Bava Kamma 113b — Gezel du goy, erreur, loi du royaume

Bava_Kamma 113b

Sougya : La page achève la preuve tirée de la géoula de l'eved ivri : on ne le tire pas de la main de son maître, et le compte avec l'acheteur doit être exact. Rav Yossef voudrait réserver cette rigueur au ger tochav.

Abaye montre que le verset vise aussi le goy. Rava sépare le gezel, interdit, et la hafkaat halvaato, permise sans hilloul ha-Chem.

Pour l'eved ivri, Rava tient que le corps est acquis. Rav Beivai interdit le gezel du goy et permet son aveida, sauf hilloul ha-Chem.

Chmouel permet la taout. Puis dina de-malkhouta dina : ponts, part du roi sur l'aire, gage d'un habitant pour un autre, bêtes des enclos, et shamta pour qui témoigne pour un goy contre un Israël sans y avoir été requis.

Argent du goy : quatre régimes De la geoula de l'eved ivri jusqu'aux récits de taout. Gézel Prise effective. Interdit. Rav Houna : permis seulement quand ils sont livrés en main. Avéida Objet perdu. Permis, même en main. Ravina : ou-metzatah. Rabbi Pinhas ben Yair : hilloul ha-Chem, interdit. Taout Erreur de compte. Permise. Chmouel. Rachi : il devait à un Israël, et le goy ne voit pas le vol. Hafkaat Créance tombée. Permise, Rava, sans hilloul. Esquiver le mokhes est du même ordre. Abaye : eved ivri Le prix est un prêt contre le travail. Le sortir par ruse serait une hafkaat. Rava : goufo kanoui Le corps est acquis pour les six ans. Le reprendre par ruse est un gezel effectif. Le verset Il comptera avec celui qui l'a acquis exige un compte exact. Rachi lit l'igloun comme une surenchère du Kenaani. Le Ri : un sous-paiement.
Gezel du goy : interdit, hors le cas où les peuples sont livrés en main. Aveida : permise, même venue en main, sauf hilloul ha-Chem. Taout : permise. Hafkaat halvaato : permise sans hilloul. L'eved ivri reste un gezel pour Rava, parce que le corps est acquis.
Dina de-malkhouta dina : les ponts Chmouel, puis Rava et Abaye. Palmiers coupés, ponts, passage. On coupe des palmiers, on fait des ponts, nous passons dessus Rava : la preuve que la loi du royaume est la loi. Abaye : yeouch Les maîtres ont renoncé. Le passage tiendrait de ce renoncement. Rava : yeouch kedei Sans la loi du roi, pas de shinoui rechout, pas de shinoui maaseh. Objection Le roi : couper dans toutes les baga (vallées). Eux coupent dans une seule. Cela sort de l'ordre du roi. Réponse L'envoyé du roi est comme le roi. Il n'a pas à se fatiguer. Les maîtres de la vallée se retournent vers les autres.
On passe sur les ponts faits de palmiers coupés par le roi : dina de-malkhouta dina. Le yeouch seul n'acquiert pas. L'envoyé qui coupe une seule vallée reste dans la loi du roi. Les maîtres de cette vallée se retournent vers les autres.
Impôt, bêtes, témoignage Suite de Rava. Puis la proclamation de shamta. Aire L'associé trouve paie la part du roi pour tous. L'aris retire seulement sa part. Acheter cela : gezel. Gage Habitant pour habitant. Barla de la terre et karga de l'année. Année passée : le roi est déjà payé. Le gage pour autrui tombe. Enclos Dans le tehoum : interdit d'acheter. Hors du tehoum : permis. Maîtres à la poursuite : interdit même dehors. Proclamation : témoignage pour un goy Un Israël connaît un témoignage utile au goy. Le goy ne le lui réclame pas. Il va pourtant témoigner au din des goyim contre son compagnon. Shamta. Motif ouvert : eux font sortir l'argent. Collecteur Israël qui a acheté le mas au roi : dina de-malkhouta, pas de gezel. Kuti : Rachi permet d'acheter de lui. Ce qui vient de l'aris reste du gezel.
L'associé trouve sur l'aire paie la part du roi pour tous. L'aris ne paie que son métayage. Le gage d'un habitant pour un autre vaut pour le barla et le karga de l'année. Bêtes des enclos : interdit dans le tehoum. Témoignage non requis pour un goy : shamta.
1
שֶׁלֹּא יִמְשְׁכֶנּוּ וְיֵצֵא. יָכוֹל יִגְלֹום עָלָיו? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְחִשַּׁב עִם קָנָהוּ״ – יְדַקְדֵּק עִם קוֹנֵהוּ!

Qu'on ne le tire pas pour qu'il sorte. On pourrait penser qu'on lui fait un igloum ?

Le verset enseigne : Il comptera avec celui qui l'a acquis. On sera exact avec celui qui l'acquiert.

