Bava Kamma 57a - Le gardien d'un objet perdu : gratuit ou salarié

Bava_Kamma 57a

Sougya : La page poursuit la discussion ouverte en 56b : le gardien d'une aveida (objet perdu) est-il un shomer hinam (gardien gratuit), comme le tient Rabba, ou un shomer sakhar (gardien salarié), comme le tient Rav Yossef. Rav Yossef objecte d'une baraïta : vol ou perte après la restitution, puis la clause ' toujours, jusqu'au domaine du propriétaire '.

Rabba répond par la négligence d'une restitution à midi, et ne concède que pour les animaux habitués à sortir. Rabba objecte à son tour du verset hashev teshivem : un jardin ou une ruine suffisent ; Rav Yossef y lit seulement qu'on n'exige pas la daat baalim (connaissance des propriétaires).

Abaye reprend avec le kefel (double) de celui qui allègue un vol : Rav Yossef place le cas dans le brigand armé, qu'il range parmi les ganavim parce qu'il se cache.

Gardien d'une aveida : deux statuts, trois épreuves Rabba : shomer hinam Peshia (négligence) : responsable. Geneiva et aveida : exempt. Ones (contrainte) : exempt. Rav Yossef : shomer sakhar Peshia : responsable. Geneiva et aveida : responsable. Ones : exempt. 1. Nigneva o avda, puis leolam Rav Yossef : volée ou perdue de la maison du trouveur. Donc salarié. Rabba : du lieu où il l'a ramenée, à midi. C'est une peshia, même pour un gratuit. Concession : les animaux sortis de leur chemin exigent une garde de plus. 2. Hashev / teshivem Rabba : jardin ou ruine non gardés. La garde est finie. Donc gratuit. Rav Yossef : jardin ou ruine gardés. L'enseignement est ailleurs : on n'exige pas la daat baalim, comme Rabbi Elazar. 3. Ta'anat ganav et kefel (Abaye) Rabbi Yo'hanan : prétention de voleur sur une aveida, il paie le double. Un salarié doit déjà le keren (principal) : le double n'a pas de place. Rav Yossef : prétention de listim mezuyan (brigand armé). Il se cache : c'est un ganav.
Rabba et Rav Yossef : ce que chacun fait payer, et les trois preuves de la page.
Ramener l'aveida là où le propriétaire la verra La baraïta enseigne deux cas. Rachi : le matin il est chez lui, à midi il est au champ. Shaharite : le matin Il entre et sort. Il la voit. La restitution est faite. Il n'a plus à s'en occuper. Vol ou perte ensuite : plus de responsabilité. Tsohorayim : à midi Il n'entre ni ne sort. Il ne la voit pas. La restitution est manquée. C'est une peshia. Vol ou perte ensuite : il en répond, même gratuit.
Restitution du matin et restitution de midi : seule la seconde laisse une responsabilité.
Pourquoi le kefel tranche entre hinam et sakhar Il jure : un voleur a pris l'aveida. On la trouve chez lui. S'il est shomer hinam La prétention l'aurait exempté. Elle est fausse : il paie le kefel. S'il est shomer sakhar Le vol le laisse déjà redevable du keren. La prétention ne crée pas le kefel. Réponse de Rav Yossef Prétention de listim mezuyan. Ones : même le salarié est exempt. Il se cache des gens : statut de ganav.
Le kefel suppose une prétention qui aurait exempté. Le brigand armé est l'ones du salarié.
1
הֶחֱזִירָהּ לְמָקוֹם שֶׁיִּרְאֶנָּה – אֵינוֹ חַייָּב לִטַּפֵּל בָּהּ. נִגְנְבָה אוֹ אָבְדָה – חַיָּיב בְּאַחְרָיוּתָהּ.

S'il l'a ramenée à un endroit où le propriétaire la verra, il n'est pas tenu de s'en occuper. Si elle a été volée ou perdue, il en porte la responsabilité.

📜 Rachi (2)
הֶחֱזִירָהּ לַאֲבֵידָה:
Il l'a ramenée : l'objet perdu.
לְמָקוֹם שֶׁיִּרְאֶנָּה בְּעָלֶיהָ: שׁוֹמֵר חִנָּם - פָּטוּר מִגְּנֵיבָה וַאֲבֵידָה וְשׁוֹמֵר שָׂכָר חַייָּב בְּפֶ' הַשּׁוֹאֵל (בּ"מ דַּף צַד:):
À un endroit où il la verra : son propriétaire. Un gardien gratuit (shomer hinam) est exempt du vol et de la perte, et un gardien salarié (shomer sakhar) en est responsable, au chapitre Ha-shoel (Bava Metzia 94b).
💡 Explication

C'est la baraïta que Rav Yossef oppose à Rabba, à la fin de 56b. Deux membres se suivent. Ramenée là où le propriétaire la verra, le trouveur n'a plus à s'en occuper (litapel bah). Volée ou perdue, il en répond.

Rachi fixe le vocabulaire du débat. Le shomer hinam est exempt de geneiva (vol) et d'aveida (perte). Le shomer sakhar en est responsable. Toute la page demande dans lequel de ces deux statuts entre le gardien d'une aveida.

2
מַאי ״נִגְנְבָה אוֹ אָבְדָה״? לָאו נִגְנְבָה מִבֵּיתוֹ וְאָבְדָה מִבֵּיתוֹ?

