Sougya : L'amoud poursuit la baraïta de l'école de Hizkiya sur Shemot 22, 3 : im himmatze timmatze be-yado ha-geneiva, mi-shor ad-hamor ad-seh, hayyim, shnayim yeshalem. La baraïta retire un à un les traits du détail : l'autel, la bekhora, puis le fait d'être vivant, jusqu'à faire porter au mot geneiva l'inclusion de toute chose dans le kefel (paiement double).
La Guemara objecte : le verset écrit geneiva puis shor, un klal ou-prat, qui ne retiendrait que le bœuf. Rava répond que le tanna s'appuie sur hayyim comme second général, à la manière de l'école de Rabbi Yishmael, et que la difficulté réelle est le double verbe.
L'amoud s'achève sur la question : une fois les vivants nommés et toute chose incluse, à quoi sert im himmatze timmatze ?
Quand il dit seh (agneau), voici que l'agneau est dit. Dès lors, comment réalise-je geneiva (le vol) ?
Pour inclure toute chose.
Suite de 63b. La baraïta de l'école de Hizkiya vient de dire : si le verset n'avait que shor et geneiva, on n'inclurait que ce qui s'approche de l'autel. Qu'y a-t-il encore à amener dans ce trait ? L'agneau.
Ce segment ferme le palier. Le seh étant écrit en clair, le mot geneiva reste disponible : il inclut toute chose. Tossefot : le verset place hamor avant seh ; la baraïta parle de l'agneau d'abord, parce que l'argument se termine ainsi, du trait de l'autel vers la bekhora.
Qu'il dise shor (bœuf), seh (agneau) et geneiva (vol), et tout est dans le général ! S'il en était ainsi, je dirais : ce que le détail précise, c'est une chose consacrée par la bekhora (droit du premier-né) ; de même toute chose consacrée par la bekhora.
Nouveau palier. Shor et seh ont tous deux une sainteté de premier-né. Sans le mot hamor, le semblable du détail s'arrêterait aux animaux qui ont une bekhora. L'âne, par le peter hamor, est le cas encore à nommer.
Rachi : la formule aïlou khen répond à la question précédente. Une fois l'âne écrit, le klal ou-prat sert aux autres choses, au-delà de ce seul animal.
Qu'as-tu à amener ? L'âne.
Quand il dit hamor (âne), voici que l'âne est dit. Dès lors, comment réalise-je geneiva ?
Pour inclure toute chose.
Même geste qu'au palier de l'agneau. Hamor est écrit en clair : le trait de la bekhora est déjà couvert par le texte. Geneiva inclut toute chose.
Qu'il dise shor (bœuf) et hamor (âne), seh (agneau) et geneiva (vol), et tout est dans le général ! S'il en était ainsi, je dirais : ce que le détail précise, ce sont des ba'alei hayyim (êtres vivants) ; de même tous les êtres vivants.
Bœuf, âne et agneau sont des ba'alei hayyim. Si le verset s'arrêtait là, le semblable du détail serait : tout être vivant, et rien d'autre. Rachi rattache le " tout est dans le général " au mot hayyim : à quoi sert-il, s'il ne fait qu'inclure les vivants déjà visés par les trois noms ?
Qu'as-tu à amener ? Les autres êtres vivants.
Quand il dit hayyim (vivants), voici que les vivants sont dits. Dès lors, comment réalise-je geneiva ?
Pour inclure toute chose.
Fin de la baraïta dans sa première forme. Hayyim nomme déjà les autres vivants. Le mot geneiva porte l'inclusion de toute chose. La Guemara va maintenant demander si cette formulation respecte l'ordre du verset.
Le maître a dit : qu'il dise shor (bœuf) et geneiva (vol). Est-il écrit shor et geneiva ?
C'est geneiva et shor qui est écrit !
Amar mar reprend la première formule de la baraïta, en 63b : " qu'il dise shor et geneiva ". Shemot 22, 3 écrit ha-geneiva avant mi-shor.
Prat ou-klal : le général ajoute au particulier (na'aseh klal mosif al ha-prat), et tout entre. Klal ou-prat : il n'y a dans le général que ce qui est dans le particulier (ein ba-klal ela ma she-ba-prat). L'ordre écrit s'arrête au bœuf.
Et si tu dis qu'il parle sous la forme " s'il avait été dit " : s'il avait été dit shor et geneiva. Et peux-tu dire " ce que le détail précise " ?!
Shor serait particulier et geneiva général. Particulier et général : le général ajoute au particulier, et toutes les choses sont incluses.
Tentative : la baraïta ne lirait pas le verset tel qu'il est ; elle dirait ce qui serait arrivé si l'ordre avait été shor puis geneiva. Dans cet ordre fictif, on a déjà un prat ou-klal, qui inclut toutes les choses. La réponse de la baraïta, " ce que le détail précise, ce qui s'approche de l'autel ", n'a plus de prise : le général a déjà tout ajouté.
Plutôt, ils parlent comme c'est écrit : geneiva et shor. Peux-tu dire " tout est dans le général ", ou " ce que le détail précise " ?
On a geneiva pour général et shor pour particulier. Général et particulier : il n'y a dans le général que ce qui est dans le particulier.
Le bœuf, oui ; une autre chose, non.
Seconde lecture, dans l'ordre réel : geneiva général, shor particulier. Un klal ou-prat retient le bœuf. Il n'y a pas de " tout est dans le général ", ni de restriction au semblable d'un ensemble plus large.
Rachi rappelle ce que " tout " voulait dire dans la baraïta : le davar ha-mitaltel ve-gufo mamon, la chose mobilière dont le corps est un bien. Les deux lectures de la formule, ordre fictif et ordre écrit, laissent la baraïta sans prise. Rava va donner la troisième.
