Bava Kamma 60a - Attisement, gerama, et les mots du verset de l'incendie

Bava_Kamma 60a

Sougya : L'amoud achève l'enseignement de Rabbi Yo'hanan : celui qui remet un feu à un sourd-muet, un sot ou un mineur n'est tenu que s'il remet des bois minces et une lampe, car alors son acte a causé le dommage. Rav Nahman bar Yitzhak reçoit les deux leçons, libba (attiser) et nibba (souffler).

La baraïta tranche : si l'attisement de l'homme suffit à lui seul, il est tenu ; sinon il est exempt. Abaye, Rava et Rabbi Zeira cernent ce cas ; Rav Ashi sépare Chabbat, où le travail réfléchi suffit, et les dommages, où le gerama est exempt.

La michna suivante tient celui dont le feu consume bois, pierres ou terre. Rava montre pourquoi le verset nomme épines, meule, récolte sur pied et champ.

La page se ferme sur le fléau : il ne sort qu'avec les méchants, et il atteint les justes en premier.

Il attise, et le vent attise : qui est tenu ? Baraïta. Les deux agissent ensemble. Son attisement suffit seul yech be-libuyo kedei lelavot tenu (hayav) Son attisement ne suffit pas im lav exempt (patur) Question : que ce soit comme celui qui vanne, et le vent l'aide. À Chabbat, ce vannage est tenu, bien que le vent achève l'acte. Abaye Un côté / l'autre côté lui d'un côté du foyer le vent de l'autre son souffle n'a pas servi exempt Rava Vent habituel, puis non il attise avec un vent habituel, insuffisant un vent inhabituel achève il ne pouvait le prévoir exempt Rabbi Zeira Tsamra tsamorei chaleur du souffle pas un vrai coup de vent souffle chaud, vent froid se gênent l'un l'autre exempt Rav Ashi : le rapprochement avec Chabbat tombe Chabbat : la Torah a interdit un travail réfléchi (melakhet mahshevet). La pensée réalisée suffit, même si le vent achève le vannage. Dommages : simple gerama (cause indirecte). Gerama be-nezikin : exempt.
Baraïta : son attisement suffit, tenu ; sinon, exempt. Abaye, Rava et Rabbi Zeira cernent l'exempt. Rav Ashi : Chabbat, travail réfléchi ; dommages, gerama.
Pourquoi quatre mots dans le verset ? Rava. Shemot 22:5. Chaque mot bloque une lecture trop étroite. Mot Si lui seul était écrit Ce qu'il retient Kotzim épines Tenu : feu fréquent, négligence fréquente. La meule, où l'on se garde, serait exclue. La meule entre aussi, malgré une négligence rare. Gadish meule Tenu : la perte est grande. Les épines, perte mince, seraient exclues. Les épines entrent aussi, malgré une perte mince. Kama récolte sur pied Comme elle est à découvert (galui), tout ce qui est à découvert. Sages : le caché (tamun) sort du compte. Rabbi Yehouda, qui tient le tamun, lit ici les êtres qui ont une stature (ba'alei koma). Sadeh champ Inclut : le feu a léché le labour (nir) et roussi les pierres. Si le verset ne disait que " champ ", on limiterait à ce qui est dans le champ. Les autres mots écartent cette limite.
Épines et meule se retiennent l'une l'autre. La récolte mesure le découvert. Le champ inclut le labour léché et les pierres roussies.
D'où chacun tire son enseignement Rabbi Yehouda tient le tamun dans le feu. Les Sages l'exemptent. Mot du verset Les Sages Rabbi Yehouda Kama la récolte Tout ce qui est à découvert Le caché est exempt Ba'alei koma animaux et arbres Ou ha-kama ou la récolte Inclut les ba'alei koma le ou est inclusif Halak : pour diviser tenu pour chaque poste Ou ha-sadeh ou le champ Halak : pour diviser leur second ou Reprise de style puisque ou ha-kama est écrit Sadeh, pour la page : labour léché, pierres roussies. Enseignement commun.
Sages : kama exclut le caché, le premier ou inclut les ba'alei koma, le second ou divise. Rabbi Yehouda : kama inclut les ba'alei koma, le premier ou divise, le second ou suit le style.
1
סלתא, שרגא, דההוא ודאי מעשה דידיה גרמו.

des bois minces (salta), une lampe (sheraga) : dans ce cas-là, c'est assurément son propre acte qui a causé le dommage.

📜 Rachi (1)
סלתא עצים דקים:
Des bois minces.
💡 Explication

Fin de la phrase de Rabbi Yo'hanan, ouverte à la fin de 59b. Remettre une braise, ou même une flamme, à un sourd-muet, un sot ou un mineur laisse exempt : ce sont ses pinces qui ont mené le feu. Il est tenu s'il remet des copeaux (gavza), des bois minces et une lampe : là, son acte a fait le dommage.

2
שלח ביד פקח – הפקח חייב וכו׳. אמר רב נחמן בר יצחק: מאן דתני ״ליבה״ לא משתבש, ומאן דתני ״ניבה״ לא משתבש.

