Sougya : La page achève le récit de Rav Kahana. Un serpent ferme la grotte.
Il n'ouvre que lorsque Rabbi Yo'hanan se dit disciple devant le maître. Rabbi Yo'hanan demande rahamim, le relève, et lui soumet tous ses doutes : la Torah qu'il croyait d'Eretz Israël est celle de Babel.
Suivent des faits. Montrer la soie de Rabbi Abba oblige au titre du dina de-garmei.
Remettre un dépôt aux voleurs, une bourse de pidyon chevuyim, ou jeter l'âne qui coule le bac : Rabba et Rava exemptent, Abaye objecte qu'on se sauve avec le bien d'autrui. Rabba en tire la règle du rodèph qui brise des kelim.
La michna nouvelle : un fleuve emporte le champ volé. Rabbi Elazar fait remplacer le champ, les Sages disent : voici le tien devant toi.
Le débat est entre ribboui u-miout et kelal u-frat. La page s'arrête sur la question de la vache, ouverte par Rav Pappa.
Un serpent l'encerclait. Il lui dit : "Serpent, serpent, ouvre ta bouche, et que le maître entre auprès du disciple." Il n'ouvrit pas.
"Que le collègue entre auprès du collègue." Il n'ouvrit pas. "Que le disciple entre auprès du maître." Il lui ouvrit.
Il demanda rahamim, et il le releva.
Suite du récit. Rav Kahana est dans la grotte. Un akhna, un serpent, en ferme l'entrée : Rachi, il se roule, queue dans la bouche.
Rabbi Yo'hanan parle trois fois. Rav etzel talmid : le maître entre chez le disciple. Haver etzel haver : le collègue chez le collègue. Le serpent reste fermé. Talmid etzel ha-rav : le disciple entre chez le maître. Là, il ouvre. Rabbi Yo'hanan se tient comme l'élève, et Rav Kahana comme le maître.
Be'a rahamei ve-okmeih : il demande miséricorde, et il le fait se relever.
Il lui dit : "Si j'avais su que la manière du maître était telle, mon esprit ne se serait pas affaibli. Maintenant, que le maître vienne avec nous." Il lui dit : "Si tu peux demander rahamim pour que je ne meure plus, j'irai.
Sinon, je n'irai pas. Puisque l'heure est passée, elle est passée."
Rabbi Yo'hanan parle le premier. I hava yad'ana : s'il avait connu la manière de Rav Kahana, son esprit ne se serait pas affaibli. Il l'invite : leiti mar behadan, viens avec nous.
Rav Kahana pose une condition. I matzit le-miv'ei rahamei : si tu peux obtenir qu'il ne meure plus, il ira. Sinon, non. Ho'il ve-halif sha'ata, halif : l'heure fixée est passée, elle est passée.
Rachi, première lecture : un miracle a eu lieu, il rentre vivant, et il ne se tient plus auprès de lui, de crainte d'une autre colère. Autre lecture : il a déjà subi la souffrance de la mort, il n'accepte pas de repartir d'ici. Pesahim 49a montré qu'il a vécu ensuite : il parle de son exil, fuite devant le pouvoir, et du mariage avec une fille de cohen. Le Yerushalmi Berakhot rapporte ceux qui le raillent d'être mort et revenu.
Il le réveilla, il le fit se tenir. Il lui demanda tous les doutes qu'il avait, et celui-ci les lui résolut.
C'est ce que disait Rabbi Yo'hanan : "Ce que je disais être à vous, c'est à eux."
Tayereih okmeih : il le réveille de son sommeil, Rachi, et le fait se tenir debout. Rabbi Yo'hanan lui soumet chaque sefeika, chaque doute. Rav Kahana les tranche.
De là la formule de Rabbi Yo'hanan : dilkhon amari, dilehon hi. Rachi : je disais que la Torah est à vous, gens d'Eretz Israël. Elle est à eux, gens de Babel.
Tossefot refuse d'en faire, à Souka 44a, la preuve qu'on n'oublie rien en exil. Rabbenou Tam, comme Rabbenou Hananel : Rabbi Yo'hanan parle à ses élèves de Babel. Dilkhon désigne Rav Kahana, des leurs. Dilehon veut dire une coutume des prophètes, pour la arava, et le mot ne porte pas un fondement des prophètes. Même lecture à Gittin 84b, contre le Kontres qui vise Hizkiya, le maître.
Un homme montra la metakhsa de Rabbi Abba. Rabbi Abbahou, Rabbi Hanina bar Papi et Rabbi Yitzhak Nafha étaient assis, et Rabbi Ila était assis auprès d'eux.
