Bava Kamma 64b : Le double verbe, le kefel, et l'aveu du kenas

Bava_Kamma 64b

Sougya : L'amoud reprend la question laissée en 64a : une fois hayyim et geneiva en place, à quoi sert im himmatze timmatze (Shemot 22, 3) ? La première voie, un klal ou-prat ou-klal, bute sur le mot hayyim, qui ne livre que les vivants.

Ravina, au nom du Ma'arav, insère chaque animal entre les deux verbes collés ; le seh restant sans objet, on passe au ribba u-mi'et ve-ribba de l'école de Rabbi Yishmael : trois particuliers excluent la terre, les esclaves et les actes, et geneiva avec hayyim portent la halakha de Rav sur le keren. La suite partage les versets entre le ganav et le to'en ta'anat ganav, fixe le sort du modeh be-knas, puis montre par un kal va-homer d'Abaye que le voleur paie le double même sans shevoua.

L'amoud s'arrête sur le lemme yado.

Shemot 22, 3 : deux verbes collés, puis le ribba himmatze et timmatze sont deux klalim. shor, hamor, seh viennent après eux. himmatze klal timmatze klal collé shor, hamor, seh, hayyim les peratim sont après les deux klalim Ravina : jeter le prat entre les deux klalim shor entre les deux verbes : chose qui n'est pas un vivant. Mobilier, corps qui est un bien. hamor entre les deux verbes : davar mesuyam, chose déterminée. Le seh n'a plus rien à inclure. Le seh en trop fait quitter le klal ou-prat ou-klal. On lit un ribba u-mi'et ve-ribba. shor exclut la karka la terre un mi'out dans le ribba hamor exclut les avadim les esclaves un mi'out dans le ribba seh exclut les shtarot les actes un mi'out dans le ribba geneiva et hayyim Ils ne bornent plus le kefel. Ils portent Rav : ahiyeh la-keren ke-ein she-ganav. Le principal est payé comme à l'heure du vol, même si la bête à maigri ou baissé.
Deux verbes collés. Ravina insère shor puis hamor. Le seh fait passer au ribba : terre, esclaves, actes. Geneiva et hayyim vont à Rav.
Deux lectures des versets du kefel Shemot 22, 3 (im himmatze timmatze) et 22, 6 (im yimatze ha-ganav). Un verset au ganav un verset au to'en Le ganav sort de im yimatze ha-ganav. im himmatze timmatze sert à Rava bar Ahilai. modeh be-knas, puis des edim : patour. acher yarshi'un : aveu sans edim, patour. Les peratim : la paracha est répétée pour la halakha nouvelle. Avis de Rav : patour Les deux versets parlent du to'en im himmatze timmatze sort pour le ganav lui-même : il paie le kefel. marshi'a et atzmo sort de acher yarshi'un : les juges le déclarent coupable, lui non. Un seul verset pour l'aveu. On le pose là où aucun ed n'est venu. modeh be-knas, puis des edim : hayav. Contre l'avis de Rav
Un verset au ganav : modeh be-knas puis témoins, patour. Les deux versets au to'en : le même cas reste hayav.
Abaye : le ganav paie le double sans shevoua Kal va-homer depuis le to'en ta'anat ganav. Shemot 22, 3 et 22, 6. to'en L'objet arrive be-heter, permis. Le verset : il paie deux. ganav L'objet arrive be-issour, interdit. Kal va-homer : il paie deux. shnayim yeshalem écrit pour le ganav lui-même. Enseigne le kefel même sans shevoua. Rabbi Yaakov : shnayim yeshalem, sans serment. La seconde lecture, avec serment, ne tient pas. Question qui ouvre la suite : im himmatze vient-il pour cela, ou pour le mot yado ?
Abaye : le kal va-homer du to'en donnerait déjà le kefel du ganav. Le verset écrit enseigne le double sans shevoua.
1
אי הכי, שפיר קשיא ליה!

S'il en est ainsi, l'objection est bien fondée !

📜 Rachi (1)
אי הכי שפיר קא קשיא ליה ומאי תשובה יש בדבר:
S'il en est ainsi, l'objection est bien fondée. Et quelle réponse y a-t-il en la chose ?
🗂️ Tossefot (1)
אי הכי שפיר קשיא ליה ומשני משום דאית ליה פירכא אע"ג דהאי פירכא ליתא בברייתא היינו משום דלא חש לפרשה:
S'il en est ainsi, l'objection est bien fondée. Et l'on répond : parce qu'il y a une pirkha (réfutation). Même si cette pirkha ne figure pas dans la baraïta, c'est qu'il n'a pas pris la peine de l'exposer.
💡 Explication

Fin de 64a : une fois hayyim et geneiva en place, im himmatze timmatze semble sans emploi. Si la relecture de Rava est juste, l'objection de la baraïta tient. La réponse est au segment suivant : la derasha a une pirkha.

