Bava Kamma 73b - Délai d'une parole, puis contradiction et hazama

Bava_Kamma 73b

Sougya : L'amoud achève la mahloket des Rabbins et de Rabbi Yossi sur le tokh kedei dibbour, le délai d'une parole. Les Rabbins le séparent du témoignage déjà dit.

Rabbi Yossi, pour le délai court, en fait une seule parole. La Guemara lève la tension avec la michna de la temoura en distinguant deux mesures : la salutation de l'élève au maître, et celle du maître à l'élève.

Rava ouvre ensuite une autre sougya. Des témoins contredits, puis rendus zomemim, restent passibles : la hakhchacha est le début de la hazama, elle ne l'a pas achevée.

Il le prouve par la baraita de l'œil et de la dent de l'esclave, en trois paires. Abaye refuse la preuve : la seconde paire inverse l'ordre et prononce la hazama ensemble.

L'amoud s'arrête sur son " d'où ? ".

Tokh kedei dibbour : deux mesures Suite de 73a. Vol et teviha dits dans le délai d'une parole. Rabbins Le délai ne vaut pas une parole. Deux edout distinctes. La hazama part de la dernière. Le vol reste. Rabbi Yossi Le délai vaut une parole. Une seule edout. Ils sont déjà passoulim dès la première parole. Le vol tombe. Délai long Salutation de l'élève au maître Chalom alekha, rabbi u-mori Rabbi Yossi : ne vaut pas une parole. La temoura parle de ce délai. Délai court Salutation du maître à l'élève Chalom alekha Rabbi Yossi : vaut une parole. Les témoins du vol visent celui-ci. Halakha réténue par Tossefot Le délai vaut une parole, même le délai long, comme Rech Lakich et Rav Aha. Sauf : megadef, avoda zara, kiddouchin, guett.
Deux mesures du délai d'une parole. Le long, salutation de l'élève, Rabbi Yossi ne le compte pas. Le court, salutation du maître, il le compte. Les Rabbins séparent dans les deux cas.
Œil et dent de l'esclave : trois paires L'organe qui vient en premier affranchit. Le second se paie. Paire Ordre dit Suite 1. Premiers Deux témoins Dent, puis œil La dent affranchit. L'œil vient ensuite. Liberté, plus valeur de l'œil L'œil est celui d'un homme libre. 2. Moyens La baraita Les intermédiaires Œil, puis dent L'œil affranchit. La dent vient ensuite. Les premiers les contredisent. Liberté, plus valeur de la dent seulement. Cela arrange le maître. 3. Derniers Hazama Vous étiez avec nous Les moyens sont zomemim. Ils paient à l'esclave la valeur de l'œil. Rava : la hakhchacha est le début de la hazama Les moyens étaient déjà contredits. La hazama ultérieure les fait pourtant payer. La contradiction n'avait pas achevé la hazama.
Trois paires. Dent puis œil : le maître paie l'œil. Œil puis dent : il ne paie que la dent, et les premiers contredisent les moyens. La hazama fait payer aux moyens la valeur de l'œil.
Contredits, puis zomemim Rava : on les met à mort. La hakhchacha n'a pas fermé la hazama. 1. Témoignage, et gmar din sur leur bouche Rachi : le jugement est achevé avant la contradiction. 2. Hakhchacha Deux disent : il a tué. Deux disent : il n'a pas tué. 3. Hazama Une troisième paire : vous étiez avec nous. 4. Rava : ils sont mis à mort La contradiction était le début de la hazama, sans l'achever. Abaye : la preuve ne tient pas La seconde paire inverse l'ordre et prononce la hazama dans le même mouvement. Afkhinu ve-azminhu. Pas de contradiction laissée en suspens.
Rava : gmar din, puis contradiction, puis hazama, et l'on met à mort. La contradiction est le début de la hazama. Abaye : inversion et hazama dans le même témoignage.
1
לָאו כְּדִיבּוּר דָּמֵי, וְרַבִּי יוֹסֵי סָבַר: תּוֹךְ כְּדֵי דִיבּוּר כְּדִיבּוּר דָּמֵי.

ne vaut pas une parole. Et Rabbi Yossi tient : dans le délai d'une parole (tokh kedei dibbour), cela vaut une parole.

📜 Rachi (2)
לָאו כְּדִיבּוּר דָּמֵי וְהָווּ לֵיהּ שְׁנֵי עִדִּיּוֹת וּמִשּׁוּם חֲדָא לָא אִתַּכְחַשׁ אִידָךְ דְּמִשְּׁעַת דִּיבּוּר אַחֲרוֹן נִפְסְלוּ וְלֹא מִשְּׁעַת דִּיבּוּר רִאשׁוֹן:
Ne vaut pas une parole : ce sont donc deux témoignages, et à cause de l'un l'autre n'est pas écarté, car ils ont été disqualifiés depuis l'heure de la dernière parole, et non depuis l'heure de la première.
כְּדִיבּוּר דָּמֵי וּכְחַד עֵדוּת דָּמֵי וַהֲרֵי פְּסוּלִין הָיוּ בְּאוֹתָהּ שָׁעָה:
Vaut une parole : c'est comme un seul témoignage, et les voici disqualifiés à cette heure-là.
💡 Explication

La phrase commence à la fin de 73a. Les Rabbins et Rabbi Yossi divergent sur le tokh kedei dibbour, le délai d'une courte parole, entre le témoignage du vol et celui de la teviha (abattage ou vente).

Rachi : pour les Rabbins, ce sont deux edout. Le psoul de la hazama part de la seconde parole. Le vol reste. Pour Rabbi Yossi, les deux paroles n'en font qu'une : ils étaient déjà passoulim dès cette heure, et le vol tombe avec l'abattage.

2
וְסָבַר רַבִּי יוֹסֵי: תּוֹךְ כְּדֵי דִיבּוּר כְּדִיבּוּר דָּמֵי? וְהִתְנָן: ״הֲרֵי זוֹ תְּמוּרַת עוֹלָה, תְּמוּרַת שְׁלָמִים״ – הֲרֵי זוֹ תְּמוּרַת עוֹלָה, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר.

Et Rabbi Yossi pense-t-il que dans le délai d'une parole, cela vaut une parole ? Or nous avons appris : " Voici, celle-ci est temoura d'une ola, temoura d'un chelamim " : celle-ci est temoura d'une ola, paroles de Rabbi Meir.

