Bava Kamma 101b - L'aspect, le sang absorbé, et le bois de cheviit

Bava_Kamma 101b

Sougya : Rava poursuit la question ouverte en 101a : l'aspect (hazouta) est-il une chose. Un vêtement teint aux écorces d'orla est brûlé, la couleur compte.

Un quart de log de sang absorbé dans un vêtement, s'il ne ressort pas au lavage, laisse la maison pure, alors que la tache reste visible. Rav Kahana limite ce cas au dam tevoussa, impur seulement par décret rabbinique.

Rava ouvre ensuite une contradiction sur la cheviit : les plantes à teindre, bien que ce soit du bois, ont la sainteté et le biour ; des feuilles ramassées pour le bois ne l'ont pas. Le verset le'okhla ne vise que ce dont la jouissance et la disparition arrivent ensemble.

L'amud s'achève sur l'objection des bois de mashhan et sur le début de la réponse de Rava.

Deux contradictions de Rava L'aspect (hazouta), puis le bois de cheviit. Suite du daf 101a. 1. L'aspect est-il une chose ? Orla : vêtement teint aux écorces. On le brûle. Hazouta milta hi. Sang dans un vêtement. S'il ne ressort pas au lavage : pur. La tache d'un reviit reste visible. Rav Kahana Dam tevoussa, mi-derabbanan. Allègement. On n'en tire pas l'orla. 2. Le bois a-t-il la cheviit ? Satis et kotza, plantes à teindre. Cheviit, biour, et leur prix aussi. Feuilles de roseau et de vigne. Pour manger : cheviit. Pour le bois : pas de cheviit. Le'okhla Jouissance et disparition ensemble. Le bois de four en sort. Objection restante : etzim de-mashhan Bois dont on jouit pendant qu'ils brûlent. Rachi : ils éclairent. Rabbenou Hananel : ils chauffent. L'amud s'arrête sur amar Rava. La réponse s'ouvre, elle continue au daf suivant.
Deux remiyot. Orla contre le sang absorbé : Rav Kahana, dam tevoussa. Plantes à teindre contre les feuilles à bois : le'okhla. Reste les bois de mashhan.
Reviit de sang absorbé Ohalot 3, 2. La maison, puis le vêtement. Rachi. Ustensiles déjà dans la maison Le sang est encore visible, be-ayin. La maison fait ohel sur le sang et sur les ustensiles. Impurs Ustensiles entrés ensuite Le sang est déjà absorbé dans le sol. Plus de sang visible sous la tente. Le sol, lui, ne reçoit pas l'impureté. Purs Absorbé dans un vêtement : on lave Un reviit ressort La maison est impure Un reviit ne ressort pas La maison est pure Le sang qu'on ne peut essorer se voit encore. L'aspect d'un reviit demeure. Rav Kahana : koulei reviot, un allègement Dam tevoussa seulement. Impur mi-derabbanan. Le cas d'orla reste à part. Tossefot : cette réponse sert selon Reish Lakish. Rabbi Yo'hanan suit la kapida.
Sang dans la maison. Ustensiles déjà là : impurs. Ustensiles entrés après : purs. Dans un vêtement, le lavage décide pour la maison. Rav Kahana : allègement rabbinique.
Le'okhla : jouissance et disparition ensemble Vayikra 25, 6. Ce critère décide qui porte la cheviit. Nourriture On en jouit au moment où elle quitte le monde. Hanaa = biour Cheviit Bois de four Le bois brûle, puis la braise chauffe. L'usage principal vient après. Hors cheviit Teinture Rachi : a la cuve, la racine disparaît, la couleur est prise. Tossefot : en le portant, la couleur s'use. Cheviit Feuilles ramassées : l'intention décide Le'akhila, pour manger : sainteté de la cheviit. Le-etzim, pour le bois : pas de sainteté. On en jouit encore après l'heure du biour.
Le'okhla. Nourriture : jouissance et disparition ensemble, cheviit. Bois de four : la braise vient après, hors cheviit. Teinture : dedans, Rachi a la cuve, Tossefot au vêtement porte.
1
רבא רמי, תנן: בגד שצבעו בקליפי ערלה – ידלק; אלמא חזותא מילתא היא. ורמינהי: רביעית דם שנבלעה בבית – הבית טמא. ואמרי לה: הבית טהור. ולא פליגי, הא בכלים דהוו מעיקרא, הא בכלים דאתו לבסוף.

Rava met en opposition. Nous avons appris : un vêtement qu'on a teint avec des écorces d'orla, qu'on le brûle.

Il en ressort que l'aspect (hazouta) est une chose. Et on lui oppose : un quart de log (reviit) de sang absorbé dans une maison, la maison est impure.

Et d'autres le disent : la maison est pure. Et ils ne divergent pas.

