Pesachim 2b — Or : la nuit, le jour, où l'aube ?

Pesachim 2b

Sougya : Le daf poursuit la question ouverte par la michna : dans « or le-arbaa asar », le mot or désigne-t-il la nuit où le jour ? Plusieurs versets (Iyov, Tehilim) semblent en faire le jour ; la Guemara les relit, comme clarté et doute, comme malédiction, où comme monde à venir et monde présent.

Deux sources tranchent pour la nuit : l'ordre de Rabbi Yehouda (or du quatorze, puis le matin) et les masuot allumées le-or ibouro. Entre les deux, Rabbi Eliezer ben Yaakov et Rabbi Yehouda discutent l'heure où le travail devient interdit le 14 nissan, et si les Sages peuvent couper un jour en deux.

Le mot ora, lui, désigne le jour.

Or dans la michna : ce que chaque source prouve Source Lecture de or Issue Iyov : et la nuit, comme un voleur oppose or et la nuit jour Relecture : or = clarté (nefachot) nuit = doute. Pas une preuve. Iyov 3, 9 : qu'il espère l'or étoiles, puis paupières de l'aube jour Malédiction du mazal : qu'il cherche une lumière, et ne la trouve pas. Tehilim 139, 11 : or baadeni la nuit, or autour de moi jour Monde à venir (comme le jour) / ce monde-ci (comme la nuit). R. Yehouda : or du 14, puis le matin bedika, shaharit, biour nuit Chema mina : or précède le matin du même 14. Or = oraita. Melakha du 14 : or vs henets R. Eliezer b. Yaakov / R. Yehouda aube Hava amina : or = nuit. Conclusion : or = amoud ha-shahar. Pas une preuve. Masuot : le-or ibouro feux de la sanctification du mois nuit Chema mina : un feu se voit de loin la nuit. Or = oraita. Ora : kiddouch des mains et pieds cohen qui a officie toute la nuit jour (ora) Autre mot. Ora = jour. Rav Yehouda en convient. Or peut rester la nuit.
Sept sources. Deux restent : l'ordre de Rabbi Yehouda, et les masuot. Les versets sont relus. Ora est un autre mot.
Travail du 14 nissan : qui coupe le jour, et à partir de quelle heure Question R. Eliezer ben Yaakov R. Yehouda Dès quand la melakha est interdite conclusion du daf Amoud ha-shahar (aube) or = début du jour, pas la nuit Henets ha-hama lever du soleil, entrée des ouvriers Précédent de-rabbanan où les Sages ont coupe Taanit tsibbur : nuit permise, jour interdit des l'aube R. Chimon : jusqu'au chant du coq Heures du hamets : le jour lui-même est partagé manger, suspendre, brûler Réplique sur le hamets peut-on couper le jour ? Hamets = de-oraita, décret du verset. Les heures ajoutées sont une harhaka, pas un modèle. Les heures sont de-rabbanan : les Sages coupent le jour en deça de l'interdit de la Tora. Cette mahloket ne tranche pas le sens de or dans la michna. Les preuves retenues sont ailleurs.
Mahloket sur la melakha du 14. R. Eliezer ben Yaakov sépare nuit et jour. R. Yehouda coupe le jour, sur le modèle des heures du hamets.
Heures du hamets le 14 nissan (michna, selon Rachi) Jour divise en 12 heures temporaires. On mange tout le long de quatre, on suspend la cinquième, on brûle au début de la sixième. 1 manger 2 manger 3 manger 4 manger 5 tolin suspendre 6 biour au début 7+ Tora Quatre premières heures : les Sages n'ont pas interdit Deux heures de-rabbanan Tora Rachi : l'interdit de la Tora commence une fois les six heures révolues. Les deux heures ajoutées sont une harhaka, à cause du jour nuageux et de l'erreur entre six et sept.
Manger quatre heures, suspendre la cinquième, brûler au début de la sixième. Tora après six heures ; deux heures de harhaka.
1
הָא מִדְּקָאָמַר ״וּבַלַּיְלָה יְהִי כְּגַנָּב״ — אַלְמָא ״אוֹר״ יְמָמָא הוּא! הָתָם הָכִי קָאָמַר: אִי פְּשִׁיטָא לָךְ מִילְּתָא כִּנְהוֹרָא דְּאַנְּפָשׁוֹת קָאָתֵי — רוֹצֵחַ הוּא, וְנִיתַּן לְהַצִּילוֹ בְּנַפְשׁוֹ. וְאִי מְסַפְּקָא לָךְ מִילְּתָא כְּלֵילְיָא — יְהִי בְּעֵינֶיךָ כְּגַנָּב, וְלֹא נִיתָּן לְהַצִּילוֹ בְּנַפְשׁוֹ.

Mais, du fait qu'il dit : « et la nuit, qu'il sera comme un voleur » — il en ressort que or est le jour ! La-bas, voici ce qu'il dit : si la chose t'est évidente comme la lumière, qu'il vient pour une affaire de vies — c'est un meurtrier, et il est permis de le sauver au prix de sa vie.

Et si la chose t'est douteuse comme la nuit — qu'il soit à tes yeux comme un voleur, et il n'est pas permis de le sauver au prix de sa vie.

