Bava Kamma 65a - Lieu du kéfel, puis le keren au vol et le knas au jugement

Bava_Kamma 65a

Sougya : L'amoud achève la baraïta sur Shemot 22, 3 : yado (sa main) est écrit, le redoublement im himmatzé timmatzé étend le kéfel au toit, à la cour et au karpef. Le changement de forme du verbe garde un second din : le ganav paie le double même sans shévoua.

Puis la Guemara reprend Rav : le keren se paie selon la valeur au moment du vol, le kéfel et les quatre et cinq selon la valeur au moment du jugement, parce que hayyim se lit ahiya, fais revivre le principal. Rav Sheshet objecte par deux baraïtot, l'engraissement et l'amaigrissement faits de la main du ganav.

On limite Rav à la hausse et à la baisse du prix. La hausse heurterait Rabba sur le tonneau de vin ; le cas de Rav est la baisse, de quatre zouz à un.

Rabbi Hanina apporte, en appui, la baraïta du to'en ta'anat ganav selon Rabbi Yaakov.

Im himmatzé timmatzé : un redoublement, deux dins Shemot 22, 3. La forme changée du verbe porte le second enseignement. Même mot, deux fois himmatzé himmatzé ou timmatzé timmatzé Un seul din : tout lieu. Le verset change la forme himmatzé, puis timmatzé Deux dins sortent du verset. Le redoublement, et le changement. 1. Le lieu Yado est écrit : la main. Toit, cour, karpef : du redoublement. Mi-kol makom : en tout lieu. Le kéfel suit l'objet trouvé. 2. La shévoua Din déjà lu sur shnayim yéshalem. Rabbi Yaakov : le ganav paie le double même sans serment. Le changement de forme le garde.
Même forme deux fois : le lieu seul. Forme changée : le lieu, et le kéfel du ganav sans shévoua.
Rav : deux dates pour deux paiements Généiva et hayyim. Hayyim se lit ahiya : fais revivre le keren seul. Keren principal de la généiva Comme au moment du vol ke-ein she-ganav Ahiya : compléter le principal à la valeur du jour du vol. Le verset dit cela pour le keren. Kéfel, quatre et cinq knas, au-delà du principal À l'heure du jugement she'at ha-amada ba-din Ahiya vise le keren seul. Le knas suit l'autre date. Suite : seulement yukra et zola.
Hayyim fait revivre le keren à la valeur du vol. Kéfel et quatre et cinq : valeur au jugement.
Où s'applique le barème de Rav La main du ganav sort du barème. Reste la hausse et la baisse du prix. Maigre, et le ganav l'engraisse Il dit : c'est moi qui l'ai engraissée, et toi tu prendrais l'ajout ? Kéfel et quatre et cinq : valeur du vol. L'ajout reste au ganav. Grasse, et le ganav l'amaigrit de ses mains Qu'importe tuée tout entière, qu'importe tuée à moitié. L'amaigrissement ouvre la teviha. Kéfel et quatre et cinq : valeur du vol, dès l'heure où il l'a affaiblie. Hausse : un zouz, puis quatre. Cas de Rabba, tonneau de vin Il le brise ou le boit : il paie quatre. Le prix a monté dans le domaine du maître. Il se brise seul : il paie un zouz. Le din de Rav vise la baisse. Baisse : quatre zouz, puis un. Cas de Rav Keren : quatre, comme au vol. Le voleur ne gagne pas sur la baisse du principal. Kéfel et quatre et cinq : un zouz, valeur à l'heure du jugement.
Main du ganav : valeur du vol. Hausse détruite : din de Rabba. Baisse du prix : din de Rav.
1
אין לי אלא ידו, גגו חצירו וקרפיפו מנין? תלמוד לומר: ״אם המצא תמצא״ מכל מקום!

Je n'ai que sa main (yado). Son toit, sa cour et son karpef (enclos), d'où ?

Le verset l'enseigne : im himmatzé timmatzé, en tout lieu.

🗂️ Tossefot (1)
אין לי אלא בידו פי' שגנבו בידו ממש גגו חצירו כלומר שהכישה במקל מחצירו של בעה"ב ונכנסה לגגו חצירו וקרפיפו ואיצטריך לרבויי חצר לאשמועינן דחצר קונה אף לחובתו דלא תימא כשליח דמיא ואין שליח לדבר עבירה קמ"ל דקונה כדמפרש בפ"ק דב"מ (דף י:) דיש שליח לדבר עבירה היכא דשליח לאו בר חיובא הוא וכן מוכח התם כדפרישית:
Je n'ai que dans sa main. Explication : il l'a volée dans sa main, au sens propre. Son toit, sa cour : il l'a frappée d'un bâton depuis la cour du baal ha-bayit (maître de maison), et elle est entrée sur son toit, dans sa cour et dans son karpef. Il a fallu inclure la cour pour apprendre que la hatzer (cour) acquiert même pour sa charge. On écarte ainsi la lecture qui ferait de la cour un shaliah (mandataire) : il n'y a pas de shaliah pour une avéra (transgression). Cela vient apprendre qu'elle acquiert, comme on l'explique au premier chapitre de Bava Metsia (10b) : il y a un shaliah pour une avéra là où le shaliah est lav bar hiyuva, hors de cette obligation. Et c'est aussi ce qui ressort là-bas, comme je l'ai expliqué.
💡 Explication

Fin de la baraïta ouverte sur l'amoud précédent. Yado ne couvre que la main. Le redoublement im himmatzé timmatzé enseigne mi-kol makom : le kéfel vaut aussi si l'objet volé est sur le toit, dans la cour ou dans le karpef.

