Sougya : Le daf s'ouvre sur la dernière ligne du diptyque des deux femmes enceintes commencé en 82b : l'enfant de celle que le chuchotement n'a pas apaisée sera Chabtai l'accapareur, et le verset « les méchants sont dévoyés dès le sein maternel » se lit sur lui. Puis la guemara passe au malade de la michna et pose la question qui occupera tout le daf : quand le malade et le médecin ne disent pas la même chose, qui écoute-t-on ?
Rabbi Yannai répond deux fois, et dans deux sens opposés — le malade qui réclame à manger l'emporte sur le médecin qui le juge inutile, au nom de « le cœur connaît l'amertume de son âme » ; mais le malade qui refuse de manger ne l'emporte pas, car c'est un égarement (tounba) dû à la maladie. La michna semble le réfuter deux fois ; la guemara la restreint deux fois, mobilise au passage la règle de Rav Safra (le nombre pèse pour une évaluation, pas pour un témoignage) pour aussitôt la désactiver devant un doute portant sur des vies, puis finit par déclarer la michna incomplète et la réécrire.
Mar bar Rav Achi pousse la logique jusqu'au bout : celui qui dit « j'ai besoin » mange, même contre cent compétents — et c'est ainsi que tranche la halakha. La seconde michna élargit le champ : le boulmos, qu'on nourrit d'aliments impurs jusqu'à ce que ses yeux s'éclairent ; le mordu du chien enragé, à qui l'on refuse le lobe de foie non parce qu'une vie ne le vaudrait pas mais parce que le remède est jugé inefficace ; le mal de gorge, soigné Chabbat parce qu'un mal interne ne se mesure pas ; l'éboulement, déblayé malgré trois doutes cumulés, mais abandonné dès que la victime est trouvée morte.
Le daf se ferme sur la graduation des interdits — ha-kal ha-kal — et sur la mahloket entre le tanna kama et Ben Teima : le tevel est-il plus léger parce qu'il peut être réparé, ou la terouma parce qu'elle reste l'aliment de quelqu'un ?
« Les méchants sont dévoyés dès le sein maternel » (Psaumes 58,4). Il sortit d'elle Chabtai l'accapareur de denrées.
Fin du diptyque commencé en 82b. Deux femmes enceintes, même fringale à Yom Kippour, même ordonnance : qu'on aille leur chuchoter à l'oreille que c'est aujourd'hui Kippour. Chez Rabbi, le chuchotement a porté, et l'enfant fut Rabbi Yo'hanan, sur qui il lut « avant de te former dans le ventre je t'ai connu ». Ici, chez Rabbi 'Hanina, il n'a pas porté, et le verset lu sur cet enfant est l'exact contraire.
Le nom de l'enfant confirme le verset : Chabtai otsar péri, celui qui stocke les denrées pendant les années de disette pour en faire monter le prix. La faute que l'aggada lui prête est précisément celle d'un homme qui, devant la faim d'autrui, ne sait pas renoncer à son désir — le même trait que le foetus qui n'a pas cédé au chuchotement.
Il faut lire ce récit pour ce qu'il est : de l'aggada. Sur le plan de la halakha, rien ne change — les deux femmes ont été nourries, la michna l'exige, et le chuchotement n'a jamais été une condition du permis, seulement une tentative gratuite tentée d'abord.
« Le malade, on le nourrit sur l'avis d'hommes compétents. » Rabbi Yannai a dit : le malade dit « j'ai besoin » et le médecin dit « il n'a pas besoin » — on écoute le malade. Quelle en est la raison ?
« Le cœur connaît l'amertume de son âme » (Proverbes 14,10). Mais c'est évident ! — Tu aurais pu dire : le médecin, lui, en a une connaissance plus assurée.
On nous apprend donc qu'il n'en est rien.
La guemara ouvre le commentaire de la michna sur le malade. La règle de Rabbi Yannai est contre-intuitive : entre le bakiy (l'homme compétent, le médecin) et le patient, c'est le patient qui l'emporte — pourvu qu'il aille dans le sens de manger.
Le verset lev yodea marat nafcho n'est pas un ornement : il fonde une compétence propre au malade, celle du ressenti intérieur, que l'expertise médicale ne peut pas atteindre de l'extérieur. La guemara objecte que c'est trop évident pour mériter un enseignement, et répond en nommant l'erreur qu'elle prévient : on aurait pu penser que le médecin, ayant vu cent cas semblables, kim leh tefei — sait mieux. Le daf refuse cette substitution de l'expérience au vécu.
Le médecin dit « il a besoin » et le malade dit « je n'ai pas besoin » — on écoute le médecin. Quelle en est la raison ?
C'est un égarement (tounba) qui s'est emparé de lui.
