Sougya : L'amoud tranche la tension laissรฉe en 77b : la pesula de Rabbi Yehochoua vise le particulier, la michna qui fait venir les offrandes vise le public. La gemara demande si cette michna peut suivre Rabbi Yosse, pour qui le tzitz ne fait pas agrรฉer les akhilot.
Avec Rabbi Eliezer, la consรฉquence pratique est le piggul et la sortie de la me'ila. Rav Mari bloque ensuite les deux pains, qui n'ont rien sur l'autel, et l'aspersion du kohen gadol รฉcarte l'idรฉe que Rabbi Yosse tiendrait la touma pour permise.
La fin examine son mot : il voit ร la fois Rabbi Eliezer et Rabbi Yehochoua, dans les zevahim et dans les menahot.
Plutรดt, il n'y a pas de difficultรฉ : ici, pour le particulier ; lร , pour le public.
L'amoud prรฉcรฉdent laissait pesula en face de la michna, oรน ces offrandes viennent. La gemara coupe en deux : la pesula vise le particulier, la michna vise le public.
Rachi lit le public comme une touma permise (houtara). Le RI lit une touma รฉcartรฉe (dehouya), avec un tzitz qui ratifie les akhilot, et un interdit d'emblรฉe rabbinique pour le particulier. De la Torah, l'รฉcart qui reste est la touma du corps.
Dirons-nous que la michna ne suit pas Rabbi Yosse ? Car on a enseignรฉ : Rabbi Eliezer dit : le tzitz fait agrรฉer les akhilot.
Rabbi Yosse dit : le tzitz ne fait pas agrรฉer les akhilot.
Les akhilot sont les parts destinรฉes ร รชtre mangรฉes. Les olin montent sur l'autel. Si Rabbi Yosse refuse l'agrรฉment du tzitz sur les akhilot, il semble exiger le sang et la viande, comme Rabbi Yehochoua. La michna fait venir des offrandes en touma : la part mangรฉe n'est plus lร comme part valide.
Il te vient ร l'esprit : du fait que Rabbi Yosse a dit que le tzitz ne fait pas agrรฉer les akhilot, il tient comme Rabbi Yehochoua, qui a dit : nous avons besoin des deux. Dirons-nous maintenant que la michna ne suit pas Rabbi Yosse ?
La gemara รฉpelle l'infรฉrence. Refuser l'agrรฉment sur les akhilot n'a de sens, ร premiรจre vue, que si les deux parts sont exigรฉes. Sinon le sang seul ferait dรฉjร la zerika.
Non. Rabbi Yosse tient comme Rabbi Eliezer, qui a dit : le sang, mรชme s'il n'y a pas de viande.
Rabbi Yosse peut sรฉparer les deux questions. Il suit Rabbi Eliezer sur le sang sans la viande, et il refuse quand mรชme l'agrรฉment du tzitz sur les akhilot. La suite demande ร quoi cet agrรฉment sert.
S'il en est ainsi, pour quelle halakha le tzitz ne fait-il pas agrรฉer les akhilot ? Et selon ton raisonnement : Rabbi Eliezer, qui a dit que le tzitz fait agrรฉer, puisqu'il a dit : le sang, mรชme s'il n'y a pas de viande, pour quelle halakha le tzitz fait-il agrรฉer les akhilot ?
La question se retourne vers Rabbi Eliezer. Le sang suffit dรฉjร sans la viande, et les propriรฉtaires sont acquittรฉs par lร . Son mot sur les akhilot vise donc les akhilot elles-mรชmes.
Plutรดt, ils divergent pour la fixer en piggul et pour la sortir de la me'ila. Rabbi Eliezer tient : le tzitz fait agrรฉer ร son sujet, il la rend comme pure, il la fixe en piggul, et il la sort de la me'ila.
Le piggul est une pensรฉe hors temps. Il ne se fixe que si l'offrande peut รชtre agrรฉรฉe ร la maniรจre d'une offrande valide. Une viande impure est un autre dรฉfaut, sauf si le tzitz la rend comme pure.
La me'ila est le dรฉtournement d'un bien consacrรฉ. Dans les kodshei kodashim, la zerika ouvre aux kohanim un moment oรน la viande n'est plus chose sainte de Hachem. Rabbi Eliezer obtient les deux effets. La consommation en touma reste interdite.
