Bava Kamma 77b - Mekhira et teviha, la treifa, et le mot ou

Bava_Kamma 77b

Sougya : L'amoud ferme la preuve de Reish Lakish : selon Rabbi Chimon, la vache rousse se rachète encore sur son bûcher, donc tout ce qui se tient pour la pediya est tenu pour racheté. Rabbi Yochanan veut que la michna couvre même les temimim.

Reish Lakish refuse son oukim : le verset unit teviha et mekhira, et vendre des kodachim temimim n'est pas une mekhira. Les deux retrouvent la même mahloket sur la vente d'une treifa selon Rabbi Chimon.

Une baraita, kilayim abattu et treifa vendue, reste difficile pour Reish Lakish. Rava règle ensuite le mot ou : taureau et seh ne donnent pas de kilayim, ou inclut ; agneau et bouc en donnent, ou exclut.

Deux mouvements sur l'amoud D'abord la pediya. Ensuite le couple teviha / mekhira. Preuve du kifduy Reish Lakish au nom de Rabbi Chimon La parah se rachète sur le bûcher S'il a trouvé une plus belle Heure de kacher, même sans pediya Omed lifdot : tenu pour racheté Suite de 76b Pourquoi pas l'oukim de Yochanan Verset : teviha et mekhira liées Vendre des kodachim temimim ne fait pas une mekhira Donc pas de teviha non plus Cas : ba'alei moumin au dehors Les deux actes y sont Même ta'am, autre cas : vendre une treifa selon Rabbi Chimon Rabbi Yochanan : hayav La teviha manque La mekhira tient seule Les deux ne sont pas exigés Reish Lakish : patour La teviha manque La mekhira tombe avec elle Le verset exige les deux
Parah rachetable sur le bûcher : kifduy. Puis teviha et mekhira liées. La vente d'une treifa reprend le même ta'am.
La baraita : qui l'enseigne ? Ganav kilayim ve-tvaha, treifa u-mecharah : quatre et cinq. Lecture de Rabbi Yochanan C'est Rabbi Chimon Treifa : mekhira seule La teviha est tue, exprès Mekhira sans teviha : hayav Réponse de Reish Lakish Ce sont les Rabbins Chez eux, la treifa est hayav aussi en teviha La baraita ne le tranche pas Hu ha-din : le silence ne prouve pas Kilayim enseigne en teviha, et de même en mekhira. Alors, pour les Rabbins : treifa enseignée en mekhira, et de même en teviha. Retour de Rabbi Yochanan : le style Selon Rabbi Chimon, la treifa ne peut s'enseigner qu'en mekhira. D'où un seul cas pour le kilayim. Selon les Rabbins, les deux cas vont dans les deux actes. Qu'on les mêle. Kashya.
Baraita du kilayim et de la treifa. Hu ha-din des deux côtés. Rabbi Yochanan : le style ne se justifie que selon Rabbi Chimon. Kashya.
Le mot ou suit l'inyan du verset Rava. Peut-on tirer un kilayim des deux espèces nommées ? Gneiva Shor ou seh Gros bétail : neuf mois Petit bétail : cinq mois Pas de kilayim entre eux Ou inclut le kilayim Brebis et bouc, quatre et cinq Chemoth 21:37 Kodachim Kesev et ez Même petit bétail Leur union donne un kilayim Ou ez : exclut le nidme Ou exclut le kilayim Passoul pour le korban Vayikra 22:27 Seh, à lui seul, exclut le kilayim Binyan av de Rava. Ici, le mot ou du vol le réintègre, car shor est écrit avec seh.
Ou inclut quand les deux espèces ne donnent pas de kilayim. Ou exclut quand elles en donnent.
1
וְאָמַר רֵישׁ לָקִישׁ, אוֹמֵר הָיָה רַבִּי שִׁמְעוֹן: פָּרָה נִפְדֵּית עַל גַּבֵּי מַעֲרַכְתָּהּ. אַלְמָא כָּל הָעוֹמֵד לִפְדּוֹת – כְּפָדוּי דָּמֵי.

Et Reish Lakish a dit : Rabbi Chimon disait : la vache se rachète sur sa me'arekha (son bûcher). Donc, tout ce qui se tient pour être racheté est tenu pour racheté.

