Bava Kamma 114a — Shamta, yeush, peaux du ganav et du gazlan

Bava_Kamma 114a

Sougya : La page ouvre sur la fin de l'annonce de Rava : on frappe de shamta le Juif qui témoigne pour un goy contre un autre Juif sur la parole d'un seul, au tribunal de village. Deux témoins, ou le tribunal du pouvoir qui n'impose qu'un serment, ne mènent pas à la shamta.

Rav Ashi laisse en teikou le cas de l'homme important, puis frappe de shamta la vente d'un champ à un goy sur la limite d'un Juif, jusqu'à ce que le vendeur prenne sur lui tout oness. La michna traite l'âne et le vêtement échangés par les percepteurs ou les bandits, le sauvetage, et l'essaim d'abeilles : le yeush des propriétaires.

La Guemara demande si le yeush seul acquiert, déplace la distinction goy et Israël sur la fin de la michna, puis lit la michna des peaux (Kelim) : gazlan et ganav, Oula et Rabba sur le yeush connu. Une baraïta sur le hekdesh, la terouma et le maasser se résout par le bandit armé, ou par Rabbi, pour qui le ganav est comme le gazlan.

Shamta : témoignage au din goy, et champ en limite Suite de Rava (113b). Puis Rav Ashi : homme important, et vente au goy. Un seul témoin Tribunal de village (dinei de-magista) Ils font sortir l'argent sur une parole. Perte sans droit. Shamta Deux témoins Le din d'Israël aussi ferait sortir l'argent. Il paie ce qu'il doit. Tossefot : même si, plus haut, on a permis l'hafka'at halvaa. Pas de shamta Un seul, bei davar Tribunal du pouvoir. Sur un témoin : serment, pas d'argent. Comme le din de la Torah. Rachi, autre lecture : de-maguzta, oppresseurs. Adam hashuv, Rav Ashi Ils s'appuient sur lui comme sur deux. Doit-il se taire ? Ou témoigner, puisqu'il ne peut se dérober ? Teikou Champ vendu au goy En limite d'un Juif. Pas le dina de-bar metsra (BM 108b). Tu as fait coucher un lion sur ma limite. Shamta. Jusqu'où dure la shamta Jusqu'à ce qu'il accepte sur lui tout oness qui vient de ce goy. Rabbeinou Tam : seulement si un Juif offre le même prix. Si le goy paie davantage, on ne force pas cette perte.
Shamta : un témoin au village, deux témoins, bei davar, homme important, lion en limite.
Michna : le bien change de main par le yeush Reisha : yeush présumé. Seifa : yeush qu'on a entendu. Puis la baraïta. Reisha : échange par les percepteurs ou les bandits Âne contre âne, vêtement contre vêtement. Ces objets sont à lui. Rachi : yeush immédiat, plus changement de domaine (shinouy reshut). Seifa : sauvetage Du fleuve, de la troupe (gayis), bandits. À lui seulement si yeush entendu : malheur pour la perte de bourse. Essaim d'abeilles Même règle : s'ils ont renoncé, l'essaim est à celui qui le prend. Suite : femme, katan, champ, branche. Baraïta : yeush seul n'acquiert pas S'il a pris l'âne des mokhsin, il le rend aux premiers maîtres. Le mokhes n'a pas acquis sans argent ni shinouy maaseh. Le second l'a reçu dans l'interdit. La baraïta diverge de la michna. Autre version : yeush seul acquiert Il n'est pas tenu de rendre. S'il vient rendre, en hassid, il rend aux premiers maîtres, et non au percepteur. Formule : je ne veux pas d'un bien qui n'est pas à moi.
Michna : échange, sauvetage, essaim. Baraïta : le yeush seul acquiert-il ?
Peaux : mahshava, yeush, Oula et Rabba Michna Kelim 26:8. La pensée rend impur si l'objet est à lui, donc s'il y a yeush. Sages Gazlan : on sait qui a pris. Pas de yeush. Mahshava inutile. Ganav : on ignore à qui réclamer. Yeush. La mahshava rend impur. Particulier : oui. Tanneur : non, sa pensée vise encore la vente. Rabbi Shimon : l'inverse Gazlan : prise ouverte, on ne peut tenir devant lui. Yeush. Ganav : je le chercherai, je le trouverai. Pas de yeush. Raison dite : les propriétaires n'ont pas renoncé. Oula : mahloket sur le stam Cas connu (on a entendu le yeush) : tous, le yeush acquiert. Même le ganav pour Rabbi Shimon, même le gazlan pour les Sages. Rabba : même le cas connu Yeush entendu, et pourtant l'intention reste de saisir au din. Gazlan pour les Sages. Ganav pour Rabbi Shimon. Abaye lit la michna pour Oula. Rabba relit la même phrase. Parce qu'ils n'ont pas renoncé : donc s'ils ont renoncé, les peaux sont à lui. Rabba enseigne : parce qu'il n'y a pas de yeush pour les propriétaires. Tossefot : il n'amende pas le texte. Le cœur n'a pas renoncé, même s'ils le disent. Suite de la page : la michna de l'âne, puis hekdesh, terouma, maasser.
Peaux de Kelim. Sages et Rabbi Shimon. Oula limite le différend au stam. Rabba l'étend au yeush connu.
1
אַפֻּומָּא דְּחַד. וְלָא אֲמַרַן אֶלָּא חַד, אֲבָל בִּתְרֵי לָא. וְחַד נָמֵי לָא אֲמַרַן אֶלָּא בְּדִינֵי דְמָגִיסְתָּא, אֲבָל בֵּי דַּוָּואר – אִינְהוּ נָמֵי חַד אַמּוֹמְתָא שָׁדוּ לֵיהּ.

Sur la parole d'un seul. Et nous n'avons dit cela que pour un seul, mais pour deux, non.

Et pour un seul aussi, nous ne l'avons dit que dans les tribunaux de village (dinei de-magista). Mais au tribunal du pouvoir (bei davar), eux aussi lui jettent un serment sur un seul.

