Bava Kamma 110a — Cohen limité, vol du ger, asham et restitution

Bava_Kamma 110a

Sougya : La page achève la baraita du cohen qui offre son propre korban. Vieux ou malade, impur sur un korban public, Kohen Gadol onen : qui peut servir par chalia'h, et à qui reviennent la part et la peau.

La michna ouvre alors le gezel ha-ger : vol, serment faux, mort du converti sans héritier. Le voleur paie keren et homesh aux cohanim, et un acham à l'autel, dans un ordre fixé.

La Guemara lit le mot acham du verset, puis Rava : pas de nuit, pas par moitiés, et une perouta pour chaque cohen de la garde.

Qui sert, qui mange, à qui va la peau Suite de la baraita, 109b. Le cohen offre un korban à lui. Cas Offrir Manger Part et peau Vieux ou malade Rav Papa Apte par contrainte al yedei ha-dahak Tout cohen qu'il choisit. Le service compte. Akhila gassa. Ne compte pas. Pas de chalia'h. Hommes de la garde. Cohen impur Korban public Rav Sheshet, Rava Pas de purs aptes Les impurs servent le public. Touma dehouya. Baalei moumin purs de la garde. Ils peuvent manger. Eux aussi, dit Rava. Tossefot : la peau ? Kohen Gadol Onen, Rav Ashi Korban à lui Il offre, et il désigne un chalia'h. C'est le 'hidouch. Il ne mange pas. Pas de part pour le soir. Hommes de la garde.
Trois cas où le cohen ne tient pas les deux bouts : le service et la consommation.
Gezel ha-ger : que paie le voleur, et dans quel ordre Michna. Nombres 5, 7-8. Le ger meurt sans goel. 1. Vol et serment faux envers le ger. 2. Mort Pas d'héritier à qui rendre. 3. Aux cohanim Keren et homesh à la garde. 4. À l'autel Acham, bélier, après le keren. Il meurt en chemin L'argent va à ses fils. L'asham paît, prend un défaut, se vend : le prix, en nedava. L'argent est déjà à la garde Puis le voleur meurt. Les héritiers ne retirent rien. Ce qu'on donne au cohen est à lui. Ordre des gardes : Yehoyariv, puis Yedaya Argent d'abord, acham ensuite : il est quitte. Chacun garde ce qu'il a reçu. Acham d'abord : s'il est encore là, Yedaya l'offre. Sinon, un autre acham. Le homesh, lui, n'empêche pas l'offrande de l'asham.
Vol du ger : keren et homesh aux cohanim, asham à l'autel, et l'ordre des gardes.
Trois lectures du mot acham Nombres 5, 8 : ha-acham ha-moshav. Chaque baraita écarte une autre lecture. Baraita 1 Acham = keren. Ha-moshav = homesh. Autre lecture : acham = le bélier. Outre le bélier fixe acham sur le keren. Enjeu : la règle de Rava. Baraita 2 Acham = keren. Ha-moshav = homesh. Autre lecture : acham = le homesh. Be-rosho va-hamishito : le cinquième est à part. Sinon le homesh empêche. Baraita 3 Gezel du ger. Moshav = homesh. Autre lecture : moshav = kefel. On paie le capital, puis un cinquième. Le verset vise le vol. Rava, une fois le keren nommé acham Restitue de nuit : pas quitte. Restitue par moitiés : pas quitte. L'asham s'offre de jour, et en une fois. Le keren suit. Et il faut une perouta pour chaque cohen. La question sur Yehoyariv s'ouvre en bas de page.
Asham, homesh, kefel. Puis les règles de Rava sur la restitution.
1
וְאִם הָיָה זָקֵן אוֹ חוֹלֶה – נוֹתְנָהּ לְכָל כֹּהֵן שֶׁיִּרְצֶה, וַעֲבוֹדָתָהּ וְעוֹרָהּ לְאַנְשֵׁי מִשְׁמָר.

Et s'il était vieux ou malade, il la donne à tout cohen qu'il veut, et son service et sa peau reviennent aux hommes de la garde.

📜 Rachi (4)
וְאִם הָיָה זָקֵן וְרָאוּי לַעֲבוֹדָה כְּדִמְפָרֵשׁ לְקַמָּן וְאֵין רָאוּי לַאֲכִילָה:
Et il est apte au service, comme on l'expliquera plus loin, et il n'est pas apte à la consommation.
נוֹתְנָהּ לְהַקְרִיב:
Pour l'offrir.
לְכָל כֹּהֵן שֶׁיִּרְצֶה דְּהוֹאִיל דְּהוּא חֲזִי לַעֲבוֹדָה מָצֵי לְשַׁוְיָיה שָׁלִיחַ:
Puisque lui-même est apte au service, il peut le désigner comme chalia'h (mandataire).
וַעֲבוֹדָתָהּ וְעוֹרָהּ לְאַנְשֵׁי מִשְׁמָר דְּכֵיוָן דְּלָא חֲזִי לַאֲכִילָה לָא מְשַׁוֵּי שָׁלִיחַ לַאֲכִילָה:
Puisqu'il n'est pas apte à la consommation, il ne désigne pas de chalia'h pour manger.
💡 Explication

Suite de la baraita de 109b. Le cohen apporte un korban à lui. S'il est baal moum (porteur d'un défaut), il le donne à un cohen de la garde en service, et la part comme la peau restent à lui, parce qu'il peut manger. S'il est vieux ou malade, la baraita change les deux bouts : il choisit n'importe quel cohen pour offrir, et la part avec la peau vont à la garde (michmar).

Rachi lit déjà la suite. L'homme reste apte au service, donc il peut nommer un chalia'h. Il n'est pas apte à manger, donc il ne transmet pas la consommation.

2
הַאי זָקֵן אוֹ חוֹלֶה, הֵיכִי דָמֵי? אִי דְּמָצֵי עָבֵיד עֲבוֹדָה – עֲבוֹדָתָהּ וְעוֹרָהּ נָמֵי תֶּיהְוֵי דִּידֵיהּ! וְאִי דְּלָא מָצֵי עָבֵיד עֲבוֹדָה – שָׁלִיחַ הֵיכִי מְשַׁוֵּי?

Ce vieux ou ce malade, comment le cas se présente-t-il ? S'il peut accomplir le service, le service et la peau devraient aussi être à lui !

Et s'il ne peut pas accomplir le service, comment désigne-t-il un chalia'h ?

