Eruvin 55b - Le karpef, le vide de l'arc, et ce qui prolonge la ville

Eruvin 55b

Sougya : La michna donne un karpef à la ville selon Rabbi Meir, et seulement entre deux villes selon les sages. Rav Houna met un karpef de chaque côté, Hiyya bar Rav un seul pour les deux : la muraille percée et les deux villes ont, l'une et l'autre, besoin de cet enseignement.

Entre le yeter et l'arc, Rabba bar Rav Houna s'arrête à deux mille coudées ; son fils va au-delà, et Abaye le suit, parce qu'on peut revenir par les maisons. La beraita dit quelles constructions entrent dans le pourtour, Rav Houna mesure les tsrifin depuis la porte, et le camp du désert reste fixe parce qu'il campe sur l'ordre de Hachem.

Oula et Rabbi Yo'hanan donnent la raison du mot sur les filles des tsrifin. Rav Houna interdit au talmid 'hakham une ville sans légume.

Le karpef : à qui, et de quel côté Soixante-dix coudées et un reste, compte comme la ville, hors des deux mille. Rabbi Meir Les sages Toute ville reçoit un karpef avant qu'on mesure le tehum. Le karpef ne sert qu'entre deux villes, pour les joindre. Entre deux villes, la mesure du vide Rav Houna Hiyya bar Rav Un karpef pour chacune. Les deux se touchent : 141 et 1/3. Un seul karpef pour les deux. Soixante-dix coudées et un reste. Pourquoi Rav Houna le dit dans les deux cas Muraille percée Deux villes distinctes Elles étaient déjà une ville. Côté de heter dès l'origine. On donne pourtant un karpef à chaque bord de la brèche. Un seul karpef est trop étroit pour l'usage des deux. Chaque karpef compte comme la ville. Ils se joignent.
Meir : chaque ville. Les sages : entre deux villes. Rav Houna double le karpef, Hiyya bar Rav le laisse unique.
Profondeur du vide, du yeter jusqu'à l'arc Les maisons suivent l'arc. La corde est vide. tête tête yeter vide Rabba bar Rav Houna Rava, son fils. Abaye suit Jusqu'à deux mille coudées. Au-delà, en sortant de chez lui, il a déjà marché un tehum avant d'atteindre le yeter. On mesure alors depuis l'arc. Même plus de deux mille. S'il veut, il suit les maisons jusqu'à une tête, puis l'autre. Les tehumim se rejoignent. On voit l'intérieur comme plein.
Rabba bar Rav Houna borne le vide à deux mille. Son fils et Abaye mesurent depuis le yeter même au-delà.
Ce qui entre dans le pourtour de la ville Le critère : une demeure. En dessous de 4 sur 4, il n'y a pas de demeure. Se prolonge avec elle Ne se prolonge pas nefech de 4 sur 4 nefech ouvert des deux côtés pont et tombe, avec demeure pont et tombe, sans demeure synagogue avec demeure du hazan synagogue sans demeure du hazan avoda zara, demeure des prêtres avoda zara, sans les prêtres écurie et magasin, avec demeure écurie et magasin, sans demeure burganin, dans le champ puits, fossé, grotte, mur, pigeonnier maison dans la mer, dans les 70 maison sur un bateau, lieu mobile
Une demeure de quatre sur quatre prolonge la ville. Sans demeure, ou sans place fixe, on mesure ailleurs.
1
נוֹתְנִין קַרְפֵּף לָעִיר, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: לֹא אָמְרוּ קַרְפֵּף אֶלָּא בֵּין שְׁתֵּי עֲיָירוֹת.

On donne un karpef à la ville, parole de Rabbi Meir. Et les sages disent : on n'a parlé de karpef qu'entre deux villes.

📜 Rachi (2)
נוֹתְנִין קַרְפֵּף לָעִיר כְּשֶׁבָּא לִמְדֹּוד הַתְּחוּמִין מַנִּיחַ לָעִיר אֲוִיר שֶׁל שִׁבְעִים אַמָּה וְשִׁירַיִים שֶׁהוּא כְּעִיר לְבַד הַתְּחוּם:
Quand on vient mesurer les tehumim, on laisse à la ville un espace de soixante-dix coudées et un reste, qui compte comme la ville, en dehors du tehum.
אֶלָּא לֵב' עֲיָירוֹת לְחַבְּרָן עַל יְדֵי קַרְפֵּף שֶׁבֵּינֵיהֶן:
Pour les joindre au moyen du karpef qui est entre elles.
💡 Explication

Karpef : soixante-dix coudées et un reste, l'aire qu'on traite comme la ville elle-même. Les deux mille du tehum partent après elle. Rabbi Meir l'ajoute à chaque ville. Les sages ne s'en servent que pour joindre deux villes voisines.

2
וְאִיתָמָר, רַב הוּנָא אָמַר: קַרְפֵּף לָזוֹ וְקַרְפֵּף לָזוֹ. וְחִייָּא בַּר רַב אָמַר: אֵין נוֹתְנִין אֶלָּא קַרְפֵּף אֶחָד לִשְׁנֵיהֶם!

Et il a été dit : Rav Houna a dit, un karpef pour celle-ci et un karpef pour celle-là. Et Hiyya bar Rav a dit : on ne donne qu'un seul karpef pour les deux.

📜 Rachi (1)
וְאִיתְּמַר רַב הוּנָא אָמַר כּוּ' וּלְקַמָּן מְפָרֵשׁ בְּפִירְקָא פְּלֻוגְתַּייְהוּ:
Plus loin dans le chapitre, il explique leur mahloket.
💡 Explication

Sur le cas des sages, deux villes à joindre. Rav Houna donne à chacune son karpef : le vide peut aller jusqu'à deux fois soixante-dix coudées et un reste, soit 141 et un tiers. Hiyya bar Rav ne donne qu'un karpef pour les deux ensemble. Rachi renvoie la suite de cette mahloket plus loin dans le chapitre.

3
צְרִיכָא, דְּאִי אַשְׁמְעִינַן הָכָא — מִשּׁוּם דַּהֲוָה לֵיהּ צַד הֶיתֵּר מֵעִיקָּרָא. אֲבָל הָתָם, אֵימָא לֹא.

C'est nécessaire. Car si on ne nous l'avait fait entendre qu'ici, c'est parce qu'il y avait un côté de permission dès l'origine.

Mais là-bas, je dirais que non.

📜 Rachi (1)
אִי אַשְׁמְעִינַן בְּחוֹמַת הָעִיר שֶׁנִּפְרְצָה הָתָם קָאָמַר רַב הוּנָא קַרְפֵּף לְזוֹ וְלָזוֹ לְחַבְּרָן מִשּׁוּם דַּהֲוָה לְהוּ צַד הֶיתֵּר מֵעִיקָּרָא שֶׁהָיוּ כְּבָר עִיר אַחַת:
Dans le cas de la muraille de la ville qui a été percée : là, Rav Houna dit un karpef pour celle-ci et pour celle-là, afin de les joindre, parce qu'elles avaient un côté de permission dès l'origine, puisqu'elles étaient déjà une seule ville.
💡 Explication

Rav Houna a dit "un karpef pour chacune" dans deux dossiers. Si on ne l'avait entendu que pour la muraille percée, on l'aurait limité à ce cas : les deux bords avaient déjà formé une ville, un côté de heter dès l'origine. Pour deux villes qui n'ont jamais été qu'une, on aurait pu refuser.

4
וְאִי אַשְׁמְעִינַן הָתָם — מִשּׁוּם דִּדְחִיקָא תַּשְׁמִישְׁתַּייְהוּ, אֲבָל הָכָא דְּלָא דְּחִיקָא תַּשְׁמִישְׁתַּייְהוּ — אֵימָא לָא, צְרִיכָא.

Et si on ne nous l'avait fait entendre que là-bas, c'est parce que leur usage est à l'étroit. Mais ici, où leur usage n'est pas à l'étroit, je dirais que non.

C'est nécessaire.

