Pesachim 78b - L'akhila du Pessah, le helev et la touma du public

Pesachim 78b

Sougya : L'amoud ajuste d'abord la phrase de Rabbi Yosse : Rabbi Eliezer pour le bediavad, Rabbi Yehochoua pour le lekhatehila, puis il sépare la touma de la perte et du brûlage. La michna distingue le Pessa'h des autres kodashim : si la viande est souillée et que le helev demeure, on ne projette le sang que pour les autres sacrifices.

Rav, selon Rabbi Natan, tient que l'akhila n'est pas me'akev : d'emblée on ne projette pas, après coup la zerika agrée et dispense du Pessa'h cheni. La fin du daf demande qui a enseigné les baraïtot sur le malade et sur les propriétaires souillés après la chehita.

Rabbi Yo'hanan lit la dernière comme un cas de public, et une gezera interdit alors de manger la viande en touma.

Comment lire Rabbi Yosse Eliezer projette le sang même sans viande. Yehochoua exige la viande. Lecture écartée : public / individu Pour le public, Rabbi Yehochoua convient déjà. v Lecture retenue, puis partagée Rabbi Eliezer : bediavad. Rabbi Yehochoua : lekhatehila. En bediavad, Yehochoua convient aussi si le sang a été projeté. Touma Yehochoua convient en bediavad Le tzitz fait agréer Perdu ou brûlé Yehochoua ne convient pas Yosse suit Eliezer en bediavad
La lecture public / individu tombe, parce que Yehochoua convient déjà pour le public. On lit Eliezer en bediavad et Yehochoua en lekhatehila, puis on réserve la concession de Yehochoua à la touma.
Michna : viande, helev, zerika Le Pessa'h vise l'akhila. Les autres kodashim gardent les imourim pour l'autel. Cas Pessa'h Autres kodashim Viande souillée helev intact On ne projette pas On projette Helev souillé viande intacte On projette le sang
Viande du Pessah souillée, helev intact : pas de zerika. Helev souillé, viande intacte : on projette. Pour les autres kodashim, le helev intact suffit, le sang rend les imourim permis.
L'akhila est-elle me'akev ? Rav lit la michna selon Rabbi Natan. Le mot de la michna décide. Rabbi Natan, et Rav L'akhila n'est pas me'akev Lekhatehila : on ne projette pas Bediavad : si l'on a projeté, agréé Dispensé du Pessa'h cheni Le verset exige un homme apte à l'akhila La viande peut manquer après coup Les Sages L'akhila est me'akev Même bediavad : passoul La michna dirait : passoul Mangeurs rapprochés des inscrits Il faut un kazayit de viande apte à être mangée Pourquoi Rav refuse la lecture des Sages La michna dit "on ne projette pas", et non "passoul". Donc lekhatehila seulement.
Rabbi Natan : l'akhila n'est pas me'akev, le verset exige seulement un homme apte. Les Sages : la viande apte est me'akev. Rav suit Natan, parce que la michna dit "on ne projette pas" et non "passoul".
1
הא אמרת, בציבור אפילו רבי יהושע מודה.

Mais tu as dit : pour le public, même Rabbi Yehochoua convient.

💡 Explication

La lecture public / individu ne tient pas. Pour un korban du public, Rabbi Yehochoua convient déjà que la touma est permise. On ne peut donc pas lui réserver le cas de l'individu, et à Rabbi Eliezer le cas du public.

2
אלא: רואה אני דברי רבי אליעזר בדיעבד, ודברי רבי יהושע לכתחלה. דיעבד — אפילו רבי יהושע נמי מודה הוא, דקתני: מודה רבי יהושע שאם זרק — הורצה!

Plutôt : je vois les paroles de Rabbi Eliezer en bediavad, et les paroles de Rabbi Yehochoua en lekhatehila. En bediavad, Rabbi Yehochoua convient lui aussi, puisqu'on enseigne : Rabbi Yehochoua convient que si l'on a projeté le sang, c'est agréé !

📜 Rachi (1)
אלא תרווייהו ביחיד והא לכתחלה והא דיעבד והא דקתני אם זרק הורצה ואוקימנא ביחיד ה"מ דמודה רבי יהושע בדיעבד כשנטמא דהא עלה קאי ומשום דאיתיה בעינא אבל באבוד ושרוף לא ור' יוסי אפילו נשרפו או אבדו שיריה קאמר אם הקטיר קומצה כשירה:
Plutôt : les deux portent sur l'individu, l'un en lekhatehila, l'autre en bediavad. Et ce qu'on enseigne, si l'on a projeté le sang c'est agréé, nous l'avons établi pour l'individu : cela ne dit que Rabbi Yehochoua convient en bediavad quand la chose s'est souillée, car c'est de ce cas qu'il s'agit, et parce qu'elle existe encore en substance. Mais pour la perte et le brûlage, non. Et Rabbi Yosse dit, même si les restes ont été brûlés ou perdus : si l'on a fait fumer le kometz, elle est valable.
🗂️ Tossefot (1)
הא אמרת מודה רבי יהושע בציבור תימה לרשב"א מאי קושיא דילמא ה"ק רואה אני דברי רבי אליעזר בציבור שאף ר' יהושע לא אמר אלא ביחיד דכי האי גוונא אמרי' פ"ק דחולין (דף יב.) ובכמה דוכתי ואומר ר"י דהכא לא שייך למימר הכי דלא קתני בברייתא לא בציבור ולא ביחיד:
Mais tu as dit : Rabbi Yehochoua convient pour le public. Étonnement du Rachba : quelle est la difficulté ? Peut-être voici ce qu'il dit : je vois les paroles de Rabbi Eliezer pour le public, car Rabbi Yehochoua n'a parlé que de l'individu. On dit ainsi au premier chapitre de Houlin (12a), et en plusieurs endroits. Rabbi Yitshak dit : ici, il n'y a pas lieu de le dire, car la baraïta n'enseigne ni le public ni l'individu.
💡 Explication

