Bava Kamma 105b — Le serment sur le hamets, et le déni du dépôt

Bava_Kamma 105b

Sougya : La page reprend la question de Rava sur le hamets volé après Pessa'h : s'il jure, nie-t-il un bien, alors que l'objet interdit ne vaut plus que de la poussière ? Rabba tranche par le bœuf que l'on détient en se disant gardien : même l'objet présent, un serment qui exonérerait d'une perte à venir est déjà un déni, et entraîne le cinquième et l'acham.

Rav Amram cite la beraita du modeh ba-ikar ; Rava la borne au heilekh, et réserve sa règle à la bête restée dans le marécage. Ben Azai énumère trois serments du témoignage sur un objet perdu : Rav Ami y voit une exemption, Shmuel une obligation, selon que la chose qui cause un bien compte comme un bien.

Rav Sheshet fait du gardien qui nie un dépôt un gazlan tenu des accidents ; la page écarte la preuve, répond à Rami bar Hama par le gain de temps, et s'arrête sur celui qui nie un prêt et reste apte à témoigner.

Hamets après Pessa'h : le serment nie-t-il un bien ? Question de Rava. L'objet interdit est là. En jouir est défendu. Pour l'heure : de la poussière Il peut dire : voici le tien devant toi. Le rendre suffit. S'il vient à être volé Il ne peut plus le rendre. Il doit la valeur d'origine. Déni de bien Cinquième et acham. Tant qu'il est là Il s'acquitte en le rendant. La poussière ne vaut rien. Il ne nie aucun bien Ni cinquième ni acham. Rabba : la seconde branche rejoint la première Même l'objet présent, si le serment couvrirait une perte à venir, c'est déjà un déni de bien. Ainsi du hamets, ainsi du bœuf.
Deux lectures du serment sur le hamets interdit. Rabba retient le déni dès que le serment couvrirait une perte à venir.
Tu as volé mon bœuf. Que fait-il chez toi ? Il nie le vol, puis se donne un statut. Le serment exonère une part du risque. Gardien gratuit Shomer hinam Le serment l'exonère du vol et de la perte. Geneiva va-aveida. Il est tenu. Gardien salarié Shomer sakhar Le serment l'exonère de la brisure et de la mort. Il est tenu. Emprunteur Shoel Le serment l'exonère de la mort due au travail. Il est tenu. Le voleur réel, lui, est tenu de tout jusqu'au retour Accidents compris. Le faux statut lui économiserait ce paiement si la bête disparaissait. Heilekh : il la tend Plus rien à voler. Quitte. Agam : elle est au marécage Le risque reste. Tenu.
Chaque faux statut exonère une part du risque. Heilekh, l'objet tendu, quitte. Agam, la bête absente, tient le serment pour un déni de bien.
Nier un dépôt : devient-on gazlan ? Rav Sheshet, la beraita, puis Rami bar Hama. Rav Sheshet Dès le déni il est gazlan sur le dépôt, et tenu des accidents (onsin). Des témoins viennent Après le serment. Tenu des accidents. Pas de cinquième, pas d'asham. Il avoue Après le serment. Capital, cinquième, acham. Keren, homesh, acham. Rami bar Hama, michna Chevouot On devient suspect par un serment faux : témoignage, dépôt, ou serment vain. Marécage Il gagne du temps, le temps d'aller le chercher. En main Les témoins : il le tenait en niant. C'est un gazlan.
Rav Sheshet : le déni du dépôt fait un gazlan. La beraita ne parle qu'après serment. Au marécage, on gagne du temps ; en main, on garde.
1
נשבע עליו, מהו? מי אמרינן: כיון דאי מיגנב בעי שלומי ליה – ממונא קא כפר ליה; או דלמא, השתא מיהת הא מנח ועפרא בעלמא הוא, ולא כפר ליה ממונא?

Il a juré à son sujet : qu'en est-il ? Dit-on : dès lors que, s'il était volé, il devrait le lui payer, il lui nie un bien ?

Ou bien : pour l'heure, en tout cas, le voilà déposé, c'est de la poussière, sans plus, et il ne lui nie pas de bien ?

📜 Rachi (2)
נשבע עליו לאחר שנאסר נשבע שאין אצלו ולא גזלו ממנו:
Après qu'il est devenu interdit, il a juré qu'il n'est pas chez lui, et qu'il ne le lui a pas volé.
מהו מי אמרינן הא מנח ויכול לפטור בו את עצמו ואשתכח דלאו מידי כפריה:
Dit-on : le voilà déposé, il peut s'en acquitter par lui, et il se trouve qu'il n'a rien nié ?
💡 Explication

Suite de Rava, en fin de 105a. Le voleur de hamets peut, après Pessa'h, dire : voici le tien devant toi. L'objet est assour be-hanaa (interdit d'en jouir) : de la poussière. La question porte sur le serment.

S'il venait à être volé, le voleur devrait la valeur d'origine : il ne pourrait plus le rendre. Ce serment serait alors un déni de bien (kefirat mamon), avec cinquième (homesh) et sacrifice de culpabilité (acham). Tant que l'objet est là, le rendre suffit, et le serment ne nie rien.