📜 Rachi (1)
וְאָמַר רֵישׁ לָקִישׁ אֵיזוֹ שְׁעַת הַכֹּושֶׁר הָיְתָה לָהּ דְּאוֹמֵר הָיָה ר"ש פָּרָה נִפְדֵּית אֲפִילּוּ נִשְׁחֲטָה עַל הַמַּעֲרָכָה כַּמִּשְׁפָּט אִם מָצָא אַחֶרֶת יָפָה מִמֶּנָּה וְזֶהוּ שְׁעַת הַכֹּושֶׁר שֶׁלָּהּ ואע"פ דְּלָא נִפְדֵּית אֲפִילּוּ הָכֵי מְשַׁוֵּי לָהּ אוּכְלָא הוֹאִיל וּרְאוּיָה לִפְדּוֹת:
Et Reish Lakish a dit. Quelle heure de kacher (aptitude) avait-elle ? Rabbi Chimon disait : la vache se rachète même abattue sur le bûcher selon la règle, s'il en a trouvé une plus belle. Telle est son heure de kacher. Bien qu'elle n'ait pas été rachetée, il en fait néanmoins un okhel (une nourriture), puisqu'elle est raouya (apte) à la pediya.
🗂️ Tossefot (1)
אוֹמֵר הָיָה ר"ש פָּרָה נִפְדֵּית כו' נָרָא' שר"ל דַּאֲפִילּוּ מִדְּרַבָּנָן מֻותָּר לִפְדּוֹתָהּ דבספ"ק דִּשְׁבוּעוֹת (דַּף יא:) דָּייֵק אַמַּתְנִיתָא (תּוֹסֶפְתָּא פ"א) דְּמַסֶּכֶת פָּרָה דְּקָתָנֵי שְׁחָטָהּ עַל גַּב מַעֲרַכְתָּהּ אֵין לָהּ פְּדִיָּיה עוֹלָמִית דְּלָא אָתֵי כר"ש דלר"ש נִפְדֵּית הִיא כִּדְאַשְׁכְּחַן הָכָא וְתֵימַהּ דע"כ מַה שֶׁאֵין נִפְדֵּית לְרַבָּנָן אֵין זֶה מִן הַתּוֹרָה דְּהָא בַּת הַעֲמָדָה וְהַעֲרָכָה הִיא כָּל זְמַן שֶׁמְּפַרְכֶּסֶת לְפִי פִּי' אֶחָד דִּלְעֵיל (בָּבָא קַמָּא ד' עו.) וְאִם כֵּן מנ"ל לר"ל דר"ש פְּלִיג אַרַבָּנָן דִּלְמָא מוֹדֶה ר"ש דְּמִדְּרַבָּנָן לָאו בַּת פְּדִיָּיה הִיא אֶלָּא מִדְּאוֹרַיְיתָּא וּלְהָכִי מְטַמֵּא טֻומְאַת אֳוכָלִים הוֹאִיל וְהָיְתָה לָהּ שְׁעַת הַכֹּושֶׁר וְזֶה דֹּוחַק לוֹמַר דְּאַף עַל גַּב דְּמִדְּאוֹרַיְיתָּא בַּת פְּדִייָּה הִיא כֵּיוָן דְּמִדְּרַבָּנָן לָאו בַּת פְּדִיָּיה לָא חֲשִׁיב אֹוכֶל שֶׁאַתָּה יָכוֹל לְהַאֲכִיל לַאֲחֵרִים וי"ל דְּמַאן דְּאָסַר אָסַר אֲפִילּוּ מִדְּאוֹרַייְתָּא כֵּיוָן שֶׁשָּׁחַט לִשְׁמָהּ בְּהֶכְשֵׁר קָרְבָּן וּמַאן דְּשָׁרֵי שָׁרֵי אֲפִילּוּ מִדְּרַבָּנָן עַד שֶׁיַּעֲשׂוּ הַזָּיוֹתֶיהָ כִּדְפָרֵישִׁית לְעֵיל וְאִם הָיִינוּ אוֹמְרִים דִּלְרַבָּנָן פָּרָה קָדְשֵׁי מִזְבֵּחַ הִיא הָוֵי א"ש אַךְ אֵין נִרְאֶה שֶׁיִּסְבֹּור שׁוּם תַּנָּא דְּפָרָה קָדְשֵׁי מִזְבֵּחַ הִיא מִדְּקָא מֻתְמָהּ גְּמָרָא בְּרֵישׁ אֵין מַעֲמִידִין (ע"ז ד' כג: וְשָׁם) שְׁמַע מִינַּהּ דְּפָרָה קָדְשֵׁי מִזְבֵּחַ הִיא וּבְכַמָּה מְקוֹמוֹת קָאָמַר דְּחַטָּאת קַרְייֵהּ רַחֲמָנָא מַשְׁמַע דְּקָדְשֵׁי בֶּדֶק הַבַּיִת הִיא אע"ג דִּתְנַן בִּשְׁקָלִים (ד' ו) שֶׁהִיא מִתְּרוּמַת הַלִּשְׁכָּה הַיְינוּ לְפִי שֶׁצְּרִיכִין לָהּ כֹּהֲנִים הָעוֹבְדִים קָרְבָּנוֹת חֲשִׁיב צֹורֶךְ קָרְבָּן וְלֵב ב"ד מַתְנֶה עֲלֵיהֶן דַּאֲפִילּוּ מְלַמְּדֵי הִלְכוֹת קְמִיצָה לַכֹּהֲנִים נוֹטְלִין שְׂכָרָן מִתְּרוּמַת הַלִּשְׁכָּה וַאֲפִילּוּ בְּלֹא ב"ד מַתְנֶה עַל הַלִּשְׁכָּה יָכוֹל לִהְיוֹת שֶׁבָּאָה מִמֶּנָּה מִן הַתּוֹרָה הוֹאִיל וְצֹורֶךְ קָרְבָּנוֹת הִיא וְהָא דְאָמַר דְּקָדְשֵׁי בֶּדֶק הַבַּיִת הִיא לֹא שֶׁתְּהֵא קְנוּיָה מִקָּדְשֵׁי בֶּדֶק הַבַּיִת אֶלָּא דִּינָהּ כְּקָדְשֵׁי בֶּדֶק הַבַּיִת דִּקְדֻושָּׁה קְדֻושַּׁת דָּמִים וְלֹא קְדֻושַּׁת הַגּוּף כְּקָדְשֵׁי מִזְבֵּחַ:
Rabbi Chimon disait : la vache se rachète, etc. Il semble que Reish Lakish veuille dire qu'il est permis de la racheter même de-rabbanan. Car au premier chapitre de Chevouot (11b), on déduit d'une michna (Tossefta, chapitre 1) du traité Para, qui enseigne : s'il l'a abattue sur son bûcher, elle n'a plus de pediya pour toujours, que cet enseignement ne suit pas Rabbi Chimon. Selon Rabbi Chimon, elle se rachète, comme nous le trouvons ici. Étonnement : de force, l'absence de pediya selon les Rabbins n'est pas de-oraita. Car elle est bat ha'amada ve-ha'arakha (apte à se tenir et à être estimée) tant qu'elle est en pirkous, selon une des explications plus haut (Bava Kamma 76a). Dès lors, d'où Reish Lakish tient-il que Rabbi Chimon diverge des Rabbins ? Peut-être Rabbi Chimon convient que de-rabbanan elle n'est pas apte à la pediya, et qu'elle l'est de-oraita. C'est pour cela qu'elle contracte la toumat okhalin : elle a eu une heure de kacher. Et c'est forcé : bien que de-oraita elle soit apte à la pediya, dès lors que de-rabbanan elle ne l'est pas, elle ne compte pas comme une nourriture que tu peux faire manger à d'autres. On peut répondre : celui qui interdit, interdit même de-oraita, puisqu'il a abattu le-chema (pour son nom) dans le kacher d'un korban. Celui qui permet, permet même de-rabbanan, jusqu'à ce qu'on ait fait ses hazayot (aspersions), comme je l'ai expliqué plus haut. Si l'on disait que, selon les Rabbins, la vache est des kodshei mizbeach, la chose s'arrangerait. Mais il ne paraît pas qu'un tanna tienne la vache pour des kodshei mizbeach. La Guemara s'étonne au début de Ein ma'amidin (Avoda Zara 23b) de la déduction : la vache serait des kodshei mizbeach. En plusieurs endroits on dit que Rachmana l'appelle hatat, ce qui implique qu'elle est des kodshei bedek ha-bayit. Bien que nous ayons appris dans Chekalim (p. 6) qu'elle vient de la teroumat ha-lichka, c'est que les cohanim qui servent les korbanot en ont besoin : on la compte comme un besoin du korban, et le lev beit din conditionne à leur sujet. Même ceux qui enseignent les halakhot de kemitsa aux cohanim prennent leur salaire de la teroumat ha-lichka. Même sans condition du beit din sur la chambre, elle peut en venir de-oraita, puisqu'elle est un besoin des korbanot. Et quand on dit qu'elle est des kodshei bedek ha-bayit, le sens est son din : kedouchat damim (sainteté de valeur). Les kodshei mizbeach ont, eux, une kedouchat ha-gouf (sainteté du corps).
💡 Explication

Suite de la preuve pour Reish Lakish. Rabbi Chimon tient que la parah (vache rousse) se rachète encore après la chehita sur le bûcher, si une plus belle a été trouvée. Cette possibilité est son heure de kacher. Kol ha-omed lifdot ki-fduy dami : ce qui se tient pour le rachat est déjà tenu pour racheté.