S'il a envoyé [le feu] par la main d'un homme responsable (pikeah), l'homme responsable est tenu, etc. Rav Nahman bar Yitzhak a dit : celui qui enseigne "libba" (il a attisé) ne se trompe pas, et celui qui enseigne "nibba" (il a soufflé) ne se trompe pas.

📜 Rachi (1)
ניבה כשאדם מדבר מנענע שפתיו ורוח יוצא:
Nibba : quand un homme parle, il remue les lèvres, et un souffle en sort.
💡 Explication

Retour au membre de la michna déjà énoncé en 59b : remis à un pikeah, c'est le pikeah qui est tenu, et le " etc. " reprend les cas de celui qui apporte le bois ou le feu. Puis la page fixe le verbe de la michna. Libba, attiser. Nibba, souffler : Rachi, le souffle qui sort des lèvres quand on parle.

3
מאן דתני ״ליבה״ לא משתבש – דכתיב: ״בלבת אש״. ומאן דתני ״ניבה״ לא משתבש – דכתיב: ״בורא ניב שפתים״.

Celui qui enseigne "libba" ne se trompe pas, car il est écrit : "dans une flamme de feu" (belabbat ech). Et celui qui enseigne "nibba" ne se trompe pas, car il est écrit : "qui crée le fruit des lèvres" (bore niv sefatayim).

💡 Explication

Chaque leçon a un appui dans l'Écriture. Labbat, dans " une flamme de feu ", porte libba. Niv, le fruit des lèvres, porte nibba : le souffle de la bouche. Les deux textes de la michna restent reçus.

4
לבתה הרוח – כולן פטורין. תנו רבנן: ליבה ולבתה הרוח, אם יש בלבויו כדי ללבותה – חייב, ואם לאו – פטור.

Si le vent l'a attisée, tous sont exempts. Nos maîtres ont enseigné : s'il a attisé et que le vent a attisé, s'il y a dans son attisement de quoi l'attiser, il est tenu ; sinon, il est exempt.

🗂️ Tossefot (1)
ליבה ולבתה הרוח אם יש בליבויו כדי ללבות חייב ואם לאו פטור בשאין ברוח בפני עצמו כדי ללבות מיירי דאי בשיש בו כדי ללבות אפילו כשיש בליבוי המלבה כדי ללבות למה יתחייב דבלאו איהו נמי היה הולך ומזיק אלא ודאי כשאין ברוח כדי ללבות מיירי ולכך כשיש בליבויו כדי ללבות חייב המלבה כי הוא עשה הכל דהוה ליה כמו זה יכול וזה אינו יכול דחשיב אינו יכול מסייע שאין בו ממש בפרק המצניע (שבת ד' צג. ושם) ואם אין בליבויו כדי ללבות אע"פ שגם ברוח אין כדי ללבות פטור דלא מיחייב משום אשו אלא אם כן עשה כל כך בפני עצמו בלא סיוע הרוח או דבר אחר שיוכל להזיק ברוח מצויה אחר גמר המעשה שלו דהכי משמע המבעיר את הבערה שבפני עצמו עשה את הבערה שיכול להזיק ברוח מצויה ולכך כאן פטור דבלאו ליבוי לא היתה יכולה להזיק והליבוי דהיינו גמר עשייתה לא עשה המלבה בפני עצמו ופריך אמאי פטור ליהוי כשעושה הליבוי ע"י סיוע הרוח כאילו עשאה בפני עצמו כמו לענין שבת דחשיב זורה ורוח מסייעתו כעושה בפני עצמו ומשני אביי הכא במאי עסקינן כגון שליבה מצד אחד שבענין זה אין דרך הרוח לסייעו ולכך כי מתרמי שנסתייע בליבוי הרוח פטור דלא הוה ליה לאסוקי אדעתיה שיצטרף ליבוי הרוח עם ליבויו דלא שכיח שיצטרפו ולא הו"ל להזהר בכך יותר מברוח שאין מצויה כך פר"י ועוד יש לפרש כגון שליבה מצד אחד שאין בליבויו ללבות כל המדורה ולא ברוח אלא צד אחד דמדורה ליבה הוא וצד אחר ליבה הרוח ואם לא היתה המדורה מתלבה כי אם מצד אחד היה הולך וכבה מחמת שהוא מועט ומחמת שהאשות מתחברות יחד מתגדלת האש ומזקת ולא דמי השתא לזורה ורוח מסייעתו דמה שליבה לא סייע הרוח כלום:
Cela vise le cas où le vent, à lui seul, n'a pas de quoi attiser. Car s'il avait de quoi attiser, même lorsque l'attisement de celui qui attise a de quoi attiser, pourquoi serait-il tenu ? Sans lui aussi, le feu irait et causerait un dommage. C'est donc bien le cas où le vent n'a pas de quoi attiser. Et c'est pourquoi, lorsqu'il y a dans son attisement de quoi attiser, celui qui attise est tenu : c'est lui qui a tout fait. Cela revient à " celui-ci peut, et celui-là ne peut pas " : celui qui ne peut pas est compté comme un aide sans consistance, au chapitre Ha-matznia (Chabbat 93a, et là-bas). Et s'il n'y a pas dans son attisement de quoi attiser, bien que le vent non plus n'ait pas de quoi attiser, il est exempt. Car on n'est tenu pour son feu que s'il a fait, à lui seul, sans l'aide du vent ni d'une autre chose, assez pour que le feu puisse causer un dommage par un vent habituel après l'achèvement de son acte. Tel est le sens de " celui qui allume l'incendie " : à lui seul il a fait un incendie qui peut causer un dommage par un vent habituel. C'est pourquoi ici il est exempt : sans l'attisement, le feu n'aurait pas pu causer de dommage, et l'attisement, c'est-à-dire l'achèvement de sa réalisation, celui qui attise ne l'a pas fait à lui seul. Et l'on objecte : pourquoi est-il exempt ? Que l'attisement fait avec l'aide du vent compte comme s'il l'avait fait à lui seul, de même que pour Chabbat, où l'on compte " celui qui vanne et que le vent l'aide " comme s'il agissait à lui seul. Et Abaye répond : de quoi s'agit-il ici ? Par exemple, il a attisé d'un côté. De cette manière, le vent n'a pas coutume de l'aider. C'est pourquoi, s'il arrive qu'il soit aidé par l'attisement du vent, il est exempt : il n'avait pas à se représenter que l'attisement du vent se joindrait au sien, car il est rare qu'ils se joignent, et il n'avait pas à s'en garder plus que d'un vent qui n'est pas habituel. Ainsi explique le Ri. Et l'on peut encore expliquer : par exemple, il a attisé d'un côté, et ni son attisement ni le vent ne suffisent à attiser tout le foyer. Un côté du foyer, c'est lui qui l'a attisé ; l'autre côté, c'est le vent. Si le foyer ne s'attisait que d'un seul côté, le feu irait et s'éteindrait, parce qu'il est peu abondant. Parce que les feux se rejoignent, le feu grandit et cause un dommage. Et cela ne se compare pas, ici, à celui qui vanne et que le vent l'aide : ce qu'il a attisé, le vent ne l'a aidé en rien.
💡 Explication

