Bava Kamma 73a - Ed zomem : perte des acquéreurs, témoignage en une fois

Bava_Kamma 73a

Sougya : L'amoud ouvre sur la seconde version de Rava. En droit, l'ed zomem est passoul le-mafre'a, comme Abaye.

Rava ne remonte pas, à cause du pesida de-lekuhot, la perte des acquéreurs qui ont reçu un acte entre-temps. La différence avec la version du hiddoush apparaît quand la hazama sépare les deux témoins, ou quand on les disqualifie comme gazlanim.

Rav Ashi fixe la halakha comme Abaye, dans le signe Yael Kagam. La michna du voleur abattu et vendu sur les mêmes témoins devenus zomemim se lit alors ainsi : les deux témoignages ont été donnés en une fois.

Une baraïta de Rabbi Yosse, sur le témoignage annulé en partie, est rapprochée du débat, puis le débat passe au tokh kedei dibbour. L'amoud s'arrête sur les mots des Sages.

Deux versions de Rava : depuis quand l'ed zomem est passoul Suite de 72b. En droit, Rava rejoint Abaye. Il ne remonte pas, pour une autre raison. Version du hiddoush L'ed zomem est une nouveauté. Deux contre deux : pourquoi ceux-ci ? On prend le hiddoush depuis son heure seulement. Passoul depuis la hazama. Version du pesida de-lekuhot En droit : passoul le-mafre'a. Comme Abaye, dès le témoignage. Entre-temps, des actes sont signés. Les acquéreurs perdraient. On ne disqualifie pas en arrière. Mai beineihu : où les deux versions se séparent Deux sur l'un, deux sur l'autre Hazama séparée : immanou hayitem. Hiddoush : absent. Psoul le-mafre'a. Pesida : présente. On ne remonte pas. Psoul par gazlanouta Deux disent : ce sont des gazlanim. Autre chose. Pas de hiddoush. La perte des acquéreurs, elle, reste. Hiddoush absent : la version 1 disqualifie depuis le témoignage. Pesida présente : la version 2 laisse l'entre-temps valide. Rav Papa a jugé comme Rava. Rav Ashi : la halakha suit Abaye, signe Yael Kagam.
Deux versions de Rava. Le hiddoush limite le psoul à la hazama. Le pesida de-lekuhot protège les acquéreurs. Hazama séparée, ou psoul de gazlan : le hiddoush manque, la perte reste.
Michna du voleur : pourquoi paient-ils l'abattage ? Mêmes témoins : vol, abattage, vente. Ils sont zomemim. Ils paient tout. 1. Vol Ils témoignent du vol. Heure du psoul 2. Abattage Ils reviennent témoigner. 3. Hazama du vol Le-mafre'a : déjà passoul en 2. 4. Hazama de l'abattage Pourquoi payer, si l'edout était nulle ? Réponse essayée, puis écartée Hazama de l'abattage d'abord. Dès la hazama du vol, le même défaut reparaît : ils étaient passoul en 2. Lecture retenue : les deux témoignages en une fois Vol et abattage dans un tokh kedei dibbour. Ils peuvent encore se rétracter sur le vol. À l'heure de l'abattage, ils sont encore kasher. Le psoul le-mafre'a ne les prend pas là. Rachi : on ne lit pas une hazama en une fois. La hazama peut venir en deux temps. Il faut qu'elle porte d'abord sur l'abattage. Ainsi la michna tient avec Abaye : ils paient aussi l'abattage.
Michna : vol puis abattage, hazama du vol puis de l'abattage. Selon Abaye, ils étaient déjà passoul à l'abattage. Inverser la hazama ne suffit pas. Lecture retenue : les deux témoignages en une fois.
Baraïta : témoignage annulé en partie Mêmes deux témoins pour le vol et pour l'abattage. Hazama Tanna anonyme Rabbi Yosse Sur le vol La partie tombe, donc tout tombe. Ils paient le double. Lui est exempt. Même issue, dans les deux lectures. Sur l'abattage Le vol n'est pas atteint. Lui : le double. Eux : les trois. Rachi : pas sur le vol. Deux témoignages : le vol tient. Un seul : tout tombe. Lecture écartée Deux témoignages = deux katot. Un seul = une kat, un jour puis l'autre. Hazama du lundi : le vol du dimanche tomberait. D'où cela viendrait-il ? Lecture retenue Deux = une kat, en deux temps. Un seul = les deux phrases d'un coup. Dans le tokh kedei dibbour, la hazama du second jour atteint toute l'heure. Hypothèse : tous tiennent que le tokh kedei dibbour compte comme une parole. Alors tous tiendraient le psoul le-mafre'a. Le débat porte sur ce principe. L'amoud s'arrête sur les mots des Sages.
Baraïta. Hazama sur le vol : tout tombe. Hazama sur l'abattage : le voleur paie le double, les témoins les trois. Rabbi Yosse réserve cela à deux témoignages. La lecture retenue : une kat en deux temps, où les deux phrases d'un coup.
1
מִשּׁוּם פְּסֵידָא דְלָקוֹחוֹת.

À cause de la perte des acquéreurs.

📜 Rachi (1)
פְּסֵידָא דְלָקוֹחוֹת שֶׁחֲתָמוּהוּ עַל שְׁטַר מְכִירָה בֵּינְתַיִם:
Ils l'ont fait signer sur un acte de vente entre-temps.
🗂️ Tossefot (1)
מִשּׁוּם פְּסֵידָא דְלָקוֹחוֹת. י"מ דְּהָא דְּחָיְישִׁינַן לִפְסֵידָא דְּלָקוֹחוֹת הַייְנוּ דַּוְקָא הֵיכָא דְּאִיכָּא עֵדֵי מְסִירָה דְּיָדְעִי שֶׁהַשְּׁטָר אֱמֶת וְאֵין נִרְאֶה דְּא"כ אִיכָּא בֵינַייְהוּ טוּבָא הֵיכָא דְּאֵין עֵדִים אֶלָּא הַחֲתוּמִים עַל הַשְּׁטָר:
À cause de la perte des acquéreurs. Certains expliquent que notre crainte de la perte des acquéreurs vise seulement le cas où il y a des edei mesira (témoins de la remise) qui savent que l'acte est vrai. Et cela ne paraît pas. Car, s'il en était ainsi, il y aurait beaucoup entre eux, là où il n'y a de témoins que ceux qui sont signés sur l'acte.
💡 Explication

Suite immédiate de 72b. Certains disent que Rava pense comme Abaye : l'ed zomem est passoul le-mafre'a, depuis son témoignage. Sa raison, ici, est le pesida de-lekuhot, la perte des acquéreurs. Rachi : entre la première edout et la hazama, il a signé un acte de vente. Annuler cette signature en arrière ruine l'acheteur.

