Bava Kamma 109b - Vol du ger : aveu, garde des cohanim, champ du jubilé

Bava_Kamma 109b

Sougya : La page poursuit la mehila (remise) à soi-même selon Rabbi Yossi ha-Gelili. Si elle est si large, le verset qui donne le vol du ger (converti) aux cohanim n'a plus de cas.

Rava répond : l'aveu a lieu après la mort, et à cette heure le Nom acquiert le bien pour les cohanim. Ravina étend le cas à la giyoret (convertie).

Une baraita distingue l'homme, sur qui l'on enquête, du mineur, qui n'a pas d'héritier. Le bénéficiaire est le kohen de la garde en service au moment de l'apport.

Un kohen voleur ne garde pas le tout : une gezerah shavah (analogie verbale) avec le champ patrimonial au yovel (jubilé) le fait partager entre ses frères. Le daf s'achève sur le kohen qui offre ses propres sacrifices hors de sa garde : la viande et la peau lui restent.

Aveu du vivant, ou aveu après la mort Vol du ger, serment, puis mort sans héritier. Réponse de Rava. Aveu du vivant du ger 1. Vol, serment faux, aveu. 2. La somme devient un prêt envers le ger. 3. Le ger meurt. 4. Mehila à soi-même. Les cohanim ne reçoivent pas. Lecture de Rabbi Yossi ha-Gelili. Aveu après la mort 1. Vol, serment, mort du ger. 2. Aveu seulement ensuite. 3. À l'heure de l'aveu, le Nom acquiert le bien. 4. Don aux cohanim. Plus de fenêtre pour la mehila. Cas du verset, selon Rava. Objection : si Rabbi Yossi permet la mehila à soi-même même sans zekifa, où reste un vol de ger qui arrive aux cohanim ? Rava : l'aveu d'après la mort.
Aveu du vivant : la somme devient un prêt, et la mehila à soi-même reste ouverte. Aveu après la mort : le Nom acquiert pour les cohanim.
À quel kohen va le vol du ger ? Bamidbar 5, 8. Le bélier de l'asham fixe la garde de l'apport. Vol et serment Mort sans goel Aveu après la mort Le Nom acquiert et donne Garde en service à l'apport Tout kohen au choix Le verset écarte cette voie. Le bélier ne va qu'à la garde. Garde de l'aveu Tossefot ne suivent pas l'heure où naît le devoir. Garde de l'apport Hattat, acham, vœu, don : on suit l'heure où l'on apporte. Si le voleur est lui-même kohen de cette garde Il tient déjà le bien. Le kal va-homer voudrait qu'il garde tout. Ses frères ont la même part, et tous réclament. Le bien sort de sa main et se partage entre les cohanim de la garde.
Le vol du ger va à la garde en service au moment de l'apport. Le kohen voleur partage avec ses frères.
Gezerah shavah : vol du ger et champ du yovel la-kohen / la-kohen. Bamidbar 5, 8 et Vayikra 27, 21. Étape Vol du ger Champ patrimonial Le kohen tient déjà Il a volé, il avoue dans sa garde. Il a acheté au gizbar le champ du yovel. Kal va-homer Part chez autrui, donc tout chez soi. Part chez autrui, donc tout chez soi. Ce qui tranche Les frères ont aussi une part, et réclament. Ahouzato : sa terre ancestrale, pas ce champ. Issue commune : le bien sort de sa main. Partage entre tous les cohanim de la garde.
Même kal va-homer pour le vol du ger et pour le champ du yovel. Les deux biens se partagent entre la garde.
1
מִכְּלָל דְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי סָבַר: אֲפִילּוּ לְנַפְשֵׁיהּ נָמֵי מָצֵי מָחֵיל?! אֶלָּא גֶּזֶל הַגֵּר דְּקָאָמַר רַחֲמָנָא נְתִינָה לְכֹהֲנִים, הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ?

Il en ressort que Rabbi Yossi ha-Gelili estime : même à lui-même, il peut aussi remettre ?! Mais le vol du ger (converti), dont le Miséricordieux a dit qu'il se donne aux cohanim, comment le trouve-t-on ?

📜 Rachi (1)
מִכְּלָל דְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי סָבַר מָצֵי מָחֵיל לְנַפְשֵׁיהּ אַפֵּי' לֹא זְקָפוֹ לְרָבָא פָּרְכִינַן:
Même s'il ne l'a pas constitué en prêt. C'est à Rava que l'on objecte.
🗂️ Tossefot (1)
אֶלָּא גֶּזֶל הַגֵּר דְּקָאָמַר הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ ה"ה דה"מ לְמִפְרַךְ בִּתְחִילַּת סֻוגְיָא כִּי קָאָמַר ר' יוֹסֵי הַגְּלִילִי לָא שְׁנָא לְנַפְשֵׁיהּ וְלָא שְׁנָא לְאַחֲרֵינִי מָצֵי מָחֵיל אֶלָּא מִשּׁוּם דְּהָווּ לֵיהּ פִּירְכֵי אַחֲרֵינִי לֹא חָשׁ לְמִפְרַךְ:
On aurait pu objecter de même au début de la sougya, la où l'on dit que, selon Rabbi Yossi ha-Gelili, qu'il s'agisse de lui-même ou d'autrui, il peut remettre. Comme il y avait d'autres objections, on n'a pas pris la peine de soulever celle-ci.
💡 Explication

Sur 109a, Rava laisse à Rabbi Yossi ha-Gelili la mehila (remise) à soi-même, même sans zekifa (constitution de la somme en prêt). Cette page en tire la conséquence. Si le voleur se remet le bien des que le ger meurt, le verset qui donne ce vol aux cohanim ne rencontre plus aucun cas.

Rachi précise que l'objection vaut même sans zekifa, et qu'elle vise Rava. Tossefot notent qu'on pouvait déjà la poser au début de la sougya, quand les deux cas, soi-même et autrui, étaient encore joints. D'autres objections ont passé avant.

2
אָמַר רָבָא: הָכָא בְמַאי עָסְקִינַן – כְּשֶׁגָּזַל אֶת הַגֵּר, וְנִשְׁבַּע לוֹ, וּמֵת הַגֵּר, וְהוֹדָה לְאַחַר מִיתָה; דִּבְעִידָּנָא דְּאוֹדִי – קְנָאוֹ הַשֵּׁם וּנְתָנוֹ לְכֹהֲנִים.

Rava dit : ici, de quoi s'agit-il ? D'un cas où il a volé le ger, lui a juré, le ger est mort, et il a avoué après la mort.

Car à l'heure où il avoue, le Nom l'a acquis et l'a donné aux cohanim.