📜 Rachi (4)
אַפֻּומָּא דְּחַד וְנִמְצָא שֶׁהִפְסִידוֹ שֶׁלֹּא כַּדִּין:
Sur la parole d'un seul : et il se trouve qu'ils lui ont fait perdre son bien sans droit.
דְּמָגִיסְתָּא בְּנֵי כְּפָר שֶׁאֵין יוֹדְעִין לָדוּן בַּמִּשְׁפָּט:
De-magista : des gens de village, qui ne savent pas juger selon le droit.
בֵּי דַּוָּואר שִׁלְטוֹן:
Bei davar : le pouvoir.
חַד אַמּוֹמְתָא שָׁדוּ לֵיהּ עַל פִּי עֵד אֶחָד אֵין מוֹצִיאִין מָמוֹן אֲבָל מְחַייְּבִין בַּעַל דִּין שְׁבוּעָה לְהַכְחִישׁ הָעֵד כְּדִין תּוֹרָה לָשׁוֹן אַחֵר דְּמִגּוֹזְתָא אַנָּסִין בַּחֲזָקָה כְּמוֹ אָתוּ גּוֹזָאֵי וְקָא מָחוּ לֵיהּ (מְגִילָּה כח.) סָרִיסִים (שֶׁל בֵּית רַבִּי) הָעוֹמְדִין לִרְדּוֹת בַּחֲזָקָה:
Ils lui jettent un serment sur un seul : sur la parole d'un seul témoin on ne fait pas sortir d'argent, mais on oblige la partie à un serment pour contredire le témoin, selon le droit de la Torah. Autre lecture : de-maguzta, des oppresseurs par la force, comme : vinrent les gozai et ils le frappaient (Meguila 28a), les eunuques de la maison de Rabbi, chargés de châtier par la force.
🗂️ Tossefot (1)
וְלָא אֲמַרַן אֶלָּא חַד אֲבָל בִּתְרֵי לָא וא"ת וְהָא לְעֵיל שָׁרִי לְהַפְקָעַת הַלְוָאָה וא"כ מַפְסִידִים אוֹתוֹ הַרְבֵּה שֶׁאִם הָיָה רוֹצֶה יָכוֹל לִכְפֹּור וְי"ל דְּמִכָּל מָקוֹם לָא מְשַׁמְּתִינַן לֵיהּ כֵּיוָן שֶׁאֵין מְשַׁלֵּם עַל יָדָם אֶלָּא מַה שֶׁחַיָּיב לוֹ:
Et nous n'avons dit cela que pour un seul, mais pour deux, non. Et si tu dis : plus haut on a permis l'annulation d'un prêt (hafka'at halvaa), et alors ils lui font perdre beaucoup, car s'il voulait il pouvait nier. On répond : de toute façon on ne le frappe pas de shamta, puisqu'il ne paie par leur fait que ce qu'il lui doit.
💡 Explication

Fin de l'annonce de Rava (113b) : shamta pour le Juif qui témoigne au din goy contre son compagnon. Ici, la limite. Un seul témoin, dans un tribunal de village qui ignore le din : ils extraient l'argent, perte sans droit, shamta. Deux témoins : le din d'Israël aussi ferait payer.

Bei davar, le tribunal du pouvoir : sur un seul témoin, serment, comme la Torah. Pas d'extraction. Tossefot : même là où l'hafka'at halvaa aurait permis de nier, on ne frappe pas de shamta, car il ne paie que sa dette.

2
אָמַר רַב אַשִּׁי: כִּי הֲוֵינָא בֵּי רַב הוּנָא, אִיבַּעְיָא לַן: אָדָם חָשׁוּב דְּסָמְכִי עֲלֵיהּ כְּבֵי תְרֵי – מַפְּקִי מָמוֹנָא אַפֻּומֵּיהּ, וְלָא אִיבְּעִי לֵיהּ לְאַסְהוֹדֵי; אוֹ דִּלְמָא כֵּיוָן דְּאָדָם חָשׁוּב הוּא – לָא מָצֵי מִשְׁתְּמִיט לְהוּ, וּמָצֵי לְאַסְהוֹדֵי? תֵּיקוּ.

Rav Ashi dit : quand j'étais chez Rav Houna, on nous a posé cette question. Un homme important, sur qui ils s'appuient comme sur deux : ils font sortir un bien sur sa parole, et il ne doit pas témoigner.

Ou bien, puisqu'il est un homme important, il ne peut pas se dérober à eux, et il peut témoigner ? Teikou.

💡 Explication

Adam hashuv : le din goy traite sa parole comme deux témoins, donc extrait l'argent. Doit-il refuser de témoigner ? Ou le peut-il, parce qu'il ne peut pas se dérober aux autorités ? Teikou : la question reste sans décision.

3
אָמַר רַב אַשִּׁי: הַאי בַּר יִשְׂרָאֵל דְּזַבֵּין לֵיהּ אַרְעָא לְגוֹי אַמִּצְרָא דְּבַר יִשְׂרָאֵל חַבְרֵיהּ – מְשַׁמְּתִינַן לֵיהּ. מַאי טַעְמָא? אִי נֵימָא מִשּׁוּם דִּינָא דְּבַר מִצְרָא, וְהָאָמַר מַר: זְבַן מִגּוֹי, וְזַבֵּין לְגוֹי, לֵיכָּא מִשּׁוּם דִּינָא דְּבַר מִצְרָא!

Rav Ashi dit : ce Juif qui vend un champ à un goy sur la limite de son compagnon juif, on le frappe de shamta. Quelle est la raison ?

Si l'on dit : à cause du droit du riverain (dina de-bar metsra). Mais le maître a dit : celui qui achète d'un goy, et celui qui vend à un goy, il n'y a pas de droit du riverain !

📜 Rachi (1)
וְהָאָמַר מָר זָבִין מֵעַכּוּ"ם כו' בְּבָבָא מְצִיעָא בְּהַמְקַבֵּל:
Et le maître a dit : celui qui achète d'un akoum, etc. : dans Bava Metsia, au chapitre Ha-mekabel.
🗂️ Tossefot (1)
לֵיכָּא מִשּׁוּם דִּינָא דְּבַר מִצְרָא פֵּירַשְׁתִּי בְּפֶרֶק הַמְקַבֵּל (בּ"מ דַּף קח:):
Il n'y a pas de droit du riverain : je l'ai expliqué au chapitre Ha-mekabel (Bava Metsia 108b).
💡 Explication

Deuxième shamta de Rav Ashi. Vendre un champ à un goy sur la limite d'un Juif. Le dina de-bar metsra (priorité du voisin riverain) ne s'applique pas à un achat fait d'un goy ni à une vente faite à un goy. La raison est ailleurs.

4
אֶלָּא דְּאָמְרִינַן לֵיהּ: אַרְבַּעְתְּ לִי אַרְיָא אַמִּצְרַאי. מְשַׁמְּתִינַן לֵיהּ עַד דְּקַבֵּיל עֲלֵיהּ כֹּל אֻונְסָא דְּאָתֵי מֵחֲמָתֵיהּ.

