Bava Kamma 80a - Menu bétail : faire attendre, et Babylone comme la terre d'Israël

Bava_Kamma 80a

Sougya : La baraita de 79b continue : le boucher achète et abat, ou fait attendre, sans garder l'aguna (la dernière, restée seule) trente jours. Les élèves de Rabban Gamliel demandaient en réalité s'il est permis de faire attendre : oui, attachée aux pieds du lit, sans la laisser pâtre avec le troupeau.

Un hassid, soigné par le lait chaud d'une chèvre attachée à son lit, est traité de bandit armé par ses collègues ; à sa mort il ne retient que cette faute. La maison de Rabbi Yishmael, en Haute Galilée, fut ruinée pour un chemin à travers le champ d'autrui et pour un jugement d'argent à juge unique.

Le berger qui fait techouva, le converti qui hérite de chiens et de porcs, et celui qui a voué une maison ou une femme en terre d'Israël, ne sont pas forcés d'agir tout de suite. On n'élève pas non plus le petit gibier ; Rabbi Yishmael permet les bêtes qui nettoient la maison.

Rav rend Babylone semblable à la terre d'Israël pour le menu bétail. Rav Houna s'appuie sur Hova, qui garde les bêtes ; la parole de Rav Adda bar Ahava s'accomplit.

L'amoud s'ouvre ensuite sur le repas de la semaine du fils, ou du salut du fils.

Menu bétail en terre d'Israël : élever ou faire attendre Michna : on n'élève pas. La baraita ouvre un délai borné. Legadel : élever, interdit Le boucher Il achète et il abat ou il achète et il attend Aguna : la dernière, seule Limite : trente jours Rachi : on s'arrête au marché Rabban Gamliel Faire attendre : permis Pas de sortie avec le troupeau Attachée aux pieds du lit Rachi : les Sages contestent Tossefot : usage, pas un débat Le hassid et la chèvre attachée Lait chaud chaque matin. Les collègues : un bandit armé dans la maison. À sa mort : cette seule faute, les paroles de ses collègues. Techouva et vœu : pas tout de suite Berger, converti (chiens, porcs) : vente peu à peu. Maison ou femme en terre d'Israël : jusqu'à celle qui convient.
Élever est interdit. Le boucher et Rabban Gamliel ouvrent un délai : trente jours, bête attachée au lit, hors du troupeau.
Quelles bêtes élève-t-on ? Baraita. Rabbi Yishmael : celles qui nettoient la maison. Interdit d'élever Behema daka : menu bétail Haya daka : gazelles, renards Chiens et porcs : la michna Héritage du ger : vendre vente peu à peu Rabbi Yishmael permet Chiens kefarim Chats, singes Houldot senaïm, du buisson Elles nettoient la maison des souris Houlda : deux corps, deux statuts Cuisses minces et hautes : doute, neveila (olive au port) et sheretz (lentille au contact). Cuisses basses, elle rampe : houlda du verset, sheretz, sans doute. Rabbeinou Tam.
Petit gibier interdit. Rabbi Yishmael permet les bêtes qui nettoient la maison. Les cuisses séparent neveila et sheretz.
Babylone comme la terre d'Israël, pour le menu bétail Rav. Deux attributions. Rav Houna et Hova. Rav Yehouda au nom de Rav Nous nous sommes rendus à Babylone comme la terre Rachi : dès l'exil de Yekhonya Disciples, yishuv kavoua Il en est qui disent Rav Houna au nom de Rav Depuis que Rav vint à Babylone Rabbeinou Tam : Rav enseigne Majorité d'Israël depuis Yekhonya Rav Adda bar Ahava à Rav Houna Les tiennes ? Hova, sa femme, les garde. Que Hova enterre ses fils. Pendant toutes les années de Rav Adda, aucune descendance de Hova ne survécut à Rav Houna. Suite, en bas d'amoud : Rav, Chemouel et Rav Assi au repas. Semaine du fils (brit) ou salut du fils. Rav n'entre pas avant Chemouel. Suite : 80b.
Rav aligne Babylone sur la terre d'Israël. Hova garde les bêtes de Rav Houna. La parole de Rav Adda s'accomplit.
1
וְהַטַּבָּח לוֹקֵחַ וְשׁוֹחֵט, לוֹקֵחַ וְשׁוֹהֶה – וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יְשַׁהֶה הָעֲגוּנָה שֶׁבָּהֶן שְׁלֹשִׁים יוֹם.

Et le boucher achète et abat, achète et fait attendre, à condition qu'il ne fasse pas attendre l'aguna qui est parmi elles trente jours.