Nouvelle lecture de Rabbi Yosse : Rabbi Eliezer pour le bediavad, Rabbi Yehochoua pour le lekhatehila.

La Guemara objecte aussitôt. En bediavad, Yehochoua convient déjà : s'il a projeté le sang, hurtza, l'offrande est agréée. La phrase de Yosse ne séparerait donc plus les deux maîtres.

3
הא בטומאה, הא באבוד ושרוף. כי קתני: מודה רבי יהושע שאם זרק הורצה — בנטמא, אבל באבוד ושרוף לא. כי קאמר רבי יוסי: רואה אני את דברי רבי אליעזר בדיעבד — באבוד ושרוף.

Ceci dans la touma, cela dans la perte et le brûlage. Quand on enseigne : Rabbi Yehochoua convient que si l'on a projeté le sang, c'est agréé, c'est lorsqu'elle s'est souillée.

Mais pour la perte et le brûlage, non. Quand Rabbi Yosse dit : je vois les paroles de Rabbi Eliezer en bediavad, c'est pour la perte et le brûlage.

🗂️ Tossefot (1)
כי מודה בנטמא משום דציץ מרצה:
Quand il convient dans le cas souillé : parce que le tzitz fait agréer.
💡 Explication

Le partage se fait sur l'état de la viande. Si elle est souillée mais encore là, le tzitz fait agréer : Yehochoua convient en bediavad.

Si elle est perdue ou brûlée, Yehochoua ne convient pas, même après coup. C'est dans ce second cas que Rabbi Yosse suit Rabbi Eliezer pour le bediavad.

🖼️ Schéma
Comment lire Rabbi Yosse Eliezer projette le sang même sans viande. Yehochoua exige la viande. Lecture écartée : public / individu Pour le public, Rabbi Yehochoua convient déjà. v Lecture retenue, puis partagée Rabbi Eliezer : bediavad. Rabbi Yehochoua : lekhatehila. En bediavad, Yehochoua convient aussi si le sang a été projeté. Touma Yehochoua convient en bediavad Le tzitz fait agréer Perdu ou brûlé Yehochoua ne convient pas Yosse suit Eliezer en bediavad
Public écarté. Puis bediavad et lekhatehila, partagés entre touma et perte ou brûlage.
4
מתני׳ נטמא בשר וחלב קיים — אינו זורק את הדם. נטמא החלב והבשר קיים — זורק את הדם. ובמוקדשים אינו כן, אלא אף על פי שנטמא הבשר והחלב קיים — זורק את הדם.

Michna. La viande s'est souillée et le helev demeure : on ne projette pas le sang.

Le helev s'est souillé et la viande demeure : on projette le sang. Pour les kodashim, il n'en va pas ainsi : même si la viande s'est souillée et que le helev demeure, on projette le sang.

📜 Rachi (2)
מתני' נטמא בשר וחלב קיים אין זורק את הדם אפי' לר' אליעזר דעיקר פסח לאכילת אדם קאתי:
Michna. La viande s'est souillée et le helev demeure, on ne projette pas le sang : même selon Rabbi Eliezer, car l'essentiel du Pessa'h vient pour l'akhila de l'homme.
ובמוקדשין אינו כן אפילו לר' יהושע שאפילו נטמא בשר וחלב קיים זורק את הדם דהא תרתי איכא מתיר ושיריים שהדם מתיר אימורין למזבח:
Et pour les kodashim il n'en va pas ainsi : même selon Rabbi Yehochoua. Même si la viande s'est souillée et que le helev demeure, on projette le sang. Car il y a les deux : le matir et les restes. Le sang rend les imourim permis pour l'autel.
💡 Explication

Pour le Pessa'h, la viande mangée est l'essentiel. Souillée, elle ne se mange plus : on ne projette pas, même si le helev est intact. Si le helev seul est souillé et que la viande demeure, on projette.

Pour les autres kodashim, le sang est le matir des imourim. Tant que le helev est là pour l'autel, on projette, même si la viande est souillée.

🖼️ Schéma
Michna : viande, helev, zerika Le Pessa'h vise l'akhila. Les autres kodashim gardent les imourim pour l'autel. Cas Pessa'h Autres kodashim Viande souillée helev intact On ne projette pas On projette Helev souillé viande intacte On projette le sang
Pessa'h : viande souillée, pas de zerika. Autres kodashim : le helev intact suffit.
5
גמ׳ אמר רב גידל אמר רב: אם זרק — הורצה. והא בעינן אכילה! אכילה לא מעכבא.

