְּקַרְקָעִית הַגַּיְא שֶׁהָיְתָה כְּנֶגֶד מַעֲמַד רַגְלָיו אֲשֶׁר שָׂם אוֹתָהּ לַמַּטָּרָה, וּבְעֵת הִלּוּכוֹ עַל אֹורֶךְ שְׂפַת הַגַּיְא הִנֵּה הוּא רוֹאֶה אֶת הַנְּקֻודָּה שֶׁל קַרְקָעִית הַגַּיְא בְּאוֹתָהּ הַשְּׁפוֹפֶרֶת, וְאַחַר שֶׁיִּתְרַחֵק בְּמַהֲלָכוֹ לַאֲחוֹרָיו עַל שְׂפַת הַגַּיְא עַד שֶׁלֹּא יוּכַל לִרְאוֹת עוֹד אֶת הַנְּקֻודָּה הַהִיא עַל קַרְקָעִית הַגַּיְא, מִפְּנֵי שֶׁנִּשְׁלַם כֹּחַ צְפִיַּית הַשְּׁפוֹפֶרֶת שֶׁבְּיָדוֹ, אָז נִתְבָּרֵר לוֹ בָּזֶה עָומְקוֹ שֶׁל גַּיְא כַּמָּה, כִּי אָז יִמְדֹּוד הַקַּרְקַע שֶׁל שְׂפַת הַגַּיְא שֶׁלְּךָ בָּהּ בִּהְיוֹתוֹ צוֹפֶה בִּשְׁפוֹפֶרֶת שֶׁבְּיָדוֹ. וְיַתְחִיל לִמְדֹּוד מִן מָקוֹם שֶׁכָּלָה בּוֹ צְפִייַּת הַשְּׁפוֹפֶרֶת עַד מָקוֹם שֶׁעָמְדוּ רַגְלָיו בָּרִאשׁוֹנָה שֶׁהוּא לְמַעְלָה מֵאוֹתָהּ הַנְּקֻודָּה שֶׁבְּקַרְקָעִית הַגַּיְא, וְאִם לְמָשָׁל עָלָה הַמְּדִידָה שֶׁל שְׂפַת הַגַּיְא שְׁלֹשִׁים אַמָּה, וְהוּא יוֹדֵעַ שֶׁצְּפִיַּית הַשְּׁפוֹפֶרֶת הִיא שִׁיעוּר מֵאָה אַמָּה, הִנֵּה בָּזֶה נִתְבָּרֵר לוֹ דְּעֹומֶק הַגַּיְא הוּא שִׁבְעִים אַמָּה, כִּי צָרִיךְ לְנַכּוֹת מִן שִׁיעוּר מֵאָה אַמָּה שֶׁל צְפִייַּת הַשְּׁפוֹפֶרֶת שְׁלֹשִׁים אַמָּה שֶׁל מַהֲלַךְ שְׂפַת הַגַּיְא. וְזֶה שֶׁאָמַר רַשִׁ"י זַ"ל יֵלֵךְ עַל שְׂפַת הַגַּיְא וְיִצְפֶּה בָּהּ לְעָומְקוֹ, דְּהַיְנוּ מְקוֹם הָעֹומֶק שֶׁהוּא תַּחַת רַגְלָיו שֶׁעוֹמֵד שָׁם, וְיִתְרַחֵק לַאֲחוֹרָיו רְצוֹנוֹ לוֹמַר יִתְרַחֵק לַאֲחוֹרָיו עַל שְׂפַת הַגַּיְא עַצְמוֹ לְאָורְכוֹ וְלֹא לְצַד הַיַּבָּשָׁה שֶׁאַחֲרֵי שְׂפַת הַגַּיְא, אֶלָּא הוֹלֵךְ עַל שְׂפַת הַגַּיְא עַצְמוֹ לַאֲחוֹרָיו וְעֵינָיו תְּצַפֵּנָּה בְּאוֹתָהּ הַנְּקֻודָּה שֶׁל קַרְקָעִית הַגַּיְא שֶׁהִיא תַּחַת מָקוֹם שֶׁהִתְחִיל לַעֲמֹוד בּוֹ, כִּי יַעֲשֶׂה לוֹ אֵיזֶה סִימָן מִתְּחִלָּה וְהוּא יְהַלֵּךְ עַד שֶׁיַּבְחִין שֶׁבְּמָקוֹם שֶׁכָּלָה עָומְקוֹ שֶׁל גַּיְא, כְּלוֹמַר בַּמָּקוֹם שֶׁכָּלָה רְאִיַּית הַנְּקֻודָּה הַהִיא הָרִאשׁוֹנָה שָׁם כָּלָה צְפִיַּית הַשְּׁפוֹפֶרֶת, אֲשֶׁר שִׁיעוּר צְפִייָּתָהּ יְדוּעָה אֶצְלוֹ כַּמָּה אַמּוֹת הִיא צוֹפָה, שֶׁאִם יִתְרַחֵק עוֹד מְעַט לֹא יִרְאֶה עוֹד אֶת נְקֻודַּת קַרְקָעִית הַגַּיְא הַהִיא, וּבָזֶה יָדַע שֶׁמִּידַּת גָּבְהוֹ שֶׁל גַּיְא וּמִדַּת אֹורֶךְ שְׂפַת הַגַּיְא שֶׁהָלַךְ בּוֹ מִן מָקוֹם הַמְכֻוָּון כְּנֶגֶד הַנְּקֻודָּה הַהִיא עַד מָקוֹם שֶׁכָּלָה צְפִיַּית הַשְּׁפוֹפֶרֶת. הִנֵּה כָּל זֶה הַמִּידָּה הִיא מִידַּת צְפִייַּת הַשְּׁפוֹפֶרֶת הַיְּדוּעָה לוֹ וְאָז בָּזֶה יָבִין עָומְקוֹ שֶׁל גַּיְא בְּבֵירוּר, עַל יְדֵי שֶׁיִּמְדֹּוד שְׂפַת הַגַּיְא שֶׁהָלַךְ בּוֹ וְיִרְאֶה אִם עָלָה שְׁלֹשִׁים אַמָּה וְהוּא יוֹדֵעַ שֶׁשִּׁיעוּר צִפִּיתָ הַשְּׁפוֹפֶרֶת מֵאָה אַמָּה, יְנַכֶּה שְׁלֹשִׁים מִן הַמֵּאָה וְיֵדַע שֶׁעֹומֶק הַגַּיְא הוּא שִׁבְעִים אַמָּה וְזֶה בָּרוּר. וְהִרְחַבְתִּי הַדְּבָרִים בָּזֶה כְּדֵי לְהָקֵל עַל הַמְעַייֵּן שֶׁיִּהְיֶה קָשֶׁה הַהֲבָנָה יַעַן כִּי רָאִיתִי אָדָם גָּדוֹל וְגָאוֹן קַדְמוֹן הוּא הַגָּאוֹן תּוֹרַת חַיִּים זַ"ל אַגַּב חוּרְפֵיהּ לָא דַּק בִּמְחִילַת כְּבוֹדוֹ לְהָבִין דִּבְרֵי רַשִׁ"י זַ"ל עַל אֲמִתּוּת וְחָשַׁב בָּהֶם דֶּרֶךְ אַחֶרֶת וּלְכָךְ נִתְקַשָּׁה בָּהֶם. וְעוֹד רָאִיתִי לְהַגָּאוֹן תּוֹרַת חַיִּים זַ"ל הַנִּזְכָּר שֶׁעָשָׂה אֹופֶן אַחֵר בְּפֵירוּשׁ הַגְּמָרָא דְּלָא כְּפֵירוּשׁ רַשִׁ"י זַ"ל יְעַייֵּן שָׁם. וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּרַשִׁ"י זַ"ל לֹא בָּחַר בְּפֵירוּשׁ הָרַב זַ"ל מִפְּנֵי דִּלְפִי פֵּירוּשׁוֹ הָוֵי לִי לְמֵימַר יְתַקֵּן שְׁפוֹפֶרֶת כְּפִי עָומְקוֹ שֶׁל גַּיְא וּמַבִּיט בָּהּ בַּיַּבָּשָׁה, וְאוֹמְרוֹ יָבִיא שְׁפוֹפֶרֶת מַשְׁמַע שֶׁהִיא מְתֻוקֶּנֶת וּמְכֻוֶּונֶת עַל שִׁיעוּר יָדוּעַ, וְרַק יַבִּיט בָּהּ בַּיַּבָּשָׁה כְּדֵי לְבָרֵר עַל יָדָהּ שִׁיעוּר הַגַּיְא. וְדַע כִּי שְׁפוֹפֶרֶת שֶׁהָיְתָה לְרַבָּן גַּמְלִיאֵל הָיְתָה עֲשׂוּיָה בְּחָכְמָה, שֶׁשִּׁיעוּר צְפִייָּתָהּ הוּא רַק אַלְפַּיִם אַמָּה לֹא פָּחוֹת וְלֹא יוֹתֵר, וּבָאוּ חֲכָמֵינוּ זַ"ל לְלַמְּדֵנוּ שְׁקִידוֹת וַחֲרִיצוֹת רַבּוֹתֵינוּ הָרִאשׁוֹנִים וַחֲרֵדָתָם עַל חֻוקֵּי הַתּוֹרָה וּמִשְׁפָּטֶיהָ, שֶׁהָיוּ מְכִינִים כֵּלִים שֶׁיִּהְיוּ מְזֻומָּנִים לָהֶם לְעֵת הַצֹּורֶךְ כְּדֵי שֶׁלֹּא יָבוֹאוּ לִידֵי מִכְשׁוֹל. וְהִנֵּה עַל דֶּרֶךְ הַמּוּסָר נִרְאֶה לִי בס"ד דִּבְרֵי חֲכָמִים זַ"ל, בְּאוֹמְרוֹ הָרוֹצֶה לֵידַע עָמְקוֹ שֶׁל גַּיְא רֶמֶז לְמִדַּת הָעֲנָוָה, דִּכְתִיב (יְשַׁעְיָהוּ מ, ד) 'כָּל גַּיְא יְנַשֵּׂא' שֶׁצָּרִיךְ הָאָדָם לֵירֵד בָּהּ לָעֹומֶק, וְלֹא דַּי לוֹ שֶׁיֵּלֵךְ בָּהּ בְּדֶרֶךְ הַמִּצּוּעַ כִּשְׁאָר מִידּוֹת, וְאִם יִרְצֶה לֵידַע כַּמָּה נָאֶה וּמְשֻׁובָּח הָעֹומֶק שֶׁל מִדַּת הָעֲנָוָה שֶׁהָאָדָם מַעֲמִיק בָּהּ לֵירֵד עַד קָצֶה אַחֲרוֹן שֶׁלָּהּ, יָבִיא שְׁפוֹפֶרֶת וּמַבִּיט בָּהּ, וְהוּא כִּי יֵרָאֶה שֶׁהַשְּׁפוֹפֶרֶת דַּרְכָּהּ כְּשֶׁהִיא אֲרֻוכָּה אֵין צוֹפִים בָּהּ לְמֵרָחוֹק, וּכְשֶׁהִיא קְצָרָה צוֹפִים בָּהּ לְמֵרָחוֹק וּכְמוֹ שֶׁפֵּירֵשׁ רַשִׁ"י זַ"ל. וְהִנֵּה בָּזֶה יִלְמֹוד מוּסָר עַל מִדַּת הָעֲנָוָה אִם יִהְיֶה הָאָדָם קָטָן וְקָצַר בְּעֵינָיו, אָז הוּא יַבִּיט בַּמֻּושְׂכָּלוֹת וְיַשִּׂיג הַשָּׂגָה רַבָּה בְּיוֹתֵר לְמֵרָחוֹק וְאִם יִרְאֶה עַצְמוֹ גָּדוֹל תִּתְמַעֵט הַשָּׂגָתוֹ וְתִתְקַצֵּר חָכְמָתוֹ בַּמֻּושְׂכָּלוֹת. וכמ"ש (זֹוהַר חֵלֶק ג קסח.) 'מַאן דְּאִיהוּ זְעֵיר אִיהוּ רַב, וּמַאן דְּאִיהוּ רַב אִיהוּ זְעֵיר' וְעַל כֵּן רָאוּי שֶׁהָאָדָם יִתְפֹּושׂ קָצֶה אַחֲרוֹן שֶׁל מִדַּת הָעֲנָוָה וְיֵרֵד לָעֹומֶק שֶׁלָּהּ וְלֹא יַעֲמֹוד בְּדֶרֶךְ הַמִּיצּוּעַ. וְעוֹד נִרְאֶה לִי גַּיְא רֶמֶז לָעוֹלָם הַזֶּה וְקִנְייָנִים שֶׁלָּהּ שֶׁהָאָדָם עָמֵל בָּעוֹלָם הַזֶּה כְּדֵי לִקְנוֹת דְּבָרִים הַגּוּפָנִיִּים הַנִּמְצָאִים בָּהּ, כִּי כָּל דְּבָרִים הַגּוּפָנִיִּים הֵם מַטֵּה מַטָּה, מַה שֶׁאֵין כֵּן דְּבָרִים הַנַּפְשִׁיִּים לַשָּׁמַיִם שֶׁהֵם מַעְלָה מַעְלָה, וְאָז יִלְמֹוד הָאָדָם מוּסָר מִן הַשְּׁפוֹפֶרֶת שֶׁהִיא עֲשׂוּיָה כְּמוֹ זֶה שֶׁקּוֹרִין דְּאֻרְבִין שֶׁרֹאשׁוֹ אֶחָד קָטָן וְדַק וְרֹאשׁוֹ אֶחָד רָחָב, וְאִם הָאָדָם יִתֵּן עֵינָיו לִרְאוֹת בְּרֹאשׁ הַדַּק יִרְאֶה אוֹתוֹ דָּבָר שֶׁלְּפָנָיו גָּדוֹל מְאֹד וְקָרוֹב אֵלָיו, וְאִם יִתֵּן עֵינָיו לִרְאוֹת בָּרֹאשׁ הָרָחָב יִרְאֶה דָּבָר שֶׁלְּפָנָיו רָחוֹק וְקָטָן מְאֹד, כֵּן הָאָדָם בְּעִנְיְינֵי עוֹלָם הַזֶּה אִם יִתֵּן עֵינָיו בַּחֵלֶק הַגָּדוֹל לַחֲמֹוד אוֹתוֹ אָז יִתְרַחֵק אוֹתוֹ דָּבָר מִמֶּנּוּ וְגַם יִקְטַן אֶצְלוֹ, וְאִם יִתֵּן עֵינָיו בְּחֵלֶק הַקָּטָן וְהַמּוּעָט אָז יַגִּיעַ לְיָדוֹ בְּקָרוֹב וְאָז יִגְדַּל אֶצְלוֹ. וּמַה שֶׁאָמְרוּ ' הָרוֹצֶה לֵידַע כַּמָּה גָּבְהוֹ שֶׁל דֶּקֶל ' נִרְאֶה לִי בס"ד עַל דֶּרֶךְ הַמּוּסָר, כִּי דֶּקֶל רֶמֶז לְצַדִּיק דִּכְתִיב (תְּהִלִּים צב, יג) צַדִּיק כְּתָמָר יִפְרָח, וְהוּא דֶּקֶל הַמּוֹצִיא פֵּירוֹת מְתוּקִים וְהֵן הֵן מִצְוֹת וּמַעֲשִׂים טוֹבִים, וְכָל אָדָם חַייָּב לְכַבֵּד הַצַּדִּיקִים שֶׁבְּדוֹרוֹ כָּרִאשׁוֹנִים זַ"ל, כְּמוֹ שֶׁאָמְרוּ (רֹאשׁ הַשָּׁנָה כה:) 'יִפְתָּח בְּדוֹרוֹ כִּשְׁמוּאֵל בְּדוֹרוֹ' רְצוֹנוֹ לוֹמַר יִפְתָּח בְּעֵרֶךְ דּוֹרוֹ הוּא כִּשְׁמוּאֵל, וְהַייְנוּ דְּצָרִיךְ כָּל אָדָם לְכַבֵּד הַצַּדִּיקִים שֶׁבְּדוֹרוֹ עַל יְדֵי שֶׁיַּעֲרִיךְ מַעֲשֵׂיהֶם לְגַבֵּי מַעֲשָׂיו, דְּאָז נֶחְשָׁבִים לְפִי עֶרְכּוֹ כְּעֵרֶךְ הָרִאשׁוֹנִים הַקַּדְמוֹנִים, אֲבָל לֹא יֹאמַר וְכִי צַדִּיק זֶה הוּא כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַאי אוֹ כְּרַבִּי פִּנְחָס בֶּן יָאִיר כְּדֵי שֶׁאֲכַבְּדֵהוּ כָּבוֹד גָּדוֹל, דְּהָאוֹמֵר כֵּן הוּא טוֹעֶה , יַעַן כִּי זֶה הַדּוֹר אֵינוֹ כְּדוֹר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַאי כְּדֵי שֶׁתִּרְצֶה שֶׁיִּהְיֶה זֶה שֶׁבְּדוֹרְךָ כְּמוֹ רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַאי, דְּזֶה הַכְּלָל גְּדוֹלֵי הַדּוֹר נֶעֱרָכִים לְפִי עֵרֶךְ אַנְשֵׁי דּוֹרָם. וְלָזֶה אָמַר יִמְדֹּד תְּחִלָּה צִלּוֹ צִלּוֹ דְּהַיְינוּ מַעֲשָׂיו וְחָכְמָתוֹ, כִּי הַתּוֹרָה וְהַמַּעֲשִׂים טוֹבִים הֵם צֵל הָאָדָם שֶׁהוּא חַי בָּהֶם, וְיִמְדֹּוד אָז צֵל קוֹמָתוֹ שֶׁל הַדֶּקֶל שֶׁהוּא הַצַּדִּיק שֶׁבְּדוֹרוֹ שֶׁתִּהְיֶה מְדִידָתוֹ בְּעֵרֶךְ מְדִידַת עַצְמוֹ, וְאָז יֵדַע כַּמָּה הוּא גָּבְהוֹ שֶׁל דֶּקֶל , רְצוֹנוֹ לוֹמַר כַּמָּה גֹּודֶל מַעֲלָתוֹ שֶׁרָאוּי לְכַבְּדוֹ. וְעוֹד נִרְאֶה לִי בס"ד עַל דֶּרֶךְ הַסּוֹד , כִּי יָדוּעַ מַה שֶּׁכָּתַב מא"א זַ"ל דמט"ט נִקְרָא 'דֶּקֶל'. גַּם יָדוּעַ מַה שֶּׁכָּתַב רַבֵּינוּ זַ"ל (בְּשַׁעַר הַכַּוָּנוֹת) דמט"ט הוּא בְּשִׁשָּׁה קְצָווֹת דִּיצִירָה וְלָכֵן יֵשׁ בּוֹ שִׁשָּׁה אוֹתִיּוֹת כְּנֶגֶד ו"ק דִּיצִירָה עַיֵּין שָׁם. גַּם יָדוּעַ דמט"ט מִסִּפְרוֹ כְּמִסְפַּר שד"י וְלָזֶה אָמַר רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל שְׁמוֹ כְּשֵׁם רַבּוֹ. גַּם יָדוּעַ מ"ש בְּעֵץ חַיִּים שַׁעַר הַשֵּׁמוֹת דְּשֵׁם שַׁדַּי בְּשִׁשָּׁה צֵרוּפָיו הוּא סוֹד הַצִּיצִית דמט"ט, וְשָׁם מְפֹורָשׁ הַחֶשְׁבּוֹן לְנָכוֹן ע"ש. נִמְצָא סוֹד הַצִּיצִית דמט"ט הוּא בְּשֵׁם שַׁדַּי, וְלָכֵן מִסְפַּר שֵׁם מט"ט עוֹלֶה שַׁדַּי [314] וז"ש הָרוֹצֶה לֵידַע גָּבְהוֹ שֶׁל דֶּקֶל הוּא מט"ט הַנִּקְרָא דֶּקֶל, אִם תִּרְצֶה לֵידַע מַעֲלָתוֹ, תְּמַדֵּד צִלּוֹ הוּא שֵׁם שַׁדַּי שֶׁהוּא סוֹד הַצִּיצִית דמט"ט, וּלְהָכִי קָרֵי לֵיהּ צִלּוֹ כִּי הוּא רָמוּז בְּמִסְפַּר שְׁמוֹ שֶׁל מט"ט וּבָזֶה תָּבִין מַעֲלָתוֹ, גַּם עוֹד תִּמָּדֵד צֵל קוֹמָתוֹ שֶׁהֵם שִׁשָּׁה קְצָווֹת דְּעוֹלָם הַיְּצִירָה כִּי עַד סוֹף ו"ק דִּיצִירָה הִיא קוֹמַת מט"ט, וְתִמְצָא גַּם כֵּן זֶה הַמִּסְפָּר שֶׁל קוֹמָתוֹ שֶׁהוּא ו"ק דִּיצִירָה גַּם כֵּן רָמוּז בִּשְׁמוֹ הַטּוֹב, וּכְמוֹ שֶׁכָּתַב רַבֵּינוּ זלה"ה דִּבְשֵׁם מט"ט יֵשׁ שִׁשָּׁה אוֹתִיּוֹת לִרְמֹוז שֶׁהוּא בְּשִׁשָּׁה קְצָווֹת דִּיצִירָה וְדוֹק.
Celui qui veut savoir quelle est la profondeur d'un vallon apporte une chefoferet, regarde par elle sur la terre ferme, et saura quelle est la profondeur du vallon. Vois ce qu'a dit Rachi zal : quelle est la profondeur d'un vallon, il apporte une chefoferet et regarde par elle, sur la terre ferme, et il mesure combien de coudées il peut observer par elle ; ensuite il ira sur le bord du vallon et observera par elle vers sa profondeur, et il s'éloignera vers l'arrière jusqu'à discerner qu'à l'endroit où cesse la profondeur du vallon, là cesse la vue de la chefoferet ; car s'il s'éloigne encore un peu, il ne verra pas le fond du vallon ; et il saura que la profondeur du vallon et l'éloignement dont il s'est éloigné de son bord font la mesure de la vue de la chefoferet. Et le gaon Torat 'Hayim zal s'étonne sur l'explication de Rachi : comment pourra-t-il discerner cette chose ? Car lorsqu'il s'éloigne vers l'arrière de quatre ou cinq coudées, il ne verra plus le fond du vallon, la distance n'en est pas la cause : le bord du vallon s'interpose entre lui et le fond du vallon. Fin de ses paroles. Et il a laissé tout cela en difficulté, voir là-bas. Et moi, le serviteur, il me semble, avec l'aide du Ciel, que l'intention de Rachi zal est claire, et que son explication s'impose. Rachi zal parle d'autre chose qu'un retour vers l'arrière du côté de la terre ferme qui s'éloigne du bord du vallon, lecture du gaon Torat 'Hayim zal. Cette lecture ne se peut pas, et comme il l'a objecté. L'intention est celle-ci. S'il veut connaître la profondeur du vallon avec précision, et qu'il ne peut pas mesurer sa paroi à cause de la hauteur, il fera ainsi. Il apporte une chefoferet par laquelle on observe plus que la mesure de la profondeur du vallon, selon une estimation large, de sorte qu'il lui est clair que la mesure de vue de la chefoferet dépasse à coup sûr la profondeur du vallon. Il se tient sur le bord du vallon, sur l'un de ses côtés, et il regarde par cette chefoferet le fond du vallon, au point du fond qui est juste devant l'emplacement de ses pieds. Ce point sera sa cible. Il commence à marcher sur la longueur du bord du vallon, vers l'arrière, la chefoferet à la main, en observant par elle ce point du fond qui était en face de l'emplacement de ses pieds, là où il l'a fixé pour cible. Pendant qu'il marche sur la longueur du bord, il voit le point du fond dans cette chefoferet. Après s'être éloigné, dans sa marche vers l'arrière sur le bord, jusqu'à ne plus pouvoir voir ce point sur le fond, parce que la force de vue de la chefoferet qu'il tient est épuisée, alors la profondeur du vallon lui est clarifiée, et de combien elle est. Car alors il mesure le sol du bord du vallon sur lequel il a marché tandis qu'il observait par la chefoferet. Il mesure depuis l'endroit où la vue de la chefoferet a cessé jusqu'à l'endroit où ses pieds se tenaient d'abord, au-dessus de ce point du fond. Si, par exemple, la mesure du bord monte à trente coudées, et qu'il sait que la vue de la chefoferet est de cent coudées, il lui est clarifié que la profondeur du vallon est de soixante-dix coudées. Car on déduit, des cent coudées de la vue de la chefoferet, les trente coudées du parcours du bord. Et c'est ce qu'a dit Rachi zal : il ira sur le bord du vallon et observera par elle vers sa profondeur, c'est-à-dire l'endroit de la profondeur qui est sous ses pieds, là où il se tient ; et il s'éloignera vers l'arrière, ce qui veut dire : sur le bord du vallon lui-même, dans sa longueur, et non du côté de la terre ferme qui est derrière le bord. Il marche sur le bord lui-même vers l'arrière, et ses yeux observent ce point du fond qui est sous l'endroit où il a commencé à se tenir. Car il se fait d'abord un signe, et il marche jusqu'à discerner qu'à l'endroit où cesse la profondeur du vallon, c'est-à-dire là où cesse la vue de ce premier point, là cesse la vue de la chefoferet, dont la mesure de vue lui est connue, de combien de coudées elle observe. S'il s'éloigne encore un peu, il ne verra plus ce point du fond. Par là il sait la mesure de la hauteur du vallon et la mesure de la longueur du bord qu'il a parcouru, depuis l'endroit aligné en face de ce point jusqu'à l'endroit où cesse la vue de la chefoferet. Toute cette mesure est la mesure de vue de la chefoferet qui lui est connue. Alors il comprend la profondeur du vallon avec clarté, en mesurant le bord qu'il a parcouru. S'il voit que cela monte à trente coudées, et qu'il sait que la vue de la chefoferet est de cent coudées, il déduit trente de cent, et il sait que la profondeur du vallon est de soixante-dix