Bava Kamma 113a — Assignation au din, honneur du père, douane

Bava_Kamma 113a

Sougya : La page poursuit l'assignation transmise par une femme ou des voisins : on ne s'y fie pour frapper de shamta que si l'homme est absent de la ville, ne passe pas devant le beit din, et rentre le jour même. Rava règle quand on déchire la petiha.

Rav Hisda espace trois délais, lundi, jeudi, lundi. Rav Yehouda et Rav Nahman retirent Nissan, Tichri, les veilles, la kalla et la rigla.

Rabbi étend aux fils du voleur la vache et l'âne encore visibles, pour l'honneur du père. Rav répond de même pour le lit et la table.

La michna interdit de changer l'argent du coffre des mokhsin. Chmouel, dina de-malkhouta dina, limite l'interdit au percepteur sans ketzava ou auto-proclamé.

La même réponse se pose sur les kilayim et sur les vœux devant les oppresseurs. Rav Ashi vise le mokhes goy.

La page s'arrête sur l'interdit de le voler.

Femme ou voisins : quand la shamta tient Suite de Ravina. Trois conditions. Sinon, le message a pu ne pas arriver. Hors de la ville S'il est dans la ville, ils se disent : l'envoyé du beit din l'a déjà prévenu. Rachi : on renvoie un messager. Il ne passe pas devant la porte du beit din. S'il y passe, les voisins se disent : le beit din le lui a dit. Il rentre le jour S'il rentre plus tard, ishteli : ils ont oublié la mission avant son retour. Pas de shamta. Les trois conditions réunies, et il ne vient pas On le tient pour apikoros du din et on écrit la shamta. Une seule condition manque : le silence ne prouve pas qu'il a reçu l'assignation. Déchirer la petiha, Rava Pour ne pas être venu : on déchire seulement quand il vient. Dire Je viens ne suffit pas. Pour ne pas avoir obéi : la Guemara déchire dès qu'il dit Je me soumets. L'argent peut manquer.
On ne frappe de shamta sur le dit d'une femme ou des voisins que si l'homme est hors de la ville, ne passe pas devant le beit din, et rentre le jour même. La petiha pour absence se déchire à la venue. Celle pour désobéissance se déchire dès le Je me soumets.
Calendrier des délais d'audience Rav Hisda, Rav Kahana, Rav Yehouda, Rav Nahman. Rav Hisda : lundi, jeudi, lundi 1. Lundi 2. Jeudi 3. Lundi Lendemain : petiha Homme Trois délais. Il est contraint et souvent hors de la ville. On attend toute la journée du 3e jour. Femme, Rav Kahana Elle est dans la ville. Un soir sans venue : moredet. Petiha le matin. Rav Yehouda Pas d'audience en Nissan ni en Tichri : moisson, vendange. Pas la veille de yom tov ni de Chabbat. On peut fixer depuis Nissan pour un jour d'après. Pas depuis erev Chabbat. Rav Nahman Pas de délai aux benei kalla pendant la kalla, ni aux benei rigla. Le rassemblement est pour l'étude. Dès qu'il y a des ramai, on se méfie et on assigne.
Trois délais, lundi jeudi lundi, puis la petiha le lendemain. La femme présente en ville est moredet dès le premier défaut. Pas d'audience en Nissan, en Tichri, les veilles, ni pendant la kalla et la rigla, sauf méfiance des ramai.
Douane : dina de-malkhouta dina Trois supports. Une réponse de Chmouel et de l'école de Rabbi Yannai. Puis Rav Ashi. Michna Pas de monnaie sur le coffre du mokhes ni la bourse du gabbai. Kilayim Esquiver la douane en portant des kilayim. Rabbi Akiva permet. Vœux Devant tueurs, haramin et mokhsin : dire terouma ou maison du roi. Pourquoi la michna, si la loi du roi est la loi ? Chmouel : mokhes sans ketzava. Il prend à volonté. École de Rabbi Yannai : il s'est établi seul, hors du roi. Alors le coffre est du gezel. On n'en change pas la monnaie. Même réponse sur les kilayim, puis sur les vœux. Rav Ashi Mokhes goy. Rabbi Yichmael : akifin si besoin. Rabbi Akiva refuse là où il y a kidouch ha-Chem. Le vol du goy reste interdit Rabbi Akiva, au retour de Tzipporin : Après qu'il a été vendu, il aura une geoula. Rachi : eved ivri vendu à un non-Juif sur le marché. La preuve continue au daf suivant. Maison et marché du mokhes : argent à lui. On peut en prendre. Pas le coffre, pas la bourse.
Le coffre du mokhes est traité comme du gezel quand il n'a pas de ketzava ou qu'il s'est établi seul. La même limite vaut pour esquiver la douane et pour les vœux. Rav Ashi vise le mokhes goy. Voler un goy reste interdit.
1
אֲבָל אִיתֵיהּ בְּמָתָא – לָא; דְּאָמְרִינַן: אֵימַר לָא אֲמַרוּ לֵיהּ, דְּאָמְרִי: (אַשְׁכְּחִינְהוּ) [אַשִּׁכְחֵיהּ] שְׁלִיחָא דְּבֵית דִּין, וַאֲמַר לֵיהּ.

Mais s'il est dans la ville, non. Car nous disons : peut-être ne le lui ont-ils pas dit, car ils disent : l'envoyé du beit din l'a trouvé et le lui a dit.

📜 Rachi (2)
אֲבָל אִיתֵיהּ בְּמָתָא לָא מְשַׁמְּתִינַן לֵיהּ דְּהָנְהוּ אִיתְּתָא וְשִׁיבָבֵי לָא עָבְדִי שְׁלִיחוּתָם:
Mais s'il est dans la ville, non : on ne le met pas en shamta, car cette femme et les voisins n'accomplissent pas leur mission.
דְּאָמְרִי שְׁלִיחָא דְּבֵי דִּינָא אַשִּׁכְחֵיהּ וַאֲמַר לֵיהּ אֶלָּא מְשַׁדְּרִינַן לֵיהּ עוֹד שְׁלִיחוּת אַחַרְיַנָא בָּתְרֵיהּ:
Car ils disent : l'envoyé du beit din l'a trouvé et le lui a dit. On lui envoie donc une autre mission à sa suite.
💡 Explication

Suite de Ravina (112b). L'assignation par une femme ou des voisins ne mène à la shamta que s'il est absent. S'il est dans la ville, ces messagers se dispensent : l'envoyé du beit din l'a déjà prévenu.

