Sougya : La michna donne un karpef à la ville selon Rabbi Meir, et seulement entre deux villes selon les sages. Rav Houna met un karpef de chaque côté, Hiyya bar Rav un seul pour les deux : la muraille percée et les deux villes ont, l'une et l'autre, besoin de cet enseignement.
Entre le yeter et l'arc, Rabba bar Rav Houna s'arrête à deux mille coudées ; son fils va au-delà, et Abaye le suit, parce qu'on peut revenir par les maisons. La beraita dit quelles constructions entrent dans le pourtour, Rav Houna mesure les tsrifin depuis la porte, et le camp du désert reste fixe parce qu'il campe sur l'ordre de Hachem.
Oula et Rabbi Yo'hanan donnent la raison du mot sur les filles des tsrifin. Rav Houna interdit au talmid 'hakham une ville sans légume.
On donne un karpef à la ville, parole de Rabbi Meir. Et les sages disent : on n'a parlé de karpef qu'entre deux villes.
Karpef : soixante-dix coudées et un reste, l'aire qu'on traite comme la ville elle-même. Les deux mille du tehum partent après elle. Rabbi Meir l'ajoute à chaque ville. Les sages ne s'en servent que pour joindre deux villes voisines.
Et il a été dit : Rav Houna a dit, un karpef pour celle-ci et un karpef pour celle-là. Et Hiyya bar Rav a dit : on ne donne qu'un seul karpef pour les deux.
Sur le cas des sages, deux villes à joindre. Rav Houna donne à chacune son karpef : le vide peut aller jusqu'à deux fois soixante-dix coudées et un reste, soit 141 et un tiers. Hiyya bar Rav ne donne qu'un karpef pour les deux ensemble. Rachi renvoie la suite de cette mahloket plus loin dans le chapitre.
C'est nécessaire. Car si on ne nous l'avait fait entendre qu'ici, c'est parce qu'il y avait un côté de permission dès l'origine.
Mais là-bas, je dirais que non.
Rav Houna a dit "un karpef pour chacune" dans deux dossiers. Si on ne l'avait entendu que pour la muraille percée, on l'aurait limité à ce cas : les deux bords avaient déjà formé une ville, un côté de heter dès l'origine. Pour deux villes qui n'ont jamais été qu'une, on aurait pu refuser.
Et si on ne nous l'avait fait entendre que là-bas, c'est parce que leur usage est à l'étroit. Mais ici, où leur usage n'est pas à l'étroit, je dirais que non.
C'est nécessaire.
L'autre sens du double enseignement. Deux villes véritables sont à l'étroit dans un seul karpef : chacune reçoit le sien, compte comme la ville, et les deux karpefot qui se touchent joignent les villes. La muraille percée n'avait pas cet étroit : avant la brèche, la ville était pleine et se passait de cet espace. On aurait pu ne pas le lui donner. Les deux paroles sont donc nécessaires.
Et combien y a-t-il entre le yeter et l'arc ? Rabba bar Rav Houna a dit : deux mille coudées.
Rava, fils de Rabba bar Rav Houna, a dit : même plus de deux mille coudées.
La page précédente joignait les deux têtes de l'arc en dessous de quatre mille, et l'on mesurait depuis le yeter. Reste la profondeur du vide, de la corde jusqu'aux maisons. Rabba bar Rav Houna la borne à deux mille : au-delà, l'habitant a déjà usé son tehum avant d'arriver à la corde. Son fils, Rava, mesure depuis le yeter même si le vide dépasse deux mille.
Abaye a dit : l'avis de Rava, fils de Rabba bar Rav Houna, est le plus logique, car s'il le veut, il revient par le chemin des maisons.
Abaye suit le fils. Le chemin permis longe les maisons jusqu'à une tête. De là, le tehum de cette tête rejoint l'autre tête. Puisqu'on arrive au yeter par un chemin permis, la profondeur du vide ne coupe pas la ville en deux. On la voit pleine de maisons et de cours, et l'on mesure depuis la corde.
S'il y avait là des gedoudyot hautes de dix tefahim, etc. Que sont les gedoudyot ?
Rav Yehouda a dit : trois cloisons qui n'ont pas de plafond sur elles.
La michna, plus haut, compte les gedoudyot hautes de dix tefahim dans la ville : le tehum part d'elles. Rav Yehouda : trois cloisons, sans toit. Rachi : un toit de l'une à l'autre serait une demeure à plus forte raison. La question suivante descend à deux cloisons.
On a demandé : deux cloisons, et il y a un plafond sur elles, qu'en est-il ? Viens entendre.