Guemara. Rav Guidel a dit au nom de Rav : si l'on a projeté le sang, c'est agréé.

Mais nous exigeons l'akhila ! L'akhila n'est pas me'akev.

📜 Rachi (2)
גמ' הורצה ופטור מלעשות פסח שני:
Guemara. C'est agréé : et il est dispensé de faire un Pessa'h cheni.
לא מעכבא כפרה בדיעבד:
Elle n'est pas me'akev : la kappara vaut en bediavad.
💡 Explication

La michna interdit la zerika d'emblée quand la viande du Pessa'h est souillée. Rav ajoute le bediavad : si le sang a tout de même été projeté, hurtza. On est dispensé du Pessa'h cheni.

L'objection : le Pessa'h exige l'akhila. Réponse de Rav : l'akhila n'est pas me'akev. Son absence n'empêche pas la kappara après coup.

6
והא כתיב: ״איש לפי אכלו״?! למצוה.

Mais il est écrit : "un homme selon sa consommation" ? C'est pour la mitsva.

💡 Explication

Chemoth 12, 4, ich lefi okhlo, semble exiger l'akhila. Rav répond : le verset fixe une mitsva à accomplir. Il ne rend pas l'offrande passoul si l'on n'a pas mangé.

7
ולעכב לא? והתניא: ״במכסת״, מלמד שאין הפסח נשחט אלא למנויו. יכול שחטו שלא למנויו יהא כעובר על המצוה וכשר — תלמוד לומר: ״איש לפי אכלו תכסו״, הכתוב שנה עליו לעכב.

Et pour être me'akev, non ? Or on enseigne : "au nombre", cela enseigne que le Pessa'h n'est abattu que pour ses inscrits.

On pourrait dire : s'il l'a abattu hors de ses inscrits, il sera comme celui qui transgresse la mitsva, et c'est valable. Le verset enseigne : "un homme selon sa consommation, vous compterez".

L'Écrit l'a répété à son sujet pour que ce soit me'akev.

🗂️ Tossefot (1)
ולעכב לא והתניא במכסת נפשות תימה לר"י והא קרא בשחיטה כתיב ומהתם נפקא דמחשבת אוכלין פסלה בשחיטה אבל בזריקה אמרן לעיל דאין מחשבת אוכלין בזריקה והיכי פריך משחיטה אזריקה ואומר ר"י דווקא מחשבת אוכלין ליתא בזריקה אלא בשחיטה אבל כשאין לו אוכלין לגמרי אף בשעת זריקה סברא היא דפסול שהיא עיקר עבודה כיון דבשעת שחיטה הקפיד הכתוב אפילו אמחשבה:
Et pour être me'akev, non ? Or on enseigne : au nombre des personnes. Étonnement de Rabbi Yitshak : le verset est écrit au sujet de la chehita, et de là on apprend que la mahshava des mangeurs invalide à la chehita. Mais pour la zerika, nous avons dit plus haut qu'il n'y a pas de mahshava des mangeurs à la zerika. Comment objecter de la chehita à la zerika ? Rabbi Yitshak dit : précisément, la mahshava des mangeurs n'a pas lieu à la zerika, seulement à la chehita. Mais quand il n'a pas de mangeurs du tout, même au moment de la zerika, il est logique que ce soit passoul, car elle est l'avoda principale, puisqu'au moment de la chehita l'Écrit à été strict même pour une pensée.
💡 Explication

Bemikhsat enseigne qu'on n'abat le Pessa'h que pour ses menouyim, les inscrits. Le verset répète takhossou : abattre hors des inscrits n'est pas une simple mitsva négligée. C'est me'akev, l'offrande est passoul.

Les mangeurs sont ensuite rapprochés des inscrits. S'il n'y a personne pour manger, le Pessa'h serait passoul, contre Rav. Tossefot limite l'objection : une mahshava de mangeurs ne joue qu'à la chehita. L'absence totale de mangeurs, elle, atteint aussi la zerika.

8
ואיתקש אוכלין למנויין.

Et les mangeurs sont rapprochés des inscrits.

📜 Rachi (1)
אוכלין חולה וזקן:
Les mangeurs : le malade et le vieillard.
💡 Explication

Le hekesh met les okhlin au rang des menouyim. Abattre pour qui n'est pas inscrit est me'akev. Abattre pour un malade ou un vieillard, inaptes à manger, l'est aussi.

9
אלא רב דאמר כרבי נתן, דאמר: אכילת פסחים לא מעכבא.

Plutôt, Rav a parlé selon Rabbi Natan, qui a dit : l'akhila des Pessahim n'est pas me'akev.

📜 Rachi (1)
רב דאית ליה אכילת פסחים לא מעכבא דאמר כר' נתן:
Rav : il tient que l'akhila des Pessahim n'est pas me'akev, car il a parlé selon Rabbi Natan.
💡 Explication

Rav ne suit pas les Sages, pour qui l'akhila est me'akev. Il suit Rabbi Natan : on peut s'acquitter du Pessa'h même si l'akhila n'a pas eu lieu.