Plutôt, on lui dit : tu as fait coucher un lion sur ma limite. On le frappe de shamta jusqu'à ce qu'il accepte sur lui tout accident (oness) qui vient de son fait.

📜 Rachi (1)
אַרְבָעִית הִרְבַּעְתָּ:
Tu as fait coucher : tu as fait reposer.
🗂️ Tossefot (1)
עַד דִּמְקַבֵּל עִילָּוֵיהּ כּוּ' אוֹמֵר ר"ת דְּהַייְנוּ דַּוְקָא כְּשֶׁיִּשְׂרָאֵל רוֹצֶה לִיתֵּן לוֹ כְּמוֹ שֶׁנּוֹתֵן לוֹ הָעַכּוּ"ם אֲבָל אִם הָעַכּוּ"ם רוֹצֶה לִיתֵּן לוֹ יוֹתֵר אֵין לְהַפְסִיד בִּשְׁבִיל כֵּן:
Jusqu'à ce qu'il accepte sur lui, etc. Rabbeinou Tam dit : cela vise justement le cas où un Israël veut lui donner autant que l'akoum lui donne. Mais si l'akoum veut lui donner davantage, on ne lui fait pas subir cette perte pour cela.
💡 Explication

Le voisin dit au vendeur : tu as placé un lion sur ma limite. Le goy peut nuire. La shamta tient jusqu'à ce que le vendeur prenne sur lui tout oness qui en sort.

Rabbeinou Tam : on n'impose cela que si un Juif est prêt à payer le même prix. Un prix supérieur offert par le goy ne se refuse pas au vendeur.

5
מַתְנִי׳ נָטְלוּ מוֹכְסִין אֶת חֲמוֹרוֹ וְנָתְנוּ לוֹ חֲמוֹר אַחֵר, נָטְלוּ לִסְטִים אֶת כְּסוּתוֹ וְנָתְנוּ לוֹ כְּסוּת אַחֶרֶת – הֲרֵי אֵלּוּ שֶׁלּוֹ, מִפְּנֵי שֶׁהַבְּעָלִים מִתְיָיאֲשִׁין מֵהֶן. הַמַּצִּיל מִן הַנָּהָר אוֹ מִן הַגַּיִיס אוֹ מִן הַלִּסְטִין, אִם נִתְייָאֲשׁוּ הַבְּעָלִים – הֲרֵי אֵלּוּ שֶׁלּוֹ. וְכֵן נְחִיל שֶׁל דְּבוֹרִים, אִם נִתְיָיאֲשׁוּ – הֲרֵי אֵלּוּ שֶׁלּוֹ.

Michna. Des percepteurs ont pris son âne et lui ont donné un autre âne.

Des bandits ont pris son vêtement et lui ont donné un autre vêtement. Ces objets sont à lui, parce que les propriétaires y renoncent.

Celui qui sauve du fleuve, ou de la troupe (gayis), ou des bandits : s'ils y ont renoncé, ces objets sont à lui. Et de même un essaim d'abeilles : s'ils y ont renoncé, il est à lui.

📜 Rachi (3)
מַתְנֵי' הֲרֵי אֵלּוּ שֶׁלּוֹ דְּמִסְּתָמָא נִתְייָאֲשׁוּ הַבְּעָלִים מִיָּד וְקִנְּנָהוּ הֵיאַךְ בְּיֵאוּשׁ וְשִׁינּוּי רְשׁוּת:
Michna. Ces objets sont à lui : car, par présomption, les propriétaires y ont renoncé aussitôt, et celui-ci les a acquis par le yeush et le changement de domaine (shinouy reshut).
אִם נִתְיָיאֲשׁוּ הַבְּעָלִים דְּשָׁמְעִינַן דְּאִיַּיאוּשׁ דְּאָמַר ווַי לְחֶסְרוֹן כִּיס אֲבָל סְתָמָא לֹא וְקַשְׁיָא לִסְטִים דְּסֵיפָא אַלִּסְטִים דְּרֵישָׁא וּבַגְּמָרָא פָּרֵיךְ וּמְשַׁנֵּי לָהּ חֲדָא בְּלִסְטִים עַכּוּ"ם וַחֲדָא בְּלִיסְטִים יִשְׂרָאֵל דְּמִיַּיאַשׁ מִסְּתָמָא:
S'ils y ont renoncé : les propriétaires, quand nous avons entendu qu'il a renoncé, qu'il a dit : malheur pour la perte de bourse. Mais sans précision, non. Et les bandits de la fin font difficulté face aux bandits du début. Dans la Guemara on objecte, et l'on répond : l'un pour des bandits akoum, l'autre pour des bandits d'Israël, dont on renonce par présomption.
נְחִיל גיור"א:
Essaim : essaim (laaz : geyora).
💡 Explication

Trois cas. Reisha : mokhsin ou listim donnent un bien pris à un autre. Il est à lui, yeush présumé, plus shinouy reshut. Seifa : sauvetage du fleuve, d'une troupe, de bandits, et essaim. Il faut un yeush qu'on a entendu. Formule de Rachi : malheur pour la perte de bourse.

Rachi signale déjà la tension entre les listim du début et ceux de la fin. La Guemara la tranchera : goy et Israël.

6
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן בְּרוֹקָה: נֶאֱמֶנֶת אִשָּׁה אוֹ קָטָן לוֹמַר: מִכָּאן יָצָא נְחִיל זֶה. וּמְהַלֵּךְ בְּתוֹךְ שְׂדֵה חֲבֵירוֹ לְהַצִּיל אֶת נְחִילוֹ, וְאִם הִזִּיק – מְשַׁלֵּם מַה שֶּׁהִזִּיק. אֲבָל לֹא יָקֹוץ אֶת סוֹכוֹ עַל מְנָת לִיתֵּן אֶת הַדָּמִים. רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן בְּרוֹקָה אוֹמֵר: אַף קוֹצֵץ וְנוֹתֵן אֶת הַדָּמִים.

Rabbi Yo'hanan ben Beroka dit : une femme ou un mineur est cru pour dire : c'est d'ici qu'est sorti cet essaim. Il marche dans le champ de son compagnon pour sauver son essaim, et s'il a causé un dommage, il paie ce qu'il a endommagé.

Mais il ne coupe pas sa branche à condition de donner l'argent. Rabbi Yishmael, fils de Rabbi Yo'hanan ben Beroka, dit : il coupe aussi, et il donne l'argent.