Rachi : on ne s'appuie pas sur eux. On renvoie un messager.

2
וְלָא אֲמַרַן אֶלָּא דְּלָא חָלֵיף אַבָּבָא דְּבֵי דִּינָא, אֲבָל חָלֵיף אַבָּבָא דְּבֵי דִּינָא – לָא; אָמְרִי: אַשְׁכְּחוּהָ בֵּי דִינָא, וְאָמְרִי לֵיהּ.

Et nous n'avons dit cela que s'il ne passe pas devant la porte du beit din. Mais s'il passe devant la porte du beit din, non.

Ils disent : le beit din l'a trouvé et le lui a dit.

📜 Rachi (1)
וְלָא אֲמַרַן אֶלָּא דְּלָא חָלֵיף אַבָּבָא דְּבֵי דִּינָא כִּי אָתֵי הַהוּא פְּלוֹנִי לְבֵיתֵיהּ לֵית לֵיהּ אוֹרְחָא לְבָבָא דְּבֵי דִּינָא אֲבָל חָלֵיף אַבָּבָא דְּבֵי דִינָא לָא סָמְכִינַן אַשִּׁיבָבֵי דְּאָמְרִי בֵּי דִינָא אָמְרִי לֵיהּ:
Et nous n'avons dit cela que s'il ne passe pas devant la porte du beit din : quand cet homme rentre chez lui, son chemin ne passe pas par la porte du beit din. Mais s'il passe devant la porte du beit din, nous ne nous fions pas aux voisins, car ils disent : le beit din le lui a dit.
💡 Explication

Deuxième réserve. Même hors de la ville au moment de l'envoi, s'il passe devant le beit din en rentrant, les voisins se taisent. Ils comptent sur le tribunal.

3
וְלָא אֲמַרַן אֶלָּא דְּאָתֵי בְּיוֹמֵיהּ, אֲבָל לָא אָתֵי בְּיוֹמֵיהּ – לֹא; אֵימָא אִישְׁתְּלוֹיֵי אִשְׁתְּלִי.

Et nous n'avons dit cela que s'il revient le jour même. Mais s'il ne revient pas le jour même, non.

Dis : ils ont oublié.

📜 Rachi (1)
אִישְׁתְּלִי שָׁכְחוּ שְׁלִיחוּתָם קֹודֶם שֶׁשָּׁב אוֹתוֹ פְּלוֹנִי לְבֵיתוֹ:
Ils ont oublié : ils ont oublié leur mission avant que cet homme ne soit rentré chez lui.
💡 Explication

Troisième réserve. Le message oral tient si le retour à lieu le jour même. Un retour plus tard laisse place à l'oubli, ishteli.

4
אָמַר רָבָא: הַאי מַאן דִּכְתִיב עֲלֵיהּ פְּתִיחָא עַל דְּלָא אָתֵי לְדִינָא – עַד דְּאָתֵי לְדִינָא, לָא מְקָרְעִינַן לֵיהּ. עַל דְּלָא צָיֵית לְדִינָא – עַד דְּצָייֵת, לָא מְקָרְעִינַן לֵיהּ. וְלֹא הִיא, כֵּיוָן דְּאָמַר: ״צָייֵתְנָא״ – קָרְעִינַן לֵיהּ.

Rava dit : celui contre qui l'on a écrit une petiha parce qu'il n'est pas venu au din, tant qu'il n'est pas venu au din on ne la lui déchire pas. Parce qu'il n'a pas obéi au din, tant qu'il n'obéit pas on ne la lui déchire pas.

Or la suite écarte ce second point : dès qu'il a dit Tziytna (Je me soumets), on la lui déchire.

📜 Rachi (5)
עַד דַּאֲתָא לְבֵי דִּינָא לָא קָרְעִינָא לֵיהּ וְאע"ג דְּאָמַר אָתֵינָא אָתֵינָא:
Tant qu'il n'est pas venu au beit din on ne la lui déchire pas, même s'il dit : Je viens, je viens.
עַל דְּלָא צָייֵת לְבֵי דִּינָא שֶׁאָמְרוּ צֵא תֵּן לוֹ וְלֹא קַיֵּים:
Parce qu'il n'a pas obéi au beit din : ils ont dit Sors, donne-lui, et il n'a pas exécuté.
עַד דְּצָייֵת דִּינָא וְיִפְרַע לוֹ:
Tant qu'il n'obéit pas au din : et qu'il ne le paie.
לָא מְקָרְעִינַן לֵיהּ וְאע"ג דְּאָמַר פָּרַעְנָא:
On ne la lui déchire pas, même s'il dit : Je paie.
וְלָא הִיא כֵּיוָן דְּאָמַר דְּצָיֵיתְנָא קָרַעְנָא לְאַלְתַּר דְּדִלְמָא לֵית לֵיהּ זוּזֵי הַשְׁתָּא וְטָרַח אֲבָל בַּאֲתָא לְדִינָא כָּל כַּמָּה דְּלָא אָתֵי אַפְקָרוּתָא הוּא:
Or la suite écarte cela : dès qu'il a dit Je me soumets, on déchire aussitôt. Peut-être n'a-t-il pas l'argent maintenant, et il se donnera de la peine. Mais pour venir au din, tant qu'il n'est pas venu, c'est de l'apikrouta (insolence).
💡 Explication

La petiha est l'écrit de shamta. Deux motifs. L'absence au din : la promesse de venir ne suffit pas. Tant qu'il reste dehors, c'est de l'apikrouta.

Le refus d'obéir : Rava attend le paiement. La Guemara déchire dès le mot Tziytna. L'argent peut manquer sur l'heure.

🖼️ Schéma
Deux motifs de petiha, deux moments pour la déchirer Il n'est pas venu Dire Je viens ne suffit pas. Tant qu'il est absent, c'est de l'apikrouta. Il n'a pas obéi Rava attendait le paiement. La Guemara déchire dès qu'il dit : Je me soumets. Il peut manquer d'argent sur l'heure. Il ira en chercher.
Absence : on attend la venue. Désobéissance : on déchire dès : Je me soumets.
5
אָמַר רַב חִסְדָּא: קוֹבְעִים זְמַן שֵׁנִי וַחֲמִישִׁי וְשֵׁנִי – זִמְנָא וְזִמְנָא בָּתַר זִמְנָא, וּלְמָחָר כָּתְבִינַן.

