Bava Kamma 65b - Le homesh face au kéfel, puis l'agneau devenu bélier

Bava_Kamma 65b

Sougya : L'amoud achève la baraïta du to'en ta'anat ganav (dépositaire qui prétend un vol). Les Sages exemptent du homesh (cinquième) quand le paiement n'est pas le seul keren (principal), et maintiennent l'acham (sacrifice de culpabilité).

Rabbi Shimon ben Yohai exempte aussi de l'acham dès qu'il y a kéfel (double). Rabbi Hanina lisait un appui pour Rav : valeur de quatre zouz au vol, d'un zouz au jugement, le homesh suivant le keren et le kéfel suivant le jugement.

Rava renverse cet appui : la valeur reste quatre, et quatre serments produisent quatre homesh par va-hamishitav. Le mot et sépare ou relie l'acham.

Puis Rabbi Ila : l'agneau devenu bélier est un shinui (changement) qui acquiert, et l'abattage ou la vente ne coûtent plus les quatre et cinq. Rav Sheshet range la baraïta qui paie encore selon Beit Shammaï : le shinui reste dans le domaine du propriétaire, comme l'etnan (salaire) changé en farine, en huile ou en vin.

Homesh et kéfel : quand les deux montants se rejoignent Keren de 4 : le homesh ajouté en dehors est 1. Le kéfel vise ici la part d'amende. Valeur stable Début : 4. Fin : 4. Kéfel : 4 Homesh : 1 zouz Les deux ne se valent pas. Le homesh ne monte pas dans le kéfel. Baisse du prix Début : 4. Fin : 1 zouz. Keren au vol : 4 Homesh : 1 zouz Kéfel au jugement : 1 Les deux valent 1. Appui annoncé pour Rav. Rava : quatre serments Début : 4. Fin : 4. Quatre shevouot, puis hoda'a. Va-hamishitav : plusieurs homesh sur un keren. 4 homesh = kéfel de 4. Sans baisse de prix. Ce que la baisse aurait prouvé pour Rav Keren et homesh : ke-ein she-ganav, valeur au vol. Kéfel, quatre et cinq : she'at ha-amada ba-din, heure du jugement. Rava retire cet appui. Le cas reste possible à valeur égale.
Valeur stable : homesh et kéfel ne se valent pas. Baisse de 4 à 1 : appui pour Rav. Quatre serments : Rava aligne les deux sans baisse.
Be-rosho va-hamishitav : le mot et coupe ou le vav relie Vayikra 5, 24-25. Homesh lié au keren. L'asham suit, ou non, selon la lecture. Les Sages Et coupe le verset. Homesh : seulement si l'on paie le keren seul, be-roch. Avec kéfel : pas de homesh. L'asham, on l'apporte. Ve-et ashamo est une phrase neuve. Rabbi Shimon ben Yohai Ve-et : le vav relie. Et reste écrit : il sépare mamon gavoah et mamon hedyot. Acham du Ciel, homesh du particulier. Avec kéfel : ni homesh ni acham. Le vav, une fois et nécessaire, relie. Réplique des Sages Pour relier, le verset n'écrirait ni vav ni et. Rabbi Shimon : et ne peut pas manquer. Le vav vient donc relier.
Les Sages : et coupe, l'asham reste du. Rabbi Shimon : et sépare le Ciel et le particulier, le vav relie, pas d'asham avec le kéfel.
Agneau devenu bélier : qui acquiert par le shinui Quatre et cinq : amende de l'abattage ou de la vente. Keren et kéfel restent dus. Rabbi Ila Talé devenu ayil, egel devenu shor. Shinui dans sa main : il acquiert. Il abat le sien, il vend le sien. Exempt des quatre et cinq. Baraïta, puis Rabbi Hanina Il paie kéfel, quatre et cinq, ke-ein she-ganav. Pourquoi pas la valeur d'aujourd'hui ? Ai-je volé de toi un bœuf ? Rabbi Zeira Shinui ha-shem : le nom a changé. Qu'il acquière par le nom. Rava Shor ben yomo s'appelle déjà shor. Pas de changement de nom. Rav Sheshet La baraïta est Beit Shammaï. Shinui : reste en place. Etnan : blé en farine, olives en huile, raisins en vin Beit Shammaï : gam inclut les formes changées. Interdit sur l'autel. Beit Hillel : hem, eux, et non leurs changements. Permis.
Rabbi Ila : la croissance acquiert. La baraïta paie comme au vol. Rava : pas de changement de nom. Rav Sheshet : Beit Shammaï, comme pour l'etnan.
1
וחכמים אומרים: ״בראשו וחמשתיו״; ממון המשתלם בראש – מוסיף חומש, ממון שאין משתלם בראש – אין מוסיף חומש. רבי שמעון בן יוחאי אומר: אין חומש ואשם משתלם במקום שיש כפל.

Et les Sages disent : be-rosho va-hamishitav (selon son principal et ses cinquièmes). Un bien qui se paie selon le principal, on y ajoute un homesh (cinquième).

