Pesachim 3à — Or est la nuit, et la langue nette

Pesachim 3a

Sougya : Le daf achève la preuve que, dans la michna « or le-arbaa asar », le mot or désigne la nuit. Quatre sources le montrent : la michna de la femme qui avorté la nuit du quatre-vingt-unième jour, la baraita des shelamim qui ne se mangent pas or du troisième, l'ordre des prières de Yom Kippour, et le tanna de l'école de Shmuel qui dit leilei la où la michna dit or.

Rav Houna et Rav Yehouda s'accordent sur le sens ; chacun parle selon son lieu, noghei où leilei. Le tanna à choisi or, expression élevée.

De la, on compte les lettres que le verset allongé pour éviter une parole inconvenante, et l'école de Rabbi Yishmael étend la langue nette à la Tora, aux paroles des Sages et à la parole ordinaire.

Quatre preuves : or = la nuit (oraita) Source Ce qu'elle dit Conclusion Michna : avortement or du 81e / jour du 81e Beit Hillel compare la nuit et le lendemain or = nuit Shelamim or du troisième On aurait mange la nuit qui entre au 3e jour or = nuit Yom Kippour or, puis shaharit Sept berakhot + vidouy avant la prière du matin or = nuit École de Shmuel leilei du 14 Même bedika du hamets à la lumière de la lampe or = leilei Suite : Rav Houna et Rav Yehouda sont d'accord. Chacun nomme la nuit selon son lieu.
Chaque source emploie or pour un moment qui précède le jour : nuit du 81e, nuit du 3e jour des shelamim, veille de Kippour, nuit du 14 nissan.
Lettres ajoutées pour ne pas dire tame Qui Le verset dit Compte Lettres en plus R. Yehoshoua b. Levi acher einena tehora Bereshit 7, 8. Au lieu de ha-temea (5) 13 - 5 8 Rav Pappa acher lo yihye tahor Devarim 23, 11. tahor sans vav. tame = 3 12 - 3 9 Ravina même verset, vav de tahor ktiv mâle : tahor compte 4 13 - 3 10 Rav Aha bar Yaakov bilti tahor hou ki lo tahor Shemouel I 20, 26. 19 lettres, tame = 3 19 - 3 16
Le verset allongé la phrase plutôt que d'écrire tame. Le surplus est de 8, 9, 10 où 16 lettres selon le verset et le ktiv.
Langue nette : trois registres (école de R. Yishmael) Tora de-oraita zav : merkav femme : moshav Sages de-rabbanan Choisis la langue des avisés Parole ordinaire milei de-alma La connaissance de mes lèvres parle net Chaque ve-omer ferme une limitation : Tora seule, puis Sages seuls, puis toute parole.
La langue nette vaut pour le verset, pour la formulation des Sages, et pour la parole de tous les jours.
1
הַמַּפֶּלֶת אוֹר לִשְׁמוֹנִים וְאֶחָד, בֵּית שַׁמַּאי פּוֹטְרִין מִקָּרְבָּן, וּבֵית הִלֵּל מְחַיְּיבִים.

Celle qui avorté or du quatre-vingt-unième : Beit Shammai l'exemptent du korban, et Beit Hillel l'obligent.

📜 Rachi (2)
הַמַּפֶּלֶת אוֹר לִשְׁמָנִים וְאֶחָד בִּכְרִיתוֹת בְּפֶרֶק קַמָּא דְּקַייְמָא לָן זֹאת תּוֹרַת הַיּוֹלֶדֶת מְלַמֵּד שֶׁמְּבִיאָה קָרְבָּן אֶחָד עַל וְלָדוֹת הַרְבֵּה יָכוֹל שֶׁתָּבִיא עַל הַלֵּידָה שֶׁלִּפְנֵי מְלֵאוֹת וְעַל הַלֵּידָה שֶׁלְּאַחַר מְלֵאוֹת קָרְבָּן אֶחָד וְלֹא יוֹתֵר תַּלְמוּד לוֹמַר זֹאת שֶׁאִם יָלְדָה לְאַחַר מְלֵאוֹת כְּגוֹן שֶׁטָּבְלָה לְסוֹף שְׁבוּעַייִם שֶׁל נְקֵבָה וְנִתְעַבְּרָה וְהִפִּילָה אִם תּוֹךְ מְלֵאוֹת הִפִּילָה נִפְטֶרֶת בְּקָרְבָּן אֶחָד וְאִם לְאַחַר מְלֵאוֹת הִפִּילָה כְּבָר נִתְחַיֵּיב' בְּקָרְבָּן הָרִאשׁוֹן קֹודֶם לֵידָה שְׁנִיָּה וּלְבַסּוֹף מְלֵאוֹת שֶׁל לֵידָה שְׁנִיָּה תָּבִיא שְׁתֵּי קָרְבָּנוֹת וְאִם הִפִּילָה לֵיל שֶׁל כְּנִיסַת שְׁמוֹנִים וְאֶחָד שֶׁכְּבָר עָבְרָה מְלֵאוֹת שֶׁלָּהּ אֲבָל עֲדַיִין אֵינָהּ רְאוּיָה לַהֲבָאַת קָרְבָּן שֶׁאֵין קָרְבָּן נִשְׁחָט בַּלַּיְלָה:
Dans Keritot, au premier chapitre, nous tenons : « ceci est la loi de l'accouchée » enseigné qu'elle apporte un seul korban pour plusieurs accouchements. On aurait pu dire qu'elle apporte un seul korban, et pas davantage, pour l'accouchement d'avant les melaot (l'achèvement des jours) et pour l'accouchement d'après les melaot. Le verset dit « ceci » : si elle à enfanté après les melaot — par exemple elle s'est immergée à la fin des deux semaines d'une fille, elle à conçu et elle à avorté — si elle à avorté dans les melaot, elle est quitte par un seul korban ; si elle à avorté après les melaot, elle était déjà obligée du premier korban avant le second accouchement, et à la fin des melaot du second accouchement elle apporte deux korbanot. Et si elle à avorté la nuit de l'entrée du quatre-vingt-unième, ses melaot sont déjà passés, mais elle n'est pas encore apte à apporter le korban, car on n'égorgé pas un korban la nuit.
בֵּית הִלֵּל מֵחַיָּיבֵי שְׁתֵּי קָרְבָּנוֹת דִּלְאַחַר מְלֵאוֹת קָרֵינָא בֵיהּ וּבֵית שַׁמַּאי פּוֹטְרִין אוֹתָהּ בְּקָרְבָּן אֶחָד כְּדִמְפָרֵשׁ טַעְמַיְיהוּ:
Deux korbanot, car on l'appelle « après les melaot ». Et Beit Shammai la font quitte par un seul korban, comme on explique leur raison.
💡 Explication

Suite des preuves que or veut dire la nuit. La michna de Keritot parle d'une femme qui fait une fausse couche or du 81e jour après la naissance d'une fille. Les jours de l'accouchée sont 14 de touma, puis 66 de dam tohar : en tout 80, les melaot.

Un avortement dans ces 80 jours est couvert par le korban du premier accouchement. Après les melaot, il faut un second korban. La nuit du 81e, les melaot sont passés des le coucher du soleil, et le korban ne peut pas encore être égorgé. Beit Hillel obligent à deux korbanot. Beit Shammai laissent un seul korban.

🖼️ Schéma
Naissance d'une fille : les 80 jours, puis la nuit du 81e 14 jours touma de l'accouchée 66 jours dam tohar, sang pur Nuit du 81e or : melaot passés Jour du 81e heure du korban Beit Shammaï Un seul korban la nuit, pas encore l'heure d'apporter Beit Hillel Deux korbanot après les melaot, comme le lendemain
Fille : 14 jours de touma, 66 de dam tohar. La nuit du 81e, les melaot sont passés ; l'heure du korban est le jour.
2
אָמְרוּ (לָהֶן) בֵּית הִלֵּל לְבֵית שַׁמַּאי: מַאי שְׁנָא אוֹר שְׁמֹנִים וְאֶחָד מִיּוֹם שְׁמֹנִים וְאֶחָד? אִם שֶׁיָּוָה לוֹ לְטֻומְאָה — לֹא יִשְׁוֶה לוֹ לַקָּרְבָּן? מִדְּקָאָמַר בֵּית הִלֵּל לְבֵית שַׁמַּאי: מַאי שְׁנָא אוֹר שְׁמוֹנִים וְאֶחָד מִיּוֹם שְׁמוֹנִים וְאֶחָד, שְׁמַע מִינָּה ״אוֹר״ אֻורְתָּא הוּא! שְׁמַע מִינָּה.

Beit Hillel leur dirent, à Beit Shammai : quelle différence entre or du quatre-vingt-unième et le jour du quatre-vingt-unième ? S'il lui est égal pour la touma, ne lui serait-il pas égal pour le korban ?

Du fait que Beit Hillel disent à Beit Shammai : quelle différence entre or du quatre-vingt-unième et le jour du quatre-vingt-unième, on en déduit que or est la nuit (oraita). On en déduit.