2
מילתא דאיבעיא ליה לרבא, פשיטא ליה לרבה – דאמר רבה: ״שורי גנבת״, והוא אומר: ״לא גנבתי״;

Ce qui fait question pour Rava est évident pour Rabba. Car Rabba a dit : "Tu as volé mon bœuf", et lui dit : "Je ne l'ai pas volé."

💡 Explication

Rabba ne laisse pas la question ouverte. Il part d'un bœuf que l'on détient tout en niant le vol. La suite dit quel statut l'homme se donne, et pourquoi le serment est déjà un déni.

3
״מה טיבו אצלך?״ ״שומר חנם אני עליו״ – חייב, שהרי פטר עצמו מגניבה ואבידה.

"Que fait-il chez toi ?" "J'en suis gardien gratuit." Il est tenu, car il s'est exonéré du vol et de la perte.

📜 Rachi (4)
שומר חנם אני עליו ונשבע והודה:
Il a juré, puis il a avoué.
חייב קרבן שבועה אע"פ שהודה קודם שבועה בגוף הממון:
Tenu du sacrifice du serment, bien qu'il ait, avant le serment, reconnu le corps du bien.
שהרי פטר עצמו בשבועה:
Car c'est par le serment qu'il s'est exonéré.
מגניבה ואבידה שאם היה נגנב ממנו משבועה ואילך היה נפטר בדברי שקר שהרי הוא עצמו גנבו וחייב בכל אונסין עד שיחזירנו:
Du vol et de la perte : si, à partir du serment, l'animal lui était volé, il serait quitte par des paroles fausses. Or c'est lui-même qui l'a volé, et il est tenu de tous les accidents jusqu'à ce qu'il le rende.
💡 Explication

Dire shomer hinam (gardien gratuit), c'est reconnaître que le bœuf appartient à l'autre. Le serment, lui, efface geneiva et aveida (vol et perte).

Le voleur réel reste tenu des onsin (accidents) jusqu'au retour. Si la bête était volée ensuite, le faux statut le quitterait. Cette couverture est déjà un déni de bien. D'où le korban shevoua, malgré l'aveu du corps de l'objet.

4
״שומר שכר אני עליו״ – חייב, שהרי פטר עצמו משבורה ומתה.

"J'en suis gardien salarié." Il est tenu, car il s'est exonéré de la brisure et de la mort.

💡 Explication

Le shomer sakhar (gardien salarié) est déjà tenu du vol et de la perte. Le mensonge ne lui achète que l'exonération de la shevoura et de la meita (brisure et mort). Cette part suffit à faire du serment un déni de bien.

5
״שואל אני עליו״ – חייב, שהרי פטר עצמו ממתה מחמת מלאכה.

"J'en suis l'emprunteur." Il est tenu, car il s'est exonéré de la mort due au travail.

📜 Rachi (1)
שואל פטור במתה מחמת מלאכה ומכחש בשר מחמת מלאכה דלמעבד מלאכה שייליה ולאו לאוקמה בכילתא:
L'emprunteur est quitte lorsque la bête meurt du fait du travail, et lorsque la chair dépérit du fait du travail : on la lui a prêtée pour travailler, et non pour la laisser debout sous un dais.
💡 Explication

Le shoel (emprunteur) est tenu même des accidents. La seule fenêtre du mensonge est la meita mahmat melakha (mort du fait du travail). Rachi y joint le dépérissement de la chair par le travail : la bête à été prise pour servir, non pour rester debout sous un dais.

6
אלמא אף על גב דהא קאים – כיון דאי מיגניב ממונא קא כפר, השתא נמי ממונא קא כפר; הכא נמי, אף על גב דעפרא בעלמא הוא – כיון דאי מיגניב בעי שלומי ליה ממונא מעליא, השתא נמי ממונא קא כפר ליה.

Il en ressort : bien que la bête soit là, debout, puisqu'au cas où elle serait volée il nierait un bien, maintenant aussi il nie un bien. Ici de même : bien que ce soit de la poussière, sans plus, puisqu'au cas où elle serait volée il devrait lui payer un bien véritable, maintenant aussi il lui nie un bien.

📜 Rachi (2)
אע"ג דהא קאים ומודה ליה בגויה והשתא איהו לא כפר מידי אפ"ה כיון דשמא סוף השבועה לבא לידי כפירת ממון חייב:
Bien que la bête soit là, qu'il lui en reconnaisse le corps, et que pour l'heure il n'ait rien nié : comme il se peut que le serment aboutisse à un déni de bien, il est tenu.
הכא נמי אע"ג דכפירה דחמץ כהודאה הוא דהא עפרא בעלמא הוא כיון דשמא יאבד ויתחייב לו ממון ונמצא שתועיל לו שבועה זו להפטר חייב:
Ici de même. Bien que le déni du hamets vaille un aveu, puisque c'est de la poussière, sans plus : comme il se peut qu'il se perde, qu'il lui doive alors un bien, et que ce serment lui serve à s'exonérer, il est tenu.
💡 Explication

C'est le transfert. La présence de l'objet, ou sa valeur nulle, n'empêche pas le déni dès que le serment servirait si l'objet disparaissait.