Rav Hisda dit : on fixe un délai le lundi, le jeudi et le lundi, un délai puis un délai après le délai, et le lendemain on écrit.

💡 Explication

Trois zmanim avant la petiha : lundi, jeudi, lundi suivant. Le lendemain du troisième, on écrit. Rachi, au segment suivant, ajoute qu'on attend toute cette journée.

6
רַב אַסִּי אִיקְּלַע בֵּי רַב כָּהֲנָא. חֲזָא הָהִיא אִיתְּתָא דְּאַזְמְנַהּ לְדִינָא בְּפַנְיָא, וּבְצַפְרָא כְּתֻיב עֲלַהּ פְּתִיחָא. אֲמַר לֵיהּ, לָא סָבַר לָהּ מָר לְהָא דְּאָמַר רַב חִסְדָּא: קוֹבְעִין זְמַן שֵׁנִי וַחֲמִישִׁי וְשֵׁנִי?

Rav Assi se trouva chez Rav Kahana. Il vit une femme qu'on avait assignée au din le soir, et le matin on avait écrit contre elle une petiha.

Il lui dit : le maître ne tient-il pas ce que dit Rav Hisda, on fixe un délai le lundi, le jeudi et le lundi ?

📜 Rachi (1)
קוֹבְעִין זְמַן לְיוֹם שֵׁנִי בְּשַׁבָּת וְאִם לֹא יָבֹא מְזַמְּנִין אוֹתוֹ לְיוֹם חֲמִישִׁי וְאִם לֹא יָבֹא מְזַמְּנִין אוֹתוֹ לְיוֹם שֵׁנִי וְעַד לְמָחָר לָא כָּתְבִינַן פְּתִיחָא שֶׁכָּל הַיּוֹם מַמְתִּינִין שֶׁמָּא יָבֹא:
On fixe un délai : pour le lundi. S'il ne vient pas, on l'assigne au jeudi. S'il ne vient pas, on l'assigne au lundi. Et jusqu'au lendemain on n'écrit pas la petiha, car on attend toute la journée : peut-être viendra-t-il.
💡 Explication

Fait. Rav Kahana écrit la petiha dès le matin contre une femme assignée la veille au soir. Rav Assi lui oppose les trois délais de Rav Hisda.

7
אֲמַר לֵיהּ: הָנֵי מִילֵּי גַּבְרָא, דַּאֲנִיס וְלֵיתֵיהּ בְּמָתָא; אֲבָל אִיתְּתָא, כֵּיוָן דְּאִיתַהּ בְּמָתָא וְלָא אָתְיָא – מוֹרֶדֶת הִיא.

Il lui dit : ces paroles visent l'homme, qui est sous contrainte et n'est pas dans la ville. Mais la femme, puisqu'elle est dans la ville et qu'elle ne vient pas, est moredet (rebelle).

💡 Explication

Rav Kahana réserve les trois délais à l'homme, souvent retenu hors de la ville. La femme y demeure. Un premier défaut suffit : elle est moredet.

8
אָמַר רַב יְהוּדָה: לָא (יָהֲבִינָא) [יָהֲבִינַן] זִמְנָא לָא בְּיוֹמֵי נִיסָן וְלָא בְּיוֹמֵי תִּשְׁרֵי, לָא בְּמַעֲלֵי יוֹמָא טָבָא וְלָא בְּמַעֲלֵי שַׁבְּתָא. אֲבָל מִנִּיסָן לְבָתַר יוֹמֵי נִיסָן, וּבְיוֹמֵי תִּשְׁרֵי לְבָתַר תִּשְׁרֵי – קָבְעִינַן. מִמַּעֲלֵי שַׁבְּתָא לְבָתַר מַעֲלֵי שַׁבְּתָא – לָא קָבְעִינַן. מַאי טַעְמָא? בַּעֲבִידְתֵּיהּ דְּשַׁבְּתָא טְרִיד.

Rav Yehouda dit : on ne donne de délai ni aux jours de Nissan, ni aux jours de Tichri, ni la veille d'un yom tov, ni la veille de Chabbat. Mais depuis Nissan pour après les jours de Nissan, et aux jours de Tichri pour après Tichri, on fixe.

Depuis la veille de Chabbat pour après la veille de Chabbat, on ne fixe pas. Quelle est la raison ?

Il est pris par le travail du Chabbat.

📜 Rachi (2)
לָא יָהֲבִינַן זִימְנָא בְּיוֹמֵי נִיסָן אֵין מְזַמְּנִין אָדָם לְדִין בְּנִיסָן וּבְתִשְׁרֵי שֶׁהֵן זְמַן קָצִיר וּבְצִיר:
On ne donne pas de délai aux jours de Nissan : on n'assigne personne au din en Nissan ni en Tichri, car c'est le temps de la moisson et de la vendange.
אֲבָל לְבָתַר נִיסָן שׁוֹלְחִים שֶׁיָּבֹא בְּיוֹם פְּלוֹנִי בְּאִיָּיר:
Mais pour après Nissan : on envoie dire qu'il vienne tel jour en Iyar.
💡 Explication

Nissan et Tichri sont chargés : moisson et vendange, dit Rachi. On n'y tient pas d'audience. On peut, pendant ces mois, fixer un jour d'après.

La veille de Chabbat est plus étroite. On n'y fixe même pas un délai ultérieur : l'homme est pris par les préparatifs et oubliérait.

9
אָמַר רַב נַחְמָן: לָא יָהֲבִינַן זִמְנָא לָא לִבְנֵי כַלָּה בְּכַלָּה, וְלָא לִבְנֵי רִיגְלָא בְּרִיגְלָא. כִּי הֲווֹ אָתוּ לְקַמֵּיהּ דְּרַב נַחְמָן, אֲמַר לְהוּ: וְכִי לְדִידְכוּ כִּנּוּפְיַיְכוּ?! וְהָאִידָּנָא דְּאִיכָּא רַמַּאי – חָיְישִׁינַן.

Rav Nahman dit : on ne donne de délai ni aux gens de la kalla pendant la kalla, ni aux gens de la rigla pendant la rigla. Quand ils venaient devant Rav Nahman, il leur disait : Est-ce pour vous que je vous ai rassemblés ?