Que signifie ' volée ou perdue ' ? N'est-ce pas : volée de sa maison, ou perdue de sa maison ?

💡 Explication

Rav Yossef lit les deux verbes sur la maison du trouveur, avant toute restitution. S'il répond du vol et de la perte survenus chez lui, son statut est celui du shomer sakhar.

3
לֹא, מִמָּקוֹם שֶׁהֶחֱזִירָהּ.

Non : de l'endroit où il l'a ramenée.

🗂️ Tossefot (1)
לֹא מִמָּקוֹם שֶׁהֶחֱזִירָהּ וַאֲפִילּוּ שׁוֹמֵר חִנָּם חַיָּיב דְּפוֹשֵׁעַ הוּא:
Même un gardien gratuit est responsable, car il est négligent (poshea).
💡 Explication

Rabba déplace le vol et la perte. Ils surviennent au lieu de la restitution, après qu'il a déposé l'objet. Laisser l'objet là est une peshia. Un shomer hinam lui-même répond de sa négligence. La baraïta ne prouve donc pas le statut de salarié.

4
וְהָא קָתָנֵי: אֵינוֹ חַיָּיב לִיטַּפֵּל בָּהּ!

Mais on enseigne : il n'est pas tenu de s'en occuper !

💡 Explication

Rav Yossef reprend le premier membre. Si le trouveur n'a plus à s'en occuper, cesser de s'en occuper n'est pas une peshia. Un vol survenu après cette restitution ne devrait plus le rendre responsable.

5
אֲמַר לֵיהּ: הָכָא בְמַאי עָסְקִינַן – כְּגוֹן שֶׁהֶחֱזִירָהּ בַּצָּהֳרַיִם.

Il lui dit : de quoi s'agit-il ici ? Par exemple, il l'a ramenée à midi.

💡 Explication

Rabba restreint le second membre. Le cas où il reste responsable est une restitution faite à midi (tsohorayim). À cette heure le propriétaire n'est pas là pour voir l'objet. La déposer alors ne termine pas la garde.

6
וְתַרְתֵּי קָתָנֵי, וְהָכִי קָתָנֵי: הֶחְזִירָהּ שַׁחֲרִית לִמְקוֹם שֶׁיִּרְאֶנָּה, וּשְׁכִיחַ דְּעָיֵיל וְנָפֵיק וְחָזֵי לַהּ – אֵינוֹ חַיָּיב לִיטַּפֵּל בָּהּ. הֶחְזִירָהּ בַּצָּהֳרַיִם לִמְקוֹם שֶׁיִּרְאֶנָּה, דְּלָא שְׁכִיחַ דְּעָיֵיל וְנָפֵיק, דְּלָא חֲזִי לָהּ; וְנִגְנְבָה אוֹ אָבְדָה – חַיָּיב בְּאַחְרָיוּתָהּ.

Et elle enseigne deux choses, et voici ce qu'elle enseigne : s'il l'a ramenée le matin à un endroit où il la verra, et qu'il est habituel qu'il entre, qu'il sorte et qu'il la voie, il n'est pas tenu de s'en occuper. S'il l'a ramenée à midi à un endroit où il la verra, alors qu'il n'est pas habituel qu'il entre et qu'il sorte, de sorte qu'il ne la voit pas, et qu'elle a été volée ou perdue, il en porte la responsabilité.

📜 Rachi (1)
שַׁחֲרִית שְׁכִיחַ אִינִישׁ בְּבֵיתֵיהּ אֲבָל בַּצָּהֳרַיִם מָצוּי בִּמְלַאכְתּוֹ בַּשָּׂדֶה:
Le matin : l'homme se trouve habituellement chez lui. À midi, il se trouve à son travail, dans le champ.
💡 Explication

La baraïta se lit en deux halakhot. Le matin, le propriétaire entre et sort : il verra l'objet, et le trouveur a fini. À midi, il ne passe pas : déposer l'objet là est une peshia, et le vol ou la perte qui suit reste à la charge du trouveur.

Rachi situe les deux heures. Shaharite : il est à la maison. Tsohorayim : il est au travail, dans le champ.

🖼️ Schéma
Ramener l'aveida là où le propriétaire la verra La baraïta enseigne deux cas. Rachi : le matin il est chez lui, à midi il est au champ. Shaharite : le matin Il entre et sort. Il la voit. La restitution est faite. Il n'a plus à s'en occuper. Vol ou perte ensuite : plus de responsabilité. Tsohorayim : à midi Il n'entre ni ne sort. Il ne la voit pas. La restitution est manquée. C'est une peshia. Vol ou perte ensuite : il en répond, même gratuit.
Matin : restitution achevée. Midi : le propriétaire ne voit pas l'objet.
7
אַיְּתִיבֶיהָ: לְעוֹלָם הוּא חַייָּב, עַד שֶׁיַּחֲזִירֶנָּה לִרְשׁוּתוֹ. מַאי ״לְעוֹלָם״? לָאו אֲפִילּוּ מִבֵּיתוֹ? שְׁמַע מִינַּהּ כְּשׁוֹמֵר שָׂכָר דָּמֵי!

Il lui objecta : il en est toujours responsable, jusqu'à ce qu'il la rende dans son domaine. Que signifie ' toujours ' ?

N'est-ce pas : même de sa maison ? Déduis-en qu'il est comme un gardien salarié.