📜 Rachi (1)
לֹא יָקוֹץ אֶת הַסֻּוכָּה נִתְייַשְּׁבוּ דְּבוֹרִים עַל סֻוכַּת חֲבֵירוֹ וְיָרֵא לִיטְּלָן אַחַת אַחַת שֶׁלֹּא יִבְרְחוּ לֹא יָקוֹץ אֶת הַסֻּוכָּה לְהוֹלִיכָן כֻּולָּן בְּיַחַד וַאֲפִילּוּ ע"מ לִיתֵּן דָּמִים:
Il ne coupe pas la branche : les abeilles se sont posées sur la branche de son compagnon, et il craint de les prendre une par une, de peur qu'elles ne fuient. Il ne coupe pas la branche pour les emmener toutes ensemble, même à condition de donner l'argent.
💡 Explication

Rabbi Yo'hanan ben Beroka. Une femme ou un katan est cru pour désigner d'où l'essaim est sorti. On traverse le champ d'autrui pour le reprendre. Le dégât se paie. La branche où les abeilles se sont posées ne se coupe pas, même contre paiement.

Son fils, Rabbi Yishmael, permet de couper et de payer le prix. Rachi : une à une, elles s'enfuiraient.

🖼️ Schéma
Essaim : qui parle, ou passer, que couper Femme ou katan Cru pour dire : l'essaim est sorti d'ici. Champ du voisin Il y entre pour sauver. Dégât : il paie. Branche (soukh) Abeilles posées dessus. Peur qu'elles fuient. R. Yo'hanan ben Beroka On ne coupe pas la branche pour les emporter ensemble, même en promettant le prix. R. Yishmael, son fils Il coupe la branche et il donne l'argent. Rachi : une à une, elles fuiraient.
Essaim : témoignage, passage dans le champ, et mahloket sur la branche.
7
גְּמ׳ תַּנָּא: אִם נָטַל – מַחֲזִיר לַבְּעָלִים הָרִאשׁוֹנִים. קָסָבַר: יֵאוּשׁ כְּדִי לָא קָנֵי, וּמֵעִיקָּרָא בְּאִיסּוּרָא אֲתָא לִידֵיהּ.

Guemara. On enseigne : s'il a pris, il rend aux premiers propriétaires.

Il estime : le yeush seul n'acquiert pas, et dès l'origine c'est venu dans sa main dans l'interdit.

📜 Rachi (3)
גְּמ' אִם נָטַל חֲמוֹר מִן הַמּוֹכְסִין:
S'il a pris : un âne des percepteurs.
יַחֲזִיר לָרִאשׁוֹנִים וּפְלִיגָא בָּרַייְתָא אַמַּתְנִי':
Il rendra aux premiers : et la baraïta diverge de la michna.
יֵאוּשׁ כְּדִי שֶׁנִּתְייָאֲשׁוּ הַבְּעָלִים בְּיַד מוֹכֵס לֹא קָנָה הַמּוֹכֵס בְּיֵאוּשׁ לְבַדּוֹ בְּלֹא נְתִינַת דָּמִים אוֹ שִׁינּוּי מַעֲשֶׂה וְכִי אֲתָא לְיַד שֵׁנִי בְּאִיסּוּר אֲתָא לִידֵיהּ"
Yeush seul : les propriétaires ont renoncé pendant que c'était dans la main du percepteur. Le percepteur n'a pas acquis par le yeush seul, sans don d'argent ou changement de l'ouvrage (shinouy maaseh). Et quand c'est venu dans la main du second, c'est venu dans sa main dans l'interdit.
🗂️ Tossefot (1)
תְּנָא וְאִם נָטַל כו'. מְפֹורָשׁ לְעֵיל בִּמְרֻובָּה (בָּבָא קַמָּא דַּף סז:):
On enseigne : et s'il a pris, etc. C'est expliqué plus haut, dans Merouba (Bava Kamma 67b).
💡 Explication

Baraïta contre la michna. Yeush kedi lo kani : le renoncement seul n'acquiert pas. Le mokhes n'est pas devenu propriétaire. Le second a reçu l'âne dans l'interdit. Il le rend aux premiers maîtres. Tossefot renvoie à Bava Kamma 67b.

8
וְאִיכָּא דְּאָמְרִי: אִם בָּא לְהַחֲזִיר – יַחֲזִיר לִבְעָלִים רִאשׁוֹנִים. מַאי טַעְמָא? יֵאוּשׁ כְּדִי קָנֵי. מִיהוּ אִי אָמַר: אִי אֶפְשִׁי בְּמָמוֹן שֶׁאֵינוֹ שֶׁלִּי – מַחֲזִיר לַבְּעָלִים הָרִאשׁוֹנִים.

Et il y en à qui disent : s'il vient pour rendre, il rend aux premiers propriétaires. Quelle est la raison ?

Le yeush seul acquiert. Toutefois, s'il dit : je ne veux pas d'un bien qui n'est pas à moi, il rend aux premiers propriétaires.

📜 Rachi (2)
אִם בָּא לְהַחֲזִיר שֶׁחָסִיד הוּא:
S'il vient pour rendre : c'est qu'il est un hassid.
יַחֲזִיר לַבְּעָלִים הָרִאשׁוֹנִים וְלֹא לַמּוֹכֵס:
Il rendra aux premiers propriétaires : et non au percepteur.
💡 Explication

Autre lecture de la baraïta. Yeush kedi kani : il a acquis, il n'est pas tenu de rendre. S'il rend quand même, en hassid, c'est aux premiers propriétaires, pas au mokhes. Formule : je ne veux pas d'un bien qui n'est pas à moi.

9
הֲרֵי אֵלּוּ שֶׁלּוֹ, מִפְּנֵי שֶׁהַבְּעָלִים כו׳. אָמַר רַב אַשִּׁי: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא לִסְטִים גּוֹי, אֲבָל לִיסְטִים יִשְׂרָאֵל – לֹא; סָבַר: לִמְחַר נָקֵיטְנָא לֵיהּ בְּדִינָא.

Ces objets sont à lui, parce que les propriétaires, etc. Rav Ashi dit : on ne l'a enseigné que pour un bandit goy.

Mais un bandit d'Israël, non. Il se dit : demain je le saisis en justice.

💡 Explication

Rav Ashi sur la reisha. Le yeush présumé vise le listim goy. Face à un bandit d'Israël, le propriétaire compte le prendre au din le lendemain. Pas de yeush par présomption.

