Bava Kamma 74a - Inversion et hazama, ou trois paires

Bava_Kamma 74a

Sougya : L'amoud répond au " d'où ? " d'Abaye, à la fin de 73b.

Abaye lit la fin de la baraita, puis le début, sur deux paires : la seconde inverse l'ordre de l'œil et de la dent, et prononce la hazama dans le même témoignage. La Guemara serre le cas.

Si les derniers nient toute blessure, s'ils reculent la date, ou si le maître n'a pas encore comparu, les zomemim devraient la valeur de l'esclave entier. On pose donc une blessure reconnue, une date avancée, et un jugement déjà rendu.

Rav Aha, fils de Rav Ika, refuse de tirer la règle de Rava du début : les intermédiaires n'y sont pas contredits, deux cents comprenant une mine. Rav Ashi répond : Rava déduit de la fin, lue elle aussi en trois paires.

Les premiers, déjà contredits, paient encore. La contradiction (hakhchacha) est le début de la hazama.

Abaye maintient la fin sur deux paires : un esclave accueille tout témoignage qui le fait sortir. Rabbi Zeira ouvre une attaque que 74b achève.

Deux lectures de la baraita Suite de 73b. Œil et dent de l'esclave kenaani. Abaye Deux paires. Mifakh ve-hazama : inversion de l'ordre et hazama ensemble. La fin le prouve. Le début suit la fin. Pas de hakhchacha avant la hazama. Rava, selon Rav Ashi Trois paires, début et fin. 1. Témoignage, gmar din. 2. Hakhchacha : ordre inverse. 3. Hazama des premiers. La déduction vient de la fin. Les premiers étaient déjà contredits. Ils paient encore. Hakhchacha = début de hazama. Réponse d'Abaye, en fin d'amoud Le début exige trois paires, à cause de " le maître dit ainsi ". La fin se suffit de deux : l'esclave accueille toute sortie vers la liberté.
Abaye : deux paires, inversion et hazama ensemble. Rava, selon Rav Ashi : trois paires, et la contradiction est le début de la hazama. Abaye garde trois paires pour le seul début.
Quel cas pour l'inversion et la hazama ? Lecture d'Abaye. La baraita ne fait payer que la valeur de l'œil. Que disent les derniers, ceux qui rendent zomemim ? Aucune blessure " Vous étiez avec nous " et rien de plus. Esclave entier au maître. Blessure admise Ils inversent l'ordre et rendent zomemim. Piste retenue. Date reculée Fait au jour 2, témoignage au jour 1. Pas encore passible. Date avancée, sans jugement Le maître n'a pas comparu. Kenas : il n'est pas encore tenu. Esclave entier. Déjà comparu Autre tribunal, autre paire. L'aveu ne sert plus. On ne paie que l'œil. Une fois le jugement rendu L'esclave est déjà sorti. Le maître le retenait. Début de la baraita : les zomemim paient l'œil à l'esclave. Fin de la baraita : ils paient l'œil au maître.
Pour ne payer que l'œil : blessure admise, date avancée, maître déjà jugé. Sinon les zomemim doivent l'esclave entier.
Fin de la baraita en trois paires Défense de Rava par Rav Ashi. Déduction prise sur la fin. 1. Premiers : dent, puis œil Gmar din sur leur bouche. Liberté, plus la valeur de l'œil. 2. Seconds : œil, puis dent Hakhchacha. Le surplus de l'œil tombe. Reste la dent, commune aux deux. 3. Hazama des premiers Ils paient au maître la valeur de l'œil. La baraita vise ce paiement. Donc la hakhchacha est le début de la hazama Les premiers étaient déjà contredits, et ils paient encore. Abaye : cette fin n'a pas besoin de trois paires. " L'esclave dit ainsi " vaut pour toute sortie.
Fin en trois paires. Gmar din sur dent puis œil, contradiction par l'ordre inverse, hazama des premiers. Ils paient encore : la hakhchacha est le début de la hazama.
1
מִדְּסֵיפָא בְּמֵיפַךְ וַהֲזָמָה, רֵישָׁא נָמֵי בְּמֵיפַךְ וַהֲזַמָּה.

Du fait que la fin porte sur l'inversion et la hazama, le début aussi porte sur l'inversion et la hazama.

📜 Rachi (1)
מִדְּסֵיפָא בִּשְׁתֵּי כִּיתּוֹת לְהָכִי תָּלֵי רֵישָׁא בְּסֵיפָא דְּרֵישָׁא לָא נִיחָא לָן לְאוֹקְמָה בִּשְׁתֵּי כִּיתּוֹת אֶלָּא בַּג' מִשּׁוּם דְּקָתָנֵי שֶׁהֲרֵי הָרַב אוֹמֵר כֵּן וְאִי דְּלָא אֲתַאי כַּת אַחֲרִיתִי מִקַּמֵּי דִּידְהוּ וְאָמְרוּ אִיפְּכָא לָא הֲוָה נִיחָא לֵיהּ בְּהָנֵי דְּמַפְּקִי לֵיהּ לָעֶבֶד לְחֵירוּת אֶלָּא מִדְּסֵיפָא מִיתּוֹקְמָא בִּשְׁתֵּי כִּיתּוֹת וע"כ בְּמֵיפַךְ וַהֲזָמָה מוֹקְמַית לֵיהּ הִלְכָּךְ רֵישָׁא נָמֵי אוֹקֵי בְּמֵיפַךְ וַהֲזָמָה:
Depuis la fin. Sur deux paires. C'est pourquoi le début est suspendu à la fin. Pour le début, nous ne voulons pas l'établir sur deux paires, mais sur trois, parce qu'on enseigne " puisque le maître dit ainsi ". Et si une autre paire n'était pas venue avant eux pour dire l'inverse, cela ne lui conviendrait pas avec ceux-ci, qui font sortir l'esclave à la liberté. Mais puisque la fin s'établit sur deux paires, et que tu dois l'établir sur l'inversion et la hazama, établis donc le début aussi sur l'inversion et la hazama.
💡 Explication

Réponse au " d'où ? " d'Abaye, laissé en suspens à la fin de 73b. Il aligne le début de la baraita sur la fin : deux paires, mifakh ve-hazama, inversion de l'ordre et hazama dans le même témoignage.