Un bien qui ne se paie pas selon le principal, on n'y ajoute pas de homesh. Rabbi Shimon ben Yohai dit : ni homesh ni acham (sacrifice de culpabilité) ne se paient là où il y a kéfel (double).

📜 Rachi (2)
וחכ"א ממון המשתלם בראש שאינו משלם אלא קרן והשיב את אשמו היינו קרן שהוא אשם וחוטא עליו ובקרא אחרינא כתיב התם ואת אשמו יביא לה' וגו':
Et les Sages disent : un bien qui se paie selon le principal. Il ne paie que le keren (principal). Ve-heshiv et ashamo (il restituera son acham) : c'est le keren, qui est son acham, la chose pour laquelle il est en faute. Et dans l'autre verset il est écrit la-bas : ve-et ashamo yavi la-Hachem (et son sacrifice de culpabilité, il l'apportera à Hachem), etc.
ושאינו משתלם בראש כי הכא דאיכא כפל לא שייך בה דין חומש כלל ואפי' לא שוין חומשא וכפילא פטור ור"ש אשם קאתי לאסופי לפטורא:
Et ce qui ne se paie pas selon le principal. Comme ici, où il y a kéfel : le din du homesh ne s'y rattache pas du tout. Même si le homesh et le kéfel ne sont pas égaux, il est patour (exempt). Et Rabbi Shimon vient ajouter l'acham à cette exemption.
💡 Explication

Suite de la baraïta du dépositaire qui a juré un vol, le to'en ta'anat ganav. Les Sages lisent be-rosho va-hamishitav (Vayikra 5, 24) : le homesh s'ajoute quand on paie le keren seul. Le kéfel est un autre paiement. Là, pas de homesh, que les deux sommes se valent ou non.

Rabbi Shimon ben Yohai étend l'exemption à l'acham. Rachi sépare deux emplois du mot acham : la dette d'argent, et le sacrifice du verset suivant.

2
קתני מיהת: חומשו עולה לו בכפילו, דברי רבי יעקב. היכי דמי? אילימא דמעיקרא שויא ארבעה ולבסוף שויא ארבעה, חומשו עולה לו בכפילו?!

On enseigne en tout cas : son homesh monte pour lui dans son kéfel, paroles de Rabbi Yaakov. Quel est le cas ?

Si l'on dit qu'au début elle valait quatre et qu'à la fin elle valait quatre : son homesh monterait pour lui dans son kéfel ?

💡 Explication

Rabbi Hanina revient à la phrase de Rabbi Yaakov, déjà citée sur l'amoud précédent. Oleh lo bi-khefilo : le homesh est compté à l'intérieur du kéfel. À valeur stable, les deux montants ne se rencontrent pas. La Guémara demande donc le cas.

3
כפילא ארבעה, וחומשא זוזא! אלא לאו דמעיקרא שויא ארבעה, ולבסוף שויא זוזא, דכפילא זוזא וחומשיה זוזא?

Le kéfel est de quatre, et le homesh d'un zouz ! Plutôt, n'est-ce pas qu'au début elle valait quatre, et qu'à la fin elle valait un zouz, de sorte que le kéfel est d'un zouz et son homesh d'un zouz ?

📜 Rachi (2)
כפילא ד' וחומשא זוזא וכיון דאינן שוין לא חומש מקרי ולא סליק ליה:
Le kéfel est de quatre et le homesh d'un zouz. Puisqu'ils ne sont pas égaux, cela ne porte pas le nom de homesh, et cela ne monte pas pour lui.
דכפילא זוזא וחומשא זוזא דחומש בתר קרנא שיימינן וקרן משלם כעין שגנב נמצא קרן ד' וחומשו מוסיף עליו מבחוץ זוזא וכפילא זוזא וכפל כשעת העמדה בדין והיינו כרב דאי לאו קרן כעין שגנב לא הוי זוזא חומש ואי כפל כעין שגנב הוי ד' אלא ש"מ כרב:
De sorte que le kéfel est d'un zouz et le homesh d'un zouz. Car le homesh, on l'estime d'après le keren, et le keren se paie selon l'état du vol. Il se trouve que le keren est de quatre, et son homesh, ajoute en plus à l'extérieur, est d'un zouz ; et le kéfel est d'un zouz. Et le kéfel suit l'heure de la comparution en jugement. Et c'est conforme à Rav. Car si le keren n'était pas selon l'état du vol, le homesh ne serait pas d'un zouz ; et si le kéfel était selon l'état du vol, il serait de quatre. Conclus donc comme Rav.
🗂️ Tossefot (1)
כפילא ארבע וחומשא זוזא לפי מה שפ"ה דחומשא עולה לו בכפילא שמשלם את הכפל ונפטר בכך מן החומש קשה קצת מה בכך אי כפילא ארבע וחומשא זוזא ומיהו בקונט' פי' דלית ליה כפרה בחומש כיון שאין ניכר ומובלע בתוך הכפל ואי הוה מפרש דחומשו עולה לו בכפילו שמשלם את החומש ועולה לו לכפל הוה ניחא דהוה פריך שפיר אבל לשון בכפילו לא משמע הכי ובתוספתא נמי גרסי' וחומשו עולה לו מתוך כפילו וריב"א מפרש דאלשון ברייתא קפריך דמשמע דחומשו עולה בכל כפילו:
Le kéfel est de quatre et le homesh d'un zouz. Selon ce que Rachi explique, que le homesh monte pour lui dans le kéfel, en ce qu'il paie le kéfel et s'en trouve quitte du homesh : c'est un peu difficile. Qu'importe que le kéfel soit de quatre et le homesh d'un zouz ? Toutefois, dans le Kountres, il explique qu'il n'a pas de kappara (expiation) par le homesh, puisque celui-ci n'est pas reconnaissable et absorbe à l'intérieur du kéfel. Et s'il avait expliqué que son homesh monte pour lui dans son kéfel en ce sens qu'il paie le homesh et que cela lui est compté pour le kéfel, cela irait : la question porterait juste. Mais la tournure be-khefilo (dans son kéfel) ne se comprend pas ainsi. Et dans la Tossefta aussi on lit : et son homesh monte pour lui de l'intérieur de son kéfel. Et le Riva explique que la question porte sur la formulation de la baraïta, qui implique que son homesh monte dans tout son kéfel.
💡 Explication

