Pesachim 2à — Or du quatorze : la bedika du hamets, et le sens du mot or

Pesachim 2a

Sougya : La michna ouvre le traité : à l'or du quatorze Nissan, on examine le hamets à la lumière de la lampe. Un endroit où l'on n'apporte pas de hamets est dispensé.

Pour la cave, Beit Chammai et Beit Hillel limitent différemment les deux rangées à examiner. La Guemara demande ce que signifie or.

Rav Houna dit naghei, Rav Yehouda dit leilei, et le premier mouvement prend les deux au sens strict. Une suite de versets semble faire d'or le jour, où la nuit.

La Guemara lit souvent or comme un verbe. Elle conclut, sur les étoiles, que leur lumière porte le nom d'or, avec une conséquence pour le neder.

Le folio s'arrête sur le verset d'Iyov.

Michna : où examiner le hamets, le quatorze Or du quatorze : bedika du hamets à la lumière du ner Endroit sans apport de hamets : pas de bedika Beit Chammai Deux rangées sur toute la face de la cave rangée examinée rangée examinée Beit Hillel Deux rangées extérieures qui sont les supérieures extérieure, supérieure extérieure, supérieure Pourquoi la cave ? On y prend le vin de la table. Le serviteur entre parfois, le pain à la main. Rachi : la bedika évite bal yerae et bal yimatse. Le trace précis des rangées est renvoyé à la Guemara, 8b.
La bedika vise le hamets qu'on a pu déposer. Dans la cave, Beit Chammai et Beit Hillel ne prennent pas les mêmes deux rangées.
Mai or ? Le hava amina, puis la règle de lecture Rav Houna : naghei Hava amina : naghei réel le matin du quatorze quand l'aube éclaire Rachi : cette lecture est la cible du kasalda Rav Yehouda : leilei Hava amina : nuit réelle la nuit du quatorze heure de la bedika pratique Rachi : ces mots de nuit réelle, on ne les lit pas Or comme nom désigne la nuit Rachi sur ha-boker or shem davar = layla Or comme verbe l'action d'éclairer tsafra nahar, kokhavim ha-meirim la preuve tirée du nom tombe
Deux lectures d'abord prises au sens strict. Ensuite, chaque verset est trie : or nom de la nuit, où or verbe d'éclairer.
Les objections de l'amud, et ce que la Guemara en fait Verset Lecture écartée Lecture retenue Bereshit 44, 3 ha-boker or or = le jour Le matin s'est éclaire Puis : entrer et sortir be-khi tov II Samuel 23, 4 u-khe-or boker or = le jour Clarte du matin d'ici mesure le soleil des tsadikim Bereshit 1, 5 vayikra la-or yom or = le jour puis : l'obscur qui vient Appel, charge de mitsva lumière : jour ; obscurité : nuit Tehilim 148, 3 kokhvei or or = la nuit seules les étoiles claires Etoiles qui éclairent Nafka mina : neder sur la lumière Iyov 24, 14 : la-or se lève l'assassin, et la nuit il est comme un voleur. L'amud s'arrête sur la citation. La suite de l'objection est au verso.
Chaque mitivei propose une preuve par un verset. La Guemara répond avant de passer au verset suivant. Le dernier reste ouvert.
1
מַתְנִי׳ אוֹר לְאַרְבָּעָה עָשָׂר בּוֹדְקִין אֶת הֶחָמֵץ לְאוֹר הַנֵּר. כָּל מָקוֹם שֶׁאֵין מַכְנִיסִין בּוֹ חָמֵץ, אֵין צָרִיךְ בְּדִיקָה. וּבַמֶּה אָמְרוּ ״שְׁתֵּי שׁוּרוֹת בַּמַּרְתֵּף״ — מָקוֹם שֶׁמַּכְנִיסִין בּוֹ חָמֵץ. בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: שְׁתֵּי שׁוּרוֹת עַל פְּנֵי כָּל הַמַּרְתֵּף, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: שְׁתֵּי שׁוּרוֹת הַחִיצוֹנוֹת שֶׁהֵן הָעֶלְיוֹנוֹת.

Michna. Or du quatorze, on examine le hamets à la lumière de la lampe.

Tout endroit où l'on n'introduit pas de hamets n'a pas besoin d'examen. Et à quel propos à-t-on dit deux rangées dans la cave ?

Un endroit où l'on introduit du hamets. Beit Chammai disent : deux rangées sur toute la face de la cave.

Et Beit Hillel disent : les deux rangées extérieures, qui sont les supérieures.

