Sougya : La michna ouvre le traité : à l'or du quatorze Nissan, on examine le hamets à la lumière de la lampe. Un endroit où l'on n'apporte pas de hamets est dispensé.
Pour la cave, Beit Chammai et Beit Hillel limitent différemment les deux rangées à examiner. La Guemara demande ce que signifie or.
Rav Houna dit naghei, Rav Yehouda dit leilei, et le premier mouvement prend les deux au sens strict. Une suite de versets semble faire d'or le jour, où la nuit.
La Guemara lit souvent or comme un verbe. Elle conclut, sur les étoiles, que leur lumière porte le nom d'or, avec une conséquence pour le neder.
Le folio s'arrête sur le verset d'Iyov.
Michna. Or du quatorze, on examine le hamets à la lumière de la lampe.
Tout endroit où l'on n'introduit pas de hamets n'a pas besoin d'examen. Et à quel propos à-t-on dit deux rangées dans la cave ?
Un endroit où l'on introduit du hamets. Beit Chammai disent : deux rangées sur toute la face de la cave.
Et Beit Hillel disent : les deux rangées extérieures, qui sont les supérieures.
La michna fixe l'heure par le mot or du quatorze Nissan, et le geste : bedika du hamets à la lumière du ner. Un endroit où l'on n'apporte pas de hamets est dispensé. La cave fait exception quand on y introduit du hamets : Rachi décrit le serviteur qui entre chercher du vin, le pain à la main.
Beit Chammai prennent deux rangées sur toute la face de la cave. Beit Hillel prennent les deux rangées extérieures, identifiées comme les supérieures. Rachi renvoie le plan à la Guemara, folio 8b.
Rachi rattache la bedika à bal yerae et bal yimatse. Tossefot objectent : de la Torah, le bitoul suffit (6b). Le Ri répond que les Sages ont ajouté examen et biour, de peur qu'on mange un hamets encore familier le reste de l'année. Le Rachba étend cette rigueur au hamets noukche et au hamets mélange.
Guemara. Que signifie or ?
Rav Houna dit : naghei. Et Rav Yehouda dit : leilei.
Il te vient d'abord à l'esprit que celui qui dit naghei parle du naghei à proprement parler, et que celui qui dit leilei parle de la nuit à proprement parler.
Or de la michna reçoit deux lectures. Rav Houna : naghei, l'éclaircie. Rav Yehouda : leilei, la nuit. Le hava amina prend chaque mot au sens strict : matin du quatorze, où nuit du quatorze.
Rachi retire du texte la formule sur la nuit réelle, tenue pour évidente, et il fixe naghei au matin où l'aube éclaire. Tossefot gardent les livres : le kasalda vise le naghei, dont la lecture stricte va céder, et la nuit est citée dans le mouvement de la phrase.
On objecte : Le matin fut lumière, et les hommes furent renvoyés. Il en ressort que or est le jour !
Est-il écrit : la lumière, matin ? Il est écrit : le matin fut lumière, comme celui qui dit : le matin s'est éclaire.
Et selon ce que Rav Yehouda dit au nom de Rav. Car Rav Yehouda dit au nom de Rav : que l'homme entre toujours avec ki tov, et qu'il sorte avec ki tov.
Bereshit 44, 3 semble faire d'or le jour : les frères de Yossef partent quand le matin est or. La Guemara lit un verbe, tsafra nahar : le matin s'est éclaire. Rachi en tire la règle de la sougya : or comme nom désigne la nuit.
Le verset enseigné en même temps une derekh erets. Rav : entrer à l'auberge tant que le soleil brille, sortir après le henets ha-hama. Le mot de la Torah est ki tov, dit de la lumière. Rachi : bêtes et brigands. Tossefot répartissent deux versets : les fosses, pour une autre ville, même sans crainte des mazikin ; vous ne sortirez pas, pour sa ville, à cause des mazikin.
On objecte : Et comme la lumière du matin se lèvera le soleil. Il en ressort que or est le jour !
Est-il écrit : lumière, matin ? Il est écrit : et comme la lumière du matin.
Voici ce que le verset dit : et comme la lumière du matin dans ce monde-ci, ainsi, à cette mesure, le lever du soleil pour les justes dans le monde à venir.