📜 Rachi (4)
וְהַטַּבָּח הַמְקַבֵּץ אֶת הַבְּהֵמוֹת לְיוֹם הַשּׁוּק:
Le boucher : celui qui rassemble les bêtes pour le jour du marché.
לוֹקֵחַ וְשׁוֹחֵט אוֹ לוֹקֵחַ וְשׁוֹהֶה עַד יוֹם הַשּׁוּק שְׁלֹשִׁים יוֹם לְמִקָּחוֹ:
Il achète et abat, ou il achète et fait attendre : jusqu'au jour du marché, trente jours à compter de son achat.
וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יְשַׁהֶה אֶת הָעֲגוּנָה הַמְאֻוחֶרֶת לְמִקָּחוֹ שֶׁלָּקַח סָמוּךְ לְעֵת הַשּׁוּק לֹא יַשְׁהֶה אוֹתָהּ לְאַחַר יוֹם הַשּׁוּק לְהַשְׁלִים שְׁלֹשִׁים יוֹם לְמִקָּחָהּ:
À condition qu'il ne fasse pas attendre l'aguna : la dernière de son achat, celle qu'il a achetée près du moment du marché. Il ne la fera pas attendre après le jour du marché pour compléter trente jours depuis son achat.
הָעֲגוּנָה מְאֻוחֶרֶת כְּמוֹ הֲלָהֵן תֵּעָגֵנָּה (רוּת א׳:י״ג) תְּאַחֵרְנָה מִלְּהִנָּשֵׂא:
L'aguna : retardée, comme halahen te'agena (Routh 1, 13) : elles tarderont à se marier.
🗂️ Tossefot (1)
וְהַטַּבָּח לוֹקֵחַ וְשׁוֹהֶה. פֵּי' בַּקּוּנְטְרֵס עַד יוֹם הַשּׁוּק וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יְשַׁהֶה הָעֲגוּנָה שֶׁבָּהֶם שְׁלֹשִׁים יוֹם אוֹתָהּ שֶׁלָּקַח בָּאַחֲרוֹנָה לֹא יַשְׁלִים לָהּ שְׁלֹשִׁים יוֹם אַחַר הַשּׁוּק וְקָשֶׁה דְּבַתּוֹסֶפְתָּא (פ"ח) גָּרַס יוֹתֵר מָל' יוֹם וא"כ לְפִי הַתּוֹסֶפְתָּא יָכוֹל לְהַשְׁהוֹת אַחַר יוֹם הַשּׁוּק וְעוֹד . קָשֶׁה דִּלְעֵיל גַּבֵּי רֶגֶל קָרֵי לָהּ אַחֲרוֹנָה וְהָכָא קָרֵי לָהּ עֲגוּנָה וְעוֹד שֶׁלֹּא הִזְכִּיר הַתַּנָּא יוֹם הַשּׁוּק כְּלָל וְנִרְאֶה לר"י לְפִי שֶׁהַטַּבָּח רָגִיל לִקְנוֹת כַּמָּה בְּהֵמוֹת בְּיַחַד וּמֻותָּר לְהַשְׁהוֹת וּבִלְבַד שָׁאפֵי' הָעֲגוּנָה שֶׁבָּהֶן אוֹתָהּ שֶׁנִּשְׁאֲרָה יְחִידָה אַחַר חַבְרוֹתֶיהָ שֶׁלֹּא יִשְׁהֶה יוֹתֵר מָל' יוֹם אַף עַל פִּי שֶׁהִיא יְחִידָה וּמִיהוּ בְּכָל הַסְּפָרִים גָּרְסִינַן שְׁלֹשִׁים יוֹם וְלָא גָּרְסִינַן יוֹתֵר:
Le commentaire explique : jusqu'au jour du marché, et à condition qu'il ne fasse pas attendre l'aguna qui est parmi elles trente jours. Celle qu'il a achetée en dernier, il ne lui complétera pas trente jours après le marché. Et c'est difficile, car dans la Tossefta (chapitre 8) la leçon est : plus de trente jours. Dès lors, selon la Tossefta, il peut faire attendre après le jour du marché. Autre difficulté : plus haut, à propos de la fête, on l'appelle la dernière, et ici on l'appelle aguna. Autre difficulté : le tanna n'a pas mentionné le jour du marché du tout. Et il paraît au Ri : le boucher a coutume d'acheter plusieurs bêtes ensemble, et il est permis de faire attendre, à condition que même l'aguna qui est parmi elles, celle qui est restée seule après ses compagnes, il ne la fasse pas attendre plus de trente jours, bien qu'elle soit seule. Toutefois, dans tous les livres, on lit trente jours, et on ne lit pas plus.
💡 Explication

Suite de la baraita de 79b. Là, avant la regel (fête de pèlerinage) et avant le festin du fils, on peut faire attendre trente jours, sans garder l'aharona, la dernière, une fois la fête passée. Ici, le tabah (boucher) rassemble des bêtes pour le yom ha-shouk (jour du marché) : il achète et abat, ou il achète et fait attendre.

L'aguna est la bête retardée, restée en arrière. Rachi le lit sur Routh 1, 13. Pour Rachi, la limite utile est le marché : on ne prolonge pas après lui pour finir les trente jours. Le Ri relève trois difficultés, dont la Tossefta qui porte plus de trente jours, et le silence du tanna sur le marché. Chez lui, l'aguna est celle qui reste seule après les autres : même seule, le délai tient en trente jours. Nos textes lisent : trente jours.

🖼️ Schéma
Les trente jours de l'aguna : deux lectures Le boucher achète plusieurs bêtes. La dernière reste seule. Rachi Jusqu'au jour du marché Trente jours depuis l'achat Après le marché : le délai s'arrête au jour du marché Le Ri Le texte tait le marché Aguna : restée seule Même seule : Délai maximal : trente jours Nos livres : trente jours
Rachi arrête l'aguna au jour du marché. Le Ri : même seule, le délai est de trente jours.
2
שָׁאֲלוּ תַּלְמִידָיו אֶת רַבָּן גַּמְלִיאֵל: מַהוּ לְגַדֵּל? אָמַר לָהֶן: מֻותָּר. וְהִתְנָן: אֵין מְגַדְּלִין!

Ses élèves demandèrent à Rabban Gamliel : qu'en est-il d'élever ? Il leur dit : c'est permis.

Or nous avons appris : on n'élève pas !

💡 Explication

La baraita rapporte la question des élèves : legadel, élever du menu bétail. Rabban Gamliel répond : permis. La Guemara coupe la citation et objecte par la michna : on n'élève pas de menu bétail en terre d'Israël.

3
אֶלָּא הָכִי קָא בָּעוּ מִינֵּיהּ: מַהוּ לִשְׁהוֹת? אָמַר לָהֶן: מֻותָּר, וּבִלְבַד שֶׁלֹּא תֵּצֵא וְתִרְעֶה בָּעֵדֶר; אֶלָּא קוֹשְׁרָהּ בְּכַרְעֵי הַמִּטָּה.

Voici donc ce qu'ils lui demandaient : qu'en est-il de faire attendre ? Il leur dit : c'est permis, à condition qu'elle ne sorte pas et ne paisse avec le troupeau ; on l'attache aux pieds du lit.