📜 Rachi (2)
ה"ג הֲרֵי זוֹ תְּמוּרַת עוֹלָה תְּמוּרַת שְׁלָמִים וְלָא גָּרְסִינַן וּתְמוּרַת שְׁלָמִים:
Voici la version : " celle-ci est temoura d'une ola, temoura d'un chelamim ", et nous ne lisons pas " et temoura d'un chelamim ".
הֲרֵי זוֹ תְּמוּרַת עוֹלָה דִּבְרֵי ר"מ דְּאִית לֵיהּ לְר"מ תְּפֹוס לָשׁוֹן רִאשׁוֹן:
Celle-ci est temoura d'une ola, paroles de Rabbi Meir : car Rabbi Meir tient " saisis la première formule " (tafos lachon richon).
🗂️ Tossefot (1)
הֲרֵי זוֹ תְּמוּרַת עוֹלָה דִּבְרֵי ר"מ בפ"ב דִּזְבָחִים (ד' ל. וְשָׁם) אָמְרִי' הֲרֵי זוֹ תְּמוּרַת עוֹלָה וּשְׁלָמִים מַהוּ אָמַר אַבָּיֵי בְּהָא וַדַּאי מוֹדֶה ר"מ וְטַעֲמָא דְּאַבַּיֵּי כְּדִמְפָרֵשׁ בְּפֶ' כֵּיצַד מַעֲרִימִין (תְּמוּרָה ד' כו. וְשָׁם) דְּטַעֲמָא דר"מ מִשּׁוּם דְּהָוֵי כְּמוֹ תָּחוּל זוֹ וְאַחַ"כּ תָּחוּל זוֹ מִדַּהֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר תְּמוּרַת עוֹלָה וּשְׁלָמִים וְאָמַר תְּמוּרַת עוֹלָה תְּמוּרַת שְׁלָמִים אֲבָל רָבָא פְּלִיג עֲלֵיהּ וְקָאָמַר דַּעֲדַיִין הִיא מַחֲלֹוקֶת דְּקָסָבַר רָבָא דְּטַעֲמָא שֶׁל ר"מ מִשּׁוּם דְּדַעְתּוֹ שֶׁל אָדָם אִם יְכוֹלִין שְׁנֵיהֶם לָחוּל יָחוּלוּ וְאִם לָאו תְּפֹוס לָשׁוֹן רִאשׁוֹן דְּדַעְתֵּיהּ אַקַּמָּא:
Celle-ci est temoura d'une ola, paroles de Rabbi Meir. Au chapitre 2 de Zevahim (30a, et là-bas) on dit : " Celle-ci est temoura d'une ola et d'un chelamim ", qu'en est-il ? Abaye dit : en ce cas, Rabbi Meir est certainement d'accord pour que les deux prennent effet. Et la raison d'Abaye est celle qu'on explique au chapitre Keitsad ma'arimin (Temoura 26a, et là-bas) : la raison de Rabbi Meir est que c'est comme si celle-ci prenait effet, puis celle-là. Il aurait dû dire " temoura d'une ola et d'un chelamim ", et il a dit " temoura d'une ola, temoura d'un chelamim ". Mais Rava est en désaccord et dit que la mahloket demeure. Car Rava tient que la raison de Rabbi Meir est celle-ci : la pensée de l'homme est que, s'ils peuvent tous deux prendre effet, ils prennent effet ; sinon, on saisit la première formule, car sa pensée porte sur la première.
💡 Explication

Objection depuis la michna de Temoura (25b). Deux formules de suite sur la même bête : temoura d'une ola (holocauste), puis temoura d'un chelamim (sacrifice de paix). Rabbi Meir ne retient que la première, par tafos lachon richon.

Rachi fixe le texte sans le vav : " temoura d'un chelamim ", non " et temoura ". Tossefot rapporte le débat d'Abaye et de Rava à Zevahim et à Temoura. Abaye : Rabbi Meir ne sépare les deux formules que parce que l'homme aurait pu dire les deux saintetés d'un seul souffle. Rava : la règle reste " si les deux peuvent prendre effet, elles prennent effet ; sinon, la première ".

3
רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: אִם לְכָךְ נִתְכַּוֵּון מִתְּחִילָּה, הוֹאִיל וְאִי אֶפְשָׁר לִקְרוֹת שְׁנֵי שֵׁמוֹת כְּאֶחָד – דְּבָרָיו קַיָּימִין. וְאִם אָמַר: ״תְּמוּרַת עוֹלָה״, וְנִמְלַךְ וְאָמַר: ״תְּמוּרַת שְׁלָמִים״ – הֲרֵי זוֹ תְּמוּרַת עוֹלָה.

Rabbi Yossi dit : s'il a visé cela dès le début, puisqu'il est impossible de prononcer deux noms à la fois, ses paroles tiennent. Et s'il a dit " temoura d'une ola ", s'est ravisé et a dit " temoura d'un chelamim ", celle-ci est temoura d'une ola.

📜 Rachi (1)
דְּבָרָיו קַיָּימִין וְתִרְעֶה עַד שֶׁתִּסְתָּאֵב וְתִימָּכֵר וְיָבִיא בִּדְמֵי חֶצְיָהּ עוֹלָה וּבִדְמֵי חֶצְיָהּ שְׁלָמִים:
Ses paroles tiennent : elle paîtra jusqu'à ce qu'elle contracte un défaut, on la vendra, et il apportera, avec la moitié de sa valeur, une ola, et avec l'autre moitié, un chelamim.
💡 Explication

Rabbi Yossi distingue deux cas. S'il a visé les deux kedouchot dès le début, l'impossibilité de dire deux noms ensemble fait tenir les deux paroles. Rachi : la bête paît jusqu'au moum (défaut), on la vend, et l'on apporte une ola et un chelamim, chacun pour la moitié du prix.

S'il s'est ravisé (nimlakh) après avoir dit l'ola, seule l'ola reste. C'est de là que la Guemara va tirer une difficulté.

🖼️ Schéma
Temoura : visé dès le début, ou ravisement Il a visé les deux Temoura d'ola, temoura de chelamim. Deux noms d'un coup : impossible. Ses paroles tiennent. Moitié ola, moitié chelamim. Il s'est ravisé D'abord : temoura d'ola. Puis : temoura de chelamim. Seule l'ola tient. Rabbi Yossi, michna de Temoura.
Intention initiale : les deux formules tiennent. Ravisement : seule l'ola reste.
4
וְהָוֵינַן בָּהּ: נִמְלַךְ – פְּשִׁיטָא!

Et nous avons examiné cela : s'il s'est ravisé, c'est évident !

💡 Explication

La seconde branche de Rabbi Yossi semble trop claire pour être enseignée. Une temoura d'ola déjà dite ne s'efface pas parce qu'il ajoute ensuite un chelamim.

5
וְאָמַר רַב פָּפָּא: נִמְלַךְ בְּתוֹךְ כְּדֵי דִיבּוּר קָאָמְרִינַן.

Et Rav Papa a dit : nous parlons de celui qui s'est ravisé dans le délai d'une parole.

🗂️ Tossefot (1)
וְנִמְלַךְ תּוֹךְ כְּדֵי דִיבּוּר כו' לְמַאי דְּסָבַר נַמֵּי הַשְׁתָּא דְּרַבִּי יוֹסֵי סָבַר תּוֹךְ כְּדֵי דִיבּוּר לָאו כְּדִיבּוּר דָּמֵי נִרְאֶה דִּכְשֶׁמִּתְכַּוֵּין לְכָךְ וְאָמַר הַיּוֹם תְּמוּרַת שְׁלָמִים וּלְמָחָר תְּמוּרַת עוֹלָה דְּאֵין דְּבָרָיו קַיָּימִים וְהָווּ כְּמוֹ דְּבָרִים שֶׁבַּלֵּב וְדַוְקָא תּוֹךְ כְּדֵי דִיבּוּר הוּא דִּמְהַנֵּי דִּלְעִנְיַן לְפָרֵשׁ דְּבָרָיו מְהַנֵּי תּוֹךְ כְּדֵי דִיבּוּר:
Et il s'est ravisé dans le délai d'une parole, etc. Aussi selon ce que l'on pense maintenant, que Rabbi Yossi tient que le délai d'une parole ne vaut pas une parole, il apparaît ceci : lorsqu'il vise cela et dit " aujourd'hui temoura d'un chelamim, et demain temoura d'une ola ", ses paroles ne tiennent pas, et c'est comme des paroles du cœur (devarim che-balev). C'est dans le délai d'une parole, précisément, que cela agit : pour expliquer ses paroles, le délai d'une parole agit.
💡 Explication

Rav Papa resserre le cas. Le ravisement a lieu dans le tokh kedei dibbour. Rabbi Yossi, dans cette michna, laisse ce délai hors de la parole déjà dite. Cela heurte l'explication des témoins, où Rabbi Yossi tient l'inverse.