📜 Rachi (2)
מַאי שְׁנָא אוֹר שְׁמוֹנִים וְאֶחָד מִיּוֹם שְׁמוֹנִים וְא' הֲלֹא אַתֶּם מוֹדִים לָנוּ שֶׁאִם לֹא הִפִּילָה הַלַּיְלָה וְהִפִּילָה לְמָחָר שֶׁחַיֶּיבֶת אַף כְּשֶׁהִפִּילָה אוֹר לִשְׁמוֹנִים וְאֶחָד תִּתְחַייֵּב שֶׁהֲרֵי לְכָל דָּבָר זְמַן הַיּוֹם וְהַלַּיְלָה שָׁוִים:
Ne nous accordez-vous pas que si elle n'a pas avorté la nuit et qu'elle à avorté le lendemain, elle est obligée ? De même, quand elle à avorté or du quatre-vingt-unième, qu'elle soit obligée, puisque pour toute chose le temps du jour et celui de la nuit sont égaux.
אִם שֶׁיָּוָה לוֹ לַטֻּומְאָה לֹא יִשְׁוֶה לוֹ לַקָּרְבָּן בִּתְמִיהַּ וְעוֹד רְאָיָה אַחֶרֶת דְּהוֹאִיל וְשָׁוֶה לוֹ לְטֻומְאָה שֶׁעַד שְׁקִיעַת הַחַמָּה שֶׁל שְׁמוֹנִים דָּמֶיהָ טְהוֹרִים וְאִם תִּרְאֶה לְאַחַר שְׁקִיעַת הַחַמָּה דָּמֶיהָ טְמֵאִין כְּאִילּוּ הִיא רוֹאָה לְמָחָר וְלָמָּה לֹא יַשְׁוֶה לוֹ אַף לְקָרְבָּן שֶׁכְּשֵׁם שֶׁאִם תַּפִּיל לְמָחָר תִּתְחַיֵּיב כָּךְ תִּתְחַיֵּיב עַל הַווָּלָד שֶׁל לֵילוֹ וּתְשׁוּבַת בֵּית שַׁמַּאי בְּמַסֶּכֶת כְּרִיתוֹת הִיא שְׁנוּיָה לֹא אִם אֲמַרְתֶּם בְּיוֹם שְׁמוֹנִים וְאֶחָד שֶׁכֵּן יָצְתָה לְשָׁעָה הָרְאוּיָה לְהָבִיא בָּהּ קָרְבָּן לְפִיכָךְ נִתְחַיְּיבָה בְּקָרְבָּן הָרִאשׁוֹן וְשׁוּב אֵין לֵידָה הַשְּׁנִיָּה נִפְטֶרֶת בּוֹ תֹּאמְרוּ בְּמַפֶּלֶת אוֹר לִשְׁמוֹנִים וְאֶחָד שֶׁלֹּא יָצְתָה מִידֵי ווָלָד הָרִאשׁוֹן לְשָׁעָה הָרְאוּיָה לְקָרְבָּן וְהַדָּמִים שֶׁאַתֶּם אוֹמְרִים אֵינָן מוֹכִיחִים שֶׁהֲרֵי הִפִּילָה תּוֹךְ מְלֵאוֹת דָּמֶיהָ שֶׁל לֵידָה טְמֵאִין וּפְטוּרָה מִן הַקָּרְבָּן:
Sur le ton de l'étonnement. Et une autre preuve : puisqu'il lui est égal pour la touma — jusqu'au coucher du soleil du quatre-vingtième son sang est pur, et si elle voit du sang après le coucher son sang est impur, comme si elle voyait le lendemain — pourquoi ne lui serait-il pas égal aussi pour le korban, de sorte que, comme elle est obligée si elle avorté le lendemain, elle le soit pour l'enfant de cette nuit ? La réponse de Beit Shammai est enseignée dans le traité Keritot : non. Si vous avez dit cela du jour du quatre-vingt-unième, c'est qu'elle est sortie vers une heure propre à y apporter le korban ; elle s'est donc obligée du premier korban, et le second accouchement n'en est plus quitte. Le direz-vous de celle qui avorté or du quatre-vingt-unième, qui n'est pas sortie, par le premier enfant, vers une heure propre au korban ? Et les sangs dont vous parlez ne prouvent pas : celle qui avorté dans les melaot, son sang d'accouchement est impur, et elle est exempte du korban.
🗂️ Tossefot (1)
אִם שֶׁיָּוָה לוֹ לְטֻומְאָה חָזְרוּ ב"ה מִזֶּה הַטַּעַם מִתְּשׁוּבָתָם שֶׁל ב"ש וְטַעְמַייְהוּ כִּדְתַנְיָא פ"ק דִּכְרִיתוֹת (דַּף ח.) אוֹ לְבַת לְרַבּוֹת אוֹר לִשְׁמוֹנִים וְאֶחָד:
Beit Hillel sont revenus de cette raison, à cause de la réponse de Beit Shammai. Leur raison est comme on l'enseigne au premier chapitre de Keritot (8à) : « où pour une fille », pour inclure or du quatre-vingt-unième.
💡 Explication

Beit Hillel argumentent : la nuit du 81e et le jour du 81e sont déjà égaux pour la touma du sang, des le coucher du soleil. Ils doivent l'être pour le korban. La question elle-même appelle cet instant « or » par opposition au « jour ». Chema mina : or est la nuit.

Rachi rapporte la réponse de Beit Shammai, enseignée à Keritot : le jour du 81e, elle à atteint une heure où l'on peut apporter le korban, donc le premier korban est déjà du ; la nuit, cette heure n'est pas encore la. Les Tossefot ajoutent que Beit Hillel ont laissé cet argument. Leur raison retenue est le verset où le-vat, qui inclut la nuit du 81e.

3
מֵיתִיבִי: יָכוֹל יְהֵא נֶאֱכָל אוֹר לַשְּׁלִישִׁי, וְדִין הוּא: זְבָחִים נֶאֱכָלִים לְיוֹם אֶחָד, וּשְׁלָמִים נֶאֱכָלִים לִשְׁנֵי יָמִים. מַה לְהַלָּן — לַיְלָה אַחַר הַיּוֹם, אַף כָּאן — לַיְלָה אַחַר הַיּוֹם!

On objecte : on aurait pu dire qu'il se mange or du troisième. Et c'est un raisonnement : les zevahim se mangent un jour, et les shelamim se mangent deux jours.

La-bas, la nuit suit le jour ; ici aussi, la nuit suit le jour.

📜 Rachi (2)
אוֹר לַשְּׁלִישִׁי לְאוֹר כְּנִיסָתוֹ שֶׁל שְׁלִישִׁי ה"נ גָּרְסִינַן אוֹר לַשְּׁלִישִׁי וְאַשְּׁלָמִים קָאֵי דִּכְתִיב בְּהוּ בְּיוֹם זִבְחֲכֶם יֵאָכֵל וּמִמָּחֳרָת וְצִוָּה לְשָׂורְפוֹ לְבָוקְרוֹ שֶׁל שְׁלִישִׁי יָכוֹל יְהֵא נֶאֱכָל לֵיל שֶׁלְּפָנָיו:
À l'entrée du troisième. Nous lisons bien « or du troisième », et cela porte sur les shelamim, dont il est écrit : « au jour de votre sacrifice il sera mangé, et le lendemain », et Il à ordonné de le brûler au matin du troisième. On aurait pu dire qu'il se mange la nuit d'avant.
זְבָחִים נֶאֱכָלִים לְיוֹם אֶחָד תּוֹדָה דִּכְתִיב בְּיוֹם קָרְבָּנוֹ יֵאָכֵל וּשְׁלָמִים נֶאֱכָלִים לִשְׁנֵי יָמִים מַה לְהַלָּן לַיְלָה אַחַר הַיּוֹם דִּכְתִיב בְּגוּפֵיהּ דִּקְרָא לֹא יַנִּיחַ מִמֶּנּוּ עַד בֹּוקֶר הָא כָּל הַלַּיְלָה אוֹכֵל וְכֵן פֶּסַח לֹא תוֹתִירוּ מִמֶּנּוּ עַד בֹּוקֶר אַף כָּאן לַיְלָה אַחַר הַיָּמִים הַכְּתוּבִים בָּהּ:
La toda, dont il est écrit : « au jour de son offrande il sera mangé ». Et les shelamim se mangent deux jours. La-bas, la nuit suit le jour, car il est écrit dans le corps du verset : « il n'en laissera rien jusqu'au matin », donc toute la nuit il mange ; de même le pesah : « vous n'en laisserez rien jusqu'au matin ». Ici aussi, une nuit après les jours qui sont écrits à son sujet.
💡 Explication

Nouvelle source, sous forme d'objection à construire. Les shelamim se mangent deux jours. Les offrandes d'un seul jour (la toda, le pesah) se mangent le jour et la nuit qui suit, jusqu'au matin. On étendrait : après les deux jours des shelamim, la nuit du troisième serait encore un temps de consommation. Ce temps, la baraita l'appelle or du troisième.

4
תַּלְמוּד לוֹמַר: ״בְּיוֹם זִבְחֲכֶם יֵאָכֵל וּמִמָּחֳרָת וְהַנּוֹתָר עַד יוֹם״ — בְּעוֹד יוֹם הוּא נֶאֱכָל, וְאֵינוֹ נֶאֱכָל לְאוֹר שְׁלִישִׁי.