Et maintenant qu'il y a des trompeurs, nous nous en méfions.

📜 Rachi (4)
לִבְנֵי כַּלָּה בְּכַלָּה בָּאִין לִשְׁמֹועַ הַדְּרָשָׁה בְּכָל שַׁבָּת אֵין אוֹמְרִים לוֹ בָּא בְּיוֹם שֵׁנִי לְדִין דְּמִמְּנַע וְלָא אָתֵי לְכַלָּה:
Aux gens de la kalla pendant la kalla : ils viennent entendre la derasha chaque Chabbat. On ne lui dit pas Viens lundi au din, car il s'abstiendrait et ne viendrait pas à la kalla.
בְּרִיגְלָא בָּאִין לִשְׁמֹועַ הִלְכוֹת הָרֶגֶל קֹודֶם הָרֶגֶל ל' יוֹם:
À la rigla : ils viennent entendre les halakhot de la fête, trente jours avant la fête.
כִּי אִתּוֹ תּוֹבְעִין לְקַמֵּיהּ דְּרַב נַחְמָן בְּיוֹם כַּלָּה לְהַזְמִין בַּעֲלֵי דִּינִין לְדִין:
Quand ils venaient : des demandeurs devant Rav Nahman un jour de kalla, pour assigner les parties au din.
אֲמַר לְהוּ וְכִי לְדִידְכוּ כִּנּוּפַיְיכוּ לְצֹורֶךְ דִּינְכֶם הִקְהַלְתִּי אֶתְכֶם:
Il leur dit Est-ce pour vous que je vous ai rassemblés : est-ce pour les besoins de votre procès que je vous ai réunis.
💡 Explication

La kalla rassemble pour la derasha. La rigla sert à entendre les halakhot de la fête, trente jours avant. Assigner alors éloignerait les gens de l'étude.

Rav Nahman renvoyait les demandeurs. La fin de la page change la pratique : des ramai viennent pour échapper au din. On se méfie, et on assigne même en ces temps.

10
אִם הָיָה דָּבָר שֶׁיֶּשׁ בּוֹ אַחֲרָיוּת – חַיָּיב לְשַׁלֵּם. מַתְנֵי לֵיהּ רַבִּי לְרַבִּי שִׁמְעוֹן בְּרֵיהּ: לֹא דָּבָר שֶׁיֵּשׁ בּוֹ אַחְרָיוּת מַמָּשׁ, אֶלָּא אֲפִילּוּ פָּרָה וְחוֹרֵשׁ בָּהּ, חֲמוֹר וּמְחַמֵּר אַחֲרָיו – חַיָּיבִין לְהַחֲזִיר, מִפְּנֵי כְּבוֹד אֲבִיהֶן.

S'il s'agissait d'une chose qui a une aharayut, il est tenu de payer. Rabbi l'enseignait à Rabbi Chim'on, son fils : pas une chose qui a une aharayut au sens propre, mais même une vache avec laquelle il laboure, un âne qu'il mène derrière lui, ils sont tenus de les rendre, à cause de l'honneur de leur père.

💡 Explication

Retour à la michna des fils du voleur. La seifa parle d'une chose qui a une aharayut, un gage, et les tient de payer.

Rabbi l'élargit devant Rabbi Chim'on : même la vache au labour et l'âne qu'on conduit par-derrière se rendent. Ils sont vus. Les laisser dans la succession avilit le père.

11
בָּעֵי מִינֵּיהּ רַב כָּהֲנָא מֵרַב: מִטָּה וּמֵיסֵב עָלֶיהָ, שֻׁולְחָן וְאוֹכֵל עָלָיו, מַהוּ? אָמַר לוֹ: ״תֵּן לְחָכָם וְיֶחְכַּם עוֹד״.

Rav Kahana interrogea Rav : un lit sur lequel il s'étend, une table sur laquelle il mange, qu'en est-il ? Il lui dit : Donne au sage, et il sera plus sage encore.

📜 Rachi (3)
מִטָּה וְשֻׁלְחָן מַהוּ כֵּיוָן דְּמִידִי דְּקָאֵי בְּגוֹ בַּיִת' הוּא וְלָא מִתְחֲזֵי לְעָלְמָא כִּי פָּרָה וַחֲמוֹר וְלֵיכָּא זִילוּתָא דְּאַבָּוהֳוָן אוֹ דִּלְמָא כֵּיוָן דְּנָפְקִי וְעָיְילִי אִינָשֵׁי לְבֵיתַייְהוּ וַחֲזוּ לְהוּ אִיכָּא זִילוּתָא:
Un lit et une table, qu'en est-il : puisque c'est une chose qui se tient dans la maison et qui ne se voit pas au-dehors comme la vache et l'âne, il n'y a pas d'avilissement de leur père. Ou bien, puisque des gens entrent et sortent de leur maison et les voient, il y a avilissement.
דְּאָמְרִי שְׁלִיחָא דְּבֵי דִּינָא אַשִּׁכְחֵיהּ וַאֲמַר לֵיהּ אֶלָּא מְשַׁדְּרִינַן לֵיהּ עוֹד שְׁלִיחוּת אַחַרְיַנָא בָּתְרֵיהּ:
Car ils disent : l'envoyé du beit din l'a trouvé et le lui a dit. On lui envoie donc une autre mission à sa suite.
וְיֶחְכַּם עוֹד כַּפָּרָה וְחָמוּר כֵּן מִטָּה וְשֻׁלְחָן:
Et il sera plus sage encore : comme la vache et l'âne, ainsi le lit et la table.
💡 Explication

Le lit et la table restent à l'intérieur. Rachi pose l'hésitation : pas de regard public, donc pas de zilouta, ou bien les visiteurs les voient.

Rav répond par le verset (Michlei 9, 9). Qui a compris la vache et l'âne étend de lui-même au lit et à la table : on les rend.

🖼️ Schéma
Ce que les fils rendent pour l'honneur du père Aharayut Terre gagée. Les fils paient. Texte de la michna. Vache, âne Visibles dehors. Rabbi à Chim'on : on les rend. Zilouta du père. Lit, table Dans la maison. Rav : même din. Donne au sage. Les gens entrent et voient. Le verset de Rav étend la vache et l'âne au lit et à la table.
Terre gagée, bétail visible, puis lit et table : Rav étend l'obligation.
12
מַתְנִי׳ אֵין פּוֹרְטִין לֹא מִתֵּיבַת הַמּוֹכְסִין, וְלֹא מִכִּיס שֶׁל גַּבָּאִין, וְאֵין נוֹטְלִין מֵהֶם צְדָקָה. אֲבָל נוֹטֵל הוּא מִתּוֹךְ בֵּיתוֹ אוֹ מִן הַשּׁוּק.

