Sougya : L'amoud poursuit la derasha de Shemot 22, 8, " al kol devar pésha ", sur le kéfel (paiement double). Si chaque détail s'interprète seul, les oiseaux, dont la nevela ne rend pas impur par contact ni par port, sortent du kéfel.
Shor et hamor ont chacun un rôle ; le seh vient inclure les oiseaux, et le mot kol, ribbouï, étend cela aux oiseaux tamei. Ce kol se distingue du bekhol de la seconde dîme, lu en klal ou-frat ou-klal (péri mi-péri et gidouléi karka), parce qu'un klal ou-frat ou-klal ouvre déjà le passage du dépôt.
Les détails qui restent excluent la terre, les esclaves, les shétarot et la chose non déterminée ; " al kol aveda " amène l'enseignement de Rabbi Hiya bar Abba au nom de Rabbi Yo'hanan sur le to'en ta'anat ganav.
Car chacun, nous l'interprétons en klal ou-frat (général et particulier) pour lui-même ; mais les oiseaux, non.
Suite de 62b. Parmi les ba'alei 'hayim (êtres vivants), limite-t-on le kéfel à ceux dont la nevela rend impur par maga (contact) et massa (port) ? Ce segment en donne la raison : chaque prat s'interprète à part et n'inclut que son semblable. Les oiseaux n'ont pas cette toumah de charogne. Ils sortent du paiement double.
Rachi : les grouper donnerait le trait commun du salma, chose mobilière dont le corps est un bien, et les oiseaux entreraient. L'école de Hizkiya, plus bas, place chaque animal entre les deux verbes himmatsé timmatsé : preuve que chaque mot se lit seul. Tossefot demande pourquoi, ici, on séparé les détails, alors que pour le maasser cheni et pour l'ha'anaka on les prend ensemble. Réponse : le mot al est répété devant chacun. Autre réponse : il faut ce découpage pour exclure les oiseaux. Sans lui, salma seul suffirait pour tout bien mobilier à valeur propre.
S'il en est ainsi, que le Miséricordieux n'écrive qu'un seul prat (détail) !
Objection. Si la ressemblance doit être complète, un seul nom d'animal suffisait pour tous ceux dont la nevela rend impur. Les mots en trop ont donc un objet, tenam inyan : inclure d'autres êtres vivants. Rachmana désigne ici la Torah : " que le Miséricordieux écrive ".
Lequel le Miséricordieux écrirait-il ? S'il écrivait shor (bœuf), j'aurais dit : ce qui s'approche de l'autel, oui ; ce qui ne s'approche pas de l'autel, non.
Et s'il écrivait hamor (âne), j'aurais dit : ce qui est consacré par la bekhora (droit d'aînesse), oui ; ce qui n'est pas consacré par la bekhora, non.
Un mot unique exclurait trop. Shor pourrait limiter le kéfel aux animaux d'autel. Hamor pourrait le limiter à ceux qui ont une sainteté d'aînés : le peter hamor, et le bekhor du bétail kasher.
Rachi compte trois traits communs à l'âne, au bœuf et à l'agneau : vivant, bekhora, nevela qui rend impur. La gazelle et le cerf n'ont pas la bekhora. Le mot shor, inutile pour le bœuf déjà inclus, vise ces animaux à deux traits. Les oiseaux, sans la toumah de nevela par contact et port, restent exclus.
On répond : s'il en est ainsi, que le Miséricordieux écrive shor et hamor (bœuf et âne). Seh (agneau), à quoi me sert-il ?
Déduis-en : pour inclure les oiseaux.
Hachi garsinan : Rachi fixe la version. Shor et hamor couvrent déjà l'autel et la bekhora. Le troisième animal, seh, n'a plus cette fonction. Il sert à faire entrer les oiseaux dans le kéfel.
Et je dirais : pour inclure les oiseaux tahor (purs), à la ressemblance du seh, car il rend les vêtements impurs dans le beit ha-beli'a (gosier) ; mais les oiseaux tamei (impurs), en qui il n'y a pas de toumah, car ils ne rendent pas les vêtements impurs dans le gosier, non. Kol (tout) est un ribbouï (inclusion).
Le seh pourrait n'inclure que les oiseaux tahor. Leur nevela a une toumah partielle : elle rend les vêtements impurs quand elle est dans le beit ha-beli'a. L'oiseau tamei n'a pas cette toumah. Rachi renvoie à la derasha de Houlin : le verset de Vayikra 22, 8 ne vise que l'interdit de nevela et de terefa, pas l'interdit de l'animal tamei.
Réponse : le mot kol, dans " al kol devar pésha ", est un ribbouï. Il ajoute, et les oiseaux tamei entrent dans le kéfel. Tossefot rappelle que la baraïta de 62b formulait pourtant un klal ou-frat ou-klal : cette formule est la formulation courante ; l'inclusion du mobilier à valeur propre tient quel que soit le procédé.
