Megillah 31a — Le calendrier des lectures de la Torah et des haftarot : de la baraita de terre d'Israël à l'usage des deux jours de fête en diaspora

Megillah 31a

Sougya : La michna s'achève sur la lecture des bénédictions et des malédictions, qu'un seul lecteur doit lire sans interruption, et sur les lectures du lundi, du jeudi et du chabbat à min'ha, qui ne comptent pas dans le décompte des parachiyot. La guemara rapporte alors une longue baraita qui fixe, fête par fête, le passage de la Torah et la haftara : Pessa'h et ses jours intermédiaires, Chavouot, Roch Hachana, Yom Kippour, Souccot, Chemini Atseret, puis 'Hanouka, Pourim et les néoménies.

Cette baraita a été enseignée en terre d'Israël, où chaque fête ne dure qu'un jour ; les maîtres de la guemara l'interrompent donc à chaque fois par une remarque commençant par « et aujourd'hui, où il y a deux jours », pour indiquer ce que l'on lit le second jour en diaspora. Deux formules mnémotechniques structurent les jours de Pessa'h : le signe mem-alef-pe-vav de Rav Papa et la phrase d'Abaye mechokh tora, kadech bekaspa, pessol bemidbara, chelah boukhra.

Au milieu de cette liste, la haftara de Yom Kippour amène l'enseignement de Rabbi Yo'hanan : partout où l'Écriture dit la puissance du Saint béni soit-Il, elle dit aussitôt Son humilité, dans la Torah, dans les Prophètes et dans les Écrits.

Le calendrier des lectures selon la baraita, complété par l'usage des deux jours Jour Lecture dans la Torah Haftara Pessa'h, 1er jour Parachat hamoadot (Vayikra 22, 26) Le Pessa'h de Guilgal (Josue 5) Pessa'h, 2e jour Le même passage des fêtes Le Pessa'h de Yochiyahou (II Rois 23) 'Hol hamoed Pessa'h On glane : signe mem, alef, pe, vav - Chabbat de 'hol hamoed Réé ata omer élaï (Chemot 33, 12) Les ossements desséchés (Ye'hezkel 37) Pessa'h, 7e jour Vayehi bechalah (Chemot 13, 17) Vayedaber David (II Chemouel 22) Pessa'h, 8e jour Kol habekhor (Devarim 15, 19) Od hayom (Yechayahou 10, 32) Chavouot, 1er jour Bahodech hachelichi (Chemot 19) La Merkava (Ye'hezkel 1) Chavouot, 2e jour Chiva chavouot (Devarim 16, 9) Havakouk 3 Roch Hachana, 1er j. Vache pakad et Sara (Berechit 21) Hanna (I Chemouel 1) Roch Hachana, 2e j. L'épreuve d'Abraham (Berechit 22) Haben yakir li Efraim (Yirmeyahou 31) Yom Kippour, matin Aharei mot (Vayikra 16) Ko amar ram venissa (Yechayahou 57) Yom Kippour, min'ha Les unions interdites (Vayikra 18) Le livre de Yona Souccot, 1er jour Parachat hamoadot (Vayikra 22, 26) Hine yom ba laHachem (Zekharia 14) Souccot, 2e jour Le même passage des fêtes Vayikahalou el hamelekh Chelomo (I Rois 8) 'Hol hamoed Souccot Les offrandes de la fête (Bamidbar 29) - Chabbat de 'hol hamoed Réé ata omer élaï (Chemot 33, 12) Beyom bo Gog (Ye'hezkel 38, 18) Chemini Atseret Kol habekhor, depuis Asser teasser Vayehi kekhalot Chelomo (I Rois 8, 54) Le lendemain Vezot haberakha (Devarim 33) Vayaamod Chelomo (I Rois 8, 22) 'Hanouka Les princes (Bamidbar 7) Les lampes de Zekharia ; 2e chabbat : de Chelomo Pourim Vayavo Amalek (Chemot 17, 8) - Roch Hodech Ouverachei hodchekhem (Bamidbar 28, 11) Chabbat : Vehaya midei hodech (Yech. 66) Roch Hodech un dimanche - La veille : Mahar hodech (I Chemouel 20, 18) jour ajouté par l'usage de la diaspora
La baraita fixe une lecture par fête ; les remarques de la guemara commençant par « et aujourd'hui, où il y a deux jours » ajoutent les lignes teintées.
Les jours de Pessa'h : la baraita de terre d'Israël et l'usage rapporté par Abaye Baraita : sept jours, un seul jour de fête à chaque extrémité 1er jour Parachat hamoadot Vayikra 22, 26 jours intermédiaires : on glane signe mem, alef, pe, vav — et Réé ata pour le chabbat Rav Papa 7e jour Vayehi bechalah Chemot 13, 17 Abaye : huit jours, deux jours de fête à chaque extrémité mechokh tora, kadech bekaspa, pessol bemidbara, chelah boukhra — chaque mot désigne la lecture d'un jour 1er jour mechokh Mechokh oukehou Chemot 12, 21 2e jour tora Chor o kessev Vayikra 22, 27 3e jour kadech Kadech li Chemot 13, 1 4e jour bekaspa Im kessef talve Chemot 22, 24 5e jour pessol Pessol lekha Chemot 34, 1 6e jour bemidbara Vayedaber bemidbar Bamidbar 9, 1 7e jour chelah Vayehi bechalah Chemot 13, 17 8e jour boukhra Kol habekhor Devarim 15, 19 jours de fête 'hol hamoed — remplacés par Réé ata le chabbat
Le passage de sept à huit jours oblige à redistribuer les lectures : la phrase d'Abaye remplace le signe de Rav Papa.
Rabbi Yo'hanan : la puissance et l'humilité, trois fois dans l'Écriture Chaque fois, le verset qui dit la grandeur est immédiatement suivi de celui qui dit l'attention aux plus faibles. Écrit dans la Torah Répété dans les Prophètes Triplé dans les Écrits La puissance Le D.ieu des dieux et le Maître des maîtres Devarim 10, 17 La puissance Élevé et sublime, Il demeure à jamais, Son nom est saint Yechayahou 57, 15 La puissance Frayez la voie à Celui qui chevauche dans les plaines Tehilim 68, 5 L'humilité Il fait droit à l'orphelin et à la veuve L'humilité Et avec le contrit et l'humble d'esprit L'humilité Père des orphelins et juge des veuves La guemara place cet enseignement ici parce que la haftara de Yom Kippour est précisément le verset d'Isaie 57, 15.
Le même mouvement, trois fois : la grandeur énoncée, puis aussitôt l'attention portée à l'orphelin, à la veuve et au coeur brisé.
1
בְּרָכוֹת וּקְלָלוֹת. אֵין מַפְסִיקִין בִּקְלָלוֹת, אֶלָּא אֶחָד קוֹרֵא אֶת כֻּולָּן.

les bénédictions et les malédictions. On n'interrompt pas la lecture des malédictions : un seul lecteur les lit toutes.

📜 Rachi (2)
בְּרָכוֹת וּקְלָלוֹת דְּאִם בְּחֻקּוֹתַי לְהוֹדִיעַ שֶׁעַל עִסְקֵי הַחֵטְא בָּאָה פּוּרְעָנוּת לָעוֹלָם וְיַחְזְרוּ בִּתְשׁוּבָה וְיִנָּצְלוּ מִצָּרָה שֶׁהֵן מִתְעַנִּין עָלֶיהָ:
Les bénédictions et les malédictions — celles de la paracha Im behoukotaï (Lévitique 26), pour faire savoir que le malheur vient au monde à cause de la faute, afin qu'ils reviennent en techouva (repentir) et soient sauvés de la détresse pour laquelle ils jeûnent.
אֵין מַפְסִיקִין בִּקְלָלוֹת כְּדִמְפָרֵשׁ מִילְּתָא שֶׁאֵין שְׁנַיִם קוֹרִין בָּהֶן אֶלָּא אֶחָד קוֹרֵא אֶת כֻּולָּן וּשְׁנַיִם הָרִאשׁוֹנִים קוֹרִין פָּרָשַׁת בְּרָכוֹת:
On n'interrompt pas dans les malédictions — comme la michna l'explique elle-même : deux personnes n'y lisent pas, mais un seul les lit toutes ; et les deux premiers appelés lisent le passage des bénédictions.
💡 Explication

Fin de la michna. La lecture des malédictions (Lévitique 26) fait exception à la règle ordinaire : au lieu d'être partagée entre plusieurs appelés, elle revient à un seul lecteur. Rachi précise dans quelle logique s'inscrit cette lecture en un jour de jeûne : on lit ce passage pour rappeler que le malheur vient au monde à cause de la faute, afin que la techouva écarte la détresse pour laquelle on jeûne.

2
בְּשֵׁנִי וּבַחֲמִישִׁי, בְּשַׁבָּת בְּמִנְחָה — קוֹרִין כְּסִדְרָן, וְאֵין עוֹלִים לָהֶם מִן הַחֶשְׁבּוֹן.

Le lundi, le jeudi, et le chabbat à min'ha, on lit selon leur ordre, et ces lectures ne comptent pas dans le décompte.

📜 Rachi (2)
קוֹרִין כְּסִדְרָן בְּעִנְיַן סֵדֶר הַפָּרָשִׁיּוֹת וְתַנָּאֵי פְּלִיגִי בָּהּ בַּבָּרַיְיתָא בַּגְּמָרָא הֵיכָן מַתְחִיל בְּשֵׁנִי וּבַחֲמִישִׁי:
On lit selon leur ordre — selon l'ordre des parachiyot. Des tanaim divergent là-dessus dans une baraita de la guemara : où commence-t-on le lundi et le jeudi ?
וְאֵין עוֹלֶה לָהֶן מִן הַחֶשְׁבּוֹן כְּשֶׁיַּגִּיעַ יוֹם שַׁבָּת יַחְזְרוּ מַה שֶׁקָּרְאוּ בְּשַׁבָּת בְּמִנְחָה וּבְשֵׁנִי וּבַחֲמִישִׁי:
Et cela ne compte pas dans le décompte — quand vient le jour du chabbat, on revient sur ce que l'on a lu le chabbat à min'ha, le lundi et le jeudi.
💡 Explication

Trois lectures secondaires reprennent le début de la paracha qui suit celle du chabbat précédent, sans faire avancer le cycle. Le chabbat suivant, on relit depuis ce même début : elles ne comptent pas dans le décompte. Rachi signale que des tanaim divergent, dans une baraita, sur le point exact où commence la lecture du lundi et du jeudi.

3
שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיְדַבֵּר מֹשֶׁה אֶת מֹועֲדֵי ה׳ אֶל בְּנֵי יִשְׂרָאֵל״, מִצְוָתָן שֶׁיְּהוּ קוֹרִין כָּל אֶחָד וְאֶחָד בִּזְמַנּוֹ.

ainsi qu'il est dit : « Moche dit les temps fixés de ה' aux enfants d'Israël » — leur mitsva est que l'on en lise chacun en son temps.

📜 Rachi (1)
שֶׁנֶּאֱמַר וַיְדַבֵּר מֹשֶׁה אֶת מֹועֲדֵי ה' אֶל בְּנֵי יִשְׂרָאֵל אַכֻּולָּהּ מַתְנִיתִין קָאֵי לִלְמֹוד מִכָּאן שֶׁמִּצְוָה לִקְרוֹת בְּיוֹם הַמּוֹעֵד מֵעִנְיְנֵי הַמּוֹעֲדוֹת:
Ainsi qu'il est dit : « Moche dit les temps fixés de ה' aux enfants d'Israël » — ce verset porte sur toute la michna ; on en apprend que c'est une mitsva de lire, au jour de la fête, un passage qui traite des fêtes.
💡 Explication

Le verset (Lévitique 23, 44) sert de fondement à toute la michna : la lecture de la Torah au jour de la fête fait partie de la mitsva de la fête elle-même. De là découle que le passage lu doit traiter du jour où l'on se trouve.