Tossefot écarte une limite. Certains ne craignent cette perte que s'il y a des edei mesira, qui savent l'acte vrai. Sans eux, les deux versions de Rava se sépareraient dans une foule de cas : l'acte n'a pour témoins que ses signataires. La Guemara ne pose pas cette foule de différences. La crainte vaut donc aussi pour ces actes.

2
מַאי בֵינַייְהוּ? דְּאַסְהִידוּ בֵּיהּ תְּרֵי לְחַד, וּתְרֵי לְחַד. אִי נָמֵי דְּפַסְלִינְהוּ בְּגַזְלָנוּתָא.

Quelle est la différence entre eux ? Deux ont témoigné sur l'un, et deux sur l'autre.

Ou encore, ils les ont disqualifiés par la gazlanouta.

📜 Rachi (3)
מַאי בֵינַיְיהוּ בֵּין הָנֵי תַּרְתֵּי לִישָּׁנָא דְּרָבָא:
Entre ces deux versions de Rava.
תְּרֵי לְחַד עִמָּנוּ הֱיִיתֶם וּתְרֵי אַחֲרֵינִי לְחַד דְּלֵיכָּא חִידּוּשָׁא:
Vous étiez avec nous, et deux autres sur l'autre : il n'y a pas de hiddoush.
בְּגַזְלָנוּתָא שֶׁלֹּא הֱזִימּוּהוּ אֶלָּא הֵעִידוּ שְׁנַיִם עַל אֵלּוּ שֶׁהֵן גַּזְלָנִין וְהָכָא לֵיכָּא לְמֵימַר סְמֹוךְ אַהָנֵי דְּהָא מִילְּתָא אַחֲרִיתָא הִיא:
Ils ne l'ont pas rendu zomem. Deux ont témoigné sur ceux-ci, qu'ils sont des gazlanim. Et ici, on ne peut pas dire : appuie-toi sur ceux-ci. Car c'est une autre chose.
🗂️ Tossefot (2)
דְּאַסְהִידוּ בֵּיהּ תְּרֵי בְּחַד וּתְרֵי בְּחַד מַשְׁמַע לְפִי שֶׁיֵּשׁ שְׁנֵי מְזִימִּים עַל כָּל אֶחָד וְאֶחָד לֹא הָוֵי חִידּוּשׁ וְתֵימַהּ מַה בְּכָךְ הֲרֵי תְּרֵי כְּמֵאָה הָווּ וְנִרְאֶה לְפָרֵשׁ דְּאַסְהִידוּ בֵּיהּ תְּרֵי בְּחַד כְּגוֹן שֶׁאֵין הַנִּיזּוֹמִין מְסַיֵּיעַ אֶחָד לַחֲבֵירוֹ שֶׁאֵין הָאֶחָד יוֹדֵעַ כְּלוּם בְּעֵדוּתוֹ שֶׁל חֲבֵירוֹ שֶׁרָאָה אֶחָד מֵחַלּוֹן זֶה וְאֶחָד מֵחַלּוֹן זֶה אוֹ בְּהוֹדָאָה אַחַר הוֹדָאָה וְאֵלּוּ שְׁנַיִם מְזִימִּים אֶת שְׁנֵיהֶם שֶׁכָּךְ שָׁוִים אֵלּוּ כְּמוֹ אֲחֵרִים וְלָא נְקַט הַאי לִישָּׁנָא אֶלָּא מִשּׁוּם דְּמִשְׁתְּמַע מִינֵּיהּ שֶׁאֵין הַמּוּזַמִּין מְסַיְּיעִין. זֶה אֶת זֶה:
On comprend que, puisqu'il y a deux qui rendent zomem chacun d'eux, cela ne fait pas un hiddoush. Et c'est étonnant : qu'est-ce que cela change ? Deux valent cent. Il paraît juste d'expliquer ainsi : deux ont témoigné sur un : les nizoumin ne s'aident pas l'un l'autre. L'un ne sait rien du témoignage de son compagnon. L'un a vu depuis cette fenêtre, l'autre depuis cette fenêtre, ou bien un aveu après un aveu. Et ces deux rendent les deux zomemim, car ceux-ci valent autant que d'autres. Il n'emploie cette formulation que parce qu'on en entend que les mouzmin ne s'aident pas l'un l'autre.
אִי נָמֵי דְּפַסְלִינְהוּ בְּגַזְלָנוּתָא וְהָא דְּאָמְרִי' בְּפֶרֶק זֶה בּוֹרֵר (סַנְהֶדְרִין דַּף כו:) דְּהַהִיא מַתָּנָה דְּהָווּ חֲתִים עָלֶיהָ תְּרֵי גַּזְלָנִין סְבַר רַב פָּפָּא בַּר שְׁמוּאֵל לְאַכְשׁוֹרֵיהּ מִשּׁוּם דְּהָא לָא אַכְרֵיזְנָא עֲלַייְהוּ וּמַסִּיק דְּגַזְלָן דְּאוֹרָייְתָא לָא בָּעֵי הַכְרָזָה וְלָא חָייְשִׁינַן לִפְסֵידָא דִּמְקַבֵּל מַתָּנָה אע"ג דִּפְסֵידָא דְּלָקוֹחוֹת לָאו דַּוְקָא דְּה"ה דְּיֵשׁ לָחוּשׁ לִפְסֵידָא דִּמְקַבֵּל מַתָּנָה מ"מ פָּסְלִינַן לְהַהִיא מַתָּנָה דְּמַיְירֵי שֶׁכְּבָר הֵעִידוּ עֲלֵיהֶן בב"ד קֹודֶם שֶׁחָתְמוּ בַּשְּׁטָר מַתָּנָה אוֹ לֹא נִרְאֵית הַהִיא שְׁטַר מַתָּנָה עַד אַחַר שֶׁנּוֹדַע פְּסוּלָן בב"ד ואע"ג דִּזְמַנָּהּ קֹודֶם יֵשׁ לָחוּשׁ שֶׁמָּא הִקְדִּימוֹ כִּדְפָרֵישִׁית לְעֵיל. וּמִיהוּ הַהוּא עֻובְדָּא דְּפֶרֶק זֶה בּוֹרֵר (סַנְהֶדְרִין דַּף כז.) דְּחַד אָמַר קַמַּאי דִּידִי גְּנַב כו' לְדִינֵי נְפָשׁוֹת פְּשִׁיטָא שֶׁיֵּשׁ לְפָוסְלוֹ לְמַפְרֵעַ וְהָוֵי מָצֵי לְמֵימַר אִיכָּא בֵינַייְהוּ לְעִנְיַן דִּינֵי נְפָשׁוֹת אוֹ לֶאֱסֹור אִשָּׁה לְבַעְלָהּ וּלְעִנְיַן גִּיטִּין וְקִדּוּשִׁין וְעֵדוּת הַחֹדֶשׁ דִּלְטַעְמָא דְּחִידּוּשׁ אֵין לְפָוסְלָן לְמַפְרֵעַ וּלְטַעְמָא דִּפְסֵידָא דְּלָקוֹחוֹת פּוֹסְלִין לְמַפְרֵעַ לְכָל אֵלּוּ אֶלָּא דִּדְחִיק לְאַשְׁכּוֹחֵי דְּאִיכָּא בֵּינַיְיהוּ לְעִנְיַן מָמוֹן:
Ou encore, ils les ont disqualifiés par la gazlanouta. Et ce que nous disons dans le chapitre Zeh Borer (Sanhédrin 26b) : cette donation sur laquelle deux gazlanim étaient signés, Rav Papa bar Chmouel pensait la valider, parce qu'on n'avait pas fait de hakhraza (proclamation) à leur sujet. On conclut qu'un gazlan de-oraïta n'a pas besoin de hakhraza, et que nous ne craignons pas la perte de celui qui reçoit la donation. Même si la perte des acquéreurs n'est pas à prendre au sens strict, car il y a lieu de craindre de même la perte de celui qui reçoit une donation, nous invalidons tout de même cette donation. Le cas est qu'on avait déjà témoigné contre eux au beit din avant qu'ils signent l'acte de donation, ou que cet acte de donation n'a été vu qu'après que leur psoul a été connu au beit din. Et même si sa date est antérieure, il y a lieu de craindre qu'ils l'aient avancée, comme je l'ai expliqué plus haut. Toutefois, ce fait du chapitre Zeh Borer (Sanhédrin 27a), où l'un a dit : celui qui est avant moi a volé, etc., pour les dine nefachot (affaires capitales), il est évident qu'il faut le disqualifier rétroactivement. Et l'on aurait pu dire que la différence entre eux porte sur les affaires capitales, ou pour interdire une femme à son mari, et sur les guittin, les kiddoushin et le témoignage de la lune nouvelle. Selon la raison du hiddoush, on ne les disqualifie pas rétroactivement. Selon la raison de la perte des acquéreurs, on les disqualifie rétroactivement pour tous ceux-là. Seulement, on se contraint à trouver une différence qui porte sur l'argent.
💡 Explication