📜 Rachi (2)
שֶׁלֹּא יִמְשְׁכֶנּוּ וְיֵצֵא כְּלוֹמַר שֶׁלֹּא יוֹצִיאוּהוּ בֵּית דִּין מִיַּד הַכּוּתִי אֶלָּא בִּגְאוּלָּה:
C'est-à-dire que le beit din ne le sort de la main du Kuti que par la geoula.
יִגְלֹום יָכוֹל יַנִּיחַ אֶת הַכְּנַעֲנִי לִכְפֹּול וּלְהוֹסִיף וְלִתְבֹּועַ מַה שֶׁלֹּא נָתַן:
On pourrait penser qu'on laisse le Kenaani doubler, ajouter, et réclamer ce qu'il n'a pas donné.
🗂️ Tossefot (2)
שֶׁלֹּא יִמְשְׁכֶנּוּ וְיֵצֵא כּוּ' וְהָנֵי תַּנָּאֵי דְּפֶרֶק הַמְקַבֵּל (בּ"מ דַּף קיא: וְשָׁם) דְּסָבְרִי דְּגֶזֶל הַכְּנַעֲנִי מֻותָּר מוֹקְמִי לֵהּ לְהַאי קְרָא לִדְרָשָׁה אַחֲרִיתִי:
Et ces Tannaim du chapitre HaMekabel (Bava Metzia 111b) qui tiennent que le gezel du Kenaani est permis établissent ce verset pour une autre derasha.
יָכוֹל יִגְלֹום עָלָיו פֵּי' בַּקּוּנְטְרֵס יָכוֹל יַנִּיחַ הַכְּנַעֲנִי לִכְפֹּול וּלְהוֹסִיף עַל הַלְוָאָתוֹ לִתְבֹּועַ מַה שֶׁלֹּא נָתַן וְתֵימַהּ לר"י דְּאַמַּאי אִצְטְרִיךְ קְרָא לְהָכִי דְּאַטּוּ יַפְסִיד וְיַנִּיחַ אֶת הַכְּנַעֲנִי לְהַטְעוֹת אֶת עַצְמוֹ וְנִרְאֶה לר"י דה"פ יָכוֹל יִגְלֹום עָלָיו שֶׁיִּטְעֶה אֶת הַכְּנַעֲנִי וְיִתֵּן לוֹ פָּחוֹת מִמַּה שֶׁנָּתַן לוֹ ת"ל וְחִשַּׁב עִם קוֹנֵהוּ וְכֵן פִּי' בֶּעָרוּךְ בְּעֵרֶךְ גֹּלֶם אע"ג דְּטָעוּת כְּנַעֲנִי הָיָה מֻותָּר אָסוּר לְהַטְעוֹתוֹ בְּמָקוֹם שֶׁהַכְּנַעֲנִי יוֹדֵעַ שֶׁגּוֹזֵל וְעוֹשֶׂה עַצְמוֹ כְּלֹא יָדַע:
Le commentaire explique : on pourrait laisser le Kenaani doubler et ajouter sur son prêt, pour réclamer ce qu'il n'a pas donné. Étonnement du Ri : pourquoi un verset serait-il requis pour cela ? Ira-t-on à perte, et laissera-t-on le Kenaani se tromper lui-même ? Il paraît au Ri que le sens est : on pourrait lui faire un igloum, tromper le Kenaani et lui donner moins que ce qu'il a donné. Le verset enseigne : Il comptera avec celui qui l'acquiert. L'Aroukh l'explique ainsi, à l'entrée galam. Même là où la taout du Kenaani était permise, il est interdit de le tromper là où le Kenaani sait qu'on le vole et se fait comme s'il ne savait pas.
💡 Explication

Suite du verset de la geoula. On ne tire pas l'eved ivri pour le faire sortir. Yiglom : fausser le compte avec l'acheteur.

Rachi lit une surenchère : laisser le Kenaani réclamer plus qu'il n'a versé. Le Ri et l'Aroukh lisent un sous-paiement. Le verset ve-hichev im konehou exige un compte exact. Tromper là où le Kenaani voit le vol reste interdit, même là où une simple taout serait permise.

🖼️ Schéma
Yiglom : deux lectures du compte Rachi Laisser le Kenaani doubler et réclamer ce qu'il n'a pas donné. Le verset l'écarte. Ri, Aroukh Tromper le Kenaani et lui donner moins que ce qu'il a versé. Entrée galam. Les deux lectures aboutissent au même verset : un compte exact.
Rachi : surenchère du Kenaani. Ri : lui verser moins que le prix.
2
אָמַר רַב יוֹסֵף: לָא קַשְׁיָא; הָא, בְּגוֹי, הָא בְּגֵר תּוֹשָׁב.

Rav Yossef dit : pas de difficulté. Ici, pour un goy.

Là, pour un ger tochav.

📜 Rachi (1)
גֵּר תּוֹשָׁב אֵין עוֹבֵד ע"ז וְאוֹכֵל נְבֵילוֹת:
Il ne sert pas l'avoda zara et il mange des nevelot.
💡 Explication

Rav Yossef coupe la tension entre le verset, qui exige un compte exact, et la baraïta qui permet les akifin face à un goy. Le verset viserait le ger tochav seul.

Rachi : ce ger ne sert pas l'avoda zara, et il mange des nevelot. Il reste hors du ger tzedek.

3
אָמַר לֵיהּ אַבַּיֵּי, וְהָא תַּרְוַייְהוּ גַּבֵּי הֲדָדֵי כְּתִיבִי: לֹא לְךָ, אֶלָּא לְגֵר – שֶׁנֶּאֱמַר: ״לְגֵר״. וְלֹא לְגֵר צֶדֶק, אֶלָּא לְגֵר תּוֹשָׁב – שֶׁנֶּאֱמַר: ״לְגֵר תּוֹשָׁב״.

Abaye lui dit : or les deux sont écrits l'un à côté de l'autre. Pas à toi, mais à un ger, car il est dit : à un ger.

Et pas à un ger tzedek, mais à un ger tochav, car il est dit : à un ger tochav.

📜 Rachi (1)
וְלֹא לְךָ אֶלָּא לְגֵר בְּקִדּוּשִׁין הִיא (ד' כ.) וּבַעֲרָכִין (דַּף ל:) כַּמָּה קָשֶׁה אֲבָקָהּ שֶׁל שְׁבִיעִית אָדָם שֶׁנּוֹשֵׂא וְנוֹתֵן בְּפֵירוֹת שְׁבִיעִית סוֹף מוֹכֵר אֶת עַצְמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר וְנִמְכַּר לָךְ לֹא לָךְ אֶלָּא לִכְנַעֲנִי כו' וְלַעַ"ז עַצְמָהּ לַחֲטֹוב עֵצִים וְלִשְׁאֹוב מַיִם וְאַכֻּולְּהוּ קָאֵי גְּאֻולָּה תִּהְיֶה לוֹ אַלְמָא גֶּזֶל כְּנַעֲנִי אָסוּר:
C'est dans Kiddouchin (20a) et dans Arakhin (30b). Combien est dure l'avaka de la cheviit. Un homme qui commerce les fruits de la cheviit finit par se vendre, car il est dit : et il sera vendu à toi. Pas à toi, mais à un Kenaani, etc. Et à l'avoda zara elle-même, pour fendre le bois et puiser l'eau. Et sur tous s'applique : il y aura pour lui une geoula. Donc le gezel du Kenaani est interdit.
💡 Explication

Abaye refuse le partage de Rav Yossef. La derasha enchaîne : pas à toi, mais à un ger ; pas à un ger tzedek, mais à un ger tochav. Les statuts sont dans le même verset.