coudées. Et cela est clair. Et j'ai élargi les paroles afin d'alléger celui qui étudie, car la compréhension est difficile : j'ai vu un homme grand, un gaon ancien, le gaon Torat 'Hayim zal ; dans l'aigu de son esprit il n'a pas été précis, avec la permission de son honneur, pour comprendre les paroles de Rachi zal selon leur vérité ; il y a pensé une autre voie, et c'est pourquoi il y a trouvé une difficulté. Et j'ai encore vu, chez le gaon Torat 'Hayim zal mentionné, qu'il a donné une autre manière d'expliquer la Guemara, autre que l'explication de Rachi zal, voir là-bas. Et il me semble, avec l'aide du Ciel, que Rachi zal n'a pas choisi l'explication de ce rav zal. Selon cette explication, il aurait fallu dire : il ajustera une chefoferet selon la profondeur du vallon, et il regarde par elle sur la terre ferme. Ce qu'il dit, il apporte une chefoferet, implique qu'elle est déjà ajustée et réglée sur une mesure connue, et qu'il regarde seulement par elle sur la terre ferme, afin de clarifier par elle la mesure du vallon. Et sache que la chefoferet de Rabban Gamliel était faite avec sagesse : la mesure de sa vue est deux mille coudées, ni moins ni plus. Et nos sages zal sont venus nous enseigner l'application et le zèle de nos premiers maîtres, et leur crainte pour les lois de la Tora et ses statuts : ils préparaient des outils prêts pour le moment du besoin, afin de ne pas en venir à une faute. Et voici, sur la voie du moussar, il me semble, avec l'aide du Ciel : les paroles de nos sages zal, celui qui veut savoir la profondeur d'un vallon, font allusion à la mida de l'anava (humilité). Car il est écrit (Yeshaya 40, 4) : tout vallon sera exhaussé. L'homme doit y descendre jusqu'à la profondeur. Marcher sur la voie du milieu, comme pour les autres midot, ne lui suffit pas. S'il veut savoir combien sont beaux et excellents le fond de la mida de l'anava et la descente de l'homme jusqu'à son extrémité dernière, il apporte une chefoferet et regarde par elle. Il verra la manière de la chefoferet : lorsqu'elle est longue, on n'observe pas par elle au loin ; lorsqu'elle est courte, on observe par elle au loin, comme l'a expliqué Rachi zal. Par là il apprend un moussar sur la mida de l'anava. Si l'homme est petit et court à ses propres yeux, il regarde les intelligibles et atteint une saisie grande, au loin. S'il se voit grand, sa saisie diminue et sa sagesse se raccourcit dans les intelligibles. Comme il est écrit (Zohar, III, 168a) : celui qui est petit est grand, et celui qui est grand est petit. C'est pourquoi il convient que l'homme saisisse l'extrémité dernière de la mida de l'anava, descende dans sa profondeur, et ne s'arrête pas sur la voie du milieu. Et il me semble encore : le vallon fait allusion à ce monde-ci et à ses acquisitions, pour lesquelles l'homme peine afin d'acquérir les choses corporelles qui s'y trouvent. Toutes les choses corporelles sont en bas, en bas. Les choses de l'âme, vers le ciel, sont en haut, en haut. Alors l'homme apprend un moussar de la chefoferet, faite comme ce qu'on appelle un darbin (lunette) : une extrémité petite et fine, l'autre large. S'il met l'œil du côté fin, il voit la chose devant lui très grande et proche. S'il met l'œil du côté large, il voit la chose lointaine et très petite. Ainsi dans les affaires de ce monde. S'il met l'œil sur la grande part pour la convoiter, cette chose s'éloigne de lui, et elle devient petite auprès de lui. S'il met l'œil sur la part petite et restreinte, elle arrive bientôt en sa main, et alors elle grandit auprès de lui. Et ce qu'ils ont dit, celui qui veut savoir quelle est la hauteur d'un palmier : il me semble, avec l'aide du Ciel, sur la voie du moussar, que le palmier fait allusion au tsadik, car il est écrit (Tehilim 92, 13) : le tsadik fleurira comme le palmier. C'est le palmier qui sort des fruits doux, et ce sont les mitsvot et les bonnes actions. Tout homme est tenu d'honorer les tsadikim de sa génération comme les premiers zal, comme ils ont dit (Roch Hachana 25b) : Yiftah dans sa génération est comme Chemouel dans sa génération. Cela veut dire : Yiftah, à l'échelle de sa génération, est comme Chemouel. Tout homme doit honorer les tsadikim de sa génération en mesurant leurs actes au regard des siens : alors, selon son échelle, ils comptent comme l'échelle des premiers anciens. Il ne dira pas : ce tsadik est-il comme Rabbi Chimon ben Yohaï, ou comme Rabbi Pinhas ben Yaïr, pour que je lui donne un grand honneur ? Celui qui dit ainsi se trompe, puisque cette génération n'est pas la génération de Rabbi Chimon ben Yohaï, au point que tu voudrais que celui de ta génération soit comme Rabbi Chimon ben Yohaï. La règle : les grands d'une génération s'évaluent selon les gens de leur génération. Pour cela il a dit : qu'il mesure d'abord son ombre, son ombre, c'est-à-dire ses actes et sa sagesse. Car la Tora et les bonnes actions sont l'ombre de l'homme, et c'est en elles qu'il vit. Il mesurera alors l'ombre de la taille du palmier, le tsadik de sa génération, et cette mesure sera à l'échelle de sa propre mesure. Alors il saura la hauteur du palmier : la grandeur de son rang, et l'honneur qui lui revient. Et il me semble encore, avec l'aide du Ciel, sur la voie du sod. Il est connu ce qu'a écrit mon père, mon maître, zal : Metat est appelé palmier (dekel). Il est connu aussi ce qu'a écrit notre maître zal, dans Chaar ha-kavvanot : Metat est dans les six extrémités (vav ketsavot) de Yetsira ; c'est pourquoi il y a en lui six lettres, en face des vav ketsavot de Yetsira, voir là-bas. Il est connu aussi que le nombre de Metat égale le nombre de Chadaï ; pour cela nos maîtres zal ont dit : son nom est comme le nom de son Maître. Il est connu aussi ce qui est écrit dans Ets 'Hayim, Chaar ha-chemot : le nom Chadaï, dans ses six combinaisons (tseroufim), est le sod des tsitsit de Metat, et là le compte est exposé comme il faut, voir là-bas. Ainsi le sod des tsitsit de Metat est dans le nom Chadaï, et le nombre du nom Metat monte comme Chadaï, 314. Et c'est ce que dit : celui qui veut savoir la hauteur du palmier, c'est Metat, appelé palmier. Si tu veux savoir son rang, mesure son ombre : c'est le nom Chadaï, sod des tsitsit de Metat. Pour cela il l'appelle son ombre : ce nom est visé dans le nombre du nom de Metat, et par là tu comprends son rang. Mesure encore l'ombre de sa taille : ce sont les six extrémités du monde de Yetsira, car la taille de Metat va jusqu'au bout des vav ketsavot de Yetsira. Tu trouveras aussi ce nombre de sa taille, les vav ketsavot de Yetsira, visé dans son nom bon. Comme l'a écrit notre maître, que son souvenir soit en bénédiction : dans le nom Metat il y a six lettres, pour viser qu'il est dans les six extrémités de Yetsira. Et sois précis.
💡 Explication