Voici celles qui se prolongent avec elle : un nefech qui a quatre coudées sur quatre coudées ; le pont et la tombe qui ont en eux une maison d'habitation ; une synagogue qui a une maison d'habitation pour le hazan ; une maison d'avoda zara qui a une maison d'habitation pour les prêtres ; les écuries et les magasins qui sont dans les champs et qui ont en eux une maison d'habitation ; les burganin qui sont en elle ; et la maison qui est dans la mer. Voici ceux-là qui se prolongent avec elle.
La question : deux cloisons couvertes comptent-elles comme une maison ? La beraita répond par la liste de ce qui se prolonge avec la ville, l'ibur. Le critère est la demeure. Un nefech, bâtiment sur une tombe, à quatre coudées sur quatre : Rachi le tient pour la demeure du gardien, même vide. Pont, tombe, synagogue, maison d'avoda zara, écurie, magasin : seulement s'il y a une habitation. Les burganin sont dans le champ. La maison dans la mer : dans les îles, à moins de soixante-dix coudées et un reste. Tossefot : dès que la beraita dit "maison d'habitation", les quatre coudées sont comprises, car en dessous de quatre sur quatre il n'y a pas de demeure.
Et voici celles qui ne se prolongent pas avec elle : un nefech percé de ses deux côtés, de part et d'autre ; le pont et la tombe qui n'ont pas de maison d'habitation ; une synagogue qui n'a pas de maison d'habitation pour le hazan ; une maison d'avoda zara qui n'a pas de maison d'habitation pour les prêtres ; les écuries et les magasins des champs qui n'ont pas de maison d'habitation ; un puits, un fossé, une grotte, une clôture et un pigeonnier qui sont en elle ; et la maison qui est sur un bateau. Ceux-la ne se prolongent pas avec elle.
La liste inverse. Un nefech ouvert de part en part ne ferme plus une demeure. Sans maison d'habitation, pont, tombe, synagogue, maison d'avoda zara, écurie et magasin restent dehors. Puits, fossé, grotte, clôture, pigeonnier : Rachi, dans le champ. La maison du bateau n'a pas de place fixe : tantôt dans les soixante-dix, tantôt au-delà.
En tout cas, on enseigne : un nefech percé de ses deux côtés, de part et d'autre. N'est-ce pas qu'il y a un plafond ?
Non : il n'y a pas de plafond.
Retour à la question des deux cloisons. Si le nefech ouvert des deux côtés avait encore un plafond, la beraita l'exclureait malgré le toit, et deux murs couverts ne prolongeraient pas la ville. La Guemara écarte cette lecture : le cas enseigné est sans plafond. La question des deux cloisons couvertes reste donc ouverte.
Une maison dans la mer. À quoi est-elle propre ?
Rav Papa a dit : une maison faite pour y déposer les objets du bateau.
La beraita compte la maison dans la mer dans le pourtour, alors qu'elle n'est pas une ville. Rav Papa : on y dépose les objets du bateau. Rachi, plus haut : dans les îles, à l'intérieur de soixante-dix coudées et un reste.
Et une grotte ne se prolonge pas avec elle ? Or Rabbi Hiyya a enseigné : une grotte se prolonge avec elle.
Abaye a dit : lorsqu'il y a un bâtiment sur son ouverture.
La beraita laisse la grotte hors du pourtour. Rabbi Hiyya enseigne le contraire. Abaye : sa beraita vise une grotte dont l'ouverture porte un bâtiment. C'est ce bâtiment qui la fait entrer dans la ville.
Qu'elle en sorte donc à cause du bâtiment lui-même. Cela ne s'impose que pour compléter.
Si le bâtiment de l'ouverture est déjà une demeure, la grotte ne sert à rien dans la mesure : on partirait du bâtiment. Lehashlim, pour compléter. Rachi : le bâtiment n'a pas quatre sur quatre, la grotte fournit le reste. Tossefot : le Ri exige que le bâtiment fasse la plus grande part de ces quatre coudées. Autre lecture : le bâtiment a déjà ses quatre coudées, la grotte lui est jointe, et les deux mille ne commencent qu'au fond de la grotte.
Rav Houna a dit : les habitants des tsrifin, on ne mesure pour eux que depuis la porte de leurs maisons.
Tsrifin : huttes de palmes et de saule, sans keva, sans séjour fixe. Même groupées sur une marche de cent coudées, elles ne deviennent pas une ville. La ville, elle, compte comme quatre coudées : on ne la déduit pas des deux mille. Ici, chacun part de sa porte.
Rav Hisda objecte : "Ils campèrent sur le Jourdain, depuis Beit ha-Yechimot", et Rabba bar bar Hana a dit (Rabbi Yo'hanan a dit) : moi, j'ai vu cet endroit, et il faisait trois parsa sur trois parsa.
Le verset est Bamidbar 33, 49, cité en partie. Rav Hisda oppose le camp du désert aux tsrifin. Rabba bar bar Hana au nom de Rabbi Yo'hanan a vu le lieu : trois parsa sur trois parsa. Une parsa vaut quatre mil. Le tehum d'un mil, deux mille coudées, y tient douze fois dans un seul côté.
