Sougya : Avdimi bar Hama bar Dosa lit le verset : si la Torah était dans les cieux, il faudrait monter après elle, et si elle était au-delà de la mer, passer après elle. Rava : on ne la trouve pas chez qui élève sa pensée au-dessus d'elle comme les cieux, ni chez qui l'élargit comme la mer.
Rabbi Yo'hanan : on ne la trouve pas chez les gasei ruah, ni chez les soharanim, ni chez les tagarim. La beraita enseigne ensuite comment prolonger les villes pour le tehum de Chabbat : longue, ronde, carrée, inégale, maison en saillie, arc et gam.
Rav Houna limite l'arc à moins de quatre mille coudées entre les deux têtes. La Guemara oppose sa mesure de la muraille percée, 141 coudées et un tiers.
Rabba bar Oula distingue un seul côté et deux côtés.
Et c'est ce qu'a dit Avdimi bar Hama bar Dosa : que signifie ce qui est écrit : "elle n'est pas dans les cieux, et elle n'est pas au-delà de la mer" ? "Elle n'est pas dans les cieux" : si elle était dans les cieux, tu devrais monter après elle ; et si elle était au-delà de la mer, tu devrais passer après elle.
Le verset est Devarim 30, 12-13. Il dit que la mitsva est proche. Avdimi en tire l'effort : même s'il fallait monter au ciel ou traverser la mer, on irait après elle. Rachi rattache cela à la page d'avant : peiner, poser des simanim, user de stratagèmes, pour que l'étude tienne chez celui qui l'apprend.
Rava a dit : "elle n'est pas dans les cieux" : tu ne la trouveras pas chez celui qui élève sa pensée au-dessus d'elle comme les cieux, et tu ne la trouveras pas chez celui qui élargit sa pensée au-dessus d'elle comme la mer.
Rava lit les mêmes mots comme le portrait de l'homme. Magbiah daato : il élève sa pensée au-dessus de la Torah, à la mesure des cieux. Marhiv daato : il l'étend sur elle, à la mesure de la mer. Dans les deux cas, on ne la trouve pas chez lui.
Rabbi Yo'hanan a dit : "elle n'est pas dans les cieux" : tu ne la trouveras pas chez les gasei ruah ; "et elle n'est pas au-delà de la mer" : tu ne la trouveras ni chez les soharanim, ni chez les tagarim.
Gas ruah : l'homme dont l'esprit se tient haut. Soharanim et tagarim sont deux commerces. Rachi : les premiers vont de ville en ville ; les seconds restent sur place, mais paraissent puis disparaissent. Leur occupation les tient hors d'une étude suivie.
Les sages ont enseigné : comment prolonge-t-on les villes ? Longue : telle qu'elle est.
Ronde : on lui fait des angles. Carrée : on ne lui fait pas d'angles.
Si elle était large d'un côté et étroite de l'autre : on la considère comme si elle était égale.
Me'abrin et ha-arim : avant les deux mille coudées du tehum, on fixe le pourtour de la ville. Aroukha : on la laisse. Agoula : on l'inscrit dans un carré, les angles en plus. Rachi : sortir par l'angle fait gagner le quart dont le carré dépasse le cercle. Meroubaat : déjà carrée, pas d'angle ajouté. Large d'un côté, étroite de l'autre : on tire le côté court jusqu'à l'alignement du côté long, puis on mesure.
S'il y avait une maison qui sort comme une sorte de pagum, ou deux maisons qui sortent comme deux pagumim : on les considère comme si un fil était tendu sur elles, et l'on mesure à partir de lui et au-delà deux mille coudées. Si elle était faite comme une sorte d'arc, ou comme une sorte de gam : on la considère comme si elle était remplie de maisons et de cours, et l'on mesure à partir de lui et au-delà deux mille coudées.
Pagum : une maison qui dépasse l'alignement. On tend un fil sur le bord extérieur, et les deux mille partent du fil. Le creux à côté de la maison reste dans la ville. Keshet : les maisons suivent l'arc, la corde est vide. On compte l'intérieur comme rempli de maisons et de cours. Gam : le gamma grec, un L. Rachi : pour l'habitant, toute la ville jusqu'au yeter compte comme les quatre coudées, et le vide ne se décompte pas des deux mille. Tossefot : le fil d'une seule saillie va droit, en face, et non en diagonale jusqu'au bout de la ville.
Le maître a dit : longue, telle qu'elle est. C'est évident !