Nouveau fait, dans la suite de celui qui ahoui, qui montre le bien d'autrui. Il montre la metakhsa de Rabbi Abba. Rachi : un ornement de soie.
Trois juges siègent : Rabbi Abbahou, Rabbi Hanina bar Papi, Rabbi Yitzhak Nafha. Rabbi Ila est assis auprès d'eux. C'est lui qui rapportera l'enseignement de Rav.
Ils pensaient le rendre redevable à partir de ce que nous avons appris : celui qui juge le jugement, acquitte le coupable et déclare coupable l'innocent, déclare impur le pur et déclare pur l'impur : ce qu'il a fait est fait, et il paie de sa maison.
Le siège veut obliger celui qui a montré, par la michna du juge qui se trompe (Bekhorot 28b). Dan et ha-din : il a jugé. Il inverse le coupable et l'innocent, le pur et l'impur. Ma she-assa assui : le jugement reste. Vi-yeshalem mi-beito : il paie de son bien.
Rachi en tire le point utile ici : dibbura be-alma, une parole seule, suffit à obliger. Montrer la soie serait alors déjà une cause de paiement.
Rabbi Ila leur dit : Ainsi a dit Rav : et c'est lorsqu'il a pris et donné de la main. Ils lui dirent : Va auprès de Rabbi Chimon ben Elyakim et de Rabbi Elazar ben Pedat, qui jugent le dina de-garmei.
Rabbi Ila rapporte Rav. Ve-hou she-nasa ve-natan be-yad : la michna du juge oblige seulement s'il a lui-même pris le bien et l'a remis de sa main. Rachi renvoie à Sanhédrin, Dinei mamonot, où chaque cas est lu ainsi.
Montrer la soie reste une parole, sans remise de la main. Les juges envoient Rabbi Abba vers Rabbi Chimon ben Elyakim et Rabbi Elazar ben Pedat, qui tiennent le dina de-garmei, la responsabilité pour un dommage que l'on cause sans saisir soi-même le bien.
Il alla auprès d'eux. On le rendit redevable à partir de notre michna : si c'est à cause du voleur, il est tenu de lui fournir un autre champ.
Et nous l'avons établi du cas où il a montré.
Rabbi Abba va devant ces deux juges. Hayyeveih mi-matnitin : ils obligent à partir de la michna déjà étudiée. Im me-hamat ha-gazlan : si la saisie vient à cause du voleur, il doit dresser un autre champ.
Ve-okimna de-ahoui ahouyei : la Guemara a déjà fixé cette michna sur celui qui montre le champ, sans l'avoir pris lui-même. Montrer la soie entre dans le même din.
Un homme, chez qui l'on avait déposé une coupe d'argent. Des voleurs montèrent contre lui.
Il la prit et la leur donna. Il vint devant Rabba.
Il l'exempta. Abaye lui dit : Celui-ci se sauve lui-même avec le bien de son prochain !
Rav Ashi dit plutôt : Nous regardons. S'il est un homme amid, c'est pour lui qu'ils sont venus.
Sinon, c'est pour la coupe d'argent qu'ils sont venus.
Second fait. Une kasa de-khaspa, une coupe d'argent, est en dépôt. Les ganavei montent contre le dépositaire. Il la leur remet. Rabba l'exempte. Abaye : matzil atsmo be-mamon havero, il se sauve avec le bien d'autrui.
Rav Ashi lit l'exemption de Rabba selon la situation. Amid, Rachi : riche. S'il est riche, a-da'ata didelh atu : les voleurs venaient pour lui, pour son bien. S'il ne l'est pas, a-da'ata de-khaspa atu : ils venaient pour la coupe.
Tossefot répond à la difficulté : remettre de la main devrait obliger, comme le nasa ve-natan be-yad d'en haut. Rabbenou Yitzhak : le shomer a reçu le dépôt pour pouvoir s'en servir si l'on vient contre lui à cause de cette coupe.
Un homme, chez qui l'on avait déposé une bourse de pidyon chevuyim. Des voleurs montèrent contre lui.
Il la prit et la leur donna. Il vint devant Rava.
Il l'exempta. Abaye lui dit : Celui-ci se sauve pourtant lui-même avec le bien de son prochain !
Il lui dit : Tu n'as pas de rachat de captifs plus grand que celui-ci.
Troisième fait. Le dépôt est une arnaka de-pidyon shevuyim, une bourse recueillie pour le rachat des captifs. Il la donne aux voleurs. Ici le juge est Rava. Il exempte.
