Sougya : L'amoud reprend la question laissée en 64a : une fois hayyim et geneiva en place, à quoi sert im himmatze timmatze (Shemot 22, 3) ? La première voie, un klal ou-prat ou-klal, bute sur le mot hayyim, qui ne livre que les vivants.
Ravina, au nom du Ma'arav, insère chaque animal entre les deux verbes collés ; le seh restant sans objet, on passe au ribba u-mi'et ve-ribba de l'école de Rabbi Yishmael : trois particuliers excluent la terre, les esclaves et les actes, et geneiva avec hayyim portent la halakha de Rav sur le keren. La suite partage les versets entre le ganav et le to'en ta'anat ganav, fixe le sort du modeh be-knas, puis montre par un kal va-homer d'Abaye que le voleur paie le double même sans shevoua.
L'amoud s'arrête sur le lemme yado.
S'il en est ainsi, l'objection est bien fondée !
Fin de 64a : une fois hayyim et geneiva en place, im himmatze timmatze semble sans emploi. Si la relecture de Rava est juste, l'objection de la baraïta tient. La réponse est au segment suivant : la derasha a une pirkha.
Parce qu'il y a une pirkha (réfutation) : inclure toute chose, d'où l'amène-t-il ? Du klal (général) de la fin.
Or dans le klal lui-même, hayyim (vivants) est écrit !
Le af kol d'un klal ou-prat ou-klal sort du klal de la fin. Ici ce klal est le mot hayyim. Il ne livre que les ba'alei hayyim. Geneiva et hayyim ne font donc pas entrer les objets. Le double verbe im himmatze timmatze reste nécessaire.
Rachi rappelle la mécanique : le premier klal exclut ce qui ne ressemble pas au prat ; le second inclut le semblable du prat. Un second klal qui dit hayyim s'arrête aux vivants. Tossefot, au nom du Ri, montre pourquoi on ne peut pas, sans le double verbe, traiter hayyim comme un simple prat et tirer quand même les objets des animaux nommés.
Un klal ou-prat ou-klal (général, particulier, et général), que lui apporte-t-il ? S'il s'agit d'inclure toute chose, voici que hayyim (vivants) est écrit : les ba'alei hayyim (êtres vivants), oui ; une autre chose, non !
C'est pour cela que im himmatze (si l'on trouve) est nécessaire.
La question précise l'objet du klal ou-prat ou-klal de la baraïta. S'il devait inclure toute chose, le mot hayyim le retient aux vivants. Im himmatze vient fournir d'autres klalim, ceux que Ravina va construire.
On dit : mais ce sont deux klalim (généraux) contigus l'un à l'autre ! Ravina dit, comme on dit dans le Ma'arav (l'Ouest, Eretz Israël) : tout endroit où tu trouves deux klalim contigus l'un à l'autre, jette un prat (particulier) entre eux, et juge-les en klal ou-prat.
Himmatze et timmatze se suivent. Les animaux viennent après les deux. L'ordre écrit est klal, klal, prat. Ravina, au nom du Ma'arav, déplace le prat : on le lit entre les deux verbes, et l'on juge en klal ou-prat, c'est-à-dire en klal, prat, klal, comme la suite l'applique.
Jette shor (bœuf) entre himmatze et timmatze. Pour inclure quoi ?
S'il s'agit d'inclure les ba'alei hayyim (êtres vivants), cela sort de hayyim ! Plutôt, pour inclure une chose qui n'est pas un être vivant.
Et interprète ainsi : ce que le prat (particulier) précise, une chose mobilière dont le corps est un bien, de même toute chose mobilière dont le corps est un bien.
Les vivants sont déjà nommés par hayyim. Le shor inséré entre les deux verbes inclut donc l'inanimé, à la mesure du prat : davar ha-mitaltel ve-gufo mamon, chose qui se déplace, et dont le corps est lui-même un bien. La terre ne se déplace pas. L'acte a une valeur d'écriture, son corps n'est pas le bien.
Et encore, jette hamor (âne) entre himmatze et timmatze. Pour inclure quoi ?
S'il s'agit d'inclure une chose qui n'est pas un être vivant, cela sort de shor ! Plutôt, pour inclure une chose déterminée (davar mesuyam).
L'inanimé mobilier est déjà inclus par shor. Hamor, jeté à son tour entre les deux verbes, inclut le davar mesuyam : une chose délimitée, de mesure ou de compte connu. Rachi : on le tire de l'inclusion en plus, car beaucoup de bêtes n'ont pas de signe, et le bœuf lui-même est déjà une chose délimitée.