📜 Rachi (7)
מַתְנִי' אוֹר לְאַרְבָּעָה עָשָׂר גָּרְסִי':
Michna. Or du quatorze : telle est la leçon.
לְאוֹר הַנֵּר בַּגְּמָרָא (דַּף ז:) מְפָרֵשׁ טַעְמָא:
À la lumière de la lampe : la Guemara (folio 7b) en explique la raison.
בּוֹדְקִין שֶׁלֹּא יַעֲבֹור עָלָיו בְּבַל יֵרָאֶה וּבְבַל יִמָּצֵא:
On examine : afin de ne pas transgresser à son sujet bal yerae et bal yimatse.
וּבַמֶּה אָמְרוּ לְקַמָּן בְּמַתְנִיתִין:
Et à quel propos à-t-on dit : plus loin dans la michna.
שְׁתֵּי שׁוּרוֹת שֶׁל חָבִיּוֹת הַסְּדוּרוֹת בְּמַרְתֵּף שֶׁל יַיִן צָרִיךְ לִבְדֹּוק בֵּינֵיהֶם אַחֲרֵי שֶׁאָמַרְנוּ כָּל מָקוֹם שֶׁאֵין מַכְנִיסִין בּוֹ חָמֵץ אֵין צָרִיךְ לִבְדֹּוק לָמָּה הֻוצְרְכוּ לְבָודְקָן וּמְפָרֵשׁ לֹא אָמְרוּ אֶלָּא בְּמַרְתֵּף שֶׁמַּכְנִיסִין בּוֹ חָמֵץ כְּגוֹן מַרְתֵּף שֶׁמִּסְתַּפֵּק מִמֶּנּוּ יַיִן לְשֻׁולְחָנוֹ וּפְעָמִים שֶׁהַשַּׁמָּשׁ עוֹמֵד לִמְזֹוג יַיִן וּפִתּוֹ בְּיָדוֹ וּכְשֶׁהַיַּיִן כָּלֶה נִכְנָס לַמַּרְתֵּף לְהָבִיא יַיִן:
Deux rangées : de tonneaux rangés dans une cave de vin, il faut examiner entre eux. Puisque nous avons dit que tout endroit où l'on n'introduit pas de hamets n'a pas besoin d'examen, pourquoi à-t-il fallu les examiner ? Il expliqué : on n'a parlé que d'une cave où l'on introduit du hamets, par exemple une cave d'où l'on prend le vin pour sa table. Parfois le serviteur se tient pour verser le vin, son pain à la main, et quand le vin vient à manquer il entre dans la cave pour apporter du vin.
שְׁתֵּי שׁוּרוֹת עַל פְּנֵי כָּל הַמַּרְתֵּף בגמ' (דַּף ח:) מְפָרֵשׁ מַאי הִיא:
Deux rangées sur toute la face de la cave : la Guemara (folio 8b) expliqué de quoi il s'agit.
שְׁתֵּי שׁוּרוֹת הַחִיצוֹנוֹת כו' מְפָרֵשׁ בַּגְּמָ' (שָׁם):
Les deux rangées extérieures, etc. : expliqué dans la Guemara (la-bas).
🗂️ Tossefot (1)
מַתְנִי' אוֹר לְאַרְבָּעָה עָשָׂר בּוֹדְקִין אֶת הֶחָמֵץ פ"ה שֶׁלֹּא לַעֲבֹור עָלָיו בְּבַל יֵרָאֶה וּבַל יִמָּצֵא וְקָשֶׁה לר"י כֵּיוָן דְּצָרִיךְ בִּיטּוּל כִּדְאָמַר בגמ' (דַּף ו:) הַבּוֹדֵק צָרִיךְ שֶׁיְּבַטֵּל וּמִדְּאוֹרַיְיתָּא בְּבִיטּוּל בְּעָלְמָא סַגִּי אַמַּאי הִצְרִיכוּ חֲכָמִים בְּדִיקָה כְּלָל וְנִרְאֶה לר"י דאע"ג דְּסַגִּי בְּבִיטּוּל בְּעָלְמָא הֶחְמִירוּ חֲכָמִים לִבְדֹּוק חָמֵץ וּלְבַעֲרוֹ שֶׁלֹּא יָבֹא לְאָכְלוֹ וְכֵן מַשְׁמַע לְקַמָּן (פְּסָחִים דַּף י:) דְּבָעֵי רָבָא כִּכָּר בִּשְׁמֵי קוֹרָה וְכוּ' אוֹ דִּלְמָא זִימְנִין דְּנָפַל וְאָתֵי לְמֵיכְלֵיהּ וְהַטַּעַם שֶׁהֶחְמִירוּ כָּאן טְפֵי מִבִּשְׁאָר אִיסּוּרֵי הֲנָאָה שֶׁלֹּא הִצְרִיכוּ לְבַעֲרָם מִשּׁוּם דְּחָמֵץ מֻותָּר כָּל הַשָּׁנָה וְלֹא נֶאֱסַר רַק בְּפֶסַח וְלָא בְּדִילִי מִינֵּיהּ כִּדְאָמַר לְקַמָּן (פְּסָחִים דַּף יא.) וְלָא דָּמֵי לְבָשָׂר בְּחָלָב וְעָרְלָה וְכִלְאֵי הַכֶּרֶם שֶׁאִיסּוּרָם נוֹהֵג אִיסּוּר עוֹלָם וְנָזִיר נָמֵי אִיסּוּרֵיהּ שָׁרֵי לְאַחֲרֵינִי אִי נָמֵי שָׁאנֵי חָמֵץ שֶׁהֶחְמִירָה בּוֹ תּוֹרָה לַעֲבֹור בְּבַל יֵרָאֶה וּבַל יִמָּצֵא הֶחְמִירוּ חֲכָמִים לִבְדֹּוק וּלְבַעֲרוֹ אֲפִילּוּ הֵיכָא דְּבִיטְּלוֹ מִשּׁוּם דִּילְמָא אָתֵי לְמֵיכְלֵיהּ וְנִרְאֶה לְרַשְׁבָּ"א דַּאֲפִילּוּ לְפִי טַעַם הָאַחֲרוֹן צ"ל דְּהֶחְמִירוּ חֲכָמִים בְּכָל חָמֵץ אַפֵּי' בְּחָמֵץ נֻוקְשֶׁה וְעַל יְדֵי תַּעֲרֹובֶת אַף עַל גַּב דְּלֵיכָּא בַּל יֵרָאֶה לפר"ת בְּרֵישׁ אֵלּוּ עוֹבְרִין (פְּסָחִים דַּף מב.) דְּהָא אָמַר שֶׁיֵּאוֹר יִשָּׂרֵף וְהַיְינוּ חָמֵץ נֻוקְשֶׁה כִּדְמוֹכַח הָתָם וְאִיכָּא לָמֶ"ד נָמֵי הָתָם דכ"ש חָמֵץ גָּמוּר עַל יְדֵי תַּעֲרֹובֶת מַשְׁמַע דְּאָסוּר לְהַשְׁהוֹתוֹ דְּאִי מֻותָּר לְהַשְׁהוֹתוֹ אַמַּאי יִשָּׂרֵף יַשְׁהֶה אוֹתוֹ עַד אַחַר הַפֶּסַח וִיהֵא מֻותָּר אֲפִילּוּ לְרַבִּי יְהוּדָה דְּלָא אָסַר רַבִּי יְהוּדָה חָמֵץ אַחַר הַפֶּסַח אֶלָּא בְּחָמֵץ גָּמוּר דְּאִיכָּא ג' קְרָאֵי לְתוֹךְ זְמַנּוֹ וְלִפְנֵי זְמַנּוֹ וּלְאַחַר זְמַנּוֹ (לְקַמָּן פְּסָחִים דַּף כֹּח:) אֲבָל בְּנֻוקְשֶׁה דְּלֵיכָּא אֶלָּא חַד קְרָא אַפִּי' ר' יְהוּדָה מוֹדֶה:
Michna. Or du quatorze, on examine le hamets. Le commentaire (Rachi) : afin de ne pas transgresser à son sujet bal yerae et bal yimatse. Difficulté pour le Ri : puisqu'il faut un bitoul, comme la Guemara le dit (folio 6b), celui qui examine doit annuler, et de la Torah le bitoul seul suffit, pourquoi les Sages ont-ils exige un examen ? Il paraît au Ri que, bien que le bitoul seul suffise, les Sages ont aggrave : examiner le hamets et le brûler, afin qu'on n'en vienne pas à le manger. C'est aussi le sens, plus loin (Pesahim 10b), de la question de Rava : un pain dans la fente d'une poutre, etc., où bien parfois il tombe et l'on en vient à le manger. La raison de cette rigueur, plus forte que pour les autres interdits de jouissance, où l'on n'a pas exige de les brûler : le hamets est permis toute l'année, il n'est interdit qu'à Pessa'h, et l'on ne s'en écarte pas, comme il est dit plus loin (Pesahim 11a). Il ne ressemble pas à la viande au lait, à l'orla et aux kilayim de la vigne, dont l'interdit est permanent, ni au nazir, dont l'interdit est permis aux autres. Autre raison : le hamets est à part, car la Torah y a aggrave jusqu'à faire transgresser par bal yerae et bal yimatse. Les Sages ont donc aggrave : examiner et brûler, même la où on l'a annulé, de peur qu'on en vienne à le manger. Il paraît au Rachba que, même selon cette dernière raison, il faut dire que les Sages ont aggrave pour tout hamets, même le hamets noukche et le hamets par mélange, bien qu'il n'y ait pas de bal yerae selon le commentaire de Rabbenou Tam au début d'Elou Ovrin (Pesahim 42a). Car il est dit : le seor sera brûle, et c'est le hamets noukche, comme il est prouvé la-bas. Il y a aussi un avis la-bas : à plus forte raison le hamets complet par mélange. On entend qu'il est interdit de le garder. S'il était permis de le garder, pourquoi le brûler ? On le garderait jusqu'après Pessa'h et il serait permis, même selon Rabbi Yehouda. Rabbi Yehouda n'interdit le hamets après Pessa'h que pour le hamets complet, car il y a trois versets : pendant son temps, avant son temps, et après son temps (plus loin, Pesahim 28b). Pour le noukche, où il n'y a qu'un seul verset, même Rabbi Yehouda en convient.
🪔 Ben Yehoyada (1)