Le verset l'enseigne : « Au jour de votre sacrifice il sera mangé, et le lendemain, et le reste jusqu'au jour » : tant qu'il fait jour, il se mange, et il ne se mange pas or du troisième.

📜 Rachi (1)
ת"ל וּמִמָּחֳרָת וְהַנּוֹתָר עַד יוֹם בְּעוֹד שֶׁהוּא יוֹם מִמָּחֳרַת אֱכוֹל וְלֹא מִשֶּׁתֶּחְשַׁךְ:
Tant que c'est le jour du lendemain, mange, et des qu'il fait nuit, non.
💡 Explication

Ad yom, « jusqu'au jour », limite la consommation au jour du lendemain, le deuxième jour. Dès la nuit, le shelamim ne se mange plus. La hava amina tombe. Le mot or, dans la baraita, désignait cette nuit.

5
יָכוֹל יִשָּׂרֵף מִיָּד, וְדִין הוּא: זְבָחִים נֶאֱכָלִין לְיוֹם וְלַיְלָה אֶחָד, וּשְׁלָמִים נֶאֱכָלִין לִשְׁנֵי יָמִים וְלַיְלָה אֶחָד, מַה לְהַלָּן — תֵּיכֶף לַאֲכִילָה שְׂרֵיפָה, אַף כָּאן — תֵּיכֶף לַאֲכִילָה שְׂרֵיפָה.

On aurait pu dire qu'on le brûle aussitôt. Et c'est un raisonnement : les zevahim se mangent un jour et une nuit, et les shelamim se mangent deux jours et une nuit.

La-bas, la brûlure suit immédiatement la consommation ; ici aussi, la brûlure suit immédiatement la consommation.

📜 Rachi (2)
מַה לְהַלָּן תֵּיכֶף לַאֲכִילָה שְׂרֵיפָה כְּשֶׁכִּלָּה זְמַן אֲכִילָתָן מַתְחִיל זְמַן שְׂרֵיפָתוֹ כְּדִכְתִיב וְהַנֹּותָר מִמֶּנּוּ עַד בֹּקֶר בָּאֵשׁ תִּשְׂרֹופוּ:
Quand le temps de leur consommation s'achève, le temps de sa brûlure commence, comme il est écrit : « et ce qui en restera jusqu'au matin, vous le brûlerez au feu ».
אַף כָּאן זְמַן אֲכִילָתוֹ כָּלָה עַרְבִית כִּדְאָמַר וְיִשָּׂרֵף בַּלַּיְלָה:
Le temps de sa consommation s'achève le soir, comme il l'a dit, et on le brûlerait la nuit.
💡 Explication

Deuxième hava amina. Pour la toda, des que la nuit de consommation finit, au matin, on brûle le notar. Pour les shelamim, la consommation finit au soir du deuxième jour : on brûlerait donc des cette nuit. Le principe se dit teikef le-akhila sereifa : la brûlure collé à la fin de la consommation.

🖼️ Schéma
Shelamim : manger deux jours, brûler le troisième jour Jour 1 on mange Nuit on mange Jour 2 on mange Nuit du 3e or : on ne mange pas ad yom Jour 3 on brûle, de jour ba-yom Hava amina : la nuit suit le jour, donc on mangerait encore, et on brûlerait des la nuit. Le verset coupe les deux : manger tant qu'il fait jour, brûler le jour du troisième.
Deux jours de consommation, nuit du troisième exclue, brûlure le jour du troisième.
6
תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְהַנּוֹתָר מִבְּשַׂר הַזָּבַח בַּיּוֹם הַשְּׁלִישִׁי בָּאֵשׁ יִשָּׂרֵף״ — בַּיּוֹם אַתָּה (שׂוֹרֵף), וְאִי אַתָּה שׂוֹרְפוֹ בַּלַּיְלָה. מִדְּקָאָמַר ״יְהֵא נֶאֱכָל אוֹר לַשְּׁלִישִׁי״ — אַלְמָא ״אוֹר״ אֻורְתָּא הוּא! שְׁמַע מִינָּה.

Le verset l'enseigne : « Et ce qui restera de la chair du sacrifice, le troisième jour, sera brûle au feu » : de jour tu le brûlés, et tu ne le brûlés pas la nuit. Du fait qu'elle dit « qu'il se mange or du troisième », il ressort que or est la nuit.

On en déduit.

📜 Rachi (1)
תַּלְמוּד לוֹמַר בְּצַו אֶת אַהֲרֹן בַּיּוֹם הַשְּׁלִישִׁי בָּאֵשׁ יִשָּׂרֵף כָּאן לֹא נֶאֱמַר עַד יוֹם אֶלָּא בַּיּוֹם מִשּׁוּם דְּהַאי קְרָא לָא אַיְירֵי בִּזְמַן אֲכִילָה אֶלָּא בִּשְׂרֵיפָה לְהוֹרוֹת שֶׁבַּיּוֹם הוּא נִשְׂרָף וְלֹא בַּלַּיְלָה וּקְרָא דִּלְעֵיל בִּקְדוֹשִׁים תִּהְיוּ:
Dans Tsav et Aharon : « le troisième jour, il sera brûle au feu ». Ici il n'est pas dit « jusqu'au jour », mais « le jour », parce que ce verset ne traite pas du temps de la consommation, mais de la brûlure, pour enseigner qu'on le brûle de jour et non de nuit. Et le verset d'en haut est dans Kedoshim tihyou.
🗂️ Tossefot (1)
תַּלְמוּד לוֹמַר בַּיּוֹם תֵּימַהּ אַמַּאי אִיצְטְרִיךְ עַד יוֹם תִּיפּוֹק לֵיהּ דְּאֵינוֹ נֶאֱכָל אוֹר לַשְּׁלִישִׁי מִדְּאִיצְטְרִיךְ בַּיּוֹם דְּאִי ס"ד דְּנֶאֱכָל פְּשִׁיטָא דְּאֵינָהּ נִשְׂרֶפֶת בְּאוֹתוֹ לַיְלָה דְּתֵיכֶף לַאֲכִילָה שְׂרֵיפָה וְיֵשׁ לוֹמַר דְּאִי לָאו עַד יוֹם הֵ"א נֶאֱכָל וְאִיצְטְרִיךְ בַּיּוֹם לִמְעוּטֵי שֶׁלֹּא יִשָּׂרֵף בַּלַּיְלָה שֶׁל אַחֲרֵי כֵן:
Étonnant : pourquoi à-t-on besoin de « jusqu'au jour » ? Qu'on en tire qu'il ne se mange pas or du troisième, du fait qu'on a besoin de « le jour ». Car si l'on tenait qu'il se mange, il est évident qu'on ne le brûle pas cette nuit-la, puisque la brûlure suit immédiatement la consommation. On peut répondre : sans « jusqu'au jour », j'aurais dit qu'il se mange, et « le jour » était nécessaire pour exclure qu'on le brûle la nuit d'après.
💡 Explication

Ba-yom ha-shelishi : la brûlure est fixée au jour du troisième, pas à la nuit qui le précède. Deux versets, deux limites. Ad yom (Kedoshim) arrête la consommation. Ba-yom (Tsav) place la brûlure.

Les Tossefot demandent pourquoi les deux sont nécessaires. Si « le jour » interdisait déjà de brûler la nuit du troisième, on saurait que cette nuit n'est pas un temps de consommation : on ne brûle pas pendant qu'on mange encore. Réponse : « le jour » écarte la nuit qui suit le troisième jour. Sans « jusqu'au jour », la nuit du troisième resterait un temps où l'on mange.

Pour le mot or, la baraita à dit « qu'il se mange or du troisième » en parlant de cette nuit. Chema mina.

7
תָּא שְׁמַע: אוֹר שֶׁל יוֹם הַכִּפּוּרִים, מִתְפַּלֵּל שֶׁבַע וּמִתְוַדֶּה. שַׁחֲרִית, מִתְפַּלֵּל שֶׁבַע וּמִתְוַדֶּה. בְּמוּסָף, מִתְפַּלֵּל שֶׁבַע וּמִתְוַדֶּה. בְּמִנְחָה, מִתְפַּלֵּל שֶׁבַע וּמִתְוַדֶּה. בְּעַרְבִית, מִתְפַּלֵּל מֵעֵין שְׁמוֹנָה עָשָׂר. רַבִּי חֲנִינָא בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר מִשּׁוּם אֲבוֹתָיו: מִתְפַּלֵּל שְׁמוֹנָה עָשָׂר שְׁלֵימוֹת, מִפְּנֵי שֶׁצָּרִיךְ לוֹמַר הַבְדָּלָה בְּחוֹנֵן הַדָּעַת. אַלְמָא ״אוֹר״ אֻורְתָּא הוּא! שְׁמַע מִינָּה.

Viens et entends. Or de Yom Kippour, il prie sept et il confesse.

À shaharit, il prie sept et il confesse. À moussaf, il prie sept et il confesse.

À minha, il prie sept et il confesse. À arvit, il prie un abrégé des dix-huit.

Rabbi Hanina ben Gamliel dit au nom de ses pères : il prie dix-huit complètes, parce qu'il doit dire la havdala dans Honen ha-daat. Il ressort que or est la nuit.

On en déduit.