2
משום דאית ליה פירכא: לרבות כל דבר מהיכא קמייתי ליה – מכלל בתרא; כללא גופיה ״חיים״ כתיב ביה!

Parce qu'il y a une pirkha (réfutation) : inclure toute chose, d'où l'amène-t-il ? Du klal (général) de la fin.

Or dans le klal lui-même, hayyim (vivants) est écrit !

📜 Rachi (1)
ה"ג לרבות כל דבר מהיכא מייתי לה מכלל בתרא כללא גופא חיים כתיב ביה כלומר איצטריך אם המצא תמצא דאי מגניבה וחיים דרשת לכלל איכא למיפרך שאר דברים מהיכא מייתית להו מכללא בתרא אף כל כללא גופיה חיים כתיב ביה דכל היכא דדרשינן כלל ופרט וכלל אף כל מכללא בתרא מידרש דכללא קמא למעוטי הוא דאתי דבלאו איהו הוי פרט וכלל דאיתרבו כל מילי ומהני כללא קמא למעוטי מאי דלא דמי ליה לפרטא וכללא בתרא לרבויי אתי דאי לאו איהו ה"ל כלל ופרט ואין בכלל אלא מה שבפרט הלכך לא דרשינן מיניה אלא בעלי חיים ובטיל ליה כלל ופרט דאע"ג דדריש תנא דבי ר' ישמעאל בעלמא כללא דלא דמי (ליה פרטא) הני מילי לרבויי מידי דהוי בכללא בתרא:
Telle est la leçon : pour inclure toute chose, d'où l'amène-t-il ? Du klal de la fin. Dans le klal lui-même, hayyim est écrit. C'est-à-dire : im himmatze timmatze est nécessaire. Car si tu interprètes geneiva et hayyim en klal ou-prat ou-klal, on peut réfuter : les autres choses, d'où les inclus-tu ? Du klal de la fin, le af kol (et ainsi toute chose). Or dans le klal lui-même, hayyim est écrit. Partout où l'on interprète un klal ou-prat ou-klal, le af kol est tiré du klal de la fin. Le premier klal vient pour exclure : sans lui, ce serait un prat ou-klal, et toute chose serait incluse ; le premier klal sert à exclure ce qui ne ressemble pas au prat. Le klal de la fin vient pour inclure : sans lui, ce serait un klal ou-prat, et il n'y a dans le klal que ce qui est dans le prat. Dès lors on n'en tire que les ba'alei hayyim (êtres vivants), et le klal ou-prat tombe. Même si le tanna de l'école de Rabbi Yishmael interprète ailleurs un klal qui ne ressemble pas au prat, cela ne vaut que pour inclure une chose qui se trouve dans le klal de la fin.
🗂️ Tossefot (1)
מהיכא קמייתי ליה מכללא בתרא כללא גופי' חיים כתיב ביה גם זה שאל ה"ר אשר מלוני"ל את ר"י דאכתי תקשה המצא תמצא ל"ל דהא כיון דלא מצי לרבויי בכלל ופרט וכלל טפי אלא בעלי חיים משום דכללא גופיה חיים כתיב ביה א"כ ע"כ חיים לכללא לא אתיא דאי כללא אמאי איצטריך כל הנהו פרטי לא לכתוב אלא גניבה וחיים והוה מרבינן נמי כל בעלי חיים אלמא לאו כללא הוא אלא פרטא ומפרט דחיים לחוד נרבה כל ב"ח ומכל הני פרטי נרבה כל דבר והכי איתא בסמוך אי לאתויי בעלי חיים מחיים נפקא והשיב ר"י דלקמן ודאי דאיכא כללא ופרטא וכללא כדאמר שדי שור בין המצא תמצא קאמר שפיר דמכעין הפרט דשור מרבינן אפילו דלאו ב"ח דכל ב"ח מפרטא דחיים נפקא אבל הכא בלא המצא תמצא אי חיים לא הוי כלל היכי מתרבו דלאו ב"ח מפרטי כיון דליכא כלל בתרא לרבויי מיניה כעין הפרט והואיל שאין לרבות מהן כלום אם נעשה חיים פרט ע"כ צריכין אנו לעשות מחיים כלל ויבואו הפרטות למעט מן הכלל ונאמר מה הפרט מפורש דבר שנבלתו מטמאה ונמעט מהם עופות טמאים ואע"ג דהאי תנא אין נראה לו לתפוס צד טומאה היינו דוקא לפי מה שהיה יכול לתפוס צד ב"ח ורוצה לעשות כלל דחיים כמו כלל דגניבה אבל השתא דמסיק דמחיים לא משמע אלא ב"ח ואין יכול לתפוס צד ב"ח דא"כ פרטי למה לי ע"כ היה צריך לתפוס צד טומאה להכי איצטריך המצא. תמצא לרבות כל דבר כדמסיק:
D'où l'amène-t-il, du klal de la fin ? Dans le klal lui-même, hayyim est écrit. Rabbi Acher de Lunel a posé la même question au Ri : la difficulté reste, pourquoi himmatze timmatze ? Puisqu'un klal ou-prat ou-klal ne peut inclure plus que les ba'alei hayyim, du fait que hayyim est écrit dans le klal lui-même, hayyim ne vient donc pas comme klal. S'il était un klal, pourquoi tous ces peratim ? Qu'on n'écrive que geneiva et hayyim, et l'on inclurait aussi tous les ba'alei hayyim. Il suit que hayyim est un prat. Du seul prat de hayyim on inclut tous les ba'alei hayyim, et de tous ces peratim on inclut toute chose. Et c'est bien ce qui est dit plus loin : s'il s'agit d'inclure les ba'alei hayyim, cela sort de hayyim. Le Ri a répondu : plus bas, il y a bien un klal ou-prat ou-klal, comme on dit en jetant shor entre himmatze et timmatze. On dit juste : du ke-ein ha-prat de shor on inclut même ce qui n'est pas un ba'al hayyim, puisque tous les ba'alei hayyim sortent du prat de hayyim. Mais ici, sans himmatze timmatze, si hayyim n'est pas un klal, comment inclure ce qui n'est pas un ba'al hayyim à partir des peratim, puisqu'il n'y a pas de klal de la fin d'où tirer le ke-ein ha-prat ? Et puisqu'on ne peut rien inclure à partir d'eux si l'on fait de hayyim un prat, il faut faire de hayyim un klal, et les peratim viennent restreindre le klal. On dira : ce que le prat précise, une chose dont la nevela (carcasse) est metame (rend impur), et l'on exclura de là les oiseaux temeim (impurs). Même si ce tanna ne voit pas à retenir le côté de la touma (impureté), cela vaut seulement pour la lecture où il pouvait retenir le côté des ba'alei hayyim et où il veut faire du klal de hayyim un klal semblable à geneiva. Maintenant qu'on conclut que hayyim ne signifie que les ba'alei hayyim, il ne peut retenir le côté des ba'alei hayyim : sinon, à quoi servent les peratim ? Il aurait donc dû retenir le côté de la touma. C'est pourquoi himmatze timmatze est nécessaire, pour inclure toute chose, comme on le conclut.
💡 Explication