Tossefot : même dans cette lecture, dire " aujourd'hui l'un, demain l'autre " reste des devarim che-balev, des paroles du cœur, sans effet. Le délai ne sert ici qu'à expliquer une parole déjà engagée.

6
אָמְרִי: תְּרֵי ״תּוֹךְ כְּדֵי דִיבּוּר״ הָוֵי – חַד כְּדֵי שְׁאֵילַת תַּלְמִיד לָרַב, וְחַד כְּדֵי שְׁאֵילַת הָרַב לְתַלְמִיד. כִּי לֵית לֵיהּ לְרַבִּי יוֹסֵי – כְּדֵי שְׁאִילַת תַּלְמִיד לְרַב ״שָׁלוֹם עָלֶיךָ רַבִּי וּמוֹרִי״, דִּנְפִישׁ; כְּדֵי שְׁאִילַת הָרַב לְתַלְמִיד ״שָׁלוֹם עָלֶיךָ״ – אִית לֵיהּ.

On dit : il y a deux " dans le délai d'une parole ". L'un, le temps de la salutation de l'élève au maître ; l'autre, le temps de la salutation du maître à l'élève.

Là où Rabbi Yossi ne l'a pas, c'est le temps de la salutation de l'élève au maître : " Paix sur toi, mon maître et mon enseignant ", qui est long. Le temps de la salutation du maître à l'élève : " Paix sur toi ", il l'a.

🗂️ Tossefot (3)
תְּרֵי תּוֹךְ כְּדֵי דִיבּוּר הָווּ הַשְׁתָּא תּוֹךְ כְּדֵי דִיבּוּר דִּתְמוּרָה אַיְירֵי תּוֹךְ כְּדֵי דִיבּוּר גָּדוֹל וְכֵיוָן דְּתוֹךְ כְּדֵי דִּיבּוּר קָטָן אִית לֵיהּ וְתוֹךְ כְּדֵי דִּיבּוּר גָּדוֹל לֵית לֵיהּ נִרְאֶה דְּתוֹךְ כְּדֵי דִּיבּוּר גָּדוֹל אֵין מוֹעִיל כְּלוּם אַפֵּי' לְפָרֵשׁ דְּבָרָיו דְּלָא הָוֵי אֶלָּא כְּאוֹמֵר הַיּוֹם תְּמוּרַת עוֹלָה וּלְמָחָר תְּמוּרַת שְׁלָמִים דְּהָווּ דְּבָרִים שֶׁבַּלֵּב וה"פ דְּבָרַיְיתָא אִם לְכָךְ נִתְכַּוֵּין תְּחִילָּה כְּלוֹמַר שֶׁאוֹמֵר תּוֹךְ כְּדֵי דִיבּוּר קָטָן שֶׁדּוֹמֶה לְנִתְכַּוֵּין תְּחִילָּה לְכָךְ דְּבָרָיו קַייָּמִים וְאַפֵּי' לֹא נִתְכַּוֵּין נָמֵי כֵּיוָן דִּכְדִיבּוּר דָּמֵי אֲבָל בְּנִמְלַךְ כְּלוֹמַר שֶׁאוֹמֵר תּוֹךְ כְּדֵי דִיבּוּר גָּדוֹל שֶׁדּוֹמֶה כְּמוֹ נִמְלַךְ הֲרֵי זוֹ תְּמוּרַת עוֹלָה אַפֵּי' נִתְכַּוֵּין תְּחִילָּה לִשְׁנֵיהֶם:
Il y a deux délais d'une parole. Maintenant, le délai d'une parole de la temoura porte sur le grand délai. Puisqu'il a le petit délai et qu'il n'a pas le grand, il apparaît que le grand délai ne sert à rien, même pour expliquer ses paroles : cela revient à celui qui dit " aujourd'hui temoura d'une ola, et demain temoura d'un chelamim ", ce qui fait des paroles du cœur. Et voici le sens de la baraita : " s'il a visé cela dès le début ", c'est-à-dire qu'il le dit dans le petit délai, lequel ressemble à celui qui a visé cela dès le début : ses paroles tiennent, et même s'il n'a pas visé, puisque cela vaut une parole. Mais dans " il s'est ravisé ", c'est-à-dire qu'il le dit dans le grand délai, lequel ressemble à un ravisement : celle-ci est temoura d'une ola, même s'il avait visé les deux dès le début.
כְּדֵי שְׁאִילַת תַּלְמִיד לְרַב וְהָא דְּאָמַר בְּפֶרֶק תְּפִלַּת הַשַּׁחַר (בְּרָכוֹת ד' כז: וְשָׁם.) הַנּוֹתֵן שָׁלוֹם וְהַמַּחֲזִיר שָׁלוֹם לְרַבּוֹ גּוֹרֵם לַשְּׁכִינָה שֶׁתִּסְתַּלֵּק מִיִּשְׂרָאֵל הַיְינוּ כְּשֶׁנּוֹתֵן שָׁלוֹם לְרַבּוֹ כְּמוֹ לַחֲבֵירוֹ כְּמוֹ שֶׁאָמַר לֵיהּ שָׁלוֹם עָלֶיךָ וְלֹא אָמַר רַבִּי וְהָא דְּאָמַר בְּפֶ' ר"ע (שַׁבָּת ד' פט.) כְּלוּם יֵשׁ עֶבֶד שֶׁנּוֹתֵן שָׁלוֹם לְרַבּוֹ עֶבֶד שָׁאנֵי שֶׁאֵימַת רַבּוֹ עָלָיו וּבְשׁוּם עִנְיָן אֵין לִיתֵּן לוֹ שָׁלוֹם:
Le temps de la salutation de l'élève au maître. Et ce qu'on dit au chapitre Tefilat ha-chahar (Berakhot 27b, et là-bas) : celui qui donne la paix à son maître et celui qui la lui rend font que la Chekhina se retire d'Israël. C'est lorsqu'il donne la paix à son maître comme à son compagnon, comme s'il lui disait " paix sur toi " sans dire " Rabbi ". Et ce qu'on dit au chapitre de Rabbi Akiva (Chabbat 89a) : y a-t-il un esclave qui donne la paix à son maître ? L'esclave est à part : la crainte de son maître est sur lui, et en aucun cas on ne lui donne la paix.
כִּי לֵית לֵיהּ לְרַבִּי יוֹסֵי כְּדֵי שְׁאֵילַת תַּלְמִיד לָרַב תֵּימַהּ דְּרַב אֲחָא מִדְּיָפָתִי דְּאָמַר בפ"ק דְּמַכּוֹת (דַּף ו.) וּבְפֶרֶק שְׁבוּעַת הָעֵדוּת (שְׁבוּעוֹת דַּף לב. וְשָׁם) תּוֹךְ כְּדֵי דִיבּוּר כְּדֵי שְׁאֵילַת תַּלְמִיד לְרַב כְּמַאן דִּלְרַבָּנָן לֵית לְהוּ כְּלָל כְּדֵי דִּיבּוּר אַפֵּי' כְּדֵי דִּיבּוּר קָטָן וְר' יוֹסֵי נָמֵי כְּתַלְמִיד לְרַב מוֹדֵי דְּלָאו כְּדִיבּוּר דָּמֵי וְי"ל דְּסָבַר לָהּ כְּבָרַייְתָא דָּמֵי שֶׁאָמַר הֲרֵינִי נָזִיר וְשָׁמַע חֲבֵירוֹ וְאָמַר וַאֲנִי (נָזִיר דַּף כא. וְשָׁם) וְכֵן הִלְכְתָא דְּתוֹךְ כְּדֵי דִיבּוּר כְּדִיבּוּר דָּמֵי וְהָכִי פָּסְקִינַן הִלְכְתָא בִּנְדָרִים בְּפֶרֶק בָּתְרָא (דַּף פז.) דְּתוֹךְ כְּדֵי דִבּוּר כְּדִיבּוּר דָּמֵי חוּץ מִמְּגַדֵּף וְעוֹבֵד ע"ז וּמְקַדֵּשׁ וּמְגָרֵשׁ וְאַפֵּי' בִּכְדֵי שְׁאִילַת תַּלְמִיד לְרַב כְּרֵישׁ לָקִישׁ וּכְרַב אֲחָא דְּמַכּוֹת (דַּף ו.) וְדִשְׁבוּעַת הָעֵדוּת (שְׁבוּעוֹת דַּף לב.) וְשִׁיעוּר כְּדֵי שְׁאֵילַת שָׁלוֹם תַּלְמִיד לָרַב מְפָרֵשׁ ר"ת דְּהַייְנוּ טַעְמָא דִּכְשֶׁאָדָם מֵעִיד עֵדוּת אוֹ עוֹסֵק בְּמִקָּח וּמִמְכָּר וַחֲבֵירוֹ נוֹתֵן לוֹ שָׁלוֹם אוֹ רַבּוֹ ע"כ יֵשׁ לוֹ לְהָשִׁיב וּלְהַפְסִיק כִּדְאָמַר בְּרָכוֹת (ד' ו:) הַנּוֹתֵן שָׁלוֹם לַחֲבֵירוֹ וְאֵין מַחֲזִיר נִקְרָא גַּזְלָן שֶׁנֶּאֱמַר גְּזֵילַת הֶעָנִי בְּבָתֵּיכֶם וּלְכָךְ תִּיקְּנוּ חֲכָמִים שֶׁלֹּא יִהְיֶה זֶה חָשׁוּב הֶפְסֵק וְכֵן מוּכָח בְּנָזִיר (ד' כ:) דְּקָאָמַר תּוּב לָא שָׁבְקַתְּ רַוְוחָא לְתַלְמִיד וּמִיהוּ בְּפֶ' בָּתְרָא דִּנְדָרִים (ד' פז.) אֵין מִתְייַשֵּׁב טַעַם זֶה לְעִנְיַן קְרִיעָה דִּכְסָבוּר שֶׁמֵּת וְקָרַע וְאַחַ"כּ מֵת אִם מֵת תּוֹךְ כְּדֵי דִיבּוּר יָצָא יְדֵי קְרִיעָה וְאִם לָאו לֹא יָצָא יְדֵי קְרִיעָה . וְהָתָם מַאי שַׁיָּיךְ שִׁיעוּר זֶה וְשֶׁמָּא לְעִנְיַן קְרִיעָה הֵקֵילּוּ:
Là où Rabbi Yossi ne l'a pas, c'est le temps de la salutation de l'élève au maître. Difficulté : Rav Aha de Difti, qui dit au premier chapitre de Makkot (6a) et au chapitre Chevouat ha-edout (Chevouot 32a, et là-bas) que le délai d'une parole est le temps de la salutation de l'élève au maître, selon qui ? Car les Rabbins n'ont aucun délai de parole, même le petit ; et Rabbi Yossi aussi, pour le temps de l'élève au maître, reconnaît que cela ne vaut pas une parole. On peut répondre qu'il tient comme la baraita de celui qui dit " me voici nazir ", dont le compagnon entend et dit " et moi " (Nazir 21a, et là-bas). Et ainsi est la halakha : dans le délai d'une parole, cela vaut une parole. Et c'est ainsi que nous tranchons à Nedarim, au dernier chapitre (87a) : dans le délai d'une parole, cela vaut une parole, sauf pour le blasphémateur (megadef), l'adorateur d'avoda zara, celui qui fiance (mekadech) et celui qui répudie (megarech), et même dans le temps de la salutation de l'élève au maître, comme Rech Lakich et comme Rav Aha de Makkot (6a) et de Chevouat ha-edout (Chevouot 32a). La mesure du temps où l'élève donne la paix à son maître, Rabbeinou Tam l'explique ainsi : lorsqu'un homme témoigne, ou s'occupe d'un achat et d'une vente, et que son compagnon lui donne la paix, ou son maître, il doit répondre et s'interrompre. Comme on dit à Berakhot (6b) : celui qui donne la paix à son compagnon et à qui l'on ne répond pas est appelé voleur, car il est dit : " le vol du pauvre est dans vos maisons ". C'est pourquoi les Sages ont institué que cela ne compte pas comme une interruption. Et c'est aussi prouvé à Nazir (20b), où l'on dit : encore, tu ne laisses pas de marge à l'élève. Toutefois, au dernier chapitre de Nedarim (87a), cette raison ne s'ajuste pas pour la déchirure (keria) : celui qui croit qu'il est mort, déchire, et qu'il meurt ensuite, s'il meurt dans le délai d'une parole, s'est acquitté de la déchirure ; sinon, il ne s'en est pas acquitté. Et là, que vient faire cette mesure ? Peut-être a-t-on allégé pour la keria.
💡 Explication

