Sougya : La page ferme d'abord l'objection de la yevama échue à un yavam atteint de shehin : elle se contente de n'importe quel mari, selon Reish Lakish. Puis elle règle le vol du ger versé aux gardes.
Si l'acham va à Yehoyariv et l'argent à Yedaya pendant la garde de Yehoyariv, Rabbi Yehouda pénalise Yedaya et ramène l'argent à l'acham ; les Sages pénalisent Yehoyariv, qui ont reçu l'acham avant l'argent, et ramènent l'acham à l'argent. Si l'offrande a déjà eu lieu, ou si les gardes sont sorties sans réclamer, la mehila et un second acham redistribuent peau, argent et bélier.
L'argent précède le bélier, car le verset parle d'une kappara encore à venir. Dans la me'ila de l'hekdesh, le bélier et le capital retiennent la kappara, le homesh non.
Chaque domaine apprend ce point à l'autre. Le chapitre ha-gozel etzim se clôt par le hadran.
qu'elle se contente de n'importe quelle union, comme Reish Lakish, car Reish Lakish a dit : mieux vaut s'asseoir à deux corps que de s'asseoir veuve.
La page s'ouvre au milieu d'une objection de 110b. Une yevama échue à un yavam atteint de shehin (plaies) ne sort pas sans halitza. On aurait dit qu'elle ne s'était pas fiancée en vue de ce yiboum.
Réponse : nous sommes témoins qu'elle accepte n'importe quel mari. Reish Lakish cite le dire : tav le-meitav tan dou, mieux vaut être deux corps, donc mariée, que veuve. Rachi : elle s'est fiancée à un homme sain, avec le risque d'être liée, à sa mort, au frère.
Il a donné l'argent à Yehoyariv, etc. Les Sages ont enseigné : s'il a donné l'acham à Yehoyariv et l'argent à Yedaya, on ramène l'argent auprès de l'acham, paroles de Rabbi Yehouda.
Et les Sages disent : on ramène l'acham auprès de l'argent.
On entre dans le vol du ger (converti mort sans héritier). L'argent et l'acham (sacrifice de culpabilité) vont aux mishmarot, les gardes de cohanim. Yehoyariv sert la première semaine, Yedaya la suivante.
La baraïta prend l'ordre où l'asham est remis à Yehoyariv et l'argent à Yedaya. Rabbi Yehouda fait rejoindre l'argent à l'asham. Les Sages font rejoindre l'asham à l'argent.
Quel est le cas ? Si l'on dit qu'il a donné l'acham à Yehoyariv pendant la garde de Yehoyariv, et l'argent à Yedaya pendant la garde de Yedaya, celui-ci a acquis le sien, et celui-là a acquis le sien !
Si chaque garde a reçu pendant sa propre semaine, le don est en règle. Chacun a acquis, et le tribunal ne retire rien.
Rachi : chez les Sages, on voit encore une kenas (pénalité) contre Yehoyariv, qui a pris l'asham avant l'argent. Chez Rabbi Yehouda, aucune raison ne justifie encore de pénaliser Yedaya.
Rava dit : de quoi s'agit-il ici ? Il a donné l'acham à Yehoyariv pendant la garde de Yehoyariv, et l'argent à Yedaya pendant la garde de Yehoyariv.
Rabbi Yehouda estime : Yedaya reçoit hors de sa garde, nous le pénalisons ; on ramène donc l'argent auprès de l'acham. Et les Sages estiment : les fils de Yehoyariv ont agi hors du droit en recevant l'acham avant l'argent ; nous les pénalisons donc, et l'acham revient auprès de l'argent.
Rava place les deux dons dans la semaine de Yehoyariv. Yedaya touche l'argent hors de sa garde. Rabbi Yehouda le pénalise : l'argent retourne vers l'asham, donc vers Yehoyariv.
Les Sages pénalisent Yehoyariv. Recevoir l'asham avant le keren (capital) sort du droit. L'asham retourne vers l'argent, donc vers Yedaya. L'ordre exigé est : argent d'abord, bélier ensuite.
On enseigne : Rabbi a dit : selon les paroles de Rabbi Yehouda, si les fils de Yehoyariv ont pris les devants et ont offert l'acham, il recommence et apporte un autre acham, les fils de Yedaya l'offrent, et ceux-là ont acquis ce qui est entre leurs mains.