L'un vise les ustensiles qui s'y trouvaient dès le début, l'autre les ustensiles venus à la fin.

📜 Rachi (4)
רביעית דם מטמאה באהל דכתיב על כל נפשות מת לא יבא (ויקרא כ״א:י״א) ודם הוא הנפש וקים להו לרבנן דברביעית דם חי:
Il rend impur par la tente (ohel). Car il est écrit : sur toute âme morte il n'entrera pas (Vayikra 21, 11), et le sang est l'âme. Les Sages tiennent pour reçu qu'un quart de log de sang de vie (dam haï) est cette mesure.
בלעה בקרקע הבית טמא כלים שבבית דבית לא מקבל טומאה דקרקע היא:
Les ustensiles qui sont dans la maison. La maison, elle, ne reçoit pas l'impureté, car elle est un sol.
בכלים דהוו בבית קודם שנבלעה שהיתה בעין והאהיל הבית עליה ועל הכלים ונטמאו:
Qui se trouvaient dans la maison avant l'absorption, alors que le sang était encore visible (be-ayin). La maison a fait tente sur lui et sur les ustensiles, et ils sont devenus impurs.
לבסוף לאחר שנבלעה:
Après qu'il a été absorbé.
🗂️ Tossefot (1)
רבא רמי תנן בגד שצבעו בקליפי ערלה כו'. תימה דהא רבא שני לעיל שאני ערלה דכתיב קראי ומהתם לא ילפינן ואם כן מאי פריך מערלה אטומאה ונראה כספרים דגר' לעיל רבה ואי גרס רבא יש לומר דדיחוי הוא:
Il y a lieu de s'étonner. Rava a déjà répondu plus haut que l'orla est à part, car des versets sont écrits, et de là on ne dérive pas. Dès lors, que vient-il objecter de l'orla contre l'impureté ? Il paraît juste de suivre les livres qui lisent plus haut Rabba. Et si l'on lit Rava, on dira que c'était un dihoui (une réponse écartée, provisoire).
💡 Explication

Suite de 101a : hazouta milta hi, l'aspect compte-t-il encore comme une chose. Rava met en face deux michnayot. Orla 3, 1 : un vêtement teint aux écorces d'orla est brûlé. La couleur garde le statut d'orla.

Ohalot 3, 2 : un reviit, quart de log, de sang absorbé dans le sol d'une maison. Une version dit la maison impure, l'autre pure. Rachi : deux moments. Ustensiles déjà là, le sang encore visible : la maison fait ohel sur le sang et sur eux. Ustensiles entrés après l'absorption : le sang visible a disparu. Le sol ne reçoit pas l'impureté.

Tossefot : Rava a déjà écarté l'orla plus haut, par des versets. D'où cette nouvelle objection. Soit on lit Rabba au daf précédent, soit la réponse d'alors était un dihoui.

2
נבלעה בכסות – רואין; אם מתכבסת הכסות ויוצא ממנה רביעית דם – טמאה, ואם לאו – טהורה!

S'il a été absorbé dans un vêtement (kessout), on examine. Si le vêtement se lave et qu'il en sort un quart de log de sang, c'est impur ; sinon, c'est pur.