On mesure d'abord la portée de la chefoferet à plat. Au bord du guia (vallon), on vise le fond et on recule jusqu'au point où le fond disparaît. Rachi : profondeur + recul = portée.

Le Ben Yehoyada fixe le sens du recul : le long du bord, pas vers l'intérieur. Vers l'intérieur, le bord cache le fond des quatre ou cinq coudées, difficulté du gaon Torat 'Hayim.

🖼️ Schéma
Compte de Rachi : profondeur = portée - recul Le recul longe le bord. Vers l'intérieur, le bord cache le fond. 1. À plat Portée du tube connue. Exemple : 100 amot. 2. Le long du bord On vise le point sous les pieds. On recule : 30 amot. 3. On soustrait 100 - 30. Profondeur : 70 amot. Ben Yehoyada : le tube est déjà règle, et sa portée dépasse la profondeur estimée. Torat 'Hayim lisait un recul vers l'intérieur. Cette lecture bloque la vue des 4 ou 5 coudées.
Portée connue, recul le long du bord, profondeur par soustraction.
14
וְהָרוֹצֶה לֵידַע כַּמָּה גָּובְהוֹ שֶׁל דֶּקֶל — מוֹדֵד קוֹמָתוֹ וְצַלּוּ, וְצֵל קוֹמָתוֹ וְיֵדַע כַּמָּה גֹּובַהּ שֶׁל דֶּקֶל.