S'il en est ainsi, pourquoi ai-je besoin de seh (agneau) ? On le lit donc en ribba u-mi'et ve-ribba (il a amplifié, restreint, et amplifié), comme l'enseigne l'école de Rabbi Yishmael.
Après shor et hamor, seh n'a plus rien à inclure. La voie qui insère un prat entre les deux klalim s'arrête. On lit le verset selon l'école de Rabbi Yishmael : ribba u-mi'et ve-ribba, deux amplifications qui encadrent une restriction.
Tossefot : la question aurait pu porter sur shor et sur seh ensemble. La Guemara nomme seh parce qu'elle a commencé par shor.
Car l'école de Rabbi Yishmael enseigne : ba-mayim, ba-mayim (dans les eaux), deux fois. On ne le traite pas en klal ou-prat.
On le traite en ribba u-mi'et ve-ribba. Il a amplifié toute chose.
Modèle : Vayikra 11, 9. Les deux ba-mayim se suivent, le détail (mers et torrents) vient après. L'école de Rabbi Yishmael lit un ribba u-mi'et ve-ribba. L'amplification reprend toute chose. La restriction n'ôte qu'un élément. Ici de même : les deux verbes sont des ribbouyim, les animaux qui suivent sont des mi'outim.
Qu'a-t-il amplifié ? A-t-il amplifié toute chose ?
S'il en est ainsi, pourquoi ai-je besoin de tous ces peratim (particuliers) ? L'un pour exclure la karka (terre), l'un pour exclure les avadim (esclaves), l'un pour exclure les shtarot (actes).
Geneiva et hayyim, c'est pour l'enseignement de Rav, qui a dit : fais revivre le keren (principal) selon l'état où il a volé.
Le ribba de himmatze timmatze inclut toute chose dans le kefel. Chaque animal est alors un mi'out : karka, avadim, shtarot. Rachi : tant qu'on lisait un klal ou-prat, ces trois-là sortaient déjà du semblable du prat. Le ribba, qui inclut tout, a besoin d'un mot pour chacun.
Geneiva et hayyim portent la halakha de Rav : ahiyeh la-keren ke-ein she-ganav. Le principal est évalué comme à l'heure du vol, hayyim au sens de faire vivre, rendre entier, le keren.
Et selon celui qui dit : l'un parle du ganav (voleur), l'un du to'en ta'anat ganav (celui qui allègue un vol), et le voleur lui-même lui sort de im yimatze ha-ganav (si le voleur est trouvé, Shemot 22, 6) : ce im himmatze timmatze, qu'en interprète-t-il ?
Jusqu'ici, les deux versets (22, 6 et 22, 8 dans la baraïta de 63b) parlaient du to'en ta'anat ganav. Autre tanna : un verset pour le ganav, un verset pour le to'en. Le kefel du voleur sort déjà de im yimatze ha-ganav. Que fait-il alors de im himmatze timmatze ?
Il lui est nécessaire pour l'enseignement de Rava bar Ahilai. Car Rava bar Ahilai a dit : quelle est la raison de Rav, qui a dit : le modeh be-knas (celui qui avoue une amende), et qu'ensuite des témoins sont venus, est patour (exempt) ?
Car il est écrit : im himmatze timmatze. Im himmatze, par des témoins ; timmatze, par les dayanim (juges).
À l'exclusion de celui qui se déclare lui-même coupable (marshi'a et atzmo).
Deux verbes, deux temps. Himmatze : la faute est établie par des edim. Timmatze : le kenas est prononcé par les dayanim. L'aveu qui précède les témoins, marshi'a et atzmo, sort du kefel. C'est la raison de Rav : modeh be-knas, puis témoins, patour. L'aveu d'un kenas dispense, même si la preuve arrive après.
Et selon celui qui dit que les deux versets parlent du to'en ta'anat ganav, pour qui ce im himmatze timmatze est sorti pour le voleur lui-même : celui qui se déclare lui-même coupable, d'où ? De acher yarshi'un (celui que les juges déclareront coupable, Shemot 22, 8), et non celui qui se déclare lui-même coupable.
Dans cette lecture, im himmatze timmatze est déjà pris pour le kefel du ganav. L'exemption de celui qui s'incrimine sort d'un autre verset : acher yarshi'un, celui que les juges déclarent coupable paie le double. L'aveu de l'intéressé ne tient pas lieu de cette déclaration.