📜 Rachi (3)
אם מתכבסת הכסות ויוצא הימנה [רביעית דם] שבתחילה נבלעה בו יותר מרביעית והכניס הכסות לבית הבית טמאה:
Au début, plus d'un quart de log y a été absorbé. S'il a introduit le vêtement dans la maison, la maison est impure.
ויוצא הימנה רביעית דם שאם יתנו מים במדה ימצאו רביעית יותר:
Si l'on met de l'eau en quantité mesurée, on trouve un quart de log en plus.
ואם לאו טהור הבית שלא האהיל על רביעית שכבר חסר בהבלעו בכסות אבל הכסות טמא שתחלת נגיעה ברביעית מצומצם נטמאה וקתני מיהת ואם לאו טהור אע"ג דחזותא דרביעית איכא שהדם שנשאר בבגד שאי אפשר לסוחטו נראה לנו בבגד אלמא חזותא לאו מילתא היא:
La maison : elle n'a pas fait tente sur un quart de log, déjà diminué par l'absorption dans le vêtement. Le vêtement, lui, est impur, car au premier contact avec un quart de log exact il est devenu impur. Quoi qu'il en soit, on enseigne : sinon, c'est pur, bien qu'il y ait l'aspect d'un quart de log. Le sang reste dans le vêtement, qu'on ne peut essorer, et il se voit dans l'étoffe. Il en ressort que l'aspect n'est pas une chose.
🗂️ Tossefot (2)
רואין אם מתכבסת הכסות ויוצא ממנה רביעית דם פירש בקונטרס שאם יתנו מים במדה ימצא רביעית יותר וקשה לפי' אפילו אם לא ימצאו רביעית אמאי טהורה דאי אפשר לעולם אם לא ישתייר בבגד מן המים אלא י"ל כדאמר בתוספתא בפ' ד' דאהלות רביעית דם שנבלעה בכסות כיצד משערין אותה מביא מים במדה ומכבס בה ומביא מים אחרים ונותן לתוכן רביעית דם אם היה מראיהן שוה טמאה ואם לאו טהורה והשתא אין מזיק כלום מה שמשתייר מן המים בבגד דכשם שנשתייר מן המים כך נשתייר מן הדם שמכ"מ היה הכל מעורב יחד מה שיצא ומה שנשתייר ומראה אחד הן כאילו יצא הכל וטהורה וטמאה דקתני היינו לענין אם תטמא את הבית שתנתן בו אבל כסות עצמה טמאה היא שנבלע בה רביעית דם מתחילה כדפי' בקונטרס ומיהו קשה דאין סברא שיסייע הדם שמשתייר בבגד כיון שאין יכול לצאת בכיבוס זה ומיהו אין לחוש כל כך אם תולין הדבר להחמיר ועוד מצינן לפרש שאומדין כמה נשתייר מן המים הראשונים בבגד ומביא מים אחרים כמדת הראשון רק שיחסר : מהן כשיעור שנבלע מהן בבגד אבל יש תימה דמי יכול לכוין זה ועוד קשה דמאי צריך למדידת מים הראשונים בלא מדידת מים הראשונים יכול הוא לדעת אם יש רביעית דם במה שיצא ע"י כיבוס שיסחוט לתוך כלי כל מה שיצא מן הכסות וימדוד כמה יש בין מים לדם ויביא רביעית דם מעלמא ויוסיף עליו מים עד שיהא בין מים ובין דם כשיעור מים ודם שיצאו מן הכסות ואם מראיהן שוה טמאה ונראה לפרש דלא נקט מים במדה אלא משום שאם ימצאו יותר מן המדה שנתנו רביעית שלא יצטרכו להביא מים אחרים דודאי יצא מן הכסות רביעית דם אבל אם אין רביעית דם יותר אז יביא רביעית דם ומוסיף עליו מים עד שיהא בין מים ודם כמדת הראשונה אחר שתכבס בה הכסות ואם מראיהן שוה טמאה ואם לאו טהורה ומיהו קשה דהא קתני בתוספתא ברישא ומביא מים אחרים ואחר כך קתני ונותן לתוכו רביעית דם:
Rachi explique : si l'on met de l'eau en quantité mesurée, on trouve un quart de log en plus. Difficulté sur cette explication : même si l'on ne trouve pas un quart de log, pourquoi serait-ce pur ? Il est impossible qu'il ne reste pas de l'eau dans le vêtement. Il faut dire comme la Tossefta, au chapitre 4 d'Ohalot : un quart de log de sang absorbé dans un vêtement, comment l'évalue-t-on ? On apporte de l'eau en quantité mesurée et l'on lave avec. On apporte d'autres eaux et l'on y met un quart de log de sang. Si leur aspect est égal, c'est impur ; sinon, c'est pur. Dès lors, l'eau qui reste dans le vêtement ne nuit en rien : de même qu'il reste de l'eau, il reste du sang, puisque tout était mélangé ensemble, ce qui est sorti et ce qui est resté, et ils ont un seul aspect, comme si tout était sorti. " Pur " et " impur " enseignés ici visent le fait d'impurifier la maison dans laquelle on le place. Le vêtement lui-même est impur, puisqu'un quart de log de sang y a été absorbé dès le début, comme l'explique Rachi. Toutefois c'est difficile : il n'y a pas de raison que le sang resté dans le vêtement vienne en aide, puisqu'il ne peut pas sortir par ce lavage. On peut toutefois moins s'en inquiéter si l'on suspend la chose du côté rigoureux. On peut encore expliquer : on estime combien il est resté des premières eaux dans le vêtement, et l'on apporte d'autres eaux à la mesure des premières, en en retranchant la quantité absorbée dans le vêtement. Mais il y a lieu de s'étonner : qui peut viser juste ainsi ? Autre difficulté : à quoi sert de mesurer les premières eaux ? Sans les mesurer, on peut savoir s'il y a un quart de log de sang dans ce qui est sorti par le lavage. On essore dans un récipient tout ce qui est sorti du vêtement, on mesure combien il y a entre l'eau et le sang, on apporte un quart de log de sang d'ailleurs et l'on y ajoute de l'eau jusqu'à ce que l'ensemble eau et sang égale la quantité d'eau et de sang sortie du vêtement. Si leur aspect est égal, c'est impur. Il paraît juste d'expliquer : on ne parle d'eau en quantité mesurée que parce que, si l'on trouve plus que la mesure versée, d'un quart de log, on n'aura pas à apporter d'autres eaux : à coup sur un quart de log de sang est sorti du vêtement. Mais s'il n'y a pas un quart de log de sang en plus, alors on apporte un quart de log de sang et l'on y ajoute de l'eau jusqu'à ce que l'ensemble eau et sang égale la première mesure, après que le vêtement y a été lavé. Si leur aspect est égal, c'est impur ; sinon, c'est pur. Toutefois c'est difficile : la Tossefta enseigne d'abord " il apporte d'autres eaux ", et ensuite " il y met un quart de log de sang ".
ואם לאו טהורה אע"פ שעל ידי הדחק היה יוצא מהן רביעית דם כגון על ידי היסק התנור או על ידי צפון כיון דבסתם כיבוס אין יכול לצאת רביעית דם טהורה לר"ל משום דדם תבוסה דרבנן ולר' יוחנן משום שאין דרך להקפיד עליה כשאין יכול לצאת בכיבוס סתם כך צ"ל במסכת נדה בפרק האשה (דף סב: ושם) מתוך הסוגיא ואין צריך להביאה כאן:
Même si, en forçant, un quart de log de sang en sortirait, par exemple en chauffant le four ou au moyen de savon (tsafon) : puisque par un lavage ordinaire un quart de log de sang ne peut pas en sortir, c'est pur. Selon Reish Lakish, parce que le sang de tevoussa (dam tevoussa) n'est impur que par décret rabbinique. Selon Rabbi Yo'hanan, parce qu'on n'a pas coutume d'y tenir quand il ne peut pas sortir par un lavage ordinaire. C'est ainsi qu'il faut le dire dans le traité Nida, chapitre Ha-isha (62b), d'après la sougya, et il n'est pas besoin de la rapporter ici.
💡 Explication