📜 Rachi (2)
מִדְּקָאָמַר וּבַלַּיְלָה יְהִי כַגַּנָּב מִכְּלָל דְּאוֹר דְּרֵישֵׁיהּ דִּקְרָא יְמָמָא הוּא וְהָכִי קָאָמַר בַּיּוֹם כְּשֶׁעוֹבְרֵי דְּרָכִים הוֹלְכִים עוֹמֵד רוֹצֵחַ בְּאִם הַדְּרָכִים וְהוֹרְגָן וְנוֹטֵל אֶת מָמוֹנָם וּבַלַּיְלָה הוּא נַעֲשֶׂה כְּגַנָּב לַחְתֹּור בָּתִּים וְלִגְנוֹב:
Du fait qu'il dit « et la nuit, qu'il sera comme un voleur » : on en déduit que l'or du début du verset est le jour. Et voici ce qu'il dit : le jour, quand les passants vont leur chemin, un meurtrier se tient au croisement des routes, les tué et prend leur bien ; et la nuit, il devient comme un voleur, pour percer les maisons et voler.
הָכִי קָאָמַר מַה שֶׁנָּתְנָה לְךָ תּוֹרָה רְשׁוּת עַל הַבָּא בַּמַּחְתֶּרֶת לְהָורְגוֹ כְּדִכְתִיב (שְׁמוֹת כ״ב:א׳-ב׳) אִם בַּמַּחְתֶּרֶת יִמָּצֵא הַגַּנָּב וְהֻוכָּה וָמֵת אֵין לוֹ דָּמִים אִם בָּרוּר לְךָ הַדָּבָר כְּאוֹר שֶׁהוּא בָּא עַל עִסְקֵי נְפָשׁוֹת דְּהַייְנוּ כָּל אָדָם חוּץ מֵאָב עַל הַבֵּן וְכַיּוֹצֵא בּוֹ שֶׁמַּכִּיר בּוֹ שֶׁהוּא אוֹהֲבוֹ מְאֹד אֲבָל שְׁאָר כָּל אָדָם אִם הָיָה בַּעַל הַמָּמוֹן עוֹמֵד כְּנֶגְדּוֹ לְהַצִּיל מִמֶּנּוּ מָמוֹנוֹ זֶה עוֹמֵד עָלָיו וְהוֹרְגוֹ רוֹצֵחַ הוּא וְנִיתַּן רְשׁוּת לְכָל הַקּוֹדֵם לְהַצִּיל אֶת בַּעַל הַמָּמוֹן בְּנַפְשׁוֹ שֶׁל בָּא בַּמַּחְתֶּרֶת וּבַלַּיְלָה אִם מְסַפְּקָא לְךָ כַּלַּיְלָה כְּגוֹן שֶׁאָדָם אוֹהַבְךָ שֶׁהוּא אָבִיךָ וְרַחֲמָיו עָלֶיךָ וְאִם הָיִיתָ עוֹמֵד כְּנֶגְדּוֹ לְהַצִּיל מָמוֹנְךָ אֵינוֹ הוֹרֶגְךָ יְהִי בְּעֵינֶיךָ כְּגַנָּב וְלֹא נִיתָּן לְהָורְגוֹ וְהָכִי אָמְרִינַן בְּסַנְהֶדְרִין (דַּף עב:) דְּאָב עַל הַבֵּן אֵינוֹ נֶהֱרָג בַּמַּחְתֶּרֶת:
Voici ce qu'il dit : ce que la Tora t'a donné comme permission, au sujet de celui qui vient par une mahteret (effraction), de le tuer, comme il est écrit (Chemoth 22, 1-2) : si le voleur est trouvé dans la mahteret, qu'il est frappé et meurt, il n'a pas de damim (pas de sang à venger). Si la chose t'est claire comme l'or, qu'il vient pour une affaire de vies — c'est-à-dire tout homme, hormis un père envers le fils et le cas semblable, dont on reconnaît qu'il l'aime beaucoup. Mais tout autre homme : si le propriétaire du bien se tenait en face de lui pour sauver son bien de lui, celui-ci se dresse contre lui et le tué ; c'est un meurtrier, et permission est donnée à quiconque agit le premier, de sauver le propriétaire du bien au prix de la vie de celui qui vient par la mahteret. Et la nuit, si la chose t'est douteuse comme la nuit — par exemple un homme qui t'aime, ton père, dont la miséricorde est sur toi, et qui, si tu te tenais en face de lui pour sauver ton bien, ne te tuerait pas — qu'il soit à tes yeux comme un voleur, et il n'est pas permis de le tuer. Et c'est ainsi que nous disons à Sanhédrin (72b) : un père envers le fils n'est pas tué dans la mahteret.
🗂️ Tossefot (1)
אִי פְּשִׁיטָא לָךְ דְּאַנְּפָשׁוֹת קָאָתֵי אוֹמֵר רִ"י וְרִיבָ"א דְּהַאי קְרָא בְּאָב עַל הַבֵּן מַייְרֵי דִּסְתָם אָב מְרַחֵם עַל הַבֵּן וְלֹא יַהַרְגֶנּוּ אִם יַעֲמֹוד נֶגְדּוֹ לְהַצִּיל מָמוֹנוֹ וּלְכָךְ לֹא נִיתָּן לְהַצִּילוֹ בְּנַפְשׁוֹ אֶלָּא כְּשֶׁיּוֹדֵעַ בְּבֵרוּר שֶׁלְּהָורְגוֹ בָּא כִּדְמוֹכַח בְּפֶרֶק בֵּן סוֹרֵר (סַנְהֶדְרִין דַּף עב: וְשָׁם) דְּמוּקֵי הַבָּרַייְתָא דְּתַנְיָא אִם זָרְחָה עָלָיו הַשֶּׁמֶשׁ וְכִי עָלָיו בִּלְבַד זָרְחָה אֶלָּא אִם בָּרוּר לְךָ כַּשֶּׁמֶשׁ שֶׁאֵין לוֹ שָׁלוֹם עִמְּךָ הָרְגֵהוּ וְאִם לָאו אַל תַּהְרְגֵהוּ בְּאָב עַל הַבֵּן וְהַהִיא דְּתַנְיָא אִם בָּרוּר לְךָ שֶׁיֵּשׁ לוֹ שָׁלוֹם עִמְּךָ אַל תַּהַרְגֵהוּ מוּקִי בַּבֵּן עַל הָאָב:
Si la chose t'est évidente, qu'il vient pour une affaire de vies. Le Ri et le Riva disent que ce verset traite d'un père envers le fils : un père, en règle ordinaire, à miséricorde du fils et ne le tuera pas s'il se tient en face de lui pour sauver son bien ; c'est pourquoi il n'est pas permis de le sauver au prix de sa vie, sinon lorsqu'on sait clairement qu'il vient pour le tuer. Comme on le voit au chapitre Ben sorer (Sanhédrin 72b), où l'on établit la baraita : « Si le soleil à brillé sur lui » — est-ce sur lui seul que le soleil à brillé ? Plutôt : s'il t'est clair comme le soleil qu'il n'a pas de paix avec toi, tué-le ; sinon, ne le tué pas — au sujet d'un père envers le fils. Et la baraita : « S'il t'est clair qu'il à la paix avec toi, ne le tué pas » est établie au sujet d'un fils envers le père.
💡 Explication

Le verset d'Iyov (24, 14) oppose or et la nuit : « et la nuit, qu'il sera comme un voleur ». L'objection en tire que or désigne le jour.

La Guemara relit les deux mots comme des images. Or : la chose est claire comme la lumière, l'intrus vient pour une affaire de nefachot (vies) ; c'est un meurtrier, et l'on peut sauver le propriétaire au prix de la vie du ba ba-mahteret. Nuit : la chose reste douteuse ; on le tient pour un voleur, et le tuer est interdit.

Rachi et les Tossefot isolent le père envers le fils. L'affection laisse le doute. On ne tue que si la volonté de tuer est claire comme le soleil (Sanhédrin 72b). La baraita inverse, le fils envers le père, suit l'autre formule : s'il à la paix avec toi, ne le tué pas.

🖼️ Schéma
Ba ba-mahteret : or = clarté, nuit = doute Quelqu'un entre par effraction Clair comme l'or il vient pour les vies : meurtrier on peut sauver au prix de sa vie Douteux comme la nuit il est à tes yeux un voleur on ne peut pas le tuer Père envers le fils (Rachi, Tossefot, Sanhédrin 72b) : l'affection laisse un doute. On ne le tué que si c'est clair comme le soleil qu'il n'a pas de paix avec toi.
Clarte : meurtrier, on peut sauver au prix de sa vie. Doute : voleur, on ne le tué pas. Le père envers le fils reste dans le doute.
2
מֵיתִיבִי: ״יֶחְשְׁכוּ כּוֹכְבֵי נִשְׁפּוֹ יְקַו לְאוֹר וָאַיִן וְאַל יִרְאֶה בְּעַפְעַפֵּי שָׁחַר״, מִדְּקָאָמַר ״יְקַו לְאוֹר וְאֵין״ אַלְמָא ״אוֹר״ יְמָמָא הוּא! הָתָם מֵילָט הוּא דְּקָא לָיֵיט לֵיהּ אִיּוֹב לְמַזָּלֵיהּ, אָמַר: יְהֵא רַעֲוָא דְּלִיצְפֵּיהּ הָךְ גַּבְרָא לִנְהוֹרָא, וְלָא לִישַׁכְּחֵיהּ.

On objecte : « Que s'obscurcissent les étoiles de son crépuscule ; qu'il espère l'or, et qu'il n'y en ait pas ; et qu'il ne voie pas les paupières de l'aube. » Du fait qu'il dit « qu'il espère l'or, et qu'il n'y en ait pas », il en ressort que or est le jour ! La-bas, c'est une malédiction qu'Iyov lance à son mazal.

Il à dit : que ce soit la volonté que cet homme espère la lumière, et qu'il ne la trouve pas.

📜 Rachi (4)
כּוֹכְבֵי נִשְׁפּוֹ כּוֹכְבֵי לֵילוֹ:
Les étoiles de son crépuscule : les étoiles de sa nuit.
יְקַו לָאוֹר יְצַפֶּה לַיּוֹם:
Qu'il espère l'or : qu'il attende le jour.
עַפְעַפָּי זִיהוּר:
Les paupières : l'éclat.
לִנְהוֹרָא לְדָבָר הַמֵּאִיר וְלֹא שֶׁיִּהְיֶה שָׁם הַיּוֹם אוֹר וְלָא קָאָמַר יְקַו לְיוֹם אֶלָּא יְקַו שֶׁיָּאִיר וְאֵין:
Vers la lumière : vers une chose qui éclaire, et non pour que le jour y soit lumière. Et il n'a pas dit « qu'il espère le jour », mais « qu'il espère que cela éclaire, et qu'il n'y en ait pas ».
💡 Explication

Iyov 3, 9 place or entre les étoiles du crépuscule et les « paupières de l'aube ». « Qu'il espère l'or, et rien » semble nommer le jour qui suit la nuit.