La michna dit que si le vent a attisé, tous sont exempts. La baraïta précise le cas mixte : l'homme et le vent attisent ensemble. S'il y a dans son attisement de quoi propager le feu, il est tenu. Sinon, il est exempt.

Tossefot fixe le décor : le vent, seul, ne suffit pas non plus. S'il suffisait, le feu partirait sans l'homme. Quand l'homme suffit et le vent non, c'est le cas " celui-ci peut, celui-là ne peut pas " (Chabbat 93a) : l'aide sans force ne compte pas, et l'homme a tout fait. Quand aucun des deux ne suffit, il est exempt : la tenue pour le feu demande qu'après son acte, un vent habituel puisse porter le dommage.

5
אמאי? ליהוי כזורה ורוח מסייעתו!

Pourquoi ? Que ce soit comme celui qui vanne, et que le vent l'aide !

📜 Rachi (1)
ליהוי כזורה דחייב משום מלאכה בשבת אע"פ שהרוח מסייעתו כשהוא מגביה התבואה ברחת שקורין פליי"א:
Que ce soit comme celui qui vanne : il est tenu pour un travail le Chabbat, bien que le vent l'aide, lorsqu'il soulève le grain avec la pelle à vanner qu'on appelle pela.
💡 Explication

L'objection vise le second membre : son attisement ne suffit pas, et pourtant le feu part grâce au vent. À Chabbat, celui qui vanne (zoreh) est tenu alors que le vent sépare la bale du grain. Rachi : il jette le grain en l'air avec la pelle (rahat, pela), et le vent achève. Pourquoi l'attisement aidé du vent serait-il exempt ?

6
אמר אביי: הכא במאי עסקינן – כגון שליבה מצד אחד, ולבתו הרוח מצד אחר. רבא אמר: כגון שליבה ברוח מצויה, ולבתו הרוח ברוח שאינה מצויה. רבי זירא אמר: כגון דצמרה צמורי.

Abaye a dit : de quoi s'agit-il ici ? Par exemple, il a attisé d'un côté, et le vent a attisé de l'autre côté.

Rava a dit : par exemple, il a attisé par un vent habituel, et le vent l'a attisée par un vent qui n'est pas habituel. Rabbi Zeira a dit : par exemple, il l'a échauffée d'une chaleur (tsamra tsamorei).