אוֹר לְאַרְבָּעָה עָשָׂר בּוֹדְקִין אֶת הֶחָמֵץ לְאוֹר הַנֵּר. נִרְאֶה לִי בס"ד כִּי דָּוִד הַמֶּלֶךְ ע"ה אָמַר וְלַיְלָה אוֹר בַּעֲדֵנִי (תְּהִלִּים קלט, יא) וְאָמְרוּ בַּגְּמָרָא (פְּסָחִים ב:) הָכִי קָאָמַר דָּוִד 'עוֹלָם הַזֶּה שֶׁהוּא דּוֹמֶה לְלַיְלָה אוֹר בַּעֲדֵנִי', נִמְצָא דָּוִד הַמֶּלֶךְ ע"ה מְצַפֶּה הָיָה לָאוֹר לְהִתְחַבֵּר עִמּוֹ. וּפֵרַשְׁתִּי בס"ד לְכָךְ אָמַר דָּוִד הַמֶּלֶךְ ע"ה דִּשַּׁנְתָּ בַשֶּׁמֶן רֹאשִׁי כּוֹסִי רְוָיָה (תְּהִלִּים כג, ה) וְאָמַר אַבָּיֵי שְׁמַע מִינַּהּ כָּסָא דְּבִרְכְּתָא דְּדָוִיד לֶעָתִיד מַחֲזִיק רכ"א לֻוגִּין ' רַוְיַהּ ' [221] בְּגֵימַטְרְיָא הָכִי הָוֵי (יוֹמָא עו.) . וְיֵשׁ סוֹד עָמֹוק ברכ"א לֻוגִּין הַנִּזְכָּרִים שֶׁהוּא מִסְפַּר אר"ך אוֹרוֹת וְהַייְנוּ דָּוִד מִסִּפְרוֹ י"ד וְעִם מִסְפַּר אוֹר עוֹלֶה רכ"א [207+14 =221] לְכָךְ אָמַר 'אוֹר בַּעֲדֵנִי' שֶׁהוּא מְצַפֶּה לָאוֹר. וְהִנֵּה אִם תִּסְדֹּוק וְתַחְתֹּוךְ כָּל אוֹת מֵאוֹתִיּוֹת 'חָמֵץ' בִּפְנֵי עַצְמוֹ לִשְׁתַּיִם יִהְיֶה מִזֶּה אוֹתִיּוֹת ד"ד כ"כ מ"ה מ"ה, וְהַייְנוּ כִּי לֶעָתִיד הִבְטִיחַ הקב"ה אֶת כְּנֶסֶת יִשְׂרָאֵל וְשַׂמְתִּי כַּדְכֹד שֶׁמִּשְּׁתִיךָ (יְשַׁעְיָה נד, יב) . וְכָתַבְתִּי בס"ד שֶׁנִּזְכֶּה לְהַבְטָחָה זוֹ שֶׁל 'כַּדְכֹד' עַל יְדֵי הָעֲנָוָה שֶׁתִּהְיֶה אֶצְלֵינוּ מִבַּיִת וּמִחוּץ שֶׁיִּהְיֶה הָאָדָם דָּךְ מִבִּפְנִים וְדַךְ מִבַּחוּץ וְעַל יְדֵי כָּךְ נִזְכֶּה לְהַבְטָחַת 'כַּדְכֹד' בִּזְכוּת דָּךְ וְדַךְ שֶׁהִיא עֲנָוָה שְׁלֵימָה. וְכָל זֹאת הָעֲנָוָה הִיא בִּדְבָרִים הַגַּשְׁמִיִּים שֶׁיִּהְיֶה הָאָדָם דָּךְ מִבַּחוּץ וְדַךְ מִבִּפְנִים אַךְ צָרִיךְ עוֹד עֲנָוָה שְׁלֵימָה מִבַּיִת וּמִחוּץ בִּדְבָרִים הַנַּפְשִׁיִּים גַּם כֵּן וְעַל זֶה יִרְמֹוז אוֹת צָדִ"י שֶׁמִּסְּפָרוֹ תִּשְׁעִים שֶׁהוּא מִסְפַּר מ"ה ומ"ה שֶׁיִּהְיֶה הָאָדָם מַה מִבִּפְנִים וּמַה מִבַּחוּץ, וּבָזֶה תָּבֹא הַגְּאֻולָּה מֵאוֹת צָדִ"י דמנצפ"ך שֶׁהוּא כְּתֵשַׁע מֵאוֹת שֶׁהֵם עֲשָׂרָה מ"ה מִבִּפְנִים וַעֲשָׂרָה מ"ה מִבַּחוּץ כְּנֶגֶד עֲשָׂרָה שַׁלִּיטִים שֶׁבַּגּוּף הַנִּזְכָּרִים בְּדִבְרֵי רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל (נְדָרִים לב:) . וְזֶהוּ שֶׁאָמְרוּ אוֹר לְאַרְבָּעָה עָשָׂר כְּשֶׁיִּתְחַבֵּר אוֹר לְאַרְבָּעָה עָשָׂר הוּא 'דָּוִד', בּוֹדְקִין אֶת הֶחָמֵץ 'בּוֹדְקִין' לְשׁוֹן בֶּדֶק שֶׁסּוֹדְקִין אוֹתִיּוֹת 'חָמֵץ' לִשְׁנֵי חֲלוּקוֹת שֶׁבָּזֶה יִהְיֶה תֵּיבוֹת 'כַּדְכֹד' וְתֵיבוֹת 'מ"ה מ"ה' שֶׁהֵם עֲנָוָה שְׁלֵימָה בִּדְבָרִים הַגּוֹפָנִים מִבַּיִת וּמִחוּץ שֶׁהֵם 'דָּךְ וְדַךְ' וַעֲנָוָה שְׁלֵימָה בִּדְבָרִים הַנַּפְשִׁיִּים מִבַּיִת וּמִחוּץ שֶׁהֵם 'מ"ה ומ"ה'. וּבְדִיקָה זוֹ תִּהְיֶה לְאוֹר הַנֵּר שֶׁהוּא מִסְפַּר שְׁלֹשָׁה יִחוּדִים שֶׁהֵם הוי"ה אהי"ה הוי"ה אדנ"י הוי"ה אלקי"ם שֶׁעוֹלִים מִסְפַּר 'נֵר' [26+21+26+65+26+86=250] .
Or du quatorze, on examine le hamets à la lumière de la lampe. Il me semble, avec l'aide du Ciel : le roi David, que la paix soit sur lui, à dit : et la nuit, une lumière auprès de moi (Tehilim 139, 11). Ils ont dit dans la Guemara (Pesahim 2b) : voici ce que David dit : ce monde-ci, qui ressemble à la nuit, est lumière auprès de moi. Il en ressort que le roi David, que la paix soit sur lui, attendait la lumière pour s'unir à elle. J'ai expliqué, avec l'aide du Ciel, que c'est pour cela que le roi David, que la paix soit sur lui, à dit : tu as oint d'huile ma tête, ma coupe est revaya, débordante (Tehilim 23, 5). Abaye à dit : on en apprend que la coupe de bénédiction de David, pour l'avenir, contient 221 log. Revaya vaut ainsi 221 en guematria (Yoma 76a). Il y a un sod profond dans ces 221 log : c'est le nombre de erekh orot. David à pour nombre 14, et avec le nombre d'or cela monte à 221 [207 + 14 = 221]. C'est pourquoi il à dit or ba'adeni : il attend la lumière. Si tu fends et si tu coupes chaque lettre des lettres de hamets, chacune pour elle-même, en deux, il en sort les lettres dalet-dalet, kaf-kaf, mem-hé, mem-hé. C'est que, pour l'avenir, le Saint, béni soit-Il, à promis à Kenesset Israël : je mettrai tes chommot en kadkod (Isaie 54, 12). J'ai écrit, avec l'aide du Ciel, que nous mériterons cette promesse de kadkod par l'anava qui sera chez nous, du dedans et du dehors : que l'homme soit dakh au-dedans et dakh au-dehors. Par la, nous mériterons la promesse de kadkod, au mérite de dakh et dakh, qui est l'anava complète. Toute cette anava porte sur les choses matérielles : que l'homme soit dakh au-dehors et dakh au-dedans. Il faut encore une anava complète, du dedans et du dehors, dans les choses de la nechama. C'est ce qu'indique la lettre tsadi, dont le nombre est quatre-vingt-dix, nombre de mem-hé et de mem-hé : que l'homme soit ma au-dedans et ma au-dehors. Par la viendra la geoula, depuis la lettre tsadi des lettres finales mem-noun-tsadi-peh-kaf, qui équivaut à neuf cents : dix mem-hé au-dedans et dix mem-hé au-dehors, en regard des dix gouvernants qui sont dans le corps, mentionnés dans les paroles de nos maîtres, de mémoire bénie (Nedarim 32b). C'est ce qu'ils ont dit : or du quatorze. Quand or s'unit à quatorze, c'est David. On examine le hamets : bodkin à le sens de bedek, on fend les lettres de hamets en deux parts. De la viennent les mots kadkod et les mots mem-hé mem-hé : anava complète dans les choses du corps, du dedans et du dehors, qui sont dakh et dakh, et anava complète dans les choses de la nechama, du dedans et du dehors, qui sont ma et ma. Cet examen se fera à la lumière du ner, qui est le nombre de trois yihoudim : ה' et Eheye, ה' et Adonaï, ה' et אֱ-לֹהִים, qui montent au nombre de ner [26 + 21 + 26 + 65 + 26 + 86 = 250].
⚖️ Rosh (1)
אוֹר לְאַרְבָּעָה עָשָׂר בּוֹדְקִין אֶת הֶחָמֵץ לְאוֹר הַנֵּר. וְכָל מָקוֹם שֶׁאֵין מַכְנִיסִין בּוֹ חָמֵץ אֵין צָרִיךְ בְּדִיקָה. וּבַמֶּה אָמְרוּ שְׁתֵּי שׁוֹרוֹ' בַּמַּרְתֵּף. מָקוֹם שֶׁמַּכְנִיסִין בּוֹ חָמֵץ. ב"ש אוֹמְרִים שְׁתֵּי שׁוּרוֹת עַל פְּנֵי כָּל הַמַּרְתֵּף וב"ה אוֹמְרִים שְׁתֵּי שׁוּרוֹת הַחִיצוֹנוֹת שֶׁהֵן הָעֶלְיוֹנוֹת:
Or du quatorze, on examine le hamets à la lumière de la lampe. Tout endroit où l'on n'introduit pas de hamets n'a pas besoin d'examen. Et à quel propos à-t-on dit deux rangées dans la cave ? Un endroit où l'on introduit du hamets. Beit Chammai disent : deux rangées sur toute la face de la cave. Et Beit Hillel disent : les deux rangées extérieures, qui sont les supérieures.
💡 Explication