Cela ne s'impose que pour une ville longue et étroite. On aurait pu dire : donnons-lui une largeur à la mesure de sa longueur.
Il nous l'apprend.
"Telle qu'elle est" paraît trop simple : qui raccourcirait une ville longue ? Le cas est arikha ve-katina, longue et étroite. Hava amina : donner à la largeur la mesure de la longueur, l'élargir vers l'est et l'ouest jusqu'au carré. On la laisse : elle a déjà ses peot, ses angles.
Carrée, on ne lui fait pas d'angles. C'est évident !
Cela ne s'impose que lorsqu'elle est carrée, mais non carrée selon le carré du monde. On aurait pu dire : carrons-la selon le carré du monde.
Il nous l'apprend.
Une ville déjà carrée n'a pas d'angle à ajouter : la phrase paraît évidente. Le cas : le carré n'est pas le carré du monde. Les côtés ne font pas face au nord et au sud, la ville est posée en diagonale. Hava amina : la remettre sur le carré du monde. On mesure depuis les angles qu'elle a déjà.
S'il y avait une maison qui sort comme une sorte de pagum, ou deux maisons qui sortent comme deux pagumim. Maintenant, pour une seule maison tu l'as dit : deux maisons, fallait-il encore le dire ?
La beraita a dit le cas d'une maison, puis le cas de deux. Si une seule saillie suffit à tendre le fil et à repousser la mesure, deux saillies semblent déjà comprises. La réponse vient au segment suivant : les deux maisons sont sur deux côtés.
Cela ne s'impose que pour deux côtés. On aurait pu dire : d'un seul côté, nous le disons ; de deux côtés, nous ne le disons pas.
Il nous l'apprend.
Les deux pagumim ne sont pas l'un à côté de l'autre sur la même face. L'un sort au nord, l'autre au sud. Hava amina : on ne prolonge la ville que pour une saillie d'un seul côté. On apprend qu'on tend le fil, et qu'on mesure, des deux côtés.
Si elle était faite comme une sorte d'arc, ou comme une sorte de gam, on la considère comme si elle était remplie de maisons et de cours, et l'on mesure à partir d'elle et au-delà deux mille coudées. Rav Houna a dit : une ville faite comme un arc, s'il y a entre ses deux têtes moins de quatre mille coudées, on mesure pour elle depuis le yeter ; sinon, on mesure pour elle depuis l'arc.
La beraita comptait l'arc comme plein. Rav Houna pose un seuil. Le yeter est la droite entre les deux têtes. Moins de quatre mille coudées : le tehum de deux mille de chaque tête rejoint l'autre, une seule ville, on mesure depuis la corde. Quatre mille ou plus : chacun mesure depuis l'arc, depuis sa porte, et le vide entre dans ses deux mille. Tossefot : une saillie ordinaire est déjà dans les soixante-dix coudées et un reste de l'ibur, donc le seuil de quatre mille ne la concerne pas de la même façon.
Et Rav Houna a-t-il dit cela ? Or Rav Houna a dit : la muraille de la ville qui a été percée, à cent quarante et une coudées et un tiers ?
Deux paroles du même Rav Houna. Pour l'arc, la ville reste une jusqu'à juste moins de quatre mille. Pour la muraille percée, le seuil est 141 et un tiers : deux karpefot de soixante-dix coudées et un reste. Au-delà, Rachi lit une séparation. La réponse est au segment suivant.
Rabba bar Oula a dit : il n'y a pas de difficulté. Ici, d'un seul côté ; là, de deux côtés.
Ici : l'arc. Le vide n'ouvre qu'un côté, la corde. L'autre rive est la file des maisons. Tant que les deux têtes sont à moins de quatre mille, leurs tehumim se rejoignent. Là : la brèche est sur deux côtés face à face. La ville est vraiment coupée en deux, et le seuil redescend à 141 et un tiers.
Et qu'est-ce qu'il nous apprend ? Qu'on donne un karpef à celle-ci et un karpef à celle-là ?
Or Rav Houna l'a dit une fois. Car nous avons appris dans une michna :
Si la brèche de deux côtés fait deux villes, la règle de Rav Houna se ramène au karpef qu'on donne à chacune pour les joindre : soixante-dix coudées et un reste, sans mur entre les deux. La Guemara dit qu'il l'a déjà enseigné. Le daf s'arrête sur detnan : la michna qui suit est sur la page suivante.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).