Sougya : Le daf achรจve la discussion sur la clochette dont on a retirรฉ le battant : Rava la tient pour impure puisqu'on peut encore frapper avec sur un tesson. Rabbi Yossi fils de Rabbi Hanina et Rabbi Yo'hanan donnent deux raisons diffรฉrentes ; celle de Rabbi Yo'hanan (faire boire un enfant) contredit sa position ailleurs, selon laquelle un ustensile ne reste impur que s'il garde un usage du mรชme type que son premier travail.
La Guemara inverse donc les auteurs, et le prouve par la sandale de bรชte en mรฉtal, ร propos de laquelle Rav, Rabbi Hanina et Rabbi Yo'hanan proposent trois usages humains. Le daf revient enfin ร la Michna : la 'ville d'or' que la femme ne porte pas le Chabbat est une 'Jรฉrusalem d'or'.
puisqu'elle est apte ร (en) frapper sur un tesson.
Fin de la parole de Rava (commencรฉe en 58b) : la clochette dont on a retirรฉ le battant reste impure, car elle peut encore produire un son si on la frappe sur un tesson. Elle garde donc un usage du mรชme type que son premier travail.
Rachi montre comment toutes les baraitot se concilient : bรชte (son) / adulte (parure) / enfant (son) ; et battant jamais posรฉ / battant retirรฉ.
Il a รฉtรฉ dit aussi : Rabbi Yossi fils de Rabbi Hanina a dit : puisqu'elle est apte ร (en) frapper sur un tesson. Rabbi Yo'hanan a dit : puisqu'elle est apte ร y faire boire de l'eau ร un enfant.
Deux Amoraim donnent deux raisons ร l'impuretรฉ de la clochette sans battant : frapper sur un tesson (usage du mรชme type que le premier travail : produire un son) ou faire boire un enfant (usage d'un autre type). La diffรฉrence entre ces deux raisons est l'enjeu de la suite.
Tossefot : la raison 'faire boire' vaut ici sans que la clochette ait รฉtรฉ destinรฉe ร cet usage, parce qu'elle รฉtait dรฉjร un ustensile complet et qu'un profane peut remettre le battant.
Et Rabbi Yo'hanan n'exige-t-il pas (un usage) du type du premier travail ? Or il est enseignรฉ (dans une baraita) : 'Et tout ustensile sur lequel il s'assiรฉra, etc.' (Lv 15, 4) โ on aurait pu penser : s'il a retournรฉ une (mesure d'une) sea et s'est assis dessus, s'il a retournรฉ un tarkav et s'est assis dessus, qu'il soit impur ; c'est pourquoi le verset dit : 'sur lequel le zav s'assiรฉra' โ ce qui est destinรฉ ร s'asseoir ; est exclu celui ร propos duquel on dit : 'lรจve-toi, que nous fassions notre travail'.
La Guemara oppose ร Rabbi Yo'hanan une rรจgle de l'impuretรฉ de midras : l'objet sur lequel s'assied un zav ne devient source d'impuretรฉ que s'il est destinรฉ ร s'asseoir. Un rรฉcipient retournรฉ (sea, tarkav) n'est pas concernรฉ : on dit au zav 'lรจve-toi, que nous fassions notre travail' (amod venaasรฉ melakhtenou), c'est-ร -dire que l'objet a une autre fonction.
La baraita seule ne suffit pas ร l'objection ; elle introduit la discussion du segment suivant.
Rabbi Elazar dit : pour les midrasot, on dit 'lรจve-toi, que nous fassions notre travail', et on ne dit pas, pour l'impur par un mort, 'lรจve-toi, que nous fassions notre travail'. Et Rabbi Yo'hanan a dit : on dit aussi, pour l'impur par un mort, 'lรจve-toi, que nous fassions notre travail'.