📜 Rachi (1)
אֶלָּא קוֹשְׁרָהּ וְרַבָּנָן פְּלִיגִי עָלֶיהָ דְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל:
On l'attache : et les Sages sont en désaccord avec Rabban Gamliel.
🗂️ Tossefot (1)
מַהוּ לְהַשְׁהוֹת קְבָעוֹ מִינֵּיהּ אֵין נ"ל דִּפְלִיגִי רַבָּנָן עָלֶיהָ דר"ג כִּדְפֵי' בַּקּוּנְטְרֵס דְּמַהוּ לְהַשְׁהוֹת קֹודֶם הָרֶגֶל קָבְעוּ מִינֵּיהּ וְאָמַר לָהֶן מֻותָּר וְלָאו דַּוְקָא נְקַט קוֹשְׁרָהּ אֶלָּא אוֹרְחָא דְמִלְּתָא נְקַט שֶׁדַּרְכָּן הָיָה לִקְשֹׁור בְּהֵמָה דַּקָּה לְכַרְעֵי הַמִּטָּה כִּדְאָמַר בְּאֵלּוּ טְרֵיפוֹת (חֻולִּין דַּף נד:) חֶבֶל הַיּוֹצֵא מִן הַמִּטָּה עַד תִּשְׁעָה טְפָחִים טָהוֹר וּפֵירֵשׁ שָׁם בַּקּוּנְטְרֵס שֶׁבְּכָךְ הוּא רָאוּי לִקְשֹׁור בְּהֵמָה דַּקָּה בְּכַרְעֵי הַמִּטָּה כִּדְכָתֵי' אִסְרוּ חַג בַּעֲבֹותִים עַד קַרְנוֹת הַמִּזְבֵּחַ שֶׁהָיוּ קוֹשְׁרִין הַקָּרְבָּנוֹת בְּכַרְעֵי הַמִּטָּה עַד שֶׁיְּבִיאוּהוּ לַקְּרָנוֹת הַמִּזְבֵּחַ אִי נָמֵי נְקַט קָשְׁרוּ לְאַשְׁמוֹעִינַן דַּאֲפִילּוּ בִּקְשׁוּרִים אָסוּר לְגַדֵּל כ"א לְהַשְׁהוֹת וּבַתּוֹסֶפְתָּא (פ"ח) נָמֵי מַשְׁמַע דְּאַף קֹודֶם הָרֶגֶל לָא שָׁרִי לְהַשְׁהוֹת אֶלָּא בְּבֵית דְּהָכִי קָתָנֵי בְּהֶדְיָא אֲבָל מְגַדְּלִים קֹודֶם הָרֶגֶל ל' יוֹם וְלֹא שֶׁתְּהֵא יוֹצְאָהּ וְרוֹעָה בַּשּׁוּק אֶלָּא קוֹשְׁרָהּ בְּכַרְעֵי הַמִּטָּה שָׁאֲלוּ לר"ג כו':
Qu'en est-il de faire attendre : ils le lui demandèrent. Il ne me semble pas que les Sages soient en désaccord avec Rabban Gamliel, comme l'explique le commentaire. Car c'est : qu'en est-il de faire attendre avant la fête, qu'ils lui demandèrent, et il leur dit : permis. Et il n'a pas visé au sens strict le fait de l'attacher : il a dit la manière ordinaire de la chose, car leur usage était d'attacher le menu bétail aux pieds du lit. Comme on le dit dans Elou terefot (Houlin 54b) : une corde qui sort du lit jusqu'à neuf tefahim est pure. Le commentaire explique là que cette mesure convient pour attacher le menu bétail aux pieds du lit, ainsi qu'il est écrit : Liez la fête avec des cordes jusqu'aux cornes de l'autel. On attachait les offrandes aux pieds du lit jusqu'à les amener aux cornes de l'autel. Autre lecture : il a mentionné l'attache pour nous apprendre que, même attachées, il est interdit de les élever ; on ne peut que les faire attendre. Dans la Tossefta (chapitre 8) aussi il ressort que, même avant la fête, on ne permet de faire attendre que dans la maison. Car elle enseigne explicitement : mais on élève avant la fête trente jours, et qu'elle ne sorte pas et ne paisse au marché, et on l'attache aux pieds du lit. Ils demandèrent à Rabban Gamliel, etc.
💡 Explication

La Guemara rétablit la question. Ils demandaient lishhot (faire attendre), le délai. Legadel (élever à demeure) est le mot de la michna, celui de l'objection. Rabban Gamliel permet, à deux conditions : elle ne sort pas paître dans le troupeau ; on la tient attachée aux pieds du lit.

Rachi lit ici un mahloket : les Sages contestent Rabban Gamliel. Tossefot rattache la question au délai d'avant la fête, déjà vu en 79b. L'attache est l'orha de-milta, l'usage : à Houlin 54b, une corde de neuf tefahim est la mesure pour lier le menu bétail au lit. Seconde lecture de Tossefot : même attachée, élever reste interdit ; seul le délai est ouvert, et dans la maison.

🖼️ Schéma
Faire attendre : où la bête se tient Elle sort avec le troupeau Elle pat au champ d'autrui Tossefta : pas au marché Interdit Attachée aux pieds du lit Rabban Gamliel : permis Usage : corde de neuf tefahim Dans la maison
Avec le troupeau, ou au marché : interdit. Attachée aux pieds du lit, dans la maison : Rabban Gamliel permet le délai.
4
תָּנוּ רַבָּנַן: מַעֲשֶׂה בְּחָסִיד אֶחָד שֶׁהָיָה גּוֹנֵחַ מִלִּבּוֹ, וְשָׁאֲלוּ לָרוֹפְאִים, וְאָמְרוּ: אֵין לוֹ תַּקָּנָה עַד שֶׁיִּנַק חָלָב רוֹתֵחַ מִשַּׁחֲרִית לְשַׁחֲרִית. וְהֵבִיאוּ לוֹ עֵז וְקָשְׁרוּ לוֹ בְּכַרְעֵי הַמִּטָּה, וְהָיָה יוֹנֵק מִמֶּנָּה מִשַּׁחֲרִית לְשַׁחֲרִית.

Les Sages ont enseigné : il y eut un fait, un certain hassid gémissait de son cœur. On interrogea les médecins, et ils dirent : il n'a pas de remède, jusqu'à ce qu'il tête du lait chaud de matin en matin.

On lui apporta une chèvre, on la lui attacha aux pieds du lit, et il tétait d'elle de matin en matin.

📜 Rachi (1)
גּוֹנֵחַ פלידר"א צוֹעֵק מִפְּנֵי כְּאֵב הַלֵּב לֹא הָיָה יָכוֹל לְהָשִׁיב רוּחוֹ:
Goneah : palidera, terme de la langue romane. Il crie à cause de la douleur du cœur. Il ne pouvait pas reprendre souffle.
💡 Explication

Le récit met en scène la condition de Rabban Gamliel. Le hassid a une douleur de cœur : Rachi, goneah, il crie et ne reprend pas souffle. Le remède des médecins est du halav roteh, du lait chaud, chaque matin. La chèvre est attachée aux pieds du lit.

5
לְיָמִים נִכְנְסוּ חֲבֵירָיו לְבַקְּרוֹ, כֵּיוָן שֶׁרָאוּ אוֹתָהּ הָעֵז קְשׁוּרָה בְּכַרְעֵי הַמִּטָּה – חָזְרוּ לַאֲחוֹרֵיהֶם, וְאָמְרוּ: לִסְטִים מְזֻוייָּן בְּבֵיתוֹ שֶׁל זֶה, וְאָנוּ נִכְנָסִין אֶצְלוֹ?!

