Shabbat 60a — La bague à sceau, l'aiguille non percée et la sandale cloutée

Shabbat 60a

Sougya : Le daf achève la discussion sur la bague à sceau : après la réponse de Rabbi Zeira (Rabbi Nehemia contre les Rabbanan, qui suivent 'ce qui soutient'), Rava et Rav Nahman bar Yitshak proposent deux autres résolutions. La Guemara explique ensuite l'aiguille non percée de la Michna : Rav Yossef (elle rassemble les cheveux) est réfuté par Abaye, et Rav Ada de Narech (elle sépare les cheveux) est complété par Rava : une plaque d'or posée sur le front le Chabbat.

Commence alors une nouvelle Michna sur ce que l'homme ne porte pas le Chabbat : sandale cloutée, sandale unique, tefilin, amulette non éprouvée, pièces d'armure. Chmouel, Rabbi Ilai ben Elazar et Rami bar Ye'hezkel racontent l'événement tragique à l'origine du décret sur la sandale cloutée, et la Guemara demande pourquoi il ne vise que le Chabbat.

La bague à sceau : Chabbat contre impuretéMichna Chabbatbague AVEC sceau : interdite(objet d'homme)Michna Kelimparures de femmes impures :bague avec ou sans sceauvsR. Zeira (59b)Chabbat = R. Nehemia :on suit le sceauKelim = Rabbanan :on suit l'anneau(hamaamid)RavaKelim enseignedes cas distincts :avec sceau = parure d'hommesans sceau = parurede femmeR. Nahman b. Yitshakimpureté : keli maasse-> ustensile = impurChabbat : massoui-> avec sceau = fardeausans sceau = parureTossefot : selon Rava et R. Nahman b. Yitshak, les deux michnayotsuivent R. Nehemia ; la bague à sceau n'est jamais une parure de femme
La contradiction entre la Michna de Chabbat et celle de Kelim sur la bague à sceau, et les trois manières de la résoudre.
L'aiguille non percée : à quoi sert-elle ?Michna (57a) : pas d'aiguille non percéesi elle sort : pas de hatatRav Yossefelle rassemble ses cheveux (oguret)Abaye : objectionalors comme la jarretière (birit) :pure, faite pour la pudeur -> permise !Explication abandonnéeRav Ada de Narechelle sépare ses cheveux (holeket)Questionet le Chabbat, à quoi sert-elle ?Rava : plaque d'or à une extrémitésemaine : séparer les cheveuxChabbat : plaque posée sur le front= parure : pas de hatat, mais interdite (elle risque de l'enlever pour la montrer)
L'aiguille non percée : les deux explications de son usage et la réponse de Rava (plaque d'or sur le front).
La sandale cloutée : pourquoi est-elle interdite le Chabbat ?Chmouelgrotte de fuyards'qui sort ne sort pas'une sandale retournée :on croit qu'un est sortiR. Ilai b. Elazargrottebruit au-dessus(Tossefot : bruit desandale cloutée)Rami b. Ye'hezkelsynagoguebruit derrièrela synagoguePanique : ils se bousculentles clous tuent plus que les ennemisDécret : on ne sort pas avec une sandale cloutéel'événement eut lieu un Chabbat -> interdit le Chabbat seulementquestion ouverte en fin de page : et le Yom tov ?
Trois récits de l'origine du décret sur la sandale cloutée, et la raison de sa limitation au Chabbat.
1
בקולב הלך אחר מסמרותיו. בסולם הלך אחר שליבותיו. בערסא הלך אחר שלשלותיו. וחכמים אומרים: הכל הולך אחר המעמיד.

Pour un kolav (présentoir), suis ses clous ; pour une échelle, suis ses barreaux ; pour une arsa (grande balance), suis ses chaînes. Et les Sages disent : tout suit ce qui soutient (hamaamid).

📜 Rachi (4)
בקולב הוא כמין עמוד רחב מלמטה ודק מלמעלה ומיטלטל והחנוני מעמידו לפני חלון חנותו ומסמרין תחובין בו ותולין בהן אבנטים ורצועות למכור:
Kolav : c'est une sorte de colonne large en bas et mince en haut, et on la déplace ; le marchand la dresse devant la fenêtre de sa boutique ; des clous y sont enfoncés, et on y suspend des ceintures et des lanières à vendre.
בערסה אישתרייד"א בלע"ז והן מאזנים גדולות לשקול צמר ושעוה ונחשת והן של עץ:
Arsa : 'estadère' en langue vernaculaire ; c'est une grande balance pour peser la laine, la cire et le cuivre, et elles sont en bois.
הלך אחר שלשלותיו שתלוי בהן ואם של מתכת הן טמאות:
Suis ses chaînes : auxquelles (les plateaux) sont suspendus ; si elles sont en métal, elles sont impures.
המעמיד גוף הטבעת מעמיד החותם והעול מעמיד את סמלוניו והקולב את מסמרותיו והסולם את שליבותיו שהרי בהם קבועים והערסה הוא עץ ארוך שהקנה שקורין ייש"א והלשון תחוב בו והשלשלות קבועות בקנה וכולן העץ ארוך מעמידן שהוא פליי"ל ששתי כפות המאזנים תלויות בב' ראשין:
Ce qui soutient : le corps de la bague soutient le sceau ; le joug soutient ses chevilles (simlonim) ; le kolav, ses clous ; l'échelle, ses barreaux, car c'est en eux qu'ils sont fixés. Et l'arsa est un long bois dans lequel sont enfoncés le fléau, qu'on appelle 'aise', et l'aiguille (de la balance) ; les chaînes sont fixées au fléau, et le long bois les soutient tous ; c'est le 'peil', car les deux plateaux de la balance sont suspendus à ses deux extrémités.
💡 Explication

Fin de la baraita citée en 59b. Rabbi Nehemia fixe le statut d'un objet (pour l'impureté) d'après l'élément qui remplit sa fonction : le sceau de la bague, les clous du présentoir, les chaînes de la balance. Les Rabbanan suivent hamaamid, l'élément porteur, auquel les autres sont fixés.

Conséquence pour la Michna : selon Rabbi Nehemia, la bague à sceau est définie par son sceau, objet d'homme ; d'où l'interdit de sortir avec pour la femme. Pour les Rabbanan, c'est l'anneau qui compte, et il est une parure.

🖼️ Schéma
Quel élément fixe le statut de l'objet pour l'impureté ?ObjetR. Nehemia : on suit...Rabbanan : on suit...baguele sceaul'anneaujougles chevilles (simlonim)le jougkolav (présentoir)les clousle montantéchelleles barreauxles montantsarsa (grande balance)les chaînesle bois qui porte le fléau
Rabbi Nehemia suit l'élément fonctionnel, les Rabbanan suivent ce qui soutient (hamaamid).
2
רבא אמר, לצדדים קתני: יש עליה חותם — תכשיט דאיש, אין עליה חותם — תכשיט דאשה.

Rava a dit : (la michna de Kelim) enseigne des cas distincts (litsdadin) : s'il y a sur elle un sceau, c'est une parure d'homme ; s'il n'y a pas sur elle de sceau, c'est une parure de femme.

