Megillah 32a — Les égards dus au sefer torah : bénir sur un rouleau ouvert, le rouler et le serrer, et la takkana de Moche sur le sujet du jour

Megillah 32a

Sougya : Le folio s'ouvre sur la fin de la discussion précédente : Rabbi Zeira a énoncé la halakha en toutes lettres plutôt que de dire simplement « la halakha est comme Rabbi Yehouda », parce que certaines versions inversent les deux noms. Vient ensuite une baraita du même type sur la bénédiction de la Torah : Rabbi Meir fait fermer le rouleau avant de bénir, par la raison d'Oulla — que l'on ne dise pas que les bénédictions sont écrites dans la Torah, de même que le lecteur n'aide pas le metourgueman pour que l'on ne dise pas que le targoum y est écrit ; Rabbi Yehouda fait bénir sur le rouleau ouvert, et la halakha suit son avis.

Le reste du folio rassemble les égards matériels dus au sefer torah : les lou'hot et les bimot n'ont pas de sainteté, on arrête le rouleau sur la couture, on le roule par l'extérieur et on le serre par l'intérieur, le plus grand des dix roule et reçoit une récompense égale à celle de tous, on ne tient pas le rouleau à nu, et l'on roule l'étoffe autour du rouleau. S'y intercalent trois enseignements de Rabbi Chéfatia au nom de Rabbi Yo'hanan sur la bat kol, sur la lecture chantée, et l'objection d'Abaye qui réoriente le verset d'Yé'hezkel vers deux talmide hakhamim d'une même ville qui ne s'accordent pas dans la halakha.

Le traité s'achève sur la michna : Moche a institué que l'on interroge et que l'on expose, à chaque fête, le sujet du jour.

La bénédiction de la Torah : rouleau fermé ou rouleau ouvert ? Toute la divergence porte sur ce que le public pourrait croire en voyant le lecteur bénir. Rabbi Meir 1. il ouvre et repère le passage 2. il roule, le rouleau est fermé 3. il bénit 4. il rouvre et lit Raison d'Oulla : que l'on ne dise pas que les bénédictions sont écrites dans la Torah Rabbi Yehouda 1. il ouvre et repère le passage 2. il bénit, rouleau ouvert 3. il lit Le targoum prête à méprise ; pour les bénédictions, tout le monde sait qu'elles ne sont pas écrites là Nafka mina Deux gestes de plus à chaque monte : fermer le rouleau avant la bénédiction, le rouvrir après. Halakha — Rabbi Zeira au nom de Rav Matna Il ouvre, regarde, bénit et lit. La formule est donnée en toutes lettres, car certaines versions inversent les deux noms.
La baraita du début du folio et la halakha tranchée par Rabbi Zeira au nom de Rav Matna.
Les gestes du rouleau — Rabbi Chéfatia au nom de Rabbi Yo'hanan Trois règles pratiques, chacune fondée sur un dommage précis que l'on veut éviter. 1. On arrête le rouleau sur la couture feuille feuille feuille feuille coutures On ferme le rouleau en face d'une couture : si l'on serre trop fort, la couture cède la première et l'écriture reste intacte. 2. Rouler : par l'extérieur rouleau extérieur rouleau intérieur lecteur Il tourne vers lui le rouleau éloigné. En sens inverse, le rouleau extérieur se déroulerait et tomberait à terre. 3. Serrer : par l'intérieur rouleau extérieur rouleau intérieur lecteur Il saisit le rouleau proche de lui : ses bras ne passent pas au-dessus du texte, que le public a mitsva de voir.
Les trois règles de manipulation du sefer torah énoncées par Rabbi Chéfatia au nom de Rabbi Yohanan.
Carte du folio : de la bénédiction à la clôture du traité Baraita et halakha Rabbi Meir ferme le rouleau pour bénir, Rabbi Yehouda bénit sur le rouleau ouvert ; la halakha suit Rabbi Yehouda. Rabbi Zeira au nom de Rav Matna Les lou'hot et les bimot n'ont pas de sainteté. Rabbi Chéfatia au nom de Rabbi Yo'hanan — cinq enseignements 1. On arrête le rouleau sur la couture. 2. On roule par l'extérieur, on serre par l'intérieur. 3. Sur dix qui ont lu, le plus grand roule et reçoit une récompense égale à celle de tous. 4. On peut se servir d'une bat kol — Yechayahou 30, 21. 5. Lire sans mélodie et étudier sans chant — Yé'hezkel 20, 25 ; Abaye applique le verset à la dispute entre maîtres. Rabbi Parna'kh au nom de Rabbi Yo'hanan Tenir le sefer torah a nu : il perd la récompense de la mitsva accomplie à cet instant. Rabbi Yannai On roule l'étoffe autour du rouleau et l'on évite de rouler le rouleau dans l'étoffe. Michna et clôture Moche a institué que l'on interroge et que l'on expose le sujet du jour, fête par fête. Hadran alakh Bnei haïr.
L'enchaînement du folio, depuis la bénédiction de la Torah jusqu'à la dernière michna du traité.
1
מִשּׁוּם דְּאָפְכִי לְהוּ.

Parce que certains les inversent.

📜 Rachi (1)
מִשּׁוּם דְּאָפְכִי לְהוּ דְּרַבִּי מֵאִיר לִדְרַבִּי יְהוּדָה וּדְרַבִּי יְהוּדָה לִדְרַבִּי מֵאִיר:
Ils rapportent au nom de Rabbi Yehouda ce qui est de Rabbi Meir, et au nom de Rabbi Meir ce qui est de Rabbi Yehouda.
💡 Explication

Fin de la discussion ouverte au verso précédent. Rabbi Zeira y a fixé la halakha sur l'endroit où l'on reprend la lecture, et la guemara a demandé pourquoi il n'a pas dit simplement halakha comme Rabbi Yehouda. Réponse : les deux noms circulent en ordre inverse selon les versions de la baraita, de sorte qu'une halakha énoncée par le nom du maître serait restée équivoque. Rabbi Zeira a donc répété la formule elle-même.

2
תָּנוּ רַבָּנַן: פּוֹתֵחַ וְרוֹאֶה, גּוֹלֵל וּמְבָרֵךְ, וְחוֹזֵר וּפוֹתֵחַ וְקוֹרֵא. דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: פּוֹתֵחַ וְרוֹאֶה וּמְבָרֵךְ וְקוֹרֵא.

Nos maîtres ont enseigné : il ouvre et regarde, il roule et bénit, puis il ouvre de nouveau et il lit — paroles de Rabbi Meir. Rabbi Yehouda dit : il ouvre, regarde, bénit et lit.

💡 Explication

Une seconde baraita, bâtie sur le même couple de maîtres, porte cette fois sur la bénédiction qui précède la lecture publique. Pour Rabbi Meir, on ferme le rouleau entre le repérage du passage et la bénédiction, puis on le rouvre pour lire. Pour Rabbi Yehouda, on bénit sur le rouleau déjà ouvert.

3
מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי מֵאִיר? כִּדְעֻולָּא. דְּאָמַר עֻולָּא: מִפְּנֵי מֶה אָמְרוּ הַקּוֹרֵא בַּתּוֹרָה לֹא יְסַיֵּיעַ לַמְתֻורְגְּמָן — כְּדֵי שֶׁלֹּא יֹאמְרוּ תַּרְגּוּם כָּתוּב בַּתּוֹרָה. הָכָא נָמֵי: כְּדֵי שֶׁלֹּא יֹאמְרוּ בְּרָכוֹת כְּתוּבִין בַּתּוֹרָה.

Quelle est la raison de Rabbi Meir ? Elle est conforme à ce qu'a dit Oulla.

Car Oulla a dit : pour quelle raison ont-ils dit que celui qui lit dans la Torah n'aide pas le metourgueman ? Pour que l'on ne dise pas que le targoum est écrit dans la Torah.

Ici aussi : pour que l'on ne dise pas que les bénédictions sont écrites dans la Torah.