📜 Rachi (2)
דִּדְחִיקָא תַּשְׁמִישְׁתַּיְיהוּ ב' עֲייָרוֹת מַמָּשׁ דְּחִיקָא תַּשְׁמִישְׁתַּייְהוּ בְּחַד קַרְפֵּף הִלְכָּךְ קַרְפֵּף מֶיחֱשָׁב לְכָל חַד כְּעִיר גּוּפָהּ וְכֵיוָן דְּצָרִיךְ לָהּ וְהָוֵי כְּעִיר כִּי מְחַבְּרִי ב' הַקַּרְפִּיפוֹת כְּאִילּוּ הָעֲייָרוֹת מְחֻובָּרוֹת דָּמוּ:
Deux villes véritables : leur usage est à l'étroit dans un seul karpef. C'est pourquoi un karpef est compté pour chacune comme le corps même de la ville. Puisqu'elle en a besoin et qu'il est comme la ville, quand les deux karpefot se joignent, c'est comme si les villes étaient jointes.
אֲבָל הָכָא דְּעִיר אַחַת הִיא וּמֵעִיקָּרָא כִּי מְחַבְּרִי קֹודֶם שֶׁנִּפְרְצָה הָוְיָא כֻּולָּהּ מְלֵאָה וְהָוֵי סַגְיָא לָהּ בְּלָאו הַאי אֲוִיר הַשְׁתָּא נָמֵי לָא נִיתֵּיב הַאי אֲוִירָהּ לְתַשְׁמִישָׁן קמ"ל:
Ici, c'est une seule ville. À l'origine, quand elles étaient jointes, avant la brèche, elle était tout entière pleine, et elle se suffisait sans cet espace. Maintenant aussi, nous ne donnerions pas cet espace pour leur usage. Il vient nous l'apprendre.
💡 Explication

L'autre sens du double enseignement. Deux villes véritables sont à l'étroit dans un seul karpef : chacune reçoit le sien, compte comme la ville, et les deux karpefot qui se touchent joignent les villes. La muraille percée n'avait pas cet étroit : avant la brèche, la ville était pleine et se passait de cet espace. On aurait pu ne pas le lui donner. Les deux paroles sont donc nécessaires.

5
וְכַמָּה הָוֵי בֵּין יֶתֶר לַקֶּשֶׁת? רַבָּה בַּר רַב הוּנָא אָמַר: אַלְפַּיִם אַמָּה, רָבָא בְּרֵיהּ דְּרַבָּה בַּר רַב הוּנָא אָמַר: אֲפִילּוּ יָתֵר מֵאַלְפַּיִם אַמָּה.

Et combien y a-t-il entre le yeter et l'arc ? Rabba bar Rav Houna a dit : deux mille coudées.

Rava, fils de Rabba bar Rav Houna, a dit : même plus de deux mille coudées.

📜 Rachi (2)
וְכַמָּה יְהֵא אֲוִיר הַחֵלֶק מִן הֶיתֵּר לַקֶּשֶׁת דְּאָמְרוּ מוֹדְדִין לָהּ מִן הַיֶּתֶר כִּי לֵיכָּא אַרְבַּעַת אֲלָפִים בֵּין ב' רָאשֶׁיהָ:
Quelle sera la mesure de l'espace vide, depuis le yeter jusqu'à l'arc, dont ils ont dit qu'on mesure depuis le yeter lorsqu'il n'y a pas quatre mille entre ses deux têtes.
אַלְפַּיִם אֲבָל יוֹתֵר מֵאַלְפַּיִם כֵּיוָן דְּמִכִּי נְפַק מִבֵּיתוֹ הוֹלֵךְ לוֹ תְּחוּם שָׁלֵם מִקַּמֵּי דְּלִימְטֵי לְיֶתֶר לָא מָשְׁחִינַן לֵיהּ מִן הֶיתֵּר:
Deux mille. Mais s'il y a plus de deux mille : dès qu'il sort de sa maison, il marche un tehum entier avant d'atteindre le yeter. On ne mesure donc pas pour lui depuis le yeter.
💡 Explication

La page précédente joignait les deux têtes de l'arc en dessous de quatre mille, et l'on mesurait depuis le yeter. Reste la profondeur du vide, de la corde jusqu'aux maisons. Rabba bar Rav Houna la borne à deux mille : au-delà, l'habitant a déjà usé son tehum avant d'arriver à la corde. Son fils, Rava, mesure depuis le yeter même si le vide dépasse deux mille.

6
אָמַר אַבַּיֵּי: כְּוָותֵיהּ דְּרָבָא בְּרֵיהּ דְּרַבָּה בַּר רַב הוּנָא מִסְתַּבְּרָא, דְּאִי בָּעֵי הָדַר אָתֵי דֶּרֶךְ בָּתִּים.

Abaye a dit : l'avis de Rava, fils de Rabba bar Rav Houna, est le plus logique, car s'il le veut, il revient par le chemin des maisons.

📜 Rachi (1)
דְּאִי בָּעֵי הָדַר אָתֵי לִמְקוֹם הֶיתֵּר דֶּרֶךְ הַבָּתִּים סָבִיב הַקֶּשֶׁת יָכוֹל לְהַלֵּךְ עַד שֶׁמַּגִּיעַ לְאֶחָד מִן הָרִאשׁוֹן וּמִשָּׁם יָכוֹל לְהַלֵּךְ לְרֹאשׁוֹ הָאַחֵר שֶׁהֲרֵי תְּחוּמֵיהֶן נִבְלָעִין זֶה בָּזֶה וְכֵיוָן דִּבְהֶיתֵּר יָכוֹל לְהַלֵּךְ לִמְקוֹם הֶיתֵּר תּוּ לָא אָסַר לֵיהּ אֹורֶךְ הַחֵלֶק לְשַׁוְויָה כִּשְׁתֵּי עֲייָרוֹת וְרוֹאִין אוֹתָהּ כְּאִילּוּ הִיא מְלֵאָה בָּתִּים וַחֲצֵירוֹת:
Vers l'endroit du yeter, par le chemin des maisons autour de l'arc, il peut marcher jusqu'à atteindre l'une des têtes, et de là il peut marcher vers l'autre tête, puisque leurs tehumim s'absorbent l'un dans l'autre. Puisque, par permission, il peut aller jusqu'à l'endroit du yeter, la longueur du vide ne l'interdit plus au point d'en faire deux villes. On la considère comme si elle était pleine de maisons et de cours.
💡 Explication

Abaye suit le fils. Le chemin permis longe les maisons jusqu'à une tête. De là, le tehum de cette tête rejoint l'autre tête. Puisqu'on arrive au yeter par un chemin permis, la profondeur du vide ne coupe pas la ville en deux. On la voit pleine de maisons et de cours, et l'on mesure depuis la corde.

7
הָיוּ שָׁם גְּדוּדִיּוֹת גְּבוֹהוֹת עֲשָׂרָה טְפָחִים כּוּ׳. מַאי גְּדוּדִיּוֹת? אָמַר רַב יְהוּדָה: שָׁלֹשׁ מְחִיצּוֹת שֶׁאֵין עֲלֵיהֶן תִּקְרָה.

S'il y avait là des gedoudyot hautes de dix tefahim, etc. Que sont les gedoudyot ?

Rav Yehouda a dit : trois cloisons qui n'ont pas de plafond sur elles.

📜 Rachi (1)
שֶׁאֵין עֲלֵיהֶן תִּקְרָה וְכָל שֶׁכֵּן אִם מְקוֹרוֹת הֵן מִזּוֹ לְזוֹ בַּגַּג דְּהָווּ לְהוּ דִּירָה מְעַלַּיְיתָא:
Et à plus forte raison si elles sont couvertes de l'une à l'autre par un toit : elles sont alors une demeure véritable.
💡 Explication

La michna, plus haut, compte les gedoudyot hautes de dix tefahim dans la ville : le tehum part d'elles. Rav Yehouda : trois cloisons, sans toit. Rachi : un toit de l'une à l'autre serait une demeure à plus forte raison. La question suivante descend à deux cloisons.

