Sukkah 22b — Ce qu'on mesure et d'où on le regarde : l'ombre, l'épaisseur, et la souka qui bouge

Sukkah 22b

Sougya : Le folio referme d'abord la discussion ouverte en 22a. La baraita du mavoy semblait rejoindre deux poutres décalées sans exiger de tefah de largeur, ce qui ruinait la thèse de Rava sur havot rami.

Rav Kahana répond sans nouveau principe : il relit la clause « pourvu que » de la baraita et montre que les deux poutres y sont toujours séparées de moins de trois tefahim — c'est lavoud qui les rejoint, non havot rami. La Guemara passe alors à notre michna et met en scène une contradiction entre deux déductions : notre michna sous-entend qu'à égalité d'ombre et de soleil la souka est invalide, celle du chapitre précédent sous-entend l'inverse.

La réponse est un déplacement du point de vue — ici en haut, là en bas — que Rav Papa résume par un adage populaire : comme un zouz en haut, comme une istera en bas. Rachi y lit l'élargissement du faisceau lumineux en descendant ; Rabbenou Tam, objectant que l'istera vaut la moitié d'un zouz et que Rav Papa tient ailleurs parouts ke-omed, y lit un effet de perspective : c'est l'œil qui, d'en bas, rétrécit le vide.

Le Roch écarte quant à lui l'argument de parouts ke-omed pour le s khakh, où la halakha exige positivement que l'ombre l'emporte. Vient ensuite la gradation de l'épaisseur : étoiles invisibles, la souka reste valable ; rayons du soleil eux-mêmes arrêtés, Beth Chammai invalident et Beth Hillel maintiennent — le Yerouchalmi conciliant que la validité de Beth Hillel ne vaut qu'après coup.

Le folio s'achève sur une michna nouvelle, celle de la souka qui n'est pas posée sur le sol : charrette, bateau, arbre, chameau. Elle est valable partout, car la souka n'a jamais été qu'une habitation temporaire ; mais là où l'arbre ou la bête la portent encore, un décret rabbinique interdit d'y monter le jour de fête.

Le critère final est énoncé par le comptage des parois : l'arbre retiré, la souka tient-elle d'elle-même ?

Le fil du folio : la fin des poutres, la mesure de l'ombre, puis une souka qui bouge Dix segments. Une objection close par une relecture, une contradiction entre deux michnayot résolue par un point de vue, et une michna neuve Bloc A -- segments 0 à 3 : la baraita du mavoy, citée contre Rava Deux poutres trop étroites posées côte à côte. Elles valent si, ensemble, elles peuvent recevoir un ariah -- un tefah en largeur, dit le premier Tana ; trois tefahim en longueur, dit RSBG. Puis le cas décale : une en haut, une en bas. Rabbi Yossi be-Rabbi Yehouda dit : on les voit comme si elles étaient au même niveau -- pourvu que le haut reste sous vingt coudées et le bas au-dessus de dix tefahim. Objection contre Rava : ces poutres n'ont pas un tefah, et pourtant on les rejoint. Donc havot rami jouerait sans tefah. Bloc B -- segment 4 : la réponse de Rav Kahana, par relecture de la clause Le pourvu que ne décrit pas deux poutres éloignées. Lis : le haut est dans les vingt et le bas collé à lui, à moins de trois -- c'est lavoud, pas havot rami. Ou bien : le bas est au-dessus de dix et le haut collé à lui, à moins de trois. Dans les deux lectures, l'écart réel est toujours inférieur à trois tefahim. À trois tefahim, faute de tefah de largeur, on ne dit pas havot rami. La thèse de Rava sort intacte. Bloc C -- segments 5 à 6 : deux michnayot qui se contredisent, et le lieu du regard Notre michna : l'ombre dépasse le soleil, valable -- donc à égalité, invalide. La michna du chapitre précédent : le soleil dépasse l'ombre, invalide -- donc à égalité, valable. Réponse : ici en haut, là en bas. La mesure ne donne pas le même résultat selon qu'on la prend dans le s khakh lui-même ou sur le sol de la souka. Rav Papa : comme un zouz en haut, comme une istera en bas. Le trou s'élargit en descendant -- ou bien l'œil le rétrécit en montant, selon Rabbenou Tam. Le Roch conteste ici l'usage de parouts ke-omed : pour le s khakh, la halakha exige positivement que l'ombre l'emporte. Bloc D -- segment 7 : jusqu'où peut aller l'épaisseur S khakh épais comme une maison : même si les étoiles ne s'y voient plus, valable -- tous en conviennent. Mais si les rayons du soleil eux-mêmes ne traversent plus : Beth Chammai invalident, Beth Hillel déclarent valable. Le Yerouchalmi, cité par le Roch, concilie : Beth Hillel valide après coup, mais a priori les étoiles doivent se voir. Bloc E -- segments 8 à 9 : nouvelle michna, la souka qui n'est pas posée sur le sol Sur une charrette, sur un bateau : valable, et on y monte à Yom Tov. Au sommet d'un arbre, sur un chameau : valable, mais on n'y monte pas à Yom Tov. Deux ordres séparés : la validité de la souka d'une part, l'interdit rabbinique d'utiliser un arbre ou une bête le jour de fête d'autre part. Règle : si l'arbre porte encore la souka, on n'y monte pas ; trois parois faites de main d'homme et une dans l'arbre -- on y monte. Le Roch : halakha comme Rabbi Akiva pour le bateau, et comme Rabbi Yehouda pour la bête servant de paroi.
Le mouvement d ensemble de 22b : la baraita du mavoy refermée par Rav Kahana, la contradiction des deux michnayot résolue par le lieu du regard, puis la michna nouvelle sur la souka mobile.
Deux poutres trop étroites : quatre configurations et leur verdict La poutre du mavoy doit pouvoir recevoir un ariah -- demi-brique de trois tefahim de long sur un tefah et demi de large 1. Premier Tana : ariah posé en largeur ariah couché en travers Les deux poutres accolées totalisent un tefah Le tefah suffit : le reste déborde et sera scellé au mortier Valable -- pas besoin d'une autre poutre Elles doivent être proches : ce sont les poutres metaimot, jumelles 2. RSBG allège : ariah posé en longueur ariah posé dans sa longueur -- trois tefahim Même sans totaliser un tefah, on les écarte Seule condition : être assez solides pour porter le poids Valable -- position plus indulgente Si elles ploient sous l'ariah, il faut une autre poutre 3. Lecture naïve de la baraita : écart de plusieurs tefahim 20 amot 10 tefahim écart très supérieur à trois tefahim Si on les rejoint ainsi, havot rami joue sans tefah -- Rava tombe 4. Relecture de Rav Kahana : elles sont collées 20 amot 10 tefahim moins de trois tefahim : lavoud Les deux lectures gardent l'écart sous trois : c'est lavoud, pas havot rami
Les quatre configurations de poutres étroites : accolées pour recevoir l ariah en largeur, écartées pour le recevoir en longueur, décalées selon la lecture naïve, et décalées selon la relecture de Rav Kahana.
Comme un zouz en haut, comme une istera en bas Deux michnayot se contredisent -- la réponse n'est pas de changer la mesure, mais de changer le lieu d'où l'on mesure Lecture de Rachi : le faisceau s'élargit en descendant roseaux du s khakh, vus par-dessus sol de la souka zouz istera À égalité en haut, le soleil l'emporte au sol : invalide À égalité au sol, l'ombre l'emporte déjà en haut : valable Lecture de Rabbenou Tam : c'est l'œil qui rétrécit Objection : Rav Papa lui-même tient parouts ke-omed moutar, et à Kidouchin 11b une istera vaut la moitié d'un zouz -- elle est donc plus petite, non plus grande. Donc : celui qui mesure le vide d'en haut, à égalité -- valable, car le vide vaut alors le plein, et parouts ke-omed est permis. Mais celui qui se tient au sol et lève les yeux voit le vide plus petit qu'il n'est, par l'effet de la distance : s'il lui semble égal, le vide est en réalité plus grand -- invalide. réel vu Preuve : nous étions à nos yeux comme des sauterelles, et une grande étoile paraît petite dans le ciel Le Roch écarte pourtant parouts ke-omed pour le s khakh : la halakha y exige positivement que l'ombre l'emporte
Zouz en haut, istera en bas : la lecture optique de Rachi contre la lecture perceptive de Rabbenou Tam, et la réserve du Roch sur parouts ke-omed.
1
פָּחוֹת מֵאַרְבָּעָה — אֵין צָרִיךְ לְהָבִיא קוֹרָה אַחֶרֶת, אַרְבָּעָה — צָרִיךְ לְהָבִיא קוֹרָה אַחֶרֶת.

[Rabban Chimon ben Gamliel dit :] moins de quatre [tefahim d'écart] — il n'est pas besoin d'apporter une autre poutre ; quatre — il faut apporter une autre poutre.

📜 Rachi (1)
פָּחוֹת מֵאַרְבָּעָה כו' רַבָּן שִׁמְעוֹן סְבִירָא לֵיהּ פָּחוֹת מֵאַרְבָּעָה לָבוּד בְּכָל דֻּוכְתָּא:
« Moins de quatre, etc. » — Rabban Chimon [ben Gamliel] tient que lavoud (le rattachement de ce qui est proche) vaut jusqu'à moins de quatre [tefahim], et cela en tout lieu.
💡 Explication

Le folio s'ouvre sur la fin de la baraita citée en 22a par Rav Achi contre Rava. Elle traite de la korah, la poutre posée en travers de l'entrée d'une mavoy (ruelle) pour y autoriser le portage le Chabbat. Le cas : une poutre qui sort d'un mur sans atteindre l'autre, ou deux poutres qui se font face sans se toucher.

Le premier Tana fixait le seuil du vide toléré à trois tefahim ; Rabban Chimon ben Gamliel le porte à quatre. Rachi note que ce n'est pas une indulgence locale : RSBG tient que lavoud — la fiction qui considère comme jointes deux choses séparées par peu — opère jusqu'à quatre tefahim partout, et non seulement ici.