Michna. On ne fait pas la monnaie ni sur le coffre des mokhsin, ni sur la bourse des gabbaïn, et on ne prend pas d'eux la tsedaka.

Mais on prend dans sa maison, ou sur le marché.

📜 Rachi (3)
מַתְנֵי' אֵין פּוֹרְטִין לְהַחֲלִיף סְלָעִים בִּפְרוּטוֹת מִיָּד מוֹכְסִים לִיטֹּול הַפְּרוּטוֹת מִתֵּיבָתָן שֶׁנּוֹתְנִין בָּהּ מְעוֹת הַמֶּכֶס וְכֵן מִכִּיס שֶׁל גַּבַּאי הַמֶּכֶס שֶׁגּוֹבֶה כֶּסֶף גֻּולְגֹּולֶת וְאַרְנוֹנָא לְפִי שֶׁהֵן שֶׁל גֶּזֶל:
Michna. On ne fait pas la monnaie : échanger des sela contre des peroutot de la main des mokhsin, prendre les peroutot de leur coffre où ils déposent l'argent de la douane. De même sur la bourse du gabbai de la douane, qui lève l'impôt par tête et l'arnona, car cet argent est du gezel.
מִתּוֹךְ בֵּיתוֹ שֶׁל מוֹכֵס מִמָּעוֹת שֶׁלּוֹ:
Dans sa maison : du mokhes, sur son propre argent.
אוֹ מִן הַשּׁוּק אִם יֵשׁ לוֹ מָעוֹת בַּשּׁוּק שֶׁאֵין לוֹקֵחַ מִתֵּיבַת הַמֶּכֶס:
Ou sur le marché : s'il a de l'argent sur le marché, qu'il ne prend pas dans le coffre de la douane.
🗂️ Tossefot (1)
אֵין פּוֹרְטִין לֹא מִתֵּיבַת הַמּוֹכְסִין לְרַבָּנָן דְּאָמְרִי סְתָם גְּזֵילָה לָא הָוֵי יֵאוּשׁ בְּעָלִים א"ש ומ"מ קָתָנֵי דְּנוֹתֵן דִּינָר וְיַחֲזִיר לוֹ הַשְּׁאָר הוֹאִיל וְאֵין יָדוּעַ בְּבֵרוּר שֶׁהֵם שֶׁל גֶּזֶל ור"ש נָמֵי דְּאָמַר סְתָם גְּזֵילָה הָוֵי יֵאוּשׁ בְּעָלִים דְּהַשְׁתָּא ה"ל יֵאוּשׁ וְשִׁינּוּי רְשׁוּת מ"מ אֵין פּוֹרְטִין מִשּׁוּם דְּדָבָר מְגֻונֶּה הוּא דְּתֵיבָה וְכִיס מְיֻוחֶדֶת לְהַצְנִיעַ שָׁם גְּזֵילוֹת שֶׁלָּהֶם וְדַרְכּוֹ כָּל שָׁעָה לְהַנִּיחַ שָׁם:
Selon les Rabbins qui disent qu'un vol ordinaire, stam gezila, n'est pas un yeush des propriétaires, cela se tient. Néanmoins la michna enseigne qu'il donne un dinar et que l'autre lui rend le reste, puisqu'on ne sait pas avec certitude que ces pièces sont du gezel. Rabbi Chim'on aussi, qui dit qu'un vol ordinaire est un yeush des propriétaires, de sorte qu'il y aurait ici yeush et shinui reshut : néanmoins on ne fait pas la monnaie, car c'est une chose indigne. Le coffre et la bourse sont réservés pour y cacher leurs vols, et son usage est de les y déposer à tout moment.
💡 Explication

Nouvelle michna. Le mokhes tient la douane. Le gabbai lève le kesef goulgolet et l'arnona. Leur coffre et leur bourse sont présumés gezel : pas de change, pas de tsedaka.

L'argent de la maison ou du marché, distinct du coffre, est recevable. Tossefot : même là où un yeush et un shinui reshut acquerraient, changer sur ce coffre reste un davar meguneh.

13
גְּמ׳ תַּנָּא: אֲבָל נוֹתֵן לוֹ דִּינָר, וְנוֹתֵן לוֹ אֶת הַשְּׁאָר.

Guemara. Un tanna a enseigné : mais il lui donne un dinar, et celui-ci lui donne le reste.

📜 Rachi (1)
גְּמ' אֲבָל נוֹתֵן לוֹ דִּינָר הָיָה חַייָּב לוֹ פְּרוּטוֹת לַמּוֹכֵס מִן הַמֶּכֶס בְּשָׁוֶה חֲצִי דִּינָר וְאֵין לוֹ הַפְּרוּטוֹת נוֹתֵן לוֹ דִּינַר כֶּסֶף וּמְקַבֵּל הֵימֶנּוּ פְּרוּטוֹת בְּשָׁוֶה חֶצְיוֹ מִפְּנֵי שֶׁהוּא כְּמַצִּיל מִיָּדוֹ:
Guemara. Mais il lui donne un dinar : il devait au mokhes des peroutot de douane pour la valeur d'un demi-dinar, et il n'a pas les peroutot. Il lui donne un dinar d'argent et reçoit de lui des peroutot pour la moitié, car il est comme celui qui sauve de sa main.
💡 Explication

Baraïta. On peut donner un dinar pour une dette de douane inférieure et reprendre la monnaie. Rachi : c'est sauver son bien de la main du mokhes, pas aller chercher son coffre pour un change.

14
וּמוֹכְסִין. וְהָאָמַר שְׁמוּאֵל: דִּינָא דְּמַלְכוּתָא דִּינָא!

Et les mokhsin. Or Chmouel a dit : dina de-malkhouta dina !