📜 Rachi (1)
רבא אמר ברייתא דקתני וטבעת הוי תכשיט בין שיש עליה חותם בין שאין עליה חותם לאו ארישא דאיירי בתכשיטי נשים קיימי תרוייהו אלא חד תכשיט דאיש וחד תכשיט דאשה ולצדדין קתני:
Rava a dit : la baraita qui enseigne 'et la bague est une parure, qu'elle ait un sceau ou non' ne se rattache pas, pour les deux (cas), au début, qui traite des parures de femmes ; mais l'un est une parure d'homme et l'autre une parure de femme, et elle enseigne des cas distincts.
💡 Explication

Deuxième résolution de la contradiction. Dans la liste de Kelim, la bague à sceau est impure comme parure d'homme ; seule la bague sans sceau y figure comme parure de femme. Les deux michnayot s'accordent alors : pour la femme, la bague à sceau n'est pas une parure, elle ne sort donc pas avec le Chabbat.

3
רב נחמן בר יצחק אמר: טומאה אשבת קרמית?! טומאה, ״כלי מעשה״ אמר רחמנא — וכלי הוא. שבת, משום משוי אמר רחמנא, אין עליה חותם — תכשיט, יש עליה חותם — משוי.

Rav Nahman bar Yitshak a dit : tu opposes l'impureté au Chabbat ?! Pour l'impureté, le Miséricordieux a dit 'ustensile de travail' (keli maasse), et c'est un ustensile.

Pour le Chabbat, le Miséricordieux a dit (d'interdire) à cause du fardeau (massoui) : s'il n'y a pas sur elle de sceau, c'est une parure ; s'il y a sur elle un sceau, c'est un fardeau.

📜 Rachi (1)
טומאה אשבת קרמית הא דקתני וטבעת בין שיש עליה כו' לאו ארישא קאי דקרי ליה תכשיט נשים אלא הכי קאמר וטבעת שאמרו שנטמאת בין שיש עליה חותם דלאו תכשיט הוא מיהו כלי מעשה הוא בין שאין עליה חותם דהוי תכשיט וכי קתני רישא תכשיטי נשים אשאין עליה חותם:
Tu opposes l'impureté au Chabbat : ce qui est enseigné 'et la bague, qu'elle ait un sceau etc.' ne se rattache pas au début, qui l'appelle parure de femmes ; mais voici ce qu'il dit : et la bague dont on a dit qu'elle devient impure, qu'elle ait un sceau, (auquel cas) ce n'est pas une parure mais c'est un ustensile de travail, ou qu'elle n'ait pas de sceau, (auquel cas) c'est une parure. Et quand le début enseigne 'parures de femmes', (cela porte) sur celle qui n'a pas de sceau.
🗂️ Tossefot (1)
רב נחמן בר יצחק אמר טומאה אשבת קא רמית דאפילו בלאו טעמא דהוי תכשיט לאיש היא טמאה מכל כלי מעשה והשתא בין לרבא בין לרב נחמן בר יצחק מוקמי תרוייהו כרבי נחמיה ולא מטמא מטעם תכשיט דאשה אלא מטעם תכשיט דאיש או מטעם דהוי כלי מעשה ולצדדין קתני בין לרבא בין לרב נחמן בר יצחק:
Rav Nahman bar Yitshak a dit : tu opposes l'impureté au Chabbat : car même sans la raison qu'elle est une parure d'homme, elle est impure au titre de 'tout ustensile de travail'. Et maintenant, tant selon Rava que selon Rav Nahman bar Yitshak, on établit les deux (michnayot) selon Rabbi Nehemia, et elle n'est pas impure en raison de parure de femme, mais en raison de parure d'homme ou en raison d'ustensile de travail ; et (la michna) enseigne des cas distincts, tant selon Rava que selon Rav Nahman bar Yitshak.
💡 Explication

Troisième résolution. Les deux domaines reposent sur des critères différents. L'impureté dépend de la définition d'ustensile (Bamidbar 31, 51 : keli maasse) : la bague à sceau, qui sert à sceller, en est un. Le Chabbat interdit le massoui (fardeau) : un objet porté est permis s'il est un vêtement ou une parure. Sans sceau, la bague est une parure ; avec sceau, un fardeau pour la femme.

4
ולא במחט שאינה נקובה. למאי חזיא? אמר רב יוסף: הואיל ואשה אוגרת בה שערה.

Ni avec une aiguille non percée. À quoi sert-elle ?

Rav Yossef a dit : puisque la femme rassemble (oguret) avec elle ses cheveux.

📜 Rachi (2)
למאי חזיא לתכשיט דקתני אינה חייבת חטאת:
À quoi sert-elle : comme parure, puisqu'il est enseigné (qu'elle) n'est pas passible d'un hatat.
אוגרת בה שערה היוצא חוץ לקישוריה כורכתו סביב המחט ותוחבת המחט בשבכה מתחתיה שלא יראה שערה:
Elle rassemble avec elle ses cheveux : ceux qui sortent hors de ses attaches, elle les enroule autour de l'aiguille, et elle enfonce l'aiguille dans le filet (sevakha) par-dessous, pour que ses cheveux ne se voient pas.
🗂️ Tossefot (2)
למאי חזיא פי' בקונטרס למאי חזיא והא משוי הוא וקשה לר"י דאם כן מאי משני הואיל ואשה חולקת בה שערה אטו משום הכי לא הוי משוי והא אינו לא מלבוש ולא תכשיט אלא נראה לפרש למאי חזיא למה היא רגילה לצאת בה בחול אמר רב יוסף כו' ובתר הכי פריך ובשבת למאי חזיא נהי שרגילה לנושאה בשביל שצריכה לחלק בה שערה בשבת תיהוי משוי כיון דאינו לא מלבוש ולא תכשיט ובקונטרס פי' בסמוך בשבת למאי חזיא והלא בשבת אינה חולקת שערה וקשה לר"י חדא דהא מנא ליה דאסור לחלק בה שיער בשבת ועוד דאמאי פריך והא אסור אפילו יהא מותר תקשה והא משוי הוא:
À quoi sert-elle : le Kountres (Rachi) a expliqué : à quoi sert-elle, alors que c'est un fardeau ? Et le Ri objecte : s'il en est ainsi, que répond-on par 'puisque la femme sépare avec elle ses cheveux' ? Est-ce qu'à cause de cela ce n'est pas un fardeau ? Or ce n'est ni un vêtement ni une parure ! Il semble plutôt qu'il faut expliquer : 'à quoi sert-elle' : pourquoi a-t-elle l'habitude de sortir avec en semaine ? Rav Yossef a dit etc. Et ensuite (la Guemara) objecte : 'et le Chabbat, à quoi sert-elle ?' : admettons qu'elle a l'habitude de la porter parce qu'elle doit séparer avec elle ses cheveux ; le Chabbat, qu'elle soit un fardeau, puisque ce n'est ni un vêtement ni une parure ! Et le Kountres a expliqué plus bas : 'le Chabbat, à quoi sert-elle', or le Chabbat elle ne sépare pas ses cheveux. Et le Ri objecte : d'abord, d'où sait-il qu'il est interdit de séparer avec elle les cheveux le Chabbat ? Et encore, pourquoi objecte-t-il (en disant) 'mais c'est interdit' ? Même si c'était permis, qu'il objecte : mais c'est un fardeau !
הואיל ואשה אוגרת בה שערה נראה לר"י שתוחבת המחט בתוך הסבכה ודוחקת את הסבכה כדי שלא יפלו שערותיה חוץ לקישוריה והשתא אתי שפיר דהויא כעין בירית שאוחזת בתי שוקיה שלא יפלו ולא כפירוש הקונטרס:
Puisque la femme rassemble avec elle ses cheveux : il semble au Ri qu'elle enfonce l'aiguille dans le filet et serre le filet pour que ses cheveux ne tombent pas hors de ses attaches ; et ainsi il convient bien (de dire) qu'elle est comme une jarretière (birit), qui retient ses bas pour qu'ils ne tombent pas ; et non comme l'explication du Kountres.
💡 Explication

Retour à la Michna (57a) : la femme ne sort pas avec une aiguille non percée, et si elle sort, elle n'est pas passible d'un hatat. L'absence de hatat suppose que l'aiguille a un statut de parure ou d'accessoire ; d'où la question : quel est son usage ?