Rachi le dit des deux côtés. Sur le bœuf, il a reconnu le corps et n'a rien nié pour l'heure. Sur le hamets, nier une poussière ressemble à un aveu. Dans les deux, une perte ultérieure rendrait le serment profitable.

🖼️ Schéma
Du bœuf debout au hamets poussière Le bœuf est là Il en reconnaît le corps. S'il était volé, le faux statut l'exonérait. Donc déni, dès maintenant. Le hamets est poussière Le rendre ne paie rien. S'il était volé, il devrait un bien véritable. Donc déni, dès maintenant. Le serment est jugé sur la perte qu'il couvrirait, non sur la valeur présente.
Bœuf présent et hamets poussière : le déni se juge sur la perte que le serment couvrirait.
7
יתיב רבא וקאמר להא שמעתא. איתיביה רב עמרם לרבא: ״וכחש בה״ – פרט למודה בעיקר.

Rava était assis et il disait cet enseignement. Rav Amram objecta à Rava : "Et il a menti à son sujet", à l'exclusion de celui qui reconnaît le principal.

💡 Explication

Rava enseigne la règle de Rabba. Rav Amram oppose une beraita sur Vayikra 5, 22 : ve-khihesh bah exclut le modeh ba-ikar, celui qui reconnaît le principal. La beraita va citer, parmi les quittes, les mêmes statuts de gardien.

8
כיצד? ״שורי גנבת״, והוא אומר: ״לא גנבתי״;

Comment ? "Tu as volé mon bœuf", et lui dit : "Je ne l'ai pas volé."

💡 Explication

L'ouverture de la beraita est la même que celle de Rabba. L'objection se joue sur la suite : la réponse donnée à "que fait-il chez toi ?".

9
״מה טיבו אצלך?״ ״אתה מכרתו לי״; ״אתה נתתו לי במתנה״; ״אביך מכרו לי״; ״אביך נתנו לי במתנה״; ״אחר פרתי רץ״; ״מאליו בא אצלי״; ״תועה בדרך מצאתיו״; ״שומר חנם אני עליו״; ״שומר שכר אני עליו״; ״שואל אני עליו״ – ונשבע והודה; יכול יהא חייב? תלמוד לומר: ״וכחש בה״ – פרט למודה בעיקר.

"Que fait-il chez toi ?" "Tu me l'as vendu." "Tu me l'as donné." "Ton père me l'a vendu." "Ton père me l'a donné." "Il courait derrière ma vache." "Il est venu de lui-même chez moi." "Je l'ai trouvé égaré en chemin." "J'en suis gardien gratuit." "J'en suis gardien salarié." "J'en suis l'emprunteur." Il a juré, puis il a avoué. On pourrait croire qu'il est tenu.

Le verset dit : "Et il a menti à son sujet", à l'exclusion de celui qui reconnaît le principal.

📜 Rachi (2)
אתה מכרתו לקמן פריך מאי מודה בעיקר איכא:
Plus loin on objecte : quel aveu du principal y a-t-il là ?
תועה בדרך מצאתיו והביאותיו לבית:
Et je l'ai ramené à la maison.
💡 Explication

Dix réponses, une seule issue. Il jure, puis avoue. On aurait tenu le sacrifice pour du. Le verset l'exclut : il a reconnu le principal, le bœuf n'est pas à lui.

Les trois statuts de gardien figurent dans la liste. C'est l'objection à Rabba. Rachi signale que "tu me l'as vendu" ne ressemble pas encore à un aveu : la Gemara le réparera. "Je l'ai trouvé égaré" emporte, chez Rachi, le fait de l'avoir ramené chez soi.

10
אמר ליה: תדורא! כי תניא ההיא – דקאמר ליה: ״הילך״, כי קאמינא – דקיימא באגם.

Il lui dit : Écervelé ! Quand on enseigne cela, c'est qu'il lui a dit : "Tiens, le voici." Quand je parle, moi, c'est qu'elle se tient dans le marécage.

📜 Rachi (2)
תדורא אין לב:
Sans cœur.
הילך וליכא למימר אילו מיגניב דהא קמיה קאי ושקיל ליה:
"Tiens, le voici" : on ne peut pas dire "s'il était volé", car il se tient devant lui, et il le prend.
💡 Explication

Heilekh : il tend le bœuf sur-le-champ. Plus rien ne peut être volé ensuite. Le serment ne couvre aucun paiement. C'est un modeh ba-ikar, quitte.

Agam : la bête est au marécage, non remise. Le faux statut couvrirait encore un vol. Rava réserve à ce cas la règle de Rabba. Tedoura, glose Rachi : sans cœur, il n'a pas vu la distinction.

🖼️ Schéma
Beraita et Rava : où est le bœuf ? Heilekh Tiens, le voici. Le maître le prend. Aucun vol ultérieur. Modeh ba-ikar. Quitte. Agam La bête est au marécage. Elle n'est pas remise. Un vol reste possible. Déni de bien. Tenu.
Heilekh : l'objet est remis, le serment ne couvre rien. Agam : il reste au marécage, le déni tient.
11
״אתה מכרתו לי״ – מאי מודה בעיקר איכא? לא צריכא, דאמר ליה: ״לא נתתי לך דמי, שקיל תורך וזיל״.