Rava dit : le tanna s'appuie sur hayyim (vivants), et il énonce un klal ou-prat ou-klal (général, particulier, et général).
Rava : le tanna compte trois membres. Geneiva ouvre, général. Les animaux sont le particulier. Hayyim referme, second général. On est dans un klal ou-prat ou-klal, qui retient le semblable du détail.
Rachi prévient la suite. Une fois hayyim posé comme second général, la question " qu'il dise encore les autres animaux " tombe : le verset n'a pas d'autre mot d'animal. La vraie difficulté du tanna est le double verbe im himmatze timmatze. La Guemara interrompt Rava avant qu'il le dise, par l'objection du segment suivant.
Mais le général de la fin ne ressemble pas au général du début ! Ce tanna est de l'école de Rabbi Yishmael, qui interprète les klalim et les pratim de cette manière.
Geneiva couvre tout objet volé. Hayyim ne couvre que les vivants. Dans un klal ou-prat ou-klal ordinaire, les deux généraux se répondent.
Réponse : ce tanna est de l'école de Rabbi Yishmael. À la fin de Houlin, chapitre Elou tereifot, cette école applique la règle même quand les deux généraux diffèrent. On retient le semblable du particulier.
Et voici ce qui lui fait difficulté : im himmatze timmatze, pourquoi m'est-il nécessaire ? Qu'il dise shor, geneiva et hayyim, et tout est dans le général !
Rava reprend, après l'interruption. La difficulté du tanna de l'école de Hizkiya porte sur im himmatze timmatze, le verbe redoublé du début du verset. Rachi : ce redoublement a le sens d'inclusions. Pourquoi l'écrire, si shor, geneiva et hayyim suffisent déjà à faire entrer tout le genre du détail ?
L'ordre cité ici est encore shor puis geneiva, avec hayyim en fermeture. Les segments suivants réécrivent la cascade dans cet encadrement.
S'il en était ainsi, je dirais : ce que le détail précise, c'est une chose qui s'approche de l'autel ; de même tout ce qui s'approche de l'autel. Qu'y a-t-il à amener ?
Le seh (agneau). Quand il dit seh, voici que l'agneau est dit.
Dès lors, comment réalise-je geneiva ? Pour inclure toute chose.
Reprise du premier palier, dans le cadre de Rava. Shor seul, entre les deux généraux, pourrait limiter le kefel à ce qui s'approche de l'autel. Le seh, lui aussi animal d'autel, est écrit : ce trait est couvert. Geneiva inclut toute chose.
Rachi dit " klal ou-prat ". Dans la lecture de Rava, les deux généraux encadrent le détail : le procédé qui inclut est le klal ou-prat ou-klal.
Qu'il dise geneiva, shor, seh et hayyim, et tout est dans le général ! S'il en était ainsi, je dirais : ce que le détail précise, c'est une chose consacrée par la bekhora ; de même toute chose consacrée par la bekhora.
Deuxième palier, et cette fois geneiva est nommé avant shor. Sans le hamor, shor et seh partageraient la bekhora, et l'inclusion s'y arrêterait.
Tossefot rapporte la question de Rav Acher de Lunel au Ri. Hayyim, au sens obvie, ne dit que les vivants : comment un klal ou-prat ou-klal en tirerait-il toute chose ? Le Ri : tant que l'autel et la bekhora ne sont pas posés, hayyim ne dépasse pas le détail ; on le lit alors comme un général large, par im eino inyan, ou comme un mot de hashivut (valeur), sur le modèle de a'hayeh le-keren.
Au dernier palier, le Ri refuse de refaire la baraïta selon les benei ma'arava (jeter un particulier entre deux généraux contigus). Ce tanna juge deux généraux contigus en ribba ou-mi'et ve-ribba. Le double verbe sert, selon cette glose, à inclure ce qui n'est pas un être vivant, une fois que shor limiterait encore à l'autel.
Qu'as-tu à amener ? L'âne.
[Quand il dit hamor,] voici que l'âne est dit. Dès lors, comment réalise-je geneiva ?
Pour inclure toute chose.
Le hamor est écrit. La source place entre crochets le membre " quand il dit hamor ". Le trait de la bekhora est couvert. Geneiva inclut toute chose.
Qu'il dise geneiva, et shor, et seh, et hamor, et hayyim, et tout est dans le général ! S'il en était ainsi, je dirais : ce que le détail précise, ce sont des êtres vivants ; de même tous les êtres vivants.
Dernier palier de la formule. Geneiva, les trois animaux et hayyim suffiraient, semble-t-il, à tout inclure. S'il en était ainsi, le semblable du détail serait seulement les êtres vivants.
Rachi lit déjà la question qui suit, et la réponse qu'il attribue au mouvement : le général se prend sur im himmatze timmatze, et les particuliers se placent entre les deux verbes. Puis hayyim, écrit en clair, nomme les vivants. Le klal ou-prat inclut toute chose. Le double verbe reste sans emploi. Rachi : telle est la conclusion de l'école de Hizkiya sur cet amoud.
Qu'as-tu à amener ? Les autres êtres vivants.
Quand il dit hayyim (vivants), voici que les vivants sont dits. Dès lors, comment réalise-je geneiva ?
Pour inclure toute chose. Im himmatze timmatze, pourquoi m'est-il nécessaire ?
Clôture de la relecture de Rava. Les autres vivants sont déjà nommés par hayyim. Geneiva, dans le klal ou-prat ou-klal, inclut toute chose du genre du détail : le mobilier dont le corps est un bien. Le double verbe im himmatze timmatze n'a pas encore reçu son objet. La question ferme l'amoud.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).