Sougya : L'amoud reprend la règle de Rava sur le mot ou. Dans les kodachim, le verset a les deux couples : taureau ou agneau, puis ou bouc.
Les deux ou excluent, l'un le kilayim, l'autre le nidme. Le binyan av de Rava, le mot seh pour exclure le kilayim, ne vise ni les kodachim, ni le maaser, ni le bekhor.
Il vise le rachat du peter hamor. Rabbi Elazar, qui permet le kilayim pour ce rachat, reporte la règle sur le petit né d'une mère tahor et d'un père tamé.
Or pour les kodachim aussi il est dit : " un taureau ou un agneau ", dont tu ne peux pas faire sortir un kilayim (hybride) entre eux, et on devrait inclure ! Puisque la fin vient exclure, le début aussi vient exclure.
Au contraire : puisque le début vient inclure, la fin aussi vient inclure !
Suite de 77b. Rava : le mot ou inclut quand les deux espèces nommées ne donnent pas de kilayim, et il exclut quand elles en donnent. Vayikra 22:27 a les deux : " taureau ou agneau ", puis " ou bouc ".
La Guemara aligne les deux bouts. La fin, kesev et ez, exclut. Donc le début exclut aussi. L'objection renverse : le début inclut, donc la fin aussi.
Rachi : le ou de " agneau ou bouc " ne peut pas être un ribboui. Le kilayim sort déjà d'eux. Tossefot, au nom du RI : sans aucun ou, le rapprochement taureau-agneau exclurait le kilayim le-houmra. Le ou peut donc venir l'inclure. D'où la question de la Guemara.
Qu'est-ce que cela ? Si tu dis, soit, que c'est pour exclure : c'est pour cela qu'il a fallu deux mi'outim (exclusions).
Même une fois le kilayim exclu, il a fallu exclure le nidme. Mais si tu dis que c'est pour inclure : pourquoi deux ribbouyim (inclusions) ?
Maintenant que le kilayim lui a été inclus, le nidme ferait-il question ?!
Deux mi'outim ont chacun un objet : le kilayim, puis le nidme, que l'exclusion du premier né couvre pas. Deux ribbouyim n'en ont qu'un : une fois le kilayim inclus, le nidme, cas plus proche de l'espèce, suit.
Tossefot serre le mot. Le nidme visé par un ribboui est celui qui ne ressemble pas du tout. Sans verset, une gezera chava tachât-tachât depuis le maaser l'exclurait déjà, et ne laisserait inclus que le nidme partiel.
Mais alors, ce que Rava a dit : ceci est un binyan av (une règle modèle). Partout où il est dit " seh " (menu bétail), ce n'est que pour exclure le kilayim.
Pour quelle halakha ? Si c'est pour les kodachim, il est écrit expressément à leur sujet : " un taureau ou un agneau ", à l'exclusion du kilayim !
Le mot ou du vol inclut le kilayim (77b). Alors le binyan av de Rava, " seh exclut le kilayim ", ne peut plus viser le vol. La Guemara cherche son halakha.
Les kodachim ont déjà leur propre mi'out : " taureau ou agneau ", prat le-kilayim. Rachi rappelle aussi le seh des nessakhim, Bamidbar 15:11.
Si c'est pour le maaser (dîme du bétail), on l'apprend par " tachât "-" tachât " (sous-sous), des kodachim !
Le maaser dit tzon, pas seh. La Guemara n'a pas besoin du binyan av : la gezera chava tachât-tachât importe des kodachim l'exclusion du kilayim. " Sous sa mère ", Vayikra 22:27 ; " sous la baguette ", Vayikra 27:32.
Rachi : tzon vaut comme seh, et la gezera chava de Bekhorot couvre aussi ce point. Tossefot refuse cette équivalence. Pour lui, le seh du maaser vient du bekhor, par ha'avara-ha'avara. Sinon, à Bekhorot 57a, la question " le kilayim, d'où ? " serait déjà résolue par le binyan av de Rava.
