Shabbat 59b — Les parures de la femme : ville d'or, diadème, ceinture et bague à sceau

Shabbat 59b

Sougya : Le daf poursuit l'examen des parures avec lesquelles une femme peut sortir le Chabbat dans le domaine public. Une baraita oppose Rabbi Meir, les Hakhamim et Rabbi Eliezer sur la 'ville d'or' : fardeau, parure interdite par crainte qu'elle ne l'enlève pour la montrer, ou parure d'une femme importante qui ne l'exhibe pas.

Rav et Chmouel discutent ensuite du diadème (kelila), selon deux versions ; l'épisode de Levi arrivant à Nehardea confirme que Rav a permis la kelila de tissu. Le daf traite encore de la ceinture précieuse (kamra), de la cape courte, du pendentif et de l'anneau de nez, puis de la bague à sceau, dont le statut dépend d'une discussion entre Rabbi Nehemia et les Rabbanan : faut-il suivre le sceau ou l'anneau ?

Sortir avec une ville d'or (ir chel zahav) le ChabbatRabbi Meirinterdit ; si elle sort : hatatHakhamiminterdit ; si elle sort : patourRabbi Eliezerpermis dès le départRaisonc'est un masoui (fardeau)Raisonc'est une parure, mais gezera :elle l'enlève pour la montrerRaisonseule une femme importante la porte ;elle ne l'enlève pas pour la montrerQuestion en jeuparure ou fardeau ? et, si parure, la crainte de l'enlever s'applique-t-elle ?
La ville d'or : fardeau pour Rabbi Meir, parure interdite par précaution pour les Hakhamim, parure permise pour Rabbi Eliezer.
Le diadème (kelila) : Rav interdit, Chmouel permet - sur quoi ?Kelila tout en métal (niskha)Bande brodée d'or (roukta)1re version(anonyme)Tous : interditon l'enlève pour la montrerDiscussionRav : le métal est l'essentiel -> interditChmouel : la bande est l'essentiel -> permisVersion deRav Achi(lekoula)DiscussionRav : crainte -> interditChmouel : femme importante-> permisTous : permisla bande est l'essentiel ; on ne l'exhibe pasRav Chmouel bar bar Hana confirme : Rav a dit kelila permise -> la version de Rav Achi est retenue.
Deux versions de la discussion entre Rav et Chmouel sur le diadème ; la version indulgente de Rav Achi est confirmée.
La bague à sceau : parure ou fardeau ?Notre michna (Chabbat)bague à sceau : hatat-> pour une femme : fardeauMichna de Kelimbague avec ou sans sceau :parure de femme (reçoit l'impureté)Rabbi Zeira : deux Tanaim différentsRabbi Nehemiaon suit le sceau (l'essentiel)sceau = objet d'homme -> fardeauRabbananon suit l'anneau (l'essentiel)anneau = parure pour la femmeExemple (baraita) : anneau de métal + sceau de corail -> Rabbanan : impure ;anneau de corail + sceau de métal -> Rabbanan : pure ; Rabbi Nehemia : impure.
La bague à sceau : la contradiction entre les deux michnayot se résout par la discussion de Rabbi Nehemia et des Rabbanan.
1
כדעבד ליה רבי עקיבא לדביתהו.

comme celle que Rabbi Akiva fit pour son épouse.