Mai beineihu : ce qui sépare les deux versions de Rava. Premier cas, Rachi : deux disent à l'un immanou hayitem (vous étiez avec nous), et deux autres le disent à l'autre. Le hiddoush de la hazama, deux contre deux sur la même edout, est absent. Second cas : on ne les rend pas zomemim. Deux témoignent qu'ils sont des gazlanim. On ne peut pas dire appuie-toi sur ceux-ci : le second témoignage porte sur une autre chose.

Tossefot trouve étrange la première lecture. Trei ke-me'a : deux témoins valent cent. Il relit le cas. Les nizoumin ne s'aident pas : fenêtres différentes, ou aveu après aveu. La formule dit cela, et deux suffisent à rendre les deux zomemim.

Sur la gazlanouta, Tossefot rapproche Sanhédrin. Un gazlan de-oraïta est passoul sans hakhraza. La donation signée par deux gazlanim tombe, même si la perte du donataire ressemble à celle des acquéreurs : ou bien le psoul était déjà dit au beit din avant la signature, ou bien l'acte n'a été vu qu'après, et l'on craint une date avancée. Il note aussi des différences plus simples, hors de l'argent : peines capitales, femme interdite à son mari, guettin, kiddoushin, lune nouvelle. Le hiddoush laisse tout cela debout. Le pesida, qui ne protège que l'argent, les fait tomber en arrière. La Guemara cherche quand même une différence d'argent.

3
לְהָךְ לִישָּׁנָא דְּאָמְרַתְּ מִשּׁוּם חִידּוּשׁ – לֵיכָּא. לְהָךְ לִישָּׁנָא דְּאָמְרַתְּ מִשּׁוּם פְּסֵידָא דְלָקוֹחוֹת – אִיכָּא.

Selon cette version où tu as dit : à cause du hiddoush, il n'y en a pas. Selon cette version où tu as dit : à cause de la perte des acquéreurs, il y en a.

💡 Explication

Les deux cas du segment précédent se lisent ainsi. Version du hiddoush : la nouveauté est absente, donc le psoul remonte, le-mafre'a. Version du pesida de-lekuhot : la perte des acquéreurs est là, donc Rava ne disqualifie pas en arrière.

4
אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה מִדִּפְתִּי: עֲבַד רַב פָּפָּא עוֹבָדָא כְּוָותֵיהּ דְּרָבָא. רַב אַשִּׁי אָמַר: הִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ דְּאַבַּיֵּי. וְהִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ דְּאַבַּיֵּי ביע״ל קג״ם.

Rabbi Yirmeya de Difti a dit : Rav Papa a tranché un cas selon Rava. Rav Ashi a dit : la halakha suit Abaye.

Et la halakha suit Abaye dans Yael Kagam.

📜 Rachi (1)
יַעַ"ל קַגַ"ם סִימָנֵי שְׁמוּעוֹת הֵן וְזוֹ אֶחָד מֵהֶן עֵד זוֹמֵם:
Ce sont des signes de traditions, et celle-ci est l'une d'elles : le témoin zomem.
💡 Explication

Rav Papa a jugé comme Rava : l'ed zomem est passoul depuis la hazama. Rav Ashi fixe la halakha comme Abaye : le psoul est le-mafre'a. La règle générale reste Rava, sauf six cas, signes Yael Kagam.

Rachi : ce sont des simanim de shemouot, et notre cas est l'ed zomem. Le signe se lit : yeouch chelo mi-daat, renoncement sans le savoir ; ed zomem ; lehi qui se tient de lui-même ; kiddoushin qui ne sont pas livrés à la bia ; guilouy daat dans le guet ; moumar qui transgresse pour provoquer.

🖼️ Schéma
Yael Kagam : six cas où la halakha suit Abaye Partout ailleurs, Rava. Rachi : ce daf est le ayin, l'ed zomem. Youd - yeouch Renoncement sans le savoir Ayin - ed zomem Psoul le-mafre'a. Ce daf. Lamed - lehi Poteau debout de lui-même Kouf - kiddoushin Non livrés à la bia Guimel - guilouy daat Intention dite dans le guet Mem - moumar Il transgresse pour provoquer Rav Papa a tranché comme Rava : passoul depuis la hazama. Rav Ashi : ici la halakha est celle d'Abaye.
Les six cas du signe. Le ayin est l'ed zomem de ce daf : la halakha suit Abaye, psoul le-mafre'a.
5
תְּנַן: גָּנַב עַל פִּי שְׁנַיִם, וְטָבַח וּמָכַר עַל פִּיהֶם, וְנִמְצְאוּ זוֹמְמִין – מְשַׁלְּמִין אֶת הַכֹּל.

Nous avons appris : il a volé sur la parole de deux, il a abattu et vendu sur leur parole, et ils ont été trouvés zomemim : ils paient le tout.