Tossefot précise le cas de la cour. Le ganav n'a pas saisi la bête de la main : il l'a poussée d'un bâton, et elle est entrée chez lui. La hatzer koneh, la cour acquiert, même le-hovato, pour le rendre tenu. On aurait comparé la cour à un shaliah. Ein shaliah lidvar avéra : pas de mandataire pour une transgression. Exception de Bava Metsia 10b : le mandataire lav bar hiyuva, hors de l'obligation, peut servir. La cour reste hors de l'obligation du vol. Elle acquiert pour le ganav.

🖼️ Schéma
Yado est écrit. Le redoublement ajoute les lieux Yado : sa main seul lieu écrit en clair Gag : le toit mi-kol makom Hatzer : la cour acquiert même à sa charge Karpef : l'enclos mi-kol makom
La main est écrite. Toit, cour et karpef sortent de im himmatzé timmatzé.
2
אם כן, לימא קרא או ״המצא המצא״ או ״תמצא תמצא״; מדשני קרא, שמע מינה תרתי.

S'il en est ainsi, que le verset dise ou bien himmatzé himmatzé, ou bien timmatzé timmatzé. Puisque le verset a changé sa formulation, apprends-en deux enseignements.

🗂️ Tossefot (1)
ליכתוב או אם המצא המצא או תמצא תמצא משמע דאורחיה דקרא ליכתוב ב' פעמים תיבה אחת וכן בהחובל (לקמן בבא קמא פה.) גבי ורפא ירפא וקשה. דבריש היו בודקין (סנהדרין דף מ: ושם ד"ה מדהוה) קאמר גבי גז"ש דהיטב היטב דמופנה מדה"ל למכתב או דרוש תדרוש או חקור תחקור מדשני קרא בדבוריה בהיטב כו' משמע דאי הוה כתב הכי לא הוה מופנה ואמאי אכתי הוה מופנה מדהוי ליה למיכתב או דרוש דרוש או תחקור תחקור וי"ל דאין ה"נ אלא משום דאין יורד לאותה סברא וניחא ליה למנקט כפל לשון השגור בכמה מקומות כמו העניק תעניק נתון תתן (דברים ט״ו:י״ד):
Qu'il écrive ou bien im himmatzé himmatzé, ou bien timmatzé timmatzé. Cela implique que la manière du verset est d'écrire deux fois un même mot. De même dans HaHovel (plus loin, Bava Kamma 85a) au sujet de verapo yerape. Et c'est difficile. Car au début de Hayu Bodkin (Sanhédrin 40b, et là-bas au dibbour midehaveh), au sujet de la gezera shava de heitev heitev, on dit qu'elle est mufneh parce qu'il aurait pu écrire ou bien derosh tidrosh, ou bien hakor tahkor. Du fait que le verset a changé sa formulation par heitev, cela implique que, s'il avait écrit ainsi, elle n'aurait pas été mufneh. Pourquoi ? Elle serait encore mufneh, puisqu'il aurait pu écrire ou bien derosh derosh, ou bien tahkor tahkor. On répond : il en est bien ainsi. Mais comme on ne descend pas à ce raisonnement, il lui convient de prendre le redoublement courant en plusieurs endroits, comme ha'anek ta'anik, naton titen (Devarim 15, 14).
💡 Explication

Si le redoublement n'enseignait que le lieu, le verset répéterait la même forme. Il écrit himmatzé puis timmatzé. Du changement, deux halakhot. L'une : le kéfel en tout lieu. L'autre, déjà établi par Rabbi Yaakov : le ganav paie shnayim yéshalem même sans shévoua.

Tossefot confronte cette habitude d'écriture à Sanhédrin 40b. Là-bas, la forme mixte derosh tidrosh passe pour le style ordinaire, et heitev heitev est mufneh parce que le verset s'en écarte. Réponse : on pourrait aussi bien dire que derosh derosh aurait rendu le mot disponible. La Guemara ne descend pas jusque-là. Elle cite le redoublement habituel, infinitif puis inaccompli, comme ha'anek ta'anik.

3
גופא – אמר רב: קרן – כעין שגנב. תשלומי כפל ותשלומי ארבעה וחמשה – כשעת העמדה בדין.

Le corps de l'enseignement. Rav a dit : le keren (principal), selon l'état dans lequel il a volé.

Les paiements du kéfel et les paiements de quatre et de cinq, selon l'heure de la comparution en jugement.