Et Rabbi Yosse tient : le tzitz ne fait pas agrรฉer ร son sujet, il ne la rend pas comme pure, il ne la fixe pas en piggul, et il ne la sort pas de la me'ila.
Miroir de Rabbi Eliezer. Sans agrรฉment du tzitz, la zerika ne fixe pas le piggul et laisse la viande dans la me'ila.
Rav Mari objecte : mรชme en admettant que Rabbi Yosse tienne comme Rabbi Eliezer, passe pour les zevahim, il y a le sang ; l'omer aussi, il y a le kometz ; le pain de proposition aussi, il y a les bazikhin.
Une seule part suffit, selon cette lecture. Encore faut-il que cette part existe et que le tzitz puisse la ratifier. Les zevahim ont le sang. L'omer a le kometz. Le pain de proposition a les coupes d'encens, qui jouent le rรดle du kometz.
Mais les deux pains, que dire ?
Les deux pains de Chavouot sont mangรฉs en entier. Rien ne monte ร l'autel. Si le tzitz ne ratifie pas les akhilot, aucune part ne reste pour les faire venir en touma.
Et si tu dis : pour ce qui est offert avec eux, ce sont les shelamim du public. S'il en est ainsi, cela ferait quatre, et nous, nous en avons enseignรฉ cinq.
Les agneaux de Chavouot sont les shelamim du public, dรฉjร nommรฉs ร part. Les faire porter les deux pains fond les deux lignes en une. La michna compte cinq : l'omer, les deux pains, le pain de proposition, les shelamim publics, les boucs de Roch Hodech.
Plutรดt, Rabbi Yosse tient : la touma est permise pour le public.
Nouvelle lecture. En houtara, le public se passe du tzitz. Les deux pains viendraient en touma sans qu'aucune part soit ratifiรฉe.
Or on a enseignรฉ : l'un comme l'autre, on l'asperge tous les sept jours, de toutes les hatatot qui se trouvaient lร , paroles de Rabbi Meir. Rabbi Yosse dit : on ne l'asperge que le troisiรจme et le septiรจme seulement.
La baraรฏta parle du kohen sรฉparรฉ sept jours : celui qui brรปle la vache rousse, et le kohen gadol avant Kippour. Rabbi Meir asperge chaque jour, de toutes les cendres disponibles, pour couvrir un troisiรจme ou un septiรจme jour douteux. Rabbi Yosse garde le rythme ordinaire : troisiรจme et septiรจme.
Tossefot vise l'infรฉrence du dรฉbut de l'amoud. Le Rachba : Rabbi Yosse peut suivre Rabbi Eliezer, et le refus d'agrรฉment sur les akhilot joue dรฉjร pour les deux pains.
Et s'il te vient ร l'esprit que Rabbi Yosse tient que la touma est permise pour le public, ร quoi me sert l'aspersion, en tout ? Plutรดt, c'est clair : la michna ne suit pas Rabbi Yosse.
Le service de Kippour est public. Rabbi Yosse y exige encore l'aspersion. Il traite donc la touma comme รฉcartรฉe, et le tzitz reste ร sa place. Les deux pains, sans part sur l'autel, restent hors de son avis. La michna ne le suit pas.
Rav Papa dit ร Abaye : et Rabbi Yosse, est-il un acte qui fait acquรฉrir ร deux parties ? Car on a enseignรฉ : Rabbi Yosse a dit : je vois les paroles de Rabbi Eliezer dans les zevahim, et les paroles de Rabbi Yehochoua dans les zevahim, et les paroles de Rabbi Eliezer dans les menahot, et les paroles de Rabbi Yehochoua dans les menahot.
Autre baraรฏta. Rabbi Yosse dit voir juste les deux avis, dans les sacrifices animaux et dans les oblations. Un acte qui donnerait gain aux deux plaideurs ne se comprend pas comme une dรฉcision unique.
Les paroles de Rabbi Eliezer dans les zevahim, car il disait : le sang, mรชme s'il n'y a pas de viande. Les paroles de Rabbi Yehochoua dans les zevahim, car il disait : s'il n'y a pas de sang, il n'y a pas de viande ; s'il n'y a pas de viande, il n'y a pas de sang.