📜 Rachi (1)
כדעבד ליה ר' עקיבא לדביתהו במסכת נדרים (דף נ.):
Comme celle que Rabbi Akiva fit pour son épouse : (l'épisode est rapporté) dans le traité Nedarim (50a).
🪔 Ben Yehoyada (1)
מאי "בעיר של זהב"? רבה בר בר חנה, אמר רבי יוחנן: ירושלים דדהבא, כדעבד ליה רבי עקיבא לדביתהו. יש להקשות למאי אצטריך רבי יוחנן לומר דבר זה, ודי במה שאמר ירושלים דדהבא, שהוא מפרש לנו עיר של זהב דנקיט התנא הוא תכשיט שקורין אותו ירושלים דדהבא, דאם אין אנחנו יודעים איך היה זה התכשיט שנקרא ירושלים דדהבא, מה הרווחנו בזה הדבר שהודיע לנו שהוא כמו שעשה רבי עקיבא לדביתהו? כי רבי עקיבה לא היה בזמן ר' יוחנן כדי שידעו השומעין איך היתה צורתו של אותו תכשיט שעשה לדביתהו? ונראה לי בס"ד, כי טעם התנא דמתניתן דאוסר משום דלמא שלפא ומחווייא ואתייא לאתויי ד' אמות ברשות הרבים, ואף על גב דרבי אליעזר בברייתא מתיר משום דסבר מאן דרכה למיפק בעיר של זהב? אשה חשובה, וזו לא מחווייא! מכל מקום תנא דמתניתן אוסר בכל גוונא ואינו מחלק בין אשה 'חשובה' לאשה 'פשוטה' ולזה סיים רבי יוחנן כדעבד ליה רבי עקיבא לדביתהו שהיתה אשה חשובה ונדר לה לעשות לה תכשיט זה שהוא של נשים חשובות כמו שנאמר בגמרא דנדרים (דף נו"ן), ובא רבי יוחנן ללמדנו בזה דהתנא איירי אפילו בתכשיט המיוחד לנשים חשובות דאין דרכם לשלפו ולהראותו, ולא תימא דגם זה התכשיט של ירושלים דדהבא דאוסרו התנא הוא אינו מיוחד לנשים חשובות ולהכי אוסרו. ועוד נראה לי בס"ד, מה שהוצרך רבי יוחנן לפרש כדעבד ליה רבי עקיבא לדביתהו, כי תכשיט זה הנקרא ירושלים דדהבא יש בו שני מינין, האחד עשוי מניסכא שהוא עם זהב שמניחין אותו בראשם, שהוא תכשיט הראש, וזה דרכו להיות נשלף בידים, אך יש עוד מין אחר שהוא גם כן ירושלים דדהבא ואינו מניסכא, אלא עשוי בחוטי זהב ותפור בבגד עצמו ומונח תחת הצואר על גב הדדין, וזה אינה נשלף ונפשט בידים כי הוא תפור בבגד, ובזה אין איסור לצאת דלא שייך למגזר ביה דלמא שלפא ומחוייא. ולכן אם היה רבי יוחנן אומר ירושלים דדהבא בלבד היינו חושבין כל מין ירושלים דדהבא אסור, ואפילו אותה העשויה בחוטי זהב שתפורה בבגד על גב הדדין, לכך פירש ואמר כדעבד ליה רבי עקיבא לדביתהו , ואותו תכשיט ידוע שהיה תכשיט הראש שעשוי מניסכא שהוא טס זהב, וזה נשלף בידים ולהכי אסור משום דלמא שלפא ומחוייא. ומה שנודע שאותו תכשיט שעשה רבי עקיבה היה תכשיט הראש הוא מפורש בדברי רבותינו ז"ל, כי נדר לה בעניותו לעשות תכשיט זה, מפני שהיו ישנים על התבן ועל ידי כן היה נסבך התבן בשערות פאות ראשו וזקנו, והיא היתה מנקה ומסירה התבן משערותיו, ומחמת כן נדר לה שיעשה לה תכשיט זה שהוא הנקרא ירושלים דדהבא שהוא תכשיט הראש, ואם כן דבר זה הוא ידוע לכל שהיה תכשיט הראש, ולא תכשיט העשוי מחוטי זהב שהוא תפור על הבגד שלובשין תחת הצואר על הדדין.
Qu'est-ce que 'une ville d'or' ? Rabba bar bar Hana a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : une Jérusalem d'or, comme celle que Rabbi Akiva fit pour son épouse. On peut demander : pourquoi Rabbi Yo'hanan avait-il besoin de dire cela ? Il suffisait de dire 'une Jérusalem d'or', ce qui nous explique que la 'ville d'or' dont parle le Tana est le bijou que l'on appelle 'Jérusalem d'or'. Et si nous ne savons pas comment était ce bijou appelé 'Jérusalem d'or', qu'avons-nous gagné à apprendre qu'il est comme celui que Rabbi Akiva fit pour son épouse ? Car Rabbi Akiva ne vivait pas à l'époque de Rabbi Yo'hanan, de sorte que les auditeurs sachent quelle était la forme du bijou qu'il fit pour son épouse. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que la raison du Tana de la michna, qui interdit, est la crainte qu'elle ne l'enlève pour le montrer et n'en vienne à le porter sur quatre coudées dans le domaine public. Et bien que Rabbi Eliezer, dans la baraita, permette, parce qu'il pense : qui a l'habitude de sortir avec une ville d'or ? Une femme importante, et celle-là ne l'exhibe pas ; malgré tout, le Tana de la michna interdit dans tous les cas et ne distingue pas entre une femme 'importante' et une femme 'ordinaire'. C'est pourquoi Rabbi Yo'hanan a conclu : 'comme celle que Rabbi Akiva fit pour son épouse', qui était une femme importante ; il avait fait vœu de lui faire ce bijou, propre aux femmes importantes, comme il est dit dans la Guemara de Nedarim (50a). Rabbi Yo'hanan vient donc nous enseigner que le Tana parle même d'un bijou réservé aux femmes importantes, qui n'ont pas l'habitude de l'enlever pour le montrer ; et on ne dira pas que ce bijou 'Jérusalem d'or' interdit par le Tana n'est pas réservé aux femmes importantes et que c'est pour cela qu'il l'interdit. Il me semble encore, avec l'aide du Ciel, que si Rabbi Yo'hanan a eu besoin de préciser 'comme celle que Rabbi Akiva fit pour son épouse', c'est que ce bijou appelé 'Jérusalem d'or' existe en deux sortes. L'une est faite d'une plaque d'or que l'on pose sur la tête : c'est une parure de tête, qu'on a l'habitude d'enlever à la main. Il en existe une autre, appelée aussi 'Jérusalem d'or', qui n'est pas faite d'une plaque mais de fils d'or, cousue sur le vêtement lui-même et placée sous le cou, sur la poitrine ; celle-là ne s'enlève pas à la main, puisqu'elle est cousue au vêtement, et il n'y a pas d'interdit à sortir avec elle, car la crainte qu'elle ne l'enlève pour la montrer ne s'y applique pas. Si Rabbi Yo'hanan avait dit seulement 'Jérusalem d'or', nous aurions pensé que toute sorte de Jérusalem d'or est interdite, même celle faite de fils d'or cousue au vêtement sur la poitrine. C'est pourquoi il a précisé : 'comme celle que Rabbi Akiva fit pour son épouse' ; or on sait que ce bijou était une parure de tête faite d'une plaque d'or, qui s'enlève à la main, et qui est donc interdite par crainte qu'elle ne l'enlève pour la montrer. Que le bijou fait par Rabbi Akiva ait été une parure de tête, cela ressort explicitement des paroles de nos Maîtres : il lui avait fait vœu, dans sa pauvreté, de lui faire ce bijou, parce qu'ils dormaient sur la paille ; la paille s'accrochait aux cheveux de ses tempes et de sa barbe, et elle la nettoyait et l'ôtait de ses cheveux. Pour cela, il fit vœu de lui faire ce bijou appelé 'Jérusalem d'or', qui est une parure de tête. Il est donc connu de tous qu'il s'agissait d'une parure de tête, et non d'un ornement de fils d'or cousu sur le vêtement que l'on porte sous le cou, sur la poitrine.
⚖️ Rosh (1)
ולא בעיר של זהב מאי עיר של זהב אמר רבה בר בר חנה אמר רבי יוחנן ירושלים דדהבא כדעבד ר' עקיבא לדביתהו פי' רש"י נושקא כמו כבינתא והוא תכשיט עגול ויש באמצע לשון שבו מחברין אותו למלבוש. ורבינו תם ז"ל מפרש שהוא עגול ומשימין אותו על הראש כמין עטרה דבסוף סוטה דף מט. ומפרש דעטרות כלות היינו ירושלים דדהבא כלילא רב אסר ושמואל שרי דאניסכא כ"ע לא פליגי דאסיר. כי פליגי בארוקתא מ"ס ניסכא עיקר ומ"ס רוקתא עיקר ולא שליף ומחוי. ורב אשי מתני לקולא דארוקתא כ"ע ל"פ דשרי כי פליגי באניסכא מ"ס דילמא שלפא ומחויה ואתי לאתויי ומ"ס מאן דרכה למיפק אשה חשובה ואשה חשובה לא שלפא ומחויה. ונראה דדוקא בכלילא שרי שמואל וכן ר' אלעזר לעיל בעיר של זהב לפי שאין שאר נשים רגילות בהן אלא נשים חשובות הלכך שרי לדידהו. אבל שאר תכשיטי נשים אפילו לאשה חשובה אסירי דלא פלוג רבנן. וראיה מההיא דסוף כירה (שבת דף מו:) דאמר עולא הואיל ואיכא תורת כלי עלייהו ואי הוה חזי לנשים חשובות מאי צריכים להאי טעמא. אמר ליה שמואל בר בר חנה לרב יוסף בפירוש אמרת לן משמיה דרב כלילא שרי והיינו כמה דמתני רב אשי לקולא והאי דשרי רב היינו בארוקתא והלכתא כרב דאסר כלילא. בדאניסכא פירוש ניסכא חוט כלומר שהן חתיכות נקובות ומכניסין בהן חוט להעמידן. ופירוש רוקתא מטלית וכגון שאותן חתיכות על המטלית:
'Ni avec une ville d'or.' Qu'est-ce qu'une ville d'or ? Rabba bar bar Hana a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : une Jérusalem d'or, comme celle que Rabbi Akiva fit pour son épouse. Rachi explique : une broche (nouchka), comme une agrafe (kevinta) ; c'est un bijou rond avec, au milieu, une languette par laquelle on l'attache au vêtement. Rabbenou Tam explique qu'il est rond et qu'on le pose sur la tête comme une sorte de couronne, comme à la fin de Sota (49a), et il explique que les 'couronnes des fiancées' sont la Jérusalem d'or. Le diadème (kelila) : Rav interdit et Chmouel permet. Pour celui en métal (niskha), tous s'accordent qu'il est interdit ; ils divergent sur celui en bande (roukta) : l'un pense que le métal est l'essentiel, l'autre que la bande est l'essentiel et qu'on ne l'enlève pas pour la montrer. Rav Achi enseigne (la discussion) dans le sens indulgent : pour celui en bande, tous s'accordent qu'il est permis ; ils divergent sur celui en métal : l'un pense qu'elle risque de l'enlever pour le montrer et d'en venir à le porter, l'autre pense : qui a l'habitude de sortir avec une kelila ? Une femme importante, et une femme importante ne l'enlève pas pour la montrer. Il semble que Chmouel ne permette que la kelila, et de même Rabbi Eliezer plus haut la ville d'or, parce que les autres femmes n'en portent pas habituellement, seulement les femmes importantes ; c'est pourquoi il le leur permet. Mais les autres bijoux de femmes sont interdits même à une femme importante, car les Sages n'ont pas fait de distinction (lo plog rabbanan). La preuve en est tirée de ce qui est dit à la fin du chapitre Kira (Chabbat 46b) : Oula dit 'puisqu'ils ont le statut d'ustensile' ; or s'ils étaient permis aux femmes importantes, quel besoin aurait-on de cette raison ? Rav Chmouel bar bar Hana a dit à Rav Yossef : 'Tu nous as dit explicitement au nom de Rav : la kelila est permise' ; cela correspond à la version indulgente enseignée par Rav Achi, et ce que Rav permet concerne la kelila en bande. La halakha suit Rav, qui interdit la kelila en métal. Explication de 'niskha' : un fil ; c'est-à-dire des pièces percées dans lesquelles on passe un fil pour les maintenir. Et 'roukta' signifie un morceau d'étoffe, lorsque ces pièces sont (fixées) sur l'étoffe.
💡 Explication