Rachi : même sans pediya effective, elle compte comme nourriture, puisqu'elle est raouya à être rachetée.

Tossefot demande si Reish Lakish vise un heter même de-rabbanan. La Tossefta de Para (déduite à Chevouot 11b) refuse toute pediya après la chehita sur le bûcher, et la Guemara dit que ce n'est pas Rabbi Chimon. La glose répond : l'interdit des Rabbins est de-oraita, parce que la chehita a été faite le-chema. La parah a le din des kodshei bedek ha-bayit, kedouchat damim, et les kodshei mizbeach ont une kedouchat ha-gouf.

🖼️ Schéma
La parah sur le bûcher a encore une heure de kacher Chehita Sur la me'arekha Autre parah Plus belle, trouvée Pediya Encore possible Okhel Même sans rachat Rabbi Chimon : omed lifdot, kifduy dami. Preuve pour Reish Lakish.
Abattue sur le bûcher, la parah reste rachetable si une plus belle est trouvée. D'où l'heure de kacher.
2
בִּשְׁלָמָא רַבִּי יוֹחָנָן לָא אָמַר כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ – דְּקָא בָּעֵי לְאוֹקֹמַהּ לְמַתְנִיתִין אֲפִילּוּ בִּתְמִימִין. אֶלָּא רֵישׁ לָקִישׁ – מַאי טַעְמָא לָא אָמַר כְּרַבִּי יוֹחָנָן?

Soit. Rabbi Yochanan n'a pas dit comme Rabbi Chimon ben Lakish, car il veut établir la michna même dans les temimim (bêtes sans défaut).

Mais Reish Lakish, pour quelle raison n'a-t-il pas dit comme Rabbi Yochanan ?

📜 Rachi (1)
אֲפִילּוּ בִּתְמִימִין וכ"ש בְּבַעֲלֵי מוּמִין בַּחוּץ דְּשִׁינּוּיָא דְּחִיקָא הוּא:
Même dans les temimim. Et à plus forte raison dans les ba'alei moumin à l'extérieur, car c'est un chinnouy dahik (une réponse forcée).
💡 Explication

Rabbi Yochanan veut un oukim large : la michna vaut aussi pour les temimim. L'oukim de Reish Lakish, limité aux ba'alei moumin dehors, lui paraît un chinnouy dahik. Rachi : à plus forte raison cet oukim large couvre les ba'alei moumin à l'extérieur.

La question reste : pourquoi Reish Lakish n'adopte-t-il pas, lui, la lecture de Rabbi Yochanan ?

3
אָמַר לָךְ: ״וּטְבָחוֹ וּמְכָרוֹ״ – כֹּל הֵיכָא דְּאִיתֵיהּ בִּמְכִירָה אִיתֵיהּ בִּטְבִיחָה, וְכֹל הֵיכָא דְּלֵיתֵיהּ בִּמְכִירָה לֵיתֵיהּ בִּטְבִיחָה. וְהָנֵי קָדָשִׁים – הוֹאִיל דְּכִי מְזַבֵּין קֳדָשִׁים לָא הָוְיָא מְכִירָה, לֵיתַנְהוּ בִּטְבִיחָה.

Il te dirait : " et il l'abat et il le vend ". Partout où elle relève de la mekhira (vente), elle relève de la teviha (abattage), et partout où elle ne relève pas de la mekhira, elle ne relève pas de la teviha.

Et ces kodachim : puisqu'en vendant des kodachim il n'y a pas de mekhira, ils ne relèvent pas de la teviha.

📜 Rachi (1)
לָא הָוְיָא מְכִירָה דְּאֵין קָדָשִׁים תְּמִימִים יוֹצְאִים לְחֻולִּין הִלְכָּךְ בְּבַעֲלֵי מוּמִין עָסְקִינַן דְּאִיתַנְהוּ בְּתַרְוַיְיהוּ:
Il n'y a pas de mekhira. Car les kodachim temimim ne sortent pas vers le houlin (le profane). Dès lors, nous traitons de ba'alei moumin, qui relèvent des deux.
🗂️ Tossefot (1)
כֹּל הֵיכָא דְּאִיתֵיהּ בִּמְכִירָה אִיתֵיהּ בִּטְבִיחָה כו' וּמוֹכֵר בְּשַׁבָּת דְּחַייָּב אע"ג דְּאִם טָבַח פָּטוּר הַהִיא בְּהֵמָה אִיתָא בִּטְבִיחָה בְּחוֹל:
Partout où elle relève de la mekhira, elle relève de la teviha, etc. Et celui qui vend le Chabbat est hayav, bien que s'il abat il soit patour : cette bête relève de la teviha en semaine.
💡 Explication

Réponse de Reish Lakish. Le verset u-tvaho u-mekharo (Chemoth 21:37) met la teviha et la mekhira sur le même plan : la bête qui entre dans l'une entre dans l'autre.

Vendre des kodachim temimim ne les fait pas sortir au houlin. Cette mekhira ne compte pas. La teviha ne compte donc pas non plus pour les quatre et les cinq. Rachi : le cas qui reste est le ba'al moum, qui relève des deux actes.

Tossefot : le lien vise la bête, pas l'acte isolé. Vendre le Chabbat rend hayav, alors que l'abattage ce jour-là est patour, parce que la même bête relève de la teviha un jour de semaine.

🖼️ Schéma
Le verset attache les deux actes à la même bête Mekhira Vente valable Teviha Quatre et cinq ensemble Kodachim temimim : la vente ne les fait pas sortir au houlin. Pas de mekhira, donc pas de teviha. Reste le ba'al moum.
Mekhira et teviha vont ensemble. Les kodachim temimim sortent des deux.
4
וְאַזֵּדוֹ לְטַעְמַייְהוּ – דְּאִתְּמַר: הַמּוֹכֵר טְרֵיפָה לְדִבְרֵי רַבִּי שִׁמְעוֹן – רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: חַיָּיב, וְרֵישׁ לָקִישׁ אָמַר: פָּטוּר.