Rachi note la gêne. Le début, avec " puisque le maître dit ainsi ", appelait trois paires : une première, pire pour le maître, puis celle de la baraita. Abaye la fait pourtant suivre la fin, parce que la fin, elle, ne tient qu'en deux paires.

2
דְּקָתָנֵי סֵיפָא: ״מֵעִידַנוּ אֶת אִישׁ פְּלוֹנִי שֶׁהִפִּיל אֶת שֵׁן עַבְדּוֹ, וְסִימֵּא אֶת עֵינוֹ״ – שֶׁהֲרֵי הָעֶבֶד אוֹמֵר כֵּן; וְנִמְצְאוּ זוֹמְמִין – מְשַׁלְּמִין דְּמֵי עַיִן לָרַב.

Car on enseigne dans la fin : " Nous témoignons au sujet d'un tel qu'il a fait tomber la dent de son esclave et qu'il a crevé son œil ", puisque l'esclave dit ainsi ; et ils ont été trouvés zomemim : ils paient la valeur de l'œil au maître.

📜 Rachi (1)
שֶׁהֲרֵי הָעֶבֶד אוֹמֵר כֵּן דְּנִיחָא לֵיהּ דְּמַפְּקִי לֵיהּ לְחֵירוּת וְיָהֲבִי לָהּ דְּמֵי עַיִן:
Puisque l'esclave dit ainsi. Cela lui convient : on le fait sortir à la liberté, et on lui donne la valeur de l'œil.
💡 Explication

Texte de la seifa. Ordre dit : d'abord la dent, qui affranchit l'esclave kenaani, puis l'œil, payé ensuite au prix d'un homme libre. Rachi : l'esclave y gagne la liberté et la valeur de l'œil.

Rendus zomemim, ces témoins paient cette valeur de l'œil au maître. Au début de la baraita, le paiement allait à l'esclave. Ici il change de destinataire.

3
הֵיכִי דָמֵי? אִי דְּלָא קָא מוֹדוּ לְהוּ בָּתְרָאֵי בְּחַבְלָא כְּלָל, דְּמֵי כֻּולֵּיהּ עֶבֶד לְרַב בָּעֵי שַׁלּוֹמֵי לֵיהּ!

Quel est le cas ? Si les derniers ne leur reconnaissent aucune blessure, c'est la valeur de l'esclave entier qu'ils doivent payer au maître !

📜 Rachi (3)
בָּתְרָאֵי אוֹתָן שֶׁמְּזִימִּין:
Les derniers. Ceux qui rendent zomemim.
אִילֵּימָא דְּלָא קָמוֹדוּ הָנָךְ בָּתְרָאֵי בְּחַבְלָא דַּעֲבַד כְּלָל אֶלָּא דְּקָאָמְרִי עִמָּנוּ הֱיִיתֶם וְתוּ לָא מִידִּי:
Si tu dis qu'ils ne reconnaissent pas. Ces derniers ne reconnaissent aucune blessure de l'esclave : ils disent " vous étiez avec nous ", et rien de plus.
כּוּלֵּיהּ עָבֶד בָּעֵי קַמָּאֵי לְשַׁלּוֹמֵי:
L'esclave entier. Les premiers doivent le payer.
💡 Explication

Première branche écartée. Si la paire de la hazama dit seulement " vous étiez avec nous ", sans admettre la blessure, le complot visait à retirer l'esclave au maître. Au titre de ka'acher zamam, ils devraient la valeur de l'esclave entier.

La baraita ne parle que de la valeur de l'œil. Cette branche tombe.

4
אֶלָּא פְּשִׁיטָא – דְּקָא מוֹדוּ כֻּולְּהוּ בְּחַבְלָא,

Plutôt, c'est évident : tous reconnaissent la blessure,

💡 Explication

Les deux paires admettent que le maître a frappé. Le débat porte sur l'ordre, et sur la hazama.

5
(וּדְקָא אָפְכִינַן) [וּדְאַפְכִינְהוּ] וְאַזְּמִינְהוּ.

et qu'ils les ont inversés, et qu'ils les ont rendus zomemim.