Le af kol d'un klal ou-prat ou-klal sort du klal de la fin. Ici ce klal est le mot hayyim. Il ne livre que les ba'alei hayyim. Geneiva et hayyim ne font donc pas entrer les objets. Le double verbe im himmatze timmatze reste nécessaire.

Rachi rappelle la mécanique : le premier klal exclut ce qui ne ressemble pas au prat ; le second inclut le semblable du prat. Un second klal qui dit hayyim s'arrête aux vivants. Tossefot, au nom du Ri, montre pourquoi on ne peut pas, sans le double verbe, traiter hayyim comme un simple prat et tirer quand même les objets des animaux nommés.

3
כלל ופרט וכלל מאי קא מהני ליה? אי לאתויי כל דבר, הא ״חיים״ כתיב – בעלי חיים אין, מידי אחרינא לא! משום הכא איצטריך ״אם המצא״.

Un klal ou-prat ou-klal (général, particulier, et général), que lui apporte-t-il ? S'il s'agit d'inclure toute chose, voici que hayyim (vivants) est écrit : les ba'alei hayyim (êtres vivants), oui ; une autre chose, non !

C'est pour cela que im himmatze (si l'on trouve) est nécessaire.

📜 Rachi (1)
להכי איצטריך אם המצא תמצא למידרש כללי מיניה כדמפרש ואזיל:
C'est pour cela que im himmatze timmatze est nécessaire : pour en tirer des klalim, comme il l'explique en poursuivant.
💡 Explication

La question précise l'objet du klal ou-prat ou-klal de la baraïta. S'il devait inclure toute chose, le mot hayyim le retient aux vivants. Im himmatze vient fournir d'autres klalim, ceux que Ravina va construire.

4
אמרי: והא שני כללות דסמיכי אהדדי נינהו! אמר רבינא, כדאמרי במערבא: כל מקום שאתה מוצא שני כללות הסמוכים זה לזה – הטל פרט ביניהם, ודונם בכלל ופרט.

On dit : mais ce sont deux klalim (généraux) contigus l'un à l'autre ! Ravina dit, comme on dit dans le Ma'arav (l'Ouest, Eretz Israël) : tout endroit où tu trouves deux klalim contigus l'un à l'autre, jette un prat (particulier) entre eux, et juge-les en klal ou-prat.