Et celui qui veut savoir quelle est la hauteur d'un palmier mesure sa taille et son ombre, et l'ombre de sa taille, et il saura quelle est la hauteur du palmier.

📜 Rachi (3)
גָּובְהוֹ שֶׁל דֶּקֶל וּמִתְייָרֵא לַעֲלוֹת בּוֹ וּלְמָודְדוֹ:
Et il craint d'y monter pour le mesurer.
יִמְדֹּוד צִלּוֹ שֶׁל דֶּקֶל:
Du palmier.
וְצֵל קוֹמָתוֹ שֶׁל עַצְמוֹ וּפְעָמִים שֶׁהַצֵּל רַבָּה עַל הַמֵּיצֵל וּפְעָמִים שֶׁהַמֵּיצֵל רַבָּה עַל הַצֵּל כְּשֶׁחַמָּה עוֹמֶדֶת בְּגֹובַהּ הָרָקִיעַ צֵל כָּל דָּבָר הָוֵי קָטָן וּכְשֶׁחַמָּה בְּשִׁיפּוּלוֹ הָוֵי צֵל אָרֹוךְ הִלְכָּךְ מוֹדֵד אַף צֵל קוֹמָתוֹ וּלְפִי מַה שֶׁיֵּרָאֶה שֶׁיַּרְבֶּה צֵל קוֹמָתוֹ עַל קוֹמָתוֹ יָדַע שֶׁרִיבּוּי צֵל הַדֶּקֶל עַל הַדֶּקֶל אוֹ כִּפְלַיִם אוֹ שְׁלִישׁ אוֹ רְבִיעַ:
La sienne. Parfois l'ombre dépasse ce qui fait ombre, parfois ce qui fait ombre dépasse l'ombre. Lorsque le soleil se tient en haut du firmament, l'ombre de toute chose est petite. Lorsque le soleil est à son déclin, l'ombre est longue. C'est pourquoi il mesure aussi l'ombre de sa taille. Selon ce qu'il verra que l'ombre de sa taille dépasse sa taille, il saura le dépassement de l'ombre du palmier sur le palmier : le double, ou le tiers, ou le quart.
💡 Explication

Trois mesures, à la même heure. Rachi : l'ombre visée d'abord est celle du palmier ; la taille et l'ombre de la taille sont celles de l'homme. On ne grimpe pas.