Et on a enseigné : quand ils se retirent pour leurs besoins, ils ne se retirent ni devant eux, ni sur leurs côtés, mais derrière eux ?
Devant le camp, la nuée et l'arche pourraient avancer jusque-là. Sur les côtés, on ignore vers où la nuée partira. On se retire derrière. Celui qui est en tête traverse donc tout le camp, trois parsa, et ce trajet compte encore comme les quatre coudées de la ville. Pourtant ce sont des tentes. L'objection à Rav Houna est là.
Rava lui a dit : des étendards du désert, tu parles ? Puisqu'il est écrit à leur sujet : "sur l'ordre de Hachem ils campent, et sur l'ordre de Hachem ils partent", c'est comme si cela leur était fixé.
Degalim : les camps rangés par étendards, pas une hutte de passage. Le verset est Bamidbar 9, 20. Camper et partir sur l'ordre de Hachem donne au séjour le statut de keva. Rava retire donc l'objection : ces tentes ne prouvent rien pour les tsrifin.
Rav Hinana bar Rav Kahana a dit que Rav Ashi a dit : s'il y a là trois cours de deux maisons, elles ont été fixées.
Le seuil qui fait d'un groupe de huttes une ville : trois cours, chacune de deux maisons, en pierre ou en bois. Ces maisons fixent aussi les tsrifin qui les entourent. Rachi renvoie à la michna d'Eruvin 59a, Rabbi Chimon, même chiffre.
Rav Yehouda a dit que Rav a dit : les habitants des tsrifin et les marcheurs des déserts, leur vie n'est pas une vie, et leurs femmes et leurs fils ne sont pas à eux.
Autre parole, sur le même séjour sans fixe. Rav Yehouda au nom de Rav : habitants des tsrifin et marcheurs du désert. Rachi : les femmes voyagent avec eux. "Leur vie n'est pas une vie" et "leurs femmes et leurs fils ne sont pas à eux" : la raison vient plus loin.
On a enseigné de même : Eliezer de Birya dit : les habitants des tsrifin sont comme les habitants des tombes. Et au sujet de leurs filles, il dit : "maudit qui couche avec toute bête".
La beraita d'Eliezer de Birya reprend les deux mots. Habiter un tsrif, c'est habiter une tombe : Rachi, privés de jouissance, exposés au vent et à la pluie. Le verset est Devarim 27, 21. Il est dit au sujet de leurs filles. La Guemara en demande la raison.
Quelle est la raison ? Oula a dit : parce qu'ils n'ont pas de bains.
Et Rabbi Yo'hanan a dit : parce qu'ils se perçoivent l'un l'autre à la tevila.
Oula : pas de bains. Rachi : les hommes partent loin, la ville reste sans homme, les femmes s'unissent à des adultères. Rabbi Yo'hanan : ils remarquent la tevila. Rachi : pas de mikve sur place, une femme appelle sa compagne, un racha les suit, et le yihoud est interdit même avec deux femmes (Kiddouchin 80b). Le Ben Yehoyada lit les deux avis autrement : le lieu n'est pas clos, la vue amène le hirhour au moment du tashmish, et les fils sont des bnei temoura. Le verset de la bête est lu à partir de cette exposition.
Quelle différence entre eux ? Il y a entre eux un fleuve attenant à la maison.
La nafka mina. Un fleuve attenant à la maison sert à l'immersion, pas au bain. La raison de Rabbi Yo'hanan tombe : personne ne s'éloigne pour la tevila, personne ne la remarque. La raison d'Oula reste : pour le bain, il faut encore partir loin.
Rav Houna a dit : toute ville où il n'y a pas de légume, un talmid 'hakham n'est pas autorisé à y habiter. Est-ce à dire que le légume est une bonne chose ?
Or on a enseigné : trois choses multiplient les déchets, courbent la taille, et ôtent un cinq-centième de la lumière des yeux de l'homme. Et ce sont :
Rav Houna : sans yerek, légume, un talmid 'hakham n'habite pas la ville. Rachi : aliment bon, bon marché, qui laisse du temps pour la Torah. La beraita semble dire l'inverse : trois choses multiplient le zevel, courbent la taille, et retirent un cinq-centième de la lumière des yeux. La liste s'arrête ici, elle continue au daf suivant. Rachi fixe la leçon vekhofefin, "et ils courbent". Tossefot : à Chabbat 140b, le légume interdit au bar beirav est le légume cru, qui fait manger beaucoup de pain. Le cuit rassasie à peu de frais. Le Roch rappelle ici la mesure des tsrifin, trois cours de deux maisons au nom de Rav, et la mise au carré selon le carré du monde.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).