📜 Rachi (2)
וְאַפְכִינְהוּ וְאַהֲנוּ לֵיהּ לְרַב לְפָוטְרוֹ מִדְּמֵי עַיִן שֶׁהֵן מְרֻובִּין מִדְּמֵי שֵׁן וּמִיהוּ עֶבֶד נָפֵיק לְחֵירוּת:
Et ils les ont inversés. Ils ont été utiles au maître, pour l'exempter de la valeur de l'œil, plus grande que la valeur de la dent. Toutefois l'esclave sort à la liberté.
וְאַזְּמִינְהוּ וְהָכָא לֵיכָּא לְמֵימַר כִּדְאָמַר רָבָא בְּרֵישָׁא דַּאֲתַאי כַּת אַחֲרִיתִי מִקַּמֵּי דִּידְהוּ וְאָמְרִי אִיפְּכָא סִימֵּא אֶת עֵינוֹ וְהִפִּיל אֶת שִׁינּוֹ דְּאִי אֲתַאי כַּת אַחֲרִיתִי בְּרֵישָׁא וַהֲדַר אָמְרִי הָנֵי הִפִּיל אֶת שִׁינּוֹ וְסִימָא אֶת עֵינוֹ כֵּיוָן דְּלָא אַפֻּומַּייְהוּ פָּסְקִינַן דִּינָא אֶלָּא בָּרִאשׁוֹנִים שֶׁמַּזְקִיקִים אֶת הָרַב לִדְמֵי שֵׁן שֶׁיֶּשְׁנוֹ בִּכְלַל דְּמֵי עַיִן שֶׁל אַחֲרוֹנִים אֲפִילּוּ נִמְצְאוּ זוֹמְמִין אֵלּוּ הָאַחֲרוֹנִים לָא הָוֵי מְחַיְּיבוֹ דְּאֵין עֵדִים זוֹמְמִים מִתְחַייְּבִים עַד שֶׁיִּגָּמֵר הַדִּין עַל פִּיהֶם הִלְכָּךְ הַךְ סֵיפָא מוֹכְחָא לְפוּם רִיהֲטָא בִּשְׁתֵּי כִּיתּוֹת וּמֵיפַךְ וַהֲזָמָה:
Et ils les ont rendus zomemim. Ici on ne peut pas dire comme Rava l'a dit pour le début, qu'une autre paire serait venue avant eux et aurait dit l'inverse : il a crevé son œil et fait tomber sa dent. Car si une autre paire était venue d'abord, et qu'ensuite ceux-ci avaient dit : il a fait tomber sa dent et crevé son œil, nous ne trancherions pas le droit sur leur bouche, mais sur les premiers, qui obligent le maître à la valeur de la dent, comprise dans la valeur de l'œil des derniers. Même si ces derniers étaient trouvés zomemim, on ne les tiendrait pas : les témoins zomemim ne sont tenus que lorsque le jugement a été achevé sur leur bouche. C'est pourquoi cette fin prouve, à première lecture, deux paires, et l'inversion avec la hazama.
💡 Explication

Le segment hébreu porte une leçon entre parenthèses, vedeka afkhinan, et entre crochets la leçon retenue, ve-dafkhinu. Rachi commente la leçon retenue : les derniers inversent et rendent zomemim.

L'inversion sert le maître : il échappe à la valeur de l'œil et ne garde que la dent. L'esclave sort quand même. Rachi bloque ici la lecture de Rava en trois paires. Si une paire antérieure avait déjà dit l'ordre inverse, le gmar din ne se ferait pas sur la bouche de ceux qui parlent de l'œil. Sans jugement achevé sur leur bouche, la hazama ne les atteint pas. La fin se lit donc, d'abord, en deux paires.

6
וְהֵיכִי דָּמֵי? אִי דְּקָא מְאַחֲרִי אַחוֹרֵי הָנֵי בָּתְרָאֵי – אַכַּתִּי דְּמֵי עֶבֶד לְרַב בָּעֵי שַׁלּוֹמֵי;

Et quel est le cas ? Si ces derniers reculent la date, ils doivent encore payer la valeur de l'esclave au maître.

📜 Rachi (3)
וְהֵיכִי דָּמֵי בֵּין רֵישָׁא וּבֵין סֵיפָא כֵּיוָן דְּהַשְׁתָּא מוֹקְמַתְּ לָהּ בְּמֵיפַךְ וַהֲזָמָה וּבִשְׁתֵּי כִּיתּוֹת עֵדִים הֵיכִי דָמֵי:
Et quel est le cas. Pour le début comme pour la fin : maintenant que tu l'établis sur l'inversion et la hazama, et sur deux paires de témoins, quel est le cas ?
אִי דִּמְאַחֲרִי אֲחוֹרֵי הָנֵי בָּתְרָאֵי כְּגוֹן דְּאָמְרִי קַמָּאֵי יוֹם רִאשׁוֹן הֲוָה מַעֲשֶׂה וְאָתוּ בָּתְרָאֵי וְאָמְרִי יוֹם שֵׁנִי הֲוָה מַעֲשֶׂה וְאִיפְּכָא הֲוָה:
Si ces derniers reculent la date. Par exemple, les premiers disent : le fait à eu lieu le premier jour. Les derniers viennent et disent : le fait à eu lieu le second jour, et c'était l'inverse.
אַכַּתִּי כּוּלֵּיהּ עֶבֶד בָּעֵי לְשַׁלּוּמֵי לְרַב דְּכִי מְחַייְּבִי לֵיהּ מִיּוֹם רִאשׁוֹן לְהוֹצִיא עַבְדּוֹ לְחֵירוּת אַכַּתִּי לָא הֲוָה בַּר חִיּוּבָא דְּהָא בְּיוֹם שֵׁנִי הֲוָה מַעֲשֶׂה וְאַכַּתִּי כּוּלֵּיהּ עֶבֶד בָּעֵי לְשַׁלּוּמֵי לְרַב דְּכִי אָתוּ לְאַסְהוֹדֵי לְחִיּוּבֵיהּ לְרַב אַכַּתִּי לָאו בַּר חִיּוּבָא הוּא:
Ils doivent encore payer l'esclave entier au maître. Car lorsqu'ils le rendent tenu, à partir du premier jour, de faire sortir son esclave à la liberté, il n'était pas encore un homme passible : le fait à eu lieu le second jour. Et ils doivent encore payer l'esclave entier au maître, car lorsqu'ils sont venus témoigner pour le rendre tenu, il n'était pas encore un homme passible.
💡 Explication

Me'aharei ahorei : les derniers placent le fait plus tard que la date dite par les premiers. Au moment où les premiers voulaient obliger le maître, le coup n'avait pas encore eu lieu. Il n'était pas bar hiyuva, un homme déjà passible.

Leur complot visait alors l'esclave entier. La baraita, qui ne parle que de l'œil, écarte cette date reculée. Rachi étend la question au début et à la fin, puisque Abaye pose les deux sur le même modèle.