⚖️ Rosh (1)
אָמַר עֻולָּא (לְקַמָּן מְגִילָּה דַּף לב.) מִפְּנֵי מֶה אָמְרוּ הַקּוֹרֵא בַּתּוֹרָה לֹא יְסַיֵּיעַ אֶת הַתֻּורְגְּמָן כְּדֵי שֶׁלֹּא יֹאמְרוּ תַּרְגּוּם כָּתוּב בַּתּוֹרָה. תּוֹסֶפְתָּא (פ"ג) בָּתֵּי הַכְּנֶסֶת שֶׁאֵין לָהֶן מִי שֶׁיִּקְרָא אֶלָּא אֶחָד עוֹמֵד וְקוֹרֵא וְיוֹשֵׁב וְעוֹמֵד וְקוֹרֵא וְיוֹשֵׁב וְעוֹמֵד וְקוֹרֵא וְיוֹשֵׁב וְאַפֵּי' שִׁבְעָה פְּעָמִים וְזֶה הָיָה בִּימֵיהֶם שֶׁהָיָה הָרִאשׁוֹן מְבָרֵךְ בְּרָכָה רִאשׁוֹנָה וְהַחוֹתֵם מְבָרֵךְ בְּרָכָה אַחֲרוֹנָה וּלְכָךְ צָרִיךְ לֵישֵׁב בְּכָל פַּעַם לְהֶכֵּירָא שֶׁהֵן שִׁבְעָה אֲבָל הָאִידָּנָא שֶׁצָּרִיךְ לְבָרֵךְ בְּכָל פַּעַם בְּרָכָה רִאשׁוֹנָה וְאַחֲרוֹנָה כְּגוֹן כֹּהֵן שֶׁקּוֹרֵא בִּמְקוֹם לֵוִי אֵין צָרִיךְ לֵישֵׁב. וְהֵיאַךְ מַייְרֵי שֶׁאֵין לָהֶם מִי שֶׁיִּקְרָא אֶלָּא אֶחָד וַהֲלֹא אֵין קוֹרִין בַּתּוֹרָה בְּפָחוֹת מֵעֲשָׂרָה אֶלָּא מַייְרֵי שֶׁאֵין יוֹדְעִין לִקְרוֹת וְזוֹ הִיא רְאָיָה לְמַה שֶׁכָּתַבְתִּי לְעֵיל (סִי' יז) דְּמִי שֶׁאֵינוֹ יוֹדֵעַ לִקְרוֹת שֶׁלֹּא יַעֲלֶה בַּתּוֹרָה דְּהָוְיָא בְּרָכָה לְבַטָּלָה דְּאִם הָיָה מֻותָּר שֶׁיַּעֲלֶה וִיבָרֵךְ וְהַחַזָּן יִקְרָא טוֹב הָיָה יוֹתֵר בְּעִנְיָן זֶה מִמַּה שֶׁיִּקְרָא אֶחָד שִׁבְעָה פְּעָמִים:
Oulla a dit (plus loin, Meguila 32a) : pour quelle raison ont-ils dit que celui qui lit dans la Torah n'aide pas le metourgueman ? Pour que l'on ne dise pas que le targoum est écrit dans la Torah. Tossefta (chapitre 3) : les synagogues qui n'ont qu'un seul homme sachant lire — il se lève et lit, puis s'assoit ; il se lève et lit, puis s'assoit ; il se lève et lit, puis s'assoit, et cela jusqu'à sept fois. Cela valait de leur temps, où le premier disait la première bénédiction et le dernier la bénédiction finale ; il fallait donc s'asseoir à chaque fois, pour que l'on reconnaisse qu'il y a bien sept montées. Mais de nos jours, où chacun doit dire à chaque fois la bénédiction d'avant et celle d'après — par exemple un cohen qui lit à la place du levi — il n'est pas nécessaire de s'asseoir. Et comment comprendre qu'ils n'aient qu'un seul homme sachant lire ? On ne lit pourtant pas dans la Torah a moins de dix ! Il s'agit donc d'un cas où les autres ne savent pas lire. Voilà une preuve de ce que j'ai écrit plus haut (siman 17) : celui qui ne sait pas lire ne doit pas monter à la Torah, car ce serait une bénédiction en vain ; s'il était permis qu'il monte et bénisse tandis que le hazan lirait, on aurait mieux fait ainsi que de faire lire un seul homme sept fois de suite.
💡 Explication

La lecture publique s'accompagnait d'une traduction araméenne dite à voix haute par le metourgueman. Oulla enseigne que le lecteur se tait pendant ce temps, pour que l'assistance ne s'imagine pas que le targoum figure dans le rouleau. Rabbi Meir étend la même prudence à la bénédiction : elle se dit sur un rouleau fermé, pour qu'on ne la croie pas écrite dans le texte.

4
וְרַבִּי יְהוּדָה: תַּרְגּוּם — אִיכָּא לְמִיטְעֵי, בְּרָכוֹת — לֵיכָּא לְמִיטְעֵי.

Et Rabbi Yehouda : pour le targoum il y a matière à se méprendre, pour les bénédictions il n'y a pas matière à se méprendre.

📜 Rachi (2)
אִיכָּא לְמִיטְעֵי וְאוֹמֵר תַּרְגּוּם כָּתוּב בַּתּוֹרָה וְאָתוּ לְמִיכְתַּב תַּרְגּוּם בַּתּוֹרָה:
Il y a matière à se méprendre : on dira que le targoum est écrit dans la Torah, et l'on en viendra à l'écrire dans le rouleau.
אֲבָל בְּרָכוֹת הַכֹּל יוֹדְעִין שֶׁאֵין בְּרָכוֹת כְּתוּבִין בַּתּוֹרָה:
Mais les bénédictions : tout le monde sait que les bénédictions ne sont pas écrites dans la Torah.
💡 Explication

Rabbi Yehouda accepte le principe d'Oulla et en limite la portée. Le targoum ressemble à une lecture et vient à la suite du verset : on peut le prendre pour du texte écrit. Les bénédictions se disent à chaque monte, par des hommes différents, dans une formule constante ; leur statut est connu de tous.

5
אָמַר רַבִּי זֵירָא אָמַר רַב מַתְנָה: הֲלָכָה, פּוֹתֵחַ וְרוֹאֶה וּמְבָרֵךְ וְקוֹרֵא. וְלֵימָא: הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה! מִשּׁוּם דְּאָפְכִי לְהוּ.

Rabbi Zeira a dit au nom de Rav Matna : la halakha est qu'il ouvre, regarde, bénit et lit. Qu'il dise donc : la halakha est comme Rabbi Yehouda !

Parce que certains les inversent.

💡 Explication

La halakha suit Rabbi Yehouda : on bénit sur le rouleau ouvert. La guemara retrouve ici la même difficulté qu'au début du folio, et la même réponse : les attributions circulent en ordre inverse, ce qui oblige à énoncer la conduite elle-même plutôt que le nom de son auteur.

🖼️ Schéma
La bénédiction de la Torah : rouleau fermé ou rouleau ouvert ? Toute la divergence porte sur ce que le public pourrait croire en voyant le lecteur bénir. Rabbi Meir 1. il ouvre et repère le passage 2. il roule, le rouleau est fermé 3. il bénit 4. il rouvre et lit Raison d'Oulla : que l'on ne dise pas que les bénédictions sont écrites dans la Torah Rabbi Yehouda 1. il ouvre et repère le passage 2. il bénit, rouleau ouvert 3. il lit Le targoum prête à méprise ; pour les bénédictions, tout le monde sait qu'elles ne sont pas écrites là Nafka mina Deux gestes de plus à chaque monte : fermer le rouleau avant la bénédiction, le rouvrir après. Halakha — Rabbi Zeira au nom de Rav Matna Il ouvre, regarde, bénit et lit. La formule est donnée en toutes lettres, car certaines versions inversent les deux noms.
La baraita, la raison de chacun et la halakha tranchée par Rabbi Zeira.
6
אָמַר רַבִּי זֵירָא אָמַר רַב מַתְנָה: הַלּוּחוֹת וְהַבִּימוֹת — אֵין בָּהֶן מִשּׁוּם קְדֻושָּׁה.

Rabbi Zeira a dit au nom de Rav Matna : les lou'hot et les bimot n'ont pas de sainteté.

📜 Rachi (2)
הַלּוּחוֹת לֹא יָדַעְתִּי מָה הֵן וְיֵשׁ מְפָרְשִׁין הֵן הַעִשּׂוּיַן לִסְפָרִים שֶׁלָּנוּ שֶׁאֵינָן עִשּׂוּיַן בְּגִילָּיוֹן:
Les lou'hot : je ne sais pas ce qu'ils sont. Certains expliquent qu'il s'agit de ce que l'on fabrique pour nos livres, qui ne sont pas faits avec des marges de rouleau.
בִּימָה שֶׁהָיוּ עוֹשִׂין לַמֶּלֶךְ בְּפָרָשַׁת הַמֶּלֶךְ כִּדְאָמְרִינַן בְּמַסֶּכֶת סוֹטָה (מא.):
La bima : celle que l'on dressait pour le roi lors de la section du roi, comme nous le disons au traité Sota (41a).
🗂️ Tossefot (1)
הַלּוּחוֹת וְהַבִּימוֹת אֵין בָּהֶן מִשּׁוּם קְדֻושָּׁה פֵּירֵשׁ בֶּעָרוּךְ גִּלְיוֹנֵי סֵפֶר תּוֹרָה שֶׁלְּמַעְלָה וְשֶׁלְּמַטָּה וְשֶׁל בֵּין דַּף לְדַף וְקַשְׁיָא דְּהָא פֶּרֶק כָּל כִּתְבֵי (שַׁבָּת דַּף קטז.) תְּנַן בְּהֶדְיָא דִּמְטַמְּאִין אֶת הַיָּדַיִם וְיֵשׁ לוֹמַר דְּהָתָם ר"ל כָּל זְמַן שֶׁהֵן מְחֻובָּרִין בְּסֵפֶר תּוֹרָה וְהָכָא מַיְירֵי הֵיכָא דְּגָייֵז וְאַכַּתִּי קָשֶׁה שֶׁהֲרֵי הָתָם מִיבַּעְיָא לָן הֵיכָא דְּגַיְיזִי אִי יֵשׁ בָּהֶן קְדֻושָּׁה אִי לָאו וְאַמַּאי לָא פְּשִׁיט לֵיהּ מֵהָכָא:
Le Aroukh explique : les marges du sefer torah, en haut, en bas, et entre une colonne et l'autre. Difficulté : au chapitre Kol kitvé (Chabbat 116a), la michna enseigne explicitement qu'elles rendent les mains impures, ce qui suppose une sainteté. On peut répondre que là-bas il s'agit du temps où elles tiennent encore au sefer torah, tandis qu'ici il s'agit du cas où on les a découpées. Une difficulté demeure : là-bas, la question est justement posée pour le cas où on les a découpées, si elles gardent une sainteté ou non — pourquoi ne pas la résoudre depuis notre passage ?
💡 Explication

Deux objets attachés matériellement à la lecture publique, sans sainteté propre. Rachi avoue ne pas savoir ce que sont les lou'hot et rapporte l'avis de ceux qui y voient les planchettes des livres reliés, par opposition aux rouleaux à marges. La bima est l'estrade dressée pour le roi lors de la lecture de hakhel. Tossefot rapporte l'explication du Aroukh, qui y voit les marges du sefer torah, et la confronte à la michna de Chabbat.