8
אִיבַּעְיָא לְהוּ: שְׁתֵּי מְחִיצּוֹת וְיֵשׁ עֲלֵיהֶן תִּקְרָה, מַהוּ? תָּא שְׁמַע, אֵלּוּ שֶׁמִּתְעַבְּרִין עִמָּהּ: נֶפֶשׁ שֶׁיֵּשׁ בָּהּ אַרְבַּע אַמּוֹת עַל אַרְבַּע אַמּוֹת, וְהַגֶּשֶׁר וְהַקֶּבֶר שֶׁיֵּשׁ בָּהֶן בֵּית דִּירָה, וּבֵית הַכְּנֶסֶת שֶׁיֵּשׁ בָּהּ בֵּית דִּירָה לַחַזָּן, וּבֵית עֲבוֹדָה זָרָה שֶׁיֵּשׁ בָּהּ בֵּית דִּירָה לַכּוֹמָרִים, וְהָאֻורְווֹת וְהָאוֹצָרוֹת שֶׁבַּשָּׂדוֹת וְיֵשׁ בָּהֶן בֵּית דִּירָה, וְהַבֻּורְגָּנִין שֶׁבְּתוֹכָהּ, וְהַבַּיִת שֶׁבַּיָּם — הֲרֵי אֵלּוּ מִתְעַבְּרִין עִמָּהּ.

On a demandé : deux cloisons, et il y a un plafond sur elles, qu'en est-il ? Viens entendre.

Voici celles qui se prolongent avec elle : un nefech qui a quatre coudées sur quatre coudées ; le pont et la tombe qui ont en eux une maison d'habitation ; une synagogue qui a une maison d'habitation pour le hazan ; une maison d'avoda zara qui a une maison d'habitation pour les prêtres ; les écuries et les magasins qui sont dans les champs et qui ont en eux une maison d'habitation ; les burganin qui sont en elle ; et la maison qui est dans la mer. Voici ceux-là qui se prolongent avec elle.

📜 Rachi (8)
נֶפֶשׁ בִּנְיָן עַל הַקֶּבֶר וּסְתָמָא לְדִירַת שׁוֹמֵר הַקֶּבֶר עֲבִיד הִלְכָּךְ אע"ג דְּלָא דָּיַיר בֵּיהּ בֵּית דִּירָה הוּא:
Un bâtiment sur la tombe. Ordinairement on le fait pour la demeure du gardien de la tombe. C'est pourquoi, même si personne n'y habite, c'est une demeure.
וְהַקֶּבֶר בֵּית הַקְּבָרוֹת:
Le cimetière.
וּבֵית הַכְּנֶסֶת סְתָם ביהכ"נ לָאו לְדִירָה עֲבִיד הִלְכָּךְ אִי לֵית בָּהּ דִּירָה לְחַזַּן הַכְּנֶסֶת לָאו דִּירָה הִיא:
Une synagogue ordinaire n'est pas faite pour l'habitation. C'est pourquoi, s'il n'y a pas en elle de demeure pour le hazan de la synagogue, elle ne compte pas comme demeure.
וּבֵית עֲבוֹדַת כּוֹכָבִים נָמֵי לָאו לְדִירָה עֲבִיד:
Une maison d'avoda zara, elle non plus, n'est pas faite pour l'habitation.
וְהָאֻורָווֹת אֻורְווֹת סוּסִים:
Ecuries de chevaux.
אוֹצָרוֹת לִתְבוּאָה וְלִשְׁמָן וּלְיַיִן לָאו לְדִירָה נִינְהוּ:
Pour le grain, l'huile et le vin : ils ne sont pas destinés à l'habitation.
וְהַבֻּורְגָּנִין שֶׁבְּתוֹכָהּ בְּתוֹךְ הַשָּׂדֶה:
À l'intérieur du champ.
וְהַבַּיִת שֶׁבַּיָּם בְּאִיֵּי הַיָּם בְּתוֹךְ ע' אַמָּה וְשִׁירַיִים לָעִיר:
Dans les îles de la mer, à l'intérieur de soixante-dix coudées et un reste de la ville.
🗂️ Tossefot (1)
נֶפֶשׁ שֶׁיֵּשׁ בּוֹ ד' אַמּוֹת גַּבֵּי נֶפֶשׁ הִזְכִּיר ד' אַמּוֹת וְלֹא דִּירָה מִשּׁוּם דִּסְתָמֵיהּ עָשׂוּי לְדִירָה כִּדְפֵ"ה וְגַבֵּי גֶּשֶׁר וְקֶבֶר הִזְכִּיר דִּירָה וּמַה שֶׁלֹּא הִזְכִּיר ד' אַמּוֹת לָאו מִשּׁוּם דִּסְתָמַיְיהוּ ד' אַמּוֹת דְּהָא קֶבֶר סְתָמָא לָא הָוֵי ד' אַמּוֹת אֶלָּא כֵּיוָן שֶׁהִזְכִּיר בֵּית דִּירָה כְּאִילּוּ הִזְכִּיר ד' אַמּוֹת דְּפָחוֹת מִד' אַמּוֹת לָא הָוֵי דִּירָה:
Au sujet du nefech, il a mentionné quatre coudées, et non la demeure, parce que son usage ordinaire est la demeure, comme l'explique Rachi. Au sujet du pont et de la tombe, il a mentionné la demeure. S'il n'a pas mentionné quatre coudées, cela ne tient pas à ce que leur mesure ordinaire serait quatre coudées : une tombe ordinaire n'a pas quatre coudées. Puisqu'il a mentionné une maison d'habitation, c'est comme s'il avait mentionné quatre coudées, car moins de quatre coudées ne fait pas une demeure.
💡 Explication

La question : deux cloisons couvertes comptent-elles comme une maison ? La beraita répond par la liste de ce qui se prolonge avec la ville, l'ibur. Le critère est la demeure. Un nefech, bâtiment sur une tombe, à quatre coudées sur quatre : Rachi le tient pour la demeure du gardien, même vide. Pont, tombe, synagogue, maison d'avoda zara, écurie, magasin : seulement s'il y a une habitation. Les burganin sont dans le champ. La maison dans la mer : dans les îles, à moins de soixante-dix coudées et un reste. Tossefot : dès que la beraita dit "maison d'habitation", les quatre coudées sont comprises, car en dessous de quatre sur quatre il n'y a pas de demeure.

9
וְאֵלּוּ שֶׁאֵין מִתְעַבְּרִין עִמָּהּ: נֶפֶשׁ שֶׁנִּפְרְצָה מִשְׁתֵּי רוּחוֹתֶיהָ אֵילָךְ וְאֵילָךְ, וְהַגֶּשֶׁר וְהַקֶּבֶר שֶׁאֵין לָהֶן בֵּית דִּירָה, וּבֵית הַכְּנֶסֶת שֶׁאֵין לָהּ בֵּית דִּירָה לַחַזָּן, וּבֵית עֲבוֹדָה זָרָה שֶׁאֵין לָהּ בֵּית דִּירָה לַכּוֹמָרִים, וְהָאֻורְווֹת וְהָאוֹצָרוֹת שֶׁבַּשָּׂדוֹת שֶׁאֵין לָהֶן בֵּית דִּירָה, וּבוֹר וְשִׁיחַ וּמְעָרָה וְגָדֵר וְשׁוֹבָךְ שֶׁבְּתוֹכָהּ, וְהַבַּיִת שֶׁבַּסְּפִינָה — אֵין אֵלּוּ מִתְעַבְּרִין עִמָּהּ.

Et voici celles qui ne se prolongent pas avec elle : un nefech percé de ses deux côtés, de part et d'autre ; le pont et la tombe qui n'ont pas de maison d'habitation ; une synagogue qui n'a pas de maison d'habitation pour le hazan ; une maison d'avoda zara qui n'a pas de maison d'habitation pour les prêtres ; les écuries et les magasins des champs qui n'ont pas de maison d'habitation ; un puits, un fossé, une grotte, une clôture et un pigeonnier qui sont en elle ; et la maison qui est sur un bateau. Ceux-la ne se prolongent pas avec elle.

