Eruvin 87a : Le trou du balcon, et l'aqueduc dans la cour

Eruvin 87a

Sougya : Le daf achève le balcon de Rabbi Hananya ben Akavya : on creuse un trou de quatre sur quatre, et le bois autour est vu plié puis descendu jusqu'à l'eau. Abaye sépare Rabbi Yehouda, qui ne dit que goud ahit, de Rabbi Hananya, qui ne permet que sur la mer de Tibériade.

Il fixe ensuite les mesures : planche proche du mur, planche dressée, angle, et mortier de quatre amot. La michna de l'aqueduc exige une cloison de dix à l'entrée et à la sortie.

Rabbi Yehouda s'appuie sur le mur d'au-dessus, et les Sages répondent par l'aqueduc d'Avel vers Tzippori. La baraïta des fenêtres mène aux berges : on y pose le seau pour échanger, et la fin du daf réserve l'interdit d'échanger aux domaines de la Torah.

Trou de quatre sur quatre dans le balcon Rabbi Hananya ben Akavya. Le bois autour du trou devient cloison. 10 : on plie trou 4 x 4 10 : on plie kof kof puis goud ahit eau sous le trou : domaine prive Cloison : au moins 10 de haut, et au moins 4 de vide entre les bords. En dessous de ces mesures, le trou ne suffit pas.
Trou de quatre sur quatre. Le bois se plie, puis descend jusqu'à l'eau. L'eau du trou est un domaine privé.
Quatre façons de trouver les cloisons du trou Abaye, puis Rav Houna fils de Rav Yehochoua. Selon Rabbi Hananya. Proche du mur Dressée Dans l'angle Mortier Moins de 3 du mur Longueur : 4 amot Largeur : 11 et un mashehu Le mur compte Hauteur : 10 Largeur : 6 et deux mashehu Ecartée de 4 On plie les bords Deux murs déjà là Hauteur : 10 Largeur : 2 et deux mashehu Deux cloisons à faire Aucun mur proche Sur des pieux 4 amot sur 4 amot 24 sur 24 Tout vient d'elle
Proche du mur, dressée, dans l'angle, ou en mortier. Chaque cas a sa largeur.
Aqueduc qui traverse la cour Michna. On ne puise le Chabbat que si l'eau est coupée aux deux bouts. cour aqueduc entrée sortie Sages : les deux bouts, cloison de 10 dans l'eau. Un seul bout laisse le karmelit. Rabbi Yehouda : le mur au-dessus de l'aqueduc vaut déjà cloison.
Aqueduc dans la cour. Les Sages coupent l'entrée et la sortie. Rabbi Yehouda s'en tient au mur.
1
חוֹקֵק בָּהּ אַרְבַּע עַל אַרְבַּע וּמְמַלֵּא.

On y creuse quatre sur quatre, et l'on puise.

📜 Rachi (1)
חוֹקֵק בָּהּ נֶקֶב בְּאֶמְצָעִיתָהּ וַאֲפִילּוּ אֵין לָהּ מְחִיצּוֹת סָבִיב הָוְייָן לָהּ י' טְפָחִים הַנִּשְׁאָרִים סָבִיב הַנֶּקֶב לְכָל צַד וְרוֹאִין אוֹתָן כְּאִילּוּ הָיוּ כְּפּוּפִין לְמַטָּה כְּעֵין מְחִיצָּה תְּלוּיָה עַל הַמַּיִם וְאָמַר נָמֵי גּוֹד אַחִית כְּאִילּוּ יוֹרְדוֹת וְסוֹתְמוֹת עַד הַמַּיִם וְהָוְייָן מַיִם שֶׁכְּנֶגֶד הַנֶּקֶב רְשׁוּת הַיָּחִיד וּבְצִיר מֵהָכִי לָא סַגִּי דְּאֵין מְחִיצָּה פָּחוֹת מִי' גֹּובַהּ וְאֵין מְחִיצָּה פָּחוֹת מִד' טְפָחִים חָלָל שֶׁבֵּינֵיהֶם:
On y creuse : un trou en son milieu. Même sans cloisons autour, il lui reste dix tefahim autour du trou de chaque côté. On les voit comme pliés vers le bas, à la façon d'une cloison suspendue sur l'eau. On dit aussi goud ahit, comme si elles descendaient et bouchaient jusqu'à l'eau. Les eaux en face du trou sont un domaine privé. En dessous de cela, cela ne suffit pas : une cloison n'a pas moins de dix de hauteur, et une cloison n'a pas moins de quatre tefahim de vide entre elles.
💡 Explication

Suite de Rabbi Hananya ben Akavya. Dans le balcon de quatre amot, on ouvre un trou de quatre tefahim sur quatre.

Rachi : le bois qui reste autour du trou a dix tefahim de chaque côté. On le voit plié vers le bas, cloison suspendue sur l'eau, puis l'on dit goud ahit : elle descend et bouche jusqu'à l'eau. L'eau en face du trou est un domaine privé. Une cloison a au moins dix de hauteur, et au moins quatre de vide entre ses bords.

🖼️ Schéma
Trou de quatre sur quatre dans le balcon Rabbi Hananya ben Akavya. Le bois autour du trou devient cloison. 10 : on plie trou 4 x 4 10 : on plie kof kof puis goud ahit eau sous le trou : domaine prive Cloison : au moins 10 de haut, et au moins 4 de vide entre les bords. En dessous de ces mesures, le trou ne suffit pas.
Le bois autour du trou se plie, puis descend jusqu'à l'eau.
2
אָמַר לֵיהּ אַבַּיֵּי: וְדִילְמָא לָא הִיא, עַד כָּאן לָא קָאָמַר רַבִּי יְהוּדָה הָתָם, אֶלָּא דְּאָמַר: ״גּוּד אַחִית מְחִיצְתָּא״, אֲבָל ״כּוֹף וְגוֹד״ — לֹא.

Abaye lui a dit : peut-être en va-t-il autrement. Jusqu'ici Rabbi Yehouda n'a dit cela, là-bas, que parce qu'il dit : goud ahit mehitsata.

Mais kof ve-goud, non.

📜 Rachi (1)
כּוֹף רֹוחַב הַנֶּסֶר שֶׁיְּהֵא כָּפוּף לְמַטָּה כִּמְחִיצָה וְאַכַּתִּי הָוְיָא מְחִיצָּה תְּלוּיָה וּמִבָּעֵי לָן לְמֵימַר תּוּ גּוּד אַחִית:
Kof : la largeur de la planche, pour qu'elle soit pliée vers le bas comme une cloison. Elle reste encore une cloison suspendue, et il nous faut dire en plus goud ahit.
💡 Explication

Abaye sépare les deux maîtres que Rabba avait réunis. Rabbi Yehouda, sur la citerne entre deux cours, dit goud ahit : le mur est déjà une cloison en haut, on la fait seulement descendre.

Le balcon demande d'abord kof : plier la planche qui est à plat, puis goud : la faire descendre. Rachi : après le pli, elle reste une cloison suspendue. Il faut encore dire goud ahit.

🖼️ Schéma
Goud ahit, et kof puis goud Abaye à Rabba. Les deux maîtres n'ont pas dit la même chose. Rabbi Yehouda Rabbi Hananya Le mur est déjà en l'air au-dessus de la citerne. On dit seulement goud ahit : on le fait descendre. La planche est à plat. Il faut d'abord la plier : kof. Puis la faire descendre : goud. Les deux gestes se suivent.
Rabbi Yehouda descend un mur déjà debout. Rabbi Hananya plie d'abord la planche.
3
וְעַד כָּאן לָא קָאָמַר רַבִּי חֲנַנְיָא בֶּן עֲקַבְיָא הָתָם, אֶלָּא בְּיַמָּהּ שֶׁל טְבֶרְיָא, הוֹאִיל וְיֵשׁ לָהּ אֳוגָנִים, וַעֲיָירוֹת וְקַרְפֵּיפוֹת מַקִּיפוֹת אוֹתָהּ, אֲבָל בִּשְׁאָר מֵימוֹת — לֹא.

Et jusqu'ici Rabbi Hananya ben Akavya n'a dit cela, là-bas, que pour la mer de Tibériade, puisqu'elle a des berges, et que des villes et des enclos l'entourent. Mais pour les autres eaux, non.

📜 Rachi (2)
אֶלָּא בְּיַמָּהּ שֶׁל טְבֶרְיָא דְּהָכִי אָמַר לְקַמָּן דִּלְאַנְשֵׁי טְבֶרְיָא הִתִּיר:
Seulement pour la mer de Tibériade : c'est ainsi qu'il dit plus loin, qu'il a permis aux gens de Tibériade.
אֳוגָנִים שָׂפָה גָּבוֹהַּ דְּהָוְיָא כִּמְחִיצּוֹת סָבִיב לָהּ דְּאִיכָּא קְצָת הֶכֵּירָא דְּהֶיתֵּר דְּהָא כַּרְמְלִית מִדְּרַבָּנָן הִיא גְּזֵרָה מִשּׁוּם הוֹצָאָה מרה"י לרה"ר הוֹאִיל וְיֵשׁ לָהּ קְצָת הֶיתֵּר ואע"ג דְּאַכַּתִּי כַּרְמְלִית הִיא דְּהָא קַרְפֵּף יוֹתֵר מִבֵּית סָאתַיִם שֶׁלֹּא הֻוקַּף לְדִירָה הוּא מִיהוּ בְּתַקַּנְתָּא פֻּורְתָּא כִּי הָא סַגִּי:
Oganim : un rebord élevé, qui vaut comme des cloisons autour d'elle. Il y a un peu de signe de permission. Car le karmelit est rabbinique, un décret à cause du transport d'un domaine privé vers le domaine public. Puisqu'il y a un peu de permission, bien qu'elle reste un karmelit, car c'est un karpef de plus de deux séa qui n'a pas été clos pour l'habitation, une petite réparation comme celle-ci suffit.
💡 Explication

Second écart d'Abaye. Rabbi Hananya n'a permis que la mer de Tibériade. Elle a des oganim, des rebords hauts, et des villes et des karpefot l'entourent.

Rachi : le karmelit est rabbinique, un décret à cause du transport du domaine privé vers le domaine public. Le rebord donne déjà un peu de signe de permission. Une petite réparation suffit, bien que le bassin reste un karpef de plus de deux séa, non clos pour l'habitation.

4
אָמַר אַבַּיֵּי: וּלְדִבְרֵי רַבִּי חֲנַנְיָא בֶּן עֲקַבְיָא, הָיְתָה סְמוּכָה לַכֹּותֶל בְּפָחוֹת מִשְּׁלֹשָׁה טְפָחִים — צָרִיךְ שֶׁיְּהֵא אָורְכָּהּ אַרְבַּע אַמּוֹת, וְרָוחְבָּהּ אַחַד עָשָׂר וּמַשֶּׁהוּ.

Abaye a dit : et selon les paroles de Rabbi Hananya ben Akavya, si elle était proche du mur à moins de trois tefahim, il faut que sa longueur soit de quatre amot, et sa largeur de onze et un mashehu.