4
גְּמ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: בְּפֶסַח קוֹרִין בְּפָרָשַׁת מוֹעֲדוֹת וּמַפְטִירִין בְּפֶסַח גִּלְגָּל, וְהָאִידָּנָא דְּאִיכָּא תְּרֵי יוֹמֵי, יוֹמָא קַמָּא — בְּפֶסַח גַּלְגַּל, וּלְמָחָר — בְּפֶסַח יֹאשִׁיָּהוּ.

Guemara. Nos maîtres ont enseigné : à Pessa'h, on lit dans le passage des fêtes, et l'on prend pour haftara le Pessa'h de Guilgal (Josue 5).

Et aujourd'hui, où il y a deux jours de fête : le premier jour, le Pessa'h de Guilgal ; et le lendemain, le Pessa'h de Yochiyahou (II Rois 23).

📜 Rachi (2)
גְּמ' הָכִי גָּרְסִינַן ת"ר בְּפֶסַח קוֹרִין בְּפָרָשַׁת מוֹעֲדוֹת כּוּ' בָּרַייְתָא שְׁלֵימָה הִיא עַד וּשְׁאָר כָּל יְמוֹת הַחַג קוֹרִין בְּקָרְבְּנוֹת הֶחָג אֶלָּא שֶׁבַּעֲלֵי הַגְּמָרָא אַפְסִיקוּהָ לְפָרֵשׁ בְּכָל מוֹעֵד יוֹם בְּיוֹם מַה תִּיקְּנוּ הָאַחֲרוֹנִים שֶׁנָּהֲגוּ לַעֲשׂוֹת ב' יָמִים לִקְרוֹת בְּיוֹם שֵׁנִי לְפִי שֶׁהַבָּרַיְיתָא נִשְׁנֵית בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל שֶׁאֵין עוֹשִׂין י"ט אֶלָּא יוֹם אֶחָד:
C'est une baraita continue, jusqu'à « et tous les autres jours de la fête, on lit dans les offrandes de la fête ». Les maîtres de la guemara l'ont seulement interrompue pour préciser, pour chaque fête et jour par jour, ce que les derniers ont institué de lire le second jour, là où l'usage est de faire deux jours ; car la baraita a été enseignée en terre d'Israël, où l'on ne fait qu'un seul jour de fête.
בְּפֶסַח גַּלְגַּל בִּיהוֹשֻׁעַ:
Le Pessa'h de Guilgal — dans le livre de Josue.
⚖️ Rosh (1)
גְּמ' א"ר יִצְחָק נַפָּחָא שַׁבָּת שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּחֻולּוֹ שֶׁל מוֹעֵד בֵּין בְּפֶסַח בֵּין בְּסֻוכּוֹת קוֹרִין רְאֵה אַתָּה אֹומֵר אֵלַי וּמַפְטִיר קוֹרֵא בְּמוּסָפִין. בְּפֶסַח קוֹרִין בְּפָרָשַׁת מוֹעֲדוֹת שֶׁבְּתוֹרַת כֹּהֲנִים וְהָאִידָּנָא נְהוּג עָלְמָא לְמִיקְרֵי מְשַׁךְ תּוֹרָא קַדֵּשׁ בְּכַסְפָּא פְּסַל בְּמַדְבְּרָא שַׁלַּח בֻּוכְרָא וְסֵדֶר הַזֶּה לֹא יִשְׁתַּנֶּה אֶלָּא כְּשֶׁחָל פֶּסַח בַּחֲמִישִׁי שֶׁאָז קוֹרִין בְּיוֹם רִאשׁוֹן וּבְיוֹם שֵׁנִי מֶשֶׁךְ תּוֹרָא וְיוֹם שְׁלִישִׁי שֶׁהוּא שַׁבָּת שֶׁל חוֹל הַמּוֹעֵד קוֹרִין רְאֵה אַתָּה אֹומֵר אֵלַי דְּהַייְנוּ פְּסָל לְךָ כִּדְאָמְרִינַן לְקַמָּן שַׁבָּת שֶׁל חוֹל הַמּוֹעֵד בֵּין בְּנִיסָן בֵּין בְּתִשְׁרֵי קוֹרִין רְאֵה אַתָּה אֹומֵר אֵלַי וְכוּ' וּבְיוֹם רִאשׁוֹן שֵׁנִי וּשְׁלִישִׁי קֹדֶשׁ בְּכַסְפָּא בְּמַדְבְּרָא כַּסֵּדֶר שֶׁהֵן כְּתוּבִין בַּתּוֹרָה אֶלָּא שֶׁקּוֹרִין שׁוֹר אוֹ כֶשֶׂב אוֹ עֵז בְּיוֹם שֵׁנִי לְפִי שֶׁכָּתוּב בּוֹ עִנְיַן פֶּסַח וּבַחֲמִשָּׁה עָשָׂר יוֹם וּבְפָרָשַׁת בְּשַׁלַּח בַּשְּׁבִיעִי שֶׁאָז עָבְרוּ יִשְׂרָאֵל אֶת הַיָּם וְהַשְּׁאָר כַּסֵּדֶר שֶׁהֵן כְּתוּבִים בַּתּוֹרָה וּמַפְטִירִין בְּיוֹם רִאשׁוֹן שֶׁל פֶּסַח בְּפֶסַח גַּלְגַּל בָּעֵת הַהִיא ובי"ט שֵׁנִי בְּשֶׁל פֶּסַח יֹאשִׁיָּהוּ וביו"ט אַחֲרוֹן מַפְטִירִין וַיְדַבֵּר דָּוִד לָהּ' וּלְמָחָר עוֹד הַיּוֹם בְּנֹוב לַעֲמֹוד. בַּעֲצֶרֶת קוֹרִין ביו"ט הָרִאשׁוֹן בַּחֹדֶשׁ הַשְּׁלִישִׁי וּמַפְטִירִין בַּמֶּרְכָּבָה וּבְיוֹם טוֹב שֵׁנִי שִׁבְעָה שָׁבוּעוֹת וּמַפְטִירִין בַּחֲבַקּוּק. בר"ה בַּיּוֹם הָרִאשׁוֹן וַה' פָּקַד אֶת שָׂרָה וּמַפְטִירִין בְּחַנָּה. וּבַשֵּׁנִי וְהָאֱ-לֹהִים נִסָּה אֶת אַבְרָהָם וּמַפְטִירִין הֲבֵן יַקִּיר לִי אֶפְרַיִם. ביה"כ שַׁחֲרִית קוֹרִין אַחֲרֵי מוֹת וּמַפְטִירִין כֹּה אָמַר ה' רָם וְנִשָּׂא בְּמִנְחָה בַּעֲרָיוֹת וּמַפְטִירִין בְּיוֹנָה. בֶּחָג בִּשְׁנֵי יָמִים טוֹבִים הָרִאשׁוֹנִים קוֹרִין בְּפָרָשַׁת מוֹעֲדוֹת שֶׁבְּתוֹרַת כֹּהֲנִים שׁוֹר אוֹ כֶּשֶׂב וּמַפְטִירִין בַּיּוֹם הָרִאשׁוֹן הִנֵּה יוֹם בָּא לַה' וּבְיוֹם שֵׁנִי וַיִּקָּהֲלוּ אֶל הַמֶּלֶךְ שְׁלֹמֹה וּבִשְׁאָר כָּל יְמוֹת הַחַג קוֹרִין בְּקָרְבְּנוֹת הֶחָג. גָּרְסִינַן בְּפֶרֶק בָּתְרָא דְּסֻוכָּה (דַּף נה.) אַתְקִין אַמֵּימָר בִּנְהַרְדְּעָא דִּמְדַלְּגִי דַּלּוֹגֵי וְקָא פָּרֵישׁ גָּאוֹן כָּךְ הַמִּנְהָג בִּשְׁתֵּי יְשִׁיבוֹת בְּיוֹם רִאשׁוֹן וּבְיוֹם שֵׁנִי שֶׁהֵן ב' יָמִים טוֹבִים קוֹרִין וּבַחֲמִשָּׁה עָשָׂר בִּלְבַד שֶׁאֵין לְהַזְכִּיר וּבַיּוֹם הַשֵּׁנִי דְּלָא לְזִלְזוּלֵי בִּקְדֻושַּׁת הַיּוֹם וּבַיּוֹם הַשְּׁלִישִׁי שֶׁהוּא חוֹל הַמּוֹעֵד קוֹרֵא כֹּהֵן וּבַיּוֹם הַשֵּׁנִי וְלֵוִי קוֹרֵא וּבַיּוֹם הַשְּׁלִישִׁי וְיִשְׂרָאֵל חוֹזֵר וְקוֹרֵא וּבַיּוֹם הַשְּׁלִישִׁי וְהָרְבִיעִי חוֹזֵר וְקוֹרֵא בַּיּוֹם הַשֵּׁנִי וּבַיּוֹם הַשְּׁלִישִׁי שֶׁהֵן סְפֵיקָא דְּיוֹמָא וְיוֹם רְבִיעִי כֹּהֵן קוֹרֵא וּבַיּוֹם הַשְּׁלִישִׁי וְלֵוִי קוֹרֵא וּבְיוֹם הָרְבִיעִי וְיִשְׂרָאֵל חוֹזֵר וְקוֹרֵא בַּיּוֹם הָרְבִיעִי וְהָרְבִיעִי חוֹזֵר וְקוֹרֵא בַּיּוֹם הַשְּׁלִישִׁי וּבַיּוֹם הָרְבִיעִי סְפֵיקָא דְּיוֹמָא וְעַל פִּי הַסֵּדֶר הַזֶּה קוֹרִין בְּכָל יוֹם עַד יוֹם שְׁבִיעִי. ביו"ט אַחֲרוֹן שֶׁל חַג קוֹרִין כָּל הַבְּכוֹר וּמַפְטִירִין וַיְהִי כְּכַלּוֹת שְׁלֹמֹה וּלְמָחָר קוֹרֵא וְזֹאת הַבְּרָכָה וּמַפְטִירִין וַיַּעֲמֹוד שְׁלֹמֹה לִפְנֵי ה' וי"א וַיְהִי אַחֲרֵי מוֹת מֹשֶׁה עֶבֶד ה' וְהָכִי אִיתָא בִּירוּשַׁלְמִי וְהָכִי נָהֲגִינַן. אָמַר רַב חָנָן בַּר רָבָא שַׁבָּת שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּחֻולּוֹ שֶׁל מוֹעֵד בֵּין בְּנִיסָן בֵּין בְּתִשְׁרֵי קוֹרִין רְאֵה אַתָּה אֹומֵר אֵלַי מִשּׁוּם דְּאִית בֵּיהּ אַתְּ בַּעֲשִׂייַּת מְלָאכָה וְאִפְּטוֹרֵי בְּנִיסָן הָעֲצָמוֹת הַיְּבֵשׁוֹת וּבְתִשְׁרֵי וּבְיוֹם בָּא גּוֹג:
Guemara. Rabbi Its'hak Nappaha a dit : un chabbat qui tombe pendant 'hol hamoed, que ce soit à Pessa'h ou à Souccot, on lit « Vois, tu me dis » (Exode 33, 12), et le maftir lit dans les moussafim. À Pessa'h, on lit dans le passage des fêtes du Torat Kohanim (Lévitique 22-23). Et aujourd'hui, l'usage général est de lire : mechokh tora, kadech bekaspa, pessol bemidbara, chelah boukhra. Cet ordre ne change que lorsque Pessa'h tombe un jeudi : on lit alors mechokh tora le premier et le deuxième jour, et le troisième jour, qui est le chabbat de 'hol hamoed, on lit « Vois, tu me dis », c'est-à-dire « Taille-toi », comme il est dit plus loin : le chabbat de 'hol hamoed, en nissan comme en tichri, on lit « Vois, tu me dis », etc. ; et les premier, deuxième et troisième jours suivants on lit kadech, bekaspa, bemidbara, selon l'ordre où ils sont écrits dans la Torah. On lit toutefois « un taureau, un mouton ou une chèvre » le deuxième jour, parce qu'il y est question de Pessa'h et du quinzième jour, et le passage de Bechalah le septième jour, car c'est alors qu'Israël traversa la mer ; le reste suit l'ordre où ils sont écrits dans la Torah. On prend pour haftara, le premier jour de Pessa'h, le Pessa'h de Guilgal, « en ce temps-là » (Josue 5, 2) ; le deuxième jour de fête, celui du Pessa'h de Yochiyahou ; le dernier jour de fête, « et David dit à ה' » (II Samuel 22) ; et le lendemain, « encore aujourd'hui, à Nov, pour s'arrêter » (Isaie 10, 32). À Chavouot, on lit le premier jour de fête « au troisième mois » (Exode 19) et l'on prend pour haftara la Merkava, et le second jour de fête « sept semaines » (Deutéronome 16, 9) et l'on prend Habacuc. À Roch Hachana, le premier jour, « et ה' se souvint de Sara » (Genèse 21), avec pour haftara le récit de Hanna ; le second jour, « et D.ieu éprouva Abraham » (Genèse 22), avec pour haftara « Ephraim est-il pour Moi un fils chéri » (Jérémie 31). À Yom Kippour, le matin, on lit A'harei Mot (Lévitique 16) avec pour haftara « ainsi a dit ה', élevé et sublime » (Isaie 57, 15) ; à min'ha, les unions interdites (Lévitique 18), avec pour haftara le livre de Jonas. À Souccot, les deux premiers jours de fête, on lit dans le passage des fêtes du Torat Kohanim, « un taureau ou un mouton », et l'on prend pour haftara, le premier jour, « voici qu'un jour vient pour ה' » (Zacharie 14), et le second jour, « et tous les hommes d'Israël s'assemblèrent auprès du roi Salomon » (I Rois 8) ; et tous les autres jours de la fête, on lit dans les offrandes de la fête. Nous avons appris au dernier chapitre de Souca (55a) : Amemar institua à Nehardea que l'on procède par chevauchement. Le Gaon explique ainsi l'usage des deux yechivot : le premier et le deuxième jour, qui sont deux jours de fête, on lit seulement « et le quinzième jour », sans mentionner « et le deuxième jour », pour ne pas rabaisser la sainteté du jour. Le troisième jour, qui est 'hol hamoed, le kohen lit « et le deuxième jour », le levi lit « et le troisième jour », l'israël revient et lit « et le troisième jour », et le quatrième appelé revient et lit « et le deuxième jour et le troisième jour », à cause du doute sur le jour. Le quatrième jour, le kohen lit « et le troisième jour », le levi lit « et le quatrième jour », l'israël revient et lit « et le quatrième jour », et le quatrième appelé revient et lit « et le troisième jour et le quatrième jour », à cause du doute sur le jour. On lit selon cet ordre chaque jour jusqu'au septième jour. Au dernier jour de fête de Souccot, on lit « tout premier-né » (Deutéronome 15, 19) et l'on prend pour haftara « et quand Salomon eut achevé » (I Rois 8, 54) ; et le lendemain on lit « et voici la bénédiction » (Deutéronome 33) avec pour haftara « et Salomon se tint devant ה' » (I Rois 8, 22). Certains disent : « et il advint après la mort de Moche, serviteur de ה' » (Josue 1, 1) ; ainsi est-il dans le Yerouchalmi, et tel est notre usage. Rav Hanan bar Rava a dit : un chabbat qui tombe pendant 'hol hamoed, en nissan comme en tichri, on lit « Vois, tu me dis », parce qu'il s'y trouve le mot et (et) touchant à l'accomplissement du travail, d'où est tirée l'interdiction du travail pendant 'hol hamoed. On prend pour haftara, en nissan, les ossements desséchés (Ezechiel 37), et en tichri, « au jour où viendra Gog » (Ezechiel 38, 18).
💡 Explication