📜 Rachi (1)
דִּינָא דְּמַלְכוּתָא דִּינָא וְזֶה שֶׁקִּיבֵּל אֶת הַמֶּכֶס מִן הַמֶּלֶךְ בְּדָבָר קָצוּב כָּךְ וְכָךְ לְשָׁנָה אֵין גַּזְלָן:
Dina de-malkhouta dina : et celui qui a reçu la douane du roi pour une somme fixée, tant par an, n'est pas un voleur.
💡 Explication

Objection. Dina de-malkhouta dina : la loi du royaume fait loi. Un mokhes qui a acheté la ferme du roi pour un montant fixe n'est pas un gazlan. Pourquoi interdire son coffre ?

15
אָמַר רַבִּי חֲנִינָא בַּר כָּהֲנָא אָמַר שְׁמוּאֵל: בְּמוֹכֵס שֶׁאֵין לוֹ קִצְבָה. דְּבֵי רַבִּי יַנַּאי אָמְרִי: בְּמוֹכֵס הָעוֹמֵד מֵאֵלָיו.

Rabbi Hanina bar Kahana a dit au nom de Chmouel : il s'agit d'un mokhes qui n'a pas de ketzava. L'école de Rabbi Yannai dit : il s'agit d'un mokhes qui s'est établi de lui-même.

📜 Rachi (2)
שֶׁאֵין לוֹ קִצְבָּה אֶלָּא נוֹטֵל כְּכָל חֶפְצוֹ:
Qui n'a pas de ketzava : il prend tout ce qu'il veut.
מֵאֵלָיו שֶׁלֹּא מֵאֵת הַמֶּלֶךְ אַפֵּי' יֵשׁ לוֹ קִצְבָּה:
De lui-même : non de la part du roi, même s'il a une ketzava.
💡 Explication

Deux limites. Chmouel : pas de ketzava, il prélève à volonté. Beit Rabbi Yannai : il s'est posé seul, sans nomination du roi, même avec un tarif.

Dans ces deux cas le coffre reste du gezel. Le percepteur nommé, à quota fixé, relève de dina de-malkhouta dina.

🖼️ Schéma
Quel mokhes la michna vise Quota du roi Somme fixe par an. Pas un voleur. Sans ketzava Il prend à volonté. Chmouel : gezel. Omed me-elav Pas nommé par le roi. Même avec un tarif. École de Yannai. Le coffre et la bourse de ces deux-là : on n'en fait pas la monnaie.
Quota royal : licite. Sans ketzava, ou établi seul : la michna l'interdit.
16
אִיכָּא דְמַתְנֵי לַהּ אַהָא: לֹא יִלְבַּשׁ אָדָם כִּלְאַיִם אֲפִילּוּ עַל גַּבֵּי עֲשָׂרָה בְּגָדִים, לְהַבְרִיחַ בּוֹ אֶת הַמֶּכֶס. מַתְנִיתִין דְּלָא כְּרַבִּי עֲקִיבָא. דְּתַנְיָא: אָסוּר לְהַבְרִיחַ אֶת הַמֶּכֶס. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבִּי עֲקִיבָא: מֻותָּר לְהַבְרִיחַ אֶת הַמֶּכֶס.

Il en est qui enseignent cela sur la suivante : un homme ne portera pas de kilayim, même par-dessus dix vêtements, pour esquiver par là la douane. La michna ne suit pas Rabbi Akiva.

Car on a enseigné : il est interdit d'esquiver la douane. Rabbi Chim'on dit au nom de Rabbi Akiva : il est permis d'esquiver la douane.

📜 Rachi (1)
כְּדֵי לְהַבְרִיחַ אֶת הַמֶּכֶס ואע"פ שֶׁאֵין כַּווָּנָתוֹ לַהֲנָאַת לְבִישָׁה אֶלָּא לְהַבְרִיחַ בּוֹ בִּלְבִישַׁת כִּלְאַיִם:
Afin d'esquiver la douane : même si son intention n'est pas le plaisir de porter, mais d'esquiver en portant des kilayim.
💡 Explication

Deuxième ancrage de la même réponse, plus bas dans la page. Ici, une michna de kilayim : on ne revêt pas un mélange laine et lin, fût-ce sur dix vêtements, pour passer la douane sans droit.

La baraïta divise. Le premier tanna interdit d'esquiver. Rabbi Akiva permet. Rachi : l'intention vise la douane, pas le plaisir du vêtement.

17
בִּשְׁלָמָא לְעִנְיַן כִּלְאַיִם, בְּהָא קָמִיפַּלְגִי – דְּמַר סָבַר: דָּבָר שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין מֻותָּר, וּמַר סָבַר: דָּבָר שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין אָסוּר. אֶלָּא לְהַבְרִיחַ בּוֹ אֶת הַמֶּכֶס – מִי שָׁרִי? וְהָאָמַר שְׁמוּאֵל: דִּינָא דְּמַלְכוּתָא דִּינָא!

Soit, pour les kilayim, c'est en ceci qu'ils divergent : l'un tient qu'un davar she-ein mitkaven est permis, et l'autre tient qu'un davar she-ein mitkaven est interdit. Mais esquiver par là la douane, est-ce permis ?

Or Chmouel a dit : dina de-malkhouta dina !

📜 Rachi (1)
דִּינָא דְּמַלְכוּתָא דִּינָא וְנִמְצָא שֶׁגּוֹזֵל אֶת הַמּוֹכֵס יִשְׂרָאֵל זֶה שֶׁקִּיבֵּל אֶת הַמֶּכֶס מִיַּד הַמֶּלֶךְ נָכְרִי בְּהֶיתֵּר:
Dina de-malkhouta dina : il se trouve qu'il vole le mokhes juif, celui qui a reçu la douane de la main du roi non-juif avec autorisation.
🗂️ Tossefot (1)
וּמָר סָבַר דָּבָר שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין מֻותָּר וְשָׁרֵי אַפֵּי' לִלְבֹּושׁ וְהָא נָמֵי דְּתַנְיָא מוֹכְרֵי כְּסוּת מוֹכְרִין כְּדַרְכָּן וּמוּקֵי בְּבַמֶּה מַדְלִיקִין (שַׁבָּת דַּף כט: וְשָׁם) כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן דְּשָׁרֵי דָּבָר שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין הָתָם נָמֵי שָׁרִי אַף לִלְבֹּושׁ וְלֹא שֶׁיִּשָּׂאֵם דַּוְקָא עַל כְּתֵיפָיו:
Et l'un tient qu'un davar she-ein mitkaven est permis : et il est permis même de le porter. De même ce qu'on enseigne : les vendeurs de vêtements vendent selon leur usage. On l'établit dans Bameh Madlikin (Chabbat 29b, et là) selon Rabbi Chim'on, qui permet le davar she-ein mitkaven. Là aussi il est permis même de porter, et l'autorisation ne se limite pas à les charger sur les épaules.
💡 Explication

Le désaccord sur les kilayim se laisse lire : davar she-ein mitkaven, acte dont l'interdit n'est pas le but. Rabbi Akiva permet. Le premier tanna interdit.