7
אָמַר רַבִּי שְׁפַטְיָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הַגּוֹלֵל סֵפֶר תּוֹרָה — צָרִיךְ שֶׁיַּעֲמִידֶנּוּ עַל הַתֶּפֶר.

Rabbi Chéfatia a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : celui qui roule un sefer torah doit l'arrêter sur la couture.

📜 Rachi (1)
יַעֲמִידֶנּוּ עַל הַתֶּפֶר כְּנֶגֶד הַתֶּפֶר שֶׁשָּׁם רָאוּי לְהַדְּקוֹ יָפֶה:
Il l'arrête sur la couture : face à la couture, car c'est là qu'il convient de bien le serrer.
💡 Explication

Le sefer torah est fait de feuilles de parchemin cousues bout à bout. On termine le roulage de façon que le point de fermeture tombe en face d'une couture : c'est là que l'on peut serrer fermement, et une tension excessive fera céder le fil avant d'endommager l'écriture.

8
וְאָמַר רַבִּי שְׁפַטְיָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הַגּוֹלֵל סֵפֶר תּוֹרָה — גּוֹלְלוֹ מִבַּחוּץ, וְאֵין גּוֹלְלוֹ מִבִּפְנִים.

Et Rabbi Chéfatia a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : celui qui roule un sefer torah le roule par l'extérieur et ne le roule pas par l'intérieur.

📜 Rachi (1)
הַגּוֹלֵל סֵפֶר תּוֹרָה מֵעִנְיָן לְעִנְיָן וְהוּא יָחִיד וְסֵפֶר תּוֹרָה מֻונָּח לוֹ עַל בִּרְכָּיו גּוֹלְלוֹ מִבַּחוּץ הָעַמּוּד שֶׁהוּא חוּצָה לוֹ גּוֹלְלוֹ וְיָגוֹל מִצַּד חוּץ לְצַד פָּנִים שֶׁאִם יֶאֱחֹוז עַמּוּד הַפְּנִימִי וְיָגוֹל לְצַד הַחוּץ יִתְפַּשֵּׁט הַחִיצוֹן וְיִפּוֹל לָאָרֶץ:
Celui qui roule un sefer torah : d'un passage à un autre, étant seul, le sefer torah posé sur ses genoux — il le roule par l'extérieur, c'est-à-dire qu'il fait tourner le cylindre qui se trouve loin de lui et roule du dehors vers le dedans. Car s'il saisissait le cylindre intérieur et roulait vers l'extérieur, le cylindre extérieur se déploierait et tomberait à terre.
🗂️ Tossefot (1)
גּוֹלְלוֹ מִבַּחוּץ וּכְשֶׁהוּא מְהַדְּקוֹ מְהַדְּקוֹ מִבִּפְנִים פר"ח דְּקָאֵי אַקֶּשֶׁר מִטְפַּחַת כְּשֶׁקּוֹשֵׁר מִטְפַּחַת סְבִיב הס"ת יְהֵא הַקֶּשֶׁר מִבִּפְנִים כְּלַפֵּי הַכְּתָב שֶׁאִם יִהְיֶה מֵאַחֲרָיו כְּשֶׁיִּפְתַּח הַסֵּפֶר תּוֹרָה יִהְיֶה צָרִיךְ לְהָופְכוֹ עַל הַכְּתָב לְהַתִּיר הַקֶּשֶׁר וְאֵין זֶה דֶּרֶךְ כָּבוֹד. נָהֲגוּ לוֹמַר כְּשֶׁמּוֹצִיאִין סֵפֶר תּוֹרָה הָנֵי פְּסוּקֵי דְּרַחֲמֵי תּוֹרַת ה' תְּמִימָה עֵדוּת ה' נֶאֱמָנָה פִּקּוּדֵי ה' יְשָׁרִים מִצְוֹת ה' בָּרָה לְפִי שֶׁמַּתַּן שְׂכָרָם בְּצִדָּם וְאַחַר כָּךְ אוֹמֵר גָּדְלוֹ שֶׁיֵּשׁ בּוֹ שֵׁשׁ תֵּיבוֹת כְּנֶגֶד שִׁשָּׁה צְעָדִים שֶׁל נוֹשְׂאֵי הָאָרוֹן (שְׁמוּאֵל ב ו׳:י״ג) וּמ' תֵּיבוֹת יֵשׁ בְּתוֹרַת ה' תְּמִימָה כְּנֶגֶד הַמ' יוֹם שֶׁבָּהֶם נִיתְּנָה הַתּוֹרָה וְאַחַ"כּ פּוֹתְחוֹ לְמָקוֹם שֶׁיִּרְצֶה לִקְרוֹת בּוֹ וְקוֹרֵא כֹּהֵן וּלְכַתְּחִילָּה הוּא גּוֹלְלוֹ וְסוֹתְמוֹ קֹודֶם שֶׁיְּבָרֵךְ כְּדֵי שֶׁלֹּא יֹאמְרוּ הֶהָמוֹן שֶׁהַבְּרָכוֹת כְּתֻובּוֹת בּוֹ אֲבָל בְּדִיעֲבַד אֵין לָחוּשׁ שֶׁהֲרֵי לָא שְׁכִיחֵי עַמֵּי הָאָרֶץ כָּל כָּךְ עַתָּה אֲבָל לְאַחַר שֶׁקָּרָא בּוֹ וַדַּאי צָרִיךְ לְגָולְלוֹ קֹודֶם שֶׁיְּבָרֵךְ כְּר' יְהוּדָה:
Rabbenou Hananel explique que cela porte sur le nœud de l'étoffe : quand on noue la mitpahat autour du sefer torah, que le nœud soit du côté intérieur, vers l'écriture ; car s'il se trouvait derrière, il faudrait, en ouvrant le sefer torah, le retourner sur l'écriture pour dénouer, et ce n'est pas une façon respectueuse. On a pris l'usage, en sortant le sefer torah, de dire ces versets de miséricorde : la Torah de Hachem est parfaite, le témoignage de Hachem est sur, les préceptes de Hachem sont droits, le commandement de Hachem est limpide — parce que leur récompense y est énoncée à côté. On dit ensuite Gadlou, qui compte six mots, face aux six pas des porteurs de l'arche (II Chemouel 6, 13) ; et il y a quarante mots dans Torat Hachem temima, face aux quarante jours durant lesquels la Torah fut donnée. Puis on ouvre le rouleau à l'endroit que l'on veut lire, et le cohen lit. A priori on le roule et on le ferme avant de bénir, pour que la foule ne dise pas que les bénédictions y sont écrites ; a posteriori il n'y a pas lieu de craindre, car les gens du peuple ne sont plus si nombreux aujourd'hui. Mais après avoir lu, il faut certainement le rouler avant de bénir, comme Rabbi Yehouda.
💡 Explication

Le lecteur est assis, le rouleau ouvert sur ses genoux, un cylindre près de lui et l'autre éloigné. Il fait tourner le cylindre éloigné en le ramenant vers lui. S'il saisissait le cylindre proche pour rouler vers l'extérieur, le cylindre éloigné se déroulerait et tomberait à terre.

9
וּכְשֶׁהוּא מְהַדְּקוֹ — מְהַדְּקוֹ מִבִּפְנִים, וְאֵינוֹ מְהַדְּקוֹ מִבַּחוּץ.

Et quand il le serre, il le serre par l'intérieur et ne le serre pas par l'extérieur.

📜 Rachi (1)
וּכְשֶׁהוּא מְהַדְּקוֹ כְּשֶׁגָּמַר מִלִּגְלֹול וּבָא לְהַדְּקוֹ יֶאֱחֹוז בַּפְּנִימִי וִיהַדֵּק עַל הַחִיצוֹן כְּדֵי שֶׁלֹּא יְכַסֶּה הַכְּתָב בִּזְרוֹעוֹתָיו שֶׁמִּצְוָה לְהַרְאוֹת אֶת [הַכְּתָב אֶל] הָעָם כְּשֶׁמְּהַדְּקוֹ בְּמַסֶּכֶת סוֹפְרִים:
Et quand il le serre : lorsqu'il a fini de rouler et qu'il vient à le serrer, qu'il saisisse le cylindre intérieur et serre contre l'extérieur, afin de ne pas couvrir l'écriture de ses bras ; car c'est une mitsva de montrer l'écriture au peuple lorsqu'il le serre — ainsi au traité Sofrim.
💡 Explication

Le geste s'inverse au moment du serrage. Il saisit alors le cylindre proche de lui et le presse contre l'autre, de sorte que ses bras restent en deçà du texte. Rachi donne la raison, tirée du traité Sofrim : c'est une mitsva de montrer l'écriture au public.

