Bava Kamma 78a - Le mot seh, le kilayim, et le peter hamor

Bava_Kamma 78a

Sougya : L'amoud reprend la règle de Rava sur le mot ou. Dans les kodachim, le verset a les deux couples : taureau ou agneau, puis ou bouc.

Les deux ou excluent, l'un le kilayim, l'autre le nidme. Le binyan av de Rava, le mot seh pour exclure le kilayim, ne vise ni les kodachim, ni le maaser, ni le bekhor.

Il vise le rachat du peter hamor. Rabbi Elazar, qui permet le kilayim pour ce rachat, reporte la règle sur le petit né d'une mère tahor et d'un père tamé.

Vayikra 22:27 : deux ou, un seul sens Shor et kesev ne donnent pas de kilayim. Kesev et ez en donnent. Shor ou kesev Gestations inégales ou Le mot en débat kesev ou ez Kilayim possible Lecture rejetée Reisha : ou inclut Donc la seifa inclut aussi Deux ribbouyim inutiles Lecture retenue Seifa : ou exclut le kilayim Donc la reisha exclut aussi Deux mi'outim utiles Pourquoi deux exclusions Premier mi'out : le kilayim, hybride de deux espèces. Second mi'out : le nidme, qui ne ressemble pas à ses parents. Inclure le kilayim rendrait le nidme évident. L'exclure, non.
Les deux ou de Vayikra 22:27 s'alignent sur la seifa : deux exclusions, kilayim puis nidme.
Où le binyan av de Rava ne sert pas Seh, partout, exclut le kilayim. Encore faut-il un verset qui en ait besoin. Kodachim Shor ou kesev Prat le-kilayim Déjà écrit Pas le binyan av Maaser Tachât - tachât Depuis les kodachim Sous la mère / la baguette Pas le binyan av Bekhor Ha'avara - ha'avara Depuis le maaser Ou : nidme, puis kilayim Pas le binyan av Reste : peter hamor Chemoth 13:13 : tu rachèteras avec un seh. Michna : on ne rachète pas avec un kilayim. Rava en donne la source : le mot seh. Rabbi Elazar Le kilayim est un seh : le pidyon est permis. Le seh de Rava vise alors le tamé né d'une mère tahor, conçu d'un père tamé.
Kodachim, maaser et bekhor ont déjà leur exclusion. Le seh de Rava vise le peter hamor.
Le cas que vise le mot seh Mère, père, petit. Deux sources pour exiger les deux parents de l'espèce. Mère tahor Vache, brebis Père tamé Cheval, porc Petit tamé Né d'elle Rava, selon Rabbi Elazar Le mot seh exclut ce petit Binyan av : seh = pas de kilayim Interdit à la consommation Rabbi Yehochoua Autre verset, même exigence Seh kevasim et seh izim Père bélier et mère brebis La Guemara demande si une femelle tahor peut être pleine d'un mâle tamé. Réponse : oui. La preuve commence ici et continue sur 78b.
Rabbi Elazar reporte le seh sur le petit tamé né d'une mère tahor. Rabbi Yehochoua a un autre verset.
1
הָא גַּבֵּי קֳדָשִׁים נָמֵי נֶאֱמַר: ״שׁוֹר אוֹ כֶּשֶׂב״ – שֶׁאֵין אַתָּה יָכוֹל לְהוֹצִיא כִּלְאַיִם מִבֵּינֵיהֶם, וּנְרַבֵּי! מִדְּסֵיפָא לְמַעֵט, רֵישָׁא נָמֵי לְמַעֵט. אַדְּרַבָּה; מִדְּרֵישָׁא לְרַבּוֹת, סֵיפָא נָמֵי לְרַבּוֹת!

Or pour les kodachim aussi il est dit : " un taureau ou un agneau ", dont tu ne peux pas faire sortir un kilayim (hybride) entre eux, et on devrait inclure ! Puisque la fin vient exclure, le début aussi vient exclure.

Au contraire : puisque le début vient inclure, la fin aussi vient inclure !