"Tu me l'as vendu." Quel aveu du principal y a-t-il ? Il le fallait pour le cas où il lui dit : "Je ne t'en ai pas versé le prix.

Prends ton bœuf et va-t'en."

💡 Explication

"Tu me l'as vendu" sonne comme une prise de propriété. La beraita ne vise que la vente tombée faute de prix : il rend le bœuf. L'aveu du principal, c'est ce retour. Le serment porte sur le marché manqué.

12
״אתה נתתו לי״; ״אביך נתנו לי״ – מאי מודה בעיקר איכא? דאמר ליה: ״על מנת דעבידנא לך נייח דנפשא, ולא עבדי לך, שקיל תורך וזיל״.

"Tu me l'as donné." "Ton père me l'a donné." Quel aveu du principal y a-t-il ? C'est qu'il lui dit : "À condition que je te fasse un agrément, et je ne t'en ai pas fait.

Prends ton bœuf et va-t'en."

💡 Explication

Même réparation pour le don. La condition était un niyah nefech (agrément, plaisir fait à l'autre). La condition a manqué, le don tombe, le bœuf revient. Là encore, il reconnaît le principal.

13
״תועה בדרך מצאתיו״ – לימא: איבעי לך לאהדוריה לי! אמר אבוה דשמואל, באומר: ״שבועה – אבידה מצאתי, ולא הייתי יודע שהיא שלך שאחזירנה לך״.

"Je l'ai trouvé égaré en chemin." Qu'il dise : tu aurais dû me le rendre ! Le père de Shmuel a dit : dans le cas où il dit : "Serment : j'ai trouvé un objet perdu, et je ne savais pas qu'il était à toi, pour te le rendre."

📜 Rachi (1)
איבעיא לך לאהדוריה ניהלי כשמצאתו לא היה לך לאוספו אל ביתך שהרי מכיר היית בו ואין לך גנב גדול מזה:
Quand tu l'as trouvé, tu n'avais pas à le ramasser chez toi, puisque tu le reconnaissais. Il n'y a pas plus grand voleur que celui-là.
💡 Explication

Si il le connaissait, le garder est déjà le vol. Rachi : le ramasser chez soi, en le reconnaissant, est le geste du voleur. Où est alors l'aveu du principal ?

Le père de Shmuel borne le serment : "objet perdu, je ne savais pas qu'il était à toi." Il le rend maintenant. Le mensonge ne porte que sur le savoir d'alors.

🖼️ Schéma
Où est l'aveu du principal ? Tu me l'as vendu Je n'ai pas payé. Prends ton bœuf et va. Tu me l'as donné, ton père me l'a donné Condition non tenue. Prends ton bœuf et va. Je l'ai trouvé égaré Serment : je ne savais pas qu'il était à toi.
Trois formules qui semblaient un déni. Chacune s'achève par : prends ton bœuf.
14
תניא, אמר בן עזאי: שלש שבועות הן – הכיר בה ולא במוצאה, במוצאה ולא בה, לא בה ולא במוצאה.

On a enseigné. Ben Azai a dit : il y a trois serments.

Il a reconnu l'objet et non celui qui l'a trouvé ; celui qui l'a trouvé et non l'objet ; ni l'objet ni celui qui l'a trouvé.

📜 Rachi (3)
שלש שבועות הן בעדות אבידה שהשביע את העד אם ראית את אבידתי ואמר לאו ואח"כ הודה:
Dans le témoignage sur un objet perdu : il a fait jurer le témoin, as-tu vu mon objet perdu ? Il a dit non, puis il a avoué.
הכיר בה ולא במוצאה האבידה שאמר שראה אותה מהלכת ברשות אחרת ואינו יודע מי הוא או הודה שהכיר במוצאה ולא בה והיה לו לומר איש פלוני מצא אבידה ואיני יודע אם שלך הוא ובעד אחד קמיירי:
L'objet perdu : il a dit l'avoir vu passer dans le domaine d'autrui, et il ne sait pas qui. Ou bien il a avoué avoir reconnu celui qui l'a trouvé, et non l'objet : il aurait dû dire : un tel a trouvé un objet perdu, et je ne sais pas s'il est à toi. Et l'on parle d'un seul témoin.
בה ולא במוצאה אי הוה מסהיד ליה ראיתיה שנמצא בזוית פלוני ואיני יודע מי מצאה היה מחזר באותה שכונה עד שיודיעוהו וכ"ש במוצאה ולא בה [ומיהו ממון ממש לא מפסדו דאי נמי אסהידו ליה ראינו שמצא פלוני זה היה יכול לומר נאנסה ממני ופוטר עצמו משבועה]:
S'il lui avait témoigné : je l'ai vu trouvé dans tel coin, et je ne sais pas qui l'a trouvé, il aurait cherché dans ce quartier jusqu'à ce qu'on le renseigne. À plus forte raison s'il a reconnu celui qui l'a trouvé et non l'objet. Toutefois il ne lui fait pas perdre un bien à proprement parler : même si on lui témoignait que l'on a vu un tel trouver celui-ci, celui-là pourrait dire : il m'a été enlevé par accident, et s'exonérait du serment.
💡 Explication

Nouveau sujet : shevouat ha-edout (serment du témoignage) sur une aveida. Le demandeur a adjuré le témoin. Le témoin a dit ne rien savoir, puis a avoué un savoir partiel. Ben Azai compte trois serments faux, selon ce qu'il connaissait vraiment.