Et ils vont selon leur ta'am (leur raisonnement). Car on a dit : celui qui vend une treifa, selon les paroles de Rabbi Chimon, Rabbi Yochanan dit : hayav (tenu), et Reish Lakish dit : patour (exempt).

📜 Rachi (2)
וְאַזֵּדוֹ לְטַעְמַיְיהוּ דְּאִיפְּלִיגוּ בָּהּ אִי בָּעֵינַן תַּרְוַיְיהוּ אִי לָא:
Et ils vont selon leur ta'am. Ils divergent sur ceci : exige-t-on les deux, ou non.
לְדִבְרֵי ר"ש שֶׁפּוֹטֵר עַל טְבִיחָתָהּ:
Selon les paroles de Rabbi Chimon. Qui exempte pour sa teviha.
💡 Explication

La mahloket sur les kodachim se retrouve sur un autre cas. Selon Rabbi Chimon, abattre une treifa ne rend pas hayav : la chehita n'est pas raouya. Reste la vente.

Rabbi Yochanan : hayav pour la mekhira seule. Reish Lakish : patour, les deux actes sont exigés ensemble. Rachi nomme le point : faut-il les deux, ou un seul suffit-il.

5
רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר חַייָּב – אַף עַל גַּב דְּלֵיתֵיהּ בִּטְבִיחָה, אִיתֵיהּ בִּמְכִירָה. וְרֵישׁ לָקִישׁ אָמַר פָּטוּר – כֵּיוָן דְּלֵיתֵיהּ בִּטְבִיחָה, לֵיתֵיהּ בִּמְכִירָה.

Rabbi Yochanan a dit hayav : bien qu'elle ne relève pas de la teviha, elle relève de la mekhira. Et Reish Lakish a dit patour : dès lors qu'elle ne relève pas de la teviha, elle ne relève pas de la mekhira.

💡 Explication

Le ta'am, en clair. Rabbi Yochanan sépare les actes : l'absence de teviha laisse la mekhira. Reish Lakish les tient pour solidaires : sans teviha, pas de mekhira.

🖼️ Schéma
Vendre une treifa, selon Rabbi Chimon Treifa Teviha : patour Rabbi Chimon Chehita non raouya Rabbi Yochanan Mekhira : hayav Un acte suffit Reish Lakish Mekhira : patour Les deux, ou rien
Même treifa, même Rabbi Chimon. Yochanan fait payer la vente. Reish Lakish l'exempte.
6
אֵיתִיבֵיהּ רַבִּי יוֹחָנָן לְרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ: גָּנַב כִּלְאַיִם וּטְבָחָהּ, טְרֵיפָה וּמְכָרָהּ – מְשַׁלֵּם תַּשְׁלוּמֵי אַרְבָּעָה וַחֲמִשָּׁה. מַאי, לָאו רַבִּי שִׁמְעוֹן הִיא? אַלְמָא אַף עַל גַּב דְּלֵיתֵיהּ בִּטְבִיחָה – אִיתֵיהּ בִּמְכִירָה!

Rabbi Yochanan a objecté à Rabbi Chimon ben Lakish : s'il a volé un kilayim (hybride) et l'a abattu, une treifa et l'a vendue, il paie les paiements de quatre et de cinq. Quoi, n'est-ce pas Rabbi Chimon ?

Donc, bien qu'elle ne relève pas de la teviha, elle relève de la mekhira !

📜 Rachi (2)
גָּנַב כִּלְאַיִם מִכִּבְשָׂה וְתַיִשׁ בָּא ואע"ג דִּכְתִיב גַּבֵּי טְבִיחָה שֶׂה וְאָמַר רָבָא לְקַמָּן כָּל מָקוֹם שֶׁנֶּאֱמַר שֶׂה אֵין כִּלְאַיִם בְּמַשְׁמַע הָכָא מִחַיַּיב דְּאִיתְּרַבִי בְּהֶדְיָא כְּדִלְקַמָּן:
S'il a volé un kilayim. Il vient d'une brebis et d'un bouc. Bien qu'il soit écrit, à propos de la teviha, seh, et que Rava dise plus loin : partout où il est dit seh, le kilayim n'est pas compris, ici il est hayav, car il a été inclus explicitement, comme il suit.
מַאי לַָאו ר"ש הִיא מִדִּנְקַט בִּטְרֵיפָה מְכִירָה וְלָא נְקַט טְבִיחָה:
Quoi, n'est-ce pas Rabbi Chimon. Puisqu'il a pris, pour la treifa, la mekhira, et qu'il n'a pas pris la teviha.
💡 Explication

Objection de Rabbi Yochanan. La baraita sépare les cas : kilayim avec la teviha, treifa avec la mekhira, et les deux paient quatre et cinq. Le silence sur la teviha de la treifa vise Rabbi Chimon, qui en exempte. La mekhira, elle, reste hayav.

Rachi : le kilayim visé est né d'une brebis et d'un bouc. Le mot seh l'exclurait, mais un ribbouy explicite le réintègre plus loin.

7
אֲמַר לֵיהּ: לָא; רַבָּנָן.

Il lui a dit : non, les Rabbins.

💡 Explication

Reish Lakish retire la baraita à Rabbi Chimon. Elle suit les Rabbins, pour qui la teviha d'une treifa rend déjà hayav. Le choix de la mekhira dans la baraita ne prouve donc pas sa thèse.

8
אִי רַבָּנָן, טְרֵיפָה בִּמְכִירָה אִיתָּה – בִּזְבִיחָה לֵיתֵהּ?!

Si ce sont les Rabbins, la treifa relève de la mekhira, et de la zviha (abattage) elle n'en relèverait pas ?!

💡 Explication

La Guemara retourne la lecture. Selon les Rabbins, la treifa est hayav dans les deux actes. Pourquoi la baraita ne parle-t-elle que de mekhira ? Le texte dit ici zviha, le même acte que la teviha.

9
וְאֶלָּא מַאי, רַבִּי שִׁמְעוֹן?! כִּלְאַיִם בִּטְבִיחָה אִיתָּה, בִּמְכִירָה לֵיתֵהּ?!

Mais alors quoi, Rabbi Chimon ?! Le kilayim relève de la teviha, et de la mekhira il n'en relèverait pas ?!

💡 Explication

Symétrie. Lire la baraita selon Rabbi Chimon laisse le même trou de l'autre côté : le kilayim est enseigné en teviha, et la mekhira est tue. Or, pour le kilayim, les deux actes se valent.

10
אֶלָּא תְּנָא טְבִיחָה – וְהוּא הַדִּין לִמְכִירָה; אֵימָא לְרַבָּנָן נָמֵי, תְּנָא מְכִירָה – וְהוּא הַדִּין לִטְבִיחָה.