📜 Rachi (3)
מצד אחר דלא אהני איהו:
De l'autre côté : lui, cela ne lui a servi à rien.
כגון שליבה ברוח מצויה כשמתחיל ללבות לא היתה הרוח נושבת בחזקה ולא היה מבעיר בכך ובאתה רוח שאינה מצויה ולבתו דמילתא דלא סליק אדעתא הוא אבל זורה לענין שבת סגי לה ברוח מצויה ולהכי איכוין:
Par exemple, il a attisé par un vent habituel : quand il commence à attiser, le vent ne soufflait pas fort, et il n'allumait pas par là ; puis est venu un vent qui n'est pas habituel, et il l'a attisée. C'est une chose qui ne monte pas à l'esprit. Mais celui qui vanne, pour Chabbat, un vent habituel lui suffit, et c'est à cela qu'il a visé.
צמרה צמורי לשון אישתא צמירתא (שבת דף סז.) חמימות כלומר שלא נפח ממש אלא בנשימה כדרך המחמם בנשימתו את ידיו דאין זה ליבוי כלל:
Tsamra tsamorei : langue de " ishta tzemirta " (Chabbat 67a), une chaleur. C'est-à-dire qu'il n'a pas soufflé pour de bon, seulement par la respiration, à la manière de celui qui réchauffe ses mains de son souffle. Cela ne compte aucunement comme un attisement.
🗂️ Tossefot (2)
רבא אמר כגון שליבה ברוח מצויה וליבתה הרוח ברוח שאין מצויה וה"פ אם יש בליבויו כדי ללבות עם רוח מצויה חייב דחשיב כאילו עושה הכל בפני עצמו ואם לאו שאין בליבויו בהדי רוח מצויה כדי ללבות אלא ע"י רוח שאין מצויה שסייעתו נעשה המלבה פטור דברוח שאינה מצויה לא הוה ליה לאסוקי אדעתיה:
Voici le sens : s'il y a dans son attisement de quoi attiser avec un vent habituel, il est tenu, car on le compte comme s'il faisait tout à lui seul. Sinon, s'il n'y a pas dans son attisement, joint à un vent habituel, de quoi attiser, et que seul un vent qui n'est pas habituel l'a aidé, celui qui attise est exempt : d'un vent qui n'est pas habituel, il n'avait pas à se le représenter.
רבי זירא אמר כגון דצמרה צמורי לא נפח באור כעין נשיבת הרוח אלא חום הבל פיו הוציא על האור ללבותו והכי קאמר אם יש בליבויו בפני עצמו כדי ללבות חייב ואם לאו פטור אע"פ שבסיוע הרוח מלבה דלא הוה ליה לאסוקי אדעתיה שתצטרף נשיבת הרוח לצימור שלו ויסתייע על ידה ללבות דלא שכיח שתצטרף נשיבת הרוח עם הצימור לסייעו כי הם מקלקלים זה את זה אע"פ ששניהם מצד אחד כי הצימור חם והרוח קר:
Il n'a pas soufflé sur le feu à la manière du souffle du vent : il a fait sortir sur le feu la chaleur de l'haleine de sa bouche, pour l'attiser. Et voici ce que dit [la baraïta] : s'il y a dans son attisement, à lui seul, de quoi attiser, il est tenu ; sinon, il est exempt, même si avec l'aide du vent cela attise. Car il n'avait pas à se représenter que le souffle du vent se joindrait à sa chaleur et qu'il en serait aidé pour attiser : il est rare que le souffle du vent se joigne à la chaleur pour l'aider, car ils se gâtent l'un l'autre, bien que tous deux viennent du même côté, la chaleur étant chaude et le vent froid.
💡 Explication

Trois lectures du cas exempt, quand l'attisement seul ne suffit pas. Abaye : deux côtés du foyer. Rachi : son côté n'a servi à rien. Rava : il a attisé sous un vent habituel, trop faible ; un vent inhabituel a fini le travail. Il n'avait pas à le prévoir. Tossefot ajoute la barre : attisement plus vent habituel, s'ils suffisent ensemble, il est tenu.

Rabbi Zeira : tsamra tsamorei, une simple chaleur de souffle. Rachi : souffle qui réchauffe les mains, hors de tout attisement. Tossefot : souffle chaud et vent froid se gênent, on ne prévoit pas qu'ils s'additionnent.

7
רב אשי אמר: כי אמרינן זורה ורוח מסייעתו – הני מילי לענין שבת, דמלאכת מחשבת אסרה תורה; אבל הכא – גרמא בעלמא הוא, וגרמא בנזקין פטור.

Rav Ashi a dit : lorsque nous disons " celui qui vanne, et que le vent l'aide ", ces paroles valent pour Chabbat, car la Torah a interdit un travail réfléchi (melakhet mahshevet) ; mais ici, c'est un simple gerama (cause indirecte), et le gerama en matière de dommages est exempt.