📜 Rachi (2)
לְהוֹצִיא כִּלְאַיִם מִבֵּינֵיהֶם אֵין כִּלְאַיִם בָּאִים מִשְּׁנֵיהֶם:
Faire sortir un kilayim entre eux. Il ne vient pas de kilayim des deux.
מִדְּסֵיפָא לְמַעֵט אוֹ דְּסֵיפָא דִּקְרָא כֶּשֶׂב אוֹ עֵז וַדַּאי לְמַעֵט אֲתָא שֶׁהֲרֵי כִּלְאַיִם בָּאִים מֵהֶם וּמִמֵּילָא מִשְׁתְּמַע לְרַבּוֹת לָא אִיצְטְרִיךְ וְאִי לְרַבּוֹת נִדְמֶה כָּל שֶׁכֵּן דְּלָא אִיצְטְרִיךְ דְּכֵיוָן דְּמֵרֵישָׁא הוּא מִתְרַבֵּי כִּלְאַיִם כָּל שֶׁכֵּן נִדְמֶה דְּקִיל:
Puisque la fin vient exclure. Le ou de la fin du verset, " agneau ou bouc ", vient certainement exclure, car un kilayim vient bien d'eux, et cela se comprend de soi. Pour inclure, il n'était pas nécessaire. Et s'il s'agissait d'inclure le nidme (bête qui ne ressemble pas à ses parents), à plus forte raison ce n'était pas nécessaire : puisque le début inclut déjà le kilayim, à plus forte raison le nidme, qui est plus léger.
🗂️ Tossefot (1)
וְהָא גַּבֵּי קָדָשִׁים דִּכְתִיב שׁוֹר אוֹ כֶשֶׂב נְרַבְּיֵיהּ תֵּימַהּ מָה רִיבּוּי צָרִיךְ נְהִי דְּמִשּׁוֹר וְכֶשֶׂב לָא מָצֵי לְרַבּוֹיֵי כִּלְאַיִם מִכֶּשֶׂב וָעֵז שֶׁאַתָּה יָכוֹל לְהוֹצִיא כִּלְאַיִם מִבֵּינַייְהוּ אָתֵי ואור"י דאע"ג דְּאָתֵי כִּלְאַיִם מִדִּסְמַךְ כֶּשֶׂב לַעַז מִכָּל מָקוֹם יֵשׁ לְמַעֲטָם מִדְּסָמַךְ שׁוֹר לְכֶשֶׂב דִּלְחֻומְרָא מַקְּשִׁינַן וְכֵיוָן דְּאִי לָא הָוֵי כְּתִיב שׁוּם אוֹ לֹא בְּסֵיפָא וְלֹא בְּרֵישָׁא הָיִיתִי מְמַעֵט כִּלְאַיִם יֵשׁ לִי לוֹמַר דַּאֲתָא אוֹ לְרַבּוֹת וּמְשַׁנֵּי מִדְּסֵיפָא לְמַעֵט כְּלוֹמַר אוֹ דִּכְתִיב גַּבֵּי כֶּשֶׂב וְעֵז כַּיּוֹצֵא בוֹ בְּמָקוֹם אַחֵר אִית לָן לְמֵימַר לִמְעוּטֵי הִלְכָּךְ ה"נ דָּרְשִׁינַן לִמְעוּטֵי וה"ה אוֹ דְּרֵישָׁא לִמְעוּטֵי דָּרְשִׁינַן לֵיהּ וְלָא לְרַבּוֹיֵי וּפָרִיךְ אַדְּרַבָּה אֵימָא אִיפְּכָא דְּאוֹ רִאשׁוֹן כְּתִיב בְּמָקוֹם שֶׁכַּיּוֹצֵא בּוֹ בַּמָּקוֹם אַחֵר רָאוּי לְדָרְשׁוֹ לְרַבּוֹת וְדָרְשִׁי לֵיהּ נַמֵּי הָכָא לְרַבּוֹת וה"ה נָמֵי שֵׁנִי וּמְשַׁנֵּי כו' וְאִם תֹּאמַר וְלֹא לִיכְתֹּוב אֶלָּא הַהוּא אוֹ דְּבֵין כֶּשֶׂב וְעֵז דְּמִשּׁוֹר וְכֶשֶׂב הֲוָה מְמַעֲטִינַן כִּלְאַיִם וּמֵאוֹ דְּכֶשֶׂב וְעֵז הֲוָה מְמַעֲטִינַן נִדְמֶה וְי"ל דְּאִי לָא כְּתִיב אֶלָּא חַד אֲפִילּוּ הֲוָה כְּתִיב גַּבֵּי כֶּשֶׂב וְעֵז הֲוָה דָּרְשִׁינַן לְרַבּוֹת כִּלְאַיִם כֵּיוָן דְּאִי לָא כְּתִיב אוֹ כְּלָל הֲוָה מְמַעֲטִינַן כִּלְאַיִם מִשּׁוֹר וְכֶשֶׂב כִּדְפָרֵישִׁית לְעֵיל:
Or pour les kodachim, où il est écrit " un taureau ou un agneau ", on l'inclurait. Étonnant : quelle inclusion faut-il ? Soit, du taureau et de l'agneau on ne peut pas inclure le kilayim. Il vient de l'agneau et du bouc, dont tu peux faire sortir un kilayim entre eux. Et le RI dit : bien que le kilayim vienne de ce qu'on a rapproché l'agneau du bouc, on a de quoi l'exclure de ce qu'on a rapproché le taureau de l'agneau, car on rapproche le-houmra (dans le sens de la rigueur). Et puisque, si aucun ou n'était écrit, ni à la fin ni au début, j'exclurais le kilayim, je peux dire que le ou vient pour inclure. Et la Guemara répond : puisque la fin vient exclure. C'est-à-dire : le ou écrit à propos de l'agneau et du bouc, dans un cas semblable ailleurs, nous devons le dire pour exclure. Donc ici aussi nous l'interprétons pour exclure, et de même le ou du début, nous l'interprétons pour exclure, et non pour inclure. Et elle objecte : au contraire, dis l'inverse. Le premier ou est écrit dans un endroit où, dans un cas semblable ailleurs, il convient de l'interpréter pour inclure ; ici aussi nous l'interprétons pour inclure, et de même le second. Et elle répond, etc. Et si tu dis : que l'on n'écrive que ce ou qui est entre l'agneau et le bouc. Du taureau et de l'agneau nous exclurions le kilayim, et du ou de l'agneau et du bouc nous exclurions le nidme. On peut répondre : si un seul ou était écrit, même écrit à propos de l'agneau et du bouc, nous l'interpréterions pour inclure le kilayim. Car si ou n'était pas écrit du tout, nous exclurions le kilayim du taureau et de l'agneau, comme expliqué plus haut.
💡 Explication

Suite de 77b. Rava : le mot ou inclut quand les deux espèces nommées ne donnent pas de kilayim, et il exclut quand elles en donnent. Vayikra 22:27 a les deux : " taureau ou agneau ", puis " ou bouc ".

La Guemara aligne les deux bouts. La fin, kesev et ez, exclut. Donc le début exclut aussi. L'objection renverse : le début inclut, donc la fin aussi.

Rachi : le ou de " agneau ou bouc " ne peut pas être un ribboui. Le kilayim sort déjà d'eux. Tossefot, au nom du RI : sans aucun ou, le rapprochement taureau-agneau exclurait le kilayim le-houmra. Le ou peut donc venir l'inclure. D'où la question de la Guemara.

🖼️ Schéma
Les deux bouts du verset se lisent ensemble Depuis la seifa Kesev ou ez : mi'out Le kilayim sort d'eux Donc la reisha exclut aussi Objection Shor ou kesev : ribboui Pas de kilayim entre eux Donc la seifa inclurait aussi
La seifa commande la reisha : les deux ou excluent. L'objection lit d'abord la reisha, et les deux incluraient.
2
הַאי מַאי? אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא לְמַעֵט – הוּא דְּאִיצְטְרִיךְ תְּרֵי מִיעוּטֵי; דְּאַף עַל גַּב דְּאִימַּעַט כִּלְאַיִם, אִיצְטְרִיךְ לְמַעוּטֵי נִדְמֶה. אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ לְרַבּוֹת – תְּרֵי רִיבּוּיֵי לָמָּה? הַשְׁתָּא כִּלְאַיִם אִירַבִּי לֵיהּ, נִדְמֶה מִבַּעְיָא?!

Qu'est-ce que cela ? Si tu dis, soit, que c'est pour exclure : c'est pour cela qu'il a fallu deux mi'outim (exclusions).