Réponse qui débloque les deux endroits. Il y a deux tokh kedei dibbour. Le long : le temps de dire " Paix sur toi, mon maître et mon enseignant ". Le court : " Paix sur toi ".

Rabbi Yossi refuse le long délai et tient le court. La michna de la temoura parle du long : un ravisement dans ce temps reste une seconde parole. Les témoins du vol, dans l'explication de 73a, visent le court : Rabbi Yossi en fait une seule edout.

Tossefot tranche la halakha avec le long délai, comme Rech Lakich et Rav Aha, sauf quatre actes qu'on ne retire pas : megadef, avoda zara, kiddouchin, guett. Rabbeinou Tam : on doit répondre à une salutation, les Sages n'en ont donc pas fait une interruption.

🖼️ Schéma
Les deux salutations qui mesurent le délai Élève vers le maître Chalom alekha, rabbi u-mori Formule longue. Rabbi Yossi ne la tient pas. Maître vers l'élève Chalom alekha Formule courte. Rabbi Yossi la tient pour une parole.
Formule longue de l'élève : Rabbi Yossi ne la compte pas. Formule courte du maître : il la compte.
7
אָמַר רָבָא: עֵדִים שֶׁהֻוכְחֲשׁוּ וּלְבַסּוֹף הֻוזַּמּוּ – נֶהֱרָגִין. דְּהַכְחָשָׁה תְּחִילַּת הֲזַמָּה הִיא, אֶלָּא שֶׁלֹּא נִגְמְרָה.

Rava a dit : des témoins qui ont été contredits, puis finalement rendus zomemim, sont mis à mort. Car la contradiction (hakhchacha) est le début de la hazama, seulement elle n'a pas été achevée.