7
דְּכִי מְחַיְּיבִי לֵיהּ לְגַבְרָא – אַכַּתִּי גַּבְרָא לָאו בַּר חִיּוּבָא הוּא! אֶלָּא דְּקָא מְקַדְּמִי קַדּוֹמֵי הָנֵי בָּתְרָאֵי.

Car lorsqu'ils rendent l'homme tenu, l'homme n'est pas encore passible ! Plutôt, ces derniers avancent la date.

📜 Rachi (1)
דְּמַקְדְּמִי אַקְּדוּמֵי הָנֵי בָּתְרָאֵי שֶׁהֵם מוֹדִים דְּקֹודֶם שֶׁבָּאת כַּת רִאשׁוֹנָה לְהָעִיד נַעֲשֶׂה מַעֲשֶׂה:
Ces derniers avancent la date. Ils reconnaissent que le fait à eu lieu avant que la première paire ne vienne témoigner.
💡 Explication

Makdemi kadomei : les derniers placent le coup avant la venue des premiers témoins. Au moment du témoignage, le maître était déjà dans le fait. Reste à savoir s'il avait déjà comparu.

8
וְאִי דְּלָא עָמַד בַּדִּין – אַכַּתִּי דְּמֵי כֻּולֵּיהּ עֶבֶד לְרַב בָּעֵי שַׁלּוֹמֵי לֵיהּ, דְּאַכַּתִּי גַּבְרָא לָא מִיחַייַּב!

Et s'il n'a pas comparu en jugement, ils doivent encore lui payer la valeur de l'esclave entier, car l'homme n'est pas encore tenu !

📜 Rachi (1)
וְאִי דְּלָא הֶעֱמִידוּ הָעֶבֶד לְרַבּוֹ בַּדִּין קֹודֶם שֶׁבָּאת כַּת רִאשׁוֹנָה לְהָעִיד אַכַּתִּי כֻּולֵּי דְּמֵי עֶבֶד בָּעֵי שַׁלּוֹמֵי דְּהָא כּוּלֵּיהּ בָּעֵי אַפְסוֹדֵיהּ מִינֵּיהּ דְּאַכַּתִּי גַּבְרָא לָא מִיחַייַּב דְּאִי הֲוָה בָּעֵי הֲוָה אֲתָא לְבֵי דִּינָא וּמוֹדֶה וּמִפְּטַר דְּמוֹדֶה בִּקְנָס פָּטוּר וְחֵירוּת דֶּשֶׁן וָעַיִן קְנָסָא הוּא:
Et s'il ne l'a pas fait comparaître. L'esclave n'a pas fait comparaître son maître en jugement avant que la première paire ne vienne témoigner : ils doivent encore payer toute la valeur de l'esclave, car ils cherchaient à la lui faire perdre tout entière. Car l'homme n'est pas encore tenu. S'il le voulait, il viendrait au tribunal, il avouerait, et il serait exempt. Celui qui avoue une amende (kenas) en est exempt, et la liberté de la dent et de l'œil est une amende.
🗂️ Tossefot (1)
דְּאַכַּתִּי גַּבְרָא לָא מִחַיַּיב אֵין הַטַּעַם מִשּׁוּם דְּאִי הֲוָה בָּעֵי הֲוָה אָתֵי לב"ד וּמוֹדֶה וּמִיפְּטַר דְּאַפֵּי' לִשְׁמוּאֵל דְּאָמַר לְקַמָּן (בָּבָא קַמָּא דַּף עה.) מוֹדֶה בִּקְנָס וְאח"כ בָּאוּ עֵדִים חַיָּיב הָכָא כֵּיוָן דְּלָא עָמַד בַּדִּין לָא חָשְׁבִינַן לְגַבְרָא בַּר חִיּוּבָא לְעִנְיַן קְנָס כִּדְפָרֵישִׁית בְּסוֹף הַמַּנִּיחַ (לְעֵיל בָּבָא קַמָּא לג. וְשָׁם: ד"ה אִיכָּא) בִּשְׁמַעְתִּין דְּהֻוחְלַט הַשּׁוֹר:
Car l'homme n'est pas encore tenu. Le motif n'est pas que, s'il le voulait, il viendrait au tribunal, avouerait et serait exempt. Même selon Chmouel, qui dit plus loin (Bava Kamma 75a) : celui qui avoue une amende, et qu'ensuite des témoins viennent, est tenu. Ici, puisqu'il n'a pas comparu en jugement, nous ne comptons pas l'homme comme passible au regard de l'amende, comme je l'ai expliqué à la fin de Ha-maniah (plus haut, Bava Kamma 33a, et là-bas, au dibour " il y a "), dans la sougya du bœuf déclaré confisqué (houhlat ha-chor).
💡 Explication

Sans comparution, le maître n'est pas encore bar hiyuva. Rachi : la liberté pour dent ou œil est un kenas. Celui qui avoue une amende en est exempt. Le maître pouvait encore avouer et sortir quitte. Les témoins qui voulaient le rendre tenu visaient donc l'esclave entier.

Tossefot sépare ce motif de l'aveu. Même pour Chmouel, qui rend tenu celui qui a avoué dès lors que des témoins viennent ensuite, tant qu'il n'a pas comparu on ne le compte pas passible pour une amende. Il renvoie à Bava Kamma 33a, sougya du bœuf houhlat.

9
אֶלָּא דְּעָמַד בַּדִּין.

Plutôt, il a comparu en jugement.