La michna fixe l'heure par le mot or du quatorze Nissan, et le geste : bedika du hamets à la lumière du ner. Un endroit où l'on n'apporte pas de hamets est dispensé. La cave fait exception quand on y introduit du hamets : Rachi décrit le serviteur qui entre chercher du vin, le pain à la main.

Beit Chammai prennent deux rangées sur toute la face de la cave. Beit Hillel prennent les deux rangées extérieures, identifiées comme les supérieures. Rachi renvoie le plan à la Guemara, folio 8b.

Rachi rattache la bedika à bal yerae et bal yimatse. Tossefot objectent : de la Torah, le bitoul suffit (6b). Le Ri répond que les Sages ont ajouté examen et biour, de peur qu'on mange un hamets encore familier le reste de l'année. Le Rachba étend cette rigueur au hamets noukche et au hamets mélange.

🖼️ Schéma
Pourquoi une bedika, si le bitoul suffit de la Torah ? Torah Bitoul seul suffit Rachi, motif de la michna : bal yerae bal yimatse Sages, selon le Ri Bedika et biour même après bitoul Peur qu'on le mange Hamets permis toute l'année on ne s'en écarte pas Rachba Même noukche et mélange Le seor se brûle On ne le garde pas jusqu'après Pessa'h Pesahim 42a
Tossefot : le bitoul règle l'interdit de la Torah. Les Sages ajoutent la bedika pour fermer la voie du repas.
2
גְּמ׳ מַאי ״אוֹר״? רַב הוּנָא אָמַר: נַגְהֵי, וְרַב יְהוּדָה אָמַר: לֵילֵי. קָא סָלְקָא דַּעְתָּךְ דְּמַאן דְּאָמַר נַגְהֵי — נַגְהֵי מַמָּשׁ, וּמַאן דְּאָמַר לֵילֵי — לֵילֵי מַמָּשׁ.

Guemara. Que signifie or ?

Rav Houna dit : naghei. Et Rav Yehouda dit : leilei.

Il te vient d'abord à l'esprit que celui qui dit naghei parle du naghei à proprement parler, et que celui qui dit leilei parle de la nuit à proprement parler.

📜 Rachi (2)
גְּמ' ה"ג קָא סָלְקָא דַעְתָּךְ מַאן דְּאָמַר נַגְהֵי נַגְהֵי מַמָּשׁ כְּשֶׁיָּאִיר הַשַּׁחַר שַׁחֲרִית שֶׁל י"ד:
Guemara. Voici la leçon : il te vient à l'esprit que celui qui dit naghei parle du naghei à proprement parler, quand l'aube éclaire, le matin du quatorze.
מַאן דְּאָמַר לֵילֵי לֵילֵי מַמָּשׁ לָא גָרְסִינַן דְּהָא וַדַּאי לֵילֵי הוּא מַמָּשׁ:
Celui qui dit leilei, la nuit à proprement parler : nous ne lisons pas ces mots, car c'est à coup sur la nuit à proprement parler.
🗂️ Tossefot (1)
קָא סָלְקָא דַעְתָּךְ מ"ד נַגְהֵי וְכוּ' לָא נְקַט קס"ד אֶלָּא מִשּׁוּם מַאן דְּאָמַר נַגְהֵי דְּלָא קָאֵי הָכִי וְאַגַּב אוֹרְחֵיהּ נְקַט נָמֵי לֵילֵי מַמָּשׁ ומש"ה אֵין לְשַׁבֵּשׁ הַסְּפָרִים:
Il te vient à l'esprit, celui qui dit naghei, etc. On n'a employé il te vient à l'esprit qu'à cause de celui qui dit naghei, car cette position ne se maintient pas ainsi. En passant, on a aussi dit la nuit à proprement parler. C'est pourquoi il ne faut pas altérer les livres.
💡 Explication

Or de la michna reçoit deux lectures. Rav Houna : naghei, l'éclaircie. Rav Yehouda : leilei, la nuit. Le hava amina prend chaque mot au sens strict : matin du quatorze, où nuit du quatorze.

Rachi retire du texte la formule sur la nuit réelle, tenue pour évidente, et il fixe naghei au matin où l'aube éclaire. Tossefot gardent les livres : le kasalda vise le naghei, dont la lecture stricte va céder, et la nuit est citée dans le mouvement de la phrase.

3
מֵיתִיבִי: ״הַבֹּקֶר אוֹר וְהָאֲנָשִׁים שֻׁלְּחוּ״ — אַלְמָא ״אוֹר״ יְמָמָא הוּא! מִי כְּתִיב ״הָאוֹר בֹּקֶר״? ״הַבָּקָר אוֹר״ כְּתִיב, כְּמַאן דְּאָמַר: צַפְרָא נָהָר, וְכִדְרַב יְהוּדָה אָמַר רַב. דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: לְעוֹלָם יִכָּנֵס אָדָם בְּכִי טוֹב, וְיֵצֵא בְּכִי טוֹב.

On objecte : Le matin fut lumière, et les hommes furent renvoyés. Il en ressort que or est le jour !

Est-il écrit : la lumière, matin ? Il est écrit : le matin fut lumière, comme celui qui dit : le matin s'est éclaire.

Et selon ce que Rav Yehouda dit au nom de Rav. Car Rav Yehouda dit au nom de Rav : que l'homme entre toujours avec ki tov, et qu'il sorte avec ki tov.