Fin de la définition commencée en 59a : la ville d'or (ir chel zahav) est une Jérusalem d'or (Yerouchalayim dedahava), le bijou que Rabbi Akiva avait promis à son épouse Rachel au temps de leur pauvreté (Nedarim 50a).

Le Roch rapporte deux explications de l'objet : une broche ronde attachée au vêtement (Rachi) ou une couronne posée sur la tête (Rabbenou Tam). Il tranche comme Rav : la kelila en métal est interdite.

2
תנו רבנן: לא תצא אשה בעיר של זהב, ואם יצתה חייבת חטאת, דברי רבי מאיר. וחכמים אומרים: לא תצא, ואם יצתה — פטורה. רבי אליעזר אומר: יוצאה אשה בעיר של זהב לכתחלה.

Les Rabbanan ont enseigné : une femme ne sortira pas avec une ville d'or ; et si elle est sortie, elle est passible d'un (sacrifice) hatat, selon Rabbi Meir. Les Hakhamim disent : elle ne sortira pas, mais si elle est sortie, elle est exempte.

Rabbi Eliezer dit : une femme peut sortir avec une ville d'or dès le départ (lekhatehila).

💡 Explication

Trois niveaux : hayav hatat (transgression de la Torah, sacrifice expiatoire si commise par erreur), patour aval assour (interdit rabbinique sans sacrifice), et moutar lekhatehila (permis d'emblée).

3
במאי קמיפלגי? רבי מאיר סבר משוי הוא. ורבנן סברי תכשיט הוא — דילמא שלפא ומחויא ליה ואתיא לאתויי. ורבי אליעזר סבר: מאן דרכה למיפק בעיר של זהב — אשה חשובה, ואשה חשובה לא שלפא ומחויא.

Sur quoi divergent-ils ? Rabbi Meir pense que c'est un fardeau (masoui).

Les Rabbanan pensent que c'est une parure (takhchit) ; (s'ils interdisent, c'est) de peur qu'elle ne l'enlève pour la montrer et n'en vienne à la porter (dans le domaine public). Rabbi Eliezer pense : qui a l'habitude de sortir avec une ville d'or ?

Une femme importante ; et une femme importante ne l'enlève pas pour la montrer.

💡 Explication

Un vêtement ou une parure porté normalement fait partie de la personne : le porter dans le domaine public n'est pas un acte de transport. Un masoui (fardeau), en revanche, est un objet transporté, et le sortir constitue une melakha.

Les Hakhamim ajoutent une gezera (décret préventif) : la femme risque d'ôter la parure pour la montrer à une amie et de la porter ensuite sur quatre coudées. Rabbi Eliezer juge cette crainte absente chez une isha hachouva (femme importante).

4
כלילא, רב אסר ושמואל שרי.

Le diadème (kelila) : Rav interdit et Chmouel permet.

📜 Rachi (1)
כלילא על פדחתה היא קושרתו מאזן לאזן יש שכולו טס זהב שקורין לימ"א ויש שעושין ממשי טווי עם הזהב שקורין פריז"ש:
Kelila : elle l'attache sur son front, d'une oreille à l'autre. Il en est qui est toute entière une plaque d'or, qu'on appelle (en vieux français) 'lime' ; et il en est qu'on fait de soie filée avec de l'or, qu'on appelle 'fres'.
5
דאניסכא, כולי עלמא לא פליגי דאסיר. כי פליגי דארוקתא: מר סבר אניסכא עקר, ומר סבר ארוקתא עקר.

Pour celle en métal (niskha), tous s'accordent qu'elle est interdite. Ils divergent sur celle en bande (roukta) : l'un (Rav) pense que le métal est l'essentiel, l'autre (Chmouel) pense que la bande est l'essentiel.

📜 Rachi (4)
דניסכא טס העשוי כולו מניסכא דהיינו זהב או כסף דבר הניתך:
En métal (deniskha) : une plaque faite entièrement de métal fondu, c'est-à-dire d'or ou d'argent, matière que l'on coule.
דאסיר מגו דחשיב גזירה דילמא שלפא ומחוייא:
Elle est interdite : puisqu'elle a de la valeur, (on applique) le décret : de peur qu'elle ne l'enlève pour la montrer.
דארוקתא רצועה שמצויירת בזהב ובאבנים טובות:
En bande (deroukta) : une courroie ornée d'or et de pierres précieuses.
אניסכא דאית ביה עיקר ומחויא ליה ומר סבר ארוקתא הוא עיקר דידיה ולא חשיב ליה ולא מחויא ליה:
Le métal (est l'essentiel) : il y a en elle quelque chose d'essentiel, et elle la montre. L'autre pense que la bande en est l'essentiel ; elle n'y attache pas d'importance et ne la montre pas.
6
רב אשי מתני לקולא: דארוקתא דכולי עלמא לא פליגי דשרי. כי פליגי דאניסכא: מר סבר דילמא שלפא ומחויא ואתי לאתויי, ומר סבר מאן דרכה למיפק בכלילא — אשה חשובה, ואשה חשובה לא שלפא ומחויא.

Rav Achi enseigne (la discussion) dans le sens indulgent (lekoula) : pour celle en bande, tous s'accordent qu'elle est permise. Ils divergent sur celle en métal : l'un pense qu'elle risque de l'enlever pour la montrer et d'en venir à la porter ; l'autre pense : qui a l'habitude de sortir avec une kelila ?

Une femme importante, et une femme importante ne l'enlève pas pour la montrer.

