Sougya : L'amoud commence par le ki tov : entrer et sortir tant qu'il fait jour. Une épidémie (dever) impose de rester chez soi, de nuit comme de jour, fenêtres closes ; une famine impose de partir, même s'il y a un doute sur des vies à l'arrivée.
L'ange de la mort circule au milieu du chemin quand il a permission, sur les côtés quand il n'en a pas. Rabbi Yits'hak Naf'ha, sollicité ensemble pour la halakha et pour l'aggada, tire du verset du feu que le Saint, béni soit-Il, paiera l'incendie de Sion, et que le feu oblige au titre des flèches.
La soif de David à Beit Léhem est lue comme une question : le caché dans l'incendie, se sauver par le bien d'autrui, ou échanger l'orge d'Israël contre les lentilles des Philistins.
Qu'un homme entre toujours dans le " ki tov " et qu'il en sorte dans le " ki tov ", car il est dit : " Et vous, que nul ne sorte de l'ouverture de sa maison jusqu'au matin. "
Le ki tov reprend " la lumière, qu'elle est bonne " (Bereshit 1, 4) : le moment où il fait jour. On entre à l'auberge pendant que le soleil brille, et on ne repart le matin qu'une fois le jour levé, à cause des mazikin et des brigands.
Tossefot. Rabbeinou Tam limite l'enseignement à celui qui arrive d'une autre ville : chez soi, on connaît les fosses. Le verset cité ici vise un cas de sakanta (danger), mis au rang d'une ville étrangère. Le Ri refuse ce diyuk sur l'ordre des mots : la Guemara aime ces paires. Et le lever d'Avraham enseigne bien le zérouz, car un envoyé de mitsva n'a pas à attendre le jour pour être à l'abri.
Les Sages ont enseigné : une épidémie (dever) dans la ville, rassemble tes pieds, car il est dit : " Et vous, que nul ne sorte de l'ouverture de sa maison jusqu'au matin. " Et il est dit : " Va, mon peuple, entre dans tes chambres, et ferme ta porte sur toi.
" Et il est dit : " Au-dehors l'épée endeuillera, et dans les chambres, l'effroi. "
Kénès raglekha : on restreint ses sorties. Trois versets vont porter la même consigne. Les deux suivants sont introduits par " et il est dit " : chacun ferme une objection, comme la suite le montre.
Pourquoi " et il est dit " ? Et si tu dis : ces paroles ne valent que de nuit, mais de jour, non ; viens entendre : " Va, mon peuple, entre dans tes chambres, et ferme ta porte.
"
Le premier verset dit " jusqu'au matin ". On pourrait donc limiter la consigne à la nuit. Yeshayahou 26 ne parle pas de la nuit : entrer et fermer vaut aussi le jour.
La glose cite la fin d'un autre verset, celui des quatre lépreux, que la sougya reprend plus bas pour la famine.
Et si tu dis : ces paroles ne valent que là où il n'y a pas d'effroi au-dedans ; mais là où il y a de l'effroi au-dedans, lorsqu'il sort et s'assied parmi les gens, dans une simple compagnie, c'est meilleur ; viens entendre : " Au-dehors l'épée endeuillera, et dans les chambres l'effroi " : bien qu'il y ait de l'effroi dans les chambres, au-dehors l'épée endeuillera.
Deuxième objection : si la maison elle-même fait peur, mieux vaudrait sortir et s'asseoir bi-tsavta, dans la compagnie des gens. Le troisième verset répond : l'effroi est bien dans les chambres, et pourtant dehors l'épée endeuillé. On reste dedans.
Rava, au temps de la colère (réta'ha), bouchait les ouvertures, car il est écrit : " Car la mort est montée par nos fenêtres. "
Pratique de Rava. Réta'ha, la colère, désigne ici le dever. Il ferme les fenêtres (kavéi), au sens du verset de Yirmeyahou : la mort entre par là.
Les Sages ont enseigné : une famine dans la ville, disperse tes pieds, car il est dit : " Il y eut une famine dans le pays, et Avram descendit en Égypte pour y séjourner. " Et il est dit : " Si nous disons : nous entrerons dans la ville, et la famine est dans la ville, nous y mourrons.
"
Pazer raglekha : on part. L'exemple est Avram, qui quitte le pays frappé par la famine. Le second verset est celui des quatre lépreux, à la porte de Shomron (II Rois 7).
Pourquoi " et il est dit " ? Et si tu dis : ces paroles ne valent que là où il n'y a pas de doute sur des vies (safek nefashôt) ; mais là où il y a un doute sur des vies, non ; viens entendre : " Allons, tombons dans le camp d'Aram ; s'ils nous laissent en vie, nous vivrons.
"
Objection : on ne partirait que si le lieu d'arrivée est sûr. S'il y a un safek nefashôt là où l'on se réfugie, on resterait. Les lépreux vont pourtant au camp d'Aram, où l'on peut les tuer. On part même dans ce doute.