Rachi : elle y enroule les mèches qui dépassent. Ri (Tossefot) : elle la pique dans le filet pour le tenir serré ; cette lecture prépare la comparaison avec la jarretière.

5
אמר ליה אביי: ותהוי כבירית טהורה, ותשתרי.

Abaye lui dit : qu'elle soit (alors) comme une jarretière (birit), qui est pure, et qu'elle soit permise !

📜 Rachi (2)
ותיהוי כבירית דתנא מתניתין (לקמן שבת דף סג.) בירית טהורה מלטמא ויוצאין בה והיא כמין אצעדה שעושה לשוקיה מעל בתי שוקיה להדקן שלא יפלו על רגלה:
Qu'elle soit comme une jarretière : car notre Michna enseigne (plus loin, Chabbat 63a) : la jarretière est pure (ne reçoit pas l'impureté) et on sort avec ; c'est une sorte de bracelet qu'elle fait pour ses jambes, au-dessus de ses bas, pour les serrer, afin qu'ils ne tombent pas sur son pied.
טהורה דלאו תכשיט היא אלא תשמיש לבתי שוקיה והוי כטבעת הכלים דאמרן טהורות בפרקין דלעיל ויוצאין בה שצריך לה עם בתי שוקיה ולא הוי משאוי ויוצאין דכיון דלצניעותא היא לא שלפא ומחוי והאי מחט נמי לצניעות דשער באשה ערוה ולא מחויא ואמאי לא תצא לכתחילה:
Pure : car ce n'est pas une parure mais un accessoire de ses bas, et elle est comme les anneaux des ustensiles, dont nous avons dit qu'ils sont purs plus haut dans notre chapitre ; et on sort avec, car elle en a besoin avec ses bas, et ce n'est pas un fardeau ; et on sort (avec), car puisqu'elle est pour la pudeur, elle ne l'enlève pas pour la montrer. Et cette aiguille aussi est pour la pudeur, car les cheveux d'une femme sont (considérés comme) nudité (erva), et elle ne la montre pas ; pourquoi donc ne sortirait-elle pas (avec) des le départ (lekhatehila) ?
🗂️ Tossefot (1)
ותיהוי כבירית טהורה ותשתרי פירש בקונטרס דכי היכי דהתם לא חיישי לדילמא משלפא ומחויא הואיל ולצניעותא עבידא ה"נ לא ניחוש למישלף ואחוויי מהאי טעמא וקשה לר"י דהא כבלים אין יוצאין בהן בשבת דחיישינן דילמא משלפא להו משום דהוי תכשיט כמו שאפרש אע"ג דלצניעותא עבידא כמו בירית דהכל ענין אחד אלא שבירית באחת וכבלים בשתים כדאמרינן לקמן (שבת דף סג:) ועוד דלמה לו להזכיר כאן טהרת בירית הוה ליה למימר ותיהוי כבירית ותשתרי ונראה לר"י דה"פ ותהוי כבירית שיוצאין בה לפי שהיא טהורה משום שאינה תכשיט דאינה נוי לאשה כיון דאינה כ"א באחת והויא כטבעת הכלים דאינה כ"א לצורך בתי שוקים ה"נ האי מחט שהיא טהורה לפי שאינה אלא כטבעת הכלים תשתרי דאינה תכשיט וא"ת אמאי לא משני השתא כמין טס של זהב יש לה בראשה כדמשני לאידך שינויא דבסמוך וי"ל דאם היתה אוגרת בה שערה לא היתה מניחתה לעולם כנגד פדחתה ואינה חשובה תכשיט אלא טס וקשה לרשב"א לפירוש זה דכיון דמחט שאוגרת בה שערה היא טהורה היכי קאמר לעיל (שבת דף נב:) אבל לענין טומאה דא ודא אחת היא הרי יש חילוק אפילו בשלימה דאותה שאינה אוגרת בה טמאה ואותה שאוגרת בה טהורה וצריך לומר דאטומאה נמי פריך ותיהוי טהורה כבירית שהיא טהורה גם תשתרי לצאת בה:
Qu'elle soit comme une jarretière pure, et qu'elle soit permise : le Kountres a expliqué : de même que là on ne craint pas qu'elle l'enlève pour la montrer, puisqu'elle est faite pour la pudeur, de même ici ne craignons pas, pour cette raison, qu'elle l'enlève pour la montrer. Et le Ri objecte : avec les kevalim (chaînettes), on ne sort pas le Chabbat, car nous craignons qu'elle ne les enlève, parce que c'est une parure, comme je l'expliquerai, bien qu'ils soient faits pour la pudeur, comme la jarretière ; car tout est une même chose, sauf que la jarretière (se porte) sur une (jambe) et les kevalim sur deux, comme nous le disons plus loin (Chabbat 63b). Et encore : pourquoi mentionner ici la pureté de la jarretière ? Il aurait dû dire : qu'elle soit comme une jarretière, et qu'elle soit permise. Il semble au Ri que voici l'explication : qu'elle soit comme une jarretière, avec laquelle on sort parce qu'elle est pure, parce qu'elle n'est pas une parure, puisqu'elle n'embellit pas la femme, n'étant (portée) que sur une (jambe), et elle est comme les anneaux des ustensiles, n'étant que pour le besoin des bas ; de même cette aiguille, qui est pure parce qu'elle n'est que comme les anneaux des ustensiles, qu'elle soit permise, car elle n'est pas une parure. Et si tu demandes : pourquoi ne répond-on pas ici 'une sorte de plaque d'or est à sa tête', comme on répond pour l'autre explication qui suit ? On peut répondre que si elle rassemblait avec elle ses cheveux, elle ne la poserait jamais face à son front, et elle n'est pas considérée comme une parure, mais comme une (simple) plaque. Et le Rachba objecte à cette explication : puisque l'aiguille avec laquelle elle rassemble ses cheveux est pure, comment dit-on plus haut (Chabbat 52b) 'mais pour l'impureté, l'une et l'autre sont une même chose' ? Il y a pourtant une différence même pour l'(aiguille) entière : celle avec laquelle elle ne rassemble pas (ses cheveux) est impure, et celle avec laquelle elle rassemble est pure. Il faut dire que (la Guemara) objecte aussi sur l'impureté : qu'elle soit pure comme la jarretière, qui est pure, et qu'elle soit aussi permise pour sortir avec.
💡 Explication

Objection d'Abaye. La birit (jarretière) est pure et permise le Chabbat. Si l'aiguille a la même fonction, elle devrait être permise dès le départ ; or la Michna l'interdit.

Deux lectures : Rachi met l'accent sur la pudeur (la femme ne l'enlève pas pour la montrer). Le Ri met l'accent sur la pureté : un simple accessoire, comme les anneaux des ustensiles, n'est pas une parure et ne crée donc pas la crainte qu'on l'enlève pour la montrer.

6
אלא תרגמה רב אדא נרשאה קמיה דרב יוסף: הואיל ואשה חולקת בה שערה. בשבת למאי חזיא? אמר רבא: טס של זהב יש לה על ראשה. בחול חולקת בה שערה, בשבת מניחתה כנגד פדחתה.