🗂️ Tossefot (1)
גופא אמר רב קרן כעין שגנב במסקנא דמילתא אמרינן דרב איירי לענין יוקרא וזולא וא"ת ומאי קמ"ל מתניתין היא בריש הגוזל קמא (לקמן בבא קמא דף צג:) כל הגזלנין משלמין כשעת הגזילה ואע"ג דמתני' משמע דלענין שינוי איירי כגון עצים ועשאן כלים והתם (דף צו:) נמי קאמר בגמ' כל הגזלנים משלמים כשעת הגזילה לאתויי דר' אלעאי גזל טלה ונעשה איל נעשה שינוי בידו וקנאו מ"מ לענין יוקרא וזולא נמי איירי כדמוכח בסוף המפקיד (ב"מ דף מג.) דמייתי לה איוקרא וזולא וכן פרק כל שעה (פסחים דף לב.) גבי אוכל תרומה דקאמר היכא דמעיקרא שויא ד' ולבסוף שויא זוזא לא תבעי לך דודאי לפי דמים משלם דלא גרע מגזלן דתנן כל הגזלנים משלמים כשעת הגזילה וי"ל דעיקר רב לא אתא לאשמועינן אלא תשלומי כפל ותשלומי ארבעה וחמשה כשעת העמדה בדין והא דקאמר מ"ט דרב אתשלומי כפל ותשלומי ד' וה' קא בעי וה"פ אמר קרא גניבה וחיים אחייה לקרן כעין שגנב ומשמע ליה דוקא לקרן ולא תשלומי ד' וה' וא"ת בהגוזל קמא (לקמן בבא קמא דף קה.) דאמר רבא גזל שלש אגודות בג' פרוטות והוזלו ועמדו על ב' והחזיר לו ב' חייב להחזיר לו אחת ותנא תונא גזל חמץ ועבר עליו הפסח אמאי לא מייתי ראיה ממתני' דכל הגזלנים משלמין כשעת הגזילה כיון דלענין יוקרא וזולא נמי איירי וי"ל דממתניתין דכל הגזלנים לא מצי מייתי דהתם אם איתא לגזילה בעין הויא בת השבה ולהכי כי ליתא נמי בעין משלם כשעת הגזילה אבל גבי אגודה דאם איתא בעין לא הויא בת השבה דהשתא לא שויא פרוטה הוה אמינא דכי ליתא נמי לא משלם אבל מההיא דחמץ ועבר עליו הפסח מייתי שפיר דאילו הוי בעין לא שוי מידי אפ"ה היכא דליתא בעין משלם כדמעיקרא ובפרק כל שעה (פסחים דף לב.) הוי מצי לאתויי מההוא דגזל חמץ דמשלם כדמעיקרא אלא דניחא ליה להביא ההיא דכל הגזלנים שהיא שנויה תחילה ועוד אור"י דמגזל חמץ לא מצי למידק כלל דלפי דמים משלם היכא דמעיקרא שויא ד' ולבסוף שויא זוזא דה"א דגבי חמץ כי ליתא בעין בעי לשלומי ליה חמץ מעליא כאותה חתיכה שגזל דלפי מדה משלם אבל לא כדמים של שעת הגזילה:
Le corps de l'enseignement. Rav a dit : le keren, selon l'état dans lequel il a volé. Dans la conclusion, nous disons que Rav traite de la hausse et de la baisse (yukra u-zola). Et si tu dis : que nous apprend-il ? C'est une michna, au début de HaGozel Kamma (plus loin, Bava Kamma 93b) : tous les gazlanim paient selon l'heure du vol. Et même si la michna semble traiter du shinoui (changement), par exemple des bois dont il a fait des ustensiles, et que là-bas (96b) la Guemara dit aussi que tous les gazlanim paient selon l'heure du vol, pour inclure l'enseignement de Rabbi Ilai : il a volé un agneau et celui-ci est devenu bélier, un shinoui s'est produit dans sa main et il l'a acquis. Malgré cela, elle traite aussi de la hausse et de la baisse, comme on le voit à la fin de HaMafkid (Bava Metsia 43a), qui l'amène au sujet de la hausse et de la baisse, et de même au chapitre Kol Sha'a (Pessahim 32a) au sujet de celui qui mange de la terouma. On dit là : là où au début elle valait quatre et à la fin elle valait un zouz, tu n'as pas à demander, car à coup sûr il paie selon la valeur, car sa dette atteint celle d'un gazlan, puisque nous avons appris : tous les gazlanim paient selon l'heure du vol. On répond : l'essentiel de ce que Rav vient apprendre, c'est seulement que les paiements du kéfel et les paiements de quatre et de cinq suivent l'heure de la comparution en jugement. Et ce que la Guemara dit, quelle est la raison de Rav, c'est sur les paiements du kéfel et de quatre et cinq qu'elle interroge. Voici le sens : le verset a dit généiva et hayyim, fais revivre le keren selon l'état dans lequel il a volé. Cela lui implique le keren seul. Les paiements de quatre et de cinq restent hors de ce mot. Et si tu dis : dans HaGozel Kamma (plus loin, Bava Kamma 105a), Rava a dit : il a volé trois bottes pour trois peroutot, elles ont baissé et se sont établies à deux, il lui en a rendu deux, il est tenu de lui en rendre une. Et le tanna enseigne en appui : il a volé du hamets et Pessa'h est passé sur lui. Pourquoi n'apporte-t-il pas une preuve de la michna, tous les gazlanim paient selon l'heure du vol, puisqu'elle traite aussi de la hausse et de la baisse ? On répond : de la michna de tous les gazlanim, il ne peut pas tirer cette preuve. Car là-bas, si l'objet volé existe en nature, il est apte à être rendu ; c'est pourquoi, même quand il n'existe pas en nature, il paie selon l'heure du vol. Mais pour la botte : si elle existait en nature, elle ne serait pas apte à être rendue, puisque maintenant elle ne vaut pas une perouta. J'aurais dit que, même absente, il ne paie pas. Du cas du hamets après Pessa'h, la preuve vaut : même présent en nature, il ne vaudrait rien ; malgré cela, quand il n'est pas en nature, il paie comme au début. Et au chapitre Kol Sha'a (Pessahim 32a), il aurait pu apporter ce cas du hamets volé, où l'on paie comme au début. Il lui convient d'apporter le cas de tous les gazlanim, qui est enseigné en premier. Et encore, le Ri dit : du vol de hamets, on ne peut rien déduire sur le paiement selon la valeur en argent, là où au début elle valait quatre et à la fin un zouz. Car j'aurais dit : pour le hamets, quand il n'existe pas en nature, il doit lui payer un hamets valable, semblable à la pièce qu'il a volée. Il paie selon la mesure de la pièce volée. Les dinarim de l'heure du vol restent hors de ce calcul.
💡 Explication