📜 Rachi (1)
כולי עלמא לא פליגי דשרי דארוקתא עיקר:
Tous s'accordent qu'elle est permise : car la bande est l'essentiel.
🗂️ Tossefot (1)
מאן דרכה למיפק בכלילא אשה חשובה אומר ר"י דדוקא בכלילא שרי שמואל הכא וכן רבי אליעזר דוקא בעיר של זהב שאין כל הנשים רגילות בהן אלא אשה חשובה אבל שאר תכשיטי נשים אסירי אפי' לאשה חשובה דאין לחלק בין הנשים והביא ראיה מס"פ כירה (לעיל שבת דף מו:) דקאמר עולא מה טעם הואיל ואיכא תורת כלי עליהן ומה דחק לומר כן כיון דחזי לנשים חשובות דאפי' לרבנן דאסרי בעיר של זהב לאשה חשובה מודו בשאר תכשיטים אליבא דשמואל דשרי כלילא אפילו לרבנן:
Qui a l'habitude de sortir avec une kelila ? Une femme importante : le Ri dit que Chmouel ne permet ici que la kelila, et de même Rabbi Eliezer seulement la ville d'or, parce que toutes les femmes n'en portent pas habituellement, seulement une femme importante. Mais les autres bijoux de femmes sont interdits même à une femme importante, car on ne fait pas de distinction entre les femmes. Il en apporte la preuve de la fin du chapitre Kira (plus haut, Chabbat 46b), où Oula dit : 'quelle en est la raison ? Puisqu'ils ont le statut d'ustensile.' Pourquoi aurait-il recours à cette explication difficile, s'ils étaient permis parce qu'ils conviennent aux femmes importantes ? (Il en ressort) que même les Rabbanan, qui interdisent la ville d'or à une femme importante, reconnaissent (l'interdit) pour les autres bijoux, selon Chmouel qui permet la kelila même selon les Rabbanan.
💡 Explication

Deux versions de la même discussion (voir le schéma 2). Dans la première, le point disputé est la kelila en bande ; dans celle de Rav Achi, c'est la kelila en métal, et la kelila en bande est permise par tous.

Tossefot (le Ri) limite l'argument de la femme importante aux bijoux que seules les femmes importantes portent : pour les autres, les Sages n'ont pas distingué.

7
אמר ליה רב שמואל בר בר חנה לרב יוסף: בפרוש אמרת לן משמיה דרב — ״כלילא שרי״.

Rav Chmouel bar bar Hana a dit à Rav Yossef : tu nous as dit explicitement au nom de Rav : 'la kelila est permise'.

📜 Rachi (2)
בפירוש אמרת לן משמיה דרב לפני חלייך קודם ששכחת תלמודך:
Tu nous as dit explicitement au nom de Rav : avant ta maladie, avant que tu n'oublies ton étude.
כלילא שרי אלמא דרב אשי עיקר דמוקי פלוגתא בדניסכא אבל בארוקתא מודה רב ואיכא לאוקמי לדידיה בארוקתא:
La kelila est permise : on en déduit que (la version de) Rav Achi est l'essentielle, puisqu'il situe la discussion sur celle en métal, alors que pour celle en bande Rav reconnaît (qu'elle est permise) ; on peut donc appliquer (cette parole) selon lui à celle en bande.
💡 Explication

Rav Yossef avait oublié son étude à la suite d'une maladie (Nedarim 41a) ; son élève lui rappelle ce qu'il avait enseigné. Une permission de la kelila au nom de Rav ne s'explique que dans la version de Rav Achi : Rav permet la kelila en bande.

8
אמרו ליה לרב: אתא גברא רבה אריכא לנהרדעא ומטלע, ודרש ״כלילא שרי״. אמר: מאן גברא רבה אריכא [דאיטלע] — לוי, שמע מינה נח נפשיה דרבי אפס ויתיב רבי חנינא ברישא, ולא הוה ליה איניש ללוי למיתב גביה, וקאתי להכא.

On dit à Rav : un grand homme, de haute taille, est venu à Nehardea ; il boitait, et il a enseigné : 'la kelila est permise'. (Rav) dit : qui est un grand homme, de haute taille, qui boite ?

Levi. On en déduit que Rabbi Afes est mort et que Rabbi Hanina siège à la tête (de la yechiva) ; Levi n'avait plus personne auprès de qui s'asseoir, et il est venu ici.

📜 Rachi (3)
גברא רבה אריכא ומטלע לוי איטלע דאחוי קידה קמיה דרבי:
Un grand homme, de haute taille, qui boite : Levi boitait parce qu'il avait montré la kida (prosternation sur les pouces) devant Rabbi.
נח נפשיה דרבי אפס במסכת כתובות בהנושא (כתובות קג:) אמרינן דכי שכיב רבי אמר רבי חנינא בר חמא ישב בראש ולא קיבל עליו ר' חנינא שהיה רבי אפס גדול ממנו שתי שנים ויתיב רבי אפס ברישא ומתוך שהיה רבי חנינא חשוב לא נכנס לבית מדרשו והיה יושב בחוץ ומשום כבודו ישב לו לוי אצלו:
Rabbi Afes est mort : dans le traité Ketoubot, au chapitre Hanosse (Ketoubot 103b), nous disons que lorsque Rabbi mourut, il dit : 'Rabbi Hanina bar Hama siégera à la tête'. Rabbi Hanina n'accepta pas, car Rabbi Afes était son aîné de deux ans ; Rabbi Afes siégea donc à la tête. Rabbi Hanina, étant un homme considérable, n'entrait pas dans sa maison d'étude et restait assis dehors ; et par égard pour lui, Levi s'asseyait à ses côtés.
וקאתי להכא שלא היה רבי חנינא גדול הימנו לא בתורה ולא בשנים ולא ניכף ליה לוי ובא לכאן:
Et il est venu ici : parce que Rabbi Hanina ne lui était supérieur ni en Tora ni en âge ; Levi ne voulut pas se soumettre à lui et vint ici.
🪔 Ben Yehoyada (1)
ולא הוה ליה איניש ללוי למיתב גביה. יש להקשות מאחר שעזב את רבי אפס ויתיב אבראי משום כבוד רבי חנינא, למה לא יהיה כפוף לרבי חנינא למיתיב גביה אחר שנעשה רבי חנינא ראש ישיבה? ונראה לי בס"ד דידוע דרבי חנינא היה בעל קבלה מעשית, כמו שנאמר בגמרא דעבודה זרה (דף יו"ד) שאמר עליו רבי 'לית דין בר אינש' [אלא מלאך] , ותיכף החיה את המת עבד המלך, ולכך לא היה חושש מאותה אשה שהיתה לוקחת עפר מתחת כפות רגליו לעשות לו כשפים, וכל מי שהוא בעל קבלה מעשית עניש וקטיל תיכף ומיד כשיקפיד על איזה אדם. ולכך רבי יוחנן לא רצה שילך רבי אפס בנו עם רשב"י אצל המלך לבטל הגזירה, דאמר דילמא עניש ליה רשב"י, ואמר דלא יענישו ועם כל זה הענישו, וזכר אחר כך הדיבור שלו ורפא אותו, ולכן רבי חנינא לא רצה לישב בפנים עם רבי אפס כשמלך רבי אפס, כי חש פן יזדמן איזה הקפדה בינו לבין רבי אפס ויעניש את רבי אפס, ולכך יתיב אבראי, ולוי לכבודו בא וישב עמו ולא חש פן יזדמן איזה דבר הקפדה, כי עניינים של הקפדה לא יתהוו אלא אם יהיה אחד יושב בראש והב' הוא גם כן גדול במעלה הרבה, אבל ב' גדולים שעוסקים בתורה ביחד ואין אצל אחד מהם שררה לא יוולד הקפדה ביניהם, ולכן לוי אחר שנעשה רבי חנינא ראש ישיבה שיש לו שררה חשש לישב עמו, פן יוולד ויתהוה איזה דבר הקפדה ויקפיד עליו ויענישו ולכך בא לבבל.
'Levi n'avait plus personne auprès de qui s'asseoir.' On peut demander : puisqu'il avait quitté Rabbi Afes et s'était assis dehors par égard pour Rabbi Hanina, pourquoi ne se serait-il pas soumis à Rabbi Hanina pour s'asseoir auprès de lui, après que Rabbi Hanina fut devenu chef de la yechiva ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il est connu que Rabbi Hanina était un maître de la kabbale pratique (kabbala maassit), comme il est dit dans la Guemara d'Avoda Zara (10b) que Rabbi dit de lui : 'celui-ci n'est pas un être humain' [mais un ange], et qu'il fit aussitôt revivre le serviteur du roi qui était mort. C'est pourquoi il ne craignait pas cette femme qui prenait de la poussière de sous ses pieds pour lui faire des sortilèges. Or quiconque est maître de la kabbale pratique punit et fait mourir sur-le-champ lorsqu'il se formalise contre quelqu'un. C'est pourquoi Rabbi Yo'hanan ne voulait pas que Rabbi Afes, son fils, aille avec Rabbi Chimon bar Yohai auprès du roi pour annuler le décret, car il disait : peut-être Rabbi Chimon bar Yohai le punira-t-il. Celui-ci dit qu'il ne le punirait pas, et pourtant il le punit ; il se souvint ensuite de sa parole et le guérit. C'est pourquoi Rabbi Hanina ne voulut pas s'asseoir à l'intérieur avec Rabbi Afes quand celui-ci régna : il craignait qu'il ne survienne entre lui et Rabbi Afes un motif de ressentiment (hakpada) et qu'il ne punisse Rabbi Afes ; il s'assit donc dehors. Levi, par égard pour lui, vint s'asseoir avec lui sans craindre qu'il ne survienne un motif de ressentiment, car de tels ressentiments ne naissent que lorsque l'un siège à la tête et que l'autre est lui aussi d'un rang très élevé ; mais entre deux grands qui étudient la Tora ensemble sans qu'aucun n'ait d'autorité, aucun ressentiment ne naît. C'est pourquoi, une fois Rabbi Hanina devenu chef de la yechiva, investi d'une autorité, Levi craignit de s'asseoir avec lui, de peur qu'un motif de ressentiment ne surgisse, que Rabbi Hanina ne se formalise contre lui et ne le punisse ; et c'est pourquoi il vint en Babylonie.
💡 Explication