La Guemara y lit une malédiction du mazal : que cet homme cherche une lumière et ne la trouve pas. Rachi serre le mot : le verset dit qu'il espère que cela éclaire, et non qu'il espère le jour. Le premier Rachi (« qu'il attende le jour ») glose le sens obvie du mot, avant cette relecture.

3
מֵיתִיבִי: ״וָאֹומַר אַךְ חֹשֶׁךְ יְשׁוּפֵנִי וְלַיְלָה אוֹר בַּעֲדֵנִי״, אַלְמָא ״אוֹר״ יְמָמָא הוּא! הָתָם, הָכִי קָאָמַר דָּוִד: אֲנִי אָמַרְתִּי אַךְ חֹשֶׁךְ יְשׁוּפֵנִי לָעוֹלָם הַבָּא שֶׁהוּא דּוֹמֶה לְיוֹם, עַכְשָׁיו, הָעוֹלָם הַזֶּה שֶׁהוּא דּוֹמֶה לְלַיְלָה — אוֹר בַּעֲדֵנִי.

On objecte : « Et je dis : certes, l'obscurité m'enveloppera, et la nuit, l'or autour de moi. » Il en ressort que or est le jour ! La-bas, voici ce que dit David : j'ai dit : certes, l'obscurité m'enveloppera, dans le monde à venir, qui ressemble au jour ; maintenant, ce monde-ci, qui ressemble à la nuit — l'or est autour de moi.