📜 Rachi (2)
קְנָאוֹ הַשֵּׁם הקב"ה כְּדִכְתִיב הַמּוֹשָׁב לָה' לַכֹּהֵן:
Le Saint, béni soit-Il, comme il est écrit : la restitution revient à Hachem, au kohen.
קְנָאוֹ הַשֵּׁם וּנְתָנוֹ לְכֹהֲנִים אֲבָל הוֹדָה בְּחַיֵּי הַגֵּר נַעֲשָׂה אֶצְלוֹ כְּמִלְוֶה וְכִי מָיֵית גֵּר מֵחֵיל לְנַפְשֵׁיהּ:
Mais s'il a avoué du vivant du ger, cela devient chez lui comme un prêt. Et quand le ger meurt, il remet à lui-même.
💡 Explication

Le verset garde un cas. Le voleur a juré à tort du vivant du ger, et il n'avoue qu'après la mort. À cette heure, il n'y a plus de créancier. Le Nom acquiert le principal et le donne aux cohanim. La mehila n'a plus de prise.

Rachi oppose l'autre ordre. L'aveu du vivant transforme la somme en prêt envers le ger. À la mort, Rabbi Yossi laisse le voleur se remettre cette dette. L'aveu tardif n'ouvre pas ce temps : sitôt l'aveu, le bien est déjà aux cohanim.

🖼️ Schéma
Deux heures pour l'aveu Du vivant L'aveu fixe un prêt. À la mort, mehila à soi-même. Rien pour les cohanim. Après la mort L'aveu trouve le bien déjà sans titulaire. Le Nom acquiert. Don aux cohanim.
L'aveu du vivant laisse une mehila. L'aveu d'après la mort transfère le bien aux cohanim.
3
בָּעֵי רָבִינָא: גָּזֵל הַגִּיּוֹרֶת, מַהוּ? ״אִישׁ״ אֲמַר רַחֲמָנָא – וְלֹא אִשָּׁה, אוֹ דִּלְמָא אוֹרְחֵיהּ דִּקְרָא הוּא?

Ravina demande : le vol de la giyoret (convertie), qu'en est-il ? Le Miséricordieux a dit ish (un homme), et non une femme ?

Ou bien est-ce la tournure du verset ?

📜 Rachi (3)
גָּזֵל הַגִּיּוֹרֶת שֶׁגָּזַל אוֹתָהּ וְנִשְׁבַּע וְהוֹדָה לְאַחַר מִיתָה:
Il l'a volée, il a juré, et il a avoué après la mort.
מַהוּ מִי נָפֵיק לַכֹּהֲנִים אוֹ זָכָה בָּהּ אִיהוּ:
Le bien sort-il vers les cohanim, ou bien l'acquiert-il ?
אִישׁ אֲמַר רַחֲמָנָא אִם אֵין לָאִישׁ גּוֹאֵל:
S'il n'y a pas de goel (héritier) pour l'homme. Bamidbar 5, 8.
💡 Explication

Le verset dit ish, un homme. Ravina demande si la giyoret en est exclue. Dans ce cas, le voleur garderait le bien. L'autre lecture : la Torah parle au masculin sans en tirer une exclusion.

Rachi fixe le cas sur le même modèle que le ger : vol, serment, aveu après la mort. La question pratique est le destin du bien, cohanim ou voleur.

4
אֲמַר לֵיהּ רַב אַהֲרֹן לְרָבִינָא: תָּא שְׁמַע, דְּתַנְיָא: ״אִישׁ״ – אֵין לִי אֶלָּא אִישׁ; אִשָּׁה מִנַּיִן? כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר ״הַמּוֹשָׁב״ – הֲרֵי כָּאן שְׁנַיִם,

Rav Aharon dit à Ravina : viens entendre. Car on enseigne dans une baraita : ish, je n'ai qu'un homme.

Une femme, d'où ? Quand il dit ha-mushav (la restitution), il y a ici deux.

📜 Rachi (1)
הֲרֵי כָּאן שְׁנַיִם תְּרֵי הַשְּׁבוּת כְּתִיב לְהָשִׁיב הַמּוֹשָׁב. לִישָּׁנָא אַחְרִינָא תְּרֵי אֲשָׁמוֹת כְּתִיבִי לְהָשִׁיב הָאָשָׁם הָאָשָׁם הַמּוֹשָׁב:
Deux termes de restitution sont écrits : lehashiv, ha-mushav. Autre version : deux fois acham est écrit, lehashiv ha-acham, ha-acham ha-mushav.
💡 Explication

La baraita inclut la femme. Le mot ish ne vise d'abord que l'homme. Le verset répète le langage de la restitution, lehashiv et ha-mushav. Ce second terme fait entrer la giyoret.

Rachi donne deux façons de compter ces deux. Première façon : les deux verbes de restitution. Autre version : le mot acham écrit deux fois, lehashiv ha-acham et ha-acham ha-mushav.

5
אִם כֵּן מַה תַּלְמוּד לוֹמַר ״אִישׁ״? אִישׁ אַתָּה צָרִיךְ לַחֲזוֹר אַחֲרָיו אִם יֵשׁ לוֹ גּוֹאֲלִים אִם לָאו, קָטָן אִי אַתָּה צָרִיךְ לַחֲזוֹר אַחֲרָיו; בְּיָדוּעַ שֶׁאֵין לוֹ גּוֹאֲלִין.

S'il en est ainsi, pourquoi le verset dit-il ish ? Un homme, tu dois enquêter à son sujet, s'il a des goelim (héritiers) ou non.

Un mineur, tu n'as pas à enquêter à son sujet : il est connu qu'il n'a pas de goelim.