📜 Rachi (3)
שֶׁהֻוכְחֲשׁוּ וּלְבַסּוֹף הֻוזַּמּוּ נֶהֱרָגִין וּכְשֶׁנִּגְמַר הַדִּין עַל פִּיהֶם קֹודֶם שֶׁהֻוכְחֲשׁוּ אֲמָרָהּ רָבָא שֶׁאִם לֹא נִגְמַר הַדִּין עֲדַיִין אֲפִילּוּ הוּזְמוּ מִתְּחִילָּה אֵין נֶהֱרָגִין שֶׁאֵין הָעֵדִים זוֹמְמִין נֶהֱרָגִין עַד שֶׁיִּגָּמֵר הַדִּין וְהָכִי מִיתּוֹקְמָא בְּסֵיפָא דִּשְׁמַעְתִּין כְּגוֹן דְּאָתוּ בֵּי תְּרֵי וְאָמְרִי הָכִי וּפְסַקְנוּהָ לְדִינָא אַפֻּומַּייְהוּ:
Qui ont été contredits puis finalement rendus zomemim, sont mis à mort. Et c'est lorsque le jugement a été achevé sur leur bouche, avant qu'ils ne soient contredits, que Rava l'a dit. Car si le jugement n'est pas encore achevé, même s'ils ont été rendus zomemim dès le début, ils ne sont pas mis à mort : les témoins zomemim ne sont pas mis à mort tant que le jugement n'est pas achevé. Et c'est ainsi que cela se pose à la fin de notre sougya : par exemple, deux sont venus, ont dit ainsi, et nous avons tranché le droit sur leur bouche.
שֶׁהֻוכְחֲשׁוּ שְׁנַיִם אוֹמְרִים הָרַג וּשְׁנַיִם אוֹמְרִים לֹא הָרַג:
Qui ont été contredits : deux disent " il a tué ", et deux disent " il n'a pas tué ".
וּלְבַסּוֹף הוּזְמוּ שֶׁבָּאת כַּת שְׁלִישִׁית וְאָמְרָה עִמָּנוּ הֱיִיתֶם נֶהֱרָגִין:
Et finalement rendus zomemim : une troisième paire est venue et a dit " vous étiez avec nous " : ils sont mis à mort.
💡 Explication

Nouvelle sougya. Rava : des témoins de peine capitale d'abord houkhachou (contredits sur le fait), puis houzmou (rendus zomemim par " vous étiez avec nous "), sont mis à mort.

La hakhchacha est le début de la hazama, sans l'achever. Le témoignage déjà tombé par la contradiction peut encore recevoir la hazama. Rachi pose une condition : le gmar din a été prononcé sur leur bouche avant la contradiction. Sans gmar din, les zomemim ne sont pas mis à mort.

8
אָמַר רָבָא: מְנָא אֲמִינָא לַהּ? דְּתַנְיָא: ״מְעִידַנִי בְּאִישׁ פְּלוֹנִי שֶׁסִּימֵּא אֶת עֵין עַבְדּוֹ וְהִפִּיל אֶת שִׁינּוֹ״ – שֶׁהֲרֵי הָרַב אוֹמֵר כֵּן; וְנִמְצְאוּ זוֹמְמִין – מְשַׁלְּמִין דְּמֵי עַיִן לָעֶבֶד.

Rava a dit : d'où le dis-je ? Car on enseigne : " Je témoigne au sujet d'un tel qu'il a crevé l'œil de son esclave et fait tomber sa dent ", puisque le maître dit ainsi ; et ils ont été trouvés zomemim : ils paient la valeur de l'œil à l'esclave.

📜 Rachi (2)
שֶׁסִּימֵּא אֶת עֵין עַבְדּוֹ וְיָצָא לְחֵירוּת וְאַחַ"כּ הִפִּיל אֶת שִׁינּוֹ וְחַיָּיב לִיתֵּן לוֹ דְּמֵי שִׁינּוֹ:
Qu'il a crevé l'œil de son esclave : il sort à la liberté, et ensuite il a fait tomber sa dent, et il est tenu de lui donner la valeur de sa dent.
שֶׁהֲרֵי הָרַב אוֹמֵר כֵּן כְּלוֹמַר דְּנִיחָא לֵיהּ לְרַב בְּסָהֲדוּתָא דְּהָנֵי וּלְקַמָּן מְפָרֵשׁ מַאי נִיחוּתָא:
Puisque le maître dit ainsi : c'est-à-dire que le témoignage de ceux-ci convient au maître, et plus loin on explique quel est cet avantage.
💡 Explication

Preuve de Rava, une baraita (Tossefta, Makkot 1:3). L'ordre dit par les témoins : d'abord l'œil, qui affranchit l'esclave kenaani, puis la dent. Rachi : une fois libre, la dent se paie, et le maître ne doit que la valeur de la dent.

La baraita ajoute qu'ils conviennent au maître, et que, rendus zomemim, ils paient à l'esclave la valeur de l'œil. Les segments suivants montrent pourquoi cette lecture simple ne tient pas.

9
הֵיכִי דָמֵי? אִילֵּימָא כִּדְקָתָנֵי, דְּלֵיכָּא כַּת אַחַרְיַנָא; מְשַׁלְּמִין דְּמֵי עַיִן לָעֶבֶד?! בָּתַר דְּמַפְּקִי לֵיהּ לְחֵירוּת – דְּמֵי עֵינוֹ קָבָעֵי שַׁלּוֹמֵי?

Quel est le cas ? Si tu dis : comme on l'enseigne, qu'il n'y a pas d'autre paire, ils paient la valeur de l'œil à l'esclave ?!

Après l'avoir fait sortir à la liberté, c'est la valeur de son œil qu'ils cherchent à payer ?

💡 Explication

Première difficulté, s'il n'y a que cette paire et celle qui la rend zomemim. Leur témoignage affranchit l'esclave par l'œil, puis ne crée qu'une dette de dent. Leur faire payer la valeur de l'œil à l'esclave, après cet affranchissement, ne correspond pas à ce qu'ils ont cherché à faire.

10
וְעוֹד, דְּמֵי כֻּולֵּיהּ עֶבֶד לְרַב בָּעֵי לְשַׁלּוֹמֵי! וְעוֹד, ״שֶׁהֲרֵי הָרַב אוֹמֵר כֵּן״ – הָרַב מִי נִיחָא לֵיהּ?

Et encore : c'est la valeur de l'esclave tout entier qu'ils doivent payer au maître ! Et encore : " puisque le maître dit ainsi ", cela convient-il au maître ?

💡 Explication

Deuxième difficulté : le complot visait à retirer son esclave au maître. Au titre de ka'acher zamam (" comme il a projeté "), ils devraient la valeur de l'esclave entier au maître.

Troisième : la baraita dit que le maître est d'accord avec ce témoignage. Perdre son esclave ne lui convient pas. Il faut donc un autre cas.

11
אֶלָּא לָאו כְּגוֹן דַּאֲתוֹ בֵּי תְּרֵי, וְאָמְרִי: ״הִפִּיל אֶת שִׁינּוֹ, סִימֵּא אֶת עֵינוֹ״ – דְּבָעֵי מֵיתִיב לֵיהּ הָרַב דְּמֵי עֵינוֹ; וַאֲתוֹ בֵּי תְרֵי מְצִיעָאֵי, וְאָמְרִי: ״עֵינוֹ, וַהֲדַר שִׁינּוּ״ – דְּלָא בָּעֵי לְמִיתַּב לֵיהּ אֶלָּא דְּמֵי שִׁינּוֹ, דְּקָא מַכְחֲשִׁי לֵיהּ קַמָּאֵי לִמְצִיעָאֵי.

Plutôt, n'est-ce pas un cas où deux sont venus et ont dit : " il a fait tomber sa dent, il a crevé son œil ", le maître devant lui donner la valeur de son œil ; et deux intermédiaires sont venus et ont dit : " son œil, puis sa dent ", si bien qu'il ne doit lui donner que la valeur de sa dent, les premiers contredisant les intermédiaires.

💡 Explication

Lecture de Rava : trois temps, dont le premier manque dans la baraita. Les premiers disent dent puis œil : la dent affranchit, l'œil se paie ensuite au prix d'un homme libre. Les intermédiaires disent œil puis dent : l'œil affranchit, et il ne reste que la valeur de la dent.

Les premiers contredisent les intermédiaires. C'est déjà une hakhchacha. La hazama viendra après, et elle fera encore payer. C'est la preuve que la contradiction est le début de la hazama.