Gufa : on revient à l'enseignement de Rav, cité sur l'amoud précédent à partir de généiva et hayyim. Deux barèmes. Le keren, principal, suit la valeur au moment du vol. Le kéfel et les paiements de quatre et cinq suivent la valeur à l'heure où l'on comparaît, she'at ha-amada ba-din.

Tossefot demande ce que Rav apprend de neuf : la michna dit déjà que tout gazlan paie selon l'heure du vol, y compris pour yukra u-zola, la hausse et la baisse. Réponse : le point propre de Rav est le knas. L'ahiya du verset ne vise que le keren. Le kéfel et les quatre et cinq restent à la date du jugement.

4
מאי טעמא דרב? אמר קרא: ״גניבה״ ו״חיים״. אמאי קאמר רחמנא ״חיים״ בגניבה? אחייה לקרן כעין שגנב.

Quelle est la raison de Rav ? Le verset dit : généiva et hayyim.

Pourquoi le Miséricordieux dit-il hayyim au sujet de la généiva ? Fais revivre le keren selon l'état dans lequel il a volé.

💡 Explication

Source du din. Le verset joint généiva et hayyim (vivants). Hayyim se lit ahiya : fais revivre, complète le principal à la mesure du jour du vol. Le mot porte sur le keren. Kéfel et quatre et cinq restent hors de cette revivification.

5
אמר רב ששת: אמינא, כי ניים ושכיב רב אמר להא שמעתא. דתניא: כחושה והשמינה – משלם תשלומי כפל ותשלומי ארבעה וחמשה כעין שגנב.

Rav Sheshet a dit : je dis que Rav a dit cet enseignement en dormant et en étant couché. Car on enseigne : une bête maigre, et il l'a engraissée, il paie les paiements du kéfel et les paiements de quatre et de cinq selon l'état dans lequel il a volé.

📜 Rachi (1)
כחושה והשמינה כו' הגנב פטמה וקשיא לרב דאמר תשלומי ד' וה' כשעת העמדה בדין וקס"ד בין שבחה בין הכחישה הגנב בידים:
Une maigre, et il l'a engraissée, etc. C'est le ganav qui l'a engraissée. Difficulté pour Rav, qui dit que les paiements de quatre et de cinq suivent l'heure de la comparution en jugement. Et l'on tient, dans cette lecture, que l'amélioration comme l'amaigrissement, le ganav les a faits de ses mains.
🗂️ Tossefot (1)
דתניא כחושה והשמינה כו' תימה היכי ס"ד דרב ששת שדבר רב בכחושה והשמינה דא"כ היה מגרע כחו של קרן וממילתיה דרב משמע שבא ליפות כחו של קרן ולגרע כח כפל וד' וה' דקאמר אחייה לקרן דוקא כעין שגנב ואחייה משמע לשון יפוי כח וי"ל דאחייה אין לשון יפוי אלא לשון תשלומים וכל דבר שמשלים החסרון שגנב או גזל קרי אחייה וכן משמע בסוף שמעתין דקאמר . טלאים כדמעיקרא [משלם] כפל ד' וה' כשל עכשיו משמע אפי' מעיקרא שויא זוזא ולבסוף ד' דומיא דטלה ונעשה איל משלם כפל כי השתא לפי' ר"י דלקמן ושם אפרש בע"ה ומיהו ר"ת פי' בע"א לקמן דלגרע כח הכפל קאמר רב כשעת העמדה בדין ולא ליפות:
Car on enseigne : une maigre, et il l'a engraissée, etc. Étonnement : comment Rav Sheshet a-t-il pu penser que Rav parlait d'une maigre que l'on a engraissée ? S'il en était ainsi, il diminuerait la force du keren. Or les mots de Rav impliquent qu'il vient renforcer la force du keren et diminuer la force du kéfel et des quatre et cinq, puisqu'il dit : fais revivre le keren, précisément selon l'état dans lequel il a volé. Et ahiya semble un langage de renforcement. On répond : ahiya relève du langage du paiement. Tout ce qui complète le manque de ce qu'il a volé ou pris par violence s'appelle ahiya. C'est aussi ce qui ressort à la fin de cette discussion, où l'on dit : des agneaux comme au début, le kéfel, quatre et cinq comme maintenant. Cela vise même le cas où au début elle valait un zouz et à la fin quatre, à la manière de l'agneau devenu bélier : il paie le kéfel comme maintenant, selon l'explication du Ri plus loin, et là-bas j'expliquerai avec l'aide de Hachem. Toutefois Rabbeinou Tam explique autrement plus loin : Rav place le kéfel à l'heure de la comparution en jugement afin d'en diminuer la force.
💡 Explication