Même une fois le kilayim exclu, il a fallu exclure le nidme. Mais si tu dis que c'est pour inclure : pourquoi deux ribbouyim (inclusions) ?

Maintenant que le kilayim lui a été inclus, le nidme ferait-il question ?!

🗂️ Tossefot (1)
הַשְׁתָּא כִּלְאַיִם אִיתְרַבּוֹ כּוּ' וְא"ת בְּלֹא ק"ו דְּכִלְאַיִם אִיכָּא לְמִפְרַךְ דְּמַה צָרִיךְ לְרַבּוֹת דְּמִמֵּילָא מִתְרַבֵּי כָּל כַּמָּה דְּלָא מַעֲטֵיהּ קְרָא דְּהָא כִּי אָמַר דְּאָתוּ אֻוייַּן לְמַעֵט צָרִיךְ קְרָא לִמְעוּטֵי ואע"ג דִּמְמַעֲטִינַן כִּלְאַיִם לָא הֲוָה מְמַעֲטִינַן נִדְמֶה אִי לָאו דְּמַעֲטֵיהּ קְרָא וי"ל דִּבְלֹא שׁוּם קְרָא הֲוָה מִרַבֵּינַן נִדְמֶה שֶׁדּוֹמֶה בְּמִקְצָת סִימָנִין וּמְמַעֲטִינַן נִדְמֶה שֶׁאֵין דּוֹמֶה כְּלָל דַּהֲוָה יָלְפִינַן בַּתַּחַת תַּחַת מִמַּעֲשֵׂר וְהַשְׁתָּא כִּי אָמַר דְּאָתֵי אוֹ לְמַעֵט מְמַעֵט נִדְמֶה אֲפִילּוּ אוֹתוֹ שֶׁנִּדְמֶה בְּמִקְצָת סִימָנִים וְכִי אָמְרִי אֲתָא לְרַבּוּיֵי בָּעֵי לְרַבּוֹיֵי נִדְמֶה אֲפִילּוּ אוֹתוֹ שֶׁאֵין דּוֹמֶה כְּלָל וּלְהָכִי דִּיֵּיק הַשְׁתָּא כִּלְאַיִם אִיתְרַבִּי נִדְמֶה אֲפִילּוּ אֵין דּוֹמֶה כְּלָל מִבַּעְיָא:
Maintenant que le kilayim a été inclus, etc. Et si tu dis : même sans le kal va-homer (à fortiori) du kilayim, on peut objecter. Qu'a-t-on besoin d'inclure ? Il est inclus de lui-même tant que le verset ne l'exclut pas. Car lorsqu'on dit que les ou viennent exclure, il faut un verset pour exclure ; et même si nous excluons le kilayim, nous n'exclurions pas le nidme si le verset ne l'excluait pas. On peut répondre : sans aucun verset, nous inclurions le nidme qui ressemble par une partie des simanim (signes), et nous exclurions le nidme qui ne ressemble pas du tout, car nous l'apprendrions par tachât-tachât depuis le maaser. Maintenant, quand on dit que le ou vient exclure, il exclut le nidme même celui qui ressemble par une partie des signes. Et quand nous disons qu'il vient inclure, il faut qu'il inclue le nidme même celui qui ne ressemble pas du tout. C'est pourquoi la Guemara précise : maintenant que le kilayim a été inclus, le nidme, même celui qui ne ressemble pas du tout, ferait-il question ?
💡 Explication

Deux mi'outim ont chacun un objet : le kilayim, puis le nidme, que l'exclusion du premier né couvre pas. Deux ribbouyim n'en ont qu'un : une fois le kilayim inclus, le nidme, cas plus proche de l'espèce, suit.

Tossefot serre le mot. Le nidme visé par un ribboui est celui qui ne ressemble pas du tout. Sans verset, une gezera chava tachât-tachât depuis le maaser l'exclurait déjà, et ne laisserait inclus que le nidme partiel.

🖼️ Schéma
Deux mi'outim tiennent. Deux ribbouyim, non. Exclure 1. Kilayim 2. Nidme, cas plus léger Le second ne suit pas du premier Inclure 1. Kilayim, cas plus fort 2. Nidme Le second est déjà gagné
Exclure le kilayim laisse encore le nidme à exclure. Inclure le kilayim emporte le nidme.
3
אֶלָּא הָא דְּאָמַר רָבָא: זֶה בָּנָה אָב – כָּל מָקוֹם שֶׁנֶּאֱמַר ״שֶׂה״, אֵינוֹ אֶלָּא לְהוֹצִיא אֶת הַכִּלְאַיִם; לְמַאי הִלְכְתָא? אִי לְקָדָשִׁים, בְּהֶדְיָא כְּתִיב בְּהוּ ״שׁוֹר אוֹ כֶּשֶׂב״ – פְּרָט לְכִלְאַיִם!

Mais alors, ce que Rava a dit : ceci est un binyan av (une règle modèle). Partout où il est dit " seh " (menu bétail), ce n'est que pour exclure le kilayim.

Pour quelle halakha ? Si c'est pour les kodachim, il est écrit expressément à leur sujet : " un taureau ou un agneau ", à l'exclusion du kilayim !

📜 Rachi (2)
אִי לְקָדָשִׁים לְמֵימְרָא דְּפָסוּל לְקָרְבָּן דִּכְתִיב בְּהוּ שֶׂה בִּנְדָבוֹת בְּפָרָשַׁת נְסָכִים (בַּמִּדְבָּר ט״ו:י״א) אוֹ לָשָׁה בִּכְבָשִׂים וְגוֹ':
Si c'est pour les kodachim. C'est-à-dire qu'il est passoul (invalide) pour le korban (sacrifice). Car il est écrit à leur sujet seh, dans les offrandes volontaires, section des nessakhim (libations), Bamidbar 15:11 : " ou pour un seh parmi les agneaux ", etc.
הָא בְּהֶדְיָא כְּתִיב בְּהוּ מֵרִבּוּיָא דְּאוֹ כֶּשֶׂב פְּרָט לְכִלְאַיִם דְּפָסוּל:
Mais il est écrit expressément à leur sujet. Du ribboui de " ou agneau ", à l'exclusion du kilayim, qui est passoul.
💡 Explication

Le mot ou du vol inclut le kilayim (77b). Alors le binyan av de Rava, " seh exclut le kilayim ", ne peut plus viser le vol. La Guemara cherche son halakha.