📜 Rachi (1)
כְּשֶׁעָמַד בַּדִּין עַל הַחֲבָלוֹת הַלָּלוּ ע"י עֵדִים אֲחֵרִים בב"ד אַחֵר וְחִייְּבוּהוּ לְהַנִּיחַ הָעֶבֶד וּבָרַח דְּהַשְׁתָּא אִי קָאָתֵי בְּעָלִים קַמַּן הָא לָא מְהַנְּיָא לֵיהּ הוֹדָאָה וְקָתָבַע לֵיהּ הַאי עֶבֶד הִפַּלְתָּ אֶת שִׁינִּי וְסִיַּמְתָּ אֶת עֵינִי וְהֶעֱמַדְתִּיךָ בַּדִּין וְנִתְחַייַּבְתָּ לִי דְּמֵי עֵינַי וְהֵבִיא עֵדִים אֵלּוּ עַל כָּךְ וְאָתוּ סָהֲדֵי אַחֲרִינֵי וְאַפְכִינְהוּ וְאָמְרוּ לָא חַיְּיבִינְהוּ ב"ד אֶלָּא דְּמֵי שֵׁן וְאַזְּמִינְהוּ הִלְכָּךְ בֵּין רֵישָׁא וּבֵין סֵיפָא אַדְּמֵי עֶבֶד לָא מִחַיְּיבִי דְּהָא מב"ד קַמָּא נְפַק עֶבֶד לְחֵירוּת אֶלָּא שֶׁזֶּה הָיָה מַחֲזִיק בּוֹ אֲבָל דְּמֵי עַיִן מְשַׁלְּמִי לָעֶבֶד בְּבָבָא דְּרֵישָׁא דְּהָא מָמוֹנָא דְּעַיִן אִית לֵיהּ גַּבֵּיהּ מִבֵּית דִּין קַמָּא וְקָבְעוּ הָנֵי לְמִיפְטְרֵיהּ וּבְסֵיפָא מְשַׁלְּמִי דְּמֵי עַיִן לְרַב דְּקָא מְחַייְּבִי לֵיהּ אַשִּׁקְרָא וע"כ בִּדְאַפְכִינְהוּ מוֹקְמַתְּ לֵיהּ דְּאִי לָאו הָכִי כֵּיוָן דְּלֵיכָּא סָהֲדֵי אֲבִי דִּינָא קַמָּא כּוּלֵּיהּ עֶבֶד בָּעֵי שֶׁלּוּמֵי:
Lorsqu'il a comparu en jugement. Pour ces blessures, par d'autres témoins, dans un autre tribunal : on l'a obligé à laisser l'esclave, et il s'est enfui. Maintenant, si le propriétaire vient devant nous, l'aveu ne lui sert plus. Et cet esclave le cite : tu as fait tomber ma dent et crevé mon œil, je t'ai fait comparaître en jugement, et tu as été tenu envers moi de la valeur de mon œil. Il a amené ces témoins là-dessus. D'autres témoins sont venus, les ont inversés, et ont dit : le tribunal ne l'a obligé qu'à la valeur de la dent, et ils les ont rendus zomemim. C'est pourquoi, dans le début comme dans la fin, ils ne sont pas tenus de la valeur de l'esclave : dès le premier tribunal l'esclave est sorti à la liberté, seulement celui-ci le retenait. Mais ils paient la valeur de l'œil à l'esclave dans la clause du début, car l'argent de l'œil, il l'a contre lui depuis le premier tribunal, et ceux-ci ont cherché à l'en exempter. Et dans la fin, ils paient la valeur de l'œil au maître, car ils l'ont rendu tenu par un mensonge. Et tu dois l'établir sur le fait qu'ils les ont inversés. Sinon, puisqu'il n'y a pas de témoins sur le premier tribunal, ils doivent payer l'esclave entier.
💡 Explication

Cas retenu par Rachi pour la lecture d'Abaye. Un premier tribunal, sur d'autres témoins, a déjà fait sortir l'esclave. Le maître s'est enfui en le gardant. L'aveu d'une amende ne le délie plus.

L'esclave revient réclamer la valeur de l'œil. La paire de la baraita, puis la paire qui inverse et rend zomemim, ne portent plus sur la liberté, déjà acquise. Elles portent sur la somme. Début : elles voulaient retirer l'œil à l'esclave, elles le lui paient. Fin : elles voulaient le mettre à la charge du maître, elles le paient au maître.

🖼️ Schéma
Il a déjà comparu Tribunal ancien Autres témoins. L'esclave sort. Le maître s'enfuit en le retenant. Nouveau tribunal L'esclave réclame l'œil. Ces témoins inversent : le tribunal n'a mis que la dent. Après hazama Pas l'esclave entier. Début : œil à l'esclave. Fin : œil au maître. Rachi : sans témoins sur le premier tribunal, on reviendrait à l'esclave entier. L'aveu du maître ne sert plus : le jugement est déjà passé.
Jugement déjà rendu, fuite du maître, puis inversion. On paie l'œil, pas l'esclave entier.
10
אֲמַר לֵיהּ רַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרַב אִיקָא לְרַב אָשֵׁי: דֻּוקְיָא דְּרָבָא מֵהֵיכָא? אִילֵּימָא מֵרֵישָׁא, רֵישָׁא מִי קָא מִתַּכְחֲשִׁי מְצִיעָאֵי?

Rav Aha, fils de Rav Ika, dit à Rav Ashi : la déduction de Rava, d'où vient-elle ? Si tu dis : du début, le début, les intermédiaires y sont-ils contredits ?