II Samuel 23, 4 semble encore faire d'or le nom du jour. La Guemara lit une comparaison : la clarté du matin de ce monde donne la mesure du lever du soleil pour les tsadikim dans le olam ha-ba.
Rachi fixe l'heure de départ : l'alot ha-chahar est encore sombre. Dans l'avenir, cette heure éclairera comme le henets d'aujourd'hui. Rabbenou Tam étend le matin de ce monde jusqu'à la sixième heure, et il met cette durée en regard du seul henets à venir.
On objecte : Et D.ieu appela la lumière : jour. Il en ressort que or est le jour !
Voici ce que le verset dit : à ce qui va en s'éclairant, Il appela jour. Selon cela, et à l'obscurité Il appela nuit : à ce qui va en s'obscurcissant, Il appela nuit ?!
Or nous tenons pour établi que jusqu'à la sortie des étoiles, c'est le jour !
Bereshit 1, 5 semble nommer la lumière jour. La Guemara propose d'abord un verbe : Il à appelé jour ce qui va en s'éclairant, des le début de la clarté. La suite du verset arrête cette lecture. Appliquée à l'obscurité, elle ferait commencer la nuit des que l'obscurité avance, alors que le jour tient jusqu'au tset ha-kokhavim.
Tossefot lisent cette limite dans Nehemie 4 et à la fin de Megila, chapitre 2. Les temps de bein ha-shemachot de Chabbat 34b restent en place : nous ne savons pas repérer les étoiles moyennes, celles que le verset vise.
Plutôt, voici ce que le verset dit : le Miséricordieux appela la lumière et lui confia la mitsva du jour, et le Miséricordieux appela l'obscurité et lui confia la mitsva de la nuit.
La Guemara quitte la lecture où vayikra donnerait un nom des le début de la clarté. Kara est ici un appel. Le Miséricordieux appelle la lumière et la charge de la mitsva du jour ; Il appelle l'obscurité et la charge de la mitsva de la nuit.
Rachi compare cela à un roi qui appelle son serviteur. La lumière dont il parle est la créature lumineuse tirée de l'éclat du manteau de Sa gloire.
On objecte : Louez-Le, toutes les étoiles de lumière. Il en ressort que or est la nuit.
Voici ce que le verset dit : louez-Le, toutes les étoiles qui éclairent. Selon cela, les étoiles qui éclairent auraient à Le louer, et celles qui n'éclairent pas n'auraient pas à Le louer ?!
Or il est écrit : Louez-Le, toutes Ses armées !
Tehilim 148, 3 renverse le sens des preuves précédentes. Kokhvei or semble faire d'or la nuit, orta. La Guemara lit encore un verbe : les étoiles qui éclairent.
Cette lecture créé une nouvelle difficulté. Seules les étoiles lumineuses seraient tenues à la louange. Le verset d'avant, louez-Le, toutes Ses armées, englobe les armées dans leur ensemble.
Plutôt, ceci vient nous apprendre que la lumière des étoiles est elle aussi une lumière. Quelle conséquence pratique ?
Pour celui qui fait un vœu au sujet de la lumière. (Comme nous l'avons appris dans une michna :) celui qui voue de s'interdire la lumière est interdit de la lumière des étoiles.
La réponse ferme l'objection : il n'y a pas d'étoile sans lumière, et le verset enseigné que cette lumière porte le nom or. La nafka mina est le neder. Qui s'interdit la lumière par un vœu est interdit aussi de la lumière des étoiles.
Tossefot posent la règle générale des vœux. Quand la leshon benei adam diffère de la langue du verset, on suit la langue des gens. Exemple d'Arakhin 19b : le poids de ma main, de la Torah toute la kiboret, et dans les vœux jusqu'à l'atsil.
On objecte : À la lumière se lève l'assassin, il tué le pauvre et l'indigent, et la nuit il est comme un voleur.
Nouvelle objection, Iyov 24, 14. L'amud s'arrête sur la citation, avant que la Guemara ne dise ce qu'elle en tire. Le verset met la-or en regard de ba-layla. La suite est au verso.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).