Les kodachim ont déjà leur propre mi'out : " taureau ou agneau ", prat le-kilayim. Rachi rappelle aussi le seh des nessakhim, Bamidbar 15:11.

4
אִי לְמַעֲשֵׂר, ״תַּחַת״–״תַּחַת״ יָלֵיף, מִקָּדָשִׁים!

Si c'est pour le maaser (dîme du bétail), on l'apprend par " tachât "-" tachât " (sous-sous), des kodachim !

📜 Rachi (1)
אִי לְמַעְשַׂר בְּהֵמָה ואע"ג דְּלָא כְּתִיב בֵּיהּ שֶׂה אֶלָּא צֹאן קָאָמַר רָבָא דְּפָסוּל הָא אָמְרִינַן בִּבְכוֹרוֹת לְעִנְיַן מִילֵּי טוּבָא דְּגָמַר תַּחַת הַשֵּׁבֶט מִתַּחַת אִמּוֹ הִלְכָּךְ לְהָא מִלְּתָא יָלֵיף נָמֵי וּפָסוּל:
Si c'est pour le maaser behema (dîme des animaux). Même s'il n'y est pas écrit seh, mais tzon (troupeau), Rava dit qu'il est passoul. Or nous disons dans Bekhorot, pour beaucoup de points, qu'on apprend " sous la baguette " de " sous sa mère ". Donc pour ce point aussi on l'apprend, et il est passoul.
🗂️ Tossefot (1)
אִי לְמַעֲשֵׂר פֵּירוּשׁ דְּהָוֵי כְּאִילּוּ כְּתִיב בֵּיהּ שֶׂה מג"ש דְּהַעֲבָרָה הַעֲבָרָה מִבְּכוֹר דִּכְתִיב בֵּיהּ שֶׂה (וַיִּקְרָא כו) אִם שׁוֹר אִם שֶׂה וּבַקּוּנְטְרֵס פִּי' דִּבְמַעֲשֵׂר כְּתִיב צֹאן דְּהָוֵי כְּמוֹ שֶׂה וְאֵין נִרְאֶה וְעוֹד בְּפֶרֶק בָּתְרָא דִבְכוֹרוֹת (דַּף נז.) פָּרִיךְ אִי גָּמַר מַעֲשֵׂר תַּחַת תַּחַת מִקָּדָשִׁים אַפֵּי' הָנָךְ נָמֵי פִּי' יוֹצֵא דֹּופֶן וּמְחֻוסַּר זְמַן וְיָתוֹם לֹא יִכָּנְסוּ לַדִּיר לְהִתְעַשֵּׂר וְאִי לָא גָּמַר מִקָּדָשִׁים בִּשְׁלָמָא טְרֵיפָה כֹּל אֲשֶׁר יַעֲבֹור פְּרָט לִטְרֵיפָה אֶלָּא כִּלְאַיִם מנ"ל וּמַאי קֻושְׁיָא לֵימָא לֵיהּ דְּמִבִּנְיַן אָב דְּרָבָא נָפְקָא לֵיהּ כִּלְאַיִם כֵּיוָן דִּבְמַעֲשֵׂר כְּתִיב [צֹאן]. כִּדְפֵירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס הָכָא וּלְפִי מַה שֶׁפֵּירַשְׁתִּי דְּאִשָּׁה דִּבְכוֹר סְמִיךְ א"ש דְּלָא מָצֵי לְמֵימַר הָתָם דְּיָלֵיף מַעֲשֵׂר מִבְּכוֹר דְּמִיעֵט בֵּיהּ כִּלְאַיִם דְּאִם כֵּן יוֹצֵא דֹּופֶן נָמֵי נְמַעֵט בְּמַעֲשֵׂר דְּנֵילַף מִבְּכוֹר:
Si c'est pour le maaser. Explication : c'est comme s'il y était écrit seh, par la gezera chava (analogie verbale) de ha'avara-ha'avara depuis le bekhor, où il est écrit seh (Vayikra 27) : " si un taureau, si un seh ". Et dans le Kountres (Rachi), il explique que dans le maaser il est écrit tzon (troupeau), qui vaut comme seh. Et cela ne paraît pas. De plus, dans le dernier chapitre de Bekhorot (57a), on objecte : si le maaser apprend tachât-tachât depuis les kodachim, même ceux-là aussi, explication : le yotze dofen (né par le flanc), le mehoussar zman (en deçà du délai) et le yatom (orphelin), n'entreront pas dans l'enclos pour être dîmés. Et s'il n'apprend pas des kodachim : soit, la treifa, " tout ce qui passera " exclut la treifa ; mais le kilayim, d'où le tient-on ? Et quelle est la difficulté ? Qu'on lui dise que le kilayim sort du binyan av de Rava, puisque dans le maaser il est écrit tzon, comme l'explique le Kountres ici. Et selon ce que j'ai expliqué, à savoir qu'il s'appuie sur le seh du bekhor, cela se tient : on ne peut pas dire là-bas qu'il apprend le maaser du bekhor, où le kilayim a été exclu. Car alors le yotze dofen aussi serait exclu du maaser, puisqu'on l'apprendrait du bekhor.
💡 Explication

Le maaser dit tzon, pas seh. La Guemara n'a pas besoin du binyan av : la gezera chava tachât-tachât importe des kodachim l'exclusion du kilayim. " Sous sa mère ", Vayikra 22:27 ; " sous la baguette ", Vayikra 27:32.

Rachi : tzon vaut comme seh, et la gezera chava de Bekhorot couvre aussi ce point. Tossefot refuse cette équivalence. Pour lui, le seh du maaser vient du bekhor, par ha'avara-ha'avara. Sinon, à Bekhorot 57a, la question " le kilayim, d'où ? " serait déjà résolue par le binyan av de Rava.

5
אִי לִבְכוֹר, ״הַעֲבָרָה״–״הַעֲבָרָה״ יָלֵיף, מִמַּעֲשֵׂר!

Si c'est pour le bekhor (premier-né), on l'apprend par " ha'avara "-" ha'avara " (faire passer), du maaser !