💡 Explication

La question pose les deux membres de la baraita l'un contre l'autre. On ne nomme un chalia'h que pour un acte qu'on pourrait faire soi-même. S'il peut servir, son mandataire le représente, et la part comme la peau devraient lui rester. S'il ne peut pas servir, le don à un cohen quelconque n'a plus de base.

3
אָמַר רַב פָּפָּא: שֶׁיָּכוֹל לַעֲשׂוֹת עַל יְדֵי הַדְּחָק. עֲבוֹדָה – דְּכִי עָבֵיד לֵיהּ עַל יְדֵי הַדְּחָק עֲבוֹדָה הִיא, וּמְשַׁוֵּי שָׁלִיחַ; אֲכִילָה – דְּכִי אָכֵיל עַל יְדֵי הַדְּחָק אֲכִילָה גַּסָּה הִיא, וַאֲכִילָה גַּסָּה לָאו כְּלוּם הוּא; מִשּׁוּם הָכִי עֲבוֹדָתָהּ וְעוֹרָהּ לְאַנְשֵׁי מִשְׁמָר.

Rav Papa a dit : il s'agit de celui qui peut le faire par contrainte. Le service : s'il l'accomplit par contrainte, c'est un service, et il désigne un chalia'h.

La consommation : s'il mange par contrainte, c'est une akhila gassa, et une akhila gassa ne compte pour rien. C'est pourquoi le service et la peau reviennent aux hommes de la garde.

📜 Rachi (1)
אֲכִילָה גַּסָּה שֶׁנַּפְשׁוֹ קָצָה בָּהּ:
Dont son âme se dégoûte.
🗂️ Tossefot (2)
דְּכִי עֲבִיד ע"י הַדְּחָק עֲבוֹדָה הִיא דְּלָא מָצִינוּ בְּכֹהֲנִים פָּסוּל בִּשְׁנַיִם אֶלָּא דְּנָתְנוּ חֲכָמִים שִׁיעוּר עַד שֶׁיִּרְתַּת בְּהַכֹּל שׁוֹחֲטִין (חֻולִּין ד' כד:):
Nous n'avons pas trouvé, chez les cohanim, d'invalidité due aux années, sinon celle que les Sages ont fixée : jusqu'à ce qu'il se mette à trembler, dans le chapitre Kol shohatin (Houlin 24b).
אֲכִילָה גַּסָּה לָאו כְּלוּם הִיא מַפִּיק מִדְּרִישׁ לָקִישׁ דְּאָמַר בְּהַחוֹלֵץ (יְבָמוֹת ד' מ. וְשָׁם.) הָאוֹכֵל אֲכִילָה גַּסָּה בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים פָּטוּר מִלֹּא תְּעַנּוּ וא"ת דִּבְפֶרֶק מִי שֶׁאָמַר הֲרֵינִי נָזִיר וְשָׁמַע (נָזִיר דַּף כג. וְשָׁם) גַּבֵּי הָא דְּאָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר ר' יוֹחָנָן מַאי דִכְתִיב צַדִּיקִים יֵלְכוּ בָם וּפֹושְׁעִים יִכָּשְׁלוּ בָם מָשָׁל לִשְׁנֵי בְּנֵי אָדָם שֶׁצָּלוּ פִּסְחֵיהֶם אֶחָד אֲכָלוֹ לְשֵׁם מִצְוָה וְאֶחָד אֲכָלוֹ לְשֵׁם אֲכִילָה גַּסָּה זֶה שֶׁאֲכָלוֹ לְשֵׁם אֲכִילָה גַּסָּה וּפֹושְׁעִים יִכָּשְׁלוּ בָם א"ל רֵישׁ לָקִישׁ רָשָׁע קָרֵית לֵיהּ נְהִי דְּלָא עָבֵד מִצְוָה מִן הַמֻּובְחָר מִצְוָה מִיהָא עֲבִיד מַשְׁמַע דְּיָצָא יְדֵי חוֹבָה וְי"ל דְּהָתָם לָא קָאָמַר דְּיָצָא אֶלָּא דְּלָא מִיקְּרֵי רָשָׁע וְעוֹד דְּהָתָם לָא מַייְרֵי בְּאוֹכְלוֹ אֲכִילָה גַּסָּה מַמָּשׁ אֶלָּא כְּלוֹמַר שֶׁאֵין אוֹכְלוֹ לְשֵׁם פֶּסַח אֶלָּא כְּדֵי לִהְיוֹת שָׂבֵעַ תֵּדַע דְּלָא קָאָמַר אֲכִילָה גַּסָּה אֶלָּא לְשֵׁם אֲכִילָה גַּסָּה ועי"ל דִּשְׁתֵּי אֲכִילוֹת גַּסּוֹת הֵן.:
Il le tire de Resh Lakish, qui dit dans Ha-holetz (Yevamot 40a, et là-bas) : celui qui mange une akhila gassa le jour de Kippour est exempt au regard de 'la personne qui ne s'affligera pas'. Et si tu objectes : dans le chapitre 'Celui qui a dit : me voici nazir, et il a entendu' (Nazir 23a, et là-bas), à propos de ce que Rabba bar bar Hanna a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : que signifie ce qui est écrit, 'les justes y marcheront, et les pécheurs y trébucheront' ? Une parabole de deux hommes qui ont rôti leur korban Pessa'h : l'un l'a mangé au nom de la mitsva, l'autre l'a mangé au nom d'une akhila gassa. Celui qui l'a mangé au nom d'une akhila gassa : 'et les pécheurs y trébucheront'. Resh Lakish lui a dit : tu l'appelles méchant ? Admettons qu'il n'ait pas fait la mitsva dans sa forme choisie ; une mitsva, il l'a tout de même faite. On entend qu'il est sorti de son obligation. On peut répondre : là-bas, il ne dit pas qu'il est sorti de son obligation, seulement qu'on ne l'appelle pas méchant. De plus, là-bas il ne parle pas de celui qui mange une akhila gassa au sens propre, mais de celui qui ne le mange pas au nom du Pessa'h, seulement pour être rassasié. Tu le vois : il ne dit pas 'akhila gassa', il dit 'au nom d'une akhila gassa'. Et on peut encore dire qu'il y a deux akhilot gassot.
💡 Explication

Al yedei ha-dahak : il y arrive, mais avec peine. Pour le service, cette peine ne rend pas l'acte nul : aucun âge ne disqualifie un cohen, hors le tremblement fixé par les Sages (Houlin 24b). Il peut donc nommer un chalia'h, et choisir un cohen hors de sa garde.