10
הי רבי נתן? אילימא הא רבי נתן דתניא, רבי נתן אומר: מנין שכל ישראל יוצאין בפסח אחד — תלמוד לומר: ״ושחטו אתו כל קהל עדת ישראל בין הערבים״, וכי כל הקהל שוחטין? והלא אין שוחט אלא אחד! אלא מלמד שכל ישראל יוצאין בפסח אחד.

Quel Rabbi Natan ? Si tu dis ce Rabbi Natan-ci, car on enseigne : Rabbi Natan dit : d'où vient que tout Israël s'acquitte par un seul Pessa'h ?

Le verset enseigne : "et tout l'assemblée de la communauté d'Israël l'abattra entre les deux soirs". Est-ce que toute l'assemblée abat ?

Un seul abat ! Cela enseigne donc que tout Israël s'acquitte par un seul Pessa'h.

📜 Rachi (1)
יוצאין בפסח אחד ואע"פ שאין בו כזית לכל אחד אלמא אכילה לא מעכבא:
Ils s'acquittent par un seul Pessa'h : même s'il n'y a pas un kazayit pour chacun. On en voit que l'akhila n'est pas me'akev.
💡 Explication

Première baraïta de Rabbi Natan, sur Chemoth 12, 6. "Toute l'assemblée l'abattra" ne peut pas vouloir dire que chacun abat. Un seul abat, et tout Israël peut s'en acquitter.

Rachi en tire qu'un seul animal suffit même sans kazayit par personne. Ce serait une preuve que l'akhila n'est pas me'akev. La Guemara va l'écarter.

11
דילמא שאני התם, דאי ממשכי הני חזי להני, ואי ממשכי הני חזי להני!

Peut-être que là-bas c'est différent : si ceux-ci se retirent, il convient à ceux-là, et si ceux-là se retirent, il convient à ceux-ci.

📜 Rachi (2)
דאי מימשכי הני מה שיש בהן יותר מכזית לכל אחד חזי להני הנשארים:
Si ceux-ci se retirent : ce qu'ils ont en plus d'un kazayit pour chacun convient à ceux qui restent.
ואי מימשכי הני כו' אישתכח דחזי לכולהו דהי מינייהו מפקת הלכך אע"ג דלא אימשיך חד מינייהו פטורין אבל ניטמא לא חזי אפילו לחד:
Et si ceux-là se retirent, etc. : il se trouve qu'il convient à tous, car lequel d'entre eux fais-tu sortir ? Dès lors, même si aucun d'eux ne s'est retiré, ils sont dispensés. Mais s'il s'est souillé, il ne convient même pas à un seul.
🗂️ Tossefot (1)
שאני התם דאי מימשכי הני כו' תימה לרשב"א והא בשעת זריקה אינם יכולים לימשך ונמצא דהשתא לא חזי לאכילה וי"ל דדילמא ר' נתן סבר כר"ש דתנן לקמן בפרק האשה (פסחים דף פט.) נמנין ומושכין ידיהם עד שיזרק הדם אי נמי נטמאו מקצתן או שמתו חזי להני:
Là-bas c'est différent, si ceux-ci se retirent, etc. Étonnement du Rachba : au moment de la zerika, ils ne peuvent plus se retirer, et il se trouve qu'à présent il ne convient pas à l'akhila. On peut répondre : peut-être Rabbi Natan tient comme Rabbi Chimon, car on enseigne plus loin au chapitre Ha-icha (Pessahim 89a) : on s'inscrit et l'on retire ses mains jusqu'à ce que le sang soit projeté. Ou encore : si une partie d'entre eux s'est souillée, ou s'ils sont morts, il convient à ceux-là.
💡 Explication

Le Pessa'h unique de tout Israël reste apte : si un groupe se retire, le kazayit libéré revient aux autres. Chacun aurait pu manger. L'absence de kazayit effectif ne prouve donc pas que l'akhila n'est pas me'akev.

Le cas de la michna est autre. Une viande souillée ne convient à personne, même si les autres se retirent.

12
אלא, הא רבי נתן דתניא: נמנו עליו חבורה אחת, וחזרו ונמנו עליו חבורה אחרת, ראשונים שיש להן כזית, אוכלין — ופטורין מלעשות פסח שני, אחרונים שאין להם כזית, אין אוכלין — וחייבין לעשות פסח שני.

Plutôt, c'est ce Rabbi Natan-ci, car on enseigne : une havoura s'est inscrite sur lui, puis une autre havoura s'est inscrite sur lui. Les premiers, qui ont un kazayit, mangent, et ils sont dispensés de faire un Pessa'h cheni.

Les derniers, qui n'ont pas de kazayit, ne mangent pas, et ils sont tenus de faire un Pessa'h cheni.

📜 Rachi (1)
נימנו עליו עד שהיה כזית לכל אחד:
Ils se sont inscrits sur lui : jusqu'à ce qu'il y ait un kazayit pour chacun.
💡 Explication

Deux havouras sur le même Pessa'h, et la viande ne couvre pas tout le monde. Les premiers ont leur kazayit : ils mangent et sont quittes. Les derniers n'en ont pas : ils ne mangent pas, et ils doivent un Pessa'h cheni.