Rachi : un seul témoin. Même le renseignement complet n'oblige pas à payer. Le trouveur peut dire ones (accident) et échapper au serment. Le témoignage aide une recherche. Il cause un bien, il n'en est pas un.

🖼️ Schéma
Ben Azai : trois serments sur l'objet perdu L'objet, oui Le trouveur, non. Il a vu la bête, pas celui qui la tient. Le trouveur, oui L'objet, non. Un tel a trouvé, sans savoir quoi. Ni l'un ni l'autre Serment vrai. Leçon corrigée : il a reconnu les deux. Shevouat ha-edout. Le demandeur l'a fait jurer. Il a dit : je ne sais pas. Un seul témoin. Son dire aide la recherche, il ne fait pas payer.
Trois savoirs partiels. La troisième leçon, serment vrai, sera corrigée au segment suivant.
15
לא בה ולא במוצאה?! קושטא אשתבע! אימא: בה ובמוצאה.

Ni l'objet ni celui qui l'a trouvé ? Il a juré le vrai !

Dis : l'objet et celui qui l'a trouvé.

💡 Explication

Kochta ishtaba : il a juré selon la vérité. Cette troisième branche ne peut pas figurer parmi les serments faux. On lit : il a reconnu l'objet et celui qui l'a trouvé.

16
למאי הלכתא? רב אמי אמר רבי חנינא: לפטור, ושמואל אמר: לחיוב.

Pour quelle halakha ? Rav Ami a dit au nom de Rabbi Hanina : pour l'exemption.

Et Shmuel a dit : pour l'obligation.

📜 Rachi (1)
לפטור על כולן פטור העד:
Sur tous ces cas, le témoin est quitte.
🗂️ Tossefot (1)
ושמואל אמר לחיוב תימה היכי מ"ל לחיוב דאם כן הויא ברייתא זו ואין צ"ל זו:
C'est étonnant. Comment dire que c'est pour l'obligation ? Si oui, cette beraita serait du type : ceci, et il est inutile de le dire de cela.
💡 Explication

Que règlent ces trois cas ? Rav Ami, au nom de Rabbi Hanina : le témoin est quitte du sacrifice. Shmuel : il est tenu.

Tossefot : si le savoir partiel oblige déjà, reconnaître les deux va de soi. La beraita aurait la forme zou ve-ein tsarikh lomar zou (ceci, et inutile de le dire de cela). Elle présente pourtant trois serments sur le même plan.

17
ובפלוגתא דהני תנאי, דתניא: המשביע עד אחד – פטור, ורבי אלעזר ברבי שמעון מחייב.

Et c'est le différend de ces tanaim. Car on a enseigné : celui qui fait jurer un seul témoin, ce témoin est quitte.

Et Rabbi Elazar, fils de Rabbi Shimon, le déclare tenu.

📜 Rachi (2)
המשביע עד אחד וכפר ואמר שבועה שאיני יודע לך עדות:
Il a nié, et il a dit : serment que je ne sais pas de témoignage pour toi.
פטור העד מקרבן שבועת העדות דהא אי הוה מסהיד ליה לא הוה מחייב להיאך אלא שבועה ואע"ג דאיכא למימר דלמא לא משתבע גורם לממון פטור והני נמי גורם לממון נינהו:
Le témoin est quitte du sacrifice du serment du témoignage. Car s'il avait témoigné, il n'aurait obligé l'autre qu'à un serment. Et bien qu'on puisse dire : peut-être ne jurera-t-il pas, ce qui cause un bien, il est quitte. Et ces cas-là aussi causent un bien.
💡 Explication

Le même partage existe déjà chez les tanaim. Adjurer un témoin unique : son dire n'oblige le défenseur qu'à jurer. S'il refuse le serment, il paiera. Ce paiement n'est qu'un gorem le-mamon (ce qui cause un bien).

Le premier tana exempte le témoin du sacrifice. Rabbi Elazar fils de Rabbi Shimon le tient pour obligé. Rachi range les trois cas de Ben Azai dans cette même cause de bien.

18
במאי קא מיפלגי? מר סבר: דבר הגורם לממון – כממון דמי, ומר סבר: לאו כממון דמי.

Sur quoi divergent-ils ? L'un estime : une chose qui cause un bien compte comme un bien.

Et l'autre estime : elle ne compte pas comme un bien.

💡 Explication

Davar ha-gorem le-mamon, ke-mamon dami : la chose qui cause un bien est traitée comme un bien. C'est l'avis qui oblige, celui de Rabbi Elazar. L'autre avis, celui qui exempte, refuse cette assimilation.