📜 Rachi (4)
הַבָּקָר אוֹר קס"ד דה"ק וּלְבַקֵּר דְּהַייְנוּ אוֹר כְּלוֹמַר שֶׁשְּׁמוֹ אוֹר הָאֲנָשִׁים שׁוֹלְחוֹ:
Le matin fut lumière. Il te vient à l'esprit que le verset dit ceci : et au matin, c'est-à-dire or, autrement dit ce dont le nom est or, les hommes furent renvoyés.
מִי כְּתִיב הָאוֹר בֹּקֶר דְּלִשְׁתְּמַע וְלָאוֹר דְּהַיְינוּ בֹּקֶר דְּתִימְצֵי לוֹמַר דְּאוֹר שֵׁם דָּבָר הוּא וְקָרֵי לְבַקֵּר אוֹר:
Est-il écrit : la lumière, matin ? Ce qui s'entendrait : et à la lumière, c'est-à-dire le matin, de sorte qu'on dirait que or est un nom, et qu'on appelle le matin or.
הַבָּקָר אוֹר כְּתִיב הַאי אוֹר לָאו שֵׁם דָּבָר הוּא אֶלָּא הַבָּקָר הֵאִיר וְהָאֲנָשִׁים שֻׁולְּחוּ כְּמַאן דְּאָמַר צַפְרָא נְהַר וּלְפִי דַּרְכּוֹ לִימֶּדְךָ הַכָּתוּב דֶּרֶךְ אֶרֶץ מֵאֲחֵי יוֹסֵף שֶׁהִמְתִּינוּ עַד שֶׁהֵאִיר הַמִּזְרָח כִּדְרַב יְהוּדָה אֲבָל אוֹר שֶׁהוּא שֵׁם דָּבָר אֵינוֹ אֶלָּא לַיְלָה:
Il est écrit : le matin fut lumière. Cet or est un verbe : le matin s'est éclaire, et les hommes furent renvoyés, comme celui qui dit : le matin s'est éclaire. En chemin, l'écriture t'enseigne la derekh erets des frères de Yossef, qui ont attendu que l'orient s'éclaire, selon Rav Yehouda. Or employé comme nom désigne la nuit.
בְּכִי טוֹב הַיּוֹצֵא לַדֶּרֶךְ יִכָּנֵס עַרְבִית לְבֵית מָלוֹן בְּעוֹד הַחַמָּה זוֹרַחַת וּלְמָחָר יַמְתִּין עַד הָנֵץ הַחַמָּה וְיֵצֵא וְאָז טוֹב לוֹ שֶׁהָאוֹר טוֹב לוֹ שֶׁנֶּאֱמַר בָּאוֹר כִּי טוֹב וּמַה הִיא טוֹבָתוֹ מִפְּנֵי הַחַיּוֹת וּמִפְּנֵי הַלִּסְטִים:
Avec ki tov. Celui qui part en route entre le soir à l'auberge pendant que le soleil brille encore. Le lendemain, il attend le henets ha-hama, puis il sort. Alors cela lui est bon, car la lumière lui est bonne, puisqu'il est dit de la lumière : ki tov. En quoi est-elle bonne ? À cause des bêtes et à cause des brigands.
🗂️ Tossefot (2)
וְכִדְרַב יְהוּדָה לָא קָאֵי אַמַּאי דִּמְשַׁנֵּי כִּדְאָמַר צַפְרָא נָהָר אֶלָּא מִילְּתָא בְּאַפֵּי נַפְשָׁהּ הִיא וּמְפָרֵשׁ מָה הִשְׁמִיעָנוּ הַפָּסוּק לכ"ע:
Et selon Rav Yehouda. Cela ne porte pas sur la réponse comme celui qui dit : le matin s'est éclaire. C'est une parole à part, qui explique ce que le verset à fait entendre selon tous.
יִכָּנֵס בְּכִי טוֹב אור"י דִּבְפֶרֶק הַכּוֹנֵס (בָּבָא קַמָּא דַּף ס וְשָׁם:) מַשְׁמַע דְּטַעַם הָוֵי מִשּׁוּם מַזִּיקִין דְּמַפִּיק לֵיהּ הָתָם מִלֹּא תֵצְאוּ אִישׁ מִפֶּתַח בֵּיתוֹ וּקְרָא מִשּׁוּם מַזִּיקִין קָא מַזְהִיר דְּמַפְּקִינַן מִינֵּיהּ הָתָם כֵּיוָן שֶׁנִּיתַּן רְשׁוּת לַמַּשְׁחִית וְכוּ' וּלְפִי זֶה אֲפִילּוּ מֵעִירוֹ אָדָם צָרִיךְ לִיזָּהֵר שֶׁיֵּצֵא בְּכִי טוֹב וְהָא דִּנְקַט כְּנִיסָה תְּחִלָּה הַייְנוּ מִשּׁוּם דְּאוֹרְחָא דִּגְמָרָא לְמִינְקַט הָכִי כְּמוֹ מְטַפֵּס וְעוֹלֶה וּמְטַפֵּס וְיוֹרֵד בְּפֶרֶק עוֹשִׂין פַּסִּין (עֵירוּבִין דַּף כא.) דִּנְקַט עָלֶיהָ תְּחִלָּה וּבְפֶ' בַּמֶּה מַדְלִיקִין (שַׁבָּת דַּף לד:) בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת כְּהֶרֶף עַיִן זֶה נִכְנָס וְזֶה יוֹצֵא וְקָשֶׁה הָא דְּרֵישׁ רַב יְהוּדָה הָא דְּרָשָׁה גּוּפָהּ מִקְּרָא אַחֲרִינָא דְּלָא תֵּצְאוּ בְּפֶרֶק הַכּוֹנֵס (בָּבָא קַמָּא דַּף ס. וְשָׁם:) וְאוֹמֵר רַשְׁבָּ"א דִּצְרִיכִי תְּרֵי קְרָאֵי הַבָּקָר אוֹר צָרִיךְ לְעִיר אַחֶרֶת וְאַפֵּי' הֵיכָא דְּלֵיכָּא לְמִיחַשׁ לְמַזִּיקִין כְּגוֹן אֲחֵי יוֹסֵף דְּהָווּ י"א וְהַטַּעַם מִפְּנֵי הַפְּחָתִים וּקְרָא דְּלָא תֵּצְאוּ אִיצְטְרִיךְ לְעִירוֹ וּמִפְּנֵי הַמַּזִּיקִין:
Qu'il entre avec ki tov. Le Ri : au chapitre Ha-Kones (Bava Kama 60a, et la-bas), il ressort que la raison tient aux mazikin. On le tire la-bas de : vous ne sortirez, personne, par la porte de sa maison. Le verset met en garde à cause des mazikin, car on en déduit la-bas : des lors qu'on a donné permission au destructeur, etc. Selon cela, même depuis sa propre ville, l'homme doit prendre garde à sortir avec ki tov. Si l'on a cité l'entrée d'abord, c'est la manière de la Guemara de formuler ainsi, comme il grimpe et monte, il grimpe et descend, au chapitre Osin Passin (Eruvin 21à), où l'on cité la montée d'abord, et au chapitre Ba-me Madlikin (Chabbat 34b) : le bein ha-shemachot est comme un clin d'œil, celui-ci entre et celui-là sort. Difficulté : Rav Yehouda tire cette deracha elle-même d'un autre verset, vous ne sortirez pas, au chapitre Ha-Kones (Bava Kama 60a, et la-bas). Le Rachba dit : les deux versets sont nécessaires. Le matin fut lumière est nécessaire pour une autre ville, même la où il n'y a pas lieu de craindre les mazikin, comme les frères de Yossef, qui étaient onze. La raison : à cause des fosses. Le verset vous ne sortirez pas est nécessaire pour sa propre ville, et à cause des mazikin.
🪔 Ben Yehoyada (1)
לְעוֹלָם יִכָּנֵס אָדָם בְּכִי טוֹב וְיֵצֵא בְּכִי טוֹב. מַקְשִׁים מִנְהַג הָעוֹלָם שֶׁהָאָדָם יָצָא מִבֵּיתוֹ וְאַחַר כָּךְ יִכָּנֵס וַהֲוָה לֵיהּ לְהַקְדִּים יְצִיאָה לִכְנִיסָה? וְנִרְאֶה לִי בס"ד הִקְדִּים הַכְּנִיסָה לְאַשְׁמְעִינַן שֶׁצָּרִיךְ לְהִזְדָּרֵז בִּכְנִיסָה יוֹתֵר מִן הַיְּצִיאָה דְּהַיְּצִיאָה דַּרְכָּהּ לִהְיוֹת בְּסוֹף הַלַּיְלָה בִּזְמַן שֶׁכָּלְתָה שְׁלִיטַת הַמַּזִּיקִין וְהַגַּנָּבִים שֶׁהַזְּמַן מִתְקָרֵב לַיּוֹם שֶׁבּוֹ שׁוֹלֵט הַחֶסֶד וְהוּא עֵת רָצוֹן אֲבָל הַכְּנִיסָה עַל הָרֹוב הִיא בָּעֶרֶב, וְאִם יִתְאַחֵר לִיכָּנֵס בְּהַתְחָלַת הַלַּיְלָה זוֹ קָשֶׁה דְּאוֹתוֹ זְמַן הַתְחָלַת שְׁלִיטַת הַמַּזִּיקִין וְהַגַּנָּבִים וְהוּא זְמַן שְׁלִיטַת הַדִּין וְעָלוּל יוֹתֵר לְרֹועַ וְלָכֵן הִקְדִּים הַכְּנִיסָה. וְעוֹד נִרְאֶה לִי בס"ד דְּאֵינוֹ מְדַבֵּר כָּאן עַל יְצִיאָה רִאשׁוֹנָה שֶׁיּוֹצֵא מִבֵּיתוֹ דְּבָזוֹ לֵיכָּא קְפִידָה דְּוַדַּאי כְּשֶׁיָּצָא מִבֵּיתוֹ עַל הָרֹוב מְלַווִּים אוֹתוֹ אוֹהֲבָיו וּקְרוֹבָיו וְכֵיוָן שֶׁיֵּשׁ עִמּוֹ הַרְבֵּה אֲנָשִׁים יֵשׁ לוֹ שְׁמִירָה טִבְעִית מִצֵּידָם וְלָכֵן נָקֵיט כְּנִיסָה שֶׁתִּהְיֶה אַחַר יְצִיאָה הָרִאשׁוֹנָה שֶׁיֵּצֵא מִבֵּיתוֹ וְאַחַר כָּךְ יְצִיאָה שֶׁתִּהְיֶה אַחַר הַכְּנִיסָה בְּאֶמְצַע הַדֶּרֶךְ מִמָּלוֹן לַמָּלוֹן. וְהָא דְּאָמַר בְּכִי טוֹב וְלֹא אָמַר יִכָּנֵס בַּחַמָּה וְיֵצֵא בַּחַמָּה אוֹ יִכָּנֵס בָּאוֹר וְיֵצֵא בָּאוֹר. נִרְאֶה לִי בס"ד רֶמֶז בָּזֶה עַל קְרִיאַת שְׁמַע אֲשֶׁר בָּהּ יִחוּד 'הוי"ה אהי"ה' [47] שֶׁהוּא סוֹד חו"ב [חָכְמָה וּבִינָה] שֶׁמִּסְפָּרָם 'כִּי טוֹב' [47] וְלִימְּדָנוּ שֶׁצָּרִיךְ לִקְרוֹת קְרִיאַת שְׁמַע עַל הַמְּזוּזָה קֹודֶם יְצִיאָתוֹ לַדֶּרֶךְ, כִּי יָדוּעַ שֶׂה'דֶּרֶךְ' [224] הוּא מִסְפַּר הוי"ה בְּמִלּוּי ס"ג ואהי"ה בְּמִלּוּי קס"א [63+161=224] שֶׁהוּא סוֹד חו"ב [חָכְמָה וּבִינָה] . גַּם נִרְאֶה לִי בס"ד רֶמֶז לְפִי דַּרְכּוֹ בְּאוֹמְרוֹ ב' כִּי טוֹב ' לְשֵׁם הוי"ה שֶׁמִּסְּפָרוֹ כ"ו וּלְשֵׁם בי"ט שֶׁמִּסְּפָרוֹ כ"א שֶׁהוּא מְסֻוגָּל לִשְׁמִירָה שֶׁבְּשֵׁם זֶה נִיצּוֹל דָּוִד הַמֶּלֶךְ ע"ה מֵאָכִישׁ, וְלָכֵן רָאשֵׁי תֵּיבוֹת א שֶׁגָּבְהוּ כ י י דַּע ש מִי (תְּהִלִּים צא, יד) 'אָכִישׁ' וְכַנִּזְכָּר בְּשַׁעַר הַפְּסוּקִים וְזֶהוּ 'כִּי טוֹב' אוֹתִיּוֹת 'כ"ו בי"ט' רֶמֶז לְשֵׁם הוי"ה שֶׁמִּסְּפָרוֹ כ"ו וּלְשֵׁם בי"ט הַנִּזְכָּר שֶׁיְּכַוֵּין בָּהֶם הַנּוֹסֵעַ בַּדֶּרֶךְ בַּעֲבוּר שְׁמִירָתוֹ. וְהָא דְּנָקֵיט לְשׁוֹן לְעוֹלָם נִרְאֶה לִי דְּבָא לְלַמְּדֵנוּ דְּאֵין לְחַלֵּק בֵּין זְמַן מִלְחָמָה וּבֵין זְמַן שָׁלוֹם, גַּם אֵין לְחַלֵּק בֵּין אִם הֲלִיכָתוֹ לְצֹורֶךְ גָּדוֹל בֵּין אִם הִיא לְצֹורֶךְ קָטָן.
Que l'homme entre toujours avec ki tov, et qu'il sorte avec ki tov. On objecte la coutume du monde : l'homme sort de sa maison, puis il entre. Il aurait fallu placer la sortie avant l'entrée. Il me semble, avec l'aide du Ciel : il à placé l'entrée d'abord pour nous apprendre qu'il faut se hâter pour l'entrée plus que pour la sortie. La sortie à coutume d'être à la fin de la nuit, au temps où cesse l'emprise des mazikin et des voleurs, le temps approchant du jour où règne le hesed, et c'est un et ratzon. L'entrée, le plus souvent, à lieu le soir. S'il tarde à entrer au début de la nuit, la chose est grave : ce temps est le début de l'emprise des mazikin et des voleurs, le temps de l'emprise du din, et il est plus exposé au mal. C'est pourquoi il à placé l'entrée d'abord. Il me semble encore, avec l'aide du Ciel : le propos vise ici une autre sortie que la première, celle par laquelle on quitte sa maison. Pour celle-là, il n'y a pas de réserve. Quand on sort de sa maison, le plus souvent ses amis et ses proches l'accompagnent. Puisqu'il à avec lui beaucoup de gens, il à de leur part une garde naturelle. C'est pourquoi il prend l'entrée qui vient après cette première sortie, puis la sortie qui vient après l'entrée, au milieu du chemin, d'auberge en auberge. Il à dit avec ki tov, et il n'a pas dit : qu'il entre au soleil et qu'il sorte au soleil, ni : qu'il entre à la lumière et qu'il sorte à la lumière. Il me semble, avec l'aide du Ciel : il y a la une allusion au Keriat Chema, où se trouve le yihoud de ה' et Eheye [47], qui est le sod de 'hokhma et bina, dont le compte est ki tov [47]. Il nous apprend qu'il faut lire le Keriat Chema sur la mezouza avant de sortir en route. Car on sait que derekh [224] est le compte du Nom ה' en remplissage sag, 63, et d'Eheye en remplissage 161 [63 + 161 = 224], qui est le sod de 'hokhma et bina. Il me semble aussi, avec l'aide du Ciel, une allusion en chemin dans les deux ki tov : vers le Nom ה', dont le compte est 26, et vers le nom Beit, dont le compte est 21, nom propice à la chemira. Par ce nom, le roi David, que la paix soit sur lui, à été sauvé d'Akhich. C'est pourquoi les initiales de asagvehou ki yada chemi (Tehilim 91, 14) font Akhich, comme il est mentionné dans Chaar ha-Pesoukim. Ainsi ki tov à les lettres de 26 et de Beit : allusion au Nom ה' qui vaut 26, et au nom Beit mentionné. Que le voyageur vise ces noms en route, pour sa chemira. Le fait qu'il emploie le mot le-olam, toujours : il me semble qu'il vient nous apprendre qu'on ne sépare pas un temps de guerre d'un temps de paix, et qu'on ne sépare pas non plus un voyage pour un grand besoin d'un voyage pour un petit besoin.
💡 Explication