🖼️ Schéma
Les gestes du rouleau — Rabbi Chéfatia au nom de Rabbi Yo'hanan Trois règles pratiques, chacune fondée sur un dommage précis que l'on veut éviter. 1. On arrête le rouleau sur la couture feuille feuille feuille feuille coutures On ferme le rouleau en face d'une couture : si l'on serre trop fort, la couture cède la première et l'écriture reste intacte. 2. Rouler : par l'extérieur rouleau extérieur rouleau intérieur lecteur Il tourne vers lui le rouleau éloigné. En sens inverse, le rouleau extérieur se déroulerait et tomberait à terre. 3. Serrer : par l'intérieur rouleau extérieur rouleau intérieur lecteur Il saisit le rouleau proche de lui : ses bras ne passent pas au-dessus du texte, que le public a mitsva de voir.
La couture, le sens du roulage et le sens du serrage : trois gestes, trois raisons distinctes.
10
וְאָמַר רַבִּי שְׁפַטְיָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: עֲשָׂרָה שֶׁקָּרְאוּ בַּתּוֹרָה, הַגָּדוֹל שֶׁבָּהֶם גּוֹלֵל סֵפֶר תּוֹרָה. הַגּוֹלְלוֹ נוֹטֵל שְׂכַר כֻּולָּן, דְּאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: עֲשָׂרָה שֶׁקָּרְאוּ בַּתּוֹרָה, הַגּוֹלֵל סֵפֶר תּוֹרָה קִיבֵּל שְׂכַר כֻּולָּן. שְׂכַר כֻּולָּן סָלְקָא דַּעְתָּךְ? אֶלָּא אֵימָא: קִיבֵּל שָׂכָר כְּנֶגֶד כֻּולָּן.

Et Rabbi Chéfatia a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : dix qui ont lu dans la Torah, c'est le plus grand d'entre eux qui roule le sefer torah. Et celui qui le roule prend la récompense de tous, car Rabbi Yehochoua ben Levi a dit : dix qui ont lu dans la Torah, celui qui roule le sefer torah reçoit la récompense de tous.

La récompense de tous, te viendrait-il à l'esprit ? Dis plutôt : il reçoit une récompense équivalente à celle de tous.

📜 Rachi (1)
עֲשָׂרָה שֶׁקָּרְאוּ שֶׁנֶּאֶסְפוּ וְקָרְאוּ הַשְּׁלִישִׁי אוֹ הַשְּׁבִיעִי כְּחֹוק הַיּוֹם וּלְפִי שֶׁאֵין קוֹרִין בַּתּוֹרָה פָּחוֹת מֵעֲשָׂרָה נְקַט י' שֶׁקָּרְאוּ בַּתּוֹרָה:
Dix qui ont lu : qui se sont rassemblés et ont lu le troisième ou le septième appelé, selon la règle du jour. Et parce qu'on ne lit pas dans la Torah a moins de dix, il a pris le cas de dix qui ont lu dans la Torah.
🗂️ Tossefot (1)
גָּדוֹל שֶׁבְּכֻולָּן גּוֹלֵל לְפִי שֶׁהוּא כְּבוֹדוֹ וְגַם לְפִי שֶׁהוּא גָּדוֹל שֶׁבְּכֻולָּן כְּדַיי הוּא לִיטֹּול שָׂכָר כְּנֶגֶד כֻּולָּם כִּדְאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ:
Le plus grand de tous roule : parce que c'est son honneur, et aussi parce qu'étant le plus grand de tous, il est digne de recevoir une récompense équivalente à celle de tous, comme l'a dit Rabbi Yehochoua.
💡 Explication

Rouler le rouleau à la fin de la lecture est le dernier honneur de l'office, confié au plus grand des présents. La formule de Rabbi Yehochoua ben Levi est corrigée par la guemara : personne ne perd sa part, et l'expression signifie une récompense d'un montant équivalent à celle de l'ensemble. Rachi explique le chiffre dix : la lecture publique exige un quorum de dix.

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וְאָמַר רַבִּי שְׁפַטְיָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מִנַּיִן שֶׁמִּשְׁתַּמְּשִׁין בְּבַת קוֹל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאָזְנֶיךָ תִּשְׁמַעְנָה דָבָר מֵאַחֲרֶיךָ לֵאמֹר״. וְהָנֵי מִילֵּי, דְּשָׁמַע קָל גַּבְרָא בְּמָתָא, וְקַל אִיתְּתָא בְּדַבְרָא. וְהוּא דְּאָמַר: ״הִין הִין״ וְהוּא דְּאָמַר: ״לָאו לָאו״.

Et Rabbi Chéfatia a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : d'où sait-on que l'on peut se servir d'une bat kol ? Car il est dit : « et tes oreilles entendront derrière toi une parole qui dira ».

Et cela vaut lorsqu'il a entendu une voix d'homme dans la ville et une voix de femme aux champs, et à condition qu'elle dise « oui, oui » ou qu'elle dise « non, non ».

📜 Rachi (3)
מִשְׁתַּמְּשִׁין בְּבַת קוֹל אִם בְּלִבּוֹ לְהַתְחִיל דֶּבֶר וְשָׁמַע קוֹל אוֹ הִין אוֹ לָאו הוֹלֵךְ אַחֲרָיו וְאֵין כָּאן מִשּׁוּם נִיחוּשׁ:
On se sert d'une bat kol : s'il avait en tête d'entreprendre une chose et qu'il a entendu une voix dire oui ou non, il s'y conforme, et il n'y a là aucune divination interdite.
קַל גַּבְרָא בְּמָתָא קוֹל שֶׁאֵינוֹ מָצוּי הוּא וּבַת קוֹל בָּאָה אֵלָיו:
Une voix d'homme dans la ville : voilà une voix qui n'est pas courante, et la bat kol vient à lui.
וְהוּא דְּאָמַר הֵין הֵין אוֹ לָאו לָאו שֶׁנִּכְפַּל שְׁתֵּי פְּעָמִים:
Et à condition qu'elle dise oui oui ou non non : qu'elle se soit répétée deux fois.
🗂️ Tossefot (1)
מִנַּיִן שֶׁמִּשְׁתַּמְּשִׁין בְּבַת קוֹל בִּירוּשַׁלְמִי (שַׁבָּת פֶּרֶק בַּמֶּה אִשָּׁה) תָּנֵי כְּתִיב לֹא תְנַחֲשׁוּ וְלֹא תְעוֹנֵנוּ וְאַף ע"פ שֶׁאֵין נִיחוּשׁ יֵשׁ סִימָן:
D'où sait-on que l'on peut se servir d'une bat kol : dans le Yerouchalmi (Chabbat, chapitre Bame icha) on enseigne : il est écrit « vous ne pratiquerez pas la divination et vous ne tirerez pas de présages » ; et bien qu'il n'y ait pas de divination, il y a un signe.
💡 Explication

La bat kol est une parole entendue sans que l'on en voie la source. Rabbi Yo'hanan admet qu'on s'en serve pour trancher une hésitation pratique, et pose deux conditions. La voix doit détonner par rapport au lieu : une voix d'homme en ville, alors que les hommes sont aux champs, ou une voix de femme aux champs, où l'on n'en attend pas. Et elle doit se redoubler. Tossefot ajoute la distinction du Yerouchalmi entre la divination interdite et le simple signe.

🖼️ Schéma
Quand peut-on se fier à une bat kol ? Verset de référence : « et tes oreilles entendront derrière toi une parole qui dira » — Yechayahou 30, 21. On hésite avant d'agir, et une voix se fait entendre Cette voix est-elle inhabituelle en ce lieu ? Voix d'homme dans la ville ou voix de femme aux champs la voix détonne — on y prête attention Voix ordinaire en ce lieu aucun signe à en tirer La parole est-elle redoublée ? hen hen — oui oui, ou lav lav — non non On peut se conduire d'après cette voix Rachi : il n'y a pas là de divination interdite
Les deux conditions posées par Rabbi Yo'hanan : une voix inattendue en ce lieu, et une parole redoublée.
12
וְאָמַר רַבִּי שְׁפַטְיָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כָּל הַקּוֹרֵא בְּלֹא נְעִימָה וְשׁוֹנֶה בְּלֹא זִמְרָה, עָלָיו הַכָּתוּב אוֹמֵר: ״וְגַם אֲנִי נָתַתִּי לָהֶם חֻוקִּים לֹא טוֹבִים וְגוֹ׳״.

Et Rabbi Chefatia a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : quiconque lit sans mélodie et répète sans chant, c'est de lui que le verset dit : « et Moi aussi Je leur ai donné des décrets qui ne sont pas bons, etc. ».

