Megillah 31b — Les lectures du 9 Av, l'ordre des sacrifices comme expiation, et les deux séries de malédictions

Megillah 31b

Sougya : Le folio poursuit la liste des lectures de la Torah et des haftarot ouverte par la michna. Il fixe d'abord ce qu'on lit à Roch Hodech Av tombant un Chabbat et le 9 Av lui-même, puis passe aux maamadot et au récit de la Création : Rabbi Ami enseigne que sans eux le ciel et la terre ne subsisteraient pas.

Suit l'échange entre Avraham et le Saint béni soit-Il sur le « à quoi saurai-je » de l'alliance des morceaux : les sacrifices expient, et lorsque le Temple n'est plus là, la lecture de l'ordre des sacrifices en tient lieu. La seconde moitié traite des malédictions lues aux jours de jeûne : on ne les coupe pas entre deux lecteurs, et Abaye distingue les malédictions du Lévitique, dites par Moche de la bouche de la Gevoura, de celles du Deutéronome, qu'il a dites de lui-même.

Le daf se clôt sur l'institution d'Ezra — achever les malédictions avant Atseret et avant Roch Hachana — et sur la mahloket de Rabbi Meir et Rabbi Yehouda sur le point de reprise de la lecture publique.

Les lectures autour du 9 Av : la guemara et l'usage reçu Guemara (notre daf) Roch Hodech Av tombant un Chabbat haftara : Hodchekhem oumoadekhem (Yechayahou 1,14 - elles Me sont à charge) 9 Av : haftara selon Rav Eikha hayeta lezona (Yechayahou 1,21) Torah : trois avis dans la baraita Abaye : usage de son temps Torah : Ki tolid banim (Devarim 4) haftara : Assof assifem (Yirmeya 8) Tossefot : cycle de la Pessikta Avant le 9 Av : 3 de-pouranouta Divre Yirmeya - Chimou devar - Hazon Roch Hodech Av : on lit Chimou devar Après le 9 Av : 7 de-nehemta Nahamou - Vatomer Tsion - Aniya soara Anokhi - Roni akara - Koumi ori - Sos assis Puis 2 de-teyouvta Dirchou (jeûne de Guedalia) Chouva (Chabbat avant Kippour) Signe mnémonique du cycle : DaCHa-H NO-A ARa-K CHaDa-CH, à partir de la parcha de Pinhas
Les haftarot du mois d'Av : ce que dit la guemara et le cycle de la Pessikta suivi par Tossefot.
Les deux séries de malédictions : Torat Kohanim et Michne Torah Torat Kohanim (Behoukotai) Michne Torah (Ki Tavo) Forme énoncées au pluriel Forme énoncées au singulier Origine (Abaye) Moche les dit mipi ha-Gevoura (de la bouche de la Puissance d'en haut) Origine (Abaye) Moche les dit mipi atsmo (de lui-même ; Tossefot : par roua'h hakodech) Lecture publique : on ne coupe pas un seul lecteur les lit d'un bout à l'autre Lecture publique : on peut couper Rav Houna à Levi bar Bouti : à ta guise Institution d'Ezra on les achève avant Atseret Institution d'Ezra on les achève avant Roch Hachana Raison commune : que l'année s'achève avec ses malédictions - Atseret étant lui aussi un roch hachana (fruits de l'arbre)
Le partage d'Abaye entre les deux séries de malédictions, et ses conséquences pratiques.
Où reprend-on la lecture ? Rabbi Meir contre Rabbi Yehouda Rabbi Meir : chaque lecture avance le point d'arrêt Chabbat matin arrêt au point A Chabbat minha de A jusqu'à B Lundi de B jusqu'à C Jeudi de C jusqu'à D Chabbat suiv. depuis D Rabbi Yehouda : tout repart du point du Chabbat matin Chabbat matin arrêt au point A Chabbat minha : depuis A Lundi et jeudi : depuis A Chabbat suivant : depuis A Rabbi Zera : la halakha comme Rabbi Yehouda, mais énoncée en toutes lettres, pas par un nom Sur quoi la guemara s'interroge : pourquoi ?
La mahloket sur le point de reprise de la lecture publique, et la formulation de Rabbi Zera.
1
רֹאשׁ חֹדֶשׁ אָב שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת, מַפְטִירִין ״חָדְשֵׁיכֶם וּמוֹעֲדֵיכֶם שָׂנְאָה נַפְשִׁי הָיוּ עָלַי לָטֹורַח״. מַאי ״הָיוּ עָלַי לָטֹורַח״? אָמַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: לֹא דַּיָּין לָהֶם לְיִשְׂרָאֵל שֶׁחוֹטְאִין לְפָנַי, אֶלָּא שֶׁמַּטְרִיחִין אוֹתִי לֵידַע אֵיזוֹ גְּזֵירָה קָשָׁה אָבִיא עֲלֵיהֶם.

Roch Hodech Av qui tombe un Chabbat : on lit comme haftara « Vos néoménies et vos fêtes, mon âme les a haïes, elles Me sont à charge ». Que signifie « elles Me sont à charge » ?

Le Saint béni soit-Il a dit : il ne suffit pas à Israël de fauter devant Moi, ils Me donnent encore la peine de chercher quel décret sévère Je vais faire venir sur eux.

🗂️ Tossefot (1)
רֹאשׁ חֹדֶשׁ אָב שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת מַפְטִירִין חָדְשֵׁיכֶם וּמוֹעֲדֵיכֶם שָׂנְאָה נַפְשִׁי וְגוֹ' וְאֵין אָנוּ עוֹשִׂין כֵּן אֶלָּא מַפְטִיר בְּיִרְמְיָה שָׁמְעוּ דְּבַר ה' וּבְשַׁבָּת שֶׁלִּפְנֵי ט"ב חֲזוֹן יְשַׁעְיָהוּ וְהַטַּעַם לְפִי שֶׁאָנוּ נוֹהֲגִין עַל פִּי הַפְּסִיקְתָּא לוֹמַר ג' דְּפֻורְעָנוּתָא קֹודֶם תִּשְׁעָה בְּאָב וְאֵלּוּ הֵן דִּבְרֵי יִרְמְיָה שָׁמְעוּ דְּבַר ה' חֲזוֹן יְשַׁעְיָהוּ וּבָתַר תִּשְׁעָה בְּאָב שָׁב דְּנֶחָמְתָּא וְתַרְתֵּי דִּתְיוּבְתָּא וְאֵלּוּ הֵן נַחֲמוּ נַחֲמוּ וַתֹּאמֶר צִיּוֹן עֲנִיָּה סֹועֲרָה לְבַדָּהּ אָנֹכִי אָנֹכִי רָנִי עֲקָרָה קוּמִי אוֹרִי שׂוֹשׂ אָשִׂישׂ דָּרְשׁוּ שׁוּבָה וּלְפִיכָךְ מַקְדִּימִין עֲנִיָּה סֹועֲרָה קֹודֶם רָנִי עֲקָרָה דְּדֶרֶךְ הַנֶּחָמוֹת לִהְיוֹת הוֹלְכוֹת וּמְשֻׁובָּחוֹת יוֹתֵר וְסֵדֶר זֶה מַתְחִיל בְּפִנְחָס וְסִימָנָיךְ דְּשַׁ"ח נו"ע אר"ק שד"ש וּלְעוֹלָם שׂוֹשׂ אָשִׂישׂ בָּאתֶם נִצָּבִים דְּהַייְנוּ שַׁבָּת שֶׁלִּפְנֵי ר"ה לְפִי שֶׁהוּא סוֹף הַנֶּחָמוֹת וְדָרְשׁוּ בְּצוֹם גְּדַלְיָה וְשׁוֹבֶה בְּשַׁבָּת שֶׁלִּפְנֵי יוֹם הַכִּפּוּרִים וּכְשֶׁיֵּשׁ שַׁבָּת בֵּין יוֹם הַכִּפּוּרִים לְסֻוכּוֹת אָז הָוֵי דָּרְשׁוּ בְּשַׁבָּת שֶׁלִּפְנֵי יוֹם הַכִּפּוּרִים מִשּׁוּם דִּכְתִיב בֵּיהּ דִּרְשׁוּ ה' בְּהִמָּצְאוֹ וְהַייְנוּ בִּימֵי תְּשׁוּבָה וְשׁוֹבֶה בֵּין כִּפּוּר לְסֻוכּוֹת דִּכְתִיב בָּהּ וְנָתַתִּי לְךָ יוֹרֶה וּמַלְקוֹשׁ וְכֵן וַה' נָתַן קוֹלוֹ לִפְנֵי חֵילוֹ דְּמִישְׁתַּעֵי בְּמַיִם דְּשַׁייָּךְ שַׁפִּיר לִפְנֵי סֻוכּוֹת וְזֶה הַמִּנְהָג לֹא יִשְׁתַּנֶּה לְעוֹלָם ע"פ הַפְּסִיקְתָּא וְכֵן פֵּירֵשׁ ר"ת וְלֹא כְּדִבְרֵי רַב הַחוֹבֵל הַהוֹפֵךְ וּמְבַלְבֵּל לוֹמַר שׁוּבָה קֹודֶם כִּפּוּר וְשׂוֹשׂ אָשִׂישׂ בֵּין כִּפּוּר לְסֻוכּוֹת דְּאֵין לְהַפְסִיק בֵּין הַשֵּׁשׁ נֶחָמוֹת לִשְׁבִיעִית אֶלָּא כְּדִבְרֵי רַבֵּינוּ תָּם עִם יְשָׁרִים נֶחְתַּם שׂוֹשׂ אָשִׂישׂ בְּרֵאשִׁיתוֹ וְשׁוֹבֶה בְּאַחֲרִיתוֹ וְהָא שֶׁאֵין אָנוּ מַפְטִירִין חֲזוֹן בְּשַׁבָּת שֶׁחָל בּוֹ ר"ח אָב מִשּׁוּם דְּקַיְימָא לָן דְּאֵין אֲבֵילוּת חָל אֶלָּא בְּשָׁבוּעַ שֶׁחָל ט"ב לִהְיוֹת בְּתוֹכָהּ וְרַב דְּאָמַר דְּמַפְטִיר חֲזוֹן סָבַר דְּהָאֲבֵלוּת חָל מִיָּד שֶׁנִּכְנַס ר"ח וְאֵין הֲלָכָה כֵּן וְכֵן פֵּירֵשׁ הר"ר אֱלִיעֶזֶר מִמִּיץ וּלְכָךְ אָנוּ מַפְטִירִין שָׁמְעוּ וְכֵן אָנוּ נוֹהֲגִין ע"פ מַסֶּכֶת סוֹפְרִים שֶׁאָנוּ קוֹרִין וַיְחַל בְּתַעֲנִיּוֹת וּבְמַתְנִיתִין אָמְרִינַן שֶׁקּוֹרִין בְּרָכוֹת וּקְלָלוֹת:
Et nous, nous ne faisons pas ainsi : on lit comme haftara, dans Yirmeya, « Écoutez la parole de Hachem », et le Chabbat qui précède le 9 Av, « Vision de Yechayahou ». La raison en est que nous suivons la Pessikta, qui prescrit de dire trois haftarot de châtiment avant le 9 Av — ce sont « Paroles de Yirmeya », « Écoutez la parole de Hachem », « Vision de Yechayahou » — et après le 9 Av sept haftarot de consolation et deux de retour, qui sont : « Consolez, consolez », « Et Tsion a dit », « Affligée, battue par la tempête », « Moi, Moi », « Chante, stérile », « Lève-toi, brille », « Je me réjouirai », « Cherchez », « Reviens ». C'est pourquoi on avance « Affligée, battue par la tempête » avant « Chante, stérile », car les consolations vont en croissant. Cet ordre commence à la parcha de Pinhas, et son signe mnémonique est DaCHa-H NO-A ARa-K CHaDa-CH. Toujours « Je me réjouirai » tombe à Atem Nitsavim, c'est-à-dire le Chabbat qui précède Roch Hachana, puisque c'est la dernière des consolations ; « Cherchez » au jeûne de Guedalia et « Reviens » le Chabbat qui précède Yom Kippour. Lorsqu'il y a un Chabbat entre Yom Kippour et Souccot, alors « Cherchez » se lit le Chabbat qui précède Yom Kippour, puisqu'il y est écrit « Cherchez Hachem pendant qu'Il se trouve », ce qui vise les jours de techouva, et « Reviens » entre Kippour et Souccot, puisqu'il y est écrit « Je te donnerai la pluie de la première et de l'arrière-saison », ainsi que « Et Hachem a fait entendre Sa voix devant Son armée », qui parle des eaux et convient bien avant Souccot. Cet usage ne changera jamais, conformément à la Pessikta, et ainsi a expliqué Rabbenou Tam, à la différence des paroles de « Rav Ha-hovel » qui renverse et brouille l'ordre en disant « Reviens » avant Kippour et « Je me réjouirai » entre Kippour et Souccot, car on ne doit pas séparer les six consolations de la septième. La règle est donc celle de Rabbenou Tam : « avec les hommes droits le sceau est apposé » — « Je me réjouirai » au commencement et « Reviens » à la fin. Quant au fait que nous ne lisons pas « Vision » le Chabbat où tombe Roch Hodech Av, c'est parce que nous tenons que le deuil ne prend effet que dans la semaine où tombe le 9 Av ; et Rav, qui dit qu'on lit « Vision », tient que le deuil prend effet dès l'entrée de Roch Hodech, mais la halakha n'est pas ainsi, et ainsi a expliqué Rabbi Eliezer de Metz. C'est pourquoi nous lisons en haftara « Écoutez ». De même nous suivons le traité Soferim, en lisant « Vayehal » aux jours de jeûne, alors que notre michna dit qu'on lit les bénédictions et les malédictions.
🪔 Ben Yehoyada (1)
לֹא דִּין לָהֶם לְיִשְׂרָאֵל שֶׁחוֹטְאִין לְפָנַי, אֶלָּא שֶׁמַּטְרִיחִין אוֹתִי לֵידַע אֵיזוֹ גְּזֵרָה קָשָׁה אָבִיא עֲלֵיהֶם. הָא וַדַּאי אֵין טֹורַח שַׁייָּךְ אֶצְלוֹ יִתְבָּרֵךְ, כִּי הוּא יִתְבָּרֵךְ לֹא יִיעַף וְלֹא יִגַּע, אֵין חֵקֶר לִתְבוּנָתוֹ, וְכָל הָעוֹלָם כֻּולּוֹ סוֹקְרוֹ בִּסְקִירָה אַחַת, דִּכְתִיב (יְשַׁעְיָה מ, כו) הַמּוֹצִיא בְּמִסְפַּר צְבָאָם, (תְּהִלִּים לג, טו) הַמֵּבִין כָּל מַעֲשֵׂיהֶם, אַךְ לָשׁוֹן זֶה נֶאֱמַר לְשַׁכֵּךְ אֶת הָאֹוזֶן, לְהַלְהִיב לְבָבוֹת יִשְׂרָאֵל וּלְהַחֲרִידָם שֶׁיִּהְיֶה הֶעָוֹן קָשֶׁה וְחָמוּר בְּעֵינֵיהֶם וְיַעֲשׂוּ תְּשׁוּבָה. וְעוֹד נִרְאֶה לִי נָקֵיט הָכִי עַל דֶּרֶךְ מַה שֶׁכָּתַב רַבֵּינוּ מָהָרָ"ם אַלְשֵׁיךְ זַ"ל בְּבֵיאוּר 'מְנָאָן לֵידַע הַנּוֹתָרִים' (רַשִׁ"י עַל בַּמִּדְבָּר א, א) דְּהַכַּוָּנָה הוּא שֶׁיִּהְיוּ הַנּוֹתָרִים יוֹדְעִין כַּמָּה הֵן, וְכֵן כָּאן לֵידַע הַמַּלְאָכִים וּנְשָׁמוֹת הַצַּדִּיקִים אֵיזוֹ גְּזֵרָה קָשָׁה אָבִיא עֲלֵיהֶם יַעַן כִּי דַּרְכּוֹ יִתְבָּרֵךְ לְהוֹדִיעַ תְּחִלָּה אֶת הַגְּזֵרָה לַמַּלְאָכִים וּנְשָׁמוֹת הַצַּדִּיקִים אֲשֶׁר לְמַעְלָה בַּשָּׁמַיִם וַאֲשֶׁר בְּגַן עֵדֶן הָאָרֶץ כְּדֵי שֶׁיִּתְפַּלְּלוּ עַל הַחַיִּים כְּמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר (עָמוֹס ג, ז) 'כִּי לֹא יַעֲשֶׂה אֵד' אֱלֹקִים דָּבָר כִּי אִם גָּלָה סוֹדוֹ אֶל עֲבָדָיו הַנְּבִיאִים'.
« Il ne suffit pas à Israël de fauter devant Moi, ils Me donnent encore la peine de chercher quel décret sévère Je vais faire venir sur eux. » Assurément, aucune peine ne s'applique à Lui, béni soit-Il, car Il ne se fatigue ni ne se lasse, Son intelligence est insondable, et Il embrasse le monde entier d'un seul regard, comme il est écrit (Yechayahou 40,26) « Celui qui fait sortir leur armée par le nombre », (Tehilim 33,15) « Celui qui discerne toutes leurs œuvres ». Cette expression a été employée pour parler à l'oreille [humaine], pour enflammer les cœurs d'Israël et les faire trembler, afin que la faute soit grave et lourde à leurs yeux et qu'ils fassent techouva (retour). Il me semble en outre que cette formule est employée selon ce qu'a écrit notre maître le Maharam Alchikh, de mémoire bénie, en expliquant « Il les compta pour connaître ceux qui restaient » (Rachi sur Bamidbar 1,1) : l'intention est que ceux qui restaient sachent combien ils sont. De même ici, « pour savoir » signifie que les anges et les âmes des justes sachent quel décret sévère Je vais faire venir sur eux, car telle est Sa voie, béni soit-Il, de faire connaître d'abord le décret aux anges et aux âmes des justes qui sont en haut dans les cieux et au Gan Éden terrestre, afin qu'ils prient pour les vivants, comme il est dit (Amos 3,7) « Car le Seigneur D.ieu ne fait rien sans avoir révélé Son secret (sod) à Ses serviteurs les prophètes ».
💡 Explication