💡 Explication

La Guemara revient à la michna déjà vue en 72b. Mêmes deux témoins pour le vol, l'abattage et la vente. Rendus zomemim, ils paient tout : le kefel et le surplus des quatre ou des cinq. La question vise Abaye, puisque la halakha vient d'être dite comme lui.

6
מַאי, לָאו שֶׁהֵעִידוּ עַל הַגְּנֵיבָה, וְחָזְרוּ וְהֵעִידוּ עַל הַטְּבִיחָה, וְהֻוזַּמּוּ עַל הַגְּנֵיבָה וְחָזְרוּ וְהֻוזַּמּוּ עַל הַטְּבִיחָה?

Quoi, n'est-ce pas qu'ils ont témoigné sur le vol, qu'ils sont revenus témoigner sur l'abattage, qu'ils ont été rendus zomemim sur le vol, et qu'ils sont revenus être rendus zomemim sur l'abattage ?

🗂️ Tossefot (1)
וְהֻוזַּמּוּ עַל הַגְּנֵיבָה וְחָזְרוּ וְהֻוזַּמּוּ עַל הַטְּבִיחָה וא"ת אַפֵּי' לְמָאֵן דְּאָמַר מִכָּאן וּלְהַבָּא הוּא נִפְסָל תִּקְשֶׁה דְּמִכָּל מָקוֹם אִם אֵין גְּנֵיבָה אֵין טְבִיחָה וּמְכִירָה וּכְשֶׁחָזְרוּ וְהוּזְמוּ עַל הַטְּבִיחָה אַמַּאי מְשַׁלְּמִין וְי"ל מִשּׁוּם דְּקָסָבַר הַכְחָשָׁה תְּחִילַּת הֲזָמָה הִיא:
Et ils ont été rendus zomemim sur le vol, puis ils sont revenus et ont été rendus zomemim sur l'abattage. Et si tu dis : même selon celui qui dit qu'il est disqualifié à partir de maintenant et pour la suite, c'est difficile. Car de toute façon, s'il n'y a pas de vol, il n'y a pas d'abattage ni de vente. Et quand ils sont revenus et ont été rendus zomemim sur l'abattage, pourquoi paient-ils ? On répond : c'est qu'il tient que la contradiction est le début de la hazama.
💡 Explication

Lecture proposée de la michna, en quatre temps : edout du vol, edout de l'abattage, hazama du vol, hazama de l'abattage. C'est cette suite qui va heurter le psoul le-mafre'a.

Tossefot : la suite gêne aussi celui qui ne disqualifie que depuis la hazama, mi-kan u-le-haba. Une fois le vol tombe, il n'y a plus d'abattage ni de vente. La seconde hazama n'aurait plus rien à faire payer. Réponse : le questionneur tient que la hakh'hasha (contradiction) est le début de la hazama. La chute du vol contredit l'abattage, et cette contradiction ouvre le paiement que la hazama de l'abattage achève.

7
וְאִי סָלְקָא דַּעְתָּךְ לְמַפְרֵעַ הוּא נִפְסָל, הָנֵי – כֵּיוָן דְּאִיתַּזַּמוּ לְהוּ אַגְּנֵיבָה, אִיגַּלַּאי מִילְּתָא לְמַפְרֵעַ דְּכִי אַסְהִדוּ אַטְּבִיחָה – פְּסוּלִין הָווּ; אַמַּאי מְשַׁלְּמִין אַטְּבִיחָה?

Et si tu penses qu'il est disqualifié rétroactivement, ceux-ci, dès qu'ils ont été rendus zomemim sur le vol, la chose est révélée rétroactivement : quand ils ont témoigné sur l'abattage, ils étaient disqualifiés. Pourquoi paient-ils pour l'abattage ?

📜 Rachi (2)
פְּסוּלִין הָווּ וְאֵין עֵדוּתָן עֵדוּת:
Et leur témoignage n'est pas un témoignage.
אַמַּאי מְשַׁלְּמִי עַל הַטְּבִיחָה:
Paient-ils pour l'abattage.
💡 Explication

Difficulté contre Abaye. La hazama du vol révèle qu'à l'heure de l'edout de l'abattage ils étaient déjà passoulim. Rachi : cette edout n'est pas une edout. Le paiement de l'abattage, les quatre et les cinq, ne se pose plus.

8
אָמְרִי: הָכָא בְמַאי עָסְקִינַן – כְּגוֹן שֶׁהֻוזַּמּוּ עַל הַטְּבִיחָה תְּחִילָּה.

On dit : ici, de quoi s'agit-il ? Par exemple, ils ont été rendus zomemim d'abord sur l'abattage.

💡 Explication

Première réponse. L'ordre de la hazama est inverse : d'abord l'abattage, ensuite le vol. Au moment où ils témoignent de l'abattage, la hazama du vol n'a pas encore eu lieu.

9
אָמְרִי: סוֹף סוֹף, כִּי הָדְרִי מִיתַּזְּמִי אַגְּנֵיבָה, אִיגַּלַּאי מִילְּתָא דְּכִי אַסְהִדוּ אַטְּבִיחָה – פְּסוּלִין הָווּ; אַמַּאי מְשַׁלְּמִי אַטְּבִיחָה?

On dit : en fin de compte, quand ils reviennent et sont rendus zomemim sur le vol, la chose est révélée : quand ils ont témoigné sur l'abattage, ils étaient disqualifiés. Pourquoi paient-ils pour l'abattage ?

📜 Rachi (1)
כִּי הָדְרִי מִיתַּזְּמִי אַגְּנֵיבָה כְּשֶׁחוֹזְרִין וְנִיזּוֹמִין עַל הַגְּנֵיבָה אִיגַּלַּאי מִילְּתָא כו':
Quand ils reviennent et sont rendus zomemim sur le vol, la chose est révélée, etc.
💡 Explication

Sof sof : l'inversion ne suffit pas. Dès que la hazama du vol arrive, elle révèle le psoul dès l'heure du premier témoignage. L'edout de l'abattage, dite après, reste celle de témoins déjà passoul. La question demeure.

10
וְהִלְכְתָא: שֶׁהֵעִידוּ בְּבַת אַחַת, וְהוּזְמוּ.

Et la halakha : ils ont témoigné en une seule fois, et ils ont été rendus zomemim.