📜 Rachi (3)
בּוֹר וְשִׂיחַ בְּבָבָא קַמָּא (דַּף נ:) מְפָרֵשׁ מַאי בּוֹר וּמַאי שִׁיחַ:
Puits et fossé : à Bava Kama (folio 50b), il explique ce qu'est un puits et ce qu'est un fossé.
שֶׁבְּתוֹכָהּ שֶׁבַּשָּׂדֶה:
Dans le champ.
בַּיִת שֶׁבַּסְּפִינָה לָא קְבִיעַ לֵיהּ דֻּוכְתָּא פְּעָמִים שֶׁהוּא בְּתוֹךְ שִׁבְעִים לָעִיר פְּעָמִים שֶׁאֵינוֹ:
Son emplacement n'est pas fixe. Parfois elle est dans les soixante-dix de la ville, parfois elle n'y est pas.
💡 Explication

La liste inverse. Un nefech ouvert de part en part ne ferme plus une demeure. Sans maison d'habitation, pont, tombe, synagogue, maison d'avoda zara, écurie et magasin restent dehors. Puits, fossé, grotte, clôture, pigeonnier : Rachi, dans le champ. La maison du bateau n'a pas de place fixe : tantôt dans les soixante-dix, tantôt au-delà.

10
קָתָנֵי מִיהַת: נֶפֶשׁ שֶׁנִּפְרְצָה מִשְׁתֵּי רוּחוֹתֶיהָ אֵילָךְ וְאֵילָךְ. מַאי לָאו דְּאִיכָּא תִּקְרָה! לֹא — דְּלֵיכָּא תִּקְרָה.

En tout cas, on enseigne : un nefech percé de ses deux côtés, de part et d'autre. N'est-ce pas qu'il y a un plafond ?

Non : il n'y a pas de plafond.

💡 Explication

Retour à la question des deux cloisons. Si le nefech ouvert des deux côtés avait encore un plafond, la beraita l'exclureait malgré le toit, et deux murs couverts ne prolongeraient pas la ville. La Guemara écarte cette lecture : le cas enseigné est sans plafond. La question des deux cloisons couvertes reste donc ouverte.

🖼️ Schéma
Gedoudyot : trois cloisons. Deux cloisons et un toit : question Rav Yehouda Question Preuve écartée 3 cloisons, sans toit Hautes de 10 tefahim : elles sont dans la ville. 2 cloisons, avec toit La beraita ne tranche pas. La question reste ouverte. Nefech percé de part en part, sans plafond. On ne peut rien en tirer.
Trois cloisons nues entrent dans la ville. Deux cloisons et un toit : la beraita ne tranche pas.
11
בַּיִת שֶׁבַּיָּם. לְמַאי חֲזִי? אָמַר רַב פָּפָּא: בַּיִת שֶׁעָשׂוּי לְפַנּוֹת בּוֹ כֵּלִים שֶׁבַּסְּפִינָה.

Une maison dans la mer. À quoi est-elle propre ?

Rav Papa a dit : une maison faite pour y déposer les objets du bateau.

💡 Explication

La beraita compte la maison dans la mer dans le pourtour, alors qu'elle n'est pas une ville. Rav Papa : on y dépose les objets du bateau. Rachi, plus haut : dans les îles, à l'intérieur de soixante-dix coudées et un reste.

12
וּמְעָרָה אֵין מִתְעַבֶּרֶת עִמָּהּ, וְהַתָּנֵי רַבִּי חַייָּא: מְעָרָה מִתְעַבֶּרֶת עִמָּהּ! אָמַר אַבַּיֵּי: כְּשֶׁיֵּשׁ בִּנְיָן עַל פִּיהָ.

Et une grotte ne se prolonge pas avec elle ? Or Rabbi Hiyya a enseigné : une grotte se prolonge avec elle.

Abaye a dit : lorsqu'il y a un bâtiment sur son ouverture.

💡 Explication

La beraita laisse la grotte hors du pourtour. Rabbi Hiyya enseigne le contraire. Abaye : sa beraita vise une grotte dont l'ouverture porte un bâtiment. C'est ce bâtiment qui la fait entrer dans la ville.

13
וְתִיפּוֹק לֵיהּ מִשּׁוּם בִּנְיָן גּוּפֵיהּ! לָא צְרִיכָא, לְהַשְׁלִים.

Qu'elle en sorte donc à cause du bâtiment lui-même. Cela ne s'impose que pour compléter.

📜 Rachi (2)
וְתִיפּוֹק לֵיהּ מִשּׁוּם בִּנְיָן אִם יֵשׁ בִּנְיָן עַל פִּיהָ מַאי אַהַנְיָא מְעָרָה בְּלָאו מְעָרָה נָמֵי מִבִּנְיָן מָשְׁחִינַן:
S'il y a un bâtiment sur son ouverture, à quoi sert la grotte ? Même sans la grotte, on mesurerait depuis le bâtiment.
לְהַשְׁלִים אִם אֵין הַבִּנְיָן רָאוּי לְדִירָה כְּגוֹן שֶׁאֵין בּוֹ ד' עַל ד' מְהַנְּיָא לֵיהּ מְעָרָה לְאַשְׁלוֹמֵי:
Si le bâtiment n'est pas propre à la demeure, par exemple s'il n'a pas quatre sur quatre, la grotte lui sert à compléter.
🗂️ Tossefot (1)
לָא צְרִיכָא לְהַשְׁלִים פֵּי' בַּקּוּנְטְרֵס שֶׁהַבִּנְיָן לָא הָוֵי ד' אַמּוֹת עַל ד' אַמּוֹת וְהַמְּעָרָה מַשְׁלִימָה לְד' אַמּוֹת וְנִרְאֶה לר"י דְּצָרִיךְ שֶׁיְּהֵא בִּנְיָן רֹוב ד' אַמּוֹת וְעוֹד יֵשׁ לְפָרֵשׁ לְהַשְׁלִים דְּיֵשׁ בַּבִּנְיָן ד' אַמּוֹת וְקָאָמַר שֶׁמַּשְׁלִימָה לַמְעָרָה לְצָרְפָהּ לְבִנְיָן וְאֵין מַתְחִילִין לִמְדֹּוד אֶלָּא מִסּוֹף הַמְּעָרָה:
L'explication du commentaire : le bâtiment n'a pas quatre coudées sur quatre coudées, et la grotte complète jusqu'à quatre coudées. Il semble au Ri qu'il faut que le bâtiment fasse la majeure partie des quatre coudées. On peut encore expliquer "pour compléter" : il y a dans le bâtiment quatre coudées, et il dit qu'elle complète la grotte afin de la joindre au bâtiment, et l'on ne commence à mesurer qu'à partir du bout de la grotte.
💡 Explication

Si le bâtiment de l'ouverture est déjà une demeure, la grotte ne sert à rien dans la mesure : on partirait du bâtiment. Lehashlim, pour compléter. Rachi : le bâtiment n'a pas quatre sur quatre, la grotte fournit le reste. Tossefot : le Ri exige que le bâtiment fasse la plus grande part de ces quatre coudées. Autre lecture : le bâtiment a déjà ses quatre coudées, la grotte lui est jointe, et les deux mille ne commencent qu'au fond de la grotte.

🖼️ Schéma
La grotte complète le bâtiment, ou s'y joint bâtiment grotte ouverture à gauche on mesure ici Rachi : moins de 4 sur 4. La grotte complète la mesure. Le Ri : le bâtiment en fait la plus grande part. Autre lecture de Tossefot : le bâtiment a déjà 4 sur 4. La grotte y est jointe. La mesure part de son fond.
Rachi : la grotte complète les quatre sur quatre. Tossefot : on peut aussi mesurer depuis son fond.
14
אָמַר רַב הוּנָא: יוֹשְׁבֵי צְרִיפִין, אֵין מוֹדְדִין לָהֶן אֶלָּא מִפֶּתַח בָּתֵּיהֶן.

Rav Houna a dit : les habitants des tsrifin, on ne mesure pour eux que depuis la porte de leurs maisons.