Sur un keren de quatre, le homesh ajoute en dehors est un zouz : le cinquième de la Torah est le quart du principal, pour que principal et cinquième fassent cinq parts. À valeur stable, la part d'amende du kéfel est quatre. Les deux ne se valent pas, et la phrase de Rabbi Yaakov ne tient pas.

La baisse, de quatre à un zouz, aligne les deux sur un zouz. Rachi en tire le barème de Rav : keren au vol, kéfel à l'heure du jugement. Tossefot précise la kappara : le homesh n'expie le serment que s'il est reconnaissable à l'intérieur du kéfel.

🖼️ Schéma
De quatre à un zouz : homesh et kéfel se valent Au vol : 4 Keren. Homesh : 1 Au jugement : 1 Kéfel : 1 zouz 1 = 1 Le homesh monte dans le kéfel Si le keren suivait la fin Homesh d'un keren de 1 : pas 1. Rachi : donc keren au vol. Si le kéfel suivait le vol Kéfel de 4, homesh de 1. Rachi : donc kéfel au jugement.
Baisse de quatre à un : le homesh du keren et le kéfel du jugement valent chacun un zouz.
4
אלמא קרן כעין שגנב, תשלומי כפל ותשלומי ארבעה וחמשה כשעת העמדה בדין!

Il en ressort : le keren selon l'état du vol ; les paiements du kéfel et les paiements de quatre et de cinq, selon l'heure de la comparution en jugement !

📜 Rachi (1)
כעין שגנב לקמן אותבינן לרב מהא דאמר תשלומי כפל ד' וה' כשעת העמדה בדין ולרבה דאמר תברה או שתייה משלם ד' [כדהשתא] ליכא לאותובי דיכול לשנויי דהך מתניתא כפל ד' וה' דוקא נקט אבל קרן היכא דאשכח כי השתא משלם:
Selon l'état du vol. Plus loin, on objecte à Rav à partir de ce qui dit : les paiements du kéfel, de quatre et de cinq, selon l'heure de la comparution en jugement. Et pour Rabba, qui dit : s'il l'a brisé ou s'il l'a bu, il paie quatre selon la valeur actuèlle, on ne peut pas objecter. Il peut répondre que cette baraïta a visé précisément le kéfel, les quatre et les cinq ; mais le keren, là où on le trouve selon la valeur actuèlle, il le paie selon cette valeur.
🗂️ Tossefot (1)
אלמא קרן כעין שגנב תימה אמאי לא דחי כגון דמעיקרא שויא זוזא ולבסוף שויא ד' וכפילא זוזא כעין שגנב דלא כרב וחומשא זוזא כשעת העמדה בדין כדאמר דתברה או שתייה משלם ד' וי"ל דליכא למימר הכי כלל דמהיכא תיתי דקרן יהא כשעת העמדה בדין וכפל ד' וה' יהי' כעין שגנב דאין לחלק בין כפל ד' וה' לקרן אם לא מכח הפסוק ובזה אין לנו שום פסוק ורב נמי דמחלק היינו משום דקרא קדריש ועוד דבלאו הכי דחי שפיר ונוח לו כפי האמת ובאותו ענין שהיה המסייע אומר שאין להעמידה:
Il en ressort : le keren selon l'état du vol. C'est étonnant : pourquoi ne repousse-t-il pas ainsi le cas, par exemple qu'au début elle valait un zouz et qu'à la fin elle valait quatre, le kéfel étant d'un zouz selon l'état du vol, à l'inverse de Rav, et le homesh d'un zouz selon l'heure de la comparution en jugement, comme on le dit : s'il l'a brisé ou s'il l'a bu, il paie quatre ? On peut répondre : on ne peut dire cela en aucun cas. D'où tirerait-on que le keren suivrait l'heure de la comparution en jugement, et que le kéfel, les quatre et les cinq suivraient l'état du vol ? On ne sépare pas le kéfel, les quatre et les cinq, d'avec le keren, sinon par la force du verset, et pour cette séparation-là nous n'avons aucun verset. Rav aussi, qui sépare, le fait parce qu'il fait une derasha du verset. Et de plus, même sans cela, il repousse bien, et cela lui convient selon la vérité, et selon la manière dont celui qui apporte l'appui disait qu'il ne faut pas l'établir ainsi.
💡 Explication