Bereshit 44, 3 semble faire d'or le jour : les frères de Yossef partent quand le matin est or. La Guemara lit un verbe, tsafra nahar : le matin s'est éclaire. Rachi en tire la règle de la sougya : or comme nom désigne la nuit.

Le verset enseigné en même temps une derekh erets. Rav : entrer à l'auberge tant que le soleil brille, sortir après le henets ha-hama. Le mot de la Torah est ki tov, dit de la lumière. Rachi : bêtes et brigands. Tossefot répartissent deux versets : les fosses, pour une autre ville, même sans crainte des mazikin ; vous ne sortirez pas, pour sa ville, à cause des mazikin.

🖼️ Schéma
Entrer et sortir be-khi tov Soir Entrer à l'auberge soleil encore haut Nuit On reste bêtes, brigands Matin Sortir après henets ha-hama Ki tov : le mot dit de la lumière en Bereshit 1, 4
Rav : la lumière du départ et celle de l'arrivée. On n'entre pas à la nuit faite, on ne sort pas avant le lever.
4
מֵיתִיבִי: ״וּכְאוֹר בֹּקֶר יִזְרַח שָׁמֶשׁ״ — אַלְמָא ״אוֹר״ יְמָמָא הוּא! מִי כְּתִיב ״אוֹר בֹּקֶר״? ״וּכְאוֹר בֹּקֶר״ כְּתִיב, וְהָכִי קָאָמַר: וּכְאוֹר בֹּקֶר בָּעוֹלָם הַזֶּה, כְּעֵין זְרִיחַת שֶׁמֶשׁ לַצַּדִּיקִים לָעוֹלָם הַבָּא.

On objecte : Et comme la lumière du matin se lèvera le soleil. Il en ressort que or est le jour !

Est-il écrit : lumière, matin ? Il est écrit : et comme la lumière du matin.

Voici ce que le verset dit : et comme la lumière du matin dans ce monde-ci, ainsi, à cette mesure, le lever du soleil pour les justes dans le monde à venir.

📜 Rachi (3)
וּכְאוֹר בֹּקֶר הַשְׁתָּא מַשְׁמַע לָן דְּשֵׁם דָּבָר הוּא וְהָכִי קָאָמַר דָּוִד וּכְאוֹר זֶה דְּהַיְינוּ בֹּקֶר כֵּן יִזְרַח שֶׁמֶשׁ לַצַּדִּיקִים שֶׁיָּצְאוּ מֵאֲפֵילָתָן לָעוֹלָם הַבָּא:
Et comme la lumière du matin. Pour l'instant, cela nous paraît un nom. Voici ce que David dit : et comme cette lumière, c'est-à-dire le matin, ainsi se lèvera le soleil pour les justes, qui sortiront de leur obscurité dans le monde à venir.
מִי כְּתִיב אוֹר בֹּקֶר דְּהַייְנוּ שֵׁם דָּבָר וְנֵימָא אוֹר הוּא בֹּקֶר וְכֵן יִזְרַח שֶׁמֶשׁ:
Est-il écrit : lumière, matin ? Ce serait un nom, et nous dirions : la lumière est le matin, et ainsi se lèvera le soleil.
וּכְאוֹר בֹּקֶר כְּתִיב וְאֵין זֶה שֵׁם דָּבָר אֶלָּא כְּמֵאִיר שֶׁל בֹּקֶר יִזְרַח שֶׁמֶשׁ כְּשֶׁמַּתְחִיל הַבָּקָר לְהָאִיר בָּעוֹלָם הַזֶּה וְהוּא חֹשֶׁךְ וְאָפֵל בַּעֲלוֹת הַשַּׁחַר נֹוגַהּ כִּזְרִיחַת הַשֶּׁמֶשׁ שֶׁל עַכְשָׁיו תִּהְיֶה אוֹתָהּ שָׁעָה לַצַּדִּיקִים לֶעָתִיד לָבֹא לְפִי שֶׁיְּהֵא אוֹר הַחַמָּה גָּדוֹל מְאֹד וַאֲפִילּוּ עֲלוֹת הַשַּׁחַר שֶׁלָּהּ יָאִיר כְּהָנֵץ הַחַמָּה שֶׁל עַכְשָׁיו:
Il est écrit : et comme la lumière du matin. Ici le mot est un verbe : comme ce qui éclaire du matin, le soleil se lèvera. Quand le matin commence à éclairer dans ce monde-ci, il fait encore sombre à l'alot ha-chahar. Une clarté comme le lever du soleil d'aujourd'hui, cette heure-la l'aura pour les justes dans l'avenir. Car la lumière du soleil sera très grande, et même son aube éclairera comme le henets ha-hama d'aujourd'hui.
🗂️ Tossefot (1)
וּכְאוֹר בֹּקֶר בָּעוֹלָם הַזֶּה פִּי' ר"ת דְּהַייְנוּ עַד חֲצִי הַיּוֹם כִּדְמוֹכַח בְּפָ' תָּמִיד נִשְׁחָט (פְּסָחִים דַּף נח.) דְּעַד ו' שָׁעוֹת נִקְרָא בֹּקֶר כְּעֵין זֶה יִהְיֶה תְּחִלַּת זְרִיחַת הַשֶּׁמֶשׁ דְּהַיְינוּ הָנֵץ הַחַמָּה לַצַּדִּיקִים לֶעָתִיד לָבֹא:
Et comme la lumière du matin dans ce monde-ci. Explication de Rabbenou Tam : cela va jusqu'à la moitié du jour, comme il est prouvé au chapitre Tamid nishhat (Pesahim 58a) : jusqu'à la sixième heure, on appelle cela matin. Une lumière de cette mesure sera le début du lever du soleil, c'est-à-dire le henets ha-hama, pour les justes dans l'avenir.
💡 Explication