Récit d'arrière-plan : Levi, compagnon de Rabbi Hanina, s'est installé en Babylonie. Rav déduit de sa venue un changement à la tête de la yechiva d'Erets Israël.

La kida est une prosternation difficile exécutée sur les pouces ; Levi s'y serait blessé en la montrant devant Rabbi (Taanit 25a, Souka 53a).

🖼️ Schéma
Pourquoi Levi est-il venu à Nehardea ? La déduction de RavSituation en Erets IsraëlRabbi Afes dirige ; Rabbi Hanina reste dehors ; Levi s'assoit dehors avec luiHypothèse de RavRabbi Afes est mort, Rabbi Hanina dirige ;Levi ne se soumet pas à son égal -> il partAutre hypothèse (rejetée)Rabbi Hanina est mort,Rabbi Afes dirige toujoursDeux réfutations1. Levi se serait soumis à Rabbi Afes (plus âgé)2. Rabbi Hanina devait régner :Rabbi l'avait décrété (Iyov 22,28)
Rav déduit la mort de Rabbi Afes ; la Guemara (segment suivant) écarte l'hypothèse inverse.
9
ודילמא נח נפשיה דרבי חנינא, ורבי אפס כדקאי קאי, ולא הוה ליה איניש ללוי למיתב גביה, וקאתי להכא? אם איתא דרבי חנינא שכיב — לוי לרבי אפס מיכף הוה כייף ליה. ותו, דרבי חנינא לא סגי דלא מליך, דכי הוה קא ניחא נפשיה דרבי אמר: חנינא ברבי חמא ישב בראש. וכתיב בהו בצדיקים: ״ותגזר אמר ויקם לך וגו׳״.

Mais peut-être est-ce Rabbi Hanina qui est mort, Rabbi Afes restant en place ; Levi n'avait plus personne auprès de qui s'asseoir, et il est venu ici ? Si Rabbi Hanina était mort, Levi se serait bel et bien soumis à Rabbi Afes.

De plus, Rabbi Hanina ne pouvait pas ne pas régner, car lorsque Rabbi était sur le point de mourir, il a dit : 'Hanina fils de Rabbi Hama siégera à la tête'. Et il est écrit au sujet des justes : 'Tu décréteras une parole, et elle s'accomplira pour toi' (Iyov 22,28).

📜 Rachi (1)
לוי לרבי אפס מיכף הוה כייף ליה שהרי זקן ממנו:
Levi se serait soumis à Rabbi Afes : car il était plus âgé que lui.
🪔 Ben Yehoyada (1)
ותו, דרבי חנינא לא סגי דלא מליך, דכי הוה קא ניחא נפשיה דרבי, אמר: חנינא ברבי חמא יתיב בראש! וכתיב בהו בצדיקים: (איוב כב, כח) "ותגזר אמר ויקם לך" וגו'. יש להקשות למה הוצרך לפרש מסדר הש"ס דאמר רבי דבר זה בעת שנפטר, ודי לומר דאמר רבי חנינא ברבי חמא יתיב בראש? ונראה לי בס"ד דאמרו בגמרא דקידושין (דף עב) כי הוה ניחא נפשיה דרבי, נזרקה נבואה מפיו ונתנבא ששה דברים, יעויין שם. ולכן פירש כאן סתמא דהש"ס שאמר זה רבי בעת פטירתו לחזק הטעם, כלומר דאמר זה בשעת נבואה גם כן ודאי מוכרח שיתקיים דבר זה. ונראה לי פסוק זה על ענין זה לנכון, דהכי קאמר ותגזר אמר אמר ואפילו אם נפל זה האומר שגזרת כמו הא שנמנע רבי חנינא משום סיבה וישב רבי אפס, לא יפול עולמית אלא סוף שיקום זה האומר מנפילתו ויתקיים, וכדהכא שנפטר רבי אפס בעוד רבי חנינא קיים ואז נתקיים האומר של רבי.
'De plus, Rabbi Hanina ne pouvait pas ne pas régner, car lorsque Rabbi était sur le point de mourir, il a dit : Hanina fils de Rabbi Hama siégera à la tête ! Et il est écrit au sujet des justes (Iyov 22,28) : Tu décréteras une parole, et elle s'accomplira pour toi.' On peut demander : pourquoi le rédacteur du Talmud a-t-il eu besoin de préciser que Rabbi a dit cela au moment de sa mort ? Il suffisait de dire que Rabbi avait dit 'Hanina fils de Rabbi Hama siégera à la tête'. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que l'on dit dans la Guemara de Kiddouchin (72a) : lorsque Rabbi était sur le point de mourir, une prophétie jaillit de sa bouche et il prophétisa six choses ; voir là-bas. C'est pourquoi le Talmud précise ici que Rabbi a dit cela au moment de sa mort, pour renforcer la raison : il l'a dit aussi en un moment de prophétie, et cette parole devait donc nécessairement s'accomplir. Et il me semble que ce verset s'applique bien à ce sujet ; il signifie : 'tu décréteras une parole' ; même si la parole que tu as décrétée tombe, comme ici où Rabbi Hanina s'est retiré pour une raison et où Rabbi Afes a siégé, elle ne tombera jamais définitivement : à la fin, cette parole se relèvera de sa chute et s'accomplira. Ainsi en fut-il ici : Rabbi Afes mourut du vivant de Rabbi Hanina, et la parole de Rabbi s'accomplit alors.
💡 Explication

La Guemara vérifie la déduction de Rav en écartant l'hypothèse inverse par deux arguments : Levi, plus jeune que Rabbi Afes, se serait soumis à lui ; et la parole de Rabbi sur son lit de mort devait s'accomplir, selon le verset d'Iyov sur le décret du juste.