10
מַתְקִיף לַהּ רַב יוֹסֵף: אַדְּרַבָּה, אִיפְּכָא מִסְתַּבְּרָא! גּוֹיִם, דְּדַיָּינֵי בְּגִיתִּי – לָא מִייַּאַשׁ; יִשְׂרָאֵל, כֵּיוָן דְּאָמְרִי מֵימָר – מִיַּיאַשׁ!

Rav Yossef objecte : au contraire, l'inverse se comprend ! Des goyim, qui jugent par la force, il ne renonce pas.

Un Israël, puisqu'ils disent une parole, il renonce !

📜 Rachi (2)
בְּגֵיוּתָא בְּגַאֲוָה וּבִזְרוֹעַ:
Par la force (be-giyouta) : par l'orgueil et par le bras.
אָמְרִי מֵימָר צֵא וְתֵן לוֹ וְאֵין חוֹבְטִין בְּמַקְלוֹת לָשׁוֹן אַחֵר דְּאָמְרִי לַנִּגְזָל מִי יֵימַר כִּדְקָאָמְרַתְּ הָבֵא עֵדִים שֶׁגְּנָבוֹ מִמְּךָ:
Ils disent une parole : sors et donne-lui, et l'on ne frappe pas à coups de bâton. Autre lecture : on dit au volé : qui dit que c'est comme tu le dis ? Amène des témoins qu'on t'a volé.
💡 Explication

Rav Yossef renverse. Les goyim jugent be-githei, par la force : le volé compte récupérer, pas de yeush. Le din d'Israël prononce une parole, sans contrainte : le volé renonce.

Rachi, deux lectures de la parole. Ou bien : sors et donne, sans coups de bâton. Ou bien : au volé, apporte des témoins.

11
אֶלָּא אִי אִיתְּמַר, אַסֵּיפָא אִיתְּמַר: הַמַּצִּיל מִן הַגּוֹיִם וּמִן הַלִּסְטִים, אִם נִתְיָיאֲשׁוּ הַבְּעָלִים – אִין, סְתָמָא – לֹא.

Plutôt, si cela a été dit, c'est sur la fin que cela a été dit : celui qui sauve des goyim et des bandits, s'ils y ont renoncé, oui ; sans précision, non.

💡 Explication

La distinction de Rav Ashi, relue par Rav Yossef, ne porte pas sur l'échange de la reisha. Elle porte sur la seifa, le sauvetage. Yeush connu : le sauveteur garde. Stam, sans qu'on ait entendu le renoncement : il ne garde pas.

🖼️ Schéma
Rav Ashi déplace sur la seifa D'abord, sur la reisha (échange) Bandit goy : yeush, car demain je ne le saisis pas. Bandit d'Israël : pas de yeush, je le prends au din. Rav Yossef L'inverse se comprend Goyim : ils jugent par la force (githei). Pas de yeush. Israël : ils disent une parole. Yeush. La distinction vise la seifa : celui qui sauve Yeush entendu : oui. Stam : non. Goy : pas de yeush présumé. Listim d'Israël : yeush, parole seule.
De la reisha à la seifa : goy et Israël, yeush présumé ou yeush entendu.
12
לֹא שָׁנוּ אֶלָּא גּוֹי, מִשּׁוּם דְּדַיָּינֵי בְּגִיתִּי; אֲבָל לִסְטִים יִשְׂרָאֵל, כֵּיוָן דְּאָמְרִי מֵימָר – מִיַּיאַשׁ.

On ne l'a enseigné que pour un goy, parce qu'ils jugent par la force. Mais un bandit d'Israël : puisqu'ils disent une parole, il renonce.

💡 Explication

Formule retenue pour la seifa, dans le sens de Rav Yossef. Goy : jugement par la force, on ne présume pas le yeush. Listim d'Israël : le din se borne à une parole, yeush présumé.

13
תְּנַן הָתָם: עוֹרוֹת שֶׁל בַּעַל הַבַּיִת, מַחֲשָׁבָה מְטַמֵּאתָן;

On a enseigné là-bas : les peaux d'un maître de maison, la pensée les rend impures.

📜 Rachi (1)
מַחְשַׁבְתּוֹ מְטַמֵּאתָן חִישֵּׁב עֲלֵיהֶם בְּדָבָר שֶׁאֵין בּוֹ חֶסְרוֹן מְלָאכָה כְּגוֹן לְעֻוצְבָּא וּלְמַטָּה יֵרְדוּ לְטֻומְאָה מִיָּד:
Sa pensée les rend impures : il a pensé à leur sujet pour un usage où il ne manque aucun travail, par exemple pour une natte ou un lit. Elles entrent dans l'impureté aussitôt.
💡 Explication

Michna Kelim. Une peau ne reçoit la touma qu'une fois achevée comme ustensile. Chez un baal ha-bayit, la mahshava suffit, s'il ne reste aucun travail : natte, lit. Elle devient susceptible d'impureté aussitôt.

14
וְשֶׁל עַבְּדָן, אֵין מַחֲשָׁבָה מְטַמֵּאתָן.

Et celles d'un tanneur, la pensée ne les rend pas impures.

📜 Rachi (1)
וְשֶׁל עַבְּדָן שֶׁאֻומָּנוּתוֹ בְּכָךְ סְתָמֵיהּ לִמְכִירָה הִלְכָּךְ אֵין מַחְשַׁבְתּוֹ מַחְשָׁבָה שֶׁאִם יָבֹאוּ בְּנֵי אָדָם לִקְנוֹתוֹ יִמְכְּרֶנּוּ לָהֶן וְנִמְצָא שֶׁסּוֹפָן לְמִנְעָלִין וַעֲדַיִין לֹא נִגְמְרָה מְלַאכְתָּן לְכָךְ:
Et celles d'un tanneur : c'est son métier. Par présomption elles sont destinées à la vente. Sa pensée ne compte donc pas : si des gens viennent pour acheter, il les leur vendra. Il se trouve que leur fin est d'être des chaussures, et leur travail n'est pas encore achevé pour cela.
💡 Explication

Le tanneur vit de vendre. Sa mahshava d'en faire un usage domestique ne fixe pas l'objet : un acheteur peut survenir, et la peau finira en chaussures, travail encore inachevé.

15
שֶׁל גַּזְלָן, אֵין מַחֲשָׁבָה מְטַמֵּאתָן; וְשֶׁל גַּנָּב, מַחְשָׁבָה מְטַמֵּאתָן.