Des jours après, ses collègues entrèrent pour le visiter. Dès qu'ils virent cette chèvre attachée aux pieds du lit, ils revinrent en arrière et dirent : un bandit armé est dans la maison de celui-ci, et nous entrerions chez lui ?

📜 Rachi (1)
לִסְטִים מְזֻוייָּן רוֹעֶה בַּשָּׂדוֹת אֲחֵרִים וְגוֹזֵל אֶת הָרַבִּים:
Un bandit armé : elle paît dans les champs d'autrui et vole le public.
💡 Explication

Les collègues voient la chèvre liée, et ils reculent. Le listim mezouyan (bandit armé) est le menu bétail : Rachi, il paît le champ d'autrui et dépouille le public. L'attache au lit ne leur suffit pas pour entrer.

6
יָשְׁבוּ וּבָדְקוּ, וְלֹא מָצְאוּ בּוֹ אֶלָּא אוֹתוֹ עָוֹן שֶׁל אוֹתָהּ הָעֵז. וְאַף הוּא בִּשְׁעַת מִיתָתוֹ אָמַר: יוֹדֵעַ אֲנִי שֶׁאֵין בִּי עָוֹן אֶלָּא עֲוֹן אוֹתָהּ הָעֵז, שֶׁעָבַרְתִּי עַל דִּבְרֵי חֲבֵרַי.

Ils s'assirent et examinèrent, et ils ne trouvèrent en lui que cette faute, celle de cette chèvre. Et lui aussi, à l'heure de sa mort, dit : je sais qu'il n'y a en moi de faute que la faute de cette chèvre, car j'ai transgressé les paroles de mes collègues.

💡 Explication

L'examen des collègues ne retient qu'un avon : la chèvre. Le hassid, à sa mort, dit la même chose. La faute nommée est d'avoir passé les paroles de ses collègues, les Sages qui interdisent. Le remède et l'attache au lit sont dans le récit ; la parole qu'il retient est la leur.

🖼️ Schéma
Le hassid, la chèvre, la mort 1. Le mal Il gémit du cœur Lait chaud chaque matin 2. La chèvre Attachée aux pieds du lit 3. Les collègues Ils reculent Bandit armé dans la maison 4. La mort Une seule faute Les paroles de ses collègues
Douleur, chèvre attachée, collègues qui reculent, aveu à la mort : une seule faute.
7
אָמַר רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: מִבַּעֲלֵי בָּתִּים שֶׁבַּגָּלִיל הָעֶלְיוֹן הָיוּ בֵּית אַבָּא; וּמִפְּנֵי מֶה חָרְבוּ? שֶׁהָיוּ מַרְעִין בָּחֳורָשִׁין, וְדָנִין דִּינֵי מָמוֹנוֹת בְּיָחִיד. וְאַף עַל פִּי שֶׁהָיוּ לָהֶם חֳורָשִׁים סָמוּךְ לְבָתֵּיהֶם, שָׂדֶה קְטַנָּה הָיְתָה וּמַעֲבִירִין דֶּרֶךְ עָלֶיהָ.

Rabbi Yishmael dit : la maison de mon père était parmi les propriétaires de la Haute Galilée. Et pourquoi furent-ils ruinés ?

Parce qu'ils faisaient paître dans les bois, et qu'ils jugeaient les affaires d'argent à un seul juge. Et bien qu'ils eussent des bois proches de leurs maisons, il y avait un petit champ, et ils faisaient passer un chemin par-dessus.

📜 Rachi (2)
שֶׁהָיוּ מַרְעִין בְּהֵמָה דַּקָּה שֶׁלָּהֶן בָּחֳורָשִׁין:
Ils faisaient paître : leur menu bétail, dans les bois.
ואע"פ שֶׁהָיוּ חוֹרְשִׁין סָמוּךְ לְבָתֵּיהֶם וְלֹא הָיוּ רוֹעִין בַּשָּׂדוֹת אֲחֵרִים וּמִשּׁוּם חוֹרְשִׁין לֵיכָּא גֶּזֶל דְּאָמַר לְעֵיל אֲבָל מְגַדְּלִין בָּחֳורָשִׁין וּלְקַמָּן (בָּבָא קַמָּא דַּף פֹּא.) נָמֵי בְּתַקָּנַת יְהוֹשֻׁעַ תִּיקֵּן שֶׁלֹּא יַקְפִּיד בַּעַל הַיַּעַר עַל כָּךְ אֲפִי' הָכִי נֶעֶנְשׁוּ מִפְּנֵי שֶׁשָּׂדֶה קְטַנָּה הָיְתָה בֵּינֵיהֶם וְשֶׁל אֲחֵרִים הָיְתָה:
Et bien qu'il y eût des bois proches de leurs maisons : et ils ne faisaient pas paître dans les champs d'autrui. À cause des bois, il n'y a pas de vol, car on a dit plus haut : mais on élève dans les bois. Et plus loin (Bava Kamma 81a) aussi, dans l'ordonnance de Yehoshoua, il a ordonné que le propriétaire du bois n'y regarde pas de près. Malgré cela ils furent punis, parce qu'il y avait un petit champ entre eux, et il appartenait à d'autres.
💡 Explication

Deux causes pour la ruine de la maison paternelle, en Galil ha-elyon. D'abord, faire paître le menu bétail dans les hurshin (bois). Ensuite, juger les dinei mamonot (affaires d'argent) be-yahid, à juge unique : ces affaires se jugent à trois.

Rachi serre le premier point. Les bois eux-mêmes sont permis : la baraita précédente, et la takanat Yehoshoua en 81a, le maître du bois ne s'y oppose pas. Le vol est le petit champ d'autrui qui se trouve entre la maison et le bois : le troupeau y passe.

🖼️ Schéma
Pourquoi la maison du père de Rabbi Yishmael fut ruinée Les bois, permis Proches des maisons On élève dans les bois Takanat Yehoshoua Bava Kamma 81a Le maître du bois cède Le petit champ Il est entre les deux Il appartient à d'autres Ils font passér le chemin dessus Là, il y a vol Juge unique Dinei mamonot affaires d'argent Ils jugent à un Seconde cause de la ruine
Les bois sont permis. Le passage sur le petit champ d'autrui, et le juge unique, sont les deux causes.
8
תָּנוּ רַבָּנַן: רוֹעֶה שֶׁעָשָׂה תְּשׁוּבָה – אֵין מְחַייְּבִין אוֹתוֹ לִמְכּוֹר מִיָּד, אֶלָּא מוֹכֵר עַל יָד עַל יָד. וְכֵן גֵּר שֶׁנָּפְלוּ לוֹ כְּלָבִים וַחֲזִירִים בִּירֻושָּׁתוֹ – אֵין מְחַייְּבִין אוֹתוֹ לִמְכּוֹר מִיָּד, אֶלָּא מוֹכֵר עַל יָד עַל יָד.