L'objection aboutit ici. Sang absorbé dans un kessout : on lave. Un reviit en sort, c'est impur. Il n'en sort pas, c'est pur. Le sang qu'on ne peut essorer reste visible. L'aspect d'un reviit demeure, et la michna dit pur. Lecture visée : hazouta lav milta hi.

Rachi fixe le sujet de " pur ". C'est la maison où l'on apporte le vêtement. Le vêtement est déjà impur dès le premier contact avec un reviit exact. Son test : eau mesurée, on retrouve un reviit en plus.

Tossefot : de l'eau reste toujours dans l'étoffe, ce compte est faux. La Tossefta d'Ohalot compare les couleurs. On lave, puis on prépare à part un reviit de sang dilué à la même mesure. Couleurs égales : impur. Le sang qui reste suit l'eau qui reste : un seul mélange, une seule couleur.

🖼️ Schéma
Mesurer le sang sorti du vêtement Tossefot, d'après la Tossefta d'Ohalot, ch. 4. 1. Eau en quantité mesurée. On lave le vêtement. De l'eau reste dans l'étoffe. Le volume seul ne suffit pas. Surplus d'un reviit Un quart de log de sang est certainement sorti. Impur. Pas d'autre eau à apporter. Surplus moindre qu'un reviit On apporte un reviit de sang, on ajoute de l'eau jusqu'à égaliser la mesure du lavage. 2. On compare les couleurs Égales : impur. Différentes : pur. Ce que vise pur / impur La maison où l'on dépose le vêtement. Le vêtement est déjà impur : le premier contact était un reviit exact. Le sang qui reste suit l'eau qui reste : un seul mélange, une seule couleur.
Lavage à l'eau mesurée. Surplus d'un reviit : impur tout de suite. Sinon, on compare la couleur à un reviit dilué. Pur et impur visent la maison.
3
אמר רב כהנא: מקולי רביעיות שנו כאן; בדם תבוסה דרבנן.

Rav Kahana dit : c'est parmi les allègements des quarts de log (koulei reviot) qu'on a enseigné ici, au sujet du sang de tevoussa (dam tevoussa), qui relève des Sages (de-rabbanan).

📜 Rachi (2)
מקולי רביעיות של דם קל כגון דם תבוסה שאינו מטמא באהל אלא מדרבנן:
D'un sang léger, comme le sang de tevoussa, qui ne rend impur par la tente que par décret rabbinique.
דם תבוסה הרוג שיצא ממנו רביעית דם בחייו ובמותו ספק כולה בחייו ספק כולה ובמותו בפ' תינוקת (נדה דף עא.):
Un tué dont est sorti un quart de log de sang, de son vivant et à sa mort. Doute si la totalité l'a été de son vivant, doute si elle l'a été à sa mort. Au chapitre Tinoket (Nida 71a).
🗂️ Tossefot (1)
מקולי רביעיות שנו כאן הך סוגיא מסיק רב כהנא בנדה אליבא דר"ל וה"נ דוקא לר"ל צריך האי שינויא דלר' יוחנן לא קשה מידי מערלה אטומאה דלדידיה בקפידא תליא מילתא ומ"מ צבעו בקליפי ערלה ידלק דלא שייך להתירו מטעם דאין מקפיד דנהנה הוא בצבע וניחא ליה:
Cette sougya, Rav Kahana la conclut dans Nida selon l'avis de Reish Lakish. Ici aussi, c'est seulement pour Reish Lakish que cette réponse est nécessaire. Pour Rabbi Yo'hanan, l'orla n'objecte rien à l'impureté : pour lui, la chose dépend de la kapida, le fait d'y tenir. Quoi qu'il en soit, ce qu'on a teint avec des écorces d'orla doit être brûlé. On ne peut pas le permettre au motif qu'on n'y tient pas : il jouit de la teinture, et elle lui convient.
💡 Explication