📜 Rachi (2)
צְרִיכִין לַחֲזֹור אַחֲרָיו וְלִשְׁאֹול אִם יֵשׁ לוֹ בָּנִים קֹודֶם שֶׁתִּתְּנֵהוּ לְכֹהֵן:
Et demander s'il a des fils, avant de le donner au kohen.
קָטָן שֶׁאֵין אִישׁ בְּיָדוּעַ שֶׁאֵין לוֹ בָּנִים יִתְּנֵהוּ לַכֹּהֲנִים וּמֵהָכָא נָפְקָא לָן דְּקָטָן לָאו בַּר אוֹלוֹדֵי הוּא בְּסַנְהֶדְרִין בְּבֵן סוֹרֵר וּמוֹרֶה (סַנְהֶדְרִין דַּף סט.):
Qui n'est pas un homme : il est connu qu'il n'a pas de fils, on le donne aux cohanim. Et de là nous tenons qu'un mineur n'est pas apte à engendrer, dans Sanhédrin, au chapitre Ben sorer ou-moreh (Sanhédrin 69a).
🗂️ Tossefot (1)
קָטָן אִי אַתָּה צָרִיךְ לַחֲזוֹר עָלָיו וא"ת גֶּזֶל גֵּר קָטָן הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ וְהָא אֵין זְכִיָּה לְקָטָן כִּדְאָמְרִינַן בפ"ק דב"מ (דַּף יב.) דְּגָזַל קָטָן מִדִּבְרֵיהֶם וְלֹא מִדְּאוֹרַיְיתָּא וּבִירֻושָּׁה לֵיכָּא לְמֵימַר דְּגֵר אֵין יוֹרֵשׁ אָבִיו דְּבַר תּוֹרָה וְי"ל דְּדַוְקָא מְצִיאָה דְּאֵין דַּעַת אַחֶרֶת מַקְנָה אוֹתוֹ לָא הֲוָה אֶלָּא מִדִּבְרֵיהֶם אֲבָל כְּשֶׁדַּעַת אַחֶרֶת מַקְנָה אוֹתוֹ קָנֵי מִדְּאוֹרַיְיתָּא וּבְקָטָן שֶׁנִּתְגַּיֵּיר עִם אָבִיו מַייְרֵי דלכ"ע מַטְבִּילִין אוֹתוֹ אֲבָל בְּלֹא אָבִיו פְּלוּגְתָּא הִיא בְּפֶרֶק קַמָּא דִּכְתֻובּוֹת (דַּף יא.) אִם מַטְבִּילִים אוֹתוֹ עַל דַּעַת בֵּית דִּין: [וְעִי' תּוֹס' סַנְהֶדְרִין סח: ד"ה קָטָן]
Et si tu dis : le vol d'un ger mineur, comment le trouve-t-on ? Or un mineur n'a pas de zekhia (acquisition), comme on le dit au premier chapitre de Bava Metzia (12a) : le vol d'un mineur relève de leurs paroles, et non de la Torah. Et l'on ne peut pas dire qu'il s'agit d'un héritage : un ger n'hérite pas de son père selon la Torah. On répond : seule la metsia (objet trouvé), là où aucune autre volonté ne lui en transfère la propriété, ne relève que de leurs paroles. Mais quand une autre volonté lui en transfère la propriété, il acquiert selon la Torah. Et l'on parle d'un mineur converti avec son père, car selon tous on le plonge au bain. Sans son père, c'est une discussion au premier chapitre de Ketoubot (11a) : le plonge-t-on sur l'intention du tribunal ? Voir Tossefot Sanhédrin 68b, dibour hamatchil katan.
💡 Explication

Le mot ish ne sert plus à exclure la femme. Il enseigne une enquête. Avant de verser le bien aux cohanim, on cherche si le ger adulte a des fils. Le mineur n'a pas engendré : ses parents d'origine ne comptent plus, et il n'a pas d'enfant. On donne sans chercher.

Rachi en tire qu'un mineur n'est pas bar olada (apte à engendrer), règle citée dans Sanhédrin 69a. Tossefot demandent comment un mineur possède un bien que l'on puisse voler selon la Torah. Un objet trouvé, sans volonté d'un autre, n'est à lui que par institution rabbinique. Un transfert voulu par autrui, lui, est de la Torah. Le cas vise un enfant converti avec son père, que tous plongent au bain. Converti seul, Ketoubot 11a discute le bain sur l'intention du tribunal.

🖼️ Schéma
Ish, femme, mineur Bamidbar 5, 8. Qui entre dans le vol du ger verse aux cohanim ? Homme Le mot ish le vise. On enquête : a-t-il des fils ? Puis don, s'il n'en a pas. Femme Incluse par le double langage : lehashiv et ha-mushav. Même don aux cohanim. Mineur Pas d'enquête. Il est connu qu'il n'a pas de fils. Don direct aux cohanim.
L'homme exige une enquête. La femme est incluse par le double langage. Le mineur est versé aux cohanim sans recherche.
6
תָּנוּ רַבָּנַן: ״לָה׳ לַכֹּהֵן״ – קְנָאוֹ הַשֵּׁם, וּנְתָנוֹ לַכֹּהֵן שֶׁבְּאוֹתוֹ מִשְׁמָר. אַתָּה אוֹמֵר לַכֹּהֵן שֶׁבְּאוֹתוֹ מִשְׁמָר; אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא לְכָל כֹּהֵן שֶׁיִּרְצֶה? כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר ״מִלְּבַד אֵיל הַכִּפֻּרִים אֲשֶׁר יְכַפֶּר בּוֹ עָלָיו״ – הֲרֵי לַכֹּהֵן שֶׁבְּאוֹתוֹ מִשְׁמָר הַכָּתוּב מְדַבֵּר.

Les Sages ont enseigné : à Hachem, au kohen. Le Nom l'a acquis, et l'a donné au kohen de cette garde.

Tu dis : au kohen de cette garde. Ou bien à tout kohen qu'il voudra ?

Quand il dit : outre le bélier des expiations par lequel il fera expiation pour lui, c'est du kohen de cette garde que le verset parle.

📜 Rachi (2)
לַכֹּהֵן שֶׁבְּאוֹתוֹ מִשְׁמָר שֶׁהוּא בָּא לְהִתְכַּפֵּר בּוֹ:
La garde dans laquelle il vient obtenir son expiation.
כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר מִלְּבַד אֵיל הַכִּפֻּורִים מַשְׁמַע לְמִי שֶׁזֶּה נִיתַּן זֶה נִיתַּן וְאֵיל הַכִּפּוּרִים אֵין יָכוֹל לְהַקְרִיב אֶלָּא כֹּהֵן שֶׁבְּאוֹתוֹ מִשְׁמָר כְּדִכְתִיב (דְּבָרִים י״ח:ח׳) לְבַד מִמְכָּרָיו עַל הָאָבוֹת אֲנִי בְּשַׁבַּתִּי וְאַתָּה בְּשַׁבַּתֶּךָ:
Cela implique : à qui l'un est donné, l'autre est donné. Et le bélier des expiations, seul le kohen de cette garde peut l'offrir, comme il est écrit (Devarim 18, 8) : outre ses ventes selon les pères, moi dans ma semaine et toi dans la tienne.
🗂️ Tossefot (1)
לַכֹּהֵן שֶׁבְּאוֹתוֹ מִשְׁמָר אֵין נִרְאֶה לְפָרֵשׁ דְּבִשְׁעַת הוֹדָאָה כְּשֶׁמִּתְחַייֵּב אֶלָּא לַמִּשְׁמָר שֶׁהָיָה בִּשְׁעַת הֲבָאָה שֶׁהֲרֵי בְּכָל הַקָּרְבָּנוֹת חַטָּאוֹת וַאֲשָׁמוֹת נְדָרִים וּנְדָבוֹת אֵין אָנוּ הוֹלְכִים אַחַר שְׁעַת הַחִיּוּב לִיתְּנוֹ לְאוֹתוֹ מִשְׁמָר שֶׁהָיָה בְּאוֹתָהּ שָׁעָה שֶׁנָּדַר אוֹ נָדַב אוֹ חָטָא שֶׁהוּא מִתְחַיֵּיב בָּהּ אֶלָּא אַחַר הֲבָאָה אָנוּ הוֹלְכִים וּכְמוֹ כֵּן בְּכָאן:
L'explication qui vise la garde de l'heure de l'aveu, moment où il devient redevable, ne paraît pas juste. C'est la garde de l'heure de l'apport. Car pour tous les sacrifices, hattat et acham, vœux et dons volontaires, on ne suit pas l'heure de l'obligation pour le donner à la garde qui servait à l'heure où il a voué, ou donné, ou fauté, heure où il en devient redevable. On suit l'apport. Et de même ici.
💡 Explication

Le bien ne va pas au kohen que le voleur choisit. Il va à la mishmar (garde sacerdotale) en service. Le verset colle l'argent au bélier de l'asham. Ce bélier n'est offert que par la garde de la semaine. L'argent suit le bélier.