Celles d'un gazlan, la pensée ne les rend pas impures. Celles d'un ganav, la pensée les rend impures.

📜 Rachi (2)
שֶׁל גַּזְלָן אֵין מַחְשַׁבְתּוֹ מְטַמֵּאתָן דְּלָאו דִּידֵיהּ הוּא דְּכֵיוָן דְּיָדַע מַאן שַׁקְלֵיהּ מִינֵּיהּ לָא מִיַּיאַשׁ:
Celles d'un gazlan, sa pensée ne les rend pas impures : car elles ne sont pas à lui. Puisqu'on sait qui les lui a prises, il ne renonce pas.
וְשֶׁל גַּנָּב מַחְשַׁבְתּוֹ מְטַמֵּאתָן דְּאִייַּאוּשׁ מָרַייְהוּ דְּלָא יָדְעִי לְמָאֵן יִתְבְּעוּ. חִילּוּף הַדְּבָרִים גַּזְלָן כֵּיוָן דְּשַׁקְלֵיהּ מִינֵּיהּ בְּהֶדְיָא וְלָא מָצֵי קָאֵי בְּאַפֵּיהּ מִייַּאַשׁ גַּנָּב סָבַר בְּחִישְׁנָא לֵיהּ וּמְשַׁכְּחִינָא לֵיהּ:
Et celles d'un ganav, sa pensée les rend impures : car leurs maîtres ont renoncé, ils ne savent à qui réclamer. L'inverse : un gazlan, puisqu'il les a prises ouvertement et qu'on ne peut se tenir devant lui, on renonce. Un ganav, il se dit : je le chercherai et je le trouverai.
💡 Explication

Lien avec le yeush. La mahshava du détenteur ne rend la peau impure que s'il en est propriétaire. Sages : le gazlan, connu, ne provoque pas le yeush. Le ganav, caché, le provoque : on ne sait à qui réclamer.

La fin de la glose de Rachi donne déjà l'inverse, qui est l'avis de Rabbi Shimon au segment suivant.

16
רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: חִילּוּף הַדְּבָרִים – שֶׁל גַּזְלָן מַחְשָׁבָה מְטַמְּאָתָן, שֶׁל גַּנָּב אֵין מַחְשָׁבָה מְטַמְּאָתָן; לְפִי שֶׁלֹּא נִתְיָיאֲשׁוּ הַבְּעָלִים.

Rabbi Shimon dit : l'inverse. Celles d'un gazlan, la pensée les rend impures.

Celles d'un ganav, la pensée ne les rend pas impures, parce que les propriétaires n'y ont pas renoncé.

💡 Explication

Rabbi Shimon renverse. Le gazlan prend au grand jour : on ne peut lui tenir tête, yeush, la mahshava vaut. Le ganav se cherche : les propriétaires n'ont pas renoncé, la mahshava ne vaut pas.

17
אָמַר עֻולָּא: מַחֲלֹוקֶת בִּסְתָם, אֲבָל בְּיָדוּעַ – דִּבְרֵי הַכֹּל יֵאוּשׁ קָנֵי. רַבָּה אָמַר: בְּיָדוּעַ נָמֵי מַחֲלֹוקֶת.

Oula dit : le différend porte sur le cas sans précision. Mais quand c'est connu, tout le monde : le yeush acquiert.

Rabba dit : quand c'est connu aussi, il y a différend.

📜 Rachi (4)
בִּסְתָם דְּלָא שָׁמְעִינַן דְּמִייַּאַשׁ דִּבְהָא פְּלִיגִי דְּמַר סָבַר סְתָם גְּנֵיבָה יֵאוּשׁ בְּעָלִים הוּא וְלֹא סְתָם גְּזֵילָה וּמַר סָבַר חִילּוּף הַדְּבָרִים כִּדְפָרֵישִׁית:
Sans précision : nous n'avons pas entendu qu'il a renoncé. C'est là qu'ils divergent. L'un estime : une gneiva sans précision est un yeush des propriétaires, et une gzeila sans précision n'est pas un yeush. L'autre estime l'inverse, comme on l'a expliqué.
אֲבָל בְּיָדוּעַ דְּשָׁמְעִינַן דְּמִיַּיאַשׁ:
Mais quand c'est connu : nous avons entendu qu'il a renoncé.
דִּבְרֵי הַכֹּל יֵאוּשׁ כְּדִי קָנֵי וְאַפֵּי' גַּנָּב לר"ש וְגַזְלָן לְרַבָּנָן:
Tout le monde, le yeush seul acquiert : même un ganav pour Rabbi Shimon, et un gazlan pour les Sages.
בְּיָדוּעַ נָמֵי מַחֲלֹוקֶת דְּאִי נָמֵי דְּשָׁמְעִינַן דְּמִייַּאַשׁ אָמְרִי רַבָּנָן בְּגַזְלָן דְּלָא הָוֵי יֵאוּשׁ דְּכָל שַׁעְתָּא דַּעְתֵּיהּ לִמְנַקְּטֵיהּ בְּדִינָא וְכֵן גַּנָּב לְרַבִּי שִׁמְעוֹן:
Quand c'est connu aussi, il y a différend : même si nous avons entendu qu'il a renoncé, les Sages disent pour le gazlan qu'il n'y a pas de yeush, car à chaque instant son intention est de le saisir en justice. De même le ganav pour Rabbi Shimon.
🗂️ Tossefot (1)
רַבָּה אוֹמֵר בְּיָדוּעַ נָמֵי מַחֲלֹוקֶת וְהָא דְּאָמַר בִּמְרֻובָּה (לְעֵיל בָּבָא קַמָּא דַּף סח.) וְאַף רַבִּי אֶלְעָזָר סָבַר חִיּוּבֵיהּ לְאַחַר יֵאוּשׁ כו' עַד דְּפָרִיךְ וְדִלְמָא דְּשָׁמְעִי' דְּאִיַּיאַשׁ הַאי פִּירְכָא לָא אָתֵי אַלִּיבָּא דְּרַבָּה דְּאִיהוּ לָא מְפַלֵּיג מִידֵּי בֵּין סְתָם לְיָדוּעַ:
Rabba dit : quand c'est connu aussi, il y a différend. Et ce qu'on dit dans Merouba (plus haut, Bava Kamma 68a) : même Rabbi Elazar estime que son obligation est après le yeush, etc., jusqu'à l'objection : peut-être avons-nous entendu qu'il a renoncé. Cette objection ne vient pas selon Rabba, car lui ne sépare en rien le cas sans précision du cas connu.
💡 Explication

Oula : Sages et Rabbi Shimon ne divergent que là où le yeush n'a pas été entendu (stam). Yadua, yeush connu : tous, le yeush acquiert, y compris le cas que chacun excluait.