📜 Rachi (1)
מלאכת מחשבת נתקיימה מחשבתו דניחא ליה ברוח מסייעתו:
Travail réfléchi : sa pensée s'est réalisée, car le vent qui l'aide lui convient.
🗂️ Tossefot (2)
רב אשי אמר כי אמרינן זורה ורוח מסייעתו הני מילי לענין שבת דמלאכת מחשבת אסרה תורה. וכשגורם לזרות הרוח המסייעתו הוי מלאכת מחשבת ולהכי חייב בגרמת זרייה זו אבל עושה מעשה של זרייה בפני עצמו לא אקרי (זורה) לכך הכא לא מקרי מבעיר אלא גורם והתורה לא חייבה אלא מבעיר ולא הגורם (אלא) הבערה ע"י רוח המסייעתו ולהכי חשיבא הא גרמא לענין האש ככל שאר גרמות דקי"ל גרמא בנזקין פטור ומר בר רב אשי דפריך גבי רקתא בלא יחפור (ב"ב דף כו. ושם) מאי שנא מזורה ורוח מסייעתו מצי סבר כרב אשי דהכא דהתם לענין חיוב הרחקה חשיב גירי דיליה וצריך להרחיק ואפי' ר' יוסי כמו הרחקת סולם מהשובך חשיב גירי דיליה לענין הרחקה אע"ג דלא חשיב ליה התם אלא גרמא דפטור מתשלומין מ"מ אסור וצריך להרחיק וגץ היוצא מתחת הפטיש דחשיב מזיק משום דניחא ליה דתיזל ומכה בכח כל כך שאחר גמר כחו יזיק ברוח מצויה וכך משני בלא יחפור ולא רצה להעמיד שמכה כל כך בכח עד שמזיק בכח אדם לבדו בלא רוח דאם כן לא הוה תני לה גבי נזקין דאש אלא גבי נזקין דאדם:
Rav Ashi a dit : lorsque nous disons " celui qui vanne, et que le vent l'aide ", ces paroles concernent Chabbat, car la Torah a interdit un travail réfléchi. Et lorsqu'il fait vaner le vent qui l'aide, c'est un travail réfléchi ; c'est pourquoi il est tenu pour la causation de ce vannage. Mais celui qui accomplit l'acte du vannage à lui seul n'est pas appelé (vanneur). C'est pourquoi, ici, il n'est pas appelé celui qui allume, mais celui qui cause. Et la Torah n'a rendu tenu que celui qui allume, et non celui qui cause (plutôt) l'incendie par le vent qui l'aide. C'est pourquoi ceci est compté comme un gerama pour le feu, comme tous les autres geramot, car nous tenons que le gerama en matière de dommages est exempt. Et Mar bar Rav Ashi, qui objecte à propos de la rakta (brisures de lin) dans [le chapitre] Lo yahpor (Bava Batra 26a, et là-bas) : " en quoi est-ce différent de celui qui vanne, et que le vent l'aide ? ", peut être de l'avis de Rav Ashi d'ici. Car là-bas, pour l'obligation d'écarter, on le compte comme ses propres flèches (girei dileih), et il doit écarter, même selon Rabbi Yossi. De même qu'écarter une échelle du pigeonnier est compté comme ses propres flèches pour l'écart, bien que là-bas on ne le compte que comme un gerama, qui exempte du paiement : malgré cela, c'est interdit, et il doit écarter. Et l'étincelle qui sort de sous le marteau est comptée comme un auteur de dommage, parce qu'il lui convient qu'elle parte, et qu'il frappe avec une force telle qu'après la fin de sa force elle causera un dommage par un vent habituel. Et c'est ainsi que l'on répond dans Lo yahpor. Et l'on n'a pas voulu établir le cas de celui qui frappe avec une force telle que le dommage vient de la seule force de l'homme, sans vent. Car alors on ne l'aurait pas enseigné parmi les dommages du feu, mais parmi les dommages de l'homme.
והכא גרמא בנזקין מתוך כך נראה דאם שנים הביאו עצים ואור וליבו שניהם ואין בכל אחד כדי ללבות פטור ותימה הוא:
Et ici, un gerama en matière de dommages. De là il ressort que si deux personnes ont apporté le bois et le feu, que toutes deux ont attisé, et qu'aucune n'a à elle seule de quoi attiser, elles sont exemptes. Et c'est une difficulté.
💡 Explication

Rav Ashi ne limite pas le cas : il coupe le rapprochement. À Chabbat, melakhet mahshevet : Rachi, sa pensée aboutit, et le vent qui aide lui convient. Pour le feu, le verset tient le mav'ir, celui qui allume. Si le vent achève, il reste un gerama, et le gerama en dommages est exempt.

Tossefot porte la distinction jusqu'à Bava Batra 26a. La rakta, brisures de lin emportées quand on bat le lin : Mar bar Rav Ashi compare au vannage aidé du vent. Là-bas l'enjeu est d'écarter la nuisance, comptée comme girei dileih, même pour Rabbi Yossi ; le paiement, lui, tombe. L'étincelle sous le marteau reste un dommage du feu : il veut qu'elle parte, et après sa force un vent habituel achève. Seconde glose : deux attiseurs, chacun insuffisant, seraient tous deux exempts. Tossefot marque la difficulté.