💡 Explication

L'ordre des prières de Yom Kippour commence par or, puis shaharit, moussaf, minha, et arvit de la sortie. Or est donc le premier office, celui de la nuit : sept berakhot de l'amida et le vidouy.

À la sortie, l'amida est un mein shemone esre, abrégé, car on est épuisé par le jeûne. Rabbi Hanina ben Gamliel, au nom de ses pères, demande les dix-huit berakhot entières, pour placer la havdala dans Honen ha-daat.

🖼️ Schéma
Prieres de Yom Kippour : or vient avant shaharit Or 7 + vidouy la nuit Shaharit 7 + vidouy Moussaf 7 + vidouy Minha 7 + vidouy Arvit mein 18 où 18 + havdala Or ouvre la liste, avant le matin. Donc or est la nuit. Chema mina.
Or de Kippour précède shaharit. Arvit de la sortie : abrégé, où dix-huit complètes pour la havdala.
8
תָּא שְׁמַע, דְּתָנֵי דְּבֵי שְׁמוּאֵל: לֵילֵי אַרְבָּעָה עָשָׂר בּוֹדְקִין אֶת הֶחָמֵץ לְאוֹר הַנֵּר. אַלְמָא ״אוֹר״ אֻורְתָּא הוּא.

Viens et entends, car on enseigné dans l'école de Shmuel : les nuits du quatorze, on vérifie le hamets à la lumière de la lampe. Il ressort que or est la nuit.

💡 Explication

La michna du traité dit or le-arbaa asar. Le tanna de l'école de Shmuel dit la même halakha avec le mot leilei, « les nuits ». La bedika du hamets à la lueur du ner est celle de la nuit du 14 nissan. Or et leilei se recouvrent.

9
אֶלָּא: בֵּין רַב הוּנָא וּבֵין רַב יְהוּדָה דְּכֻולֵּי עָלְמָא ״אוֹר״ אֻורְתָּא הוּא, וְלָא פְּלִיגִי, מָר כִּי אַתְרֵיהּ וּמָר כִּי אַתְרֵיהּ. בְּאַתְרֵיהּ דְּרַב הוּנָא קָרוּ ״נַגְהֵי״, וּבְאַתְרֵיהּ דְּרַב יְהוּדָה קָרוּ ״לֵילֵי״.

Plutôt : Rav Houna comme Rav Yehouda, tout le monde tient que or est la nuit, et ils ne divergent pas. L'un selon son lieu, l'autre selon son lieu.

Dans le lieu de Rav Houna on dit noghei, et dans le lieu de Rav Yehouda on dit leilei.

📜 Rachi (1)
בְּאַתְרֵיהּ דְּרַב הוּנָא קָרוּ לְאֻורְתָּא נַגְהֵי:
La nuit, on l'appelle noghei.
💡 Explication

Les preuves ont tranché : or de la michna est la nuit. La discussion entre Rav Houna et Rav Yehouda, ouverte au daf précédent, porte sur le mot du lieu : les deux visent la même nuit.

Chacun à formulé la halakha dans le parler de son lieu. Chez Rav Houna, la nuit se dit noghei (clarté). Chez Rav Yehouda, elle se dit leilei. Les deux mots visent le même moment.

🖼️ Schéma
Même heure, deux parlers Lieu de Rav Houna on dit noghei Lieu de Rav Yehouda on dit leilei Les deux nomment la nuit. Or de la michna est la nuit.
Noghei et leilei sont deux noms de la nuit, selon le lieu.
10
וְתַנָּא דִּידַן מַאי טַעְמָא לָא קָתָנֵי ״לֵילֵי״? לִישָּׁנָא מְעַלְּיָא הוּא דְּנָקֵט. וְכִדְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי. דְּאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: לְעוֹלָם אַל יוֹצִיא אָדָם דָּבָר מְגֻונֶּה מִפִּיו, שֶׁהֲרֵי עִקֵּם הַכָּתוּב שְׁמֹונֶה אוֹתִיּוֹת, וְלֹא הוֹצִיא דָּבָר מְגֻונֶּה מִפִּיו. שֶׁנֶּאֱמַר: ״מִן הַבְּהֵמָה הַטְּהוֹרָה וּמִן הַבְּהֵמָה אֲשֶׁר אֵינֶנָּה טְהֹרָה״.

Et notre tanna, pourquoi n'enseigne-t-il pas « leilei » ? C'est une expression élevée qu'il à prise.

Et comme Rabbi Yehoshoua ben Levi. Car Rabbi Yehoshoua ben Levi à dit : que l'homme ne laisse jamais sortir de sa bouche une parole inconvenante, puisque le verset à infléchi huit lettres, et n'a pas laisse sortir de sa bouche une parole inconvenante, comme il est dit : « de la bête pure, et de la bête qui n'est pas pure ».

📜 Rachi (3)
מַאי טַעְמָא לָא תָּנֵי לֵילֵי כְּדִתְנָא דְּבֵי שְׁמוּאֵל וּמְשַׁנֵּי אַלִּישָּׁנָא מְעַלְּיָא קָא מִיהְדָּר שֶׁמִּצְוָה וְדֶרֶךְ נְקִיֵּי הַדַּעַת לְסַפֵּר בְּלָשׁוֹן נְקִיָּה:
Comme l'enseigne le tanna de l'école de Shmuel. Et il répond : il recherche une expression élevée, car c'est une mitsva, et la voie des esprits nets, de parler en langue nette.
דָּבָר מְגֻונֶּה לָאו מִשּׁוּם דְּלֵילֵי דָּבָר מְגֻונֶּה הוּא וְהָא דְּר' יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי בְּעָלְמָא אִיתְּמַר וּמִיהוּ שָׁמְעִינַן מִינָּהּ לְשׁוֹן חֲכָמִים לְחַזֵּר אַחַר לָשׁוֹן צַח וְנָקִי:
Non parce que leilei serait une parole inconvenante. Cet enseignement de Rabbi Yehoshoua ben Levi à été dit en général. Toutefois nous en apprenons que la langue des Sages est de rechercher une expression claire et nette.
אֲשֶׁר אֵינֶנָּה טְהוֹרָה וְלָא כְּתִיב הַבְּהֵמָה הַטְּמֵאָה כִּי אוֹרְחֵיהּ הֲרֵי שְׁמוֹנָה אוֹתִיּוֹת עִקֵּם הַטְּמֵאָה חָמֵשׁ אוֹתִיּוֹת הֵן אֲשֶׁר אֵינֶנָּה טְהוֹרָה שְׁלֹשׁ עֶשְׂרֵה אוֹתִיּוֹת ואע"ג דִּבְאוֹרָיְיתָא כְּתִיב טָמֵא שֵׁנִי אוֹרְחֵיהּ בְּחַד דֻּוכְתָּא לְלַמֶּדְךָ לְחַזֵּר עַל לָשׁוֹן נְקִיָּה:
Et il n'est pas écrit « la bête impure », comme ce serait sa manière. Voilà qu'il à infléchi huit lettres. Ha-temea fait cinq lettres ; « acher einena tehora » en fait treize. Et bien que dans la Tora tame soit écrit deux fois à sa manière, en un endroit c'est pour t'enseigner à rechercher la langue nette.
🪔 Ben Yehoyada (2)
לְעוֹלָם אַל יוֹצִיא אָדָם דָּבָר מְגֻנֶּה מִפִּיו. נִרְאֶה לִי בס"ד אוֹמְרוֹ 'לְעוֹלָם' רוֹצֶה לוֹמַר בֵּין בְּמִילֵּי דִּשְׁמַייָּא בֵּין בְּמִילֵּי דְּעָלְמָא. וְנִרְאֶה רֶמֶז לְדָבָר זֶה שָׂפָה בְּמִילּוּאָה כָּזֶה פ" ה שַׁי" ן הַ" א הַמִּלּוּי הוּא אוֹתִיּוֹת 'נָאֶה' לִרְמֹוז שֶׁיּוֹצִיא מִשְּׂפָתָיו דָּבָר נָאֶה וְלֹא דָּבָר מְגַנֶּה. גַּם יֵשׁ לְדַקְדֵּק אוֹתִיּוֹת 'פֶּה' בְּמִילּוֹאָם כָּזֶה פ"ה ה"י הוּא אוֹתִיּוֹת הַיָּפָה, פֵּירוּשׁ הַפֶּה צָרִיךְ לְדַבֵּר בּוֹ בִּלְשׁוֹן הַיָּפָה וְלֹא מְגַנָּה.
Que l'homme ne laisse jamais sortir de sa bouche une parole inconvenante. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que lorsqu'il dit « jamais », il veut dire aussi bien dans les paroles du Ciel que dans les paroles du monde. Et il apparaît un signe de cela : le mot safa (lèvre), écrit dans son remplissage ainsi, pe-hé, chin-yod-noun, hé-alef, le remplissage donne les lettres de na'e (convenable), pour indiquer qu'il fasse sortir de ses lèvres une parole convenable, et non une parole inconvenante. On peut aussi examiner les lettres de pe (bouche) dans leur remplissage, ainsi pe-hé, hé-yod : ce sont les lettres de ha-yafe (le beau). Sens : la bouche doit y parler en langue belle, et non inconvenante.
שֶׁהֲרֵי עִקֵּם הַכָּתוּב שְׁמֹונֶה אוֹתִיּוֹת, וְלֹא הוֹצִיא דָּבָר מְגֻנֶּה מִפִּיו. לֹא אָמַר שֶׁהֲרֵי הֶאֱרִיךְ אֶלָּא שֶׁהֲרֵי עִקֵּם לִרְבוּתָא כִּי מִלְּבַד הָאֲרִיכוּת נָקֵיט לָשׁוֹן מְעֻוקָּם שֶׁלֹּא קְרָאָהּ טְמֵאָה כִּשְׁמָהּ בְּלָשׁוֹן יָשָׁר אֶלָּא עִקֵּם הַלָּשׁוֹן וְאָמַר 'אֵינֶנָּה טְהוֹרָה' וּלְפִי זֶה נִמְצָא אָמַר י"ג אוֹתִיּוֹת בְּמָקוֹם שֶׁהָיָה דַּי בַּחֲמִשָּׁה. וּבָזֶה יוּבָן בס"ד רָמַז הַכָּתוּב מִי יִתֵּן טָהוֹר מִטָּמֵא (אִיּוֹב יד, ד) , רוֹצֶה לוֹמַר שֶׁהֻוצְרַךְ לוֹמַר לְשׁוֹן טָהוֹר בִּמְקוֹם לְשׁוֹן טָמֵא, לֹא אֶחָד כְּלוֹמַר בְּפָסוּק זֶה שֶׁכָּתַב מִסְפַּר 'אֶחָד' [13] אוֹתִיּוֹת בְּמָקוֹם שֶׁהָיָה דַּי לִכְתֹּוב חֲמִשָּׁה אוֹתִיּוֹת. אוֹ הַכַּווָּנָה 'לֹא אֶחָד' עַל יְחִידוֹ שֶׁל עוֹלָם שֶׁהוּא יִתְבָּרֵךְ דִּבֵּר בַּתּוֹרָה בְּלָשׁוֹן טָהוֹר בִּמְקוֹם לָשׁוֹן טָמֵא.
Puisque le verset à infléchi huit lettres, et n'a pas laisse sortir de sa bouche une parole inconvenante. Il n'a pas dit « puisqu'il à allongé », il à dit « puisqu'il à infléchi », pour dire davantage : outre la longueur, il prend une langue infléchie, car il ne l'a pas appelée impure de son nom en langue droite, il à infléchi la langue et dit « elle n'est pas pure ». Selon cela, il se trouve qu'il à dit treize lettres la où cinq auraient suffi. Et par la on comprend, avec l'aide du Ciel, le signe du verset « Qui donnera un pur issu d'un impur » (Iyov 14, 4) : il veut dire qu'il à fallu dire une langue de pur à la place d'une langue d'impur. « Pas un » : dans ce verset il à écrit le nombre ehad, 13, de lettres, la où il aurait suffi d'en écrire cinq. Ou bien l'intention de « pas un » porte sur l'Unique du monde, bénit soit-Il, qui a parlé dans la Tora en langue de pur à la place d'une langue d'impur.
💡 Explication