📜 Rachi (1)
הַעֲבָרָה הַעֲבָרָה וְהַעֲבַרְתָּ כָל פֶּטֶר רֶחֶם לַה' (שְׁמוֹת י״ג:י״ב) וְכָל אֲשֶׁר יַעֲבֹור (וַיִּקְרָא כז):
Ha'avara-ha'avara. " Tu feras passer tout ce qui ouvre la matrice à Hachem " (Chemoth 13:12), et " tout ce qui passera " (Vayikra 27).
💡 Explication

Le bekhor non plus. Une gezera chava ha'avara-ha'avara le rattache au maaser, qui exclut déjà le kilayim. Chemoth 13:12 et Vayikra 27:32 emploient le même verbe, faire passer.

6
אִי נָמֵי, נִדְמֶה אָמַרְתָּ לֹא – דִּכְתִיב: ״אַךְ בְּכוֹר שׁוֹר״ – עַד שֶׁיְּהֵא הוּא שׁוֹר וּבְכוֹרוֹ שׁוֹר; כִּלְאַיִם מִבַּעְיָא?

Ou bien : le nidme, tu dis non, car il est écrit : " mais le premier-né d'un taureau ", jusqu'à ce que lui soit un taureau et que son premier-né soit un taureau. Le kilayim ferait-il question ?

🗂️ Tossefot (1)
עַד שֶׁיְּהֵא הוּא שׁוֹר וּבְכוֹרוֹ שׁוֹר אוֹמֵר רִ"י דִּבְפֶרֶק קַמָּא דִּבְכוֹרוֹת (דַּף ה:) מוּקֵי לָהּ דַּוְקָא בְּשֶׁאֵין דּוֹמֶה כְּלָל אֲבָל דּוֹמֶה בְּמִקְצָת סִימָנִין יָלֵיף הָתָם מַאךְ דְּקַדֵּישׁ בִּבְכוֹר וְצָרִיךְ לְמַעֵט נִדְמֶה בְּקָדָשִׁים וּבְכוֹר דְּאִי לָא כְּתִיב אֶלָּא בְּקָדָשִׁים הֲוָה יָלְפִינַן בְּכוֹר מִקָּדָשִׁים וַהֲוָה מְמַעֲטִינַן בִּבְכוֹרוֹת אֲפִילּוּ יֵשׁ בּוֹ מִקְצָת סִימָן וְאִי הֲוָה כְּתִיב רִיבּוּי לְחוּדֵיהּ בִּבְכוֹרוֹת לְרַבּוֹת נִדְמֶה שֶׁיֵּשׁ בּוֹ מִקְצָת סִימָן הֲוָה מִרַבֵּינַן לֵיהּ נָמֵי בְּקָדָשִׁים דְּיָלְפִינַן מְהֻדְּדֵי בג"ש וְכֵן אִי לָא הֲוָה כְּתִיב בְּקָדָשִׁים כְּלָל אֶלָּא בִּבְכוֹר מִיעוּט וְרִיבּוּי הֲוָה יָלְפִינַן קָדָשִׁים מִבְּכוֹר אֲבָל הַשְׁתָּא דִּכְתִיב בְּקָדָשִׁים וּכְתִיב נָמֵי מִיעוּט וְרִיבּוּי בִּבְכוֹר לֵיכָּא לְמֵילַף קָדָשִׁים מִבְּכוֹר דְּאִם כֵּן לִישְׁתֹּוק קְרָא מִמִּיעוּט דְּקָדָשִׁים:
Jusqu'à ce que lui soit un taureau et que son premier-né soit un taureau. Le RI dit : dans le premier chapitre de Bekhorot (5b), on ne l'applique qu'au cas où il ne ressemble pas du tout. Mais s'il ressemble par une partie des simanim, on l'apprend là-bas du mot akh (mais), car il est kadoch (consacré) pour le bekhor. Et il faut exclure le nidme dans les kodachim et dans le bekhor. Car si ce n'était écrit que pour les kodachim, nous apprendrions le bekhor des kodachim, et nous exclurions parmi les premiers-nés même celui qui a une partie du signe. Et si seul un ribboui était écrit pour les bekhorot, pour inclure le nidme qui a une partie du signe, nous l'inclurions aussi dans les kodachim, car on les apprend l'un de l'autre par gezera chava. De même, si rien n'était écrit pour les kodachim, et que le bekhor eût seul un mi'out et un ribboui, nous apprendrions les kodachim du bekhor. Mais maintenant que c'est écrit pour les kodachim, et qu'un mi'out et un ribboui sont aussi écrits pour le bekhor, on ne peut pas apprendre les kodachim du bekhor. Car alors, que le verset se taise du mi'out des kodachim.
💡 Explication

Autre voie, sans la gezera chava. Bamidbar 18:17 : akh bekhor shor. Le père est un taureau et le premier-né est un taureau. Le nidme sort. Le kilayim, écart plus grand, sort avec lui. Le mot seh de Rava reste sans emploi ici.

Tossefot, au nom du RI : à Bekhorot 5b, ce mi'out ne vise que l'absence totale de ressemblance. Une ressemblance partielle reste kadoch, par le mot akh. Kodachim et bekhor ont chacun leur mi'out et leur ribboui : on ne transporte pas l'un vers l'autre.

🖼️ Schéma
Bekhor : du nidme au kilayim Akh bekhor shor Lui taureau Son petit taureau Nidme : non Le petit ne suit pas l'espèce du père Kilayim Écart plus grand Exclu à fortiori
Le verset exige le taureau et le petit taureau. Le nidme tombe. Le kilayim tombe avec lui.
7
אֶלָּא כִּי אִיתְּמַר דְּרָבָא – לְעִנְיַן פֶּטֶר חֲמוֹר. כְּדִתְנַן: אֵין פּוֹדִין לֹא בְּעֵגֶל וְלֹא בְּחַיָּה וְלֹא בִּשְׁחוּטָה וְלֹא בִּטְרֵיפָה וְלֹא בְּכִלְאַיִם וְלֹא בְּכוֹי.

Mais lorsque l'enseignement de Rava a été dit, c'est au sujet du peter hamor (ânon premier-né à racheter). Comme nous l'enseigne une michna : on ne rachète ni avec un veau, ni avec une bête sauvage, ni avec une bête abattue, ni avec une treifa, ni avec un kilayim, ni avec un koy.