La michna a énuméré les lectures des quatre parachiot et des fêtes ; la guemara achève ici la liste par les lectures liées au deuil du mois d'Av. Le verset choisi comme haftara (Yechayahou 1,14) réunit deux motifs : il parle de Roch Hodech et il parle de réprobation, ce qui convient à l'approche du 9 Av.

La guemara s'arrête sur l'expression « elles Me sont à charge ». La charge ne porte pas sur la faute elle-même mais sur ce qu'elle oblige à faire ensuite : délibérer du décret. Le Ben Yehoyada précisera que ce langage est une façon de parler adressée à l'oreille humaine.

2
בְּתִשְׁעָה בְּאָב גּוּפֵיהּ מַאי מַפְטְרִינַן? אָמַר רַב: ״אֵיכָה הָיְתָה לְזוּנָהּ״. מִקְרָא מַאי? תַּנְיָא, אֲחֵרִים אוֹמְרִים: ״וְאִם לֹא תִשְׁמְעוּ לִי״, רַבִּי נָתָן בַּר יוֹסֵף אוֹמֵר: ״עַד אָנָה יְנַאֲצֻונִי הָעָם הַזֶּה״, וְיֵשׁ אוֹמְרִים: ״עַד מָתַי לָעֵדָה הָרָעָה הַזֹּאת״. אָמַר אַבַּיֵּי: הָאִידָּנָא נְהוּג עָלְמָא לְמִיקְרֵי ״כִּי תּוֹלִיד בָּנִים״, וּמַפְטִירִין ״אַסּוֹף אֲסִיפָם״.

Le 9 Av lui-même, que lisons-nous comme haftara ? Rav a dit : « Comment est-elle devenue une prostituée ».

Et quelle lecture de la Torah ? Il a été enseigné dans une baraita : d'autres disent « Et si vous ne M'écoutez pas » ; Rabbi Natan bar Yossef dit : « Jusqu'à quand ce peuple Me méprisera-t-il » ; et certains disent : « Jusqu'à quand cette communauté mauvaise ».

Abaye a dit : aujourd'hui, l'usage répandu est de lire « Quand tu engendreras des enfants », et de lire en haftara « Je les balaierai entièrement ».

📜 Rachi (1)
עַד אָנָה יִנְאָצוּנִי וְעַד מָתַי לָעֵדָה הָרָעָה תַּרְוַייְהוּ בַּמְרַגְּלִים וְהֵם חָזְרוּ בט"ב כִּדְאָמְרִינַן בְּמַסֶּכֶת תַּעֲנִית (דַּף כט.):
Les deux se rapportent aux explorateurs, et ceux-ci revinrent le 9 Av, comme nous le disons au traité Taanit (29a).
💡 Explication

Deux questions distinctes : la haftara du 9 Av, puis la lecture de la Torah de ce jour. Les trois avis de la baraita choisissent des passages de châtiment ; les deux derniers portent sur l'épisode des explorateurs, que Rachi rattache précisément au 9 Av.

Abaye conclut en donnant l'usage effectif de son temps, qui est celui que nous suivons encore : Devarim 4,25 et suivants pour la Torah, Yirmeya 8,13 et suivants pour la haftara.

3
[בְּמַעֲמָדוֹת] בְּמַעֲשֵׂה בְּרֵאשִׁית וְכוּ׳. מְנָהָנֵי מִילֵּי? אָמַר רַבִּי אַמִּי: אִלְמָלֵא מַעֲמָדוֹת לֹא נִתְקַיְּימוּ שָׁמַיִם וָאָרֶץ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אִם לֹא בְרִיתִי יוֹמָם וָלָיְלָה חֻוקּוֹת שָׁמַיִם וָאָרֶץ לֹא שָׂמְתִּי״.

[Aux maamadot] on lit le récit de la Création, etc. D'où cette règle ?

Rabbi Ami a dit : sans les maamadot, le ciel et la terre ne subsisteraient pas, ainsi qu'il est dit : « Si Mon alliance jour et nuit n'existait pas, Je n'aurais pas fixé les lois du ciel et de la terre ».

📜 Rachi (1)
מְנָהָנֵי מִילֵּי מָה עִנְיַן בְּרֵאשִׁית אֵצֶל מַעֲמָדוֹת:
Quel rapport y a-t-il entre le récit de la Création et les maamadot ?
💡 Explication

Les maamadot sont les délégations d'Israélites qui accompagnaient, par la lecture et la prière, le service des offrandes publiques. La guemara demande le lien entre cette institution et la lecture du récit de la Création.

Rabbi Ami répond par le verset de Yirmeya 33,25 : l'alliance qui tient le ciel et la terre en place est celle du service quotidien. Lire l'œuvre des commencements pendant que le service s'accomplit relie les deux : ce qui maintient la Création est ce qui se fait au Temple.

4
וּכְתִיב: ״וַיֹּאמֶר ה׳ אֱ-לֹהִים בַּמָּה אֵדַע כִּי אִירָשֶׁנָּה״, אָמַר אַבְרָהָם לִפְנֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, שֶׁמָּא חַס וְשָׁלוֹם יִשְׂרָאֵל חוֹטְאִים לְפָנֶיךָ וְאַתָּה עוֹשֶׂה לָהֶם כְּדוֹר הַמַּבּוּל וּכְדוֹר הַפְּלַגָּה? אָמַר לוֹ: לָאו.

Et il est écrit : « Il dit : Hachem Elokim, à quoi saurai-je que je la posséderai ? » Avraham dit devant le Saint béni soit-Il : Maître du monde, peut-être, à D.ieu ne plaise, Israël fautera devant Toi et Tu leur feras comme à la génération du déluge et comme à la génération de la dispersion ? Il lui dit : non.