Rav Kahana limite la michna à un allègement des reviot. Il s'agit du dam tevoussa : sang d'un tué, un quart de log sorti entre la vie et la mort. Doute : tout de son vivant, ou bien à sa mort. Impur par la tente seulement mi-derabbanan. Allègement rabbinique. On n'en tire pas une règle pour l'orla, qui est de la Tora.

Tossefot : cette réponse ne sert que selon Reish Lakish. Selon Rabbi Yo'hanan, tout dépend de la kapida. Pour le sang qu'un lavage ordinaire ne fait pas sortir, on n'y tient pas. Pour la teinture d'orla, on en jouit : le vêtement est brûlé.

4
רבא רמי, תנן: ממין הצובעין – ספיחי סטיס וקוצה, יש להן שביעית ולדמיהן שביעית, יש להן ביעור ולדמיהן ביעור. אלמא עצים יש בהן משום קדושת שביעית.

Rava met en opposition. Nous avons appris : parmi les espèces tinctoriales, les repousses (sefihim) d'isatide (satis) et de carthame (kotza), elles ont la cheviit, et leur prix a la cheviit ; elles ont le biour, et leur prix a le biour.

Il en ressort que les bois ont la sainteté de la cheviit.

📜 Rachi (3)
ספיקי סטים וקוצה סטים קרוג"א בלע"ז כרכום קוצה גווד"א בלע"ז להכי נקט ספיחי דבשביעית ליכא אלא ספיחים:
L'isatide (satis) se dit kroga en langue étrangère. Le safran (karkom), le carthame (kotza), se dit govda en langue étrangère. Il dit " repousses " parce qu'en cheviit il n'y a que des repousses.
יש להן ולדמיהן שביעית שאין עושין מהן סחורה דרחמנא אמר לאכלה ולא לסחורה ואסור לצבוע בהן דהיינו סחורה אבל מותרים הן להסיקן קודם זמן הביעור דהיינו דומיא דלאכלה:
On n'en fait pas commerce. Le Miséricordieux a dit " pour la nourriture " (le'okhla), et non pour le commerce. Il est interdit d'en teindre, car c'est du commerce. Il est permis de s'en servir pour chauffer avant le temps du biour, car cela ressemble à " pour la nourriture ".
יש להן ביעור כשמגיע זמן הביעור חייב לבערן כדכתיב ולבהמתך ולחיה וגו' (ויקרא כ״ה:ז׳) כלה לחיה מן השדה כלה לבהמתך שבביתך והני ספיחי עץ בעלמא נינהו:
Quand arrive le temps du biour, on est tenu de les éliminer, comme il est écrit : et pour ta bête et pour l'animal... (Vayikra 25, 7). Quand cela cesse pour l'animal sauvage dans le champ, cela cesse pour ta bête dans ta maison. Or ces repousses ne sont que du bois.
🗂️ Tossefot (3)
ספיחי סטים וקוצה מה שפי' בקונטרס כאן משום דבשביעית אין זורעין ואין בה אלא ספיחים אין מיושב ההיא טעמא אלא הכא אבל גבי מעשר ופאה דקאמר כל שהוא אוכל ונשמר כו' אוכל למעוטי ספיחי סטים וקוצה אין מיושב למה נקט ספיחים ע"כ נראה כמו שפי' בפסחים (דף נא: ושם) דלהכי נקט ספיחים לפי שאין דרך ללקטן בשנה שנזרעים אלא לבסוף ד' או ה' שנים שהשרשים מתפשטים בארץ ומשביחין ושורש שלהן עיקר:
Ce que Rachi explique ici, parce qu'en cheviit on ne sème pas et qu'il n'y a que des repousses : cette raison ne tient qu'ici. Pour la dîme et la pea, où l'on dit " tout ce qui est nourriture et qu'on garde... ", " nourriture " vient exclure les repousses d'isatide et de carthame : on ne voit pas pourquoi il dit " repousses ". Il paraît donc juste de suivre ce qu'il explique à Pessahim (51b) : il dit " repousses " parce qu'on n'a pas coutume de les cueillir l'année où on les sème, mais au bout de quatre ou cinq ans, quand les racines s'étendent dans la terre, s'améliorent, et que la racine est l'essentiel.
ממין הצובעין רישא דמתניתין הכי איתא במס' שביעית (פ"ז מ"א) כלל גדול אמרו כל שהוא מאכל אדם ומאכל בהמה וממין הצובעין כו':
Le début de la michna se lit ainsi dans le traité Cheviit (chapitre 7, michna 1) : ils ont énoncé une grande règle. Tout ce qui est nourriture de l'homme, nourriture de la bête, et parmi les espèces tinctoriales...
ולדמיהן ביעור כגון שלקט מתחילה לאכילה דיכול למוכרן ויש לשניהם ביעור להן ולדמיהן דפרי עצמו לעולם אסור כדנפקא לן מקודש תהיה לכם (בע"ז דף נד:):
Par exemple s'il les a cueillies dès le début pour la nourriture : il peut les vendre, et les deux ont le biour, elles et leur prix. Le fruit lui-même reste interdit, comme on le tire de " elle sera consacrée pour vous " (Avoda Zara 54b).
💡 Explication