Plutôt : il a enseigné la teviha, et il en est de même pour la mekhira. Dis aussi pour les Rabbins : il a enseigné la mekhira, et il en est de même pour la teviha.

💡 Explication

Le silence de la baraita ne tranche pas. Hu ha-din : enseigner un acte entraîne l'autre. Cela vaut pour le kilayim selon Rabbi Chimon, et aussi pour la treifa selon les Rabbins. La baraita ne départage plus Yochanan et Reish Lakish.

11
וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר לָךְ: הַאי מַאי? אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא רַבִּי שִׁמְעוֹן, אַיְּידֵי דִּתְנָא טְרֵיפָה בַּחֲדָא – תְּנָא כִּלְאַיִם בַּחֲדָא.

Et Rabbi Yochanan te dirait : qu'est-ce que cela ? Soit, si tu dis Rabbi Chimon : puisqu'il a enseigné la treifa dans un seul cas, il a enseigné le kilayim dans un seul cas.

📜 Rachi (2)
דִּתְנָא טְרֵיפָה בַּחֲדָא דְּלָא מָצֵי לְעָרוֹבֵי כִּלְאַיִם וּטְרֵיפָה וּלְמִיתְנֵי טְבִיחָה וּמְכִירָה בְּתַרְוַיְיהוּ בַּהֲדָדִי וְאִצְטְרִיךְ לְמִיתְנֵי טְרֵיפָה בַּחֲדָא בִּמְכִירָה וְלֹא בִּטְבִיחָה:
Qu'il a enseigné la treifa dans un seul cas. Car il ne peut pas mêler kilayim et treifa pour enseigner teviha et mekhira des deux ensemble. Il lui a fallu enseigner la treifa dans un seul cas : la mekhira, et non la teviha.
תַּנָּא נָמֵי כִּלְאַיִם בַּחֲדָא וְאַף עַל גַּב דְּאִיתֵיהּ בְּתַרְוַייְהוּ וּנְקַט בֵּיהּ טְבִיחָה דְּפָתַח בֵּיהּ קְרָא בְּרֵישָׁא:
Il a enseigné aussi le kilayim dans un seul cas. Bien qu'il relève des deux, il a pris pour lui la teviha, car le verset l'ouvre en premier.
💡 Explication

Rabbi Yochanan refuse le parallèle. Selon Rabbi Chimon, la treifa ne peut s'enseigner qu'en mekhira : la teviha en est exclue. Le style " un cas, un acte " est donc forcé. Le tanna le garde pour le kilayim, et il choisit la teviha, premier mot du verset, bien que le kilayim relève des deux.

🖼️ Schéma
Pourquoi un seul acte par cas Selon Rabbi Chimon Treifa : mekhira seulement On ne peut pas mêler les deux Kilayim : un seul acte aussi La teviha, car le verset l'ouvre Selon les Rabbins Les deux bêtes, les deux actes Formule attendue : kilayim et treifa, tavhan u-makhran La baraita ne le dit pas. Kashya.
Chez Rabbi Chimon, un seul acte est forcé pour la treifa, puis repris pour le kilayim. Chez les Rabbins, la formule mêlée manque.
12
אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ רַבָּנַן, נִעְרְבִינְהוּ וְנִיתְנִינְהוּ: גָּנַב כִּלְאַיִם וּטְרֵיפָה, טְבַחַן וּמְכָרָן – מְשַׁלֵּם תַּשְׁלוּמֵי אַרְבָּעָה וַחֲמִשָּׁה! קַשְׁיָא.

Mais si tu dis les Rabbins, qu'on les mêle et qu'on les enseigne : s'il a volé un kilayim et une treifa, les a abattus et les a vendus, il paie les paiements de quatre et de cinq ! Difficulté.

💡 Explication

Selon les Rabbins, kilayim et treifa relèvent tous deux de la teviha et de la mekhira. La baraita aurait dû les réunir : tavhan u-makhran. Elle ne le fait pas. Kashya pour Reish Lakish, qui la leur attribuait.

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כִּלְאַיִם – ״שֶׂה״ כְּתִיב; וְאָמַר רָבָא: זֶה בָּנָה אָב – כָּל מָקוֹם שֶׁנֶּאֱמַר ״שֶׂה״, אֵינוֹ אֶלָּא לְהוֹצִיא אֶת הַכִּלְאַיִם!

Le kilayim : il est écrit seh. Et Rava a dit : ceci est un binyan av (un paradigme).

Partout où il est dit seh, ce n'est que pour exclure le kilayim !