📜 Rachi (2)
דַּוְקָא דְּרָבָא דְּהַכְחָשָׁה תְּחִילַּת הֲזַמָּה הִיא מֵהֵיכָא:
La déduction de Rava. Que la contradiction est le début de la hazama : d'où vient-elle ?
אִילֵּימָא מֵרֵישָׁא דְּמוּקֵי לָהּ בְּשָׁלֹשׁ כִּיתּוֹת סוֹף סוֹף מִי קָא אִיתַּכְחַשׁוּ דְּתֶיהֱוֵי עֵדוּתָן בְּטֵילָה בְּהַכְחָשָׁה דְּקַמָּאֵי הָא אִי לָאו מִיתַּזְּמִי דִּינָא כְּוָותַייְהוּ פָּסְקִינַן וְיָהֵיב דְּמֵי שֵׁן דְּיֶשְׁנוֹ בִּכְלַל עֵדוּת הָרִאשׁוֹנִים וּמִשּׁוּם הָכִי מְהַנְּיָא בָּהֶן תּוֹרַת הֲזָמָה אֲבָל גַּבֵּי שְׁנַיִם אוֹמְרִים הָרַג וּשְׁנַיִם אוֹמְרִים לֹא הָרַג דְּאִיתַּכְחוּשׁ קַמָּאֵי וְלָא קָטְלִינַן לֵיהּ וּלְעוֹלָם אֵימָא לָךְ כֵּיוָן דִּבְטִיל סָהֲדוּתַיְיהוּ לָא מְהַנְּיָא בְּהוּ תּוֹרַת הֲזָמָה:
Si tu dis : du début. Il l'établit sur trois paires. Au bout du compte, ont-ils été contredits, au point que leur témoignage soit annulé par la contradiction des premiers ? Car s'ils n'étaient pas rendus zomemim, nous trancherions le droit selon eux, et il donnerait la valeur de la dent, comprise dans le témoignage des premiers. C'est pour cela que le droit de la hazama s'applique à eux. Mais là où deux disent " il a tué " et deux disent " il n'a pas tué ", où les premiers sont contredits et où nous ne le mettons pas à mort, je pourrais toujours te dire : puisque leur témoignage est annulé, le droit de la hazama ne s'applique pas à eux.
💡 Explication

Rav Aha, fils de Rav Ika, cherche le point d'appui de Rava. Le début, en trois paires, ne lui donne pas le cas qu'il vise. Les intermédiaires disent la somme petite, la dent. Si on ne les rendait pas zomemim, on trancherait selon eux.

Rachi marque l'écart avec deux qui disent " il a tué " et deux qui disent " il n'a pas tué ". Là, la contradiction annule l'edout, et l'on peut soutenir qu'une hazama ultérieure n'a plus de prise. Le début de la baraita ne force pas cette règle.

11
כֵּיוָן דְּאִי לָא מִתַּזְּמִי – סָהֲדוּתָא כְּוָותַייְהוּ קָא קָייְמָא, דְּדִינָא כְּוָותַייְהוּ פָּסְקִינַן, דְּיֵשׁ בִּכְלַל מָאתַיִם מָנֶה;

Puisque, s'ils ne sont pas rendus zomemim, le témoignage tient selon eux, car nous tranchons le droit selon eux : deux cents comprennent une mine ;

💡 Explication

Yech bi-khlal matayim mane : la somme petite est comprise dans la grande. Dent et œil sont admis des deux côtés. Le surplus, la valeur de l'œil plutôt que celle de la dent, est la seule part en débat. On suit les intermédiaires pour le tout de ce qu'ils disent.

12
הִלְכָּךְ קַמָּאֵי הוּא דְּקָא מִתַּכְחֲשִׁי, מְצִיעָאֵי לָא מִתַּכְחֲשִׁי מִידֵּי!

c'est pourquoi ce sont les premiers qui sont contredits ; les intermédiaires ne sont contredits en rien !

💡 Explication

La hakhchacha frappe les premiers, qui demandaient l'œil. Les intermédiaires, ceux que la baraita rend ensuite zomemim dans la lecture de Rava, restent hors de la contradiction. Leur hazama ne prouve donc pas qu'un témoin déjà contredit reste passible.

🖼️ Schéma
Deux cents comprennent une mine Premiers Dent, puis œil. Ils demandent la grande somme. Eux sont contredits. Le surplus de l'œil tombe. Intermédiaires Œil, puis dent. Ils demandent la petite somme. Eux ne sont pas contredits. On trancherait selon eux.
La mine est dans les deux cents. Les intermédiaires restent entiers. Les premiers portent la contradiction.
13
אֲמַר לֵיהּ, רָבָא סָבַר: מִדְּרֵישָׁא בְּשָׁלֹשׁ כִּיתּוֹת – סֵיפָא נָמֵי בְּשָׁלֹשׁ; וְדָיֵיק מִסֵּיפָא –

Il lui dit : Rava pense que, du fait que le début porte sur trois paires, la fin aussi porte sur trois ; et il déduit de la fin.