📜 Rachi (2)
עַד שֶׁיַּחֲזִירֶנּוּ לִרְשׁוּתוֹ שֶׁל בְּעָלִים:
Jusqu'à ce qu'il la rende dans son domaine : celui des propriétaires.
מַאי לְעוֹלָם לָאו אֲפִילּוּ הִנִּיחָהּ מוֹצֵא בְּבֵיתוֹ וְקָתָנֵי חַיָּיב:
Que signifie ' toujours ', n'est-ce pas même : le trouveur l'a déposée dans sa maison, et l'on enseigne qu'il est responsable.
🗂️ Tossefot (1)
לְעוֹלָם הוּא חַייָּב עַד שֶׁיַּחְזִירֶנָּה כו' הִיא סֵיפָא דְּבָרַייְתָא דִּלְעֵיל בַּתּוֹסֶפְתָּא דב"מ (פ"ב ע"ש) וּלְהָכִי דָּיֵיק מִינָּהּ שַׁפִּיר דְּחַיָּיב בִּגְנֵיבָה וַאֲבֵידָה קָאָמַר:
C'est la fin de la baraïta ci-dessus, dans la Tossefta de Bava Metzia (chapitre 2, voir là-bas). C'est pourquoi il en déduit correctement qu'elle parle d'une responsabilité pour le vol et la perte.
💡 Explication

Nouvelle objection, tirée de la suite. Leolam, ' toujours ', étend la responsabilité jusqu'à la remise dans le domaine du propriétaire. Rachi : le mot vise aussi le cas où l'objet a été volé de la maison du trouveur. D'où le statut de shomer sakhar.

Tossefot rattache cette phrase à la seifa de la même baraïta, dans la Tossefta de Bava Metzia, chapitre 2. La déduction porte bien sur geneiva et aveida, puisque c'est la suite du texte qui en parlait.

8
אֲמַר לֵיהּ: מוֹדֵינָא לָךְ בְּבַעֲלֵי חַיִּים, דְּכֵיוָן דְּנָקְטִי לְהוּ נִיגְרֵא בָּרָייָתָא – בָּעֵי נְטִירוּתָא יַתִּירְתָא.

Il lui dit : je te concède pour les animaux. Puisqu'ils ont pris le chemin du dehors, ils exigent une garde supplémentaire.

📜 Rachi (3)
מוֹדֵינָא לָךְ בַּאֲבֵידַת בַּעֲלֵי חַיִּים דְּחַיָּיב הַמּוֹצֵא בִּגְנֵיבָה וַאֲבֵידָה וְלָאו מִשּׁוּם שְׂכַר מִצְוָה אֶלָּא מִשּׁוּם דִּגְנֵיבָה וַאֲבֵידָה דִּידְהוּ פְּשִׁיעוּתָא הִיא:
Je te concède : pour une aveida qui est un animal, le trouveur est responsable du vol et de la perte. La raison en est la négligence que sont, pour eux, le vol et la perte, et non le salaire de la mitsva.
דְּכֵיוָן דְּנָקְטוּ נִגְרֵי בָּרַיְיתָא כֵּיוָן שֶׁרָאָה שֶׁמְּלֻומָּדוֹת הֵן לָצֵאת בָּעֵי נְטִירוּתָא יַתִּירְתָא וְאַפֵּי' הָוֵי שׁוֹמֵר חִנָּם חַיָּיב אֲבָל שׁוֹמֵר אֲבֵידָה דְּמִטַּלְטְלֵי פָּטוּר מִגְּנֵיבָה וַאֲבֵידָה:
Puisqu'elles ont pris les pas du dehors : dès qu'il a vu qu'elles sont habituées à sortir, elles exigent une garde supplémentaire, et même s'il est gardien gratuit il est responsable. Mais le gardien d'une aveida mobilier est exempt du vol et de la perte.
נִגְרֵי פְּסִיעוֹת:
Negrei : des pas.
🗂️ Tossefot (1)
אֲמַר לֵיהּ מוֹדֵינָא לָךְ בְּבַעֲלֵי חַיִּים דְּכֵיוָן דְּנָקְטִי לְהוּ נִגְרֵי בָּרַיְיתָא כו' וּכְגוֹן שֶׁנִּגְנְבָה בְּאוֹתוֹ עִנְיָן שֶׁנִּגְרֵי בָּרַייְתָא גָּרְמוּ לָהּ לְהִגָּנֵב וּלְעֵיל לָא אַסִּיק אַדַּעְתֵּיהּ הַאי שִׁינּוּיָא דְּהַשְׁתָּא מָצֵי לְמֵימַר דְּנִגְנְבָה אוֹ שֶׁאָבְדָה דִּלְעֵיל מִבֵּיתוֹ קָאָמַר אִי נָמֵי הַךְ סֵיפָא אַאֲבֵידָה דַּוְקָא קָאֵי שֶׁנִּיגְרֵי בָּרַייְתָא גָּרְמוּ לָהּ לְהֵאָבֵד אֲבָל לְעִנְיַן גְּנֵיבָה פָּטוּר שֶׁאֵין גּוֹרְמִין לָהּ לִיגָּנֵב וּמִשּׁוּם הָכִי בְּרֵישָׁא דְּקָתָנֵי בְּהֶדְיָא נִגְנְבָה לָא מָצֵי לְשַׁנּוּיֵי הָכִי:
Et c'est dans le cas où elle a été volée de la manière dont les pas du dehors ont causé son vol. Plus haut, cette réponse ne lui était pas venue à l'esprit. À présent il peut dire que ' volée ou perdue ' de plus haut parle de sa maison. Ou bien : cette fin ne porte que sur la perte, car les pas du dehors ont causé sa perte, tandis que pour le vol il est exempt, car ils ne causent pas qu'elle soit volée. C'est pourquoi, dans le début qui enseigne explicitement ' elle a été volée ', il ne pouvait pas répondre ainsi.
💡 Explication