📜 Rachi (2)
וָאֹומַר אַךְ חֹושֶׁךְ יְשׁוּפֵנִי וְאוֹמֵר סָבוּר הָיִיתִי בְּעָונְיִי כְּשֶׁהָיִיתִי נִרְדָּף אַךְ בַּחֹשֶׁךְ זֶה אָמוּת וְהוּא יְשׁוּפֵנִי וְהוּא יַחְשִׁיךְ תָּמִיד עָלַי לְשׁוֹן נֶשֶׁף וָלַיְלָה וְחֹשֶׁךְ שֶׁהָיִיתִי שָׁרוּי בּוֹ נַעֲשָׂה אוֹר בַּעֲדֵנִי אֶצְלִי וְגַבֵּי לַיְלָה שַׁיָּיךְ לְמֵימַר יוֹם אַלְמָא הָכִי קָאָמַר דָּוִד הַלַּיְלָה נַעֲשָׂה לִי יוֹם:
« Et je dis : certes, l'obscurité m'enveloppera. » « Et je dis » : je pensais, dans mon affliction, alors que j'étais poursuivi : certes, dans cette obscurité je mourrai ; elle m'enveloppera, et elle obscurcira toujours sur moi — langue de neshef (crépuscule). Et la nuit et l'obscurité où j'étais plongé sont devenues or autour de moi, auprès de moi. Et au sujet de la nuit, il convient de dire « jour ». Il en ressort que voici ce que dit David : la nuit est devenue pour moi le jour.
אֲנִי אָמַרְתִּי מִפְּנֵי חֲטָאַי שֶׁאַף מִן הָעוֹלָם הַבָּא אֲטָרֵד וְעַכְשָׁיו שֶׁמָּחַל לִי עַל אוֹתוֹ עָוֹן אַף מִן הָעוֹלָם הַזֶּה שֶׁהָיִיתִי שָׁרוּי בּוֹ בַּחֹשֶׁךְ וּבְחֶרְפָּה הֵאִיר בַּעֲדֵנִי שֶׁהוֹדִיעַ הקב"ה לְשׂוֹנְאֵי דָּוִד בִּימֵי שְׁלֹמֹה שֶׁמָּחַל לְדָוִד כְּשֶׁבִּקֵּשׁ לְהַכְנִיס אָרוֹן לְבֵית קָדְשֵׁי הַקֳּדָשִׁים וְדָבְקוּ שְׁעָרִים זֶה בָּזֶה בְּמוֹעֵד קָטָן (דַּף ט.):
J'ai dit : à cause de mes fautes, que je serais chasse même du monde à venir. Et maintenant qu'Il m'a pardonne cette faute, même de ce monde-ci où j'étais plongé dans l'obscurité et la honte, cela à brillé autour de moi. Car le Saint, béni soit-Il, à fait savoir aux ennemis de David, aux jours de Chelomo, qu'Il avait pardonne à David, lorsqu'il voulut faire entrer l'arche dans le Saint des saints et que les portes se collèrent l'une à l'autre, dans Moed Katan (9à).
🪔 Ben Yehoyada (1)
אוֹר לְאַרְבָּעָה עָשָׂר בּוֹדְקִין אֶת הֶחָמֵץ לְאוֹר הַנֵּר. נִרְאֶה לִי בס"ד כִּי דָּוִד הַמֶּלֶךְ ע"ה אָמַר וְלַיְלָה אוֹר בַּעֲדֵנִי (תְּהִלִּים קלט, יא) וְאָמְרוּ בַּגְּמָרָא (פְּסָחִים ב:) הָכִי קָאָמַר דָּוִד 'עוֹלָם הַזֶּה שֶׁהוּא דּוֹמֶה לְלַיְלָה אוֹר בַּעֲדֵנִי', נִמְצָא דָּוִד הַמֶּלֶךְ ע"ה מְצַפֶּה הָיָה לָאוֹר לְהִתְחַבֵּר עִמּוֹ. וּפֵרַשְׁתִּי בס"ד לְכָךְ אָמַר דָּוִד הַמֶּלֶךְ ע"ה דִּשַּׁנְתָּ בַשֶּׁמֶן רֹאשִׁי כּוֹסִי רְוָיָה (תְּהִלִּים כג, ה) וְאָמַר אַבָּיֵי שְׁמַע מִינַּהּ כָּסָא דְּבִרְכְּתָא דְּדָוִיד לֶעָתִיד מַחֲזִיק רכ"א לֻוגִּין ' רַוְיַהּ ' [221] בְּגֵימַטְרְיָא הָכִי הָוֵי (יוֹמָא עו.) . וְיֵשׁ סוֹד עָמֹוק ברכ"א לֻוגִּין הַנִּזְכָּרִים שֶׁהוּא מִסְפַּר אר"ך אוֹרוֹת וְהַייְנוּ דָּוִד מִסִּפְרוֹ י"ד וְעִם מִסְפַּר אוֹר עוֹלֶה רכ"א [207+14 =221] לְכָךְ אָמַר 'אוֹר בַּעֲדֵנִי' שֶׁהוּא מְצַפֶּה לָאוֹר. וְהִנֵּה אִם תִּסְדֹּוק וְתַחְתֹּוךְ כָּל אוֹת מֵאוֹתִיּוֹת 'חָמֵץ' בִּפְנֵי עַצְמוֹ לִשְׁתַּיִם יִהְיֶה מִזֶּה אוֹתִיּוֹת ד"ד כ"כ מ"ה מ"ה, וְהַייְנוּ כִּי לֶעָתִיד הִבְטִיחַ הקב"ה אֶת כְּנֶסֶת יִשְׂרָאֵל וְשַׂמְתִּי כַּדְכֹד שֶׁמִּשְּׁתִיךָ (יְשַׁעְיָה נד, יב) . וְכָתַבְתִּי בס"ד שֶׁנִּזְכֶּה לְהַבְטָחָה זוֹ שֶׁל 'כַּדְכֹד' עַל יְדֵי הָעֲנָוָה שֶׁתִּהְיֶה אֶצְלֵינוּ מִבַּיִת וּמִחוּץ שֶׁיִּהְיֶה הָאָדָם דָּךְ מִבִּפְנִים וְדַךְ מִבַּחוּץ וְעַל יְדֵי כָּךְ נִזְכֶּה לְהַבְטָחַת 'כַּדְכֹד' בִּזְכוּת דָּךְ וְדַךְ שֶׁהִיא עֲנָוָה שְׁלֵימָה. וְכָל זֹאת הָעֲנָוָה הִיא בִּדְבָרִים הַגַּשְׁמִיִּים שֶׁיִּהְיֶה הָאָדָם דָּךְ מִבַּחוּץ וְדַךְ מִבִּפְנִים אַךְ צָרִיךְ עוֹד עֲנָוָה שְׁלֵימָה מִבַּיִת וּמִחוּץ בִּדְבָרִים הַנַּפְשִׁיִּים גַּם כֵּן וְעַל זֶה יִרְמֹוז אוֹת צָדִ"י שֶׁמִּסְּפָרוֹ תִּשְׁעִים שֶׁהוּא מִסְפַּר מ"ה ומ"ה שֶׁיִּהְיֶה הָאָדָם מַה מִבִּפְנִים וּמַה מִבַּחוּץ, וּבָזֶה תָּבֹא הַגְּאֻולָּה מֵאוֹת צָדִ"י דמנצפ"ך שֶׁהוּא כְּתֵשַׁע מֵאוֹת שֶׁהֵם עֲשָׂרָה מ"ה מִבִּפְנִים וַעֲשָׂרָה מ"ה מִבַּחוּץ כְּנֶגֶד עֲשָׂרָה שַׁלִּיטִים שֶׁבַּגּוּף הַנִּזְכָּרִים בְּדִבְרֵי רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל (נְדָרִים לב:) . וְזֶהוּ שֶׁאָמְרוּ אוֹר לְאַרְבָּעָה עָשָׂר כְּשֶׁיִּתְחַבֵּר אוֹר לְאַרְבָּעָה עָשָׂר הוּא 'דָּוִד', בּוֹדְקִין אֶת הֶחָמֵץ 'בּוֹדְקִין' לְשׁוֹן בֶּדֶק שֶׁסּוֹדְקִין אוֹתִיּוֹת 'חָמֵץ' לִשְׁנֵי חֲלוּקוֹת שֶׁבָּזֶה יִהְיֶה תֵּיבוֹת 'כַּדְכֹד' וְתֵיבוֹת 'מ"ה מ"ה' שֶׁהֵם עֲנָוָה שְׁלֵימָה בִּדְבָרִים הַגּוֹפָנִים מִבַּיִת וּמִחוּץ שֶׁהֵם 'דָּךְ וְדַךְ' וַעֲנָוָה שְׁלֵימָה בִּדְבָרִים הַנַּפְשִׁיִּים מִבַּיִת וּמִחוּץ שֶׁהֵם 'מ"ה ומ"ה'. וּבְדִיקָה זוֹ תִּהְיֶה לְאוֹר הַנֵּר שֶׁהוּא מִסְפַּר שְׁלֹשָׁה יִחוּדִים שֶׁהֵם הוי"ה אהי"ה הוי"ה אדנ"י הוי"ה אלקי"ם שֶׁעוֹלִים מִסְפַּר 'נֵר' [26+21+26+65+26+86=250] .
Or le-arbaa asar, on vérifie le hamets à la lumière de la lampe. Il me semble, avec l'aide du Ciel : le roi David, paix sur lui, à dit « et la nuit, or autour de moi » (Tehilim 139, 11), et ils ont dit dans la Guemara (Pesachim 2b) : voici ce que dit David, « ce monde-ci, qui ressemble à la nuit, or autour de moi ». Il en ressort que le roi David, paix sur lui, attendait l'or pour s'unir à lui. Et j'ai expliqué, avec l'aide du Ciel, que c'est pour cela que le roi David, paix sur lui, à dit « tu as oint d'huile ma tête, ma coupe est revaya » (Tehilim 23, 5). Et Abaye à dit : on en apprend que la coupe de bénédiction de David, pour l'avenir, contient 221 log ; « revaya » [221] en guematria vaut ainsi (Yoma 76a). Et il y a un sod profond dans ces 221 log : c'est le nombre de orekh orot (longueur des lumières). C'est que David à pour nombre 14, et avec le nombre de or cela monte à 221 [207 + 14 = 221]. C'est pourquoi il à dit « or baadeni » : il attend l'or. Et voici : si tu fends et coupes chaque lettre des lettres de « hamets », chacune en deux, il en sortira les lettres dalet-dalet, kaf-kaf, mem-hé, mem-hé. C'est que, pour l'avenir, le Saint, béni soit-Il, à promis à la Communauté d'Israël : « et je poserai tes merlons en kadkod » (Yechaya 54, 12). Et j'ai écrit, avec l'aide du Ciel, que nous mériterons cette promesse de « kadkod » par l'anava (humilité) qui sera chez nous au-dedans et au-dehors : que l'homme soit dakh (souple) au-dedans et dakh au-dehors, et par cela nous mériterons la promesse de « kadkod » par le mérite de « dakh et dakh », qui est l'anava complète. Et toute cette anava concerne les choses matérielles, que l'homme soit dakh au-dehors et dakh au-dedans. Mais il faut encore une anava complète, au-dedans et au-dehors, dans les choses de l'âme également. À cela fait allusion la lettre tsadi, dont le nombre est 90, qui est le nombre de ma et ma : que l'homme soit « ma » (quoi) au-dedans et « ma » au-dehors. Et par cela viendra la geoula, de la lettre tsadi des menatsepakh (les finales), qui vaut comme neuf cents, soit dix « ma » au-dedans et dix « ma » au-dehors, en regard des dix souverains qui sont dans le corps, mentionnés dans les paroles de nos maîtres, de mémoire bénie (Nedarim 32b). Et c'est ce qu'ils ont dit : « or le-arbaa asar » — lorsque or se joint au quatorze, c'est « David ». « Bodekin et ha-hamets » : « bodekin » à le sens de bedek (fissure), car on fend les lettres de « hamets » en deux parts ; de cela viennent les mots « kadkod » et les mots « ma ma », qui sont l'anava complète dans les choses du corps, au-dedans et au-dehors, à savoir « dakh et dakh », et l'anava complète dans les choses de l'âme, au-dedans et au-dehors, à savoir « ma et ma ». Et cette bedika se fera le-or ha-ner, qui est le nombre de trois yihoudim : Havaya et Ehye, Havaya et Adni, Havaya et É-lokim, qui montent au nombre de « ner » [26 + 21 + 26 + 65 + 26 + 86 = 250].
💡 Explication

Tehilim 139, 11 : « la nuit, or autour de moi ». Au premier degré, or s'oppose à la nuit et nomme le jour.

David parle de deux temps. « L'obscurité m'enveloppera » vise le monde à venir, compare au jour. « Maintenant » vise ce monde-ci, compare à la nuit : la lumière est autour de lui. Rachi rattache ce pardon à l'entrée de l'arche aux jours de Chelomo (Moed Katan 9à).

Le Ben Yehoyada lit la michna par les comptés. Or (207) joint à 14, nombre de David, donne 221, la coupe revaya. Bodekin : on fend les lettres de hamets en kadkod (dakh / dakh, le corps) et ma / ma (l'âme). Ner (250) est la somme de trois yihoudim.

🖼️ Schéma
Ben Yehoyada : comptés de la michna or le-arbaa asar or + 14 207 + David (14) = 221 = revaya hamets fendu kadkod : dakh et dakh et ma + ma (âme) ner = 250 trois yihoudim 26+21+26+65+26+86 Bodekin : on fend les lettres de hamets. Bedika le-or ha-ner : la lampe porte le compte des trois yihoudim. Tsadi = 90 = ma + ma. Tsadi finale = 900 = dix ma au-dedans et dix ma au-dehors.
221 = or + David. Hamets fendu : kadkod et ma/ma. Ner = 250, trois yihoudim.
4
מֵיתִיבִי, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: בּוֹדְקִין אוֹר (לְאַרְבָּעָה) עָשָׂר וּבְאַרְבָּעָה עָשָׂר שַׁחֲרִית וּבִשְׁעַת הַבִּיעוּר. מִדְּקָאָמַר רַבִּי יְהוּדָה: בּוֹדְקִין אוֹר אַרְבָּעָה עָשָׂר וּבְאַרְבָּעָה עָשָׂר שַׁחֲרִית, אַלְמָא ״אוֹר״ אֻורְתָּא הוּא. שְׁמַע מִינָּה.