Conclusion provisoire, dans le sens de Rav. Tossefot écarte le cas inverse, hausse de un à quatre, qui ferait coïncider un kéfel au vol et un homesh au jugement. Une telle coupe, keren à la fin et amende au début, n'a pas de verset. La derasha de Rav va dans l'autre sens.

5
אמר רבא: לעולם דמעיקרא שויא ארבעה והשתא נמי שויא ארבעה, ודקא קשיא: כפילא ארבעה וחומשיה זוזא, הכא במאי עסקינן – כגון שנשבע וחזר ונשבע ארבע פעמים, והודה; והתורה אמרה ״וחמשתיו״ –

Rava dit : en réalité, au début elle valait quatre, et maintenant aussi elle vaut quatre. Et ce qui fait difficulté, le kéfel de quatre et son homesh d'un zouz : ici, de quoi s'agit-il ?

Par exemple, il a juré, puis il a juré de nouveau, quatre fois, et il a avoué. Et la Torah a dit : va-hamishitav (et ses cinquièmes).

📜 Rachi (1)
כפילא ד' וחומשא זוזא וכיון דאינן שוין לא חומש מקרי ולא סליק ליה:
Le kéfel est de quatre et le homesh d'un zouz. Puisqu'ils ne sont pas égaux, cela ne porte pas le nom de homesh, et cela ne monte pas pour lui.
💡 Explication

Rava garde la valeur à quatre pendant tout le temps. Le dépositaire répète la shevoua (serment) quatre fois, et avoue après chacune. Le verset dit hamishitav au pluriel. La suite en tire plusieurs homesh sur un seul keren.

6
התורה ריבתה חמישיות הרבה בקרן אחת.

La Torah a multiplié de nombreux homesh sur un seul keren.

💡 Explication

Chaque faux serment suivi d'un aveu ajoute un homesh. Quatre serments sur un keren de quatre : quatre fois un zouz. Le total rejoint la part de kéfel, qui est quatre. La phrase de Rabbi Yaakov se lit donc sans baisse de prix, et l'appui tiré pour Rav tombe.

7
אמר מר, וחכמים אומרים: ״בראשו וחמשתיו״ – ממון המשתלם בראש מוסיף חומש, ממון שאין משתלם בראש אין מוסיף חומש. אבל אשם – מייתי,

Le maître a dit : et les Sages disent : be-rosho va-hamishitav. Un bien qui se paie selon le principal, on y ajoute un homesh.

Un bien qui ne se paie pas selon le principal, on n'y ajoute pas de homesh. Mais l'acham, il l'apporte.

💡 Explication

Retour au corps de la baraïta. Les Sages ont limité le homesh. La Guémara en déduit qu'ils laissent l'acham en place.

8
מאי שנא חומש דלא משלם – דכתיב: ״בראשו וחמשתיו״, אשם נמי לא משלם – דהא כתיב: ״בראשו וחמשתיו״, ״ואת אשמו״!

En quoi le homesh est-il distinct, pour qu'il ne le paie pas ? Parce qu'il est écrit : be-rosho va-hamishitav.

L'acham non plus, qu'il ne le paie pas ! Car il est écrit : be-rosho va-hamishitav, ve-et ashamo (et son acham).

💡 Explication

Le homesh est écrit à la suite de be-rosho. Ve-et ashamo (Vayikra 5, 25) vient dans la même suite. Si le lien au keren seul dispense du homesh dès qu'il y a kefel, le même lien dispenserait de l'asham. C'est la lecture de Rabbi Shimon ben Yohai, posée ici comme question aux Sages.

9
אמרי לך רבנן: ״את״ פסקיה קרא.

Les Sages te disent : le mot et coupe le verset.

💡 Explication

Et dans ve-et ashamo sépare l'asham de la clause du homesh. Le homesh reste lié à be-rosho. L'asham ouvre une obligation à part, et on l'apporte même là où il y a kefel.

🖼️ Schéma
Le verset, lu par les Sages Be-rosho le keren seul Va-hamishitav le homesh, lié au roch Ve-et ashamo Et coupe. L'asham reste du. Rabbi Shimon lit le vav de ve-et comme un lien : l'asham suit le homesh.
Et coupe ve-et ashamo. Le homesh suit be-rosho. L'acham reste à apporter.
10
ורבי שמעון בן יוחאי – ״ואת״ ערביה קרא. ורבנן אמרי לך: לא ליכתוב רחמנא לא ויו ולא ״את״.