Reste la douane elle-même. L'esquiver heurte dina de-malkhouta dina. Rachi : le mokhes juif tient la ferme du roi. Le frustrer, c'est le voler. Tossefot étend le heter de Rabbi Chim'on jusqu'au port, pas seulement au chargement sur l'épaule.

18
אָמַר רַבִּי חֲנִינָא בַּר כָּהֲנָא אָמַר שְׁמוּאֵל: בְּמוֹכֵס שֶׁאֵין לוֹ קִצְבָה. דְּבֵי רַבִּי יַנַּאי אָמְרִי: בְּמוֹכֵס הָעוֹמֵד מֵאֵלָיו.

Rabbi Hanina bar Kahana a dit au nom de Chmouel : il s'agit d'un mokhes qui n'a pas de ketzava. L'école de Rabbi Yannai dit : il s'agit d'un mokhes qui s'est établi de lui-même.

💡 Explication

Même réponse, replacée sur l'esquive de la douane. On ne l'autorise que face au mokhes sans ketzava, ou établi de lui-même.

19
וְאִיכָּא דְּמַתְנֵי אַהָא: נוֹדְרִין לֶהָרָגִין וְלֶחָרָמִין וְלַמּוֹכְסִין – שֶׁהִיא שֶׁל תְּרוּמָה, שֶׁהִיא שֶׁל בֵּית מֶלֶךְ; אַף עַל פִּי שֶׁאֵינָהּ שֶׁל תְּרוּמָה, אַף עַל פִּי שֶׁאֵינָהּ שֶׁל מֶלֶךְ: וְלַמּוֹכְסִין?! וְהָאָמַר שְׁמוּאֵל: דִּינָא דְּמַלְכוּתָא דִּינָא!

Et il en est qui enseignent cela sur la suivante : on fait des vœux devant les tueurs, les haramin et les mokhsin, que c'est de la terouma, que c'est de la maison du roi, bien qu'elle ne soit pas terouma, bien qu'elle ne soit pas au roi. Et devant les mokhsin ?

Or Chmouel a dit : dina de-malkhouta dina !

📜 Rachi (3)
נוֹדְרִין קוֹנָם כָּל פֵּירוֹת עָלַי אִם אֵין תְּבוּאָה זוֹ שֶׁל בֵּית הַמֶּלֶךְ:
On fait des vœux : konam, que tous les fruits me soient interdits si ce blé n'appartient pas à la maison du roi.
הוֹרְגִים רוֹצְחִים:
Tueurs : des meurtriers.
חֲרָמִים בַּעֲלֵי תִּיגְרָה וּמְרִיבָה וְגוֹזְלֵי מָמוֹן:
Haramin : gens de querelle et de dispute, et voleurs d'argent.
🗂️ Tossefot (1)
נוֹדְרִין לְהָרָגִים בִּנְדָרִים (דַּף כֹּח.) מְפָרֵשׁ דְּאָמַר בִּשְׂפָתָיו סְתָם יֵאָסְרוּ כָּל פֵּירוֹת שֶׁבָּעוֹלָם עָלַי אִם אֵינָם שֶׁל תְּרוּמָה וּמְחַשֵּׁב בְּלִבּוֹ הַיּוֹם דְּאֵין נֶאֱסָר אֶלָּא אוֹתוֹ יוֹם בִּלְבַד ואע"ג דִּדְבָרִים שֶׁבַּלֵּב אֵין דְּבָרִים מִשּׁוּם אֻונְסָא שָׁרוּ לֵיהּ הָכֵי מְפָרֵשׁ הָתָם וה"ה שֶׁיָּכוֹל לַחְשֹׁוב בְּלִבּוֹ שָׁעָה אַחַת אוֹ רֶגַע וְכֵן נוֹהֲגִים כְּשֶׁהָאַנָּסִים מַדִּירִים הַיְּהוּדִים הַדָּרִים תַּחְתֵּיהֶם שֶׁלֹּא יֵצְאוּ לָדוּר בְּעִיר אַחֶרֶת יְכוֹלִין לִידֹּור סְתָם שֶׁלֹּא יָצְאוּ וּבְלִבָּם יַחְשְׁבוּ הַיּוֹם וְאַפֵּי' הוּא מְפָרֵשׁ בִּשְׂפָתָיו שֶׁלֹּא יָצָא מִמֶּנּוּ כָּל יְמֵי חַיָּיו יָכוֹל לְהַעֲרִים וְלַחְשֹׁוב בְּלִבּוֹ שׁוּם תְּנַאי וְאִם מְבַטֵּל בִּשְׂפָתָיו בְּלַחַשׁ כ"ש דְּהָוֵי בִּיטּוּל גָּמוּר :
On fait des vœux devant les tueurs. Dans Nedarim (28a) on explique qu'il dit de ses lèvres, sans précision : que tous les fruits du monde me soient interdits s'ils ne sont pas de la terouma, et il pense dans son cœur : aujourd'hui. Il n'est donc interdit que ce jour-là. Bien que les paroles du cœur ne soient pas des paroles, à cause de l'ones on le lui a permis. C'est ainsi qu'on l'explique là-bas. De même, il peut penser dans son cœur une heure où un instant. Et telle est la pratique : quand les oppresseurs font jurer les Juifs qui vivent sous eux de ne pas aller habiter une autre ville, ils peuvent jurer sans précision qu'ils ne sortiront pas, et dans leur cœur ils pensent : aujourd'hui. Même s'il précise de ses lèvres qu'il ne le quittera pas tous les jours de sa vie, il peut user d'une ruse et penser dans son cœur une condition. Et s'il annule de ses lèvres à voix basse, à plus forte raison l'annulation est complète.
💡 Explication

Troisième ancrage, michna de Nedarim. Devant des tueurs, des haramin ou des mokhsin, on peut vouer que le bien est terouma ou bien du roi, pour le sauver.