Rachi renvoie à l'avaka de-cheviit : le commerce des fruits de cheviit mène à se vendre, jusqu'au Kenaani et jusqu'au service de l'avoda zara. La geoula porte sur tous. Le gezel du Kenaani en sort interdit.

4
״מִשְׁפַּחַת גֵּר״ – זֶה הַגּוֹי; כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר: ״אוֹ לַעֲקֹר״ – זֶה הַנִּמְכָּר לַעֲבוֹדָה זָרָה!

La famille d'un ger : c'est le goy. Quand il dit : ou à l'eker, c'est celui qui est vendu à l'avoda zara.

💡 Explication

La derasha continue. Michpahat ger : la famille du ger, le goy idolâtre. Eker : la souche, celui qui est vendu pour servir l'avoda zara, fendre le bois et puiser l'eau. Le compte exact du verset les atteint aussi.

5
אֶלָּא אָמַר רָבָא: לָא קַשְׁיָא; כָּאן בִּגְזֵילוֹ, וְכָאן בְּהַפְקָעַת הַלְוָואָתוֹ.

Rava dit plutôt : pas de difficulté. Ici, pour son gezel.

Là, pour la hafkaat halvaato.

📜 Rachi (1)
בְּהַפְקָעַת הַלְוָואָתוֹ שֶׁאֵין גֶּזֶל מַמָּשׁ שָׁרִי כִּי לֵיכָּא חִילּוּל הַשֵּׁם וּלְהַבְרִיחַ הַמֶּכֶס הָוֵי כְּהַפְקָעַת הַלְוָאָתוֹ:
Là où il n'y a pas de gezel effectif, c'est permis quand il n'y a pas de hilloul ha-Chem. Et esquiver le mokhes est comme la hafkaat de son prêt.
💡 Explication

Rava déplace le partage. Gezel : prise effective, interdite. Hafkaat halvaato : faire tomber une créance, sans enlever un bien en main. Permis s'il n'y a pas hilloul ha-Chem.

Rachi range l'esquive du mokhes dans cette hafkaat. Cela rejoint la michna de la douane, au daf précédent.

6
אָמַר לֵיהּ אַבַּיֵּי: עֶבֶד עִבְרִי – הַפְקָעַת הַלְוָואָתוֹ הוּא! רָבָא לְטַעְמֵיהּ, דְּאָמַר רָבָא: עֶבֶד עִבְרִי גּוּפוֹ קָנוּי.

Abaye lui dit : l'eved ivri, c'est la hafkaat de son prêt ! Rava reste dans son raisonnement, car Rava a dit : le corps de l'eved ivri est acquis.

📜 Rachi (2)
הַפְקָעַת הַלְוָאָתוֹ הוּא שֶׁהִלְוָהוּ עַל עֲבוֹדָתוֹ וְאַפֵּי' הָכֵי אָמַר ר' עֲקִיבָא לֹא יָצָא עַל כָּרְחוֹ:
Il lui a prêté contre son travail. Et même ainsi, Rabbi Akiva a dit qu'il ne sort pas contre son gré.
גּוּפוֹ קָנוּי כָּל שֵׁשׁ שָׁנִים וְנִמְצָא שֶׁגְּזָלוֹ מַמָּשׁ:
Pendant toutes les six années. Il se trouve qu'il l'a volé effectivement.
💡 Explication

Abaye : le prix payé par le maître est un prêt sur le travail. Faire sortir l'eved ivri par ruse serait une hafkaat. Or Rabbi Akiva l'interdit par le verset.

Rava tient goufo kanoui : le corps est acquis pour six ans. Le reprendre est un gezel effectif. Rachi : Rabbi Akiva refuse la sortie forcée, même si le fond est un prêt.

🖼️ Schéma
Sortir l'eved ivri avant le terme Prix versé Prêt contre le travail. Lecture d'Abaye. Hafkaat Faire tomber la créance. Abaye y range l'eved. Goufo kanoui Six ans : le corps est acquis. Rava : gezel mamach.
Abaye range l'eved dans la hafkaat. Rava : le corps acquis, donc gezel.
7
אָמַר רַב בִּיבִי בַּר גִּידֵּל אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן חֲסִידָא: גֶּזֶל גּוֹי אָסוּר, אֲבֵידָתוֹ מֻותֶּרֶת. גְּזֵילוֹ אָסוּר – דְּאָמַר רַב הוּנָא: מִנַּיִן לְגֶזֶל הַגּוֹי שֶׁהוּא אָסוּר? שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאָכַלְתָּ אֶת כָּל הָעַמִּים אֲשֶׁר ה׳ אֱ-לֹהֶיךָ נֹתֵן לְךָ״ – בִּזְמַן שֶׁהֵן מְסוּרִים בְּיָדְךָ, וְלֹא בִּזְמַן שֶׁאֵינָם מְסוּרִין בְּיָדְךָ.

Rav Beivai bar Guidel dit au nom de Rabbi Chim'on Hassida : le gezel d'un goy est interdit, son objet perdu est permis. Son gezel est interdit, car Rav Houna a dit : d'où tient-on que le gezel du goy est interdit ?

Car il est dit : Tu mangeras tous les peuples que Hachem ton D.ieu te livre. Quand ils sont livrés dans ta main, et non quand ils ne sont pas livrés dans ta main.

💡 Explication

Nouvelle formule. Gezel du goy : interdit. Aveida : permise. Rav Houna lit Devarim 7, 16 : consommer les peuples vaut quand ils sont mesourim be-yadkha, livrés dans ta main, au temps de la guerre. Hors de là, la prise reste interdite.