📜 Rachi (2)
מִדְּרֵישָׁא מוֹכְחָא בְּשָׁלֹשׁ כִּיתּוֹת דְּקָתָנֵי שֶׁהֲרֵי הָרַב אוֹמֵר כֵּן אַלְמָא דְּאָתוּ כַּת אַחֲרִיתִי בְּרֵישָׁא דַּהֲוָה מְחַיֵּיב לֵיהּ דְּמֵי עַיִן:
Du fait du début. Il est prouvé qu'il y a trois paires, car on enseigne " puisque le maître dit ainsi ". Donc une autre paire est venue d'abord, qui l'aurait obligé à la valeur de l'œil.
סֵיפָא נָמֵי בְּשָׁלֹשׁ כִּיתּוֹת וּנְהִי דְּלָא אֶפְשָׁר דְּתֶהֱוֵי כַּת אַחֲרִיתִי קוֹדֶמֶת דא"כ דְּקַמָּאֵי אָמְרִי סִימֵּא וַהֲדַר הַפִּיל וְהָנֵי אָמְרִי הַפִּיל וַהֲדַר סִימֵּא לָא מִיגְמָר דִּינָא אַפֻּומַּייְהוּ לְמִיתַּן דְּמֵי עֵינָא אֶלָּא דְּמֵי שֵׁן וְהָוֵי בִּכְלָלָא דְּתַרְוַיְיהוּ וְכֵיוָן דְּלָא נִגְמַר הַדִּין עַל פִּיהֶם לָא מִחַייְּבִי הָנֵי מְצִיעָאֵי בַּהֲזָמָה דְּכַת שְׁלִישִׁית מִיהוּ הָכִי מוֹקֵי לָהּ דְּאָתוּ הָנֵי בֵּי תְּרֵי בְּרֵישָׁא וְאָמְרִי הַפִּיל וַהֲדַר סִימֵּא וּפָסְקִינַן לְדִינָא אַפֻּומַּייְהוּ כו':
La fin aussi, sur trois paires. Soit, il est impossible qu'une autre paire soit antérieure. Car alors les premiers diraient : il a crevé, puis il a fait tomber, et ceux-ci diraient : il a fait tomber, puis il a crevé. Le droit ne s'achèverait pas sur leur bouche pour donner la valeur de l'œil, mais la valeur de la dent, et elle est comprise dans les deux. Et puisque le jugement n'a pas été achevé sur leur bouche, ces intermédiaires ne seraient pas tenus par la hazama de la troisième paire. Toutefois il l'établit ainsi : ces deux-là sont venus d'abord et ont dit : il a fait tomber, puis il a crevé, et nous tranchons le droit sur leur bouche, etc.
💡 Explication

Rav Ashi déplace la déduction. Rava étend à la fin le nombre de paires du début, puis il prend sa preuve dans la fin, pas dans le début que Rav Aha vient de bloquer.

Rachi explique pourquoi, dans la fin, la paire supplémentaire ne peut pas venir avant les témoins de la baraita. Le gmar din de la valeur de l'œil doit se faire sur leur bouche. Ils sont donc les premiers. La paire suivante les contredit. Une troisième les rend zomemim.

14
כְּגוֹן דְּאָתוּ בֵּי תְּרֵי, וְאָמְרִי: ״הִפִּיל אֶת שִׁינּוֹ וְסִימֵּא עֵינוֹ״, וּפְסַקְּינֵיהּ לְדִינָא אַפֻּומַּייְהוּ;

Par exemple, deux sont venus et ont dit : " il a fait tomber sa dent et crevé son œil ", et nous avons tranché le droit sur leur bouche ;

💡 Explication

Première paire de la fin, dans la lecture de Rava. Dent puis œil. Le tribunal achève le jugement sur leur bouche : liberté, et valeur de l'œil. Cet achèvement est la condition de la hazama.

15
וְאָתוּ בֵּי תְרֵי אַחֲרִינֵי, וְאָמְרִי: ״סִימֵּא אֶת עֵינוֹ וְהִפִּיל אֶת שִׁינּוֹ״, דְּקָא מַכְחֲשִׁי לְהוּ לְהָנֵי קַמָּאֵי; וְנִמְצְאוּ זוֹמְמִין קַמָּאֵי – מְשַׁלְּמִין דְּמֵי עַיִן לְרַב.

et deux autres sont venus et ont dit : " il a crevé son œil et fait tomber sa dent ", si bien qu'ils contredisent ces premiers ; et les premiers ont été trouvés zomemim : ils paient la valeur de l'œil au maître.

📜 Rachi (1)
דְּקָא מַכְחֲשִׁי לְקַמָּאֵי וּבָטְלָה עֵדוּתָן דְּלָא יָהֵיב דָּמִים הַיְּתֵירִים וְקָתָנֵי דְּכִי נִמְצְאוּ זוֹמְמִים עַל יְדֵי כַּת שְׁלִישִׁית מְשַׁלְּמִין:
Qui contredisent les premiers. Leur témoignage est annulé, si bien qu'il ne donne pas les sommes en plus, et l'on enseigne que, lorsqu'ils sont trouvés zomemim par une troisième paire, ils paient.
🗂️ Tossefot (1)
וְנִמְצְאוּ זוֹמְמִים קַמָּאֵי בְּהַךְ סֵיפָא הֻוצְרַךְ לוֹמַר שֶׁהָעֵדִים שֶׁהֻוזְכְּרוּ בַּבָּרַייְתָא שֶׁהוּזְמוּ הֵם הָיוּ רִאשׁוֹנִים מִשּׁוּם דְּצָרִיךְ לוֹמַר דְּפָסְקִינַן לְדִינָא אַפֻּומַּייְהוּ דְּאֵין הָעֵדִים זוֹמְמִים מְשַׁלְּמִים עַד שֶׁיִּגָּמֵר הַדִּין עַל פִּיהֶם וְאִם לֹא שֶׁבָּאוּ תְּחִילָּה לָא ה"מ לְמִפְסַק דִּינָא אַפֻּומַּייְהוּ אֲבָל בְּרֵישָׁא אע"פ שֶׁבָּאוּ לַסּוֹף פָּסְקִינַן דִּינָא אַפֻּומַּייְהוּ:
Et les premiers ont été trouvés zomemim. Dans cette fin, il a dû dire que les témoins mentionnés dans la baraita, ceux qui ont été rendus zomemim, étaient les premiers. Car il faut dire que nous tranchons le droit sur leur bouche : les témoins zomemim ne paient que lorsque le jugement a été achevé sur leur bouche. Et s'ils n'étaient pas venus d'abord, on n'aurait pas pu trancher le droit sur leur bouche. Mais dans le début, même s'ils sont venus à la fin, nous tranchons le droit sur leur bouche.
💡 Explication

Deuxième paire : œil puis dent. Elle contredit les premiers. Le surplus tombe. Puis une troisième paire rend les premiers zomemim. Ils paient au maître la valeur de l'œil, alors qu'ils étaient déjà contredits.