Et Rabbi Shimon ben Yohai : ve-et relie le verset. Et les Sages te disent : que le Miséricordieux n'écrive ni vav ni et.

📜 Rachi (1)
ורבנן אמרי לך אי לערבינהו קבעי לא ליכתוב לא וי"ו ולא את:
Et les Sages te disent. S'Il voulait les relier, qu'Il n'écrive ni vav ni et.
💡 Explication

Rabbi Shimon lit ve-et : le vav est une conjonction, il rattache l'asham au homesh. Les Sages répondent : pour relier, le verset se poursuivrait sans vav et sans et.

11
ורבי שמעון בן יוחאי אמר לך: ״את״ לא סגיא דלא כתב – לאפסוקי בין ממון גבוה לממון הדיוט; הלכך אתא ויו ערביה קרא.

Et Rabbi Shimon ben Yohai te dit : le mot et, on ne peut se passer de l'écrire, afin de séparer le bien du Ciel et le bien du particulier. Dès lors, le vav vient et relie le verset.

📜 Rachi (2)
לאפסוקי בין ממון גבוה אשם:
Pour séparer d'avec le bien du Ciel : l'acham.
לממון הדיוט חומש דלאו אורח ארעא לערובינהו להדיא:
D'avec le bien du particulier : le homesh. Les mêler en clair sort de l'usage (orah ar'a).
💡 Explication

Mamon gavoah : l'asham, offrande qui monte. Mamon hedyot : le homesh, argent versé au particulier. Le mot et garde les deux à part. Une fois et nécessaire, le vav reste disponible pour relier les clauses. L'asham suit alors le homesh : là où il y a kefel, les deux tombent.

12
אמר רבי אילעא: גנב טלה ונעשה איל, עגל ונעשה שור – נעשה שינוי בידו, וקנאו. טבח ומכר – שלו הוא טובח, שלו הוא מוכר.

Rabbi Ila dit : s'il a volé un agneau et qu'il est devenu bélier, un veau et qu'il est devenu bœuf, un shinui (changement) s'est fait dans sa main, et il l'a acquis. S'il abat ou s'il vend : c'est le sien qu'il abat, c'est le sien qu'il vend.

📜 Rachi (1)
נעשה שינוי בידו וקנאו בשינוי להא מילתא דאם טבח ומכר שלו הוא טובח וכו' ופטור מד' וה' אבל קרן וכפל משלם קרן כי השתא וכפל כעין שגנב או כשעת העמדה בדין:
Un changement s'est fait dans sa main et il l'a acquis. Par le shinui, pour ce point : s'il abat ou s'il vend, c'est le sien qu'il abat, etc., et il est exempt des quatre et des cinq. Mais le keren et le kefel, il les paie : le keren selon la valeur actuèlle, et le kefel selon l'état du vol, ou selon l'heure de la comparution en jugement.
💡 Explication

Nouveau cas. La bête grandit chez le ganav : tale (agneau) puis ayil (bélier), egel (veau) puis shor (bœuf). Pour Rabbi Ila, ce shinui lui fait acquérir l'animal. L'abattage et la vente portent alors sur son bien : pas de paiement de quatre et cinq. Rachi maintient le keren et le kefel.

🖼️ Schéma
Rabbi Ila : la croissance acquiert Tale / egel au moment du vol Ayil / shor shinui, il acquiert Tabah ou makhar le sien : pas de 4 ni 5 Rachi : l'exemption vise les quatre et cinq. Keren : valeur d'aujourd'hui. Kefel : au vol, ou à l'heure du jugement.
Agneau ou veau au vol, bélier ou bœuf ensuite : Rabbi Ila exempte des quatre et cinq.
13
איתיביה רבי חנינא לרבי אילעא: גנב טלה ונעשה איל, עגל ונעשה שור – משלם תשלומי כפל ותשלומי ארבעה וחמשה, כעין שגנב. ואי סלקא דעתך קנייה בשינוי, אמאי משלם? שלו הוא טובח, שלו הוא מוכר!

Rabbi Hanina objecta à Rabbi Ila : s'il a volé un agneau et qu'il est devenu bélier, un veau et qu'il est devenu bœuf, il paie les paiements du kefel et les paiements de quatre et de cinq, selon l'état du vol. Et si tu penses qu'il l'a acquis par le shinui, pourquoi paie-t-il ?

C'est le sien qu'il abat, c'est le sien qu'il vend !