📜 Rachi (2)
והא תרי כללי דסמיכי נינהו המצא תמצא והיכי מצי למדרש מינייהו כלל ופרט וכלל:
Mais ce sont deux klalim contigus : himmatze et timmatze. Et comment peut-on en tirer un klal ou-prat ou-klal ?
הטל פרט הכתוב בצידן ביניהן:
Jette le prat : celui qui est écrit à leur côté, entre eux.
💡 Explication

Himmatze et timmatze se suivent. Les animaux viennent après les deux. L'ordre écrit est klal, klal, prat. Ravina, au nom du Ma'arav, déplace le prat : on le lit entre les deux verbes, et l'on juge en klal ou-prat, c'est-à-dire en klal, prat, klal, comme la suite l'applique.

5
שדי ״שור״ בין ״המצא״ ל״תמצא״ – לאתויי מאי? אי לאתויי בעלי חיים, מ״חיים״ נפקא! אלא לאתויי דבר שאין בעלי חיים, ודרוש הכי: מה הפרט מפורש – דבר המטלטל וגופו ממון, אף כל דבר המטלטל וגופו ממון.

Jette shor (bœuf) entre himmatze et timmatze. Pour inclure quoi ?

S'il s'agit d'inclure les ba'alei hayyim (êtres vivants), cela sort de hayyim ! Plutôt, pour inclure une chose qui n'est pas un être vivant.

Et interprète ainsi : ce que le prat (particulier) précise, une chose mobilière dont le corps est un bien, de même toute chose mobilière dont le corps est un bien.

🗂️ Tossefot (1)
למעוטי דבר שאין מסוים. אית ספרים דגרסי לאתויי ולעיל (בבא קמא דף סג. ד"ה דבר) מפורש:
Pour exclure une chose qui n'est pas déterminée (mesuyam). Certains livres lisent : pour inclure. Plus haut, Bava Kamma 63a, dibbour davar, la chose est expliquée.
💡 Explication

Les vivants sont déjà nommés par hayyim. Le shor inséré entre les deux verbes inclut donc l'inanimé, à la mesure du prat : davar ha-mitaltel ve-gufo mamon, chose qui se déplace, et dont le corps est lui-même un bien. La terre ne se déplace pas. L'acte a une valeur d'écriture, son corps n'est pas le bien.

🖼️ Schéma
shor jeté entre himmatze et timmatze himmatze klal shor prat inséré timmatze klal hayyim a déjà les ba'alei hayyim ke-ein ha-prat de shor Chose mobilière dont le corps est un bien. La terre ne se déplace pas. L'acte n'a pas son corps pour bien.
shor entre les deux verbes. Les vivants sortent de hayyim. Shor inclut le mobilier dont le corps est un bien.
6
ותו שדי ״חמור״ בין ״המצא״ ל״תמצא״ – לאתויי מאי? אי לאתויי דבר שאין בעלי חיים, משור נפקא! אלא לאתויי דבר מסויים.

Et encore, jette hamor (âne) entre himmatze et timmatze. Pour inclure quoi ?

S'il s'agit d'inclure une chose qui n'est pas un être vivant, cela sort de shor ! Plutôt, pour inclure une chose déterminée (davar mesuyam).

📜 Rachi (1)
אלא לאתויי דבר המסויים אין אבל דבר שאינו מסויים לא ומריבויא דרשינן לה ולא ממשמעותא דיש בהמות הרבה שאין בהן סימן דאי ממשמעותא דקרא נפקא תיפוק מכעין הפרט דשור:
Plutôt, pour inclure une chose déterminée : oui. Une chose qui n'est pas déterminée : non. Et on le tire du ribbouy (inclusion), non du sens obvie. Car il y a beaucoup de bêtes qui n'ont pas de siman (signe distinctif). Si cela sortait du sens obvie du verset, cela sortirait déjà du ke-ein ha-prat (semblable du particulier) de shor.
💡 Explication

L'inanimé mobilier est déjà inclus par shor. Hamor, jeté à son tour entre les deux verbes, inclut le davar mesuyam : une chose délimitée, de mesure ou de compte connu. Rachi : on le tire de l'inclusion en plus, car beaucoup de bêtes n'ont pas de signe, et le bœuf lui-même est déjà une chose délimitée.

7
אי הכי, ״שה״ למה לי? אלא ריבה ומיעט וריבה הוא, כדתנא דבי רבי ישמעאל.

S'il en est ainsi, pourquoi ai-je besoin de seh (agneau) ? On le lit donc en ribba u-mi'et ve-ribba (il a amplifié, restreint, et amplifié), comme l'enseigne l'école de Rabbi Yishmael.