Les Sages ont enseigné : une épidémie dans la ville, qu'un homme ne marche pas au milieu du chemin, parce que l'ange de la mort marche au milieu des chemins. Car, puisqu'on lui a donné permission, il marche ouvertement.
La paix dans la ville, qu'il ne marche pas sur les côtés des chemins. Car, puisqu'il n'a pas de permission, il se cache et il marche.
Avec permission (rechouta), l'ange va au milieu, à découvert. On évite le milieu. Sans permission, il se cache (mehabbéi) et longe les côtés. On évite les côtés. On marche là où il ne passe pas.
Les Sages ont enseigné : une épidémie dans la ville, qu'un homme n'entre pas seul à la synagogue (beit ha-kenesset), car l'ange de la mort y dépose ses instruments. Et ces paroles ne valent que là où des enfants n'y étudient pas, et où dix n'y prient pas.
Seul dans la synagogue, en temps de dever : l'ange y a déposé ses kelim. La mise en garde vaut quand deux choses manquent ensemble : pas d'enfants qui y apprennent, et pas de dix qui y prient. Tossefot écarte une leçon qui rattacherait ces mots au verset de Mikhmash, lequel parle des marches de San'hériv.
Les Sages ont enseigné : des chiens qui pleurent, l'ange de la mort vient à la ville. Des chiens qui jouent, Eliyahou le prophète vient à la ville.
Et ces paroles ne valent que lorsqu'il n'y a pas de femelle parmi eux.
Le cri et le jeu des chiens sont un signe, à condition qu'aucune femelle ne soit parmi eux. S'il y en a une, Rachi le dit : c'est elle qui explique leur conduite, et le signe tombe.
Rav Ami et Rav Assi étaient assis devant Rabbi Yits'hak Naf'ha. L'un lui dit : que le maître dise une halakha (shemata).
Et l'autre lui dit : que le maître dise une aggada. Il ouvrit pour dire une aggada, et l'un ne le laissa pas.
Il ouvrit pour dire une halakha, et l'autre ne le laissa pas.
Chacun tire le maître de son côté. Dès qu'il commence l'un des deux registres, l'autre l'arrête. La parabole qui suit décrit cet étau.
Il leur dit : je vous proposerai une parabole. À quoi cela ressemble-t-il ?
À un homme qui a deux femmes, l'une jeune et l'autre vieille. La jeune lui arrache les cheveux blancs, la vieille lui arrache les cheveux noirs.
Il se retrouve chauve d'ici et de là.
La jeune retire les cheveux blancs, la vieille retire les noirs. Chacune le veut à son image. Il finit chauve des deux côtés : Rabbi Yits'hak ne peut livrer ni la halakha ni l'aggada.
Il leur dit : s'il en est ainsi, je vous dirai une chose qui convienne à vous deux. " Quand un feu sortira et trouvera des épines " : " sortira ", de lui-même ; " celui qui a allumé l'incendie paiera sûrement ".
Le Saint, béni soit-Il, a dit : il M'incombe de payer l'incendie que J'ai allumé.
Une seule parole tient les deux demandes. Tetsé, " il sortira ", se lit de lui-même : le feu part sans qu'on le pousse. La fin du verset nomme pourtant celui qui a allumé, et le fait payer. En aggada, le Saint, béni soit-Il, prend sur Lui le paiement de l'incendie. Rachi : nous en sommes cause par notre faute, et Il a promis de payer comme s'Il avait allumé.
J'ai allumé un feu à Sion, comme il est dit : " Il a allumé un feu à Sion, et il a dévoré ses fondations " ; et Je la rebâtirai à l'avenir par le feu, comme il est dit : " Et Moi, Je serai pour elle une muraille de feu tout autour, et Je serai gloire en son sein. "
Suite de la parole ouverte au segment précédent. L'incendie est celui de Sion (Eikha 4). Le paiement annoncé est la reconstruction par le feu : une muraille de feu autour d'elle (Zekharya 2).
La halakha : le verset a ouvert par les dommages de son bien, et il a conclu par les dommages de sa personne, pour te dire : son feu, au titre de ses flèches (isho mi-shoum hitzav).
Le même verset, cette fois pour la shemata. Il commence par un feu qui sort de lui-même : dommage du bien (mamon), allumé chez soi et propagé chez autrui. Il finit en appelant l'homme mav'ir, celui qui allume de ses mains : dommage de la personne.
Conclusion : isho mi-shoum hitzav. Le feu est traité comme une flèche qu'il a lancée, et c'est lui qui agit, même à distance. Rachi en tire les quatre chefs de paiement quand une personne est blessée, renvoyant à Bava Kamma 23a.
" David eut un désir, et il dit : Qui me fera boire de l'eau du puits de Beit Léhem, qui est à la porte ? Les trois vaillants firent une brèche dans le camp des Philistins, et ils puisèrent de l'eau du puits de Beit Léhem qui est à la porte ", etc.