📜 Rachi (5)
לְעִנְיַן פִּדְיוֹן פֶּטֶר חֲמוֹר דִּכְתִיב שֶׂה וְקָא אַשְׁמְעִינַן רָבָא טַעְמָא דְּמַתְנִי' דְּקָתָנֵי אֵין פּוֹדִין בְּכִלְאַיִם מֵהָכָא הוּא:
Au sujet du rachat du peter hamor. Car il est écrit seh. Et Rava nous fait entendre la raison de la michna qui enseigne qu'on ne rachète pas avec un kilayim : c'est de là.
וְלֹא בְּחַיָּה צְבִי וְאַיָּל:
Ni avec une bête sauvage. Le cerf et l'ayal.
וְלֹא בְּשֶׂה שְׁחוּטָה דְּלָאו שֶׂה קָרֵינָא בָּהּ:
Ni avec un seh abattu. Car on ne l'appelle pas seh.
כּוֹי מִבְּהֵמָה וְחַיָּה:
Koy. Issu d'une behema (bête domestique) et d'une haya (bête sauvage).
כִּלְאַיִם מִשְּׁנֵי מִינֵי בְּהֵמוֹת:
Kilayim. De deux espèces de behema.
💡 Explication

Le binyan av atterrit sur Chemoth 13:13 : le peter hamor se rachète avec un seh. La michna de Bekhorot 12a liste ce qui ne vaut pas pour le pidyon. Le kilayim de la liste a pour source le mot seh, selon Rava.

Rachi sépare deux mélanges. Le kilayim : deux espèces domestiques. Le koy : domestique et sauvage. La bête abattue n'a plus le nom de seh.

🖼️ Schéma
Pidyon du peter hamor : ce qui n'est pas un seh Egel Veau, pas un seh Haya Cerf, ayal Chehouta Déjà abattue Treifa Lésion mortelle Kilayim Deux behema. Mot seh. Koy Behema et haya
Six refus de la michna. Le kilayim est celui que Rava rattache au mot seh.
8
וּלְרַבִּי אֶלְעָזָר דְּמַתִּיר בְּכִלְאַיִם – דִּתְנַן: רַבִּי אֶלְעָזָר מַתִּיר בְּכִלְאַיִם מִפְּנֵי שֶׁהוּא שֶׂה, לְמַאי הִלְכְתָא?

Et selon Rabbi Elazar, qui permet le kilayim, comme nous l'enseigne une michna : Rabbi Elazar permet le kilayim parce qu'il est un seh, pour quelle halakha ?

💡 Explication

Rabbi Elazar lit le kilayim comme un seh. Le pidyon du peter hamor avec un hybride est permis. Le binyan av de Rava, s'il ne fait qu'exclure le kilayim, n'a plus de halakha chez lui.

9
אָמַר לָךְ רַבִּי אֶלְעָזָר: כִּי אִיתְּמַר דְּרָבָא – לְטָמֵא שֶׁנּוֹלַד מִן הַטָּהוֹר וְעִיבּוּרוֹ מִן הַטָּמֵא, וּדְלָא כְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ; דְּאִי רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ, מ״שה כְּשָׂבִים וְשֵׂה עִזִּים״ נָפְקָא לֵיהּ – עַד שֶׁיְּהֵא אָבִיו כֶּבֶשׂ וְאִמּוֹ כִּבְשָׂה.

Rabbi Elazar te dirait : lorsque l'enseignement de Rava a été dit, c'est pour le tamé (espèce interdite) né du tahor (espèce permise), et dont la gestation vient du tamé, et cela ne va pas selon Rabbi Yehochoua. Car si c'était Rabbi Yehochoua, il le tire de " seh des agneaux et seh des chèvres " : jusqu'à ce que son père soit un bélier et sa mère une brebis.