La guemara ouvre ici une longue baraita qui court jusqu'à la fin du calendrier des lectures. Rachi avertit que cette baraita forme un bloc continu : les maîtres de la guemara l'ont découpée pour intercaler, fête par fête, l'usage du second jour. La raison en est que la baraita a été enseignée en terre d'Israël, où chaque fête ne dure qu'un seul jour.

5
וּשְׁאָר יְמוֹת הַפֶּסַח מְלַקֵּט וְקוֹרֵא מֵעִנְיָנוֹ שֶׁל פֶּסַח. מַאי הִיא? אָמַר רַב פָּפָּא: מאפ״‎ו סִימָן.

« Et les autres jours de Pessa'h, on glane et l'on lit un passage qui traite de Pessa'h. » Quels sont-ils ? Rav Papa a dit : le signe est mem, alef, pe, vav.

📜 Rachi (1)
וּשְׁאָר כָּל יְמוֹת הַפֶּסַח סִימָן מאפ"ו "מִשְׁכוּ וּקְחוּ לָכֶם צֹאן "אִם כֶּסֶף תַּלְוֶה אֶת עַמִּי "פָּסַל לְךָ "וִידַבֵּר שֶׁבִּבְהַעֲלֹותְךָ וְיוֹם טוֹב שֵׁנִי קוֹרִין כְּיוֹם רִאשׁוֹן שׁוֹר אוֹ כֶּשֶׂב:
Et tous les autres jours de Pessa'h, le signe est mem, alef, pe, vav — « Tirez et prenez-vous du menu bétail » (Exode 12, 21) ; « si tu prêtes de l'argent à Mon peuple » (Exode 22, 24) ; « Taille-toi » (Exode 34, 1) ; « et ה' parla », dans Behaalotekha (Nombres 9, 1). Et le second jour de fête, on lit comme le premier jour : « un taureau ou un mouton ».
💡 Explication

La baraita se contentait de dire que l'on glane des passages parlant de Pessa'h, sans les nommer. Rav Papa fournit le signe (simane) qui les fixe : quatre lettres, quatre lectures, repérées par leur premier mot. Rachi les développe, et ajoute déjà la pratique de la diaspora pour le second jour de fête.

6
יוֹם טוֹב הָאַחֲרוֹן שֶׁל פֶּסַח קוֹרִין ״וַיְהִי בְּשַׁלַּח״, וּמַפְטִירִין ״וַיְדַבֵּר דָּוִד״. וּלְמָחָר ״כָּל הַבְּכוֹר״, וּמַפְטִירִין ״עוֹד הַיּוֹם״.

Le dernier jour de fête de Pessa'h, on lit « et il advint, lorsque Pharaon renvoya » (Exode 13, 17), et l'on prend pour haftara « et David dit » (II Samuel 22). Et le lendemain, « tout premier-né » (Deutéronome 15, 19), avec pour haftara « encore aujourd'hui » (Isaie 10, 32).

📜 Rachi (3)
וַיְהִי בְּשַׁלַּח פַּרְעֹה לְפִי שֶׁבְּיוֹם ז' שֶׁל פֶּסַח אָמְרוּ שִׁירָה עַל הַיָּם:
Et il advint, lorsque Pharaon renvoya — parce que le septième jour de Pessa'h, ils dirent le cantique sur la mer.
וּמַפְטִירִין וַיְדַבֵּר דָּוִד שֶׁהִיא שִׁירָה כְּמוֹתָהּ וּמְדַבֵּר בָּהּ מִיְּצִיאַת מִצְרַיִם עָלָה עָשָׁן בְּאַפּוֹ וְגוֹ' וַיִּשְׁלַח חֶצְיוֹ וַיְפִיצֵם וְגוֹ':
Et l'on prend pour haftara « et David dit » — parce que c'est un cantique comme celui-là, et qu'il y parle de la sortie d'Égypte : « une fumée monta de Ses narines », etc. ; « Il lança Ses flèches et les dispersa », etc.
עוֹד הַיּוֹם לְפִי שֶׁמַּפַּלְתּוֹ שֶׁל סַנְחֵרִיב בְּלֵיל פֶּסַח הָיָה:
Encore aujourd'hui — parce que la chute de Sanhériv eut lieu la nuit de Pessa'h.
💡 Explication

Le septième jour est celui de la traversée de la mer : on lit donc le récit et le cantique, et l'on prend pour haftara le cantique de David, qui parle lui aussi de la sortie d'Égypte. Le huitième jour, propre à la diaspora, la haftara évoque la chute de Sanhériv, survenue la nuit de Pessa'h.

7
אָמַר אַבַּיֵּי, וְהָאִידָּנָא נְהוּג עָלְמָא לְמִיקְרֵי: מְשַׁךְ תּוֹרָא, קִדֵּשׁ בְּכַסְפָּא, פָּסַל בְּמַדְבְּרָא, שְׁלַח בֻּוכְרָא.

Abaye a dit : et aujourd'hui, l'usage général est de lire : mechokh tora, kadech bekaspa, pessol bemidbara, chelah boukhra.

🗂️ Tossefot (1)
וְהָאִידָּנָא נְהוּג עָלְמָא לְמִקְרֵי מְשַׁךְ תּוֹרָא וְכוּ' אוֹמֵר רִ"י דְּזֶה הַסֵּדֶר לֹא יִשְׁתַּנֶּה רַק כְּשֶׁחָל פֶּסַח בְּיוֹם חֲמִישִׁי שָׂא' ב' קוֹרִין מֶשֶׁךְ תּוֹרָא וּבְיוֹם שְׁלִישִׁי שֶׁהוּא שַׁבָּת שֶׁל חוֹל הַמּוֹעֵד קוֹרִין רְאֵה אַתָּה אֹומֵר אֵלַי וּבִכְלָלָהּ הָוֵי פָּסַל לְךָ כִּדְאָמְרִינַן לְקַמָּן דְּשַׁבָּת שֶׁל חוֹל הַמּוֹעֵד בֵּין בְּנִיסָן בֵּין בְּתִשְׁרֵי קוֹרִין רְאֵה אַתָּה אֹומֵר אֵלַי וּבְיוֹם ד' וַחֲמִישִׁי וְשִׁשִּׁי שֶׁל פֶּסַח שֶׁהוּא אב"ג דְּשַׁבָּת לֹא יִקְרְאוּ פָּסַל לְךָ בַּחֲמִישִׁי שֶׁל פֶּסַח כְּמוֹ שֶׁרְגִילִין בִּשְׁאָר שָׁנִים אֶלָּא בְּיוֹם אַרְבַּע וַחֲמִישִׁי וְשִׁשִּׁי יִקְרְאוּ קֹדֶשׁ בְּכַסְפָּא בְּמַדְבְּרָא:
Le Ri dit que cet ordre ne change que lorsque Pessa'h tombe un jeudi : le premier et le deuxième jour on lit mechokh tora, et le troisième jour, qui est le chabbat de 'hol hamoed, on lit « Vois, tu me dis », qui comprend déjà « Taille-toi », comme il est dit plus loin que le chabbat de 'hol hamoed, en nissan comme en tichri, on lit « Vois, tu me dis ». Et les quatrième, cinquième et sixième jours de Pessa'h, qui sont les jours alef, beit, guimel après le chabbat, on ne lira pas « Taille-toi » le cinquième jour de Pessa'h comme on a coutume de le faire les autres années, mais les quatrième, cinquième et sixième jours on lira kadech, bekaspa, bemidbara.
💡 Explication

Le passage de sept à huit jours oblige à redistribuer les lectures. Abaye rapporte une phrase mnémotechnique de quatre mots araméens, chacun valant pour deux jours : mechokh (Exode 12, 21) et tora, le taureau du passage des fêtes ; kadech (Exode 13, 1) et bekaspa (Exode 22, 24) ; pessol (Exode 34, 1) et bemidbara (Nombres 9, 1) ; chelah (Exode 13, 17) et boukhra (Deutéronome 15, 19). Les Tossefot précisent que cet ordre se décale lorsque le chabbat de 'hol hamoed vient occuper l'un de ces jours.