Rav Sheshet tient l'enseignement pour dit à la légère : ki nayem ve-shakhev, en dormant et couché. La baraïta : bête volée maigre, puis engraissée par le ganav. Le kéfel et les quatre et cinq suivent la valeur du vol, la bête maigre, non la valeur au jugement.

Rachi : on lit d'abord la baraïta sur un changement fait de la main du ganav, engraissement ou amaigrissement. Tossefot demande comment Rav Sheshet a pu viser ce cas. Ahiya, chez Rav, renforce le keren. Sur une bête qui a grossi, payer le principal au prix du vol le diminuerait. Réponse : ahiya veut dire compléter le paiement de ce qui manque, non augmenter la force du droit.

6
אמרי, משום דאמר ליה: ״אנא פטימנא ואת שקלת?!״

On répond : parce qu'il lui dit : c'est moi qui l'ai engraissée, et toi, tu prendrais ?

📜 Rachi (1)
ומשני משום דא"ל כו' אבל שבחה בדמים שהוקרו בהמות בשוק או שנתפטמה מאליה משלם כפל כי השתא:
Et l'on répond : parce qu'il lui dit, etc. Mais si elle s'est améliorée en valeur, parce que les bêtes ont enchéri sur le marché, ou si elle s'est engraissée d'elle-même, il paie le kéfel selon maintenant.
🗂️ Tossefot (1)
אנא מפטימנא ואת שקלת משמע דכשנתפטמה מאליה הוי כשעת העמדה בדין ולפי זה הוה מצי לאוקמי מילתיה דרב כשנתפטמה מאליה ולא הוה צריך לאוקמיה ביוקרא וזולא ומיהו לפי האמת אפי' כשנתפטמה מאליה משלם כפל ד' וה' כעין שגנב כמו בטלה ונעשה איל דאמר לקמן דמשלם כפל ד' וה' כעין שגנב ואפי' שינוי לא קני משום דאמר ליה אטו תורא גנבי מינך דיכרא גנבי מינך הכא נמי כשנתפטמה מאליה מצי אמר ליה אטו שמינה גנבי מינך ודוקא ביוקרא וזולא הוא דקאמר רב כפל ד' וה' כשעת העמדה בדין דלא שייך למימר אטו יוקרא גנבי מינך וטעמא אפרש לקמן בע"ה גבי הא דקאמר טלאים כדמעיקרא דמים כשל עכשיו:
C'est moi qui l'ai engraissée, et toi tu prendrais. Cela implique que, lorsqu'elle s'est engraissée d'elle-même, le paiement suit l'heure de la comparution en jugement. D'après cela, on aurait pu établir l'enseignement de Rav dans le cas où elle s'est engraissée d'elle-même, sans avoir à l'établir dans la hausse et la baisse. Toutefois, selon la conclusion véritable, même lorsqu'elle s'est engraissée d'elle-même, il paie le kéfel, quatre et cinq selon l'état dans lequel il a volé, comme pour l'agneau devenu bélier, dont on dit plus loin qu'il paie le kéfel, quatre et cinq selon l'état dans lequel il a volé. Et même le shinoui n'acquiert pas, parce qu'il lui dit : est-ce un taureau que j'ai volé chez toi ? C'est un bélier que j'ai volé chez toi. Ici de même, lorsqu'elle s'est engraissée d'elle-même, il peut lui dire : est-ce une bête grasse que j'ai volée chez toi ? Et c'est pour la hausse et la baisse seulement que Rav dit : le kéfel, quatre et cinq, selon l'heure de la comparution en jugement. Il n'y a pas lieu de dire : est-ce la hausse que j'ai volée chez toi ? J'expliquerai la raison plus loin, avec l'aide de Hachem, à propos de ce qui est dit : des agneaux comme au début, l'argent comme maintenant.
💡 Explication

La baraïta ne réfute pas Rav. Le ganav a engraissé la bête de son fait. Il dit au propriétaire : ana patimna ve-at shakalt, c'est moi qui l'ai engraissée, et toi tu prendrais l'ajout. L'augmentation due à son travail reste hors du kéfel et des quatre et cinq.