Rabbi (Yehouda ha-Nassi) applique Rabbi Yehouda au cas où Yehoyariv a déjà offert. Rachi : la kenas contre Yedaya suppose que le premier acham existe encore et peut être offert kasher pendant la garde. Un acham apporté avant le capital est passoul.
Le voleur apporte un second acham. Yedaya, qui tient l'argent, l'offre. Yehoyariv garde ce qui est déjà dans sa main. Le segment suivant demande ce que vaut cet acquis.
On dit : à quoi est-il propre ? C'est un acham invalide !
Rava dit : à sa peau.
L'asham offert avant l'argent est passoul. La baraïta dit pourtant que Yehoyariv a acquis. Rava limite cet acquis à la peau. Rachi : la question porte sur le mot ils ont acquis.
Tossefot oppose Zevahim 104a. Peau déjà dépouillée : le sang peut faire ritzouy pour elle seule. Peau encore jointe, invalidité avant la zérika : la peau va à la sereifa. Ici l'invalidité est plus tôt, avant la chehita. La glose demande pourquoi cette peau échappe à la brûlure, et elle ne répond pas.
On enseigne : Rabbi a dit : selon les paroles de Rabbi Yehouda, si l'acham existe encore, on ramène l'acham auprès de l'argent.
Autre formule de Rabbi au nom de Rabbi Yehouda : tant que l'asham est entier, on le ramène vers l'argent. Cela inverse la règle du début, où Rabbi Yehouda ramène l'argent vers l'asham. Le segment suivant donne le cas.
Or Rabbi Yehouda tient que l'on ramène l'argent auprès de l'acham ! De quoi s'agit-il ici ?
Par exemple, la garde de Yehoyariv est sortie, et ils n'ont pas réclamé. Et ceci nous enseigne qu'ils ont entièrement fait remise envers eux.
Le texte répond : la garde de Yehoyariv est finie, et ils n'ont pas réclamé l'argent. Ce silence est une mehila (remise) envers Yedaya. L'asham les rejoint.
La glose de Rachi alignée ici parle des deux gardes, sorties sans réclamation, et conclut que l'argent revient à l'asham au retour de la semaine de Yehoyariv. Cette lecture va avec la baraïta qui suit. On lit la glose avec elle.
On enseigne dans une autre baraïta : Rabbi a dit : selon les paroles de Rabbi Yehouda, si l'acham existe encore, l'argent revient auprès de l'acham. C'est évident : c'est bien là ce qu'il tient !
Cette baraïta répète la règle même de Rabbi Yehouda : l'argent rejoint l'asham. La Guemara demande quel enseignement nouveau Rabbi apporte.
De quoi s'agit-il ici ? Par exemple, la garde des uns et des autres est sortie, et ils n'ont pas réclamé.
On aurait dit qu'ils se font remise l'un envers l'autre. Cela nous enseigne que nous disons : puisqu'ils n'ont pas réclamé, qu'ils reviennent au premier cas.
Les deux gardes sont sorties sans réclamer. On aurait pris ce double silence pour une mehila réciproque : chacun garderait ce qu'il tient.
Rabbi enseigne le retour à la règle du début. Yedaya n'ayant pas réclamé l'asham, l'argent revient auprès de l'asham, chez Yehoyariv. Rachi, sur le segment précédent, ajoute qu'ils l'offriront au retour de leur semaine.
Celui qui apporte son vol avant d'apporter son acham, etc. D'où tient-on ces mots ?
Rava a dit, car le verset dit : l'acham restitué à Hachem, au kohen, outre le bélier des kapparot par lequel il fera kappara. On en déduit que l'argent vient en premier.
La mishna : qui apporte le vol avant l'asham est quitte ; qui apporte l'asham avant le vol ne l'est pas. Rava lit Bamidbar 5, 8. L'argent rendu au kohen est dit outre le bélier. Rachi : au moment de la restitution, le bélier n'est pas encore offert. L'argent passe donc le premier.
L'un des maîtres dit à Rava : s'il en est ainsi, outre l'olah du matin, en déduit-on aussi que les moussafim viennent en premier ?
Un maître objecte par Bamidbar 28, 23. Les moussafim de Pessa'h sont dits outre l'olah du matin. Si ce outre place en second ce qui suit le mot, les moussafim passeraient avant le tamid du matin.
Or on enseigne : d'où tient-on que rien ne précède le tamid du matin ? Le verset dit : et il disposera sur elle l'olah.
Et Rava a dit : l'olah, c'est l'olah première.