Rav Ada de Narech l'a plutôt interprétée devant Rav Yossef : puisque la femme sépare (holeket) avec elle ses cheveux. Le Chabbat, à quoi sert-elle ?

Rava a dit : une plaque d'or est à sa tête ; en semaine, elle sépare avec elle ses cheveux ; le Chabbat, elle la pose face à son front.

📜 Rachi (5)
חולקת לכאן ולכאן באמצע ראשה שקורין גריוו"א פסוקת, שביל בלע"ז:
Sépare : de-ci de-là, au milieu de sa tête, ce qu'on appelle 'grève' ; (en hébreu) pessoukat, chemin, en langue vernaculaire.
ובשבת למאי חזיא הרי בשבת אינה חולקת שערה:
Et le Chabbat, à quoi sert-elle : or le Chabbat, elle ne sépare pas ses cheveux.
טס של זהב יש לה על ראשה האחד והשני עוקץ הוי:
Une plaque d'or est à sa tête : à une (extrémité), et l'autre est une pointe.
בחול חולקת שערה בעוקץ:
En semaine, elle sépare ses cheveux : avec la pointe.
ובשבת תוחבת העוקץ בשבכה והטס שבראשה השני מונח על פדחתה:
Et le Chabbat : elle enfonce la pointe dans le filet, et la plaque qui est à son autre extrémité est posée sur son front.
🗂️ Tossefot (1)
ומניחתה כנגד פדחתה השתא לא היה צריך לומר שחולקת בה שערה כלל אלא האמת מפרש:
Et elle la pose face à son front : maintenant il n'avait pas du tout besoin de dire qu'elle sépare avec elle ses cheveux, mais il explique la réalité.
⚖️ Rosh (1)
ולא במחט שאינה נקובה. למאי חזיא אמר רב יוסף הואיל ואשה אוגרת בה שערה פירש"י שיער היוצא חוץ לקשוריה כורכתו סביב המחט ותוחבת המחט לתוך קשוריה שלא יראה שערה. ויותר נראה לפרש שתכפל המחט לתוך השבכה ואוגרת בה השבכה שלא יצאו שעריה חוץ לקשוריה והשתא הוה כעין בירית שאם היתה שולפת בירית לא היו שוקיה מתגלות מיד אלא אחר שיפלו בתי שוקיה. ופריך ותיהוי כבירית טהורה ותשתרי. תרגמה רב אדא נרשאה קמיה דרב יוסף הואיל ואשה חולקת בה שערה. ובשבת למאי חזיא. פירש"י דבשבת אינה חולקת שערה ותימה מנלן דאסור לחלוק שערה בשבת דאינה תולשת השיער. אפילו לחוף ולפספס מותר דקי"ל כרבי שמעון דדבר שאין מתכוין מותר. ועוד אפי' יהא מותר לחלוק בה שערה מ"מ משוי הוא שהרי אינה יכולה לצאת בכל הדברים הצריכים לה כיון שאינו לא מלבוש ולא תכשיט. הלכך ה"פ בשבת למאי חזיא שתוכל לצאת בה והלא אין תכשיט. תנא כמין טס של זהב יש לה על ראשה בחול חולקת בה שערה ובשבת מניחתה כנגד פדחתה ואסור לצאת בה דלמא שלפא ומחויא. אבל מחט שאשה מעמדת בה קשוריה שרי לצאת בה בשבת דהוי כמחט שאוגרת בה שערה:
Ni avec une aiguille non percée. À quoi sert-elle ? Rav Yossef a dit : puisque la femme rassemble avec elle ses cheveux. Rachi a expliqué : les cheveux qui sortent hors de ses attaches, elle les enroule autour de l'aiguille et enfonce l'aiguille dans ses attaches, pour que ses cheveux ne se voient pas. Et il paraît plus juste d'expliquer qu'elle plie l'aiguille dans le filet et retient avec elle le filet, pour que ses cheveux ne sortent pas hors de ses attaches ; ainsi elle est semblable à une jarretière (birit) : si elle retirait la jarretière, ses jambes ne se découvriraient pas immédiatement, mais seulement après que ses bas seraient tombés. Et (la Guemara) objecte : qu'elle soit comme une jarretière, pure, et qu'elle soit permise ! Rav Ada de Narech l'a interprétée devant Rav Yossef : puisque la femme sépare avec elle ses cheveux. Et le Chabbat, à quoi sert-elle ? Rachi a expliqué que le Chabbat elle ne sépare pas ses cheveux. Et c'est étonnant : d'où savons-nous qu'il est interdit de séparer ses cheveux le Chabbat, puisqu'elle n'arrache pas de cheveux ? Même laver et démêler (lahouf oulefasses) est permis, car nous tenons comme Rabbi Chimon que l'acte non intentionnel (davar che-eino mitkaven) est permis. Et encore : même s'il était permis de séparer avec elle ses cheveux, de toute façon c'est un fardeau, car elle ne peut pas sortir avec toutes les choses dont elle a besoin, puisque ce n'est ni un vêtement ni une parure. C'est pourquoi voici l'explication : le Chabbat, à quoi sert-elle, pour qu'elle puisse sortir avec, alors que ce n'est pas une parure ? Il a été enseigné : une sorte de plaque d'or est à sa tête ; en semaine, elle sépare avec elle ses cheveux, et le Chabbat, elle la pose face à son front ; et il est interdit de sortir avec, de peur qu'elle ne l'enlève pour la montrer. Mais une aiguille avec laquelle la femme maintient ses attaches, il est permis de sortir avec le Chabbat, car elle est comme l'aiguille avec laquelle elle rassemble ses cheveux.
💡 Explication

Rav Ada de Narech propose un autre usage : séparer les cheveux (faire la raie). La Guemara demande alors quel usage l'aiguille a le Chabbat. Rava : l'aiguille porte à une extrémité une plaque d'or ; le Chabbat, la pointe est piquée dans le filet et la plaque repose sur le front, comme une parure.

Étant une parure, elle n'entraîne pas de hatat ; elle reste interdite (rabbiniquement) de peur que la femme l'enlève pour la montrer. Le Roch en tire la halakha : l'aiguille qui sert à maintenir les attaches des cheveux est permise le Chabbat.

7
מתני׳ לא יצא האיש בסנדל המסומר. ולא ביחיד, בזמן שאין ברגלו מכה. ולא בתפילין, ולא בקמיע בזמן שאינו מן המומחה. ולא בשריון ולא בקסדא ולא במגפיים. ואם יצא — אינו חייב חטאת.

Michna. L'homme ne sortira pas avec une sandale cloutée, ni avec une seule (sandale) quand il n'a pas de blessure au pied, ni avec les tefilin, ni avec une amulette (kamea) quand elle ne vient pas de l'expert, ni avec une cuirasse (chiryon), ni avec un casque (kasda), ni avec des jambières (magafayim).

Et s'il est sorti, il n'est pas passible d'un (sacrifice) hatat.