🖼️ Schéma
Deux havouras sur un seul Pessa'h Premiers Un kazayit chacun Ils mangent Dispensés du Pessa'h cheni Derniers Pas de kazayit Ils ne mangent pas Tenus au Pessa'h cheni Rabbi Natan : les uns et les autres sont dispensés Le sang a déjà été projeté. L'akhila n'est pas me'akev.
Tanna kamma : seul le groupe qui a un kazayit est quitte. Rabbi Natan dispense les deux.
13
רבי נתן אומר: אלו ואלו פטורין מלעשות פסח שני, שכבר נזרק הדם.

Rabbi Natan dit : les uns et les autres sont dispensés de faire un Pessa'h cheni, car le sang a déjà été projeté.

💡 Explication

Pour Rabbi Natan, la zerika suffit. Même le groupe sans kazayit est dispensé du Pessa'h cheni. L'akhila n'est pas me'akev.

14
אכתי: דילמא שאני התם, דאי ממשכי הני חזי להו. אם כן, ליתני: הואיל וראויים לימשך, מאי ״שכבר נזרק הדם״? שמע מינה בדם תליא מילתא, אבל אכילה לא מעכבא.

Encore : peut-être que là-bas c'est différent, car si ceux-ci se retirent, il leur convient. S'il en est ainsi, qu'on enseigne : puisqu'ils sont aptes à se retirer.

Pourquoi "car le sang a déjà été projeté" ? Apprends-en que la chose dépend du sang, et que l'akhila n'est pas me'akev.

💡 Explication

On pourrait encore dire que les derniers sont quittes parce que les premiers peuvent se retirer et leur laisser un kazayit.

Rabbi Natan ne dit pas cela. Il dit : le sang a déjà été projeté. La quittance dépend donc de la zerika. L'akhila n'est pas me'akev. C'est cette baraïta que Rav suit.

15
מאי דוחקיה דרב דמוקים לה מתניתין לכתחלה, ורבי נתן? נוקמה כרבנן, ואפילו דיעבד נמי לא! רב מתניתין קשיתיה: אמאי (תני) ״אין זורק את הדם״? ליתני ״פסול״. אלא שמע מינה: ״אין זורק״ — לכתחלה, אבל דיעבד שפיר דמי.

Qu'est-ce qui presse Rav d'établir la michna en lekhatehila, et selon Rabbi Natan ? Établissons-la selon les Sages, et même en bediavad, non !

La michna faisait difficulté à Rav : pourquoi (enseigne-t-elle) "on ne projette pas le sang" ? Qu'elle enseigne "passoul".

Apprends-en : "on ne projette pas", c'est le lekhatehila, mais en bediavad c'est valable.

📜 Rachi (2)
ומאי דוחקיה דרב לאוקמא למתני' כר' נתן דלא מעכבא ולמימרא דמתני' לכתחילה קאמר הא אם זרק הורצה:
Et qu'est-ce qui presse Rav : établir la michna selon Rabbi Natan, pour qui ce n'est pas me'akev, et dire que la michna parle en lekhatehila, mais que si l'on a projeté le sang, c'est agréé.
נוקמה כרבנן ונימא דמתני' אפי' בדיעבד פסול:
Établissons-la selon les Sages : et disons que la michna, même en bediavad, est passoul.
💡 Explication

Autre lecture possible : la michna suivrait les Sages, et la zerika resterait sans effet même après coup.

Rav s'appuie sur le mot. La michna dit ein zorek, "on ne projette pas", et non passoul. L'interdit vise le lekhatehila. En bediavad, si le sang a été projeté, l'offrande est agréée.

🖼️ Schéma
L'akhila est-elle me'akev ? Rav lit la michna selon Rabbi Natan. Le mot de la michna décide. Rabbi Natan, et Rav L'akhila n'est pas me'akev Lekhatehila : on ne projette pas Bediavad : si l'on a projeté, agréé Dispensé du Pessa'h cheni Le verset exige un homme apte à l'akhila La viande peut manquer après coup Les Sages L'akhila est me'akev Même bediavad : passoul La michna dirait : passoul Mangeurs rapprochés des inscrits Il faut un kazayit de viande apte à être mangée Pourquoi Rav refuse la lecture des Sages La michna dit "on ne projette pas", et non "passoul". Donc lekhatehila seulement.
Rabbi Natan : l'akhila n'empêche pas. Les Sages : elle empêche. Le mot de la michna tranche pour Rav.
16
ולרבי נתן, ״איש לפי אכלו״ למה לי? דבעינן גברא דחזי לאכילה.

Et pour Rabbi Natan, pourquoi me faut-il "un homme selon sa consommation" ? Parce que nous exigeons un homme apte à l'akhila.