Rachi lit Devarim 18, 8 : chacun sert dans sa semaine. Tossefot fixent la semaine sur l apport au Temple, comme pour la hattat, l'asham, le vœu et le don. L'heure de l'aveu, où naît le devoir, ne désigne pas la garde.

🖼️ Schéma
Quelle garde : devoir, ou apport ? Heure du devoir Vœu, don, faute, aveu. La garde de cette heure ne reçoit pas le sacrifice. Tossefot écartent cette heure. Heure de l'apport Hattat, acham, neder, nedava. On suit la garde qui sert quand on apporte. De même pour le vol du ger.
Hattat, acham, vœu et don suivent la garde de l'apport. Le vol du ger aussi.
7
תָּנוּ רַבָּנַן: הֲרֵי שֶׁהָיָה גּוֹזֵל כֹּהֵן, מִנַּיִן שֶׁלֹּא יֹאמַר: הוֹאִיל וְיוֹצֵא לַכֹּהֲנִים, וַהֲרֵי הוּא תַּחַת יָדִי – יְהֵא שֶׁלִּי? וְדִין הוּא – אִי בְּשֶׁל אֲחֵרִים הוּא זוֹכֶה, בְּשֶׁל עַצְמוֹ לֹא כָּל שֶׁכֵּן?

Les Sages ont enseigné : s'il y avait un kohen voleur, d'où tient-on qu'il ne dira pas : puisque cela sort vers les cohanim, et que c'est sous ma main, que ce soit à moi ? Et c'est un raisonnement : si dans le bien d'autrui il acquiert, dans son propre bien, à plus forte raison ?

📜 Rachi (3)
הֲרֵי שֶׁהָיָה כֹּהֵן גּוֹזֵל אֶת הַגֵּר וּכְשֶׁהִגִּיעַ מִשְׁמָר שֶׁלּוֹ בָּא וְהוֹדָה לְאַחַר מִיתַת הַגֵּר:
Le ger. Et quand sa garde arrive, il vient et avoue après la mort du ger.
בְּשֶׁל אֲחֵרִים אִם הָיָה יִשְׂרָאֵל מֵבִיא גֶּזֶל הַגֵּר בְּמִשְׁמָר זֶה הֲרֵינִי נוֹטֵל חֶלְקִי עִם אַחַיי הַכֹּהֲנִים בְּנֵי הַמִּשְׁמָר:
Si un israélite apportait le vol du ger dans cette garde, je prends ma part avec mes frères cohanim, les membres de la garde.
בְּשֶׁל עַצְמִי לֹא כ"ש שֶׁאֶטֹּול אֶת הַכֹּל:
Que je prenne le tout.
🗂️ Tossefot (1)
מִנַּיִן שֶׁלֹּא יֹאמַר תֵּימַהּ דְּנָקֵיט הַאי לִישָּׁנָא כֵּיוָן דְּלָא מִקְּרָא מַיְיתֵי לָהּ אֶלָּא מִדִּינָא:
On s'étonne qu'il emploie cette formule, puisqu'il ne tire pas la chose d'un verset, mais d'un raisonnement.
💡 Explication

Le voleur est un kohen de la garde qui va recevoir le bien. Il attend sa semaine, puis il avoue. Le bien est déjà dans sa main, et il doit de toute façon revenir à des cohanim. Il réclame la totalité.

Le kal va-homer part de sa part ordinaire : quand un israélite apporte un vol de ger dans cette garde, il partage avec ses frères. Dans son propre vol, il réclame tout. Tossefot notent le mot minayin : cette formule demande d'ordinaire un verset. Ici la baraita donne un raisonnement.

8
רַבִּי נָתָן אוֹמֵר בְּלָשׁוֹן אַחֵר: וּמַה דָּבָר שֶׁאֵין לוֹ חֵלֶק בּוֹ עַד שֶׁיִּכָּנֵס בִּרְשׁוּתוֹ – כְּשֶׁיִּכָּנֵס לִרְשׁוּתוֹ אֵינוֹ יָכוֹל לְהוֹצִיאוֹ מִיָּדוֹ; דָּבָר שֶׁיֵּשׁ לוֹ חֵלֶק בּוֹ עַד שֶׁלֹּא יִכָּנֵס בִּרְשׁוּתוֹ – מִשֶּׁנִּכְנַס לִרְשׁוּתוֹ אֵינוֹ דִּין דְּאֵין אַחֵר יָכוֹל לְהוֹצִיאוֹ מִיָּדוֹ?

Rabbi Natan le dit en d'autres termes : et de même qu'une chose dans laquelle il n'a pas de part jusqu'à ce qu'elle entre dans son domaine, quand elle entre dans son domaine, on ne peut pas la retirer de sa main ; une chose dans laquelle il a une part déjà avant qu'elle n'entre dans son domaine, une fois qu'elle est entrée dans son domaine, n'est-il pas logique qu'un autre ne puisse pas la retirer de sa main ?