📜 Rachi (1)
נְעִימָה כְּגוֹן טַעֲמֵי הַמִּקְרָאוֹת:
Une mélodie : comme les teamim de l'Écriture.
🗂️ Tossefot (1)
וְהַשּׁוֹנֶה בְּלֹא זִמְרָה שֶׁהָיוּ רְגִילִין לְשַׁנּוֹת הַמִּשְׁנָיוֹת בְּזִמְרָה לְפִי שֶׁהָיוּ שׁוֹנִין אוֹתָן עַל פֶּה וע"י כָּךְ הָיוּ נִזְכָּרִים יוֹתֵר:
Et qui répète sans chant : ils avaient l'usage de répéter les michnayot en chantant, parce qu'ils les apprenaient par cœur ; par ce moyen ils s'en souvenaient mieux.
💡 Explication

La néhima est la cantillation, marquée par les teamim ; la zimra est l'air sur lequel on répétait les michnayot. Tossefot rappelle la raison pratique : l'enseignement se transmettait de mémoire, et la mélodie soutenait la mémorisation.

13
מַתְקִיף לַהּ אַבַּיֵּי: מִשּׁוּם דְּלָא יָדַע לְבַסּוֹמֵי קָלָא — ״מִשְׁפָּטִים לֹא יִחְיוּ בָּהֶם״ קָרֵית בֵּיהּ?! אֶלָּא כִּדְרַב מִשָּׁרְשְׁיָא, דְּאָמַר: שְׁנֵי תַּלְמִידֵי חֲכָמִים הַיֹּושְׁבִים בְּעִיר אַחַת וְאֵין נוֹחִין זֶה אֶת זֶה בַּהֲלָכָה — עֲלֵיהֶם הַכָּתוּב אוֹמֵר: ״וְגַם אֲנִי נָתַתִּי לָהֶם חֻוקִּים לֹא טוֹבִים וּמִשְׁפָּטִים לֹא יִחְיוּ בָּהֶם״.

Abaye objecte : parce qu'il ne sait pas rendre sa voix agréable, tu lirais de lui « et des lois par lesquelles ils ne vivront pas » ?! Dis plutôt comme Rav Mecharchia, qui a dit : deux talmide hakhamim qui habitent une même ville et ne sont pas agréables l'un envers l'autre dans la halakha, c'est d'eux que le verset dit : « et Moi aussi Je leur ai donné des décrets qui ne sont pas bons et des lois par lesquelles ils ne vivront pas ».

💡 Explication

Abaye tient la sanction du verset hors de proportion avec le défaut visé : une voix ingrate n'est pas un manquement. Il reporte donc le verset sur ce qui touche la vie même de l'étude — deux maîtres d'une même ville qui se traitent durement dans la discussion halakhique. Le mot noahin, agréables, fait le lien avec la douceur qu'évoquait le premier enseignement.

14
אָמַר רַבִּי פַּרְנָךְ אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כָּל הָאוֹחֵז סֵפֶר תּוֹרָה עָרֹום, נִקְבַּר עָרֹום. עָרֹום סָלְקָא דַעְתָּךְ? אֶלָּא אֵימָא: נִקְבָּר עָרֹום בְּלֹא מִצְוֹת.

Rabbi Parna'kh a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : quiconque saisit un sefer torah a nu est enterré à nu. À nu, te viendrait-il à l'esprit ?

Dis plutôt : il est enterré à nu, sans mitsvot.

📜 Rachi (1)
עָרֹום בְּלֹא מִטְפַּחַת סְבִיב סֵפֶר תּוֹרָה:
À nu : sans l'étoffe qui entoure le sefer torah.
💡 Explication

Saisir le rouleau à nu, c'est poser la main directement sur le parchemin, sans étoffe pour s'interposer. La guemara écarte le sens littéral de la sanction et la lit comme une privation de mérite.

15
בְּלֹא מִצְוֹת סָלְקָא דַּעְתָּךְ?! אֶלָּא אָמַר אַבַּיֵּי: נִקְבָּר עָרֹום בְּלֹא אוֹתָהּ מִצְוָה.

Sans mitsvot, te viendrait-il à l'esprit ?! Abaye a plutôt dit : il est enterré à nu, sans cette mitsva-là.

🗂️ Tossefot (1)
בְּלֹא אוֹתָהּ מִצְוָה י"מ מִצְוַת אֲחִיזָה וְקָשֶׁה מַאי רְבוּתָא פְּשִׁיטָא שֶׁאֵין לוֹ שָׂכָר כֵּיוָן שֶׁלֹּא עָשָׂה הַמִּצְוָה כַּהֹוגֶן לְכָךְ פֵּירֵשׁ רִיבָ"א בְּלֹא אוֹתָהּ מִצְוָה שֶׁעָשָׂה בְּאוֹתָהּ שָׁעָה שֶׁאִם אָחַז סֵפֶר תּוֹרָה עָרֹום וְקָרָא בּוֹ אֵין לוֹ שָׂכָר מִן הַקְּרִיאָה וְכֵן אֲחָזוֹ לְגָולְלוֹ אוֹ לְהַגִּיהוֹ אֲבָל אֲחָזוֹ בְּמִטְפַּחַת אֹורֶךְ יָמִים בִּימִינָהּ בִּשְׂמֹאלָהּ עֹושֶׁר וְכָבוֹד:
Sans cette mitsva-là : certains expliquent qu'il s'agit de la mitsva de tenir le rouleau. Difficulté : quelle nouveauté y aurait-il ? Il va de soi qu'il n'en a pas de récompense, puisqu'il n'a pas accompli cette mitsva comme il fallait. Le Riva explique donc : sans la mitsva qu'il accomplissait à ce moment-là. S'il a saisi le sefer torah a nu et y a lu, il n'a pas de récompense pour cette lecture ; de même s'il l'a saisi pour le rouler ou pour le corriger. Mais s'il l'a saisi par l'étoffe : « longueur de jours dans sa droite, dans sa gauche richesse et honneur ».
💡 Explication

La guemara refuse aussi la deuxième formulation : un homme ne perd pas le mérite de toute une vie pour ce seul geste. Abaye ramène la portée à la mitsva accomplie au moment même. Tossefot précise, au nom du Riva, de quelle mitsva il s'agit : la lecture, le roulage ou la correction du texte qu'il faisait alors.

🖼️ Schéma
« Enterré à nu » : trois lectures successives, chacune corrigée par la suivante Lecture première Il sera enterré sans linceul Rabbi Parna'kh au nom de Rabbi Yo'hanan Peut-on le penser au sens propre ? Lecture seconde Enterré dépouillé de ses mitsvot reformulation de la guemara Perdrait-il toutes ses mitsvot ? Lecture retenue Privé de cette mitsva-là seulement Abaye Le détail pratique À nu veut dire : la main touche directement la peau du rouleau, sans étoffe entre elle et le parchemin. Riva : il perd la récompense de ce qu'il faisait alors — lire, rouler, corriger le texte. Tenu par la mitpahat : « longueur de jours dans sa droite, dans sa gauche richesse et honneur » — Michle 3, 16.
Deux reformulations successives ramènent la sanction à sa mesure exacte.
16
אָמַר רַבִּי יַנַּאי בְּרֵיהּ דְּרַבִּי יַנַּאי סָבָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי יַנַּאי רַבָּה: מוּטָב תִּיגָּלֵל הַמִּטְפַּחַת וְאַל יִגָּלֵל סֵפֶר תּוֹרָה.

Rabbi Yannai fils de Rabbi Yannai l'Ancien a dit au nom de Rabbi Yannai le Grand : mieux vaut que l'étoffe soit roulée, et que le sefer torah ne soit pas roulé.

📜 Rachi (1)
וְאַל יִגְלֹול סֵפֶר תּוֹרָה בְּתוֹךְ הַמִּטְפַּחַת:
Et que le sefer torah ne soit pas roulé : à l'intérieur de l'étoffe.
💡 Explication

Dernière règle de manipulation. Pour couvrir le rouleau, on tient le sefer torah immobile et l'on enroule la mitpahat autour de lui ; on évite de faire tourner le rouleau lui-même à l'intérieur de l'étoffe.

17
״וַיְדַבֵּר מֹשֶׁה אֶת מֹועֲדֵי ה׳ אֶל בְּנֵי יִשְׂרָאֵל״, מִצְוָתָן שֶׁיִּהְיוּ קוֹרִין אוֹתָן כָּל אֶחָד וְאֶחָד בִּזְמַנּוֹ. תָּנוּ רַבָּנַן: מֹשֶׁה תִּיקֵּן לָהֶם לְיִשְׂרָאֵל שֶׁיְּהוּ שׁוֹאֲלִין וְדוֹרְשִׁין בְּעִנְיָנוֹ שֶׁל יוֹם. הִלְכוֹת פֶּסַח — בְּפֶסַח, הִלְכוֹת עֲצֶרֶת — בַּעֲצֶרֶת, הִלְכוֹת חַג — בֶּחָג.

« Et Moche dit les fêtes de Hachem aux enfants d'Israël » : leur mitsva est qu'on les lise chacune en son temps. Nos maîtres ont enseigné : Moche a institué pour Israël qu'ils interrogent et exposent le sujet du jour — les lois de Pessa'h à Pessa'h, les lois de Atseret à Atseret, les lois de la fête à la fête.