8
אֲבֵידָתוֹ מֻותֶּרֶת – דְּאָמַר רַב חָמָא בַּר גּוּרְיָא אָמַר רַב: מִנַּיִן לַאֲבֵידַת הַגּוֹי שֶׁהִיא מֻותֶּרֶת? שֶׁנֶּאֱמַר: ״לְכָל אֲבֵדַת אָחִיךָ״ – לְאָחִיךָ אַתָּה מַחֲזִיר, וְאִי אַתָּה מַחְזִיר לְגוֹי.

Son objet perdu est permis, car Rav Hama bar Gourya dit au nom de Rav : d'où tient-on que l'objet perdu du goy est permis ? Car il est dit : pour tout objet perdu de ton frère.

À ton frère tu rends. Tu ne rends pas au goy.

💡 Explication

Rav Hama au nom de Rav. Le verset de l'aveida (Devarim 22, 3) dit ahikha, ton frère. L'obligation de rendre vise le frère. Le goy en est hors.

9
וְאֵימָא הָנֵי מִילֵּי הֵיכָא דְּלָא אֲתַי לִידֵיהּ, דְּלָא מִחַייַּב לְאַהְדּוֹרֵי בָּתְרַהּ; אֲבָל הֵיכָא דְּאָתֵי לִידֵיהּ, אֵימָא לִיהְדְּרָה! אָמַר רָבִינָא: ״וּמְצָאַתָּה״ – דַּאֲתַאי לִידֵיהּ מַשְׁמַע. תַּנְיָא, רַבִּי פִּנְחָס בֶּן יָאִיר אוֹמֵר: בִּמְקוֹם שֶׁיֵּשׁ חִילּוּל הַשֵּׁם, אֲפִילּוּ אֲבֵידָתוֹ אָסוּר.

Et dis : ces paroles valent là où l'objet n'est pas venu dans sa main, car il n'est pas tenu de courir après. Mais là où il est venu dans sa main, dis qu'il le rende !

Ravina dit : et tu l'as trouvé. Cela implique qu'il est venu dans sa main.

On enseigne : Rabbi Pinhas ben Yair dit : là où il y a hilloul ha-Chem, même son objet perdu est interdit.

📜 Rachi (1)
וְהָנֵי מִילֵּי דְּבֹורְלָא אַבְרוּל אַרְעָא מַס קַרְקַע שֶׁאָכַל פֵּירוֹת:
Avrol ar'a : impôt de la terre dont il a mangé les fruits.
💡 Explication

Hava amina : l'aveida permise serait seulement celle qu'on n'a pas l'obligation de poursuivre. Une fois l'objet venu en main, on le rendrait. Ravina lit ou-metzatah : le verset parle de l'objet que tu as trouvé, déjà en main.

Rabbi Pinhas ben Yair pose la limite : là où garder l'objet fait hilloul ha-Chem, même l'aveida est interdite. La glose jointe ici porte sur le bourla, l'impôt foncier, que Rava reprend plus bas.

🖼️ Schéma
Aveida du goy : jusqu'où Hava amina Permis seulement si l'objet n'est pas venu en main. Ravina Ou-metzatah : tu l'as trouvé. Même en main. Limite Rabbi Pinhas ben Yair : hilloul ha-Chem. Le verset de l'aveida vise le frère. Le goy en est hors, sauf profanation du Nom.
Aveida permise même en main. Hilloul ha-Chem la rend interdite.
10
אָמַר שְׁמוּאֵל: טָעוּתוֹ מֻותֶּרֶת. כִּי הָא דִּשְׁמוּאֵל זְבַן מִגּוֹי לָקָנָא דְּדַהֲבָא בְּמַר דְּפַרְזְלָא – בְּאַרְבַּע זוּזֵי, וְאַבְלַע לֵיהּ חַד זוּזָא.

Chmouel dit : sa taout est permise. Comme ce cas où Chmouel acheta d'un goy un lakna d'or au prix d'un de fer, pour quatre zouz, et il lui fit absorber un zouz.

📜 Rachi (3)
טָעוּתוֹ הָיָה חַייָּב לוֹ לְיִשְׂרָאֵל וְטָעָה בַּחֶשְׁבּוֹן דְּלֵיכָּא חִילּוּל הַשֵּׁם:
Il devait à un Israël et s'est trompé dans le compte, de sorte qu'il n'y a pas de hilloul ha-Chem.
לָקָנָא דְּדַהֲבָא בְּמַר דְּפַרְזְלָא מִזְרָק שֶׁל זָהָב בְּחֶזְקַת שֶׁל נְחֹושֶׁת:
Un bassin d'or tenu pour du cuivre.
וָאִיבָּלַע לֵיהּ זוּזָא וְעוֹד טָעוּת אַחֶרֶת שֶׁעִיכֵּב זוּז מִדָּמָיו וְהִטְעָהוּ בַּחֶשְׁבּוֹן שֶׁלָּקַח ג' בִּמְקוֹם ד':
Et encore une autre erreur : il a retenu un zouz sur le prix et l'a trompé dans le compte, en prenant trois à la place de quatre.
💡 Explication

Taout : l'erreur du goy dans un compte. Chmouel la permet. Rachi fixe le cas : le goy devait à un Israël et s'est trompé, sans hilloul ha-Chem.

Le récit : un lakna d'or acheté au prix du fer, quatre zouz. Rachi lit le métal tenu pour du cuivre, et le zouz absorbé comme un second écart : trois versés au lieu de quatre.

11
רַב כָּהֲנָא זְבַן מִגּוֹי מְאָה וְעֶשְׂרִין חָבְיָתָא בִּמְאָה, וְאַבְלַע לֵיהּ חַד זוּזָא; אֲמַר לֵיהּ: חֲזִי, דַּעֲלָךְ קָא סָמֵיכְנָא. רָבִינָא זְבַן דִּיקְלָא הוּא וְגוֹי לְצַלָּחָא, אֲמַר לֵיהּ לְשַׁמָּעֵיהּ: קָדַם וְאַיְּיתִי מֵעִיקָּרוֹ, דְּגוֹי מִנְיָינָא יָדַע.