🗂️ Tossefot (1)
זֶה בָּנָה אָב כָּל מָקוֹם שֶׁנֶּאֱמַר שֶׂה אֵינוֹ אֶלָּא לְהוֹצִיא אֶת הַכִּלְאַיִם בְּפֶרֶק אוֹתוֹ וְאֶת בְּנוֹ (חֻולִּין ד' עח: וְשָׁם) פֵּי' בַּקּוּנְטְרֵס דַּעֲבִיד בִּנְיַן אָב מִדִּכְתִיב שׁוֹר שֵׂה כְשָׂבִים וְשֵׂה עִזִּים וְקָשֶׁה לר"י דִּלְקַמָּן אָמַר דִּלְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר אֲתַאי דְּרָבָא לְטָמֵא שֶׁנּוֹלַד מִן הַטָּהוֹר וְעִיבּוּרוֹ מִן הַטָּמֵא דְּלָא כְּר' יְהוֹשֻׁעַ דְּאִי כְּר' יְהוֹשֻׁעַ מֹשֶׁה כְּשָׂבִים וּמֹשֶׁה עִזִּים נָפְקָא כְּלוֹמַר וְלֹא צָרִיךְ לְבִנְיַן אָב דְּרָבָא וְאַדְּרַבָּה מֵהַהוּא קְרָא הָוֵי בִּנְיַן אָב דְּרָבָא וְנִרְאֶה לר"י דְּבִנְיַן אָב דְּרָבָא הָוֵי מֹשֶׁה דְּפֶסַח דִּכְתִיב (שְׁמוֹת יב) שֶׂה תָמִים זָכָר בֶּן שָׁנָה יִהְיֶה לָכֶם תֵּדַע דְּהָא מַסְּקִינַן כִּי אִיתְּמַר דְּרָבָא לְעִנְיַן פֶּטֶר חֲמוֹר אִיתְּמַר דִּתְנַן אֵין פּוֹדִין כו' ובספ"ק דִּבְכוֹרוֹת (ד' יב. וְשָׁם) מַפִּיק לֵיהּ מֹשֶׁה שֶׂה דְּפֶסַח וא"ת ומ"ש דְּהָכָא קָרֵי לֵיהּ בִּנְיַן אָב וּבִבְכוֹרוֹת קָרֵי לֵיהּ ג"ש דְּקָאָמַר נֶאֱמַר כָּאן שֶׂה וְנֶאֱמַר לְהַלָּן שֶׂה וְעוֹד מ"ש דִּנְקַט רָבָא . כִּלְאַיִם טְפֵי מֵעֵגֶל וְחַיָּה טְרֵיפָה וּשְׁחוּטָה דְּכָל הָנֵי נָפְקָא לָן דְּאֵין פּוֹדִין פֶּטֶר חֲמוֹר מֹשֶׁה דְּפֶסַח דְּקָאָמַר הָתָם מַה לְהַלָּן פְּרָט לְכָל הַשֵּׁמוֹת הַלָּלוּ וְעוֹד אַמַּאי לָא פָּרֵיךְ טְרֵיפָה שֶׂה כְּתִיב כִּי הֵיכָא דְּפָרִיךְ כִּלְאַיִם שֶׂה כְּתִיב וְעוֹד דִּלְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר דְּשָׁרֵי לִפְדּוֹת בְּכִלְאַיִם פֶּטֶר חֲמוֹר אַמַּאי לָא שָׁרֵי בִּשְׁחוּטָה וּטְרֵיפָה כֵּיוָן דְּמוּקֵי לָהּ בִּנְיַן אָב לְטָמֵא שֶׁנּוֹלַד כּוּ' כִּדְאָמְרִינַן לְקַמָּן בִּשְׁמַעְתִּין וְעוֹד כִּי בָּעֵי לְקַמָּן לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בִּנְיַן אָב דְּרָבָא לְמַאי הִלְכְתָא לֵימָא לִמְעוּטֵי אַחֲרֵינִי אֲתָא דְּאֵין פּוֹדִין וכ"ת דִּטְרֵיפָה וּשְׁחוּטָה מְמֻשְׁמְעוֹתֶיהָ דְּשֶׂה נָפְקָא כְּמוֹ עֵגֶל וְחַיָּה דְּהָא אָמַר בְּפֶרֶק הוֹצִיאוּ לוֹ (יוֹמָא ד' מט: וְשָׁם) דְּפַר אֲפִילּוּ שָׁחוּט קָרוּי פַּר וְכֵן שֶׂה דְּפֶסַח אִי לָאו דִּכְתִיב מִהְיוֹת מִשֶּׂה מֵחַיּוּתֵיהּ דְּשֶׂה וְנִרְאֶה לר"י דְּבִנְיַן אָב דְּרָבָא וג"ש דִּבְכוֹרוֹת לָאו חֲדָא מִילְּתָא הִיא דְּוַדַּאי תַּרְוַייְהוּ נָפְקִי מֹשֶׁה דְּפֶסַח וּבִנְיַן אָב דְּרָבָא אָתֵי מִיִּתּוּרָא דִּכְשָׂבִים וּמִן הָעִזִּים תִּקְחוּ דְּמַשְׁמַע עַד שֶׁיְּהֵא אָבִיו כֶּבֶשׂ וְאִמּוֹ כִּבְשָׂה וּלְגוּפֵיהּ לָא אִיצְטְרִיךְ דְּמִשְּׁאָר קָדָשִׁים נָפְקָא דְּתַנְיָא בְּסָמוּךְ שׁוֹר אוֹ כֶשֶׂב אוֹ עֵז פְּרָט לְכִלְאַיִם אֶלָּא לִלְמֹוד בְּעָלְמָא אָתֵי . דְּכָל מָקוֹם שֶׁנֶּאֱמַר שֶׂה אֵינוֹ אֶלָּא לְהוֹצִיא כִּלְאַיִם וְאִי לָאו בִּנְיַן אָב מִגְּזֵירָה שָׁוָה דְּשֶׂה שֶׂה לָא הֲוָה מְמַעֲטִינַן כִּלְאַיִם מִשּׁוּם דְּהֵ"א תִּפָּדֶה תִּפָּדֶה רִיבָּה כִּי הֵיכִי דְּלָא מְמַעֲטִינַן הָתָם שֶׁאֵינוֹ זָכָר תָּמִים וּבֶן שָׁנָה מג"ש מִשּׁוּם תִּפָּדֶה תִּפָּדֶה רִיבָּה וּסְבָרָא הוּא לְמַעֵט כֻּולָּהּ מִגְּזֵירָה שָׁוָה דְּשֶׂה טְפֵי מִכִּלְאַיִם [דְּאִיהוּ נָמֵי מִקְּרֵי שֶׂה] ומש"ה רַבִּי אֱלִיעֶזֶר דְּמוּקֵי בִּנְיַן אָב דְּרָבָא לְטָמֵא שֶׁנּוֹלַד כו' שָׁרִי בְּכִלְאַיִם וּלְקַמָּן דְּקָאָמַר. אִי לְקָדָשִׁים בְּהֶדְיָא כְּתִיב בְּהוּ מַשְׁמַע דְּאִי לָא הֲוָה כְּתִיב בְּהֶדְיָא הֲוָה אָתֵי לֵיהּ שַׁפִּיר אע"ג דְּעִיקַּר בִּנְיַן אָב לָא הֲוָה מְייַתַּר בְּפֶסַח אֶלָּא מִשּׁוּם דִּבְפֶסַח גּוּפֵיהּ לָא אִיצְטְרִיךְ דְּמִקָּדָשִׁים נָפְקָא כֵּן דֶּרֶךְ הַגְּמָרָא שֶׁעוֹשֶׂה כְּאִילּוּ קִים לֵיהּ מִמָּקוֹם אַחֵר וה"ק אִי לְקָדָשִׁים וְתֹאמַר דְּמִקְּרָא אַחַרְיַנָא נָפְקָא לָן בְּפֶסַח לִמְעוּטֵי כִּלְאַיִם כו' וּכְעִנְיָן זֶה יֵשׁ. בְּרֵישׁ קִדּוּשִׁין (דַּף ג: וְשָׁם) וּבְפֶרֶק נַעֲרָה (כְּתֻובּוֹת דַּף מו:) גַּבֵּי קִידּוּשֵׁי הַבַּת לְאָבִיהָ דְּקָאָמַר וכ"ת נֵילַף מִבֹּושֶׁת וּפְגָם אע"ג דְּבֹושֶׁת וּפְגָם גּוּפֵיהּ לָא קִים לָן דְּאָבוּהָ הוּא אֶלָּא מִקִּדּוּשִׁין בס"פ אֵלּוּ נְעָרוֹת (כְּתֻובּוֹת דַּף מ: וְשָׁם. '):
Ceci est un binyan av : partout où il est dit seh, ce n'est que pour exclure le kilayim. Dans le chapitre Oto ve-et beno (Houlin 78b), le commentaire explique qu'il construit le binyan av de ce qui est écrit : un taureau, un seh de moutons et un seh de chèvres. C'est difficile pour le RI. Plus loin on dit que, selon Rabbi Eliezer, la parole de Rava vient pour le tame né du tahor et dont l'ibour (gestation) vient du tame, cas qui diverge de Rabbi Yehochoua. Si c'était selon Rabbi Yehochoua, cela sortirait de mi-seh kvasim u-mi-seh izim (d'un seh de moutons et d'un seh de chèvres) : le binyan av de Rava serait inutile. Bien au contraire, de ce verset même viendrait le binyan av de Rava. Il paraît au RI que le binyan av de Rava vient du seh de Pessa'h, comme il est écrit (Chemoth 12) : un seh tamim, mâle, âgé d'un an, sera pour vous. Sache-le : nous concluons que la parole de Rava, quand elle a été dite, l'a été au sujet du peter hamor (premier-né de l'âne). Car nous avons appris : on ne rachète pas, etc. Au premier chapitre de Bekhorot (12a), on le tire du seh de Pessa'h. Si tu dis : ici on l'appelle binyan av, et dans Bekhorot on l'appelle gezera chava, puisqu'on dit : il est dit ici seh, et il est dit là-bas seh. Encore : pourquoi Rava a-t-il pris le kilayim plutôt que le egel (veau), la haya (bête sauvage), la treifa et la chehouta (bête déjà abattue) ? De tous ceux-là nous déduisons qu'on ne rachète pas le peter hamor, à partir du seh de Pessa'h, comme il est dit là-bas : de même que là-bas, à l'exclusion de tous ces noms. Encore : pourquoi n'objecte-t-on pas, pour la treifa, seh est écrit, comme on objecte, pour le kilayim, seh est écrit ? Encore : Rabbi Eliezer, qui permet de racheter le peter hamor par un kilayim, pourquoi ne le permet-il pas par une chehouta et une treifa, dès lors qu'il établit le binyan av pour le tame qui est né, etc., comme nous le disons plus loin dans notre sougya ? Encore : quand plus loin on demande, selon Rabbi Eliezer, pour quelle halakha vient le binyan av de Rava, qu'on dise qu'il vient exclure les autres, et qu'on ne rachète pas. Si tu dis que la treifa et la chehouta sortent du sens même de seh, comme le egel et la haya : or, dans le chapitre Hotsiou lo (Yoma 49b), un par, même chehout, est encore appelé par. De même le seh de Pessa'h, s'il n'était pas écrit mi-heyot mi-seh, de la vie du seh. Il paraît au RI que le binyan av de Rava et la gezera chava de Bekhorot ne font pas une seule parole. Les deux sortent bien du seh de Pessa'h. Le binyan av de Rava vient du yitour de : des moutons et des chèvres vous prendrez, qui implique : jusqu'à ce que son père soit un keves et sa mère une kivsa. Pour Pessa'h lui-même, ce n'était pas nécessaire : cela sort des autres kodachim, comme on enseigne tout près : un taureau ou un agneau ou un bouc, pour exclure le kilayim. Cela vient pour enseigner en général : partout où il est dit seh, ce n'est que pour exclure le kilayim. Sans le binyan av, la gezera chava de seh-seh n'exclurait pas le kilayim. On dirait : tifde tifde (tu rachèteras, tu rachèteras) a inclus, de la même manière que, là-bas, on n'exclut pas par la gezera chava celui qui n'est pas mâle, tamim, et âgé d'un an, à cause de tifde tifde qui a inclus. La sevara est d'exclure l'ensemble par la gezera chava de seh, plus que le kilayim, car lui aussi est appelé seh. C'est pour cela que Rabbi Eliezer, qui place le binyan av de Rava sur le tame qui est né, etc., permet le kilayim. Plus loin, quand on dit : si c'est pour les kodachim, c'est écrit explicitement à leur sujet, cela implique que, sans cet écrit explicite, la dérivation lui irait. L'essentiel du binyan av n'est en yitour dans Pessa'h que parce que, dans Pessa'h lui-même, il n'était pas nécessaire, puisque cela sort des kodachim. Telle est la voie de la Guemara : elle fait comme si la chose lui était connue d'ailleurs. Voici ce qu'elle dit : si c'est pour les kodachim, et que tu dirais qu'un autre verset nous le donne dans Pessa'h pour exclure le kilayim, etc. De cette manière, au début de Kiddouchin (3b) et dans le chapitre Na'ara (Ketoubot 46b), au sujet des kiddouchin de la fille qui reviennent au père, on dit : et si tu dis, apprenons-le du boshet et du pegam, bien que le boshet et le pegam eux-mêmes ne nous soient connus comme revenant au père qu'à partir des kiddouchin, à la fin du chapitre Elou na'arot (Ketoubot 40b).
💡 Explication