📜 Rachi (4)
מַה דָּבָר שֶׁאֵין לוֹ חֵלֶק בּוֹ כְּגוֹן כֹּהֵן שֶׁהִתְנַדֵּב קָרְבָּן דְּאָמְרִינַן לְקַמָּן בִּשְׁמַעְתִּין כֹּהֵן בָּא וּמַקְרִיב קָרְבְּנוֹתָיו בְּכָל שָׁעָה שֶׁיִּרְצֶה וּבְשָׂרָהּ וְעוֹרָהּ שֶׁלּוֹ דִּכְתִיב וְאִישׁ אֶת קֳדָשָׁיו לוֹ יִהְיוּ נִמְצָא שֶׁאֵין לִבְנֵי מִשְׁמָר חֵלֶק בּוֹ:
Par exemple un kohen qui a offre un sacrifice volontaire. On dit plus loin dans cette sougya : un kohen vient et offre ses sacrifices à toute heure qu'il veut, et la viande et la peau sont à lui, comme il est écrit : et chacun, ses choses saintes seront à lui. Il en ressort que les membres de la garde n'y ont pas de part.
מִשֶּׁנִּכְנַס לִרְשׁוּתוֹ אֵין אַחֵר יָכוֹל כו' שֶׁאִם נְתָנָהּ לְכֹהֵן אַחֵר שֶׁל אוֹתוֹ מִשְׁמָר שׁוּב אֵין יָכוֹל לְהוֹצִיאוֹ מִיָּדוֹ שֶׁנֶּאֱמַר וְאִישׁ אֲשֶׁר יִתֵּן לַכֹּהֵן לוֹ יִהְיֶה:
Car si on l'a donnée à un autre kohen de cette garde, on ne peut plus la retirer de sa main, comme il est dit : et l'homme qui donne au kohen, ce sera à lui.
דָּבָר שֶׁיֵּשׁ לוֹ חֵלֶק בּוֹ עַד שֶׁלֹּא נִכְנַס בִּרְשׁוּתוֹ שֶׁכֵּיוָן שֶׁבָּא יִשְׂרָאֵל וְהֵבִיא גֶּזֶל הַגֵּר לְמִשְׁמָר זֶה אע"פ שֶׁנְּתָנוֹ לְאֶחָד מֵאֶחָיו יֵשׁ לוֹ חֵלֶק בּוֹ:
Dès qu'un israélite est venu et a apporté le vol du ger à cette garde, même s'il l'a donné à l'un de ses frères, il y a pour lui une part.
ל"א מַה דָּבָר (שֶׁלֹּא נִכְנַס בִּרְשׁוּתוֹ) כְּגוֹן תְּרוּמוֹת וּמַעַשְׂרוֹת מִפִּי עוֹקֵר הָרִים:
Autre version : une chose (qui n'est pas entrée dans son domaine), par exemple les teroumot et les maaserot, d'après Oker harim.
🗂️ Tossefot (1)
וּמַה דָּבָר שֶׁאֵין לוֹ חֵלֶק בּוֹ עַד שֶׁיִּכָּנֵס לִרְשׁוּתוֹ כְּגוֹן תְּרוּמָה וְחַלָּה וְרֵאשִׁית הַגֵּז שֶׁטּוֹבַת הֲנָאָה לַבְּעָלִים לִיתֵּן לְאֵיזֶה כֹּהֵן שֶׁיִּרְצֶה מִשֶּׁנִּכְנַס לִרְשׁוּתוֹ אֵין אַחֵר יָכוֹל לְהוֹצִיא מִיָּדוֹ שֶׁיִּתְחַלֵּק לִבְנֵי מִשְׁמָר דְּאֵין מִתְחַלֵּק לְאַנְשֵׁי מִשְׁמָר אֶלָּא מַתָּנוֹת:
Par exemple la terouma, la halla et le reshit ha-gez (début de la tonte), dont le tovat hanaa (le choix du bénéficiaire) appartient aux propriétaires, pour le donner au kohen qu'ils veulent. Une fois le bien entré dans son domaine, un autre ne peut pas le retirer de sa main pour le partager entre les membres de la garde. Car on ne partage entre les hommes de la garde que les matanot (dons sacerdotaux fixes).
💡 Explication

Rabbi Natan refait le même kal va-homer avec d'autres biens. Premier terme : un bien où le kohen n'a aucune part tant qu'on ne le lui a pas donné. Une fois dans sa main, on ne le lui reprend pas. Second terme : le vol du ger, où il a déjà une part comme membre de la garde, avant même de le recevoir. À plus forte raison, une fois en sa main, un autre ne le lui retire pas.

Rachi lit le premier terme comme le sacrifice volontaire du kohen : la garde n'y a pas de part, la viande et la peau sont à lui. Une autre version parle des teroumot et des maaserot. Tossefot lisent la terouma, la halla et le reshit ha-gez, que le propriétaire donne au kohen de son choix. Seules les matanot se partagent dans la garde.

9
לֹא; אִם אָמַרְתָּ בְּדָבָר שֶׁאֵין לוֹ חֵלֶק בּוֹ – שֶׁכְּשֵׁם שֶׁאֵין לוֹ חֵלֶק בּוֹ כָּךְ אֵין לַאֲחֵרִים חֵלֶק בּוֹ, תֹּאמַר בְּגֶזֶל – שֶׁכְּשֵׁם שֶׁיֵּשׁ לוֹ חֵלֶק בּוֹ, כָּךְ יֵשׁ לַאֲחֵרִים חֵלֶק בּוֹ?! אֶלָּא גְּזֵילוֹ יוֹצֵא מִתַּחַת יָדוֹ, וּמִתְחַלֵּק לְכָל אֶחָיו הַכֹּהֲנִים.

Non. Si tu as dit cela d'une chose dans laquelle il n'a pas de part, car de la même façon qu'il n'a pas de part, les autres n'ont pas de part, le diras-tu du vol, où, de la même façon qu'il a une part, les autres ont une part ?!

Dès lors, son vol sort de sous sa main, et se partage entre tous ses frères cohanim.

📜 Rachi (2)
כָּךְ אֵין לַאֲחֵרִים חֵלֶק בּוֹ לְפִיכָךְ מִשְׁנָתֵנוּ לְךָ מִי יְעַכֵּב עָלֶיךָ:
C'est pourquoi, une fois qu'on te l'a donné, qui t'en empêcherait ?
תֹּאמַר בְּגֶזֶל הַגֵּר שֶׁהוּא לְכָל בְּנֵי מִשְׁמָר וְכֻולָּם תּוֹבְעִין:
Du ger : il appartient à tous les membres de la garde, et tous le réclament.
🗂️ Tossefot (1)
לֹא אִם אָמַרְתָּ בְּדָבָר שֶׁאֵין כו' לְלָשׁוֹן רִאשׁוֹן נָמֵי דְּקָאָמַר וְדִין הוּא בְּשֶׁל אֲחֵרִים אֲנִי זוֹכֶה יָכוֹל לְהַקְשׁוֹת דַּיּוֹ לַבָּא מִן הַדִּין לִהְיוֹת כַּנִּדּוֹן שֶׁלֹּא יִזְכֶּה בְּשֶׁל עַצְמוֹ אֶלָּא כְּפִי חֶלְקוֹ כְּמוֹ בְּשֶׁל אֲחֵרִים:
Contre la première formulation aussi, celle qui dit : et c'est un raisonnement, dans le bien d'autrui j'acquiers, on peut objecter dayo, ce qui vient du raisonnement doit rester comme le cas source : il n'acquerrait dans son propre bien que selon sa part, comme dans le bien d'autrui.
💡 Explication

La baraita refuse le kal va-homer. Dans la terouma, ou dans le sacrifice du kohen, personne d'autre n'a de part : une fois le bien donné, nul ne le reprend. Dans le vol du ger, chaque kohen de la garde a une part, et chacun réclame. Le voleur sort donc le bien de sa main, et on le partage.