Pour manger, la même peine produit une akhila gassa : un repas forcé, dont on se dégoûte. Elle ne compte pas comme l'akhila du korban. Il ne transmet donc pas le droit de manger, et la part avec la peau vont à la garde.

Tossefot rapproche deux dossiers. À Kippour, Resh Lakish tient l'akhila gassa pour nulle : l'homme reste quitte de l'affliction. À Nazir 23a, manger le Pessa'h 'au nom d'une akhila gassa' reste une mitsva, moins choisie. Trois réponses : on refuse seulement le titre de méchant ; le cas vise celui qui mange pour se rassasier, hors du nom du Pessa'h ; et il existe deux akhilot gassot. La glose s'arrête sur ce dernier mot.

🖼️ Schéma
Rav Papa : apte seulement par contrainte Il peut, al yedei ha-dahak Service Fait par contrainte, le service est valide. Il désigne un chalia'h. Consommation Faite par contrainte, akhila gassa. Elle ne compte pas.
Même contrainte : le service reste un service, le repas devient une akhila gassa.
4
אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: אִם הָיָה כֹּהֵן טָמֵא בְּקָרְבַּן צִבּוּר – נוֹתְנָהּ לְכָל מִי שֶׁיִּרְצֶה, וַעֲבוֹדָתָהּ וְעוֹרָהּ לְאַנְשֵׁי מִשְׁמָר. הֵיכִי דָמֵי? אִי דְּאִיכָּא טְהוֹרִים, טְמֵאִים מִי מָצוּ עָבְדִי?! וְאִי דְּלֵיכָּא טְהוֹרִים, עֲבוֹדָתָהּ וְעוֹרָהּ לְאַנְשֵׁי מִשְׁמָר?! הָא טְמֵאִים נִינְהוּ, וְלָא מָצוּ אָכְלִי!

Rav Sheshet a dit : si le cohen était impur, pour un korban de la communauté, il le donne à qui il veut, et le service et la peau reviennent aux hommes de la garde. Comment le cas se présente-t-il ?

S'il y a des purs, des impurs peuvent-ils servir ? Et s'il n'y a pas de purs, le service et la peau aux hommes de la garde ?

Or ils sont impurs, et ils ne peuvent pas manger !

📜 Rachi (3)
אִם הָיָה הַכֹּהֵן שֶׁל הַמִּשְׁמָר טָמֵא וְיֵשׁ לוֹ קָרְבַּן צִבּוּר לְהַקְרִיב:
Celui de la garde, impur, et il a un korban de la communauté à offrir.
אִי דְּאִיכָּא טְהוֹרִין בְּהַהוּא מִשְׁמָר:
Dans cette garde.
טְמֵאִים מִי מָצוּ עָבְדִי וְכֵיוָן דְּלָא מָצוּ עָבְדִי שָׁלִיחַ הֵיכִי מְשַׁוֵּוי:
Et puisqu'ils ne peuvent pas servir, comment désignerait-il un chalia'h ?
🗂️ Tossefot (1)
אִי דְּאִיכָּא טְהוֹרִין טְמֵאִין מִי מָצוּ עָבְדִי לְרַב שֵׁשֶׁת פָּרִיךְ דְּשָׁמְעִינַן לֵיהּ לְרַב שֵׁשֶׁת דְּאָמַר בפ"ק דְּיוֹמָא (דַּף ו:) טֻומְאָה דְּחוּיָה בְּצִבּוּר וְאִי אִיכָּא טְמֵאִים וּטְהוֹרִין לָא מָצוּ עָבְדִי טְמֵאִים וְאִיכָּא דִּפְלִיג הָתָם וְאָמַר דְּטֻומְאָה הֻותְּרָה בְּצִבּוּר וְאַפֵּי' אִיכָּא טְמֵאִים וּטְהוֹרִים מָצוּ עָבְדִי טְמֵאִים:
On objecte à Rav Sheshet. Nous tenons de lui ce qu'il dit dans le premier chapitre de Yoma (6b) : la touma est dehouya (écarté) pour le public ; et s'il y a des impurs et des purs, les impurs ne peuvent pas servir. Et il y en a qui divergent là-bas et disent que la touma est houtara (permise) pour le public, et même s'il y a des impurs et des purs, les impurs peuvent servir.
💡 Explication

Nouveau cas, même formule. Un cohen tame (impur) a un korban tsibbour (sacrifice public) à faire passer. Rav Sheshet lui donne le choix du cohen, et envoie part et peau à la garde.

Deux issues bloquent. S'il reste des purs dans la garde, l'impur ne sert pas : Rav Sheshet lui-même tient, à Yoma 6b, que la touma est dehouya pour le public, écarté dès qu'un pur est là. Sans service possible, pas de chalia'h. S'il ne reste aucun pur, la garde entière est impure : elle peut offrir le public, et elle ne peut pas en manger. Lui donner la part n'a plus de sens.

Tossefot rappelle l'autre avis de Yoma : touma houtara, permise même quand des purs sont là. L'objection ne porte que pour qui, comme Rav Sheshet, tient la touma pour dehouya.

5
אָמַר רָבָא, אֵימָא: לְבַעֲלֵי מוּמִין טְהוֹרִין שֶׁבְּאוֹתוֹ מִשְׁמָר.

Rava a dit : dis : aux baalei moumin purs de cette même garde.

📜 Rachi (1)
לְבַעֲלֵי מוּמִין טְהוֹרִין מִתְחַלֶּקֶת דְּקַייְמָא לָן זְבָחִים (ד' צח:) אִישׁ חוֹלֵק וְאַפֵּי' בַּעַל מוּם בְּקָדָשִׁים וּבִמְנָחוֹת:
Elle se partage. Car nous tenons pour acquis dans Zevahim (98b) : 'un homme prend sa part', même un baal moum, pour les kodashim et les menahot.
🗂️ Tossefot (1)
לְבַעֲלֵי מוּמִין טְהוֹרִין תֵּימַהּ וְעוֹרָהּ אַמַּאי הָוְיָא לְבַעֲלֵי מוּמִין:
Étonnement : pourquoi la peau reviendrait-elle aux baalei moumin ?
💡 Explication

Rava déplace les bénéficiaires. Les impurs font le service du korban public. Ils ne mangent pas. La part va aux baalei moumin purs de la même garde : un défaut empêche le service, l'impureté empêche l'akhila. Eux sont purs, donc ils mangent. Zevahim 98b leur donne une part dans les kodashim, y compris les menahot.