8
בַּעֲצֶרֶת ״שִׁבְעָה שָׁבוּעוֹת״, וּמַפְטִירִין בַּחֲבַקּוּק. אֲחֵרִים אוֹמְרִים: ״בַּחֹדֶשׁ הַשְּׁלִישִׁי״, וּמַפְטִירִין בַּמֶּרְכָּבָה. וְהָאִידָּנָא דְּאִיכָּא תְּרֵי יוֹמֵי, עָבְדִינַן כְּתַרְוַיְיהוּ וְאִיפְּכָא.

À Chavouot, « sept semaines », et l'on prend pour haftara Habacuc. D'autres disent : « au troisième mois », et l'on prend pour haftara la Merkava.

Et aujourd'hui, où il y a deux jours, nous faisons selon les deux avis, mais dans l'ordre inverse.

📜 Rachi (3)
וּמַפְטִירִין בַּחֲבַקּוּק שֶׁמְּדַבֵּר בְּמַתַּן תּוֹרָה אֱלוֹהַּ מִתֵּימָן יָבוֹא בְּמַתַּן תּוֹרָה:
Et l'on prend pour haftara Habacuc — car il y parle du don de la Torah : « D.ieu vient de Téman » (Habacuc 3, 3), au don de la Torah.
בַּמֶּרְכָּבָה דִּיחֶזְקֵאל עַל שֵׁם שֶׁנִּגְלָה בְּסִינַי בְּרִבּוֹא רְבָבוֹת אַלְפֵי שְׁנָאָן:
La Merkava — celle d'Ezechiel, parce qu'Il s'est révélé au Sinaï « par des myriades de milliers » (Psaumes 68, 18).
וְהָאִידָּנָא דְּאִיכָּא תְּרֵי יוֹמֵי עָבְדִינַן כְּתַרְוַיְיהוּ וְאִיפְכָּא דְּקָאָמְרִי אֲחֵרִים דְּאִינְהוּ בָּתְרָאֵי לְתַנָּא קַמָּא בַּחֹדֶשׁ הַשְּׁלִישִׁי וּמַפְטִיר בַּמֶּרְכָּבָה בַּיּוֹם הָרִאשׁוֹן קָרֵינַן לְהוּ וּדְקָאָמַר תַּנָּא קַמָּא בָּעֲצֶרֶת שִׁבְעָה שָׁבוּעוֹת וּמַפְטִירִין בַּחֲבַקּוּק קָרֵינַן בַּיּוֹם הַשֵּׁנִי וְאִיפְּכָא דְּמַתַּן תּוֹרָה בַּשִּׁשִּׁי בְּסִיוָן:
Et aujourd'hui, où il y a deux jours, nous faisons selon les deux avis, mais dans l'ordre inverse — ce que disent les Aherim, qui viennent après le tana kama, « au troisième mois » avec la Merkava pour haftara, nous le lisons le premier jour ; et ce que dit le tana kama, « a Chavouot, sept semaines » avec Habacuc pour haftara, nous le lisons le second jour. C'est l'ordre inverse, car le don de la Torah eut lieu le six sivan.
💡 Explication

La baraita donne deux avis : le tana kama choisit le passage du compte des semaines, les Aherim celui du don de la Torah. L'usage des deux jours retient les deux, mais ipkha, dans l'ordre inverse : l'avis cité en second est lu le premier jour, parce que le don de la Torah eut lieu le six sivan.

🖼️ Schéma
Chavouot : deux avis dans la baraita, deux jours en diaspora, et l'ordre inverse Tana kama Torah : Chiva chavouot (Devarim 16, 9) Haftara : Havakouk 3 le thème est le compte des semaines Aherim (d'autres disent) Torah : Bahodech hachelichi (Chemot 19) Haftara : la Merkava (Ye'hezkel 1) le thème est le don de la Torah 1er jour de fête Bahodech hachelichi et la Merkava c'est-à-dire l'avis des Aherim le six sivan, jour du don de la Torah 2e jour de fête Chiva chavouot et Havakouk c'est-à-dire l'avis du tana kama l'avis premier est lu en second C'est le sens de ipkha : on retient les deux avis, mais celui qui est cité en second est lu le premier jour.
Le mot ipkha porte sur l'ordre, non sur le contenu : les deux avis sont lus, mais l'avis second est placé le premier jour.
9
בְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה: ״בַּחֹדֶשׁ הַשְּׁבִיעִי״, וּמַפְטִירִין: ״הֲבֵן יַקִּיר לִי אֶפְרַיִם״. וְיֵשׁ אוֹמְרִים: ״וַה׳ פָּקַד אֶת שָׂרָה״, וּמַפְטִירִין בְּחַנָּה.

À Roch Hachana, « au septième mois », et l'on prend pour haftara « Ephraim est-il pour Moi un fils chéri ». Et certains disent : « et ה' se souvint de Sara », avec pour haftara le récit de Hanna.

📜 Rachi (2)
הֲבֵן יַקִּיר לִי אֶפְרַיִם מִשּׁוּם זָכוּר אֶזְכְּרֶנּוּ רַחֵם אֲרַחֲמֶנּוּ:
Ephraim est-il pour Moi un fils chéri — à cause de « Je me souviens encore de lui, J'aurai certainement pitié de lui ».
מַפְטִירִין בְּחַנָּה לְפִי שֶׁפְּקִידָתָהּ הָיְתָה בְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה וַעֲקֵידַת יִצְחָק מַזְכִּירִין כְּדֵי שֶׁתִּזָּכֵר לָנוּ הַיּוֹם בְּמִשְׁפָּט:
On prend pour haftara le récit de Hanna — parce que son souvenir eut lieu à Roch Hachana ; et l'on mentionne la ligature d'Its'hak afin qu'elle nous soit rappelée aujourd'hui, au jour du jugement.
💡 Explication

Deux avis encore. Le premier lit le passage des offrandes du premier tichri ; le second lit la visite de Sara, car la tradition place à Roch Hachana le souvenir de Sara et celui de Hanna. Les deux haftarot reposent sur la même idée : le souvenir (pekida) que l'on demande au jour du jugement.

10
וְהָאִידָּנָא דְּאִיכָּא תְּרֵי יוֹמֵי — יוֹמָא קַמָּא כְּיֵשׁ אוֹמְרִים, לְמָחָר: ״וְהָאֱ-לֹהִים נִסָּה אֶת אַבְרָהָם״, וּמַפְטִירִין ״הַבֵּן יַקִּיר״.

Et aujourd'hui, où il y a deux jours : le premier jour, selon « certains disent » ; le lendemain, « et D.ieu éprouva Abraham », avec pour haftara « Ephraim est-il un fils chéri ».

💡 Explication

L'usage des deux jours ne se contente pas de répartir les deux avis. Le premier jour suit entièrement l'avis des yech omrim, avec la visite de Sara et Hanna. Le second jour, la lecture de la Torah n'est celle d'aucun des deux avis : c'est la ligature d'Its'hak, dont Rachi a déjà dit qu'on la mentionne pour qu'elle soit rappelée au jour du jugement ; seule la haftara du tana kama est conservée.

🖼️ Schéma
Roch Hachana : ce que les deux jours retiennent des deux avis Tana kama Torah : Bahodech hachevii (Bamidbar 29, 1) Haftara : Haben yakir li Efraim Yech omrim (certains disent) Torah : Vache pakad et Sara (Berechit 21) Haftara : Hanna (I Chemouel 1) 1er jour Vache pakad et Sara et Hanna Sara et Hanna furent visitées ce jour-là 2e jour L'épreuve d'Abraham, puis Haben yakir seule la haftara du tana kama est conservée La lecture Bahodech hacheviï du tana kama cède la place à la ligature d'Its'hak, pour qu'elle soit rappelée au jour du jugement.
Le second jour ne reprend du tana kama que sa haftara : sa lecture de la Torah cède la place à l'épreuve d'Abraham.
11
בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים קוֹרִין ״אַחֲרֵי מוֹת״, וּמַפְטִירִין ״כִּי כֹה אָמַר רָם וְנִשָּׂא״. וּבַמִּנְחָה קוֹרִין בָּעֲרָיוֹת וּמַפְטִירִין בְּיוֹנָה.

À Yom Kippour, on lit « après la mort », et l'on prend pour haftara « car ainsi a dit Celui qui est élevé et sublime ». Et à min'ha, on lit le passage des unions interdites, et l'on prend pour haftara le livre de Jonas.

📜 Rachi (2)
כִּי כֹה אָמַר רָם וְנִשָּׂא וְאָמַר סֹולּוּ סֹולּוּ שֶׁמְּדַבֵּר בְּמִדַּת הַתְּשׁוּבָה הֲלֹא זֶה צוֹם אֶבְחָרֵהוּ (יְשַׁעְיָהוּ נ״ח:ו׳):
Car ainsi a dit Celui qui est élevé et sublime — et il y est dit « frayez, frayez le chemin », car il y parle de la mesure de la techouva : « n'est-ce pas là le jeûne que Je choisis ? » (Isaie 58, 6).
קוֹרִין בַּעֲרָיוֹת שֶׁמִּי שֶׁיֵּשׁ עֲבֵירוֹת בְּיָדוֹ יִפְרֹושׁ מֵהֶן לְפִי שֶׁהָעֲרָיוֹת עֲבֵירָה מְצוּיָה שֶׁנַּפְשׁוֹ שֶׁל אָדָם מְחַמַּדְתָּן וְיִצְרוֹ תּוֹקְפוֹ:
On lit le passage des unions interdites — afin que celui qui a de telles fautes en mains s'en écarte ; car la faute d'arayot est fréquente, l'âme de l'homme les convoite et son penchant le domine.
🗂️ Tossefot (1)
בְּמִנְחָה קוֹרִין בַּעֲרָיוֹת לְפִי שֶׁהַנָּשִׁים מְקֻושָּׁטוֹת בִּשְׁבִיל כְּבוֹד הַיּוֹם לְפִיכָךְ צָרִיךְ לְהַזְכִּירָם שֶׁלֹּא יִכָּשְׁלוּ בָּהֶן וּבַמִּדְרָשׁ יֵשׁ שֶׁלְּכָךְ קוֹרִין בַּעֲרָיוֹת לְפִי שֶׁיִּשְׂרָאֵל עוֹשִׂין רֶמֶז להקב"ה שֶׁכְּשֵׁם שֶׁהִזְהִיר אוֹתָם שֶׁלֹּא לְגַלּוֹת עֶרְוָה כָּךְ לֹא תִּגָּלֶה עֶרְוָתָם בַּעֲוֹנֹותָם:
Parce que les femmes sont parées en l'honneur du jour, il faut donc le leur rappeler afin qu'on n'y trébuche pas. Et il y a dans le midrach que l'on lit les unions interdites parce qu'Israël fait ainsi une allusion au Saint béni soit-Il : de même qu'Il les a avertis de ne pas dévoiler la nudité, ainsi qu'Il ne dévoile pas leur nudité à cause de leurs fautes.
💡 Explication

Les quatre lectures du jour tiennent ensemble par le thème de la techouva : le service du grand prêtre le matin, le passage d'Isaie sur le jeûne que D.ieu choisit, les arayot à min'ha pour que celui qui a de telles fautes s'en écarte, et Jonas, où l'on voit la techouva acceptée. Les Tossefot ajoutent deux raisons à la lecture des arayot, l'une pratique, l'autre tirée du midrach.