Le tanna de la michna pouvait dire leilei, comme l'école de Shmuel. Il à pris or, un lishna me'alya, une expression élevée. Rachi précise : leilei n'est pas un mot grossier. L'enseignement de Rabbi Yehoshoua ben Levi est général, et l'on en retient que les Sages cherchent une langue nette.

Le verset de l'arche (Bereshit 7, 8) dit acher einena tehora, « qui n'est pas pure », treize lettres, au lieu de ha-temea, cinq lettres. L'écart est de huit lettres. Le verset emploie ailleurs tame sans détour ; ici le détour enseigné à chercher la langue nette.

Le Ben Yehoyada lit « jamais » comme valant pour les paroles du Ciel et pour celles du monde. Il lit aussi le mot ikem (il à infléchi) : le verset ne s'est pas contenté d'allonger, il à évite le nom droit de l'impur. Le compte 13, valeur de ehad, est rattaché au verset d'Iyov « pas un ».

11
רַב פָּפָּא אָמַר: תֵּשַׁע, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי יִהְיֶה בְךָ אִישׁ אֲשֶׁר לֹא יִהְיֶה טָהוֹר מִקְּרֵה לָיְלָה״. רָבִינָא אָמַר: עָשָׂר, וָיוֹ ד״טָהוֹר״. רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב אָמַר: שֵׁשׁ עֶשְׂרֵה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי אָמַר מִקְרֶה הוּא בִּלְתִּי טָהוֹר הוּא כִּי לֹא טָהוֹר״.

Rav Pappa dit : neuf, comme il est dit : « S'il se trouve chez toi un homme qui ne sera pas pur, par un accident de nuit ». Ravina dit : dix, et le vav de tahor.

Rav Aha bar Yaakov dit : seize, comme il est dit : « Car il à dit : c'est un accident, il n'est pas pur, car il n'est pas pur ».