2
וְכֵן שְׁתֵּי קוֹרוֹת הַמַּתְאִימוֹת, לֹא בְּזוֹ כְּדֵי לְקַבֵּל אָרִיחַ וְלֹא בָּזוֹ כְּדֵי לְקַבֵּל אָרִיחַ, אִם מְקַבְּלוֹת אָרִיחַ לְרָחְבּוֹ טֶפַח — אֵין צָרִיךְ לְהָבִיא קוֹרָה אַחֶרֶת, וְאִם לָאו — צָרִיךְ לְהָבִיא קוֹרָה אַחֶרֶת,

Et de même, deux poutres jumelées (metaimot) : ni dans celle-ci il n'y a de quoi recevoir un ariah, ni dans celle-là de quoi recevoir un ariah — si elles reçoivent un ariah selon sa largeur, un tefah, il n'est pas besoin d'apporter une autre poutre ; et sinon — il faut apporter une autre poutre.

📜 Rachi (2)
שְׁתֵּי קוֹרוֹת הַמַּתְאִימוֹת כו' דִּתְנַן בְּעֵירוּבִין (דַּף יג:) הַקּוֹרָה שֶׁאָמְרוּ רְחָבָה כְּדֵי לְקַבֵּל אָרִיחַ וְהָאָרִיחַ חֲצִי לְבֵינָה שֶׁל שְׁלֹשָׁה טְפָחִים דַּיָּהּ לַקּוֹרָה שֶׁתְּהֵא רְחָבָה טֶפַח כְּדֵי לְקַבֵּל אָרִיחַ לְרָוחְבּוֹ וְהָתָם פָּרִיךְ טֶפַח וּמֶחֱצָה בָּעֵי וּמְשַׁנֵּי שֶׁבּוֹלֶטֶת לִשְׁנֵי צִידֵּי הַקּוֹרָה אֶצְבַּע לְכָל רוּחַ וּמְלַבְּנָן בְּטִינָא וְאִם לֹא הָיְתָה לוֹ קוֹרָה רְחָבָה טֶפַח וְנָתַן שְׁתַּיִם זוֹ בְּצַד זוֹ דְּהַיְינוּ מַתְאִימוֹת כְּעֵין תְּאוֹמִים:
« Deux poutres jumelées, etc. » — car nous avons appris dans une michna (Erouvin 13b) : la poutre dont ils ont parlé doit être large de quoi recevoir un ariah (demi-brique) ; et l'ariah est une demi-brique d'une brique de trois tefahim ; il suffit donc à la poutre d'être large d'un tefah, de quoi recevoir l'ariah selon sa largeur. Et là-bas on objecte : il en faudrait un tefah et demi ! Et l'on répond qu'il déborde d'un doigt de chaque côté de la poutre et qu'on le scelle au mortier. Et s'il n'avait pas de poutre large d'un tefah et qu'il en a posé deux l'une à côté de l'autre — ce sont les poutres dites metaimot, à la manière de jumelles.
אִם מְקַבְּלוֹת אָרִיחַ לְרָחְבּוֹ טֶפַח כְּשֶׁהֵן סְמוּכוֹת זוֹ לְזוֹ אֵין צָרִיךְ לְהָבִיא קוֹרָה אַחֶרֶת וְאִם לָאו שֶׁאֵין שְׁתֵּיהֶן רְחָבוֹת טֶפַח צָרִיךְ לְהָבִיא קוֹרָה אַחֶרֶת:
« Si elles reçoivent un ariah selon sa largeur, un tefah » — c'est-à-dire lorsqu'elles sont accolées l'une à l'autre : alors il n'est pas besoin d'apporter une autre poutre. Et sinon, c'est-à-dire si les deux ensemble ne sont pas larges d'un tefah, il faut apporter une autre poutre.
💡 Explication

La baraita passe à un second cas. La poutre du mavoy doit être assez large pour recevoir un ariah — une demi-brique. Rachi rappelle le calcul d'Erouvin : la brique fait trois tefahim, l'ariah en est la moitié, soit trois tefahim de long sur un tefah et demi de large. Pourtant la mesure retenue pour la poutre est d'un seul tefah, parce que l'ariah peut déborder d'un doigt de chaque côté, le mortier faisant le reste.

Que faire si l'on ne dispose d'aucune poutre d'un tefah ? On en accole deux, trop étroites chacune : ce sont les metaimot, les jumelles. Le critère devient alors collectif : totalisent-elles un tefah ? Si oui, la mavoy est en ordre.

🖼️ Schéma
L'ariah, l'unité de mesure de la poutre Une brique fait trois tefahim ; l'ariah en est la moitié : trois tefahim de long, un tefah et demi de large brique entière : 3 tefahim de côté ariah ariah Longueur de l'ariah : 3 tefahim Largeur de l'ariah : 1 tefah et demi Pourquoi un tefah suffit-il ? Objection d'Erouvin : l'ariah fait un tefah et demi, la poutre devrait donc mesurer autant. Réponse : il déborde d'un doigt de chaque côté et l'on scelle le tout au mortier -- il tient. D'où la mesure retenue : un tefah de large. Faute d'une poutre d'un tefah, on en accole deux : metaimot, jumelles
L'ariah et la largeur minimale de la poutre : d'où vient le tefah, et ce que sont les poutres jumelées.
3
רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: אִם מְקַבְּלוֹת אָרִיחַ לְאָרְכּוֹ שְׁלֹשָׁה טְפָחִים — אֵין צָרִיךְ לְהָבִיא קוֹרָה אַחֶרֶת. וְאִם לָאו — צָרִיךְ לְהָבִיא קוֹרָה אַחֶרֶת.

Rabban Chimon ben Gamliel dit : si elles reçoivent un ariah selon sa longueur, trois tefahim — il n'est pas besoin d'apporter une autre poutre ; et sinon — il faut apporter une autre poutre.

📜 Rachi (2)
רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר אִם מְקַבְּלוֹת לְאָורְכּוֹ שְׁלֹשָׁה אֵין צָרִיךְ לְהָבִיא קוֹרָה אַחֶרֶת רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל לְהָקֵל בָּא כְּלוֹמַר אֲפִילּוּ אֵין בָּהֶן טֶפַח וְאִם מוֹשִׁיב עַל שְׁתֵּיהֶן אָרִיחַ לְרָחְבּוֹ אֵינוֹ עוֹמֵד מַרְחִיקָן זוֹ מִזּוֹ וּמוֹשִׁיב עֲלֵיהֶן לְאָורְכוֹ וּבִלְבַד שֶׁיְּהוּ בְּרִיאוֹת לְקַבֵּל כָּובְדוֹ וְאָורְכוֹ שֶׁל אָרִיחַ שְׁלֹשָׁה:
« Rabban Chimon ben Gamliel dit : si elles reçoivent [l'ariah] selon sa longueur, trois, il n'est pas besoin d'apporter une autre poutre » — Rabban Chimon ben Gamliel vient alléger. C'est-à-dire : même s'il n'y a pas en elles un tefah ; si, posant sur les deux un ariah selon sa largeur, il ne tient pas, il les écarte l'une de l'autre et pose sur elles [l'ariah] selon sa longueur — pourvu qu'elles soient assez robustes pour porter son poids ; et la longueur de l'ariah est de trois [tefahim].
וְאִם לָאו שֶׁאֵינָן בְּרִיאוֹת לְקַבְּלוֹ צָרִיךְ לְהָבִיא קוֹרָה אַחֶרֶת:
« Et sinon » — c'est-à-dire si elles ne sont pas assez robustes pour le porter, il faut apporter une autre poutre.
💡 Explication

Rabban Chimon ben Gamliel déplace le critère. Le premier Tana mesurait la largeur cumulée des deux poutres accolées : un tefah. RSBG, lui, autorise à les écarter et à poser l'ariah dans l'autre sens, sur sa longueur — trois tefahim d'une poutre à l'autre. La condition n'est plus une mesure de largeur mais une condition de solidité : il faut que les deux poutres puissent porter le poids de la brique.

Rachi souligne explicitement que RSBG vient alléger — même sans totaliser un tefah, la configuration reste valable. C'est ce que retient le schéma de synthèse : deux dispositifs opposés, l'un serré, l'autre écarté, pour le même ariah.

4
הָיוּ אַחַת לְמַעְלָה וְאַחַת לְמַטָּה, רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: רוֹאִין הָעֶלְיוֹנָה כְּאִילּוּ הִיא לְמַטָּה, וְאֶת הַתַּחְתּוֹנָה כְּאִילּוּ הִיא לְמַעְלָה. וּבִלְבַד שֶׁלֹּא תְּהֵא עֶלְיוֹנָה לְמַעְלָה מֵעֶשְׂרִים אַמָּה, וְהַתַּחְתּוֹנָה לְמַטָּה מֵעֲשָׂרָה. הָא זֶה וְזֶה בְּתוֹךְ עֶשְׂרִים — אָמְרִינַן חֲבוֹט רְמִי אַף עַל גַּב דְּלֵית בֵּיהּ טֶפַח!

Si elles étaient l'une en haut et l'autre en bas, Rabbi Yossi be-Rabbi Yehouda dit : on voit celle du haut comme si elle était en bas, et celle du bas comme si elle était en haut — pourvu que celle du haut ne soit pas au-dessus de vingt coudées, ni celle du bas au-dessous de dix [tefahim]. Or donc, si celle-ci et celle-là sont toutes deux dans les vingt — nous disons havot rami (abaisse et jette), et cela bien qu'il n'y ait pas en elle un tefah !