📜 Rachi (2)
לְטָמֵא שֶׁנּוֹלַד מִן הַטָּהוֹר פָּרָה שֶׁיָּלְדָה סוּס וְאָבִיו סוּס אוֹ רָחֵל שֶׁיָּלְדָה חֲזִיר וְאָבִיו חֲזִיר דְּאָסוּר בַּאֲכִילָה דִּכְתִיב זֹאת הַבְּהֵמָה אֲשֶׁר תֹּאכֵלוּ שׁוֹר שֵׂה כְשָׂבִים (דְּבָרִים יד) וְכֵיוָן דִּכְתִיב שֶׂה פְּרָט לְכִלְאַיִם כה"ג הוּא:
Pour le tamé né du tahor. Une vache qui a mis bas un cheval, et son père est un cheval ; ou une brebis qui a mis bas un porc, et son père est un porc. Il est interdit à la consommation, car il est écrit : " voici l'animal que vous mangerez, le taureau, le seh des agneaux " (Devarim 14). Et puisqu'il est écrit seh, c'est à l'exclusion d'un kilayim de ce genre.
דְּר' יְהוֹשֻׁעַ בְּפֶרֶק קַמָּא דִּבְכוֹרוֹת (דַּף ז.):
De Rabbi Yehochoua. Dans le premier chapitre de Bekhorot (7a).
🗂️ Tossefot (1)
לְטָמֵא שֶׁנּוֹלַד מִן הַטָּהוֹר וְעִיבּוּרוֹ מִן הַטָּמֵא וּדְלָא כְּר' יְהוֹשֻׁעַ פֵּי' בַּקּוּנְטְרֵס דְּר' יְהוֹשֻׁעַ פְּלִיג אדר"ש וְשָׁרֵי גָּמָל הַבָּא מִן הַפָּרָה שֶׁעִיבְּרַתּוּ מִשּׁוֹר בְּסִימָן אֶחָד שֶׁל טָהֳרָה מַעֲלֵה גֵּרָה אוֹ מַפְרִיס פַּרְסָה וּדְרֵישׁ אֶת זֶה לֹא תֹאכְלוּ אֶת הַגָּמָל גָּמָל אִי אַתָּה אוֹכֵל בְּסִימָן אֶחָד אֲבָל אַחֵר אַתָּה אוֹכֵל בְּסִימָן אֶחָד וְאֵיזֶה זֶה זֶה טָמֵא שֶׁנּוֹלַד מִן הַטָּהוֹר וְעִיבּוּרוֹ מִן הַטָּהוֹר יָכוֹל אַפֵּי' עִיבּוּרוֹ מִן הַטָּמֵא כְּלוֹמַר כְּשֵׁם שֶׁאֲנִי מַכְשִׁיר בּוֹ כָּךְ אֲנִי מַכְשִׁיר בִּבְנוֹ אִם נִתְעַבְּרָה הֵימֶנּוּ פָּרָה ת"ל שֶׂה כְּשָׂבִים כו' וְעִיבּוּרוֹ מִן הַטָּמֵא לָאו דַּוְקָא דִּלְדִידֵיהּ הָוֵי טָהוֹר אֶלָּא דּוֹמֶה לְטָמֵא וְכֻולָּהּ סֻוגְיָא דִּבְכוֹרוֹת (דַּף ו: וְשָׁם) לָא מִשְׁתְּמַע כְּפֵירוּשׁוֹ אֶלָּא מַשְׁמַע דְּמוֹדֶה ר' יְהוֹשֻׁעַ לר"ש דְּגָמָל גָּמוּר הַנּוֹלָד מִפָּרָה וּמִשּׁוֹר שֶׁהוּא אָסוּר וְאִם יֵשׁ בּוֹ סִימָן אֶחָד שֶׁדּוֹמֶה מִקְצָת לְפָרָה מֻותָּר וְלָא קָאֵי כְּלָל אַסִּימָנִים דִּקְרָא מִמַּעֲלֵה גֵּרָה אוֹ מִמַּפְרִיסֵי פַּרְסָה וְהָכִי אִיתָא הָתָם (שָׁם) רָחֵל שֶׁיָּלְדָה מִין עֵז וְעֵז שֶׁיָּלְדָה מִין רָחֵל פְּטוּרָה מִן הַבְּכוֹרָה וְאִם יֵשׁ בּוֹ מִקְצָת סִימָנִין חַיֶּיבֶת ר"ש אוֹמֵר עַד שֶׁיְּהֵא רֹאשׁוֹ וְרֻובּוֹ דּוֹמֶה לְאִמּוֹ וַעֲלָהּ דְּהַהִיא לָא מִבָּעֲיָא לֵיהּ לְר"ש בַּגְּמָרָא בֶּן פָּרָה מִי בָּעֵי שֶׁיְּהֵא רֹאשׁוֹ וְרֻובּוֹ דּוֹמֶה לְאִמּוֹ לְהַתִּירוֹ בַּאֲכִילָה אוֹ אַפֵּי' בְּמִקְצָת וּבָעֵי לְמִפְשַׁט מָדָר' יְהוֹשֻׁעַ דְּסָבַר כר"ש מִדְּקָרֵי לָהּ טָמֵא וְקָאָמַר אֲבָל אַתָּה אוֹכֵל בְּסִימָן אֶחָד כּוּ' אַלְמָא לָא בָּעֵי רֹאשׁוֹ וְרֻובּוֹ לְהַתִּירוֹ בַּאֲכִילָה וְדָחֵי וְדִלְמָא סָבַר לָהּ כְּר"ש בַּחֲדָא וּפְלִיג עֲלֵיהּ בַּחֲדָא וְעוֹד מַשְׁמַע הָתָם דְּטַעֲמָא דְּר' יְהוֹשֻׁעַ מִשּׁוּם דְּקָסָבַר זֶה וָזֶה גּוֹרֵם אָסוּר וּלְפִי זֶה אַפֵּי' טָהוֹר שֶׁנּוֹלַד מִן הַטָּהוֹר וְעִיבּוּרוֹ מִן הַטָּמֵא אָסוּר וְהַךְ דִּשְׁמַעְתִּין דְּמוּקֵי רָבָא לְטָמֵא שֶׁנּוֹלַד מִן הַטָּהוֹר וְעִיבּוּרוֹ מִן הַטָּמֵא מַייְרֵי נָמֵי שֶׁדּוֹמֶה קְצָת לְאִמּוֹ כְּהַהִיא דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ שֶׁאִם הָיָה דּוֹמֶה לְגַמְרֵי לְגָמָל אֲפִילּוּ עִיבּוּרוֹ מִן הַטָּהוֹר הָיָה אָסוּר דְּהָא ס"ל כר"ש כִּדְאוֹקְמָא דְּאִיעַבַּר מִקָּלוּט וכר"ש וה"ה דה"מ לִמְנַקַּט טָהוֹר שֶׁנּוֹלַד מִן הַטָּהוֹר וְעִיבּוּרוֹ מִן הַטָּמֵא דְּאָסוּר כֵּיוָן דְּשֶׂה לְהוֹצִיא כִּלְאַיִם וְאָסוּר מִשּׁוּם זֶה וָזֶה גּוֹרֵם אֶלָּא מִשּׁוּם דִּנְקַט בְּמִילְּתֵיהּ דְּר' יְהוֹשֻׁעַ טָמֵא שֶׁנּוֹלַד נְקַט נָמֵי הָכִי בְּמִילְּתֵיהּ דְּרָבָא וּבְמִילְּתֵיהּ דְּר' יְהוֹשֻׁעַ נְקַט מִשּׁוּם דְּרֵישָׁא קָתָנֵי אֲבָל אַתָּה אוֹכֵל בְּסִימָן אֶחָד טָמֵא שֶׁנּוֹלַד מִן הַטָּהוֹר וְעִיבּוּרוֹ מִן הַטָּהוֹר לְהָכִי נְקַט בְּסֵיפָא נָמֵי יָכוֹל שֶׁאַתָּה אוֹכֵל טָמֵא שֶׁנּוֹלַד מִן הַטָּהוֹר וְעִיבּוּרוֹ מִן הַטָּמֵא וה"ה אֲפִילּוּ טָהוֹר שֶׁנּוֹלַד מִן הַטָּהוֹר וְעִיבּוּרוֹ מִן הַטָּמֵא דְּאָסוּר מִשּׁוּם זֶה וְזֶה גּוֹרֵם וְהָא דְּקָאָמַר הָכָא וּדְלֹא כְּר' יְהוֹשֻׁעַ כ"ש דְּהָוֵי דְּלָא כר"א בַּר פְּלֻוגְתֵּיהּ דְּשָׁרֵי לֵיהּ לְגַמְרֵי וה"ג ר' אֶלְעָזָר וְלֹא ר' אֱלִיעֶזֶר:
Pour le tamé né du tahor et dont la gestation vient du tamé, et non selon Rabbi Yehochoua. Explication du Kountres : Rabbi Yehochoua conteste Rabbi Chimon, et il permet un chameau né de la vache qu'un taureau a fécondée, avec un seul signe de tahara (pureté d'espèce) : il rumine, ou il a le sabot fendu. Et il interprète : " celui-ci vous ne le mangerez pas ", le chameau. Un chameau, tu ne le manges pas avec un seul signe ; un autre, tu le manges avec un seul signe. Et quel est-il ? Un tamé né du tahor, et dont la gestation vient du tahor. On pourrait croire : même si sa gestation vient du tamé. C'est-à-dire : de même que je le déclare kacher, je déclare kacher son petit, si une vache a été pleine de lui. Le verset dit : " seh des agneaux ", etc. Et " sa gestation vient du tamé " n'est pas à prendre au pied de la lettre : selon lui il est tahor, il ressemble seulement à un tamé. Or toute la sougya de Bekhorot (6b, et là-bas) ne se lit pas selon son explication. Elle implique que Rabbi Yehochoua accorde à Rabbi Chimon qu'un chameau complet, né d'une vache et d'un taureau, est interdit. Et s'il a un seul signe, en ce qu'il ressemble en partie à la vache, il est permis. Et cela ne porte pas du tout sur les signes du verset, ruminer ou avoir le sabot fendu. Et voici ce qui est là-bas : une brebis qui a mis bas une espèce de chèvre, et une chèvre qui a mis bas une espèce de brebis, est exempte de la bekhora (loi du premier-né). Et s'il a une partie des signes, elle est assujettie. Rabbi Chimon dit : jusqu'à ce que sa tête et sa majeure partie ressemblent à sa mère. Et sur cela, la Guemara demande pour Rabbi Chimon : le petit d'une vache, faut-il que sa tête et sa majeure partie ressemblent à sa mère pour le permettre à la consommation, ou même une ressemblance partielle ? Et elle veut trancher par Rabbi Yehochoua, qui pense comme Rabbi Chimon, puisqu'il l'appelle tamé et dit : mais tu manges avec un seul signe, etc. Donc il n'exige pas la tête et la majeure partie pour le permettre à la consommation. Et elle repousse : peut-être pense-t-il comme Rabbi Chimon sur un point, et le conteste-t-il sur un point. De plus, il ressort là-bas que la raison de Rabbi Yehochoua est qu'il tient zeh ve-zeh gorem (les deux causes) pour interdit. Selon cela, même un tahor né du tahor et dont la gestation vient du tamé est interdit. Et ce cas de notre sougya, où Rava établit la règle pour un tamé né du tahor et dont la gestation vient du tamé, parle aussi d'un petit qui ressemble un peu à sa mère, comme celui de Rabbi Yehochoua. Car s'il ressemblait entièrement à un chameau, même si sa gestation venait du tahor il serait interdit, puisqu'on est de l'avis de Rabbi Chimon, comme on l'établit pour celui qui a été conçu d'un kalout (sabots non fendus), et selon Rabbi Chimon. Et l'on aurait pu prendre de même un tahor né du tahor et dont la gestation vient du tamé, qui est interdit, puisque seh vient exclure le kilayim, et qu'il est interdit à cause de zeh ve-zeh gorem. Mais parce que, dans la parole de Rabbi Yehochoua, il a pris " un tamé qui est né ", il a pris de même dans la parole de Rava. Et dans la parole de Rabbi Yehochoua il a pris cela parce que le début enseigne : mais tu manges, avec un seul signe, un tamé né du tahor et dont la gestation vient du tahor. C'est pourquoi, à la fin aussi, il prend : on pourrait croire que tu manges un tamé né du tahor et dont la gestation vient du tamé. Et il en va de même même d'un tahor né du tahor et dont la gestation vient du tamé : il est interdit à cause de zeh ve-zeh gorem. Et ce que la Guemara dit ici, " et non selon Rabbi Yehochoua " : à plus forte raison ce n'est pas selon Rabbi Elazar, son contradicteur, qui le permet entièrement. Et la leçon est Rabbi Elazar, et non Rabbi Eliezer.
💡 Explication