📜 Rachi (1)
צְרִיפִין דִּירָה שֶׁל הוּצִין וַעֲרָבָה וְאֵינוֹ קֶבַע הִלְכָּךְ אֲפִילּוּ יֵשׁ הַרְבֵּה בְּמָקוֹם אֶחָד כְּשִׁיעוּר מַהֲלַךְ מֵאָה אַמָּה אֵין חֲשׁוּבֵין עִיר לִהְיוֹת כְּאַרְבַּע אַמּוֹת וְכָל אֶחָד מוֹדֵד מִפֶּתַח בֵּיתוֹ אַלְפַּיִם לְכָל רוּחַ אִם בָּא לָצֵאת:
Une demeure de palmes et de saule, qui n'est pas fixe. C'est pourquoi, même s'il y en à beaucoup en un seul endroit, à la mesure d'une marche de cent coudées, elles ne comptent pas comme une ville pour être comme quatre coudées. Chacun mesure depuis la porte de sa maison deux mille dans chaque direction, s'il veut sortir.
💡 Explication

Tsrifin : huttes de palmes et de saule, sans keva, sans séjour fixe. Même groupées sur une marche de cent coudées, elles ne deviennent pas une ville. La ville, elle, compte comme quatre coudées : on ne la déduit pas des deux mille. Ici, chacun part de sa porte.

15
מֵתִיב רַב חִסְדָּא: ״וַיַּחֲנוּ עַל הַיַּרְדֵּן מִבֵּית הַיְשִׁימוֹת״, וְאָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה (אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן): לְדִידִי חָזֵי לִי הַהוּא אַתְרָא, וְהָוֵי תְּלָתָא פַּרְסֵי עַל תְּלָתָא פַּרְסֵי.

Rav Hisda objecte : "Ils campèrent sur le Jourdain, depuis Beit ha-Yechimot", et Rabba bar bar Hana a dit (Rabbi Yo'hanan a dit) : moi, j'ai vu cet endroit, et il faisait trois parsa sur trois parsa.

📜 Rachi (1)
וַיַּחֲנוּ עַל הַיַּרְדֵּן בְּמַחֲנֵה יִשְׂרָאֵל כְּתִיב:
C'est écrit au sujet du camp d'Israël.
💡 Explication

Le verset est Bamidbar 33, 49, cité en partie. Rav Hisda oppose le camp du désert aux tsrifin. Rabba bar bar Hana au nom de Rabbi Yo'hanan a vu le lieu : trois parsa sur trois parsa. Une parsa vaut quatre mil. Le tehum d'un mil, deux mille coudées, y tient douze fois dans un seul côté.

16
וְתַנְיָא: כְּשֶׁהֵן נִפְנִין — אֵין נִפְנִין לֹא לִפְנֵיהֶם, וְלֹא לְצִדֵּיהֶן, אֶלָּא לְאַחֲרֵיהֶן?

Et on a enseigné : quand ils se retirent pour leurs besoins, ils ne se retirent ni devant eux, ni sur leurs côtés, mais derrière eux ?

📜 Rachi (3)
אֵין נִפְנִין לֹא לִפְנֵיהֶן חוּץ לֶעָנָן שֶׁמָּא יֵלֵךְ הֶעָנָן וְהָאָרוֹן שָׁם:
Hors de la nuée, de peur que la nuée et l'arche n'aillent là.
וְלֹא לְצִידֵּיהֶן חוּץ לֶעָנָן שֶׁאֵין יוֹדְעִין אָנָה יִפְנֶה הֶעָנָן לַעֲבֹור:
Hors de la nuée, car on ne sait pas de quel côté la nuée se tournera pour passer.
אֶלָּא לַאֲחוֹרֵיהֶן חוּץ לֶעָנָן דְּוַדַּאי לֹא יַחֲזֹור הֶעָנָן לַאֲחוֹרָיו אַלְמָא הַמְּהַלֵּךְ בְּרֹאשׁ וְהֻוצְרַךְ לִנְקָבָיו חוֹזֵר לַאֲחוֹרָיו שָׁלֹשׁ פַּרְסָאוֹת וְיִשְׂרָאֵל בַּמִּדְבָּר יוֹשְׁבֵי אֹהָלִים הָיוּ שֶׁאֵינָן קִבּוּעִין וַאֲפִילּוּ הָכֵי מְהַלְּכִין אֶת כָּל הַמַּחֲנֶה כְּאַרְבַּע אַמּוֹת:
Hors de la nuée, car à coup sûr la nuée ne reviendra pas en arrière. On en déduit que celui qui marche en tête et a besoin de se soulager revient en arrière de trois parsa. Or Israël, dans le désert, habitait des tentes, qui ne sont pas fixes, et pourtant ils marchent dans tout le camp comme dans quatre coudées.
💡 Explication

Devant le camp, la nuée et l'arche pourraient avancer jusque-là. Sur les côtés, on ignore vers où la nuée partira. On se retire derrière. Celui qui est en tête traverse donc tout le camp, trois parsa, et ce trajet compte encore comme les quatre coudées de la ville. Pourtant ce sont des tentes. L'objection à Rav Houna est là.

17
אֲמַר לֵיהּ רָבָא: דִּגְלֵי מִדְבָּר קָאָמְרַתְּ? כֵּיוָן דִּכְתִיב בְּהוּ: ״עַל פִּי ה׳ יַחֲנוּ וְעַל פִּי ה׳ יִסָּעוּ״ — כְּמַאן דִּקְבִיעַ לְהוּ דָּמֵי.

Rava lui a dit : des étendards du désert, tu parles ? Puisqu'il est écrit à leur sujet : "sur l'ordre de Hachem ils campent, et sur l'ordre de Hachem ils partent", c'est comme si cela leur était fixé.

📜 Rachi (1)
כֵּיוָן דִּכְתִיב עַל פִּי ה' יַחֲנוּ חֲשׁוּבָה הִיא חֲנִיָּיתָן לִהְיוֹת נִידּוֹנַת קֶבַע:
Leur campement est assez important pour être jugé comme un séjour fixe.
💡 Explication

Degalim : les camps rangés par étendards, pas une hutte de passage. Le verset est Bamidbar 9, 20. Camper et partir sur l'ordre de Hachem donne au séjour le statut de keva. Rava retire donc l'objection : ces tentes ne prouvent rien pour les tsrifin.

18
אָמַר רַב חִינָּנָא בַּר רַב כָּהֲנָא אָמַר רַב אָשֵׁי: אִם יֵשׁ שָׁם שָׁלֹשׁ חֲצֵירוֹת שֶׁל שְׁנֵי בָתִּים — הֻוקְבְּעוּ.

Rav Hinana bar Rav Kahana a dit que Rav Ashi a dit : s'il y a là trois cours de deux maisons, elles ont été fixées.

📜 Rachi (1)
ג' חֲצֵירוֹת שֶׁל ב' בָּתִּים קִבּוּעִין שֶׁל אֶבֶן אוֹ שֶׁל עֵץ בְּהָכִי חֲשִׁיבִי עִיר וְקוֹבַעַת אֶת כֻּולָּן וּכְדִתְנַן לְקַמָּן (עֵירוּבִין דַּף נט.) ר' שִׁמְעוֹן אוֹמֵר שָׁלֹשׁ חֲצֵירוֹת שֶׁל ב' ב' בָּתִּים:
Fixes, de pierre ou de bois. Par là, elles comptent comme une ville, et elles fixent toutes les autres, comme nous l'avons appris plus loin (Eruvin, folio 59a) : Rabbi Chimon dit, trois cours de deux maisons chacune.
💡 Explication

Le seuil qui fait d'un groupe de huttes une ville : trois cours, chacune de deux maisons, en pierre ou en bois. Ces maisons fixent aussi les tsrifin qui les entourent. Rachi renvoie à la michna d'Eruvin 59a, Rabbi Chimon, même chiffre.