On objecte : Rabbi Yehouda dit : on vérifie à l'or du quatorze, et le quatorze au matin, et à l'heure du biour. Du fait que Rabbi Yehouda dit : on vérifie à l'or du quatorze et le quatorze au matin, il en ressort que or est la nuit.

On en apprend.

📜 Rachi (2)
בּוֹדְקִין חָמֵץ:
On vérifie : le hamets.
מִדְּקָאָמַר ובי"ד שַׁחֲרִית מִכְּלָל דְּאוֹר אֻורְתָּא הוּא וְטַעְמָא דְּר' יְהוּדָה מְפָרֵשׁ לְקַמָּן בְּפִירְקִין:
Du fait qu'il dit « et le 14 au matin », on en déduit que or est la nuit. Et la raison de Rabbi Yehouda est expliquée plus loin dans notre chapitre.
💡 Explication

Première preuve retenue. Rabbi Yehouda énumère dans l'ordre : or du quatorze, puis le quatorze au matin, puis l'heure du biour (élimination du hamets). L'or précède le matin du même jour : c'est la nuit qui ouvre le 14.

Chema mina : dans la michna, or = oraita (la nuit). Rachi renvoie plus loin dans le chapitre pour la raison des trois temps de bedika selon Rabbi Yehouda.

5
מֵיתִיבִי: מֵאֵימָתַי אַרְבָּעָה עָשָׂר אָסוּר בַּעֲשִׂייַּת מְלָאכָה? רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אוֹמֵר: מִשְּׁעַת הָאוּר, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: מִשְּׁעַת הָנֵץ הַחַמָּה.

On objecte : à partir de quand le quatorze est-il interdit pour le travail ? Rabbi Eliezer ben Yaakov dit : des l'heure de l'or.

Rabbi Yehouda dit : des l'heure du henets ha-hama (lever du soleil).

📜 Rachi (2)
אָסוּר בַּעֲשִׂיַּית מְלָאכָה בִּמְקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ בּוֹ לִנְהֹוג אִיסּוּר דְּאָמְרִינַן לְקַמָּן (פְּסָחִים דַּף נ.) מָקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ שֶׁלֹּא לַעֲשׂוֹת מְלָאכָה אֵין עוֹשִׂין:
Interdit pour le travail : dans un endroit où l'on a coutume de s'abstenir, comme nous le disons plus loin (Pesachim 50à) : un endroit où l'on a coutume de ne pas faire de travail, on n'en fait pas.
מִשְּׁעַת הָאוּר אֲבָל קֹודֶם לָכֵן אֲפִילּוּ נָהֲגוּ בָּטְלָה דַּעְתָּן:
Dès l'heure de l'or : mais avant cela, même s'ils ont pris cette coutume, leur avis est nul.
🗂️ Tossefot (2)
מֵאֵימָתַי י"ד אָסוּר בַּעֲשִׂיַּית מְלָאכָה פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י אָסוּר בַּעֲשִׂייַּת מְלָאכָה בִּמְקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ וְאֵין נִרְאֶה לר"י דִּבְפֶ' מָקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ (פְּסָחִים דַּף נה.) מוּכָח בְּהֶדְיָא דְּרַבִּי יְהוּדָה אִית לֵיהּ אִיסּוּרָא וְלָא מִנְהָגָא וְעוֹד תָּנֵי תַּנָּא אִיסּוּרָא וְאַתְּ אָמְרַתְּ מִנְהָגָא וְעוֹד נֶיחֱזֵי הֵיכִי נָהוּג לְכָךְ נִרְאֶה דִּבְאִיסּוּר וַדַּאי פְּלִיגִי וּבַגָּלִיל כִּי הֵיכִי דִּפְלִיגִי הָתָם בְּמָתְנֵי' ב"ש וב"ה:
À partir de quand le 14 est-il interdit pour le travail ? Rachi à expliqué : interdit de travailler la où l'on a coutume. Cela ne paraît pas au Ri, car au chapitre Makom che-nahagou (Pesachim 55à) il est prouvé explicitement que Rabbi Yehouda tient un issour (interdiction), et non un minhag (coutume). De plus, le tanna à enseigné un issour, et toi tu dis un minhag. De plus, voyons comment ils ont coutume. Il paraît donc qu'ils divergent sur un issour certain, et en Galilée, de la même manière que Beit Chammai et Beit Hillel divergent la-bas dans la michna.
רַבִּי אֱלִיעֶזֶר ב"י אוֹמֵר מִשְּׁעַת הָאוֹר לְמַאי דְּמַסְּקִינַן אוֹר מַמָּשׁ נְקַט ר' אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב שִׁיעוּר לְמִילְּתֵיהּ בִּתְחִלַּת הַיּוֹם וְר' יְהוּדָה נְקַט הָנֵץ הַחַמָּה מִשְּׁעַת כְּנִיסַת פּוֹעֲלִים לִמְלָאכָה שֶׁהוּא אַחַר זְרִיחַת הַשֶּׁמֶשׁ כִּדְאָמַר בְּהַשּׂוֹכֵר אֶת הַפּוֹעֲלִים (דַּף פג: וְשָׁם) פּוֹעֵל בִּכְנִיסָתוֹ מִשֶּׁלּוֹ בִּיצִיאָתוֹ מִשֶּׁל בעה"ב פִּי' בִּיצִיאָתוֹ מִבֵּיתוֹ לִמְלָאכָה כְּדִכְתִיב (תְּהִילִּים ק״ד:כ״ב) תִּזְרַח הַשֶּׁמֶשׁ יֵאָסֵפוּן וְגוֹ' יֵצֵא אָדָם לְפָעֳלוֹ וְלָא הָוֵי ר"א בֶּן יַעֲקֹב לָא כב"ש וְלֹא כב"ה דְּבֵית שַׁמַּאי אוֹסְרִין הַלַּיְלָה וב"ה מַתִּירִין עַד הַנֵּץ וּלְמַאי דס"ד דְּאוֹר אֻורְתָּא כב"ש יֹאמַר רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב לֹא נֶחְלְקוּ ב"ש וב"ה בַּדָּבָר הַזֶּה:
Rabbi Eliezer ben Yaakov dit : des l'heure de l'or. Selon ce que nous concluons, or désigne la lumière elle-même : Rabbi Eliezer ben Yaakov à fixé la mesure de sa chose au début du jour, et Rabbi Yehouda à fixé le henets ha-hama, des l'heure où les ouvriers entrent au travail, qui est après le lever du soleil, comme il est dit dans Ha-sokher et ha-poalim (83b) : l'ouvrier, à son entrée, c'est à sa charge ; à sa sortie, à la charge du patron. Explication : à sa sortie de sa maison vers le travail, comme il est écrit (Tehilim 104, 22) : le soleil se lève, ils se rassemblent, etc., l'homme sort à son ouvrage. Et Rabbi Eliezer ben Yaakov n'est ni comme Beit Chammai ni comme Beit Hillel, car Beit Chammai interdisent la nuit et Beit Hillel permettent jusqu'au henets. Et selon ce que nous pensions d'abord, que or est la nuit, comme Beit Chammai, Rabbi Eliezer ben Yaakov dirait : Beit Chammai et Beit Hillel n'ont pas divergé sur ce point.
💡 Explication

Nouvelle baraita : à partir de quand la melakha est interdite le 14 nissan. Rabbi Eliezer ben Yaakov : des l'or. Rabbi Yehouda : des le henets ha-hama.