📜 Rachi (1)
הָיְתָה סְמוּכָה שֶׁהָיְתָה כֹּותֶל הָעֲלִיָּה עַל שְׂפַת הַמַּיִם וְאוֹתוֹ הַנֶּסֶר נָתוּן עַל שְׁנֵי זִיזִין הַיּוֹצְאִים מִן הַכֹּותֶל וּשְׂפַת הַנֶּסֶר פָּחוֹת מִג' סָמוּךְ לַכֹּותֶל הָוְיָא לָהּ הַאי כֹּותֶל חֲדָא מִן הַמְּחִיצּוֹת וְהָאֲוִיר פָּחוֹת מִשְּׁלֹשָׁה שֶׁבֵּינָהּ וְלַכֹּותֶל מְהַנֵּי לַנֶּקֶב וּמוֹסִיף עָלָיו טֶפַח וּמַשֶּׁהוּ פְּגָם בְּרֹוחַב הַנֶּסֶר עַל פְּנֵי ד' לְאָרְכָּהּ לְהַשְׁלִים הַנֶּקֶב לד' עַל ד' וְצָרִיךְ לִהְיוֹת בָּהּ רֹוחַב עוֹד י' טְפָחִים לְמֵימַר בְּהוּ כּוֹף לִמְחִיצָּה שְׁנִייָּה כְּנֶגֶד הַכֹּותֶל הֲרֵי י"א רֹוחַב וּמַשֶּׁהוּ וְאָרְכָּהּ ד' אַמּוֹת לִהְיוֹת י' טְפָחִים לֵב' רָאשֶׁיהָ עַד הַנֶּקֶב דְּנֵימָא כּוֹף וּכְשֶׁאַתָּה כּוֹפֵף אֶת ב' הָרָאשִׁים אע"פ שֶׁהַנֶּסֶר רָחָב י"א וּמַשֶּׁהוּ אֵין מוֹעִיל לִמְחִיצּוֹת חֲלַל הַנֶּקֶב אֶלָּא טֶפַח וּמַשֶּׁהוּ מִזֶּה וְטֶפַח וּמַשֶּׁהוּ מִזֶּה שֶׁהֲרֵי י' טְפָחִים בּוֹלְטִין מִן הַמְּחִיצָּה הָאֶמְצָעִית וְלַחוּץ לְצַד הַמַּיִם שֶׁהֲרֵי הַמְּחִיצָּה הָאֶמְצָעִית כְּשֶׁכָּפַפְנוּ אוֹתָהּ נִמְצֵאת עוֹמֶדֶת בִּשְׂפַת הַפְּגָם וְאֵין מְחִיצּוֹת הָרָאשִׁין נִמְשָׁכִין מִמֶּנָּה לְצַד הַכֹּותֶל אֶלָּא טֶפַח וּמַשֶּׁהוּ וְהוּא מִצְטָרֵף עִם פָּחוֹת מִשְּׁלֹשָׁה לָבוּד וְהָוְיָא מְחִיצָּה ד':
Si elle était proche : le mur de l'étage était sur le bord de l'eau, et cette planche posée sur deux saillies qui sortent du mur. Le bord de la planche est à moins de trois, proche du mur. Ce mur est pour elle l'une des cloisons. L'air de moins de trois qui est entre elle et le mur sert au trou : on y ajoute un tefah et un mashehu, une entaille dans la largeur de la planche, sur quatre dans sa longueur, pour compléter le trou à quatre sur quatre. Il faut encore en elle une largeur de dix tefahim, pour dire à leur sujet kof, une deuxième cloison en face du mur. Voilà onze de largeur, et un mashehu. Et sa longueur, quatre amot, pour qu'il y ait dix tefahim à ses deux bouts jusqu'au trou, et que l'on dise kof. Quand tu plies les deux bouts, bien que la planche soit large de onze et un mashehu, cela ne sert aux cloisons du vide du trou que d'un tefah et un mashehu de ce côté, et d'un tefah et un mashehu de l'autre. Car dix tefahim dépassent de la cloison du milieu vers l'extérieur, du côté de l'eau : la cloison du milieu, une fois pliée, se trouve au bord de l'entaille, et les cloisons des bouts ne se prolongent depuis elle vers le mur que d'un tefah et un mashehu. Cela se joint au moins de trois par lavoud, et cela fait une cloison de quatre.
💡 Explication

Cas où le balcon est à moins de trois du mur, sur des saillies. Le mur est déjà une cloison. L'air de moins de trois se joint au trou par lavoud.

Longueur : quatre amot, soit dix tefahim de bois de chaque côté d'un trou de quatre. Ces deux bouts se plient. Largeur : onze et un mashehu. Un tefah et un mashehu font l'entaille du trou vers le mur. Les dix qui restent se plient en face, vers l'eau.

Une fois les bouts pliés, chaque cloison latérale ne revient vers le mur que d'un tefah et un mashehu. Avec le moins de trois, lavoud, cela fait une cloison de quatre.

🖼️ Schéma
Planche à moins de trois du mur Abaye, selon Rabbi Hananya. Vue de dessus. mur air : moins de 3, lavoud entaille : 1 et un mashehu trou 4 x 4 10 on plie 10 on plie 10 restants : on plie vers l'eau Longueur 4 amot = 10 + 4 + 10. Largeur 11 et un mashehu. L'entaille et l'air de moins de 3 font le quatrième côté, par lavoud.
Quatre amot de long, onze et un mashehu de large. Le mur et le lavoud complètent le trou.
5
הָיְתָה זְקוּפָה — צָרִיךְ שֶׁיְּהֵא גָּובְהָהּ עֲשָׂרָה טְפָחִים, וְרָוחְבָּהּ שִׁשָּׁה טְפָחִים וּשְׁנֵי מַשֶּׁהוּיִין.

Si elle était dressée, il faut que sa hauteur soit de dix tefahim, et sa largeur de six tefahim et deux mashehu.

📜 Rachi (1)
הָיְתָה זְקוּפָה לְאָרְכָּהּ צָרִיךְ שֶׁיְּהֵא אָרְכָּהּ י' וּרְחָבָה ו' וּשְׁנֵי מִשֶּׁהָוְיִין וּזְקוּפָה רְחָבָה כְּנֶגֶד הַכֹּותֶל מֻופְלָג ד' מִן הַכֹּותֶל וְכוֹף שְׂפַת רָחָב טֶפַח וּמַשֶּׁהוּ לְכָאן לְצַד הַכֹּותֶל וַהֲרֵי שְׂפָתָהּ עַכְשָׁיו בְּפָחוֹת מִג' סָמוּךְ לַכֹּותֶל וְהוּא לָבוּד הֲרֵי מְחִיצַּת ד' לְכָאן וְעוֹד כּוֹף טֶפַח וּמַשֶּׁהוּ בִּשְׂפַת רְחָבָה הַשֵּׁנִי לְצַד הַכֹּותֶל הֲרֵי טֶפַח וּמַשֶּׁהוּ מְחִיצָּה וּפָחוֹת מג' לָבוּד הֲרֵי מְחִיצַּת ד' מִכָּאן וּמְחִיצָּה הַג' שֶׁכְּנֶגֶד הַכֹּותֶל רְחָבָה ד' שְׁלֵימִין הֲרֵי חָלָל ד' בִּמְחִיצוֹתָיו וְגָובְהָן י' וּפוֹתֵחַ חַלּוֹן בְּכָותְלוֹ וּמְמַלֵּא:
Si elle était dressée, sur sa longueur : il faut que sa longueur soit de dix, et sa largeur de six et deux mashehu. Elle est dressée, sa largeur en face du mur, écartée de quatre du mur. Plie un bord large d'un tefah et un mashehu de ce côté, vers le mur : son bord se trouve maintenant à moins de trois, proche du mur, et c'est du lavoud. Voilà une cloison de quatre de ce côté. Plie encore un tefah et un mashehu au second bord de sa largeur, vers le mur : voilà un tefah et un mashehu de cloison, et moins de trois en lavoud, voilà une cloison de quatre de ce côté. Et la troisième cloison, en face du mur, est large de quatre pleins. Voilà un vide de quatre dans ses cloisons, et leur hauteur est de dix. Il ouvre une fenêtre dans son mur, et il puise.
💡 Explication

La planche est dressée, sa largeur en face du mur, écartée de quatre. Hauteur dix. Largeur six et deux mashehu : le trou prend quatre, il reste un tefah et un mashehu de chaque bord.

On plie chaque bord vers le mur. Quatre moins un tefah et un mashehu laissent moins de trois : lavoud. La troisième cloison, en face du mur, a quatre pleins. Il ouvre une fenêtre dans son mur et il puise.

🖼️ Schéma
Planche dressée, écartée de quatre On plie un tefah et un mashehu de chaque bord vers le mur. mur fenêtre écart de 4 planche dressée hauteur 10 largeur 6 et deux mashehu chaque bord plié : 1 et un mashehu Les bords rejoignent le mur par lavoud. Le vide au milieu reste de 4.
Planche debout, haute de dix, large de six et deux mashehu, à quatre du mur.
6
אָמַר רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ: הָיְתָה עוֹמֶדֶת בְּקֶרֶן זָוִית — צָרִיךְ שֶׁיְּהֵא גָּובְהָהּ עֲשָׂרָה טְפָחִים, וְרָוחְבָּהּ שְׁנֵי טְפָחִים וּשְׁנֵי מַשֶּׁהוּיִין.

Rav Houna, fils de Rav Yehochoua, a dit : si elle se tenait dans un angle, il faut que sa hauteur soit de dix tefahim, et sa largeur de deux tefahim et deux mashehu.

📜 Rachi (1)
הָיְתָה עוֹמֶדֶת בְּקֶרֶן זָוִית שֶׁשְּׁנֵי כְּתָלִים מְחִיצּוֹת לַמַּיִם וְאֵינָהּ צְרִיכָה אֶלָּא שְׁתֵּי מְחִיצּוֹת צָרִיךְ שֶׁיְּהֵא גֹּובַהּ אָרְכָּהּ כְּשֶׁהִיא זְקוּפָה י' טְפָחִים וּרְחָבָה ב' טְפָחִים וּשְׁנֵי מִשֶּׁהָוְיִין וּמַעֲמִידָהּ זְקוּפָה שְׂפַת עָובְיָהּ כְּנֶגֶד כֹּותֶל הָאֶחָד מֻופְלָג מִמֶּנּוּ פָּחוֹת מִג' וְהוּא לָבוּד נִמְצֵאת כָּאן מְחִיצָּה רְחָבָה ה' וּמַשֶּׁהוּ וְכֹותֶל הַשֵּׁנִי מְכֻווָּן כְּנֶגֶד רָחְבָּהּ מֻופְלָג מִמֶּנּוּ ד' כּוֹף טֶפַח וּמַשֶּׁהוּ הֶיתֵּירִין עַל מִדַּת רָחְבָּהּ וְהִטָּה אוֹתָם לְצַד כֹּותֶל הַמֻּופְלָג ד' נִמְצֵאת שְׂפַת הַנֶּסֶר עוֹמֶדֶת בְּפָחוֹת מג' וְהוּא לָבוּד הֲרֵי ב' מְחִיצּוֹת שֶׁל ד':
Si elle se tenait dans un angle : les deux murs sont des cloisons pour l'eau, et elle n'a besoin que de deux cloisons. Il faut que la hauteur de sa longueur, quand elle est dressée, soit de dix tefahim, et sa largeur de deux tefahim et deux mashehu. On la dresse, le bord de son épaisseur en face de l'un des murs, écarté de lui de moins de trois, et c'est du lavoud. Il se trouve ici une cloison large de cinq et un mashehu. Le second mur est aligné en face de sa largeur, écarté d'elle de quatre. Plie le tefah et le mashehu qui dépassent la mesure de sa largeur, et incline-les vers le mur écarté de quatre. Le bord de la planche se trouve à moins de trois, et c'est du lavoud. Voilà deux cloisons de quatre.
💡 Explication

Dans un angle, les deux murs sont déjà des cloisons pour l'eau. La planche n'en fournit que deux. Dressée, hauteur dix, largeur deux et deux mashehu.

Un bord est à moins de trois d'un mur : lavoud, et Rachi compte ici une cloison de cinq et un mashehu. L'autre mur est à quatre de la largeur. On plie vers lui le tefah et le mashehu qui dépassent. Le bord arrive à moins de trois : lavoud. Deux cloisons de quatre.

🖼️ Schéma
Planche dressée dans l'angle Rav Houna, fils de Rav Yehochoua. Largeur de deux tefahim et deux mashehu. mur du fond mur planche 2 et deux mashehu hauteur 10 moins de 3 : lavoud l'autre mur est à 4 : on plie le trop vers lui Les deux murs sont déjà deux cloisons. La planche n'en fournit que deux.
Deux murs déjà en place. La planche dressée n'a que deux tefahim et deux mashehu.
7
וְאֶלָּא הָא דְּתַנְיָא, רַבִּי חֲנַנְיָא בֶּן עֲקַבְיָא אוֹמֵר: גְּזֻוזְטְרָא שֶׁיֵּשׁ בָּהּ אַרְבַּע אַמּוֹת עַל אַרְבַּע אַמּוֹת — חוֹקֵק בָּהּ אַרְבָּעָה עַל אַרְבָּעָה וּמְמַלֵּא, הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ?

Mais alors, ce que l'on enseigne, Rabbi Hananya ben Akavya dit : un balcon qui a quatre amot sur quatre amot, on y creuse quatre sur quatre et l'on puise, dans quel cas le trouve-t-on ?

📜 Rachi (1)
וְאֶלָּא הָא דְּבָעֵי ר' חֲנַנְיָא כ"ד עַל כ"ד הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ:
Mais alors, ce que Rabbi Hananya exige, vingt-quatre sur vingt-quatre : dans quel cas le trouve-t-on ?
💡 Explication

Les cas précédents s'appuient sur un mur. La baraïta exige pourtant un balcon de quatre amot sur quatre amot. Rachi : vingt-quatre tefahim sur vingt-quatre. Où ce cas se présente-t-il ?

8
דַּעֲבִידָא כִּי אֲסִיתָּא.

Quand il est fait comme un mortier.

📜 Rachi (1)
דַּעֲבִידָא כַּאֲסִיתָּא שֶׁאֵין כֹּותֶל סָמוּךְ לָהּ וּקְבוּעָה עַל יְתֵידוֹת וְצָרִיךְ לִהְיוֹת כָּל חֲלָלָהּ וְכָל מְחִיצוֹתֶיהָ מִמֶּנָּה וְנַעֲשָׂה כְּעֵין מְדוֹכָה. אֲסִיתָּא מורטי"ר:
Quand il est fait comme un mortier : aucun mur n'est proche de lui, il est fixé sur des pieux, et il faut que tout son vide et toutes ses cloisons viennent de lui. Il est fait comme un pilon. Asita : mortier.
💡 Explication

Asita : un mortier. Aucun mur proche. Le balcon est sur des pieux, au-dessus de l'eau. Le vide et les quatre cloisons viennent tous de la planche. D'où les quatre amot de côté : dix tefahim à plier de chaque côté d'un trou de quatre.