🗂️ Tossefot (1)
אי הכי שה ל"ל ה"מ לאקשויי שור ושה ל"ל דמכעין הפרט דחיים לחוד מרבינן כל דבר אפילו דלאו ב"ח ולפי שהגמרא התחיל דבריו בשור שהוא ראשון נקט הכי אבל באמת הוא ששניהם מיותרים:
S'il en est ainsi, pourquoi seh ? On aurait pu objecter : pourquoi shor et seh ? Car du seul ke-ein ha-prat (semblable du particulier) de hayyim on inclut toute chose, même ce qui n'est pas un ba'al hayyim. Comme la Guemara a commencé ses paroles par shor, qui vient en premier, elle a formulé ainsi. En vérité, les deux sont de trop.
💡 Explication

Après shor et hamor, seh n'a plus rien à inclure. La voie qui insère un prat entre les deux klalim s'arrête. On lit le verset selon l'école de Rabbi Yishmael : ribba u-mi'et ve-ribba, deux amplifications qui encadrent une restriction.

Tossefot : la question aurait pu porter sur shor et sur seh ensemble. La Guemara nomme seh parce qu'elle a commencé par shor.

8
דתנא דבי רבי ישמעאל: ״במים״ ״במים״ שתי פעמים – אין זה כלל ופרט, אלא ריבה ומיעט וריבה; ריבה הכל.

Car l'école de Rabbi Yishmael enseigne : ba-mayim, ba-mayim (dans les eaux), deux fois. On ne le traite pas en klal ou-prat.

On le traite en ribba u-mi'et ve-ribba. Il a amplifié toute chose.

📜 Rachi (1)
ה"ג דתנא דבי ר' ישמעאל במים במים ב' פעמים ולא גרס כל מקום שנאמר במים במים תאכלו כל אשר במים כל אשר לו סנפיר וקשקשת במים הואיל וכללים סמוכים הם והפרט אינו ביניהן אלא אחריהם כתיב בימים ובנחלים דמשמע דימים ונחלים הוא דבעינן סנפיר וקשקשת אבל שיחין ומערות לא אין זה נדרש בכלל ופרט דלא ליתרבי אלא כעין הפרט אלא בריבה ומיעט וריבה ואתרבי כל מילי אלא דמיעוט מהני למעוטי פורתא חדא מילתא ותו לא:
Telle est la leçon : l'école de Rabbi Yishmael enseigne, ba-mayim, ba-mayim, deux fois. Et l'on ne lit pas : tout endroit où il est dit ba-mayim, ba-mayim, vous mangerez tout ce qui est dans les eaux, tout ce qui a nageoire et écaille dans les eaux. Puisque les klalim sont contigus et que le prat n'est pas entre eux mais après eux, il est écrit : dans les mers et dans les torrents. Cela implique que ce sont les mers et les torrents qui exigent nageoire et écaille, tandis que les shi'hin (fosses) et les me'arot (grottes) ne l'exigent pas. On ne l'interprète pas en klal ou-prat, d'où l'on n'inclurait que le ke-ein ha-prat. On l'interprète en ribba u-mi'et ve-ribba, et toute chose est incluse. Le mi'out (restriction) sert seulement à exclure un peu, une seule chose, et rien de plus.
💡 Explication

Modèle : Vayikra 11, 9. Les deux ba-mayim se suivent, le détail (mers et torrents) vient après. L'école de Rabbi Yishmael lit un ribba u-mi'et ve-ribba. L'amplification reprend toute chose. La restriction n'ôte qu'un élément. Ici de même : les deux verbes sont des ribbouyim, les animaux qui suivent sont des mi'outim.

9
מאי רבי – רבי כל מילי? אי הכי, כל הני פרטי למה לי? חד למעוטי קרקע, וחד למעוטי עבדים, וחד למעוטי שטרות. ״גניבה״ ו״חיים״ – לכדרב, דאמר: אחייה לקרן כעין שגנב.

Qu'a-t-il amplifié ? A-t-il amplifié toute chose ?

S'il en est ainsi, pourquoi ai-je besoin de tous ces peratim (particuliers) ? L'un pour exclure la karka (terre), l'un pour exclure les avadim (esclaves), l'un pour exclure les shtarot (actes).

Geneiva et hayyim, c'est pour l'enseignement de Rav, qui a dit : fais revivre le keren (principal) selon l'état où il a volé.