Une baraïta ferme la voie de l'objection. Rien ne précède le tamid de shahar. Preuve : Vayikra 6, 5, et il disposera sur elle l'olah. L'article de ha-ola désigne l'olah première, le tamid.
Tossefot : première, c'est la première offrande de la paracha de Pinhas. Il rapproche outre l'olah du matin, qui nomme ce qui précède, et la même tournure sur le bélier. Puis il compare les sources : ici la priorité du tamid sort de ha-ola ; dans Zevahim 89a elle sort de outre l'olah du matin seul. Réponse : là aussi l'on s'appuie sur ha-ola. Une autre réponse n'est pas développée.
Il lui dit : moi, je le tire de par lequel il fera expiation, et il n'a pas encore expié.
Rava quitte le mot outre. Il dérive de acher yekhapper bo, par lequel il fera expiation. Le verbe est au futur. Rachi : le verset ne dit pas par lequel il a expié. Quand l'homme remet au kohen le capital, appelé ici acham, la kappara du bélier est encore devant lui. L'argent précède le sacrifice.
Il lui a donné le capital, etc. Les Sages ont enseigné : d'où tient-on que s'il a apporté son paiement de me'ila et n'a pas apporté son acham, ou bien son acham et n'a pas apporté son paiement de me'ila, il n'est pas quitte ?
Nouveau sujet : la mishna du keren versé sans le homesh (cinquième). La baraïta parle de la me'ila, la jouissance d'un bien d'hekdesh. Rachi : me'ila désigne ici le capital du bien détourné.
D'où sait-on que le paiement sans le bélier, ou le bélier sans le paiement, ne rend pas quitte ?
Le verset dit : par le bélier de l'acham, et il lui sera pardonné.
Vayikra 5, 16 : par le bélier de l'asham, et il lui sera pardonné. Le pardon nomme deux choses. Le bélier est l'animal. Le mot acham, ici, désigne le capital. Rachi renvoie au vol du ger, Bava Kamma 110a, où acham veut dire le capital, et au transfert qui vient plus bas.
Et d'où tient-on que s'il a apporté son acham avant d'avoir apporté son paiement de me'ila, il n'est pas quitte ? Le verset dit : par le bélier de l'acham.
L'acham est déjà là.
L'ordre est dans les mêmes mots. Be-eil ha-acham : le bélier vient pour un acham déjà en place. Ici acham désigne le capital de la me'ila. Rachi : le bélier est l'obligation attachée à ce capital. On verse donc le capital d'abord. Le bélier offert avant la me'ila ne rend pas quitte.
Pourrait-on dire : de même que le bélier et l'acham retiennent, le homesh retient aussi ? Le verset dit : par le bélier de l'acham, et il lui sera pardonné.
Le bélier et l'acham retiennent dans l'hekdesh, et le homesh ne retient pas.
Yakhol : on étendrait au homesh le statut de me'akev, ce qui retient la kappara. Le même verset tranche. Il place le pardon après le bélier et l'asham. Dans l'hekdesh, ces deux-là retiennent la kappara. Le cinquième ajouté ne la retient pas : le bélier peut être offert dès que le capital est versé.
Et que l'hekdesh apprenne du profane, et le profane de l'hekdesh.
La Guemara ouvre un limoud croisé. L'hekdesh apprendra du hedyot, le cas profane du vol du ger. Le hedyot apprendra de l'hekdesh.
Tossefot demande pourquoi le profane a son propre verset sur l'asham apporté avant le vol. Réponse : ce verset égalise les deux domaines sur ce point. Cette égalité autorise ensuite à transporter les autres règles de l'un à l'autre.
L'hekdesh à partir du profane : de même que l'acham, là-bas, est le capital, de même l'acham, ici, est le capital. Et le profane à partir de l'hekdesh : de même que dans l'hekdesh le homesh ne retient pas, de même chez le profane le homesh ne retient pas.
Sens du transfert. Depuis le vol du ger : le mot acham y désigne le capital, donc il le désigne aussi dans la me'ila. Depuis l'hekdesh : le homesh n'y retient pas la kappara, donc il ne la retient pas non plus dans le vol du ger. Rachi : ce que le homesh ne retient pas, c'est la kappara.
Hadran alakh ha-gozel etzim : nous reviendrons à toi, chapitre Celui qui vole du bois.
Hadran alakh clôt le chapitre ha-gozel etzim, Celui qui vole du bois, dixième chapitre de Bava Kamma. La formule annonce qu'on y reviendra. Elle ne pose pas de loi nouvelle.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).