Rav Kahana acheta d'un goy cent vingt tonneaux pour cent, et il lui fit absorber un zouz. Il lui dit : Vois, c'est sur toi que je m'appuie.

Ravina acheta un palmier, lui et un goy, pour le fendre. Il dit à son serviteur : Prends les devants et apporte depuis le tronc, car le goy connaît le nombre.

📜 Rachi (3)
לְצָלְחָא לְבַקֵּעַ:
Pour fendre.
מֵעִיקָּרוֹ פַּסְקִית שֶׁל צַד הָעִיקָּר קַח לְצָרְכֵי שֶׁהֵן עָבִים:
Prends pour mes besoins les morceaux du côté du tronc, car ils sont épais.
דְּכוּתִי מִנְיָינָא יָדַע מִנְיַן הַפְּסָקִים מָנֶה אֲבָל לֹא נָתַן עֵינָיו כַּמָּה דַּקִּים יֵשׁ וְכַמָּה גַּסִּים יֵשׁ:
Il compte le nombre des morceaux, et il n'a pas regardé combien il y a de minces et combien de gros.
💡 Explication

Rav Kahana : cent vingt tonneaux au prix de cent, plus un zouz absorbé. La phrase vois, c'est sur toi que je m'appuie met le vendeur en demeure de vérifier.

Ravina partage un palmier le-tzalha, pour le fendre. Le serviteur prend les pièces du tronc, plus épaisses. Rachi : le Kuti compte les morceaux, sans distinguer minces et gros.

12
רַב אָשֵׁי הֲוָה קָאָזֵיל בְּאוֹרְחָא, חֲזָא שִׁיבְשָׁא דְגֻופְנָא בְּפַרְדֵּיסָא, וּתְלוּ בַּהּ קִיטּוּפֵי דְּעִינְבֵי. אֲמַר לֵיהּ לְשַׁמָּעֵיהּ: זִיל חֲזִי, אִי דְּגוֹי נִינְהוּ – אַיְּיתִי. אִי דְּיִשְׂרָאֵל נִינְהוּ – לָא אַייְּתִי לִי. שְׁמַע הָהוּא גּוֹי דַּהֲוָה יָתֵיב בְּפַרְדֵּיסָא, אֲמַר לֵיהּ: דְּגוֹי שָׁרִי?! אֲמַר לֵיהּ: גּוֹי שְׁקִיל דָּמֵי, יִשְׂרָאֵל לָא שָׁקֵיל דְּמֵי.

Rav Ashi allait en chemin. Il vit une branche de vigne dans un verger, et des grappes de raisins y pendaient.

Il dit à son serviteur : Va voir. Si elles sont à un goy, apporte.

Si elles sont à un Israël, ne me les apporte pas. Ce goy qui était assis dans le verger entendit.

Il lui dit : Ce qui est à un goy est permis ? Il lui dit : Un goy prend de l'argent.

Un Israël ne prend pas d'argent.

📜 Rachi (2)
שִׁיבְשָׁא זְמוֹרוֹת:
Des sarments.
קִטּוּפֵי אֶשְׁכּוֹלוֹת:
Des grappes.
🗂️ Tossefot (1)
הָכִי קָאָמֵינָא אִי דְּכוּתִי נִינְהוּ נִרְאֶה לר"י שֶׁכֵּן הָיָה דַּעְתּוֹ מִתְּחִילָּה כְּמוֹ שֶׁהֵשִׁיב לְהַכּוּתִי וְלֹא כְּמוֹ שֶׁהָיָה הַכּוּתִי סוֹבֵר דְּא"כ הָיָה סוֹבֵר דְּגָזַל הַכּוּתִי מֻותָּר דְּאֵין חִילּוּק בֵּין גְּנֵיבָה לִגְזֵילָה דְּבִגְנֵיבָה אִיכָּא חִילּוּל הַשֵּׁם כְּשֶׁיָּדַע לְבַסּוֹף וְכָל הָנָךְ שְׁמַעְתָּא לָא אַיְּיתִי אֶלָּא הַנְהוּ דְּאָסְרִי גֶּזֶל כְּנַעֲנִי וְלָא מַיְיתֵי תַּנָּאֵי דְּהַמְקַבֵּל (שָׁם) דְּשָׁרֵי:
Il paraît au Ri que telle était son intention dès le début, comme il le répondit au Kuti, et autrement que ce que le Kuti comprenait. Sinon, il aurait tenu que le gezel du Kuti est permis. Il n'y a pas de partage entre gueniva et guezela : dans la gueniva il y a hilloul ha-Chem quand l'autre le sait à la fin. Et tous ces enseignements ne rapportent que ceux qui interdisent le gezel du Kenaani. Ils ne rapportent pas les Tannaim de HaMekabel, là-bas, qui le permettent.
💡 Explication

Chivcha : sarment. Kitoufei : grappes. Rav Ashi envoie prendre celles du goy, pas celles de l'Israël. Le goy, qui a entendu, croit à un heter de gezel.

La réponse : le goy prend de l'argent, on le paie. L'Israël n'en prend pas : en prendre serait un gezel sans paiement. Tossefot : cette réponse était l'intention première. La page ne cite que les avis qui interdisent le gezel du Kenaani.

🖼️ Schéma
Quatre récits : garder la taout sans hilloul Chmouel Or au prix du fer. Quatre zouz. Un zouz absorbé. Rachi : trois au lieu de quatre. Rav Kahana 120 tonneaux au prix de 100. Un zouz absorbé. Vois : je m'appuie sur toi. Ravina Palmier à fendre, en commun. Prendre le tronc, les morceaux épais. Le goy compte. Rav Ashi Raisins. Goy : il prend l'argent. Israël : il n'en prend pas. Le gezel ouvert, là où le goy voit la prise, reste interdit.
Chmouel, Kahana, Ravina, Rav Ashi : la taout reste, le goy ne voit pas une prise.
13
גּוּפָא – אָמַר שְׁמוּאֵל: דִּינָא דְּמַלְכוּתָא דִּינָא. אָמַר רָבָא: תֵּדַע, דְּקָטְלִי דִּיקְלֵי וְגָשְׁרִי גִּישְׁרֵי – וְעָבְרִינַן עֲלַיְיהוּ.