📜 Rachi (1)
כעין שגנב לקמן אותבינן לרב מהא דאמר תשלומי כפל ד' וה' כשעת העמדה בדין ולרבה דאמר תברה או שתייה משלם ד' [כדהשתא] ליכא לאותובי דיכול לשנויי דהך מתניתא כפל ד' וה' דוקא נקט אבל קרן היכא דאשכח כי השתא משלם:
Selon l'état du vol. Plus loin, on objecte à Rav à partir de ce qui dit : les paiements du kefel, de quatre et de cinq, selon l'heure de la comparution en jugement. Et pour Rabba, qui dit : s'il l'a brisé ou s'il l'a bu, il paie quatre selon la valeur actuèlle, on ne peut pas objecter. Il peut répondre que cette baraïta a visé précisément le kefel, les quatre et les cinq ; mais le keren, là où on le trouve selon la valeur actuèlle, il le paie selon cette valeur.
🗂️ Tossefot (1)
ואי אמרת שינוי קונה פירוש כי . האי דטלה ונעשה איל אבל הא פשיטא דשינוי קני כדאמר בסמוך דשינוי קונה לבע"ה:
Et si tu dis que le shinui acquiert. Explication : comme ce cas-ci, un agneau devenu bélier. Mais ceci est évident : le shinui acquiert, comme on le dit juste après, que le shinui acquiert selon Beit Hillel.
💡 Explication

La baraïta paie encore les quatre et cinq, et elle les fixe ke-ein she-ganav. Si le shinui avait fait acquérir, l'abattage et la vente seraient les siens. Tossefot limite la question à cette croissance. Le shinui ordinaire, celui de Beit Hillel plus loin, acquiert.

14
אמר ליה: ואלא מאי, שינוי לא קני? אמאי משלם כעין שגנב? לשלם כי השתא!

Il lui dit : et sinon, quoi ? Le shinui n'acquérrait pas ?

Pourquoi paie-t-il selon l'état du vol ? Qu'il paie selon la valeur actuèlle !

💡 Explication

Rabbi Ila retourne la baraïta. Si l'animal est resté au propriétaire, le paiement de quatre et cinq devrait suivre le bélier ou le bœuf d'aujourd'hui, ki hashta. La baraïta dit pourtant : comme au vol.

15
אמר ליה: כי השתא היינו טעמא דלא משלם – משום דאמר ליה: ״תורא גנבי ממך?״ ״דיכרא גנבי ממך?״ אמר ליה: רחמנא ניצלן מהאי דעתא! אמר ליה: אדרבה, רחמנא ניצלן מדעתא דידך!

Il lui dit : selon la valeur actuèlle, voici la raison pour laquelle il ne paie pas ainsi. C'est qu'il lui dit : ai-je volé de toi un bœuf ?

Ai-je volé de toi un bélier ? Il lui dit : que le Miséricordieux nous préserve de cette opinion !

Il lui dit : au contraire, que le Miséricordieux nous préserve de ton opinion !

📜 Rachi (1)
תורא גנבי מינך בתמיה:
Ai-je volé de toi un bœuf ? Sur le ton de l'étonnement.
💡 Explication

Rabbi Hanina : le ganav répond au propriétaire. Il a pris un veau ou un agneau. Il ne doit pas le prix du bœuf ou du bélier. Le paiement reste ke-ein she-ganav, et le shinui n'a pas acquis. Les deux s'écartent l'un de l'autre par la formule Rachmana nitzlan.

16
מתקיף לה רבי זירא: וניקנינהו בשינוי השם!

Rabbi Zeira attaque cela : et qu'il les acquière par le shinui ha-shem (changement de nom) !

📜 Rachi (1)
ונקנינהו בשינוי השם נהי דשבח דגופיה לא הוי שינוי דממילא קשבח ואזל ומיהו בשמא ודאי אישתני:
Et qu'il les acquière par le changement de nom. Soit : l'amélioration du corps n'est pas un shinui, car d'elle-même elle s'améliore et poursuit sa croissance. Mais pour le nom, il a certes changé.
💡 Explication

Même si la croissance naturelle ne compte pas comme shinui du corps, le nom a changé : agneau puis bélier, veau puis bœuf. Un shinui ha-shem suffit, ailleurs, à faire acquérir au ganav.

17
אמר רבא: שור בן יומו קרוי ״שור״, איל בן יומו קרוי ״איל״. שור בן יומו קרוי ״שור״ – דכתיב: ״שור או כשב או עז כי יולד״.

Rava dit : un bœuf d'un jour s'appelle bœuf, un bélier d'un jour s'appelle bélier. Un bœuf d'un jour s'appelle bœuf, car il est écrit : shor o khesev o ez ki yivaled (un bœuf, ou un agneau, ou un chèvreau, quand il naîtra).

🗂️ Tossefot (1)
איל בן יומו קרוי איל מיהו ודאי לענין קרבן אמרינן דאיל בן שתי שנים מדכתיב במקום אחר כבש בן שנתו (ויקרא יב):
Un bélier d'un jour s'appelle bélier. Toutefois, certes, pour le korban (offrande) nous disons qu'un bélier a deux ans, puisqu'il est écrit ailleurs : keves ben shenato (un agneau de son année), Vayikra 12.
💡 Explication

Rava ferme le shinui ha-shem. Dès la naissance, le verset (Vayikra 22, 27) appelle l'animal shor. Le passage du veau au bœuf ne change pas le nom. Tossefot réserve le sens sacrificiel : pour l'autel, l'ayil est l'animal de deux ans, et l'animal de l'année s'appelle keves.