10
דרש לוי בנהרדעא ״כלילא שרי״. נפוק עשרין וארבע כלילי מכולה נהרדעא. דרש רבה בר אבוה במחוזא ״כלילא שרי״, ונפקו תמני סרי כלילי מחדא מבואה.

Levi enseigna à Nehardea : 'la kelila est permise'. Vingt-quatre kelilot sortirent de tout Nehardea.

Rabba bar Avouh enseigna à Mehoza : 'la kelila est permise', et dix-huit kelilot sortirent d'une seule ruelle.

💡 Explication

Le contraste illustre la richesse de Mehoza, ville commerçante : une seule ruelle y comptait presque autant de diadèmes que toute Nehardea.

11
אמר רב יהודה אמר רב שמואל: קמרא שרי. איכא דאמרי דארוקתא, ואמר רב ספרא: מידי דהוה אטלית מוזהבת.

Rav Yehouda a dit au nom de Rav Chmouel : la ceinture précieuse (kamra) est permise. Certains disent : (il parlait) de celle en bande ; et Rav Safra a dit : c'est comme un manteau doré.

📜 Rachi (2)
קמרא אבנט חשוב יש שעושין אותו טס של זהב ויש שעושין אותו רצועה משבצות זהב ואבנים קבועות בו:
Kamra : une ceinture de valeur ; il en est qu'on fait d'une plaque d'or, et il en est qu'on fait d'une courroie sertie d'or, avec des pierres qui y sont fixées.
מידי דהוה אטלית מוזהבת דהוי תכשיט ושריא ולמישלף ואחויי נמי לא חיישינן שאין דרך להתיר אזורו בשוק ויפלו בגדיו:
C'est comme un manteau doré : qui est une parure et est permis ; et nous ne craignons pas non plus qu'elle l'enlève pour la montrer, car on n'a pas l'habitude de défaire sa ceinture en public (au marché), ses vêtements tomberaient.
⚖️ Rosh (1)
ואמר רב יהודה אמר רב קמרא שרי והוא חגור שבמתנים ויש בו חתיכות קבועות כעין כלילא איכא דאמרי דארוקתא ואמר רב ספרא מידי דהוה אטלית מוזהבת ואיכא דאמרי דאניסכא ואמר רב ספרא מידי דהוה אאבנט של מלכים. וכיון דאניסכא שרי ללישנא בתרא כל שכן דרוקתא והלכה כלישנא בתרא. אמר ליה רבינא לרב אשי קמרא עילוי הימייניה מאי אמר ליה תרי הימייני קאמרת פי' רש"י משוי הוא ואסור ודוקא שניהם זה על גב זה אבל אם יש מלבוש מפסיק ביניהן מותר. וקצת ראיה מפרק כל כתבי הקודש דף קכ. דקחשיב בי"ח כלים פונדא וחגור שבמתניו ופרש"י דפונדא הוא אזור:
Rav Yehouda a dit au nom de Rav : la kamra est permise. C'est une ceinture des reins sur laquelle sont fixées des pièces, à la manière d'une kelila. Certains disent : celle en bande ; et Rav Safra a dit : c'est comme un manteau doré. D'autres disent : celle en métal ; et Rav Safra a dit : c'est comme la ceinture des rois. Puisque selon la seconde version celle en métal est permise, à plus forte raison celle en bande ; et la halakha suit la seconde version. Ravina a dit à Rav Achi : une kamra portée sur une (autre) ceinture, qu'en est-il ? Il lui répondit : tu parles de deux ceintures ! Rachi explique : c'est un fardeau et c'est interdit. Et ce n'est (interdit) que si les deux sont l'une sur l'autre ; mais s'il y a un vêtement qui les sépare, c'est permis. On en trouve une certaine preuve au chapitre Kol kitvei hakodech (120a), où l'on compte parmi les dix-huit vêtements le pounda et la ceinture des reins, et Rachi explique que le pounda est une ceinture.
💡 Explication

La kamra est permise ; les deux versions divergent sur son matériau (voir le schéma). Dans la première, elle est en bande et assimilée au manteau doré ; dans la seconde, elle est en métal et assimilée à la ceinture des rois. Le Roch tranche selon la seconde : à plus forte raison, la ceinture en bande est permise.

Rachi donne la raison pour laquelle on ne craint pas qu'elle l'enlève : on ne défait pas sa ceinture en public.

🖼️ Schéma
La ceinture précieuse (kamra) : permise1re version : bande brodée d'orcomme un manteau doré(Rav Safra)2e version : tout en métalcomme la ceinture des rois(Rav Safra)Kamra portée sur une autre ceinture ?Rav Achi : deux ceintures ? -> la seconde est un fardeau (selon Rachi)
La kamra : deux versions de son matériau, toutes deux permises ; la double ceinture pose question.
12
ואיכא דאמרי דאניסכא, ואמר רב ספרא: מידי דהוה אאבנט של מלכים.

D'autres disent : celle en métal ; et Rav Safra a dit : c'est comme la ceinture des rois.

📜 Rachi (1)
אאבנט של מלכים שעשוי כולו דניסכא וכל ישראל בני מלכים ראוים לו:
Comme la ceinture des rois : qui est faite entièrement de métal ; et tous les Israélites sont fils de rois et dignes de la porter.
🗂️ Tossefot (1)
אאבנט של מלכים שמלבושם הוא ואין להם אבנט אחר ה"נ שרי האי קמרא לאיתתא דמלבושה היא ולא משלפא ומחויא:
Comme la ceinture des rois : c'est leur vêtement, et ils n'ont pas d'autre ceinture ; de même cette kamra est permise à la femme, car c'est son vêtement et elle ne l'enlève pas pour la montrer.
13
אמר ליה רבינא לרב אשי: קמרא עילוי המיינא מאי? אמר ליה תרי המייני קאמרת.

Ravina a dit à Rav Achi : une kamra (portée) par-dessus une ceinture (hemyana), qu'en est-il ? Il lui répondit : tu parles de deux ceintures !

📜 Rachi (1)
תרי המייני קאמרת הא ודאי משאוי הוא ואסור לשון תלמידי רבינו יצחק נ"ע [ובתלמידי] רבינו הלוי מצאתי מותר והראשון נראה לי משום דגבי הצלת דליקה מנינן לר' יוסי שמנה עשר כלים והתם חד חגור הוא דמנינן בכל כתבי הקדש (לקמן שבת דף קכ.) ואי שני חגורות שרי לכתחילה נימני התם תרי:
Tu parles de deux ceintures : c'est certainement un fardeau, et c'est interdit ; ainsi s'expriment les élèves de Rabbenou Yitshak (que son âme repose en Éden). [Chez les élèves] de Rabbenou Halevi, j'ai trouvé : permis. La première (explication) me paraît (juste), car pour le sauvetage (des vêtements) lors d'un incendie, nous comptons selon Rabbi Yossi dix-huit vêtements, et là on ne compte qu'une seule ceinture, au chapitre Kol kitvei hakodech (plus loin, Chabbat 120a) ; si deux ceintures étaient permises d'emblée, on en compterait deux.
🗂️ Tossefot (1)
תרי המייני קאמרת לשון אחד פי' בקונטרס לאיסור ואע"ג דחשיב בפ' כל כתבי (לקמן שבת דף קכ:) בי"ח כלים פונדא וחגור ופי' התם בקונט' דפונדא הוא אזור היינו כגון שיש בגד מפסיק בינתים אבל תרי המייני זה על גב זה אסור ולא דמי לכמה מלבושים שאדם לובש בשביל הקור אבל תרי המייני מה הנאה יש ואין דרך לחגור ומשוי הוא:
Tu parles de deux ceintures : dans une version, le Kountras (Rachi) explique dans le sens de l'interdit. Et bien qu'au chapitre Kol kitvei (plus loin, Chabbat 120b) on compte parmi les dix-huit vêtements le pounda et la ceinture, et que le Kountras explique là que le pounda est une ceinture, (il s'agit du cas) où un vêtement les sépare ; mais deux ceintures l'une sur l'autre sont interdites. Cela ne ressemble pas aux plusieurs vêtements qu'on porte à cause du froid ; mais deux ceintures, quel profit y a-t-il ? On n'a pas l'habitude d'en ceindre (deux), et c'est un fardeau.
💡 Explication