12
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כָּל מָקוֹם שֶׁאַתָּה מוֹצֵא גְּבוּרָתוֹ שֶׁל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, אַתָּה מוֹצֵא עַנְוְותָנוּתוֹ. דָּבָר זֶה כָּתוּב בַּתּוֹרָה, וְשִׁנּוּי בַּנְּבִיאִים, וּמְשֻׁולָּשׁ בַּכְּתוּבִים.

Rabbi Yo'hanan a dit : partout où tu trouves la puissance du Saint béni soit-Il, tu trouves Son humilité. Cette chose est écrite dans la Torah, répétée dans les Prophètes, et dite une troisième fois dans les Écrits.

🗂️ Tossefot (1)
בְּמִנְחָה קוֹרִין בַּעֲרָיוֹת. לְפִי שֶׁהַנָּשִׁים מְקֻושָּׁטוֹת בִּשְׁבִיל כְּבוֹד הַיּוֹם לְפִיכָךְ צָרִיךְ לְהַזְכִּירָם שֶׁלֹּא יִכָּשְׁלוּ בָּהֶן וּבַמִּדְרָשׁ יֵשׁ שֶׁלְּכָךְ קוֹרִין בַּעֲרָיוֹת לְפִי שֶׁיִּשְׂרָאֵל עוֹשִׂין רֶמֶז להקב"ה שֶׁכְּשֵׁם שֶׁהִזְהִיר אוֹתָם שֶׁלֹּא לְגַלּוֹת עֶרְוָה כָּךְ לֹא תִּגָּלֶה עֶרְוָתָם בַּעֲוֹנֹותָם:
Parce que les femmes sont parées en l'honneur du jour, il faut donc le leur rappeler afin qu'on n'y trébuche pas. Et il y a dans le midrach que l'on lit les unions interdites parce qu'Israël fait ainsi une allusion au Saint béni soit-Il : de même qu'Il les a avertis de ne pas dévoiler la nudité, ainsi qu'Il ne dévoile pas leur nudité à cause de leurs fautes.
🪔 Ben Yehoyada (1)
כָּל מָקוֹם שֶׁאַתָּה מוֹצֵא גְּבוּרָתוֹ שֶׁל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, אַתָּה מוֹצֵא עַנְוְתָנוּתוֹ. נִרְאֶה לִי בס"ד שֵׁם 'אֶהְיֶה' יֵשׁ בְּמִילּוֹאוֹ מִסְפַּר עֲנָוָה [131] כָּזֶה, א ל " ף הַ" י י ו " ד ה" א , וְיָדוּעַ שֶׁשֵּׁם 'אֶהְיֶה' הוּא בַּבִּינָה, וְאִיתָא בַּזֹּוהַר הַקָּדוֹשׁ בִּינָה גְּבוּרָאן מְתַעֲרִין מִינָא, וְלָזֶה אָמַר כָּל מָקוֹם שֶׁאַתָּה מוֹצֵא גְּבוּרָתוֹ שֶׁל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, רוֹצֶה לוֹמַר בְּשֵׁם 'אֶהְיֶה' שֶׁהוּא סוֹד בִּינָה דִּגְבֻורָּאן מְתַעֲרִין מִינָּהּ, אַתָּה מוֹצֵא עַנְוְתָנוּתוֹ כִּי בְּשֵׁם זֶה נִרְמַז מִסֵּפֶר עֲנָוָה.
Il me semble avec l'aide du Ciel que le Nom É-hie a, dans son milouy (remplissage des lettres), le nombre de anava (humilité), soit 131, ainsi : alef lamed pe, hé yod, yod vav dalet, hé alef. Il est connu que le Nom É-hie se tient dans bina, et il est dit dans le saint Zohar que les guevourot s'éveillent depuis bina. C'est pourquoi il dit : partout où tu trouves la guevoura (puissance) du Saint béni soit-Il — c'est-à-dire dans le Nom É-hie, qui est le sod (secret) de bina d'où s'éveillent les guevourot — tu trouves Son humilité, car ce Nom porte en allusion le nombre de anava.
💡 Explication

La haftara de Yom Kippour est précisément le verset d'Isaie 57, 15 ; c'est ce qui amène ici l'enseignement de Rabbi Yo'hanan. Sa formule est une règle de lecture : partout où l'Écriture énonce la guevoura (puissance), le verset suivant énonce la anava (humilité). La triple attestation — Torah, Prophètes, Écrits — est la forme habituelle par laquelle on établit qu'un principe traverse toute l'Écriture.

13
כָּתוּב בַּתּוֹרָה: ״כִּי ה׳ אֱ-לֹהֵיכֶם הוּא אֱ-לֹהֵי הָאֱ-לֹהִים וַאֲדֹונֵי הָאֲדֹונִים״, וּכְתִיב בָּתְרֵיהּ: ״עֹושֶׂה מִשְׁפַּט יָתוֹם וְאַלְמָנָה״. שִׁנּוּי בַּנְּבִיאִים: ״כֹה אָמַר רָם וְנִשָּׂא שֹׁוכֵן עַד וְקָדוֹשׁ וְגוֹ׳״, וּכְתִיב בָּתְרֵיהּ: ״וְאֶת דַּכָּא וּשְׁפַל רוּחַ״, מְשֻׁולָּשׁ בִּכְתוּבִים, דִּכְתִיב: ״סֹולּוּ לָרֹוכֵב בָּעֲרָבוֹת בְּיָהּ שְׁמוֹ״, וּכְתִיב בָּתְרֵיהּ: ״אֲבִי יְתוֹמִים וְדַיַּין אַלְמָנוֹת״.

Écrit dans la Torah : « car ה' votre D.ieu est le D.ieu des dieux et le Maître des maîtres » (Deutéronome 10, 17), et il est écrit après : « Il fait droit à l'orphelin et à la veuve » (Deutéronome 10, 18). Répété dans les Prophètes : « ainsi a dit Celui qui est élevé et sublime, qui demeure à jamais et dont le nom est saint », etc.

(Isaie 57, 15), et il est écrit après : « et avec le contrit et l'humble d'esprit ». Dit une troisième fois dans les Écrits, ainsi qu'il est écrit : « frayez la voie à Celui qui chevauche dans les plaines, Ya est Son nom » (Psaumes 68, 5), et il est écrit après : « père des orphelins et juge des veuves » (Psaumes 68, 6).

💡 Explication

Les trois preuves suivent toutes le même schéma : un verset qui dit la grandeur, puis immédiatement le verset qui la rapporte à l'orphelin, à la veuve et au cœur brisé. La guemara s'appuie chaque fois sur la formule oukhtiv batreh (et il est écrit après) : c'est la contiguïté des versets, et non leur contenu pris séparément, qui fait la démonstration.

14
יוֹם טוֹב הָרִאשׁוֹן שֶׁל חַג קוֹרִין בְּפָרָשַׁת מוֹעֲדוֹת שֶׁבְּתוֹרַת כֹּהֲנִים, וּמַפְטִירִין ״הִנֵּה יוֹם בָּא לַה׳״. וְהָאִידָּנָא דְּאִיכָּא תְּרֵי יוֹמֵי, לִמְחַר מִיקְרָא הָכִי נָמֵי קָרֵינַן, אַפְטוֹרֵי מַאי מַפְטִירִין — ״וַיִּקָּהֲלוּ אֶל הַמֶּלֶךְ שְׁלֹמֹה״.

Le premier jour de fête de Souccot, on lit dans le passage des fêtes du Torat Kohanim, et l'on prend pour haftara « voici qu'un jour vient pour ה' » (Zacharie 14). Et aujourd'hui, où il y a deux jours, le lendemain nous lisons pareillement ce même passage ; quant à la haftara, que prend-on ?

« Et tous les hommes d'Israël s'assemblèrent auprès du roi Salomon » (I Rois 8).

📜 Rachi (2)
הִנֵּה יוֹם בָּא לַה' דִּכְתִיב בֵּיהּ לָחֹוג אֶת חַג הַסֻּוכּוֹת:
Voici qu'un jour vient pour ה' — parce qu'il y est écrit « pour célébrer la fête de Souccot ».
וְיִקְהֲלוּ עַל שֵׁם שֶׁחֲנֻוכַּת הַבַּיִת הָיְתָה בְּאוֹתָהּ אֲסִיפָה וּבְחַג הַסֻּוכּוֹת:
Et ils s'assemblèrent — parce que l'inauguration du Temple eut lieu lors de cette assemblée, à la fête de Souccot.
💡 Explication

Pour le second jour de Souccot, la lecture de la Torah demeure identique ; seule la haftara change. La guemara pose donc la question sous cette forme précise : apetourei mai maftirin. On choisit l'assemblée réunie auprès de Salomon, parce que l'inauguration du Temple eut lieu à Souccot.

15
וּשְׁאָר כָּל יְמוֹת הַחַג קוֹרִין בְּקָרְבְּנוֹת הֶחָג. יוֹם טוֹב הָאַחֲרוֹן קוֹרִין ״כָּל הַבְּכוֹר״, מִצְוֹת וְחֻוקִּים וּבְכוֹר, וּמַפְטִירִין ״וַיְהִי כְּכַלּוֹת שְׁלֹמֹה״. לְמָחָר קוֹרִין ״וְזֹאת הַבְּרָכָה״, וּמַפְטִירִין ״וַיַּעֲמֹד שְׁלֹמֹה״.

Et tous les autres jours de la fête, on lit dans les offrandes de la fête. Le dernier jour de fête, on lit « tout premier-né » — des mitsvot, des lois, et le premier-né — et l'on prend pour haftara « et quand Salomon eut achevé » (I Rois 8, 54).

Le lendemain, on lit « et voici la bénédiction » (Deutéronome 33), et l'on prend pour haftara « et Salomon se tint » (I Rois 8, 22).