Rabba : même le yeush dit à voix haute laisse l'intention de saisir au din. Tossefot : l'objection de Bava Kamma 68a, qui sépare stam et yadua, ne se pose pas selon Rabba.

18
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי לְרַבָּה: לָא תִּיפְלֹוג עֲלֵיהּ דְּעֻולָּא, דִּתְנַן בְּמַתְנִיתִין כְּוָותֵיהּ – ״לְפִי שֶׁלֹּא נִתְיָיאֲשׁוּ הַבְּעָלִים״. טַעְמָא דְּלֹא נִתְייָאֲשׁוּ הַבְּעָלִים, אֲבָל נִתְייָאֲשׁוּ הַבְּעָלִים – הֲרֵי אֵלּוּ שֶׁלּוֹ!

Abaye dit à Rabba : ne diverge pas d'Oula, car nous avons enseigné dans la michna selon lui : parce que les propriétaires n'y ont pas renoncé. La raison est qu'ils n'y ont pas renoncé.

Mais s'ils y ont renoncé, ces objets sont à lui !

💡 Explication

Abaye tire un diyuk de la formule de Rabbi Shimon. La michna donne pour raison : parce qu'ils n'ont pas renoncé. Donc, s'ils ont renoncé, les peaux sont au ganav, et sa mahshava vaut. Cela suit Oula : yeush connu, acquisition selon tous.

19
אֲמַר לֵיהּ: אֲנַן, ״לְפִי שֶׁאֵין יֵאוּשׁ לַבְּעָלִים״ מַתְנִינַן לָהּ.

Il lui dit : nous, nous l'enseignons ainsi : parce qu'il n'y a pas de yeush pour les propriétaires.

📜 Rachi (1)
שֶׁאֵין יֵאוּשׁ לַבְּעָלִים אֵין יֵאוּשָׁן יֵאוּשׁ:
Il n'y a pas de yeush pour les propriétaires : leur yeush ne vaut pas yeush.
🗂️ Tossefot (1)
לְפִי שֶׁאֵין יֵאוּשׁ לַבְּעָלִים מַתְנִינַן לַהּ אֵין מַגִּיהַּ הַמִּשְׁנָה אֶלָּא כָּךְ מְפָרֵשׁ שֶׁלֹּא נִתְיָיאֲשׁוּ הַבְּעָלִים בְּלִבָּם אֲפִילּוּ אוֹמְרִים שֶׁנִּתְיָיאֲשׁוּ:
Parce qu'il n'y a pas de yeush pour les propriétaires, nous l'enseignons ainsi. Il ne corrige pas la michna. Il explique ainsi : les propriétaires n'ont pas renoncé dans leur cœur, même s'ils disent qu'ils ont renoncé.
💡 Explication

Rabba lit une autre formule : il n'y a pas de yeush pour les propriétaires. Rachi : leur renoncement ne compte pas. Tossefot : il n'amende pas les mots de la michna. Il explique que le cœur n'a pas renoncé, même quand la bouche dit le contraire.

20
תְּנַן: נָטְלוּ מוֹכְסִין חֲמוֹרוֹ כּוּ׳. מַנִּי?

Nous avons enseigné : des percepteurs ont pris son âne, etc. Selon qui ?

📜 Rachi (1)
מוֹכֵס גַּזְלָן לִסְטִים גַּנָּב:
Le percepteur est un gazlan. Le bandit est un ganav.
💡 Explication

Retour à notre michna. Rachi pose les équivalences : mokhes = gazlan, listim = ganav. La michna donne les deux biens au receveur, donc présume le yeush dans les deux cas. Selon quel tanna ?

21
אִי רַבָּנָן – קַשְׁיָא גַּזְלָן, אִי רַבִּי שִׁמְעוֹן – קַשְׁיָא גַּנָּב!

Si ce sont les Sages, le gazlan fait difficulté. Si c'est Rabbi Shimon, le ganav fait difficulté.

💡 Explication

Selon les Sages, le gazlan ne provoque pas le yeush : l'âne du mokhes fait difficulté. Selon Rabbi Shimon, le ganav ne provoque pas le yeush : le vêtement des listim fait difficulté.

22
בִּשְׁלָמָא לְעֻולָּא, דְּאָמַר: בְּיָדוּעַ – קָנֵי; הָכָא נָמֵי בְּיָדוּעַ, וְדִבְרֵי הַכֹּל.

Cela se tient pour Oula, qui dit : quand c'est connu, il acquiert. Ici aussi c'est connu, et c'est l'avis de tous.

💡 Explication

Pour Oula, la michna parle d'un yeush connu. Sages et Rabbi Shimon s'accordent : le receveur acquiert. Pas de difficulté.

23
אֶלָּא לְרַבָּה, דְּאָמַר: בְּיָדוּעַ נָמֵי מַחֲלֹוקֶת; הָא מַנִּי? לָא רַבָּנַן וְלָא רַבִּי שִׁמְעוֹן! בְּלִסְטִים מְזֻוייָּן, וְרַבִּי שִׁמְעוֹן הִיא.

Mais pour Rabba, qui dit : quand c'est connu aussi, il y a différend. Celle-ci, selon qui ?

Ni les Sages, ni Rabbi Shimon. Pour un bandit armé, et c'est Rabbi Shimon.

📜 Rachi (1)
וּמְשַׁנֵּי בְּלִסְטִים מְזֻוייָּן דְּגַזְלָן הוּא:
Et l'on répond : pour un bandit armé, car c'est un gazlan.
💡 Explication

Pour Rabba, le yeush connu ne fait pas tomber le différend. La michna ne correspond ni aux Sages ni à Rabbi Shimon, qui refusent, chacun, le yeush dans un des deux cas. Réponse : les listim de la michna sont un bandit armé, donc un gazlan, et la michna suit Rabbi Shimon.

24
אִי הָכִי, הַייְנוּ גַּזְלָן! תְּרֵי גַּוְונֵי גַּזְלָן.

S'il en est ainsi, c'est le cas du gazlan ! Deux sortes de gazlan.