🖼️ Schéma
D'où partent les deux mille Tsrifin seuls Trois cours Camp du désert Huttes de palmes et de saule. Pas un séjour fixe. Chacun mesure depuis sa porte, deux mille dans chaque sens. Trois cours, deux maisons chacune, pierre ou bois. Le groupe devient une ville. Les huttes autour sont fixées avec lui. Tentes, trois parsa sur trois parsa. Ils campent et partent sur l'ordre de Hachem. Le camp compte comme un séjour fixe, comme quatre coudées.
Sans cours fixes, on mesure à la porte. Trois cours de deux maisons fixent tout le groupe. Le camp du désert est fixe par l'ordre de Hachem.
19
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: יוֹשְׁבֵי צְרִיפִין וְהוֹלְכֵי מִדְבָּרוֹת — חַיֵּיהֶן אֵינָן חַיִּים, וּנְשֵׁיהֶן וּבְנֵיהֶן אֵינָן שֶׁלָּהֶן.

Rav Yehouda a dit que Rav a dit : les habitants des tsrifin et les marcheurs des déserts, leur vie n'est pas une vie, et leurs femmes et leurs fils ne sont pas à eux.

📜 Rachi (2)
וּמְהַלְּכֵי מִדְבָּרוֹת וּנְשׁוֹתֵיהֶן עִמָּהֶן:
Leurs femmes sont avec eux.
אֵינָן שֶׁלָּהֶן לְקַמָּן מְפָרֵשׁ טַעְמָא:
Plus loin, il explique la raison.
💡 Explication

Autre parole, sur le même séjour sans fixe. Rav Yehouda au nom de Rav : habitants des tsrifin et marcheurs du désert. Rachi : les femmes voyagent avec eux. "Leur vie n'est pas une vie" et "leurs femmes et leurs fils ne sont pas à eux" : la raison vient plus loin.

20
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי, אֱלִיעֶזֶר אִישׁ בִּירְיָא אוֹמֵר: יוֹשְׁבֵי צְרִיפִין כְּיוֹשְׁבֵי קְבָרִים. וְעַל בְּנוֹתֵיהֶם הוּא אוֹמֵר: ״אָרוּר שֹׁוכֵב עִם כָּל בְּהֵמָה״.

On a enseigné de même : Eliezer de Birya dit : les habitants des tsrifin sont comme les habitants des tombes. Et au sujet de leurs filles, il dit : "maudit qui couche avec toute bête".

📜 Rachi (1)
כְּיוֹשְׁבֵי קְבָרוֹת כְּמֵתִים לְפִי שֶׁמְּחֻוסָּרִין הֲנָאָה הֵן וְלוֹקִין בָּרוּחוֹת בְּזֶרֶם וּבְמָטָר:
Comme des morts, parce qu'ils manquent de jouissance, et qu'ils sont battus par les vents, l'averse et la pluie.
💡 Explication

La beraita d'Eliezer de Birya reprend les deux mots. Habiter un tsrif, c'est habiter une tombe : Rachi, privés de jouissance, exposés au vent et à la pluie. Le verset est Devarim 27, 21. Il est dit au sujet de leurs filles. La Guemara en demande la raison.

21
מַאי טַעְמָא? עֻולָּא אָמַר: שֶׁאֵין לָהֶן מֶרְחֲצָאוֹת. וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: מִפְּנֵי שֶׁמַּרְגִּישִׁין זֶה לָזֶה בִּטְבִילָה.

Quelle est la raison ? Oula a dit : parce qu'ils n'ont pas de bains.

Et Rabbi Yo'hanan a dit : parce qu'ils se perçoivent l'un l'autre à la tevila.