🖼️ Schéma
Même concours du vent, deux registres Chabbat Melakhet mahshevet la Torah a interdit un travail réfléchi Le vent achève le vannage sa pensée est réalisée tenu Dommages du feu Gerama cause indirecte le verset tient le mav'ir Le vent achève l'attisement il n'a pas tout fait seul exempt
Chabbat : travail réfléchi, tenu. Feu : gerama, exempt.
8
מתני׳ השולח את הבערה, ואכלה עצים או אבנים או עפר – חייב; שנאמר: ״כי תצא אש ומצאה קצים, ונאכל גדיש או הקמה או השדה, שלם ישלם המבער את הבערה״.

Michna. Celui qui envoie l'incendie, et qu'il consume des bois, ou des pierres, ou de la terre, est tenu, car il est dit : "Si un feu sort et trouve des épines, et qu'une meule, ou la récolte sur pied, ou le champ, soit consumé, celui qui allume l'incendie paiera certainement."

📜 Rachi (1)
מתני' או עפר לחכה נירו ונתקלקל:
Ou de la terre : [le feu] a léché son labour, et il a été abîmé.
💡 Explication

Michna nouvelle. Le feu envoyé consume du bois, des pierres ou de la terre : il est tenu. Le verset (Shemot 22:5) nomme épines, meule, récolte sur pied et champ. Rachi sur " terre " : le feu a léché le labour (nir) et l'a gâté. La suite de la page déplie chaque mot.

9
גמ׳ אמר רבא: למה לי דכתב רחמנא ״קוצים״, ״גדיש״, ״קמה״ ו״שדה״?

Guemara. Rava a dit : pourquoi le Miséricordieux m'a-t-il écrit " épines ", " meule ", " récolte sur pied " et " champ " ?

💡 Explication

Rava ouvre le compte des mots. Si l'un d'eux ne faisait qu'accompagner les autres, il serait de trop. Chaque terme doit retenir un cas que les autres laisseraient échapper.

10
צריכי; דאי כתב רחמנא ״קוצים״, הוה אמינא: קוצים הוא דחייב רחמנא – משום דשכיח אש גבייהו, ושכיח דפשע; אבל גדיש – דלא שכיח אש גבייהו, ולא שכיח דפשע, אימא לא. ואי כתב רחמנא ״גדיש״, הוה אמינא: גדיש חייב רחמנא – משום דהפסד מרובה הוא; אבל קוצים – דהפסד מועט, אימא לא.

Ils sont nécessaires. Car si le Miséricordieux avait écrit " épines ", j'aurais dit : ce sont les épines pour lesquelles le Miséricordieux rend tenu, parce que le feu est fréquent auprès d'elles, et qu'il est fréquent qu'on soit négligent ; mais une meule, auprès de laquelle le feu n'est pas fréquent, et où il n'est pas fréquent qu'on soit négligent, je dirais que non.

Et si le Miséricordieux avait écrit " meule ", j'aurais dit : c'est la meule pour laquelle le Miséricordieux rend tenu, parce que la perte est grande ; mais les épines, dont la perte est mince, je dirais que non.

📜 Rachi (2)
גמ' דשכיח אש גבייהו אין בני אדם מזדהרין בהן דלכך עומדין הלכך איכא למימר זה פשע:
Parce que le feu est fréquent auprès d'elles : les gens ne se gardent pas d'elles, car c'est à cela qu'elles sont destinées. On peut donc dire que celui-ci a été négligent.
אבל גדיש כו' דאיכא למימר אנוס היה:
Mais une meule, etc. : on peut dire qu'il était en état de contrainte (oness).
💡 Explication

Les deux premiers mots se retiennent l'un l'autre. Kotzim, les épines : le feu y est courant, et la négligence aussi. Rachi : on ne s'en garde pas, elles sont faites pour brûler ; on peut dire qu'il a été négligent (peshia). Sans le mot " meule ", une meule, que l'on tient loin du feu, passerait pour un cas de contrainte.

Inversement, la seule meule viserait la perte grande. Les épines, perte mince, sortiraient du verset. Les deux mots sont donc écrits.

11
״קמה״ למה לי? מה קמה בגלוי – אף כל בגלוי.

" Récolte sur pied ", pourquoi me le faut-il ? De même que la récolte sur pied est à découvert, de même tout ce qui est à découvert.

💡 Explication

Kama, la récolte encore debout, est visible. Le verset en fait la mesure : on est tenu pour tout bien à découvert (galui). Le bien caché (tamun) dans la meule ou la maison sort de cette mesure. C'est la lecture des Sages. Rabbi Yehouda, au segment suivant, lit le mot autrement.

12
ולרבי יהודה דמחייב אנזקי טמון באש, ״קמה״ למה לי? לרבות כל בעלי קומה. ורבנן, לרבות כל בעלי קומה מנא להו? נפקא להו מ״או הקמה״.

Et selon Rabbi Yehouda, qui rend tenu pour les dommages d'une chose cachée par le feu, " récolte sur pied ", pourquoi me le faut-il ? Pour inclure tous les êtres qui ont une stature (ba'alei koma).

Et les Sages, d'où tiennent-ils d'inclure tous les êtres qui ont une stature ? Ils le tirent de " ou la récolte sur pied ".