📜 Rachi (2)
חד למעוטי קרקע כו' ועד השתא לא מצי לתרוצי הכי דכי הוה דיינינן להו בכלל ופרט לא הוה מתרבי כעין הפרט אלא דבר המטלטל וגופו ממון וממילא הוי ממעטי כל הני:
L'un pour exclure la terre, etc. Jusqu'ici on ne pouvait répondre ainsi. Car quand on les jugeait en klal ou-prat, on n'incluait, au titre du ke-ein ha-prat, qu'une chose mobilière dont le corps est un bien, et ces choses-là étaient exclues d'elles-mêmes.
אחייה לקרן כעין שגנב לקמן היא בשמעתין דאם גנב בהמה והוכחשה או הוזלה משלם כשעת הגניבה דכתיב חיים החייהו לקרן של גניבה שיהא שלם:
Fais revivre le keren selon l'état du vol. C'est plus bas dans cette discussion. S'il a volé une bête et qu'elle a maigri ou baissé de prix, il paie selon l'heure du vol. Car il est écrit hayyim : fais-le vivre, le keren du vol, pour qu'il soit entier.
💡 Explication

Le ribba de himmatze timmatze inclut toute chose dans le kefel. Chaque animal est alors un mi'out : karka, avadim, shtarot. Rachi : tant qu'on lisait un klal ou-prat, ces trois-là sortaient déjà du semblable du prat. Le ribba, qui inclut tout, a besoin d'un mot pour chacun.

Geneiva et hayyim portent la halakha de Rav : ahiyeh la-keren ke-ein she-ganav. Le principal est évalué comme à l'heure du vol, hayyim au sens de faire vivre, rendre entier, le keren.

🖼️ Schéma
Ribba : tout entre, trois mi'outim sortent ribba himmatze timmatze amplifie toute chose dans le kefel trois peratim, trois exclusions shor karka hamor avadim seh shtarot geneiva et hayyim vont à Rav : le keren comme à l'heure du vol En klal ou-prat, terre, esclaves et actes sortaient déjà du ke-ein ha-prat. Ici chaque mot les exclut.
Trois particuliers, trois exclusions. Geneiva et hayyim vont à la halakha de Rav sur le keren.
10
ולמאן דאמר חד בגנב וחד בטוען טענת גנב, וגנב עצמו נפקא ליה מ״אם ימצא הגנב״, האי ״אם המצא תמצא״ מאי דריש ביה?

Et selon celui qui dit : l'un parle du ganav (voleur), l'un du to'en ta'anat ganav (celui qui allègue un vol), et le voleur lui-même lui sort de im yimatze ha-ganav (si le voleur est trouvé, Shemot 22, 6) : ce im himmatze timmatze, qu'en interprète-t-il ?

💡 Explication

Jusqu'ici, les deux versets (22, 6 et 22, 8 dans la baraïta de 63b) parlaient du to'en ta'anat ganav. Autre tanna : un verset pour le ganav, un verset pour le to'en. Le kefel du voleur sort déjà de im yimatze ha-ganav. Que fait-il alors de im himmatze timmatze ?

11
מבעי ליה לכדרבא בר אהילאי, דאמר רבא בר אהילאי: מאי טעמא דרב, דאמר: מודה בקנס ואחר כך באו עדים – פטור? דכתיב: ״אם המצא תמצא״ – אם המצא בעדים, תמצא בדיינים; פרט למרשיע את עצמו.

Il lui est nécessaire pour l'enseignement de Rava bar Ahilai. Car Rava bar Ahilai a dit : quelle est la raison de Rav, qui a dit : le modeh be-knas (celui qui avoue une amende), et qu'ensuite des témoins sont venus, est patour (exempt) ?

Car il est écrit : im himmatze timmatze. Im himmatze, par des témoins ; timmatze, par les dayanim (juges).

À l'exclusion de celui qui se déclare lui-même coupable (marshi'a et atzmo).

📜 Rachi (3)
מ"ט דרב לקמיה היא בהאי פירקא:
Quelle est la raison de Rav. C'est plus loin dans ce chapitre.
אם המצא בעדים אם תחלה תמצא בעדים תמצא הכפל שהוא קנס בדיינין:
Im himmatze par des témoins : si d'abord on le trouve par des témoins, le kefel, qui est un kenas (amende), se trouve chez les juges.
פרט למרשיע את עצמו אע"פ שבאו עדים אחרי כן אין משלם כפל:
À l'exclusion de celui qui se déclare lui-même coupable : même si des témoins sont venus ensuite, il ne paie pas le kefel.
💡 Explication

Deux verbes, deux temps. Himmatze : la faute est établie par des edim. Timmatze : le kenas est prononcé par les dayanim. L'aveu qui précède les témoins, marshi'a et atzmo, sort du kefel. C'est la raison de Rav : modeh be-knas, puis témoins, patour. L'aveu d'un kenas dispense, même si la preuve arrive après.

🖼️ Schéma
Rava bar Ahilai : les deux verbes du kenas himmatze trouve d'abord par des edim timmatze le kefel, kenas, est chez les dayanim exclu marshi'a et atzmo l'aveu vient avant Rav : modeh be-knas, puis des témoins. Il ne paie pas le kefel.
Témoins d'abord, juges ensuite. L'aveu qui précède les témoins sort du kefel.
12
ולמאן דאמר תרוייהו בטוען טענת גנב, דהאי ״אם המצא תמצא״ מפיק ליה לגנב עצמו, מרשיע עצמו מנלן? מ״אשר ירשיען א-להים״ – ולא המרשיע את עצמו.