Nouvelle question, sur le premier membre de la baraita. Rava : le mot seh est un binyan av pour exclure le kilayim. Le verset du vol dit seh. D'où les quatre et cinq sur l'hybride ?

Tossefot discute la source du binyan av. Rachi, à Houlin 78b, le tire de " un taureau, un seh de moutons et un seh de chèvres ". Le RI le place sur le seh de Pessa'h (Chemoth 12), et le distingue de la gezera chava de Bekhorot sur le peter hamor. Le yitour " des moutons et des chèvres vous prendrez " enseigne pour tous les seh : le père et la mère sont de la même espèce. Sans ce binyan av, tifde tifde aurait inclus le kilayim.

14
שָׁאנֵי הָכָא, דְּאָמַר קְרָא: ״אוֹ״ – לְרַבּוֹת אֶת הַכִּלְאַיִם.

Ici, c'est différent, car le verset a dit : " ou ", pour inclure le kilayim.

📜 Rachi (1)
אוֹ שׁוֹר אוֹ שֶׂה דְּאָמַר בְּפֶ' דִּלְעֵיל (בָּבָא קַמָּא דַּף סז:) שׁוֹר דְּסֵיפָא וְשֶׂה דְּרֵישָׁא מְיַיתַּר הִלְכָּךְ אוֹ נָמֵי מְיַיתַּר:
Ou. " Un taureau ou un seh ". Comme on l'a dit dans le chapitre précédent (Bava Kamma 67b) : le taureau de la fin et le seh du début sont en trop. Dès lors, " ou " aussi est en trop.
💡 Explication

Réponse : dans le verset du vol, le mot ou est en trop, comme le shor de la fin et le seh du début (Bava Kamma 67b). Ce yitour inclut le kilayim, l'hybride de brebis et de bouc.