18
איל בן יומו קרוי ״איל״ – דכתיב: ״ואילי צאנך לא אכלתי״ – אילים הוא דלא אכל, כבשים אכל?! אלא לאו שמע מינה איל בן יומו ״קרוי״ איל?

Un bélier d'un jour s'appelle bélier, car il est écrit : ve-eilei tzonkha lo akhalti (et les béliers de ton troupeau, je n'en ai pas mangé). Des béliers, il n'en a pas mangé, et des agneaux, il en aurait mangé ?!

Plutôt, n'en apprend-on pas que le bélier d'un jour s'appelle bélier ?

💡 Explication

Yaakov à Lavan, Bereshit 31, 38. Si eilim ne visait que les mâles adultes, Yaakov avouerait avoir mangé les agneaux du troupeau. Le verset couvre donc aussi le petit d'un jour : le nom ayil lui appartient déjà.

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מכל מקום קשיא! אמר רב ששת: הא מני – בית שמאי היא, דאמרי: שינוי במקומו עומד(ת), ולא קני.

De toute façon, il y a difficulté ! Rav Sheshet dit : ceci est l'opinion de qui ?

C'est Beit Shammaï, qui disent : un shinui reste en place, et il n'acquiert pas.

📜 Rachi (2)
מ"מ קשיא לר' אילעא:
De toute façon, il y a difficulté. Pour Rabbi Ila.
שינוי במקומו עומד אע"ג דאישתני לא נפיק מרשות בעלים:
Un changement reste en place. Même s'il a changé, il ne sort pas du domaine des propriétaires.
🗂️ Tossefot (1)
הא מני בית שמאי היא האי שנויא ליתא לרבא דאית ליה בריש הגוזל קמא (לקמן בבא קמא דף צד.) דוקא לגבוה אסרי ב"ש משום דאמאיס וא"ת היכי מדמה ליה דמה ענין אתנן אצל שינוי וי"ל דקסבר דאי שינוי קונה א"כ ראוי הוא להתיר שינוי באתנן דחשיב כאחר ואין זה אותו שבא לידה בתורת אתנן וממאיס נמי לא מאיס:
Ceci est l'opinion de qui ? C'est Beit Shammaï. Rava ne retient pas cette réponse, car il tient, au début de HaGozel Kama (plus loin, Bava Kamma 94a), que Beit Shammaï interdisent seulement pour le Ciel, parce que c'est repoussant. Et si tu dis : comment le compare-t-il, quel rapport entre l'etnan et le shinui ? On peut répondre : il tient que si le shinui acquiert, il convient alors de permettre le changement de l'etnan, car il compte comme un autre, distinct de celui qui est entré dans sa main au titre d'etnan ; et le dégoût, lui aussi, a cessé.
💡 Explication

La baraïta de Rabbi Hanina reste difficile pour Rabbi Ila : elle fait payer quatre et cinq après la croissance. Rav Sheshet la donne à Beit Shammaï. Chez eux, shinui bi-mekomo omed : l'objet changé reste au propriétaire, le ganav n'acquiert pas.

Tossefot : Rava, plus loin, limite Beit Shammaï à l'offrande, à cause du mi'us (dégoût). Le parallèle avec l'etnan vient ensuite. Si le shinui faisait de la farine une chose neuve, l'interdit de l'etnan tomberait.

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דתניא: נתן לה באתננה חיטין ועשאן סולת, זיתים ועשאן שמן, ענבים ועשאן יין; תני חדא אסור, ותני חדא מותר. ואמר רב יוסף, תני גוריון דמאספורק: בית שמאי אוסרין, ובית הלל מתירין.

Car on a enseigné : s'il lui a donné pour son etnan (salaire) du blé et qu'elle en a fait de la farine, des olives et qu'elle en a fait de l'huile, des raisins et qu'elle en a fait du vin, l'une enseigne : interdit, et l'autre enseigne : permis. Et Rav Yossef dit : Gouryon d'Asporak enseigne : Beit Shammaï interdisent, et Beit Hillel permettent.

📜 Rachi (1)
תני חדא אסור לקרבן:
L'une enseigne : interdit. Pour un korban (offrande).
💡 Explication

Etnan zona (Devarim 23, 19) : on n'apporte pas au Temple le salaire d'une prostituée. Deux baraïtot se contredisent dès que la matière a changé. Rav Yossef, au nom de Gouryon d'Asporak, les range : Beit Shammaï interdisent le produit changé, Beit Hillel le permettent.

🖼️ Schéma
Etnan transformé : deux baraïtot, une mahloqet Hitin, zeitim, anavim blé, olives, raisins donnés en etnan Solet, shemen, yayin farine, huile, vin après shinui Gouryon d'Asporak Beit Shammaï : interdit Beit Hillel : permis Beit Shammaï : gam inclut les formes changées Beit Hillel : hem eux, et non leurs changements
Blé, olives, raisins devenus farine, huile, vin : Beit Shammaï interdit, Beit Hillel permet.
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מאי טעמא דבית שמאי? דכתיב: ״גם״ – לרבות שינוייהם. ובית הלל – ״הם״ ולא שינוייהם.