9
מַתְנִי׳ אַמַּת הַמַּיִם שֶׁהִיא עוֹבֶרֶת בֶּחָצֵר — אֵין מְמַלְּאִין הֵימֶנָּה בְּשַׁבָּת, אֶלָּא אִם כֵּן עָשׂוּ לָהּ מְחִיצָה גְּבוֹהָ עֲשָׂרָה טְפָחִים בִּכְנִיסָה וּבִיצִיאָה. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: כֹּותֶל שֶׁעַל גַּבָּהּ תִּידּוֹן מִשּׁוּם מְחִיצָה.

Michna. Un aqueduc qui traverse une cour : on n'en puise pas le Chabbat, sauf s'ils lui ont fait une cloison haute de dix tefahim à l'entrée et à la sortie.

Rabbi Yehouda dit : le mur qui est au-dessus de lui sera jugé au titre de cloison.

📜 Rachi (2)
מַתְנֵי' אַמַּת הַמַּיִם אֲפִילּוּ ברה"י כַּרְמְלִית הִיא:
Michna. Un aqueduc : même dans un domaine privé, c'est un karmelit.
עָשׂוּ לָהּ מְחִיצָּה בְּתוֹךְ אֳוגָנֶיהָ עַל פְּנֵי רָוחְבָּהּ שֶׁיְּהֵא נִיכָּר שֶׁבִּשְׁבִיל הַמַּיִם נַעֲשֵׂית וּמְחִיצַת הֶחָצֵר הַתְּלוּיָה וְעוֹבֶרֶת עַל גַּבָּהּ אֵינָהּ מוֹעֶלֶת לָהּ ואע"ג דִּמְחִיצָּה תְּלוּיָה מַתֶּרֶת בַּמַּיִם ה"מ הֵיכָא דְּנִרְאֵית מְחִיצָּה שֶׁנַּעֲשֵׂית בִּשְׁבִיל הַמַּיִם כְּגוֹן גְּזֻוזְטְרָא דְּמַתְנִי' וּכְגוֹן מְחִיצָּה שֶׁבְּתוֹךְ הַבּוֹר:
Ils lui ont fait une cloison : dans ses berges, sur toute sa largeur, pour qu'il soit visible qu'elle a été faite pour l'eau. La cloison de la cour, suspendue, qui passe au-dessus de lui, ne lui sert pas. Bien qu'une cloison suspendue permette dans l'eau, ces paroles visent le cas où l'on voit une cloison faite pour l'eau, comme le balcon de la michna, et comme la cloison à l'intérieur du puits.
⚖️ Rosh (1)
מַתְנִי' אַמַּת הַמַּיִם שֶׁהִיא עוֹבֶרֶת בֶּחָצֵר אֵין מְמַלְּאִין מִמֶּנָּה בְּשַׁבָּת אֶלָּא א"כ עָשׂוּ לָהּ מְחִיצָה גְּבוֹהָה עֲשָׂרָה בִּכְנִיסָה וִיצִיאָה. אָמַר ר' יְהוּדָה מַעֲשֶׂה בְּאַמָּה שֶׁל אוּבָל שֶׁהָיוּ מְמַלְּאִין מִמֶּנָּה בְּשַׁבָּת ע"פ זְקֵנִים. אָמְרוּ לוֹ מִפְּנֵי שֶׁלֹּא הָיָה בָּהּ כַּשִּׁיעוּר:
Michna. Un aqueduc qui traverse une cour : on n'en puise pas le Chabbat, sauf s'ils lui ont fait une cloison haute de dix à l'entrée et à la sortie. Rabbi Yehouda a dit : un fait, à l'aqueduc d'Ovel, d'où l'on puisait le Chabbat sur l'ordre des anciens. Ils lui ont dit : parce qu'il n'y avait pas en lui la mesure.
💡 Explication

Nouvelle michna. L'aqueduc qui traverse une cour reste un karmelit, même au milieu d'un domaine privé : il continue les eaux du dehors.

Les Sages exigent une cloison de dix, dans les berges, sur toute la largeur, à l'entrée et à la sortie, pour qu'on voie qu'elle est faite pour l'eau. Rabbi Yehouda : le mur de la cour, au-dessus, suffit.

🖼️ Schéma
Aqueduc qui traverse la cour Michna. On ne puise le Chabbat que si l'eau est coupée aux deux bouts. cour aqueduc entrée sortie Sages : les deux bouts, cloison de 10 dans l'eau. Un seul bout laisse le karmelit. Rabbi Yehouda : le mur au-dessus de l'aqueduc vaut déjà cloison.
Cloison de dix à l'entrée et à la sortie. Rabbi Yehouda s'en tient au mur d'au-dessus.
10
אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: מַעֲשֶׂה בְּאַמָּה שֶׁל אָבֵל, שֶׁהָיוּ מְמַלְּאִין מִמֶּנָּה עַל פִּי זְקֵנִים בְּשַׁבָּת! אָמְרוּ לוֹ: מִפְּנֵי שֶׁלֹּא הָיָה בָּהּ כַּשִּׁיעוּר.

Rabbi Yehouda a dit : un fait, à l'aqueduc d'Avel, d'où l'on puisait sur l'ordre des anciens, le Chabbat. Ils lui ont dit : parce qu'il n'y avait pas en lui la mesure.

📜 Rachi (2)
שֶׁל אָבֵל שֵׁם הָעִיר וְהָיְתָה עוֹבֶרֶת בְּתוֹךְ הַחֲצֵירוֹת וּמְמַלְּאִין הֵימֶנָּה בַּחֲצֵירוֹת דִּמְהַנְּיָא לָהּ מְחִיצַּת כֹּותֶל בְּחָצֵר תְּלוּיָה עָלֶיהָ וְרַבִּי יְהוּדָה לְטַעְמֵיהּ דִּפְלִיג נָמֵי בְּמָתְנֵי' אַבּוֹר:
D'Avel : nom de la ville. Il traversait l'intérieur des cours, et l'on en puisait dans les cours, car la cloison du mur de la cour, suspendue au-dessus de lui, lui sert. Et Rabbi Yehouda reste dans sa logique, puisqu'il diverge aussi dans la michna au sujet du puits.
שֶׁלֹּא הָיְתָה כַּשִּׁיעוּר כַּרְמְלִית אוֹ בְּעֹומֶק י' אוֹ בְּרֹוחַב ד' שֶׁאֵין מַיִם נַעֲשִׂין רְשׁוּת לְעַצְמָן בְּפָחוֹת מֵעֹומֶק י' בְּרֹוחַב ד' וְאִם עוֹבֶרֶת ברה"ר הָוְייָן רה"ר כְּדִתְנַן בְּהַזּוֹרֵק (שַׁבָּת דַּף ק:) הַזּוֹרֵק ד' אַמּוֹת בְּיָם פָּטוּר דְּכַרְמְלִית הִיא וְאִם הָיָה רְקַק מַיִם ורה"ר מְהַלֶּכֶת בּוֹ חַיָּיב דרה"ר הוּא וְכַמָּה הוּא רְקָק מַיִם פָּחוֹת מִי' טְפָחִים אַלְמָא מַיִם שֶׁאֵינָן עֲמֻוקִּין י' אֵינָם רְשׁוּת לְעַצְמָן וְכִי הָווּ נָמֵי בְּחָצֵר הָווּ לְהוּ רה"י:
Il n'avait pas la mesure d'un karmelit, soit en profondeur de dix, soit en largeur de quatre. Les eaux ne deviennent un domaine à part qu'à partir d'une profondeur de dix sur une largeur de quatre. S'il traverse le domaine public, elles sont domaine public, comme on l'enseigne dans Ha-zorek (Chabbat 100b) : celui qui lance à quatre amot dans la mer est exempt, car c'est un karmelit. S'il y avait une flaque d'eau et que le domaine public y passe, il est coupable, car c'est un domaine public. Et qu'est-ce qu'une flaque d'eau ? Moins de dix tefahim. Donc des eaux qui n'ont pas dix de profondeur ne sont pas un domaine à part. Et quand elles sont aussi dans une cour, elles sont domaine privé.
🗂️ Tossefot (1)
אָמַר ר' יְהוּדָה מַעֲשֶׂה כּוּ' אֵין זֶה מַעֲשֶׂה לִסְתֹּור דְּאַמִּילְּתֵיהּ דִּלְעֵיל קָאֵי דְּלָא בָּעֵי מְחִיצָּה לְשֵׁם מַיִם:
Rabbi Yehouda a dit : un fait, etc. Ce récit ne vient pas pour contredire. Il s'attache à sa parole d'en haut : il n'exige pas une cloison pour l'eau.
💡 Explication

Avel est le nom de la ville. L'aqueduc traversait les cours, et l'on puisait en s'appuyant sur le mur suspendu. Rabbi Yehouda reste dans sa logique, comme pour le puits de la michna.

Les Sages : il n'avait pas la mesure d'un karmelit, dix de profondeur ou quatre de largeur. En dessous, l'eau ne fait pas un domaine à part. Dans une cour, elle reste domaine privé. Tossefot : ce récit s'attache à sa parole d'en haut, il n'exige pas une cloison faite pour l'eau.

11
גְּמ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: עָשׂוּ לָהּ בִּכְנִיסָה וְלֹא עָשׂוּ לָהּ בִּיצִיאָה, עָשׂוּ לָהּ בִּיצִיאָה וְלֹא עָשׂוּ לָהּ בִּכְנִיסָה — אֵין מְמַלְּאִין הֵימֶנָּה בְּשַׁבָּת, אֶלָּא אִם כֵּן עָשׂוּ לָהּ מְחִיצָה עֲשָׂרָה טְפָחִים בִּיצִיאָה וּבִכְנִיסָה. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: כֹּותֶל שֶׁעַל גַּבָּהּ תִּידּוֹן מִשּׁוּם מְחִיצָה.

Guemara. Nos maîtres ont enseigné : s'ils lui ont fait à l'entrée et ne lui ont pas fait à la sortie, s'ils lui ont fait à la sortie et ne lui ont pas fait à l'entrée, on n'en puise pas le Chabbat, sauf s'ils lui ont fait une cloison de dix tefahim à la sortie et à l'entrée.

Rabbi Yehouda dit : le mur qui est au-dessus de lui sera jugé au titre de cloison.