Tossefot laisse une question ouverte : la peau suit d'ordinaire ceux qui ont fait le service. Ces baalei moumin n'ont pas servi. La glose ne répond pas ici.

🖼️ Schéma
Korban public, garde sans cohen pur apte Cohanim impurs Ils font le service. Touma du public. Ils ne mangent pas. Baalei moumin purs Même garde. Ils ne servent pas. Ils mangent la part. Rava Part et peau à ces purs-là. Tossefot questionne la peau.
Les impurs offrent. Les baalei moumin purs mangent. Rava leur donne aussi la peau.
6
אָמַר רַב אַשִּׁי: אִם הָיָה כֹּהֵן גָּדוֹל אוֹנֵן – נוֹתְנָהּ לְכָל כֹּהֵן שֶׁיִּרְצֶה, וַעֲבוֹדָתָהּ וְעוֹרָהּ לְאַנְשֵׁי מִשְׁמָר. מַאי קָא מַשְׁמַע לַן? תְּנֵינָא: כֹּהֵן גָּדוֹל מַקְרִיב אוֹנֵן, וְאֵינוֹ אוֹכֵל, וְאֵינוֹ חוֹלֵק לֶאֱכֹול לָעֶרֶב!

Rav Ashi a dit : si le Kohen Gadol était onen, il la donne à tout cohen qu'il veut, et le service et la peau reviennent aux hommes de la garde. Qu'est-ce que cela nous apprend ?

Nous l'avons déjà enseigné : le Kohen Gadol offre en étant onen, il ne mange pas, et il ne prend pas de part pour manger le soir !

📜 Rachi (3)
אִם הָיָה כֹּהֵן גָּדוֹל אוֹנֵן וְיֵשׁ לוֹ קָרְבַּן עַצְמוֹ לְהַקְרִיב:
Et il a un korban à lui à offrir.
נוֹתְנוֹ לְכָל כֹּהֵן שֶׁיִּרְצֶה דְּכֵיוָן דְּכֹהֵן גָּדוֹל מַקְרִיב אוֹנֵן דִּכְתִיב לְאָבִיו וּלְאִמּוֹ לֹא יִטַּמָּא וּמִן הַמִּקְדָּשׁ לֹא יֵצֵא אִם מֵת אָבִיו וְאִמּוֹ דְּהָוֵי אוֹנֵן אֲפִילּוּ הָכֵי מִקְּדֻושָּׁתוֹ לֹא יֵצֵא וְלֹא יְחַלֵּל כְּלוֹמַר דַּעֲבוֹדָתוֹ שֶׁיַּעֲבֹוד בַּאֲנִינוּת לֹא תִּתְחַלֵּל הָא אַחֵר הֶדְיוֹט שֶׁלֹּא יָצָא חִילֵּל:
Puisque le Kohen Gadol offre en étant onen. Car il est écrit : 'Pour son père et pour sa mère il ne se rendra pas impur, et du Sanctuaire il ne sortira pas.' Si son père ou sa mère meurt, il est onen ; malgré cela, il ne sort pas de sa sainteté. 'Et il ne profanera pas' : le service qu'il accomplira dans l'aninout ne sera pas profane. Un autre, un hediot (cohen ordinaire), qui ne serait pas sorti, aurait profane.
וְאֵינוֹ חוֹלֵק לֶאֱכֹול לָעֶרֶב כְּשֶׁתִּסְתַּלֵּק אֲנִינוּתוֹ דַּאֲנִינוּת לַיְלָה דְּרַבָּנָן דַּאֲנִינוּת דְּאוֹרָיְיתָא אֵינוֹ אֶלָּא יוֹם מִיתָה דִּכְתִיב (עָמוֹס ח׳:י׳) וְאַחֲרִיתָהּ כְּיוֹם מַר אַלְמָא אֵין מְרִירוּת אֶלָּא יוֹם אֶחָד:
Quand son aninout aura cessé. Car l'aninout de la nuit est de-rabbanan : l'aninout de-oraita ne couvre que le jour de la mort, car il est écrit (Amos 8:10) : 'et sa fin sera comme un jour amer'. On en tire qu'il n'y a d'amertume qu'un seul jour.
🗂️ Tossefot (1)
תִּנְיָנָא כ"ג מַקְרִיב אוֹנֵן תֵּימַהּ אַמַּאי לָא פָּרֵיךְ נָמֵי לְרַב שֵׁשֶׁת תְּנֵינָא טָמֵא מֻותָּר בְּקָרְבַּן צִיבּוּר:
Étonnement : pourquoi n'objecte-t-on pas aussi à Rav Sheshet : nous l'avons déjà enseigné, un impur est permis pour un korban de la communauté ?
💡 Explication

Troisième cas, même formule. Le Kohen Gadol est onen : un deuil aigu, le jour où un proche est mort et n'est pas encore enterré. Il a un korban à lui. Il le confie à un cohen quelconque ; part et peau vont à la garde.

La Guemara demande le 'hidouch. Une baraita le dit déjà : il offre en étant onen, il ne mange pas, et il ne reçoit pas de part pour le soir. Le verset (Vayikra 21) le garde dans le Sanctuaire : son service d'onen reste valide. Un hediot qui servirait dans le même état profanerait. L'aninout de la Torah dure le jour de la mort (Amos 8:10) ; celle de la nuit est rabbinique. Même pour ce soir-là, il ne prend pas de part.

Tossefot renvoie l'objection à Rav Sheshet : 'un impur sert le korban public' est aussi déjà enseigné. La glose pose la question et ne la tranche pas sur cette ligne.

7
סָלְקָא דַעְתָּךְ אֲמִינָא: כִּי חָס רַחֲמָנָא עֲלֵיהּ דְּכֹהֵן גָּדוֹל – לִקְרוֹבֵי הוּא, אֲבָל לְשַׁוּוֹיֵי שָׁלִיחַ – לָא מָצֵי מְשַׁוֵּי; קָא מַשְׁמָע לַן.

On aurait pu penser : quand le Miséricordieux a ménagé le Kohen Gadol, c'est pour qu'il offre lui-même ; pour désigner un chalia'h, il ne peut pas en désigner. Il nous l'apprend.

💡 Explication

Le 'hidouch de Rav Ashi porte sur le chalia'h. La permission de servir en état d'onen pourrait rester attachée à sa personne : lui offre, un autre ne le remplace pas. Rav Ashi enseigne qu'il désigne un mandataire, puisque lui-même peut servir. Comme il ne mange pas, la part et la peau vont à la garde.