Le cas symétrique renverse le vainqueur, et c'est ce renversement qui révèle la logique réelle du daf : ce n'est pas une doctrine sur qui connaît le mieux le corps, c'est safek nefachot le-hakel. Dans les deux cas, la voix qui l'emporte est celle qui dit : il y a danger.
Tounba est le mot technique de ce segment : un obscurcissement du jugement provoqué par la maladie elle-même. Le refus du malade n'est pas alors l'expression de son ressenti, c'est un symptôme. Le verset de Proverbes ne s'applique donc pas — il ne garantit la lucidité du malade que lorsque celle-ci le pousse à se sauver.
Nous avons appris dans la michna : « Le malade, on le nourrit sur l'avis d'hommes compétents. » Sur l'avis d'hommes compétents, oui ; sur sa propre parole, non ! Et : sur l'avis d'hommes compétents (au pluriel), oui ; sur l'avis d'un seul compétent, non !
La guemara attaque Rabbi Yannai avec la michna elle-même, en tirant de sa formulation deux déductions restrictives (diyouk). La michna dit al pi bekiin — un pluriel. On en tire d'abord que la parole du malade seul ne suffit pas (contre le premier enseignement de Rabbi Yannai), et ensuite qu'un seul compétent ne suffit pas non plus (contre le second, ou un médecin unique l'emportait sur le refus du malade).
Rachi souligne la force de l'objection : teyouvta de-Rabbi Yannai be-tarveihou — la michna le réfute sur les deux fronts à la fois.
De quoi traite-t-on ici ? Du cas où il dit « je n'ai pas besoin ».
Mais qu'on le nourrisse alors sur l'avis d'un seul compétent ! — Non, la précision est nécessaire dans le cas où il y a un autre avec lui qui dit « il n'a pas besoin » : alors on le nourrit sur l'avis de deux hommes compétents.
Première okimta (mise en situation restrictive) : la michna ne parle pas du malade qui réclame à manger, mais de celui qui refuse. Elle enseigne alors qu'on passe outre son refus — ce que Rabbi Yannai dit aussi. La contradiction du premier diyouk tombe.
Reste le second : pourquoi deux compétents, si Rabbi Yannai se contente d'un ? Réponse : parce qu'en face il n'y a pas seulement le malade, mais le malade plus un autre compétent qui abonde dans son sens. Un seul médecin ne pourrait pas neutraliser cette paire ; il en faut deux.
Mais c'est évident ! Il s'agit d'un doute portant sur des vies, et dans un doute portant sur des vies on tranche par l'indulgence ! — Non, la précision est nécessaire dans le cas où il y a deux autres compétents avec lui qui disent « il n'a pas besoin ».
Et bien que Rav Safra ait dit : deux valent cent et cent valent deux — cela ne vaut qu'en matière de témoignage ; mais en matière d'évaluation, nous suivons le nombre des avis.
Nouvelle objection : si l'on est déjà dans un safek nefachot, l'indulgence va de soi et la michna n'apprend rien. La guemara resserre encore : le cas utile est celui où la balance numérique penche du mauvais côté — deux compétents disent « il a besoin », mais en face le malade et deux autres compétents disent le contraire.
Il faut ici la règle de Rav Safra. En matière de edout (témoignage), le nombre ne pèse pas : deux témoins forment un témoignage complet, cent n'en forment pas un meilleur. Mais l'avis d'un médecin n'est pas un témoignage sur un fait, c'est une oumdana — une estimation. Et pour une estimation, batar deot azlinan, on suit la majorité. On aurait donc pu conclure ici que la majorité l'emporte et qu'on ne nourrit pas.
Or cela ne vaut qu'en matière d'évaluation d'argent ; mais ici, c'est un doute portant sur des vies.
La réponse tient en une ligne, et c'est le pivot de toute la sougya. La majorité est un instrument de décision, utile quand il faut bien trancher un litige de mamon. Devant une vie, on ne cherche pas la thèse la plus probable : le simple doute suffit à lever l'interdit. Deux compétents minoritaires qui disent « il a besoin » ne sont pas battus par une majorité adverse — ils ont installé un doute, et cela suffit.
Mais du fait même que la fin de la michna enseigne « et s'il n'y a pas là de compétents, on le nourrit sur sa propre parole », il ressort que le début parlait du cas où il dit « j'ai besoin » ! — La michna est incomplète, et voici ce qu'elle enseigne : de quoi parle-t-on ? Du cas où il dit « je n'ai pas besoin » ; mais s'il dit « j'ai besoin », et qu'il n'y a pas là deux compétents mais un seul, qui dit « il n'a pas besoin » — on le nourrit sur sa propre parole.
L'objection est structurelle : si la fin de la michna (seifa) traite du malade qui réclame à manger, alors le début (reicha) devait en traiter aussi — ce qui ruine l'okimta du segment 4.