Le corps de l'enseignement. Chmouel dit : dina de-malkhouta dina.

Rava dit : sache-le, car on coupe des palmiers et on construit des ponts, et nous passons dessus.

💡 Explication

Goufa : on reprend la formule elle-même. Chmouel : dina de-malkhouta dina, la loi du royaume est la loi. Rava : on coupe des palmiers sans l'accord des maîtres, on en fait des ponts, et on passe dessus. Le bois suit donc la loi du roi.

14
אָמַר לֵיהּ אַבַּיֵּי: וְדִלְמָא מִשּׁוּם דְּאִיַּיאוּשׁ לְהוּ מִינַּייְהוּ מָרַייְהוּ! אֲמַר לֵיהּ: אִי לָא דִּינָא דְמַלְכוּתָא דִּינָא, הֵיכִי מִיַּיאֲשִׁי?

Abaye lui dit : peut-être parce que leurs propriétaires en ont fait yeouch ! Il lui dit : si dina de-malkhouta n'était pas dina, comment auraient-ils renoncé ?

📜 Rachi (1)
הֵיכִי מִיַּאֲשִׁי כְּלוֹמַר מִי הָוֵי יֵאוּשׁ הָא יֵאוּשׁ כְּדִי הָוֵי וְאֵין כָּאן שִׁנּוּי רְשׁוּת שברה"ר הֵן וְשִׁינּוּי מַעֲשֶׂה נַמֵּי לֵיכָּא דְּהַשְׁתָּא נָמֵי גֻּובָּא דְּדִיקְלָא מִקְּרוּ:
C'est-à-dire : est-ce un yeouch ? C'est un yeouch nu. Il n'y a pas ici de changement de domaine, car elles sont dans le domaine public. Il n'y a pas non plus de changement de l'acte, car même maintenant on les appelle une poutre de palmier.
🗂️ Tossefot (1)
הֵיכִי מִיַּיאֲשִׁי הָיָה לָהֶם לִתְבֹּועַ בַּדִּין אֶת כָּל אָדָם הָעוֹבְרִים עֲלֵיהֶם אֶלָּא וַדַּאי לְכָךְ מִתְייָאֲשִׁים לְפִי שֶׁבְּדִין אֵין מְשַׁלְּמִין לָהֶם כְּלוּם מִשּׁוּם דְּדִינָא דְּמַלְכוּתָא דִּינָא וּבַקּוּנְטְרֵס פִּי' הֵיכִי מִיַּיאֲשִׁי כְּלוֹמַר מִי הָוֵי יֵאוּשׁ וְהָא יֵאוּשׁ כְּדִי הוּא וְלָא קָנֵי דְּאֵין כָּאן שִׁינּוּי רְשׁוּת שֶׁהֲרֵי הֵן מֻונָּחִים בִּרְשׁוּת הָרַבִּים וְשִׁינּוּי מַעֲשֶׂה נַמֵּי לֵיכָּא דְּהַשְׁתָּא נָמֵי הָוֵי גֻּובֵּי דְּדִיקְלֵי מִיקְּרוּ כִּדְאָמַר לְעֵיל בְּהַגּוֹזֵל קַמָּא (בָּבָא קַמָּא דַּף צו. וְשָׁם):
Ils auraient dû réclamer en justice contre toute personne qui passe dessus. C'est donc pour cela qu'ils renoncent : en justice on ne leur paie rien, parce que dina de-malkhouta dina. Et dans le commentaire il explique : comment renoncent-ils, c'est-à-dire est-ce un yeouch, et c'est un yeouch nu, et l'on n'acquiert pas, car il n'y a pas de changement de domaine, puisqu'elles sont posées dans le domaine public. Il n'y a pas non plus de changement de l'acte, car même maintenant on les appelle des poutres de palmiers, comme il est dit plus haut dans HaGozel Kama (Bava Kamma 96a).
💡 Explication

Abaye : le passage sur les ponts viendrait du yeouch des propriétaires. Rava répond que, sans dina de-malkhouta, ce yeouch n'opérerait pas le transfert.

Rachi : yeouch kedei, renoncement nu. Les poutres sont dans le rechout ha-rabim, sans shinoui rechout. On les appelle encore gouva de-dikla, sans shinoui maaseh. Tossefot : les maîtres renoncent parce que le din ne leur paie rien, du fait de la loi du roi.

15
וְהָא לָא קָא עָבְדִי כִּדְאָמַר מַלְכָּא – מַלְכָּא אֲמַר: זִילוּ וּקְטֻלוּ מִכֹּל בָּאגֵי, וְאִינְהוּ אָזְלוּ וְקָטְלוּ מֵחַד בָּאגָא!

Or ils n'agissent pas comme le roi l'a dit. Le roi a dit : allez et coupez dans toutes les vallées.

Et eux sont allés et ont coupé dans une seule vallée.

📜 Rachi (2)
וְהָא לָא עָבְדִי שְׁלִיחוּתֵיהּ כִּדְקָאָמַר מַלְכָּא וְאִשְׁתְּכַח דְּלָאו דִּינָא דְּמַלְכוּתָא הוּא וְאַמַּאי עָבְרִינַן עֲלַיְיהוּ:
Et il se trouve que dina de-malkhouta fait défaut. Pourquoi passons-nous dessus ?
בְּאָגֵא בִּקְעָה:
Une vallée.
💡 Explication

Objection. L'ordre du roi : prélever dans chaque baga, chaque vallée, pour que la perte se partage. Les agents vident une seule vallée. Rachi : cela sort de la mission du roi. Le passage sur ces ponts resterait alors sans appui.