8
מַתְנִי׳ הַגּוֹזֵל אֶת הַגֵּר, וְנִשְׁבַּע לוֹ, וּמֵת – הֲרֵי זֶה מְשַׁלֵּם קֶרֶן וָחֹומֶשׁ לַכֹּהֲנִים, וְאָשָׁם לַמִּזְבֵּחַ; שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאִם אֵין לָאִישׁ גֹּואֵל לְהָשִׁיב הָאָשָׁם אֵלָיו, הָאָשָׁם הַמּוּשָׁב לַה׳ לַכֹּהֵן, מִלְּבַד אֵיל הַכִּפֻּרִים אֲשֶׁר יְכַפֶּר בּוֹ עָלָיו״.

MICHNA. Celui qui vole le ger, qui lui prête serment, et qui meurt : celui-ci paie le keren et le homesh aux cohanim, et un acham à l'autel.

Car il est dit : 'Et si l'homme n'a pas de goel à qui restituer l'acham, l'acham restitué sera pour ה', pour le cohen, outre le bélier des expiations par lequel on fera expiation pour lui.'

💡 Explication

Nouvelle michna : gezel ha-ger. On vole un converti, on jure à tort qu'on ne lui doit rien, puis le ger meurt sans héritier juif, sans goel. Le voleur paie le keren (principal) et le homesh (cinquième en plus) aux cohanim de la garde, et il apporte un acham, le bélier, à l'autel. Le verset est Nombres 5:8.

9
הָיָה מַעֲלֶה אֶת הַכֶּסֶף וְאֶת הָאָשָׁם, וּמֵת – הַכֶּסֶף יִנָּתֵן לְבָנָיו, וְהָאָשָׁם יִרְעֶה עַד שֶׁיִּסְתָּאֵב – וְיִמָּכֵר, וְיִפְּלוּ דָּמָיו לִנְדָבָה. נָתַן הַכֶּסֶף לְאַנְשֵׁי מִשְׁמָר, וּמֵת – אֵין הַיּוֹרְשִׁין יְכוֹלִין לְהוֹצִיא מִיָּדָם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאִישׁ אֲשֶׁר יִתֵּן לַכֹּהֵן – לוֹ יִהְיֶה״.

S'il montait l'argent et l'acham, et qu'il est mort : l'argent sera donné à ses fils, et l'acham paîtra jusqu'à ce qu'il prenne un défaut ; on le vendra, et son prix tombera en nedava. S'il a donné l'argent aux hommes de la garde, et qu'il est mort : les héritiers ne peuvent pas le leur retirer, car il est dit : 'Et l'homme qui donne au cohen, ce sera à lui.'

📜 Rachi (4)
מַתְנֵי' הָיָה מַעֲלֶה אֶת הַכֶּסֶף וּמֵת בַּדֶּרֶךְ:
En chemin.
הַכֶּסֶף יִנָּתֵן לְבָנָיו שֶׁל גַּזְלָן דְּהָא זָכָה בֵּיהּ מִמִּיתַת הַגֵּר אֶלָּא דְּבָעֵי לְמֶעְבַּד הֲשָׁבָה כִּי הֵיכִי דְּתֶיהֱוֵי לֵיהּ כַּפָּרָה אַשְּׁבוּעֲתֵיהּ וְהַשְׁתָּא תּוּ לֵיכָּא כַּפָּרָה כֵּיוָן דְּמִית לֵיהּ:
Du voleur. Car il l'avait acquis par la mort du ger ; seulement, il devait faire la restitution pour avoir une kappara de son serment. Maintenant, il n'y a plus de kappara, puisqu'il est mort.
הָאָשָׁם יִרְעֶה דְּהָוֵי אָשָׁם שֶׁמֵּתוּ בְּעָלָיו וקיי"ל לְקַמָּן כֹּל שֶׁבְּחַטָּאת מֵתָה בְּאָשָׁם רוֹעֶה:
Car c'est un acham dont les propriétaires sont morts. Et nous tenons plus loin : tout ce qui, pour un hatat, meurt, pour un acham paît.
לִנְדָבָה לְשׁוֹפְרוֹת קֵיץ הַמִּזְבֵּחַ עוֹלוֹת בָּשָׂר לְשֵׁם וְעוֹרוֹת לַכֹּהֲנִים:
Aux shofarot, pour le kayitz ha-mizbeach : des olot, la chair pour le Nom, et les peaux aux cohanim.
💡 Explication

Le voleur est en route vers Jérusalem, argent et animal en main, et lui meurt avant la remise. À la mort du ger, le bien était déjà tombé de son côté, sous réserve de la hashava (restitution) qui ouvre la kappara du serment. Mort, il n'a plus de kappara à obtenir : l'argent retourne à ses fils.

L'animal désigné est un acham she-metou be'alav (acham dont le propriétaire est mort). La règle, reprise plus loin : la où un hatat serait mis à mort, un acham paît jusqu'au défaut (yist'ab), puis se vend. Le prix va à la nedava : les coffres du kayitz ha-mizbeach, des olot dont la chair est offerte et la peau aux cohanim.

Autre branche : l'argent a déjà été remis à la garde, puis le voleur meurt. Les héritiers ne le reprennent pas. Nombres 5:10 : ce qu'un homme donne au cohen lui appartient.

10
נָתַן הַכֶּסֶף לִיהוֹיָרִיב, וְאָשָׁם לִידַעְיָה – יָצָא. אָשָׁם לִיהוֹיָרִיב וְכֶסֶף לִידַעְיָה – אִם קִיֵּים הָאָשָׁם, יַקְרִיבוּהוּ בְּנֵי יְדַעְיָה; וְאִם לֹא, יַחֲזִיר וְיָבִיא אָשָׁם אַחֵר. שֶׁהַמֵּבִיא גְּזֵילוֹ עַד שֶׁלֹּא הֵבִיא אֲשָׁמוֹ – יָצָא; הֵבִיא אֲשָׁמוֹ עַד שֶׁלֹּא הֵבִיא גְּזֵילוֹ – לֹא יָצָא.

S'il a donné l'argent à Yehoyariv et l'acham à Yedaya, il est quitte. L'acham à Yehoyariv et l'argent à Yedaya : si l'acham existe encore, les fils de Yedaya l'offriront ; sinon, il recommencera et apportera un autre acham.