🖼️ Schéma
Quel organe vient en premier Premiers témoins 1. Dent : il sort libre. 2. Œil : il est déjà libre. Le maître paie l'œil. Somme forte. Ils contredisent les moyens. Témoins intermédiaires 1. Œil : il sort libre. 2. Dent : il est déjà libre. Le maître paie la dent. Somme faible. Version qui lui convient.
Dent puis œil : le maître paie l'œil. Œil puis dent : il ne paie que la dent.
12
וְהַייְנוּ ״שֶׁהֲרֵי הָרַב אוֹמֵר כֵּן״ – דְּנִיחָא לֵיהּ בְּמַאי דְּקָאָמְרִי.

Et c'est cela, " puisque le maître dit ainsi " : ce qu'ils disent lui convient.

💡 Explication

Le membre de la baraita s'éclaire. Le maître préfère les intermédiaires : ils ramènent sa dette de la valeur de l'œil à la valeur de la dent. Leur témoignage lui convient.

13
וְקָתָנֵי: ״וְנִמְצְאוּ זוֹמְמִין״ – מְצִיעָאֵי, ״מְשַׁלְּמִין דְּמֵי עַיִן לָעֶבֶד״.

Et l'on enseigne : " et ils ont été trouvés zomemim ", les intermédiaires, " ils paient la valeur de l'œil à l'esclave ".

💡 Explication

La suite de la baraita vise les intermédiaires, pas une paire isolée. Une paire ultérieure les a rendus zomemim. Ils paient à l'esclave la valeur de l'œil : c'est le paiement que leur témoignage lui retirait, au profit de la seule dent.

14
שְׁמַע מִינָּה: הַכְחָשָׁה – תְּחִילַּת הֲזָמָה הִיא!

Apprends-en : la contradiction est le début de la hazama !

📜 Rachi (1)
ש"מ הַכְחָשָׁה תְּחִילַּת הֲזָמָה הִיא דְּאִי לָאו תְּחִילַּת הֲזָמָה הִיא מֵאַחַר שֶׁבָּטְלָה עֵדוּתָן מִי אִית בְּהוּ דִּין הֲזָמָה:
Apprends-en que la contradiction est le début de la hazama. Car si elle n'était pas le début de la hazama, une fois leur témoignage annulé, y aurait-il en eux le droit de la hazama ?
💡 Explication

Conclusion de Rava. Les intermédiaires étaient déjà contredits, leur edout était tombée, et la hazama les atteint encore. Rachi : si la hakhchacha mettait fin à tout, le din de la hazama n'aurait plus de place après l'annulation du témoignage.