Et selon celui qui dit que les deux versets parlent du to'en ta'anat ganav, pour qui ce im himmatze timmatze est sorti pour le voleur lui-même : celui qui se déclare lui-même coupable, d'où ? De acher yarshi'un (celui que les juges déclareront coupable, Shemot 22, 8), et non celui qui se déclare lui-même coupable.

💡 Explication

Dans cette lecture, im himmatze timmatze est déjà pris pour le kefel du ganav. L'exemption de celui qui s'incrimine sort d'un autre verset : acher yarshi'un, celui que les juges déclarent coupable paie le double. L'aveu de l'intéressé ne tient pas lieu de cette déclaration.

13
ולמאן דאמר חד בגנב וחד בטוען טענת גנב, דאייתי ליה מ״המצא תמצא״ למרשיע את עצמו, האי ״אשר ירשיען״ מאי דריש ביה? אמר לך: ההוא מיבעי ליה למודה בקנס – דפטור.

Et selon celui qui dit : l'un du ganav, l'un du to'en ta'anat ganav, et qui amène de himmatze timmatze l'exclusion de celui qui se déclare lui-même coupable : ce acher yarshi'un, qu'en interprète-t-il ? Il te dit : celui-là est nécessaire pour le modeh be-knas, qui est patour (exempt).

📜 Rachi (1)
ההוא מיבעי לי' למודה בקנס דפטור אם לא באו עדים אחרי כן ואייתר ליה אם המצא תמצא לפטור אפילו באו עדים דאי לא כתיב אלא חד קרא הוה מוקמינן ליה בלא באו עדים:
Celui-là est nécessaire pour le modeh be-knas, qui est patour : si des témoins ne sont pas venus ensuite. Et im himmatze timmatze lui reste pour exempter même si des témoins sont venus. Car si un seul verset était écrit, on l'établirait dans le cas où des témoins ne sont pas venus.
💡 Explication

Deux versets, deux cas d'aveu. Acher yarshi'un : le modeh be-knas est patour quand aucun témoin ne vient. Im himmatze timmatze : il reste patour même quand les témoins viennent après l'aveu. Rachi : un seul verset aurait été posé sur le cas sans témoins.

14
ומאן דאמר תרוייהו בטוען טענת גנב, קסבר: מודה בקנס ואחר כך באו עדים – חייב.

Et celui qui dit que les deux versets parlent du to'en ta'anat ganav tient : le modeh be-knas, et qu'ensuite des témoins sont venus, est hayav (tenu de payer).

💡 Explication

Cette lecture n'a qu'un verset, acher yarshi'un, pour l'aveu du kenas. Elle l'applique à l'aveu sans témoins. Quand les témoins viennent après, le modeh be-knas reste hayav. Rav, sur ce cas, tient patour.

15
ולמאן דאמר חד בגנב וחד בטוען טענת גנב, דנפקא ליה גנב מהתם; בשלמא ״אם המצא תמצא״ – לכדרבא בר אהילאי. אבל כל הני פרטי, למה לי?

Et selon celui qui dit : l'un du ganav, l'un du to'en ta'anat ganav, pour qui le ganav sort de là. Soit : im himmatze timmatze, c'est pour l'enseignement de Rava bar Ahilai.

Mais tous ces peratim, pourquoi me sont-ils nécessaires ?

📜 Rachi (1)
כל הני פרטי למה לי אי למעוטי קרקעות ועבדים ושטרות כדאמרן הא אימעיטו להו להנך מהנך פרטי דכתיבי בעל כל דבר פשע:
Pourquoi tous ces peratim : s'il s'agit d'exclure terres, esclaves et actes, comme nous l'avons dit, ceux-là ont déjà été exclus par les peratim écrits dans al kol devar pesha (sur toute affaire de faute, Shemot 22, 8).
💡 Explication

Le double verbe a son objet : la halakha de Rava bar Ahilai. Restent shor, hamor, seh, hayyim. Terre, esclaves et actes sont déjà exclus par les particuliers de al kol devar pesha. Ces mots-ci semblent en trop.

16
כדתנא דבי רבי ישמעאל – דתנא דבי רבי ישמעאל: כל פרשה שנאמרה ונשנית, לא נשנית אלא לדבר שנתחדש בה.

Comme l'enseigne l'école de Rabbi Yishmael. Car l'école de Rabbi Yishmael enseigne : toute paracha (passage) qui a été dite et répétée n'a été répétée que pour une chose qui y a été renouvelée.