Car celui qui apporte son vol avant d'apporter son acham est quitte ; celui qui apporte son acham avant d'apporter son vol n'est pas quitte.

📜 Rachi (4)
מִשְׁמֶרֶת יְהוֹיָרִיב רִאשׁוֹנָה לְכָל הַמִּשְׁמָרוֹת וְשֶׁל יְדַעְיָה אַחֲרֶיהָ:
Première de toutes les gardes, et celle de Yedaya après elle.
נָתַן הַגַּזְלָן אֶת הַכֶּסֶף לִיהוֹיָרִיב בְּמִשְׁמַרְתּוֹ וְאַחַ"כּ נָתַן אָשָׁם לִידַעְיָה בְּמִשְׁמַרְתּוֹ:
Le voleur a donné l'argent à Yehoyariv pendant sa garde, puis il a donné l'acham à Yedaya pendant sa garde.
יָצָא כְּדִמְפָרֵשׁ וְאָזֵיל שֶׁהַמֵּבִיא גְּזֵילוֹ עַד שֶׁלֹּא הֵבִיא קָרְבַּן אֲשָׁמוֹ יָצָא וְזֶה זָכָה בְּשֶׁלּוֹ וְזֶה בְּשֶׁלּוֹ:
Comme on l'explique ensuite : celui qui apporte son vol avant d'apporter le korban de son acham est quitte. Celui-ci a acquis le sien, et celui-là le sien.
אִם קַייָּם הָאָשָׁם יַקְרִיבוּהוּ בְּנֵי יְדַעְיָה דְּקַנְסִינְהוּ לִיהוֹיָרִיב לְהַחֲזִיר הָאָשָׁם דְּשָׁלָא כְּדִין עֲבוּד בְּנֵי יְהוֹיָרִיב דְּקַבּוּל אָשָׁם מִקַּמֵּי כֶּסֶף וְלִידַעְיָה לֵיכָּא לְמִקְנַס מִידֵּי דִּבְמִשְׁמָר דִּידְהוּ קַבִּילִי וְר' יְהוּדָה דִּפְלִיג אַבָּרַיְיתָא בַּגְּמָרָא בְּמַתְנִיתִין מוֹדֶה:
Car on leur inflige une amende, à Yehoyariv, de rendre l'acham : les fils de Yehoyariv ont agi hors du din en recevant l'acham avant l'argent. À Yedaya, rien à pénaliser, car c'est pendant leur garde qu'ils ont reçu. Et Rabbi Yehuda, qui diverge d'une baraita dans la Guemara, convient dans la michna.
💡 Explication

Les gardes se succèdent. Yehoyariv est la première, Yedaya la suivante. Le keren doit précéder l'acham. Argent à Yehoyariv, animal à Yedaya : l'ordre est bon, il est quitte, chaque garde garde ce qu'elle a reçu.

Ordre inverse : Yehoyariv a reçu l'asham avant l'argent. Si l'animal est encore là, on le leur retire et Yedaya, qui a l'argent, l'offre. Rachi parle d'une kenasa : Yehoyariv a reçu hors du din. Yedaya, elle, a reçu dans sa semaine. Si l'animal a déjà été offert, le voleur apporte un autre acham. Rabbi Yehuda, qui discutera une baraita plus loin, s'aligne ici sur la michna.

🖼️ Schéma
Deux gardes, deux ordres Argent, puis acham Yehoyariv reçoit l'argent. Yedaya reçoit l'asham. Il est quitte. Chacun garde le sien. Le vol précède le korban. Acham, puis argent Yehoyariv a pris l'asham avant le keren. Animal encore là : Yedaya l'offre. Déjà offert : un autre acham.
Le keren précède l'acham. L'ordre inverse se rattrape seulement si l'animal est encore là.
11
נָתַן אֶת הַקֶּרֶן וְלֹא נָתַן אֶת הַחֹומֶשׁ – אֵין הַחֹומֶשׁ מְעַכֵּב.

S'il a donné le keren et n'a pas donné le homesh, le homesh n'empêche pas.

📜 Rachi (1)
נָתַן הַקֶּרֶן לַכֹּהֲנִים אֵין הַחֹומֶשׁ מְעַכֵּב מִלְּהַקְרִיב אֶת הָאָשָׁם אִם לֹא נָתַן עֲדַיִין וּלְבַסּוֹף נָתַן:
Aux cohanim. Le homesh n'empêche pas d'offrir l'acham, s'il ne l'a pas encore donné et qu'il le donne ensuite.
💡 Explication

Le homesh reste du, et il n'est pas me'akev : son absence ne bloque pas l'offrande de l'asham. Le keren, lui, doit déjà être entré les mains des cohanim. La Guemara, plus bas, dira ce qui arriverait si le mot acham désignait le homesh.

12
גְּמ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: ״אָשָׁם״ – זֶה קֶרֶן, ״הַמּוֹשָׁב״ – זֶה חֹומֶשׁ. אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא: ״אָשָׁם״ – זֶה אַיִל?

GUEMARA. Les Sages ont enseigné : 'acham', c'est le keren ; 'ha-moshav', c'est le homesh.

Ou bien serait-ce : 'acham', c'est le bélier ?

📜 Rachi (1)
גְּמ' אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא אָשָׁם זֶה אַיִל אָשָׁם וּמוֹשָׁב זֶה קֶרֶן:
Acham, et moshav : ce serait le keren.
💡 Explication

La baraita coupe les mots de Nombres 5:8, ha-acham ha-moshav. Lecture retenue : acham = le principal volé, ha-moshav = le cinquième qu'on y ajoute. Lecture écartée, pour l'instant : acham = le bélier du korban. Rachi complète cette seconde lecture : le groupe 'asham ha-moshav' viserait alors le keren.

13
וּלְמַאי נָפְקָא מִינַּהּ? לְאַפּוֹקֵי מִדְּרָבָא, דְּאָמַר רָבָא: גֶּזֶל הַגֵּר שֶׁהֶחְזִירוֹ בַּלַּיְלָה – לֹא יָצָא. הֶחֱזִירוֹ חֲצָאִין – לֹא יָצָא. מַאי טַעְמָא? ״אָשָׁם״ קַרְייֵהּ רַחֲמָנָא.

Et quelle est la nafka mina ? Pour écarter l'enseignement de Rava.

Car Rava a dit : le vol du ger qu'il a restitué de nuit, il n'est pas quitte ; qu'il l'a restitué par moitiés, il n'est pas quitte. Quelle est la raison ?