Rabba cède sur un seul terrain : les ba'alei 'hayim. Dès qu'ils ont pris nigrei baraita, les pas du dehors (Rachi : pesiot), le vol et la perte sont déjà une peshia. Il faut une netiruta yeterata, une garde supplémentaire, et un shomer hinam lui-même en répond. Les meubles restent au statut du gratuit.

Rachi écarte une autre raison : le salaire de la mitsva. Ici la responsabilité vient de la peshia propre à ces bêtes. Tossefot limite la concession au vol causé par cette habitude de sortir, et explique pourquoi cette réponse n'avait pas été donnée sur le début de la baraïta, qui dit explicitement ' volée '.

🖼️ Schéma
Concession de Rabba : animaux, pas les meubles Ba'alei 'hayim Ils ont pris les pas du dehors. Negrei = pesiot (Rachi). Garde supplémentaire exigée. Vol et perte = peshia. Metaltelim L'objet ne sort pas de lui-même. Garde ordinaire du gratuit. Rabba ne concède pas. Exempt de vol et de perte.
Animaux habitués à sortir : vol et perte comptent comme négligence. Meubles : non.
9
אֵיתִיבֵיהּ רַבָּה לְרַב יוֹסֵף: ״הָשֵׁב״ – אֵין לִי אֶלָּא בְּבֵיתוֹ, לְגִינָּתוֹ וּלְחֻורְבָּתוֹ מִנַּיִן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״תְּשִׁיבֵם״ מִכָּל מָקוֹם.

Rabba objecta à Rav Yossef : ' Ramène ' (hashev) : je n'en apprends que dans sa maison. Pour son jardin et pour sa ruine, d'où l'apprend-on ?

L'Écrit enseigne : ' tu les ramèneras ' (teshivem), en tout lieu.

📜 Rachi (2)
הָשֵׁב הֲשָׁבָה מְעַלַּיְיתָא מַשְׁמַע:
Hashev : cela implique une restitution de qualité.
לְגִינָּתוֹ וּלְחֻורְבָּתוֹ מִנַּיִן דְּסַגִּי לֵיהּ לְמוֹצָא בַּהֲשָׁבָתוֹ לְגִינָּתָן דִּבְעָלִים:
Pour son jardin et pour sa ruine, d'où : il suffit au trouveur de la restituer dans leur jardin, celui des propriétaires.
💡 Explication

Rabba passe à l'attaque, à partir du double verbe de Devarim 22, 1 : hashev teshivem. Hashev enseigne la maison. Teshivem ajoute le jardin et la horva (ruine). Rachi : hashev désigne une restitution réussie, et le jardin des propriétaires suffit au trouveur.

10
מַאי ״לְגִינָּתוֹ וּלְחֻורְבָּתוֹ״? אִילֵימָא לְגִינָּתוֹ הַמִּשְׁתַּמֶּרֶת וּלְחֻורְבָּתוֹ הַמִּשְׁתַּמֶּרֶת, הַייְנוּ בֵּיתוֹ! אֶלָּא פְּשִׁיטָא, לְגִינָּתוֹ שֶׁאֵינָהּ מִשְׁתַּמֶּרֶת וּלְחֻורְבָּתוֹ שֶׁאֵינָהּ מִשְׁתַּמֶּרֶת. שְׁמַע מִינַּהּ כְּשׁוֹמֵר חִנָּם דָּמֵי!

Que signifie ' à son jardin et à sa ruine ' ? Si l'on dit : à son jardin qui est gardé et à sa ruine qui est gardée, c'est sa maison !

C'est donc évident : à son jardin qui n'est pas garde et à sa ruine qui n'est pas gardée. Déduis-en qu'il est comme un gardien gratuit.

🗂️ Tossefot (1)
אֶלָּא לְגִינָּתוֹ שֶׁאֵינָהּ מִשְׁתַּמֶּרֶת פִּי' אֶלָּא בְּרוּחַ מְצוּיָה וש"מ כְּשׁוֹמֵר חִנָּם דָּמֵי דְּכָלְתָה שְׁמִירָתוֹ: קַרְנָא בָּעֵי לְשַׁלּוּמֵי וְכֵיוָן שֶׁחִיֵּיב עַצְמוֹ לְשַׁלּוֹמֵי בְּשָׁוְיוֹ אֲפִילּוּ נִמְצָא שֶׁגְּנָבוֹ פָּטוּר מִכֶּפֶל:
Explication : plutôt par un vent habituel (ruah metsuya). On en déduit qu'il est comme un gardien gratuit, car sa garde a pris fin. Il doit le principal (keren) : et puisqu'il s'est obligé à payer sa valeur, même s'il se trouve qu'il l'a volé, il est exempt du double (kefel).
💡 Explication

Un jardin gardé aurait le même statut que la maison : le verset n'aurait rien ajouté. Le jardin et la ruine visés sont donc non gardés. Le trouveur y achève pourtant sa mitsva. Ce niveau de garde est celui du shomer hinam.