Rachi lit un minhag : avant l'heure, même une coutume d'abstinence est sans force (Pesachim 50à). Les Tossefot lisent un issour certain, en Galilée, sur le partage de Beit Chammai et Beit Hillel (Pesachim 55à). Selon la conclusion (or = aube), Rabbi Eliezer ben Yaakov se place au début du jour, Rabbi Yehouda au moment où les ouvriers sortent, après le lever du soleil.

6
אֲמַר לֵיהּ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב לְרַבִּי יְהוּדָה: וְכִי הֵיכָן מָצִינוּ יוֹם שֶׁמִּקְצָתוֹ אָסוּר בַּעֲשִׂיַּית מְלָאכָה וּמִקְצָתוֹ מֻותָּר בַּעֲשִׂייַּת מְלָאכָה? אֲמַר לֵיהּ: הוּא עַצְמוֹ יוֹכִיחַ, שֶׁמִּקְצָתוֹ מֻותָּר בַּאֲכִילַת חָמֵץ וּמִקְצָתוֹ אָסוּר בַּאֲכִילַת חָמֵץ.

Rabbi Eliezer ben Yaakov dit à Rabbi Yehouda : et où avons-nous trouvé un jour dont une partie est interdite pour le travail et une partie permise pour le travail ? Il lui dit : lui-même le prouvera, car une partie en est permise pour la consommation du hamets et une partie en est interdite pour la consommation du hamets.

📜 Rachi (1)
מֻותָּר בַּאֲכִילַת חָמֵץ עַד שֵׁשׁ שָׁעוֹת כְּדִלְקַמָּן בְּפִרְקִין (פְּסָחִים ד' יא:):
Permis pour la consommation du hamets : jusqu'à six heures, comme plus loin dans notre chapitre (Pesachim 11b).
💡 Explication

Si l'interdit ne commence qu'au lever du soleil, le 14 serait coupe : une partie interdite au travail, une partie permise. Rabbi Eliezer ben Yaakov demande où l'on a déjà vu un jour ainsi partage.

Rabbi Yehouda répond par le jour lui-même : le hamets s'y mange, puis s'y interdit. Rachi : l'autorisation court jusqu'à six heures (Pesachim 11b).

7
מִדְּקָאָמַר רַבִּי יְהוּדָה מִשְּׁעַת הָנֵץ הַחַמָּה, אַלְמָא ״אוֹר״ דְּקָאָמַר רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב — אֻורְתָּא הוּא! לֹא, מַאי ״אוֹר״ — עַמּוּד הַשַּׁחַר.

Du fait que Rabbi Yehouda dit : des l'heure du henets ha-hama, il en ressort que l'or dont parle Rabbi Eliezer ben Yaakov est la nuit ! Non.

Que signifie or ? L'amoud ha-shahar (l'aube).

📜 Rachi (1)
אֻורְתָּא הוּא מִשֶּׁחֲשֵׁיכָה וְשָׁקְעָה חַמָּה שֶׁל שְׁלֹשָׁה עָשָׂר:
C'est la nuit : des la tombée de la nuit, quand le soleil du treize s'est couché.
💡 Explication

Place avant le henets, l'or de Rabbi Eliezer ben Yaakov semblait la nuit du 14, des la shekia du 13. Ce serait une preuve de plus pour or = oraita.

La Guemara fixe un autre seuil. Or = amoud ha-shahar. Le différend porte sur deux moments du matin : l'aube, où le lever du soleil. Cette baraita ne prouve plus le sens de or dans la michna.

🖼️ Schéma
Deux lectures du mot or de R. Eliezer ben Yaakov Nuit du 14 shekia du 13 Amoud ha-shahar conclusion : or = aube Henets ha-hama R. Yehouda : des le lever Hava amina : or = la nuit, donc avant le henets. La Guemara fixe or à l'aube.
Hava amina : or = nuit du 14. Conclusion : or = amoud ha-shahar, avant le henets de Rabbi Yehouda.
8
אִי הָכִי, דְּקָאָמַר לֵיהּ: הֵיכָן מָצִינוּ יוֹם שֶׁמִּקְצָתוֹ מֻותָּר בַּעֲשִׂייַּת מְלָאכָה וּמִקְצָתוֹ אָסוּר בַּעֲשִׂיַּית מְלָאכָה, נֵימָא אִיהוּ לְנַפְשֵׁיהּ: הָא אִיכָּא לַיְלָה, דְּקָא שָׁרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב!

S'il en est ainsi, ce qu'il lui dit : où avons-nous trouvé un jour dont une partie est permise pour le travail et une partie interdite pour le travail — qu'il se le dise à lui-même : il y a la nuit, que Rabbi Eliezer ben Yaakov permet !

📜 Rachi (1)
נֵימָא אִיהוּ לְנַפְשֵׁיהּ הֵיכָן מָצִינוּ שֶׁהַיּוֹם אָסוּר וְהַלַּיְלָה מֻותָּר:
Qu'il se le dise à lui-même : où avons-nous trouvé que le jour soit interdit et la nuit permise ?
🗂️ Tossefot (1)
הֵיכָן מָצִינוּ יוֹם שֶׁמִּקְצָתוֹ מוֹת' וּמִקְצָתוֹ אָסוּ' פִּי' הֵיכָא דְּלֵיכָּא סְבָרָא כִּי הָכָא וְכֵן חָמֵץ דְּאַקְשִׁי לֵיהּ מִינֵּיהּ אֲבָל הֵיכָא דְּאִיכָּא סְבָרָא כְּגוֹן לֹא יֹאכַל אָדָם מִן הַמִּנְחָה וּלְמַעְלָה מִשּׁוּם תֵּיאָבוֹן וְכַיּוֹצֵא בּוֹ לָא מַיְירֵי:
Ou avons-nous trouvé un jour dont une partie est permise et une partie interdite ? Explication : la où il n'y a pas de sevara (raison), comme ici, et de même le hamets dont il lui à fait l'objection. Mais la où il y a une sevara, par exemple qu'un homme ne mange pas depuis la minha et au-delà à cause de l'appétit, et les cas semblables, il n'en parle pas.
💡 Explication

Si or = aube, Rabbi Eliezer ben Yaakov coupe déjà le calendrier : la nuit reste permise au travail, le jour des l'aube est interdit. La question « où trouve-t-on un jour coupe ? » se pose aussi pour lui.

Rachi formule le point : un jour interdit et une nuit permise. Les Tossefot réservent la question aux partagés sans sevara, comme la melakha ici et comme le hamets de l'objection. Un partage qui a sa raison — cesser de manger des la minha pour garder l'appétit — sort du sujet.

9
הָכִי קָאָמַר: בִּשְׁלָמָא לְדִידִי, אַשְׁכַּחְנָא דְּקָא פָּלְגִי רַבָּנַן בֵּין יְמָמָא לְלֵילְיָא. (דִּתְנַן) גַּבֵּי תַּעֲנִית צִבּוּר: עַד מָתַי אוֹכֵל וְשׁוֹתֶה — עַד שֶׁיַּעֲלֶה עַמּוּד הַשַּׁחַר, דִּבְרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: עַד קְרוֹת הַגֶּבֶר. אֶלָּא לְדִידָךְ, הֵיכָא אַשְׁכַּחְנָא יְמָמָא גּוּפֵיהּ דְּפָלְגִי בֵּיהּ רַבָּנַן!

Voici ce qu'il dit : passe pour moi, nous avons trouvé que les Sages distinguent entre le jour et la nuit. (Car on a enseigné) au sujet d'un jeûne de la communauté : jusqu'à quand mange-t-on et boit-on ?

Jusqu'à ce que monte l'amoud ha-shahar, paroles de Rabbi Eliezer ben Yaakov. Rabbi Chimon dit : jusqu'au chant du coq.

Mais selon toi, où avons-nous trouvé le jour lui-même, que les Sages le divisent ?