La réponse de Rav Achi est laconique ; Rachi rapporte deux lectures (interdit / permis) et retient l'interdit : une seconde ceinture ne sert à rien et devient un masoui. Tossefot concilie avec la liste des dix-huit vêtements : deux ceintures séparées par un vêtement sont permises.

14
אמר רב אשי: האי רסוקא, אי אית ליה מפרחייתא — שרי, ואי לא — אסיר.

Rav Achi a dit : cette cape courte (rassouka), si elle a des attaches (mefarhayata), elle est permise ; sinon, elle est interdite.

📜 Rachi (4)
רסוקי חתיכת מעיל רחבה:
Rassouki : une pièce de manteau, large.
אי אית ליה מפרחייתא רצועות קצרות תלויות בה לקושרה בהם ולהדקה סביבותיו:
Si elle a des mefarhayata : de courtes courroies qui y pendent, pour la nouer avec et la serrer autour de soi.
שרי דמיהדק שפיר וליכא למיחש דילמא משתרי קטרי ונפיל ואתי לאיתויי:
Elle est permise : car elle est bien serrée, et il n'y a pas à craindre que les nœuds se défassent, qu'elle tombe et qu'il en vienne à la porter.
מפרחייתא פינדצ"א בלע"ז:
Mefarhayata : (en langue étrangère) 'pendeça'.
⚖️ Rosh (1)
אמר רב אשי האי דיסקיא אי אית ביה מפרחייתא שרי ואי לא אסיר פי' דסקי' חגור של עור ונקרא בלשון ערבי מנסקא. אי אית ליה מפרחייתא שהן כגון שרביטין הרי הוא תכשיט ומותר ואם לאו נעשה כמשאוי ואסור ורש"י פי' דסקיא תתיכת מעיל רחבה אי אית ביה מפרחייתא רצועות קצרות תלויות בה לקושרה בהן ולהדקה סביבותיה דמיהדק שפיר דליכא למיחש דלמא מישר קטרי ונפיל ואתי לאתויי. ולא בקטלא מאי קטלא מנקטא פארי ושמה בלשון ערבי מננקא. ורש"י פירש שהוא בגד שיש לו שנצים כגון מכנסיים ומכניסין בה רצועה רחבה וקושרה סביב צוארה והבגד תלוי על לבה והוא חשוב ומצוייר בזהב ונקרא מנקטא פארי על שם שמקבלין פירורין שנופלין מפיה שלא יטנפו בגדיה: ולא בנזמים. מאי נזמים נזמי האף אבל יוצאה בנזמי האוזן לפי שטריחא למשלפינהו שהן מכוסות בקשוריה:
Rav Achi a dit : ce diskaya, s'il a des mefarhayata, il est permis ; sinon, il est interdit. Explication : le diskaya est une ceinture de cuir, appelée en arabe 'mansaka'. S'il a des mefarhayata, c'est-à-dire comme des baguettes, c'est une parure et c'est permis ; sinon, il devient comme un fardeau et c'est interdit. Rachi explique : le diskaya est une large pièce de manteau ; s'il a des mefarhayata, de courtes courroies qui y pendent pour la nouer et la serrer autour de soi, elle est bien serrée, et il n'y a pas à craindre que les nœuds se défassent, qu'elle tombe et qu'on en vienne à la porter. 'Ni avec une katla.' Qu'est-ce qu'une katla ? Un menakta pari ; en arabe on l'appelle 'mananka'. Rachi explique : c'est un vêtement muni de cordons, comme un pantalon, dans lequel on passe une large courroie qu'elle noue autour de son cou ; le vêtement pend sur sa poitrine ; il est précieux et orné d'or ; on l'appelle menakta pari parce qu'il reçoit les miettes qui tombent de sa bouche, afin qu'elles ne salissent pas ses vêtements. 'Ni avec des nezamim.' Que sont les nezamim ? Des anneaux de nez ; mais elle peut sortir avec des anneaux d'oreille, car il lui est pénible de les enlever, puisqu'ils sont couverts par ses coiffes.
💡 Explication

Critère ici : le risque que le vêtement tombe. Avec des attaches, il est bien serré ; sans attaches, on craint qu'il ne glisse et qu'on ne le porte à la main.

Le Roch cite une autre explication : une ceinture de cuir, parure si elle porte des ornements, fardeau sinon.

15
ולא בקטלא. מאי קטלא — מנקטא פארי. נזמים — נזמי האף.

'Ni avec une katla.' Qu'est-ce qu'une katla ? Un menakta pari (bavoir). 'Nezamim' : des anneaux de nez.

📜 Rachi (2)
מנקטא פארי מושטניצ"א והוא בגד שיש לו שנצים כעין מכנסים ומכנסת בו רצועה רחבה וקושרת סביב צוארה והבגד תלוי על לבה והוא חשוב ומצוייר בזהב וי"מ כמין חצי עגול עשוי כמין כלבוס אוחזת בו מפתחי חלוקה והפגם בולע צוארה והוא של זהב לוי"ה:
Menakta pari : (en vieux français) 'mostenice' ; c'est un vêtement muni de cordons, comme un pantalon ; elle y passe une large courroie qu'elle noue autour de son cou, et le vêtement pend sur sa poitrine ; il est précieux et orné d'or. D'autres expliquent : une sorte de demi-cercle fait comme une agrafe, qui tient les ouvertures de sa tunique ; son échancrure entoure son cou ; il est en or ; (en vieux français) 'loie'.
נזמי האף אבל נזמי האוזן מותרין לכתחלה דטריחא לה מילתא למישלף ואחויי מפני שאזניה מכוסות בקישורין:
Anneaux de nez : mais les anneaux d'oreille sont permis d'emblée, car il lui est pénible de les enlever pour les montrer, ses oreilles étant couvertes par ses coiffes.
🗂️ Tossefot (2)
מנקטא פארי פירורי הפת ותכשיט הוא:
Menakta pari : (qui reçoit) les miettes de pain ; et c'est une parure.
נזמי האף ונזמי האוזן שרו כדפי' בקונטרס ואע"ג דאמר לקמן הבנות יוצאות בחוטין שבאזניהן ואמר בגמ' דשל מיני צבעונים אסירי דילמא משלפי הואיל ותכשיט נינהו התם יותר קל ליטלם מנזמי האוזן:
Anneaux de nez : les anneaux d'oreille sont permis, comme l'explique le Kountras. Et bien qu'il soit dit plus loin (64b) 'les filles sortent avec des fils dans leurs oreilles', et qu'il soit dit dans la Guemara que ceux de couleur sont interdits, de peur qu'elles ne les enlèvent puisque ce sont des parures, là il est plus facile de les retirer que les anneaux d'oreille.
💡 Explication

Explication de deux termes de la michna (57a). Le menakta pari est un plastron précieux qui protège les vêtements des miettes. Les nezamim interdits sont ceux du nez ; ceux des oreilles, cachés sous la coiffe, ne s'enlèvent pas facilement.