📜 Rachi (8)
מתני' סנדל המסומר של עץ הוא ותוחבין מסמרות למעלה לחזק התחתון עם העליון (העץ עם העור שלמעלה הימנו ויש לו שתי פיות ותוחב רגלו בו) ובגמרא מפרש מאי טעמא גזרו ביה:
Michna. Sandale cloutée : elle est en bois, et on enfonce des clous par-dessus pour fixer la (partie) inférieure à la supérieure (le bois au cuir qui est au-dessus ; elle a deux ouvertures, et il y enfonce son pied) ; et dans la Guemara il explique pour quelle raison on a décrété à son sujet.
ולא ביחיד ולא בסנדל יחיד:
Ni avec une seule : ni avec une sandale unique.
בזמן שאין ברגלו מכה בש"ס ירושלמי מפרש דלא ליחשדיה דטעין ליה לחבריה תותי כנפיה ולשון רבותי דילמא מחייכי עליה ושקיל דשליף ליה וממטי ליה בידי' בשכחת שבת ומיהו בזמן שיש ברגלו מכה שרי ובגמרא בעי בהי מינייהו יהיב ליה:
Quand il n'a pas de blessure au pied : dans le Talmud de Jérusalem il est expliqué : pour qu'on ne le soupçonne pas de porter (l'autre sandale) pour son ami sous ses pans (de vêtement) ; et selon l'expression de mes maîtres : de peur qu'on se moque de lui, et qu'il l'enlève et la porte à la main, par oubli du Chabbat. Mais quand il a une blessure au pied, c'est permis ; et dans la Guemara il demande sur lequel (des pieds) il la met.
ולא בתפילין כדמפרש טעמא בגמרא (לקמן שבת דף סא.):
Ni avec les tefilin : comme il en explique la raison dans la Guemara (plus loin, Chabbat 61a).
ולא בקמיע שכותבין וטוענין לרפואה:
Ni avec une amulette : qu'on écrit et qu'on porte pour la guérison.
שאינו מן המומחה אבל בקמיע מומחה שרי דתכשיט הוא לחולה כאחד ממלבושיו:
Qui ne vient pas de l'expert : mais avec une amulette d'expert c'est permis, car c'est une parure pour le malade, comme l'un de ses vêtements.
שריון קסדא ומגפיים מפרש בגמרא:
Cuirasse, casque et jambières : il l'explique dans la Guemara.
אינו חייב חטאת דכולהו מין מלבושין נינהו בחול למלחמה:
Il n'est pas passible d'un hatat : car ce sont tous des sortes de vêtements, en semaine, pour la guerre.
💡 Explication

Nouvelle Michna, consacrée à l'homme. Tous les objets cités sont interdits par décret rabbinique ; aucun n'entraîne de hatat, car ils se portent comme des vêtements (Rachi : l'armure est un vêtement de guerre).

Motifs : la sandale cloutée, par décret lié à un événement (Guemara) ; la sandale unique, de peur qu'il l'enlève et la porte à la main ; les tefilin (61a) ; l'amulette non éprouvée, qui n'a pas le statut de parure du malade.

8
גמ׳ סנדל המסומר מאי טעמא?

Guemara. La sandale cloutée, quelle en est la raison ?

9
אמר שמואל: שלפי השמד היו, והיו נחבאין במערה, ואמרו: הנכנס — יכנס, והיוצא — אל יצא.

Chmouel a dit : c'étaient des fuyards de la persécution (chmad), et ils se cachaient dans une grotte, et ils dirent : celui qui entre, qu'il entre ; celui qui sort, qu'il ne sorte pas.