🗂️ Tossefot (1)
ולרבי נתן איש לפי אכלו למה לי דבעינן גברא דחזי לאכילה וא"ת לרבנן נמי לישני הכי לעיל כי פריך ולעכב לא לימא כי אתא קרא לעכב היינו דבעינן גברא חזי לאכילה אבל בשר לא ולאו פירכא היא דרבנן בעו בשר חזי לאכילה כדתניא לעיל אחרונים שאין להם כזית אינם אוכלין וחייבין לעשות פסח שני והא נמי לא תיקשי אמאי לא משני לר' נתן איש לפי אכלו למצוה כדבעי למימר לעיל משום דלא אשכחן תנא דלא מקיש אוכלין למנויין אלא זקני דרום לחודייהו בפרק שני דזבחים (דף כג.) ולמאי דמוקי מתני' כר' נתן צ"ל דיוצאין בפסח אחד דקאמר היינו דוקא דיעבד:
Et pour Rabbi Natan, pourquoi me faut-il "un homme selon sa consommation" : parce que nous exigeons un homme apte à l'akhila. Et si tu dis : pour les Sages aussi, qu'on réponde ainsi plus haut, quand on objecte "et pour être me'akev, non". Qu'on dise : quand le verset vient pour être me'akev, c'est que nous exigeons un homme apte à l'akhila, mais pour la viande, non. Cette remarque ne fait pas objection : les Sages exigent une viande apte à l'akhila, comme on enseigne plus haut : les derniers, qui n'ont pas de kazayit, ne mangent pas et sont tenus de faire un Pessa'h cheni. Et ceci non plus ne fait pas difficulté : pourquoi ne répond-on pas, pour Rabbi Natan, que "un homme selon sa consommation" est pour la mitsva, comme on voulait dire plus haut ? Parce que nous n'avons trouvé de tanna qui ne rapproche pas les mangeurs des inscrits, sinon les Anciens du Sud seulement, au deuxième chapitre de Zevahim (23a). Et selon ce qui établit la michna selon Rabbi Natan, il faut dire que "ils s'acquittent par un seul Pessa'h", dont il parle, ne vaut que pour le bediavad.
💡 Explication

Chez Rabbi Natan, le verset ne rend pas l'akhila me'akev. Il reste pour exiger un gavra apte à manger : malade ou vieillard, on n'abat pas pour lui.

Tossefot refuse de prêter cette réponse aux Sages. Eux exigent aussi une viande apte, comme le montre le groupe sans kazayit. Et l'on ne ramène pas le verset à une simple mitsva : seul les Anciens du Sud ne font pas le hekesh des mangeurs aux inscrits.

17
מאן תנא להא דתנו רבנן: שחטו לאוכליו וזרקו דמו שלא לאוכליו — הפסח עצמו כשר, ואדם יוצא בו ידי חובתו. כמאן? נימא רבי נתן היא, ולא רבנן?

Qui est le tanna de ce qu'ont enseigné les Sages : on l'a abattu pour ses mangeurs, et l'on a projeté son sang hors de ses mangeurs, le Pessa'h lui-même est valable, et l'homme s'en acquitte de son obligation. Selon qui ?

Dirons-nous : c'est Rabbi Natan, et non les Sages ?

📜 Rachi (2)
פסח עצמו כשר קס"ד לזרוק דמו ולהקטיר חלבו אבל לאכילה לא וקתני ואדם יוצא בו ידי חובתו:
Le Pessa'h lui-même est valable : nous pensions d'abord, pour projeter son sang et faire fumer son helev, mais non pour l'akhila. Et l'on enseigne : et l'homme s'en acquitte de son obligation.
ור' נתן היא דאמר אכילה לא מעכבא ולא בעי ר' נתן גברא דחזי לאכילה ומתניתא קמייתא מוקי ר' אלעזר כרבנן:
Et c'est Rabbi Natan : qui dit que l'akhila n'est pas me'akev, et Rabbi Natan n'exige pas un homme apte à l'akhila. Et la première baraïta, Rabbi Elazar l'établit selon les Sages.
🗂️ Tossefot (1)
לימא ר' נתן היא כו' תימה לר"י והיכי מיתוקמא כר' נתן והא ר' נתן ורבנן לא פליגי אלא בבשר אבל בגברא לכ"ע בעינן גברא דחזי לאכילה ועוד א"כ אפילו שחטו שלא לאוכליו נמי ואמאי נקט שחטו לאוכליו ועוד היכי תיסק אדעתיה למימר השתא דיש מחשבת אוכלין בזריקה הא פשוט בכולי גמרא דאין מחשבת אוכלין בזריקה כדמוכח בזבחים (דף ד.) ובתמיד נשחט לעיל (דס"ח.) ושם הבאתי ונראה לר"י דה"פ נזרק דמו שלא לאוכליו לא שנזרק שלא לשם אוכליו אלא שבשעת זריקה היו הבעלים חולים והשתא קאמר כמאן כר' נתן דמשמע ליה כיון דר' נתן מיקל כולי האי ולא בעי שיהא בשר ראוי לאכילה ה"נ לא חייש אם אין בעלים ראויין בשעת זריקה אבל רבנן דמחמרי ובעו שיהא בשר ראוי לאכילה ה"ה דבעו שיהו הבעלים ראויים לאכילה בשעת זריקה וה"נ סבר ר' אלעזר בסמוך דלא בעי ר' נתן גברא חזי אלא בשחיטה דווקא:
Dirons-nous que c'est Rabbi Natan, etc. Étonnement de Rabbi Yitshak : comment l'établir selon Rabbi Natan ? Rabbi Natan et les Sages ne divergent que sur la viande. Pour l'homme, tout le monde exige un homme apte à l'akhila. De plus, s'il en est ainsi, même s'il l'a abattu hors de ses mangeurs, ce serait pareil. Pourquoi a-t-il pris "on l'a abattu pour ses mangeurs" ? De plus, comment vient-il à l'esprit de dire maintenant qu'il y a une mahshava des mangeurs à la zerika ? Il est clair dans toute la Guemara qu'il n'y a pas de mahshava des mangeurs à la zerika, comme il ressort de Zevahim (4a) et de Tamid Nishhat plus haut (68a), et là je l'ai rapporté. Il paraît à Rabbi Yitshak que voici le sens : "on a projeté son sang hors de ses mangeurs", cela ne veut pas dire qu'on l'a projeté sans viser ses mangeurs, mais qu'au moment de la zerika les propriétaires étaient malades. Et maintenant il dit : selon qui ? Selon Rabbi Natan. Car il comprend : puisque Rabbi Natan allège à ce point et n'exige pas que la viande soit apte à l'akhila, de même il ne se soucie pas si les propriétaires ne sont pas aptes au moment de la zerika. Mais les Sages, qui sont stricts et exigent que la viande soit apte à l'akhila, exigent de même que les propriétaires soient aptes à l'akhila au moment de la zerika. Et Rabbi Elazar, plus loin, tient aussi que Rabbi Natan n'exige un homme apte qu'à la chehita.
💡 Explication