📜 Rachi (1)
גְּמ' עָשׂוּ לָהּ בִּכְנִיסָה וְלֹא עָשׂוּ לָהּ בִּיצִיאָה לָא מְהַנֵּי מִידִי דְּהָא מְחֻובֶּרֶת לַמַּיִם שֶׁחוּץ לֶחָצֵר בִּיצִיאָתָהּ וְנַעֲשֵׂית הַכֹּל כַּרְמְלִית אֲבָל כִּי עָשׂוּ בִּכְנִיסָה וּבַיְּצִיאָה אֵינָהּ כַּרְמְלִית דּוֹמֶה כְּמִי שֶׁמַּתְחֶלֶת בְּחָצֵר זוֹ:
Guemara. S'ils lui ont fait à l'entrée et ne lui ont pas fait à la sortie : cela ne sert de rien, car il reste joint aux eaux du dehors de la cour, à sa sortie, et le tout devient karmelit. Mais quand ils ont fait à l'entrée et à la sortie, il n'est plus karmelit : il ressemble à celui qui commence dans cette cour.
⚖️ Rosh (1)
גְּמ' ת"ר עָשׂוּ לָהּ מְחִיצָּה בִּכְנִיסָה וְלֹא עָשׂוּ לָהּ בִּיצִיאָה בִּיצִיאָה וְלֹא עָשׂוּ לָהּ בִּכְנִיסָה אֵין מְמַלְּאִין מִמֶּנָּה. אֶלָּא א"כ עָשׂוּ לָהּ מְחִיצָה גְּבוֹהָ עֲשָׂרָה בִּכְנִיסָה וִיצִיאָה רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר מַעֲשֶׂה בְּאַמָּה שֶׁהָיְתָה מְבִיאָה הַמַּיִם מֵאָבֵל לְצִפּוֹרִי וְהָיוּ מְמַלְּאִין מִמֶּנָּה עַל פִּי זְקֵנִים. אָמְרוּ לוֹ מִשָּׁם רְאָיָה שֶׁמָּא אֵין בְּעָומְקָהּ עֲשָׂרָה וּרְחָבָה אַרְבָּעָה. פֵּירֵשׁ מְחִיצָּה זוֹ שֶׁל אַמַּת הַמַּיִם צְרִיכָה לִהְיוֹת מְשֻׁוקַּעַת בַּמַּיִם כְּדֵי שֶׁתֵּחָלֵק בֵּין הַמַּיִם שברה"י וּבֵין הַמַּיִם שֶׁבִּרְשׁוּת הָרַבִּים כְּמוֹ מְחִיצָּה שֶׁל בּוֹר שֶׁצְּרִיכָה לִהְיוֹת מְשֻׁוקַּעַת בְּתוֹכוֹ לְחַלֵּק בֵּין רְשׁוּתוֹ לִרְשׁוּת חֲבֵירוֹ: תָּנוּ רַבָּנַן אַמַּת הַמַּיִם שֶׁעוֹבֶרֶת בֵּין הַחַלּוֹנוֹת פָּחוֹת מִג' מְשַׁלְשֵׁל דְּלִי וּמְמַלֵּא. שְׁלֹשָׁה אֵין מְשַׁלְשֵׁל דְּלִי וּמְמַלֵּא. וְרַשְׁבָּ"ג אוֹמֵר פָּחוֹת מִד' מְשַׁלְשֵׁל דְּלִי וּמְמַלֵּא. אַרְבָּעָה אֵין מְשַׁלְשֵׁל דְּלִי. וּמְמַלֵּא. בְּמַאי עִסְקֵי' אִילֵימָא בְּאַמַּת הַמַּיִם גּוּפַהּ. אֶלָּא הָא דְּכִי אֲתָא רַב דִּימִי אֲמַר ר' יוֹחָנָן אֵין כַּרְמְלִית פְּחוּתָה מֵאַרְבָּעָה לֵימָא כְתַנָּאֵי אֲמָרָהּ לִשְׁמַעְתִּי'. אֶלָּא בַּאֲגַפֶּיהָ וּלְהַחֲלִיף. הָא כִּי אֲתָא רַב דִּימִי אָמַר ר' יוֹחָנָן מָקוֹם שֶׁאֵין בּוֹ אַרְבָּעָה עַל אַרְבָּעָה מֻותָּר לִבְנֵי רה"ר וְלִבְנֵי רה"י לְכַתֵּף עָלָיו וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יַחֲלִיפוּ הָתָם רְשׁוּיוֹת דְּאוֹרָיְיתָא וְהָכָא רְשׁוּיוֹת דְּרַבָּנָן. וְהָא ר' יוֹחָנָן בָּרְשׁוּיוֹת דְּרַבָּנַן נָמֵי קָאָמַר דִּתְנַן כֹּותֶל שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת גָּבוֹהַּ עֲשָׂרָה וְרֹחַב אַרְבָּעָה מְעָרְבִין שְׁנַיִם וְאֵין מְעָרְבִין אֶחָד. הָיוּ בְּרֹאשׁוֹ פֵּירוֹת. אֵלּוּ עוֹלִין מִכָּאן וְאוֹכְלִין וְאֵלּוּ עוֹלִין מִכָּאן וְאוֹכְלִין וְהָוֵינַן בָּהּ אֵין בָּהּ אַרְבָּעָה מַאי אָמַר רַב אֲוִיר שְׁתֵּי רְשׁוּיוֹת שׁוֹלְטוֹת בּוֹ וְלֹא יָזִיז בּוֹ אֲפִילּוּ כִּמְלוֹא נִימָא וְרַבִּי יוֹחָנָן אוֹמֵר אֵלּוּ מַעֲלִין מִכָּאן וְאוֹכְלִין וְאֵלּוּ מַעֲלִין מִכָּאן וְאוֹכְלִין אֲבָל לְחַלּוֹפֵי מֵחָצֵר לְחָצֵר דֶּרֶךְ הַכֹּותֶל לֹא. אַלְמָא אִית לֵיהּ לְרַבִּי יוֹחָנָן דַּאֲפִילּוּ בִּרְשׁוּיוֹת דְּרַבָּנָן אָסוּר לְהַחֲלִיף. הַהוּא זְעֵירִי אֲמָרָהּ. וְלִזְעֵירִי תִּקְשֶׁה לָךְ מַתְנֵי'. זְעֵירִי מוּקֵי לַהּ בְּאַמַּת הַמַּיִם גּוּפַהּ וּדְרַב דִּימֵי תַּנָּאֵי הִיא. וְתִיהְוֵי כִּי חֹורֵי כַּרְמְלִית. אַבָּיֵי בַּר אָבִין וְרַב חִינָּנָא בַּר אָבִין דְּאָמְרִי תַּרְוַייְהוּ אֵין חוֹרִין לְכַרְמְלִית. רָבִינָא אוֹמֵר אֲפִילּוּ תֵּימָא יֵשׁ חוֹרִין לְכַרְמְלִית הָתָם בִּסְמוּכָה הָכָא בְּמֻופְלֶגֶת. נִרְאֶה דַּהֲלָכָה כְּאַבַּיֵּי בַּר אָבִין וְרַב חִינָּנָא בַּר אָבִין דְּאָמְרִי אֵין חוֹרִין לְכַרְמְלִית. אע"ג דְּרָבִינָא דְּהוּא בָּתְרָאָה קָאָמַר אֲפִילּוּ תֵּימָא יֵשׁ חוֹרִין לְכַרְמְלִית אִיהוּ לָא פְּלִיג בְּהֶדְיָא עֲלַיְיהוּ אֶלָּא קָאָמַר דַּאֲפִילּוּ יֵשׁ חוֹרִין לְכַרְמְלִית אִית לָן שִׁינּוּיָא אַחֲרִינָא. רַב אָשֵׁי אָמַר כְּגוֹן דַּעֲבִיד לֵיהּ נִיפְקֵי אַפֻּומַּייְהוּ וְאַזֵּדוֹ רַבָּנַן לְטַעְמַיְיהוּ וְרַשְׁבָּ"ג לְטַעְמֵיהּ. רַב אִלְפָּס זַ"ל כָּתַב לְעֵיל בְּפֶרֶק חַלּוֹן סִימָן א' הָא דְּאָמַר וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יַחֲלִיפוּ אוֹקֵימְנָא בְּפֶ' כֵּיצַד מִשְׁתַּתְּפִין בִּרְשׁוּיוֹת דְּאוֹרָייְתָא כְּגוֹן ברה"י וּבִרְשׁוּת הָרַבִּים. אֲבָל בִּרְשׁוּיוֹת דְּרַבָּנָן כְּגוֹן כֹּותֶל שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת גָּבוֹהַּ עֲשָׂרָה וְאֵינוֹ רָחָב אַרְבָּעָה מֻותָּר לְכַתֵּף עָלָיו וּלְהַחֲלִיף. והר"ז הַלֵּוִי זַ"ל כָּתַב דְּאַשִּׁינּוּיָא דְּרַב אַשִּׁי דְּהוּא בָּתְרָאָה סָמְכִינַן וְלָא צְרִיכִין לְשִׁינּוּיָא דְּחִיקָא דִּלְעֵיל לִפְלוּגֵי דְּרַב דִּימֵי אַדִּזְעֵירִי וּלְחַלֵּק בֵּין רְשׁוּיוֹת דְּאוֹרָייְתָא לִרְשׁוּיוֹת דְּרַבָּנָן. וְאַדְּרַבָּה בִּרְשׁוּיוֹת דְּרַבָּנָן אַשְׁכְּחַן דְּמַחְמְרִי' טְפֵי בְּהַאי עִנְיָנָא כִּדְאָמַר לְעֵיל (עֵירוּבִין דַּף עז.) בִּרְשׁוּיוֹת דְּרַבָּנָן עֲבַדוּ רַבָּנָן חִזּוּק טְפֵי מִשֶּׁל תּוֹרָה. וְכֵן רַבִּי יוֹחָנָן אוֹמֵר אֵלּוּ מַעֲלִין מִכָּאן וְאוֹכְלִין וְכוּ'. אֲבָל לְהַחֲלִיף מֵחָצֵר זוֹ לְחָצֵר זוֹ אָסוּר. וְעוֹד הֵבִיא רְאָיָה מִפֶּרֶק הַמּוֹצֵא תְּפִילִּין (עֵירוּבִין דַּף קא:) גַּבֵּי הָא דְּתַנְיָא וַחֲכָמִים אוֹמְרִים אַף בִּזְמַן שֶׁהַמַּנְעוּל לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה מֵבִיא מַפְתֵּחַ מע"ש וּמַנִּיחוֹ בָּאִסְקֻופָּה לְמָחָר פּוֹתֵחַ וְנוֹעֵל בּוֹ וּמַחְזִירוֹ לָאִסְקֻופָּה אוֹ לַחַלּוֹן שֶׁעַל גַּבֵּי הַפֶּתַח. וְאִם יֵשׁ בַּחַלּוֹן אַרְבָּעָה עַל אַרְבָּעָה אָסוּר מִפְּנֵי שֶׁהוּא כְּמוֹצִיא מֵרְשׁוּת לִרְשׁוּת כְּלוֹמַר מֵאַסְקֻופַּת כַּרְמְלִית לַחַלּוֹן שֶׁהִיא רְשׁוּת הַיָּחִיד דֶּרֶךְ הַמַּנְעוּל שֶׁהוּא מְקוֹם פָּטוּר. וְקָאָמַר עֲלָהּ ש"מ אִיתָא לִדְרַב דִּימֵי דְּאָמַר אָסוּר לְהַחֲלִיף. אַלְמָא אִיתָא לִדְרַב דִּימֵי דְּאָמַר אָסוּר לְהַחֲלִיף אֲפִילּוּ בִּרְשׁוּיוֹת דְּרַבָּנָן. וְהַתּוֹסְ' הִקְשׁוּ לְקַמָּן מֵהַךְ דִּשְׁמַעְתִּין וְתֵירְצוּ דְּרַב דִּימֵי סָבַר דְּבָרַייְתָא דִּלְקַמָּן פְּלִיג אַהַךְ דְּהָכָא וְהָכִי אָמַר לְקַמָּן אִיתָא לִדְרַב דִּימֵי וַעֲדִיפָא מִדִּידֵיהּ דְּאִיהוּ קָאָמַר דַּוְקָא בִּרְשׁוּיוֹת דְּאוֹרָיְיתָא וְהַךְ בָּרַייְתָא סוֹבֶרֶת אֲפִילּוּ בִּרְשׁוּיוֹת דְּרַבָּנָן וְאָתְיָא כִּזְעֵירִי דְּאָמַר דְּרַב דִּימֵי תַּנָּאֵי הִיא וּמַאן דְּאָסַר אָסַר אֲפִילּוּ בִּדְרַבָּנָן וְשִׁינּוּיָא דְּחִיקָא הִיא. וְנִרְאִין דִּבְרֵי הר"ז זַ"ל וְכֵן דַּעַת הָרָאָבָ"ד:
Guemara. Nos maîtres ont enseigné : s'ils lui ont fait une cloison à l'entrée et ne lui ont pas fait à la sortie, ou à la sortie et ne lui ont pas fait à l'entrée, on n'en puise pas, sauf s'ils lui ont fait une cloison haute de dix à l'entrée et à la sortie. Rabbi Yehouda dit : un fait, à un aqueduc qui amenait l'eau d'Avel à Tzippori, et l'on en puisait sur l'ordre des anciens. Ils lui ont dit : de là une preuve ? Peut-être sa profondeur n'a-t-elle pas dix, et sa largeur quatre. Il a expliqué : cette cloison de l'aqueduc doit être enfoncée dans l'eau, afin de séparer les eaux du domaine privé et les eaux du domaine public, comme la cloison du puits, qui doit être enfoncée en lui pour séparer son domaine du domaine de son voisin. Nos maîtres ont enseigné : un aqueduc qui passe entre les fenêtres. Moins de trois : on descend un seau et l'on puise. Trois : on ne descend pas un seau et l'on ne puise pas. Et Rabban Chimon ben Gamliel dit : moins de quatre, on descend un seau et l'on puise. Quatre : on ne descend pas un seau et l'on ne puise pas. De quoi s'agit-il ? Si tu dis : de l'aqueduc lui-même. Mais alors, ceci : quand Rav Dimi est venu, Rabbi Yo'hanan a dit : un karmelit ne descend pas en dessous de quatre. Dirons-nous qu'il a dit son enseignement selon une discussion de tannaïm ? Mais des berges, et pour échanger. Or quand Rav Dimi est venu, Rabbi Yo'hanan a dit : un endroit qui n'a pas quatre sur quatre, il est permis aux gens du domaine public et aux gens du domaine privé d'y ajuster leur charge, à condition qu'ils n'échangent pas. Là-bas, des domaines de la Torah. Ici, des domaines rabbiniques. Mais Rabbi Yo'hanan parle aussi des domaines rabbiniques. Car on enseigne : un mur entre deux cours, haut de dix et large de quatre, on fait deux erouv, et l'on ne fait pas un seul. Il y avait des fruits à son sommet : ceux-ci montent de ce côté et mangent, ceux-là montent de ce côté et mangent. Et nous avons demandé : s'il n'a pas quatre, qu'en est-il ? Rav a dit : l'air de deux domaines le régit, et l'on n'y déplace même pas l'épaisseur d'un cheveu. Et Rabbi Yo'hanan dit : ceux-ci font monter de ce côté et mangent, ceux-là font monter de ce côté et mangent. Mais échanger d'une cour à l'autre par le chemin du mur, non. Donc Rabbi Yo'hanan tient que, même dans des domaines rabbiniques, échanger est interdit. C'est Zeiri qui l'a dit. Et à Zeiri, la michna fera difficulté. Zeiri l'établit de l'aqueduc lui-même, et l'enseignement de Rav Dimi est une discussion de tannaïm. Et qu'elle compte comme les cavités d'un karmelit. Abaye bar Avin et Rav Hinena bar Avin disent tous deux : un karmelit n'a pas de cavités. Ravina dit : même si tu dis qu'un karmelit a des cavités, là-bas c'est attenant, ici c'est écarté. Il paraît que la halakha suit Abaye bar Avin et Rav Hinena bar Avin, qui disent qu'un karmelit n'a pas de cavités. Bien que Ravina, qui est le dernier, dise : même si tu dis qu'un karmelit a des cavités, il ne diverge pas d'eux en clair. Il dit que, même s'il y a des cavités pour un karmelit, une autre réponse nous reste. Rav Ashi a dit : par exemple, il lui a fait des avancées à leurs embouchures. Les Sages vont selon leur raison, et Rabban Chimon ben Gamliel selon la sienne. Rav Alfas, zal, a écrit plus haut, au chapitre Halon, siman 1 : ce qu'il a dit, à condition qu'ils n'échangent pas, nous l'avons établi au chapitre Keitsad mishtatfin, dans des domaines de la Torah, comme le domaine privé et le domaine public. Mais dans des domaines rabbiniques, comme un mur entre deux cours, haut de dix et sans largeur de quatre, il est permis d'y ajuster la charge et d'échanger. Et le Raz HaLevi, zal, a écrit que nous nous appuyons sur la réponse de Rav Ashi, qui est le dernier. La réponse forcée d'en haut ne nous est pas nécessaire, celle qui sépare Rav Dimi de Zeiri et qui distingue les domaines de la Torah et les domaines rabbiniques. Au contraire, dans les domaines rabbiniques, on trouve une sévérité plus grande en cette matière, comme il est dit plus haut (Eruvin 77a) : dans les domaines rabbiniques, les Sages ont renforcé plus que pour la Torah. Et ainsi Rabbi Yo'hanan dit : ceux-ci font monter de ce côté et mangent, et la suite. Mais échanger de cette cour à cette cour est interdit. Il a encore apporté une preuve du chapitre Ha-motse tefilin (Eruvin 101b), au sujet de la baraïta : et les Sages disent : même quand le verrou est au-dessus de dix, il apporte une clé la veille du Chabbat, il la pose sur le seuil, le lendemain il ouvre et il ferme avec elle, et il la remet sur le seuil ou sur la fenêtre au-dessus de la porte. Et s'il y a dans la fenêtre quatre sur quatre, c'est interdit, parce qu'il est comme celui qui sort d'un domaine vers un domaine. C'est-à-dire : du seuil, qui est un karmelit, vers la fenêtre, qui est un domaine privé, par le chemin du verrou, qui est un lieu exempt. Et l'on dit à ce sujet : apprends-en que l'enseignement de Rav Dimi tient, lui qui a dit qu'échanger est interdit. Donc l'enseignement de Rav Dimi, qu'échanger est interdit, vaut même dans des domaines rabbiniques. Et les Tossefot ont objecté plus loin à partir de notre passage, et ils ont répondu que Rav Dimi tient que la baraïta d'en bas diverge de celle d'ici. Et ainsi il dit plus loin : l'enseignement de Rav Dimi tient, et il est plus fort que le sien. Car lui ne le dit que dans des domaines de la Torah, et cette baraïta le tient même dans des domaines rabbiniques. Elle vient comme Zeiri, qui a dit que l'enseignement de Rav Dimi est une discussion de tannaïm. Et celui qui interdit, interdit même dans le rabbinique. Et c'est une réponse forcée. Les paroles du Raz, zal, paraissent justes. Et tel est l'avis du Raavad.
💡 Explication