Abaye répète l'objection. Rava répond : ein lekha pidyon shevuyim gadol mi-ze. Dégager cet homme des voleurs est déjà l'usage de cet argent.
Tossefot : l'absence de distinction, contrairement à la coupe, donne à entendre qu'il était amid. L'exemption tient quand même : sur l'heure, il n'avait rien d'autre à leur remettre. Le don compte comme pidyon shevuyim.
Un homme prit les devants et fit monter un âne sur le bac, avant que les gens ne montent sur le bac. Il allait le faire couler.
Vint un homme, il poussa l'âne de cet homme, le jeta au fleuve, et il coula. Il vint devant Rabba.
Il l'exempta. Abaye lui dit : Celui-ci se sauve pourtant lui-même avec le bien de son prochain !
Il lui dit : Celui-ci était, dès le départ, un rodeph.
Quatrième fait. Un homme akdim ve-assik hamra le-mavra : il devance, et fait monter son âne sur le bac, avant les gens. Ba'ei le-itba'ei : cela va couler. Rachi fixe le sujet : l'âne veut faire couler le passage. Rachi dit aussi que des hommes étaient dans le bateau.
Un autre malah l'âne, le pousse, et le jette au fleuve. L'âne coule. Rabba exempt. Deuxième langue de Rachi : malah comme les marins de Yona, celui qui sauve le bateau.
Abaye : il se sauve avec le bien d'autrui. Rabba : haï me-ikara rodeph hava. Rachi : le maître de l'âne poursuit des vies. On peut arrêter ce rodeph en détruisant son bien.
Rabba selon son principe, car Rabba a dit : un rodeph qui poursuivait son prochain pour le tuer, et qui a brisé des kelim, qu'ils soient au poursuivi ou à tout homme, est exempt, puisqu'il est passible de sa vie.
Rabba le-ta'ameih : l'exemption du bac suit une règle que Rabba pose en général.
Le rodeph court après son prochain pour le tuer, et brise des kelim en chemin, ceux du nirdaf ou ceux de n'importe qui. Il est patour. Raison : mit'hayev be-nafsho, il est déjà passible de sa vie par la poursuite elle-même.
Rachi : même s'il n'a pas encore tué. La michna de Sanhédrin, Ben sorer u-moré, livre ce poursuivant pour qu'on le tue afin de sauver. Paiement et mort arrivent ensemble : on ne prélève pas l'argent.
Et le poursuivi qui a brisé les kelim du rodeph est exempt, afin que son bien ne lui soit pas plus cher que son corps. Mais ceux de tout homme : il est redevable, car il est interdit de se sauver soi-même avec le bien de son prochain.
Second cas, le nirdaf. S'il brise les kelim du rodeph, il est exempt. Shelo yehe mamono haviv alav mi-gufo : le bien du rodeph ne doit pas compter plus que son corps. Rachi : le poursuivi peut tuer le poursuivant. Le verset du voleur trouvé dans la mahteret (Shemot 22, 1) est lu ainsi : s'il vient pour te tuer, devance-le et tue-le.
S'il brise les kelim de tout homme, il est hayav. Assur le-hatzil atsmo be-mamon havero : se sauver avec le bien d'un tiers reste interdit. C'est l'objection d'Abaye, ici en règle.
Et celui qui poursuit un rodeph pour sauver, et qui brise des kelim, qu'ils soient au poursuivi ou à tout homme, est exempt. Et non selon le din.
Si tu ne dis pas ainsi, tu n'as personne qui sauve son prochain du rodeph.
Troisième cas. Un homme poursuit le rôdeph le-hatzil, pour sauver. Il brise des kelim, ceux du poursuivi ou ceux de tout homme. Il est exempt.
Vé-lo min ha-din. Rachi donne le din strict : qui se sauve avec le bien d'autrui paie, kal va-homer qui sauve autrui avec le bien d'un tiers. L'exemption vient d'ailleurs : im i ata omer ken, si tu ne poses pas cette exemption, ein lekha adam qui sauve son prochain du rôdeph.
Michna. Un fleuve l'a emporté, il lui dit : "Voici le tien devant toi."
Nouvelle michna, suite du voleur de champ. Shatfa nahar : un fleuve emporte le champ. Le voleur dit : harei shelkha lefanekha, voici le tien devant toi.
Rachi décrit le fait : champ en bord de fleuve. La rive monte, l'eau creuse dessous, puis s'étale dans le champ. Le voleur rend ce qui reste, sans remplacer.
Guemara. Les Sages ont enseigné : celui qui vole un champ à son prochain et un fleuve l'emporte est tenu de lui fournir un autre champ.