📜 Rachi (3)
גמ' שלפי הגזירה היו בני אדם הנשמטים מן הגזירה היו:
Qu'ils étaient des fuyards du décret : des gens qui s'échappaient du décret (de persécution).
הנכנס יכנס הרוצה ליכנס יכנס שהנכנס יראה תחלה שאין אדם רואה:
Celui qui entre, qu'il entre : qui veut entrer, qu'il entre, car celui qui entre regardera d'abord qu'aucun homme ne le voit.
והיוצא אל יצא שמא יש אויבים מבחוץ והוא לא ידע ויראוהו ויבינו שאנו כאן:
Et celui qui sort, qu'il ne sorte pas : peut-être y a-t-il des ennemis dehors sans qu'il le sache ; ils le verront et comprendront que nous sommes ici.
⚖️ Rosh (1)
גמ' סנדל המסומר מאי טעמא לא. אמר רבי אבא אמר שמואל שליפי גזרת המלכות היו והיו נחבאין במערה ואמרו הנכנס יכנס והיוצא אל יצא נהפך סנדלו של אחד מהן. כסבורין היו שאחד מהן יצא וראוהו והכירו בהן אויבים ועכשיו באין עליהן דחקו זה את זה והרגו זה את זה יותר ממה שהרגו בהן אויבים באותה שעה אמרו אל יצא איש בסנדל המסומר לא שנא בשבת ולא שנא ביום טוב מאי טעמא משום דאיכא כנופיא דאיסורא. והיינו דתנן אין משלחין ביום טוב לא סנדל המסומר ולא מנעל שאינו תפור. אמר רב יהודה אמר שמואל לא שנו אלא לחזק אבל לנוי מותר. וכמה לנוי ר' יוחנן אמר חמש בזה וחמש בזה ר' חנינא אמר שבע בזה ושבע בזה. א"ל ר' יוחנן לרב שמן בר אבא אסברא לך לדידי שתים מכאן ושתים מכאן ואחת בתרסיותיו לר' חנינא שלש מכאן ושלש מכאן ואחת בתרסיותיו א"ל אילפא לרבה בר בר חנה אתון תלמידי ר' יוחנן עבידו כר' יוחנן אנן נעביד כר' חנינא בעא מיניה ההוא רצענא מר' אמי תפרו מבפנים מאי. אמר ליה מותר ולא ידענא מאי טעמא א"ל רב אשי ולא ידע מר מאי טעמא כיון דתפרו מבפנים הוי ליה מנעל בסנדל גזרו ביה רבנן ובמנעל לא גזרו ביה רבנן. בעא מיניה רבי אבא בר זביד מר' אבא בר אבינא עשאו כמין כלבוס מהו. א"ל מותר פירוש שעשה המסמר כמין שני מסמרים תכופין זה אצל זה ומחוברים בראשיהן. איתמר נמי אמר רבי יוסי בר חנינא עשאו כמין כלבוס מותר אמר רב ששת חפהו כולו במסמרים כדי שלא תהא קרקע אוכלתו מותר. תניא כוותיה דרב ששת לא יצא האיש בסנדל המסומר ולא יצא בו מבית לבית ואפילו ממטה למטה אבל מטלטלין אותו לסמוך בו כרעי המטה ולכסות בו את הכלים. ור' אלעזר בר' שמעון אוסר. נשרו רוב מסמרותיו ונשתיירו בו ארבע או חמש מותר. ורבי מתיר עד שבע. חפהו עור מלמטה וקבע בו מסמרים מלמעלה מותר. עשאו כמין טס או כמין יתד או שחפהו כולו במסמרים כדי שלא תהא קרקע אוכלתו מותר. טעמא דכל הני דמותרין לפי שלא אסרו אלא כיוצא בו של אותו סנדל המסומר שאירע בו מעשה וצורתו נעלמה מאתנו: ולא ביחיד כו'. טעמא דאין ברגלו מכה הא יש ברגלו מכה נפיק באותו שאין בו מכה. ולא בתפילין. משום דלמא אתי לאיתויינהו ארבע אמות ברשות הרבים כי חליץ להו למיעל לבית הכסא: ולא בקמיע וכו'. אמר רב פפא לא תימא עד דאיתמחי גברא ואיתמחי קמיע אלא כיון דאיתמחי גברא אע"ג דלא אתמחי קמיע דיקא נמי דקתני ולא בקמיע בזמן שאינו מן המומחה ולא קתני בזמן שאינו מומחה שמע מינה דבהמחאת גברא לחודיה סגי וכל שכן בהמחאת קמיע לחודיה דעדיף טפי המחאת קמיע מהמחאת גברא לחודיה דהא מבעיא ליה לרב פפא תלתא קמיעי לחד גברא אי אמרינן מזלא דגברא גרים דמקבל כתבא אבל בהמחאת קמיע דעדיף טפי לא מבעיא ליה אם ריפא איש אחד אי תלינן במזלא דגברא ולא איתמחי קמיע אלא ודאי איתמחי וכן משמע לישנא דברייתא דקתני איזהו קמיע מומחה כל שריפא ושנה ושלש ולא קתני שריפא ג' בני אדם כדקתני באידך ברייתא דאיירי בהמחאת גברא. והא דקאמר רב פפא חד קמיע לתלתא גברי קמיע איתמחי גברא לא איתמחי ה"ה נמי לחד גברא דאיתמחי והא דנקט תלתא גברי לאשמעינן דאפי' הכי לא איתמחי גברא. תנו רבנן איזהו קמיע מומחה כל שריפא ושנה ושלש אחד קמיע של כתב ואחד קמיע של עיקרין אחד חולה שיש בו סכנה ואחד חולה שאין בו סכנה ולא שנכפה אלא שלא יכפה וקושר ומתיר אפי' ברשות הרבים ובלבד שלא יקשרנו בשיר ובטבעת ויצא בו לרשות הרבים משום מראית העין והתניא איזהו קמיע מומחה כל שריפא ג' אנשים כאחד. לא קשיא הא לאמחויי גברא והא לאמחויי קמיע. אמר רב פפא פשיטא לי תלתא קמיעי לתלתא גברי תלתא תלתא זימני אתמחי גברא ואיתמחי קמיע פרש"י אם ריפא שלשה מיני חלאים בשלשה מיני קמיעות דאיתמחי גברא לכל הקמיעות גם לחלאים אחרים מידי דהוה אנגח שור וחמור וגמל דנעשה מועד לכל מיני בהמה. ולא נהירא דאטו אם הוא בקי בשלשה מיני קמיעות וכי בשביל זה יחשב מומחה גם לקמיעות אחרים שאינו בקי בהן. הלכך נראה לפרש איתמחי גברא היינו שאם כתב לחש אחד בשלשה איגרות ורפאו שלשתן אתמחי גברא לאותו לחש בכל פעם שיכתוב אותו. אבל לשאר לחשים לא וגם אין הקמיע מומחה אם יכתבנו אחר. ואיגרת שריפאתה ג' פעמים מומחה לכל אדם ותלתא קמיעי לתלתא גברי תלתא זימני ה"פ אם כתב לחש אחד בשלשה איגרות וכל אחת הועילה לג' אנשים או לאדם אחד ג' פעמים איתמחי גברא ללחש זה בכל אגרת שיכתוב. ואיתמחי איגרות הללו לכל אדם. תלתא קמיעי לתלתא גברי חד חד זימנא גברא איתמחי קמיע לא אתמחי. חד קמיע לתלתא גברי קמיע איתמחי וגברא לא איתמחי. בעי רב פפא תלתא קמיעי לחד גברא מאי. קמיע ודאי לא איתמחי. גברא איתמחי או לא איתמתי מי אמרינן הא אסי תלתא זימני. או דלמא מזליה דההוא גברא גרים דמקבל כתבא. תיקו. ירושלמי אמר רבי אבהו אמר רבי יוחנן נאמן הרופא לומר רפאתי שניתי ושלשתי:
Guemara. La sandale cloutée, quelle en est la raison ? Rabbi Abba a dit au nom de Chmouel : c'étaient des fuyards du décret du royaume, et ils se cachaient dans une grotte, et ils dirent : celui qui entre, qu'il entre, et celui qui sort, qu'il ne sorte pas. La sandale de l'un d'eux se retourna. Ils pensèrent que l'un d'eux était sorti, que les ennemis l'avaient vu et les avaient repérés, et qu'à présent ils venaient sur eux. Ils se bousculèrent les uns les autres et se tuèrent les uns les autres plus que les ennemis n'en tuèrent parmi eux. À cette heure, ils dirent : qu'un homme ne sorte pas avec une sandale cloutée. Il n'y a pas de différence entre le Chabbat et le Yom tov. Quelle en est la raison ? Parce qu'il y a (ces jours-là) un rassemblement (kenoufya) (en un jour) d'interdit (de travail). Et c'est ce que nous avons appris : on n'envoie pas, le Yom tov, de sandale cloutée ni de chaussure non cousue. Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : on ne l'a enseigné que (pour des clous destinés) à renforcer, mais pour l'embellissement, c'est permis. Et combien pour l'embellissement ? Rabbi Yo'hanan a dit : cinq de ce côté et cinq de ce côté ; Rabbi Hanina a dit : sept de ce côté et sept de ce côté. Rabbi Yo'hanan dit à Rav Chemen bar Abba : je vais te l'expliquer : selon moi, deux d'ici, deux d'ici et un sur ses attaches (tarsiyot) ; selon Rabbi Hanina, trois d'ici, trois d'ici et un sur ses attaches. Ilfa dit à Rabba bar bar Hana : vous, disciples de Rabbi Yo'hanan, faites comme Rabbi Yo'hanan ; nous, nous ferons comme Rabbi Hanina. Un cordonnier demanda à Rabbi Ami : s'il l'a cousu de l'intérieur, qu'en est-il ? Il lui dit : c'est permis, et je ne sais pas quelle en est la raison. Rav Achi dit : et le maître ne sait-il pas quelle en est la raison ? Puisqu'il l'a cousu de l'intérieur, c'est devenu une chaussure (min'al) ; pour la sandale, les Sages ont décrété, et pour la chaussure, les Sages n'ont pas décrété. Rabbi Abba bar Zavid demanda à Rabbi Abba bar Avina : s'il l'a fait comme un kalbous, qu'en est-il ? Il lui dit : c'est permis. Explication : il a fait le clou comme deux clous serrés l'un contre l'autre et joints à leur tête. Il a été dit aussi : Rabbi Yossi bar Hanina a dit : s'il l'a fait comme un kalbous, c'est permis. Rav Chechet a dit : s'il l'a recouvert entièrement de clous, pour que le sol ne l'use pas, c'est permis. Il est enseigné (une baraita) conformément à Rav Chechet : un homme ne sortira pas avec une sandale cloutée, ni ne sortira avec d'une maison à une maison, et même d'un lit à un lit ; mais on la déplace pour caler avec les pieds du lit et pour couvrir avec les ustensiles ; et Rabbi Elazar bar Rabbi Chimon interdit. Si la plupart de ses clous sont tombés et qu'il en reste quatre ou cinq, c'est permis ; et Rabbi permet jusqu'à sept. S'il l'a recouverte de cuir par-dessous et a fixé les clous par-dessus, c'est permis. S'il l'a (faite) comme une plaque, ou comme un piquet, ou qu'il l'a recouverte entièrement de clous pour que le sol ne l'use pas, c'est permis. La raison pour laquelle tous ceux-là sont permis : on n'a interdit que ce qui est semblable à cette sandale cloutée par laquelle l'événement est arrivé, et sa forme nous est cachée. Ni avec une seule etc. La raison est qu'il n'a pas de blessure au pied ; mais s'il a une blessure au pied, il sort (avec la sandale) sur celui qui n'a pas de blessure. Ni avec les tefilin : de peur qu'il ne vienne à les porter quatre coudées dans le domaine public, quand il les enlève pour entrer aux toilettes. Ni avec une amulette etc. Rav Papa a dit : ne dis pas (qu'il faut attendre) que l'homme soit éprouvé et que l'amulette soit éprouvée ; mais dès que l'homme est éprouvé, même si l'amulette n'est pas éprouvée (c'est permis). Le texte le montre aussi, car il enseigne 'ni avec une amulette quand elle ne vient pas de l'expert', et n'enseigne pas 'quand elle n'est pas éprouvée' ; on en déduit que l'épreuve de l'homme seule suffit, et à plus forte raison l'épreuve de l'amulette seule, qui vaut davantage que l'épreuve de l'homme seul. Car Rav Papa s'interroge sur trois amulettes pour un seul homme, (pour savoir) si nous disons que c'est la chance (mazal) de l'homme (malade) qui fait qu'il reçoit l'écrit ; mais pour l'épreuve de l'amulette, qui vaut davantage, il ne s'interroge pas, si elle a guéri un seul homme, (pour savoir) si on l'attribue à la chance de l'homme et que l'amulette n'est pas éprouvée : elle est certainement éprouvée. Et c'est ce qu'indique aussi la formulation de la baraita, qui enseigne 'quelle est l'amulette éprouvée ? toute celle qui a guéri une fois, deux fois et trois fois', et n'enseigne pas 'qui a guéri trois personnes', comme l'enseigne l'autre baraita, qui traite de l'épreuve de l'homme. Et ce que dit Rav Papa, 'une amulette pour trois hommes : l'amulette est éprouvée, l'homme n'est pas éprouvé', il en va de même pour un seul homme ; et s'il a mentionné trois hommes, c'est pour nous apprendre que même ainsi l'homme n'est pas éprouvé. Les Sages ont enseigné : quelle est l'amulette éprouvée ? toute celle qui a guéri une fois, deux fois et trois fois ; que ce soit une amulette d'écrit ou une amulette de racines ; que ce soit pour un malade en danger ou un malade qui n'est pas en danger ; non seulement pour celui qui a eu une crise (nikhpa), mais aussi pour qu'il n'en ait pas ; et on la noue et on la dénoue même dans le domaine public, pourvu qu'on ne la noue pas à un bracelet ou à une bague pour sortir avec dans le domaine public, à cause de l'apparence (marit ha-ayin). Mais n'est-il pas enseigné : quelle est l'amulette éprouvée ? toute celle qui a guéri trois personnes ensemble ! Ce n'est pas difficile : celle-ci pour éprouver l'homme, celle-là pour éprouver l'amulette. Rav Papa a dit : il est évident pour moi : trois amulettes pour trois hommes, trois fois (chacune) : l'homme est éprouvé et l'amulette est éprouvée. Rachi a expliqué : s'il a guéri trois sortes de maladies avec trois sortes d'amulettes, l'homme est éprouvé pour toutes les amulettes, même pour d'autres maladies, comme pour (le taureau) qui a encorné un bœuf, un âne et un chameau, qui devient averti (mouad) pour toutes sortes de bêtes. Et cela ne paraît pas juste : s'il est compétent en trois sortes d'amulettes, sera-t-il pour autant considéré comme expert aussi pour d'autres amulettes dans lesquelles il n'est pas compétent ? C'est pourquoi il semble qu'il faut expliquer : 'l'homme est éprouvé' signifie que s'il a écrit une formule (lahach) sur trois feuillets et que les trois ont guéri, l'homme est éprouvé pour cette formule chaque fois qu'il l'écrira, mais pas pour les autres formules ; et l'amulette non plus n'est pas éprouvée si un autre l'écrit. Et un feuillet qui a guéri trois fois est éprouvé pour tout homme. Et 'trois amulettes pour trois hommes, trois fois' s'explique ainsi : s'il a écrit une formule sur trois feuillets et que chacun a servi à trois personnes, ou à une personne trois fois, l'homme est éprouvé pour cette formule dans tout feuillet qu'il écrira, et ces feuillets sont éprouvés pour tout homme. Trois amulettes pour trois hommes, une fois chacune : l'homme est éprouvé, l'amulette n'est pas éprouvée. Une amulette pour trois hommes : l'amulette est éprouvée et l'homme n'est pas éprouvé. Rav Papa demanda : trois amulettes pour un seul homme, qu'en est-il ? L'amulette n'est certainement pas éprouvée. L'homme est-il éprouvé ou non ? Disons-nous : voici qu'il a guéri trois fois ; ou peut-être est-ce la chance de cet homme (le malade) qui fait qu'il reçoit l'écrit ? Teikou (la question reste ouverte). Yerouchalmi : Rabbi Abahou a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : le médecin est cru pour dire : j'ai guéri une fois, deux fois et trois fois.
💡 Explication