Tossefot glose ' non gardé ' par une perte due à un ruah metsuya, un vent habituel : la shemira (garde) est terminée. La fin de la glose pose déjà la logique du kefel : qui s'est obligé à payer la valeur ne paie pas le double en plus, même si l'objet est retrouvé chez lui.

11
אֲמַר לֵיהּ: לְעוֹלָם לְגִינָּתוֹ הַמִּשְׁתַּמֶּרֶת וּלְחֻורְבָּתוֹ הַמִּשְׁתַּמֶּרֶת, וּדְקָא קַשְׁיָא לָךְ: הַייְנוּ בֵּיתוֹ, הָא קָא מַשְׁמַע לַן – דְּלָא בָּעֵינַן דַּעַת בְּעָלִים, כִּדְרַבִּי אֶלְעָזָר.

Il lui dit : en réalité, à son jardin qui est gardé et à sa ruine qui est gardée. Et ce qui te fait difficulté, à savoir que c'est sa maison, voici ce que cela nous apprend : nous n'exigeons pas la connaissance des propriétaires, conformément à Rabbi Elazar.

💡 Explication

Rav Yossef maintient un jardin et une ruine gardés. L'enseignement nouveau n'est pas le lieu. C'est qu'il n'y faut pas la daat baalim : le propriétaire n'a pas besoin de savoir que l'objet lui est revenu. La règle est celle de Rabbi Elazar, citée au segment suivant.

12
דְּאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: הַכֹּל צְרִיכִין דַּעַת בְּעָלִים, חוּץ מֵהֲשָׁבַת אֲבֵידָה – שֶׁהֲרֵי רִיבְּתָה בּוֹ תּוֹרָה הֲשָׁבוֹת הַרְבֵּה.

Car Rabbi Elazar a dit : tous ont besoin de la connaissance des propriétaires, sauf la restitution d'un objet perdu, puisque la Torah y a multiplié de nombreuses restitutions.

📜 Rachi (1)
הַכֹּל צְרִיכִין דַּעַת בְּעָלִים גּוֹנֵב וְגוֹזֵל אוֹ אֶחָד מֵאַרְבָּעָה שׁוֹמְרִין שֶׁהֶחֱזִיר צָרִיךְ לְהוֹדִיעוֹ לַבְּעָלִים וְאִם לֹא הוֹדִיעוֹ חַיָּיב הַמַּחֲזִיר בְּאַחְרָיוּתָן:
Tous ont besoin de la connaissance des propriétaires : un voleur, un ravisseur, ou l'un des quatre gardiens qui a restitué doit en informer les propriétaires. S'il ne les a pas informés, celui qui restitue en reste responsable.
💡 Explication

La règle de Rabbi Elazar : ganav, gazlan et chacun des quatre shomrim ne sortent de leur responsabilité qu'en informant le propriétaire. L'hashavat aveida est l'exception. La Torah y a multiplié les hashavot, par le double verbe hashev teshivem : la restitution vaut même sans que le propriétaire le sache.

🖼️ Schéma
Qui doit informer le propriétaire ? Ganav, gazlan Doit informer. Sinon il reste responsable. Quatre shomrim Même règle. Daat baalim exigée. Hashavat aveida Exception. Hashev teshivem : plusieurs restitutions.
Daat baalim pour le voleur, le ravisseur et les gardiens. Exception : l'objet perdu.
13
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי לְרַב יוֹסֵף: וְאַתְּ לָא תִּסְבְּרָא דְּשׁוֹמֵר אֲבֵידָה כְּשׁוֹמֵר חִנָּם דָּמֵי? וְהָא אָמַר רַבִּי חִייָּא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הַטּוֹעֵן טַעֲנַת גַּנָּב בַּאֲבֵידָה – מְשַׁלֵּם תַּשְׁלוּמֵי כֶּפֶל. וְאִי סָלְקָא דַּעְתָּךְ שׁוֹמֵר שָׂכָר הָוֵי, אַמַּאי מְשַׁלֵּם תַּשְׁלוּמֵי כֶפֶל? קַרְנָא בָּעֵי שֶׁלּוּמֵי!

Abaye dit à Rav Yossef : et toi, ne tiens-tu pas que le gardien d'un objet perdu est comme un gardien gratuit ? Or Rabbi Hiya bar Abba a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : celui qui allègue la prétention d'un voleur au sujet d'un objet perdu paie le double.

Et si tu penses qu'il est un gardien salarié, pourquoi paie-t-il le double ? Il doit payer le principal !

