Sougya : La page reprend la michna de l'enclos. Si des brigands font sortir la bête, leur responsabilité vaut même lorsqu'ils se tiennent devant elle ou la frappent au bâton, à l'image de celui qui place la bête d'autrui sur la moisson d'autrui.
Puis la michna 'il l'a remise à un berger' vise le gardien qui remet à un berger : Rava maintient qu'un gardien qui remet à un autre gardien reste tenu, sauf remise à l'aide du berger, dont c'est l'usage. La page ouvre ensuite le gardien d'un objet perdu : Rabba le tient pour un gardien gratuit, Rav Yossef pour un gardien salarié, soit par le profit de la mitsva, soit parce que la Torah l'y assujettit malgré lui.
C'est évident ! Dès qu'ils l'ont fait sortir, elle se tient dans leur domaine pour toutes choses !
La michna a dit que si des brigands font sortir la bête, les brigands sont hayav. La guemara demande pourquoi l'enseigner. Dès la sortie, il y a meshikha et shinouy reshut : la bête est dans leur domaine pour tout, y compris le dommage qu'elle cause ensuite.
Tossefot fixent le cas d'après le Yerushalmi : ils la sortent pour la voler. Un gazlan entre à la place des propriétaires pour la garde, parce que eux ne peuvent plus garder. En dommages, est propriétaire celui qui a la garde en main. Sur un amaigrissement qui revient, le voleur dit : voici le tien devant toi, parce qu'il n'y a pas de shinouy.
C'est nécessaire pour le cas où ils se sont tenus devant elle. Comme ce que Rabba a dit au nom de Rav Matna, au nom de Rav : celui qui place la bête de son prochain sur la moisson (kama) de son prochain est tenu.
Il place : c'est évident ! C'est nécessaire pour le cas où il s'est tenu devant elle.
La phrase de la michna sert au cas où les brigands se tiennent devant la bête et la dirigent, sans la tirer. Rav, rapporte par Rav Matna et Rabba, pose le même geste : ha-ma'amid, placer la bête d'autrui sur la moisson d'autrui. Tenir la bête à la main serait évident. Le din nouveau est : se poster devant elle suffit pour être hayav.
Tossefot : la responsabilité est celle de la dent et du pied. La bête compte comme la sienne parce qu'il a agi. Le titre du feu est écarté : la dent ne rend pas hayav dans le reshut ha-rabim, même si l'on approche la bête des fruits.
Abaye dit à Rav Yossef : tu nous as dit qu'il l'a frappée ; les brigands aussi, c'est qu'ils l'ont frappée.
Abaye rappelle l'explication de Rav Yossef sur ha-ma'amid : le cas est une hikisha, une frappe au bâton. La michna des brigands vise la même frappe. Rachi : cette frappe est une meshikha. Tossefot : le cas reste celui où ils la frappent pour la voler.
Il l'a remise à un berger : le berger entre, etc. Ils disent : à la place de qui ?
Si tu dis : à la place du propriétaire de la bête, nous l'avons déjà enseigné une fois : il l'a remise à un gardien gratuit (shomer hinam), à un emprunteur (shoel), à un gardien salarié (nose sakhar) et à un locataire (sokher) : tous sont entrés à la place des propriétaires ! Plutôt : à la place du gardien.
Nouvelle clause de la michna. À la place de qui le berger entre-t-il ? À la place du propriétaire, la michna de 44b l'a déjà dit pour les quatre gardiens. Le sens retenu : le gardien a remis la bête au berger, et le berger prend sa place. Les propriétaires réclament au second.
Et le premier gardien en serait-il quitte entièrement ? Dirons-nous que c'est une réfutation (teyouvta) de Rava ?
Car Rava a dit : un gardien qui a remis à un gardien est tenu.
Si le premier gardien sort de la procédure, la michna contredit Rava : shomer she-masar le-shomer, hayav. Rachi : la tenue vaut même pour un ones. Le déposant n'a accepté le serment que du premier gardien.
Rava te dirait : que signifie : il l'a remis au berger ? À son aide (barzila).
Car la manière du berger est de remettre à son aide.
Rava lit la michna sur une remise que le déposant a déjà acceptée. Le berger remet à son barzila, l'aide qui apprend le métier. C'est l'orah du berger. Cette ligne ne réfute donc pas la règle : un gardien qui remet à un autre gardien reste tenu.
Il y en a qui disent : de ce qu'on enseigne : il l'a remise au berger, et qu'on n'enseigne pas : il l'a remise à un autre, apprends-en que : il l'a remise au berger, signifie : le berger l'a remise à son aide, car la manière du berger est de remettre à son aide. Mais à un autre, non.
Autre version de la même réponse. Le choix des mots de la michna, au berger et non à un autre, enseigne que le berger remet à son aide. Une remise à un tiers quelconque laisse le premier gardien en place.
Dirons-nous que cela appuie Rava ? Car Rava a dit : un gardien qui a remis à un gardien est tenu.
Ils disent : non. Peut-être enseigne-t-il la manière habituelle de la chose, et il en va de même pour un autre.
La formulation au berger semblerait appuyer Rava : seul l'aide entre à la place du premier. La guemara refuse l'appui. La michna décrit le cas courant. Le même droit s'appliquerait à une remise faite à un autre.
Il a été dit : le gardien d'un objet perdu (shomer aveda). Rabba dit : il est comme un gardien gratuit.
Rav Yossef dit : il est comme un gardien salarié.
Nouvelle sougya. Celui qui garde une aveda avant de la rendre : quel shomer est-il ? Rabba : gardien gratuit. Rav Yossef : gardien salarié. Rachi rattache le cas au verset qui ordonne de recueillir l'objet dans sa maison.
Rabba dit : il est comme un gardien gratuit. Quel profit lui arrive-t-il ?
Rav Yossef dit : il est comme un gardien salarié. Par ce profit qu'il n'a pas à lui donner de pain à un pauvre, il est comme un gardien salarié.
Rabba : aucun profit ne lui vient de la garde, donc shomer hinam. Rav Yossef compte un profit : pendant qu'il s'occupe de l'objet perdu, il est quitte de donner du pain à un pauvre, car oseq ba-mitsva patour min ha-mitsva. Ce profit tient lieu de salaire : il est shomer sakhar.
Tossefot limitent l'exemption à l'instant où il s'occupe vraiment de l'objet. Le seul fait qu'il soit à la maison ne quitte pas de la tsedaka. Le Ri tranche comme Rabba face à Rav Yossef, sauf les trois cas sade, inyan, mehetsa.
Il y en a qui expliquent ainsi : Rav Yossef dit qu'il est comme un gardien salarié. Dès lors que le Miséricordieux l'a assujetti malgré lui, il est donc comme un gardien salarié.
Deuxième lecture de Rav Yossef. Le salaire n'est pas le pain épargné. La Torah assujettit celui qui trouve, malgré lui, à garder l'objet. Cette charge imposée fait de lui un shomer sakhar.
(Signe : il l'a rendue, toujours, rends, Hiyya, tu as dit, il s'est brisé, salaire.)
Siman : sept mots pour les objections et les réponses qui suivent, à partir de la ligne suivante et sur le daf d'après. Chaque mot annonce un passage. L'ordre est celui de la discussion.
Rav Yossef objecta à Rabba :
Rav Yossef ouvre une objection contre Rabba, qui tient le gardien d'un objet perdu pour un shomer hinam. La baraïta citée commence au daf suivant.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).