Tossefot ajoutent un dayo : le dérivé ne dépasse pas le cas source. Chez autrui, le kohen ne prend qu'une part. Le raisonnement, à lui seul, ne lui donnerait dans son propre vol que cette même part. Cette limite vaut déjà pour la première formulation de la baraita.

🖼️ Schéma
Le kohen voleur ne garde pas le tout Cas source Part dans le bien d'autrui Kal va-homer Donc tout dans le sien Rejet Les autres ont une part Formulation de la baraita Si j'acquiers chez autrui, chez moi à plus forte raison. Formulation de Rabbi Natan Part déjà avant l'entrée dans son domaine. Halakha : partage entre tous les frères cohanim de la garde.
Le kal va-homer voudrait le tout. La part des frères, et le dayo, ramène au partage.
10
וְהָכְתִיב: ״וְאִישׁ אֶת קֳדָשָׁיו לוֹ יִהְיוּ״! הָכָא בְמַאי עָסְקִינַן – בְּכֹהֵן טָמֵא.

Mais il est écrit : et chacun, ses choses saintes seront à lui ! Ici, de quoi s'agit-il ?

D'un kohen impur.

📜 Rachi (1)
וְהָכְתִיב וְאִישׁ אֶת קֳדָשָׁיו [וְגוֹ'] וְנָפְקָא לָן לְקַמָּן מִינֵּיהּ שֶׁכֹּהֵן מַקְרִיב קָרְבְּנוֹתָיו בְּכָל עֵת שֶׁיִּרְצֶה וּבְשָׂרָהּ וְעוֹרָהּ שֶׁלּוֹ וְהָכָא נָמֵי הַאי אַיִל אָשָׁם קָרְבָּנוֹת דְּכֹהֵן הוּא וְזָכֵי בֵּיהּ וְכֵיוָן דְּמַקְרִיב לֵיהּ וְזָכֵי בֵּיהּ גֶּזֶל נָמֵי דִּידֵיהּ הוּא כִּדְאָמְרִינַן מִלְּבַד אֵיל הַכִּפּוּרִים לְמִי שֶׁזֶּה נִיתָּן זֶה נִיתָּן:
Et nous en dérivons plus loin qu'un kohen offre ses sacrifices à tout moment qu'il veut, et que la viande et la peau sont à lui. Et ici aussi, ce bélier de l'acham est un sacrifice du kohen, et il l'acquiert. Et puisqu'il l'offre et l'acquiert, le vol aussi est à lui, comme nous disons : outre le bélier des expiations, à qui l'un est donné, l'autre est donné.
💡 Explication

Le verset ish et kodashav (chacun, ses choses saintes seront à lui) semble rendre le bien au kohen voleur. Plus loin, ce verset lui laisse la viande et la peau de ses propres sacrifices. Le bélier de l acham est son sacrifice. L'argent suit le bélier. Il garderait donc le vol.

Première réponse : le cas est un kohen tamei (impur). Il ne peut pas offrir le bélier, et il n'en reçoit pas la viande. Le segment suivant écarte cette réponse.

11
אִי בְּכֹהֵן טָמֵא, ״דָּבָר שֶׁיֵּשׁ לוֹ חֵלֶק בּוֹ״ מִי אִית לֵיהּ?! אֶלָּא אָתְיָא ״לַכֹּהֵן״–״לַכֹּהֵן״ מִשְּׂדֵה אֲחֻוזָּה.

Si c'est un kohen impur, une chose dans laquelle il a une part, en a-t-il une ?! On le tire plutôt de la-kohen, la-kohen, depuis le champ patrimonial.

📜 Rachi (3)
בְּכֹהֵן טָמֵא דְּאֵין רָאוּי לְהַקְרִיב אֵיל הָאָשָׁם:
Qui n'est pas apte à offrir le bélier de l'acham.
אִי [בְּכֹהֵן] טָמֵא הֵיכִי מָצֵי לְמֵימַר דָּבָר שֶׁיֵּשׁ לוֹ חֵלֶק בּוֹ וְהָא קַייְמָא לַן בִּזְבָחִים (דַּף צח:) דְּאֵין טָמֵא חוֹלֵק בְּקָדְשֵׁי הַמִּקְדָּשׁ וַאֲפִילּוּ בְּעוֹרוֹת וְגֶזֶל הַגֵּר נָמֵי קָדְשֵׁי הַמִּקְדָּשׁ הוּא:
Comment peut-on dire : une chose dans laquelle il a une part ? Nous tenons dans Zevahim (98b) qu'un impur ne partage pas les saintetés du Temple, même les peaux. Et le vol du ger compte aussi parmi les saintetés du Temple.
אֶלָּא לְעוֹלָם בְּכֹהֵן טָהוֹר וְהַאי דְּמוֹצִיאִין מִיָּדוֹ מִשּׁוּם דְּיָלְפִינַן ג"ש כֹּהֵן כֹּהֵן מִשְּׂדֵה אֲחֻוזָּה וְאִישׁ אֶת קֳדָשָׁיו בְּמִילֵּי אַחֲרֵינִי מִתּוֹקְמָא:
En fait, c'est un kohen pur. Et si on le lui retire des mains, c'est que nous apprenons une gezerah shavah kohen-kohen depuis le champ patrimonial. Et le verset et chacun, ses choses saintes seront à lui, s'établit pour d'autres sujets.
💡 Explication

La réponse par le kohen tamei ne tient pas avec les mots de la baraita. Rabbi Natan parlait d'un bien où le kohen a une part. Or Zevahim 98b : l'impur ne partage pas les kodshei ha-mikdash, pas même les peaux. Rachi range le vol du ger dans ces saintetés.

Le cas reste un kohen tahor (pur). On lui retire le bien par une gezerah shavah : le mot la-kohen du vol du ger et le mot la-kohen du champ patrimonial. Le verset des choses saintes reste pour une autre loi, celle de la fin du daf : le kohen offre ses sacrifices à l'heure qu'il choisit.

🖼️ Schéma
Du verset des saintetés à la gezerah shavah Objection : chacun, ses choses saintes seront à lui. Le bélier est à lui, donc l'argent qui le suit aussi. Essai : kohen tamei Il n'a pas de part aux kodshim. Kohen tahor Gezerah shavah la-kohen. Source : le champ patrimonial qui sort aux cohanim au yovel.
Le kohen impur n'a pas de part. Le retrait du bien s'apprend du champ, par la-kohen.
12
דְּתַנְיָא: ״אֲחֻזָּתוֹ״ – מַה תַּלְמוּד לוֹמַר? מִנַּיִן לְשָׂדֶה הַיּוֹצְאָה לַכֹּהֲנִים בַּיּוֹבֵל – וּגְאָלָהּ אֶחָד מִן הַכֹּהֲנִים, מִנַּיִן שֶׁלֹּא יֹאמַר: הוֹאִיל וְיוֹצְאָה לַכֹּהֲנִים בַּיּוֹבֵל, וַהֲרֵי הִיא תַּחַת יָדִי, תְּהֵא שֶׁלִּי?