Les Sages ont enseigné : un berger qui a fait techouva, on ne l'oblige pas à vendre tout de suite ; il vend peu à peu. De même, un converti à qui sont échus des chiens et des porcs dans son héritage, on ne l'oblige pas à vendre tout de suite ; il vend peu à peu.

📜 Rachi (3)
רוֹעֶה בְּהֵמוֹת שֶׁלּוֹ:
Un berger : ses bêtes.
שֶׁעָשָׂה תְּשׁוּבָה שֶׁלֹּא לְגַדֵּל בְּהֵמָה דַּקָּה עוֹד:
Qui a fait techouva : pour ne plus élever de menu bétail.
כְּלָבִים וַחֲזִירִים תְּנַן בְּמַתְנִיתִין דְּאָסוּר לְגַדְּלָן:
Chiens et porcs : nous avons appris dans la michna qu'il est interdit de les élever.
💡 Explication

La techouva du berger est de cesser d'élever. Le tribunal ne lui impose pas la vente de tout le troupeau dans l'heure : al yad al yad, peu à peu. Même règle pour le ger qui reçoit en héritage des chiens et des porcs. Rachi : la michna interdit de les élever. La vente suit le même rythme.

9
וְכֵן מִי שֶׁנָּדַר לִיקַּח בַּיִת וְלִיקַּח אִשָּׁה בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל – אֵין מְחַיְּיבִין אוֹתוֹ לִיקַּח מִיָּד, עַד שֶׁיִּמְצָא אֶת הַהוֹגֶנֶת לוֹ.

De même, celui qui a voué d'acheter une maison et de prendre une femme en terre d'Israël, on ne l'oblige pas à acquérir tout de suite, jusqu'à ce qu'il trouve celle qui lui convient.

💡 Explication

Troisième cas du même rythme. Un neder : acheter une maison, prendre une femme, en terre d'Israël. On n'exige pas le premier acquéreur venu. Il attend ha-hogenet lo, celle qui lui convient. Le féminin du texte vise la femme ; la maison est dans le même vœu, et le délai est le même.

10
וּמַעֲשֶׂה בְּאִשָּׁה אַחַת שֶׁהָיָה בְּנָהּ מֵיצֵר לָהּ, וְקָפְצָה וְנִשְׁבְּעָה: ״כָּל מִי שֶׁיָּבֹא, אֵינִי מַחֲזִירָתוֹ״, וְקָפְצוּ עָלֶיהָ בְּנֵי אָדָם שֶׁאֵינָן מְהֻוגָּנִין. וּכְשֶׁבָּא הַדָּבָר אֵצֶל חֲכָמִים, אָמְרוּ: לֹא נִתְכַּוְּונָה זוֹ אֶלָּא לְהָגוּן לָהּ.

Et il y eut un fait : une femme, dont le fils lui causait de la peine. Elle se leva d'un bond et jura : Quiconque viendra, je ne le renverrai pas.

Et des hommes qui ne sont pas convenables se précipitèrent vers elle. Quand la chose vint devant les Sages, ils dirent : celle-ci n'avait en vue que celui qui est convenable pour elle.

💡 Explication

Le serment est large : kol mi she-yavo, quiconque viendra, elle ne le renvoie pas. Des hommes einam mehuganim (qui ne conviennent pas) se présentent. Les Sages lisent le kavana (l'intention) : elle visait le hagoun, l'homme convenable pour elle. Le fils qui lui pèse est le motif du serment ; les Sages bornent les mots à cette intention.

11
כְּשֵׁם שֶׁאָמְרוּ אֵין מְגַדְּלִין בְּהֵמָה דַּקָּה, כָּךְ אָמְרוּ אֵין מְגַדְּלִין חַיָּה דַּקָּה. רַבִּי יִשְׁמָעֵאל אוֹמֵר: מְגַדְּלִין כְּלָבִים כּוֹפְרִין, וַחֲתוּלִים, וְקוֹפִין, וְחֻולְדּוֹת סְנָאִים – מִפְּנֵי שֶׁעֲשׂוּיִים לְנַקֵּר אֶת הַבַּיִת.

De même qu'ils ont dit : on n'élève pas de menu bétail, ainsi ils ont dit : on n'élève pas de petit gibier. Rabbi Yishmael dit : on élève des chiens kefarim, des chats, des singes et des houldot senaïm, parce qu'ils sont faits pour nettoyer la maison.

📜 Rachi (4)
חַיָּה דַּקָּה צְבָיִים וְשׁוּעָלִין:
Petit gibier : des gazelles et des renards.
כְּלָבִים כֻּופְרִיִּים קְטַנִּים וְנַנָּסִים הֵם ל"א כְּלָבִים גְּדוֹלִים שֶׁל צַיָּידִים וְאֵין מַזִּיקִין:
Chiens kefarim : ils sont petits, ce sont des nains. Autre version : de grands chiens de chasse, et ils ne causent pas de dégât.
חֻולְדּוֹת סְנָאִין גְּדֵילוֹת בַּסְּנֶה:
Houldot senaïm : elles grandissent dans le buisson.
לְנַקֵּר אֶת הַבַּיִת מִן הָעַכְבָּרִים:
Pour nettoyer la maison : des souris.
💡 Explication

La baraita aligne la haya daka (petit gibier) sur la behema daka. Rachi : gazelles et renards. Rabbi Yishmael excepte des bêtes de maison : chiens kefarim (de village), chats, singes (kofim), houldot senaïm. Rachi : ces dernières grandissent dans le sneh (buisson). La raison commune : lenaker et ha-bayit, nettoyer la maison des souris.

Sur les chiens kefarim, Rachi donne deux leçons : petits et nains, ou grands chiens de chasse qui ne causent pas de dégât.

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מַאי חֻולְדּוֹת סְנָאִים? אָמַר רַב יְהוּדָה: שִׁרְצָא חַרְצָא. וְאִיכָּא דְּאָמְרִי: חָרְזָא – דְּקַטִּינֵי שֶׁקֵּיָה, וְרָעֲיָא בֵּינֵי וֻורְדִּינֵי. וּמַאי שִׁרְצָא? דְּמִתַּתַּאי שָׁקֵיהּ.