15
אָמַר אַבַּיֵּי: לֹא,

Abaye a dit : non,

📜 Rachi (1)
אָמַר לֵיהּ אַבַּיֵּי לָא אִי דְּהֻוכְחֲשׁוּ עַל יְדֵי כַּת רִאשׁוֹנָה שׁוּב אֵין כַּת שְׁלִישִׁית מְזִימָּתָן וְהָכָא כְּשֶׁאֵין שָׁם כַּת רִאשׁוֹנָה אֶלָּא הֵם וּדְקַשְׁיָא לָךְ דְּמֵי עֶבֶד לְרַב בָּעֵי לְשַׁלּוֹמֵי הָכָא כְּגוֹן שֶׁכַּת שְׁנִיָּה אַפְכִינְהוּ וְאַזְּמִינְהוּ שֶׁאָמְרוּ לָהֶם אוֹתוֹ הַיּוֹם שֶׁאַתֶּם אוֹמְרִים עִמָּנוּ הֱיִיתֶם בְּמָקוֹם פְּלוֹנִי אֲבָל בְּיוֹם אַחֵר הֲוָה וְאִיפְּכָא הֲוָה דְּמִמַּה נַפְשָׁךְ עֶבֶד נָפֵיק לְחֵירוּת וְהֵן מְשַׁלְּמִין לוֹ דְּמֵי עַיִן שֶׁרָצוּ לְהַפְסִידוֹ וְנִיחָא לֵיהּ לְרַב דְּנִיפּוֹק בְּעֵינוֹ וְיִתֵּן לוֹ דְּמֵי שִׁינּוֹ וְאִי קַשְׁיָא הוֹאִיל וְרִאשׁוֹנִים הֵם מַאי הָוֵי מַפְסְדִי לֵיהּ הָא לְחֵירוּת הָוֵי מַפְּקִי לֵיהּ וְאַכַּתִּי דְּמֵי עֶבֶד לְרַב בָּעֵי לְשַׁלּוֹמֵי לְקַמֵּיהּ פָּרֵיךְ לֵיהּ וּמוֹקְמִינַן לָהּ בְּשֶׁעָמַד בְּדִין:
Abaye lui a dit : non. S'ils ont été contredits par une première paire, une troisième paire ne les rend plus zomemim. Ici, il n'y a pas de première paire, il n'y a qu'eux. Et pour ce qui t'est difficile, qu'ils doivent payer la valeur de l'esclave au maître : ici, c'est que la seconde paire les a inversés et les a rendus zomemim. Elle leur a dit : ce jour dont vous parlez, vous étiez avec nous en tel endroit ; mais c'était un autre jour, et c'était l'inverse. De toute façon l'esclave sort à la liberté, et eux lui paient la valeur de l'œil qu'ils voulaient lui faire perdre. Et cela convient au maître : qu'il sorte par son œil, et qu'il lui donne la valeur de sa dent. Et si l'on objecte : puisqu'ils sont les premiers, que lui font-ils perdre ? Ils le font sortir à la liberté, et ils devraient encore payer la valeur de l'esclave au maître. Plus loin on le lui objecte, et l'on établit le cas lorsqu'il a déjà comparu en jugement.
🗂️ Tossefot (1)
אָמַר לֵיהּ אַבַּיֵּי לָא דְּאַפְכִינְהוּ וְאַזְּמִינְהוּ מִמַּאי מִדְּסֵיפָא כּוּ' נִרְאֶה לְרִ"י דְּכָל סֻוגְיָא זוֹ כְּפִי מַאי דְּס"ד הַשְׁתָּא דְּדִיּוּקָא דְּרָבָא הָוֵי מֵרֵישָׁא אֲבָל לְפִי הָאֱמֶת מַסְּקָנָא דְּדִיּוּקָא דְּרָבָא מִסֵּיפָא וְלֹא אָמַר אַבַּיֵּי זֶה מֵעוֹלָם אֶלָּא בְּנֵי הַיְּשִׁיבָה הָיוּ מְתָרְצִים כֵּן אַלִּיבֵּיהּ דְּאַבַּיֵּי לְפִי מַה שֶּׁהָיוּ סוֹבְרִים דְּדִיּוּקָא דְּרָבָא מֵרֵישָׁא אֲבָל לְפִי הַמַּסְּקָנָא דְּאָמַר אַבַּיֵּי דְּרֵישָׁא בְּשָׁלֹשׁ כִּתּוֹת כִּדְאוֹקְמָא רָבָא בְּלָא מֵיפָךְ וַהֲזָמָה וּבְסֵיפָא בִּשְׁתַּיִם בְּמֵיפַךְ וּבַהֲזָמָה וְלָאו דַּוְקָא נְקַט אַבַּיֵּי אַפְכִינְהוּ תְּחִילָּה דְּאִם כֵּן אִיתַּכְחַשׁוּ לְהוּ אֶלָּא מֵעִיקָּרָא אַזְּמִינְהוּ וַהֲדַר אַפְכִינְהוּ א"נ מֵעִיקָּרָא אַפְכִינְהוּ וְאַזְּמִינְהוּ תּוֹךְ כְּדֵי דִיבּוּר וְנִרְאֶה לר"י דְּאַבַּיֵּי מוּקֵי לָהּ בַּג' כִּתּוֹת כִּדְמוֹכַח לְקַמָּן דְּקָאָמַר וְאַבַּיֵּי אָמַר לָךְ בִּשְׁלָמָא רֵישָׁא לָא סַגִּי בְּלֹא ג' כִּתּוֹת דְּקָתָנֵי שֶׁהֲרֵי הָרַב אוֹמֵר כֵּן וְאַיְירֵי דִּמְצִיעָאֵי נָמֵי אַפְכִינְהוּ וְאַזְּמִינְהוּ לְקַמָּאֵי דְּהַשְׁתָּא לָא אִיתַּכְחַשִׁי מְצִיעָאֵי כְּלָל וְלֵיכָּא לְמֵידַק מִינָּהּ דְּהַכְחָשָׁה תְּחִילַּת הֲזַמָּה הִיא דִּמְשַׁלְּמִי וְכִי קָתָנֵי נִמְצְאוּ זוֹמְמִין מְצִיעָאֵי מְשַׁלְּמִין דְּמֵי עַיִן לָעֶבֶד ה"ה דְּמֵי עַיִן לְקַמָּאֵי שֶׁהֲרֵי הָיוּ מְחַיְּיבִין אוֹתָם דְּמֵי עַיִן לְרַב מִשּׁוּם כַּאֲשֶׁר זָמַם אֶלָּא לְפִי שֶׁלֹּא הֻוזְכְּרוּ רִאשׁוֹנִים בַּבָּרַיְיתָא לֹא חָשׁ לְמִיתְנֵי וּמִיהוּ אֵין אָנוּ צְרִיכִין כְּלָל לְהִיפּוּךְ בָּתְרָאֵי לִמְצִיעָאֵי דְּכֵיוָן דְּהוּזַמּוּ מִמֵּילָא קַייְמָא עֵדוּת קַמָּאֵי וּבַקְּוַנְט' פִּי' דְּאַבַּיֵּי מוּקֵי רֵישָׁא בָּב' כִּתּוֹת כְּמוֹ סֵיפָא וְיֵשׁ לְיַישֵּׁב הָא דְּקָתָנֵי שֶׁהֲרֵי הָרַב אוֹמֵר כֵּן דְּמֵעִיקָּרָא וַדַּאי דְּלָא יָדְעִינַן דְּאַפְכִינְהוּ וַהֲוָה קָשֶׁה לָן מַאי שֶׁהָרַב אוֹמֵר כֵּן אֲבָל הַשְׁתָּא דְּאַפְכִינְהוּ שָׂמַח הָרַב בְּעֵדוּתָן שֶׁל אֵלּוּ שֶׁאֵין מְחַיְּיבִים אוֹתוֹ כ"א דְּמֵי שֵׁן לְפִי שֶׁיּוֹדֵעַ שֶׁיָּבֹאוּ עֵדִים שֶׁיְּחַיְּיבוּ אוֹתוֹ דְּמֵי עַיִן וּלְפִי זֶה אִיכָּא לְאוֹקְמֵי כָּל סֻוגְיָא זוֹ לְפִי הָאֱמֶת דְּרָבָא לֹא הֵבִיא הָרֵישָׁא אֶלָּא לְדַקְדֵּק הֵימֶנָּה דְּסֵיפָא אַייְרֵי בְּשָׁלֹשׁ כִּתּוֹת כְּמוֹ רֵישָׁא וְאַבַּיֵּי מַהְדַּר לֵיהּ דּוֹק לְאִידָךְ גִּיסָא מִדְּסֵיפָא סַגִּי בָּב' כִּתּוֹת וּבְמֵיפַךְ וַהֲזָמָה רֵישָׁא נָמֵי סַגִּי בָּב' כִּיתּוֹת וְאֵין לְךָ רְאָיָה מִסֵּיפָא מִכֹּחַ רֵישָׁא דְּאִיכָּא לְאוֹקְמֵי כֻּולָּהּ בָּב' כִּתּוֹת וְהָא דְּקָאָמַר לְקַמָּן בִּשְׁלָמָא רֵישָׁא לָא סַגִּי בְּלֹא שָׁלֹשׁ כִּתּוֹת ה"ק אִי נָמֵי לֹא תִּתְיַישֵּׁב לָךְ שֶׁהֲרֵי הָרַב אוֹמֵר כֵּן אִי לָא מוֹקְמֵת לֵהּ בְּשָׁלֹשׁ כִּתּוֹת מִכָּל מָקוֹם סֵיפָא אַייְרֵי בָּב' כִּתּוֹת וְאִם תֹּאמַר אִי בָּב' כִּתּוֹת מוּקֶמֶת לָהּ לְרֵישָׁא אַמַּאי מְשַׁלְּמִי דְּמֵי עַיִן לָעֶבֶד תִּקְשֶׁה לֵיהּ כִּדְפָרְכִינַן לְעֵיל בָּתַר דְּמַפְּקִי לֵיהּ לְחֵירוּת דְּמֵי עַיִן בָּעֵי לְשַׁלּוּמֵי לֵיהּ וִיכוֹלִין לוֹמַר לְטוֹבָתוֹ בָּאנוּ כִּדְאָמַר בְּפֶ' הָיוּ בּוֹדְקִין (סַנְהֶדְרִין מא.) דִּיכוֹלִין לוֹמַר לְאָוסְרָהּ עַל בַּעְלָהּ בָּאנוּ וי"ל דִּלְמַאי דְּמוּקִי לָהּ הַשְׁתָּא בְּמֵיפַךְ וַהֲזָמָה מַסְּקִינַן דְּאַיְירֵי כְּשֶׁעָמַד כְּבָר בַּדִּין וּמִסְּתָמָא כְּבָר נִתְפַּרְסֵם הַדָּבָר שֶׁיָּצָא הָעֶבֶד לְחֵירוּת וְהָרַב בְּעַצְמוֹ מוֹדֶה כִּדְקָתָנֵי שֶׁהָרַב אוֹמֵר כָּךְ שֶׁעָמַד בַּדִּין וְכָל עִיקָּר שֶׁבָּאִין לַדִּין עַכְשָׁיו לְפִי שֶׁהָעֶבֶד תּוֹבֵעַ דְּמֵי עֵינוֹ וּמַזְמִין אֶת הָרַב לְדִין וְרַבּוֹ מוֹדֶה לוֹ דְּמֵי שִׁינּוֹ לְכָךְ כִּי אָתוּ סָהֲדֵי לָא אָתוּ אֶלָּא לִגְרֹעַ כֹּחוֹ שֶׁל עֶבֶד שֶׁאִם יָבֹאוּ עֵדִים עַל דְּמֵי עֵינוֹ לֹא יִהְיֶה מַמָּשׁ בְּדִבְרֵיהֶם וְיוֹדְעִים הֵם שֶׁיָּבֹאוּ עֵדִים אֲבָל מֵעִיקָּרָא לָא הֲוָה יָדְעִינַן דְּמַייְרֵי כְּשֶׁעָמַד בְּדִין אַפֵּי' הָרַב מוֹדֶה כַּמָּה פְּעָמִים צָרִיךְ הָעֶבֶד לָעֵדִים דְּמוֹדֶה בִּקְנָס פָּטוּר מִשּׁוּם הָכִי פָּרִיךְ שַׁפִּיר בָּתַר דְּמַפְּקִי לֵיהּ לְחֵירוּת כּוּ' וְא"ת לָמָּה דָּחַק אַבַּיֵּי לְאוֹקְמֵי לְסֵיפָא בְּמֵיפַךְ וַהֲזָמָה כֵּיוָן דִּבְעָמַד בַּדִּין מוֹקְמִינַן לָהּ יֹאמַר שֶׁהָעֶבֶד תּוֹבְעוֹ דְּמֵי עֵינוֹ וְהָרַב מוֹדֶה לוֹ דְּמֵי שִׁינּוֹ וְהֵבִיא עֶבֶד עֵדִים דְּהִפִּיל אֶת שִׁינּוֹ וְסִימָא אֶת עֵינוֹ וּבָאוּ עֵדִים וֶהֱזִימּוּם וְי"ל דְּוַדַּאי ה"ה כָּךְ שָׁוֶה אִם מֵיפָךְ הֲוָה ע"י הוֹדָאַת הָרַב כְּמוֹ עַל פִּי עֵדִים אֶלָּא אוֹרְחָא דְמִילְּתָא נְקַט שֶׁאֵין רְגִילוּת הָרַב לְהוֹדוֹת כְּלָל אֶלָּא כְּשֶׁיֵּשׁ עֵדִים בַּדָּבָר:
Abaye lui a dit : non, qu'ils les ont inversés et rendus zomemim ; d'où ? de la fin, etc. Il apparaît au Ri que toute cette sougya suit ce que l'on pensait d'abord : la déduction de Rava vient du début. Mais selon la vérité, la conclusion est que la déduction de Rava vient de la fin. Et Abaye n'a jamais dit cela. Ce sont les gens de la yechiva qui répondaient ainsi au nom d'Abaye, d'après ce qu'ils pensaient, que la déduction de Rava vient du début. Mais selon la conclusion, Abaye dit que le début porte sur trois paires, comme Rava l'a établi, sans inversion ni hazama, et que la fin porte sur deux paires, avec inversion et hazama. Abaye, en mettant l'inversion d'abord, ne parle pas au sens strict : sinon ils se trouveraient contredits. D'abord on les rend zomemim, ensuite on les inverse. Autre version : d'abord on les inverse et on les rend zomemim dans le délai d'une parole. Et il apparaît au Ri qu'Abaye établit le cas sur trois paires, comme on le voit plus loin, lorsqu'il dit : et Abaye te dira : soit, le début ne se passe pas de trois paires, puisqu'on enseigne " puisque le maître dit ainsi ". Et il s'agit aussi de ce que les intermédiaires ont inversé les premiers et les ont rendus zomemim. Dès lors les intermédiaires ne sont pas contredits du tout, et l'on ne peut en déduire que la contradiction est le début de la hazama, du fait qu'ils paient. Et quand on enseigne : les intermédiaires ont été trouvés zomemim, ils paient la valeur de l'œil à l'esclave, il en est de même de la valeur de l'œil envers les premiers, car on les obligeait à la valeur de l'œil pour le maître, à cause de " comme il a projeté " (ka'acher zamam). Seulement, les premiers n'étant pas mentionnés dans la baraita, il n'a pas jugé bon de l'enseigner. Toutefois nous n'avons aucun besoin de l'inversion des derniers envers les intermédiaires : une fois rendus zomemim, le témoignage des premiers tient de lui-même. Et dans le Kountress il explique qu'Abaye établit le début sur deux paires, comme la fin. On peut arranger l'enseignement " puisque le maître dit ainsi " : au départ, nous ne savions pas qu'ils les avaient inversés, et l'on peinait à comprendre " le maître dit ainsi ". Maintenant qu'ils les ont inversés, le maître se réjouit du témoignage de ceux-ci, qui ne l'obligent qu'à la valeur d'une dent, parce qu'il sait que viendront des témoins qui l'obligeront à la valeur d'un œil. Selon cela, on peut établir toute cette sougya selon la vérité. Rava n'a amené le début que pour en déduire que la fin porte sur trois paires, comme le début. Abaye lui retourne : déduis dans l'autre sens. Puisque la fin se suffit de deux paires, avec inversion et hazama, le début aussi se suffit de deux paires. La fin ne te donne pas une preuve tirée du début, car on peut établir le tout sur deux paires. Et ce qu'il dit plus loin : " soit, le début ne se passe pas de trois paires ", voici le sens : même si " puisque le maître dit ainsi " ne s'arrange pour toi que posé sur trois paires, la fin, elle, porte sur deux paires. Et si tu dis : si tu poses le début sur deux paires, pourquoi paient-ils la valeur de l'œil à l'esclave ? On devrait objecter, comme plus haut : après l'avoir fait sortir à la liberté, veulent-ils lui payer la valeur de l'œil ? Et ils peuvent dire : nous sommes venus pour son bien, comme on dit au chapitre Hayou bodekin (Sanhédrin 41a), où ils peuvent dire : nous sommes venus pour l'interdire à son mari. On peut répondre : selon ce que l'on pose maintenant, avec inversion et hazama, nous concluons que le cas est celui où il a déjà comparu en jugement. Et sans doute la chose est déjà connue : l'esclave est sorti à la liberté, et le maître lui-même le reconnaît, comme l'enseigne " puisque le maître dit ainsi ", à savoir qu'il a comparu en jugement. Toute la raison de leur venue en jugement maintenant, c'est que l'esclave réclame la valeur de son œil et cite le maître, et son maître lui reconnaît la valeur de sa dent. C'est pourquoi, quand les témoins viennent, ils ne viennent que pour diminuer le droit de l'esclave : si des témoins viennent au sujet de la valeur de son œil, leurs paroles resteront sans effet. Et ils savent que des témoins viendront. Mais au départ, nous ne savions pas que le cas est celui où il a déjà comparu en jugement. Même si le maître reconnaît, bien des fois l'esclave à besoin de témoins, car celui qui avoue une amende (kénas) en est exempt. C'est pourquoi l'on objecte à bon droit : après l'avoir fait sortir à la liberté, etc. Et si tu dis : pourquoi Abaye s'est-il astreint à poser la fin sur l'inversion et la hazama, puisque nous la posons sur " il a déjà comparu en jugement " ? Qu'il dise : l'esclave lui réclame la valeur de son œil, le maître lui reconnaît la valeur de sa dent, l'esclave a amené des témoins disant qu'il a fait tomber sa dent et crevé son œil, et des témoins sont venus et les ont rendus zomemim. On peut répondre : c'est égal si l'inversion se fait par l'aveu du maître ou par des témoins. Seulement, il prend le cours ordinaire de la chose : le maître n'a pas coutume d'avouer, sauf lorsqu'il y a des témoins sur l'affaire.
💡 Explication