📜 Rachi (5)
הָיְתָה אַחַת לְמַעְלָה וְאַחַת לְמַטָּה כְּשֶׁהוֹשִׁיבָן זוֹ אֵצֶל זוֹ לֹא נְתָנָם בְּשָׁוֶה אֶלָּא זוֹ נְמוּכָה וְזוֹ גְּבוֹהָה:
« Si elles étaient l'une en haut et l'autre en bas » — lorsqu'il les a posées l'une à côté de l'autre, il ne les a pas mises au même niveau : l'une est basse et l'autre haute.
רוֹאִין אֶת הָעֶלְיוֹנָה כְּאִילּוּ הִיא לְמַטָּה בְּשָׁוֶה לְזוֹ אוֹ אֶת הַתַּחְתּוֹנָה כְּאִילּוּ הִיא לְמַעְלָה אֵצֶל חֲבֶרְתָּהּ:
« On voit celle du haut comme si elle était en bas » — au même niveau que celle-là ; ou bien celle du bas comme si elle était en haut, auprès de sa compagne.
וּבִלְבַד שֶׁלֹּא תְּהֵא עֶלְיוֹנָה לְמַעְלָה מֵעֶשְׂרִים לָאָרֶץ דְּאֵינוֹ מָקוֹם לְהֶכְשֵׁר קוֹרָה:
« Pourvu que celle du haut ne soit pas au-dessus de vingt » — au-dessus du sol : car ce n'est plus un emplacement où la poutre puisse rendre la mavoy valable.
וְלֹא תַּחְתּוֹנָה לְמַטָּה מֵעֲשָׂרָה לָאָרֶץ שֶׁאֵין מְחִיצָּה בְּפָחוֹת מֵעֲשָׂרָה:
« Ni celle du bas au-dessous de dix » — au-dessus du sol : car il n'y a pas de cloison (mehitsa) en deçà de dix [tefahim].
הָא זוֹ וְזוֹ בְּתוֹךְ עֶשְׂרִים אֲפִילּוּ הָעֶלְיוֹנָה סְמוּכָה לִשְׂפַת עֶשְׂרִים וְהַתַּחְתּוֹנָה לִשְׂפַת עֲשָׂרָה קָא סָלְקָא דַעְתָּךְ דְּמַכְשַׁר אַלְמָא אָמְרִינַן חֲבֹוט רָמֵי בְּפָחוֹת מֵרֹוחַב טֶפַח:
« Or donc, si celle-ci et celle-là sont dans les vingt » — même si celle du haut est tout au bord des vingt et celle du bas tout au bord des dix, il te vient à l'esprit qu'il déclare valable — d'où il ressort que nous disons havot rami même en deçà d'un tefah de largeur.
🗂️ Tossefot (1)
הָא זֶה וְזֶה בְּתוֹךְ עֶשְׂרִים אָמְרִינַן חֲבוֹט רְמִי. וא"ת מַאי קוּשְׁיָא אַדְּפָרֵיךְ מֵרַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה לִיסַיְּיעֵיהּ מֵרַבָּנָן דְּלֵית לְהוּ רוֹאִין דְּהָא רַבָּנָן פְּלִיגִי עָלֶיהָ כִּדְמוֹכַח פּ"ק דְעֵירוּבִין (דַּף יד. וְשָׁם) דְּאָמַר אַבַּיֵּי רַבִּי יוֹסֵי סָבַר לַהּ כַּאֲבוּהּ בַּחֲדָא וּפְלִיג עֲלֵיהּ בַּחֲדָא סָבַר לַהּ כַּאֲבוּהּ בַּחֲדָא דְּאִית לֵיהּ רוֹאִין וְיֵשׁ לוֹמַר דְּטַעֲמָא דְּרַבָּנָן לָאו מִשּׁוּם דְּלֵית לְהוּ חֲבוֹט רָמֵי בְּפָחוֹת מִטֶּפַח אֶלָּא מִשּׁוּם דְּפָסְלִי קוֹרָה הַמֻּונַּחַת בְּאוֹתוֹ עִנְיָן שֶׁאֵינָהּ רְאוּיָה לְקַבֵּל אָרִיחַ דְּבָעוּ רְחָבָה וּבְרִיאָה וְלָא אָמְרִינַן רוֹאִין לִפְסֹול קוֹרָה הַנִּיטֶּלֶת בְּרוּחַ וּשְׁתֵּי קוֹרוֹת הַמַּתְאִימוֹת אֲפִילּוּ בְּפָחוֹת מִשְּׁלֹשָׁה מִשּׁוּם דִּרְאוּיָה לְקַבֵּל אָרִיחַ בָּעוּ אֲבָל אִי הֲוָה לְהוּ הָכָא רְאוּיָן אֲפִילּוּ בְּפָחוֹת מִשְּׁלֹשָׁה יֵשׁ לָנוּ לִלְמֹוד מִדִּבְרֵי רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה שֶׁאֲפִילּוּ בְּמֻופְלָג שְׁלֹשָׁה הָיוּ אוֹמְרִים רוֹאִין דְּהָא לָא פְלִיגִי (אֶלָּא) בְּמַאי דְּלֵית לְהוּ רוֹאִין אֶלָּא מִטַּעְמָא דְּפָרֵישִׁית:
« Or donc, si celle-ci et celle-là sont dans les vingt, nous disons havot rami. » — Et si tu demandes : quelle est la difficulté ? Plutôt que d'objecter depuis Rabbi Yossi be-Rabbi Yehouda, qu'on appuie [Rava] sur les Sages, qui ne tiennent pas le principe de « on voit » (roïn) — car les Sages le contredisent, comme il ressort du premier chapitre d'Erouvin (14a), où Abaye dit : Rabbi Yossi tient comme son père sur un point et le contredit sur un autre ; il tient comme son père sur un point, à savoir qu'il admet « on voit ». Il faut répondre que la raison des Sages n'est pas qu'ils refuseraient havot rami en deçà d'un tefah, mais qu'ils invalident une poutre posée d'une manière telle qu'elle n'est pas apte à recevoir un ariah : ils exigent qu'elle soit large et robuste, et l'on ne dit pas « on voit » pour invalider une poutre que le vent emporte. Et [de même] pour deux poutres jumelées, même à moins de trois [tefahim d'écart], parce qu'ils exigent qu'elle soit apte à recevoir un ariah. Mais s'ils avaient ici tenu « on voit », même à moins de trois, nous aurions à apprendre des paroles de Rabbi Yossi be-Rabbi Yehouda que même écartées de trois ils diraient « on voit » — car ils ne divergent [de lui] que là où ils ne tiennent pas « on voit », et pour la raison que nous avons expliquée.
💡 Explication

Voici le cœur de l'objection. Rabbi Yossi be-Rabbi Yehouda applique aux deux poutres décalées le principe de roïn — « on voit » : on les considère comme si elles étaient au même niveau. Il pose deux bornes qui ne concernent pas leur écart mutuel mais leur hauteur absolue : rien au-dessus de vingt coudées, rien au-dessous de dix tefahim, car ces deux mesures délimitent l'espace où une poutre peut agir.

La déduction est redoutable pour Rava. Si la seule condition est de rester dans cette fourchette, alors deux poutres pourraient être distantes de presque vingt coudées et se rejoindre quand même — donc havot rami, « abaisse et jette », opérerait sans exiger le tefah de largeur que Rava tenait pour indispensable.

Tossefot demande pourquoi la Guemara objecte à partir de Rabbi Yossi be-Rabbi Yehouda plutôt que d'appuyer Rava sur les Sages qui le contredisent. Réponse : le refus des Sages ne porte pas sur havot rami, mais sur l'exigence que la poutre soit large et robuste, apte à recevoir un ariah. Leur désaccord vient d'ailleurs, il ne peut donc rien prouver ici.

🖼️ Schéma
Les deux bornes de hauteur de la poutre, et l'objection qui en sort Une poutre ne vaut qu'entre dix tefahim et vingt coudées -- entre ces deux traits, tout l'espace de la discussion 20 amot au-delà : la poutre ne vaut plus 10 tefahim en deçà : pas de cloison sol de la ruelle poutre haute poutre basse on voit celle du bas comme si elle était en haut ou celle du haut comme si elle était en bas Écart possible : presque vingt coudées et pourtant on les rejoint, sans aucun tefah
Les deux bornes de hauteur de la poutre : le vide qu'elles laissent entre elles est ce qui fait la force de l'objection contre Rava.
5
אֲמַר לֵיהּ, תָּרֵיץ וְאֵימָא הָכִי: וּבִלְבַד שֶׁלֹּא תְּהֵא עֶלְיוֹנָה לְמַעְלָה מֵעֶשְׂרִים, אֶלָּא בְּתוֹךְ עֶשְׂרִים, וְהַתַּחְתּוֹנָה סְמוּכָה לָהּ בְּפָחוֹת מִשְּׁלֹשָׁה. אִי נָמֵי: בִּלְבַד שֶׁלֹּא תְּהֵא תַּחְתּוֹנָה לְמַטָּה מֵעֲשָׂרָה, אֶלָּא לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה, וְעֶלְיוֹנָה סְמוּכָה לָהּ בְּפָחוֹת מִשְּׁלֹשָׁה, אֲבָל שְׁלֹשָׁה, כֵּיוָן דְּלֵית בֵּיהּ טֶפַח — לָא אָמְרִינַן חֲבוֹט רְמִי.

Il lui dit : résous et énonce ainsi — pourvu que celle du haut ne soit pas au-dessus de vingt, mais dans les vingt, et que celle du bas soit proche d'elle à moins de trois [tefahim]. Ou bien encore : pourvu que celle du bas ne soit pas au-dessous de dix, mais au-dessus de dix, et que celle du haut soit proche d'elle à moins de trois.

Mais à trois — puisqu'il n'y a pas en elle un tefah, nous ne disons pas havot rami.