II Samuel 23, 4 semble encore faire d'or le nom du jour. La Guemara lit une comparaison : la clarté du matin de ce monde donne la mesure du lever du soleil pour les tsadikim dans le olam ha-ba.

Rachi fixe l'heure de départ : l'alot ha-chahar est encore sombre. Dans l'avenir, cette heure éclairera comme le henets d'aujourd'hui. Rabbenou Tam étend le matin de ce monde jusqu'à la sixième heure, et il met cette durée en regard du seul henets à venir.

5
מֵיתִיבִי: ״וַיִּקְרָא אֱ-לֹהִים לָאוֹר יוֹם״ — אַלְמָא ״אוֹר״ יְמָמָא הוּא! הָכִי קָאָמַר: לַמֵּאִיר וּבָא קְרָאוֹ יוֹם. אֶלָּא מֵעַתָּה, ״וְלַחֹשֶׁךְ קָרָא לָיְלָה״ — לַמַּחְשִׁיךְ וּבָא קָרָא לַיְלָה?! וְהָא קַייְמָא לַן דְּעַד צֵאת הַכּוֹכָבִים יְמָמָא הוּא!

On objecte : Et D.ieu appela la lumière : jour. Il en ressort que or est le jour !

Voici ce que le verset dit : à ce qui va en s'éclairant, Il appela jour. Selon cela, et à l'obscurité Il appela nuit : à ce qui va en s'obscurcissant, Il appela nuit ?!

Or nous tenons pour établi que jusqu'à la sortie des étoiles, c'est le jour !

📜 Rachi (3)
לַמֵּאִיר וּבָא קְרָאוֹ יוֹם מִשָּׁעָה שֶׁמַּתְחִיל לְהָאִיר וְהַאי אוֹר לָאו שֵׁם דָּבָר הוּא:
À ce qui va en s'éclairant, Il appela jour : des l'heure où cela commence à éclairer. Cet or est un verbe.
וְהָא קַיְימָא לַן בִּשְׁמַעְתָּא קַמַּייְתָא דִּבְרָכוֹת:
Or nous tenons pour établi : dans le premier enseignement de Berakhot.
עַד צֵאת הַכּוֹכָבִים יְמָמָא כְּדִכְתִיב מַעֲלוֹת הַשַּׁחַר וְעַד צֵאת הַכּוֹכָבִים דְּעֶזְרָא (נְחֶמְיָה ד׳:ט״ו):
Jusqu'à la sortie des étoiles, c'est le jour, comme il est écrit : depuis le lever de l'aube jusqu'à la sortie des étoiles, dans Ezra (Nehemie 4, 15).
🗂️ Tossefot (1)
וְהָא קַייְמָא לַן עַד צֵאת הַכּוֹכָבִים יְמָמָא הוּא אוֹמֵר רִ"י דִּפְשִׁיטָא לֵיהּ לַגְּמָרָא דְּעַד צֵאת הַכּוֹכָבִים יְמָמָא מִשּׁוּם דְּמַסְּקִינַן בספ"ב דִּמְגִילָּה (דַּף כ:) דְּמֵעֲלוֹת הַשַּׁחַר יוֹם הוּא דִּכְתִיב וַאֲנַחְנוּ עוֹשִׂים בִּמְלָאכָה מֵעֲלוֹת הַשַּׁחַר עַד צֵאת הַכּוֹכָבִים וְאוֹמֵר וְהָיָה לָנוּ הַלַּיְלָה מִשְׁמָר וְהַיּוֹם מְלָאכָה וּמֵהָתָם נָמֵי מוּכָח דְּעַד צֵאת הַכּוֹכָבִים יוֹם הוּא וְלֹא קָשֶׁה מֵהַהוּא קְרָא לְתַנָּאֵי דְּפֶרֶק בַּמֶּה מַדְלִיקִין (שַׁבָּת דַּף לד: וְלָהּ.) דְּקָאָמַר ר' יְהוּדָה מִשֶּׁתִּשְׁקַע הַחַמָּה כָּל זְמַן שֶׁפְּנֵי מִזְרָח מַאֲדִימִין וְאִיכָּא לְמָאֵן דְּאָמַר הָתָם שְׁנֵי חֶלְקֵי מִיל שֶׁהוּא לְפִי הַנִּרְאֶה שָׁעָה גְּדוֹלָה לִפְנֵי צֵאת הַכּוֹכָבִים דְּאֵין אָנוּ בְּקִיאִין בְּצֵאת הַכּוֹכָבִים כִּדְאָמַר הָתָם לֹא כּוֹכָבִים גְּדוֹלִים הַנִּרְאִין בַּיּוֹם וְלֹא כּוֹכָבִים קְטַנִּים הַנִּרְאִין בַּלַּיְלָה אֶלָּא בֵּינוֹנִים:
Or nous tenons pour établi que jusqu'à la sortie des étoiles c'est le jour. Le Ri dit : c'est évident pour la Guemara que jusqu'à la sortie des étoiles c'est le jour, parce que nous concluons à la fin du deuxième chapitre de Megila (20b) que le lever de l'aube est le jour, puisqu'il est écrit : et nous, nous faisions le travail, depuis le lever de l'aube jusqu'à la sortie des étoiles, et il dit : la nuit était pour nous une garde, et le jour, le travail. De la aussi il est prouvé que jusqu'à la sortie des étoiles c'est le jour. Ce verset ne fait pas difficulté aux tanaim du chapitre Ba-me Madlikin (Chabbat 34b et la suite). Rabbi Yehouda dit : depuis le coucher du soleil, tant que la face de l'orient rougit. Et il y a un avis la-bas : deux parts d'un mil, ce qui, a vue d'œil, est un long moment avant la sortie des étoiles. Car nous ne sommes pas experts dans la sortie des étoiles, comme il est dit la-bas : ni les grandes étoiles qui se voient de jour, ni les petites étoiles qui se voient de nuit, mais les moyennes.
💡 Explication

Bereshit 1, 5 semble nommer la lumière jour. La Guemara propose d'abord un verbe : Il à appelé jour ce qui va en s'éclairant, des le début de la clarté. La suite du verset arrête cette lecture. Appliquée à l'obscurité, elle ferait commencer la nuit des que l'obscurité avance, alors que le jour tient jusqu'au tset ha-kokhavim.

Tossefot lisent cette limite dans Nehemie 4 et à la fin de Megila, chapitre 2. Les temps de bein ha-shemachot de Chabbat 34b restent en place : nous ne savons pas repérer les étoiles moyennes, celles que le verset vise.

🖼️ Schéma
Le jour tient jusqu'à la sortie des étoiles Yom, jusqu'au tset ha-kokhavim Layla alot ha-chahar tset Lecture écartée : appeler nuit l'obscurité des qu'elle avance, donc avant les étoiles. La halakha garde ce temps dans le jour.
L'obscurité qui vient avant le tset ha-kokhavim reste du jour. C'est ce qui ferme la première lecture du verset.
6
אֶלָּא, הָכִי קָאָמַר: קַרְייֵהּ רַחֲמָנָא לִנְהוֹרָא וּפַקְּדֵיהּ אַמִּצְוְתָא דִימָמָא, וְקַרְיֵיהּ רַחֲמָנָא לַחֲשׁוֹכָא וּפַקְּדֵיהּ אַמִּצְוְתָא דְלֵילָה.