Rachi donne la formule : konam, les fruits m'interdisent si ce blé n'est pas au roi. Tossefot : sous la contrainte, la réserve pensée dans le cœur, aujourd'hui, limite le neder. Les paroles du cœur, d'ordinaire sans effet, tiennent ici à cause de l'ones.

20
אָמַר רַבִּי חֲנִינָא בַּר כָּהֲנָא אָמַר שְׁמוּאֵל: בְּמוֹכֵס שֶׁאֵין לוֹ קִצְבָה. דְּבֵי רַבִּי יַנַּאי אָמְרִי: בְּמוֹכֵס הָעוֹמֵד מֵאֵלָיו.

Rabbi Hanina bar Kahana a dit au nom de Chmouel : il s'agit d'un mokhes qui n'a pas de ketzava. L'école de Rabbi Yannai dit : il s'agit d'un mokhes qui s'est établi de lui-même.

💡 Explication

Troisième fois la même réponse. Le vœu devant le mokhes ne se permet que s'il n'a pas de ketzava, ou s'il s'est établi seul.

21
רַב אַשִּׁי אָמַר: בְּמוֹכֵס גּוֹי. דְּתַנְיָא: יִשְׂרָאֵל וְגוֹי שֶׁבָּאוּ לַדִּין, אִם אַתָּה יָכוֹל לְזַכּוֹתוֹ בְּדִינֵי יִשְׂרָאֵל – זִכָּהוּ, וֶאֱמֹור לוֹ: כָּךְ דִּינֵינוּ. בְּדִינֵי גּוֹיִם – זִכָּהוּ וֶאֱמֹור לוֹ: כָּךְ דִּינְכֶם. וְאִם לָאו, בָּאִין עָלָיו בַּעֲקִיפִין; דִּבְרֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: אֵין בָּאִין עָלָיו בַּעֲקִיפִין, מִפְּנֵי קִידּוּשׁ הַשֵּׁם.

Rav Ashi dit : il s'agit d'un mokhes goy. Car on a enseigné : un Israël et un goy qui viennent en jugement.

Si tu peux le faire gagner par le droit d'Israël, fais-le gagner, et dis-lui : tel est notre droit. Par le droit des goyim, fais-le gagner, et dis-lui : tel est votre droit.

Sinon, on vient sur lui par des akifin. Paroles de Rabbi Yichmael.

Rabbi Akiva dit : on ne vient pas sur lui par des akifin, à cause du kidouch ha-Chem.

📜 Rachi (2)
בְּמוֹכֵס שֶׁהוּא כְּנַעֲנִי אַנָּס וְאֵין לָחוּשׁ אִם גּוֹזְלוֹ הֵיכָא דְּלֵיכָּא חִילּוּל הַשֵּׁם שֶׁאֵין מֵבִין שֶׁזֶּה מְכַזֵּב:
Un mokhes qui est un Kenaani oppresseur : on n'a pas à craindre si on le dépouille là où il n'y a pas de hilloul ha-Chem, car il ne comprend pas que celui-ci ment.
בָּאִין עָלָיו בַּעֲקִיפִין בְּחָכְמָה עַד שֶׁפּוֹטְרִין אֶת הֲיִשְׂרָאֵל:
On vient sur lui par des akifin : avec habileté, jusqu'à ce qu'on exonère l'Israël.
💡 Explication

Rav Ashi déplace la michna sur le mokhes goy. La baraïta : au din entre un Israël et un goy, on fait gagner l'Israël par le droit qui le permet, et on le nomme. À défaut, Rabbi Yichmael autorise les akifin, des voies détournées.

Rabbi Akiva les refuse là où il y a kidouch ha-Chem. Rachi : face à un oppresseur qui ne perçoit pas le mensonge, et sans hilloul ha-Chem, la crainte tombe.

🖼️ Schéma
Israël et goy au din Rabbi Yichmael Droit d'Israël, s'il gagne. Sinon, droit des goyim. Sinon, akifin : habileté jusqu'à l'exonération. Rabbi Akiva Pas d'akifin là où il y a kidouch ha-Chem. Sans cet enjeu, la Guemara lit qu'on vient. Rav Ashi place la michna des vœux sur le mokhes goy. Le vol, lui, reste interdit.
Yichmael : akifin en dernier recours. Akiva : pas là où le Nom est en jeu.
22
וְרַבִּי עֲקִיבָא – טַעְמָא דְּאִיכָּא קִידּוּשׁ הַשֵּׁם, הָא לֵיכָּא קִידּוּשׁ הַשֵּׁם – בָּאִין;

Et Rabbi Akiva : la raison est qu'il y a kidouch ha-Chem. Donc, là où il n'y a pas de kidouch ha-Chem, on vient.

💡 Explication

Lecture de la baraïta. Le motif de Rabbi Akiva est le kidouch ha-Chem. Là où ce motif manque, ses paroles laissent place aux akifin.

23
וְגֶזֶל גּוֹי מִי שְׁרֵי? וְהָתַנְיָא: אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן, דְּבַר זֶה דָּרַשׁ רַבִּי עֲקִיבָא כְּשֶׁבָּא מִזְּפִירִין: מִנַּיִן לְגֶזֶל גּוֹי שֶׁהוּא אָסוּר? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״אַחֲרֵי נִמְכַּר, גְּאָלָהּ תִּהְיֶה לוֹ״ –

Et le vol d'un goy, est-il permis ? Or on a enseigné : Rabbi Chim'on a dit, Rabbi Akiva a exposé cette chose quand il revint de Tzipporin : d'où tient-on que le vol d'un goy est interdit ?

Le verset dit : Après qu'il a été vendu, il y aura pour lui une geoula.

📜 Rachi (1)
אַחֲרֵי נִמְכָּר בְּעֶבֶד עִבְרִי הַנִּמְכָּר לְנָכְרִי בַּשּׁוּק מִשְׁתַּעֵי:
Après qu'il a été vendu : le verset parle d'un eved ivri vendu à un non-Juif sur le marché.
💡 Explication

La Guemara refuse d'en tirer un heter de gezel du goy. Rabbi Akiva, de retour de Tzipporin, l'interdit par Vayikra 25, 48 : après la vente, une geoula.

Rachi : il s'agit de l'eved ivri vendu à un non-Juif. Le verset est coupé ici. La dérivation se poursuit sur 113b.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).