📜 Rachi (2)
[ולר"י] פלוגתא דרבי יהודה בהאי פירקא (ד' סא:):
La discussion de Rabbi Yehouda se trouve dans ce chapitre (61b).
כל בעלי קומה אף בעלי חיים ואילנות:
Tous les êtres qui ont une stature : même les animaux et les arbres.
🗂️ Tossefot (1)
לרבות כל בעלי קומה בקונטרס פירש כל ב"ח אבל בירושלמי משמע דמרבי אילנות וכל דבר המחובר והכי איתא התם אי מה הגדיש מיוחד שהוא תלוש מן הקרקע אף כל שהוא תלוש מן הקרקע ת"ל או הקמה:
Dans le commentaire [de Rachi], il a expliqué : tout animal. Mais le Talmud de Jérusalem donne à entendre qu'on inclut les arbres et tout ce qui est attaché au sol. Et voici ce qui s'y trouve : si la meule a ceci de particulier qu'elle est détachée du sol, [dirait-on] de même tout ce qui est détaché du sol ? Le verset enseigne : " ou la récolte sur pied ".
💡 Explication

Rabbi Yehouda tient aussi le tamun brûlé par le feu (la discussion est en 61b). Le mot kama ne lui sert donc plus à exclure le caché. Il l'emploie pour les ba'alei koma : Rachi, les animaux et les arbres, tout ce qui a une hauteur, au-delà des récoltes.

Les Sages, qui ont déjà employé kama pour le découvert, tirent les ba'alei koma du mot ou devant " la récolte ". Tossefot signale le Talmud de Jérusalem : " ou la récolte " inclut les arbres et ce qui est attaché au sol (mehubar), face à la meule qui est détachée.

13
ורבי יהודה – ״או״ מיבעי ליה לחלק. ורבנן לחלק מנא להו? נפקא להו מ״או השדה״.

Et Rabbi Yehouda : le " ou " lui est nécessaire pour diviser. Et les Sages, d'où tiennent-ils de diviser ?

Ils le tirent de " ou le champ ".

💡 Explication

Halak, diviser : le " ou " sépare les postes. On est tenu pour les épines seules, ou pour la meule seule, sans exiger que le feu ait tout consumé ensemble. Rabbi Yehouda prend ce partage sur le premier " ou ", celui de " ou la récolte ". Les Sages, qui ont déjà donné ce " ou " aux ba'alei koma, prennent le partage sur le second : " ou le champ ".

14
ורבי יהודה – איידי דכתב רחמנא ״או הקמה״, כתב ״או השדה״.

Et Rabbi Yehouda : du fait que le Miséricordieux a écrit " ou la récolte sur pied ", il a écrit " ou le champ ".

💡 Explication

Rabbi Yehouda n'apprend rien de plus de " ou le champ ". Le second " ou " suit le premier, déjà employé pour diviser. La tournure du verset se répète, sans derasha supplémentaire.

15
״שדה״ למה לי? לאתויי לחכה נירו וסכסכה אבניו. ולכתוב רחמנא ״שדה״, ולא בעי הנך! צריכא; דאי כתב רחמנא ״שדה״, הוה אמינא: מה שבשדה – אין, מידי אחרינא – לא; קא משמע לן.

" Champ ", pourquoi me le faut-il ? Pour inclure : [le feu] a léché son labour et roussi ses pierres.

Que le Miséricordieux écrive " champ ", et que ces [autres mots] ne soient pas nécessaires ! C'est nécessaire.

Car si le Miséricordieux avait écrit " champ ", j'aurais dit : ce qui est dans le champ, oui ; une autre chose, non. Cela nous l'apprend.

📜 Rachi (2)
נירו חרישה שלא נזרע סכסוך שייך באבנים לחיכה בשאר דברים:
Son labour : un labour qui n'a pas été semé. " Sikhsoukh " (roussir) se dit des pierres ; " lehikha " (lécher), des autres choses.
הוה אמינא מה שבשדה תבואה קאמר קרא ולא קרקע ממש להכי כתב קמה בהדיא דהשתא אתרבי שדה לגופה של קרקע:
J'aurais dit : ce qui est dans le champ. Le verset parlerait de la récolte, et non du sol lui-même. C'est pourquoi il a écrit " récolte sur pied " expressément : maintenant, " champ " est inclus pour le sol lui-même.
💡 Explication

Sadeh inclut un dommage qui n'emporte pas l'objet : le feu lèche le labour (nir, terre labourée non semée) et roussit les pierres. Rachi réserve " roussir " aux pierres, et " lécher " au reste.

Objection : le seul mot " champ " aurait suffi, par un fortiori, puisque même le sol abîmé est tenu. Réponse : sans les autres mots, " champ " se lirait " ce qui est dans le champ ". Rachi : la récolte, et le sol sortirait. Une fois kama écrit pour la récolte, sadeh reste pour le corps du sol. Et la limite " seulement ce qui est dans le champ " tombe.