La guemara répond par l'outil le plus fort de son arsenal exégétique : 'hissourei mi'hasra, « il manque des mots ». Elle ne relit plus la michna, elle la réécrit en y insérant la distinction manquante. Le résultat est un texte à deux volets : quand il refuse, on suit les compétents ; quand il réclame, un seul compétent en face ne pèse pas assez et on le nourrit sur sa parole.
Tossefot tire de là un principe de conduite qu'il faut retenir : on cherche toujours des compétents en premier. On ne se fie à la seule parole du malade que faute de mieux — et à plus forte raison ne le suit-on pas pour contredire un compétent qui affirmerait le danger.
Mar bar Rav Achi a dit : partout où il dit « j'ai besoin », même s'il y en a cent qui disent « il n'a pas besoin », c'est lui que nous écoutons — car il est dit : « Le cœur connaît l'amertume de son âme. »
Mar bar Rav Achi refuse la lecture du segment 7. Cette réécriture laissait entendre, par contraste, que si deux compétents disaient « il n'a pas besoin », on ne suivrait plus le malade qui réclame. Il coupe court : même cent ne pèsent pas contre lui.
C'est l'affirmation maximale de la souveraineté du ressenti dans le sens de la vie. Le verset ne sert plus à départager des voix, il en disqualifie le décompte. Comme le note le Roch, la halakha suit Mar bar Rav Achi — il est le dernier des Amoraim, et une réponse des Gueonim pose même qu'on tranche comme lui dans tout le Talmud, à deux exceptions près.
Tossefot recense justement ces exceptions et montre que les Richonim ne s'accordent pas sur leur liste : mipakh chevoua (le renversement du serment), odita (l'aveu), et selon Rabbenou 'Hananel un cas de tsomet ha-guidin dans Houllin.
Nous avons appris dans la michna : « S'il n'y a pas là de compétents, on le nourrit sur sa propre parole. » La raison en est donc qu'il n'y a pas de compétents ; mais s'il y avait des compétents, non ! — Voici ce que la michna veut dire : de quoi parle-t-on ? Du cas où il dit « je n'ai pas besoin » ; mais s'il dit « j'ai besoin », c'est comme s'il n'y avait là aucun compétent du tout — on le nourrit sur sa propre parole, car il est dit : « Le cœur connaît l'amertume de son âme. »
Dernière objection, tirée de la fin de la michna, et dernière relecture. La formule « s'il n'y a pas là de compétents » semblait faire de l'absence de médecins la condition du permis. La guemara la retourne : cette absence n'est pas matérielle mais juridique.
Rachi le dit d'un mot décisif : ein bekiouten kloum — leur compétence ne vaut rien. Quand le malade réclame à manger, les médecins présents sont traités comme s'ils n'étaient pas là. Rachi prend aussi soin de fixer la guirsa (la version du texte), signe que ce passage circulait sous plusieurs formes.
MICHNA. Celui qui est saisi de boulmos — on le nourrit même d'aliments impurs, jusqu'à ce que ses yeux s'éclairent.
Celui qu'a mordu un chien enragé — on ne le nourrit pas du lobe de son foie ; et Rabbi Matia ben 'Harach le permet.
Nouvelle michna. Le boulmos est une défaillance par la faim : une fringale morbide qui obscurcit la vue et peut tuer. Comme pour le malade, l'interdit cède — et pas seulement le jeûne de Kippour : même des aliments impurs. Le critère d'arrêt n'est pas une durée ni une quantité mais un signe clinique : ad che-yeorou einav, jusqu'à ce que ses yeux s'éclairent, le retour de la vue attestant que le danger est passé.
Le second cas semble aller en sens inverse, mais il ne contredit rien. Les Sages n'interdisent pas de sauver un homme mordu par un chien enragé : ils estiment que le lobe du foie de ce chien n'est pas un vrai remède. Rachi le formule exactement : les médecins ont beau pratiquer ce traitement, ce n'est pas une guérison avérée, donc elle n'achète pas le droit de manger une bête impure. Rabbi Matia ben 'Harach, lui, tient que c'est une guérison avérée — et permet.
La divergence n'est donc pas halakhique mais factuelle : elle porte sur l'efficacité du remède, pas sur le prix d'une vie.
Et Rabbi Matia ben 'Harach a dit encore : celui qui souffre de la gorge — on lui met un remède dans la bouche Chabbat, parce que c'est un doute portant sur des vies, et tout doute portant sur des vies repousse le Chabbat.
Le mal de gorge est ici le type même du mal interne : on ne peut pas l'inspecter, donc on ne peut pas en mesurer la gravité. Rabbi Matia ne dit pas que ce mal est mortel ; il dit qu'on ne peut pas savoir qu'il ne l'est pas. Cette impossibilité suffit — et la deuxième moitié de la phrase énonce la règle générale dont tout le chapitre vit : kol safek nefachot doheh et ha-Chabbat.