📜 Rachi (3)
מ"ט אֲסוּרִין בְּנוֹתֵיהֶן:
Leurs filles sont interdites.
שֶׁאֵין לָהֶן מֶרְחֲצָאוֹת וְהוֹלְכִין בְּמָקוֹם רָחוֹק לִרְחֹוץ וּנְשׁוֹתֵיהֶן נִזְקָקוֹת לִמְנָאֲפִין לְפִי שֶׁהָעִיר עֲזוּבָה מֵאֵין אִישׁ:
Ils vont dans un lieu éloigné pour se laver, et leurs femmes s'unissent à des adultères, parce que la ville est délaissée, sans homme.
בִּטְבִילָה שֶׁאֵין לָהֶן מִקְווָאוֹת וְהוֹלְכוֹת הַנָּשִׁים לִטְבֹּול בְּמָקוֹם רָחוֹק וְקוֹרְאָה לַחֲבֶרְתָּהּ וּמַרְגִּישִׁין הַשְּׁכֵנִים וְיֵשׁ רָשָׁע רוֹדֵף אַחֲרֵיהֶן וּמִתְיַיחֵד עִמָּהֶן וּתְנַן (קִידּוּשִׁין דַּף פ:) לֹא יִתְייַחֵד אָדָם עִם שְׁתֵּי נָשִׁים:
Elles n'ont pas de mikvaot. Les femmes vont s'immerger dans un lieu éloigné, elle appelle sa compagne, les voisins s'en aperçoivent, et il y a un méchant qui court après elles et s'isole avec elles. Et nous avons appris (Kiddouchin, folio 80b) : un homme ne s'isolera pas avec deux femmes.
🪔 Ben Yehoyada (1)
מִפְּנֵי שֶׁאֵין לָהֶם מֶרְחֲצָאוֹת. פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י 'הוֹלְכִין לְמָקוֹם רָחוֹק לִרְחֹוץ וּנְשׁוֹתֵיהֶם נִזְקָקִין לַמְנָאֲפִים לְפִי שֶׁהָעִיר עֲזוּבָה שֶׁאֵין אִישׁ' וּפֵירוּשׁ זֶה נִרְאֶה רָחוֹק וְתָמוּהַּ מְאֹד, חֲדָא לָמָּה צְרִיכִין לֵילֵךְ כָּל הָאֲנָשִׁים בְּיַחַד? וְעוֹד הַנָּשִׁים הֵיכָן יִרְחֲצוּ? וַהֲלֹא הָרְחִיצָה מְצוּיָה וּשְׁכִיחָה אֵצֶל הַנָּשִׁים טְפֵי מִן הָאֲנָשִׁים. וְעוֹד קָשֶׁה קֻושְׁיַת מָהַרְשָׁ"א זַ"ל דַּהֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר נְשֵׁיהֶם אֲסוּרוֹת מִשּׁוּם זְנוּת וּבְנֵיהֶם מַמְזֵרִים, וְלֹא שַׁיָּיךְ בָּזֶה לְשׁוֹן אֵינָם שֶׁלָּהֶם? וְעוֹד לָא הֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר בַּבָּרַייְתָא פָּסוּק (דְּבָרִים כז, כא) אָרוּר שֹׁכֵב עִם כָּל בְּהֵמָה, דְּאֵינוֹ שַׁיָּיךְ זֶה לְאִיסּוּר אֵשֶׁת אִישׁ וּמַמְזֵרוּת? וְעוֹד קָשֶׁה מַאי בָּעֵי בַּגְּמָרָא מַאי בֵינַיְהוּ? דִּלְפִי פֵּירוּשׁ רָשִׁ"י אִיכָּא בֵינַייְהוּ טוּבָא, לְמָאֵן דְּאָמַר מֶרְחֲצָאוֹת אִיכָּא אִיסּוּר אֵשֶׁת אִישׁ וּמַמְזֵרוּת, וּלְמַאן דְּאָמַר מַרְגִּישִׁין אִיסּוּר יִחוּד דַּוְקָא! עַל כֵּן נִרְאֶה לִי בס"ד מַאן דְּאָמַר שֶׁאֵין לָהֶם מֶרְחֲצָאוֹת , רְצוֹנוֹ לוֹמַר אֵין לְנָשִׁים מֶרְחֲצָאוֹת לִרְחֹוץ בָּהֶם בְּהֶצְנֵעַ אֶלָּא הֵם רוֹחֲצִים בְּתוֹךְ הַצְּרִיפִין שֶׁלָּהֶם, וְנִרְאִין עֲרֻומִּין לִשְׁכֵנִים עַל יְדֵי חוֹרִין וּסְדָקִין שֶׁל מְחִיצּוֹת הַצְּרִיפִין כִּי אֵינָם מְחִיצּוֹת שֶׁל בִּנְיָן, וְזֶה הַשָּׁכֵן כֵּיוָן שֶׁרוֹאָה אֶת הָאִשָּׁה רוֹחֶצֶת עֲרוּמָה דֶּרֶךְ חוֹרִין יַעֲלֶה בְּקִרְבּוֹ אֶרֶס שֶׁל הִרְהוּר, וּבְעֵת שֶׁיִּזָּקֵק לְאִשְׁתּוֹ בַּלַּיְלָה הִנֵּה הוּא מְחַשֵּׁב בְּעֵת תַּשְׁמִישׁ בְּאֵשֶׁת חֲבֵירוֹ שֶׁרָאָה אוֹתָהּ עֲרוּמָה וְנִמְצְאוּ בָּנָיו הֵם בְּנֵי תְּמוּרָה, וְלָכֵן קָאָמַר עַל בְּנֵי אָדָם אֵלֶּה נְשֵׁיהֶם וּבְנֵיהֶם אֵינָם שֶׁלָּהֶם , מֵאַחַר דְּכָל אֶחָד כְּשֶׁבַּעַל אִשְׁתּוֹ הָיָה מְחַשֵּׁב בְּאֵשֶׁת חֲבֵירוֹ וְלֹא בְּאִשְׁתּוֹ, נִמְצְאוּ כְּאִלּוּ נְשֵׁיהֶם וּבְנֵיהֶם אֵינָם שֶׁלָּהֶם. וְלָכֵן בַּבָּרַיְיתָא נָקֵיט זֶה עַל פָּסוּק (דְּבָרִים כז, כא) אָרוּר שֹׁכֵב עִם כָּל בְּהֵמָה, כִּי נְשֵׁיהֶם דּוֹמִים לִבְהֵמָה שֶׁעוֹמֶדֶת עֲרוּמָה לְעֵינֵי הַכֹּל, כֵּן הֵם אֵינָם רוֹחֲצִים בְּמָקוֹם צָנוּעַ אֶלָּא בְּמָקוֹם שֶׁאֲחֵרִים רוֹאִין אוֹתָם עֲרוּמִים, וְכֵן הוֹלְכֵי מִדְבָּרוֹת עִם נְשׁוֹתֵיהֶם בְּעֵת שֶׁיִּצְטָרְכוּ נְשֵׁיהֶם לִרְחֹוץ בְּאֶמְצַע הַדֶּרֶךְ אֵין לָהֶם מֶרְחָץ צָנוּעַ אֶלָּא רוֹחֲצִים תּוֹךְ אֹהֶל אוֹ תּוֹךְ אֵיזֶה עֹומֶק שֶׁיֵּשׁ בַּמִּדְבָּר, וּבְעֵת שֶׁקָּמִים וְעוֹמְדִים מִן הָרְחִיצָה עֲרוּמִים נִרְאִין לִשְׁאָר אֲנָשִׁים בְּעוֹדָם עֲרוּמִים קֹודֶם שֶׁיִּתְכַּסּוּ בְּחָלוּק וּבְגָדִים, וְיָבוֹאוּ לְהַרְהֵר בָּהֶם בַּלַּיְלָה כְּשֶׁנִּזְקָקִין לִנְשֵׁיהֶם וְאָז בְּנֵיהֶם הֵמָּה בְּנֵי תְּמוּרָה וְכַאֲשֶׁר כָּתַבְנוּ בְּיוֹשְׁבֵי צְרִיפִין. וּלְמַאן דְּאָמַר מִפְּנֵי שֶׁמַּרְגִּישִׁין זֶה לָזֶה בִּטְבִילָה גַּם בָּזֶה הַטַּעַם הוּא כָּךְ, כֵּיוָן דְּאֵין לָהֶם מָקוֹם צָנוּעַ מַרְגִּישִׁין זֶה בָּזֶה וְאָז הָאֲנָשִׁים כְּשֶׁיָּבֹאוּ לְהִזָּקֵק עִם נְשֵׁיהֶם מְהַרְהֲרִים כָּל אֶחָד בְּאֵשֶׁת חֲבֵירוֹ וְכָאָמוּר לְעֵיל. וְאָמַר אִיכָּא בֵּינַיְהוּ נַהֲרָא דִּסְמִיךְ לְבֵיתָא דְּהַרְגָּשָׁה בִּטְבִילָה לֵיתָא מִפְּנֵי שֶׁטּוֹבֶלֶת בַּלַּיְלָה לְבַדָּהּ כֵּיוָן דְּהַנָּהָר סָמוּךְ לְבֵיתָא וְאֵין מַרְגִּישׁ בִּטְבִילַת הַשָּׁכֵן, אֲבָל לְמַאן דְּאָמַר מֶרְחֲצָאוֹת אֵין לָהֶם אִיכָּא חֲשָׁשָׁה, דְּהָרְחִיצָה הוּא בַּיּוֹם וְתַעֲשֶׂנָּה בְּתוֹךְ הַצְּרִיפִין וְיַרְאֶנָּה הַשָּׁכֵן עֲרוּמָה דֶּרֶךְ חוֹרִין וּסְדָקִין וִיהַרְהֵר בָּהּ בַּלַּיְלָה כְּשֶׁיְּשַׁמֵּשׁ עִם אִשְׁתּוֹ.
Parce qu'ils n'ont pas de bains. Rachi explique : ils vont dans un lieu éloigné pour se laver, et leurs femmes s'unissent à des adultères, la ville étant délaissée, sans homme. Cette explication paraît éloignée et très étonnante. D'abord : pourquoi faudrait-il que tous les hommes partent ensemble ? Ensuite : où les femmes se laveraient-elles ? La toilette est courante et fréquente chez les femmes, plus que chez les hommes. Il y a encore la difficulté du Maharsha, de mémoire bénie : il aurait fallu dire que leurs femmes sont interdites à cause de la zenout, et que leurs fils sont des mamzerim. L'expression "ils ne sont pas à eux" ne convient pas ici. Il n'aurait pas fallu non plus, dans la beraita, le verset (Devarim 27, 21) "maudit qui couche avec toute bête" : cela ne se rattache ni à l'interdit de l'eshet ish, ni à la mamzerout. Autre difficulté : que demande la Guemara avec "quelle différence y a-t-il entre eux" ? Selon l'explication de Rachi, la différence est large. Pour l'avis des bains, il y a l'interdit de l'eshet ish et la mamzerout. Pour l'avis de la perception, il y a l'interdit du yihoud seul. Voici donc comment je le comprends, avec l'aide du Ciel. L'avis "ils n'ont pas de bains" veut dire : les femmes n'ont pas de bains pour s'y laver dans le secret. Elles se lavent à l'intérieur de leurs tsrifin, et elles paraissent nues aux voisins par les trous et les fentes de cloisons sans maçonnerie. Le voisin, voyant la femme se laver nue à travers les trous, sent monter en lui le venin du hirhour. La nuit, au moment où il s'unit à sa femme, il pense pendant le tashmish à la femme de son prochain, qu'il a vue nue. Ses fils sont alors des bnei temoura. C'est pourquoi il dit de ces hommes que leurs femmes et leurs fils ne sont pas à eux : chacun, étant avec sa femme, pensait à la femme de son prochain, et non à sa femme. Leurs femmes et leurs fils ne sont donc pas à eux. C'est pourquoi la beraita rattache cela au verset (Devarim 27, 21), "maudit qui couche avec toute bête" : leurs femmes ressemblent à la bête qui se tient nue aux yeux de tous. Elles aussi se lavent là où d'autres les voient nues, et non dans un lieu discret. De même, les marcheurs du désert avec leurs femmes : quand leurs femmes doivent se laver au milieu du chemin, elles n'ont pas de bain discret. Elles se lavent dans une tente, ou dans quelque creux du désert. Quand elles se relèvent de la toilette, nues, elles paraissent aux autres hommes avant de se couvrir d'une tunique et de vêtements. Ceux-ci auront un hirhour à leur sujet la nuit, en s'unissant à leurs femmes. Leurs fils sont alors des bnei temoura, comme il a été écrit pour les habitants des tsrifin. Pour l'avis "parce qu'ils se perçoivent l'un l'autre à la tevila", la raison est la même. Puisqu'ils n'ont pas de lieu discret, ils se perçoivent l'un l'autre. Les hommes, au moment de s'unir à leurs femmes, ont chacun un hirhour sur la femme de son prochain, comme dit plus haut. Et il a dit : il y a entre eux un fleuve attenant à la maison. La perception de la tevila n'a pas lieu : elle s'immerge la nuit, seule, le fleuve étant attenant à la maison, et le voisin ne perçoit pas la tevila de la voisine. Pour l'avis des bains, le soupçon demeure. La toilette a lieu le jour. Elles la font à l'intérieur des tsrifin. Le voisin la voit nue à travers les trous et les fentes, et il aura un hirhour à son sujet la nuit, quand il sera avec sa femme.
💡 Explication