📜 Rachi (2)
טַעֲנַת גַּנָּב לִפְטוֹר עַצְמוֹ ע"י גַּנָּב שֶׁטּוֹעֵן נִגְנְבָה הֵימֶנּוּ הָאֲבֵידָה שֶׁמָּצָאתִי וְנִמְצָא שֶׁבְּיָדוֹ הוּא מְשַׁלֵּם תַּשְׁלוּמֵי כֶפֶל כְּגַנָּב עַצְמוֹ דְּדָרְשִׁינַן בְּפֶרֶק מְרֻובֶּה (לְקַמָּן בָּבָא קַמָּא דַּף סג:) וְאִם לֹא יִמָּצֵא הַגַּנָּב אִם לֹא יִמָּצֵא כְּמוֹ שֶׁאָמַר אֶלָּא הוּא עַצְמוֹ גְּנָבוֹ וּכְתִיב בָּתְרֵיהּ יְשַׁלֵּם שְׁנַיִם אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא שׁוֹמֵר אֲבֵידָה כְּשׁוֹמֵר חִנָּם דָּמֵי מִשּׁוּם הָכִי מְשַׁלֵּם כֶּפֶל דְּהָוֵי בָּעֵי לְמִפְטַר נַפְשֵׁיהּ בְּטַעֲנַת גַּנָּב:
Prétention de voleur : pour s'exempter au moyen d'un voleur, en alléguant que l'objet perdu qu'il a trouvé lui a été volé. On le retrouve en sa possession : il paie le double, comme le voleur lui-même. Car nous dérivons, au chapitre Merouba (plus loin, Bava Kamma 63b) : ' si le voleur n'est pas trouvé ' - s'il n'est pas trouvé comme il l'a dit, et que c'est lui-même qui l'a volé. Il est écrit ensuite : il paiera le double. Cela se tient si tu dis que le gardien d'un objet perdu est comme un gardien gratuit : c'est pour cela qu'il paie le double, car il voulait s'exempter par la prétention d'un voleur.
קַרְנָא בָּעֵי שַׁלּוֹמֵי מֵעִיקָּרָא כִּי טְעִין נִגְנְבָה הֲוָה מִחַיַּיב נַפְשֵׁיהּ לְשַׁלּוֹמֵי קַרְנָא:
Il doit payer le principal : dès le début, quand il allègue qu'elle a été volée, il s'était déjà rendu redevable de payer le principal.
💡 Explication

Abaye tient le même statut que Rabba, et le prouve par le kefel. Rabbi Yo'hanan : sur une aveida, la ta'anat ganav - ' un voleur me l'a prise ' - aboutit au double si l'objet est retrouvé chez lui. Le verset de Chemoth 22, 6, lu au chapitre Merouba, applique le double à celui qui se prétend victime d'un vol et qui est lui-même le voleur.

Ce double suppose que la prétention l'aurait exempté. Un shomer sakhar, dès qu'il dit que l'objet a été volé, doit déjà le keren. La prétention ne lui achetait aucune exemption. Le kefel enseigné par Rabbi Yo'hanan place donc le gardien d'aveida du côté du shomer hinam.

🖼️ Schéma
Pourquoi le kefel tranche entre hinam et sakhar Il jure : un voleur a pris l'aveida. On la trouve chez lui. S'il est shomer hinam La prétention l'aurait exempté. Elle est fausse : il paie le kefel. S'il est shomer sakhar Le vol le laisse déjà redevable du keren. La prétention ne crée pas le kefel. Réponse de Rav Yossef Prétention de listim mezuyan. Ones : même le salarié est exempt. Il se cache des gens : statut de ganav.
Le double n'existe que si la prétention aurait exempté. Le salarié doit déjà le principal.
14
אֲמַר לֵיהּ: הָכָא בְמַאי עָסְקִינַן – כְּגוֹן שֶׁטּוֹעֵן טַעֲנַת לִסְטִים מְזֻוייָּן.

Il lui dit : de quoi s'agit-il ici ? Par exemple, il allègue la prétention d'un brigand armé.