Que sont les houldot senaïm ? Rav Yehouda dit : shartza hartza.

Et il en est qui disent : harza, dont les cuisses sont minces, et qui paît parmi les vardanei. Et qu'est-ce que shartza ?

C'est que ses cuisses sont basses.

📜 Rachi (3)
ווַרְדָּנִי סְנֶה:
Vardanei : le buisson.
דְּקַטִּינֵי דַּקִּים:
Daktinei : minces.
דְּמִתַּתַּאי שָׁקֵיהּ שׁוֹקֶיהָ גּוּצִין:
Dont les cuisses sont basses : ses cuisses sont courtes.
🗂️ Tossefot (1)
דְּקַטִּינֵי שֶׁקֵּיָה פִּי' שׁוֹקָיו דַּקִּין וּלְהָכִי נִקְרָא חַרְצָא שֶׁהַחֲרָצִין נִיכָּר בֵּין הַשּׁוֹקַיִם מִתּוֹךְ שֶׁהֵן דַּקִּים וְנִרְאִין גְּבוֹהִים וּמִשּׁוּם הָכִי תְּנַן בְּפֵ"א דְּאֹהָלוֹת חֻולְדּוֹת הַסְּנָאִים רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר ב"ש מְטַמֵּא כַּזַּיִת בְּמַשָּׂא וְכָעֲדָשָׁה בְּמַגָּע דְּמִתּוֹךְ שֶׁרַגְלֶיהָ גְּבוֹהִים וְדַקִּים מְסַפְּקָא לָהֶן שֶׁמָּא לָאו הַיְינוּ חֻולְדָּה דִּקְרָא וְיֵשׁ לָהּ תּוֹרַת נְבֵילָה אוֹ שֶׁמָּא הַייְנוּ הִיא וְיֵשׁ לָהּ תּוֹרַת שֶׁרֶץ וְהַאי דִּמְסַיֵּים וּמַאי שִׁרְצָא דְּמִתַּתִּאי שָׁקַיהּ ה"ק וּמַאי שִׁרְצָא חֻולְדָּה דִּכְתִיב בִּקְרָא שֶׁאֵין סָפֵק דְּמִתַּתַּאי שֶׁקֵּיָה שָׁהֵי' רַגְלֶיהָ קְצָרוֹת וְשׁוֹרֶצֶת עַל הָאָרֶץ וְכֵן נִרְאֶה לר"ת:
Dont les cuisses sont minces. Explication : ses cuisses sont minces, et c'est pourquoi on l'appelle hartza, car les intervalles se voient entre les cuisses, du fait qu'elles sont minces et qu'elles paraissent hautes. Et pour cette raison on enseigne au premier chapitre d'Ohalot : les houldot senaïm, Rabbi Yossi dit : Beit Shammaï rend impur à la mesure d'une olive par le port, et à la mesure d'une lentille par le contact. Parce que ses pattes sont hautes et minces, ils doutent : peut-être n'est-elle pas la houlda du verset, et elle a le statut de neveila ; peut-être est-elle bien celle-là, et elle a le statut de sheretz. Et ce que le texte achève : Et qu'est-ce que shartza ? C'est que ses cuisses sont basses. Voici ce qu'il dit : et qu'est-ce que shartza, la houlda écrite dans le verset, sur laquelle il n'y a pas de doute ? C'est que ses cuisses sont basses, car ses pattes étaient courtes et elle rampe sur la terre. Et ainsi il paraît à Rabbeinou Tam.
💡 Explication

La Guemara identifie l'animal. Rav Yehouda : shartza hartza. D'autres : harza (zayin). Cuisses minces, elle paît parmi les vardanei. Rachi : le buisson, et les cuisses basses sont des cuisses courtes. Shartza vient de sheretz, ramper.

Tossefot, avec Rabbeinou Tam. Hartza (tsadi) : les intervalles, hartzin, se voient entre des cuisses minces et hautes. D'où le doute d'Ohalot, selon Rabbi Yossi au nom de Beit Shammaï : kazayit (olive) par le massa (port), règle de la neveila ; adasha (lentille) par le maga (contact), règle du sheretz. La houlda du verset, elle, a les cuisses basses, les pattes courtes, et elle rampe : sheretz, sans doute.

🖼️ Schéma
Hartza et shartza : le corps décide le statut Tossefot, d'après Ohalot. Rabbeinou Tam. Hartza : cuisses minces Les intervalles se voient Les pattes paraissent hautes Doute Neveila : olive, par le port Sheretz : lentille, au contact Beit Shammaï, Rabbi Yossi Shartza : cuisses basses Pattes courtes Elle rampe sur la terre Houlda du verset Sans doute Statut de sheretz
Cuisses hautes et minces : doute entre neveila et sheretz. Cuisses basses : houlda du verset, sheretz.
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אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: עָשִׂינוּ עַצְמֵנוּ בְּבָבֶל כְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל לִבְהֵמָה דַּקָּה. אֲמַר לֵיהּ רַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה לְרַב הוּנָא: דִּידָךְ מַאי?

Rav Yehouda a dit au nom de Rav : nous nous sommes rendus, à Babylone, comme la terre d'Israël, pour le menu bétail. Rav Adda bar Ahava dit à Rav Houna : et les tiennes, qu'en est-il ?

📜 Rachi (2)
בְּבָבֶל כְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל שֶׁמִּיּוֹם גָּלוּת יְכָנְיָה רַבּוּ שָׁם תַּלְמִידִים וְנִתְיַישְּׁבוּ שָׁם בְּיִשּׁוּב קָבוּעַ:
À Babylone comme la terre d'Israël : depuis le jour de l'exil de Yekhonya, les disciples y ont été nombreux, et ils s'y sont installés en résidence fixe.
דִּידָךְ מַאי הֲלֹא יֵשׁ לְךָ בְּהֵמָה דַּקָּה:
Et les tiennes, qu'en est-il : tu as pourtant du menu bétail.
💡 Explication

L'interdit d'élever le menu bétail est celui de la terre d'Israël. Rav l'étend à Bavel : assinu atzmenu, nous nous sommes rendus semblables. Rachi date cela de l'exil de Yekhonya : beaucoup de disciples, un yishuv kavoua (résidence fixe). Rav Adda bar Ahava presse Rav Houna : didakh mai, et les tiennes ? Il a du menu bétail.