📜 Rachi (1)
שנתחדש בה אם המצא בעדים תמצא בדיינין פרט למודה בקנס:
Qui y a été renouvelée : im himmatze par des témoins, timmatze chez les juges, à l'exclusion du modeh be-knas.
💡 Explication

Règle de l'école de Rabbi Yishmael : une paracha répétée ne l'est que pour le point nouveau qu'elle porte. Ici le point nouveau est im himmatze timmatze lu par Rava bar Ahilai : le modeh be-knas reste patour même après l'arrivée des témoins. Les animaux répétés n'ont pas à enseigner chacun une exclusion.

17
ואימא גנב עצמו בשבועה!

Et je dirais : le ganav lui-même, avec une shevoua (serment) !

📜 Rachi (1)
ואימא גנב עצמו לא ישלם כפל עד שישבע לשקר הואיל ומקראי דלעיל נפקא לן גנב עצמו:
Et je dirais, le ganav lui-même : il ne paie le kefel qu'après avoir juré faussement, puisque le ganav lui-même nous sort des versets d'au-dessus.
💡 Explication

Le kefel du to'en suppose une shevoua fausse. Les deux cas sont voisins. On pourrait exiger la même shevoua du ganav lui-même, puisque son kefel est tiré des versets du dépositaire.

18
לא סלקא דעתך; דתניא, רבי יעקב אומר: ״שנים ישלם״ – שלא בשבועה. אתה אומר שלא בשבועה, או אינו אלא בשבועה? אמרת לא כך היה.

Cela ne monte pas à l'esprit. Car on enseigne : Rabbi Yaakov dit : shnayim yeshalem (il paiera le double), sans shevoua.

Tu dis : sans shevoua. Ou bien seulement avec shevoua ?

Tu diras : il n'en a pas été ainsi.

💡 Explication

Baraïta de Rabbi Yaakov. Shnayim yeshalem vise le ganav même sans serment. La formule lo kakh haya, il n'en a pas été ainsi, écarte la lecture qui limiterait le double au voleur qui a juré. Abaye, au segment suivant, donne la preuve.

19
מאי ״לא כך היה״? אמר אביי: לא לכתוב רחמנא ״שנים ישלם״ בגנב, וליתי בקל וחומר מטוען טענת גנב – ומה טוען טענת גנב, דבהיתירא אתא לידיה, אמר קרא לישלם תרי; גנב עצמו, דבאיסורא אתא לידיה, לא כל שכן?!

Que signifie : il n'en a pas été ainsi ? Abaye dit : que le Miséricordieux n'écrive pas shnayim yeshalem au sujet du ganav, et que cela vienne par kal va-homer (à fortiori) du to'en ta'anat ganav.

Le to'en ta'anat ganav, chez qui l'objet est arrivé de façon permise (be-heter), le verset dit qu'il paie deux. Le ganav lui-même, chez qui l'objet est arrivé de façon interdite (be-issour), à plus forte raison !

💡 Explication

Abaye. Si le kefel du ganav exigeait une shevoua, le verset n'aurait pas eu à écrire shnayim yeshalem pour lui. Le kal va-homer part du to'en : le dépôt lui arrive be-heter, et il paie déjà le double. Le ganav, chez qui l'objet arrive be-issour, serait inclus à plus forte raison.

🖼️ Schéma
Pourquoi écrire shnayim yeshalem pour le ganav Si le verset se tait sur le ganav le kal va-homer du to'en lui donne déjà le kefel Le verset l'écrit quand même le kefel du ganav tient même sans shevoua be-heter chez le dépositaire. be-issour chez le voleur. Le plus grave est déjà inclus.
Le to'en, be-heter, paie deux. Le ganav, be-issour, à plus forte raison. Le verset écrit enseigne : même sans serment.
20
אלא ״שנים ישלם״ דכתב רחמנא בגנב עצמו, למה לי? דאפילו שלא בשבועה.

Alors, shnayim yéshalem que le Miséricordieux a écrit au sujet du ganav lui-même, pourquoi m'est-il nécessaire ? Pour enseigner : même sans shévoua.

💡 Explication

Le kal va-homer donnait déjà le kéfel. Le verset qui l'écrit quand même pour le ganav ajoute un point : le double est dû même sans shévoua.

21
והאי ״אם המצא״ – להכי הוא דאתא? הא מיבעי ליה לכדתניא: ״ידו״ –

Et ce im himmatzé, est-ce pour cela qu'il vient ? Il est nécessaire pour ce qu'on enseigne : yado (sa main).

💡 Explication

Nouvelle question, coupée par la fin de l'amoud. Im himmatzé avec shnayim yéshalem vient-il seulement pour le kéfel sans serment ? Le mot yado, dans be-yado ha-généiva, ouvre une baraïta que le daf suivant poursuit.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).