📜 Rachi (1)
טַעֲנַת לִסְטִים מְזֻוייָּן גַּנָּב מְזֻוייָּן נָטַל הֵימֶנּוּ בַּחֲזָקָה דְּקָא פָּטַר נַפְשֵׁיהּ בְּטַעֲנַת אֹונֶס:
Prétention d'un brigand armé : un voleur armé le lui a pris de force. Il s'exemptait par une prétention de contrainte (ones).
🗂️ Tossefot (1)
כְּגוֹן שֶׁטְּעָנוֹ טַעֲנַת לִסְטִים מְזֻוייָּן תֵּימַהּ אַמַּאי מוֹקֵי לָהּ בְּלִסְטִים מְזֻוייָּן וּדְחֵיק לְמֵימַר דְּגַנָּב הוּא לוֹקֶמְיָה כְּגוֹן שֶׁטְּעָנוֹ טַעֲנַת גְּנֵיבָה בְּאֹונֶס שֶׁנִּגְנְבָה מִמֶּנּוּ בְּאֹונֶס גָּדוֹל כְּגוֹן שֶׁשָּׁמַר כְּסָפִים בַּחֲפִירָה בַּקַּרְקַע שֶׁאִי אֶפְשָׁר לְגָנְבָם אֶלָּא בִּמְחִילּוֹת תַּחַת הַקַּרְקַע דְּהָוֵי אֹונֶס כְּלִיסְטִים מְזֻוייָּן אוֹ אִם בָּא עָלָיו חֹולִי שֶׁל טֵירוּף הַדַּעַת אוֹ שֵׁינָה נָפְלָה עָלָיו בְּאֹונֶס אוֹ אֹונֶס אַחֵר שֶׁאֵינוֹ יָכוֹל לִשְׁמוֹר וּלְרַבָּה דְּפָטַר בְּסוֹף הַפּוֹעֲלִים (בּ"מ דַּף צג:) עַל בְּעִידָּנָא דְּעָיְילִי אִינָשֵׁי אוֹ דְּנָם בְּעִידָּנָא דְּנָייְמִי אִינָשֵׁי מַשְׁכַּחַת כֶּפֶל שֶׁטּוֹעֵן טַעֲנַת גַּנָּב בְּעִידָּנָא דְּעָיְילִי אוֹ בְּעִידָּנָא דְּנָייְמִי אִינָשֵׁי וּלְהָנְהוּ אָמוֹרָאֵי דִּפְלִיגִי עֲלֵיהּ הָתָם מ"מ מַשְׁכַּחַת כִּדְפָרֵישִׁית וּמִיהוּ אִיכָּא לְמֵימַר דְּהָכָא לָא חָייֵשׁ כֵּיוָן דִּמְשַׁנֵּי שַׁפִּיר בְּלִסְטִים מְזֻוייָּן וס"ל דְּגַנָּב הוּא וּבְסָמוּךְ נָמֵי אַבָּרַייְתָא דְּפָרִיךְ לֹא אִם אָמַרְתָּ הֲוָה מָצֵי לְמֵימַר נָמֵי וְלִיטַעֲמֵיךְ דְּגַזְלָן הוּא אַכַּתִּי תִּקְשֵׁי לָךְ דְּמָצִינוּ שׁוֹמֵר שָׂכָר מְשַׁלֵּם כֶּפֶל בְּטוֹעֵן טַעֲנַת גַּנָּב בְּאֹונֶס אַךְ בְּהַהוּא ק"ו דְּאֵין עָלָיו תְּשׁוּבָה קָשֶׁה דִּבְפֶרֶק הַשּׁוֹאֵל (בּ"מ דַּף צה.) מַסִּיק עֲלָהּ דְּקָסָבַר הַאי תַּנָּא לִסְטִים מְזֻוייָּן גַּזְלָן הוּא וּמַה בְּכָךְ אַכַּתִּי יֵשׁ עָלָיו תְּשׁוּבָה דְּמַה לְשׁוֹמֵר שָׂכָר שֶׁכֵּן מְשַׁלֵּם כֶּפֶל בְּטוֹעֵן טַעֲנַת גַּנָּב בְּאֹונֶס וְאֵין לוֹמַר דְּכֵיוָן דִּגְנֵיבָה בְּאֹונֶס לָא שְׁכִיחַ לָא חֲשִׁיב פִּירְכָא אֲבָל לִסְטִים מְזֻוייָּן שְׁכִיחַ טְפֵי דִּבְכַמָּה מְקוֹמוֹת פָּרִיךְ מֵחֻומְרוֹת דְּלָא שְׁכִיחִי וְעוֹד אע"ג דְּלָא שְׁכִיחַ יָכוֹל לִטְעוֹן כֵּן וְנִרְאֶה לר"י דְּכֵיוָן שֶׁחַיָּיב הַכָּתוּב שׁוֹמֵר שָׂכָר בִּגְנֵיבָה וּסְתָם גְּנֵיבָה קְרוֹבָה לְאֹונֶס כִּדְאָמְרִינַן בְּהַשּׁוֹאֵל (שָׁם) סְבָרָא הוּא דִּבְכָל עִנְיָן שֶׁתִּהְיֶה הַגְּנֵיבָה יִתְחַייֵּב מִגְּזֵרַת הַכָּתוּב אֲפִילּוּ בְּאֹונֶס גָּמוּר וְאַף עַל גַּב דִּבְלִסְטִים מְזֻוייָּן דְּהַייְנוּ שְׁבוּיָה דִּקְרָא פָּטַר בּוֹ הַכָּתוּב אַף עַל פִּי שֶׁאֵין אוֹנְסוֹ גָּדוֹל יוֹתֵר וְדֹוחַק [וְעִי' תּוֹס' ב"מ מב. ד"ה אָמַר שְׁמוּאֵל]:
C'est étonnant : pourquoi l'établit-il dans le cas du brigand armé, et se contraint-il à dire que c'est un voleur ? Qu'il l'établisse dans le cas où il allègue une prétention de vol par contrainte : elle lui a été volée dans une grande contrainte. Par exemple, il a gardé des fonds dans une excavation dans le sol, de sorte qu'on ne peut les voler que par des galeries sous la terre, ce qui est une contrainte comme un brigand armé ; ou bien une maladie de trouble de l'esprit l'a atteint, ou le sommeil est tombé sur lui par contrainte, ou une autre contrainte où il ne peut pas garder. Et selon Rabba, qui exempte à la fin du chapitre Ha-po'alim (Bava Metzia 93b) au moment où les gens entrent, ou qui s'assoupit au moment où les gens dorment, on trouve le double : il allègue la prétention d'un voleur au moment où les gens entrent, ou au moment où les gens dorment. Et pour ces Amoraïm qui sont en désaccord avec lui là-bas, on le trouve de toute façon comme je l'ai expliqué. Toutefois on peut dire qu'ici il ne s'en soucie pas, puisqu'il répond correctement par le brigand armé, et qu'il tient que c'est un voleur. Et juste après aussi, sur la baraïta dont on objecte ' non, si tu dis ', il aurait pu dire également : et selon ton raisonnement, c'est un ravisseur ; il te reste une difficulté, car nous trouvons un gardien salarié qui paie le double en alléguant une prétention de voleur par contrainte. Mais sur ce kal va-homer auquel il n'y a pas de réponse, c'est difficile. Car au chapitre Ha-shoel (Bava Metzia 95a) on conclut à son sujet que ce Tanna tient que le brigand armé est un ravisseur. Qu'importe : il reste une réponse contre lui - en quoi le comparer au gardien salarié, puisqu'il paie le double en alléguant une prétention de voleur par contrainte. Et l'on ne dira pas : le vol par contrainte n'étant pas fréquent, cela ne compte pas comme objection, alors que le brigand armé est plus fréquent. Car en plusieurs endroits on objecte à partir de sévérités qui ne sont pas fréquentes. Et de plus, même si ce n'est pas fréquent, il peut alléguer ainsi. Il paraît au Ri : puisque l'Écrit à rendu le gardien salarié responsable du vol, et qu'un vol ordinaire est proche de la contrainte, comme nous le disons au chapitre Ha-shoel (là-bas), il est logique que, quelle que soit la forme du vol, il soit responsable par décret de l'Écrit, même pour une contrainte complète. Et cela, bien que pour le brigand armé - qui est la captive (shevuya) du verset - l'Écrit l'en exempte, quoique sa contrainte ne soit pas plus grande. Et c'est forcé. [Voir Tossefot Bava Metzia 42a, dibour hamatchil Amar Shmouel.]
💡 Explication