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אֲמַר לֵיהּ: דִּידַן קָא מְינַטְּרָא לְהוּ חֻובָּה. אֲמַר לֵיהּ: חוֹבָה תִּקְבְּרִינְהוּ לִבְנָהּ. כֻּולְּהוּ שְׁנֵיהּ דְּרַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה לָא אִקַּיַּים זַרְעָא לְרַב הוּנָא מֵחֻובָּה. אִיכָּא דְאָמְרִי, אָמַר רַב הוּנָא אָמַר רַב: עָשִׂינוּ עַצְמֵנוּ בְּבָבֶל כְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל לִבְהֵמָה דַּקָּה, מִכִּי אֲתָא רַב לְבָבֶל.

Il lui dit : les nôtres, Hova les garde. Il lui dit : que Hova enterre ses fils !

Toutes les années de Rav Adda bar Ahava, aucune descendance ne survécut à Rav Houna de la part de Hova. Il en est qui disent : Rav Houna a dit au nom de Rav : nous nous sommes rendus, à Babylone, comme la terre d'Israël, pour le menu bétail, depuis que Rav est venu à Babylone.

📜 Rachi (3)
חוֹבָה שֵׁם אִשְׁתּוֹ:
Hova : le nom de sa femme.
תִּקְבְּרִינְהוּ לִבְנָהּ שֶׁאַתָּה סוֹמֵךְ עָלֶיהָ וְהִיא אֵינָהּ יְכוֹלָה לִשְׁמוֹר:
Qu'elle enterre ses fils : parce que tu t'appuies sur elle, et elle n'est pas en mesure de garder.
מִכִּי אֲתָא רַב לְבָבֶל רַבּוֹ מִתְייַשְּׁבִין שָׁם מִפְּנֵי יְשִׁיבָתוֹ לִישָּׁנָא אַחְרִינָא הוּא בָּא וְלָמַדְנוּ לְהִזָּהֵר בְּכָךְ שֶׁרָאָה שָׁם רֹוב יִשְׂרָאֵל וְיִשּׁוּב קָבוּעַ:
Depuis que Rav est venu à Babylone : beaucoup s'y installèrent à cause de sa yechiva. Autre formulation : il vint et nous apprit à prendre garde à cela, car il vit là une majorité d'Israël et une résidence fixe.
🗂️ Tossefot (2)
חוֹבָה תִּקְבְּרִינְהוּ לִבְנָהּ פר"ח בִּתְמִיהַּ וְכִי דַּרְכָּהּ לִקְבֹּור בָּנֶיהָ שֶׁאֵין עוֹסֶקֶת לְגַדְּלָן אֶלָּא עוֹסֶקֶת לְגַדֵּל צֹאן וְהָוֵי כִּשְׁגָגָה הַיּוֹצֵאת מִלִּפְנֵי הַשַּׁלִּיט וּמִיהוּ בְּפֶרֶק שְׁנֵי נְזִירִים (נָזִיר דַּף נז: וְשָׁם) גַּבֵּי הַקָּפַת הָרֹאשׁ אֵין שַׁיָּיךְ לְפָרֵשׁ כֵּן דַּאֲמַר לֵיהּ רַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה לְרַב הוּנָא לְדִידָךְ מַאן מַקִּיף לְהוּ אָמַר לֵיהּ חוֹבָה א"ל חוֹבָה תִּקְבְּרִינְהוּ לִבְנָהּ וְאֵין שַׁיָּיךְ לְפָרֵשׁ שָׁם אֶלָּא לְשׁוֹן קְלָלָה אִי נָמֵי יֵשׁ לוֹמַר אֵין יִרְאֶה שֶׁתֵּעָנֵשׁ בִּקְבוּרַת בָּנֶיהָ:
Que Hova enterre ses fils. Rabbeinou Hananel l'explique sur le mode de l'étonnement : est-ce sa manière d'enterrer ses fils, elle qui ne s'occupe pas de les élever et qui s'occupe d'élever le menu bétail ? Et ce fut comme une erreur qui sort de devant le dirigeant. Toutefois, au deuxième chapitre de Nazir (Nazir 57b), à propos du tour de la tête, il ne convient pas d'expliquer ainsi. Car Rav Adda bar Ahava dit à Rav Houna : pour les tiens, qui leur fait le tour ? Il lui dit : Hova. Il lui dit : que Hova enterre ses fils. Et là, seule la langue de la malédiction convient. Autre lecture : il n'y a pas à redouter qu'elle soit punie par l'enterrement de ses fils.
מִכִּי אֲתָא רַב לְבָבֶל פֵּי' בַּקּוּנְטְרֵס וְהָיוּ מִתְיַשְּׁבִין שָׁם מִפְּנֵי יְשִׁיבָתוֹ וְהָיוּ רֹוב שְׂדוֹתֵיהֶן מִיִּשְׂרָאֵל וּכְעִנְיָן זֶה פִּי' בְּפֶרֶק קַמָּא דְּגִיטִּין (דַּף ו. וְשָׁם.) עָשִׂינוּ עַצְמֵנוּ בְּבָבֶל כְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל לְגִיטִּין מִכִּי אֲתָא רַב לְבָבֶל וְנַעֲשֵׂינוּ בְּקִיאִין לִשְׁמָהּ מִתּוֹךְ שֶׁהַרְבֵּה יְשִׁיבוֹת וְקָשֶׁה לר"ת דְּא"כ מַאי פָּרֵיךְ הָתָם מִמַּתְנִי' דְּעַכּוֹ כְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל לְגִיטִּין אֲבָל בָּבֶל לֹא וַהֲלֹא הַמִּשְׁנָיוֹת נִשְׁנוּ קֹודֶם דַּאֲתָא רַב לְבָבֶל ומפר"ת הָתָם מִכִּי אֲתָא רַב לְבָבֶל וְהוֹרָה לָנוּ שֶׁמִּיְּמוֹת יְכָנְיָה וְהַחֵרֵשׁ וְהַמַּסְגֵּר שֶׁגָּלוּ לְבָבֶל דִּינָהּ לִהְיוֹת כְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל לְגִיטִּין שֶׁבְּקִיאִין לִשְׁמָהּ וְכֵן כָּאן לְעִנְיַן בְּהֵמָה דַּקָּה שֶׁיֵּשׁ שָׁם רֹוב יִשְׂרָאֵל וְכֵן יֵשׁ בְּרֵישׁ בַּכֹּל מְעָרְבִין (עֵירוּבִין דַּף כֹּח.):
Depuis que Rav est venu à Babylone. Le commentaire explique : et l'on s'y installait à cause de sa yechiva, et la plupart de leurs champs appartenaient à des Israélites. Et de la même manière il explique au premier chapitre de Guitin (6a) : nous nous sommes rendus à Babylone comme la terre d'Israël pour les guittin, depuis que Rav est venu à Babylone, et nous sommes devenus experts pour le lishmah, parce que les yeshivot étaient nombreuses. Et c'est difficile pour Rabbeinou Tam. S'il en est ainsi, que vient-on objecter là-bas à partir de la michna : Akko est comme la terre d'Israël pour les guittin, et Babylone ne l'est pas ? Les michnayot ont été enseignées avant que Rav ne vienne à Babylone. Et Rabbeinou Tam explique là-bas : depuis que Rav est venu à Babylone, et qu'il nous a instruits que, dès les jours de Yekhonya, du harash et du masger qui furent exilés à Babylone, son statut est d'être comme la terre d'Israël pour les guittin, car on y est expert pour le lishmah. Et de même ici, pour le menu bétail : il y a là une majorité d'Israël. Et de même au début de Bekhol me'arvin (Erouvin 28a).
💡 Explication