Tossefot : dans la fin, ces zomemim doivent être les premiers, sinon il n'y a pas de gmar din sur leur bouche. Dans le début, on tranche selon les intermédiaires même venus ensuite, parce que leur somme est comprise dans la première.

🖼️ Schéma
Pourquoi les zomemim de la fin sont les premiers Ils viennent d'abord Dent, puis œil. Gmar din sur leur bouche. Sans cela, pas de hazama. Puis contradiction Œil, puis dent. Le surplus tombe. L'edout des premiers est déjà annulée. Puis hazama Troisième paire. Les premiers paient l'œil au maître. Preuve de Rava.
Fin en trois temps : gmar din, contradiction, hazama. Les premiers paient encore.
16
וְאִי סָלְקָא דַּעְתָּךְ הַכְחָשָׁה לָאו תְּחִילַּת הֲזָמָה הִיא, אַמַּאי מְשַׁלְּמִי? הָא אִתַּכְחַשׁוּ לְהוּ מֵעִיקָּרָא! אֶלָּא שְׁמַע מִינָּה, הַכְחָשָׁה – תְּחִילַּת הֲזָמָה הִיא.

Et si tu penses que la contradiction n'est pas le début de la hazama, pourquoi paient-ils ? Ils ont été contredits dès le départ !

Plutôt, apprends-en : la contradiction est le début de la hazama.

💡 Explication

Conclusion de Rava, prise sur la fin. Une hakhchacha antérieure n'a pas fermé la hazama. Les premiers, déjà contredits, paient encore comme zomemim. Hakhchacha tehilat hazama : la contradiction est le début de la hazama.

17
וְאַבַּיֵּי אָמַר לָךְ: בִּשְׁלָמָא רֵישָׁא – לָא סַגִּי דְּלָא שָׁלֹשׁ כִּיתּוֹת, שֶׁהֲרֵי קָתָנֵי ״הָרַב אוֹמֵר כֵּן״;

Et Abaye te dira : soit, le début ne se passe pas de trois paires, puisqu'on enseigne " le maître dit ainsi " ;

💡 Explication

Abaye accorde le début. " Puisque le maître dit ainsi " suppose une paire antérieure, plus lourde pour le maître, celle qui mettait l'œil après la dent. Avec la paire de la hazama, cela fait trois. Rav Ashi ne peut pas transporter ce nombre vers la fin par un simple parallèle.

18
אֶלָּא סֵיפָא – לָמָּה לִי שָׁלֹשׁ כִּיתּוֹת? ״שֶׁהֲרֵי הָעֶבֶד אוֹמֵר כֵּן״?!

mais la fin, pourquoi me faut-il trois paires ? " Puisque l'esclave dit ainsi " ?!

📜 Rachi (1)
אֶלָּא סֵיפָא לָמָּה לִי לְאוֹקְמָה בְּדֻוחְקָא בְּשָׁלֹשׁ כִּיתּוֹת הָא בִּתְרֵי סַגְיָא וּבִדְאַפְכִינְהוּ וְאַזְּמִינְהוּ וְרֵישָׁא כִּדְמַשְׁמַע בִּשְׁלֹשָׁה וּדְלָא בִּדְאַפְכִינְהוּ וּמִיהוּ מִינָּהּ לֵיכָּא לְמֵידַק מִידֵּי:
Mais la fin, pourquoi me faut-il. L'établir de force sur trois paires ? Deux suffisent, avec inversion et hazama. Et le début, comme le texte le laisse entendre, sur trois, et sans inversion. Toutefois on n'en déduit rien.
💡 Explication

La formule " puisque l'esclave dit ainsi " ne prouve pas une paire antérieure. Rachi laisse donc la fin sur deux paires, afkhinu va-azminhu, et le début sur trois, sans inversion. De la fin ainsi lue, la règle de Rava ne sort pas.

19
עֶבֶד – כֹּל דְּהוּ מֵימָר אָמַר, דְּנִיחָא לֵיהּ דְּנִיפּוֹק לְחֵירוּת.

Un esclave dit n'importe quoi, car cela lui convient de sortir à la liberté.

🗂️ Tossefot (1)
עֶבֶד כֹּל דְּהוּ מֵימָר הֲוָה בָּעֵי הֲוָה אֲתָא לְבֵי דִּינָא אָמַר הַרְבֵּה יֵשׁ לִתְמֹוהַּ אַמַּאי קָאָמַר כָּל דְּהוּ דִּלְגַמְרֵי בָּאִין לְסִיּוּעֶיהָ:
Il y a beaucoup à s'étonner : pourquoi dit-il " n'importe quoi ", puisqu'ils viennent entièrement à son aide ?
💡 Explication

Kol dehu : toute formule qui le fait sortir convient à l'esclave. Œil puis dent, ou dent puis œil, les deux l'affranchissent. On n'a donc pas besoin d'inventer un témoignage pire, puis une troisième paire.

Tossefot s'arrête sur le mot. Le témoignage de la fin ne lui donne pas " n'importe quoi " : il vient l'aider de bout en bout, liberté et valeur de l'œil. La glose, dans la source, pose l'étonnement sans le développer.

20
מַתְקִיף לַהּ רַבִּי זֵירָא, אֵימָא: סִימֵּא אֶת עֵינוֹ –

Rabbi Zeira l'attaque : je dirai : il a crevé son œil.

💡 Explication

Rabbi Zeira ouvre une attaque sur le fond même de la baraita, le paiement du second organe. La phrase s'achève au début de 74b : sortie par l'œil, sortie par la dent, et, pour les deux ensemble, sortie par l'œil et la dent.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).