La baraïta sépare les deux avodot. Chehita pour des gens aptes à manger, zerika pour des gens inaptes : le Pessa'h reste valable, et l'on s'en acquitte.

La Guemara propose d'abord Rabbi Natan seul. Tossefot relit "hors de ses mangeurs" : les propriétaires sont malades à la zerika, sans qu'il y ait une mahshava d'inaptes pendant la projection.

18
אפילו תימא רבנן, אין מחשבת אוכלין בזריקה.

Même si tu dis les Sages : il n'y a pas de mahshava des mangeurs à la zerika.

📜 Rachi (1)
אין מחשבת אוכלין חולה וזקן בזריקת דם דאיש לפי אכלו לגבי שחיטה כתיב:
Il n'y a pas de mahshava des mangeurs : le malade et le vieillard, à la projection du sang. Car "un homme selon sa consommation" est écrit au sujet de la chehita.
💡 Explication

La baraïta peut suivre les Sages. Une intention d'inaptes, malade ou vieillard, ne passoul qu'à la chehita, là où est écrit ich lefi okhlo. À la zerika, cette mahshava ne joue pas.

19
מאן תנא להא דתנו רבנן: הרי שהיה חולה בשעת שחיטה וחלים בשעת זריקה, חלים בשעת שחיטה וחולה בשעת זריקה. אין שוחטין וזורקין עליו, עד שיהא חלים משעת שחיטה עד שעת זריקה. כמאן? נימא רבנן היא, ולא רבי נתן? אפילו תימא רבי נתן, גברא דחזי לאכילה בעינן.

Qui est le tanna de ce qu'ont enseigné les Sages : voici qu'il était malade au moment de la chehita et bien portant au moment de la zerika, bien portant au moment de la chehita et malade au moment de la zerika. On n'abat pas et on ne projette pas pour lui, jusqu'à ce qu'il soit bien portant depuis le moment de la chehita jusqu'au moment de la zerika.

Selon qui ? Dirons-nous : c'est les Sages, et non Rabbi Natan ?

Même si tu dis Rabbi Natan : nous exigeons un homme apte à l'akhila.

📜 Rachi (2)
חלים בריא:
Bien portant : en bonne santé.
גברא דחזי לאכילה בעי' דכי כתיב איש לפי אכלו אגברא כתיב דליהוי גברא בר אכילה אבל פסח לא איכפת לן אי לא חזי:
Nous exigeons un homme apte à l'akhila : car quand il est écrit "un homme selon sa consommation", c'est écrit sur l'homme, pour qu'il y ait un homme apte à manger. Mais pour le Pessa'h, peu nous importe s'il n'est pas apte.
💡 Explication

Deux cas symétriques : malade seulement à la chehita, ou malade seulement à la zerika. On n'agit pour lui que s'il est bien portant d'un bout à l'autre.

Cela peut suivre Rabbi Natan. Lui aussi exige un gavra hazi la-akhila. Ce qu'il n'exige pas, c'est que le Pessa'h lui-même reste apte à être mangé.

🖼️ Schéma
L'homme doit être apte de la chehita à la zerika Chehita Zerika tout l'intervalle : bien portant Malade à la chehita bien portant à la zerika On n'abat pas, on ne projette pas Bien portant à la chehita malade à la zerika On n'abat pas, on ne projette pas
L'aptitude de l'homme se juge sur tout l'intervalle, de la chehita à la zerika.
20
מאן תנא להא דתנו רבנן: שחטו בטהרה, ואחר כך נטמאו הבעלים — יזרק הדם בטהרה, ואל יאכל בשר בטומאה. כמאן?

Qui est le tanna de ce qu'ont enseigné les Sages : on l'a abattu en pureté, et ensuite les propriétaires se sont souillés. Que le sang soit projeté en pureté, et que la viande ne soit pas mangée en touma.