Quelle est la raison de Beit Shammaï ? Car il est écrit : gam (aussi), pour inclure leurs changements.

Et Beit Hillel : hem (eux), et non leurs changements.

🗂️ Tossefot (1)
הן ולא שינוייהם תימה דבסמוך נפקא ליה לרבה דשינוי קונה מקרא אחרינא דכתיב אשר גזל כעין שגזל יחזיר ועוד קשה דרב חסדא קאמר דשינוי אין קונה דדריש אשר גזל מ"מ ובהגוזל קמא (צד:) קאמר רבי יוחנן דבר תורה גזילה המשתנית חוזרת בעיניה מדכתיב והשיב את הגזילה מ"מ וכי פליגי אבית הלל ונרא' לר"י דלקמן מיירי בשינוי החוזר לברייתו ואהכי מייתי בריש הגוזל קמא מלתיה דר' יוחנן ורבה דבסמוך סבר דאפי' שינוי החוזר לברייתו נמי קני וצריכי תרי קראי דאי לאו אלא חד קרא הוה מוקמינן ליה בשינוי שאין חוזר והא דמייתי רבה סיוע לדבריו ממתניתין דהגוזל עצים (לקמן בבא קמא ד' צג:) משום דמיירי בשינוי חוזר לברייתו כדמוקי לי' התם בריש פרקין (שם) בעצים משופים וצמר טווי וההיא דלא הספיק ליתן לו עד שצבעו נראה לרבה דאיירי נמי בשינוי החוזר שיכול להעבירו ע"י צפון כדאמר בריש הגוזל (שם) ואע"פ דלר' יוחנן מיירי בשינוי שאינו חוזר ומוקי לה בקלא אילן דלא עבר לה לרבה נראה לו דוחק להעמידה בקלא אילן (דלא עבר) ולהכי מייתי מיניה סייעתא:
Eux, et non leurs changements. C'est étonnant : juste après, Rabba tire que le shinui acquiert d'un autre verset, car il est écrit acher gazal (ce qu'il a volé) : il le rend selon l'état du vol. Et autre difficulté : Rav Hisda dit que le shinui n'acquiert pas, car il lit acher gazal en tout cas. Et dans HaGozel Kama (94b), Rabbi Yo'hanan dit : de par la Torah, un objet volé qui a changé revient en nature, car il est écrit ve-heshiv et ha-gezeila (il restituera l'objet volé), en tout cas. Et contestent-ils Beit Hillel ? Il paraît au Ri que plus loin il s'agit d'un shinui qui revient à sa forme première. C'est pour cela qu'on rapporte, au début de HaGozel Kama, la parole de Rabbi Yo'hanan. Et Rabba, juste après, tient que même un changement qui revient à sa forme première acquiert aussi. Et il faut deux versets : s'il n'y en avait qu'un, on l'établirait sur un changement qui ne revient pas. Et ce que Rabba apporte en appui, de la michna de celui qui vole du bois (plus loin, Bava Kamma 93b), c'est parce qu'elle traite d'un changement qui revient à sa forme première, comme il l'établit là-bas au début du chapitre, sur des bois rabotés et de la laine filée. Et le cas où il n'a pas eu le temps de le lui donner avant qu'il l'ait teint : il paraît à Rabba qu'il s'agit aussi d'un changement réversible, qu'on peut retirer au moyen de savon (tzafon), comme il est dit au début de HaGozel. Et bien que, pour Rabbi Yo'hanan, il s'agisse d'un changement qui ne revient pas, et qu'il l'établisse sur du kala ilan (teinture qui ne part pas) : pour Rabba, l'établir sur du kala ilan, qui ne part pas, paraît forcé. C'est pour cela qu'il en tire un appui.
💡 Explication

Devarim 23, 19 : gam shneihem. Gam élargit l'interdit aux produits changés : c'est Beit Shammaï. Hem le resserre sur les choses elles-mêmes : c'est Beit Hillel. Le shinui lève l'interdit de l'etnan.

Tossefot confronte cette lecture à Rabba, Rav Hisda et Rabbi Yo'hanan sur acher gazal et ve-heshiv et ha-gezeila. Le Ri partage : plus loin, le débat porte sur le shinui ha-hozer li-vriyato, le changement réversible. Rabba le fait acquérir aussi. Un seul verset aurait été réservé au changement irréversible. La teinture effaçable par le tzafon sert d'appui à Rabba ; Rabbi Yo'hanan la lit comme kala ilan, qui ne part pas.

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ובית שמאי – ההוא

Et Beit Shammaï : celui-là.

💡 Explication

L'amoud s'arrête sur la réplique de Beit Shammaï au mot hem. La phrase continue au daf suivant.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).