📜 Rachi (1)
בַּמֶּה אֵדַע מַה תֹּאמַר לִי לְלַמְּדָן דָּבָר שֶׁיִּתְכַּפְּרוּ בּוֹ עוֹנוֹתֵיהֶן:
Que me diras-tu, pour leur enseigner une chose par laquelle leurs fautes seront expiées ?
🪔 Ben Yehoyada (1)
(וַיִּקְרָא כג, מד) 'וַיְדַבֵּר מֹשֶׁה אֶת מֹעֲדֵי ה' אֶל בְּנֵי יִשְׂרָאֵל', מִצְוָתָן שֶׁיִּהְיוּ קוֹרִין אוֹתָן, כָּל אֶחָד וְאֶחָד בִּזְמַנּוֹ. נִרְאֶה לִי דְּרֵישׁ הַפָּסוּק הָכִי מַה שֶׁיְּדַבֵּר מֹשֶׁה אֶת מֹעֲדֵי ה' הַמִּקְרָאוֹת הַשַּׁייָּכִים לְמוֹעֲדֵי ה' צָרִיךְ שֶׁיִּהְיוּ הַמִּקְרָאוֹת הָאֵלֶּה נִקְרָאִים אֶל בְּנֵי יִשְׂרָאֵל כָּל מִקְרָא בִּזְמַנּוֹ. אָמְנָם צָרִיךְ לְהָבִין לָמָּה יֵשׁ מִצְוָה בְּחִיּוּב קְרִיאַת פָּרָשִׁיּוֹת הַמּוֹעֲדִים בִּזְמַנָּם וַהֲלֹא כָּל הַפָּרָשִׁיּוֹת תּוֹרָה הֵם, וְכָל זְמַן שֶׁאָדָם קוֹרֵא בַּתּוֹרָה יֵשׁ בָּזֶה מִצְוָה וּמָה הֶפְרֵשׁ יֵשׁ בֵּין מִקְרָא בִּזְמַנּוֹ לְמִקְרָא שֶׁאֵינוֹ בִּזְמַנּוֹ? וְנִרְאֶה לִי בס"ד בְּהִקְדִּים מַה שֶּׁכָּתַב הָרַב שַׁעַר הֶחָצֵר זַ"ל בְּשֵׁם סֵפֶר כ"י וְזֶה לְשׁוֹנוֹ, יָדוּעַ מַה שֶׁאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל כִּי כְּשֶׁעָבְדוּ יִשְׂרָאֵל אֶת הָעֵגֶל הָיָה שֵׁשׁ שָׁעוֹת וְלֹא יוֹתֵר, וְקַיְימָא לָן בְּבִיטּוּל הָאִיסּוּר צָרִיךְ שִׁשִּׁים כְּנֶגְדּוֹ, וְעַל כֵּן כְּדֵי שֶׁיִּתְבַּטֵּל הָאִיסּוּר שֶׁל שֵׁשׁ שָׁעוֹת מֶה עָשָׂה הקב"ה? תִּקֵּן לְיִשְׂרָאֵל שָׁלֹשׁ רְגָלִים, שֶׁהֵם שִׁבְעַת יְמֵי סֻוכָּה וְשִׁבְעַת יְמֵי פֶּסַח וְיוֹם אֶחָד שֶׁל שָׁבוּעוֹת, וּבְאֵלּוּ ט"ו יָמִים יֵשׁ שְׁלֹשׁ מֵאוֹת וְשִׁשִּׁים שָׁעוֹת! וּבָזֶה פֵּירְשׁוּ כַּוָּנַת הַמַּסָּרָא אַרְבַּע פְּסוּקִים שֶׁל אֵלֶּה, וְהֵם (תְּהִלִּים מב, ה) אֵלֶּה אֶזְכְּרָה וְאֶשְׁפְּכָה עָלַי נַפְשִׁי, (שְׁמוֹת לב, ד) אֵלֶּה אֱלֹקֶיךָ יִשְׂרָאֵל, (יְשַׁעְיָה מט, טו) גַּם אֵלֶּה תִּשְׁכַּחְנָה, (וַיִּקְרָא כג, ד) אֵלֶּה מוֹעֲדֵי ה', רוֹצֶה לוֹמַר אֵלֶּה אַזְכָּרָה תָּמִיד כְּדֵי לְתַקֵּן וְאֵיזֶהוּ אֵלֶּה ? וְאָמַר אֵלֶּה אֱלֹקֶיךָ יִשְׂרָאֵל שֶׁאָמְרוּ בָּעֵגֶל. וּמֶה הַתִּיקּוּן אֲשֶׁר נַעֲשָׂה כְּדֵי שֶׁגַּם אֵלֶּה תִּשְׁכַּחְנָה ? וְהֵשִׁיב וְאָמַר אֵלֶּה מוֹעֲדֵי הַ ' שֶׁעַל יְדֵי שְׁמִירַת הַמּוֹעֲדִים שֶׁהֵם שַׁ"ס שָׁעוֹת מִתְבַּטְּלִים אוֹתָם שֵׁשׁ שָׁעוֹת שֶׁל הָעֵגֶל שֶׁאָמְרוּ בָּם 'אֵלֶּה אֱלֹקֶיךָ יִשְׂרָאֵל' עַד כָּאן דִּבְרֵי סֵפֶר כ"י שֶׁהֵבִיא הָרַב זַ"ל שָׁם יְעֻויַּן שָׁם. וּבָזֶה פֵּירַשְׁתִּי בס"ד רָמַז הַכָּתוּב מַה שֶׁאָמַר הש"ית לְמֹשֶׁה רַבֵּינוּ ע"ה אַחַר מַעֲשֵׂה הָעֵגֶל, (שְׁמוֹת לג, יט) 'אֲנִי אַעֲבִיר כָּל טוּבִי עַל פָּנֶיךָ' תֵּיבַת טוֹבִי תְּחַלֵּקְנָה לִשְׁתַּיִם וְקָרֵי בָּהּ 'ט"ו בִּי' פֵּירוּשׁ בִּשְׁבִיל תִּיקּוּן עֲוֹן הָעֵגֶל לְבַטֵּל שֵׁשׁ שָׁעוֹת שֶׁל אִיסּוּר אֲנִי אַעֲבִיר כָּל ט " ו יוֹם שֶׁל פֶּסַח וּשְׁבוּעוֹת וְסֻוכּוֹת בִּי כְּלוֹמַר בִּקְדֻושָּׁתִי כְּדֵי לְבַטֵּל אִיסּוּר שֵׁשׁ שָׁעוֹת בִּקְדֻושַּׁת שַׁ"ס שָׁעוֹת שֶׁל ט"ו יָמִים אֵלּוּ וְהִנֵּה הֵם רְמוּזִים עַל פָּנֶיךָ פֵּירוּשׁ בְּאֶמְצַע הַשֵּׁם שֶׁלְּךָ, כִּי כָּל אֶמְצָעִי נִקְרָא פְּנִימִי וְאוֹת שִׁי"ן דְּמֹשֶׁה הִיא אוֹת הַפְּנִימִית שֶׁל שְׁמוֹ אֲשֶׁר בִּמְלוֹאָהּ עוֹלֶה שַׁ"ס, כְּנֶגֶד שַׁ"ס שָׁעוֹת שֶׁל ט"ו יָמִים טוֹבִים הַנִּזְכָּר. נִמְצָא הַמּוֹעֲדִים הֵם תִּיקּוּן פְּגָם עֲוֹן הָעֵגֶל, וְיָדוּעַ כִּי כָּל תִּיקּוּן צָרִיךְ שֶׁיִּהְיֶה לִימּוּד תּוֹרָה כִּי אֵין נַעֲשֶׂה בִּנְיָן לַהֲרִיסַת הֶעָוֹן אֶלָּא עַל יְדֵי הַתּוֹרָה, דִּלְכָךְ הֲתַלְמִידֵי חֲכָמִים שֶׁעוֹסְקִים בַּתּוֹרָה נִקְרָאִין בַּנָּאִין כְּמוֹ שֶׁאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זִ"לִ (בְּרָכוֹת סד.) אַל תִּקְרֵי בָּנַיִךְ אֶל בּוֹנֶיךָ (יְשַׁעְיָה נד, יג) , וְאִם תִּהְיֶה שְׁמִירַת הַמּוֹעֲדִים בִּלְתִּי הִצְטָרְפוּת קְרִיאַת הַתּוֹרָה, לֹא יִהְיֶה בָּהֶם בִּנְיָן לַחֻרְבָּן וַהֲרִיסָה שֶׁעָשׂוּ יִשְׂרָאֵל בָּעֵגֶל בְּנַפְשָׁם הֵן לְמַעְלָה הֵן לְמַטָּה כִּי עִיקַּר הַבִּנְיָן הוּא בִּקְרִיאַת הַתּוֹרָה וְלָכֵן פָּרָשִׁיּוֹת שֶׁל הַמּוּעָדִין מִצְוָתָן שֶׁיִּהְיוּ נִקְרָאִים בִּזְמַנָּן דְּהַייְנוּ בְּתוֹךְ הַמּוֹעֲדִים כְּדֵי שֶׁיִּהְיוּ קְרִיאַת הַתּוֹרָה וְהַמַּעֲשֶׂה בָּאִין כְּאֶחָד כִּי 'כָּל הַקּוֹרֵא בְּפָרָשַׁת עוֹלָה כְּאִלּוּ הִקְרִיב עוֹלָה' (מְנָחוֹת קי.) נִמְצָא זֶה הַקּוֹרֵא הַפָּרָשָׁה בִּזְמַנָּהּ יֵשׁ בְּיָדוֹ שְׁתַּיִם אַחַת קְרִיאַת הַתּוֹרָה שֶׁבָּהּ עִיקַּר הַבִּנְיָן וְהַשֵּׁנִי הַמַּעֲשֶׂה שֶׁל הַהַקְרָבָה וּבָזֶה תּוֹעִיל קְדֻושַּׁת עִיצּוּמוֹ שֶׁל אוֹתוֹ הַיּוֹם לְבַטֵּל הָאִיסּוּר שֶׁל הָעֵגֶל כָּאָמוּר. וְלָזֶה אָמַר הַכָּתוּב 'וַיְדַבֵּר מֹשֶׁה אֶת מֹעֲדֵי ה' אֶל בְּנֵי יִשְׂרָאֵל' פֵּירוּשׁ מִקְרָאוֹת אֲשֶׁר דִּבֵּר מֹשֶׁה אֶת מֵעֵדֵי הַ ' הֵם יוֹעִילוּ אֶל בְּנֵי יִשְׂרָאֵל , בְּנֵי לְשׁוֹן בִּנְיָן כְּמוֹ אַל תִּקְרֵי בָּנַיִךְ אֵל בּוֹנֶיךָ, וְאִם לֹא קָרְאוּ כָּל אֶחָד וְאֶחָד בִּזְמַנּוֹ אֵין בְּיָדָם שְׁתֵּי מִצְוֹת כְּהִלְכָתָן דְּאֵין כָּאן מִצְוַת הַקְרָבָה כֵּיוָן דְּאֵין יוֹם זֶה מַקְרִיבִין קָרְבָּן שֶׁל פָּרָשָׁה זוֹ."
(Vayikra 23,44) « Moche dit les fêtes de Hachem aux enfants d'Israël » : leur mitsva est qu'on les lise, chacune en son temps. Il me semble qu'il explique ainsi le verset : ce que Moche a dit des fêtes de Hachem, c'est-à-dire les passages qui se rapportent aux fêtes de Hachem, ces passages doivent être lus devant les enfants d'Israël, chaque passage en son temps. Mais il faut comprendre pourquoi il y aurait une mitsva à lire obligatoirement les parachiot des fêtes en leur temps : toutes les parachiot sont Torah, et chaque fois qu'un homme lit dans la Torah il accomplit une mitsva ; quelle différence y a-t-il entre un passage lu en son temps et un passage lu hors de son temps ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il faut rapporter d'abord ce qu'a écrit le Rav Chaar Hé-hatser, de mémoire bénie, au nom d'un livre manuscrit, en ces termes : on sait ce qu'ont dit nos maîtres, de mémoire bénie, que lorsque Israël servit le veau d'or, cela dura six heures et pas davantage ; et nous tenons que pour annuler un interdit il faut soixante fois contre lui. Aussi, pour que soit annulé l'interdit de ces six heures, qu'a fait le Saint béni soit-Il ? Il a institué pour Israël les trois fêtes de pèlerinage, à savoir les sept jours de Souccot, les sept jours de Pessa'h et le jour unique de Chavouot ; et ces quinze jours comptent trois cent soixante heures ! Par là on a expliqué le sens de la massore sur les quatre versets commençant par « ele » : (Tehilim 42,5) « Ele — je me souviens de cela et j'épanche mon âme », (Chemot 32,4) « Ele — voici ton dieu, Israël », (Yechayahou 49,15) « Même ele — celles-là seraient oubliées », (Vayikra 23,4) « Ele — voici les fêtes de Hachem ». C'est-à-dire : « je me souviens de cela » constamment afin de réparer ; et de quoi s'agit-il ? Il dit : « voici ton dieu, Israël », ce qu'ils dirent devant le veau. Et quelle est la réparation accomplie pour que « même celles-là soient oubliées » ? Il répond : « voici les fêtes de Hachem » — car par l'observance des fêtes, qui font trois cent soixante heures, sont annulées ces six heures du veau où ils dirent « voici ton dieu, Israël ». Fin des paroles du livre manuscrit rapporté là par le Rav, de mémoire bénie ; qu'on s'y reporte. Par là j'ai expliqué, avec l'aide du Ciel, l'allusion contenue dans ce que le Saint béni soit-Il dit à Moche notre maître après l'affaire du veau (Chemot 33,19) : « Je ferai passer devant ta face tout Mon bien (touvi) » — divise le mot touvi en deux et lis-y « tou (quinze) bi » : c'est-à-dire, pour réparer la faute du veau et annuler six heures d'interdit, Je ferai passer les quinze jours de Pessa'h, Chavouot et Souccot « en Moi », c'est-à-dire dans Ma sainteté, afin d'annuler l'interdit de six heures par la sainteté des trois cent soixante heures de ces quinze jours. Et ils sont allusionnés « devant ta face », c'est-à-dire au milieu de ton nom, car tout ce qui est au milieu est appelé intérieur, et la lettre chin de Moche est la lettre intérieure de son nom, dont la valeur pleine s'élève à trois cent soixante, correspondant aux trois cent soixante heures des quinze jours de fête mentionnés. Il se trouve donc que les fêtes réparent l'atteinte de la faute du veau. Or on sait que toute réparation requiert l'étude de la Torah, car aucun édifice ne se bâtit sur la ruine de la faute sinon par la Torah : c'est pourquoi les talmide hakhamim qui s'occupent de Torah sont appelés « bâtisseurs », comme l'ont dit nos maîtres, de mémoire bénie (Berakhot 64a) : ne lis pas « tes enfants (banayikh) » mais « tes bâtisseurs (bonayikh) » (Yechayahou 54,13). Si l'observance des fêtes se faisait sans s'adjoindre la lecture de la Torah, il n'y aurait en elles aucune reconstruction de la ruine et de la destruction qu'Israël a produites par le veau dans leur âme, en haut comme en bas, car l'essentiel de l'édifice est dans la lecture de la Torah. C'est pourquoi la mitsva des parachiot des fêtes est qu'elles soient lues en leur temps, c'est-à-dire pendant les fêtes, afin que la lecture de la Torah et l'acte viennent ensemble, car « quiconque lit la parcha de l'offrande ola, c'est comme s'il avait offert une ola » (Menahot 110a). Il se trouve que celui qui lit la parcha en son temps tient deux choses : la lecture de la Torah, où réside l'essentiel de l'édifice, et l'acte de l'offrande ; et ainsi la sainteté du jour lui-même servira à annuler l'interdit du veau, comme on l'a dit. C'est pourquoi le verset dit « Moche dit les fêtes de Hachem aux enfants (bene) d'Israël » : les passages que Moche a dits sur les fêtes de Hachem, ce sont eux qui profiteront aux « bene Israël » — bene au sens de binyan, édifice, comme dans « ne lis pas banayikh mais bonayikh ». Et s'ils ne les lisent pas chacun en son temps, ils n'ont pas en main deux mitsvot accomplies selon leur règle, puisqu'il n'y a pas ici la mitsva de l'offrande, ce jour n'étant pas celui où l'on offre le sacrifice de cette parcha.
💡 Explication