📜 Rachi (2)
קוֹרִין כָּל הַבְּכוֹר אֶלָּא שֶׁמַּתְחִילִין עַשֵּׂר תְּעַשֵּׂר לְפִי שֶׁיֵּשׁ בְּאוֹתָהּ פָּרָשָׁה מִצְוֹת וְחֻוקִּים הַרְבֵּה הַנְּהוּגוֹת בַּחַג בְּאוֹתוֹ זְמַן שֶׁהוּא זְמַן אָסִיף וְעֵת שֶׁהָעֲנִיִּים צְרִיכִין לֶאֱסֹוף מַאֲכָל לְבֵיתָם וְעוֹד יֵשׁ בְּאוֹתָהּ פָּרָשָׁה מִצְוַת מַעְשַׂר עָנִי וּמִצְוַת נָתוֹן תִּתֵּן וּפָתוּחַ תִּפְתַּח וְהַעֲנֵק תַּעֲנִיק לְעֶבֶד עִבְרִי וְשִׁילּוּחַ חָפְשִׁי וְהַעֲבֵט תַּעֲבִיטֶנּוּ:
On lit « tout premier-né » — sauf que l'on commence à « tu prélèveras la dîme » (Deutéronome 14, 22), parce qu'il y a dans ce passage beaucoup de mitsvot et de lois en usage à la fête, en ce temps qui est celui de la récolte et où les pauvres ont besoin de rassembler de la nourriture pour leur maison ; il y a en outre dans ce passage la mitsva du maasser ani (la dîme du pauvre), celle de « tu donneras », de « tu ouvriras la main », de « tu gratifieras » l'esclave hébreu, de son renvoi en homme libre, et de « tu lui prêteras ».
וַיְהִי כְּכַלּוֹת שְׁלֹמֹה עַל שֵׁם בַּיּוֹם הַשְּׁמִינִי שִׁלַּח אֶת הָעָם:
Et quand Salomon eut achevé — à cause de « le huitième jour, il renvoya le peuple ».
🗂️ Tossefot (1)
לְמָחָר קָרֵינַן וְזֹאת הַבְּרָכָה וּמַפְטִירִין וַיַּעֲמֹוד שְׁלֹמֹה וְיֵשׁ מְקוֹמוֹת שֶׁנָּהֲגוּ לְהַפְטִיר בְּוַיְהִי אַחֲרֵי מוֹת מֹשֶׁה וְשִׁיבּוּשׁ הוּא שֶׁהֲרֵי הַשַּׁ"ס אֵין אוֹמֵר כֵּן וְיֵשׁ אוֹמְרִים שֶׁרַב הַאי גָּאוֹן תִּקֵּן לוֹמַר וַיְהִי אַחֲרֵי מוֹת מֹשֶׁה אֲבָל אֵינָן יוֹדְעִין הַסְּבָרָא אַמַּאי שָׁנָה סֵדֶר הַשַּׁ"ס:
Le lendemain nous lisons « et voici la bénédiction » et l'on prend pour haftara « et Salomon se tint » — il y a des endroits où l'usage est de prendre pour haftara « et il advint après la mort de Moche » (Josue 1, 1). C'est une erreur, car le Talmud ne dit pas ainsi. Certains disent que Rav Haï Gaon a institué de dire « et il advint après la mort de Moche », mais ils ne connaissent pas la raison pour laquelle il aurait modifié l'ordre du Talmud.
⚖️ Rosh (1)
מַתְנִי' בַּפֶּסַח קוֹרִין בְּפָרָשַׁת מוֹעֲדוֹת שֶׁבְּתוֹרַת כֹּהֲנִים בָּעֲצֶרֶת שִׁבְעָה שָׁבוּעוֹת בר"ה בַּחֹדֶשׁ הַשְּׁבִיעִי בְּאֶחָד לַחֹדֶשׁ ביה"כ אַחֲרֵי מוֹת ביו"ט רִאשׁוֹן שֶׁל חַג קוֹרֵא בְּפָרָשַׁת הַמּוֹעֲדוֹת שֶׁבְּתוֹרַת כֹּהֲנִים וּבִשְׁאָר יְמוֹת הֶחָג קוֹרִין בְּקָרְבְּנוֹת הֶחָג. תֵּימַהּ דִּבְפֶסַח וַעֲצֶרֶת וּבְיָמִים רִאשׁוֹנִים וְאַחֲרוֹנִים שֶׁל הֶחָג ובר"ה וביה"כ אָנוּ מוֹצִיאִין שְׁתֵּי תּוֹרוֹת וְקוֹרִין אַחַת בְּקָרְבְּנוֹת הַיּוֹם וְזֶה אֵינוֹ שָׁנוּי לֹא בַּמִּשְׁנָה וְלֹא בַּגְּמָרָא. וְאֶפְשָׁר שֶׁאַחַר שֶׁנִּשְׁלַם הַשַּׁ"ס תִּקְּנוּהָ רַבָּנָן סָבוֹרָאֵי אוֹ הַגְּאוֹנִים וְיֶשְׁנוֹ בְּסֵדֶר רַב עַמְרָם וּקְצָת יֵשׁ סֶמֶךְ לְדָבָר מִדְּאָמְרִי' לְקַמָּן (מְגִילָּה דַּף לא:) אָמַר אַבְרָהָם לִפְנֵי הקב"ה רבש"ע וְכוּ' אָמַר לוֹ כְּבָר תִּיקַּנְתִּי לָהֶם סֵדֶר קָרְבָּנוֹת שֶׁכָּל זְמַן שֶׁקּוֹרִין בָּהֶן וְכוּ' וְאֵין לְהָבִיא רְאָיָה מִדְּאָמְרִינַן לְקַמָּן (מְגִילָּה דַּף לא.) בַּיּוֹם שֶׁל יו"ט הָאַחֲרוֹן שֶׁל חַג מַפְטִירִין בְּוַיְעִמּוֹד שְׁלֹמֹה לְפִי שֶׁמְּדַבֶּרֶת בְּעִנְיָן שְׁמִינִי עֲצֶרֶת וא"כ יֵשׁ לְהוֹכִיחַ שֶׁקָּרְאוּ בס"ת שְׁנִיָּה פָּרָשַׁת קָרְבָּנוֹת שֶׁל שְׁמִינִי עֲצֶרֶת דְּאִם לֹא קָרְאוּ אֶלָּא וְזֹאת הַבְּרָכָה לָמָּה יַפְטִירוּ בִּוְיָעְמוּד שְׁלֹמֹה וַאֲנַן בָּעֵינַן הַהַפְטָרָה דֻּומְיָא דְּפָרָשָׁה שֶׁקָּרָא כִּדְאָמְרִינַן לְעֵיל (מְגִילָּה דַּף כט:) בִּשְׁלָמָא לְמ"ד כִּי תִשָּׂא הַייְנוּ דְּמַפְטִירִין בִּיהוֹיָדָע הַכֹּהֵן דִּכְתִיב בֵּיהּ כֶּסֶף עוֹבֵר אִישׁ כֶּסֶף נַפְשׁוֹת עֶרְכּוֹ אֶלָּא לְמ"ד צַו אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וְכוּ' מִשּׁוּם דְּאִיכָּא לְמֵימַר כֵּיוָן שֶׁהַפְטָרָה מְדַבֶּרֶת בְּעִנְיַן שְׁמִינִי עֲצֶרֶת יֵשׁ לְאוֹמְרָהּ אע"פ שֶׁאֵינָהּ מֵעֵין הַפָּרָשָׁה שֶׁקָּרָא בַּתּוֹרָה כִּדְאָמְרִינַן בְּסָמוּךְ דר"ח שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּאֶחָד בַּשַּׁבָּת מַפְטִירִין מֵאֶתְמוֹל מָחָר חֹדֶשׁ אע"פ שֶׁאֵינָהּ מֵעֵין הַפָּרָשָׁה שֶׁקָּרָא שֶׁכֵּיוָן שֶׁהוּא מֵעֵין הַמְאֹורָע שֶׁיְּהֵא מָחָר חֹדֶשׁ וְגַם מָצִינוּ בַּיְּרוּשַׁלְמִי כְּעֵין מִנְהָגֵינוּ:
Michna. À Pessa'h, on lit dans le passage des fêtes du Torat Kohanim ; à Chavouot, « sept semaines » ; à Roch Hachana, « au septième mois, au premier du mois » ; à Yom Kippour, A'harei Mot ; le premier jour de fête de Souccot, on lit dans le passage des fêtes du Torat Kohanim ; et tous les autres jours de la fête, on lit dans les offrandes de la fête. Il y a lieu de s'étonner : à Pessa'h, à Chavouot, aux premiers et derniers jours de fête de Souccot, à Roch Hachana et à Yom Kippour, nous sortons deux rouleaux et lisons dans l'un les offrandes du jour ; or cela n'est enseigné ni dans la michna ni dans la guemara. Il est possible qu'après l'achèvement du Talmud, les rabbanan savoraïm ou les guéonim l'aient institué ; cela figure dans le seder de Rav Amram. Il y a un léger appui à la chose de ce qui est dit plus loin (Megillah 31b) : Abraham dit devant le Saint béni soit-Il : « Maître du monde, etc. » ; Il lui répondit : « J'ai déjà institué pour eux l'ordre des offrandes : chaque fois qu'ils y liront, etc. » Mais on ne peut apporter de preuve de ce qui est dit ici (Megillah 31a), que le dernier jour de fête de Souccot on prend pour haftara « et Salomon se tint », parce qu'elle parle du sujet de Chemini Atseret ; on voudrait en effet en prouver que l'on a lu dans un second rouleau le passage des offrandes de Chemini Atseret, car si l'on n'avait lu que « et voici la bénédiction », pourquoi prendrait-on pour haftara « et Salomon se tint » ? Nous exigeons en effet que la haftara soit du même genre que le passage lu, comme il est dit plus haut (Megillah 29b) : « Cela se comprend selon celui qui dit Ki Tissa : c'est pourquoi l'on prend pour haftara Yehoyada le kohen, où il est écrit « l'argent qui passe, l'argent des personnes selon leur évaluation » ; mais selon celui qui dit « ordonne aux enfants d'Israël », etc. » Cette preuve ne tient pas, car on peut dire que, dès lors que la haftara parle du sujet de Chemini Atseret, il convient de la dire même si elle n'est pas du genre du passage lu dans la Torah, comme il est dit un peu plus loin : Roch Hodech qui tombe un dimanche, on prend la veille pour haftara « demain est la néoménie », bien qu'elle ne soit pas du genre du passage lu, puisqu'elle est du genre de l'événement, à savoir que demain sera la néoménie. Et nous trouvons aussi dans le Yerouchalmi quelque chose de proche de notre usage.
💡 Explication

La lecture de Chemini Atseret commence en réalité plus haut, à « tu prélèveras la dîme » : Rachi explique que ce passage rassemble les dons aux pauvres, adaptés à cette saison de récolte. Les Tossefot rejettent l'usage, attesté en certains lieux, de prendre pour haftara le début du livre de Josue le lendemain, puisque le Talmud dit expressément « et Salomon se tint ».

16
אָמַר רַב הוּנָא אָמַר רַב: שַׁבָּת שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּחֻולּוֹ שֶׁל מוֹעֵד, בֵּין בְּפֶסַח, בֵּין בְּסֻוכּוֹת — מִקְרָא קָרֵינַן ״רְאֵה אַתָּה״. אַפְטוֹרֵי, בְּפֶסַח — ״הָעֲצָמוֹת הַיְּבֵשׁוֹת״. וּבְסֻוכּוֹת — ״בְּיוֹם בָּא גּוֹג״.

Rav Houna a dit au nom de Rav : un chabbat qui tombe pendant 'hol hamoed, que ce soit à Pessa'h ou à Souccot, nous lisons dans la Torah « Vois, tu me dis » (Exode 33, 12). Pour la haftara : à Pessa'h, les ossements desséchés (Ezechiel 37) ; et à Souccot, « au jour où viendra Gog » (Ezechiel 38, 18).