📜 Rachi (1)
תְּרִיץ הָכֵי כְּלוֹמַר רוֹאִין דְּקָאָמַר פָּחוֹת מִג' הוּא וּבִלְבַד דְּקָתָנֵי הָכִי קָאָמַר וּבִלְבַד שֶׁלֹּא תְּהֵא עֶלְיוֹנָה כו':
« Résous ainsi » — c'est-à-dire : le « on voit » dont il parle vise un écart de moins de trois [tefahim] ; et le « pourvu que » qu'il enseigne veut dire ceci : pourvu que celle du haut ne soit pas, etc.
🗂️ Tossefot (1)
אֲבָל בִּשְׁלֹשָׁה כֵּיוָן דְּלֵית בֵּיהּ טֶפַח לָא אָמְרִינַן חֲבוֹט רְמִי. הַשְׁתָּא אַסִּיקְנָא דִּבְטֶפַח אָמְרִינַן חֲבֹוט רָמֵי אֲפִילּוּ בִּשְׁלֹשָׁה וְתֵימַהּ דִּבְפֶרֶק קַמָּא דְּעֵירוּבִין (דַּף ט. וְשָׁם) אָמְרִינַן גַּבֵּי הָיְתָה קוֹרָתוֹ מְשׁוּכָה אוֹ תְּלוּיָה כְּגוֹן שֶׁנָּעַץ שְׁתֵּי יְתֵידוֹת עֲקֻומּוֹת עַל שְׁנֵי כָּותְלֵי מָבוֹי שֶׁאֵין בְּגָובְהָן שְׁלֹשָׁה וְאֵין בְּעַקְמִימוּתָן שְׁלֹשָׁה וְקָא מַשְׁמַע לָן דְּאָמְרִינַן לָבוּד וַחֲבוֹט וְלָמָּה לִי שֶׁאֵין בְּגָובְהָן שְׁלֹשָׁה כֵּיוָן דְּקוֹרָה רְחָבָה טֶפַח אֲפִילּוּ בְּגֹובַהּ שְׁלֹשָׁה נָמֵי אָמְרִינַן חֲבֹוט רָמֵי וְיֵשׁ לוֹמַר דְּלָא דָּמֵי דִּבְלָאו הָכִי תִּיקְשֵׁי לָן הָתָם בְּלָאו טַעְמָא דַּחֲבֹוט רָמֵי לִיתַּכְשַׁר הַאי מָבוֹי כֵּיוָן דְּאֵין הַקּוֹרָה לְמַעְלָה מֵעֶשְׂרִים אֶלָּא הַייְנוּ טַעְמָא כִּדְאָמְרִינַן הָתָם דְּבָעֵינַן קוֹרָה עַל גַּבֵּי מָבוֹי וַאֲפִילּוּ הָוֵי קוֹרָה מִשּׁוּם מְחִיצָּה בָּעֵינַן הֶיכֵּר קְצָת וְלָא חֲשִׁיב הֶיכֵּר כְּלָל אֶלָּא אִם כֵּן הָוֵי בְּתוֹךְ שְׁלֹשָׁה כִּי הַהִיא דְּהָתָם דְּהִנִּיחַ מִבַּחוּץ וַאֲפִילּוּ סָמוּךְ לַכֹּותֶל:
« Mais à trois, puisqu'il n'y a pas en elle un tefah, nous ne disons pas havot rami. » — Il ressort maintenant de notre conclusion qu'avec un tefah on dit havot rami même à trois [tefahim d'écart]. Or c'est étonnant : au premier chapitre d'Erouvin (9a) nous disons, à propos d'une poutre tirée de côté ou suspendue — par exemple lorsqu'on a planté deux piquets recourbés sur les deux murs de la mavoy, dont la hauteur n'atteint pas trois et dont la courbure n'atteint pas trois — que cela vient nous apprendre que l'on dit lavoud et havot. Or pourquoi exiger que leur hauteur n'atteigne pas trois, puisque, la poutre étant large d'un tefah, on dirait havot rami même à une hauteur de trois ? Il faut répondre que les cas ne sont pas semblables : de toute façon nous aurions là-bas une difficulté, car même sans le motif de havot rami cette mavoy devrait être valable, puisque la poutre n'est pas au-dessus de vingt. Le motif est donc bien celui que l'on dit là-bas : nous exigeons une poutre <i>sur</i> la mavoy, et même si la poutre agit au titre de cloison, il nous faut un minimum de signe distinctif (hekker) — et il n'y a pas de signe du tout à moins qu'il ne soit à l'intérieur de trois, comme dans le cas cité là-bas où il l'a posé à l'extérieur, et même accolé au mur.
💡 Explication

La réponse de Rav Kahana n'ajoute aucun principe : elle redécoupe la phrase de la baraita. Le « pourvu que » ne fixe pas seulement une fourchette de hauteur, il décrit la configuration réelle des deux poutres, et celle-ci est toujours serrée.

Deux lectures sont proposées, symétriques. Ou bien la poutre haute est dans les vingt et la basse lui est collée à moins de trois tefahim ; ou bien la poutre basse est au-dessus de dix et la haute lui est collée à moins de trois. Dans les deux cas, l'écart reste inférieur à trois : ce qui les réunit est donc lavoud, et non havot rami.

La conclusion est énoncée directement : à partir de trois tefahim, et faute d'un tefah de largeur, on ne dit pas havot rami. La thèse de Rava — havot rami exige le tefah — ressort intacte de l'objection.

6
וְשֶׁצִּילָּתָהּ מְרֻובָּה מֵחַמָּתָהּ כְּשֵׁרָה. הָא כִּי הֲדָדִי — פְּסוּלָה. וְהָא תְּנַן בְּאִידַּךְ פִּירְקִין: וְשֶׁחַמָּתָהּ מְרֻובָּה מִצִּילָּתָהּ פְּסוּלָה, הָא כִּי הֲדָדִי — כְּשֵׁרָה!

« Et dont l'ombre dépasse son soleil — valable. » Or donc, si elles sont à égalité — elle est invalide. Mais nous avons appris dans une michna, dans un autre chapitre : « Et celle dont le soleil dépasse son ombre — invalide », d'où : si elles sont à égalité — elle est valable !