Car on enseigne : ahouzato (sa possession), que vient enseigner le verset ? D'où, pour un champ qui sort vers les cohanim au yovel (jubilé), et qu'un des cohanim l'a racheté, d'où tient-on qu'il ne dira pas : puisque au yovel il sort vers les cohanim, et le voici sous ma main, qu'il soit à moi ?

📜 Rachi (3)
אֲחֻוזָּתוֹ לַכֹּהֵן תִּהְיֶה הָיָה לוֹ לְמֵימַר וְדַיּוֹ וּמַה ת"ל אֲחֻוזָּתוֹ:
Il aurait suffi de dire : elle sera au kohen. Que vient enseigner ahouzato ?
לַשָּׂדֶה הַיּוֹצְאָהּ לַכֹּהֲנִים מַקְדִּישׁ שְׂדֵה אֲחֻוזָּה וְלֹא גְּאָלָהּ מִן הַהֶקְדֵּשׁ וּמְכָרָהּ גִּזְבָּר לַאֲחֵרִים כְּשֶׁהִיא יוֹצְאָהּ מִיָּד הַלּוֹקֵחַ בַּיּוֹבֵל מִתְחַלֶּקֶת לַכֹּהֲנִים מִשְׁמָר שֶׁנִּכְנַס בּוֹ יוֹבֵל שֶׁנֶּאֱמַר וְאִם לֹא יִגְאַל אֶת הַשָּׂדֶה בְּעָלִים וְאִם מָכַר אֶת הַשָּׂדֶה גִּזְבָּר לֹא יִגָּאֵל עוֹד בְּעָלִים אֶלָּא וְהָיָה הַשָּׂדֶה וְגוֹ' וְהָכִי תַּנְיָא בְּת"כ וּבַעֲרָכִין:
Quelqu'un consacre un champ patrimonial et ne le rachète pas de l'hekdesh. Le gizbar (trésorier) l'a vendu à d'autres. Quand il sort de la main de l'acheteur au yovel, il se partage entre les cohanim de la garde dans laquelle le yovel entre. Comme il est dit : et s'il ne rachète pas le champ, ce sont les propriétaires ; et s'il a vendu le champ, c'est le gizbar ; il ne sera plus racheté, ce sont les propriétaires ; mais : et le champ sera, etc. Et c'est ainsi que l'on enseigne dans la Torat Kohanim et dans Arakhin.
וּגְאָלָהּ אֶחָד מִן הַכֹּהֲנִים כְּלוֹמַר וְהַלּוֹקֵחַ מִן הַגִּזְבָּר כֹּהֵן הָיָה וּמִבְּנֵי הַמִּשְׁמָר שֶׁל יוֹבֵל הָיָה:
C'est-à-dire : l'acheteur auprès du gizbar était un kohen, et il était des membres de la garde du yovel.
🗂️ Tossefot (2)
אֲחֻוזָּתוֹ מַה ת"ל תֵּימַהּ לְהָרַשְׁבָּ"א למ"ל אֲחֻוזָּתוֹ לוֹמַר שֶׁיּוֹצְאָהּ מִתַּחַת יָדוֹ וּמִתְחַלֶּקֶת לְכָל אֶחָיו הַכֹּהֲנִים דְּהֵיכִי הֲוָה אֲמִינָא בְּשֶׁל אֲחֵרִים אֲנִי זוֹכֶה בְּשֶׁל עַצְמִי לֹא כ"ש הָא הָכָא שַׁיָּיךְ נָמֵי לְמִפְרַךְ כְּמוֹ לְעֵיל דַּיּוֹ לַבָּא כו' וְיֵשׁ לוֹמַר דְּאִיצְטְרִיךְ אֲחֻוזָּתוֹ מִשּׁוּם דְּהֵ"א כֵּיוָן שֶׁהִיא תַּחַת יָדוֹ תְּהֵא שֶׁלּוֹ דַּהֲוָה יָלְפִינַן כֹּהֵן כֹּהֵן מִגֶּזֶל הַגֵּר וּבְגֶזֶל הַגֵּר הֵ"א דְּהָוֵי שֶׁלּוֹ כִּדְקָאָמַר וְאִישׁ אֶת.. קֳדָשָׁיו לוֹ יִהְיוּ מִשּׁוּם הָכִי אִיצְטְרִיךְ אֲחֻוזָּתוֹ:
Le Rashba s'étonne : pourquoi ahouzato, pour dire que le champ sort de sous sa main et se partage entre tous ses frères cohanim ? Comment aurait-on pense : dans le bien d'autrui j'acquiers, dans le mien à plus forte raison ? Ici aussi l'on peut objecter comme plus haut : dayo, ce qui vient du raisonnement. On répond : ahouzato est nécessaire, car on aurait pensé que, le champ étant sous sa main, il serait à lui. On aurait appris kohen de kohen depuis le vol du ger. Et dans le vol du ger, on aurait pensé qu'il est à lui, comme le dit le verset : et chacun, ses choses saintes seront à lui. C'est pour cela qu'ahouzato est nécessaire.
מִנַּיִן לְיוֹצְאָהּ לַכֹּהֲנִים כּוּ' בָּרַייְתָא הִיא בַּעֲרָכִין בְּפֶרֶק אֵין מַקְדִּישִׁין (עֲרָכִין דַּף כה:):
C'est une baraita dans Arakhin, au chapitre Ein makdishin (Arakhin 25b).
💡 Explication

Le verset du champ dit ahouzato, sa possession. Rachi : il aurait suffi de dire que le champ sera au kohen. Le cas : un propriétaire consacre son champ patrimonial, ne le rachète pas, et le gizbar le vend. Au yovel, le champ ne revient pas au propriétaire. Il se partage dans la garde de cette semaine. Si l'acheteur est un kohen de cette garde, il voudrait tout garder, puisque le champ est déjà sous sa main.

Le Rashba, cité par Tossefot, demande pourquoi un verset est nécessaire : le dayo suffirait à bloquer le kal va-homer. Réponse : sans ahouzato, on aurait appris l'inverse depuis le vol du ger, et là on aurait laissé le bien au kohen à cause du verset de ses choses saintes. Ahouzato ferme cette voie. La baraita se lit aussi dans Arakhin 25b.