Les paroles de Rabbi Eliezer dans les menahot, car il disait : le kometz, mรชme s'il n'y a pas de restes. Et les paroles de Rabbi Yehochoua dans les menahot, car il disait : s'il n'y a pas de restes, il n'y a pas de kometz ; s'il n'y a pas de kometz, il n'y a pas de restes.
Le kometz est la poignรฉe brรปlรฉe. Les restes sont la part mangรฉe de la minha. Rabbi Eliezer fait tenir la part de l'autel seule. Rabbi Yehochoua lie les deux parts dans les deux sens.
Il lui dit : il รฉnonce ce qui est raisonnable. Lorsqu'il se tient dans les zevahim, il dit : il est raisonnable que, de mรชme qu'ils divergent dans les zevahim, ils divergent aussi dans les menahot.
Lorsqu'il se tient dans les menahot, il dit : il est raisonnable que, de mรชme qu'ils divergent dans les menahot, ils divergent aussi dans les zevahim.
Abaye retire l'idรฉe d'une dรฉcision double. Selon le traitรฉ qu'il รฉtudie, Rabbi Yosse dit que la mรชme mahloket a lieu dans l'autre.
Il lui dit : passe encore que, lorsqu'il se tient dans les zevahim, il dise : il est raisonnable que, de mรชme qu'ils divergent dans les zevahim, ils divergent aussi dans les menahot, car les versets principaux, lร oรน ils sont รฉcrits, le sont pour les zevahim. Mais lorsqu'il se tient dans les menahot et dit : il est raisonnable que, de mรชme qu'ils divergent dans les menahot, ils divergent aussi dans les zevahim, or les versets principaux, c'est pour les zevahim qu'ils sont รฉcrits.
Le verset "tu feras tes olot, la viande et le sang" est รฉcrit pour les zevahim. En รฉtendre la mahloket aux menahot se comprend. Partir des menahot pour l'imposer aux zevahim inverse la source.
Tossefot : pour Rech Lakich, la rรจgle stricte des restes sort du verset de la minha, alors qu'un kezayit de viande suffit ร projeter le sang. Selon Rabbi Yo'hanan, qui diverge lร -bas, le mot de Rav Papa reste en place.
Plutรดt, il n'y a pas de difficultรฉ : je vois les paroles de Rabbi Eliezer lorsqu'elle a รฉtรฉ rendue impure, et les paroles de Rabbi Yehochoua lorsqu'elle a รฉtรฉ perdue ou brรปlรฉe.
Nouvelle rรฉpartition. Impure : Rabbi Eliezer, le tzitz peut encore ratifier. Perdue ou brรปlรฉe : Rabbi Yehochoua, il n'y a plus de part sur laquelle agrรฉer.
Lorsqu'elle a รฉtรฉ rendue impure, quelle est la raison ? Parce que le tzitz fait agrรฉer.
Or tu as entendu Rabbi Yosse dire : le tzitz ne fait pas agrรฉer les akhilot.
La raison de suivre Rabbi Eliezer dans la touma serait l'agrรฉment du tzitz. Rabbi Yosse le refuse pour les akhilot. La rรฉpartition tombe.
Plutรดt, il n'y a pas de difficultรฉ : je vois les paroles de Rabbi Eliezer pour le public, je vois les paroles de Rabbi Yehochoua pour le particulier.
Derniรจre rรฉpartition de l'amoud. Le public suivrait Rabbi Eliezer, le particulier suivrait Rabbi Yehochoua.
Pour le public, quelle est la raison ? Parce que la touma est permise pour le public ?
D'abord : tu as entendu Rabbi Yosse dire que la touma est รฉcartรฉe pour le public. Et de plus : si c'est pour le public, Rabbi Eliezer rend valide, et non Rabbi Yehochoua ?
Deux reprises. Rabbi Yosse tient la touma du public pour รฉcartรฉe (dehouya). Et dans un cas public, Rabbi Yehochoua rendrait valide lui aussi : la question demande pourquoi on ne verrait que Rabbi Eliezer. L'amoud s'arrรชte lร .
Texte hรฉbreu et aramรฉen vocalisรฉ : รฉdition numรฉrique William Davidson du Talmud Koren Noรฉ, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction franรงaise, notes et schรฉmas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).