📜 Rachi (1)
ה"ג וְהִלְכְתָא שֶׁהֵעִידוּ בְּבַת אַחַת וְהֻוזַּמּוּ וְלָא גָּרְסִינַן וְהוּזְמוּ בְּבַת אַחַת דְּכֵיוָן דְּהֵעִידוּ בְּבַת אַחַת לֵיכָּא לְמֵימַר בִּשְׁעַת עֵדוּת טְבִיחָה פְּסוּלִין הָווּ וַאֲפִילּוּ אִי אָמְרִינַן לְמַפְרֵעַ נִפְסַל דְּהָא תּוֹךְ כְּדֵי דִיבּוּר הֲוָה וַהֲזָמָה לֹא אִיכְפַּת לַן אִי בְּבַת אַחַת אִי בְּזֶה אַחַר זֶה וּבִלְבַד שֶׁיִּזּוּמוֹ עַל הַטְּבִיחָה תְּחִילָּה:
Ainsi est la version : et la halakha, ils ont témoigné en une fois, et ils ont été rendus zomemim. Et nous ne lisons pas : et ils ont été rendus zomemim en une fois. Car, puisqu'ils ont témoigné en une fois, on ne peut pas dire qu'à l'heure du témoignage de l'abattage ils étaient disqualifiés, même si nous disons qu'il est disqualifié rétroactivement. Car c'était dans le temps d'une parole. Et pour la hazama, peu nous importe qu'elle soit en une fois ou l'une après l'autre, pourvu qu'ils soient rendus zomemim d'abord sur l'abattage.
🗂️ Tossefot (1)
שֶׁהֵעִידוּ בְּבַת אַחַת וְהֻוזַּמּוּ דְּכֵיוָן שֶׁהֵעִידוּ בְּבַת אַחַת לֵיכָּא לְמֵימַר בִּשְׁעַת עֵדוּת טְבִיחָה פְּסוּלִין הָיוּ אע"ג דִּלְמַפְרֵעַ הוּא נִפְסָל דְּכֵיוָן שֶׁהֵעִידוּ בְּבַת אַחַת כְּשֵׁרִים הָיוּ כְּשֶׁהֵעִידוּ עַל הַטְּבִיחָה כֵּיוָן שֶׁהָיוּ יְכוֹלִין לַחֲזֹור בָּהֶן עַל הָעֵדוּת שֶׁל גְּנֵיבָה דְּתוֹךְ כְּדֵי דִּיבּוּר הֲוָה וְעַל מַה שֶׁפֵּירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס דְּלָא גָּרְסִינַן וְהוּזְמוּ בְּבַת אַחַת דְּבַהֲזָמָה לֹא אִיכְפַּת לַן אִי בְּבַת אַחַת אִי בְּזֶה אַחַר זֶה הָיָה וּבִלְבַד שֶׁהֻוזַּמּוּ עַל הַטְּבִיחָה תְּחִילָּה וְקָשֶׁה לר"י דְּמַה מַרְוִיחַ בַּקְּוַנְט' בַּהֲזָמַת טְבִיחָה תְּחִילָּה דְּאִי מִשּׁוּם שֶׁאִם הוּזַמּוּ עַל הַגְּנֵיבָה תְּחִילָּה הָווּ מֻוכְחָשִׁים עַל. הַטְּבִיחָה וַאֲנַן אַלִּיבֵּיהּ דְּאַבַּיֵּי מַשְׁנִינַן דס"ל לְקַמָּן דְּהַכְחָשָׁה לָאו תְּחִילַּת הֲזָמָה הִיא א"כ גַּם כְּשֶׁהוּזְמוּ עַל הַטְּבִיחָה תְּחִילָּה הָווּ מֻוכְחָשִׁים עַל הַגְּנֵיבָה מֵאַחַר שֶׁהֵעִידוּ בְּבַת אַחַת וְתוֹךְ כְּדֵי דִיבּוּר כְּדִיבּוּר דָּמֵי כִּדְאָמַר בְּסָמוּךְ לְרַבִּי יוֹסֵי דְּכִי הֵעִידוּ בְּבַת אַחַת וְהוּזְמוּ עַל הַטְּבִיחָה בָּטְלָה כָּל הָעֵדוּת מִשּׁוּם דְּתוֹךְ כְּדֵי דִיבּוּר כְּדִיבּוּר דָּמֵי וְאִם בָּאנוּ לְיַישֵּׁב תֵּירוּץ זֶה לִסְבָרַת אַבַּיֵּי דִּלְקַמָּן דְּסָבַר הַכְחָשָׁה לָאו תְּחִילַּת הֲזָמָה הִיא צָרִיךְ לִגְרֹוס וְהוּזְמוּ בְּבַת אַחַת אֲבָל אֵין לָחוֹשׁ שֶׁאֵין הַגְּמָרָא חוֹשֵׁשׁ עַתָּה לְייַשֵּׁב דִּבְרֵי אַבַּיֵּי אֶלָּא בְּמַה שֶׁאָמַר לְמַפְרֵעַ הוּא נִפְסָל וְהוֹלֵךְ וּמְתָרֵץ לְפִי שִׁיטַת הַמַּקְשֶׁה הַסּוֹבֵר דְּהַכְחָשָׁה תְּחִילַּת הֲזַמָּה הִיא כִּדְפָרֵישִׁית לְעֵיל וְכֵן לְקַמָּן כִּי מְשַׁנֵּי מַתְנֵי' לְאַבַּיֵּי אַהָא דְּאָמַר הַכְחָשָׁה לָאו תְּחִילַּת הֲזָמָה הִיא וּמוּקִי לָהּ כְּשֶׁהוּזְמוּ תְּחִילָּה עַל הַטְּבִיחָה אֵין חוֹשֵׁשׁ לְתָרֵץ לְמַאי דְּאָמַר אַבַּיֵּי לְמַפְרֵעַ הוּא נִפְסָל כִּי לְפִי זֶה הָיָה צָרִיךְ לְהַעֲמִידָהּ כְּגוֹן שֶׁהֵעִידוּ בְּבַת אַחַת אֶלָּא דְּדֶרֶךְ הַגְּמָרָא הוּא שֶׁאֵין חוֹשֵׁשׁ לְתָרֵץ אֶלָּא הַקֻּושְׁיָא שֶׁמַּקְשֶׁה לוֹ:
Puisqu'ils ont témoigné en une fois, on ne peut pas dire qu'à l'heure du témoignage de l'abattage ils étaient disqualifiés, même s'il est disqualifié rétroactivement. Car, puisqu'ils ont témoigné en une fois, ils étaient valides quand ils ont témoigné sur l'abattage : ils pouvaient encore se rétracter sur le témoignage du vol, car c'était dans le temps d'une parole. Et sur ce qu'il a expliqué dans le kontres, que nous ne lisons pas et ils ont été rendus zomemim en une fois, car pour la hazama peu importe qu'elle ait été en une fois ou l'une après l'autre, pourvu qu'ils aient été rendus zomemim d'abord sur l'abattage : c'est difficile pour le Ri. Que gagne le kontres à exiger la hazama de l'abattage d'abord ? Si c'est parce que, rendus zomemim d'abord sur le vol, ils seraient contredits sur l'abattage, nous répondons pourtant selon Abaye, qui tient plus loin que la contradiction n'est pas le début de la hazama. Dès lors, rendus zomemim d'abord sur l'abattage, ils seraient aussi contredits sur le vol, puisqu'ils ont témoigné en une fois, et le temps d'une parole compte comme une parole. Comme on le dit tout à l'heure pour Rabbi Yosse : quand ils ont témoigné en une fois et ont été rendus zomemim sur l'abattage, tout le témoignage tombe, parce que le temps d'une parole compte comme une parole. Et si nous voulions ajuster cette réponse à l'avis d'Abaye plus loin, qui tient que la contradiction n'est pas le début de la hazama, il faudrait lire : et ils ont été rendus zomemim en une fois. Mais il n'y a pas à s'en soucier. La Guemara ne cherche pas maintenant à arranger les paroles d'Abaye, sinon sur ce qu'il a dit : il est disqualifié rétroactivement. Elle répond selon la méthode du questionneur, qui tient que la contradiction est le début de la hazama, comme je l'ai expliqué plus haut. De même plus loin : quand elle arrange la michna pour Abaye sur ce qu'il a dit, la contradiction n'est pas le début de la hazama, et qu'elle l'établit dans le cas où ils ont été rendus zomemim d'abord sur l'abattage, elle ne cherche pas à répondre à ce qu'Abaye a dit, qu'il est disqualifié rétroactivement. Car, selon cela, il faudrait l'établir par exemple dans le cas où ils ont témoigné en une fois. Mais la voie de la Guemara est de ne répondre qu'à la question qu'on lui pose.
💡 Explication