📜 Rachi (3)
אֲשֶׁר לֹא יִהְיֶה טָהוֹר הֲוָה לֵיהּ לְמִיכְתַּב אִישׁ טָמֵא וְכִי נָמֵי מְשַׁוֵּית לְטָהוֹר חָסֵר ו' אִיכָּא עִיקּוּם תֵּשַׁע שֶׁהֲרֵי שְׁתֵּים עֶשְׂרֵה יֵשׁ וְטָמֵא אֵינוֹ אֶלָּא שָׁלֹשׁ:
Il aurait dû écrire « un homme impur ». Et même si tu fais tahor défectif du vav, il y a un détour de neuf, car il y en a douze, et tame n'en a que trois.
ו' דְּטָהוֹר דְּהָא לֹא חָסֵר הוּא:
Car il n'est pas défectif.
כִּי אָמַר מִקְרֶה טָמֵא הוּא לִכְתֹּוב וְלִשְׁתּוֹק וְיֵשׁ כָּאן עִיקּוּם י"ו אוֹתִיּוֹת:
Il aurait dû écrire « il est impur », et se taire. Et il y a ici un détour de seize lettres.
🪔 Ben Yehoyada (1)
רַב פָּפָּא אָמַר: תֵּשַׁע, שֶׁנֶּאֱמַר: (דְּבָרִים כג, יא) "כִּי יִהְיֶה בְךָ אִישׁ אֲשֶׁר לֹא יִהְיֶה טָהוֹר מִקְּרֵה לָיְלָה". הָא דְּלָא הֵבִיא רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי דִּקְדִים לְרַב פַּפָּא פָּסוּק זֶה שֶׁיֵּשׁ בּוֹ רְבוּתָא יוֹתֵר מִפְּנֵי דְּיֵשׁ לוֹמַר הֵיכָא דִּמְדַבֵּר דְּבָרִים לְנֹכַח שָׁאנֵי, וְלָכֵן כָּאן שֶׁאוֹמֵר 'כִּי יִהְיֶה בְּךָ' דִּמְדַבֵּר לְנֹכַח, לְכָךְ דִּקְדֵּק לִמְנַקַּט לָשׁוֹן נְקִיָּה, וְלָזֶה הֵבִיא 'אֵינֶנָּה טְהוֹרָה' דְּאֵינוֹ מְדַבֵּר לְנֹכַח. וְהָא דְּרַב פַּפָּא לָא חֲשִׁיב וָא"ו דְּ'טָהוֹר'? אֶפְשָׁר כִּי יֵשׁ הֶפְרֵשׁ בַּחֲסֵרוֹת וִיתֵירוֹת בֵּין סֵפֶר תּוֹרָה דְּרָבִינָא וּבֵין סֵפֶר תּוֹרָה דְּרַב פָּפָּא וּכְמוֹ שֶׁאָמְרוּ הַתּוֹסָפוֹת זַ"ל בְּמָקוֹם אַחֵר דְּהָיָה שְׁנוּיִים בַּסְּפָרִים שֶׁלָּהֶם זֶה מִזֶּה, אוֹ אֲפִילּוּ דְּכָתוּב אֶצְלוֹ 'טָהוֹר' מָלֵא בְּוָא"ו לָא חֲשִׁיב לֵיהּ רַב פָּפָּא מִפְּנֵי שֶׁאֵינוֹ יוֹצֵא בְּמִבְטָא אֶלָּא מֻובְלָע בֵּין הָאוֹתִיּוֹת וְאוֹת הֵ"א שֶׁהוּא בְּסוֹף תֵּיבָה מִנְּכַר טְפֵי. וְהָא דְּלָא הֱבִיאוֹ רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי וְרַב פָּפָּא פָּסוּק שֶׁהֵבִיא רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב [כִּי אָמַר מִקְרֶה הוּא, בִּלְתִּי טָהוֹר הוּא, כִּי לֹא טָהוֹר (שְׁמוּאֵל א' כ, כו)] דְּאִית בֵּיהּ רְבוּתָא טְפֵי שֶׁהֶאֱרִיךְ בט"ז? הַייְנוּ מִשּׁוּם דְּנִיחָא לְהוּ יוֹתֵר לְהָבִיא פָּסוּק מִן הַתּוֹרָה וְגַם שֶׁהוּא דָּבָר הַיּוֹצֵא מִפִּי הַגְּבוּרָה, מַה שֶׁאֵין כֵּן פָּסוּק רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב הוּא מִן הַנְּבִיאִים וְגַם הוּא דִּבּוּרוֹ שֶׁל שָׁאוּל הַמֶּלֶךְ ע"ה וּפָשׁוּט. אַךְ מַקְשִׁים מַאי קָא מוּכָח מִפָּסוּק זֶה דְּהָכָא, בְּלָאו הָכִי רָאִינוּ שֶׁהֶאֱרִיךְ שֶׁלֹּא לְצֹורֶךְ דְּאַף עַל גַּב דְּאָמַר 'בִּלְתִּי טָהוֹר' הֶאֱרִיךְ וְאָמַר 'כִּי לֹא טָהוֹר'? וּמִתְרַצִּים מַה שֶׁנֶּאֱמַר 'כִּי לֹא טָהוֹר' לֹא הֶאֱרִיךְ בִּכְדִי אֶלָּא כֵּיוָן לְגַנּוֹתוֹ בָּזֶה דְּרוֹצֶה לוֹמַר 'בִּלְתִּי טָהוֹר' הוּא מֵחֲמַת קֶרִי וְלֹא רָאָה הַקֶּרִי מֵחֲמַת אָונְסוֹ אֶלָּא רָאָה מֵחֲמַת 'כִּי לֹא טָהוֹר' בַּלֵּב שֶׁיֵּשׁ לוֹ הִרְהוּרִים רָעִים ח"ו, וּלְכָךְ רוֹאֶה קֶרִי עכ"ד. וּלְפִי זֶה לֹא נִתְרַצָּה הַקֻּושְׁיָא דְּהַשְׁתָּא אֵינוֹ מוּכָח שֶׁהֶאֱרִיךְ ט"ז אוֹתִיּוֹת כֵּיוָן דְּאִם הָיָה אוֹמֵר מִקְרֶה טָמֵא הוּא הָיָה גַּם כֵּן מֻוכְרָח לְהוֹסִיף וְלוֹמַר 'כִּי טָמֵא' הוּא כְּדֵי שֶׁלֹּא יֹאמַר שֶׁהָיָה לוֹ הַקֶּרִי מֵחֲמַת אֹונֶס וְאִם כֵּן עַתָּה דְּלָא נָקֵיט טָמֵא לֹא הוֹסִיף ט"ז אוֹתִיּוֹת אֶלָּא רַק י"ג אוֹתִיּוֹת? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּאִם נָקֵיט הָכִי כִּי אָמַר 'מִקְרֶה טָמֵא' הוּא לֹא הָיָה נִצְרָךְ לְהוֹסִיף 'כִּי טָמֵא הוּא' כְּדֵי לְהוֹדִיעַ שֶׁלֹּא רָאָה הַקֶּרִי מֵחֲמַת אָונְסוֹ כִּי זֶה מוּכָח בְּלָאו הָכִי מִן הַכֶּפֶל שֶׁל 'מִקְרֶה טָמֵא' דְּהָיָה דַּי לוֹמַר 'מִקְרֶה הוּא' וְהוֹסִיף 'טָמֵא' לוֹמַר זֶה הַמִּקְרֶה הוּא טָמֵא בְּעֶצֶם שֶׁלֹּא רָאָהוּ לְאָונְסוֹ אֶלָּא בָּא מִצַּד טֻומְאַת עַצְמוּתוֹ וְנִמְצָא כִּי עַתָּה שֶׁהֻוצְרַךְ לְעַקֵּם וְלוֹמַר 'מִקְרֶה לֹא טָהוֹר' הֻוצְרַךְ לְהוֹסִיף 'כִּי לֹא טָהוֹר' כְּדֵי לְגַנּוֹתוֹ בְּיוֹתֵר.
Rav Pappa dit : neuf, comme il est dit (Devarim 23, 11) : « S'il se trouve chez toi un homme qui ne sera pas pur, par un accident de nuit ». Pourquoi Rabbi Yehoshoua ben Levi, qui précède Rav Pappa, n'a-t-il pas apporté ce verset, qui a pourtant un surplus plus grand ? Parce qu'on peut dire : la où l'on parle en face de quelqu'un, le cas est à part. Ici, puisqu'il dit « s'il se trouve chez toi », il parle en face ; c'est pour cela qu'il à pris soin d'une langue nette. Rabbi Yehoshoua ben Levi à donc apporte « elle n'est pas pure », qui ne parle pas en face. Et pourquoi Rav Pappa ne compte-t-il pas le vav de tahor ? Peut-être y a-t-il une différence de défectif et de plein entre le sefer Tora de Ravina et le sefer Tora de Rav Pappa, comme les Tossefot, de mémoire bénie, l'ont dit ailleurs : leurs livres différaient les uns des autres. Ou bien, même si chez lui tahor est écrit plein avec un vav, Rav Pappa ne le compte pas, parce qu'il ne sort pas dans la prononciation, il est absorbé entre les lettres, alors que le hé de fin de mot se remarque davantage. Et pourquoi Rabbi Yehoshoua ben Levi et Rav Pappa n'ont-ils pas apporté le verset qu'apporte Rav Aha bar Yaakov — « car il à dit : c'est un accident, il n'est pas pur, car il n'est pas pur » (Shemouel I 20, 26) — qui a un surplus plus grand, puisqu'il allongé de seize ? Parce qu'il leur était plus agréable d'apporter un verset de la Tora, et qui plus est une parole sortie de la bouche de la Gevoura, alors que le verset de Rav Aha bar Yaakov est dans les Prophètes, et que c'est aussi la parole du roi Shaoul, que la paix soit sur lui. C'est simple. Mais on objecte : que prouve donc ce verset-ci ? De toute façon nous voyons qu'il à allongé sans besoin, car bien qu'il ait dit « il n'est pas pur », il à allongé et dit « car il n'est pas pur ». Et l'on répond : ce qui est dit « car il n'est pas pur » n'est pas un allongement pour rien ; il à visé à le blâmer par la, c'est-à-dire : « il n'est pas pur » à cause d'un keri (émission), et il n'a pas vu le keri par ones (contrainte), il l'a vu parce que « il n'est pas pur » dans le cœur, ayant de mauvaises pensées, à D.ieu ne plaise, et c'est pour cela qu'il voit un keri. Fin de leurs paroles. Selon cela, la difficulté n'est pas levée : des lors il n'est pas prouve qu'il ait allongé de seize lettres, puisque s'il avait dit « c'est un accident impur », il aurait aussi été force d'ajouter « car il est impur », afin qu'on ne dise pas que le keri lui est venu par contrainte. Si oui, maintenant qu'il ne prend pas « impur », il n'a ajoute que treize lettres, non seize. Il me semble, avec l'aide du Ciel : s'il avait pris ainsi, « car il à dit : c'est un accident impur », il n'aurait pas eu besoin d'ajouter « car il est impur » pour faire savoir qu'il n'a pas vu le keri par contrainte. Car cela est prouvé de toute façon par le redoublement de « accident impur » : il aurait suffi de dire « c'est un accident », et il à ajoute « impur » pour dire que cet accident est impur en soi, qu'il ne l'a pas vu par contrainte, et qu'il vient du côté de l'impureté de sa personne. Il en résulte que maintenant, ayant du infléchir et dire « un accident, il n'est pas pur », il à du ajouter « car il n'est pas pur » afin de le blâmer davantage.
💡 Explication

Trois comptés, trois versets, à la place du mot tame (trois lettres).

Rav Pappa : Devarim 23, 11, acher lo yihye tahor. En ktiv haser, sans le vav de tahor, douze lettres, soit neuf de plus. Ravina compte le vav : dix. Rav Aha bar Yaakov : Shemouel I 20, 26, bilti tahor hou ki lo tahor, dix-neuf lettres, soit seize de plus. Rachi : il aurait suffi d'écrire « il est impur » et de s'arrêter.

Le Ben Yehoyada explique pourquoi chacun garde son verset : parole adressée en face, différence de sefer Tora, où préférence pour un verset de la Tora sorti de la Gevoura plutôt qu'une parole de Shaoul. Sur le verset de Shaoul, le second « il n'est pas pur » blâme le keri venu des pensées, et non d'un ones.

12
תַּנְיָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: לְעוֹלָם יְסַפֵּר אָדָם בְּלָשׁוֹן נְקִיָּה, שֶׁהֲרֵי בְּזָב קְרָאוֹ ״מֶרְכָּב״, וּבְאִשָּׁה קְרָאוֹ ״מוֹשָׁב״. וְאוֹמֵר: ״וְתִבְחַר לְשׁוֹן עֲרוּמִים״. וְאוֹמַר: ״וְדַעַת שְׂפָתַי בָּרוּר מִלֵּלוּ״.

On enseigné dans l'école de Rabbi Yishmael : que l'homme parle toujours en langue nette. Car pour le zav on l'a appelé merkav, et pour la femme on l'a appelé moshav.

Et il dit : « Tu choisis la langue des avisés ». Et il dit : « Et la connaissance de mes lèvres, ils parlent net ».