📜 Rachi (1)
וַיְדַבֵּר מֹשֶׁה אֶת מֹועֲדֵי ה' אֶל בְּנֵי יִשְׂרָאֵל מֹשֶׁה תִּיקֵּן לָהֶם לְיִשְׂרָאֵל שֶׁיְּהוּ שׁוֹאֲלִין וְדוֹרְשִׁין בְּעִנְיָנוֹ שֶׁל יוֹם הִלְכוֹת פֶּסַח בַּפֶּסַח הִלְכוֹת עֲצֶרֶת בָּעֲצֶרֶת לָמָּה הֻוצְרַךְ לִכְתֹּוב כָּאן וַיְדַבֵּר מֹשֶׁה וְכִי כָּל הַמִּצְוֹת כֻּולָּן לֹא אֲמָרָן מֹשֶׁה לְיִשְׂרָאֵל מַהוּ וַיְדַבֵּר מֹשֶׁה אֶת מֹועֲדֵי ה' אֶל בְּנֵי יִשְׂרָאֵל מְלַמֵּד שֶׁהָיָה מְדַבֵּר עִמָּהֶן הִלְכוֹת כָּל מוֹעֵד וּמוֹעֵד בִּזְמַנָּן לְהוֹדִיעַ חֻוקֵּי הָאֱ-לֹהִים וְתוֹרוֹתָיו וְקִבְּלוּ וְקִייְּמוּ שְׂכַר הַמִּצְוֹת עֲלֵיהֶם וְעַל בְּנֵיהֶם בָּזֶה וּבַבָּא:
Pourquoi fallait-il écrire ici « et Moche dit » ? Toutes les mitsvot, Moche ne les a-t-il pas dites à Israël ? Que signifie donc « et Moche dit les fêtes de Hachem aux enfants d'Israël » ? Cela enseigne qu'il leur exposait les lois de chaque fête en son temps, pour faire connaître les décrets de D.ieu et Ses enseignements ; et ils ont accepté et pris sur eux, ainsi que sur leurs enfants, la récompense des mitsvot, en ce monde et dans le monde à venir.
🪔 Ben Yehoyada (1)
תָּנוּ רַבָּנַן : מֹשֶׁה תִּקֵּן לָהֶם לְיִשְׂרָאֵל שֶׁיְּהוּ שׁוֹאֲלִין וְדוֹרְשִׁין בְּעִנְיָנוֹ שֶׁל יוֹם הִלְכוֹת פֶּסַח בַּפֶּסַח הִלְכוֹת עֲצֶרֶת בָּעֲצֶרֶת הִלְכוֹת חַג בֶּחָג. יֵשׁ לְהָבִין תֵּיבַת 'לָהֶם' נִרְאֵית לְשׁוֹן יֶתֶר. וְנִרְאֶה לִי בס"ד עַל פִּי מַה שֶּׁכָּתַב הַגָּאוֹן הט"ז זַ"ל עַל מַה שֶּׁכָּתוּב בְּשֻׁולְחָן עָרוּךְ סִימָן תכ"ט שׁוֹאֲלִין בְּהִלְכוֹת הַפֶּסַח קֹודֶם שְׁלֹשִׁים יוֹם, דְּנָפְקָא מִינָּהּ לְעִנְיַן מָמוֹן דְּאִיתָא בְּפֶרֶק הַשּׁוֹאֵל (בְּבָבָא מְצִיעָא דַּף צז.) אָמַר לוֹ רַבָּנַן לְרָבָא שְׁאִיל לַן מָר, פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י רַבֵּינוּ נִשְׁאַל לִמְלַאכְתֵּינוּ לִלְמֹוד לָנוּ תּוֹרָה שֶׁיּוֹשֵׁב וּמְלַמֵּד לָנוּ תּוֹרָה כָּל הַיּוֹם, וְאִם נִשְׁאַל מִמֶּנּוּ בְּהֵמָה וּמֵתָה נִפְטַר דְּהָוֵי שְׁאֵלָה בִּבְעָלִים, אֶיקְפֹּד רָבָא אָמַר לוֹ לְאַפְקוֹעֵי מָמוֹנַאי קָא בָעֵיתוּ אַדְּרַבָּה אַתּוּן שְׁאֵלְתִין לִי דְּאִלּוּ אֲנָא מָצֵי לְאִשְׁתְּמוֹטֵי מִמַּסֶּכְתָּא לְמַסֶּכְתָּא, פֵּירוּשׁ כְּשֶׁאֲנִי חָפֵץ לְהַתְחִיל בְּמַסֶּכְתָּא אַחֶרֶת שֶׁלֹּא תִּשְׁתַּכַּח מִמֶּנִּי אֵין אַתֶּם יְכוֹלִים לִמְחוֹת בְּיָדִי אַתּוּן לָא מָצֵיתוּ לְאִשְׁתְּמוֹטֵי, וְלֹא הִיא! אִיהוּ שְׁאֵיל לְהוּ בְּיוֹמֵי דְּכַלָּה כְּשֶׁדּוֹרְשִׁין לִפְנֵי הָרֶגֶל בְּהִלְכוֹת הָרֶגֶל דְּלָא מָצֵי לְאִשְׁתְּמוֹטֵי לְמַסֶּכְתָּא אַחֶרֶת, וְאִינְהוּ שְׁאִילוּ לֵיהּ בִּשְׁאָר יוֹמֵי. וְאִם כֵּן יֵשׁ נָפְקָא מִינַּהּ לְעִנְיַן אִם שָׁאֲלוּ הַתַּלְמִידִים בְּהֵמָה מֵהָרַב תּוֹךְ שְׁלֹשִׁים יוֹם קֹודֶם פֶּסַח וּמֵתָה פְּטוּרִים דְּאוֹתוֹ זְמַן הוּא מְשֻׁועְבָּד לָהֶם וְהָוֵי שְׁאֵלָה בַּבְּעָלִים, כֵּן נִרְאֶה לִי נָכוֹן עַד כָּאן לְשׁוֹנוֹ. וְהִנֵּה יָדוּעַ תֵּיבַת 'לָהֶם' נִדְרֶשֶׁת כְּמוֹ לֵךְ וְלָכֶם, שֶׁדָּרְשׁוּ רז"ל 'שְׁלַח לְךָ אֲנָשִׁים' (בַּמִּדְבָּר יג ב) לְךָ לַהֲנָאָתְךָ וּלְטוֹבָתְךָ, וְכֵן 'קַח לְךָ סַמִּים' (שְׁמוֹת ל, לד) לַהֲנָאָתְךָ וּלְטוֹבָתְךָ וְכַנִּזְכָּר בַּזֹּוהַר הַקָּדוֹשׁ, וְכֵן דָּרְשׁוּ תֵּיבַת 'לָכֶם' בְּכַמָּה דֻּוכְתֵי, וְגַם כָּאן מִילַת 'לָהֶם' נִדְרֶשֶׁת לַהֲנָאָתָם וּלְטוֹבָתָם, פֵּירוּשׁ זוֹ הַתַּקָּנָה שֶׁתִּיקֵּן מֹשֶׁה רַבֵּינוּ ע"ה שֶׁיִּהְיוּ שׁוֹאֲלִין וְדוֹרְשִׁין הִלְכוֹת פֶּסַח בְּפֶסַח וְכוּ' הִיא הָיְתָה לְטוֹבַת יִשְׂרָאֵל, שֶׁאָז אִם יִהְיוּ יִשְׂרָאֵל שׁוֹאֲלִין מִן מֹשֶׁה רַבֵּינוּ ע"ה בְּאוֹתָם הַיָּמִים בְּהֵמָה אוֹ שְׁאָר חֵפֶץ וְאָבְדוּ יִהְיוּ פְּטוּרִים מִלְּשַׁלֵּם לוֹ דְּהָוֵי שְׁאֵלָה בִּבְעָלִים כֵּיוָן דְּעַל פִּי תַּקָּנָתוֹ זֹאת הוּא מְשֻׁועְבָּד לָהֶם לְלַמְּדָם הִלְכוֹת הָרֶגֶל וְלָא מָצֵי לְאִשְׁתְּמוֹטֵי לְהִלְכוֹת אֲחֵרִים, וְלָזֶה אָמַר תִּקֵּן לָהֶם לְיִשְׂרָאֵל רוֹצֶה לוֹמַר לְטוֹבָתָם וַהֲנָאָתָם, לְעִנְיַן מָמוֹן. וְעוֹד נִרְאֶה לִי בס"ד לִרְמֹוז בְּתֵיבַת 'לָהֶם' שֶׁהוּא רָאשֵׁי תֵּיבוֹת ל הֵבִיא מ לְךָ ה מָשִׁיחַ, כִּי בִּזְכוּת הַדְּרָשׁוֹת שֶׁעוֹשִׂין בָּרְגָלִים שֶׁבָּהֶם נִקְבָּצִים וְנֶאֱסָפִים עַם רַב יִהְיֶה הַדְרַת מֶלֶךְ וְאָז יְכוֹלָה זְכוּת הַתּוֹרָה שֶׁל הַדְּרָשׁוֹת הָאֵלֶּה לְהָבִיא מֶלֶךְ הַמָּשִׁיחַ וְזֶהוּ שֶׁנֶּאֶמְרוּ תִּקֵּן לָהֶם לְיִשְׂרָאֵל פֵּירוּשׁ תִּיקֵּן לְהָבִיא מֶלֶךְ הַמָּשִׁיחַ לְיִשְׂרָאֵל שֶׁיְּהוּ שׁוֹאֲלִין וְדוֹרְשִׁין בְּעִנְיָנוֹ שֶׁל יוֹם הִלְכוֹת פֶּסַח בַּפֶּסַח וְכוּ', וּלְהָכֵי נָקֵיט פֶּסַח בְּרֵישָׁא כִּי בְּנִיסָן נִגְאֲלוּ וּבְנִיסָן עֲתִידִין לִיגָּאֵל (רֹאשׁ הַשָּׁנָה יא.)! וְהִנֵּה לְפִי הַטַּעַם שֶׁהֵבֵאתִי לְעֵיל שֶׁבַּמּוֹעֲדִים יִהְיֶה תִּיקּוּן לַעֲוֹן הָעֵגֶל, וְיָדוּעַ דַּעֲוֹן הָעֵגֶל לֹא נִטְהַר לְגַמְרֵי וְכָל מֶשֶׁךְ הַגָּלוּת הֵם לוֹקִין חֵלֶק אֶחָד בַּעֲבוּרוֹ, וּכְמוֹ שֶׁאָמְרוּ רז"ל (סַנְהֶדְרִין קב.) אֵין לְךָ כָּל פְּקִידָה וּפְקִידָה שֶׁאֵין בָּהּ מֵעֲוֹן הָעֵגֶל דִּכְתִיב (שְׁמוֹת לב, לד) 'וּבְיוֹם פָּקְדִי וּפָקַדְתִּי עֲלֵיהֶם חַטָּאתָם' אִם כֵּן יָבֹא נָכוֹן רֶמֶז שֶׁרִמַּזְנוּ עַל בִּיאַת מֶלֶךְ הַמָּשִׁיחַ בַּעֲבוּר זְכוּת דְּרָשׁוֹת הִלְכוֹת הַמּוֹעֲדִים בִּזְמַנָּן. וּבָזֶה פֵּרַשְׁתִּי בס"ד רָמַז הַכָּתוּב בְּדָנִיֵּאל (דָּנִיֵּאל יב, ו) וַיֹּאמֶר לָאִישׁ לְבוּשׁ הַבַּדִּים אֲשֶׁר מִמַּעַל לְמֵימֵי הַיְאֹר עַד מָתַי קֵץ הַפְּלָאוֹת, וָאֶשְׁמַע אֶת הָאִישׁ לְבוּשׁ הַבַּדִּים אֲשֶׁר מִמַּעַל לְמֵימֵי הַיְאֹר וַיָּרֶם יְמִינוֹ וּשְׂמֹאלוֹ אֶל הַשָּׁמַיִם וַיִּשָּׁבַע בְּחֵי הָעוֹלָם כִּי לְמוֹעֵד מוֹעֲדִים וָחֵצִי וּכְכַלּוֹת נַפֵּץ יַד עַם קֹדֶשׁ תִּכְלֶינָה כָל אֵלֶּה, פֵּירוּשׁ תָּלָה לוֹ הַגְּאֻולָּה בַּמּוֹעֲדִים שֶׁהֵם שְׁלֹשָׁה, וְאָמַר לְמוֹעֵד זֶה חַג הַפֶּסַח וּמוֹעֲדִים זֶה חַג הַסֻּוכּוֹת שֶׁמְּצֹורָף עִמּוֹ שְׁמִינִי חַג עֲצֶרֶת שֶׁהוּא חַג בִּפְנֵי עַצְמוֹ וַחֲצִי זֶה חַג הַשָּׁבוּעוֹת שֶׁהוּא חֲצִי פֶּסַח מִפְּנֵי שֶׁהוּא יוֹם אֶחָד בִּלְבַד וּפֶסַח יֵשׁ בּוֹ שְׁנֵי יוֹם טוֹב בָּרִאשׁוֹן וּבַשְּׁבִיעִי וְאָמַר לוֹ סְגֻולָּה שֵׁנִית וּכְכַלּוֹת נַפֵּץ יַד עַם קֹדֶשׁ , דְּהַיְינוּ שֶׁתִּכְלֶה הַשִּׂנְאָה וְהַמַּחֲלֹוקֶת שֶׁעוֹשֶׂה פֵּירוּד וּפִיזּוּר יָד עַם קוֹדֶשׁ, אָז תִּכְלֶינָה כָּל אֵלֶּה הַצָּרוֹת וְהַגָּלִיּוֹת אֲשֶׁר אַתָּה רוֹאֶה, וְגַם רָמַז לוֹ עַל עֲוֹן הָעֵגֶל שֶׁחָטְאוּ בְּ'אֵלֶּה אֱלֹקֶיךָ יִשְׂרָאֵל' (שְׁמוֹת לב, ד) שֶׁיְּתֻוקַּן וְיוּסַר הַפְּגָם הַזֶּה לְגַמְרֵי. וְהִנֵּה נִרְאֶה לִי בס"ד לִרְמֹוז סוֹפֵי תֵּיבוֹת 'פַּס ח ח ג עָצַר ת ' שֶׁהֵם שֶׁלְּשֵׁם רַגְלַיִם אֵלּוּ שֶׁתִּיקֵּן מֹשֶׁה רַבֵּינוּ ע"ה לְיִשְׂרָאֵל בָּהֶם הוּא חג"ת [חֶסֶד, גְּבוּרָה, תִּפְאֶרֶת] שֶׁהֵם דַּרְגִין דְּאַבְרָהָם יִצְחָק וְיַעֲקֹב שֶׁהֵם בְּחֶסֶד וּגְבוּרָה וְתִפְאֶרֶת, וְיָדוּעַ כִּי שְׁלֹשָׁה רְגָלִים הֵם כְּנֶגֶד שְׁלשָׁה אָבוֹת, סֻוכּוֹת לְאַבְרָהָם אָבִינוּ ע"ה, פֶּסַח לְיִצְחָק אָבִינוּ ע"ה, עֲצֶרֶת לְיַעֲקֹב אָבִינוּ ע"ה. וּבָזֶה יוּבָן (שְׁמוֹת כג, יד) שָׁלֹשׁ רְגָלִים 'תָּחֹג' לִי בְּשָׁנָה, כִּי שָׁלֹשׁ רְגָלִים הֵם סוֹד חג"ת [חֶסֶד, גְּבוּרָה, תִּפְאֶרֶת] , וְאָמַר 'תָּחֹג' הִתְחִיל מִן עֲצֶרֶת וְסִיֵּים בְּפֶסַח. וְנִרְאֶה עַל יְדֵי דְּרָשַׁת הַהֲלָכָה שֶׁדּוֹרְשִׁין בָּהֶם תִּשְׁתַּלֵּם הַכַּלָּה הָעֶלְיוֹנָה שֶׁהִיא אוֹתִיּוֹת הֲלָכָה בְּאוֹרוֹת חג"ת [חֶסֶד, גְּבוּרָה, תִּפְאֶרֶת] וְאָז תְּקַבֵּל הַמֹּוחִין שֶׁהֵם אוֹרוֹת הַחַיִּים .