Le soleil haut raccourcit toute ombre, le soleil bas l'allonge. Le rapport ombre / taille de l'homme, double, tiers ou quart, est le rapport du palmier. D'où sa hauteur.

🖼️ Schéma
Même heure, même rapport ombre / taille Exemple où l'ombre vaut le double de la taille. Rachi : double, tiers ou quart. homme 4 ombre 8 palmier 10 ombre 20 Hauteur du palmier = taille de l'homme x ombre du palmier / ombre de l'homme.
Le rapport de l'homme, à cette heure, donne la hauteur du palmier.
15
הָרוֹצֶה שֶׁלֹּא תִּשְׁרֶה חַיָּה רָעָה בְּצֵל קֶבֶר — נוֹעֵץ קָנֶה בְּאַרְבַּע שָׁעוֹת בַּיּוֹם, וְיִרְאֶה לְהֵיכָן צִלּוֹ נוֹטֶה, מְשַׁפֵּיעַ וְעוֹלֶה מְשַׁפֵּיעַ וְיוֹרֵד.

Celui qui veut qu'une bête sauvage ne se pose pas à l'ombre d'une tombe fiche un roseau à la quatrième heure du jour, voit de quel côté son ombre penche, fait une pente en montant, fait une pente en descendant.

📜 Rachi (2)
הָרוֹצֶה שֶׁלֹּא תִּשְׁרֶה חַיָּה רָעָה בְּצֵל קֶבֶר כְּעֵין מַצֵּבָה הָיוּ מַצִּיבִין עַל הַקֶּבֶר כְּעֵין שֶׁאָנוּ מַגְבִּיהִין וְצוֹבְרִין בּוֹ עָפָר וּמְשַׁפֵּעַ לְכָאן וּלְכָאן וְהַיָּרֵא שֶׁלֹּא תָּבֹא חַיָּה רָעָה לְהִסְתּוֹפֵף בְּצֵל הַקֶּבֶר מִפְּנֵי חֹום הַשֶּׁמֶשׁ וְיָרִיחַ אֶת הַמֵּת וִיחַטְּטֶנּוּ:
On plaçait sur la tombe comme une stèle, à la manière dont nous élevons et entassons de la terre, en pente des deux côtés. Et celui qui craint qu'une bête sauvage ne vienne s'abriter à l'ombre de la tombe à cause de la chaleur du soleil, sente le mort et le défouisse.
נוֹעֵץ קָנָה בַּד' שָׁעוֹת כְּשֶׁבָּא לַעֲשׂוֹת הַבִּנְיָן יִנְעֹוץ קָנֶה בְּאַרְבַּע שָׁעוֹת בַּיּוֹם שֶׁאוֹתָהּ שָׁעָה מַתְחִיל הַשֶּׁמֶשׁ לְהִתְחַמֵּם וְהַצֵּל צוֹנֵן וְנוֹחַ כִּדְאָמְרִינַן בִּבְרָכוֹת (ד' כז.) וְחַם הַשֶּׁמֶשׁ וְנָמָס אֵיזוֹ שָׁעָה שֶׁהַשֶּׁמֶשׁ חַם וְהַצֵּל צוֹנֵן הֱוֵי אוֹמֵר זֶה אַרְבַּע שָׁעוֹת וּלְפִיכָךְ חַיּוּת מִתְאַוּוֹת לְצֵל בְּאוֹתָהּ שָׁעָה וּלְאוֹתוֹ צַד שֶׁיֵּרָאֶה זֶה שֶׁצֵּל הַקָּנֶה נוֹטֶה. יְשַׁפַּע הַבִּנְיָן וְיַעֲשֶׂה שִׁיפּוּעַ אָרֹוךְ שֶׁלֹּא יְהֵא נוֹטֶה לוֹ צֵל ואע"פ שֶׁכְּשֶׁתִּסּוֹב הַחַמָּה יִהְיֶה לוֹ צֵל לְצַד אַחֵר כֵּיוָן דִּבְהַהִיא שַׁעֲתָא לֵיכָּא צֵל תּוּ לָא אָתְיָא חַיָּה לְהִתְלוֹנֵן בְּצִילּוֹ דְּהַהִיא שַׁעְתָּא אָזְלָא עַד דְּמַשְׁכְּחָא וְעוֹד דִּלְאַחַר אַרְבַּע שָׁעוֹת אַף הַצֵּל חַם וְלָא אִיכְפַּת לָהּ לַחַיָּה בְּצֵל:
Lorsqu'il vient faire la construction, il fichera un roseau à la quatrième heure du jour. Car à cette heure le soleil commence à chauffer, et l'ombre est fraîche et agréable, comme nous disons à Berakhot 27a : et le soleil a chauffé, et cela a fondu. Quelle heure est celle où le soleil est chaud et l'ombre fraîche ? Dis : la quatrième heure. C'est pourquoi les bêtes désirent l'ombre à cette heure. Et du côté où il verra que l'ombre du roseau penche, il pentera la construction et fera une longue pente, de sorte qu'aucune ombre n'y penche. Et lorsque le soleil tournera, il y aura une ombre d'un autre côté : puisque à cette heure-là il n'y a pas d'ombre, la bête ne viendra plus s'abriter à son ombre. À cette heure-là, elle va jusqu'à ce qu'elle en trouve. Et encore : après la quatrième heure, même l'ombre est chaude, et l'ombre n'importe plus à la bête.
💡 Explication

À la quatrième heure, le soleil chauffe et l'ombre est fraîche : c'est l'heure où la bête cherche l'abri, comme à Berakhot 27a.

Le roseau montre le côté de l'ombre. On allonge la pente de la tombe de ce côté, pour qu'à cette heure elle ne fasse pas d'ombre. Plus tard, l'ombre elle-même est chaude. La bête ne défouit pas le mort.

16
נְחֶמְיָה בְּרֵיהּ דְּרַב חֲנִילַאי מְשַׁכְתֵּיהּ שְׁמַעְתָּא, וּנְפַק חוּץ לַתְּחוּם. אֲמַר לֵיהּ רַב חִסְדָּא לְרַב נַחְמָן: נְחֶמְיָה תַּלְמִידְךָ שָׁרוּי בְּצַעַר.

Nehemia, fils de Rav Hanilaï : l'enseignement l'a entraîné, et il est sorti hors du tehoum. Rav Hisda dit à Rav Nahman : Nehemia, ton élève, se trouve dans la détresse.