Rav Ami se range à l'exemption. Shmuel, à l'obligation. Le serment du témoignage ne joue, pour le sacrifice, que sur un bien. Tout le débat est de savoir si une simple cause de paiement en est un.

🖼️ Schéma
Davar ha-gorem le-mamon Le témoin unique n'oblige l'autre qu'à jurer. Le paiement n'est qu'éventuel. Ne compte pas comme un bien Tana de l'enseignement. Rav Ami, Rabbi Hanina. Témoin unique : quitte. Ben Azai : exemption. Compte comme un bien Rabbi Elazar b. Rabbi Shimon. Shmuel. Témoin unique : tenu. Ben Azai : obligation.
Le témoin unique ne fait que causer un serment, puis peut-être un paiement. Compte-t-il comme un bien ?
19
אמר רב ששת: הכופר בפקדון – נעשה עליו גזלן, וחייב באונסין. ותנא תונא: ״וכחש בה״ – למדנו עונש. אזהרה מנין? תלמוד לומר: ״לא תכחשו״. מאי, לאו לעונש ממון?

Rav Sheshet a dit : celui qui nie un dépôt devient, à son égard, un gazlan (voleur), et il est tenu des accidents. Et le tana enseigne de même : "Et il a menti à son sujet", nous en avons appris la sanction.

L'avertissement, d'où ? Le verset dit : "Vous ne mentirez pas." Quoi, n'est-ce pas pour une sanction d'argent ?

📜 Rachi (4)
הכופר בפקדון ובאו עדים:
Et des témoins sont venus.
נעשה עליו גזלן משעת כפירה ואע"פ שלא נשבע ומכאן ואילך אין לו דין דשומר חנם אלא חייב באונסים אם יאנס:
Dès l'instant du déni, même s'il n'a pas juré. Dès lors il n'a plus le statut de gardien gratuit : il est tenu des accidents, si un accident survient.
וכחש בה למדנו לעונש דכתיב בתריה והשיב את הגזילה אלמא קמה ליה ברשותיה משעת וכחש עד דעביד השבה וזהו עונשה:
Car il est écrit ensuite : il restituera le bien volé. Il en ressort que l'objet se tient dans son domaine dès le "et il a menti", jusqu'à ce qu'il fasse la restitution. Et c'est là sa sanction.
ה"ג מאי לאו עונש כפירה כלומר עונש דמאי לאו דאיעניש אכפירה אף על גב דלא אשתבע:
Voici notre version : "Quoi, n'est-ce pas la sanction du déni ?" C'est-à-dire : sanction de quoi ? N'est-ce pas qu'il est sanctionné pour le déni, même s'il n'a pas juré ?
🗂️ Tossefot (1)
מאי לאו עונש דממון תימה בממון מה שייך לומר לא ענש אלא א"כ הזהיר דבשלמא בעונש שבועה דהיינו קרבן שייך דבפסח ומילה ליכא קרבן משום דלית בהו לאו אע"ג דאיכא כרת:
C'est étonnant. Pour l'argent, en quoi dirait-on : on n'inflige la sanction que si l'avertissement a été donné ? Soit : pour la sanction du serment, qui est un sacrifice, cela se comprend. Pour Pessa'h et la circoncision il n'y a pas de sacrifice, parce qu'il n'y a pas d'interdit négatif, bien qu'il y ait un karet.
💡 Explication

Nouveau fil. Kofer be-pikadon : le dépositaire nie le dépôt. Rav Sheshet en fait un gazlan sur cet objet, tenu des onsin. Rachi : dès le déni, sans serment, dès que des témoins établissent le dépôt. Il quitte le droit du gardien gratuit.

La beraita semble l'appuyer. De ve-khihesh bah on apprend la sanction ; de lo tekhaheshou (Vayikra 19, 11), l'avertissement. La Gemara demande si cette sanction est l'argent. Tossefot : le couple avertissement / sanction vise un sacrifice. Pessa'h et la mila ont le karet sans interdit négatif, et donc sans sacrifice. Pour un paiement d'argent, la formule s'explique mal.

20
לא, לעונש שבועה. הא מדקתני סיפא ואישתבע, מכלל דרישא דלא אישתבע – דקתני סיפא: ״ונשבע על שקר״ – למדנו עונש. אזהרה מנין? תלמוד לומר: ״לא תשקרו״. ומדסיפא דאישתבע, רישא דלא אישתבע!

Non : pour la sanction du serment. Or, puisque la fin enseigne un cas où il a juré, il en ressort que le début est un cas où il n'a pas juré.

Car la fin enseigne : "Et il a juré le mensonge", nous en avons appris la sanction. L'avertissement, d'où ?

Le verset dit : "Vous ne mentirez pas." Et puisque la fin est un cas où il a juré, le début est un cas où il n'a pas juré !