Un seul bout ne suffit pas. À la sortie sans cloison, l'aqueduc reste joint aux eaux du dehors, et le tout est karmelit. Les deux cloisons le font commencer dans cette cour.

Le Roch ajoute : la cloison doit être enfoncée dans l'eau, comme celle du puits, pour séparer les eaux du dedans et celles du dehors. La suite du Roch mène jusqu'au psak sur l'échange, entre le Rif et le Raz HaLevi.

12
אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: מַעֲשֶׂה בְּאַמַּת הַמַּיִם שֶׁהָיְתָה בָּאָה מֵאָבֵל לְצִפּוֹרִי, וְהָיוּ מְמַלְּאִין הֵימֶנָּה בְּשַׁבָּת עַל פִּי הַזְּקֵנִים.

Rabbi Yehouda a dit : un fait, à l'aqueduc qui venait d'Avel à Tzippori, et l'on en puisait le Chabbat sur l'ordre des anciens.

💡 Explication

La baraïta précise le trajet : d'Avel à Tzippori. On puisait sur l'ordre des anciens, sans cloison ajoutée.

13
אָמְרוּ לוֹ: מִשָּׁם רְאִייָּה?! מִפְּנֵי שֶׁלֹּא הָיְתָה עֲמֻוקָּה עֲשָׂרָה טְפָחִים וְרָוחְבָּהּ אַרְבָּעָה.

Ils lui ont dit : de là, une preuve ? Parce qu'elle n'était pas profonde de dix tefahim, et sa largeur de quatre.

📜 Rachi (1)
שֶׁלֹּא הָיְתָה עֲמֻוקָּה י' אוֹ לֹא הָיְתָה רְחָבָה ד' דְּלָא חֲשִׁיב פָּחוֹת מִד' לְמֶיהֱוֵי רְשׁוּתָא לְנַפְשֵׁיהּ:
Elle n'était pas profonde de dix : ou bien elle n'était pas large de quatre. Moins de quatre ne compte pas pour être un domaine à part.
💡 Explication

L'aqueduc d'Avel n'avait pas la mesure d'un domaine à part. Rachi lit les deux manques : ou bien moins de dix de profondeur, ou bien moins de quatre de largeur. En dessous de quatre, cela ne compte pas comme un domaine pour soi.

14
תַּנְיָא אִידָךְ: אַמַּת הַמַּיִם הָעוֹבֶרֶת בֵּין הַחַלּוֹנוֹת, פָּחוֹת מִשְּׁלֹשָׁה — מְשַׁלְשֵׁל דְּלִי וּמְמַלֵּא. שְׁלֹשָׁה — אֵין מְשַׁלְשֵׁל דְּלִי וּמְמַלֵּא. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: פָּחוֹת מֵאַרְבָּעָה — מְשַׁלְשֵׁל דְּלִי וּמְמַלֵּא, אַרְבָּעָה — אֵין מְשַׁלְשֵׁל דְּלִי וּמְמַלֵּא.

On enseigne dans une autre baraïta : un aqueduc qui passe entre les fenêtres. Moins de trois : on descend un seau et l'on puise.

Trois : on ne descend pas un seau et l'on ne puise pas. Rabban Chimon ben Gamliel dit : moins de quatre, on descend un seau et l'on puise.

Quatre : on ne descend pas un seau et l'on ne puise pas.

📜 Rachi (2)
בֵּין הַחַלּוֹנוֹת לַמָּבוֹי אוֹ לֶחָצֵר וּבָתִּים מִכָּאן וּמִכָּאן עַל שְׂפָתוֹ וְחַלּוֹנוֹת פִּתּוּחִין לָהֶן לְמַלֹּאות:
Entre les fenêtres : vers un mavoi ou vers une cour, des maisons de part et d'autre sur son bord, et des fenêtres ouvertes sur elles pour puiser.
פָּחוֹת מִג' מְפָרֵשׁ וְאָזֵיל בְּמַאי קָאָמַר:
Moins de trois : il va expliquer de quoi il parle.
💡 Explication

L'aqueduc passe entre des fenêtres, vers un mavoi ou une cour, des maisons sur ses deux bords. On descend le seau depuis la fenêtre.

Les Sages coupent à trois. Rabban Chimon ben Gamliel coupe à quatre. Rachi : la guemara va dire de quoi est cette mesure.

15
בְּמַאי עָסְקִינַן? אִילֵּימָא: בְּאַמַּת הַמַּיִם גּוּפָהּ, וְאֶלָּא הָא דְּכִי אֲתָא רַב דִּימִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אֵין כַּרְמְלִית פְּחוּתָה מֵאַרְבָּעָה —

De quoi s'agit-il ? Si tu dis : de l'aqueduc lui-même.

Mais alors, ceci : quand Rav Dimi est venu, il a dit que Rabbi Yo'hanan a dit : un karmelit ne descend pas en dessous de quatre.

📜 Rachi (2)
בְּמַאי עָסְקִינַן הַאי שִׁיעוּרָא דָּג' וְד':
De quoi s'agit-il : cette mesure de trois et de quatre.
אִי נֵימָא בְּרֹוחַב אַמַּת הַמַּיִם דְּקָאָמַר ת"ק ג' רֹוחַב הָוְיָא כַּרְמְלִית וְאֵין מְמַלְּאִין מִמֶּנָּה לרה"י:
Si tu dis, de la largeur de l'aqueduc : le premier tanna dit qu'une largeur de trois est un karmelit, et l'on n'en puise pas vers le domaine privé.
💡 Explication

Première lecture : trois et quatre seraient la largeur de l'aqueduc. Le premier tanna appellerait karmelit une largeur de trois, et l'on n'en puiserait pas vers le domaine privé.

Rav Dimi au nom de Rabbi Yo'hanan : un karmelit a au moins quatre. La phrase s'arrête ici. Le segment suivant demande si cet enseignement est une discussion de tannaïm.

16
לֵימָא כְּתַנָּאֵי אַמְרַהּ לִשְׁמַעְתֵּיהּ?

Dirons-nous qu'il a énoncé son enseignement selon une discussion de tannaïm ?

📜 Rachi (1)
לֵימָא כְתַנָּאֵי אֲמָרָהּ דְּהָא רַבָּנַן בַּג' רֹוחַב קָרוּ לָהּ כַּרְמְלִית (וְאֵין מְמַלְּאִין מִמֶּנָּה ברה"י):
Dirons-nous qu'il l'a énoncé selon une discussion de tannaïm : car les Sages appellent karmelit une largeur de trois, et l'on n'en puise pas dans le domaine privé.
💡 Explication

Si les Sages de la baraïta appellent karmelit une largeur de trois, l'enseignement de Rav Dimi, le minimum de quatre, serait l'objet d'une discussion de tannaïm, et non une halakha unanime.

17
אֶלָּא בַּאֲגַפֶּיהָ, וּלְהַחֲלִיף.

Mais des berges, et pour échanger.

📜 Rachi (1)
אֶלָּא בַּאֲגַפֶּיהָ וּלְהַחֲלִיף דְּיֵשׁ בָּאַמָּה שִׁיעוּר כַּרְמְלִית וְהָכָא בְּשֶׁיֵּשׁ לָהּ אַגַּפַּיִם גְּבוֹהִים וּמְהַנֵּי לְמֶיהֱוֵי הָנָךְ אַגַּפַּיִם מְקוֹם פָּטוּר כִּי לֵית לְהוּ רֹוחַב ג' וּמְשַׁלְשְׁלִין אֶת הַדְּלִי וּמַנִּיחוֹ עַל אַגַּפַּיִם וּמִשָּׁם מַחֲלִיפוֹ לָאַמָּה וּמְמַלְּאֵהוּ וְחוֹזֵר וּמַנִּיחוֹ עַל אַגַּפַּיִם וּמִשֶּׁמַּחֲלִיפוֹ לרה"י דְּהַשְׁתָּא מְהַנֵּי אַגַּפַּיִם לְהַחֲלִיף הַמַּשּׂאוֹי מִכַּרְמְלִית לרה"י וּמֵרְשׁוּת הַיָּחִיד לְכַרְמְלִית וְקָאָמְרִי רַבָּנָן דְּאִי אִית בְּהוּ רֹוחַב ג' תּוּ לָא הָוֵי מְקוֹם פָּטוּר אֶלָּא רְשׁוּתָא בְּאַנְפֵּי נַפְשֵׁיהּ וְלָא בְּטִיל לְהָכָא וּלְהָכָא:
Mais des berges, et pour échanger : l'aqueduc a la mesure d'un karmelit, et ici il a des berges hautes. Ces berges valent comme lieu exempt quand elles n'ont pas une largeur de trois. On descend le seau, on le pose sur les berges, de là on l'échange vers l'aqueduc, on le remplit, on le repose sur les berges, et de là on l'échange vers le domaine privé. Les berges servent alors à échanger la charge du karmelit vers le domaine privé, et du domaine privé vers le karmelit. Et les Sages disent : s'il y a en elles une largeur de trois, le lieu exempt a cessé : elles sont un domaine à part, et elles ne s'annulent ni d'un côté ni de l'autre.
💡 Explication

La guemara quitte la largeur de l'aqueduc. L'aqueduc a déjà la mesure d'un karmelit. Trois ou quatre visent ses agapim, les berges hautes, et l'acte d'échanger le seau.

Berge de moins de trois : makom patour, lieu exempt. On pose le seau vide sur la berge, on l'échange vers l'aqueduc, on le remplit, on le repose sur la berge, on l'échange vers le domaine privé. À trois, les Sages : la berge est un domaine à part. Elle ne s'annule plus d'aucun des deux côtés.