La guemara passe du verset de Yirmeya à l'alliance des morceaux (Berechit 15), où Avraham demande un signe. La question d'Avraham est relue ici comme une inquiétude sur la pérennité de sa descendance : la promesse tient-elle même si Israël faute ?

Les deux précédents cités, le déluge et la dispersion, sont les deux cas où une génération entière a été effacée ou dispersée. La réponse est brève et tranchante.

5
אָמַר לְפָנָיו: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, ״בַּמֶּה אֵדַע״? אָמַר לוֹ: ״קְחָה לִי עֶגְלָה מְשֻׁולֶּשֶׁת וְגוֹ׳״. אָמַר לְפָנָיו: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, תִּינַח בִּזְמַן שֶׁבֵּית הַמִּקְדָּשׁ קַיָּים. בִּזְמַן שֶׁאֵין בֵּית הַמִּקְדָּשׁ קַייָּם מַה תְּהֵא עֲלֵיהֶם? אָמַר לוֹ: כְּבָר תִּקַּנְתִּי לָהֶם סֵדֶר קָרְבָּנוֹת, כָּל זְמַן שֶׁקּוֹרְאִין בָּהֶן מַעֲלֶה אֲנִי עֲלֵיהֶן כְּאִילּוּ מַקְרִיבִין לְפָנַי קָרְבָּן, וּמוֹחֵל אֲנִי עַל כָּל עֲוֹנוֹתֵיהֶם.

Il dit devant Lui : Maître du monde, « à quoi saurai-je » ? Il lui dit : « Prends-Moi une génisse de trois ans, etc. » Il dit devant Lui : Maître du monde, cela convient tant que le Temple existe ; lorsque le Temple n'existera plus, qu'adviendra-t-il d'eux ?

Il lui dit : J'ai déjà institué pour eux l'ordre des sacrifices ; chaque fois qu'ils les liront, Je le leur compterai comme s'ils offraient un sacrifice devant Moi, et Je leur pardonne toutes leurs fautes.