16
ולא בטבעת שאין עליה חותם. הא יש עליה חותם — חייבת. אלמא לאו תכשיט הוא.

'Ni avec une bague sans sceau.' Donc, (si elle sort avec une bague) qui porte un sceau, elle est passible (d'un hatat). Il en ressort que ce n'est pas une parure.

📜 Rachi (2)
ולא בטבעת שאין עליה חותם קתני מתניתין דאם יצאת פטורה דתכשיט הוא לה ומשום דילמא משלפא ומחויא הוא דמיתסר:
Ni avec une bague sans sceau : notre michna enseigne que si elle est sortie (avec), elle est exempte, car c'est une parure pour elle ; c'est seulement de peur qu'elle ne l'enlève pour la montrer qu'elle est interdite.
הא יש עליה חותם חייבת חטאת דלאו תכשיט הוא והוי משאוי:
Donc, avec un sceau, elle est passible d'un hatat : car ce n'est pas une parure, et c'est un fardeau.
🗂️ Tossefot (1)
הא יש עליה חותם חייבת חטאת אסיפא סמיך דקתני בהדיא דחייבת חטאת:
Donc, avec un sceau, elle est passible d'un hatat : (la Guemara) s'appuie sur la fin (de la michna), qui enseigne explicitement qu'elle est passible d'un hatat.
💡 Explication

La bague à sceau sert à signer les documents : c'est un objet d'homme. Pour une femme, elle n'est pas une parure, et la sortir est un transport passible de hatat.

17
ורמינהו: תכשיטי נשים טמאים. ואלו הן תכשיטי נשים: קטלאות, נזמים וטבעות, וטבעת בין שיש עליה חותם בין שאין עליה חותם, ונזמי האף.

On a opposé (une michna) : les parures de femmes (reçoivent l'impureté et) sont impures. Voici les parures de femmes : pendentifs (katlaot), anneaux (nezamim) et bagues ; une bague, qu'elle porte un sceau ou non ; et les anneaux de nez.

📜 Rachi (2)
נזמים נזמי האוזן:
Nezamim : anneaux d'oreille.
וטבעת בין שיש כו' כלומר וטבעת שאמרנו בין שיש עליה כו':
Une bague, qu'elle porte (un sceau) etc. : c'est-à-dire la bague mentionnée, qu'elle porte un sceau etc.
💡 Explication

La michna de Kelim (11,8) range la bague à sceau parmi les parures de femmes, susceptibles d'impureté ; cela contredit la déduction tirée de notre michna.

18
ואמר רבי זירא, לא קשיא: הא רבי נחמיה, הא רבנן.

Rabbi Zeira a dit : ce n'est pas difficile ; celle-ci (notre michna) est selon Rabbi Nehemia, celle-là selon les Rabbanan.

📜 Rachi (1)
הא רבי נחמיה דאמר עיקר טבעת אדעתא דחותם הוא חייבת חטאת דחותם לאשה לאו תכשיט הוא דאין דרך לאשה לחתום ולשלוח שלוחים שאין חותם עשוי אלא לאדם גדול וממונה והא דקתני תכשיט הוא רבנן דאמרי גופה של טבעת עיקר ואדעתא דטבעת נפקא ביה וטבעת ודאי תכשיט הוא:
Celle-ci est selon Rabbi Nehemia : qui dit que l'essentiel de la bague est en vue du sceau ; (d'où) elle est passible d'un hatat, car pour une femme le sceau n'est pas une parure : une femme n'a pas l'habitude de sceller et d'envoyer des messagers, le sceau n'étant fait que pour un homme important et en charge (d'une fonction). Et ce qui est enseigné (à Kelim), que c'est une parure, est selon les Rabbanan, qui disent que le corps de la bague est l'essentiel ; elle sort avec en vue de la bague, et une bague est certainement une parure.
19
דתניא: היא של מתכת וחותמה של אלמוג — טמאה, היא של אלמוג וחותמה של מתכת — טהורה, ורבי נחמיה מטמא, שהיה רבי נחמיה אומר: בטבעת הלך אחר חותמה. בעול הלך אחר סמלוניו.

Comme il est enseigné (dans une baraita) : si (l'anneau) est en métal et son sceau en corail, elle est impure ; si elle est en corail et son sceau en métal, elle est pure ; et Rabbi Nehemia la déclare impure, car Rabbi Nehemia disait : pour une bague, suis son sceau ; pour un joug, suis ses chevilles (simlonav).

📜 Rachi (4)
טמאה דטבעת עיקר והוה ליה פשוטי כלי מתכות:
Impure : car la bague est l'essentiel, et c'est un ustensile de métal plat (pechoutei klei matakhot).
היא של אלמוג וחותמה של מתכת טהורה דהוה ליה פשוטי כלי עץ:
Si elle est en corail et son sceau en métal, elle est pure : car c'est (comme) un ustensile de bois plat.
הלך אחר סמלוניו ואם של מתכות הם טמא:
Suis ses chevilles : si elles sont en métal, il est impur.
סמלוניו העול שלהם לא היה פגום כשלנו אלא חלק ונוקבים בו שני נקבים וביניהם כעובי עורף השור ותוחבין בהן שתי יתדות והם סימלונין:
Simlonav : leur joug n'était pas échancré comme le nôtre, mais lisse ; on y perçait deux trous, espacés de l'épaisseur de la nuque du bœuf, et on y enfonçait deux chevilles : ce sont les simlonin.
🗂️ Tossefot (1)
רבי נחמיה מטמא נראה לר"י דברישא מטהר דלא בעי למימר הלך אף אחר חותמה אלא דוקא אחר חותמה שהוא עיקר וכן משמע בהדיא בתוספתא דמסכת כלים דתניא טבעת של מתכת וחותמה של אלמוג רבי נחמיה מטהר. שהיה רבי נחמיה אומר בטבעת הלך אחר חותמה:
Rabbi Nehemia la déclare impure : il semble au Ri que dans le premier cas (anneau de métal, sceau de corail), il la déclare pure : il ne veut pas dire 'suis aussi son sceau', mais 'suis uniquement son sceau', qui est l'essentiel. C'est aussi ce qui ressort explicitement de la Tossefta du traité Kelim, où il est enseigné : 'une bague de métal dont le sceau est de corail, Rabbi Nehemia la déclare pure', car Rabbi Nehemia disait : pour une bague, suis son sceau.
💡 Explication

Les ustensiles de bois plats (sans cavité) ne reçoivent pas l'impureté ; ceux de métal, même plats, la reçoivent. Le corail est traité ici comme une matière qui ne reçoit pas l'impureté.

Pour les Rabbanan, l'anneau détermine le statut ; pour Rabbi Nehemia, c'est le sceau. Applique au Chabbat : selon Rabbi Nehemia, la bague à sceau est un objet d'homme, donc un fardeau pour la femme ; selon les Rabbanan, elle reste une parure.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).