🖼️ Schéma
Le seau passe par les berges La mesure de trois ou de quatre vise les berges, pour échanger. fenêtre domaine privé berge, moins de 3 lieu exempt aqueduc karmelit seau vide vers l'eau, seau plein vers la fenêtre À trois, selon les Sages, la berge est un domaine à part. Elle ne s'annule plus ni vers la fenêtre, ni vers l'aqueduc. Rabban Chimon ben Gamliel porte cette mesure à quatre.
Fenêtre, berge, aqueduc. Le seau s'arrête sur la berge pour changer de domaine.
18
וְהָא כִּי אֲתָא רַב דִּימִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מָקוֹם שֶׁאֵין בּוֹ אַרְבָּעָה עַל אַרְבָּעָה — מֻותָּר לִבְנֵי רְשׁוּת הַיָּחִיד וְלִבְנֵי רְשׁוּת הָרַבִּים לְכַתֵּף עָלָיו, וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יַחֲלִיפוּ.

Or quand Rav Dimi est venu, il a dit que Rabbi Yo'hanan a dit : un endroit qui n'a pas quatre sur quatre, il est permis aux gens du domaine privé et aux gens du domaine public d'y ajuster leur charge sur l'épaule, à condition qu'ils n'échangent pas.

📜 Rachi (1)
וְהָא כִּי אֲתָא רַב דִּימִי גּוּפֵיהּ אָמַר וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יַחֲלִיפוּ דֶּרֶךְ מָקוֹם פָּטוּר דְּהָא כֵּיוָן דְּאָמְרִינַן מֻותָּר לְאֵלּוּ וּלְאֵלּוּ לְכַתֵּף עָלָיו מְקוֹם פָּטוּר חֲשִׁיב לֵיהּ וְקָאָמַר לֹא יַחֲלִיפוּ:
Or quand Rav Dimi lui-même est venu, il a dit : à condition qu'ils n'échangent pas, par le chemin d'un lieu exempt. Puisque l'on dit qu'il est permis aux uns et aux autres d'y ajuster la charge, il le compte comme un lieu exempt, et il dit : qu'ils n'échangent pas.
⚖️ Rosh (1)
גְּמ' תָּנוּ רַבָּנַן כֻּולּוֹ לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה וּמִקְצָתוֹ בְּתוֹךְ עֲשָׂרָה כֻּולּוֹ בְּתוֹךְ עֲשָׂרָה וּמִקְצָתוֹ לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה מְעָרְבִין שְׁנַיִם. וְאִם רָצוּ מְעָרְבִין אֶחָד. וְאִי חַלּוֹן עָגֹול הוּא צָרִיךְ שֶׁיְּהֵא בְּהֶיקֵּפוֹ שַׁבְסַר נְכֵי חוּמְשָׁא. דְּקַיְימָא לָן כֹּל שֶׁיֵּשׁ בְּהֶיקֵּפוֹ שְׁלֹשָׁה טְפָחִים יֵשׁ בּוֹ רֹוחַב טֶפַח. הִלְכָּךְ בָּעֵינַן לְמֶיהֱוֵי הֶיקֵּף דְּהַאי חַלּוֹן שַׁבְסַר נְכֵי חוּמְשָׁא כִּי הֵיכִי דְּנֶיהֱוֵי בֵּיהּ רֹוחַב חֲמִשָּׁה טְפָחִים וּשְׁלֹשָׁה חֻומְשֵׁי טֶפַח. דְּכִי בְּצָרַת מִינֵּיהּ תַּמְנֵי חֻומְשֵׁי דְּאִינּוּן תְּרֵי חֻומְשֵׁי מִכָּל טֶפַח דְּאַרְבָּעָה טְפָחִים דקי"ל כָּל אַמְּתָא בְּרִיבּוּעָא אַמְּתָא וּתְרֵי חֻומְשֵׁי בַּאֲלַכְסוֹנָא הָוֵי רֹוחַב הַחַלּוֹן בְּרִיבּוּעַ אַרְבָּעָה עַל אַרְבָּעָה לֹא פָּחוֹת וְלֹא יוֹתֵר: פָּחוֹת מֵאַרְבָּעָה וְכוּ'. אָמַר רַב נַחְמָן ל"ש אֶלָּא חַלּוֹן שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת. אֲבָל חַלּוֹן שֶׁבֵּין שְׁנֵי בָּתִּים אֲפִילּוּ לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה נָמֵי אִם רָצוּ מְעָרְבִין אֶחָד. מַאי טַעְמָא. בֵּיתָא כְּמַאן דִּמְלֵי דָּמֵי. וְכֵן הִלְכְתָא: בְּעָא מִינֵּיהּ רַבִּי אַבָּא מֵרַב נַחְמָן לוּל הַפָּתוּחַ מִן הַבַּיִת לַעֲלִיָּיה צָרִיךְ סֻולָּם קָבוּעַ לְהַתִּירוֹ אוֹ לֹא. כִּי אָמְרִינַן בֵּיתָא כְּמַאן דִּמְלֵי דָּמֵי הנ"מ מִן הַצַּד אֲבָל בָּאֶמְצַע לָא. אוֹ דִּלְמָא לָא שְׁנָא. אֲמַר לֵיהּ לָא צְרִיךְ. סְבוּר מִינָּה סֻולָּם קָבוּעַ הוּא דְּאֵין צָרִיךְ אֲבָל סֻולָּם עֲרַאי צָרִיךְ. אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב יוֹסֵף בַּר מִנְיוֹמֵי אָמַר רַב נַחְמָן אֶחָד סֻולָּם קָבוּעַ וְאֶחָד סֻולָּם עֲרַאי אֵין צָרִיךְ. כֹּותֶל שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת גָּבוֹהַּ עֲשָׂרָה וְרֹוחַב ד' מְעָרְבִין שְׁנַיִם וְאֵין מְעָרְבִין אֶחָד. הָיוּ בְּרֹאשׁוֹ פֵּירוֹת אֵלּוּ עוֹלִין מִכָּאן וְאוֹכְלִין וְאֵלּוּ עוֹלִין מִכָּאן וְאוֹכְלִין וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יוֹרִידוּ לְמַטָּה. נִפְרַץ הַכֹּותֶל עַד י' אַמּוֹת מְעָרְבִין שְׁנַיִם. וְאִם רָצוּ מְעָרְבִין אֶחָד מִפְּנֵי שֶׁהוּא כְּפֶתַח. יוֹתֵר מִכָּאן מְעָרְבִין אֶחָד וְאֵין מְעָרְבִין שְׁנַיִם. אֵין בּוֹ ד' מַאי. אָמַר רַב אֲוִיר שְׁתֵּי רְשׁוּיוֹת שׁוֹלְטוֹת בּוֹ וְלֹא יָזִיז בּוֹ אֲפִילּוּ כִּמְלֹא נִימָא. וְר' יוֹחָנָן אָמַר אֵלּוּ מַעֲלִין מִכָּאן וְאוֹכְלִין וְאֵלּוּ מַעֲלִין מִכָּאן וְאוֹכְלִין. וְהָא תְנַן הָיוּ בְּרֹאשׁוֹ פֵּירוֹת אֵלּוּ עוֹלִין מִכָּאן וְאוֹכְלִין וְאֵלּוּ עוֹלִין מִכָּאן וְאוֹכְלִין. עוֹלִין אֵין מַעֲלִין לָא. הָכִי קָאָמַר יֵשׁ בּוֹ אַרְבָּעָה עוֹלִין אֵין מַעֲלִין לָא אֵין בּוֹ אַרְבָּעָה אַפֵּי' מַעֲלִין. וְאַזְדָּא ר' יוֹחָנָן לְטַעְמֵיהּ דְּכִי אֲתָא רַב דִּימִי א"ר יוֹחָנָן מָקוֹם שֶׁאֵין בּוֹ אַרְבָּעָה עַל אַרְבָּעָה מֻותָּר לִבְנֵי רה"י וְלִבְנֵי רְשׁוּת הָרַבִּים לְכַתֵּף עָלָיו וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יַחֲלִיפוּ. הַאי דְּקָתָנֵי וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יוֹרִידוּ לְמַטָּה אוֹקְמָא בְּפֶרֶק כָּל גַּגּוֹת (עֵירוּבִין דַּף צב.) לְמַטָּה לַבָּתִּים אֲבָל לַחֲצֵירוֹת מוֹרִידִין דְּקַייְמָא לָן כר"ש דְּאָמַר גַּגּוֹת וַחֲצֵירוֹת וְקַרְפֵּיפוֹת כֻּולָּן רְשׁוּת אַחַת הֵן. וּדְאָמַר הָכָא וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יַחֲלִיפוּ אוֹקֵימְנָא בְּפֶרֶק כֵּיצַד מִשְׁתַּתְּפִין (עֵירוּבִין דַּף פז.) בִּרְשׁוּיוֹת דְּאוֹרָייְתָא כְּגוֹן רְשׁוּת הַיָּחִיד וּרְשׁוּת הָרַבִּים. אֲבָל בִּרְשׁוּיוֹת דְּרַבָּנָן כְּגוֹן כֹּותֶל שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת שֶׁגָּבוֹהַּ עֲשָׂרָה וְאֵין רֹוחַב אַרְבָּעָה מֻותָּר לְכַתֵּף וּלְהַחֲלִיף וְכֵן הֲלָכָה. אָמַר רַבָּה אָמַר בַּר רַב הוּנָא אָמַר רַב נַחְמָן כֹּותֶל שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת גָּבוֹהַּ עֲשָׂרָה טְפָחִים וְצִדּוֹ אֶחָד שָׁוֶה לָאָרֶץ. פִּי' נָמוּךְ מֵעֲשָׂרָה. נוֹתְנִין אוֹתוֹ לָזֶה שֶׁשָּׁוֶה לָאָרֶץ. מַאי טַעְמָא. מִשּׁוּם דְּהָוֵה לֵיהּ לָזֶה תַּשְׁמִישׁוֹ בְּנַחַת וְלָזֶה תַּשְׁמִישׁוֹ בְּקָשֶׁה וְכָל לָזֶה תַּשְׁמִישׁוֹ בְּנַחַת וְלָזֶה תַּשְׁמִישׁוֹ בְּקָשֶׁה נוֹתְנִין אוֹתוֹ לָזֶה שֶׁתַּשְׁמִישׁוֹ בְּנַחַת. אָמַר רַב שֵׁיזְבִי אָמַר רַב נַחְמָן חָרִיץ שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת עָמֹוק עֲשָׂרָה וְרֹוחַב אַרְבָּעָה וְצִדּוֹ אֶחָד שָׁוֶה לָאָרֶץ נוֹתְנִין אוֹתוֹ לָזֶה שֶׁשָּׁוֶה לָאָרֶץ דְּהָוֵה לֵיהּ לָזֶה תַּשְׁמִישׁוֹ בְּנַחַת. בָּא לְמַעֲטוֹ אִם יֵשׁ בְּמִיעוּטוֹ אַרְבָּעָה מִשְׁתַּמֵּשׁ בְּכָל הַכֹּותֶל. וְאִם לָאו אֵין מִשְׁתַּמֵּשׁ אֶלָּא כְּנֶגֶד הַמִּיעוּט. מַה נַפְשָׁךְ. אִי אַהֲנֵי מִיעוּטָא בְּכָל הַכֹּותֶל לִישְׁתַּמַּשׁ. וְאִי לָא אַהֲנֵי מִיעוּטָא אֲפִילּוּ כְּנֶגֶד הַמִּיעוּט לָא לִישְׁתַּמַּשׁ. אָמַר רַבָּנַאי כְּגוֹן שֶׁעָקַר חֻולְיָא מֵרֹאשׁוֹ. אֲבָל אִיצְטַבָּא וְאֵין בְּמִיעוּט אַרְבָּעָה אֲפִילּוּ כְּנֶגֶד הָאִיצְטַבָּא אֵין מִשְׁתַּמֵּשׁ שֶׁאֵין רָאוּי לַעֲמֹוד עַל הָאִיצְטַבָּא לְהִשְׁתַּמֵּשׁ כֵּיוָן דְּאֵין בּוֹ אַרְבָּעָה אֲבָל בִּמְקוֹם עֲקִירַת הַחֻולְיָא עוֹמֵד עַל הַקַּרְקַע וּמִשְׁתַּמֵּשׁ שָׁם. אָמַר רַב יְחִיאֵל כָּפָה סַפְסָל בְּצִדּוֹ שֶׁל כֹּותֶל אֲפִילּוּ אֵינוֹ גָּבוֹהַּ אֶלָּא חֲצִי טֶפַח מְמַעֵט. וְאַמַּאי דָּבָר הַנִּיטָּל בְּשַׁבָּת הוּא וְדָבָר הַנִּיטָּל בְּשַׁבָּת אֵין מְמַעֵט. וּמַסִּיק כְּגוֹן דְּחַבְרֵיהּ בְּטִינָא וּבָעֵי מָרָא וַחֲצִינָא:
Guemara. Nos maîtres ont enseigné : le tout au-dessus de dix et une partie dans les dix, le tout dans les dix et une partie au-dessus de dix : on fait deux erouv. Et s'ils veulent, ils font un seul. Et si la fenêtre est ronde, il faut que sa circonférence soit de dix-sept moins un cinquième. Car nous tenons : tout ce qui a une circonférence de trois tefahim a une largeur d'un tefah. Donc la circonférence de cette fenêtre doit être de dix-sept moins un cinquième, afin qu'il y ait en elle une largeur de cinq tefahim et trois cinquièmes de tefah. Car quand on en retranche huit cinquièmes, soit deux cinquièmes pour chaque tefah des quatre tefahim, et nous tenons que toute amma en carré fait une amma et deux cinquièmes en diagonale, la largeur de la fenêtre en carré est quatre sur quatre, ni en moins, ni en plus. Moins de quatre, et la suite. Rav Nahman a dit : on ne l'a dit que d'une fenêtre entre deux cours. Mais une fenêtre entre deux maisons, même au-dessus de dix, s'ils veulent, ils font aussi un seul erouv. Quelle est la raison ? Une maison compte comme remplie. Et ainsi est la halakha. Rabbi Abba a demandé à Rav Nahman : une trappe ouverte de la maison vers l'étage a-t-elle besoin d'une échelle fixe pour être permise, ou non ? Quand nous disons qu'une maison compte comme remplie, est-ce du côté, et au milieu autrement ? Ou bien, sans différence ? Il lui a dit : elle n'a pas besoin. On a compris de lui : une échelle fixe n'est pas exigée, une échelle provisoire l'est. Rav Yehouda a dit que Rav Yossef bar Minyomi a dit que Rav Nahman a dit : l'échelle fixe comme l'échelle provisoire n'est pas exigée. Un mur entre deux cours, haut de dix et large de quatre : on fait deux erouv, et l'on ne fait pas un seul. Il y avait des fruits à son sommet : ceux-ci montent de ce côté et mangent, ceux-là montent de ce côté et mangent, à condition qu'ils ne descendent pas en bas. Le mur a été percé jusqu'à dix amot : on fait deux erouv, et s'ils veulent ils font un seul, parce qu'il est comme une ouverture. Au-delà : on fait un seul, et l'on ne fait pas deux. S'il n'a pas quatre, qu'en est-il ? Rav a dit : l'air de deux domaines le régit, et l'on n'y déplace même pas l'épaisseur d'un cheveu. Et Rabbi Yo'hanan a dit : ceux-ci font monter de ce côté et mangent, ceux-là font monter de ce côté et mangent. Or on enseigne : il y avait des fruits à son sommet, ceux-ci montent de ce côté et mangent, ceux-là montent de ce côté et mangent. Monter, oui. Faire monter, non. Voici ce qu'il dit : s'il a quatre, monter, oui, faire monter, non. S'il n'a pas quatre, même faire monter. Et Rabbi Yo'hanan va selon sa logique. Car quand Rav Dimi est venu, Rabbi Yo'hanan a dit : un endroit qui n'a pas quatre sur quatre, il est permis aux gens du domaine privé et aux gens du domaine public d'y ajuster leur charge, à condition qu'ils n'échangent pas. Ce que l'on enseigne, à condition qu'ils ne descendent pas en bas, nous l'avons établi au chapitre Kol gagot (Eruvin 92a) : en bas, vers les maisons. Mais vers les cours, on descend. Car nous tenons comme Rabbi Chimon, qui a dit : toits, cours et enclos sont tous un seul domaine. Et ce qu'il dit ici, à condition qu'ils n'échangent pas, nous l'avons établi au chapitre Keitsad mishtatfin (Eruvin 87a), dans des domaines de la Torah, comme le domaine privé et le domaine public. Mais dans des domaines rabbiniques, comme un mur entre deux cours, haut de dix et sans largeur de quatre, il est permis d'ajuster la charge et d'échanger. Et ainsi est la halakha. Rabba a dit que bar Rav Houna a dit que Rav Nahman a dit : un mur entre deux cours, haut de dix tefahim, et l'un de ses côtés est au niveau du sol. Explication : plus bas que dix. On le donne à celui pour qui il est au niveau du sol. Quelle est la raison ? Pour celui-ci l'usage est aisé, pour celui-là l'usage est pénible. Et chaque fois que pour l'un l'usage est aisé et pour l'autre l'usage est pénible, on le donne à celui dont l'usage est aisé. Rav Shizbi a dit que Rav Nahman a dit : un fossé entre deux cours, profond de dix et large de quatre, et l'un de ses côtés est au niveau du sol : on le donne à celui pour qui il est au niveau du sol, car pour lui l'usage est aisé. S'il vient à le diminuer : s'il y a quatre dans la diminution, il se sert de tout le mur. Sinon, il ne se sert que vis-à-vis de la diminution. De toute façon : si la diminution sert pour tout le mur, qu'il s'en serve. Si la diminution ne sert pas, même vis-à-vis de la diminution, qu'il ne s'en serve pas. Ravnai a dit : par exemple, il a retiré une assise de son sommet. Mais une banquette : s'il n'y a pas quatre dans la diminution, même vis-à-vis de la banquette il ne se sert pas, car on ne peut se tenir sur la banquette pour s'en servir, puisqu'elle n'a pas quatre. À l'endroit où l'assise a été retirée, il se tient sur le sol et il s'en sert là. Rav Yehiel a dit : s'il a renversé un banc à côté du mur, même s'il n'est haut que d'un demi-tefah, cela diminue. Et pourquoi ? C'est une chose que l'on prend le Chabbat, et une chose que l'on prend le Chabbat ne diminue pas. Et l'on conclut : par exemple, il l'a joint avec de l'argile, et il faut une pioche et une hachette.
💡 Explication