📜 Rachi (1)
קְחָה לִי עֶגְלָה מְשֻׁולֶּשֶׁת כְּלוֹמַר הַקָּרְבָּנוֹת יִכְפְּרוּ עֲלֵיהֶן:
C'est-à-dire : les sacrifices les expieront.
⚖️ Rosh (2)
מַתְנִי' בַּפֶּסַח קוֹרִין בְּפָרָשַׁת מוֹעֲדוֹת שֶׁבְּתוֹרַת כֹּהֲנִים בָּעֲצֶרֶת שִׁבְעָה שָׁבוּעוֹת בר"ה בַּחֹדֶשׁ הַשְּׁבִיעִי בְּאֶחָד לַחֹדֶשׁ ביה"כ אַחֲרֵי מוֹת ביו"ט רִאשׁוֹן שֶׁל חַג קוֹרֵא בְּפָרָשַׁת הַמּוֹעֲדוֹת שֶׁבְּתוֹרַת כֹּהֲנִים וּבִשְׁאָר יְמוֹת הֶחָג קוֹרִין בְּקָרְבְּנוֹת הֶחָג. תֵּימַהּ דִּבְפֶסַח וַעֲצֶרֶת וּבְיָמִים רִאשׁוֹנִים וְאַחֲרוֹנִים שֶׁל הֶחָג ובר"ה וביה"כ אָנוּ מוֹצִיאִין שְׁתֵּי תּוֹרוֹת וְקוֹרִין אַחַת בְּקָרְבְּנוֹת הַיּוֹם וְזֶה אֵינוֹ שָׁנוּי לֹא בַּמִּשְׁנָה וְלֹא בַּגְּמָרָא. וְאֶפְשָׁר שֶׁאַחַר שֶׁנִּשְׁלַם הַשַּׁ"ס תִּקְּנוּהָ רַבָּנָן סָבוֹרָאֵי אוֹ הַגְּאוֹנִים וְיֶשְׁנוֹ בְּסֵדֶר רַב עַמְרָם וּקְצָת יֵשׁ סֶמֶךְ לְדָבָר מִדְּאָמְרִי' לְקַמָּן (מְגִילָּה דַּף לא:) אָמַר אַבְרָהָם לִפְנֵי הקב"ה רבש"ע וְכוּ' אָמַר לוֹ כְּבָר תִּיקַּנְתִּי לָהֶם סֵדֶר קָרְבָּנוֹת שֶׁכָּל זְמַן שֶׁקּוֹרִין בָּהֶן וְכוּ' וְאֵין לְהָבִיא רְאָיָה מִדְּאָמְרִינַן לְקַמָּן (מְגִילָּה דַּף לא.) בַּיּוֹם שֶׁל יו"ט הָאַחֲרוֹן שֶׁל חַג מַפְטִירִין בְּוַיְעִמּוֹד שְׁלֹמֹה לְפִי שֶׁמְּדַבֶּרֶת בְּעִנְיָן שְׁמִינִי עֲצֶרֶת וא"כ יֵשׁ לְהוֹכִיחַ שֶׁקָּרְאוּ בס"ת שְׁנִיָּה פָּרָשַׁת קָרְבָּנוֹת שֶׁל שְׁמִינִי עֲצֶרֶת דְּאִם לֹא קָרְאוּ אֶלָּא וְזֹאת הַבְּרָכָה לָמָּה יַפְטִירוּ בִּוְיָעְמוּד שְׁלֹמֹה וַאֲנַן בָּעֵינַן הַהַפְטָרָה דֻּומְיָא דְּפָרָשָׁה שֶׁקָּרָא כִּדְאָמְרִינַן לְעֵיל (מְגִילָּה דַּף כט:) בִּשְׁלָמָא לְמ"ד כִּי תִשָּׂא הַייְנוּ דְּמַפְטִירִין בִּיהוֹיָדָע הַכֹּהֵן דִּכְתִיב בֵּיהּ כֶּסֶף עוֹבֵר אִישׁ כֶּסֶף נַפְשׁוֹת עֶרְכּוֹ אֶלָּא לְמ"ד צַו אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וְכוּ' מִשּׁוּם דְּאִיכָּא לְמֵימַר כֵּיוָן שֶׁהַפְטָרָה מְדַבֶּרֶת בְּעִנְיַן שְׁמִינִי עֲצֶרֶת יֵשׁ לְאוֹמְרָהּ אע"פ שֶׁאֵינָהּ מֵעֵין הַפָּרָשָׁה שֶׁקָּרָא בַּתּוֹרָה כִּדְאָמְרִינַן בְּסָמוּךְ דר"ח שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּאֶחָד בַּשַּׁבָּת מַפְטִירִין מֵאֶתְמוֹל מָחָר חֹדֶשׁ אע"פ שֶׁאֵינָהּ מֵעֵין הַפָּרָשָׁה שֶׁקָּרָא שֶׁכֵּיוָן שֶׁהוּא מֵעֵין הַמְאֹורָע שֶׁיְּהֵא מָחָר חֹדֶשׁ וְגַם מָצִינוּ בַּיְּרוּשַׁלְמִי כְּעֵין מִנְהָגֵינוּ:
Michna : à Pessa'h on lit la parcha des fêtes qui se trouve dans Torat Kohanim (le Lévitique) ; à Atseret, « sept semaines » ; à Roch Hachana, « au septième mois, le premier du mois » ; à Yom Kippour, « Aharei Mot » ; le premier jour de fête de Souccot on lit la parcha des fêtes de Torat Kohanim, et les autres jours de la fête on lit les sacrifices de la fête. Cela étonne : à Pessa'h, à Atseret, aux premiers et derniers jours de Souccot, à Roch Hachana et à Yom Kippour, nous sortons deux rouleaux de Torah et lisons dans l'un les sacrifices du jour, or cela n'est enseigné ni dans la michna ni dans la guemara. Il est possible qu'après l'achèvement du Talmud les Rabbanan Savoraï ou les Gueonim l'aient institué, et cela figure dans le Seder de Rav Amram. Il y a un léger appui à la chose dans ce que nous disons plus loin (Meguila 31b) : Avraham dit devant le Saint béni soit-Il : Maître du monde, etc. ; Il lui dit : J'ai déjà institué pour eux l'ordre des sacrifices, de sorte que chaque fois qu'ils les lisent, etc. On ne peut pas apporter de preuve de ce que nous disons plus haut (Meguila 31a), que le dernier jour de fête de Souccot on lit en haftara « Chelomo se tint debout » parce qu'elle parle du sujet de Chemini Atseret, ce dont on voudrait déduire qu'on lisait dans un second rouleau la parcha des sacrifices de Chemini Atseret — car s'ils ne lisaient que « Vezot HaBerakha », pourquoi lirait-on en haftara « Chelomo se tint debout », alors que nous exigeons que la haftara soit du même genre que la parcha lue, comme nous le disons plus haut (Meguila 29b) : « Soit, pour celui qui dit Ki Tissa, on comprend qu'on lise en haftara Yehoyada le Cohen, où il est écrit “argent de rachat des personnes selon leur évaluation” ; mais pour celui qui dit Tsav et bene Israël, etc. » On ne peut pas en faire preuve, parce qu'on peut dire que du moment que la haftara parle du sujet de Chemini Atseret, il convient de la lire même si elle n'est pas du genre de la parcha lue dans la Torah, comme nous le disons juste après : Roch Hodech qui tombe un dimanche, on lit en haftara, la veille, « Demain est la néoménie », bien qu'elle ne soit pas du genre de la parcha lue, puisqu'elle est du genre de l'événement, à savoir que demain sera Roch Hodech. Et nous trouvons aussi dans le Yerouchalmi quelque chose qui ressemble à notre usage.
ת"ר הַכֹּל עוֹלִין לַמִּנְיָן שִׁבְעָה וְאַפֵּי' אִשָּׁה וְקָטָן אֲבָל אָמְרוּ חֲכָמִים אִשָּׁה לֹא תִּקְרָא בַּצִּבּוּר מִפְּנֵי כְּבוֹד צִבּוּר. אִיבַּעְיָא לְהוּ מַפְטִיר מַהוּ שֶׁיַּעֲלֶה לַמִּנְיָן שִׁבְעָה רַב הוּנָא וְרַב יִרְמְיָה בַּר אַבָּא חַד אָמַר עוֹלֶה וְחַד אָמַר אֵינוֹ עוֹלֶה מ"ד עוֹלֶה דְּהָא קָא קָרֵי ומ"ד אֵינוֹ עוֹלֶה כִּדְעֻולָּא דְּאָמַר עֻולָּא מִפְּנֵי מֶה אָמְרוּ הַמַּפְטִיר בַּנָּבִיא צָרִיךְ שִׁיקְרָא בְּתוֹרָה תְּחִלָּה מִפְּנֵי כְּבוֹד תּוֹרָה וְכֵיוָן דְּמִשּׁוּם כְּבוֹד תּוֹרָה הוּא לָא סָלֵיק לְמִנְיָנָא מֵיתִיבִי הַמַּפְטִיר בְּנָבִיא לֹא יִפְחֹות מֵאֶחָד וְעֶשְׂרִים פְּסוּקִים כְּנֶגֶד שִׁבְעָה שֶׁקְּרָאוֹ בְּתוֹרָה וְאִם אִיתָא עֶשְׂרִים וְאַרְבַּע הָווּ כֵּיוָן דְּמִשּׁוּם כְּבוֹד תּוֹרָה הוּא. כְּנֶגְדּוֹ נָמֵי לָא בָּעֵינַן מַשְׁמַע דְּבִימֵי חַכְמֵי הַגְּמָרָא לֹא הָיוּ רְגִילִין לִקְרוֹת לְמַפְטִיר מַה שֶׁקָּרָא אַחֲרוֹן אֶלָּא הָיָה קוֹרֵא דָּבָר אַחֵר דְּאִלּוּ הָיָה קוֹרֵא מַה שֶׁקָּרָא אַחֲרוֹן כְּמִנְהָגֵינוּ אַמַּאי קָאָמַר כֵּיוָן דְּמִשּׁוּם כְּבוֹד תּוֹרָה הוּא כְּנֶגְדּוֹ נָמֵי לָא בָּעֵינַן תִּיפּוֹק לֵיהּ דְּלָא קָרְאוּ אֶלָּא אֶחָד וְעֶשְׂרִים פְּסוּקִים וְעוֹד קָשֶׁה מֵהָא דְּקָא מְשַׁנֵּי לְעֵיל כֵּיוָן דְּמִשּׁוּם כְּבוֹד תּוֹרָה לְמִנְיָנָא לָא סָלֵיק טְפֵי הֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר כֵּיוָן דְּאֵינוֹ קוֹרֵא אֶלָּא מַה שֶׁקָּרָא הָאַחֲרוֹן לְמִנְיָנָא לָא סָלֵיק אֶלָּא ש"מ שֶׁבִּימֵיהֶם הָיָה הַמַּפְטִיר קוֹרֵא פְּסוּקִים אֲחֵרִים מַה שֶׁלֹּא קָרְאוּ לְפָנָיו וְתֵימַהּ לָמָּה אֵין אָנוּ נוֹהֲגִין כֵּן וְנִרְאֶה כִּי בִּימֵי חַכְמֵי הַגְּמָרָא לֹא הָיוּ אוֹמְרִים קַדִּישׁ בֵּין שְׁבִיעִי לְמַפְטִיר לָכֵן נָהֲגוּ לִגְמֹור כָּל הַסֵּדֶר וְאַחַר שֶׁנִּשְׁלַם הַגְּמָרָא תִּיקְּנוּ לוֹמַר קַדִּישׁ בֵּין שְׁבִיעִי לְמַפְטִיר וּלְכָךְ נָהֲגוּ לִגְמֹור כָּל הַסֵּדֶר קֹודֶם קְרִיאַת הַמַּפְטִיר כִּי לֹא מִסְתַּבְּרָא לוֹמַר קַדִּישׁ בְּאֶמְצַע הַסֵּדֶר כַּיּוֹצֵא בוֹ מָצִינוּ שֶׁנִּשְׁתַּנָּה הַסֵּדֶר אַחַר הַשְׁלָמַת הַגְּמָרָא שֶׁתִּיקְּנוּ לוֹמַר פְּסוּקִים וְיִרְאוּ עֵינֵינוּ אַחַר הַשְׁכִּיבֵנוּ וּבִימֵי חַכְמֵי הַגְּמָרָא לֹא נָהֲגוּ כֵּן וְגַם תִּיקְּנוּ לוֹמַר קַדִּישׁ קֹודֶם תְּפִלַּת עַרְבִית לְהוֹדִיעַ שֶׁתְּפִלַּת עַרְבִית רְשׁוּת () וּלְאַפּוֹקֵי מִדִּבְרֵי ר' יוֹחָנָן דְּאָמַר בפ"ק דִּבְרָכוֹת (דַּף ד:) אֵיזֶהוּ בֶּן הָעוֹלָם הַבָּא זֶה הַסּוֹמֵךְ גְּאֻולָּה שֶׁל עַרְבִית לִתְפִלָּה שֶׁל עַרְבִית וְכֵן נָמֵי תִּיקְּנוּ לוֹמַר קַדִּישׁ בֵּין שְׁבִיעִי לְמַפְטִיר לוֹמַר שֶׁאֵין מִמִּנְיַן הַשִּׁבְעָה וּלְכָךְ צְרִיכִין לַחֲזֹור מִן הַפָּרָשָׁה שֶׁקָּרָא הַשְּׁבִיעִי אֲבָל יָמִים טוֹבִים וְאַרְבַּע פָּרָשִׁיּוֹת שֶׁמּוֹצִיאִין שְׁנֵי סְפָרִים אֵין הַמַּפְטִיר חוֹזֵר וְקוֹרֵא מַה שֶּׁקָּרָא אַחֲרוֹן אֶלָּא אוֹמֵר קַדִּישׁ אַחַר שֶׁקָּרְאוּ שִׁבְעָה בְּשַׁבָּת וַחֲמִשָּׁה בי"ט וּבְסֵפֶר הַשֵּׁנִי קוֹרֵא הַמַּפְטִיר חוֹבַת הַיּוֹם וּכְשֶׁמּוֹצִיאִין שְׁלֹשָׁה סְפָרִים קוֹרִין שִׁשָּׁה בְּאֶחָד וְהַשְּׁבִיעִי בַּשֵּׁנִי וְאוֹמֵר קַדִּישׁ וּבַשְּׁלִישִׁי קוֹרֵא הַמַּפְטִיר פָּרָשָׁה שֶׁהִיא מֵעֵין הַהַפְטָרָה אֲבָל אִם הָיָה קוֹרֵא הִשְׁבִּיעַ' בַּסֵּפֶר הַשֵּׁנִי כְּשֶׁמּוֹצִיאִין שְׁנַיִם אוֹ בַּשְּׁלִישִׁי כְּשֶׁמּוֹצִיאִין שְׁלֹשָׁה הָיָה הַמַּפְטִיר צָרִיךְ לִכְפֹּול לְפִי שֶׁלֹּא יֹאמְרוּ קַדִּישׁ עַד שֶׁיִּגְמְרוּ הַפָּרָשָׁה. וְאַחַר שֶׁגָּמְרוּ פָּרָשָׁה אוֹמֵר קַדִּישׁ וְהַמַּפְטִיר קוֹרֵא מַה שֶׁקָּרָא הַשְּׁבִיעִי וְכֵן הִנְהִיגוּ רַבֵּינוּ אֵלִיָּהוּ וְרַבֵּינוּ מְשֻׁולָּם זַ"ל (וּמִנְהָג כָּשֵׁר הוּא) דְּלָא מִסְתַּבֵּר דְּקָטָן הַמַּפְטִיר שֶׁאֵינוֹ מִן הַמִּנְיָן שֶׁיִּקְרָא חוֹבַת הַיּוֹם וּבְסֵדֶר רַב עַמְרָם כָּתוּב שֶׁבְּמָקוֹם שֶׁמַּפְסִיקִין בְּקַדִּישׁ אֵין מַפְטִיר עוֹלֶה לְמִנְיַן שִׁבְעָה הֲרֵי לָמַדְנוּ מִדְּבָרָיו שֶׁהָיוּ רְגִילִין לְהַפְסִיק בְּקַדִּישׁ בֵּין שְׁבִיעִי לְמַפְטִיר וּמַה שֶׁאֵין מוֹצִיאִין בְּשַׁבָּת סֵפֶר תּוֹרָה לִקְרוֹת וּבְיוֹם הַשַּׁבָּת כְּמוֹ שֶׁקּוֹרִין בְּיָמִים טוֹבִים קָרְבְּנוֹת הַיּוֹם לְפִי שֶׁאֵין בַּפָּרָשָׁה שֶׁל שַׁבָּת רַק שְׁנֵי פְּסוּקִים ו? לִקְרוֹת אֶלָּא מֵעִנְיָנוֹ שֶׁל יוֹם וְעוֹד טַעַם אַחֵר דְּקָאָמְרִינַן לְקַמָּן פֶּרֶק בָּתְרָא (מְגִילָּה דַּף לא:) תִּקַּנְתִּי לָהֶם סֵדֶר קָרְבָּנוֹת בִּזְמַן שֶׁהֵן קוֹרִין בָּהֶן מַעֲלֶה אֲנִי עֲלֵיהֶן כְּאִלּוּ הִקְרִיבוּם לִפְנֵי וּמוֹחֵל אֲנִי לָהֶם עַל כָּל עֲוֹנוֹתֵיהֶם וּבְקָרְבַּן שַׁבָּת אֵין קָרְבָּן לְכַפֵּר דְּכֻולָּן עוֹלוֹת וְהִלְכְתָא מַפְטִיר עוֹלֶה דְּקָאָמַר בְּפֶרֶק בְּנֵי הָעִיר (מְגִילָּה דַּף ל.) ר"ח אֲדָר שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת בִּוְאַתָּה תְּצַוֶּה אָמַר אַבָּיֵי קָרוּ שִׁיתָּא בִּוְאַתָּה תְּצַוֶּה עַד וְעָשִׂיתָ כִּיּוֹר נְחֹשֶׁת וְחַד תָּנֵי וְקָרֵי מִן כִּי תִּשָּׂא עַד וְעָשִׂיתָ כִּיּוֹר וְהַייְנוּ מַפְטִיר אַלְמָא מַפְטִיר עוֹלֶה לְמִנְיַן שִׁבְעָה וְכֵן הֲלָכָה וּלְכָךְ אָנוּ נוֹהֲגִין בְּתַעֲנִית בְּמִנְחָה וּבְתִשְׁעָה בְּאָב וביוה"כ בְּמִנְחָה שֶׁהַשְּׁלִישִׁי הוּא מַפְטִיר אֲבָל בְּשַׁבָּת הַשְּׁמִינִי מַפְטִיר וביו"ט הַשִּׁשִּׁי וביוה"כ הַשְּׁבִיעִי לְפִי שֶׁאָנוּ רוֹצִים לַעֲשׂוֹת מִנְהָגֵינוּ אַלִּיבָּא דְּכֻולֵּי עָלְמָא דְּכֵיוָן דְּמוֹסִיפִים עֲלֵיהֶן נִיחָא לכ"ע דִּלְמַאן דְּאָמַר עוֹלָה הָוֵי מַפְטִיר שְׁמִינִי וְאֵין בְּכָךְ כְּלוּם דְּמוֹסִיפִין וְלָמֶ"ד מַפְטִיר אֵינוֹ עוֹלֶה כְּבָר קָרְאוּ לְפָנָיו שִׁבְעָה ואע"ג שֶׁקּוֹרֵא הַמַּפְטִיר בי"ט וביוה"כ בְּעִנְיָינָא דְּיוֹמָא וְאָמְרִי' לְקַמָּן בְּפֶרֶק בָּתְרָא דְּקָרוּ שִׁיתָּא בִּוְאַתָּה תְּצַוֶּה וְחַד קָרֵי בְּכִי תִּשָּׂא. מ"מ תַּקִּינוּ עַכְשָׁיו שֶׁיִּקְרָא הַמַּפְטִיר שֶׁהוּא שְׁמִינִי עִנְיָינָא דְּיוֹמָא כְּדֵי לִנְהֹוג אַלִּיבָּא דכ"ע. כָּךְ הֵשִׁיב רַבֵּינוּ תָּם זַ"ל וְהָרַב רַבֵּינוּ מְשֻׁולָּם זַ"ל וְכֵן פָּסְקוּ רַב עַמְרָם וְרַב הַאי גָּאוֹן זַ"ל. וְדָבָר זֶה תָּלוּי בַּמֶּה שֶׁנָּהֲגוּ לְהַפְסִיק בְּקַדִּישׁ בֵּין שְׁבִיעִי לְמַפְטִיר:
Nos maîtres ont enseigné : tous montent au compte des sept, même une femme et un mineur ; mais les Sages ont dit qu'une femme ne lit pas en public, par respect du public. On a demandé : le maftir monte-t-il au compte des sept ? Rav Houna et Rav Yirmeya bar Abba : l'un dit qu'il monte, l'autre qu'il ne monte pas. Celui qui dit qu'il monte, parce qu'il lit effectivement ; celui qui dit qu'il ne monte pas, selon Oula, qui a dit : pourquoi a-t-on dit que celui qui lit la haftara dans les Prophètes doit lire d'abord dans la Torah ? Par respect de la Torah ; et puisque c'est par respect de la Torah, il ne monte pas au compte. On objecte : celui qui lit la haftara dans les Prophètes ne lira pas moins de vingt et un versets, en correspondance des sept qui ont lu dans la Torah ; or s'il en était ainsi, cela ferait vingt-quatre. Réponse : puisque c'est par respect de la Torah, on n'exige pas non plus de correspondance pour lui. Il ressort de là qu'au temps des maîtres de la guemara on n'avait pas l'habitude de faire lire au maftir ce qu'avait lu le dernier des sept, mais qu'il lisait autre chose ; car s'il lisait ce qu'avait lu le dernier, comme notre usage, pourquoi dire « puisque c'est par respect de la Torah, on n'exige pas de correspondance » ? Il suffisait de dire qu'ils n'ont lu que vingt et un versets. Autre difficulté : dans la réponse donnée plus haut, « puisque c'est par respect de la Torah il ne monte pas au compte », il aurait mieux valu dire « puisqu'il ne lit que ce qu'a lu le dernier, il ne monte pas au compte ». Il faut donc en déduire que de leur temps le maftir lisait d'autres versets, qu'on n'avait pas lus avant lui. Et l'on s'étonne : pourquoi n'agissons-nous pas ainsi ? Il semble qu'au temps des maîtres de la guemara on ne disait pas de kaddich entre le septième et le maftir, c'est pourquoi on avait l'usage d'achever tout le seder avec lui ; et après l'achèvement de la guemara on a institué de dire le kaddich entre le septième et le maftir, et pour cette raison on a pris l'usage d'achever tout le seder avant la lecture du maftir, car il ne paraît pas raisonnable de dire le kaddich au milieu du seder. Nous trouvons un cas semblable où l'ordre a changé après l'achèvement de la guemara : on a institué de dire les versets « Que nos yeux voient » après Hachkivenou, alors qu'au temps des maîtres de la guemara on n'agissait pas ainsi ; on a institué aussi de dire le kaddich avant la prière du soir, pour faire savoir que la prière du soir est facultative, et pour écarter les paroles de Rabbi Yo'hanan qui a dit au premier chapitre de Berakhot (4b) : qui est fils du monde à venir ? Celui qui joint la gueoula du soir à la prière du soir. De même on a institué de dire le kaddich entre le septième et le maftir pour marquer qu'il n'est pas du compte des sept, et c'est pourquoi il faut revenir en arrière sur la parcha qu'a lue le septième. Mais aux jours de fête et aux quatre parachiot, où l'on sort deux rouleaux, le maftir ne revient pas lire ce qu'a lu le dernier : on dit le kaddich après que sept ont lu le Chabbat et cinq un jour de fête, et dans le second rouleau le maftir lit l'obligation du jour. Quand on sort trois rouleaux, six lisent dans le premier, le septième dans le second, on dit le kaddich, et dans le troisième le maftir lit la parcha qui est du genre de la haftara. Mais si le septième lisait dans le second rouleau lorsqu'on en sort deux, ou dans le troisième lorsqu'on en sort trois, le maftir devrait répéter, puisqu'on ne dit le kaddich qu'après avoir achevé la parcha ; et une fois la parcha achevée on dit le kaddich et le maftir lit ce qu'a lu le septième. Ainsi ont établi l'usage Rabbenou Eliyahou et Rabbenou Mechoulam, de mémoire bénie (et c'est un usage valable), car il ne paraît pas raisonnable qu'un mineur qui fait maftir, et qui n'est pas du compte, lise l'obligation du jour. Et dans le Seder de Rav Amram il est écrit que là où l'on s'interrompt par un kaddich, le maftir ne monte pas au compte des sept : nous apprenons de ses paroles qu'on avait l'habitude d'interrompre par un kaddich entre le septième et le maftir. Quant au fait qu'on ne sorte pas, le Chabbat, un rouleau de Torah pour lire « et le jour du Chabbat », comme on lit les jours de fête les sacrifices du jour, c'est parce que la parcha du Chabbat ne comporte que deux versets, et qu'on ne doit lire que du sujet du jour. Il y a encore une autre raison, d'après ce que nous disons plus loin, au dernier chapitre (Meguila 31b) : « J'ai institué pour eux l'ordre des sacrifices ; lorsqu'ils les lisent, Je le leur compte comme s'ils les avaient offerts devant Moi et Je leur pardonne toutes leurs fautes » — or dans l'offrande du Chabbat il n'y a pas de sacrifice qui expie, puisque ce sont toutes des olot (holocaustes). Et la halakha est que le maftir monte au compte, d'après ce qui est dit au chapitre Bene ha-ir (Meguila 30a) : Roch Hodech Adar qui tombe un Chabbat, on lit dans « Véata Tetsave » ; Abaye a dit : six lisent dans « Véata Tetsave » jusqu'à « tu feras une cuve de cuivre », et un autre répète et lit depuis « Ki Tissa » jusqu'à « tu feras une cuve » — et c'est le maftir. Il en ressort que le maftir monte au compte des sept, et telle est la halakha. C'est pourquoi nous avons l'usage, aux jours de jeûne à minha, le 9 Av et à Yom Kippour à minha, que le troisième soit le maftir ; mais le Chabbat le huitième est maftir, un jour de fête le sixième, et à Yom Kippour le septième, parce que nous voulons conformer notre usage à l'avis de tous : puisqu'on ajoute des montants, cela convient à tous — pour celui qui dit qu'il monte, le maftir est le huitième et il n'y a là rien de fâcheux, puisqu'on peut ajouter ; et pour celui qui dit que le maftir ne monte pas, sept ont déjà lu avant lui. Et bien que le maftir lise, un jour de fête et à Yom Kippour, le sujet du jour, et que nous disions plus loin, au dernier chapitre, que six lisent dans « Véata Tetsave » et un dans « Ki Tissa », on a néanmoins institué maintenant que le maftir, qui est le huitième, lise le sujet du jour, afin d'agir selon l'avis de tous. Ainsi a répondu Rabbenou Tam, de mémoire bénie, ainsi que le Rav Rabbenou Mechoulam, de mémoire bénie, et ainsi ont tranché Rav Amram et Rav Haï Gaon, de mémoire bénie. Cette question dépend de l'usage d'interrompre par un kaddich entre le septième et le maftir.
💡 Explication