Rav Yossef maintient le shomer sakhar. Le cas de Rabbi Yo'hanan est une prétention de listim mezuyan, brigand armé. Rachi : il s'exemptait par un ones. Même un salarié est exempt d'un ones. La prétention, si elle était vraie, l'aurait donc libéré, et le kefel a sa place quand elle est fausse.

Tossefot demande pourquoi passer par le brigand armé, qu'il faudra ensuite déclarer ganav. Un vol sous contrainte - galerie sous terre, trouble de l'esprit, sommeil forcé - exempte déjà le salarié, et le kefel s'y trouve. La fin de la glose rapporte l'avis du Ri : le verset oblige le salarié pour tout vol, même proche de l'ones, alors qu'il l'exempte pour la shevuya, identifiée au brigand armé. Tossefot note que cette distinction est forcée.

15
אֲמַר לֵיהּ: לִיסְטִים מְזֻוייָּן – גַּזְלָן הוּא!

Il lui dit : un brigand armé est un ravisseur !

📜 Rachi (1)
לִסְטִים מְזֻוייָּן גַּזְלָן הוּא וּבְטַעֲנַת אֹונֶס פָּטַר נַפְשֵׁיהּ וְכָפַל בְּטוֹעֵן טַעֲנַת גַּנָּב הוּא דְּכָתַב בֵּיהּ רַחֲמָנָא (דִּכְתִיב) וְגוֹנֵב מִבֵּית הָאִישׁ (שְׁמוֹת כ״ב:ו׳):
Un brigand armé est un ravisseur : par une prétention de contrainte il s'exemptait. Et le double, c'est à celui qui allègue la prétention d'un voleur que le Miséricordieux l'a écrit, ainsi qu'il est écrit : ' et il a été volé de la maison de l'homme ' (Chemoth 22, 6).
💡 Explication

Abaye sépare les statuts. Le listim mezuyan est un gazlan : il prend de force, au grand jour. Le kefel est écrit pour la prétention de ganav, celui qui vole ' de la maison de l'homme '. Ranger le brigand armé dans l'ones ne suffit pas : Rabbi Yo'hanan a parlé d'un vol, et d'un double de voleur.

16
אֲמַר לֵיהּ, שֶׁאֲנִי אוֹמֵר: לִסְטִים מְזֻוייָּן, כֵּיוָן דְּמִיטַּמַּר מֵאִינָשֵׁי – גַּנָּב הוּא.

Il lui dit : moi, je dis : un brigand armé, puisqu'il se cache des gens, est un voleur.

📜 Rachi (1)
גַּנָּב הוּא וּמְשַׁלֵּם כֶּפֶל וְכֵן הַפּוֹטֵר עַצְמוֹ בְּטַעֲנַת לִסְטִים מְזֻוייָּן וּלְעִנְיַן חִיּוּב לָא מִיחַייַּב שׁוֹמֵר שָׂכָר עָלֶיהָ אִם אֱמֶת אָתוּ דְּהָא אֲנִיס:
C'est un voleur : et il paie le double. De même celui qui s'exempte par la prétention d'un brigand armé. Quant à l'obligation, un gardien salarié n'en est pas responsable si la chose est vraie, car il est sous la contrainte.
💡 Explication

Rav Yossef reclasse le brigand armé. Mitmar me-inshei : il se cache des gens. Ce trait est celui du ganav, et le kefel le suit. Rachi tient les deux bouts : la prétention, quand elle est fausse, produit le double ; quand elle est vraie, le shomer sakhar reste exempt, parce qu'il est anus.

🖼️ Schéma
Listim mezuyan : gazlan selon Abaye, ganav selon Rav Yossef Gazlan Agit au grand jour. Pas de kefel. Ganav Se cache des gens. Paie le kefel. Listim mezuyan Il se cache : ganav. Si c'est vrai : ones.
Se cacher des gens range le brigand armé avec le voleur, qui paie le double.
17
אַיְּתִיבֶיהָ:

Il lui objecta :

💡 Explication

Abaye ouvre une nouvelle objection. Le mot aiteiveh annonce une baraïta ; son texte commence sur 57b. L'attaque vise la réponse de Rav Yossef sur le brigand armé.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).