Premier récit, celui de Chmouel. Des Juifs fuyant une persécution se cachent dans une grotte et fixent une règle de sécurité : on peut entrer, on ne sort pas, car celui qui sort ignore si des ennemis guettent et peut révéler la cachette.

Le Roch résume ici toute la sougya (jusqu'à 61b) et en tire les halakhot : le décret vaut aussi le Yom tov ; les clous d'ornement sont permis ; tout modèle différent de la sandale de l'événement est permis, car sa forme nous est cachée. Il développe aussi les règles de l'amulette éprouvée (kamea moumhe), en discutant l'explication de Rachi.

10
נהפך סנדלו של אחד מהן, כסבורין הם אחד מהן יצא וראוהו אויבים ועכשו באין עליהן. דחקו זה בזה והרגו זה את זה יותר ממה שהרגו בהם אויבים.

La sandale de l'un d'eux se retourna ; ils pensèrent que l'un d'eux était sorti, que les ennemis l'avaient vu et qu'à présent ils venaient sur eux. Ils se bousculèrent les uns les autres et se tuèrent les uns les autres plus que les ennemis n'en tuèrent parmi eux.

📜 Rachi (2)
נהפך סנדלו שיש לו שתי פיות ויכול לנועלו מב' צדדין אבל ניכר מי הוא לפנים ומי הוא לאחור וכשנועלו זה הפוך נראה הנכנס כאילו הוא יוצא וניכר מקומו בקרקע:
Sa sandale se retourna : car elle a deux ouvertures, et on peut la chausser des deux côtés, mais on reconnaît quel est l'avant et quel est l'arrière ; et quand celui-ci la chaussa à l'envers, celui qui entrait parut comme s'il sortait, et son empreinte se reconnaissait dans le sol.
והרגו זה את זה בדחיקתן שהיו סנדליהן מסומרין כעין אותם שעושין לרגלי הסוסים ראשיהן עבים:
Et ils se tuèrent les uns les autres : dans leur bousculade, car leurs sandales étaient cloutées, comme celles qu'on fait pour les pieds des chevaux, dont les têtes (de clous) sont épaisses.
💡 Explication

Selon Rachi, la sandale avait deux ouvertures. Un homme rentre avec sa sandale chaussée à l'envers ; son empreinte semble indiquer une sortie. Les autres croient que la règle a été violée et que l'ennemi arrive. Dans la bousculade, les clous épais des sandales tuent plus de monde que les ennemis.

🖼️ Schéma
La sandale retournée (Rachi)grotteil entre réellementempreinte : l'avant de lasandale pointe vers l'extérieur-> on croit qu'il est sortiSandale à deux ouvertures : chaussable des deux côtés, l'avant reste reconnaissable
Selon Rachi : l'empreinte d'une sandale chaussée à l'envers fait croire à une sortie.
11
רבי אילעאי בן אלעזר אומר: במערה היו יושבין, ושמעו קול מעל גבי המערה. כסבורין היו שבאו עליהם אויבים. דחקו זה בזה והרגו זה את זה יותר ממה שהרגו בהן אויבים.