16
שְׁלוּחָא דְּמַלְכָּא – כְּמַלְכָּא, וְלָא טָרַח; וְאִינְהוּ אַפְסִיד אַנַּפְשַׁיְיהוּ – דְּאִיבְּעִי לְהוּ (דְּאִינְּקוּט) [לְמִינְקַט] מִכּוּלֵּיהּ בָּאגֵי, וּמִשְׁקָל דָּמֵי.

L'envoyé du roi est comme le roi, et il ne se donne pas cette peine. Et eux se sont causé la perte : ils auraient dû prélever sur toutes les vallées et prendre l'argent.

📜 Rachi (1)
וְלֹא טָרַח אֵין עָלָיו לִטְרֹוחַ וְלִיקַּח מִזֶּה אֶחָד וּמִזֶּה אֶחָד:
Il n'a pas à se fatiguer pour prendre un d'ici et un de là.
💡 Explication

Chelouha de-malka ke-malka : l'agent a le rang du roi. Il n'est pas tenu d'aller de vallée en vallée. Rachi : pas un tronc ici et un tronc là.

La perte retombe sur les maîtres de la vallée coupée. À eux de se retourner vers les autres vallées et d'en prendre l'argent. Le prélèvement de l'agent reste dans la loi du roi.

17
אָמַר רָבָא: מַאן דְּמִשְׁתְּכַח בְּבֵי דָרֵי, פָּרַע מְנָתָא דְּמַלְכָּא. וְהָנֵי מִילֵּי שֻׁותָּפָא, אֲבָל אֲרִיסָא – אֲרִיסוּתֵיהּ הוּא דְּקָא מַפֵּיק.

Rava dit : celui qu'on trouve dans l'aire paie la part du roi. Et ces paroles valent pour un associé.

Mais un aris : c'est son métayage qu'il retire.

📜 Rachi (3)
דְּמִשְׁתְּכַח בְּבֵי דָּרֵי הָיוּ אַרְבָּעָה שֻׁותָּפִין בַּגֹּורֶן וְהֵבִיאוּ שְׁלֹשָׁה חֶלְקָן בְּבֵיתָן וְהָרְבִיעִי' נִמְצָא בַּגֹּורֶן:
Ils étaient quatre associés sur l'aire. Trois ont porté leur part dans leur maison, et le quatrième se trouve sur l'aire.
פָּרַע מְנָתָא דְּמַלְכָּא בִּשְׁבִיל כֻּולָּם וְלִכְשֶׁיָּבֹאוּ חֲבֵירָיו אֵין יְכוֹלִין לוֹמַר שֶׁלְּךָ הָיָה וְלֹא שֶׁלָּנוּ וְאִם גַּבַּאי זֶה יִשְׂרָאֵל הוּא שֶׁקָּנָה מִן הַמֶּלֶךְ אֶת הַמַּס אֵין כָּאן מִשּׁוּם גֶּזֶל דְּדִינָא דְּמַלְכוּתָא דִּינָא וְאִם כּוּתִי הוּא מֻותָּר לִקְנוֹת מִמֶּנּוּ:
Pour tous. Et quand ses compagnons viennent, ils ne peuvent pas dire : c'était à toi, et non à nous. Si ce collecteur est un Israël qui a acheté l'impôt au roi, il n'y a pas là de gezel, car dina de-malkhouta dina. S'il est un Kuti, il est permis d'acheter de lui.
אָרִיסוּתֵיהּ מַפִּיק דְּאֵין לוֹ חֵלֶק בְּגוּפוֹ שֶׁל קַרְקַע וְאֵין עָלָיו לִפְרֹועַ חֵלֶק עַל הַבַּיִת וּלְעִנְיַן זִבּוּנִי לָא מְזַבְּנִינַן מִינֵּיהּ דְּגֶזֶל הוּא מַה שֶׁנָּטְלוּ מִן הָאָרִיס:
Il n'a pas de part dans le corps de la terre, et il n'a pas à payer une part sur le fonds. Pour la vente, on n'achète pas de lui : ce qu'on a pris à l'aris est du gezel.
💡 Explication

Même logique que l'agent du roi. Sur le beit ha-gouren, celui des associés qu'on trouve paie la manat ha-melekh pour tous. Il se retournera ensuite vers les autres. Rachi : trois ont déjà rentré leur grain. Le quatrième ne peut pas se faire répondre que le grain saisi était le sien seul.

L'aris n'a pas de part dans le sol. On ne prélève sur lui que son métayage. Acheter au collecteur ce qui a été pris à l'aris est du gezel. Le collecteur Israël qui a acheté le mas au roi agit dans dina de-malkhouta.

🖼️ Schéma
Qui paie la part du roi sur l'aire Choutaf Quatre associés. Trois ont rentré leur part. Celui qui reste paie pour tous. Les autres ne disent pas : c'était à toi. Aris Pas de part dans le corps du sol. Il retire son métayage. Acheter cette part : gezel.
L'associé présent paie pour tous. L'aris ne répond que de sa part.
18
וְאָמַר רָבָא: בַּר מָתָא אַבַּר מָתָא מִיעֲבָט. וְהָנֵי מִילֵּי דְּבֹרָלָא אַרְעָא וּכְרָגָא דְּהַאי שַׁתָּא, אֲבָל שַׁתָּא דַּחֲלֵיף – הוֹאִיל וַאֲפַיֵּיס מַלְכָּא, חֲלֵיף.

Et Rava dit : un homme de la ville, on le prend en gage pour un homme de la ville. Et ces paroles valent pour le barla de la terre et le karga de cette année.

Mais une année qui a passé, puisque le roi a été apaisé, elle a passé.