🖼️ Schéma
Que vise le mot champ ? Si le verset ne disait que sadeh Ce qui est dans le champ Rachi : la récolte le sol lui-même sortirait lecture écartée Kama est écrit à part La récolte a son mot sadeh reste pour le sol Labour léché (nir) Pierres roussies
Kama écrit à part libère sadeh pour le sol : labour léché, pierres roussies.
16
אמר רבי שמואל בר נחמני אמר רבי יונתן: אין פורענות באה לעולם אלא בזמן שהרשעים בעולם, ואינה מתחלת אלא מן הצדיקים תחלה, שנאמר: ״כי תצא אש ומצאה קצים״ – אימתי אש יוצאה? בזמן שקוצים מצויין לה. ואינה מתחלת אלא מן הצדיקים תחלה, שנאמר: ״ונאכל גדיש״; ״ואכל גדיש״ לא נאמר, אלא ״ונאכל גדיש״ – שנאכל גדיש כבר.

Rabbi Chmouel bar Nahmani a dit au nom de Rabbi Yonathan : un fléau ne vient au monde que lorsqu'il y a des méchants dans le monde, et il ne commence que par les justes, en premier, car il est dit : "Si un feu sort et trouve des épines". Quand le feu sort-il ?

Lorsqu'il s'y trouve des épines. Et il ne commence que par les justes, en premier, car il est dit : "et une meule a été consumée".

On n'a pas dit : "et il a consumé une meule", mais : "et une meule a été consumée", car la meule a déjà été consumée.

💡 Explication

Aggada sur le même verset. Rabbi Chmouel bar Nahmani au nom de Rabbi Yonathan. Les épines sont les méchants : le feu, le fléau, ne sort que lorsqu'ils sont là. La meule est le juste. Le verbe est ve-neekhal, " a été consumée ", et non " il a consumé " : la meule l'est déjà, avant les épines. Le fléau commence par les justes.

🖼️ Schéma
Le verset lu sur le fléau Kotzim les épines les méchants sont là alors le feu sort Ve-neekhal gadish une meule a été consumée passif : déjà consumée les justes en premier Rav Yossef permission donnée au destructeur il ne distingue pas Abaye : c'est un bien pour les justes Le juste est retiré à cause du mal à venir. Il ne voit pas le mal qui doit arriver.
Épines : les méchants sont là, le feu sort. Meule déjà consumée : les justes d'abord. Abaye : c'est un bien.
17
תאני רב יוסף, מאי דכתיב: ״ואתם לא תצאו איש מפתח ביתו עד בקר״? כיון שניתן רשות למשחית, אינו מבחין בין צדיקים לרשעים. ולא עוד, אלא שמתחיל מן הצדיקים תחלה, שנאמר: ״והכרתי ממך צדיק ורשע״.

Rav Yossef a enseigné : que signifie ce qui est écrit : "Et vous, personne ne sortira de l'ouverture de sa maison jusqu'au matin" ? Dès que permission est donnée au destructeur, il ne distingue pas entre justes et méchants.

Et bien plus : il commence par les justes, en premier, car il est dit : "Et je retrancherai de toi le juste et le méchant".

💡 Explication

Baraïta rapportée par Rav Yossef, sur la plaie des premiers-nés (Shemot 12:22). On reste à l'intérieur jusqu'au matin : une fois la permission donnée au destructeur (mashhit), il ne trie pas. Le verset d'Yehezkel met le juste avant le méchant : il commence par les justes.

18
בכי רב יוסף: כולי האי נמי לאין דומין. אמר ליה אביי: טיבותא הוא לגבייהו, דכתיב: ״כי מפני הרעה נאסף הצדיק״.

Rav Yossef pleura : même à ce point, eux aussi sont comptés pour rien ? Abaye lui dit : c'est un bien pour eux, car il est écrit : "Car à cause du mal, le juste est retiré".

📜 Rachi (2)
הכי גרסינן כולי האי נמי לאין דומין כלומר להבל חשובים הצדיקים שקודמים לפורענות:
Voici la leçon : " même à ce point, eux aussi sont comptés pour rien ". C'est-à-dire : les justes qui précèdent le fléau sont-ils tenus pour du vent (hevel) ?
טיבותא הוא שלא יראו ברעה העתידה לבא דכתיב כו':
C'est un bien : afin qu'ils ne voient pas le mal qui doit venir, car il est écrit, etc.
💡 Explication

Rav Yossef pleure sur la place des justes : Rachi, sont-ils tenus pour du vent, eux qui passent avant le fléau ? Abaye retourne le fait en faveur : tivouta, un bien. Le verset (Yeshaya 57:1) retire le juste à cause du mal à venir. Rachi : ils ne voient pas le mal qui doit arriver.

19
אמר רב יהודה אמר רב:

Rav Yehouda a dit au nom de Rav :

💡 Explication

L'enseignement de Rav, transmis par Rav Yehouda, s'ouvre sur ces mots. La suite est sur l'amoud suivant.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).