La réponse divine se fait en deux temps. D'abord le sacrifice lui-même : la génisse, la chèvre et le bélier de l'alliance des morceaux valent pour Rachi comme annonce du service expiatoire. Ensuite, à l'objection d'Avraham sur l'après-Temple, la lecture de l'ordre des sacrifices — les passages de la Torah qui les décrivent — tient lieu de l'acte.

C'est ce passage que le Roch invoque comme appui à l'usage de sortir un second rouleau les jours de fête pour y lire les sacrifices du jour, et pour expliquer pourquoi on ne le fait pas le Chabbat, dont les offrandes sont toutes des olot (holocaustes) et n'expient donc pas.

🖼️ Schéma
Le dialogue d'Avraham : deux objections, deux réponses Objection 1 Et si Israël faute ? déluge ? dispersion ? Réponse : non cela ne leur arrivera pas Objection 2 Et sans le Temple ? plus d'offrande possible Réponse le seder korbanot (l'ordre des sacrifices) Lire = offrir Je le compte comme un sacrifice et Je pardonne leurs fautes Conséquence tirée par le Roch on lit les sacrifices du jour aux fêtes ; pas le Chabbat, dont les offrandes sont des olot qui n'expient pas
L'échange d'Avraham et sa portée : la lecture des sacrifices tient lieu du service.
6
בְּתַעֲנִיּוֹת בְּרָכוֹת וּקְלָלוֹת, וְאֵין מַפְסִיקִין בִּקְלָלוֹת. מְנָא הָנֵי מִילֵּי? אָמַר רַבִּי חִייָּא בַּר גַּמָּדָא אָמַר רַבִּי אַסִּי: דְּאָמַר קְרָא ״מוּסַר ה׳ בְּנִי אַל תִּמְאָס״.

« Aux jeûnes, les bénédictions et les malédictions, et on n'interrompt pas les malédictions. » D'où cette règle ? Rabbi Hiya bar Gamda a dit au nom de Rabbi Assi : car le verset dit « La correction de Hachem, mon fils, ne la méprise pas ».