📜 Rachi (3)
מִקְרָא קָרֵינַן רְאֵה אַתָּה שֶׁיֵּשׁ שָׁם מִצְוַת שַׁבָּת וְרַגְלַיִם וְחֻולּוֹ שֶׁל מוֹעֵד דִּכְתִיב אֶת חַג הַמַּצּוֹת תִּשְׁמֹור וּמִכָּאן לָמַדְנוּ אִיסּוּר מְלֶאכֶת חֻולּוֹ שֶׁל מוֹעֵד בְּמַסֶּכֶת חֲגִיגָה (דַּף יח.):
Nous lisons « Vois, tu me dis » — parce qu'il s'y trouve les mitsvot du chabbat, des fêtes de pèlerinage et de 'hol hamoed, car il est écrit « tu garderas la fête des matsot » ; c'est de là que nous avons appris l'interdiction du travail pendant 'hol hamoed, dans le traité Haguiga (18a).
בַּעֲצָמוֹת הַיְבֵשׁוּת שֶׁיָּצְאוּ מִמִּצְרַיִם לִפְנֵי הַקֵּץ:
Les ossements desséchés — parce qu'ils sortirent d'Égypte avant le terme fixé.
בְּיוֹם בָּא גּוֹג וְהִיא הַמִּלְחָמָה הָאֲמוּרָה בִּזְכַרְיָה בְּהֵנָּה יוֹם בָּא לָהּ':
Au jour où viendra Gog — c'est la guerre dont il est question dans Zacharie, dans « voici qu'un jour vient pour ה' ».
💡 Explication

Le chabbat de 'hol hamoed reçoit une lecture propre, qui interrompt la série des jours intermédiaires. Rachi en donne la raison : ce passage réunit le chabbat, les trois fêtes de pèlerinage et, par le mot et de « tu garderas la fête des matsot », le fondement de l'interdiction du travail pendant 'hol hamoed. Les deux haftarot parlent de délivrance : l'une passée, l'autre à venir.

17
בַּחֲנֻוכָּה — בַּנְּשִׂיאִים, וּמַפְטִירִין בְּנֵרוֹת דִּזְכַרְיָה. וְאִי מִיקַּלְעִי שְׁתֵּי שַׁבָּתוֹת — קַמַּיְיתָא בְּנֵרוֹת דִּזְכַרְיָה, בָּתְרָיְיתָא בְּנֵרוֹת שְׁלֹמֹה.

À 'Hanouka, dans les princes (Nombres 7), et l'on prend pour haftara les lampes de Zacharie. Et s'il se trouve deux chabbatot : le premier, les lampes de Zacharie ; le second, les lampes de Salomon.

📜 Rachi (2)
נֵרוֹת דִּזְכַרְיָה רָנִי וְשִׂמְחִי עַל שֵׁם רָאִיתִי וְהִנֵּה מְנוֹרַת זָהָב כֻּולָּהּ וְגוֹ':
Les lampes de Zacharie — « chante et réjouis-toi » (Zacharie 2, 14), à cause de « j'ai vu, et voici un chandelier tout d'or », etc.
נֵרוֹת דִּשְׁלֹמֹה וַיַּעַשׂ חֵירוּם [וְגוֹ'] וְאֶת הַמְּנֹורוֹת חָמֵשׁ מִיָּמִין וְגוֹ':
Les lampes de Salomon — « et Hirom fit... et les chandeliers, cinq à droite », etc. (I Rois 7, 49).
⚖️ Rosh (1)
גְּמ' בַּחֲנֻוכָּה בַּנְּשִׂיאִים וּמַפְטִירִין בְּנֵרוֹת זְכַרְיָה וְאִי אִיקְּלַע שְׁתֵּי שַׁבָּתוֹת מַפְטִירִין בְּשַׁבָּת שְׁנִיָּה בְּנֵרוֹת שְׁלֹמֹה בְּרֹאשׁ חֹודֶשׁ וּבְרָאשֵׁי חָדְשֵׁיכֶם וְאִי מִיקְלַע ר"ח בְּשַׁבָּת מַפְטִירִין וְהָיָה מִדֵּי חֹודֶשׁ בְּחָדְשׁוֹ. אָמַר רַב הוּנָא רֹאשׁ חֹודֶשׁ שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּאֶחָד בַּשַּׁבָּת מַפְטִירִין מֵאֶתְמוֹל וְיֹאמַר יְהוֹנָתָן מָחָר חֹודֶשׁ אָמַר רַב יְהוּדָה בְּרֵיהּ דְּרַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר שִׁילַת מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב רֹאשׁ חֹדֶשׁ אָב שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת מַפְטִירִין חָדְשֵׁיכֶם וּמוֹעֲדֵיכֶם וְהָאִידָּנָא לָא נָהֲגִינַן הָכִי אֶלָּא מַפְטִירִין שִׁמְעוּ דְבַר ה' בֵּית יַעֲקֹב כְּסֵדֶר הַפְטָרוֹת הַסְּדוּרוֹת בַּמִּדְרָשׁ פְּסִיקְתָּא וְיֵשׁ מְפָרְשִׁים דְּרַב לְטַעְמֵיהּ דְּאָמַר בְּשִׁילְהֵי תַּעֲנִית (דַּף כט:) שֶׁאָסוּר בְּכִיבּוּס מֵרֹאשׁ חֹדֶשׁ עַד הַתַּעֲנִית וְקַייְמָא לָן כְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל דְּלָא אָסַר אֶלָּא אוֹתָהּ שַׁבָּת וְלָא נְהִירָא דְּמֶה עִנְיָן זֶה לְהַפְטָרָה דְּאֵין הַפְטָרָה מְדַבֶּרֶת כָּל כָּךְ מֵעִנְיַן תִּשְׁעָה בְּאָב וְעוֹד דא"כ לִיפְלְגִי אָמוֹרָאֵי הָכָא כִּי הֵיכִי דִּפְלִיגִי לְעִנְיַן כִּיבּוּס בְּמַסֶּכֶת תַּעֲנִית אֶלָּא עַל פִּי הַמִּדְרָשׁ פְּסִיקְתָּא אָנוּ נוֹהֲגִין כֵּן כִּדְפָרֵישִׁית וְכֵן נָמֵי בְּתַעֲנִית אָנוּ קוֹרִין וַיְחַל וּבְמַתְנִיתִין אָמְרִינַן שֶׁקּוֹרִין בְּרָכוֹת וּקְלָלוֹת אֶלָּא שֶׁאָנוּ עוֹשִׂין ע"פ מַס' סוֹפְרִים (פ' י"ז הֲלָכָה ז) דְּגָרְסִינַן הָתָם בְּתַעֲנִית שֶׁל תִּשְׁעָה בְּאָב וּבְשִׁבְעָה אַחֲרוֹנוֹת שֶׁל עֲצִירַת גְּשָׁמִים קוֹרִין בְּרָכוֹת וּקְלָלוֹת אֲבָל בְּתַעֲנִיּוֹת אֲחֵרוֹת קוֹרִין וַיְחַל מֹשֶׁה וּמַפְטִיר דָּרְשׁוּ ה' וי"א שֶׁאֵין לְהַפְטִיר וְהָעָם נָהֲגוּ לְהַפְטִיר מִיהוּ אִיכָּא לְמֵימַר דְּמַתְנִי' נָמֵי אַייְרֵי בְּט' בְּאָב וּבְשִׁבְעָה תַּעֲנִיּוֹת אַחֲרוֹנוֹת וְלָא פְּלִיגִי. וּבְט' בְּאָב קוֹרִין בְּכִי תּוֹלִיד וּמַפְטִירִין בְּאָסֹוף אֲסִיפָם: וְאֵין מַפְסִיקִין בַּקְּלָלוֹת מְנָא הָנֵי מִילֵּי %בַּר גַּמְדָּא א"ר סִימַאי דְּאָמַר קְרָא מוּסַר ה' בְּנִי אַל תִּמְאָס וְאַל תָּקֹוץ בְּתוֹכַחְתּוֹ ר"ל אָמַר לְפִי שֶׁאֵין אוֹמְרִים בְּרָכָה עַל הַפֻּורְעָנוּת אֶלָּא הֵיכִי עָבֵיד תָּנָא כְּשֶׁהוּא מַתְחִיל מַתְחִיל בַּפָּסוּק שֶׁלִּפְנֵיהֶם וּכְשֶׁהוּא מְסַיֵּים מְסַייֵּם בַּפָּסוּק שֶׁלְּאַחֲרֵיהֶם אָמַר אַבָּיֵי לֹא שָׁנוּ אֶלָּא קְלָלוֹת שֶׁבְּתוֹרַת כֹּהֲנִים אֲבָל שֶׁבְּמִשְׁנֵה תּוֹרָה פּוֹסֵק מַאי טַעְמָא אָמַר אַבָּיֵי הַלָּלוּ בִּלְשׁוֹן רַבִּים אֲמוּרוֹת וּמֹשֶׁה מִפִּי הַגְּבוּרָה אֲמָרָן וְהַלָּלוּ בִּלְשׁוֹן יָחִיד אֲמוּרוֹת וּמֹשֶׁה מִפִּי עַצְמוֹ אֲמָרָן. תַּנְיָא רַשְׁבָּ"א אוֹמֵר עֶזְרָא תִּיקֵּן לָהֶם לְיִשְׂרָאֵל שֶׁיְּהוּ קוֹרִין קְלָלוֹת וּבְרָכוֹת שֶׁבְּתוֹרַת כֹּהֲנִים קֹודֶם עֲצֶרֶת וּבְמִשְׁנָה תּוֹרָה קֹודֶם רֹאשׁ הַשָּׁנָה מַאי טַעְמָא אָמַר אַבָּיֵי וְאִי תֵּימָא ר"ל כְּדֵי שֶׁתִּכְלֶה שָׁנָה וְקִלְלוֹתֶיהָ וַעֲצֶרֶת נָמֵי רֹאשׁ הַשָּׁנָה לְאִילָן הָוֵי כְּדִתְנַן וּבַעֲצֶרֶת עַל פֵּירוֹת הָאִילָן. שְׁאָלוֹ לְרַבֵּינוּ נִסִּים לָמָּה מְחַלְּקִים אַתֶּם נִצָּבִים וּפָרָשַׁת וַיֵּלֶךְ שֶׁהֵן קְטַנּוֹת כְּשֶׁיֵּשׁ ב' שַׁבָּתוֹת בֵּין ר"ה לְחַג וְקוֹרִין פָּרָשַׁת נִצָּבִים קֹודֶם ר"ה וּפָרָשַׁת וַיֵּלֶךְ אַחַר ר"ה וְלֹא חִלְּקוּ רָאשֵׁי הַמַּטּוֹת וּמַסְעֵי שֶׁהֵן גְּדוֹלוֹת וְהֵשִׁיב לְפִי שֶׁיֵּשׁ בָּאתֶם נִצָּבִים קְלָלוֹת שֶׁקִּלֵּל מֹשֶׁה אֶת יִשְׂרָאֵל וְרוֹצִים לְסַיְּימָם קֹודֶם ר"ה וְלָא נְהִירָא חֲדָא דְּפָרָשַׁת אַתֶּם נִצָּבִים אֵינָהּ בִּכְלַל הַקְּלָלוֹת שֶׁקִּלֵּל מֹשֶׁה אֶת יִשְׂרָאֵל כִּדְמוֹכַח בְּפָ' הַמּוֹכֵר אֶת הַסְּפִינָה (בָּבָא בָּתְרָא דַּף פח:) א"ר לֵוִי בֹּא וּרְאֵה שֶׁלֹּא כְּמִדַּת הַקָּבָּ"ה מִדַּת בָּשָׂר וָדָם הקב"ה בֵּירַךְ אֶת יִשְׂרָאֵל בכ"ב אוֹתִיּוֹת וְקִלְּלָן בְּח' וּמֹשֶׁה רַבֵּינוּ בֵּרְכָן בְּח' וְקִלְּלָן בכ"ב אוֹתִיּוֹת מִוְּאִם לֹא תִּשְׁמְעוּ עַד וְאֵין קוֹנֶה וְלָא קָאָמַר עַד הַנִּסְתָּרוֹת שֶׁבָּאתֶם נִצָּבִים אֶלָּא אוֹתָן שֶׁבָּאתֶם נִצָּבִים אֵינָם קְלָלוֹת אֶלָּא שֶׁהֶעֱבִיר בְּנֵי יִשְׂרָאֵל בַּבְּרִית וְעוֹד גַּם בְּהֶאֱזִינוּ יֵשׁ קְלָלוֹת מְזֵי רָעָב וּלְחֻומֵי רֶשֶׁף אֶלָּא הַייְנוּ טַעְמָא לְפִי שֶׁרוֹצִים לְהַפְסִיק בְּפָרָשָׁה אַחַת בֵּין קְלָלוֹת לר"ה וְכֵן קוֹרִין פָּרָשַׁת בְּמִדְבַּר סִינַי בֵּין קְלָלוֹת שֶׁבְּתוֹרַת כֹּהֲנִים וּבֵין עֲצֶרֶת:
Guemara. À 'Hanouka, on lit dans les princes et l'on prend pour haftara les lampes de Zacharie ; et s'il se trouve deux chabbatot, on prend pour haftara, le second chabbat, les lampes de Salomon. À Roch Hodech, « et à vos néoménies » ; et si Roch Hodech tombe un chabbat, on prend pour haftara « et il adviendra que de mois en mois ». Rav Houna a dit : Roch Hodech qui tombe un dimanche, on prend la veille pour haftara « et Yonatan lui dit : demain est la néoménie ». Rav Yehouda, fils de Rabbi Chemouel bar Chilat, a dit au nom de Rav : Roch Hodech Av qui tombe un chabbat, on prend pour haftara « vos néoménies et vos fêtes » (Isaie 1, 14). Aujourd'hui nous n'avons pas cet usage : nous prenons pour haftara « écoutez la parole de ה', maison de Yaakov » (Jérémie 2, 4), selon l'ordre des haftarot établi dans le midrach Pessikta. Certains expliquent que Rav suit ici son opinion, lui qui dit à la fin de Taanit (29b) qu'il est interdit de laver le linge depuis Roch Hodech jusqu'au jeûne ; or nous tenons comme Rabban Chimon ben Gamliel, qui n'a interdit que cette semaine-là. Cette explication ne paraît pas juste. D'abord, quel rapport y a-t-il entre cela et la haftara ? La haftara ne parle pas tant du sujet du neuf av. Ensuite, s'il en était ainsi, les amoraim auraient dû diverger ici comme ils divergent au sujet du lavage dans le traité Taanit. C'est donc selon le midrach Pessikta que nous avons cet usage, comme je l'ai expliqué. De même, aux jeûnes, nous lisons « et Moche implora » (Exode 32, 11), alors que dans notre michna il est dit que l'on lit les bénédictions et les malédictions ; mais nous faisons selon le traité Sofrim (chapitre 17, halakha 7), où il est enseigné : lors du jeûne du neuf av et lors des sept derniers jeûnes pour la retenue des pluies, on lit les bénédictions et les malédictions ; mais lors des autres jeûnes, on lit « et Moche implora » et le maftir prend « cherchez ה' » (Isaie 55, 6) ; certains disent qu'il n'y a pas de haftara, mais l'usage du peuple est d'en prendre une. On peut toutefois dire que notre michna parle elle aussi du neuf av et des sept derniers jeûnes, et qu'il n'y a pas de divergence. Et le neuf av, on lit « quand tu engendreras » (Deutéronome 4, 25) et l'on prend pour haftara « je les ferai péri- » (Jérémie 8, 13). « Et l'on n'interrompt pas dans les malédictions » : d'où cela ? Bar Gamda a dit au nom de Rabbi Simaï : le verset dit « ne méprise pas la correction de ה', mon fils, et ne prends pas en dégoût Sa réprimande » (Proverbes 3, 11). Rech Lakich a dit : parce qu'on ne prononce pas de bénédiction sur le malheur. Comment fait-on alors ? Il a été enseigné : quand il commence, il commence au verset qui les précède, et quand il achève, il achève au verset qui les suit. Abaye a dit : on n'a enseigné cela que pour les malédictions du Torat Kohanim, mais pour celles de Michne Torah, on interrompt. Pourquoi ? Abaye a dit : celles-ci sont énoncées au pluriel, et Moche les a dites de la bouche de la Gevoura ; celles-là sont énoncées au singulier, et Moche les a dites de lui-même. Il a été enseigné : Rabbi Chimon ben Elazar dit : Ezra a institué pour Israël de lire les malédictions et les bénédictions du Torat Kohanim avant Chavouot, et celles de Michne Torah avant Roch Hachana. Pourquoi ? Abaye a dit — et certains disent Rech Lakich — afin que s'achèvent l'année et ses malédictions. Et Chavouot aussi est un roch hachana, pour l'arbre, comme nous l'avons appris : et à Chavouot, on est jugé sur les fruits de l'arbre. On demanda à Rabbenou Nissim : pourquoi séparez-vous Nitsavim et Vayélekh, qui sont courtes, lorsqu'il y a deux chabbatot entre Roch Hachana et Souccot — on lit Nitsavim avant Roch Hachana et Vayélekh après Roch Hachana — alors que l'on n'a pas séparé Rachei Hamatot et Massei, qui sont longues ? Il répondit : parce qu'il y a dans « vous vous tenez » des malédictions par lesquelles Moche a maudit Israël, et que l'on veut les achever avant Roch Hachana. Cela ne paraît pas juste. D'abord, la paracha « vous vous tenez » n'entre pas dans les malédictions par lesquelles Moche a maudit Israël, comme cela ressort du chapitre Hamokher et hasefina (Baba Batra 88b) : Rabbi Levi a dit, viens et vois que la mesure du Saint béni soit-Il n'est pas la mesure de chair et de sang ; le Saint béni soit-Il a béni Israël par vingt-deux lettres et les a maudits par huit, tandis que Moche notre maître les a bénis par huit et maudits par vingt-deux, depuis « et si vous n'écoutez pas » jusqu'à « et nul n'achètera » ; il n'a pas dit « jusqu'aux choses cachées », qui se trouve dans « vous vous tenez ». Donc ce qui se trouve dans « vous vous tenez » ne sont pas des malédictions, mais le passage où il a fait passer les enfants d'Israël dans l'alliance. Ensuite, il y a aussi des malédictions dans Haazinou : « épuisés par la faim et dévorés par la fièvre » (Deutéronome 32, 24). La raison est plutôt celle-ci : on veut séparer par une paracha entre les malédictions et Roch Hachana ; et de même on lit la paracha Bamidbar Sinaï entre les malédictions du Torat Kohanim et Chavouot.
💡 Explication