📜 Rachi (1)
הַייְנוּ גַּזְלָן וְהָא תְּנָא לֵיהּ מוֹכֵס:
C'est le cas du gazlan : or il a déjà enseigné le percepteur.
🗂️ Tossefot (1)
הַייְנוּ גַּזְלָן וְאַפֵּי' לָמֶ"ד לִסְטִים מְזֻוייָּן גַּנָּב הוּא לְעִנְיַן שֶׁמְּשַׁלֵּם כֶּפֶל אֲבָל מ"מ גַּזְלָן הוּא דְּמִקְּרֵי:
C'est le cas du gazlan. Même pour celui qui dit qu'un bandit armé est un ganav quant au fait qu'il paie le double, de toute façon on l'appelle gazlan.
💡 Explication

Objection : le mokhes est déjà le gazlan. Réponse : deux sortes de gazlan, le percepteur et le bandit armé. Tossefot : même l'avis qui traite le bandit armé comme ganav pour le kefel (le double) l'appelle ici gazlan.

25
תָּא שְׁמַע: הַגַּנָּב וְהַגַּזְלָן וְהָאַנָּס – הֶקְדֵּשָׁן הֶקְדֵּשׁ, וּתְרוּמָתָן תְּרוּמָה, וּמְעֻשְּׂרוֹתָן מַעֲשֵׂר.

Viens entendre : le ganav, le gazlan et l'anas (celui qui force) : leur hekdesh est hekdesh, leur terouma est terouma, et leurs maasserot sont maasser.

📜 Rachi (1)
אַנָּס דְּקָתָנֵי גַּבֵּי גַּזְלָן הָוֵי חַמְסָן דְּיָהֵיב זוּזֵי:
Anas : celui qui est enseigné à côté du gazlan est un hamsan, qui donne de l'argent.
🗂️ Tossefot (1)
ת"ש הַגַּנָּב וְהַגַּזְלָן וּמִשּׁוּם דְּמִיטַּמַּר מֵאִינָשֵׁי קָרֵי לֵיהּ גַּנָּב אע"ג דְּלָא מְשַׁלֵּם כֶּפֶל לָמֶ"ד (שָׁם) גַּזְלָן הוּא:
Viens entendre : le ganav et le gazlan. Parce qu'il se cache des gens on l'appelle ganav, bien qu'il ne paie pas le double, pour celui qui dit là-bas que c'est un gazlan.
💡 Explication

Nouvelle preuve. Ganav, gazlan et anas : leur consécration, leur prélèvement et leurs dîmes valent. Ils sont donc propriétaires du bien pris. Rachi : l'anas est un hamsan, il force et il paie.

Tossefot : on l'appelle ganav parce qu'il se cache, y compris pour l'avis qui, ailleurs, le classe gazlan et lui refuse le kefel.

🖼️ Schéma
Baraïta : hekdesh, terouma, maasser Ganav Caché des gens. Son acte vaut. Gazlan Prise ouverte. Son acte vaut. Anas Hamsan : il paie. Son acte vaut. Hekdesh, terouma, maasser : valides. Ils sont donc propriétaires. Pour Rabba, ni les Sages ni Rabbi Shimon ne couvrent ganav et gazlan ensemble. Réponse 1 Le ganav de la baraïta est un bandit armé : gazlan. Avis de Rabbi Shimon. Deux espèces de gazlan. Réponse 2 La baraïta est de Rabbi. Rabbi dit : le ganav est comme le gazlan. La phrase s'arrête ici, sur la page.
Hekdesh, terouma, maasser valent. Deux issues : bandit armé, ou Rabbi.
26
מַנִּי? אִי רַבָּנָן – קַשְׁיָא גַּזְלָן, אִי רַבִּי שִׁמְעוֹן – קַשְׁיָא גַּנָּב!

Selon qui ? Si ce sont les Sages, le gazlan fait difficulté.

Si c'est Rabbi Shimon, le ganav fait difficulté.

💡 Explication

Même difficulté que pour la michna de l'âne. Les Sages ne donnent pas le bien au gazlan. Rabbi Shimon ne le donne pas au ganav. La baraïta valide l'acte des deux.

27
בִּשְׁלָמָא לְעֻולָּא, דְּאָמַר בְּיָדוּעַ קָנֵי; הָכָא נָמֵי בְּיָדוּעַ, וְדִבְרֵי הַכֹּל הִיא. אֶלָּא לְרַבָּה, דְּאָמַר בְּיָדוּעַ נָמֵי מַחְלֹוקֶת; הָא מַנִּי? לָא רַבָּנַן וְלָא רַבִּי שִׁמְעוֹן!

Cela se tient pour Oula, qui dit : quand c'est connu, il acquiert. Ici aussi c'est connu, et c'est l'avis de tous.

Mais pour Rabba, qui dit : quand c'est connu aussi, il y a différend. Celle-ci, selon qui ?

Ni les Sages, ni Rabbi Shimon.

💡 Explication

Même partage. Oula : yeush connu, tous s'accordent, la baraïta passe. Rabba : le différend demeure, et aucun des deux tannaim ne couvre à la fois le ganav et le gazlan.

28
הָכָא נָמֵי – בְּלִסְטִים מְזֻוייָּן, וְרַבִּי שִׁמְעוֹן הִיא. אִי הָכִי, הַיְינוּ גַּזְלָן! תְּרֵי גַּוְונֵי גַּזְלָן.

Ici aussi : pour un bandit armé, et c'est Rabbi Shimon. S'il en est ainsi, c'est le cas du gazlan !

Deux sortes de gazlan.

📜 Rachi (1)
וְרַבִּי שִׁמְעוֹן הִיא דְּאָמַר גַּזְלָן קָנֵי:
Et c'est Rabbi Shimon : qui dit que le gazlan acquiert.
💡 Explication

Même réponse que pour la michna. Le ganav nommé dans la baraïta est un bandit armé, donc un gazlan, selon Rabbi Shimon, pour qui le gazlan acquiert. Deux espèces de gazlan, d'où les deux mots.

29
וְאִי בָּעֵית אֵימָא: הָא מַתְנִיתָא – רַבִּי הִיא; דְּתַנְיָא, רַבִּי אָמַר: גַּנָּב – כְּגַזְלָן,

Et si tu veux, dis : cette baraïta est de Rabbi. Car on enseigne : Rabbi dit : un ganav est comme un gazlan.

💡 Explication

Autre issue. La baraïta suit Rabbi : le ganav est comme le gazlan. Les deux acquièrent, leurs hekdesh, terouma et maasser valent. La phrase s'interrompt à la fin de la page.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).