Plutôt, voici ce que le verset dit : le Miséricordieux appela la lumière et lui confia la mitsva du jour, et le Miséricordieux appela l'obscurité et lui confia la mitsva de la nuit.

📜 Rachi (3)
אֶלָּא תְּרִיץ הָכֵי:
Plutôt : réponds ainsi.
קַרְיָה רַחֲמָנָא לִנְהוֹרָא כּוּ' הַאי וַיִּקְרָא לָאו קְרִיאַת שֵׁם הוּא דְּתֵימָא שֶׁקָּרָא אֶת שֵׁם הָאוֹר יוֹם אֶלָּא קָרָא לִבְרִיאָה הַמְּאִירָה שֶׁבָּרָא מֵהוֹד מַעֲטֵה לְבוּשׁוֹ:
Le Miséricordieux appela la lumière, etc. Ce vayikra est un appel adresse à la créature. On écarte la lecture où Il aurait donné à la lumière le nom de jour. Il à appelé la créature lumineuse qu'Il à créée de l'éclat du manteau de Sa gloire.
וּפַקְּדֵיהּ אַמִּצְוְתָא דִּימָמָא צִוָּהוּ לַשַּׁמָּשׁ בַּיּוֹם וְלַחֹושֶׁךְ צִוָּה לַשַּׁמָּשׁ בַּלַּיְלָה קָרָא כְּמֶלֶךְ שֶׁקָּרָא לְעַבְדּוֹ שֶׁיָּבֹא לְפָנָיו:
Et Il lui confia la mitsva du jour : Il lui ordonna de servir le jour, et à l'obscurité Il ordonna de servir la nuit. Il appela, comme un roi qui appelle son serviteur pour qu'il vienne devant lui.
💡 Explication

La Guemara quitte la lecture où vayikra donnerait un nom des le début de la clarté. Kara est ici un appel. Le Miséricordieux appelle la lumière et la charge de la mitsva du jour ; Il appelle l'obscurité et la charge de la mitsva de la nuit.

Rachi compare cela à un roi qui appelle son serviteur. La lumière dont il parle est la créature lumineuse tirée de l'éclat du manteau de Sa gloire.

🖼️ Schéma
Vayikra : un appel, et une charge Nehora, la lumière Il l'appelle Il lui confie la mitsva du jour Hashokha, l'obscurité Il l'appelle Il lui confie la mitsva de la nuit
Le verset de la création, lu comme un envoi : chaque créature reçoit le service de son temps.
7
מֵיתִיבִי: ״הַלְלוּהוּ כָּל כּוֹכְבֵי אוֹר״ — אַלְמָא ״אוֹר״ אֻורְתָּא הוּא. הָכִי קָאָמַר: הַלְלוּהוּ כָּל כּוֹכָבִים הַמְּאִירִים. אֶלָּא מֵעַתָּה, כּוֹכָבִים הַמְּאִירִים הוּא דְּבָעוּ שַׁבּוֹחֵי, שֶׁאֵינָן מְאִירִין לָא בָּעוּ שַׁבּוֹחֵי?! וְהָא כְּתִיב: ״הַלְלוּהוּ כָּל צְבָאָיו״!

On objecte : Louez-Le, toutes les étoiles de lumière. Il en ressort que or est la nuit.

Voici ce que le verset dit : louez-Le, toutes les étoiles qui éclairent. Selon cela, les étoiles qui éclairent auraient à Le louer, et celles qui n'éclairent pas n'auraient pas à Le louer ?!

Or il est écrit : Louez-Le, toutes Ses armées !

💡 Explication

Tehilim 148, 3 renverse le sens des preuves précédentes. Kokhvei or semble faire d'or la nuit, orta. La Guemara lit encore un verbe : les étoiles qui éclairent.

Cette lecture créé une nouvelle difficulté. Seules les étoiles lumineuses seraient tenues à la louange. Le verset d'avant, louez-Le, toutes Ses armées, englobe les armées dans leur ensemble.

8
אֶלָּא הָא קָא מַשְׁמַע לַן — דְּאוֹר דְּכוֹכָבִים נָמֵי אוֹר הוּא. לְמַאי נָפְקָא מִינַּהּ? לְנוֹדֵר מִן הָאוֹר. (דִּתְנַן:) הַנּוֹדֵר מִן הָאוּר — אָסוּר בְּאוֹרָן שֶׁל כּוֹכָבִים.

Plutôt, ceci vient nous apprendre que la lumière des étoiles est elle aussi une lumière. Quelle conséquence pratique ?

Pour celui qui fait un vœu au sujet de la lumière. (Comme nous l'avons appris dans une michna :) celui qui voue de s'interdire la lumière est interdit de la lumière des étoiles.

📜 Rachi (1)
הָא קמ"ל דְּאוֹר כּוֹכָבִים נָמֵי אוֹר הוּא לְעוֹלָם כּוֹכָבִים הַמְּאִירִים קָאָמַר וּדְקָא קַשְׁיָא לָךְ הָא שֶׁאֵינָן מְאִירִין לֹא הָא דִּנְקַט כּוֹכְבֵי אוֹר לָאו לְמַעוּטֵי כּוֹכָבִים שֶׁאֵינָן מְאִירִין דְּכָל כּוֹכָבִים יֵשׁ לָהֶם אוֹר וְלֵיכָּא לִמְעוּטֵי מִידִי וּקְרָא אַשְׁמְעִינַן דְּאוֹר כּוֹכָבִים קָרוּי אוֹר וְנָפְקָא מִינָּהּ לְנוֹדֵר הֲנָאָה מִן הָאוֹר שֶׁיֶּאֱסֹר בְּאוֹרָן שֶׁל כּוֹכָבִים:
Ceci vient nous apprendre que la lumière des étoiles est elle aussi une lumière. En fait, le verset parle des étoiles qui éclairent. La difficulté, des étoiles sans éclat laissées hors de la louange, tombe : toutes les étoiles ont une lumière, et le tour étoiles de lumière n'exclut rien. Le verset nous apprend que la lumière des étoiles est appelée lumière. Conséquence pratique : celui qui voue de se priver de la jouissance de la lumière sera interdit de la lumière des étoiles.
🗂️ Tossefot (1)
(כְּדִתְנַן) הַנּוֹדֵר מִן הָאוֹר מִיהוּ הֵיכָא דִּלְשׁוֹן בְּנֵי אָדָם אֵינוֹ כִּלְשׁוֹן הַמִּקְרָא אָזְלִינַן אַחַר לְשׁוֹן בְּנֵי אָדָם כִּדְאָמְרִינַן בַּעֲרָכִין (ד' יט:) גַּבֵּי הָאוֹמֵר מִשְׁקַל יָדִי עָלַי מִדְּאוֹרַיְיתָּא קִיבֹּורֶת כֻּולַּהּ בִּנְדָרִים הַלֵּךְ אַחַר לְשׁוֹן בְּנֵי אָדָם דְּהַיְינוּ עַד הָאַצִּיל:
(Comme nous l'avons appris) celui qui voue au sujet de la lumière. Toutefois, la où la langue des gens diffère de la langue de l'Écriture, nous suivons la langue des gens. Comme nous disons dans Arakhin (19b) au sujet de celui qui dit : le poids de ma main est sur moi. De la Torah, c'est toute la kiboret. Dans les vœux, on suit la langue des gens, c'est-à-dire jusqu'à l'atsil.
💡 Explication

La réponse ferme l'objection : il n'y a pas d'étoile sans lumière, et le verset enseigné que cette lumière porte le nom or. La nafka mina est le neder. Qui s'interdit la lumière par un vœu est interdit aussi de la lumière des étoiles.

Tossefot posent la règle générale des vœux. Quand la leshon benei adam diffère de la langue du verset, on suit la langue des gens. Exemple d'Arakhin 19b : le poids de ma main, de la Torah toute la kiboret, et dans les vœux jusqu'à l'atsil.

🖼️ Schéma
Nafaka mina : le neder sur la lumière Le verset Or des étoiles est appelé or Le vœu Noder min ha-or interdit de leur lumière
Le mot or du verset entre dans le neder. La lumière des étoiles est comprise dans l'interdit.
9
מֵיתִיבִי: ״לָאוֹר יָקוּם רוֹצֵחַ יִקְטָל עָנִי וְאֶבְיוֹן וּבַלַּיְלָה יְהִי כַגַּנָּב״,

On objecte : À la lumière se lève l'assassin, il tué le pauvre et l'indigent, et la nuit il est comme un voleur.

💡 Explication

Nouvelle objection, Iyov 24, 14. L'amud s'arrête sur la citation, avant que la Guemara ne dise ce qu'elle en tire. Le verset met la-or en regard de ba-layla. La suite est au verso.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).