Celui sur qui un éboulement s'est effondre : doute s'il est là ou n'y est pas, doute s'il est vivant ou mort, doute si c'est un non-Juif ou un Juif — on déblaie sur lui les décombres. S'ils l'ont trouvé vivant, on continue de déblayer ; et s'il est mort, qu'on le laisse.
Le cas limite du chapitre : trois doutes empilés, et l'on profane quand même le Chabbat. Le premier porte sur la présence même d'une victime, le deuxième sur sa survie, le troisième sur son identité. Chacun pris seul suffirait à rendre la profanation douteuse ; cumulés, ils rendent la probabilité de sauver quelqu'un très faible. La michna tranche pourtant : mefakekhin, on déblaie.
La dernière clause donne la mesure exacte de ce permis, en le bornant : trouvé mort, on le laisse. Ce qui repousse le Chabbat est le sauvetage d'une vie, non l'honneur dû à un corps. Le principe est puissant tant qu'il y a une vie possible, et s'arrête net dès qu'il n'y en a plus.
GUEMARA. Nos maîtres ont enseigné : d'où savaient-ils que ses yeux s'étaient éclairés ? — Du moment où il distingue entre le bon et le mauvais.
Abaye a dit : et par le goût.
La guemara précise le signe d'arrêt de la michna. L'homme saisi de boulmos mange n'importe quoi sans discernement ; le retour du discernement est donc l'indice du retour de la vue et la fin du danger. Abaye ajoute un critère utilisable quand la vue ne peut pas être éprouvée — la nuit, par exemple : la capacité de distinguer le goût d'un plat bon de celui d'un plat mauvais.
Nos maîtres ont enseigné : celui qui est saisi de boulmos — on le nourrit du plus léger d'abord. Tevel et nevela — on le nourrit de nevela.
Tevel et chevi'it — de chevi'it.
Le permis n'est pas un blanc-seing. La règle du ha-kal ha-kal impose de graduer : parmi les aliments interdits disponibles, on commence par celui dont l'interdit est le moins grave. Rachi précise d'emblée le cadre : on n'en arrive là que s'il n'y a pas assez d'aliments permis pour ses besoins.
L'échelle se lit dans la peine encourue. Le tevel — le produit dont on n'a pas prélevé les prélèvements — est passible de mort par la main du Ciel ; la nevela — la bête morte sans chehita — n'est passible que de flagellation ; les fruits de la chevi'it après le temps du biour ne relèvent que d'une mitsva positive, sans peine. D'où l'ordre.
Tevel et terouma : c'est une divergence entre tannaim. Car il a été enseigné : on le nourrit de tevel et on ne le nourrit pas de terouma ; Ben Teima dit : de terouma, et non de tevel.
Rabba a dit : là où il est possible de recourir à du profane, tout le monde s'accorde qu'on le rend permis et qu'on l'en nourrit.
Le couple tevel / terouma résiste au classement par la peine, puisque les deux sont passibles de mort par la main du Ciel. Il faut donc un autre critère — et les tannaim n'en retiennent pas le même.
Avant d'exposer la divergence, Rabba en délimite le terrain. Si l'on peut simplement prélever la terouma de ce tevel et rendre le reste profane (houllin), personne ne discute : on prend ce détour, et le malade mange du permis. Prélever est pourtant un acte normalement interdit Chabbat et Yom Kippour — signe que ce que le pikoua'h nefech permet, il le permet aussi pour éviter un interdit plus grave.
Ils ne divergent que là où il est impossible de recourir à du profane. Un maître tient que le tevel est plus grave, et un maître tient que la terouma est plus grave.
Un maître tient que le tevel est plus grave — car la terouma, elle, est propre à un cohen. Et un maître tient que la terouma est plus grave — car le tevel, lui, peut être réparé.
Deux façons de mesurer la gravité, et elles s'opposent terme à terme.
Pour le premier maître, le critères est l'universalité de l'interdit : la terouma est interdite au non-cohen, mais elle reste un aliment permis à quelqu'un ; le tevel, tant qu'il est tevel, n'est permis à personne — pas même au cohen. Donc le tevel est plus grave... et pourtant c'est lui qu'on donne au malade. Le raisonnement est en réalité inverse : la terouma étant l'aliment de quelqu'un, la lui faire manger à lui est une usurpation ; le tevel n'est volé à personne.
Pour Ben Teima, le critère est la réversibilité : le tevel a une sortie — il suffit de prélever pour le rendre permis —, la terouma n'en a aucune pour un non-cohen. Un interdit auquel on peut remédier est moins lourd qu'un interdit définitif. La nafka mina est directe : dans un cas on tend au malade du tevel, dans l'autre de la terouma.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).