⚖️ Rosh (1)
נְחֶמְיָה בְּרֵיהּ דְּרַב הוּנָא בַּר חֲנִילַאי מִשֶּׁכַּתְיָה שְׁמַעְתֵּיהּ וּנְפַק חוּץ לַתְּחוּם. א"ל רַב חִסְדָּא לְרַב נַחְמָן נְחֶמְיָה תַּלְמִידְךָ שָׁרוּי בְּצַעַר. אָמַר לֵיהּ לֵךְ וַעֲשֵׂה לוֹ מְחִיצָה שֶׁל בְּנֵי אָדָם שֶׁנִּמְצָא כְּאִילּוּ הוּא בְּתוֹךְ דִּיר אוֹ סַהַר שֶׁמֻּותָּר לַהֲלֹוךְ בּוֹ וְיִכָּנֵס. וְדַוְקָא שֶׁיָּצָא שֶׁלֹּא לְדַעַת. אֲבָל יָצָא לְדַעַת לָא וְהָנְהוּ דְּעָבְדִי מְחִיצָּה נָמֵי בָּעֵינַן דְּעָבְדִי שֶׁלֹּא לְדַעַת. אֲבָל מֶיעְבָּד מְחִיצָּה לְדַעַת לֹא. וְאִם תֹּאמַר רַב חִסְדָּא דַּעֲבַד מְחִיצָּה לְדַעַת הֲוָה דא"ל רַב נַחְמָן לֵךְ וַעֲשֵׂה לוֹ מְחִיצָה שֶׁל בְּנֵי אָדָם וְיִכָּנֵס רַב חִסְדָּא שֶׁלֹּא מִן הַמִּנְיָן הֲוָה. הָנְהוּ בְּנֵי גִּינַּנָא דְּאַעִילוּ מַיָּא בִּמְחִיצָה שֶׁל בְּנֵי אָדָם נַגְּדִינְהוּ שְׁמוּאֵל אֲמַר אִם אָמְרוּ שֶׁלֹּא לְדַעַת יֹאמְרוּ לְדַעַת. הָנְהוּ זִיקֵי דְּהָווּ שָׁדְיִין בְּרִיסְתְּקָא דְּמָחוֹזָא. בַּהֲדֵי דַּאֲתָא רָבָא מִפִּירְקָא אַעֲלִינְהוּ נִיהֲלֵיהּ. לְשַׁבְּתָא אַחַרְיַנָא בָּעוּ לְמֶיעְבַּד הָכִי. אָסַר לָהֶן דַּהֲוָה לֵיהּ כְּלָדַעַת:
Nehemia, fils de Rav Houna bar Hanilaï : son enseignement l'a entraîné, et il est sorti hors du tehoum. Rav Hisda dit à Rav Nahman : Nehemia, ton élève, se trouve dans la détresse. Il lui dit : va, et fais-lui une cloison d'hommes, de sorte qu'il se trouve comme à l'intérieur d'un dir ou d'un sahar, où il est permis de marcher, et il entrera. Et cela, précisément s'il est sorti sans le savoir (chelo le-daat). S'il est sorti en le sachant (le-daat), non. Et ceux qui font la cloison : nous exigeons aussi qu'ils la fassent sans le savoir. Faire une cloison en le sachant, non. Et si tu dis : Rav Hisda faisait la cloison en le sachant, puisque Rav Nahman lui a dit, va et fais-lui une cloison d'hommes, et il entrera. Rav Hisda n'était pas du nombre (chelo min ha-minyan). Ces gens de la noce (benei ginana) qui ont fait entrer de l'eau au moyen d'une cloison d'hommes : Chemouel leur a infligé la negida (verges). Il a dit : s'ils ont dit la permission pour qui agit sans le savoir, la diront-ils pour qui agit en le sachant ? Ces outres (zikei) qui étaient jetées dans la ristaka (rue) de Mehoza : pendant que Rava revenait du pirka (cours), on les lui a fait entrer. Le Chabbat suivant, ils ont voulu faire de même. Il le leur a interdit, car c'était comme le-daat (en le sachant).
💡 Explication

Nehemia suit son enseignement (shemata) sans voir qu'il passe le tehoum. Rav Hisda le signale à Rav Nahman : l'élève est dehors, et il ne peut plus rentrer.

Le Roch donne déjà la suite halakhique. La cloison d'hommes ne vaut que chelo le-daat : sortie sans le savoir, et hommes qui font la cloison sans le savoir.

17
אָמַר לוֹ: עֲשֵׂה לוֹ מְחִיצָה שֶׁל בְּנֵי אָדָם, וְיִכָּנֵס.

Il lui dit : Fais-lui une cloison d'hommes, et il entrera.

💡 Explication

Rav Nahman : des hommes font une mehitsa (cloison) de part et d'autre. Nehemia se trouve comme dans un dir ou un sahar, enceinte où l'on parcourt le tout, et il rentre dans le tehoum.

🖼️ Schéma
Nehemia hors du tehoum : cloison d'hommes Rav Nahman à Rav Hisda. La page ouvre la question, elle ne la ferme pas. Tehoum ville, dedans Hommes en rangées deux cloisons Nehemia dehors, en détresse Il marche entre les hommes, comme dans un dir ou un sahar, et il entre. Si les hommes suffisent jusqu'au tehoum, la question de Rav Hisda : la halakha est-elle comme Rabban Gamliel ? Cloisons où il n'a pas fait chevita de jour. Rachi, autre cas. Les hommes s'arrêtent à deux coudées du tehoum. Tossefot : un second tour, après le premier, serait déjà le-daat, donc interdit. Le Roch : la cloison ne vaut que chelo le-daat, sortie sans le savoir, et hommes qui la font sans le savoir. La suite des récits est dans le Roch.
Deux rangées d'hommes relient Nehemia au tehoum.
18
יָתֵיב רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אֲחוֹרֵיהּ דְּרָבָא, וְיָתֵיב רָבָא קַמֵּיהּ דְּרַב נַחְמָן. אֲמַר לֵיהּ רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק לְרָבָא: מַאי קָא מִבַּעְיָא לֵיהּ לְרַב חִסְדָּא?

Rav Nahman bar Yitshak était assis derrière Rava, et Rava était assis devant Rav Nahman. Rav Nahman bar Yitshak dit à Rava : qu'est-ce qui faisait question à Rav Hisda ?