📜 Rachi (2)
הָכִי קָאָמַר לֵיהּ הַךְ אִיסּוּרָא דְּרַבָּנָן הִיא וְלָאו דְּאוֹרָייְתָא וּבִשְׁלָמָא לְדִידִי דְּאָמֵינָא מִשְּׁעַת עַמּוּד הַשַּׁחַר אַשְׁכְּחַן בְּעָלְמָא בְּמִידִי דְּרַבָּנָן דְּהַלַּיְלָה מֻותָּר וְהַיּוֹם אָסוּר:
Voici ce qu'il lui dit : cet interdit est de-rabbanan, et non de-oraita. Et passe pour moi, qui dis : des l'heure de l'amoud ha-shahar, nous avons trouvé ailleurs, dans une matière de-rabbanan, que la nuit est permise et le jour interdit.
דְּפָלְגִי בֵּיהּ רַבָּנָן שֶׁנָּתְנוּ חִילּוּק בְּשִׁיעוּרִים זֶה לְאִיסּוּר וְזֶה לְהֶיתֵּר:
Que les Sages le divisent : ils ont mis une distinction dans les mesures, l'une pour l'interdit, l'autre pour le permis.
💡 Explication

Rabbi Eliezer ben Yaakov répond. L'interdit de travail est de-rabbanan. Selon lui, les Sages séparent déjà nuit et jour : avant un taanit tsibbur, on mange jusqu'à l'aube (sa position), où jusqu'au kerot ha-gever, le chant du coq (Rabbi Chimon).

Selon Rabbi Yehouda, il faudrait un précédent où les Sages coupent le jour lui-même. Rachi : la question porte sur une distinction de mesures, l'une d'interdit, l'autre de permis, dans une matière rabbinique.

10
אֲמַר לֵיהּ: הוּא עַצְמוֹ יוֹכִיחַ, שֶׁמִּקְצָתוֹ מֻותָּר בַּאֲכִילַת חָמֵץ וּמִקְצָתוֹ אָסוּר בַּאֲכִילַת חָמֵץ. שַׁפִּיר קָאָמַר לֵיהּ רַבִּי יְהוּדָה לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר? הָכִי קָאָמַר לֵיהּ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: אָמֵינָא לָךְ אֲנָא מְלָאכָה דְּרַבָּנַן וְאַתְּ אָמְרַתְּ לִי חָמֵץ דְּאוֹרָיְיתָא?! דְּעַד הָכָא אֲסַר רַחֲמָנָא, וְעַד הָכָא שְׁרָא רַחֲמָנָא.

Il lui dit : lui-même le prouvera, car une partie en est permise pour la consommation du hamets et une partie en est interdite pour la consommation du hamets. Rabbi Yehouda à-t-il bien parle à Rabbi Eliezer ?

Voici ce que Rabbi Eliezer lui dit : moi, je te parle d'un travail de-rabbanan, et toi, tu me parles d'un hamets de-oraita ?! Car jusqu'ici le Miséricordieux a interdit, et jusqu'ici le Miséricordieux a permis.

📜 Rachi (2)
אָמֵינָא לָךְ אֲנָא דְּרַבָּנָן הֵיכָן הֻורְגְּלוּ לַעֲשׂוֹת כֵּן דְּנֵימָא דְּהָכָא נָמֵי כָּךְ גָּזְרוּ:
Moi, je te parle d'une chose de-rabbanan : où ont-ils pris l'habitude d'agir ainsi, pour que nous disions qu'ici aussi ils ont décrété de cette façon ?
וְאַתְּ אָמְרַתְּ לִי רְאָיָה בְּמִילֵּי דְּאוֹרָיְיתָא שֶׁגְּזֵירַת הַכָּתוּב כָּךְ הִיא וְאֵין זוֹ מִדַּת חֲכָמִים:
Et toi, tu me dis : une preuve dans des matières de-oraita, où le décret du verset est ainsi ; et ce n'est pas la mesure des Sages.
💡 Explication

Rabbi Yehouda revient au hamets du 14 : une partie du jour permise, une partie interdite. La Guemara demande si la réponse porte.

Rabbi Eliezer sépare les plans. La melakha est de-rabbanan : on cherche un précédent dans la façon dont les Sages décrètent. Le hamets est de-oraita : le Miséricordieux (Rahmana) à interdit à partir d'un point et permis avant. Une gezera ha-katouv peut fixer une heure au milieu du jour. Rachi : ce procédé n'est pas la mesure des Sages.

11
וְאִידָךְ? שָׁעוֹת דְּרַבָּנָן.

Et l'autre ? Les heures sont de-rabbanan.

📜 Rachi (1)
שָׁעוֹת דְּרַבָּנָן לְבַד אִיסּוּר שֶׁל תּוֹרָה שֶׁהוּא מִשֵּׁשׁ שָׁעוֹת וּלְמַעְלָה כְּדִלְקַמָּן (פְּסָחִים ד' יא:) הוֹסִיפוּ חֲכָמִים שְׁתֵּי שָׁעוֹת כְּדִתְנַן אוֹכְלִין כָּל אַרְבַּע וְתוֹלִין כָּל חָמֵשׁ וְשׂוֹרְפִין בִּתְחִלַּת שֵׁשׁ הֲרֵי לְךָ בְּשֶׁל דִּבְרֵיהֶם שְׁתֵּי שָׁעוֹת אֲסוּרוֹת וְהָאַרְבַּע רִאשׁוֹנוֹת לֹא אָסְרוּ:
Les heures sont de-rabbanan : en dehors de l'interdit de la Tora, qui commence à partir de six heures et au-delà, comme plus loin (Pesachim 11b), les Sages ont ajouté deux heures, comme on l'a enseigné : on mange tout le long de quatre, on suspend tout le long de cinq, et on brûle au début de six. Voici, dans leurs paroles, deux heures interdites, et les quatre premières, ils ne les ont pas interdites.
💡 Explication

Ve-idakh : Rabbi Yehouda. Les heures du matin, en deça de l'interdit de la Tora, sont de-rabbanan. Les Sages ont donc coupe le jour.

Rachi détaille la michna : on mange les quatre premières heures, on suspend la cinquième, on brûle au début de la sixième. L'interdit de la Tora commence une fois les six heures révolues. Les deux heures ajoutées sont de leurs paroles ; les quatre premières restent permises.

🖼️ Schéma
Heures du hamets le 14 nissan (michna, selon Rachi) Jour divise en 12 heures temporaires. On mange tout le long de quatre, on suspend la cinquième, on brûle au début de la sixième. 1 manger 2 manger 3 manger 4 manger 5 tolin suspendre 6 biour au début 7+ Tora Quatre premières heures : les Sages n'ont pas interdit Deux heures de-rabbanan Tora Rachi : l'interdit de la Tora commence une fois les six heures révolues. Les deux heures ajoutées sont une harhaka, à cause du jour nuageux et de l'erreur entre six et sept.
Quatre heures pour manger, la cinquième suspendue, biour au début de la sixième, Tora ensuite.
12
וְאִידָךְ? הַרְחָקָה הוּא דַּעֲבוּד רַבָּנַן לִדְאוֹרָיְיתָא.

Et l'autre ? C'est une harhaka (mise à distance) que les Sages ont faite pour une loi de-oraita.

📜 Rachi (1)
וְאִידָךְ הַהוּא לָא דָּמֵי לְהָכָא דְּהַרְחָקָה עֲבוּד רַבָּנָן לִדְאוֹרָיְיתָא מִשּׁוּם יוֹם הַמְעֻונָּן וּבְנֵי אָדָם שֶׁאֵינָן בְּקִיאִין בְּשָׁעוֹת וְיִטְעוּ בֵּין שֵׁשׁ לְשֶׁבַע אֲבָל בְּאִיסּוּר זֶה כּוּלֵּיהּ דְּרַבָּנָן אַחַר שֶׁגָּזְרוּ אִיסּוּר כָּל הַיּוֹם גָּזְרוּ:
Et l'autre : celui-là ne ressemble pas au cas présent, car les Sages ont fait une harhaka pour une loi de-oraita, à cause d'un jour nuageux et de gens qui ne sont pas experts dans les heures et se tromperaient entre six et sept. Mais dans cet interdit-ci, le tout est de-rabbanan : après avoir décrété un interdit, ils ont décrété le jour entier.
💡 Explication

Réplique de Rabbi Eliezer ben Yaakov. Les heures du hamets sont une harhaka : une barrière devant un interdit de la Tora. Par un jour nuageux, où si l'on confond la sixième heure et la septième, on mangerait du hamets de-oraita. Une barrière de ce genre peut ne couvrir qu'une partie du jour.