Paroles de Rabbi Elazar. Et les Sages disent : il lui dit : "Voici le tien devant toi."
Baraïta. Ha-gozel sade me-havero u-shetfa nahar. Rabbi Elazar : hayav le-ha'amid lo sade aher, il doit un autre champ. Les Sages : il peut dire harei shelkha lefanekha. La michna suit les Sages.
Sur quoi divergent-ils ? Rabbi Elazar a derach par ribbouyim et mioutim.
"Et il a menti à son prochain" : il a inclus. "Dans un dépôt" : il a restreint.
"Tout ce sur quoi il jurera faussement" : il est revenu et a inclus.
Bé-mai ka miflegi : le débat porte sur une midda de lecture. Rabbi Elazar lit Vayikra 5 par ribboui u-miut, inclusion puis restriction.
Vekhihesh be-amito : ribboui, il élargit. Bé-fikadon : miout, il restreint au dépôt. Kol acher yishava alav la-shaker : il revient et élargit. Le texte porte une leçon entre parenthèses et crochets, (ribboui) [ribba] : le mot retenu est le verbe, il a inclus.
Il a inclus, restreint et inclus : il a tout inclus. Et qu'a-t-il inclus ?
Il a inclus toutes choses.
Règle de la midda. Ribba u-mi'et ve-ribba, ribba ha-kol : inclusion, restriction, inclusion, on inclut tout, hors le peu que la restriction retire.
Mai rabi ? Rabi kol milei : toutes choses entrent. Rachi précise la nafka mina d'ici : même les karkaot, les terres, pour la shevoua et pour le heshbon, le remboursement. D'où l'avis de Rabbi Elazar : le champ volé et emporté se remplace.
Et qu'a-t-il restreint ? Il a restreint les shetarot.
Le miout unique, chez Rabbi Elazar : les shetarot, les actes. Rachi : ein gufan mamon, leur corps n'a pas valeur d'argent. On ne remet qu'une feuille. Le champ, lui, reste inclus.
Et les Sages derashent par kelalim et peratim. "Et il a menti" : un kelal.
"Dans un dépôt" : un prat. "Ou de tout" : il est revenu et a posé un kelal.
Kelal, prat et kelal : tu ne déduis qu'à la ressemblance du prat.
Les Sages lisent le même passage par kelal u-frat. Vekhihesh : kelal, un général. Bé-fikadon : prat, un cas particulier. O mi-kol : le verset généralise de nouveau.
Règle : kelal u-frat u-khelal, i ata dan ela ke-ein ha-prat. On ne retient que ce qui ressemble au cas particulier, le dépôt.
De même que le prat est une chose qui se déplace et dont le corps est un bien, de même toute chose qui se déplace et dont le corps est un bien. Sortent les terres, car elles ne se déplacent pas.
Sortent les esclaves, car ils ont été comparés aux terres. Sortent les shetarot : bien qu'ils se déplacent, leur corps n'est pas un bien.
Le prat, le dépôt, a deux traits : davar ha-mitaltel, une chose mobilière, et gufo mamon, son corps est un bien. On n'étend le verset qu'à cela.
Trois sorties. Les karkaot : elles ne se déplacent pas. Les avadim : la Torah les compare aux terres. Les shetarot : ils circulent, mais leur corps n'est pas l'argent. La terre volée sort du verset. Les Sages laissent dire : voici le tien devant toi.
Et ce que l'on enseigne : celui qui vole la vache et un fleuve l'emporte est tenu de lui fournir une vache. Paroles de Rabbi Elazar.
Et les Sages disent : il lui dit : "Voici le tien devant toi." Là, sur quoi divergent-ils ?
Autre baraïta. Ha-gozel et ha-para u-shetfa nahar : il vole une vache, un fleuve l'emporte. Rabbi Elazar fait fournir une autre vache. Les Sages : harei shelkha lefanekha.
La question : hatam be-mai ka miflegi. Une vache est mobilière, et son corps est un bien. La midda qui faisait sortir la terre ne sépare plus les deux avis. Leur mahloket, ici, demande une autre raison.
Rav Pappa dit : Là, de quoi s'agit-il ? Par exemple, il a volé un champ à son prochain, et il y avait
Rav Pappa réouvre le cas. Hatam be-mai askinan : de quoi parle la baraïta de la vache. Ké-gon she-gazal sade me-havero ve-hayeta : il a volé un champ, et il y avait.
La phrase s'interrompt sur cet amud. Le champ volé reste le cadre. Ce qui s'y trouvait, et ce que le fleuve emporte, commence seulement ici.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).