Deuxième contradiction, sur la cheviit. Michna Cheviit 7, 1 : parmi les plantes à teindre, les sefihim d'isatide (satis) et de carthame (kotza). Sainteté de la cheviit, et leur prix aussi. Biour, et leur prix aussi. Conclusion visée : le bois, qui ne se mange pas, porte la sainteté de la cheviit.

Rachi : en cheviit on ne sème pas, d'où le mot sefihim. Interdit d'en faire commerce et d'en teindre. Chauffer avec, avant l'heure du biour, reste permis : cela ressemble à le'okhla. Tossefot reporte le sens de sefihim à Pessahim 51b : on les cueille quatre ou cinq ans après le semis, quand la racine est devenue l'essentiel.

5
ורמינהי: עלי קנים ועלי גפנים שגיבבן בחבא על פני השדה, לקטן לאכילה – יש בהן משום קדושת שביעית, לעצים – אין בהן משום קדושת שביעית!

Et on lui oppose : des feuilles de roseaux et des feuilles de vigne qu'on a amoncelées en réserve (hava) à la surface du champ. S'il les a ramassées pour la nourriture, elles ont la sainteté de la cheviit ; pour le bois, elles n'ont pas la sainteté de la cheviit.

📜 Rachi (2)
בחבא לעשות מהן מחבוא אוצר לימות החורף:
Pour en faire une cache, une réserve pour les jours d'hiver.
אין בהן משום קדושת שביעית ויהנה מהן אף לאחר זמן הביעור:
Et l'on peut en jouir même après le temps du biour.
💡 Explication

Baraïta opposée. Feuilles de roseaux et de vigne, mises en tas, en réserve (hava) pour l'hiver. Ramassées le'akhila, pour manger : sainteté de la cheviit. Ramassées le-etzim, pour le bois : pas de sainteté. Ici le bois sort de la cheviit. C'est l'envers de la michna des teintures.

6
ומשני, אמר קרא: ״לאכלה״ – במי שהנאתו וביעורו שוין, יצאו עצים שהנאתן אחר ביעורן.

Et il répond : le verset dit " pour la nourriture " (le'okhla). Cela vise ce dont la jouissance et l'élimination sont égales.

En sont exclus les bois, dont la jouissance vient après l'élimination.

📜 Rachi (2)
שהנאתן וביעורן שוה דבר שבשעת הנאתו כלה מן העולם:
Une chose qui, a l'heure où l'on en jouit, disparaît du monde.
יצאו עצים שלאחר ביעורן שנעשים גחלים הוא דהויא עיקר הנאתן אבל מיני צבעים בשעת רתיחת היורה כלה השורש וקולט הצבע נמצאו הנאתן וביעורן שוה הלכך חיילא עלייהו שביעית:
Après leur élimination, une fois devenus braises, se trouve l'essentiel de leur jouissance. Mais les espèces tinctoriales : au moment où la cuve bout, la racine disparaît et la teinture est captée. Leur jouissance et leur élimination se trouvent donc égales. C'est pourquoi la cheviit prend effet sur elles.
🗂️ Tossefot (1)
שהנאתן אחר ביעורן כשנעשית גחלת אע"ג דזימנין הנאתן וביעורן שוה כגון להתחמם כנגדו או לבשל מכ"מ עיקרו לא קיימא להכי אלא לאחר שנעשית גחלת כגון להסיק תנור לאפות אבל צבע הנאתן וביעורן שוה דהנאתן כשלובשן ואז הוא כלה ומתבער הצבע מיום אל יום ובקונטרס פי' דבשעת רתיחת היורה כלה השורש וקולט הצבע ואין נראה דהא אמרן דלענין שביעית חזותא מילתא היא ולא הוי ביעורו בקליטת הצבע:
Quand cela devient braise. Bien que parfois leur jouissance et leur élimination soient égales, par exemple pour se chauffer en face ou pour cuire, leur destination principale n'est pas cela, mais après qu'ils sont devenus braise, par exemple pour chauffer un four afin de cuire. La teinture, elle : jouissance et élimination égales, car on en jouit quand on la porte, et alors la teinture s'use et s'élimine de jour en jour. Rachi explique qu'au moment où la cuve bout, la racine disparaît et la teinture est captée. Cette lecture ne se soutient pas : nous avons dit qu'en matière de cheviit l'aspect est une chose, et son élimination ne se fait pas à la captation de la teinture.
💡 Explication