🗂️ Tossefot (2)
יָתֵיב רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אֲחוֹרֵיהּ דְּרָבָא וְיָתֵיב רָבָא קַמֵּיהּ דְּרַב נַחְמָן הָכָא מַשְׁמַע דְּרַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק לָאו הַייְנוּ רַב נַחְמָן סְתָם וְכֵן בְּכַמָּה מְקוֹמוֹת וּדְלֹא כְּפֵ"ה דְּסוֹף פֶּרֶק כָּל הַגֵּט (גִּיטִּין ד' לא:) דְּקָאָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אֲנָא לָא צְרִיכְנָא לְהוּ פֵּירוּשׁ לְבֵי רֵישׁ גָּלוּתָא וּפֵ"ה הָתָם מִשּׁוּם דְּהָוֵי חֲתָנוֹ שֶׁל רֵישׁ גָּלוּתָא דְּהָא רַב נַחְמָן סְתָם הָוֵי חֲתָנוֹ שֶׁל רֵישׁ גָּלוּתָא כִּדְמוֹכַח בְּהָעוֹר וְהָרֹוטֶב (חֻולִּין ד' קכד.) אֶלָּא הָא דְּקָאָמַר לָא צְרִיכְנָא מִשּׁוּם דְּעָשִׁיר הָיָה וְרַב נַחְמָן סְתָם הוּא רַב נַחְמָן בַּר יַעֲקֹב דְּהָא רַב נַחְמָן סְתָם הָיָה חֲבֵירוֹ דְּרַב שֵׁשֶׁת וּבִירוּשַׁלְמִי מוּכָח דְּרַב נַחְמָן בַּר יַעֲקֹב הָיָה חֲבֵירוֹ דְּרַב שֵׁשֶׁת וְגַם בְּשׁוּם מָקוֹם בַּשַּׁ"ס אֵינוֹ מַזְכִּיר בְּפֵירוּשׁ רַב נַחְמָן בַּר יַעֲקֹב אֶלָּא אֵצֶל רַב נַחְמָן בַּר רַב חִסְדָּא אוֹ רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק:
Rav Nahman bar Yitshak était assis derrière Rava, et Rava était assis devant Rav Nahman. Ici, il ressort que Rav Nahman bar Yitshak n'est pas Rav Nahman tout court, et de même en plusieurs endroits. Et cela va autrement que le commentaire de Rachi à la fin du chapitre Kol HaGet (Gittin 31b), où Rav Nahman bar Yitshak dit : moi, je n'ai pas besoin d'eux, explication : de la maison de l'exilarque. Et Rachi là-bas : parce qu'il était le gendre de l'exilarque. Or Rav Nahman tout court était le gendre de l'exilarque, comme il est prouvé dans HaOr vehaRotev (Houlin 124a). Ce qu'il dit, je n'ai pas besoin, tient à ce qu'il était riche. Et Rav Nahman tout court est Rav Nahman bar Yaakov. Car Rav Nahman tout court était le collègue de Rav Chechet, et le Yerouchalmi prouve que Rav Nahman bar Yaakov était le collègue de Rav Chechet. Et en aucun endroit du Chas il ne mentionne expressément Rav Nahman bar Yaakov, sauf à côté de Rav Nahman bar Rav Hisda ou de Rav Nahman bar Yitshak.
וְיָתֵיב רָבָא וְקָמִבַּעְיָא לֵיהּ גָּרְסִינַן וְל"ג אֲמַר לֵיהּ רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק דְּהָכָא פְּשִׁיטָא לֵיהּ בִּמְחִיצָה שֶׁל בְּנֵי אָדָם שֶׁמֻּותָּר לַעֲשׂוֹת וּבָתַר הָכִי פָּרִיךְ רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק לְרָבָא מִנֵּפֶל דָּופְנָהּ דְּאָסוּר לַעֲשׂוֹת:
Et Rava était assis, et la chose lui faisait question. Nous lisons ainsi, et nous ne lisons pas : Rav Nahman bar Yitshak lui dit. Car ici, la cloison d'hommes, il lui est évident qu'il est permis d'en faire. Et ensuite Rav Nahman bar Yitshak objecte à Rava à partir de sa paroi est tombée, où il est interdit d'en faire.
💡 Explication

Rav Nahman bar Yitshak est derrière Rava, Rava est devant Rav Nahman. Il demande quelle était au juste la question de Rav Hisda.

Tossefot : Rav Nahman bar Yitshak est un autre que Rav Nahman tout court, qui est Rav Nahman bar Yaakov, gendre de l'exilarque. Autre leçon : c'est Rava qui questionne. Pour lui, faire une cloison d'hommes est déjà permis.

19
אִילֵּימָא בִּדְמָלוּ גַּבְרֵי עָסְקִינַן, וְקָא מִבַּעְיָא לֵיהּ: הִלְכְתָא כְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל,

Si tu dis que nous traitons du cas où les hommes suffisent, et que sa question est : la halakha est-elle comme Rabban Gamliel,

📜 Rachi (2)
בִּדְמָלוּ גַּבְרֵי שֶׁהָיוּ לוֹ אֲנָשִׁים הַרְבֵּה שֶׁיְּכוֹלִין לָצֵאת חוּץ לַתְּחוּם כְּגוֹן שֶׁעֵירְבוּ לַעֲשׂוֹת לוֹ מְחִיצָּה מִכָּאן וּמְחִיצָּה מִכָּאן מִמָּקוֹם שֶׁהוּא שָׁם עַד הַתְּחוּם:
Il avait beaucoup d'hommes qui peuvent sortir hors du tehoum, par exemple ils ont fait un erouv, pour lui faire une cloison de ce côté et une cloison de ce côté, depuis l'endroit où il se trouve jusqu'au tehoum.
הֲלָכָה כְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל דְּלִיהַנּוּ לֵיהּ מְחִיצּוֹת שֶׁלֹּא שָׁבַת בָּהֶן מִבְּעוֹד יוֹם כִּדְאָמַר לְעֵיל גַּבֵּי דִּיר וְסַהַר אוֹ דִילְמָא פְּשִׁיטָא לֵיהּ דַּהֲלָכָה כְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל וְהָכָא הוּא דְּלָא מָלוּ לֵיהּ גַּבְרֵי עַד תּוֹךְ הַתְּחוּם אֶלָּא עַד ב' אַמּוֹת סָמוּךְ לַתְּחוּם:
Que lui servent des cloisons où il n'a pas fait la chevita tant qu'il faisait jour, comme on l'a dit plus haut au sujet du dir et du sahar. Ou bien : il lui est évident que la halakha est comme Rabban Gamliel, et ici les hommes ne lui suffisent pas jusqu'à l'intérieur du tehoum, seulement jusqu'à deux coudées proches du tehoum.
🗂️ Tossefot (1)
אִילֵּימָא בִּדְלָא מָלוּ גַּבְרֵי וְאִם תֹּאמַר כִּי לָא מָלוּ גַּבְרֵי נָמֵי יֵלֵךְ אֶל מָקוֹם שֶׁהַמְּחִיצָּה מַגַּעַת וְאַחַר כָּךְ יַעֲשֶׂה הֶיקֵּף אַחֵר עַד שֶׁיַּגִּיעַ לַתְּחוּם וְיֵשׁ לוֹמַר כֵּיוָן שֶׁכְּבָר עָשׂוּ פַּעַם אַחַת יָדְעוּ שֶׁלְּדַעַת כֵּן עָשׂוּ וְאָסוּר מִכָּאן וְאֵילָךְ כִּדְמַסִּיק בְּסָמוּךְ בִּשְׁמַעְתִּין:
Si tu dis : là où les hommes ne suffisent pas. Et si tu dis : même lorsque les hommes ne suffisent pas, qu'il aille jusqu'à l'endroit où la cloison atteint, et qu'ensuite il fasse une autre enceinte jusqu'à rejoindre le tehoum ? On peut dire : puisqu'ils ont déjà fait une fois, ils ont su que c'est dans cette intention qu'ils ont fait, et à partir de là c'est interdit, comme la sougya conclut tout à l'heure.
💡 Explication

Première lecture. Milou gavrei : les hommes remplissent l'intervalle jusqu'au tehoum, eux qui peuvent sortir, par un erouv. La question de Rav Hisda serait : tient-on la halakha comme Rabban Gamliel, des cloisons où l'on n'a pas fixé sa chevita de jour ?

Rachi ouvre l'autre cas : la halakha de Rabban Gamliel est déjà claire, et les hommes s'arrêtent à deux coudées du tehoum. Tossefot, sur le cas où ils ne suffisent pas : un second enclos, après le premier, serait fait le-daat, et serait interdit. La phrase continue au daf suivant.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).