📜 Rachi (3)
בַּר מָתָא אַבַּר מָתָא מִיעֲבָט רְשׁוּת בְּיַד יִשְׂרָאֵל גַּבַּאי הַמֶּלֶךְ לְמַשְׁכֵּן בֶּן הֵעִיר עַל מַס בֶּן עִיר חֲבֵירוֹ דְּדִינָא דְּמַלְכוּתָא דִּינָא:
Un collecteur israélite du roi a le droit de prendre un gage sur un habitant pour l'impôt de son compagnon habitant, car dina de-malkhouta dina.
וּכְרָגָא כֶּסֶף גֻּולְגֹּולֶת דְּשַׁתָּא דָּא:
L'argent de capitation de cette année.
אֲבָל שַׁתָּא דַּחֲלֵיף חֲלֵיף וְהוּא הַגַּבַּאי כְּבָר פָּרַע לַמֶּלֶךְ כָּל קִצְבָּה שֶׁקִּיבֵּל עָלָיו שָׁנָה שֶׁעָבְרָה וּמֵעַתָּה הַמַּס שֶׁלּוֹ וְלוֹ אֵין כֹּחַ לְמַשְׁכֵּן אֶת זֶה עַל חֲבֵירוֹ:
Le collecteur a déjà payé au roi toute la quote-part qu'il avait acceptée pour l'année passée. Désormais l'impôt est à lui, et il n'a pas le pouvoir de prendre un gage sur celui-ci pour son compagnon.
💡 Explication

Bar mata a-var mata mi'abat : le bien d'un habitant peut être saisi pour l'impôt d'un autre habitant. Rachi vise le collecteur israélite du roi.

Limite : le barla (avrol ar'a, impôt de la terre, sur les fruits) et le karga (capitation) de l'année en cours. L'année écoulée : le collecteur a déjà soldé la ketzava du roi. Le surplus est à lui. Il ne saisit plus l'un pour l'autre.

19
וְאָמַר רָבָא: הָנֵי דְּדָייְרִי דָּרֵי בְּתוֹךְ הַתְּחוּם – אָסוּר לִיקַּח מֵהֶן. מַאי טַעְמָא? מִשּׁוּם דִּמְעָרְבָא חֵיוְתָא דְמָתָא בַּהֲדַיְיהוּ.

Et Rava dit : ceux qui installent des enclos à l'intérieur du tehoum, il est interdit d'acheter d'eux. Quelle est la raison ?

Parce que les bêtes de la ville se mêlent aux leurs.

📜 Rachi (2)
דְּדָייְרִי דָּרֵי עַכּוּ"ם שֶׁיֵּשׁ לָהֶם בְּהֵמוֹת וּמְזַבְּלִין מֵהֶן שָׂדוֹת בְּשָׂכָר:
Des akoum qui ont des bêtes et qui en fument les champs contre salaire.
אָסוּר לִיקַּח מֵהֶן בְּהֵמָה שֶׁמָּא נִתְחַבְּרָה עִם בַּהֲמוֹתֵיהֶם שֶׁל יִשְׂרָאֵל וְשֶׁל בְּנֵי יִשְׂרָאֵל הוּא:
Une bête, de crainte qu'elle se soit jointe aux bêtes d'Israël et qu'elle appartienne aux enfants d'Israël.
💡 Explication

Les dayyarei direi tiennent des enclos dans le tehoum et font passer leurs bêtes dans les champs, contre salaire, pour le fumier. Rachi : des akoum, payés pour fumer les champs.

Acheter une bête chez eux est interdit : les bêtes de la ville, celles d'Israël, se mêlent au troupeau. On risquerait d'acheter un bien volé.

🖼️ Schéma
Acheter une bête à ceux des enclos Dans le tehoum Bêtes de la ville mélangées aux leurs. Interdit. Hors du tehoum Le mélange avec la ville tombe. Permis. Poursuite Les maîtres courent après les bêtes. Interdit dehors aussi.
Dans le tehoum, interdit. Dehors, permis. Si les maîtres poursuivent, interdit aussi.
20
חוּץ לַתְּחוּם – מֻותָּר לִיקַּח מֵהֶם. אָמַר רָבִינָא: אִם הָיוּ בְּעָלִים מְרַדְּפִים אַחֲרֵיהֶם, אֲפִילּוּ חוּץ לַתְּחוּם אָסוּר.

Hors du tehoum, il est permis d'acheter d'eux. Ravina dit : si les propriétaires couraient après elles, même hors du tehoum c'est interdit.

💡 Explication

Hors du tehoum, le mélange avec les bêtes de la ville tombe : l'achat est permis. Ravina : si les propriétaires sont à la poursuite des bêtes, la fuite elle-même signale un mélange ou une prise. L'interdit tient même hors du tehoum.

21
מַכְרִיז רָבָא, וְאִיתֵּימָא רַב הוּנָא: דְּסָלְקִין לְעֵילָּא וּדְנָחֲתִין לְתַתָּא – הַאי בַּר יִשְׂרָאֵל דְּיָדַע סָהֲדוּתָא דְגוֹי (וְלֹא תְּבָעוֹ מִינֵּיהּ), וְאָזֵיל וּמַסְהֵיד לֵיהּ בְּדִינָא דְּגוֹיִם עַל יִשְׂרָאֵל חַבְרֵיהּ – מְשַׁמְּתִינַן לֵיהּ. מַאי טַעְמָא? דְּאִינְהוּ מַפְּקִי מָמוֹנָא

Rava fait proclamer, et certains disent Rav Houna : ceux qui montent en haut et ceux qui descendent en bas. Ce fils d'Israël qui connaît un témoignage pour un goy, et que celui-ci ne le lui a pas réclamé, et qui va témoigner pour lui dans un tribunal de goyim contre son compagnon israélite, on le frappe de shamta.

Quelle est la raison ? Parce qu'eux font sortir l'argent.

💡 Explication

Proclamation sur les routes, pour ceux qui montent et ceux qui descendent. Un Israël connaît une sahadouta utile à un goy. Le goy ne la lui réclame pas. Il va pourtant témoigner au dina de-goyim contre un autre Israël.

On le frappe de shamta. Le motif commence ici : ces tribunaux font sortir l'argent. La phrase reste ouverte sur le daf suivant.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).