Selon qui ?

📜 Rachi (1)
יזרק בטהרה בכהנים וכלי שרת טהורין:
Qu'il soit projeté en pureté : par des kohanim et des ustensiles de service purs.
💡 Explication

La chehita a eu lieu en tahara. Les propriétaires deviennent temeim ensuite. On projette quand même le sang en pureté, avec des kohanim et des kelim purs. On ne mange pas la viande en touma.

21
אמר רבי (אליעזר): במחלוקת שנויה, ורבי נתן היא. ורבי יוחנן אמר: אפילו תימא רבנן היא. הכא במאי עסקינן — בציבור, דאפילו בטומאה נמי עבדי.

Rabbi (Eliezer) a dit : elle est enseignée dans la mahloket, et c'est Rabbi Natan. Et Rabbi Yo'hanan a dit : même si tu dis que c'est les Sages.

De quoi s'agit-il ici ? Du public, car même en touma ils le font aussi.

📜 Rachi (2)
ור' נתן היא דאמר אכילה לא מעכבא ולא בעי ר' נתן גברא דחזי לאכילה ומתניתא קמייתא מוקי ר' אלעזר כרבנן:
Et c'est Rabbi Natan : qui dit que l'akhila n'est pas me'akev, et Rabbi Natan n'exige pas un homme apte à l'akhila. Et la première baraïta, Rabbi Elazar l'établit selon les Sages.
הכא במאי עסקינן בציבור שנטמאו רוב ציבור בין שחיטה לזריקה כגון שמת הנשיא ונטמאו הילכך גברי דחזו לאכילה נינהו:
De quoi s'agit-il ici, du public : la majorité du public s'est souillée entre la chehita et la zerika, par exemple le nassi est mort et ils se sont souillés. Dès lors, ce sont des hommes aptes à l'akhila.
💡 Explication

Rabbi Eliezer range la baraïta dans la mahloket, du côté de Rabbi Natan : on projette même si l'akhila n'aura pas lieu.

Rabbi Yo'hanan la fait tenir même selon les Sages. Le cas est un public : la majorité est devenue temei entre chehita et zerika, par exemple à la mort du nassi. Pour le public, on fait le Pessa'h même en touma. Ces gens restent aptes à manger : leur défaut est la touma, pas la maladie.

22
אי בציבור, אמאי אין הבשר נאכל בטומאה? גזירה שמא יטמאו הבעלים לאחר זריקה, ויאמרו: אשתקד לא נטמאנו ואכלנו? השתא נמי ניכול. ולא ידעי דאשתקד כי איזדריק דם, בעלים טמאים הוו, השתא בעלים טהורין הוו.

Si c'est le public, pourquoi la viande n'est-elle pas mangée en touma ? C'est une gezera, de crainte que les propriétaires se souillent après la zerika et qu'ils disent : l'an passé, ne nous sommes-nous pas souillés, et nous avons mangé ?

Maintenant aussi, mangeons. Et ils ne savent pas que l'an passé, quand le sang a été projeté, les propriétaires étaient impurs, alors que maintenant les propriétaires étaient purs.

📜 Rachi (2)
גזירה שמא לשנה אחרת יטמאו ציבור אחר זריקה:
Décret, de crainte : l'année suivante, le public se souillerait après la zerika.
ויאמרו אשתקד מי לא היינו טמאין בשעת אכילה ואכלנו ואע"פ ששחיטתו בטהרה השתא נמי אע"פ ששחיטתו וזריקתו בטהרה ניכול בשר בטומאה ולא ידעי דאשתקד בעידנא דהוי זריקת הדם טמאין הוו והוה ליה פסח הבא בטומאה:
Et ils diraient, l'an passé : n'étions-nous pas impurs au moment de l'akhila, et nous avons mangé, bien que sa chehita ait eu lieu en pureté. Maintenant aussi, bien que sa chehita et sa zerika aient eu lieu en pureté, mangeons la viande en touma. Et ils ne savent pas que l'an passé, au moment de la projection du sang, ils étaient impurs, et c'était un Pessa'h qui vient en touma.
💡 Explication

Pour un public impur, on mange d'ordinaire le Pessa'h en touma. Ici la baraïta l'interdit. La raison est une gezera.

L'an prochain, des gens souillés après la zerika diraient : l'an passé nous étions impurs et nous avons mangé. Ils oublieraient le point décisif. L'an passé, ils étaient déjà impurs à la zerika : c'était un Pessa'h ba be-touma. Cette année, ils étaient purs au moment du sang. Un Pessa'h fait en pureté ne se mange pas en touma.

🖼️ Schéma
Pourquoi ne pas manger en touma Le moment qui compte est la zerika, pas l'akhila. L'an passé Chehita en pureté Propriétaires impurs à la zerika Pessa'h qui vient en touma Ils ont mangé en touma Cette année Chehita en pureté Propriétaires purs à la zerika Souillés seulement après On ne mange pas en touma Gezera : l'an prochain, ils confondraient les deux et mangeraient en touma.
L'an passé, impurs à la zerika : on a mangé. Cette année, purs à la zerika : la gezera interdit de manger.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).