Rachi réserve à Rav les autres hausses : le marché où les bêtes ont enchéri, ou la bête qui grossit seule. Là, le kéfel suit la valeur actuelle. Tossefot signale que la conclusion ultérieure resserre encore : même l'engraissement spontané reste à la valeur du vol, comme l'agneau devenu bélier. Le voleur dit : est-ce une bête grasse que j'ai volée chez toi ? Seul yukra u-zola, le mouvement du prix, reste le cas où cette phrase n'a pas de prise.

7
תא שמע: שמינה והכחישה – משלם תשלומי כפל ותשלומי ארבעה וחמשה כעין שגנב!

Viens entendre : une bête grasse, et il l'a amaigrie, il paie les paiements du kéfel et les paiements de quatre et de cinq selon l'état dans lequel il a volé.

📜 Rachi (1)
והכחישה הגנב הכחישה בידים בטורח מלאכה או במקל:
Et il l'a amaigrie : le ganav l'a amaigrie de ses mains, par un travail pénible ou avec un bâton.
💡 Explication

Seconde baraïta, en sens inverse. La bête est volée grasse, le ganav l'amaigrit. Le kéfel et les quatre et cinq suivent encore la valeur du vol, la bête grasse, non la valeur moindre du jugement. Rachi : l'amaigrissement est fait de ses mains, corvée ou bâton.

8
התם נמי – משום דאמרינן ליה: מה לי קטלה כולה, מה לי קטלה פלגא. כי קאמר רב – ביוקרא וזולא הוא דקאמר.

Là aussi, parce que nous lui disons : qu'importe qu'il l'ait tuée tout entière, qu'importe qu'il l'ait tuée à moitié. Quand Rav parle, c'est de la hausse et de la baisse qu'il parle.

📜 Rachi (1)
מה לי קטלה פלגא הלכך מההיא שעתא דאכחשה אתחלה לה טביחה:
Qu'importe qu'il l'ait tuée à moitié : dès lors, dès l'heure où il l'a amaigrie, la teviha a commencé pour elle.
🗂️ Tossefot (1)
מה לי קטלה כולה מ"ל קטלה פלגא פ"ה משום דהכחשה אתחלה דטביחה היא וקשה לר"י דלא שייכא הכחשה לטביחה מידי כיון שאם היה הורגה כולה בענין זה לא היה בה דין ד' וה' אלא הכי פריך מה לי קטלה כולה דאין הולכין בתר הדמים דהשתא דקנאה בשינוי ואינה של נגנב אלא בתר מעיקרא שהיתה שלו וה"ה בקטלה פלגא ולפי זה ה"ה בהוכחשה ממילא דמשלם כדמעיקרא דמה לי מתה כולה מה לי מתה פלגא ודאי מתה כולה מאליה יש לחייבו כדמעיקרא שהיתה של נגנב ולא בתר השתא וכי קא משני ומוקי מילתא דרב ביוקרא וזולא לא הוה מצי לאוקמי בכחשה דממילא ועוד אר"י דמצי לפרש בע"א מ"ל קטלה כולה מ"ל קטלה פלגא כלומר אפי' למ"ד אין לשחיטה אלא לבסוף ולא מחייב ד' וה' עד משהו אחרון אפ"ה לא אזלינן בתר חשיבותא דההיא שעתא כפי מה שהוא שוה במשהו אחרון אלא כפי מה ששוה קודם שחיטה א"כ כי קטלה פלגא נמי דהיינו הכחישה לא אזלינן בתר השתא אלא בתר מעיקרא ולפי טעם זה ה"מ לאוקמיה מילתי' דרב בהוכחשה ממילא:
Qu'importe qu'il l'ait tuée tout entière, qu'importe qu'il l'ait tuée à moitié. Selon l'explication de Rachi : l'amaigrissement est le commencement de la téviha. Et c'est difficile pour le Ri : l'amaigrissement n'a aucun rapport avec la téviha, puisque, s'il l'avait tuée tout entière de cette manière, il n'y aurait pas eu pour elle le din de quatre et cinq. Voici plutôt l'objection. Qu'importe qu'il l'ait tuée tout entière : on ne suit pas la valeur de maintenant, puisqu'il l'a acquise par le shinouï et qu'elle n'appartient plus au nigzav, on suit le début, quand elle était à lui. Et il en va de même s'il l'a tuée à moitié. D'après cela, il en va de même pour un amaigrissement survenu de lui-même : il paie comme au début. Car qu'importe qu'elle soit morte tout entière, qu'importe qu'elle soit morte à moitié. À coup sûr, si elle est morte tout entière d'elle-même, on le tient pour le début, quand elle appartenait au nigzav. La valeur de maintenant reste hors de ce compte. Et quand la Guemara répond et établit l'enseignement de Rav dans la hausse et la baisse, elle n'aurait pas pu l'établir dans un amaigrissement survenu de lui-même. Et encore, le Ri dit qu'on peut expliquer autrement. Qu'importe qu'il l'ait tuée tout entière, qu'importe qu'il l'ait tuée à moitié : même selon celui qui dit que la shehita n'existe qu'à la fin, et que l'on n'est tenu aux quatre et cinq qu'au dernier instant, on ne suit pas la valeur de cette heure-là, selon ce qu'elle vaut au dernier instant, on suit ce qu'elle valait avant la shehita. Dès lors, quand il l'a tuée à moitié aussi, c'est-à-dire l'amaigrissement, on ne suit pas maintenant, on suit le début. Et selon cette raison, on aurait pu établir l'enseignement de Rav dans un amaigrissement survenu de lui-même.
💡 Explication