⚖️ Rosh (1)
וְשֶׁצִּלָּתָהּ מְרֻובָּה מֵחַמָּתָהּ כְּשֵׁרָה הָא כִּי הֲדָדֵי פְּסוּלָה וּתְנַן בְּאִידַּךְ פִּירְקִין וְשֶׁחֲמָתָהּ מְרֻובָּה מִצִּלָּתָהּ פְּסוּלָה הָא כִּי הֲדָדֵי כְּשֵׁרָה לָא קַשְׁיָא כָּאן מִלְּמַעְלָה כָּאן מִלְּמַטָּה אָמַר רַב פָּפָּא הַיְינוּ דְּאָמְרִי אִינָשֵׁי כְּזוּזָא מִלְּעֵיל כְּאִיסְתְּרָא מִתַּחַת אִם הַחַמָּה וְהַצֵּל שָׁוִין מִלְּמַטָּה כְּשֵׁרָה שֶׁבְּיָדוּעַ שֶׁהַצֵּל מִלְמַעְלָה הוּא מְרֻובֶּה וְאִם הַחַמָּה וְהַצֵּל מִלְמַעְלָה שָׁוִין פְּסוּלָה שֶׁבְּיָדוּעַ שֶׁהַחַמָּה מִלְּמַטָּה מְרֻובָּה עַל הַצֵּל וְכֵן פֵּי' רַ"ח וְרַשִׁ"י זַ"ל וְהִקְשָׁה ר"ת וְהָא רַב פָּפָּא גּוּפֵיהּ אִית לֵיהּ בפ"ק דְּעֵירוּבִין דַּף טו: פָּרוּץ כְּעוֹמֵד מֻותָּר וּפָסְקוּ הָתָם דְּהָכִי הִלְכְתָא וְעוֹד אָמְרִינַן בְּפ"ק דְּקִדּוּשִׁין דַּף יא: דְּקָרוּ אִינָשֵׁי לְפַלְּגָא דְּזוּזָא אִסְתֵּירָא. וּפִי' הוּא כָּאן מִלְמַעְלָה מִי שֶׁמּוֹדֵד הָאֲוִיר מִלְמַעְלָה כִּי הֲדָדֵי כְּשֵׁרָה דְּפָרוּץ כְּעוֹמֵד מֻותָּר אֲבָל הָעוֹמֵד לְמַטָּה בָּאָרֶץ וּמְעַייֵּן כְּלַפֵּי מַעְלָה וְנִרְאֶה לוֹ כִּי הֲדָדִי פְּסוּלָה לְפִי שֶׁהָאֲוִיר שֶׁהוּא רָחָב לְמַעְלָה כִּי זוּזָא דּוֹמֶה בְּעֵינָיו קָטָן כְּאִיסְתְּרָא כְּשֶׁעוֹמֵד לְמַטָּה וּרְאָיָה לַדָּבָר כּוֹכָב גָּדוֹל בַּשָּׁמַיִם נִרְאֶה בְּעֵינָיו קָטָן וְנִרְאֶה לִי דְּלָא שַׁיָּיךְ לְהָבִיא לְכָאן פָּרוּץ כְּעוֹמֵד דְּדַוְקָא גַּבֵּי סְכָךְ פָּסוּל וּסְכָךְ כָּשֵׁר הַמֻּונָּחִין זֶה אֵצֶל זֶה שַׁייָּךְ לְהַזְכִּיר פָּרוּץ כְּעוֹמֵד כִּדְמַיְיתֵי לֵיהּ לְעֵיל (סֻוכָּה דַּף טו.) אַמַּתְנִי' דְּהַמְקָרֶה סֻוכָּתוֹ בְּשַׁפּוּדִין וְכוּ' אֲבָל גַּבֵּי סֻוכַּת סְכָךְ וַאֲוִיר נִיתְּנָה הֲלָכָה שֶׁיְּהֵא הַצֵּל מְרֻובֶּה וְכֵן מָצִינוּ לְעִנְיַן פָּרוּץ כְּעוֹמֵד שֶׁל דְּפָנוֹת מוֹעִיל קָנֶה קָנֶה פָּחוֹת מִשְּׁלֹשָׁה אע"פ שֶׁהַפָּרוּץ מְרֻובֶּה וּלְעִנְיַן סְכָךְ אֵינוֹ מוֹעִיל מִפְּנֵי שֶׁהַחַמָּה מְרֻובָּה ואע"ג שֶׁאִיסְתְּרָא פַּלְגָא דְּזוּזָא אֶפְשָׁר דְּאִיסְתְּרָא מַטְבֵּעַ נְחֹשֶׁת וְרָחָב יוֹתֵר מִזּוּזָא וְכֵן מָצָאתִי כָּתוּב בְּשֵׁם ה"ר יְשַׁעְיָה זַ"ל. וּבַעַל הָעִיטּוּר כָּתַב בְּשֵׁם רַבּוֹתָיו אִם יֵשׁ בֵּין קָנֶה לַקָּנֶה כִּמְלֹא קָנֶה לְמַעְלָה וּלְמַטָּה צִלָּתָהּ מְרֻובָּה מֵחַמָּתָהּ מוּעֶטֶת לְמַטָּה כְּשֵׁרָה וְאִם לְמַטָּה כִּי הֲדָדֵי וּלְמַעְלָה חַמָּתָהּ מְרֻובָּה מִצִּלָּתָהּ פְּסוּלָה: הַמְעֻובָּה כְּמִין בַּיִת וְכוּ'. ת"ר אֵין הַכּוֹכָבִים נִרְאִין מִתּוֹכָהּ כְּשֵׁרָה אֵין כּוֹכְבֵי חַמָּה נִרְאִין מִתּוֹכָהּ ב"ש פּוֹסְלִין וב"ה מַכְשִׁירִין. יְרוּשַׁלְמִי הֲלָכָה ג הֲדָא אֲמַרְתְּ צְרִיכִין הַכּוֹכָבִים נִרְאִין מִתּוֹכָהּ ר' לֵוִי אָמַר בְּכוֹכְבֵי חַמָּה שָׁנוּ פִּי' צְרִיכִין לְכַתְּחִלָּה כִּדְקָתָנֵי בַּבָּרַיְיתָא ב"ה מַכְשִׁירִין בְּדִיעֲבַד אֲבָל לְכַתְּחִלָּה צָרִיךְ שֶׁיְּהוּ נִרְאִין מִתּוֹכָהּ:
« Et dont l'ombre dépasse son soleil, valable » — d'où : à égalité, invalide. Et nous avons appris dans un autre chapitre : « et celle dont le soleil dépasse son ombre, invalide » — d'où : à égalité, valable. Il n'y a pas de difficulté : ici en haut, là en bas. Rav Papa dit : c'est ce que les gens disent, comme un zouz en haut, comme une istera en bas. — Si le soleil et l'ombre sont égaux <b>en bas</b>, elle est valable, car il est alors établi que l'ombre est majoritaire en haut. Et si le soleil et l'ombre sont égaux <b>en haut</b>, elle est invalide, car il est établi que le soleil l'emporte en bas sur l'ombre. Ainsi ont expliqué Rabbenou Hananel et Rachi, de mémoire bénie. Rabbenou Tam a objecté : mais Rav Papa lui-même tient, au premier chapitre d'Erouvin (15b), que « la brèche égale au montant » (parouts ke-omed) est permise, et l'on y a tranché que telle est la halakha ; et de plus nous disons au premier chapitre de Kidouchin (11b) que les gens appellent istera la moitié d'un zouz [donc l'istera est plus petite, non plus grande]. Il explique donc ainsi : « ici en haut » — celui qui mesure le vide par le haut, à égalité elle est valable, car la brèche égale au montant est permise ; mais celui qui se tient en bas, sur le sol, et regarde vers le haut, et à qui cela paraît égal — elle est invalide, parce que le vide, qui est large comme un zouz, lui semble petit comme une istera lorsqu'il se tient en bas. Preuve de la chose : une grande étoile dans le ciel paraît petite à ses yeux. — Et il me semble à moi qu'il n'y a pas lieu d'invoquer ici « la brèche égale au montant » : ce n'est qu'à propos d'un s khakh invalide et d'un s khakh valable posés l'un à côté de l'autre qu'il convient de mentionner parouts ke-omed, comme on l'a rapporté plus haut (Souka 15a) sur la michna de celui qui couvre sa souka de broches, etc. ; mais pour une souka faite de s khakh et de vide, la halakha a été donnée que l'ombre doit être majoritaire. Et de même trouvons-nous, pour la brèche égale au montant s'agissant des parois : un roseau puis un roseau, à moins de trois [tefahim d'intervalle], sont efficaces bien que la brèche l'emporte ; mais pour le s khakh cela ne sert pas, parce que le soleil l'emporte. Et bien que l'istera vaille la moitié d'un zouz, il est possible que l'istera soit une monnaie de cuivre, plus large que le zouz. Ainsi l'ai-je trouvé écrit au nom de Rabbi Yechaya, de mémoire bénie. Et l'auteur du Ittour a écrit au nom de ses maîtres : s'il y a d'un roseau à l'autre l'équivalent d'un roseau, et qu'en haut comme en bas son ombre dépasse le peu de soleil en bas, elle est valable ; et si en bas ils sont égaux et qu'en haut le soleil dépasse l'ombre, elle est invalide. — « Épaissie à la manière d'une maison, etc. » Nos maîtres ont enseigné : si les étoiles ne se voient pas depuis l'intérieur, elle est valable ; si les rayons du soleil ne se voient pas depuis l'intérieur, Beth Chammai invalident et Beth Hillel déclarent valable. Talmud de Jérusalem (halakha 3) : cela signifie qu'il faut que les étoiles soient visibles depuis l'intérieur ; Rabbi Levi dit : c'est des rayons du soleil qu'ils ont enseigné. Explication : « il faut » vaut à priori (lekhathila), comme l'enseigne la baraita où Beth Hillel déclarent valable après coup (bediavad) ; mais à priori il faut qu'elles soient visibles depuis l'intérieur.
💡 Explication

La Guemara revient à notre michna et met en scène une contradiction de sous-entendus. Notre michna dit que la souka dont l'ombre dépasse le soleil est valable : par implication, l'égalité parfaite serait invalide. La michna du chapitre précédent dit que celle dont le soleil dépasse l'ombre est invalide : par implication, l'égalité serait valable.

La difficulté n'est donc pas dans ce que les deux textes affirment — ils s'accordent — mais dans le cas limite qu'ils laissent chacun dans l'ombre. C'est un mode de raisonnement caractéristique : la Guemara traite les diyoukim, les déductions par contraste, comme des énoncés à part entière qu'il faut concilier.

7
לָא קַשְׁיָא: כָּאן מִלְמַעְלָה, כָּאן מִלְּמַטָּה. אָמַר רַב פָּפָּא, הַיְינוּ דְּאָמְרִי אִינָשֵׁי: כְּזוּזָא מִלְּעֵיל, כְּאִיסְתְּרָא מִלְּתַחַת.

Il n'y a pas de difficulté : ici en haut, là en bas. Rav Papa dit : c'est ce que les gens disent — comme un zouz en haut, comme une istera en bas.