Lecture qui laisse la michna avec Abaye. Les deux edout sont dites be-vat ahat, en une fois, dans un tokh kedei dibbour. Ils peuvent encore retirer le vol. À l'heure de l'abattage, ils sont kasher. Le psoul le-mafré'a ne les a pas encore pris.

Rachi fixe la version. On lit qu'ils ont témoigné en une fois, et qu'ils ont été rendus zomemim. On ne lit pas que la hazama elle-même est en une fois. Elle peut venir en deux temps, à condition de porter d'abord sur l'abattage.

Le Ri demande ce que cette condition apporte. Selon Abaye, plus loin, la hakh'hasha n'est pas le début de la hazama. Hazama d'abord sur l'abattage, dans une seule parole, contredirait aussi le vol. Pour coller à cet avis-là, il faudrait une hazama en une fois. Tossefot : la Guemara n'arrange ici que le psoul le-mafré'a, et elle répond au questionneur, pour qui la contradiction est le début de la hazama. Plus loin, quand elle arrangera l'autre principe d'Abaye, elle ne reprendra pas celui-ci. Elle ne répond qu'à la question posée.

🖼️ Schéma
En une fois : la fenêtre du tokh kedei dibbour Phrase du vol Ils peuvent encore revenir Même souffle Une seule edout Phrase de l'abattage Ils sont encore kasher Le psoul le-mafré'a part de l'heure du témoignage. Cette heure-ci est encore une heure de témoins valides. Rachi : la hazama, elle, peut suivre. D'abord sur l'abattage.
Vol et abattage dans le même souffle. Ils peuvent encore se rétracter : à l'heure de l'abattage, ils sont kasher.
11
לֵימָא כְתַנָּאֵי: הָיוּ שְׁנַיִם מְעִידִין אוֹתוֹ שֶׁגָּנַב, וְהֵן מְעִידִין אוֹתוֹ שֶׁטָּבַח, וְהוּזְמוּ עַל הַגְּנֵיבָה – עֵדוּת שֶׁבָּטְלָה מִקְצָתָהּ, בָּטְלָה כֻּולָּהּ.

Dirons-nous que c'est comme un débat de tannaïm : deux témoignaient de lui qu'il a volé, et ce sont eux qui témoignent de lui qu'il a abattu, et ils ont été rendus zomemim sur le vol : un témoignage dont une partie est annulée, tout est annulé.

📜 Rachi (2)
הָיוּ שְׁנַיִם מְעִידִים אוֹתוֹ שֶׁגָּנַב וְהֵן עַצְמָם מְעִידִים אוֹתוֹ שֶׁטָּבַח:
Eux-mêmes témoignent de lui qu'il a abattu.
בָּטְלָה כֻּולָּהּ וּמְשַׁלְּמִי כֶּפֶל וְהוּא פָּטוּר דְּכֵיוָן דְּלָא גָּנַב לֹא טָבַח וַאֲפִילּוּ חָזְרוּ וְהוּזְמוּ עַל הַטְּבִיחָה פְּטוּרִין:
Et ils paient le double, et lui est exempt. Car, puisqu'il n'a pas volé, il n'a pas abattu. Et même s'ils sont revenus et ont été rendus zomemim sur l'abattage, ils sont exempts.
💡 Explication

Leima ke-tanna'ei : le débat d'Abaye et de Rava aurait un écho chez les tannaïm. Baraïta : les mêmes deux témoignent du vol et de l'abattage. Hazama sur le vol seul : edout she-batla miktzata, batla koula. La partie annulée annule tout.

Rachi tire le paiement. Ils paient le kefel, lui est exempt. Sans vol, pas d'abattage. Même une hazama ultérieure sur l'abattage ne les fait pas payer : cette edout était déjà tombée.

12
הוּזַמּוּ עַל הַטְּבִיחָה – הוּא מְשַׁלֵּם תַּשְׁלוּמֵי כֶפֶל, וְהֵן מְשַׁלְּמִין תַּשְׁלוּמֵי שְׁלֹשָׁה.

Ils ont été rendus zomemim sur l'abattage : lui paie le paiement du double, et eux paient le paiement de trois.

📜 Rachi (1)
הוּזַמּוּ עַל הַטְּבִיחָה וְלֹא עַל הַגְּנֵיבָה:
Et non sur le vol.
💡 Explication

Hazama limitée à l'abattage. Le vol reste établi : le voleur paie le kefel. Les témoins paient les trois, le surplus qu'ils voulaient lui mettre à charge pour un bœuf, au-delà du double. Rachi : la hazama ne porte pas sur le vol.

13
אָמַר רַבִּי יוֹסֵי: בַּמֶּה דְבָרִים אֲמוּרִים – בִּשְׁתֵּי עִדִּיּוֹת, אֲבָל בְּעֵדוּת אַחַת – עֵדוּת שֶׁבָּטְלָה מִקְצָתָהּ, בָּטְלָה כֻּולָּהּ.

Rabbi Yosse a dit : dans quel cas cela est-il dit ? Dans deux témoignages.

Mais dans un seul témoignage : un témoignage dont une partie est annulée, tout est annulé.