Rabbi Ilai ben Elazar dit : ils étaient assis dans une grotte et entendirent un bruit au-dessus de la grotte. Ils pensèrent que des ennemis étaient venus sur eux.

Ils se bousculèrent les uns les autres et se tuèrent les uns les autres plus que les ennemis n'en tuèrent parmi eux.

🗂️ Tossefot (1)
ושמעו קול מעל גבי המערה קול של סנדל המסומר:
Ils entendirent un bruit au-dessus de la grotte : le bruit d'une sandale cloutée.
🪔 Ben Yehoyada (1)
במערה היו יושבין, ושמעו קול מעל גבי המערה. פירשו קול של סנדל המסמר ויש להבין למה נצרכו למדחק בהכי והוה ליה למימר 'קול המון בני אדם'? ונראה לי דניחא להו לפרש כן כדי לדמות ענין זה לענין ראשון, שאמר שנהפך סנדלו של אחד מהם וחשבו שיצא אחד לחוץ, דנמצא בזה מלבד תקלת הסנדל עצמו שנהרגו מן המסמרים שבו, עוד נמי הסיבה של התקלה גם כן באה מן הסנדל, כי מחמת שנתהפך חשבו שיצא אחד מהם ולכך דחקו זה בזה ונעשית התקלה שנהרגו במסמרים של הסנדל. וכן ידמה עניין זה אם נפרש שהסיבה של התקלה באה גם כן מחמת הסנדל ששמעו קול הסנדל, ולכך לא פירשו ששמעו קול המון העם.
Ils étaient assis dans une grotte et entendirent un bruit au-dessus de la grotte. Ils (les Tossefot) ont expliqué : le bruit d'une sandale cloutée. Il faut comprendre pourquoi ils ont dû forcer (l'explication) ainsi, alors qu'ils auraient pu dire : le bruit d'une foule de gens. Il me semble qu'il leur convenait d'expliquer ainsi pour rapprocher ce cas du premier, où il est dit que la sandale de l'un d'eux se retourna et qu'ils pensèrent que l'un d'eux était sorti. On trouve là, outre le malheur (takala) causé par la sandale elle-même, car ils furent tués par ses clous, que la cause du malheur vint aussi de la sandale : c'est parce qu'elle s'était retournée qu'ils pensèrent que l'un d'eux était sorti ; c'est pourquoi ils se bousculèrent, et le malheur arriva, car ils furent tués par les clous de la sandale. Et ce cas-ci sera semblable si nous expliquons que la cause du malheur vint aussi de la sandale, qu'ils entendirent le bruit de la sandale ; c'est pourquoi ils n'ont pas expliqué qu'ils entendirent le bruit d'une foule.
💡 Explication

Deuxième récit. Aucune sandale retournée ici : un simple bruit au-dessus de la grotte déclenche la panique. Tossefot précisent que c'était le bruit d'une sandale cloutée.

Le Ben Yehoyada explique ce choix : la sandale est ainsi à la fois la cause de la panique et l'instrument de la mort, comme dans le récit de Chmouel.

12
רמי בר יחזקאל אמר: בבית הכנסת היו יושבין, ושמעו קול מאחורי בית הכנסת. כסבורין היו שבאו עליהם אויבים. דחקו זה בזה והרגו זה את זה יותר ממה שהרגו בהן אויבים.

Rami bar Ye'hezkel a dit : ils étaient assis à la synagogue et entendirent un bruit derrière la synagogue. Ils pensèrent que des ennemis étaient venus sur eux.

Ils se bousculèrent les uns les autres et se tuèrent les uns les autres plus que les ennemis n'en tuèrent parmi eux.

💡 Explication

Troisième récit : le lieu est une synagogue. Les trois versions s'accordent sur l'essentiel : une panique, et des morts causées par les sandales cloutées de ceux qui se bousculent.

13
באותה שעה אמרו: אל יצא אדם בסנדל המסומר. אי הכי, בחול נמי ליתסר! מעשה כי הוה — בשבת הוה. ביום טוב לישתרי! אלמה תנן:

À cette heure, ils dirent : qu'un homme ne sorte pas avec une sandale cloutée. Si c'est ainsi, en semaine aussi qu'elle soit interdite !

Quand l'événement a eu lieu, c'était un Chabbat. (Alors) le Yom tov, qu'elle soit permise !

Pourquoi donc avons-nous appris :

📜 Rachi (2)
אל יצא האיש בשבת כדמפרש לקמיה דבשבת היה מעשה ומעין המאורע אסרו:
Qu'il ne sorte pas : l'homme, le Chabbat, comme il explique ensuite que l'événement eut lieu le Chabbat, et on a interdit à l'image de l'événement.
אלמה תנן במסכת ביצה:
Pourquoi donc avons-nous appris : dans le traité Beitsa.
🪔 Ben Yehoyada (1)
מעשה כי הוה, בשבת הוה. יש להקשות מה סברה יש בדבר זה לחלק בין שבת לחול? ונראה לי בס"ד דכוונו בגזירה זו לעשות זכר לצדקת ישראל שמסרו עצמם על מצות שבת, ולכן עשו הגזירה בשבת דוקא כמו מעשה שהיה, כדי שבזה יתברר ויתפרסם זכותם, דכל השומע גזרה ודאי יחקור לדעת למה היתה הגזירה בשבת דוקא, ואז יודיעו לו מעשה שהיה בשבת, וממילא יתגלה ויתפרסם זכותם של ישראל.
Quand l'événement a eu lieu, c'était un Chabbat. On peut objecter : quelle logique y a-t-il en cela pour distinguer entre le Chabbat et la semaine ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'ils ont voulu par ce décret faire un souvenir de la droiture d'Israël, qui se sont livrés (au danger) pour la mitsva du Chabbat. C'est pourquoi ils ont fait le décret précisément le Chabbat, comme l'événement qui a eu lieu, afin que par là leur mérite soit clarifié et rendu public : car quiconque entend le décret cherchera certainement à savoir pourquoi le décret porte précisément sur le Chabbat, et alors on lui fera connaître l'événement qui a eu lieu le Chabbat, et ainsi le mérite d'Israël sera révélé et rendu public.
⚖️ Rosh (1)
מתני' לא יצא האיש בסנדל המסומר. ולא ביחיד בזמן שאין ברגלו מכה ולא בתפילין ולא בקמיע בזמן שאינו מן המומחה. ולא בשריון ולא במגפיים ואם יצא אינו חייב חטאת:
Michna. L'homme ne sortira pas avec une sandale cloutée, ni avec une seule quand il n'a pas de blessure au pied, ni avec les tefilin, ni avec une amulette quand elle ne vient pas de l'expert, ni avec une cuirasse, ni avec des jambières ; et s'il est sorti, il n'est pas passible d'un hatat.
💡 Explication

Le décret est posé, puis discuté. Pourquoi seulement le Chabbat ? Parce que l'événement eut lieu un Chabbat, et les Sages ont interdit à l'image de l'événement (Rachi). La Guemara objecte alors : le Yom tov devrait être permis ; or une michna de Beitsa (citée en 60b) l'interdit aussi.

Le Ben Yehoyada donne un sens à cette limitation : elle rappelle que ces Juifs se cachaient et respectaient le Chabbat au péril de leur vie, et fait connaître leur mérite.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).