📜 Rachi (2)
כָּאן מִלְּמַעְלָה כָּאן מִלְּמַטָּה הָא דְּדָייְקִינַן כִּי הֲדָדֵי פְּסוּלָה לְמַעְלָה קָאֵי. כְּשֶׁיֵּשׁ בֵּין קָנֶה לְקָנֶה כִּמְלֹא קָנֶה אֲפִילּוּ מְצֻומְצָם פְּסוּלָה לְפִי שֶׁחַמַּת הָאֲוִיר נִרְאֵית בָּאָרֶץ רְחָבָה הַרְבֵּה מִן הַצֵּל שֶׁל סְכָךְ וְהָא דְּדָיְיקִי' כִּי הֲדָדֵי כְּשֵׁרָה נְקַט שִׁיעוּרֵיהּ מִלְּמַטָּה שֶׁחַמָּה וְצֵל שָׁוִין בְּיָדוּעַ שֶׁהַקָּנִים רְחָבִים מִן הָאֲוִיר:
« Ici en haut, là en bas » — la déduction selon laquelle à égalité elle est invalide porte sur le haut : lorsqu'il y a d'un roseau à l'autre l'équivalent d'un roseau, même exactement, elle est invalide, parce que la tache de soleil du vide se voit sur le sol bien plus large que l'ombre du s khakh. Et la déduction selon laquelle à égalité elle est valable prend sa mesure en bas : quand le soleil et l'ombre sont égaux [au sol], il est établi que les roseaux sont plus larges que le vide.
כְּזוּזָא מִלְּעֵיל כְּאִסְתֵּירָא מִלְּתַחַת כְּשֶׁהַנֶּקֶב רָחָב כְּשִׁיעוּר זוּז חַמָּתוֹ מְרֻובָּה לְמַטָּה כְּשִׁיעוּר סֶלַע:
« Comme un zouz en haut, comme une istera en bas » — lorsque le trou est large comme un zouz, sa tache de soleil est plus large en bas, de la mesure d'un sela.
🗂️ Tossefot (2)
כָּאן מִלְּמַעְלָה כָּאן מִלְּמַטָּה. הָא דְּדָייְקִינַן כִּי הֲדָדֵי פְּסוּלָה לְמַעְלָה קָאֵי בְּשֶׁיֵּשׁ בֵּין קָנֶה לַחֲבֵירוֹ כִּמְלֹא קָנֶה אֲפִילּוּ מְצֻומְצָם פְּסוּלָה לְפִי שֶׁחַמַּת הָאֲוִיר נִרְאֵית בָּאָרֶץ רְחָבָה מִן הַצֵּל שֶׁל סְכָךְ וְהָא דְּדָיְיקִינַן כִּי הֲדָדֵי כְּשֵׁרָה נְקַט שִׁיעוּרֵיהּ מִלְּמַטָּה שֶׁהַחַמָּה וְהַצֵּל שָׁוִין בְּיָדוּעַ שֶׁהַקָּנִים רְחָבִים מִן הָאֲוִיר:
« Ici en haut, là en bas. » — La déduction selon laquelle à égalité elle est invalide porte sur le haut : lorsqu'il y a d'un roseau à son voisin l'équivalent d'un roseau, même exactement, elle est invalide, parce que la tache de soleil du vide se voit sur le sol plus large que l'ombre du s khakh. Et la déduction selon laquelle à égalité elle est valable prend sa mesure en bas : quand le soleil et l'ombre sont égaux, il est établi que les roseaux sont plus larges que le vide.
כְּזוּזָא מִלְּעֵיל כְּאִיסְתְּרָא מִלְּתַחַת. כְּשֶׁנֶּקֶב רֹוחַב מִלְמַעְלָה כְּשִׁיעוּר זוּז חַמָּתָהּ מְרֻובָּה מִלְּמַטָּה כְּשִׁיעוּר סֶלַע כָּךְ פֵּירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס וְהִקְשָׁה ר"ת דְּרַב פָּפָּא גּוּפֵיהּ דְּהָכָא אִית לֵיהּ פ' קַמָּא דְּעֵירוּבִין (דַּף טו:) פָּרוּץ כְּעוֹמֵד מֻותָּר וְהָתָם נָמֵי פָּסְקִינַן הִלְכְתָא הָכִי וְעוֹד קָשֶׁה דְּאָמַר פֶּרֶק קַמָּא דְּקִידּוּשִׁין (דַּף יא:) דְּעָבְדִי אִינָשֵׁי דְּקָרוּ לִפְלֻגְתָּא דְּזוּזָא אִיסְתְּרָא אַלְמָא דְּאִיסְתְּרָא פָּחוֹת מִזּוּזָא וּמְפָרֵשׁ רַבֵּינוּ תָּם כָּאן מִלְמַעְלָה מִי שֶׁמּוֹדֵד הָאֲוִיר מִלְמַעְלָה כִּי הֲדָדֵי כְּשֵׁרָה לְפִי שֶׁהוּא עוֹמֵד כְּפָרוּץ אֲבָל הָעוֹמֵד מִלְּמַטָּה בָּאָרֶץ וּמְעַיֵּין כְּלַפֵּי מַעְלָה וְדוֹמֶה כִּי הֲדָדֵי פְּסוּלָה לְפִי שֶׁהָאֲוִיר שֶׁהוּא רָחָב כִּי זוּזָא דּוֹמֶה בְּעֵינָיו קָטָן כְּאִיסְתְּרָא מֵחֲמַת שֶׁהוּא רָחוֹק מִמֶּנּוּ וּרְאָיָה לַדָּבָר וּנְהִי בְּעֵינֵינוּ כַּחֲגָבִים (בַּמִּדְבָּר י״ג:ל״ג) וְכוֹכָב גָּדוֹל בַּשָּׁמַיִם דּוֹמֶה בְּעֵינֵינוּ כְּקָטָן כִּדְמוֹכַח בְּפֶרֶק הַמּוֹכֵר אֶת הַסְּפִינָה (ב"ב דַּף עג.):
« Comme un zouz en haut, comme une istera en bas. » — Lorsque le trou est large en haut de la mesure d'un zouz, sa tache de soleil est plus large en bas de la mesure d'un sela — ainsi a expliqué le Kountras (Rachi). Rabbenou Tam a objecté : Rav Papa lui-même, celui de notre passage, tient au premier chapitre d'Erouvin (15b) que la brèche égale au montant est permise, et l'on y tranche que telle est la halakha. Autre difficulté : il est dit au premier chapitre de Kidouchin (11b) que les gens ont coutume d'appeler istera la moitié d'un zouz — d'où il ressort que l'istera est <i>plus petite</i> que le zouz. Rabbenou Tam explique donc : « ici en haut » — celui qui mesure le vide par le haut, à égalité elle est valable, car cela vaut comme brèche égale au montant ; mais celui qui se tient en bas, sur le sol, et regarde vers le haut, et à qui cela semble égal — elle est invalide, parce que le vide, qui est large comme un zouz, lui paraît petit comme une istera du fait qu'il en est éloigné. Preuve de la chose : « et nous étions à nos yeux comme des sauterelles » (Nombres 13, 33) ; et une grande étoile dans le ciel nous paraît petite, comme il ressort du chapitre Ha-mokher et ha-sefina (Baba Batra 73a).
💡 Explication

La résolution ne corrige aucune des deux michnayot : elle indique que leurs déductions ne parlent pas du même endroit. Ici en haut, là en bas. Une souka où le vide égale exactement le plein dans le s khakh est invalide ; une souka où l'ombre égale exactement le soleil sur le sol est valable, puisque cela prouve qu'en haut le plein l'emportait déjà.

Rav Papa cite l'adage populaire : comme un zouz en haut, comme une istera en bas. Pour Rachi, la tache de lumière s'élargit en descendant : un trou de la taille d'une petite pièce projette au sol une tache plus grande.

Rabbenou Tam objecte deux fois. D'une part Rav Papa tient ailleurs que parouts ke-omed — brèche égale au montant — est permis, ce qui rendrait l'égalité valable ; d'autre part l'istera vaut la moitié d'un zouz, elle est donc plus petite, et l'image de Rachi s'inverse. Sa lecture : c'est l'œil de celui qui regarde d'en bas qui rétrécit le vide par l'effet de la distance — d'où les sauterelles du verset, et l'étoile immense qui paraît minuscule.

🖼️ Schéma
Deux michnayot, deux diyoukim, un seul point de mesure Notre michna (chapitre 2) Enoncé : l'ombre dépasse le soleil -- valable Diyouk : à égalité -- invalide Mesure prise EN HAUT, dans le s khakh lui-même La michna du chapitre 1 Enoncé : le soleil dépasse l'ombre -- invalide Diyouk : à égalité -- valable Mesure prise EN BAS, sur le sol de la souka Lo kachia : ici en haut, là en bas Le même s khakh donne deux résultats selon le niveau où l'on mesure Kezouza mileil, ke-istera miltahat
La résolution : les deux déductions sont vraies, mais ne se rapportent pas au même niveau de mesure.
8
מְעֻובֶּה כְּמִין בַּיִת. תָּנוּ רַבָּנַן: הַמְעֻובָּה כְּמִין בַּיִת, אַף עַל פִּי שֶׁאֵין הַכּוֹכָבִים נִרְאִין מִתּוֹכָהּ — כְּשֵׁרָה. אֵין כּוֹכְבֵי חַמָּה נִרְאִין מִתּוֹכָהּ — בֵּית שַׁמַּאי פּוֹסְלִין וּבֵית הִלֵּל מַכְשִׁירִין.

« Épaissie à la manière d'une maison. » Nos maîtres ont enseigné : celle qui est épaissie à la manière d'une maison, bien que les étoiles ne se voient pas depuis l'intérieur — elle est valable. Si les rayons du soleil ne se voient pas depuis l'intérieur — Beth Chammai invalident et Beth Hillel déclarent valable.

📜 Rachi (1)
כּוֹכְבֵי חַמָּה כְּשֶׁהַחַמָּה זוֹרַחַת עָלֶיהָ וְאֵין זַהֲרוּרֵי חַמָּה נִרְאִין מִתּוֹכָהּ אֵין זוֹ דּוֹמָה לְסֻוכָּה אַלִּיבָּא דְבֵית שַׁמַּאי:
« Les rayons du soleil » (kokhvei hama) — lorsque le soleil brille sur elle et que ses éclats ne se voient pas depuis l'intérieur : selon Beth Chammai, cela ne ressemble plus à une souka.
💡 Explication

La baraita gradue l'épaisseur du s khakh. Premier degré : les étoiles se voient — cas ordinaire. Deuxième degré : la couverture est si dense que les étoiles disparaissent, et pourtant la souka reste valable — c'est l'énoncé même de notre michna, contre l'intuition qui voudrait qu'une souka garde quelque chose de la tente.

Troisième degré : même les kokhvei hama, les éclats du soleil, ne traversent plus. Là, Beth Chammai invalident — pour eux ce n'est plus une souka mais une maison — tandis que Beth Hillel maintiennent la validité.

Le Talmud de Jérusalem, cité par le Roch au segment précédent, concilie les deux plans : Beth Hillel valide bediavad, après coup ; mais lekhathila, à priori, il faut que les étoiles se voient depuis l'intérieur.

🖼️ Schéma
Trois degrés d'épaisseur du s khakh 1. Les étoiles se voient Cas ordinaire Valable Et requis à priori, selon le Yerouchalmi 2. Pas d'étoiles visibles Épaissie à la manière d'une maison mais le soleil traverse encore Valable -- sans divergence C'est le cas explicite de notre michna 3. Pas de rayons de soleil Aucun éclat ne passe Beth Chammai : invalide Beth Hillel : valable Bediavad, précise le Yerouchalmi
Trois degrés d'épaisseur : étoiles visibles, étoiles masquées mais soleil traversant, et opacité totale -- seul le troisième fait divergence.
9
מַתְנִי׳ הָעוֹשֶׂה סֻוכָּתוֹ בְּרֹאשׁ הָעֲגָלָה אוֹ בְּרֹאשׁ הַסְּפִינָה — כְּשֵׁרָה, וְעוֹלִין לָהּ בְּיוֹם טוֹב. בְּרֹאשׁ הָאִילָן אוֹ עַל גַּבֵּי גָּמָל — כְּשֵׁרָה, וְאֵין עוֹלִין לָהּ בְּיוֹם טוֹב.

MICHNA. Celui qui fait sa souka au sommet d'une charrette ou au sommet d'un bateau — elle est valable, et l'on y monte à Yom Tov.

Au sommet d'un arbre ou sur un chameau — elle est valable, mais l'on n'y monte pas à Yom Tov.