📜 Rachi (2)
מְנָהָנֵי מִילֵּי דְּאֵין מַפְסִיקִים בִּקְלָלוֹת:
Que l'on n'interrompt pas les malédictions.
אַל תִּמְאַס וְהַמַּפְסִיק בָּהֶן מַרְאֶה עַצְמוֹ שֶׁקָּשֶׁה לוֹ לִקְרוֹת וּבְמַסֶּכֶת סוֹפְרִים (פי"ב) יָלֵיף לָהּ מִסֵּיפֵיהּ דִּקְרָא וְאַל תָּקֹוץ בְּתוֹכַחְתּוֹ אַל תַּעֲשׂוּ קוֹצִין קוֹצִין פְּסָקִים פְּסָקִים לְשׁוֹן קְצִיצָה:
Celui qui les interrompt montre qu'il lui est pénible de les lire. Et au traité Soferim (chapitre 12) on le déduit de la fin du verset, « et ne te lasse pas de Sa réprimande » : n'en faites pas des morceaux et des morceaux, des coupures et des coupures — expression de coupe (ketsitsa).
🗂️ Tossefot (1)
אֵין מַפְסִיקִין בִּקְלָלוֹת וְקוֹרִין אֶחָד מִשּׁוּם דִּכְתִיב מוּסַר ה' בְּנִי אַל תִּמְאָס וְאַל תָּקֹוץ בְּתוֹכַחְתּוֹ א"ר אֲחָא אַל תַּעַשׂ הַתּוֹכָחָה קוֹצִים קוֹצִים וא"ר יְהוֹשֻׁעַ דְּסַכְנִין אֲנִי אָמַרְתִּי עִמּוֹ אָנֹכִי בְּצָרָה וְאִם כֵּן אֵין דִּין שֶׁיְּבָרְכוּנִי בָּנַי עַל הַצָּרוֹת שֶׁלָּהֶם אֶלָּא יִקְרָא אֶחָד הַכֹּל וְיַתְחִיל בְּדָבָר אַחֵר וִיסַיֵּים בְּדָבָר אַחֵר וְאָז יוּכַל לְבָרֵךְ תְּחִילָּה וְסוֹף:
Et un seul lit, parce qu'il est écrit « La correction de Hachem, mon fils, ne la méprise pas et ne te lasse pas de Sa réprimande » ; Rabbi Aha a dit : ne fais pas de la réprimande des épines et des épines. Et Rabbi Yehochoua de Sikhnin a dit : J'ai dit « Je suis avec lui dans la détresse » ; s'il en est ainsi, il ne serait pas juste que Mes enfants Me bénissent sur leurs propres détresses. Plutôt, un seul lit le tout, commence par autre chose et achève par autre chose, et il peut alors bénir au début et à la fin.
💡 Explication

La michna prescrit pour les jours de jeûne la lecture des berakhot ve-kelalot, le passage des bénédictions et des malédictions, et interdit de l'interrompre : un seul lecteur le lit d'un bout à l'autre, sans le partager entre deux montants.

Rabbi Assi tire la règle de Michle 3,11. Couper la lecture reviendrait à montrer qu'on répugne à la réprimande. Rachi ajoute la lecture du traité Soferim, qui déduit la même règle de la fin du verset en jouant sur la racine de ketsitsa, la coupure.

7
רֵישׁ לָקִישׁ אָמַר: לְפִי שֶׁאֵין אוֹמְרִים בְּרָכָה עַל הַפֻּורְעָנוּת: אֶלָּא הֵיכִי עֲבִיד? תְּנָא: כְּשֶׁהוּא מַתְחִיל — מַתְחִיל בַּפָּסוּק שֶׁלִּפְנֵיהֶם, וּכְשֶׁהוּא מְסַיֵּים — מְסַייֵּם בַּפָּסוּק שֶׁלְּאַחֲרֵיהֶן.

Rech Lakich a dit : parce qu'on ne récite pas de bénédiction sur le malheur. Alors comment fait-on ?

Il a été enseigné : quand il commence, il commence au verset qui les précède, et quand il achève, il achève au verset qui les suit.

🗂️ Tossefot (1)
מַתְחִיל בַּפָּסוּק שֶׁלִּפְנֵיהֶם לָאו דַּוְקָא פָּסוּק דְּהָא יֵשׁ פָּרָשָׁה וְאֵין מַתְחִילִין וּמְשַׁיְּירִין בְּפָחוֹת מִשְּׁלֹשָׁה פְּסוּקִים:
Pas nécessairement un seul verset, car il y a la règle selon laquelle on ne commence pas et on ne laisse pas moins de trois versets d'une parcha.
💡 Explication

Rech Lakich donne une seconde raison : la berakha récitée avant et après la montée porterait sur des versets de malheur. La solution enseignée par la baraita consiste à encadrer le passage : la lecture ouvre sur le verset qui précède les malédictions et se ferme sur celui qui les suit.

Tossefot précise que « le verset » ne se prend pas au pied de la lettre : la règle générale interdit de commencer ou de laisser moins de trois versets d'une parcha, et elle continue de s'appliquer ici.

🖼️ Schéma
Encadrer les malédictions : où commence et où finit la montée Verset d'avant on commence ici Les malédictions un seul lecteur, sans interruption Verset d'après on achève ici berakha d'avant berakha d'après Tossefot : pas un seul verset au sens strict la règle des trois versets minimum au début et à la fin d'une parcha reste en vigueur
La lecture s'ouvre et se ferme hors des malédictions, pour que les berakhot ne portent pas sur le malheur.
8
אָמַר אַבַּיֵּי: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בִּקְלָלוֹת שֶׁבְּתוֹרַת כֹּהֲנִים, אֲבָל קְלָלוֹת שֶׁבְּמִשְׁנֵה תוֹרָה — פּוֹסֵק. מַאי טַעְמָא — הַלָּלוּ בִּלְשׁוֹן רַבִּים אֲמוּרוֹת, וּמֹשֶׁה מִפִּי הַגְּבוּרָה אֲמָרָן, וְהַלָּלוּ בִּלְשׁוֹן יָחִיד אֲמוּרוֹת, וּמֹשֶׁה מִפִּי עַצְמוֹ אֲמָרָן.

Abaye a dit : on n'a enseigné cela que pour les malédictions de Torat Kohanim (le Lévitique) ; mais les malédictions de Michne Torah (le Deutéronome), on les interrompt. Pour quelle raison ?

Celles-ci sont énoncées au pluriel et Moche les a dites de la bouche de la Gevoura (la Puissance d'en haut) ; celles-là sont énoncées au singulier et Moche les a dites de lui-même.

📜 Rachi (1)
מֹשֶׁה מִפִּי הַגְּבוּרָה אֲמָרָן וְנַעֲשָׂה שָׁלִיחַ לוֹמַר כָּךְ אָמַר לִי הקב"ה שֶׁהֲרֵי אֵמוּרִין בִּלְשׁוֹן וְנָתַתִּי וְהִפְקַדְתִּי וְשָׁלַחְתִּי מִי שֶׁהַיְּכֹולֶת בְּיָדוֹ לַעֲשׂוֹת אֲבָל בְּמִשְׁנֵה תּוֹרָה כְּתִיב יַכְּכָה ה' יִדְבַּק ה' בָּךְ מֹשֶׁה אֲמָרָן מֵאֵלָיו אִם תַּעַבְרוּ עַל מִצְוֹתָיו הוּא יַפְקִיד עֲלֵיכֶם:
Il fut fait messager pour dire : ainsi m'a dit le Saint béni soit-Il, car elles sont énoncées dans les termes « Je donnerai », « Je préposerai », « J'enverrai » — celui qui a le pouvoir de le faire. Mais dans Michne Torah il est écrit « Hachem te frappera », « Hachem attachera à toi » : Moche les a dites de lui-même, à savoir que si vous transgressez Ses commandements, Il préposera cela sur vous.
🗂️ Tossefot (1)
מֹשֶׁה מֵעַצְמוֹ אֲמָרָם וּבְרוּחַ הַקֹּדֶשׁ:
Et par roua'h hakodech (l'esprit saint).
💡 Explication

Abaye restreint la règle. Deux indices distinguent les deux séries : le nombre grammatical (pluriel dans Behoukotai, singulier dans Ki Tavo) et le mode d'énonciation. Rachi le montre par la forme des verbes : au Lévitique, « Je donnerai », « Je préposerai », « J'enverrai » — celui qui parle est Celui qui a le pouvoir d'agir ; au Deutéronome, « Hachem te frappera », donc Moche parle de lui-même.

Tossefot ajoute la nuance indispensable : « de lui-même » se dit d'une parole prononcée par roua'h hakodech (l'esprit saint), non d'une initiative purement humaine.

9
לֵוִי בַּר בּוּטֵי הֲוָה קָרֵי וְקָא מְגַמְגֵּם קַמֵּיהּ דְּרַב הוּנָא בַּאֲרוּרֵי. אָמַר לוֹ: אַכְּנַפְשָׁךְ. לֹא שָׁנוּ אֶלָּא קְלָלוֹת שֶׁבְּתוֹרַת כֹּהֲנִים, אֲבָל שֶׁבְּמִשְׁנֵה תּוֹרָה — פּוֹסֵק.

Levi bar Bouti lisait et bégayait devant Rav Houna dans les versets de malédiction. Il lui dit : à ta guise.

On n'a enseigné cela que pour les malédictions de Torat Kohanim ; mais celles de Michne Torah, on les interrompt.

📜 Rachi (3)
מְגַמְגֵּם קָרָא אוֹתָן בִּמְרוּצָה וּבְקֹושִׁי:
Il les lisait à la hâte et avec peine.
בַּאֲרוּרֵי בְּמִשְׁנֵה תּוֹרָה:
Dans les versets de malédiction de Michne Torah.
אַכְּנַפְשָׁךְ אִם רְצוֹנְךָ לְהַפְסִיק פָּסוּק הוֹאִיל וְאַתָּה קָץ בִּקְרִיאָתָן:
Si tu le souhaites, interromps au verset, puisque tu répugnes à leur lecture.
💡 Explication

Un cas pratique qui confirme l'enseignement d'Abaye. Le lecteur bégaye — Rachi explique qu'il lisait à la hâte et avec peine, tant ces versets sont durs à prononcer. Rav Houna l'autorise à s'arrêter, puisqu'il s'agissait des malédictions du Deutéronome.

10
תַּנְיָא, רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: עֶזְרָא תִּיקֵּן לָהֶן לְיִשְׂרָאֵל שֶׁיְּהוּ קוֹרִין קְלָלוֹת שֶׁבְּתוֹרַת כֹּהֲנִים קֹודֶם עֲצֶרֶת, וְשֶׁבְּמִשְׁנֵה תוֹרָה קֹודֶם רֹאשׁ הַשָּׁנָה. מַאי טַעְמָא? אָמַר אַבָּיֵי וְאִיתֵּימָא רֵישׁ לָקִישׁ: כְּדֵי שֶׁתִּכְלֶה הַשָּׁנָה וְקִלְלוֹתֶיהָ.

Il a été enseigné : Rabbi Chimon ben Elazar dit : Ezra a institué pour Israël de lire les malédictions de Torat Kohanim avant Atseret, et celles de Michne Torah avant Roch Hachana. Pour quelle raison ?

Abaye a dit, et certains disent que c'est Rech Lakich : afin que l'année s'achève avec ses malédictions.