📜 Rachi (1)
בַּמֶּה דְבָרִים אֲמוּרִים דְּהוּא מְשַׁלֵּם כֶּפֶל וְלֹא בָּטֵל עֵדוּת גְּנֵיבָה בִּשְׁתֵּי עִדִּיּוֹת:
Qu'il paie le double, et que le témoignage du vol ne soit pas annulé : dans deux témoignages.
💡 Explication

Rabbi Yosse limite la clause précédente. Lui paie le double, et l'edout du vol tient, quand il y a deux témoignages. Dans un seul témoignage, la hazama sur une partie annule tout, y compris le vol.

14
מַאי ״בִּשְׁתֵּי עִדִּיּוֹת״, וּמַאי ״בְּעֵדוּת אַחַת״? אִילֵּימָא ״בִּשְׁתֵּי עִדִּיּוֹת״ – בִּשְׁתֵּי עִדִּיּוֹת מַמָּשׁ, בִּשְׁתֵּי כִּתּוֹת; ״בְּעֵדוּת אַחַת״ – בְּכַת אַחַת בְּזֶה אַחַר זֶה;

Que signifie dans deux témoignages, et que signifie dans un seul témoignage ? Si tu dis : dans deux témoignages, dans deux témoignages au sens propre, par deux groupes ; dans un seul témoignage, par un seul groupe, l'un après l'autre.

📜 Rachi (1)
בְּכַת אַחַת בְּזֶה אַחַר זֶה שֶׁהֵעִידוּ הַיּוֹם עַל הַגְּנֵיבָה וְאָמְרוּ בְּאֶחָד בַּשַּׁבָּת גָּנַב וּלְמָחָר עַל הַטְּבִיחָה וְאָמְרוּ בְּשֵׁנִי בְּשַׁבָּת טָבַח:
Ils ont témoigné aujourd'hui sur le vol, et ont dit : le dimanche il a volé. Et le lendemain sur l'abattage, et ont dit : le lundi il a abattu.
💡 Explication

Première lecture des mots de Rabbi Yosse. Deux témoignages : deux katot, deux groupes. Un seul : une seule kat, qui parle un jour puis le lendemain. Rachi : dimanche, il a volé ; lundi, il a abattu.

15
וְאָמַר רַבִּי יוֹסֵי: בְּעֵדוּת אַחַת – בְּכַת אַחַת בְּזֶה אַחַר זֶה, כִּי מַסְהֲדִי אַגְּנֵיבָה וַהֲדַר מַסְהֲדִי אַטְּבִיחָה, כִּי מִתַּזְּמִי אַטְּבִיחָה – עֵדוּת שֶׁבָּטְלָה מִקְצָתָהּ בָּטְלָה כֻּולָּהּ, וְאִיתַּזַּמוּ לְהוּ אַגְּנֵיבָה; מֵהֵיכָא תֵּיתֵי הַךְ?

Et Rabbi Yosse dit : dans un seul témoignage, un seul groupe, l'un après l'autre. Quand ils témoignent sur le vol, puis témoignent sur l'abattage, quand ils sont rendus zomemim sur l'abattage, un témoignage dont une partie est annulée, tout est annulé, et ils sont rendus zomemim aussi sur le vol.

D'où cela viendrait-il ?

📜 Rachi (1)
וא"ר יוֹסֵי דְּכִי אָמְרִי לְהוּ סָהֲדֵי עִמָּנוּ הֱיִיתֶם בְּיוֹם שֵׁנִי הוּזְמוּ אַף עַל הַגְּנֵיבָה שֶׁבְּיוֹם רִאשׁוֹן מֵהֵיכָא תֵּיתֵי הַאי:
Quand des témoins leur disent : vous étiez avec nous le lundi, ils seraient rendus zomemim même sur le vol du dimanche. D'où cela viendrait-il ?
💡 Explication

Cette lecture bloque. Rabbi Yosse ferait tomber le vol du dimanche parce qu'on leur a dit, le lundi seulement : immanou hayitem. Rachi pose la question : d'où viendrait cette hazama sur le jour précédent ? La phrase de la hazama ne parle que du second jour.

16
אֶלָּא לָאו ״בִּשְׁתֵּי עִדִּיּוֹת״ – בְּעֵדוּת אַחַת כְּעֵין שְׁתֵּי עֵדִיּוֹת, וּמַאי נִינְהוּ – כַּת אַחַת בְּזֶה אַחַר זֶה; אֲבָל בְּעֵדוּת אַחַת בְּבַת אַחַת – לֹא.

Plutôt, n'est-ce pas : dans deux témoignages, c'est un seul témoignage semblable à deux témoignages. Et qu'est-ce ?

Un seul groupe, l'un après l'autre. Mais dans un seul témoignage, en une seule fois : non.

📜 Rachi (1)
וּמַאי נִינְהוּ כו' אֲבָל בְּעֵדוּת אַחַת בְּבַת אַחַת שֶׁהֵעִידוּ עַל שְׁתֵּיהֶן זוֹ בְּתוֹךְ כְּדֵי דִיבּוּר שֶׁל זוֹ וְאָמְרוּ בְּאֶחָד בַּשַּׁבָּת גָּנַב וּבַשֵּׁנִי בְּשַׁבָּת טָבַח וְהוּזְמוּ עַל שֵׁנִי בְּשַׁבָּת ואע"ג דְּאַאֶחָד בְּשַׁבָּת לָא אִיתַּזּוּם מִיהוּ אִיגַּלַּאי מִלְּתָא דְּכִי אַסְהוּד פְּסוּלִין הָווּ דְּסָבַר ר' יוֹסֵי לְמַפְרֵעַ הוּא נִפְסָל וּבָטְלָה כָּל עֵדוּת אוֹתָהּ שָׁעָה שֶׁכֻּולָּהּ עֵדוּת אַחַת הִיא:
Ils ont témoigné sur les deux, l'une dans le temps d'une parole de l'autre. Ils ont dit : le dimanche il a volé, et le lundi il a abattu. Ils ont été rendus zomemim sur le lundi. Même si, sur le dimanche, ils n'ont pas été rendus zomemim, la chose est toutefois révélée : quand ils ont témoigné, ils étaient disqualifiés. Car Rabbi Yosse tient qu'il est disqualifié rétroactivement. Et tout le témoignage de cette heure est annulé, car tout cela est un seul témoignage.
💡 Explication

Lecture retenue. Deux témoignages, chez Rabbi Yosse, veut dire une edout qui ressemble à deux : une kat, ze ahar ze, un jour puis un autre. La hazama de l'abattage laisse alors le vol debout. Un seul témoignage : les deux phrases be-vat ahat, dans un tokh kedei dibbour.

Rachi décrit cette heure unique. Ils disent d'un coup : dimanche il a volé, lundi il a abattu. La hazama ne vise que le lundi. Rabbi Yosse, qui tient le psoul le-mafré'a, révèle qu'ils étaient passoul au moment où ils parlaient. Toute l'edout de cette heure tombe, parce qu'elle ne fait qu'une.

17
וְסַבְרוּהָ, דְּכֻולֵּי עָלְמָא: תּוֹךְ כְּדֵי דִיבּוּר – כְּדִיבּוּר דָּמֵי.