📜 Rachi (6)
מַתְנִי' הָעוֹשֶׂה סֻוכָּתוֹ בְּרֹאשׁ הָעֲגָלָה אַף עַל גַּב דְּמִטַּלְטְלָא וְלָא קְבִיעָא וּבְרֹאשׁ הַסְּפִינָה שֶׁהוּא מָקוֹם גָּבוֹהַּ שֶׁל סְפִינָה וְהַיָּם גָּבוֹהַּ מְאֹד וְאֵין הָרִים מַקִּיפִין וְהָרוּחַ שׁוֹלֶטֶת שָׁם וְעוֹקַרְתָּהּ:
« Michna : celui qui fait sa souka au sommet d'une charrette » — bien qu'elle soit déplaçable et sans fixité. « Et au sommet d'un bateau » — c'est-à-dire le point élevé du bateau ; or la mer est très élevée, aucune montagne ne l'entoure, le vent y domine et pourrait l'arracher.
כְּשֵׁרָה דְּדִירַת עֲרַאי סַגִּי בָּהּ:
« Elle est valable » — car une habitation temporaire (dirat arai) lui suffit.
וְעוֹלִין לָהּ בְּיוֹם טוֹב וּמִשּׁוּם דְּבָעֲיָא לְמִיתְנָא סֵיפָא וְאֵין עוֹלִין תְּנָא רֵישָׁא וְעוֹלִין:
« Et l'on y monte à Yom Tov » — c'est parce qu'il voulait enseigner dans la seconde clause « et l'on n'y monte pas » qu'il a enseigné dans la première « et l'on y monte ».
בְּרֹאשׁ הָאִילָן תִּיקֵּן מוֹשָׁבוֹ בְּרֹאשׁוֹ וְעָשָׂה שָׁם מְחִיצּוֹת וּסְכָךְ:
« Au sommet d'un arbre » — il a aménagé son siège à sa cime et y a fait des cloisons et un s khakh.
כְּשֵׁרָה לְחֻולּוֹ שֶׁל מוֹעֵד וְאַף בְּיוֹם טוֹב אִם עָבַר וְעָלָה לָהּ יָצָא יְדֵי חוֹבָתוֹ:
« Elle est valable » — pour les jours intermédiaires de la fête ; et même à Yom Tov, s'il a transgressé et y est monté, il s'est acquitté de son obligation.
וְאֵין עוֹלִין לָהּ בְּיוֹם טוֹב דִּגְזוּר בָּהּ רַבָּנָן דְּאֵין עוֹלִין בְּאִילָן וְאֵין מִשְׁתַּמְּשִׁין בּוֹ שֶׁמָּא יִתְלֹושׁ:
« Et l'on n'y monte pas à Yom Tov » — car les Sages ont décrété à son sujet que l'on ne monte pas dans un arbre et que l'on ne s'en sert pas, de peur qu'il n'en détache [une branche].
⚖️ Rosh (1)
מַתְנִי' הָעוֹשֶׂה סֻוכָּתוֹ בְּרֹאשׁ הָעֲגָלָה אוֹ בְּרֹאשׁ הַסְּפִינָה כְּשֵׁרָה וְעוֹלִין לָהּ בְּיוֹם טוֹב בְּרֹאשׁ הָאִילָן אוֹ עַל גַּבֵּי גָּמָל כְּשֵׁרָה וְאֵין עוֹלִין לָהּ ביו"ט שְׁתַּיִם בִּידֵי אָדָם וְאַחַת בָּאִילָן אוֹ שְׁתַּיִם בָּאִילָן וְאַחַת בִּידֵי אָדָם כְּשֵׁרָה וְאֵין עוֹלִין לָהּ בְּיוֹם טוֹב שְׁלֹשָׁה בִּידֵי אָדָם וְאַחַת בָּאִילָן כְּשֵׁרָה וְעוֹלִין לָהּ בְּיוֹם טוֹב. זֶה הַכְּלָל כָּל שֶׁאִילּוּ יִנָּטֵל הָאִילָן וִיכוֹלָה לַעֲמֹוד בִּפְנֵי עַצְמָהּ כְּשֵׁרָה וְעוֹלִין לָהּ ביו"ט כָּאן פֵּי' רַשִׁ"י שֶׁסָּמַךְ קַרְקָעִית הַסֻּוכָּה רֻובָּהּ בְּאִילָן וְעָשָׂה בְּרֹאשׁ הָאִילָן הַמְּחִיצּוֹת וּבְפֶ' מִי שֶׁהֶחְשִׁיךְ (שַׁבָּת דַּף קנד:) פִּי' שֶׁסָּמַךְ הַסְּכָךְ עַל הָאִילָן וְסֻוגְייַן דְּהָתָם מוֹכַחַת כֵּן שֶׁהָאִילָן דְּפָנוֹת לַסֻּוכָּה וְקָנִים שֶׁל הַסְּכָךְ נִסְמָכִין עַל הָאִילָן וְאָסוּר לִיכָּנֵס בּוֹ ביו"ט גְּזֵירָה שֶׁמָּא יַנִּיחַ חֲפָצָיו עַל הַסְּכָךְ וְהַאי דִּנְקַט עוֹלִין מִשּׁוּם דְּכָל כְּנִיסַת סֻוכָּה מֻוזְכֶּרֶת בַּגְּמָרָא בִּלְשׁוֹן עֲלִיָּיה לְפִי שֶׁסֻּוכָּתָן הָיְתָה בְּרֹאשׁ הַגַּג כְּדִלְקַמָּן (סֻוכָּה דַּף כט.) אֵין מַטְרִיחִין לַעֲלוֹת אָמַר לָהֶן הַעֲלוּם לְסֻוכָּה דַּף כו: אֲבָל מוֹרִיד הוּא אֶת הַכֵּלִים דַּף מח.: גְּמ' מַתְנֵי' מַנִּי ר"ע הִיא דְּתַנְיָא הָעוֹשֶׂה סֻוכָּתוֹ בְּרֹאשׁ הַסְּפִינָה רַבָּן גַּמְלִיאֵל פּוֹסֵל ור"ע מַכְשִׁיר אָמַר אַבַּיֵּי דכ"ע הֵיכָא דְּאֵינָהּ יְכוֹלָה לַעֲמֹוד בְּרוּחַ מְצוּיָה דְּיַבָּשָׁה ד"ה פְּסוּלָה יְכוֹלָה לַעֲמֹוד בְּרוּחַ מְצוּיָה דְּיָם ד"ה כְּשֵׁרָה כ"פ בִּיכוֹלָה לַעֲמֹוד בְּרוּחַ מְצוּיָה דְּיַבָּשָׁה וְאֵינָהּ יְכוֹלָה לַעֲמֹוד בְּרוּחַ מְצוּיָה שֶׁל הַיָּם רַבָּן גַּמְלִיאֵל סָבַר דִּירַת קֶבַע בָּעֵינַן וְכֵיוָן דְּאֵינָהּ יְכוֹלָה לַעֲמֹוד בְּרוּחַ מְצוּיָה דְּיָם לָאו כְּלוּם הוּא ור"ע סָבַר סֻוכָּה דִּירַת עֲרַאי בָּעֵינַן וְכֵיוָן דִּיכוֹלָה לַעֲמֹוד בְּרוּחַ מְצוּיָה דְּיַבָּשָׁה כְּשֵׁרָה וְהִלְכְתָא כְּרַבִּי עֲקִיבָא. תַּנְיָא עֲשָׂאָהּ לִבְהֵמָה דֹּופֶן לְסֻוכָּה רַבִּי מֵאִיר פּוֹסֵל וְרַבִּי יְהוּדָה מַכְשִׁיר וְהִלְכְתָא כְּרַבִּי יְהוּדָה:
Michna. « Celui qui fait sa souka au sommet d'une charrette ou au sommet d'un bateau — valable, et l'on y monte à Yom Tov. Au sommet d'un arbre ou sur un chameau — valable, et l'on n'y monte pas à Yom Tov. Deux [parois] de main d'homme et une dans l'arbre, ou deux dans l'arbre et une de main d'homme — valable, et l'on n'y monte pas à Yom Tov. Trois de main d'homme et une dans l'arbre — valable, et l'on y monte à Yom Tov. Voici la règle : chaque fois que, l'arbre étant retiré, elle pourrait tenir d'elle-même, elle est valable et l'on y monte à Yom Tov. » — Ici Rachi a expliqué qu'il a appuyé la majeure partie du plancher de la souka sur l'arbre et qu'il a fait les cloisons à la cime de l'arbre ; mais au chapitre Mi che-hehchikh (Chabbat 154b) il a expliqué qu'il a appuyé le s khakh sur l'arbre — et notre sougya là-bas le prouve : l'arbre sert de parois à la souka et les roseaux du s khakh s'appuient sur l'arbre, et il est interdit d'y entrer à Yom Tov, par décret, de peur qu'il ne pose ses objets sur le s khakh. Et si l'on a employé le mot « monter », c'est parce que toute entrée dans une souka est mentionnée dans la Guemara en termes de montée, leur souka se trouvant au sommet du toit, comme plus loin (Souka 29a) « on ne les oblige pas à monter », « il leur dit : montez-les a la souka » (26b) — « mais il descend les ustensiles » (48a). — Guemara : « Notre michna, de qui est-elle ? De Rabbi Akiva », car il a été enseigné : celui qui fait sa souka au sommet du bateau, Rabban Gamliel invalide et Rabbi Akiva déclare valable. Abaye dit : tous s'accordent que là où elle ne peut tenir sous un vent ordinaire de la terre ferme, elle est invalide de l'avis de tous ; et que si elle peut tenir sous un vent ordinaire de la mer, elle est valable de l'avis de tous. Ils ne divergent que lorsqu'elle peut tenir sous un vent ordinaire de la terre ferme sans pouvoir tenir sous un vent ordinaire de la mer : Rabban Gamliel tient que nous exigeons une habitation permanente, et puisqu'elle ne peut tenir sous le vent ordinaire de la mer, elle n'est rien ; et Rabbi Akiva tient que la souka, nous l'exigeons habitation temporaire, et puisqu'elle peut tenir sous un vent ordinaire de la terre ferme, elle est valable. Et la halakha est comme Rabbi Akiva. — Il a été enseigné : s'il a fait d'une bête une paroi pour la souka, Rabbi Meir invalide et Rabbi Yehouda déclare valable ; et la halakha est comme Rabbi Yehouda.
💡 Explication

Nouvelle michna. Elle enseigne d'un seul mouvement deux choses qui relèvent de deux ordres différents, et toute la clarté de la sougya consiste à ne pas les mélanger.