Les huit jours de 'Hanouka suivent les offrandes des douze princes lors de l'inauguration de l'autel. La haftara reprend le thème du chandelier : la vision de Zacharie, puis, lorsque la fête comprend deux chabbatot, les chandeliers fabriqués pour le Temple de Salomon.

18
בְּפוּרִים — ״וַיָּבֹא עֲמָלֵק״. בְּרָאשֵׁי חֳדָשִׁים — ״וּבְרָאשֵׁי חָדְשֵׁיכֶם״. רֹאשׁ חֹדֶשׁ שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת, מַפְטִירִין ״וְהָיָה מִדֵּי חֹדֶשׁ בְּחָדְשׁוֹ״. חָל לִהְיוֹת בְּאֶחָד בְּשַׁבָּת, מֵאֶתְמוֹל מַפְטִירִין ״וַיֹּאמֶר לוֹ יְהוֹנָתָן מָחָר חֹדֶשׁ״.

À Pourim, « et Amalek vint » (Exode 17, 8). Aux néoménies, « et à vos néoménies » (Nombres 28, 11).

Roch Hodech qui tombe un chabbat, on prend pour haftara « et il adviendra que de mois en mois » (Isaie 66, 23). S'il tombe un dimanche, on prend la veille pour haftara « et Yonatan lui dit : demain est la néoménie » (I Samuel 20, 18).

🗂️ Tossefot (1)
מַפְטִיר וַיֹּאמֶר לוֹ יְהוֹנָתָן מָחָר חֹדֶשׁ קַשְׁיָא אַמַּאי אֵין עוֹשִׂין כֵּן כְּשֶׁחָל ר"ח אֲדָר וְרֹאשׁ חֹדֶשׁ נִיסָן בְּאֶחָד בְּשַׁבָּת וְאַמַּאי מַפְטִירִין בִּיהוֹיָדָע וּבָרִאשׁוֹן בְּאֶחָד לְחַדֵּשׁ וְי"ל מִשּׁוּם דְּהַפְטָרָה דִּיהוֹיָדָע מְדַבֶּרֶת בִּשְׁקָלִים וּמַזְכֶּרֶת שֶׁרֹאשׁ חֹדֶשׁ אֲדָר יִהְיֶה בְּאוֹתוֹ שָׁבוּעַ:
On prend pour haftara « et Yonatan lui dit : demain est la néoménie » — il y a une difficulté : pourquoi ne fait-on pas ainsi lorsque Roch Hodech Adar et Roch Hodech Nissan tombent un dimanche, et pourquoi prend-on alors pour haftara Yehoyada (II Rois 12) et « au premier mois, au premier du mois » (Ezechiel 45, 18) ? On peut dire que la haftara de Yehoyada parle des chekalim et mentionne que Roch Hodech Adar tombera dans cette même semaine.
💡 Explication

Trois cas de figure pour Roch Hodech. En semaine, la lecture de la Torah suffit. Un chabbat, la haftara doit réunir les deux sujets, ce que fait le verset final d'Isaie. Un dimanche, la haftara du chabbat précédent est choisie pour l'événement qu'elle annonce, et non pour sa parenté avec la paracha lue. Les Tossefot signalent l'exception d'Adar et de Nissan, où les quatre parachiyot l'emportent.

🖼️ Schéma
Roch Hodech : la haftara dépend du jour de la semaine Un jour de semaine Torah : Ouverachei hodchekhem Bamidbar 28, 11 — pas de haftara Roch Hodech un chabbat Haftara : Vehaya midei hodech behodcho Yechayahou 66 — chabbat et néoménie Roch Hodech un dimanche La veille, au chabbat : Mahar hodech I Chemouel 20, 18 — la veille de la néoménie La question des Tossefot Pourquoi ne lit-on pas Mahar hodech lorsque Roch Hodech Adar ou Roch Hodech Nissan tombe un dimanche ? Réponse : on lit alors Yehoyada, pour Chekalim, et Barichon beehad lahodech, pour Ha'hodech. La haftara de Yehoyada parle déjà des chekalim et signale que Roch Hodech Adar tombera dans la semaine.
La haftara du chabbat qui précède une néoménie du dimanche est choisie pour l'événement annoncé, non pour sa parenté avec la lecture de la Torah.
19
אָמַר רַב הוּנָא:

Rav Houna a dit :

💡 Explication

Le folio s'achève sur l'ouverture d'un enseignement de Rav Houna, dont la suite se lit au verso.

✉ Signaler une erreur de traduction

Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).