Nos maîtres ont enseigné : Moche a institué pour eux, pour Israël, qu'ils interrogent et exposent le sujet du jour, les lois de Pessa'h à Pessa'h, les lois de Atseret à Atseret, les lois de la fête à la fête. Il y a lieu de comprendre le mot « pour eux », qui paraît superflu. Il me semble, avec l'aide du Ciel, de l'expliquer d'après ce qu'a écrit le Gaon le Taz, de mémoire bénie, sur ce que dit le Choulhan Aroukh au chapitre 429 : on interroge sur les lois de Pessa'h trente jours avant la fête. Il en résulte une conséquence en matière d'argent, car il est enseigné au chapitre Hachoel (Baba Metsia 97a) : les maîtres dirent à Rava, « notre maître nous est emprunté ». Rachi explique : notre maître est retenu pour notre service, pour nous enseigner la Torah, puisqu'il siège et nous enseigne la Torah toute la journée ; si donc nous lui empruntons une bête et qu'elle meure, nous sommes exempts, car c'est un emprunt fait en présence du propriétaire [cheela bibealim]. Rava se fâcha et leur dit : vous voulez me faire perdre mon argent ? C'est vous plutôt qui m'êtes empruntés, car moi, je peux me dérober d'un traité à un autre. C'est-à-dire : lorsque je veux commencer un autre traité pour qu'il ne s'oublie pas de moi, vous ne pouvez pas m'en empêcher, tandis que vous, vous ne pouvez pas vous dérober. Et il n'en est pas ainsi : lui leur est emprunté aux jours de kalla, quand on expose avant la fête les lois de la fête, car alors il ne peut pas se dérober vers un autre traité ; et eux lui sont empruntés les autres jours. S'il en est ainsi, il en résulte une conséquence : si les élèves ont emprunté une bête au maître dans les trente jours qui précèdent Pessa'h et qu'elle est morte, ils sont exempts, car ce temps-là lui est assujetti à leur égard et c'est un emprunt en présence du propriétaire. Ainsi cela me paraît juste — fin de ses paroles. Or on sait que le mot « pour eux » s'expose comme « pour toi » et « pour vous », dont nos maîtres ont exposé : « envoie pour toi des hommes » (Bamidbar 13, 2), pour ton profit et pour ton bien ; de même « prends pour toi des aromates » (Chemot 30, 34), pour ton profit et pour ton bien, comme il est rapporté dans le Zohar sacré ; et ils ont ainsi exposé le mot « pour vous » en plusieurs endroits. Ici aussi le mot « pour eux » s'expose : pour leur profit et pour leur bien. C'est-à-dire que cette institution de notre maître Moche, que la paix soit sur lui — qu'ils interrogent et exposent les lois de Pessa'h à Pessa'h, etc. — fut pour le bien d'Israël. Car alors, si Israël empruntaient à notre maître Moche, en ces jours-là, une bête ou quelque autre objet et qu'il fut perdu, ils seraient exempts de le lui payer, puisque c'est un emprunt en présence du propriétaire : en vertu de cette institution même, il leur est assujetti pour leur enseigner les lois de la fête et ne peut pas se dérober vers d'autres matières. C'est pourquoi il est dit « il a institué pour eux, pour Israël », c'est-à-dire pour leur bien et leur profit, quant à l'argent. Il me semble encore, avec l'aide du Ciel, de voir dans le mot « lahem » une allusion : ses lettres sont les initiales de lehavi melekh haMachiah, amener le roi Machiah. Car par le mérite des expositions que l'on fait aux fêtes, où se rassemble un peuple nombreux, il y a là splendeur du roi, et le mérite de la Torah de ces expositions peut alors amener le roi Machiah. C'est le sens de « il a institué pour eux, pour Israël » : il a institué d'amener le roi Machiah à Israël, par le fait qu'ils interrogent et exposent le sujet du jour, les lois de Pessa'h à Pessa'h, etc. Et c'est pour cela que Pessa'h est cité en premier, car c'est en nissan qu'ils furent délivrés et en nissan qu'ils sont destinés à être délivrés (Roch Hachana 11a). Or selon la raison que j'ai apportée plus haut, selon laquelle les fêtes réparent la faute du veau — et l'on sait que la faute du veau n'a pas été entièrement purifiée, et que durant toute la durée de l'exil ils en portent une part, comme l'ont dit nos maîtres (Sanhédrin 102a) : il n'est pas de visitation qui ne contienne quelque chose de la faute du veau, ainsi qu'il est écrit « et au jour où Je visiterai, Je visiterai sur eux leur faute » (Chemot 32, 34) — l'allusion que nous avons faite à la venue du roi Machiah par le mérite des expositions sur les lois des fêtes en leur temps vient bien à propos. Par là j'ai expliqué, avec l'aide du Ciel, l'allusion du verset de Daniel (12, 6-7) : « et il dit à l'homme vêtu de lin, qui se tenait au-dessus des eaux du fleuve : jusqu'à quand la fin des merveilles ? Et j'entendis l'homme vêtu de lin, qui se tenait au-dessus des eaux du fleuve ; il leva sa droite et sa gauche vers les cieux et jura par le Vivant du monde que ce serait pour un temps, des temps et une moitié, et quand s'achèvera la dispersion de la main du peuple saint, tout cela prendra fin ». Explication : il lui a suspendu la délivrance aux fêtes, qui sont trois. Il a dit « un temps », c'est la fête de Pessa'h ; « des temps », c'est la fête de Souccot, à laquelle s'adjoint Chemini Atseret, qui est une fête à part entière ; « et une moitié », c'est la fête de Chavouot, qui est la moitié de Pessa'h parce qu'elle ne dure qu'un seul jour, tandis que Pessa'h comporte deux jours de fête, le premier et le septième. Et il lui a dit une seconde segoula : « et quand s'achèvera la dispersion de la main du peuple saint », c'est-à-dire que cessera la haine et la dispute qui produit la division et la dispersion de la main du peuple saint ; alors prendront fin toutes ces détresses et ces exils que tu vois. Il lui a aussi fait allusion à la faute du veau, où ils ont fauté par « voici ton dieu, Israël » (Chemot 32, 4), et il lui a annoncé que ce dommage sera réparé et entièrement ôté. Et il me semble, avec l'aide du Ciel, de voir une allusion dans les dernières lettres de pessa'h, haG, atsereT — ces trois pèlerinages que notre maître Moche, que la paix soit sur lui, a institués pour Israël — qui forment HaGaT ['hessed, guevoura, tiferet], lesquelles sont les degrés d'Avraham, Its'hak et Yaakov, qui se tiennent dans 'hessed, guevoura et tiferet. Et l'on sait que les trois pèlerinages correspondent aux trois patriarches : Souccot à Avraham notre père, Pessa'h à Its'hak notre père, Atseret à Yaakov notre père. Par là se comprend « trois pèlerinages tu célébreras (tahog) pour Moi dans l'année » (Chemot 23, 14), car les trois pèlerinages sont le sod de HaGaT ; et il a dit « tahog » : il a commencé par Atseret et achevé par Pessa'h. Et il apparaît que par l'exposition de la halakha que l'on expose en ces jours, la kalla d'en haut, qui est les lettres du mot halakha, se complétera par les lumières de HaGaT, et alors elle recevra les mohin, qui sont les lumières de la vie.
💡 Explication