Oula : pas de bains. Rachi : les hommes partent loin, la ville reste sans homme, les femmes s'unissent à des adultères. Rabbi Yo'hanan : ils remarquent la tevila. Rachi : pas de mikve sur place, une femme appelle sa compagne, un racha les suit, et le yihoud est interdit même avec deux femmes (Kiddouchin 80b). Le Ben Yehoyada lit les deux avis autrement : le lieu n'est pas clos, la vue amène le hirhour au moment du tashmish, et les fils sont des bnei temoura. Le verset de la bête est lu à partir de cette exposition.

22
מַאי בֵינַיְיהוּ? אִיכָּא בֵּינַייְהוּ נַהֲרָא דִּסְמִיךְ לְבֵיתָא.

Quelle différence entre eux ? Il y a entre eux un fleuve attenant à la maison.

📜 Rachi (1)
נַהֲרָא רָאוּי לִטְבִילָה וְלֹא לַמֶּרְחָץ הֶרְגֵּשׁ טְבִילָה לֵיכָּא דְּהָא סָמוּךְ לָהּ אֲבָל טַעְמָא דְּמִשּׁוּם מֶרְחֲצָאוֹת אִיכָּא:
Propre à la tevila, et non au bain. Il n'y a pas la perception de la tevila, puisqu'il est attenant. Mais la raison des bains, elle, demeure.
💡 Explication

La nafka mina. Un fleuve attenant à la maison sert à l'immersion, pas au bain. La raison de Rabbi Yo'hanan tombe : personne ne s'éloigne pour la tevila, personne ne la remarque. La raison d'Oula reste : pour le bain, il faut encore partir loin.

🖼️ Schéma
Oula et Rabbi Yo'hanan : où est la différence Oula : pas de bains Rabbi Yo'hanan : la tevila se voit Les hommes vont se laver loin. La ville reste sans homme. Rachi : les femmes s'unissent à des adultères. Pas de mikve proche. On voit qui part s'immerger. Un racha s'isole avec elles. Yihoud, même à deux. Nafka mina : un fleuve attenant à la maison Le fleuve convient à la tevila. Il ne convient pas au bain. Rabbi Yo'hanan : plus besoin de s'éloigner, sa raison tombe. Oula : les hommes vont encore au bain au loin. Sa raison reste.
Le fleuve voisin règle la tevila. Il laisse entier le motif des bains.
23
אָמַר רַב הוּנָא: כָּל עִיר שֶׁאֵין בָּהּ יָרָק — אֵין תַּלְמִיד חָכָם רַשַּׁאי לָדוּר בָּהּ. לְמֵימְרָא דְּיָרָק מְעַלְּיָא? וְהָתַנְיָא: שְׁלֹשָׁה מַרְבִּין אֶת הַזֶּבֶל, וְכוֹפְפִין אֶת הַקּוֹמָה, וְנוֹטְלִין אֶחָד מֵחֲמֵשׁ מֵאוֹת מִמְּאוֹר עֵינָיו שֶׁל אָדָם, וְאֵלּוּ הֵן:

Rav Houna a dit : toute ville où il n'y a pas de légume, un talmid 'hakham n'est pas autorisé à y habiter. Est-ce à dire que le légume est une bonne chose ?

Or on a enseigné : trois choses multiplient les déchets, courbent la taille, et ôtent un cinq-centième de la lumière des yeux de l'homme. Et ce sont :

📜 Rachi (2)
אֵין תַּלְמִיד חָכָם כּוּ' לְפִי שֶׁהַיָּרָק טוֹב לְמַאֲכָל וְנִלְקַח בְּזוֹל וְיָכוֹל לַעֲסֹוק בַּתּוֹרָה:
Parce que le légume est bon à manger, qu'on l'achète à bas prix, et qu'il peut s'occuper de Torah.
וְכוֹפְפִין גָּרְסִינַן:
C'est ainsi que nous lisons.
🗂️ Tossefot (1)
כָּל עִיר שֶׁאֵין בָּהּ יָרָק פִּי' לְפִי שֶׁנִּיקַּח בְּזוֹל וְיָכוֹל לַעֲסֹוק בַּתּוֹרָה וְהָא דְּאָמַר בְּפָ' תּוֹלִין (שַׁבָּת דַּף קמ:) בַּר בֵּי רַב לָא לֵיכוֹל יַרְקָא מִשּׁוּם דְּגָרֵיר מַשְׁמַע שֶׁגּוֹרֵם לוֹ לְהוֹצִיא הַרְבֵּה בַּאֲכִילַת לֶחֶם הָתָם מַיְירֵי בְּיָרָק חַי אֲבָל מְבֻושָּׁל טוֹב וּמַשְׂבִּיעַ בְּדָבָר קַל:
L'explication : parce qu'on l'achète à bas prix, et qu'il peut s'occuper de Torah. Ce qu'il a dit au chapitre Tolin (Chabbat, folio 140b), qu'un fils de la maison d'étude ne mangera pas de légume, parce que cela entraîne, ce qui veut dire que cela le pousse à dépenser beaucoup en mangeant du pain : la, il s'agit du légume cru. Cuit, il est bon, et il rassasie par peu de chose.
⚖️ Rosh (1)
אָמַר רַב הוּנָא יוֹשְׁבֵי צְרִיפִין אֵין מוֹדְדִין לָהֶן אֶלָּא מִפֶּתַח בָּתֵּיהֶן. אָמַר רַב חֲנִינָא בַּר כָּהֲנָא אָמַר רַב אִם יֵשׁ שָׁם שָׁלֹשׁ חֲצֵירוֹת שֶׁל שְׁנֵי בָתִּים הֻוקְבְּעוּ. ת"ר הַבָּא לְרַבְּעָהּ מְרַבְּעָהּ בְּרִיבּוּעַ שֶׁל עוֹלָם. נוֹתֵן צָפוֹנָה לִצְפוֹן הָעוֹלָם וּדְרוֹמָהּ לִדְרוֹם הָעוֹלָם:
Rav Houna a dit : les habitants des tsrifin, on ne mesure pour eux que depuis la porte de leurs maisons. Rav Hanina bar Kahana a dit que Rav a dit : s'il y a là trois cours de deux maisons, elles sont fixées. Les sages ont enseigné : celui qui vient la mettre au carré la met au carré selon le carré du monde. Il place son nord vers le nord du monde, et son sud vers le sud du monde.
💡 Explication

Rav Houna : sans yerek, légume, un talmid 'hakham n'habite pas la ville. Rachi : aliment bon, bon marché, qui laisse du temps pour la Torah. La beraita semble dire l'inverse : trois choses multiplient le zevel, courbent la taille, et retirent un cinq-centième de la lumière des yeux. La liste s'arrête ici, elle continue au daf suivant. Rachi fixe la leçon vekhofefin, "et ils courbent". Tossefot : à Chabbat 140b, le légume interdit au bar beirav est le légume cru, qui fait manger beaucoup de pain. Le cuit rassasie à peu de frais. Le Roch rappelle ici la mesure des tsrifin, trois cours de deux maisons au nom de Rav, et la mise au carré selon le carré du monde.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).