Le Miséricordieux l'a appelé acham.

📜 Rachi (1)
וּלְמַאי נ"מ דְּהָא מִמַּה נַפְשָׁךְ תַּרְוַיְיהוּ קָאָמַר קְרָא תִּיפּוֹק לֵיהּ מִינַּהּ לְאַפּוֹקֵי מִדְּרָבָא דְּאָמַר דְּאָשָׁם קַרְייֵהּ רַחֲמָנָא לְקֶרֶן וּמֶה אָשָׁם אֵינוֹ בָּא בַּלַּיְלָה דִּכְתִיב (וַיִּקְרָא ז׳:ל״ח) בְּיוֹם צַוֹּתוֹ וְאֵינוֹ בָּא לַחֲצָאִין אַף קֶרֶן כו':
Puisque, de toute façon, le verset dit les deux, qu'on en tire ceci : écarter l'enseignement de Rava, qui dit que le Miséricordieux a appelé le keren acham. Et de même que l'acham ne vient pas de nuit, car il est écrit (Vayikra 7:38) 'au jour où Il l'a ordonné', et ne vient pas par moitiés, de même le keren, etc.
💡 Explication

Keren et bélier sont dus dans les deux lectures : le verset dit déjà 'outre le bélier'. L'enjeu est ailleurs. Rava fait suivre au keren les règles de l'asham, parce que le verset appelle ce keren acham : pas de restitution de nuit, pas par moitiés. L'asham s'offre de jour (Vayikra 7:38) et en une fois.

Cette comparaison tient si le mot acham désigne le keren. S'il désignait le bélier, le keren ne porterait plus ce nom, et l'enseignement de Rava tomberait. C'est la nafka mina de la question. La réponse de la baraita, au segment suivant, maintient le nom acham sur le keren.

🖼️ Schéma
Le keren suit l'asham, dit Rava Nommé acham Le verset appelle le keren acham. Règles de l'asham De jour seulement. Pas par moitiés. Même règle Nuit : pas quitte. Moitiés : pas quitte.
Appeler le keren acham lui impose le jour, et l'interdit des moitiés.
14
כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר ״מִלְּבַד אֵיל הַכְּפָרִים״, הֱוֵי אוֹמֵר: ״אָשָׁם״ – זֶה קֶרֶן.

Quand il dit 'outre le bélier des expiations', tu dis : 'acham', c'est le keren.

📜 Rachi (1)
כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר מִלְּבַד אֵיל הַכִּפֻּורִים הֱוֵי אוֹמֵר אָשָׁם דְּרֵישָׁא קֶרֶן הוּא:
Celui du début est le keren.
💡 Explication

Milvad eil ha-kippurim nomme le bélier à part, à la fin du verset. Le mot acham du début ne peut donc pas être ce bélier. Il désigne le keren.

15
תַּנְיָא אִידָךְ: ״אָשָׁם״ – זֶה קֶרֶן, ״הַמּוֹשָׁב״ – זֶה חֹומֶשׁ. אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא: ״אָשָׁם״ – זֶה חֹומֶשׁ? לְמַאי נָפְקָא מִינַּהּ? לְאַפּוֹקֵי מִמַּתְנִיתִין, דִּתְנַן: נָתַן לוֹ אֶת הַקֶּרֶן וְלֹא נָתַן לוֹ אֶת הַחֹומֶשׁ – אֵין הַחֹומֶשׁ מְעַכֵּב. אַדְּרַבָּה, חֹומֶשׁ מְעַכֵּב.

On enseigne une autre baraita : 'acham', c'est le keren ; 'ha-moshav', c'est le homesh. Ou bien serait-ce : 'acham', c'est le homesh ?

Quelle est la nafka mina ? Pour écarter notre michna.

Car nous avons enseigné : il lui a donné le keren et ne lui a pas donné le homesh, le homesh n'empêche pas. Au contraire, le homesh empêcherait.

📜 Rachi (1)
אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא אָשָׁם זֶה חֹומֶשׁ וּמוֹשָׁב זֶה קֶרֶן ונ"מ לְאַפּוֹקֵי מִמַּתְנִיתִין דִּתְנַן אֵין הַחֹומֶשׁ מְעַכֵּב נֵימָא אַדְּרַבָּה חֹומֶשׁ מְעַכֵּב דְּאָשָׁם קַרְייֵהּ רַחֲמָנָא לְשׁוֹן קָרְבָּן כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר כוּ':
Et moshav, c'est le keren. Nafka mina : écarter notre michna, où nous avons enseigné que le homesh n'empêche pas. Nous dirions au contraire : le homesh empêche, car le Miséricordieux l'a appelé acham, terme de korban. Quand il dit, etc.
🗂️ Tossefot (1)
לְמַאי נ"מ לְאַפּוֹקֵי מִמַּתְנִיתִין תֵּימַהּ אַמַּאי לָא קָאָמַר לְאַפּוֹקֵי מִדְּרָבָא כִּדְקָאָמַר לְעֵיל:
Étonnement : pourquoi ne dit-il pas 'pour écarter l'enseignement de Rava', comme il l'a dit plus haut ?
💡 Explication

Deuxième découpage. La lecture retenue est la même : acham = keren, ha-moshav = homesh. L'autre lecture inverse : acham = homesh, et moshav = keren. Rachi le dit explicitement.

Si le homesh portait le nom d'asham, terme de korban, il serait me'akev, comme l'asham lui-même. La michna dit l'inverse : le homesh n'empêche pas l'offrande. C'est l'enjeu de cette baraita. Tossefot demande pourquoi on n'invoque pas ici, comme plus haut, l'enseignement de Rava sur la nuit et les moitiés. La glose ne répond pas.

16
כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר: ״וְהֵשִׁיב אֶת אֲשָׁמוֹ בְּרֹאשׁוֹ, וַחֲמִישִׁתוֹ״, הֱוֵי אוֹמֵר: ״אָשָׁם״ – זֶה קֶרֶן.

Quand il dit : 'il restituera son acham en son capital, et son cinquième', tu dis : 'acham', c'est le keren.

💡 Explication

Nombres 5:7 : ve-héshiv et ashamo be-rosho, va-hamishito. Le cinquième est un mot à part, ajouté au capital. Le mot acham désigne donc le keren, le roch, et non le homesh.