Si c'est pour le bekhor (premier-né), on l'apprend par " ha'avara "-" ha'avara " (faire passer), du maaser !
Le bekhor non plus. Une gezera chava ha'avara-ha'avara le rattache au maaser, qui exclut déjà le kilayim. Chemoth 13:12 et Vayikra 27:32 emploient le même verbe, faire passer.
Ou bien : le nidme, tu dis non, car il est écrit : " mais le premier-né d'un taureau ", jusqu'à ce que lui soit un taureau et que son premier-né soit un taureau. Le kilayim ferait-il question ?
Autre voie, sans la gezera chava. Bamidbar 18:17 : akh bekhor shor. Le père est un taureau et le premier-né est un taureau. Le nidme sort. Le kilayim, écart plus grand, sort avec lui. Le mot seh de Rava reste sans emploi ici.
Tossefot, au nom du RI : à Bekhorot 5b, ce mi'out ne vise que l'absence totale de ressemblance. Une ressemblance partielle reste kadoch, par le mot akh. Kodachim et bekhor ont chacun leur mi'out et leur ribboui : on ne transporte pas l'un vers l'autre.
Mais lorsque l'enseignement de Rava a été dit, c'est au sujet du peter hamor (ânon premier-né à racheter). Comme nous l'enseigne une michna : on ne rachète ni avec un veau, ni avec une bête sauvage, ni avec une bête abattue, ni avec une treifa, ni avec un kilayim, ni avec un koy.
Le binyan av atterrit sur Chemoth 13:13 : le peter hamor se rachète avec un seh. La michna de Bekhorot 12a liste ce qui ne vaut pas pour le pidyon. Le kilayim de la liste a pour source le mot seh, selon Rava.
Rachi sépare deux mélanges. Le kilayim : deux espèces domestiques. Le koy : domestique et sauvage. La bête abattue n'a plus le nom de seh.
Et selon Rabbi Elazar, qui permet le kilayim, comme nous l'enseigne une michna : Rabbi Elazar permet le kilayim parce qu'il est un seh, pour quelle halakha ?
Rabbi Elazar lit le kilayim comme un seh. Le pidyon du peter hamor avec un hybride est permis. Le binyan av de Rava, s'il ne fait qu'exclure le kilayim, n'a plus de halakha chez lui.
Rabbi Elazar te dirait : lorsque l'enseignement de Rava a été dit, c'est pour le tamé (espèce interdite) né du tahor (espèce permise), et dont la gestation vient du tamé, et cela ne va pas selon Rabbi Yehochoua. Car si c'était Rabbi Yehochoua, il le tire de " seh des agneaux et seh des chèvres " : jusqu'à ce que son père soit un bélier et sa mère une brebis.
Chez Rabbi Elazar, le mot seh exclut un autre produit : mère tahor, père tamé, petit d'espèce interdite. Rabbi Yehochoua tient la même interdiction, par un autre texte : les pluriels de Devarim 14:4, père bélier et mère brebis.
Rachi donne l'exemple : vache et cheval, brebis et porc. Tossefot corrige la lecture de Rachi sur Bekhorot. Le " signe " de Rabbi Yehochoua est une ressemblance partielle à la mère, non le signe du verset (ruminer ou sabot fendu). Un chameau complet né de deux tahor reste interdit, avec Rabbi Chimon. La formule de Rava vise donc un petit qui ressemble un peu à sa mère.
Et une femelle tahor, un mâle tamé la rend-il pleine ? Oui, car nous tenons pour établi
La question porte sur le cas lui-même. Une femelle tahor peut-elle être pleine d'un mâle tamé ? Rachi rappelle la règle de Bekhorot 7a : cette gestation ne se produit pas. La Guemara répond oui, et ouvre la preuve par " nous tenons pour établi ". La suite est sur 78b.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).