📜 Rachi (3)
בְּזָב כְּתִיב (וַיִּקְרָא ט״ו:ט׳) וְכָל הַמֶּרְכָּב אֲשֶׁר יִרְכַּב וּבְאִשָּׁה כְּתִיב (שָׁם) אוֹ עַל הַכְּלִי אֲשֶׁר הִיא יוֹשֶׁבֶת לְפִי שֶׁאֵין הָגוּן לְהַזְכִּיר רְכִיבָה וּפִיסּוּק רַגְלַיִם בָּאִשָּׁה ואע"פ שֶׁהַמֶּרְכָּב וְהַמּוֹשָׁב שָׁוִין בִּשְׁנֵיהֶם:
Pour le zav il est écrit (Vayikra 15, 9) : « et toute monture sur laquelle il montera », et pour la femme il est écrit (la) : « où sur l'objet sur lequel elle s'assied », parce qu'il ne convient pas de mentionner la chevauchee et l'écartement des jambes au sujet d'une femme, bien que le merkav et le moshav soient égaux pour les deux.
וְתִבְחַר לְשׁוֹן עֲרוּמִים מִצְוָה עָלֶיךָ כָּךְ:
C'est pour toi une mitsva de faire ainsi.
בָּרוּר מִלֵּלוּ ל' נָקִי וּמְבֹורָר:
Une langue nette et clarifiée.
🗂️ Tossefot (1)
שֶׁהֲרֵי בַּזָּב קְרָאוֹ מֶרְכָּב וְכוּ' מֶרְכָּב וּמוֹשָׁב אֵין דִּינוֹ שָׁוֶה דְּנוֹגֵעַ בַּמֶּרְכָּב אֵין טָעוּן כִּבּוּס בְּגָדִים כִּדְמוֹכַח בְּתוֹרַת כֹּהֲנִים וּבְרֵישׁ מַסֶּכֶת כֵּלִים וְהַשְׁתָּא קָשֶׁה לר"י הֵיכִי קָאָמַר דִּבְאִשָּׁה קָרוּי מוֹשָׁב אִם ר"ל אַפֵּי' אֻוכָּף שֶׁיֵּשׁ לוֹ דִּין מֶרְכָּב אַף בְּאִשָּׁה שִׁינָּה הַכָּתוּב לִקְרוֹתוֹ מוֹשָׁב לְדַבֵּר דֶּרֶךְ כָּבוֹד דְּהָא לְקַמָּן מְשַׁנֵּי מִשּׁוּם בִּיעֲתוּתָא דְּגַמְלָא אוֹרְחָא הוּא אַלְמָא לְשַׁנּוֹת הַדָּבָר מִמַּה שֶׁהוּא אֵין לִכְתֹּוב דֶּרֶךְ כָּבוֹד וְנִרְאֶה לר"י דה"פ וּבְאִשָּׁה קָרְאוּ מוֹשָׁב מֵרִבּוּיָא דִּקְרָא דְּמוֹשָׁב דְּהָכִי אִיתָא בְּתוֹרַת כֹּהֲנִים אֲשֶׁר הִיא יוֹשֶׁבֶת עָלָיו זֶה מוֹשָׁב כְּלִי זֶה מֶרְכָּב לִימְּדָנוּ הַכָּתוּב לְסַפֵּר בְּלָשׁוֹן נְקִיָּה שֶׁלֹּא כְּתָבוֹ בְּהֶדְיָא כְּמוֹ בְּזָב:
Le merkav et le moshav n'ont pas le même din : celui qui touche un merkav n'a pas besoin de laver ses vêtements, comme on le prouve dans Torat Kohanim et au début du traité Kelim. Dès lors c'est difficile pour le Ri : comment dire qu'au sujet de la femme on appelle cela moshav ? Si l'on veut dire que même une selle qui a le din de merkav, le verset, même pour la femme, à changé pour l'appeler moshav, afin de parler par égard — or plus loin on répond : à cause de la crainte du chameau, c'est l'usage. Il en ressort que, pour changer la chose de ce qu'elle est, on n'écrit pas par égard. Il semble au Ri que voici le sens : « et pour la femme on l'a appelé moshav » vient de l'inclusion du verset du moshav. Car voici ce qui est dans Torat Kohanim : « sur lequel elle s'assied », c'est le moshav ; « un objet », c'est le merkav. Le verset nous à enseigné à parler en langue nette, en ne l'écrivant pas explicitement comme pour le zav.
💡 Explication

Deuxième formulation du principe : lashon nekiya, langue nette. Pour le zav, le verset dit merkav, la monture sur laquelle il chevauche. Pour la zava, il dit moshav, l'objet sur lequel elle s'assied. Rachi : nommer la chevauchee et le pissouk raglayim (l'écartement des jambes) ne convient pas au sujet d'une femme, alors que le din du merkav et celui du moshav valent pour les deux.

Les Tossefot (Ri) serrent le texte. Toucher un merkav et toucher un moshav n'imposent pas le même lavage des vêtements. On ne peut donc pas dire que le verset rebaptise la selle par égard : plus loin, quand la chevauchee est réelle, le verset écrit la chevauchee. Lecture du Ri : un ribbouy du verset de la femme enseigné le merkav sans le nommer, la où le verset du zav l'écrit en clair. C'est cela, la langue nette.

13
מַאי ״וְאוֹמֵר״? וְכִי תֵּימָא: הָנֵי מִילֵּי בִּדְאוֹרָייְתָא, אֲבָל בִּדְרַבָּנָן לֹא — תָּא שְׁמַע: וְאוֹמֵר ״וְתִבְחַר לְשׁוֹן עֲרוּמִים״. וְכִי תֵּימָא: הָנֵי מִילֵּי בִּדְרַבָּנָן, אֲבָל בְּמִילֵּי דְעָלְמָא לָא — וְאוֹמֵר ״וְדַעַת שְׂפָתַי בָּרוּר מִלֵּלוּ״.

Que vient faire « et il dit » ? Et si tu dis : ces paroles valent pour la Tora, mais pour les paroles des Sages, non — viens et entends : et il dit « Tu choisis la langue des avisés ».

Et si tu dis : ces paroles valent pour les Sages, mais pour les paroles du monde, non — et il dit « Et la connaissance de mes lèvres, ils parlent net ».

📜 Rachi (3)
מַאי וְאוֹמֵר לָמָּה לוֹ וְאוֹמֵר הָא נָפְקָא לֵיהּ מִקַּמָּא:
Pourquoi lui faut-il « et il dit », puisque cela sort déjà du premier ?
ה"ק וְכִי תֵּימָא ה"מ בִּדְאוֹרָיְיתָא תּוֹרָה הִקְפִּידָה בִּלְשׁוֹנָהּ שֶׁיְּצָאַתָּה מִפִּי הַגְּבוּרָה אֲבָל חֲכָמִים בְּמִשְׁנָה וּבָרַיְיתָא אֵין לְהַקְפִּיד עַל לְשׁוֹנָם:
Voici ce qu'il dit. Et si tu dis : cela ne vaut que pour la Tora — la Tora à été exigeante sur sa langue, sortie de la bouche de la Gevoura, mais les Sages, dans la michna et la baraita, n'ont pas à être exigeants sur leur langue.
ת"ש וְתִבְחַר לְשׁוֹן עֲרוּמִים שָׁמַעְנוּ שֶׁהָעֲרוּמִים בּוֹחֲרֵי לָשׁוֹן הֵם:
Nous avons entendu que les avisés sont des gens qui choisissent leur langue.
💡 Explication

Chaque ve-omer ferme une porte. Le cas du zav et de la zava ne prouve que la Tora, langue sortie de la Gevoura. « Tu choisis la langue des avisés » (Iyov 15, 5) étend l'exigence à la formulation des Sages. « La connaissance de mes lèvres, ils parlent net » (Iyov 33, 3) l'étend aux milei de-alma, la parole ordinaire.

Rachi : les avisés choisissent leurs mots. « Net » veut dire une langue clarifiée.

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וּבְאִשָּׁה לָא כְּתִיב בָּהּ ״מֶרְכָּב״?! וְהָכְתִיב: ״וַתָּקָם רִבְקָה וְנַעֲרֹתֶיהָ וַתִּרְכַּבְנָה עַל הַגְּמַלִּים״! הָתָם, מִשּׁוּם בִּיעֲתוּתָא דִּגְמַלִּים — אוֹרְחָא הִיא. וְהָכְתִיב: ״וַיִּקַּח מֹשֶׁה אֶת אִשְׁתּוֹ וְאֶת בָּנָיו וַיַּרְכִּיבֵם עַל הַחֲמֹר״! הָתָם,

Et pour la femme, merkav n'est-il pas écrit à son sujet ?! Or il est écrit : « Rivka se leva, elle et ses servantes, et elles chevaucherent les chameaux » !

La-bas, à cause de la crainte des chameaux, c'est l'usage. Or il est écrit : « Moché prit sa femme et ses fils, et il les fit monter sur l'âne » !