Chez Rabbi Elazar, le mot seh exclut un autre produit : mère tahor, père tamé, petit d'espèce interdite. Rabbi Yehochoua tient la même interdiction, par un autre texte : les pluriels de Devarim 14:4, père bélier et mère brebis.

Rachi donne l'exemple : vache et cheval, brebis et porc. Tossefot corrige la lecture de Rachi sur Bekhorot. Le " signe " de Rabbi Yehochoua est une ressemblance partielle à la mère, non le signe du verset (ruminer ou sabot fendu). Un chameau complet né de deux tahor reste interdit, avec Rabbi Chimon. La formule de Rava vise donc un petit qui ressemble un peu à sa mère.

🖼️ Schéma
Deux dérivations du même petit Rava Mot seh, seul Exclut le kilayim de ce type Avis autre que Rabbi Yehochoua Rabbi Yehochoua Seh kevasim, seh izim Les deux pluriels Père et mère de l'espèce
Même petit, deux sources. Rava : le mot seh. Rabbi Yehochoua : les deux pluriels du verset.
10
וּטְהוֹרָה מִטְּמֵאָה מִי מִיעַבְּרָא?! אִין; דְּקַיְימָא לָן

Et une femelle tahor, un mâle tamé la rend-il pleine ? Oui, car nous tenons pour établi

📜 Rachi (1)
וּטְהוֹרָה מִטְּמֵאָה מִי מִיעַבְּרָא דְּאִיצְטְרִיךְ לִמְעוּטֵי וְהָא קַייְמָא לַן בפ"ק דִּבְכוֹרוֹת (דַּף ז.) לְעוֹלָם אֵין מִתְעַבֶּרֶת לֹא טְמֵאָה מִן הַטְּהוֹרָה וְלֹא טְהוֹרָה מִן הַטְּמֵאָה:
Et une femelle tahor, un mâle tamé la rend-il pleine ? Puisqu'il a fallu l'exclure. Or nous tenons pour établi, au premier chapitre de Bekhorot (7a) : jamais une femelle ne devient pleine, ni une tamé d'un mâle tahor, ni une tahor d'un mâle tamé.
💡 Explication

La question porte sur le cas lui-même. Une femelle tahor peut-elle être pleine d'un mâle tamé ? Rachi rappelle la règle de Bekhorot 7a : cette gestation ne se produit pas. La Guemara répond oui, et ouvre la preuve par " nous tenons pour établi ". La suite est sur 78b.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).