L'amaigrissement fait de la main du ganav est traité comme un commencement de mise à mort. Ma li ketala kula, ma li ketala palga : tuée entière ou tuée à moitié, même conséquence. Rachi : dès cette heure, la téviha a commencé. Les quatre et cinq se calculent sur la bête encore grasse, au moment du vol.

Conclusion de l'amoud sur le champ de Rav : yukra û-zola seulement, la hausse et la baisse du prix, non le changement du corps fait par le ganav. Tossefot, au nom du Ri, refuse de lier l'amaigrissement à la téviha : tuer par le bâton ou la corvée n'ouvre pas les quatre et cinq, qui supposent une shehita ou une vente. Il relit la phrase par le shinouï : on revient à la valeur d'origine, quand la bête était au nigzav.

9
היכי דמי? אילימא דמעיקרא שויא זוזא, ולבסוף שויא ארבעה זוזי – קרן כעין שגנב; לימא פליגא דרב אדרבה? דאמר רבה: האי מאן דגזל חביתא דחמרא מחבריה, מעיקרא שויא זוזא ולבסוף שויא ארבעה זוזי, תברה או שתייה – משלם ארבע[ה]. איתבר ממילא – משלם זוזא.

Comment le cas se présente-t-il ? Si tu dis : au début elle valait un zouz, et à la fin elle valait quatre zouz, le keren selon l'état dans lequel il a volé.

Dirons-nous que Rav contredit Rabba ? Car Rabba a dit : celui qui vole à son prochain un tonneau de vin, au début il valait un zouz et à la fin il valait quatre zouz, s'il l'a brisé ou s'il l'a bu, il paie quatre.

S'il s'est brisé de lui-même, il paie un zouz.

📜 Rachi (2)
ולבסוף שויא ד' בשעה שאבדה מן העולם:
Et à la fin elle valait quatre : à l'heure où elle a disparu du monde.
תברה בידים או שתייה משלם ד' ובהמפקיד (ב"מ דף מג.) מפרש טעמא דכל כמה דאיתיה בעינא ברשותא דמרה קיימא דהא בעי לאהדורה הלכך ברשותא דמרה הוקרה וההיא שעתא דתברה ושתייה הוא דקא גזיל לה אבל איתבר ממילא אמאי מחייבת ליה אההיא שעתא דגזלה וההיא שעתא זוזא הוא דשוייא וגבי טביחה ומכירה הוי כי תברה או שתייה:
Il l'a brisé : de ses mains. Ou il l'a bu : il paie quatre. Et dans HaMafkid (Bava Metsia 43a) on explique la raison. Tant que l'objet existe en nature, il se tient dans le domaine de son maître, puisqu'il doit le rendre. Dès lors, c'est dans le domaine de son maître qu'il a enchéri. Et c'est à l'heure où il l'a brisé ou bu qu'il le vole. Mais s'il s'est brisé de lui-même, pourquoi le tiendrais-tu pour cette heure où il l'a volé ? Et à cette heure-là, il ne valait qu'un zouz. Et pour la téviha et la mekhira, c'est comme s'il l'avait brisé ou bu.
💡 Explication

Si Rav visait une hausse, de un à quatre, son keren payé au prix du vol, un zouz, heurterait Rabba. Tonneau volé à un zouz, monté à quatre. Le gazlan le brise ou le boit : il paie quatre. Il se brise seul : il paie un zouz.

Rachi. Tant que le vin existe, il reste bi-reshut mareh, dans le domaine du propriétaire, parce qu'il doit être rendu. La hausse lui appartient. Briser ou boire, c'est voler à cette heure-là, au prix de quatre. La casse spontanée laisse la dette à l'heure du vol, un zouz. Shehita et vente de la bête volée se rangent avec celui qui brise ou boit.