17
תַּנְיָא אִידָךְ: ״אָשָׁם״ – זֶה קֶרֶן, ״הַמּוֹשָׁב״ – זֶה חֹומֶשׁ; וּבְגֶזֶל הַגֵּר הַכָּתוּב מְדַבֵּר. אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא: ״הַמּוֹשָׁב״ – זֶה כֶּפֶל, וּבִגְנֵיבַת הַגֵּר הַכָּתוּב מְדַבֵּר? כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר: ״וְהֵשִׁיב אֶת אֲשָׁמוֹ בְּרֹאשׁוֹ, וַחֲמִישִׁתוֹ״ – הֲרֵי בְּמָמוֹן הַמִּשְׁתַּלֵּם בָּרֹאשׁ הַכָּתוּב מְדַבֵּר.

On enseigne une autre baraita : 'acham', c'est le keren ; 'ha-moshav', c'est le homesh ; et le verset parle du vol du ger. Ou bien serait-ce : 'ha-moshav', c'est le kéfel, et le verset parle du vol clandestin du ger ?

Quand il dit : 'il restituera son acham en son capital, et son cinquième', voici que le verset parle d'un bien qui se paie selon le capital.

📜 Rachi (1)
מִשְׁתַּלֵּם בָּרֹאשׁ קֶרֶן לְבַדּוֹ שֶׁהוּא רֹאשׁ:
Le keren seul, qui est la tête.
🗂️ Tossefot (1)
אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא הַמּוּשָׁב זֶה כֶּפֶל תֵּימַהּ הֵיכִי מ"ל זֶה כֶּפֶל וַהֲלֹא אֵין מִתְחַייֵּב כָּאן אֶלָּא בְּהוֹדָאָתוֹ דִּכְתִיב וְהִתְוַדָּה וְכָפַל לָא מִחַיַּיב בְּהוֹדָאָה:
Étonnement : comment dirait-on que c'est le kéfel ? Ici on ne devient redevable que par son aveu, car il est écrit 'et il avouera', et le kéfel ne se doit pas sur un aveu.
💡 Explication

Troisième lecture écartée. Ha-moshav pourrait être le kéfel, le double du voleur clandestin, et le verset viserait une geneiva du ger plutôt qu'un gezel. Le verset précédent tranche : on rend le capital, be-roch, et on ajoute un cinquième. On paie le montant de tête, le keren seul, plus le homesh. Le double est hors du verset.

Tossefot ajoute une objection de fond. Ce chapitre ne rend redevable qu'après l'aveu (ve-hitvada, Nombres 5:7). Or un kenas (amende) comme le kéfel ne se paie pas sur un aveu : modeh be-kenas patour. La lecture 'kéfel' ne peut pas s'ouvrir ici.

18
גּוּפָא – אָמַר רָבָא: גֶּזֶל הַגֵּר שֶׁהֶחְזִירוֹ בַּלַּיְלָה – לֹא יָצָא. הֶחֱזִירוּהוּ חֲצָאִין – לֹא יָצָא. מַאי טַעְמָא? ״אָשָׁם״ קַרְייֵהּ רַחֲמָנָא.

Pour le fond. Rava a dit : le vol du ger qu'il a restitué de nuit, il n'est pas quitte.

Qu'on le lui a restitué par moitiés, il n'est pas quitte. Quelle est la raison ?

Le Miséricordieux l'a appelé acham.

💡 Explication

Gufa : on reprend l'enseignement de Rava, cité plus haut comme enjeu de la première baraita. La restitution du gezel ha-ger suit l'asham. De nuit, il n'est pas quitte. Par moitiés, il n'est pas quitte. Le verset a nommé ce paiement acham.

19
וְאָמַר רָבָא: גֶּזֶל הַגֵּר שֶׁאֵין בּוֹ שָׁוֶה פְּרוּטָה לְכָל כֹּהֵן וְכֹהֵן – לֹא יָצָא יְדֵי חוֹבָתוֹ. מַאי טַעְמָא? דִּכְתִיב: ״הָאָשָׁם הַמּוֹשָׁב״ – עַד שֶׁיְּהֵא הֲשָׁבָה לְכָל כֹּהֵן וְכֹהֵן.

Et Rava a dit : le vol du ger qui ne contient pas la valeur d'une perouta pour chaque cohen, il n'est pas sorti de son obligation. Quelle est la raison ?

Car il est écrit : 'l'acham restitué', jusqu'à ce qu'il y ait restitution pour chaque cohen.

📜 Rachi (1)
לְכָל כֹּהֵן וְכֹהֵן שֶׁבַּמִּשְׁמָר וּמוֹסִיף מִשֶּׁלּוֹ עוֹד לְהַשְׁלִים:
De la garde. Et il ajoute encore du sien, pour compléter.
💡 Explication

Deuxième règle de Rava. Ha-acham ha-moshav exige une hashava réelle pour chaque cohen de la garde en service. En dessous d'une perouta par tête, le don ne compte pas. Rachi : le voleur complète de sa poche, jusqu'à une perouta pour chacun.

20
בָּעֵי רָבָא: אֵין בּוֹ לְמִשְׁמֶרֶת יְהוֹיָרִיב וְיֵשׁ בּוֹ

Rava a posé un problème : s'il n'y en a pas pour la garde de Yehoyariv, et qu'il y en a

📜 Rachi (1)
אֵין בּוֹ שָׁוֶה פְּרוּטָה לְכָל מִשְׁמָר יְהוֹיָרִיב וְיֵשׁ בּוֹ שָׁוֶה פְּרוּטָה לְכָל מִשְׁמַר יְדַעְיָה שֶׁהֵן מוּעָטִין מַהוּ:
La valeur d'une perouta pour toute la garde de Yehoyariv, et il y a la valeur d'une perouta pour toute la garde de Yedaya, qui sont moins nombreux. Qu'en est-il ?
💡 Explication

L'amud s'arrête au milieu de la question. La somme ne donne pas une perouta à chaque cohen de Yehoyariv, garde nombreuse. Elle en donne une à chaque cohen de Yedaya, garde plus petite. Rachi formule le doute : que décide-t-on ? La suite est sur 110b.

🖼️ Schéma
Une perouta par cohen : la question coupée Garde de Yehoyariv Nombreuse. Pas une perouta par cohen. Rachi : la somme ne suffit pas. Garde de Yedaya Moins nombreuse. Une perouta par cohen. La page s'arrête sur : qu'en est-il ?
Même somme : insuffisante pour Yehoyariv, suffisante pour Yedaya. La page coupe la question.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).