Abaye refuse d'en tirer la règle de Rava. Rachi lit son " non " ainsi : il n'y a pas de première paire qui aurait déjà contredit. La seconde paire fait les deux à la fois, afkhinu ve-azminhu : elle inverse l'ordre des faits et elle dit " vous étiez avec nous ".

De toute façon l'esclave sort libre, et les zomemim paient l'œil qu'ils voulaient lui retirer. Le maître, lui, s'y retrouve : sortie par l'œil, et paiement d'une dent. La difficulté du prix de l'esclave entier reste pour plus loin : on posera le cas où il a déjà comparu en jugement.

Tossefot : le Ri tient d'abord que tout ce développement suit une lecture provisoire, la déduction prise sur le début de la baraita. Selon la conclusion, Abaye n'a pas dit cela. Le Kountress, lui, laisse Abaye sur deux paires, comme la fin.

16
דְּאַפְכִינְהוּ וְאַזְּמִינְהוּ.

qu'ils les ont inversés et qu'ils les ont rendus zomemim.

💡 Explication

Suite immédiate du " non " d'Abaye. Afkhinu : la seconde paire renverse l'ordre, dent et œil. Azminhu : dans le même témoignage, elle les rend zomemim. Il n'y a pas eu une contradiction d'abord, puis une hazama ensuite. La baraita ne prouve donc pas la règle de Rava.

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מִמַּאי?

D'où ?

💡 Explication

Abaye ouvre la preuve de sa lecture. Le mot reste suspendu : la suite est à l'amoud suivant.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).