D'abord la validité : une souka bâtie sur une charrette, un bateau, un arbre ou un chameau est valable, parce que la souka n'a jamais été requise comme habitation permanente. La dirat arai, l'habitation temporaire, suffit — c'est le principe que Rachi énonce d'un mot. Le Roch rapporte la divergence de la Guemara : Rabban Gamliel invalide la souka du bateau qui ne résisterait pas au vent de la mer, Rabbi Akiva la valide dès lors qu'elle résiste au vent de la terre ferme, et la halakha suit Rabbi Akiva.

Ensuite l accès à Yom Tov : là où la souka repose sur un arbre ou une bête, un décret rabbinique interdit d'y monter, de peur qu'on ne détache une branche ou qu'on ne se serve de l'animal. La souka n'en est pas invalidée pour autant — Rachi précise que si l'on a transgressé et qu'on y est monté, l'obligation est accomplie.

🖼️ Schéma
Deux questions distinctes, qu'il ne faut pas confondre Question 1 : la souka est-elle valable ? Critère : la souka est une habitation temporaire (dirat arai). La mobilité ne la disqualifie pas. Charrette : valable Bateau : valable Sommet d'un arbre : valable Sur un chameau : valable Seule limite discutée : un vent ordinaire doit-il pouvoir la renverser ? RG contre R. Akiva -- halakha comme Rabbi Akiva : elle est valable Question 2 : peut-on y monter à Yom Tov ? Critère : interdit rabbinique de se servir d'un arbre ou d'une bête le jour de fête. Charrette : on y monte Bateau : on y monte Sommet d'un arbre : on n'y monte pas Sur un chameau : on n'y monte pas Motif : de peur qu'il ne détache une branche, ou qu'il ne dépose ses objets sur le s khakh. S'il a transgressé et y est monté : il s'est acquitté
La michna superpose deux ordres : la validité de la souka, qui tient à la notion d'habitation temporaire, et la permission d'y monter, qui relève du droit de Yom Tov.
10
שְׁתַּיִם בָּאִילָן וְאַחַת בִּידֵי אָדָם, אוֹ שְׁתַּיִם בִּידֵי אָדָם וְאַחַת בָּאִילָן — כְּשֵׁרָה, וְאֵין עוֹלִין לָהּ בְּיוֹם טוֹב. שָׁלֹשׁ בִּידֵי אָדָם וְאַחַת בָּאִילָן — כְּשֵׁרָה, וְעוֹלִין לָהּ בְּיוֹם טוֹב.

Deux [parois] dans l'arbre et une de main d'homme, ou deux de main d'homme et une dans l'arbre — elle est valable, mais l'on n'y monte pas à Yom Tov. Trois de main d'homme et une dans l'arbre — elle est valable, et l'on y monte à Yom Tov.

📜 Rachi (1)
שְׁתַּיִם בָּאִילָן וְאַחַת בִּידֵי אָדָם סָמַךְ קַרְקָעִית הַסֻּוכָּה רֻובּוֹ בָּאִילָן וְעָשָׂה סְבִיבָהּ בְּרֹאשׁ הָאִילָן שְׁתֵּי מְחִיצּוֹת וְאַחַת עָשָׂה בִּידֵי אָדָם בָּאָרֶץ וְסָמַךְ קְצָת קַרְקָעִית הַסֻּוכָּה בְּאֶמְצַע הַדֹּופֶן וְהִגְבִּיהַּ הַדֹּופֶן מִמֶּנּוּ לְמַעְלָה עֲשָׂרָה אוֹ שְׁתַּיִם בִּידֵי אָדָם וְאַחַת בָּאִילָן הוֹאִיל וְאִם יִנָּטֵל הָאִילָן נוֹפֵל קַרְקָעִית הַסֻּוכָּה שֶׁאֵינוֹ יָכוֹל לַעֲמֹוד בִּסְמִיכַת שְׁתַּיִם שֶׁבְּאֶרֶץ אֵין עוֹלִין לָהּ בְּיוֹם טוֹב דְּמִשְׁתַּמֵּשׁ בָּאִילָן:
« Deux dans l'arbre et une de main d'homme » — il a appuyé la majeure partie du plancher de la souka sur l'arbre, a fait tout autour, à la cime de l'arbre, deux cloisons, et en a fait une de main d'homme sur le sol ; il a appuyé une partie du plancher de la souka au milieu de cette paroi, et a élevé la paroi depuis la sur dix [tefahim]. Ou bien deux de main d'homme et une dans l'arbre. Puisque, si l'arbre était retiré, le plancher de la souka tomberait — car il ne peut tenir sur l'appui des deux qui sont au sol — on n'y monte pas à Yom Tov, parce qu'il se sert de l'arbre.
🗂️ Tossefot (1)
שְׁתַּיִם בָּאִילָן וְאַחַת בִּידֵי אָדָם. סָמַךְ קַרְקָעִית הַסֻּוכָּה רֻובָּהּ בָּאִילָן וְעָשָׂה סְבִיבָהּ בְּרֹאשׁ הָאִילָן שְׁתֵּי מְחִיצּוֹת וְאַחַת עָשָׂה בִּידֵי אָדָם בָּאָרֶץ וְסָמַךְ קַרְקָעִית הַסֻּוכָּה בְּאֶמְצַע הַדֹּופֶן וְהִגְבִּיהַּ הַדֹּופֶן מִמֶּנּוּ וּלְמַעְלָה עֲשָׂרָה אוֹ שְׁתַּיִם בִּידֵי אָדָם וְאַחַת בָּאִילָן הוֹאִיל וְאִם יִנָּטֵל הָאִילָן נוֹפֵל קַרְקָעִית הַסֻּוכָּה שֶׁאֵינָהּ יְכוֹלָה לַעֲמֹוד בִּסְמִיכַת שְׁתַּיִם שֶׁבְּאֶרֶץ אֵין עוֹלִין לָהּ בְּיוֹם טוֹב דְּמִשְׁתַּמֵּשׁ בָּאִילָן כָּךְ פֵּירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס וְלָא מַשְׁמַע הָכִי פֶּרֶק מִי שֶׁהֶחְשִׁיךְ (שַׁבָּת דַּף קנד: וְשָׁם) דְּדָיֵיק מֵהָכָא דִּצְדָדִים אֲסוּרִין דְּאָמְרִינַן מַאי לָאו דְּחַק בֵּיהּ בְּאִילָן וְאַנַּח בֵּיהּ קָנִים בָּאִילָן דְּהָוֵי לְהוּ צְדָדִין וּמַשְׁמַע דְּמַיְירֵי שֶׁהָאִילָן דְּפָנוֹת לַסֻּוכָּה וְקָנִים שֶׁל סֻוכָּה נִסְמָכִין עַל הָאִילָן וְאִם יִכָּנֵס בָּהּ בְּיוֹם טוֹב גְּזֵרָה שֶׁמָּא יַנִּיחַ חֶפְצוֹ עַל הַסְּכָךְ וְכֵן פֵּירֵשׁ שָׁם בַּקּוּנְטְרֵס:
« Deux dans l'arbre et une de main d'homme. » — Il a appuyé la majeure partie du plancher de la souka sur l'arbre, a fait tout autour, à la cime de l'arbre, deux cloisons, et en a fait une de main d'homme sur le sol ; il a appuyé le plancher de la souka au milieu de cette paroi et a élevé la paroi depuis la sur dix [tefahim]. Ou bien deux de main d'homme et une dans l'arbre. Puisque, si l'arbre était retiré, le plancher de la souka tomberait — car il ne peut tenir sur l'appui des deux qui sont au sol — on n'y monte pas à Yom Tov, parce qu'il se sert de l'arbre : ainsi a expliqué le Kountras (Rachi). Mais il ne ressort pas ainsi du chapitre Mi che-hehchikh (Chabbat 154b), où l'on déduit d'ici que les côtés (tsedadin) sont interdits : car on y dit « n'est-ce pas qu'il a creusé dans l'arbre et y a posé des roseaux dans l'arbre, ce qui en fait des côtés ? » — d'où il ressort qu'il s'agit d'un cas où l'arbre sert de parois à la souka et où les roseaux de la souka s'appuient sur l'arbre ; et s'il y entrait à Yom Tov, [ce serait interdit] par décret, de peur qu'il ne pose son objet sur le s khakh. Et ainsi le Kountras a-t-il expliqué là-bas.
💡 Explication

La michna décline maintenant les configurations mixtes, et un seul critère les commande : l'arbre retiré, la souka tient-elle d'elle-même ?

Deux parois dans l'arbre et une au sol, ou deux au sol et une dans l'arbre : dans les deux cas l'arbre porte encore une part de la structure, donc y entrer revient à s'en servir — on n'y monte pas à Yom Tov. Mais trois parois faites de main d'homme suffisent à une souka ; la quatrième, dans l'arbre, devient un surplus. L'arbre n'est plus utilisé, et l'interdit tombe.

Tossefot signale ici une divergence dans Rachi lui-même. Dans notre passage, Rachi décrit un arbre qui supporte le plancher de la souka ; au traité Chabbat (154b), il décrit un arbre qui sert de parois et sur lequel reposent les roseaux du s khakh. Tossefot montre que la sougya de Chabbat — celle des tsedadin, les côtés d'un arbre, également interdits — impose la seconde lecture, où la crainte est qu'on ne dépose un objet sur le s khakh appuyé à l'arbre.

🖼️ Schéma
Compter les parois : ce qui décide, c'est ce qui porte encore Trois parois suffisent à une souka ; la question est de savoir si l'arbre est encore nécessaire pour la tenir 2 dans l'arbre + 1 de main d'homme Valable On n'y monte pas à Yom Tov Retiré l'arbre : elle tombe Y entrer, c'est se servir de l'arbre 2 de main d'homme + 1 dans l'arbre Valable On n'y monte pas à Yom Tov Les deux parois du sol ne suffisent pas à la porter seules 3 de main d'homme + 1 dans l'arbre Valable On y monte à Yom Tov Les trois parois requises tiennent sans l'arbre : il n'est plus utilisé Le critère unique L'arbre retiré, la souka tient-elle d'elle-même ? Si oui, on y monte ; sinon, non.
Le critère unique du comptage des parois : l'arbre retiré, la souka tient-elle encore ?
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).