Réponse par le'okhla (Vayikra 25, 6). La cheviit ne prend que sur ce dont la hanaa et le biour arrivent ensemble. On jouit de la nourriture au moment où elle quitte le monde.

Les bois de four en sortent : l'usage principal est la braise, après que le bois a brûlé. Les teintures y entrent. Rachi place la disparition à l'ébullition de la cuve : la racine cesse, la couleur est prise. Tossefot refuse ce moment. Puisque pour la cheviit l'aspect est une chose, la teinture disparaît plus tard, quand on porte le vêtement et que la couleur s'use de jour en jour.

7
והא איכא עצים דמשחן, דהנאתן וביעורן שוין!

Mais il y a des bois de mashhan, dont la jouissance et l'élimination sont égales !

📜 Rachi (1)
והא איכא עצים דמשחן שמאירין כנר אבוקה לנושאן בידו והנאתן וביעורן שוה תיחול עלייהו שביעית:
Ils éclairent comme une lampe, une torche, pour celui qui les porte à la main. Leur jouissance et leur élimination sont égales : la cheviit devrait prendre effet sur eux.
🗂️ Tossefot (1)
והאיכא עצים דמשחן לפי' הקונטרס דפי' עצים שמאירים בהן כמו נר צ"ל הא דמתרץ עצים להסקה ניתנו כלומר אף עצים דמשחן דאין לפרש סתם שאר עצים להסקה ניתנו והנך דמשחן בטלים לגבייהו דהא בסוכה (דף מ. ושם) משמע דלולב נוהג בו שביעית משום דהנאתו וביעורו שוה שראוי לכבד בו הבית ולא אמר דבטל לגבי שאר עצים וה"נ עצים דמשחן אלא צ"ל דסתם עצים דמשחן נמי להסקה הן עומדין ולא דמי ללולב דסתמו עומד לכבד בו את הבית ור"ח פירש והא איכא עצים דמשחן שמחממין בו כגון במדורה שעשויה להתחמם דהנאתן וביעורן שוה דבשעת ביעורן מתחמם כנגדן פי' משחן כמו תמרי משחנן כתובות (דף י:) וכן טלולה. או שחונה ביומא (דף נג:) ומשני רבא סתם עצים להסקה ניתנו פי' להסקת תנור ניתנו דהוי הנאתן אחר ביעורן הלכך אפילו להתחמם מותר דלא חל עליהם שם שביעית ואע"ג דחשיב הכא עצים דמשחן הנאתן וביעורן שוה מכ"מ לענין עצי איסור לא היו אוסרין רבנן אפילו להתחמם כנגדן או להאיר בהן אלא דוקא בשרשיפא כדדרשינן בפרק כל שעה (פסחים דף כז: ושם) דהנאה מיהא אינה מתחלת עד לאחר שמתחיל האיסור להיות כלה הלכך לא אסרי רבנן אלא בשרשיפא אבל הנאתו וביעורו שוה קרינן ביה דעדיין האיסור קיים כשנהנה ממנו וא"ת בפ"ק דנדה (דף ח. ושם) דקאמר אי קטפא פירא הוי אית ביה שביעית ואי לאו פירי הוי לית ביה שביעית ואמאי אי הנאתו וביעורו שוה הלא אפילו לא הוי פירא יהא אסור בשביעית ואי אין הנאה וביעורו שוה אפילו הוי פירא יהא מותר ותו אמאי קמפלגי בין קטפא דפירא לקטפא דגווזא ונראה ודאי קטפא הוי הנאתו וביעורו שוה ואפילו הכי אי לא הוי פירא בטיל לגבי עץ והרי הוא כאילו הוא בתוך העלין ולא יצא לחוץ אבל אי הוי פירא חשיב באפי נפשיה ולא בטיל לגבי עץ ואית ביה קדושת שביעית:
Selon l'explication de Rachi, des bois avec lesquels on éclaire, comme une lampe : il faut dire, de la réponse " les bois sont donnés pour le chauffage ", qu'elle vise aussi les bois de mashhan. On ne peut pas expliquer que les bois ordinaires sont donnés pour le chauffage et que ceux de mashhan s'annulent à côté d'eux. Car à Souka (40a) il ressort que le loulav est soumis à la cheviit, parce que sa jouissance et son élimination sont égales : il est propre à balayer la maison. Et l'on ne dit pas qu'il s'annule à côté des autres bois. Il en va de même des bois de mashhan. Il faut donc dire que les bois de mashhan, dans leur usage courant, sont eux aussi destinés au chauffage. Ils diffèrent du loulav, dont l'usage courant est de balayer la maison. Rabbenou Hananel explique : " mais il y a des bois de mashhan ", avec lesquels on se chauffe, par exemple un feu fait pour se réchauffer. Leur jouissance et leur élimination sont égales, car au moment de leur élimination on se chauffe en face d'eux. Mashhan se comprend comme temarei mashhanan, des dattes qui échauffent (Ketoubot 10b), et de même teloula ou shehouna (Yoma 53b). Et Rava répond : les bois, dans leur usage courant, sont donnés pour le chauffage, c'est-à-dire pour chauffer le four. Leur jouissance vient après leur élimination. Dès lors, même pour se chauffer, c'est permis : le nom de cheviit ne prend pas effet sur eux. Bien qu'ici l'on compte les bois de mashhan parmi ce dont la jouissance et l'élimination sont égales, pour des bois interdits les Sages n'interdisaient pas de se chauffer en face d'eux ni d'éclairer avec eux, sauf précisément le sharshifa (copeau), comme on l'expose au chapitre Kol cha'a (Pessahim 27b). La jouissance ne commence qu'une fois que l'interdit à commencé à disparaître. C'est pourquoi les Sages n'interdisent que le sharshifa. On l'appelle pourtant jouissance et élimination égales, car l'interdit est encore là au moment où l'on en jouit. Si l'on objecte, au premier chapitre de Nida (8a) : si la résine (ketafa) est un fruit, elle a la cheviit ; si elle n'est pas un fruit, elle n'a pas la cheviit. Pourquoi ? Si sa jouissance et son élimination sont égales, même sans être un fruit elle serait interdite en cheviit. Si jouissance et élimination ne sont pas égales, même en étant un fruit elle serait permise. Et pourquoi distingue-t-on la résine du fruit et la résine du tronc (ketafa de-guvza) ? Il est sur que la résine a une jouissance et une élimination égales. Malgré cela, si elle n'est pas un fruit, elle s'annule par rapport à l'arbre : c'est comme si elle était encore dans les feuilles et n'était pas sortie au-dehors. Si elle est un fruit, elle compte à part, elle ne s'annule pas par rapport à l'arbre, et elle a la sainteté de la cheviit.
💡 Explication