Et partout où il est écrit kol, est-ce un ribbouï ? Or, au sujet du maasser (la dîme), où kol est écrit, nous l'interprétons en klal ou-frat !
Le mot kol vient d'être pris comme inclusion ouverte. La Guemara teste la règle. Dans le verset du maasser cheni, Devarim 14, 26, le même mot est lu comme un klal, qui restreint au semblable du prat. La baraïta suit.
Car on enseigne dans une baraïta : " Tu donneras l'argent pour tout ce que ton âme désirera " (Devarim 14, 26), klal (général) ; " pour le gros bétail, le petit bétail, le vin et le shékhar (boisson fermentée) ", prat (particulier) ; " et pour tout ce que ton âme te demandera ", il revient et généralise. Klal ou-frat ou-klal : tu ne déduis qu'à la ressemblance du prat.
Ce que le prat précise : péri mi-péri (fruit issu d'un fruit) et gidouléi karka (pousses du sol) ; de même tout péri mi-péri et gidoulé karka.
L'argent du maasser cheni s'achète en nourriture du même genre que le prat : un produit né d'un produit, et nourri par le sol. Rachi : l'eau, le sel, les truffes et les champignons ne sont pas un fruit issu d'un fruit. Les poissons ne sont pas des pousses du sol.
Le mot tout, la, resserre. Il ne fonctionne pas comme le ribbouï qui, sur notre verset, ajouterait sans borne.
On répond : bekhol est un klal ; kol est un ribbouï. Et si tu veux, dis : kol est un klal ; toutefois le kol d'ici est un ribbouï.
Deux réponses. La forme diffère : bekhol, avec le bet, est la langue d'un général ; kol nu est un ribbouï. Seconde réponse : même si kol est d'ordinaire un klal, celui de " al kol devar pésha " est un ribbouï, pour une raison locale. Les deux segments suivants la donnent.
Puisqu'il est écrit, dès le début, un klal, un prat et un klal. Il est écrit : " Si un homme remet à son prochain ", klal ; " de l'argent ou des ustensiles ", prat ; " à garder ", il revient et généralise.
Shemot 22, 6 porte déjà un klal ou-frat ou-klal. " Ki yiten ish el ré'ehou " généralise. " Kesef o kelim " détaille. " Lishmor " généralise de nouveau. Le texte source note la leçon hazar ve-klal (il revient et généralise).
Rachi : cette derasha est celle de Bava Metsia, chapitre Ha-zahav. Elle borne le serment du gardien au mobilier dont le corps a une valeur. Le verset suivant, " ve-nikrav baal ha-bayit ", est le serment.
Et si tu penses que ce " al kol devar pésha " (pour toute affaire de manquement) vient lui aussi pour un klal ou-frat, que le Miséricordieux écrive ces détails auprès de ce premier klal ou-frat. " Al kol devar pésha ", à quoi me sert-il ?
Déduis-en : c'est un ribbouï.
Si " al kol devar pésha " était un second klal ou-frat, la Torah aurait placé shor, hamor, seh et salma dans le premier verset, qui parle déjà du paiement double (yéshalem shnayim). Le second entête est donc un ribbouï.
Rachi réserve le klal ou-frat du premier verset au serment du maître de maison. Tossefot tient kéfel et serment pour une seule institution : exclure un bien de l'un, c'est l'exclure de l'autre. " Kesef o kelim " sert, une fois le second verset écrit, à la derasha mah kelim shénayim : la réclamation porte au moins sur deux. La même mesure vaut pour le kéfel. Le gilgoul d'un serment sur une chose non déterminée ne fait pas naître le kéfel.
Maintenant que tu as dit que kol est un ribbouï, tous ces détails, à quoi me servent-ils ? L'un pour exclure la karka (terre), l'un pour exclure les avadim (esclaves), l'un pour exclure les shétarot (actes).
Salma (vêtement), pour exclure un davar she-eino mesouyam (chose qui n'est pas déterminée). " Al kol aveda " (pour toute perte), pour ce qu'a dit Rabbi Hiya bar Abba, car Rabbi Hiya bar Abba a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : celui qui avance une ta'anat ganav (prétention de voleur).
Le ribboui de kol étant posé, les noms du verset restent des mi'outim. Trois animaux : terre, esclaves, actes. Salma : la chose non déterminée. Al kol aveda ouvre la phrase de Rabbi Hiya bar Abba au nom de Rabbi Yo'hanan sur le to'en ta'anat ganav. La phrase s'arrête ici et continue au daf suivant.
Rachi lit le vêtement par ses simanim : sans signe, pas de kefel. Tossefot trouve la difficulté faible, et rapporte le Riva : est déterminé ce qui a mesure, poids ou nombre. Une maison pleine ne l'est pas ; " jusqu'à la fenêtre " l'est. Autre piste, celle du kinyan : un objet entier, à l'exclusion d'une demi-grenade et d'une demi-noix. Avec un ribboui, le hekesh des esclaves aux terres ne suffit plus : chaque catégorie a son mot.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).