Discussion entre Rabbi Elazar et Rabbi Yo'hanan : la rรจgle 'lรจve-toi, que nous fassions notre travail' s'applique-t-elle aussi ร l'impuretรฉ du mort (toumat met) ? Rabbi Yo'hanan l'applique aussi au mort : un ustensile brisรฉ qui ne garde qu'un usage d'un autre type est pur. Cela contredit sa raison du segment 1 (faire boire un enfant).
Rachi et Tossefot (selon le Riva) lisent diffรฉremment le lien avec la baraita du tarkav : voir le schรฉma.
Inverse la premiรจre (discussion). Et qu'as-tu vu pour inverser la premiรจre ?
Inverse la derniรจre !
Ipoukh kamayta : on รฉchange les auteurs de la premiรจre discussion. Rabbi Yo'hanan dit donc 'frapper sur un tesson', et Rabbi Yossi fils de Rabbi Hanina 'faire boire un enfant'. La Guemara demande pourquoi on n'inverse pas plutรดt la seconde discussion (Rabbi Elazar / Rabbi Yo'hanan).
Parce que nous avons entendu de Rabbi Yo'hanan qu'il exige (un usage) du type du premier travail. Car il est enseignรฉ (dans une baraita) : la sandale d'une bรชte, en mรฉtal, est impure.
ร quoi est-elle apte ? Rav a dit : elle est apte ร y boire de l'eau en temps de guerre.
Et Rabbi Hanina a dit : elle est apte ร s'en oindre d'huile en temps de guerre. Et Rabbi Yo'hanan a dit : au moment oรน il fuit le combat, il la met ร ses pieds et court sur les รฉpines et sur les chardons.
Preuve que Rabbi Yo'hanan exige un usage du mรชme type que le premier travail. Un objet fait pour une bรชte ne reรงoit l'impuretรฉ que s'il sert aussi ร l'homme. Pour la sandale de bรชte en mรฉtal, Rav et Rabbi Hanina proposent des usages d'un autre type (boire, s'oindre) ; Rabbi Yo'hanan retient seulement l'usage de sandale : l'homme la chausse pour fuir.
C'est pourquoi on inverse la premiรจre discussion : Rabbi Yo'hanan ne peut pas fonder l'impuretรฉ de la clochette sur le fait de faire boire un enfant.
Quelle (diffรฉrence) y a-t-il entre Rav et Rabbi Hanina ? Il y a entre eux (le cas oรน elle est) rรฉpugnante (demais).
Nafka mina (consรฉquence pratique) entre Rav et Rabbi Hanina : une sandale rรฉpugnante. Personne n'y boirait (Rav : pure), mais on peut encore s'en oindre (Rabbi Hanina : impure).
Entre Rabbi Yo'hanan et Rabbi Hanina ? Il y a entre eux (le cas oรน elle est) lourde (dyakir).
Une sandale lourde : on peut encore s'en oindre (Rabbi Hanina : impure), mais on ne peut pas fuir en la portant (Rabbi Yo'hanan : pure). La glose de Rachi sur ce point figure au segment prรฉcรฉdent.
'Ni avec une ville d'or.' Qu'est-ce que 'une ville d'or' ? Rabba bar bar Hana a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : une Jรฉrusalem d'or (Yerouchalayim dedahava),
Retour ร la Michna (57a) : la femme ne sort pas le Chabbat avec une 'ville d'or'. Rabbi Yo'hanan l'identifie ร une 'Jรฉrusalem d'or', une parure gravรฉe de l'image de la ville.
Rachi y voit une broche ; Rabbenou Tam (Tossefot, Roch) une couronne portรฉe sur la tรชte. Le Roch anticipe la suite de la sougya (diadรจme, kelila) et tranche comme Rav : le diadรจme fixรฉ sur un fil est interdit.
Texte hรฉbreu et aramรฉen vocalisรฉ : รฉdition numรฉrique William Davidson du Talmud Koren Noรฉ, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction franรงaise, notes et schรฉmas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).