Hova est le nom de la femme de Rav Houna. Elle garde les bêtes. Rav Adda écarte cet appui. Rachi : tu t'appuies sur elle, et garder dépasse ce qu'elle peut. Pendant toutes les années de Rav Adda, aucun enfant de Hova ne survécut à Rav Houna.

Rabbeinou Hananel lit d'abord une question d'étonnement : elle élève le menu bétail, et ses fils ? La parole a pourtant pris effet, comme une erreur qui sort de devant le dirigeant (Kohelet 10, 5). À Nazir 57b, la même phrase vise la hakafat ha-roch (le tour de la tête) : là, c'est une malédiction, Hova coupant les cheveux des enfants.

Seconde version du dire de Rav : Rav Houna au nom de Rav, depuis l'arrivée de Rav à Babylone. Rachi : installation autour de sa yechiva ; autre formulation : Rav a vu une majorité d'Israël et a appris à s'en garder. Rabbeinou Tam : la venue de Rav est le moment où il enseigne une règle déjà vraie depuis l'exil de Yekhonya, comme pour les guittin et le lishmah. Sinon la michna, antérieure à Rav, ne pourrait pas être opposée à ce dire.

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רַב וּשְׁמוּאֵל וְרַב אַסִּי אִיקְּלַעוּ לְבֵי שְׁבוּעַ הַבֵּן, וְאָמְרִי לַהּ לְבֵי יְשׁוּעַ הַבֵּן. רַב לָא עָיֵיל קַמֵּיהּ דִּשְׁמוּאֵל,

Rav, Chemouel et Rav Assi se trouvèrent à la maison de la semaine du fils, et d'autres disent : à la maison du salut du fils. Rav n'entrait pas devant Chemouel.

📜 Rachi (3)
שְׁבוּעַ הַבֵּן בְּרִית מִילָה עַל שֵׁם שֶׁעָבְרוּ עָלָיו שִׁבְעָה יָמִים:
Semaine du fils : l'alliance de la circoncision, parce que sept jours ont passé sur lui.
יְשׁוּעַ הַבֵּן מִשְׁתֶּה שֶׁעוֹשִׂין לְפִדְיוֹן הַבֵּן בְּכוֹר יֵשׁוּעַ מְתַרְגְּמִינַן פֻּורְקָן כְּמוֹ פִּדְיוֹן:
Salut du fils : un festin que l'on fait pour le rachat du fils premier-né. Yeshoua, on le traduit purkan, comme pidyon, le rachat.
רַב לָא עָיֵיל קַמֵּיהּ דִּשְׁמוּאֵל טַעְמָא אָמְרִינַן לְקַמָּן:
Rav n'entrait pas devant Chemouel : la raison, nous la disons plus loin.
🗂️ Tossefot (1)
לְבֵי יְשׁוּעַ הַבֵּן פ"ה פִּדְיוֹן הַבֵּן וְכֵן הֶעָרוּךְ וְקָשֶׁה דאע"ג דִּמְתַרְגְּמִינַן פִּדְיוֹן פֻּורְקָן מ"מ אֵין שַׁייָּךְ לְשׁוֹן יְשׁוּעָה ור"ת פִּי' שֶׁנּוֹלַד שָׁם בֵּן וְעַל שֵׁם שֶׁהַוָּלָד נוֹשַׁע וְנִמְלַט מִמְּעֵי אִמּוֹ כְּדִכְתִיב וְהִמְלִיטָה זָכָר (יְשַׁעְיָהוּ סו) נְקַט לְשׁוֹן יְשׁוּעָה וְהָיוּ רְגִילִין לַעֲשׂוֹת סְעוּדָה:
À la maison du salut du fils. Le commentaire : rachat du fils, et de même l'Aroukh. Et c'est difficile : bien que l'on traduise pidyon par purkan, la langue de yeshoua ne convient pas pour autant. Et Rabbeinou Tam explique : un fils y était né, et parce que l'enfant est sauvé et échappe du ventre de sa mère, comme il est écrit : et elle mit au monde un mâle (Yeshaya 66), il a pris la langue de yeshoua. Et l'on avait coutume de faire un repas.
💡 Explication

Nouveau récit, coupé en bas d'amoud. Trois maîtres arrivent à un repas. Shavoua ha-ben : Rachi, la brit mila, au bout de sept jours. Yeshoua ha-ben : Rachi et l'Aroukh, le festin du pidyon ha-ben, car le Targoum rend le rachat par purkan. Tossefot : le mot yeshoua reste en écart. Rabbeinou Tam : repas de naissance, l'enfant sorti du ventre, Yeshaya 66, ve-himlita zakhar.

Rav n'entre pas devant Chemouel. Rachi renvoie la raison plus loin. La suite est sur 80b.

🖼️ Schéma
Quel repas ? Deux lectures du salut du fils Shavoua ha-ben Semaine du fils Sept jours passés Brit mila Rachi, l'Aroukh Yeshoua ha-ben Targoum : purkan Pidyon ha-ben Rabbeinou Tam Un fils est né Il sort du ventre Yeshaya 66 Repas de naissance
Semaine du fils : la circoncision. Salut du fils : pidyon selon Rachi, repas de naissance selon Rabbeinou Tam.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).