Objection : des etzim de-mashhan ont une jouissance et une disparition ensemble. Rachi : bois qui éclairent, torche portée à la main, on en jouit pendant qu'ils brûlent. Rabbenou Hananel : bois d'un feu fait pour se chauffer. Le mot rejoint les dattes mashhanan, qui échauffent.

Tossefot cite déjà la réponse de Rava, que l'amud ouvre ensuite : l'usage courant du bois est le chauffage du four. Le bois de mashhan y est destiné lui aussi. Le loulav sert, dans son usage courant, à balayer : il reste soumis à la cheviit (Souka 40a).

La résine (ketafa), Nida 8a, a bien jouissance et disparition ensemble. Comptée comme fruit, elle a la cheviit à part. Restée de l'arbre, elle s'annule avec lui, comme si elle était encore dans les feuilles.

🖼️ Schéma
Etzim de-mashhan : deux lectures Jouissance et disparition semblent ensemble. La cheviit devrait prendre. Rachi Ils éclairent, comme une lampe, une torche portée à la main. On en jouit pendant qu'ils brûlent. Hanaa = biour Rabbenou Hananel Ils chauffent : un feu fait pour se réchauffer en face. Comme temarei mashhanan, des dattes qui échauffent. Suite citée par Tossefot : stam etzim le-hasaka nitnu L'usage courant du bois est le chauffage du four. La jouissance vient après. Le nom de cheviit ne prend pas. Le loulav, lui, sert à balayer : il reste soumis.
Rachi : torche, on jouit en éclairant. Rabbenou Hananel : feu pour se chauffer. Tossefot : l'usage courant reste le four.
8
אמר רבא:

Rava dit :

💡 Explication

L'amud s'arrête sur amar Rava. La réponse est ouverte, le texte continue au daf suivant. Tossefot, au segment précédent, en donne le contenu : stam etzim le-hasaka nitnu, les bois sont donnés, dans leur usage courant, pour chauffer le four.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).