Le verset (II Samuel 23) est lu comme une demande adressée à la porte. Rachi : la porte, ce sont les anciens de la porte, le Sanhédrin. La suite demande quelle question David posait.
Que demandait-il ? Rava a dit au nom de Rav Nahman : le caché dans le feu (tamun ba-ech) lui faisait question, selon Rabbi Yehouda ou selon les Sages.
Et ils lui ont tranché ce qu'ils lui ont tranché.
Tamun ba-ech : un objet caché dans ce que le feu détruit. Rabbi Yehouda tient le responsable du feu pour ce caché. Les Sages l'en exemptent. Rachi situe le cas : les hommes de David ont brûlé une meule d'Israël, et la question porte sur les ustensiles enfouis dedans. La réponse envoyée n'est pas rapportée.
Rav Houna a dit : c'étaient des meules d'orge appartenant à des Israélites, dans lesquelles des Philistins se cachaient, et il se demandait : qu'en est-il de se sauver soi-même par le bien d'autrui ?
Autre lecture. Des Philistins sont cachés dans des meules d'orge d'Israël. David veut les brûler pour sauver sa vie. La question : se sauver par le bien d'autrui.
Rachi rattache l'orge au verset de la parcelle. Tossefot précise l'objet du doute : doit-il payer, alors que c'était un pikouah nefech.
Ils lui envoyèrent : il est interdit de se sauver soi-même par le bien d'autrui. Mais toi, tu es roi, et un roi perce pour se faire un chemin, et nul ne s'y oppose.
Réponse : pour un particulier, c'est interdit. Le roi a un statut à part : il peut ouvrir une brèche dans la clôture d'autrui pour son chemin et pour ses troupes. Rachi renvoie à Bava Batra : le chemin du roi n'a pas de largeur fixée. Nul ne peut l'en empêcher.
Et les Sages, et certains disent Rabba bar Mari, ont dit : les meules d'orge étaient à des Israélites, et les meules de lentilles aux Philistins. Et ils se demandaient : qu'en est-il de prendre des meules d'orge d'Israélites pour les mettre devant son bétail, à charge de payer par des meules de lentilles des Philistins ?
Troisième lecture. L'orge est à Israël, les lentilles aux Philistins. David veut nourrir son bétail avec l'orge, al menat le-shalem : à charge de rembourser avec les lentilles. La question est cet échange (le-a'hloufei), avant même le verset qui va répondre.
Ils lui envoyèrent : " Le méchant rendra le gage, il paiera le vol " : même s'il paie le vol (guezeila), il est un méchant. Mais toi, tu es roi, et un roi perce pour se faire un chemin, et nul ne s'y oppose.
Yé'hezkel 33 : le verset continue d'appeler méchant celui qui rend le gage et paie le vol. Rembourser ne retire pas le nom. Un particulier ne peut donc pas prendre l'orge ainsi. Le roi, de nouveau, peut percer son chemin.
Soit, selon celui qui dit : pour échanger. C'est bien pour cela qu'il est écrit un verset : " Et il y avait là une parcelle du champ pleine de lentilles ", et qu'il est écrit un verset : " Et la parcelle du champ était pleine d'orge.
"
L'avis de l'échange a besoin des deux écritures. Samuel parle de lentilles, les Chroniques d'orge. Ce sont deux parcelles. Rachi localise chaque verset.
Mais selon celui qui dit : pour brûler, pourquoi ces deux versets ? Il te dirait : il y avait aussi des meules de lentilles d'Israélites, dans lesquelles des Philistins se cachaient.
L'avis de brûler semblait n'avoir besoin que de l'orge. Il répond : il y avait aussi des meules de lentilles d'Israël, servant de cache aux Philistins. Les deux versets ont donc un cas.
Soit, selon celui qui dit : pour brûler. C'est bien pour cela qu'il est écrit : " Il se tint au milieu de la parcelle et la sauva.
" Mais selon celui qui dit : pour échanger, que signifie " et il la sauva " ?
Va-yatsileha, " et il la sauva ", se lit d'emblée selon l'avis de brûler. Rachi : il sauve la parcelle en empêchant qu'on la brûle, l'interdit de se sauver par le bien d'autrui étant posé. Selon l'avis de l'échange, le mot reste à expliquer. La réponse vient aussitôt.
En ce qu'il ne les a pas laissés échanger.
Réponse de l'avis de l'échange : " il la sauva " veut dire qu'il a empêché l'échange. Tossefot répartit le mot sur les deux versets : l'orge n'a pas été prise contre des lentilles, et les lentilles n'ont pas été prises à celui qui y avait un droit.
Soit, selon ces deux avis, c'est pour cela que deux versets sont écrits.
La phrase s'ouvre par bichlama, " soit " : les deux avis, brûler et échanger, rendent compte de deux versets. Elle se poursuit sur l'amoud suivant.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).