📜 Rachi (3)
לא עונש שבועה האי עונש דענשיה קרא להתחייב באונסין משום שבועת שקר היא אבל אי לא אשתבע לא:
Cette sanction, par laquelle le verset le frappe d'être tenu des accidents, vient du serment faux. S'il n'a pas juré, non.
ונשבע על שקר למדנו לעונש דכתיב בתריה חומש ואשם:
Car il est écrit ensuite le cinquième et le sacrifice de culpabilité.
ת"ל לא תשקרו דהיינו אזהרת שבועת שקר דסמיך ליה לא תשבעו בשמי לשקר ומלא תשקרו נפקא לן דבשבועת כפירת ממון משתעי כדכתיב איש בעמיתו כמו וכחש בעמיתו בפקדון:
C'est l'avertissement du serment faux, car il est placé à côté de : vous ne jurerez pas par Mon nom en mentant. Et de "vous ne mentirez pas" nous tirons qu'il s'agit du serment qui nie un bien, puisqu'il est écrit "un homme envers son prochain", comme "et il ment envers son prochain" au sujet d'un dépôt.
💡 Explication

Première réponse : la sanction visée est celle du serment, cinquième et acham, non le déni tout seul.

La structure résiste. La fin cite ve-nishba al shaker et l'avertissement lo teshakrou. Si la fin est le cas du serment, le début devrait être le cas sans serment, et sa sanction, les accidents. Rachi lit l'avertissement à côté du verset qui défend de jurer en mentant par le Nom, et le rapporte au déni d'un bien entre un homme et son prochain.

21
אמרי: אידי ואידי דאישתבע; כאן שהודה, כאן שבאו עדים. אתו עדים – חייב באונסין. אודויי אודי – חייב בקרן וחומש ואשם.

On dit : l'un et l'autre, c'est qu'il a juré. Ici, il a avoué ; là, des témoins sont venus.

Des témoins sont venus : il est tenu des accidents. Il a avoué : il est tenu du capital, du cinquième et du sacrifice de culpabilité.

📜 Rachi (1)
כאן שהודה בסיפא כשהודה שיש חומש ואשם:
Dans la fin : quand il a avoué, il y a le cinquième et le sacrifice de culpabilité.
🗂️ Tossefot (1)
כאן שהודה כאן שבאו עדים ואיצטריך שתי אזהרות משום דעונשן אין שוין דבהודה שייך חומש ואשם ובעדים לא שייך אלא חיוב עונשין ומיהו תימה אמאי קאמר ברישא מוכחש עונש שמענו ובסיפא אומר מונשבע על שקר דכיון דלא מיירי אלא לאחר שבועה תרוייהו ה"ל למימר מונשבע על שקר:
Et il fallait deux avertissements, parce que leurs sanctions ne sont pas égales. Quand il avoue, il y a le cinquième et le sacrifice de culpabilité. Quand ce sont des témoins, il n'y a que l'obligation des peines. Toutefois c'est étonnant : pourquoi dit-on au début "de : et il a menti, nous avons appris la sanction", et à la fin "de : et il a juré le mensonge" ? Puisque l'un et l'autre ne parlent qu'après le serment, les deux auraient dû dire "de : et il a juré le mensonge".
💡 Explication

Les deux clauses sont après le serment. L'écart est ailleurs. Des témoins : il est tenu des accidents, en gazlan. Son aveu : capital (keren), cinquième (homesh) et acham. Le cinquième et l'asham suivent l'aveu, non la preuve par témoins.

La beraita ne prouve donc pas le déni sans serment de Rav Sheshet. Tossefot accorde deux avertissements, vu l'écart des sanctions, et s'étonne que le début accroche encore la sanction à "et il a menti" si tout est déjà après le serment.

🖼️ Schéma
Les deux clauses : après le serment Des témoins Ils disent : le dépôt est chez lui. Il est tenu des accidents. L'asham attend l'aveu. Il avoue Il reconnaît le faux serment. Capital et cinquième. Et sacrifice de culpabilité.
Même serment, deux issues : les témoins ne font que les accidents ; l'aveu ajoute cinquième et acham.
22
מתיב רמי בר חמא: ושכנגדו חשוד על השבועה – כיצד? אחד שבועת העדות, ואחד שבועת הפקדון, ואפילו שבועת שוא.

Rami bar Hama objecte : "Et celui qui lui fait face est suspect quant au serment. Comment ?

Aussi bien le serment du témoignage que le serment du dépôt, et même le serment vain."

📜 Rachi (3)
ושכנגדו חשוד במסכת שבועות (דף מד:) גבי ואלו נשבעין ונוטלין דזה אחד מהן מי שהיה לו חבירו חייב שבועה והוא חשוד על השבועה שנמצא שקרן בשבועתו שכנגדו נשבע ונוטל:
Dans le traité Chevouot (44b), à propos de "Et voici ceux qui jurent et prennent". C'est l'un d'eux. Celui dont le prochain lui devait un serment, et qui est suspect quant au serment, parce qu'on l'a trouvé menteur dans son serment : celui qui lui fait face jure et prend.
ואחד שנשבע על שבועת הפקדון שראינוהו שנשבע לשקר ואפילו לא נחשד אלא לשבועת שוא שאין בה כפירת ממון ורע לשמים הוא ולא רע לבריות נפסל לשבועת ממון:
Et celui qui a juré le serment du dépôt, dont on a vu qu'il jurait faussement. Et même s'il n'est suspect que pour un serment vain, ou il n'y a pas de déni de bien : il est mauvais envers le Ciel, et non envers les hommes, et il est disqualifié pour un serment portant sur un bien.
אחד שנחשד על שבועת העדות:
Celui qui a été rendu suspect quant au serment du témoignage.
🗂️ Tossefot (1)
אחד שבועת העדות ואחד שבועת הפקדון וא"ת אמאי לא חשיב שבועת מלוה וי"ל משום דשבועה במלוה לא כתיב אלא מפקדון אתיא:
Et si tu dis : pourquoi ne compte-t-il pas le serment du prêt ? On peut répondre : un serment sur un prêt n'est pas écrit. Il se déduit du dépôt.
💡 Explication