La-bas,

📜 Rachi (1)
מִשּׁוּם בִּיעֲתוּתָא דִּגְמַלִּים שֶׁהוּא גָּבוֹהַּ וּמִתְייָרֵא שֶׁלֹּא תִּפּוֹל אוֹרְחָהּ דְּאִשָּׁה לִרְכֹּוב כְּדֵי שֶׁתְּהֵא מַחֲזֶקֶת בּוֹ בְּיָדַיִם וְרַגְלַיִם:
Parce qu'il est haut, et qu'elle craint de tomber. L'usage de la femme est de chevaucher, afin de s'y tenir des mains et des pieds.
🪔 Ben Yehoyada (1)
וְהָכְתִיב: (בְּרֵאשִׁית כד, סא) "וַתָּקָם רִבְקָה וְנַעֲרֹותֶיהָ וַתִּרְכַּבְנָה עַל הַגְּמַלִּים"? הָתָם, מִשּׁוּם בִּיעֲתוּתָא דִּגְמַלִּים, אוֹרְחָא הִיא. יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת וְכִי סָלְקָא דַעְתָּךְ דְּאָסוּר לִרְכֹּוב הָאִשָּׁה בְּפִיסּוּק רַגְלַיִם כְּדֵי שֶׁבָּא לְתָרֵץ הָכִי? וַהֲלֹא אֵין דָּבָר זֶה אֱמֹור אֶלָּא כְּדֵי שֶׁיְּהֵא מְסַפֵּר בְּלָשׁוֹן נְקִיָּה וְאִם כֵּן אַף עַל גַּב דְּרִבְקָה רַכְּבָהּ עַל הַגְּמַלִּים עִם כָּל זֶה מִן הָרָאוּי שֶׁיֹּאמַר הַכָּתוּב 'וְתֵשֵׁב עַל הַגְּמַלִּים' שֶׁיְּכַנֶּה אֶת הַמֶּרְכָּב בִּלְשׁוֹן מוֹשָׁב! וְנִרְאֶה לִי בס"ד כִּי בֶּאֱמֶת מִדִּבְרֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל שֶׁפֵּירֵשׁ וְאָמַר הַכָּתוּב קָרְאוּ 'מוֹשָׁב' מִשּׁוּם לָשׁוֹן נְקִיָּה יֵשׁ לָנוּ לִלְמֹוד דְּאַף עַל גַּב דְּאֵין אִיסּוּר לְאִשָּׁה לִרְכֹּוב בְּפִיסּוּק רַגְלַיִם מִכָּל מָקוֹם אוֹרַח אַרְעָא שֶׁתְּהֵא יוֹשֶׁבֶת עַל הַבְּהֵמָה בִּלְתִּי פִּיסּוּק רַגְלַיִם כְּמִנְהַג הַנָּשִׁים בְּעָרֵי אֵירוֹפָּא דִּמְלַמְּדִין אֶת הַנָּשִׁים לִרְכֹּוב מִן הַצַּד בִּלְתִּי פִּיסּוּק רַגְלַיִם וְזֶה יִקָּרֵא 'מוֹשָׁב'. וְדָבָר זֶה נִלְמַד מִדִּבְרֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל מִכָּל שֶׁכֵּן, דְּאִם לְשׁוֹן רְכִיבָה הַמּוֹרֶה עַל פָּסוּק רְגָלִים לָא נָקֵיט בְּאִשָּׁה מִשּׁוּם דְּלָאו אוֹרַח אַרְעָא, כָּל שֶׁכֵּן הוּא דְּלָאו אוֹרַח אַרְעָא שֶׁתִּרְכַּב הָאִשָּׁה בְּפָסוּק רַגְלַיִם. וְהַשְׁתָּא שַׁפִּיר מְתָרֵץ הָתָם מִשּׁוּם בִּיעֲתוּתָא דִגְמַלִּים כְּלוֹמַר הֵן אֱמֶת דְּהָיָה מִן הָרָאוּי לִמְנַקַּט קְרָא גַּבֵּי רִבְקָה לְשׁוֹן 'מוֹשָׁב' דְּהוּא לָשׁוֹן נְקִיָּה, מִכָּל מָקוֹם נָקֵיט לְשׁוֹן רְכִיבָה הַמּוֹרֶה עַל פִּיסּוּק רַגְלַיִם לְלַמְּדֵנוּ דָּבָר אַחֵר לְפִי דַּרְכּוֹ וְהַיְינוּ דְּכֹל כִּי הַאי גַווְנָא דְּאִיכָּא 'בִּיעֲתוּתָא דִּגְמַלִּים' אוֹרְחָא הִיא דְּגַם הָאִשָּׁה תִּרְכַּב בְּפִיסּוּק רַגְלַיִם. וְהֻוצְרַךְ לְלַמֵּד דָּבָר זֶה יַעַן כִּי מִלְּשׁוֹן דְּנָקֵיט גַּבֵּי זָבָה מוּכָח דְּלָאו אוֹרַח אַרְעָא שֶׁתִּרְכַּב הָאִשָּׁה בְּפִיסּוּק רַגְלַיִם וְלָכֵן כְּדֵי שֶׁלֹּא נַחְשֹׁוב דְּאַזְהָרָה זוֹ הִיא בְּכָל מָקוֹם וּבְכָל גַּוְונָא לְכָךְ נָקֵיט הַכָּתוּב לְשׁוֹן רְכִיבָה בַּגְּמַלִּים וּבָהָר לְלַמְּדֵנוּ בִּמְקוֹם בִּיעֲתוּתָא שָׁאנֵי. וְלָכֵן בְּאַרְצוֹת הָעֶרֶב שֶׁאָנוּ דָּרִים בָּהֶם כֵּיוָן דְּאֵין דֶּרֶךְ הַנָּשִׁים לִרְכֹּוב בִּשְׁבִיל טִיּוּל כַּאֲנָשִׁים עַל כֵּן לֹא נִתְלַמְּדוּ הַנָּשִׁים בֵּין יִשְׂרְאֵלִים בֵּין נָכְרִים מִנְהַג עָרֵי אֵירוֹפָּא שֶׁרוֹכְבִים מִן הַצַּד בְּלִי פִּיסּוּק רַגְלַיִם שֶׁזֶּה נִקְרָא 'מוֹשָׁב' אֶלָּא רוֹכְבִים בְּפִיסּוּק רְגָלִים.
Or il est écrit (Bereshit 24, 61) : « Rivka se leva, elle et ses servantes, et elles chevaucherent les chameaux » ? La-bas, à cause de la crainte des chameaux, c'est l'usage. On peut objecter : aurait-on pense qu'il est interdit à la femme de chevaucher en écartant les jambes, au point qu'il vienne répondre ainsi ? Cette chose n'a été dite que pour que l'on parle en langue nette. Si oui, bien que Rivka ait chevauche les chameaux, il aurait tout de même convenu que le verset dise « et elle s'assit sur les chameaux », en désignant le merkav par la langue du moshav ! Il me semble, avec l'aide du Ciel : en vérité, des paroles de Rabbi Yishmael, qui a expliqué et dit que le verset l'a appelé moshav à cause de la langue nette, nous avons à apprendre que, bien qu'il n'y ait pas d'interdit pour une femme de chevaucher en écartant les jambes, l'usage du monde est qu'elle soit assise sur la bête sans écartement des jambes, comme la coutume des femmes dans les villes d'Europe, où l'on apprend aux femmes à monter de côté, sans écartement des jambes, et cela s'appelle moshav. Et cette chose s'apprend des paroles de Rabbi Yishmael à plus forte raison : si la langue de la chevauchee, qui indique l'écartement des jambes, n'est pas prise au sujet de la femme parce que ce n'est pas l'usage du monde, à plus forte raison ce n'est pas l'usage du monde que la femme chevauche en écartant les jambes. Et maintenant la réponse est bien posée, « la-bas, à cause de la crainte des chameaux » : c'est vrai, il aurait convenu que le verset, au sujet de Rivka, prenne la langue moshav, qui est la langue nette ; malgré cela il prend la langue de la chevauchee, qui indique l'écartement des jambes, pour nous enseigner chemin faisant une autre chose, à savoir que dans tout cas de cette sorte où il y a crainte des chameaux, l'usage est que la femme aussi chevauche en écartant les jambes. Et il à fallu enseigner cela, parce que de la langue prise au sujet de la zava il est prouvé que ce n'est pas l'usage du monde que la femme chevauche en écartant les jambes ; afin que nous ne pensions pas que cet avertissement vaut en tout lieu et en toute manière, le verset prend la langue de la chevauchee pour les chameaux, et sur la montagne, afin de nous enseigner que la où il y a de la crainte, le cas est à part. C'est pourquoi, dans les pays arabes où nous habitons, puisque les femmes n'ont pas coutume de monter pour la promenade comme les hommes, les femmes, d'Israël comme des nations, n'ont pas appris la coutume des villes d'Europe, où l'on monte de côté sans écartement des jambes — cela s'appelle moshav — et elles montent en écartant les jambes.
💡 Explication

Objection : le verset dit bien que Rivka et ses servantes ont chevauche les chameaux. Réponse : biatouta de-gemalim, la crainte des chameaux. La bête est haute ; l'usage est de s'y tenir des mains et des pieds. Rachi : elle craint de tomber.

Seconde objection : « Moché fit monter sa femme et ses fils sur l'âne ». Le segment s'arrête sur « la-bas ». La suite de la réponse se lit au daf 3b.

Le Ben Yehoyada sépare l'interdit et l'usage. La baraita parle de langue nette, et l'on en apprend aussi un derekh eretz : s'asseoir de côté, ce que les villes d'Europe appellent un moshav. La crainte du chameau est le cas où chevaucher en écartant les jambes redevient l'usage. Il décrit ensuite la coutume des pays où il vit.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).