📜 Rachi (1)
קֹודֶם עֲצֶרֶת שֶׁהוּא זְמַן קָצִיר וּזְמַן פֵּירוֹת הָאִילָן כְּדִמְפָרֵשׁ וְאָזֵיל:
Car c'est le temps de la moisson et le temps des fruits de l'arbre, comme la guemara l'explique ensuite.
🗂️ Tossefot (1)
קְלָלוֹת שבת"כ קֹודֶם עֲצֶרֶת וְשֶׁבְּמִשְׁנֵה תוֹרָה קֹודֶם רֹאשׁ הַשָּׁנָה שֶׁאֵלּוּ בְּבֵית הַמִּדְרָשׁ שֶׁל רַבֵּינוּ נִסִּים לָמָּה מְחַלְּקִים פָּרָשַׁת נִצָּבִים וַיֵּלֶךְ לִשְׁנַיִם כְּשֶׁיֵּשׁ ב' שַׁבָּתוֹת בֵּין ר"ה לְסֻוכּוֹת בְּלֹא יוה"כ וְאֵין מְחַלְּקִין מִטּוֹת וּמַסְעֵי שֶׁאֲרֻוכּוֹת יוֹתֵר וְהֵשִׁיב לְפִי שֶׁבָּאתֶם נִצָּבִים יֵשׁ קְלָלוֹת שֶׁקִּלֵּל יִשְׂרָאֵל וְרוֹצֶה לְסַיְּימָם קֹודֶם ר"ה וְקָשֶׁה שֶׁאָנוּ לָא מַחְשְׁבִינַן הַקְּלָלוֹת שֶׁקִּלֵּל מֹשֶׁה יִשְׂרָאֵל כִּדְמַשְׁמַע בְּפֶרֶק הַמּוֹכֵר אֶת הַסְּפִינָה (ב"ב דַּף פח: וְשָׁם) א"ר לֵוִי בֹּא וּרְאֵה שֶׁלֹּא כְּמִדַּת הקב"ה מִדַּת ב"ו הקב"ה בֵּירַךְ יִשְׂרָאֵל בכ"ב וְקִלְּלָן בִּשְׁמֹנָה וּמֹשֶׁה בֵּרְכָם בִּשְׁמֹנָה וְקִלְּלָם בְּעֶשְׂרִים וּשְׁתַּיִם וַחֲשִׁיב מִוְּאִם לֹא תִּשְׁמְעוּ עַד וְאֵין קוֹנֶה מַשְׁמַע בְּהֶדְיָא שֶׁעַד אֵין קוֹנֶה הָוֵי מִן הַקְּלָלוֹת וְלֹא יוֹתֵר וְעוֹד קַשְׁיָא לְפִי סְבָרָתוֹ אַמַּאי אֵין קוֹרִין הַאֲזִינוּ קֹודֶם ר"ה שֶׁהֲרֵי גַּם שָׁם יֵשׁ קְלָלוֹת מְזֵי רָעָב וּלְחֻומֵי רֶשֶׁף לְכָךְ נִרְאֶה לִי הַטַּעַם שֶׁאָנוּ מְחַלְּקִים אוֹתָן לְפִי שֶׁאָנוּ רוֹצִים לְהַפְסִיק וְלִקְרוֹת שַׁבָּת אַחַת קֹודֶם ר"ה בַּפָּרָשָׁה שֶׁלֹּא תְּהֵא מְדַבֶּרֶת בִּקְלָלוֹת כְּלָל שֶׁלֹּא לְהַסְמִיךְ הַקְּלָלוֹת לר"ה וּמִטַּעַם זֶה אָנוּ קוֹרִין בְּמִדְבַּר סִינַי קֹודֶם עֲצֶרֶת כְּדֵי שֶׁלֹּא לְהַסְמִיךְ הַקְּלָלוֹת שֶׁבִּבְחוּקּוֹתַי לַעֲצֶרֶת: יְלַמְּדֵנוּ שֶׁל פָּרָשַׁת יִתְרוֹ אֵין אָדָם רַשַּׁאי לִקְרוֹת בַּתּוֹרָה עַד שֶׁיַּסְדִּיר הַפָּרָשָׁה ג' פְּעָמִים שֶׁנֶּאֱמַר (אִיּוֹב כ״ח:כ״ז) אָז רָאָה וַיְסַפְּרָהּ חֲקָרָהּ וֶהֱכִינָהּ וְאַחֲרֵי כֵּן וַיֹּאמֶר לְאָדָם וְאָסוּר לִסְמֹוךְ עַל הַבִּימָה דְּמַה נְתִינָתָהּ מְעֻומָּד אַף קְרִיאָתָהּ מְעֻומָּד:
On a demandé à la maison d'étude de Rabbenou Nissim pourquoi on partage la parcha de Nitsavim-Vayélekh en deux lorsqu'il y a deux Chabbats entre Roch Hachana et Souccot sans Yom Kippour entre eux, alors qu'on ne partage pas Matot-Massei qui sont plus longues. Il a répondu : parce que dans Atem Nitsavim il y a des malédictions dont il a maudit Israël, et l'on veut les achever avant Roch Hachana. Cela fait difficulté, car nous ne comptons pas ainsi les malédictions dont Moche a maudit Israël, comme il ressort du chapitre Ha-mokher et ha-sefina (Baba Batra 88b) : Rabbi Levi a dit : viens et vois que la mesure du Saint béni soit-Il diffère de la mesure de chair et de sang ; le Saint béni soit-Il a béni Israël par vingt-deux lettres et les a maudits par huit, tandis que Moche les a bénis par huit et les a maudits par vingt-deux — et l'on compte depuis « Et si vous n'écoutez pas » jusqu'à « et nul n'achètera », ce qui montre explicitement que les malédictions s'arrêtent à « nul n'achètera ». Autre difficulté : selon son raisonnement, pourquoi ne lit-on pas Haazinou avant Roch Hachana, puisqu'il s'y trouve aussi des malédictions, « épuisés par la faim et dévorés par la fièvre » ? Il me semble donc que la raison pour laquelle nous les partageons est que nous voulons interrompre et lire, un Chabbat avant Roch Hachana, une parcha qui ne parle pas du tout de malédictions, afin de ne pas accoler les malédictions à Roch Hachana. Pour la même raison nous lisons Bamidbar Sinaï avant Atseret, afin de ne pas accoler à Atseret les malédictions de Behoukotai. [Yelamdenou de la parcha de Yitro :] nul n'a le droit de lire dans la Torah avant d'avoir révisé la parcha trois fois, ainsi qu'il est dit (Job 28,27) « Alors Il la vit et la raconta, Il l'établit et aussi la sonda, et ensuite Il dit à l'homme ». Et il est interdit de s'appuyer sur la bima, car de même que sa transmission se fit debout, de même sa lecture se fait debout.
💡 Explication

Le daf passe de la manière de lire les malédictions à leur place dans l'année. L'institution attribuée à Ezra fixe pour chaque série un terme : avant Atseret (Chavouot) pour le Lévitique, avant Roch Hachana pour le Deutéronome.

La formule « que l'année s'achève avec ses malédictions » veut que les passages de châtiment appartiennent à l'année qui se termine, et que la nouvelle s'ouvre sans eux. Tossefot rapporte l'usage qui en découle : on intercale un Chabbat de lecture neutre avant Roch Hachana et avant Atseret, en scindant Nitsavim-Vayélekh et en lisant Bamidbar avant Chavouot.

11
בִּשְׁלָמָא שֶׁבְּמִשְׁנֵה תּוֹרָה, אִיכָּא כְּדֵי שֶׁתִּכְלֶה שָׁנָה וְקִלְלוֹתֶיהָ. אֶלָּא שֶׁבְּתוֹרַת כֹּהֲנִים, אַטּוּ עֲצֶרֶת רֹאשׁ הַשָּׁנָה הִיא? אִין, עֲצֶרֶת נָמֵי רֹאשׁ הַשָּׁנָה הִיא. דִּתְנַן: וּבַעֲצֶרֶת עַל פֵּירוֹת הָאִילָן.

Soit, pour celles de Michne Torah, il y a la raison « afin que l'année s'achève avec ses malédictions ». Mais celles de Torat Kohanim — Atseret serait-il donc un roch hachana ?

Oui, Atseret est lui aussi un roch hachana, comme nous l'avons appris : et à Atseret, sur les fruits de l'arbre.

💡 Explication

La guemara teste la raison donnée. Elle vaut clairement pour le Deutéronome, lu avant Roch Hachana, qui est le début de l'année. Elle semble ne rien dire pour le Lévitique, lu avant Atseret.

La réponse s'appuie sur la michna de Roch Hachana 16a : quatre moments de l'année sont des temps de jugement, et Atseret est celui où l'on est jugé sur les fruits de l'arbre. À ce titre, il ouvre lui aussi une année, et la même raison s'applique.

12
תַּנְיָא, רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: אִם יֹאמְרוּ לָךְ זְקֵנִים ״סְתוֹר״ וִילָדִים ״בְּנָהּ״ — סְתוֹר וְאַל תִּבְנֶה, מִפְּנֵי שֶׁסְּתִירַת זְקֵנִים בִּנְיָן, וּבִנְיַן נְעָרִים סְתִירָה. וְסִימָן לַדָּבָר — רְחַבְעָם בֶּן שְׁלֹמֹה.

Il a été enseigné : Rabbi Chimon ben Elazar dit : si des vieillards te disent « détruis » et des jeunes gens « bâtis », détruis et ne bâtis pas, car la destruction des vieillards est construction et la construction des jeunes gens est destruction. Le signe de la chose : Rehavam fils de Chelomo.

💡 Explication

Une baraita du même Tana, placée ici par association de nom. Le critère proposé porte sur l'expérience : ce que les anciens défont à une portée constructive, ce que les jeunes édifient à une portée destructrice.

Le signe rappelle Rehavam (I Rois 12), qui écarta le conseil des anciens pour suivre celui des jeunes gens qui avaient grandi avec lui, et provoqua la scission du royaume.

13
תָּנוּ רַבָּנַן: מָקוֹם שֶׁמַּפְסִיקִין בַּשַּׁבָּת שַׁחֲרִית — שָׁם קוֹרִין בְּמִנְחָה, בְּמִנְחָה — שָׁם קוֹרִין בִּשְׁנֵי, בַּשֵּׁנִי — שָׁם קוֹרִין בַּחֲמִישִׁי, בַּחֲמִישִׁי — שָׁם קוֹרִין לַשַּׁבָּת הַבָּאָה, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: מָקוֹם שֶׁמַּפְסִיקִין בַּשַּׁבָּת שַׁחֲרִית — שָׁם קוֹרִין בְּמִנְחָה, וּבְשֵׁנִי וּבַחֲמִישִׁי, וְלַשַּׁבָּת הַבָּאָה.

Nos maîtres ont enseigné : l'endroit où l'on s'arrête le Chabbat matin, c'est là qu'on lit à minha ; à minha, c'est là qu'on lit le lundi ; le lundi, c'est là qu'on lit le jeudi ; le jeudi, c'est là qu'on lit pour le Chabbat suivant — paroles de Rabbi Meir. Rabbi Yehouda dit : l'endroit où l'on s'arrête le Chabbat matin, c'est là qu'on lit à minha, et le lundi, et le jeudi, et pour le Chabbat suivant.

💡 Explication

La question porte sur l'articulation entre la lecture du Chabbat matin, qui avance dans le cycle annuel, et les trois lectures brèves de Chabbat minha, du lundi et du jeudi.

Pour Rabbi Meir, chacune de ces lectures avance le point d'arrêt : elles s'enchaînent les unes aux autres. Pour Rabbi Yehouda, les trois lectures brèves repartent toutes du même point, celui du Chabbat matin, et le Chabbat suivant reprend lui aussi de là ; elles ne font pas progresser le cycle.

14
אָמַר רַבִּי זֵירָא: הֲלָכָה, מָקוֹם שֶׁמַּפְסִיקִין בַּשַּׁבָּת שַׁחֲרִית — שָׁם קוֹרִין בְּמִנְחָה, וּבְשֵׁנִי וּבַחֲמִישִׁי, וּלְשַׁבָּת הַבָּאָה. וְלֵימָא: הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה!

Rabbi Zera a dit : la halakha est que l'endroit où l'on s'arrête le Chabbat matin, c'est là qu'on lit à minha, et le lundi, et le jeudi, et pour le Chabbat suivant. Mais qu'il dise donc : la halakha est comme Rabbi Yehouda !

💡 Explication

Rabbi Zera tranche selon la position de Rabbi Yehouda, mais en la reprenant mot pour mot au lieu de renvoyer à son auteur. La guemara relève cet écart de formulation : trancher « comme Rabbi Yehouda » aurait été plus court.

La question reste ouverte à la fin du folio ; la réponse est donnée au début du daf suivant. L'enjeu est technique : une halakha énoncée en toutes lettres vaut même là où l'attribution à un Tana ou un Amora serait contestée.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).