L'interdit de travail est, lui, entièrement de-rabbanan. Quand les Sages le décrètent, ils décrètent le jour entier. La discussion ne donne pas de preuve sur le sens de or.

13
מֵיתִיבִי: אֵין מַשִּׂיאִין מַשּׂוּאוֹת אֶלָּא עַל הַחֹדֶשׁ שֶׁנִּרְאָה בִּזְמַנּוֹ, לְקַדְּשׁוֹ. וְאֵימָתַי מַשִּׂיאִין מַשּׂוּאוֹת — לְאוֹר עֲבוּרוֹ. אַלְמָא ״אוֹר״ אֻורְתָּא הוּא! שְׁמַע מִינָּה.

On objecte : on n'élève des masuot (feux de signal) que pour le mois qui a été vu en son temps, pour le sanctifier. Et quand élève-t-on des masuot ?

À l'or de son ibour. Il en ressort que or est la nuit !

On en apprend.

📜 Rachi (4)
אֵין מַשִּׂיאִין מַשּׂוּאוֹת אֲבוּקוֹת בְּרָאשֵׁי הָרִים הָיוּ שְׁלוּחֵי בֵּית דִּין עוֹשִׂין לְהוֹדִיעַ שֶׁהַיּוֹם קִידְּשׁוּ בֵּית דִּין אֶת הַחֹדֶשׁ:
On n'élève pas des masuot : des torches au sommet des montagnes, que les envoyés du tribunal faisaient pour faire savoir qu'aujourd'hui le tribunal à sanctifié le mois.
אֶלָּא עַל הַחֹדֶשׁ שֶׁנִּרְאָה בִּזְמַנּוֹ לְקַדְּשׁוֹ בְּיוֹם שְׁלֹשִׁים שֶׁנִּרְאֶה לְקַדֵּשׁ דְּאִילּוּ כְּשֶׁהַחֹדֶשׁ מְעֻובָּר וְעוֹשִׂין רֹאשׁ חֹדֶשׁ בְּיוֹם שְׁלֹשִׁים וְאֶחָד אֵין מְקַדְּשִׁין אוֹתוֹ שֶׁכְּבָר קִדְּשׁוּהוּ שָׁמַיִם וְאַשְׁמְעִינַן הַאי תַּנָּא דְּאַחָסֵר עָבְדִינַן מַשּׂוּאוֹת וַאֲמַלֵּא לָא עָבְדִינַן מַשּׂוּאוֹת וּכְשֶׁאֵין רוֹאִין מַשּׂוּאוֹת יוֹדְעִין שֶׁהַחֹדֶשׁ מְעֻובָּר:
Seulement pour le mois qui a été vu en son temps, pour le sanctifier : le jour trente, où il à été vu pour être sanctifie. Tandis que, lorsque le mois est meoubar (plein) et que l'on fixe Roch Hodech le trente-et-un, on ne le sanctifie pas, car le Ciel l'a déjà sanctifié. Et ce tanna nous apprend que pour un mois court on fait des masuot, et pour un mois plein on n'en fait pas ; et quand on ne voit pas de masuot, on sait que le mois est meoubar.
לְאוֹר עֲבוּרוֹ לֵיל שֶׁעָבַר שְׁלֹשִׁים לְהוֹדִיעַ שֶׁהַיּוֹם נִתְקַדֵּשׁ (לֵיל) שְׁלֹשִׁים [וְאֶחָד] קָרֵי (אוֹר) עֲבוּרוֹ עַל שֵׁם שֶׁבּוֹ נַעֲשָׂה הַחֹדֶשׁ מְעֻובָּר כְּשֶׁאֵין קוֹבְעִין בּוֹ אֶת רֹאשׁ חֹדֶשׁ:
À l'or de son ibour : la nuit qui suit le trente, pour faire savoir qu'aujourd'hui à été sanctifié le trente-et-un. Il l'appelle or de son ibour, parce que c'est alors que le mois devient meoubar, lorsqu'on n'y fixe pas Roch Hodech.
אַלְמָא אוֹר אוּרְתָּא הוּא דְּהָא בַּיּוֹם אֵין מַשּׂוּאוֹת שֶׁל אוֹר נִרְאִין מֵרָחוֹק:
Il en ressort que or est la nuit : car de jour, des masuot de lumière ne se voient pas de loin.
💡 Explication

Deuxième preuve retenue. Les masuot annoncent que le tribunal à sanctifié le mois. On ne les allume que si la lune à été vue en son temps, le 30. On les allume le-or ibouro : la nuit qui ouvre le 31, pour faire savoir que le jour à été sanctifié.

Un mois meoubar (30 jours, Roch Hodech le 31) n'a pas de feu : le Ciel l'a déjà fixé, et l'absence de signal le fait savoir. De jour, le feu ne porte pas au loin. Or est donc la nuit. Chema mina.

🖼️ Schéma
Masuot : on allume à l'or de l'ibour, donc la nuit Jour 30 lune vue en son temps Or de l'ibour nuit : on allume les feux Jour 31 le mois à été sanctifié Mois meoubar (plein) : pas de masuot. Qui ne voit pas de feu sait que Roch Hodech est le 31. De jour le feu ne porte pas au loin. Or, ici, est la nuit. Chema mina.
Lune vue le 30 : feux la nuit suivante. Pas de feu : le mois est plein, Roch Hodech le 31.
14
מֵיתִיבִי: הָיָה עוֹמֵד כָּל הַלַּיְלָה וּמַקְרִיב עַל הַמִּזְבֵּחַ, לָאוֹרָה טָעוּן קִידּוּשׁ יָדַיִם וְרַגְלַיִם, דִּבְרֵי רַבִּי. ״אוֹרָה״ שָׁאנֵי.

On objecte : s'il se tenait toute la nuit et offrait sur l'autel, à l'ora il est tenu au kiddouch des mains et des pieds, paroles de Rabbi. Ora est un cas à part.

📜 Rachi (2)
עוֹמֵד וּמַקְרִיב כָּל הַלַּיְלָה לָאוֹרָה טָעוּן קִידּוּשׁ יָדַיִם וְרַגְלַיִם דְּקָסָבַר רַבִּי לִינָה פּוֹסֶלֶת בְּקִידּוּשׁ יָדַיִם וְרַגְלַיִם וְטַעְמָא מְפָרֵשׁ בִּזְבָחִים:
Il se tient et offre toute la nuit ; à l'ora, il est tenu au kiddouch des mains et des pieds : car Rabbi tient que la lina (le passage de la nuit) invalide le kiddouch des mains et des pieds, et la raison est expliquée dans Zevahim.
אוֹרָה שָׁאנֵי הֵיכָא דְּתָנֵי אוֹרָה לָא פְּלִיג רַב יְהוּדָה דְּהוּא לְשׁוֹן יוֹם:
Ora est un cas à part : la où l'on enseigné « ora », Rav Yehouda ne diverge pas, car c'est une langue de jour.
💡 Explication

Un cohen qui a officie toute la nuit doit, à l'ora, refaire le kiddouch yadayim ve-raglayim. Rabbi (Yehouda ha-Nassi) tient que la lina, le passage de la nuit, invalide ce kiddouch. Le détail est dans Zevahim.

Le mot est ora, avec un hé, et non or. Rav Yehouda, qui lit or comme la nuit, accorde que ora désigne le jour. Cette baraita ne déplace pas la lecture de or.

15
מֵיתִיבִי מַר זוּטְרָא:

Mar Zoutra objecte :

💡 Explication

Le daf s'interrompt sur l'objection de Mar Zoutra. Le texte de l'objection se lit au daf suivant.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).