🖼️ Schéma
Champ patrimonial jusqu'au partage 1 Consacré, sans rachat. 2 Le gizbar vend. 3 Acheteur kohen de la garde. 4 Yovel : il réclame tout. 5 Ahouzato : partage. Vayikra 27, 20-21. Garde de la semaine où le yovel entre. Baraita citée aussi dans Arakhin 25b.
Champ consacré, vendu par le gizbar, acheté par un kohen de la garde : au yovel, ahouzato le fait partager.
13
וְדִין הוּא – בְּשֶׁל אֲחֵרִים אֲנִי זוֹכֶה, בְּשֶׁל עַצְמִי לֹא כָּל שֶׁכֵּן?!

Et c'est un raisonnement : dans le bien d'autrui j'acquiers ; dans le mien, à plus forte raison ?!

📜 Rachi (1)
בְּשֶׁל עַצְמִי לֹא כ"ש שֶׁאֶטֹּול אֶת הַכֹּל:
Que je prenne le tout.
💡 Explication

Le kohen acheteur parle à la première personne, comme le kohen voleur plus haut. Il prend une part dans le champ des autres, celui qui revient à la garde au yovel. Dans le champ qu'il tient déjà, il réclame la totalité. Rachi glose : qu'il prenne tout.

14
תַּלְמוּד לוֹמַר: ״כִּשְׂדֵה הַחֵרֶם לַכֹּהֵן תִּהְיֶה אֲחֻזָּתוֹ״ – אֲחֻוזָּה שֶׁלּוֹ, וְאֵין זוֹ שֶׁלּוֹ. הָא כֵיצַד? יוֹצְאָהּ מִתַּחַת יָדוֹ, וּמִתְחַלֶּקֶת לְכָל אֶחָיו הַכֹּהֲנִים.

Le verset enseigne : comme un champ de herem, au kohen sera sa possession. Une possession à lui ; et celui-ci n'est pas à lui.

Comment ? Il sort de sous sa main, et se partage entre tous ses frères cohanim.

💡 Explication

Ahouzato se lit : une possession qui est la sienne, la terre de ses pères, reste à lui. Ce champ racheté de l'hekdesh n'est pas cette possession. Au yovel il sort de sa main, et les cohanim de la garde le partagent. C'est la loi que la gezerah shavah reporte sur le vol du ger.

15
תָּנוּ רַבָּנַן: מִנַּיִן לְכֹהֵן – שֶׁבָּא וּמַקְרִיב קָרְבְּנוֹתָיו בְּכָל עֵת וּבְכָל שָׁעָה שֶׁיִּרְצֶה? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וּבָא בְּכָל אַוַּת נַפְשׁוֹ״, ״וְשֵׁרֵת״.

Les Sages ont enseigné : d'où tient-on, pour un kohen, qu'il vient et offre ses sacrifices en tout temps et à toute heure qu'il veut ? Le verset dit : et il vient selon tout le désir de son âme, et il officie.

📜 Rachi (1)
שֶׁבָּא וּמַקְרִיב אִם נָדַר קָרְבָּן אוֹ שֶׁהָיָה מֻוטָּל עָלָיו חַטָּאת וְאָשָׁם חוֹבָה מַקְרִיב אַף בְּמִשְׁמָר שֶׁאֵינוֹ שֶׁלּוֹ:
S'il a voué un sacrifice, ou qu'une hattat ou un acham obligatoires pesaient sur lui, il offre même dans une garde qui n'est pas la sienne.
💡 Explication

Nouvelle baraita, annoncée plus haut par Rachi. Un kohen n'attend pas sa mishmar pour ses propres sacrifices : vœu, hattat ou acham obligatoires. Devarim 18 : il vient selon le désir de son âme, et il officie.

16
וּמִנַּייִן שֶׁעֲבוֹדָתָהּ וְעוֹרָהּ שֶׁלּוֹ? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְאִישׁ אֶת קֳדָשָׁיו לוֹ יִהְיוּ״. הָא כֵיצַד? אִם הָיָה בַּעַל מוּם – נוֹתְנָהּ לְכֹהֵן שֶׁבְּאוֹתוֹ מִשְׁמָר, וַעֲבוֹדָתָהּ וְעוֹרָהּ שֶׁלּוֹ.

Et d'où tient-on que le service de l'offrande et sa peau sont à lui ? Le verset dit : et chacun, ses choses saintes seront à lui.

Comment ? S'il était baal moum (porteur d'un défaut), il la donne à un kohen de cette garde, et le service de l'offrande et sa peau sont à lui.

📜 Rachi (2)
שֶׁעֲבוֹדָתָהּ שְׂכַר עֲבוֹדָתָהּ דְּהַיְינוּ בְּשָׂרָהּ:
Le salaire de son service, c'est-à-dire sa viande.
אִם הָיָה בַּעַל מוּם רָאוּי לֶאֱכֹול וְאֵין רָאוּי לְהַקְרִיב אֵין יָכוֹל לַעֲשׂוֹת שָׁלִיחַ לְהַקְרָבָה מִי שֶׁיִּרְצֶה אֶלָּא נוֹתְנָהּ לִבְנֵי הַמִּשְׁמָר וְהוֹאִיל וְהוּא רָאוּי לַאֲכִילָה קָרֵינַן בֵּיהּ וְאִישׁ אֶת קֳדָשָׁיו לְפִיכָךְ עֲבוֹדָה וְעוֹרָהּ שֶׁלּוֹ. לָשׁוֹן אַחֵר גָּרְסִינַן עֲבוֹדָה וְעוֹרָהּ לְאַנְשֵׁי מִשְׁמָר כֵּיוָן דְּהֵם הִקְרִיבוּהוּ:
Il est apte à manger, et il n'est pas apte à offrir. Il ne peut pas prendre pour émissaire de l'offrande la personne qu'il veut. Il la donne aux membres de la garde. Et puisqu'il est apte à manger, on lui applique : et chacun, ses choses saintes seront à lui. C'est pourquoi le service et la peau sont à lui. Autre leçon, on lit : le service et la peau reviennent aux hommes de la garde, puisqu'ils l'ont offerte.
💡 Explication

Le verset des choses saintes, écarté plus haut pour le vol du ger, reçoit ici son sujet. Le service de l'offrande, que Rachi explique comme la viande, et la peau, restent au kohen qui apporte son sacrifice.

S'il est baal moum, il ne peut pas officier, et il ne choisit pas son émissaire : il donne l'animal à la garde de la semaine. Comme il reste apte à manger, la première leçon lui laisse la viande et la peau. L'autre leçon de Rachi donne la viande et la peau à la garde, parce que c'est elle qui a offert.

🖼️ Schéma
Sacrifices propres du kohen Kohen apte, même hors de sa garde Il offre quand il veut. Viande et peau à lui. Baal moum, leçon 1 La garde offre. Viande et peau à lui. Baal moum, autre leçon La garde offre. Viande et peau à la garde. Devarim 18, 6-7 pour l'heure. Bamidbar 5, 10 pour la viande et la peau.
Hors de sa garde, il offre et garde viande et peau. Baal moum : la garde officie ; deux leçons sur la viande et la peau.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).