15
וְכָל ״אוֹ״ לְרַבּוֹת הוּא? וְהָתַנְיָא: ״שׁוֹר אוֹ כֶּשֶׂב״ – פְּרָט לְכִלְאַיִם, ״אוֹ עֵז״ – פְּרָט לְנִדְמֶה!

Et tout " ou " est-il pour inclure ? Or on a enseigné : " un taureau ou un agneau ", pour exclure le kilayim ; " ou un bouc ", pour exclure le nidme !

📜 Rachi (2)
פְּרָט לְכִלְאַיִם דְּפָסוּל לְקָרְבָּן:
Pour exclure le kilayim. Car il est passoul (invalide) pour le korban.
נִדְמֶה דְּאֵינוֹ דּוֹמֶה לְאָבִיו וְלֹא לְאִמּוֹ שֶׁבָּא מֵאֵיל וְרָחֵל וְדוֹמֶה לַעַז:
Nidme. Qui ne ressemble ni à son père ni à sa mère : il vient d'un bélier et d'une brebis, et il ressemble à un bouc.
💡 Explication

Le mot ou n'inclut pas partout. La baraita de Vayikra 22:27 lit " un taureau ou un agneau " comme un mi'out du kilayim, passoul pour le korban, et " ou un bouc " comme un mi'out du nidme.

Rachi : le nidme naît d'un bélier et d'une brebis, et son aspect est celui d'un bouc. Il ne ressemble ni au père ni à la mère.

16
אָמַר רָבָא: הָכָא מֵעִנְיָינֵיהּ דִּקְרָא, וְהָכָא מֵעִנְיָינֵיהּ דִּקְרָא. הָכָא גַּבֵּי גְּנֵיבָה, דִּכְתִיב: ״שׁוֹר אוֹ שֶׂה״, שֶׁאִי אַתָּה יָכוֹל לְהוֹצִיא כִּלְאַיִם מִבֵּינֵיהֶם – ״אוֹ״ לְרַבּוֹת כִּלְאַיִם. גַּבֵּי קָדָשִׁים, דִּכְתִיב: ״כֶּשֶׂב וְעֵז״, שֶׁאַתָּה יָכוֹל לְהוֹצִיא כִּלְאַיִם מִבֵּינֵיהֶם – ״אוֹ״ לְמַעֵט הוּא.

Rava a dit : ici selon l'inyan (le sujet) du verset, et ici selon l'inyan du verset. Ici, pour la gneiva (le vol), où il est écrit " un taureau ou un seh ", dont tu ne peux pas faire sortir un kilayim d'entre eux : " ou " vient pour inclure le kilayim.

Pour les kodachim, où il est écrit " un agneau et un bouc ", dont tu peux faire sortir un kilayim d'entre eux : " ou " vient pour exclure.

📜 Rachi (1)
גַּבֵּי גְּנֵיבָה דִּכְתִיב שׁוֹר אוֹ שֶׂה דְּאִי לָא הֲוָה כְּתִיב אוֹ לְרַבּוֹת לָא מִשְׁתְּמַע כִּלְאַיִם מִינַּייְהוּ שֶׁהֲרֵי אֵין מִתְעַבְּרִין זֶה מִזֶּה שֶׁאֵין עִיבּוּרָן שָׁוָה דִּבְהֵמָה גַּסָּה יוֹלֶדֶת לְתִשְׁעָה וְדַקָּה לַחֲמִשָּׁה הִלְכָּךְ אוֹ לְרַבּוֹיֵי אֲתָא וְלֹא לְהוֹצִיא דְּהָא בְּלָאו הָכִי לָא אָתֵי כִּלְאַיִם בְּמַשְׁמָעוּת דִּקְרָא:
Pour la gneiva, où il est écrit un taureau ou un seh. Car si " ou " n'était pas écrit pour inclure, le kilayim ne se comprendrait pas d'eux : ils ne se fécondent pas l'un l'autre, leur gestation n'étant pas égale. La behema gassa (gros bétail) met bas à neuf mois, la daka (petit bétail) à cinq. Dès lors, " ou " vient pour inclure, et non pour exclure : sans lui, le kilayim n'entre pas dans le sens du verset.
🗂️ Tossefot (1)
גַּבֵּי גְּנֵיבָה דִּכְתִיב שׁוֹר אוֹ שֶׂה שֶׁאֵין אַתָּה יָכוֹל לְהוֹצִיא כִּלְאַיִם מִבֵּינֵיהֶם. וְאִם תֹּאמַר בְּלָאו הָכִי נָמֵי המ"ל גַּבֵּי גְּנֵיבָה דִּכְתִיב שֶׂה לְמַעֵט כִּלְאַיִם כִּדְרָבָא אָתֵי אוֹ לְרַבּוֹיֵי וי"ל דְּמִילְּתָא דְּרָבָא לָא אִיתְּמַר אֶלָּא הֵיכָא דִּכְתִיב שֶׂה לְחוּד אֲבָל הָכָא כְּתִיב נָמֵי שׁוֹר:
Pour la gneiva, où il est écrit un taureau ou un seh, dont tu ne peux pas faire sortir un kilayim d'entre eux. Si tu dis : même sans cela, on aurait pu dire, pour la gneiva, que seh est écrit pour exclure le kilayim selon Rava, et que " ou " vient pour l'inclure. On peut répondre : la parole de Rava n'a été dite que là où seh est écrit seul. Ici, shor est écrit aussi.
💡 Explication

Rava fait dépendre ou de l'inyan. Dans le vol, shor et seh ne produisent pas de kilayim entre eux : gestations de neuf et de cinq mois. Le mot ou, inutile pour les exclure, inclut le kilayim. Dans les kodachim, kesev et ez en produisent un : ou exclut.

Rachi : sans ce ribbouy, le kilayim ne se lirait pas dans " taureau ou seh ". Tossefot : on n'oppose pas ici le binyan av de Rava, car ce binyan av vise un verset où seh est seul. Ici, shor est écrit avec lui.

🖼️ Schéma
D'où vient le sens de ou Shor et seh Gestations inégales Neuf mois / cinq mois Ou : ribbouy Kesev et ez Même durée de gestation Le kilayim sort d'eux Ou : mi'out
Shor et seh : ou inclut. Kesev et ez : ou exclut. Le critère est la possibilité d'un kilayim entre les deux.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).