🖼️ Schéma
Rabba : tonneau de vin, de un zouz à quatre Au vol : 1 zouz. À la fin : 4 zouz. Il le brise, où il le boit Tant qu'il existe, il est dans le domaine du maître. La hausse est au maître. Il paie quatre. Il se brise de lui-même On le tient pour l'heure où il a volé. À cette heure : un zouz. Il paie un zouz.
Hausse du tonneau. Brisé ou bu : quatre. Casse spontanée : un zouz.
10
אמרי: כי קאמר רב – כגון דמעיקרא שויא ארבע[ה] ולבסוף שויא זוזא; קרן – כעין שגנב, תשלומי כפל ותשלומי ארבעה וחמשה – כשעת העמדה בדין.

On répond : quand Rav parle, c'est par exemple là où au début elle valait quatre, et à la fin elle valait un zouz. Le keren, selon l'état dans lequel il a volé.

Les paiements du kéfel et les paiements de quatre et de cinq, selon l'heure de la comparution en jugement.

💡 Explication

Le cas de Rav est la baisse. Valeur au vol : quatre zouz. Valeur au jugement : un zouz. Le keren reste à quatre : le voleur ne gagne pas sur la dépréciation du principal. Le kéfel et les quatre et cinq suivent le zouz de l'heure du jugement. Cette baisse ne rencontre pas le din de Rabba, qui parle d'une hausse suivie d'une destruction faite de la main.

11
תני רבי חנינא לסיועיה לרב: בעל הבית שטען טענת גנב בפקדון, ונשבע, והודה, ובאו עדים – אם עד שלא באו עדים הודה, משלם קרן וחומש ואשם; ואם משבאו עדים הודה – משלם תשלומי כפל ואשם, וחומשו עולה לו בכפילו; דברי רבי יעקב.

Rabbi Hanina enseigne, pour appuyer Rav : un baal ha-bayit qui a soutenu l'allégation d'un ganav au sujet d'un pikadon (dépôt), a juré, a avoué, et des témoins sont venus. Si, avant la venue des témoins, il a avoué, il paie le keren, le homesh et un acham.

Si, après la venue des témoins, il a avoué, il paie les paiements du kéfel et un acham, et son homesh lui est compté dans son kéfel. Paroles de Rabbi Yaakov.

📜 Rachi (3)
משלם קרן וחומש ואשם משום שבועה ואין כאן כפל דמודה בקנס פטור:
Il paie le keren, le homesh et un acham : à cause du serment. Et il n'y a pas ici de kéfel, car celui qui avoue un knas en est exempt.
ואם משבאו עדים ונתחייב בכפל הודה:
Et si c'est après la venue des témoins : alors qu'il était déjà tenu au kéfel, il a avoué.
משלם כפל ואשם וחומש עולה לו בתוך הכפל שהרי חומש לבעלים הוא והוא שקל וע"כ הא דר' יעקב בששוין כאחד החומש והכפל קמיירי דאי הוה כפילא טפי מחומשא לאו חומשא הוי ולא מיפטר ליה עד דמשלם חומש דחומש כפרה דשבועה הוא:
Il paie le kéfel et un acham, et le homesh monte pour lui à l'intérieur du kéfel. Car le homesh appartient aux propriétaires, et il l'a versé. Nécessairement, cet enseignement de Rabbi Yaakov parle d'un cas où le homesh et le kéfel sont égaux l'un à l'autre. Car si le double dépassait le homesh, le versement ne vaudrait pas homesh, et il n'en serait pas quitte tant qu'il n'a pas payé un homesh, puisque le homesh est la kappara (expiation) du serment.
💡 Explication

Rabbi Hanina cite une baraïta le-sayeï'ei le-Rav, pour appuyer Rav. Le to'en ta'anat ganav : le dépositaire prétend qu'un ganav a pris le pikadon, il jure, puis il avoue, et des témoins viennent.

Aveu avant les témoins : keren, homesh (le cinquième ajoute pour le serment) et acham. Pas de kéfel. Modeh be-knas patour : celui qui avoue une amende n'a pas à la payer. Aveu après les témoins : le kéfel est déjà dû, plus l'asham. Le homesh est absorbé dans le kéfel, oleh lo bi-khiflo.

Rachi : Rabbi Yaakov vise le cas où le homesh et le supplément du kéfel sont de même montant. Le cinquième est une kappara du serment. Si le double dépasse ce montant, ce versement laisse le cinquième impayé, et le dépositaire resterait tenu du homesh.

🖼️ Schéma
To'en ta'anat ganav : l'aveu avant ou après les témoins Rabbi Yaakov. Dépôt, serment, aveu, témoins. Appui annoncé pour Rav. Aveu, puis témoins Il avoue avant les témoins. Keren + homesh + acham. Le homesh : à cause du serment. Pas de kéfel. Modeh be-knas : patour. Celui qui avoue une amende en est exempt. Témoins, puis aveu Les témoins d'abord : il est déjà tenu au kéfel. Puis il avoue. Kéfel + acham. Le homesh lui est compté à l'intérieur du kéfel. Rachi : homesh et kéfel égaux. Le cinquième expie le serment.
Aveu avant les témoins : keren, homesh, acham. Après : kéfel et acham, le homesh entre dans le double.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).