Et selon celui qui dit : l'un du ganav, l'un du to'en ta'anat ganav, et qui amène de himmatze timmatze l'exclusion de celui qui se déclare lui-même coupable : ce acher yarshi'un, qu'en interprète-t-il ? Il te dit : celui-là est nécessaire pour le modeh be-knas, qui est patour (exempt).
Deux versets, deux cas d'aveu. Acher yarshi'un : le modeh be-knas est patour quand aucun témoin ne vient. Im himmatze timmatze : il reste patour même quand les témoins viennent après l'aveu. Rachi : un seul verset aurait été posé sur le cas sans témoins.
Et celui qui dit que les deux versets parlent du to'en ta'anat ganav tient : le modeh be-knas, et qu'ensuite des témoins sont venus, est hayav (tenu de payer).
Cette lecture n'a qu'un verset, acher yarshi'un, pour l'aveu du kenas. Elle l'applique à l'aveu sans témoins. Quand les témoins viennent après, le modeh be-knas reste hayav. Rav, sur ce cas, tient patour.
Et selon celui qui dit : l'un du ganav, l'un du to'en ta'anat ganav, pour qui le ganav sort de là. Soit : im himmatze timmatze, c'est pour l'enseignement de Rava bar Ahilai.
Mais tous ces peratim, pourquoi me sont-ils nécessaires ?
Le double verbe a son objet : la halakha de Rava bar Ahilai. Restent shor, hamor, seh, hayyim. Terre, esclaves et actes sont déjà exclus par les particuliers de al kol devar pesha. Ces mots-ci semblent en trop.
Comme l'enseigne l'école de Rabbi Yishmael. Car l'école de Rabbi Yishmael enseigne : toute paracha (passage) qui a été dite et répétée n'a été répétée que pour une chose qui y a été renouvelée.
Règle de l'école de Rabbi Yishmael : une paracha répétée ne l'est que pour le point nouveau qu'elle porte. Ici le point nouveau est im himmatze timmatze lu par Rava bar Ahilai : le modeh be-knas reste patour même après l'arrivée des témoins. Les animaux répétés n'ont pas à enseigner chacun une exclusion.
Et je dirais : le ganav lui-même, avec une shevoua (serment) !
Le kefel du to'en suppose une shevoua fausse. Les deux cas sont voisins. On pourrait exiger la même shevoua du ganav lui-même, puisque son kefel est tiré des versets du dépositaire.
Cela ne monte pas à l'esprit. Car on enseigne : Rabbi Yaakov dit : shnayim yeshalem (il paiera le double), sans shevoua.
Tu dis : sans shevoua. Ou bien seulement avec shevoua ?
Tu diras : il n'en a pas été ainsi.
Baraïta de Rabbi Yaakov. Shnayim yeshalem vise le ganav même sans serment. La formule lo kakh haya, il n'en a pas été ainsi, écarte la lecture qui limiterait le double au voleur qui a juré. Abaye, au segment suivant, donne la preuve.
Que signifie : il n'en a pas été ainsi ? Abaye dit : que le Miséricordieux n'écrive pas shnayim yeshalem au sujet du ganav, et que cela vienne par kal va-homer (à fortiori) du to'en ta'anat ganav.
Le to'en ta'anat ganav, chez qui l'objet est arrivé de façon permise (be-heter), le verset dit qu'il paie deux. Le ganav lui-même, chez qui l'objet est arrivé de façon interdite (be-issour), à plus forte raison !
Abaye. Si le kefel du ganav exigeait une shevoua, le verset n'aurait pas eu à écrire shnayim yeshalem pour lui. Le kal va-homer part du to'en : le dépôt lui arrive be-heter, et il paie déjà le double. Le ganav, chez qui l'objet arrive be-issour, serait inclus à plus forte raison.
Alors, shnayim yéshalem que le Miséricordieux a écrit au sujet du ganav lui-même, pourquoi m'est-il nécessaire ? Pour enseigner : même sans shévoua.
Le kal va-homer donnait déjà le kéfel. Le verset qui l'écrit quand même pour le ganav ajoute un point : le double est dû même sans shévoua.
Et ce im himmatzé, est-ce pour cela qu'il vient ? Il est nécessaire pour ce qu'on enseigne : yado (sa main).
Nouvelle question, coupée par la fin de l'amoud. Im himmatzé avec shnayim yéshalem vient-il seulement pour le kéfel sans serment ? Le mot yado, dans be-yado ha-généiva, ouvre une baraïta que le daf suivant poursuit.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).