Difficulté. Rav Dimi au nom de Rabbi Yo'hanan : moins de quatre sur quatre est un lieu exempt. Les gens du domaine privé et ceux du domaine public peuvent y ajuster leur charge. Ils ne peuvent pas échanger un objet de l'un à l'autre par ce lieu.

Comment le seau passerait-il alors de la fenêtre à l'aqueduc par les berges ? Le Roch, sur ce segment, reprend d'abord les règles de la fenêtre et du mur entre deux cours, puis il fixe : l'interdit d'échanger vise les domaines de la Torah.

19
הָתָם רְשׁוּיוֹת דְּאוֹרָיְיתָא,

Là-bas, ce sont des domaines de la Torah.

📜 Rachi (1)
הָתָם רְשׁוּיוֹת דְּאוֹרָיְיתָא רְשׁוּת הַיָּחִיד וְרַבִּים אִיסּוּרָא דְּאוֹרָייְתָא לְהוֹצִיא מִזֶּה לָזֶה אִשְׁתְּכַח דְּמִתְעַבְדָא אִיסּוּרָא דְּאוֹרָייְתָא דֶּרֶךְ מְקוֹם פָּטוּר אֲבָל מִכַּרְמְלִית לרה"י רְשׁוּיוֹת דְּרַבָּנָן וּמַחֲלִיפִין דֶּרֶךְ מְקוֹם פָּטוּר ואע"ג דַּחֲשִׁיב רַב דִּימֵי מְקוֹם פָּטוּר בְּפָחוֹת מֵאַרְבָּעָה וְהָכָא קָאָמְרִי רַבָּנָן דִּשְׁלֹשָׁה לָא הָוֵי מְקוֹם פְּטוֹר לֵיכָּא לְמֵימַר דְּהָא שְׁמַעְתָּא בָּתְרָיְיתָא דְּרַב דִּימֵי כְּתַנָּאֵי אֲמָרָהּ דְּאִיכָּא לְמֵימַר דְּגַבֵּי רְשׁוּיוֹת דְּאוֹרָייְתָא דַּחֲשִׁיבִי הָוֵי פָּחוֹת מד' הַסָּמוּךְ לְהוּ בָּטֵל אֶצְלָן אֲבָל לְגַבֵּי כַּרְמְלִית לָא בְּטִיל מִכִּי הָוֵי רֹוחַב שְׁלֹשָׁה:
Là-bas, des domaines de la Torah : le domaine privé et le public. L'interdit d'en sortir de l'un à l'autre est de la Torah. Il se trouve qu'un interdit de la Torah s'accomplit par le chemin d'un lieu exempt. Mais du karmelit au domaine privé, ce sont des domaines rabbiniques, et l'on échange par le chemin d'un lieu exempt. Et bien que Rav Dimi compte un lieu exempt en dessous de quatre, et qu'ici les Sages disent que trois ne sont pas un lieu exempt, on ne dira pas que ce dernier enseignement de Rav Dimi a été énoncé selon une discussion de tannaïm. Car on peut dire : pour des domaines de la Torah, qui comptent, moins de quatre attenant à eux s'annule auprès d'eux. Mais pour un karmelit, dès qu'il y a une largeur de trois, cela ne s'annule plus.
⚖️ Rosh (1)
גְּמ' תָּנוּ רַבָּנַן כֻּולּוֹ לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה וּמִקְצָתוֹ בְּתוֹךְ עֲשָׂרָה כֻּולּוֹ בְּתוֹךְ עֲשָׂרָה וּמִקְצָתוֹ לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה מְעָרְבִין שְׁנַיִם. וְאִם רָצוּ מְעָרְבִין אֶחָד. וְאִי חַלּוֹן עָגֹול הוּא צָרִיךְ שֶׁיְּהֵא בְּהֶיקֵּפוֹ שַׁבְסַר נְכֵי חוּמְשָׁא. דְּקַיְימָא לָן כֹּל שֶׁיֵּשׁ בְּהֶיקֵּפוֹ שְׁלֹשָׁה טְפָחִים יֵשׁ בּוֹ רֹוחַב טֶפַח. הִלְכָּךְ בָּעֵינַן לְמֶיהֱוֵי הֶיקֵּף דְּהַאי חַלּוֹן שַׁבְסַר נְכֵי חוּמְשָׁא כִּי הֵיכִי דְּנֶיהֱוֵי בֵּיהּ רֹוחַב חֲמִשָּׁה טְפָחִים וּשְׁלֹשָׁה חֻומְשֵׁי טֶפַח. דְּכִי בְּצָרַת מִינֵּיהּ תַּמְנֵי חֻומְשֵׁי דְּאִינּוּן תְּרֵי חֻומְשֵׁי מִכָּל טֶפַח דְּאַרְבָּעָה טְפָחִים דקי"ל כָּל אַמְּתָא בְּרִיבּוּעָא אַמְּתָא וּתְרֵי חֻומְשֵׁי בַּאֲלַכְסוֹנָא הָוֵי רֹוחַב הַחַלּוֹן בְּרִיבּוּעַ אַרְבָּעָה עַל אַרְבָּעָה לֹא פָּחוֹת וְלֹא יוֹתֵר: פָּחוֹת מֵאַרְבָּעָה וְכוּ'. אָמַר רַב נַחְמָן ל"ש אֶלָּא חַלּוֹן שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת. אֲבָל חַלּוֹן שֶׁבֵּין שְׁנֵי בָּתִּים אֲפִילּוּ לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה נָמֵי אִם רָצוּ מְעָרְבִין אֶחָד. מַאי טַעְמָא. בֵּיתָא כְּמַאן דִּמְלֵי דָּמֵי. וְכֵן הִלְכְתָא: בְּעָא מִינֵּיהּ רַבִּי אַבָּא מֵרַב נַחְמָן לוּל הַפָּתוּחַ מִן הַבַּיִת לַעֲלִיָּיה צָרִיךְ סֻולָּם קָבוּעַ לְהַתִּירוֹ אוֹ לֹא. כִּי אָמְרִינַן בֵּיתָא כְּמַאן דִּמְלֵי דָּמֵי הנ"מ מִן הַצַּד אֲבָל בָּאֶמְצַע לָא. אוֹ דִּלְמָא לָא שְׁנָא. אֲמַר לֵיהּ לָא צְרִיךְ. סְבוּר מִינָּה סֻולָּם קָבוּעַ הוּא דְּאֵין צָרִיךְ אֲבָל סֻולָּם עֲרַאי צָרִיךְ. אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב יוֹסֵף בַּר מִנְיוֹמֵי אָמַר רַב נַחְמָן אֶחָד סֻולָּם קָבוּעַ וְאֶחָד סֻולָּם עֲרַאי אֵין צָרִיךְ. כֹּותֶל שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת גָּבוֹהַּ עֲשָׂרָה וְרֹוחַב ד' מְעָרְבִין שְׁנַיִם וְאֵין מְעָרְבִין אֶחָד. הָיוּ בְּרֹאשׁוֹ פֵּירוֹת אֵלּוּ עוֹלִין מִכָּאן וְאוֹכְלִין וְאֵלּוּ עוֹלִין מִכָּאן וְאוֹכְלִין וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יוֹרִידוּ לְמַטָּה. נִפְרַץ הַכֹּותֶל עַד י' אַמּוֹת מְעָרְבִין שְׁנַיִם. וְאִם רָצוּ מְעָרְבִין אֶחָד מִפְּנֵי שֶׁהוּא כְּפֶתַח. יוֹתֵר מִכָּאן מְעָרְבִין אֶחָד וְאֵין מְעָרְבִין שְׁנַיִם. אֵין בּוֹ ד' מַאי. אָמַר רַב אֲוִיר שְׁתֵּי רְשׁוּיוֹת שׁוֹלְטוֹת בּוֹ וְלֹא יָזִיז בּוֹ אֲפִילּוּ כִּמְלֹא נִימָא. וְר' יוֹחָנָן אָמַר אֵלּוּ מַעֲלִין מִכָּאן וְאוֹכְלִין וְאֵלּוּ מַעֲלִין מִכָּאן וְאוֹכְלִין. וְהָא תְנַן הָיוּ בְּרֹאשׁוֹ פֵּירוֹת אֵלּוּ עוֹלִין מִכָּאן וְאוֹכְלִין וְאֵלּוּ עוֹלִין מִכָּאן וְאוֹכְלִין. עוֹלִין אֵין מַעֲלִין לָא. הָכִי קָאָמַר יֵשׁ בּוֹ אַרְבָּעָה עוֹלִין אֵין מַעֲלִין לָא אֵין בּוֹ אַרְבָּעָה אַפֵּי' מַעֲלִין. וְאַזְדָּא ר' יוֹחָנָן לְטַעְמֵיהּ דְּכִי אֲתָא רַב דִּימִי א"ר יוֹחָנָן מָקוֹם שֶׁאֵין בּוֹ אַרְבָּעָה עַל אַרְבָּעָה מֻותָּר לִבְנֵי רה"י וְלִבְנֵי רְשׁוּת הָרַבִּים לְכַתֵּף עָלָיו וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יַחֲלִיפוּ. הַאי דְּקָתָנֵי וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יוֹרִידוּ לְמַטָּה אוֹקְמָא בְּפֶרֶק כָּל גַּגּוֹת (עֵירוּבִין דַּף צב.) לְמַטָּה לַבָּתִּים אֲבָל לַחֲצֵירוֹת מוֹרִידִין דְּקַייְמָא לָן כר"ש דְּאָמַר גַּגּוֹת וַחֲצֵירוֹת וְקַרְפֵּיפוֹת כֻּולָּן רְשׁוּת אַחַת הֵן. וּדְאָמַר הָכָא וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יַחֲלִיפוּ אוֹקֵימְנָא בְּפֶרֶק כֵּיצַד מִשְׁתַּתְּפִין (עֵירוּבִין דַּף פז.) בִּרְשׁוּיוֹת דְּאוֹרָייְתָא כְּגוֹן רְשׁוּת הַיָּחִיד וּרְשׁוּת הָרַבִּים. אֲבָל בִּרְשׁוּיוֹת דְּרַבָּנָן כְּגוֹן כֹּותֶל שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת שֶׁגָּבוֹהַּ עֲשָׂרָה וְאֵין רֹוחַב אַרְבָּעָה מֻותָּר לְכַתֵּף וּלְהַחֲלִיף וְכֵן הֲלָכָה. אָמַר רַבָּה אָמַר בַּר רַב הוּנָא אָמַר רַב נַחְמָן כֹּותֶל שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת גָּבוֹהַּ עֲשָׂרָה טְפָחִים וְצִדּוֹ אֶחָד שָׁוֶה לָאָרֶץ. פִּי' נָמוּךְ מֵעֲשָׂרָה. נוֹתְנִין אוֹתוֹ לָזֶה שֶׁשָּׁוֶה לָאָרֶץ. מַאי טַעְמָא. מִשּׁוּם דְּהָוֵה לֵיהּ לָזֶה תַּשְׁמִישׁוֹ בְּנַחַת וְלָזֶה תַּשְׁמִישׁוֹ בְּקָשֶׁה וְכָל לָזֶה תַּשְׁמִישׁוֹ בְּנַחַת וְלָזֶה תַּשְׁמִישׁוֹ בְּקָשֶׁה נוֹתְנִין אוֹתוֹ לָזֶה שֶׁתַּשְׁמִישׁוֹ בְּנַחַת. אָמַר רַב שֵׁיזְבִי אָמַר רַב נַחְמָן חָרִיץ שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת עָמֹוק עֲשָׂרָה וְרֹוחַב אַרְבָּעָה וְצִדּוֹ אֶחָד שָׁוֶה לָאָרֶץ נוֹתְנִין אוֹתוֹ לָזֶה שֶׁשָּׁוֶה לָאָרֶץ דְּהָוֵה לֵיהּ לָזֶה תַּשְׁמִישׁוֹ בְּנַחַת. בָּא לְמַעֲטוֹ אִם יֵשׁ בְּמִיעוּטוֹ אַרְבָּעָה מִשְׁתַּמֵּשׁ בְּכָל הַכֹּותֶל. וְאִם לָאו אֵין מִשְׁתַּמֵּשׁ אֶלָּא כְּנֶגֶד הַמִּיעוּט. מַה נַפְשָׁךְ. אִי אַהֲנֵי מִיעוּטָא בְּכָל הַכֹּותֶל לִישְׁתַּמַּשׁ. וְאִי לָא אַהֲנֵי מִיעוּטָא אֲפִילּוּ כְּנֶגֶד הַמִּיעוּט לָא לִישְׁתַּמַּשׁ. אָמַר רַבָּנַאי כְּגוֹן שֶׁעָקַר חֻולְיָא מֵרֹאשׁוֹ. אֲבָל אִיצְטַבָּא וְאֵין בְּמִיעוּט אַרְבָּעָה אֲפִילּוּ כְּנֶגֶד הָאִיצְטַבָּא אֵין מִשְׁתַּמֵּשׁ שֶׁאֵין רָאוּי לַעֲמֹוד עַל הָאִיצְטַבָּא לְהִשְׁתַּמֵּשׁ כֵּיוָן דְּאֵין בּוֹ אַרְבָּעָה אֲבָל בִּמְקוֹם עֲקִירַת הַחֻולְיָא עוֹמֵד עַל הַקַּרְקַע וּמִשְׁתַּמֵּשׁ שָׁם. אָמַר רַב יְחִיאֵל כָּפָה סַפְסָל בְּצִדּוֹ שֶׁל כֹּותֶל אֲפִילּוּ אֵינוֹ גָּבוֹהַּ אֶלָּא חֲצִי טֶפַח מְמַעֵט. וְאַמַּאי דָּבָר הַנִּיטָּל בְּשַׁבָּת הוּא וְדָבָר הַנִּיטָּל בְּשַׁבָּת אֵין מְמַעֵט. וּמַסִּיק כְּגוֹן דְּחַבְרֵיהּ בְּטִינָא וּבָעֵי מָרָא וַחֲצִינָא:
Guemara. Nos maîtres ont enseigné : le tout au-dessus de dix et une partie dans les dix, le tout dans les dix et une partie au-dessus de dix : on fait deux erouv. Et s'ils veulent, ils font un seul. Et si la fenêtre est ronde, il faut que sa circonférence soit de dix-sept moins un cinquième. Car nous tenons : tout ce qui a une circonférence de trois tefahim a une largeur d'un tefah. Donc la circonférence de cette fenêtre doit être de dix-sept moins un cinquième, afin qu'il y ait en elle une largeur de cinq tefahim et trois cinquièmes de tefah. Car quand on en retranche huit cinquièmes, soit deux cinquièmes pour chaque tefah des quatre tefahim, et nous tenons que toute amma en carré fait une amma et deux cinquièmes en diagonale, la largeur de la fenêtre en carré est quatre sur quatre, ni en moins, ni en plus. Moins de quatre, et la suite. Rav Nahman a dit : on ne l'a dit que d'une fenêtre entre deux cours. Mais une fenêtre entre deux maisons, même au-dessus de dix, s'ils veulent, ils font aussi un seul erouv. Quelle est la raison ? Une maison compte comme remplie. Et ainsi est la halakha. Rabbi Abba a demandé à Rav Nahman : une trappe ouverte de la maison vers l'étage a-t-elle besoin d'une échelle fixe pour être permise, ou non ? Quand nous disons qu'une maison compte comme remplie, est-ce du côté, et au milieu autrement ? Ou bien, sans différence ? Il lui a dit : elle n'a pas besoin. On a compris de lui : une échelle fixe n'est pas exigée, une échelle provisoire l'est. Rav Yehouda a dit que Rav Yossef bar Minyomi a dit que Rav Nahman a dit : l'échelle fixe comme l'échelle provisoire n'est pas exigée. Un mur entre deux cours, haut de dix et large de quatre : on fait deux erouv, et l'on ne fait pas un seul. Il y avait des fruits à son sommet : ceux-ci montent de ce côté et mangent, ceux-là montent de ce côté et mangent, à condition qu'ils ne descendent pas en bas. Le mur a été percé jusqu'à dix amot : on fait deux erouv, et s'ils veulent ils font un seul, parce qu'il est comme une ouverture. Au-delà : on fait un seul, et l'on ne fait pas deux. S'il n'a pas quatre, qu'en est-il ? Rav a dit : l'air de deux domaines le régit, et l'on n'y déplace même pas l'épaisseur d'un cheveu. Et Rabbi Yo'hanan a dit : ceux-ci font monter de ce côté et mangent, ceux-là font monter de ce côté et mangent. Or on enseigne : il y avait des fruits à son sommet, ceux-ci montent de ce côté et mangent, ceux-là montent de ce côté et mangent. Monter, oui. Faire monter, non. Voici ce qu'il dit : s'il a quatre, monter, oui, faire monter, non. S'il n'a pas quatre, même faire monter. Et Rabbi Yo'hanan va selon sa logique. Car quand Rav Dimi est venu, Rabbi Yo'hanan a dit : un endroit qui n'a pas quatre sur quatre, il est permis aux gens du domaine privé et aux gens du domaine public d'y ajuster leur charge, à condition qu'ils n'échangent pas. Ce que l'on enseigne, à condition qu'ils ne descendent pas en bas, nous l'avons établi au chapitre Kol gagot (Eruvin 92a) : en bas, vers les maisons. Mais vers les cours, on descend. Car nous tenons comme Rabbi Chimon, qui a dit : toits, cours et enclos sont tous un seul domaine. Et ce qu'il dit ici, à condition qu'ils n'échangent pas, nous l'avons établi au chapitre Keitsad mishtatfin (Eruvin 87a), dans des domaines de la Torah, comme le domaine privé et le domaine public. Mais dans des domaines rabbiniques, comme un mur entre deux cours, haut de dix et sans largeur de quatre, il est permis d'ajuster la charge et d'échanger. Et ainsi est la halakha. Rabba a dit que bar Rav Houna a dit que Rav Nahman a dit : un mur entre deux cours, haut de dix tefahim, et l'un de ses côtés est au niveau du sol. Explication : plus bas que dix. On le donne à celui pour qui il est au niveau du sol. Quelle est la raison ? Pour celui-ci l'usage est aisé, pour celui-là l'usage est pénible. Et chaque fois que pour l'un l'usage est aisé et pour l'autre l'usage est pénible, on le donne à celui dont l'usage est aisé. Rav Shizbi a dit que Rav Nahman a dit : un fossé entre deux cours, profond de dix et large de quatre, et l'un de ses côtés est au niveau du sol : on le donne à celui pour qui il est au niveau du sol, car pour lui l'usage est aisé. S'il vient à le diminuer : s'il y a quatre dans la diminution, il se sert de tout le mur. Sinon, il ne se sert que vis-à-vis de la diminution. De toute façon : si la diminution sert pour tout le mur, qu'il s'en serve. Si la diminution ne sert pas, même vis-à-vis de la diminution, qu'il ne s'en serve pas. Ravnai a dit : par exemple, il a retiré une assise de son sommet. Mais une banquette : s'il n'y a pas quatre dans la diminution, même vis-à-vis de la banquette il ne se sert pas, car on ne peut se tenir sur la banquette pour s'en servir, puisqu'elle n'a pas quatre. À l'endroit où l'assise a été retirée, il se tient sur le sol et il s'en sert là. Rav Yehiel a dit : s'il a renversé un banc à côté du mur, même s'il n'est haut que d'un demi-tefah, cela diminue. Et pourquoi ? C'est une chose que l'on prend le Chabbat, et une chose que l'on prend le Chabbat ne diminue pas. Et l'on conclut : par exemple, il l'a joint avec de l'argile, et il faut une pioche et une hachette.
💡 Explication

Réponse, coupée à la virgule. Là-bas, Rav Dimi parle du domaine privé et du domaine public : sortir de l'un à l'autre est un interdit de la Torah. Le faire par un lieu exempt reste donc grave.

Du karmelit au domaine privé, les domaines sont rabbiniques : on échange par le lieu exempt. Rachi ajoute : près de domaines de la Torah, qui comptent, moins de quatre attenant s'annule auprès d'eux. Auprès d'un karmelit, dès une largeur de trois, cela ne s'annule plus. La suite du daf dira : ici, des domaines rabbiniques.

🖼️ Schéma
Où l'échange est interdit La fin du daf. La suite dira : ici, des domaines rabbiniques. Là-bas : Rav Dimi Ici : l'aqueduc Domaines de la Torah privé et public On ajuste la charge sur le lieu exempt. On n'échange pas. Domaines rabbiniques karmelit et privé Le lieu exempt sert à échanger le seau.
Rav Dimi vise le privé et le public. L'aqueduc vise le karmelit et le privé.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).