La guemara revient à la michna, qui tire du verset la règle des lectures de fête. La baraita en tire une seconde institution : l'enseignement public suit le calendrier. Rachi pose la question de fond — Moche a transmis toutes les mitsvot, pourquoi ce verset sur les fêtes ? — et répond que le verset porte sur la manière : chaque fête exposée en son temps.

🖼️ Schéma
La takkana de Moche : le sujet du jour, fête par fête « Et Moche dit les fêtes de Hachem aux enfants d'Israël » — Vayikra 23, 44 Rachi : pourquoi ce verset, puisque Moche a transmis toutes les mitsvot ? Pour enseigner qu'il exposait chaque fête en son temps. Pessa'h on interroge et l'on expose les lois de Pessa'h cité en premier Atséret on interroge et l'on expose les lois de Atseret Chavouot Le hag on interroge et l'on expose les lois de la fête Souccot Portée de la takkana L'étude du jour suit le calendrier : la fête se comprend au moment où on la vit, et le public l'entend expliquer devant lui.
Le verset de Vayikra fonde deux choses : la lecture de chaque fête en son temps, et l'exposition publique du sujet du jour.
18
הֲדַרַן עֲלָךְ בְּנֵי הָעִיר וּסְלִיקָא לַהּ מַסֶּכֶת מְגִילָּה

Nous reviendrons vers toi, chapitre Bnei haïr, et le traité Meguila est achevé.

📜 Rachi (1)
הֲדַרַן עֲלָךְ בְּנֵי הָעִיר וּסְלִיקָא לַהּ מַסֶּכֶת מְגִילָּה
Nous reviendrons vers toi, chapitre Bnei haïr, et le traité Meguila est achevé.
🗂️ Tossefot (1)
הֲדַרַן עֲלָךְ בְּנֵי הָעִיר וּסְלִיקָא לַהּ מַסֶּכֶת מְגִילָּה
Nous reviendrons vers toi, chapitre Bnei haïr, et le traité Meguila est achevé.
⚖️ Rosh (1)
וַיְדַבֵּר מֹשֶׁה אֶת מֹועֲדֵי ה' וְגוֹ' ת"ר מֹשֶׁה תִּיקֵּן לָהֶם לְיִשְׂרָאֵל שֶׁיְּהוּ שׁוֹאֲלִין וְדוֹרְשִׁין בְּעִנְיָנוֹ שֶׁל יוֹם הִלְכוֹת פֶּסַח בַּפֶּסַח וְהִלְכוֹת עֲצֶרֶת בַּעֲצֶרֶת וְהִלְכוֹת הַחַג בֶּחָג: 0הֲדַרַן עֲלָךְ בְּנֵי הָעִיר וּסְלִיקָא לַהּ מַסֶּכְתָּא מְגִילָּה
« Et Moche dit les fêtes de Hachem, etc. » Nos maîtres ont enseigné : Moche a institué pour Israël qu'ils interrogent et exposent le sujet du jour — les lois de Pessa'h à Pessa'h, les lois de Atseret à Atseret et les lois de la fête à la fête. Nous reviendrons vers toi, chapitre Bnei haïr, et le traité Meguila est achevé.
💡 Explication

Formule de clôture. Hadran alakh marque l'engagement de revenir au chapitre que l'on vient d'achever, et sslika la massekhet signale la fin du traité.

🖼️ Schéma
Carte du folio : de la bénédiction à la clôture du traité Baraita et halakha Rabbi Meir ferme le rouleau pour bénir, Rabbi Yehouda bénit sur le rouleau ouvert ; la halakha suit Rabbi Yehouda. Rabbi Zeira au nom de Rav Matna Les lou'hot et les bimot n'ont pas de sainteté. Rabbi Chefatia au nom de Rabbi Yo'hanan — cinq enseignements 1. On arrête le rouleau sur la couture. 2. On roule par l'extérieur, on serre par l'intérieur. 3. Sur dix qui ont lu, le plus grand roule et reçoit une récompense égale à celle de tous. 4. On peut se servir d'une bat kol — Yechayahou 30, 21. 5. Lire sans mélodie et étudier sans chant — Yé'hezkel 20, 25 ; Abaye applique le verset à la dispute entre maîtres. Rabbi Parna'kh au nom de Rabbi Yo'hanan Tenir le sefer torah a nu : il perd la récompense de la mitsva accomplie à cet instant. Rabbi Yannai On roule l'étoffe autour du rouleau et l'on évite de rouler le rouleau dans l'étoffe. Michna et clôture Moche a institué que l'on interroge et que l'on expose le sujet du jour, fête par fête. Hadran alakh Bnei haïr.
Récapitulation du folio, de la bénédiction sur le rouleau ouvert jusqu'à la clôture du traité.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).