Et l'on a supposé que, pour tout le monde, le temps d'une parole compte comme une parole.

📜 Rachi (1)
כְּדֵי דִּיבּוּר לְקַמָּן מְפָרֵשׁ:
Plus loin, on l'explique.
💡 Explication

Savrouha : les amoraïm partent d'un accord. Rabbi Yosse et les Sages tiennent tous que tokh kedei dibbour ke-dibbour dami. Une pause dans le temps d'une courte parole laisse une seule edout. Rachi renvoie la mesure de ce temps à la suite.

18
מַאי, לָאו בְּהָא קָמִיפַּלְגִי – דְּרַבָּנָן סָבְרִי: מִכָּאן וּלְהַבָּא הוּא נִפְסָל, וְכֵיוָן דְּמֵהַהִיא שַׁעְתָּא קָא מִיתַּזְּמִי – אַטְּבִיחָה דְּקָא מִיתַּזְּמִי, אִיתַּזּוּם; אַגְּנֵיבָה דְּלָא מִיתַּזְּמִי, לָא אִיתַּזּוּם.

Quoi, n'est-ce pas que c'est sur ceci qu'ils divergent ? Les Sages tiennent : c'est à partir de maintenant et pour la suite qu'il est disqualifié.

Et puisque c'est depuis cette heure qu'ils sont rendus zomemim, sur l'abattage, pour lequel ils sont rendus zomemim, ils le sont ; sur le vol, pour lequel ils ne sont pas rendus zomemim, ils ne le sont pas.

📜 Rachi (2)
מִכָּאן וּלְהַבָּא מִיּוֹם שֶׁהוּזְמוּ וְלֹא מִיּוֹם שֶׁהֵעִידוּ:
Depuis le jour où ils ont été rendus zomemim, et non depuis le jour où ils ont témoigné.
אַגְּנֵיבָה דְּלָא מִיתַּזְּמִי לָא אִיתַּזּוּם ואע"ג דְּבַהֲדָדִי אַסְהִידוּ לֵיהּ הָא לָא אַתְחִיל פְּסוּלַייְהוּ מֵהַהִיא שַׁעְתָּא דְּנֵימָא אע"ג דְּאַאֶחָד בְּשַׁבָּת לָא אִיתַּזּוּם מִיהוּ שְׁעַת עֵדוּתָן שְׁעַת פַּסְלוּת הָיְתָה:
Et même s'ils ont témoigné de lui ensemble, voici que leur disqualification n'a pas commencé depuis cette heure, pour que nous disions : même si, sur le dimanche, ils n'ont pas été rendus zomemim, l'heure de leur témoignage était toutefois une heure de disqualification.
💡 Explication

Lecture proposée du mahloket, sur le modèle de Rava et d'Abaye. Les Sages : psoul mi-kan u-le-haba, depuis la hazama, non depuis l'edout. Seule l'abattage, visé par la hazama, tombe. Le vol, non visé, tient. Rachi : même dites ensemble, leurs paroles n'ouvrent pas un psoul dès cette heure.

19
רַבִּי יוֹסֵי סָבַר: לְמַפְרֵעַ הוּא נִפְסָל, וְכֵיוָן דְּמִיָּד כִּי אַסְהִידוּ הוּא דְּמִיפַּסְלִי, אִי אִיתַּזַּמוּ לְהוּ אַטְּבִיחָה – אִיתַּזַּמוּ לְהוּ נָמֵי אַגְּנֵיבָה, דְּהָא תּוֹךְ כְּדֵי דִיבּוּר – כְּדִיבּוּר דָּמֵי.

Rabbi Yosse tient : il est disqualifié rétroactivement. Et puisque c'est dès qu'ils ont témoigné qu'ils sont disqualifiés, s'ils ont été rendus zomemim sur l'abattage, ils l'ont été aussi sur le vol.

Car le temps d'une parole compte comme une parole.

📜 Rachi (1)
אִיתַּזַּמוּ לְהוּ [נָמֵי] אַגְּנֵיבָה הַאי אִיתַּזַּמוּ לָאו הֲזָמָה דַּוְקָא (נְקַט) לְשַׁלֵּם מָמוֹן אֶלָּא אִיפְּסַלוּ לְהוּ אַגְּנֵיבָה מִשּׁוּם פְּסוּל עֵדוּת:
Ce ils ont été rendus zomemim n'est pas une hazama au sens propre, pour payer de l'argent. Ils ont été disqualifiés sur le vol à cause du psoul du témoignage.
💡 Explication

Rabbi Yosse serait comme Abaye : le-mafré'a. La hazama de l'abattage les prend dès l'heure où ils parlent. Le vol, dit dans le même tokh kedei dibbour, tombe avec elle.

Rachi serre le mot. Cette hazama sur le vol ne leur fait pas payer un kefel. L'edout du vol est passoul, parce qu'ils étaient disqualifiés. Le paiement de la hazama reste sur ce qu'ils ont projeté pour l'abattage.

20
אָמְרִי: אִי תּוֹךְ כְּדֵי דִיבּוּר כְּדִיבּוּר דָּמֵי, דְּכֻולֵּי עָלְמָא לְמַפְרֵעַ הוּא נִפְסָל. אֶלָּא הָכָא בְּתוֹךְ כְּדֵי דִיבּוּר כְּדִיבּוּר דָּמֵי קָא מִיפַּלְגִי – רַבָּנָן סָבְרִי: תּוֹךְ כְּדֵי דִיבּוּר

On dit : si le temps d'une parole compte comme une parole, selon tout le monde il est disqualifié rétroactivement. Plutôt, ici, ils divergent sur ceci : le temps d'une parole compte comme une parole.

Les Sages tiennent : le temps d'une parole

💡 Explication

La Guemara retire la lecture précédente. Si tous tiennent que tokh kedei dibbour ke-dibbour dami, le résultat de Rabbi Yosse s'impose à tous : la hazama sur une partie de cette parole unique disqualifie le-mafré'a. On ne peut donc pas loger là les Sages dans le psoul mi-kan u-le-haba.

Le mahloket porte sur le principe lui-même. Les Sages commencent à dire ce qu'il en est du tokh kedei dibbour. L'amoud s'arrête au milieu de leur phrase.

🖼️ Schéma
Le débat quitte le le-mafré'a Si le tokh kedei dibbour compte comme une parole, tout le monde tient le psoul le-mafré'a. Le désaccord porte sur le principe lui-même. Les Sages prennent position sur le tokh kedei dibbour. L'amoud coupe la phrase. La suite est au daf suivant. Rachi, plus haut : le temps d'une parole sera expliqué là-bas.
Si le temps d'une parole compte comme une parole, tous tiennent le psoul le-mafré'a. Le débat est ce principe. La phrase des Sages continue au daf suivant.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).