Michna de Chevouot : quand le défenseur est hashoud (suspect) pour le serment, c'est le demandeur qui jure et prend. On le devient par un serment faux : shevouat ha-edout, shevouat ha-pikadon, ou même shevouat shav (serment vain).

Rachi : le serment vain ne nie aucun bien. La faute est envers le Ciel. Elle suffit pourtant à interdire le serment d'argent. Tossefot : le serment du prêt n'est pas liste à part. Il n'est pas écrit dans le verset ; on l'apprend du dépôt.

23
ואם איתא, בכפירה הוא דאיפסיל ליה!

Et s'il en est ainsi, c'est par le déni même qu'il serait disqualifié !

📜 Rachi (1)
ואם איתא לדרב ששת דמשעת כפירתו נעשה גזלן למה לי למתנייה גבי הנך דמשמע דלא אפסיל עד שעת שבועה כי הנך הא משעת כפירה אפסיל ליה משום דהוי גזלן:
Si l'on suit Rav Sheshet, dès l'instant de son déni il devient voleur. Pourquoi l'enseigner parmi ceux-là, ce qui implique qu'il n'est disqualifié qu'à l'heure du serment, comme eux ? Or dès l'instant du déni il est disqualifié, puisqu'il est un gazlan.
💡 Explication

Si le déni seul faisait de lui un gazlan, il serait déjà inapte à jurer, avant tout serment. Un voleur n'a pas la confiance du serment. La michna n'aurait pas attendu le serment faux pour le dire suspect.

24
אמרי: הכא במאי עסקינן – דקאי באגם, דלאו כפירה הוא; דסבר: אשתמיטנא ליה אדאזילנא ומייתינא ליה.

On dit : ici, de quoi s'agit-il ? De ce qu'il se tient dans le marécage.

Cela ne fait pas un déni. Car il se dit : je vais me dérober à lui, le temps d'aller le lui apporter.

📜 Rachi (1)
דקאי באגם וכי אמר רב ששת כגון דאמרי סהדי דכי כפר ליה בידיה נקט ליה (תדע) דהיכא דאיכא למימר לאשתמוטי איכוין עד דמייתי ליה לא מפסיל בלא שבועה:
Et quand Rav Sheshet a parlé, c'est par exemple là où les témoins disent qu'au moment où il a nié, il le tenait en main. Là où l'on peut dire qu'il voulait se dérober jusqu'à le rapporter, il n'est pas disqualifié sans serment.
💡 Explication

La michna parle du dépôt resté au marécage. Le déni n'est pas ferme : il compte se dérober (ishtamoutei) le temps d'aller chercher l'objet. On n'en fait pas un gazlan, et on ne le disqualifie pas sans serment.

Rav Sheshet vise l'autre cas. Les témoins disent qu'il tenait l'objet en niant. Là, il veut le garder. Ici, le marécage ne sert plus au serment du sacrifice, comme plus haut : il sert à montrer que le déni n'était pas une prise.

🖼️ Schéma
Le déni de la michna, et celui de Rav Sheshet Dépôt au marécage Il pense : je me dérobe le temps de le rapporter. Déni inachevé. Le déni seul le laisse apte. Il le tient en main Les témoins le disent. Il nie pour le garder. Dès l'instant du déni. Gazlan. Tenu des onsin.
Marécage : il gagne du temps. En main : il garde. Seul le second est gazlan dès le déni.
25
תדע, דאמר רב אידי בר אבין: הכופר במלוה – כשר לעדות.

Sache-le, car Rav Idi bar Avin a dit : celui qui nie un prêt est apte au témoignage.

📜 Rachi (1)
דאמר רב אידי הכופר במלוה ולא נשבע ובאו עדים כשר לעדות דמלוה להוצאה ניתנה ואינה עכשיו בידו ורוצה לדחותו עד שתשיג ידו:
Il n'a pas juré, et des témoins sont venus : il est apte au témoignage. Car un prêt est donné pour être dépensé. Il n'est plus maintenant en sa main. Il veut le repousser jusqu'à ce que ses moyens lui reviennent.
💡 Explication

Preuve du même ordre, coupée sur cette page. Nier un prêt (milve), sans serment, même si des témoins viennent, laisse apte à témoigner. L'argent a été donné pour être dépensé : il n'est plus en main. Il repousse le créancier jusqu'à avoir de quoi payer. Même geste que le gain de temps, et non une prise. La suite est au daf 106a.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).